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Jérusalem au Moyen-âge -1/2-

Publié le par Perceval

Jérusalem - Le Mythe : Jérusalem terrestre et céleste : Figure exemplaire, image merveilleuse, pôle d’attraction et source de bienfaits...

Jérusalem telle que la représente la littérature française médiévale, apparaît comme la ville des reliques majeures, des indulgences et des miracles, comme celle des pèlerinages et des croisades, comme la ville sainte par excellence, au cœur de la ''Terre'' ...

 

Le pèlerinage :

« A la fin de l’époque romaine et pendant l’ère byzantine (IVe-VIIe siècle), le pèlerin est un aristocrate de culture classique, tenté par la vie ascétique du désert ; puis ce pèlerin s’intéresse aux récits miraculeux. Le XIe siècle voit émerger une figure de pénitent millénariste, en attente du Jugement Dernier imminent dans la vallée de Josaphat. Les pèlerinages se collectivisant toujours plus, les groupes se rassemblent sous l’autorité d’un directeur et comptent des laïcs, des clercs ainsi que des chevaliers armés pour leur défense : ainsi naîtra la croisade, qui, à l’origine, avait vocation pérégrinatoire. Dans les premières années du Royaume latin de Jérusalem, le croisé se distingue encore mal du pèlerin, mais aux XIIe et XIIIe siècles, l’écart se creuse entre ceux qui vivent dans le monde pour le défendre avec leurs armes et ceux qui le rejettent par idéal du contemptus mundi. Le pèlerin du XIIIe siècle se dessine plutôt comme un intellectuel aussi bien ouvert à la connaissance des choses spirituelles qu’à celles des réalités profanes : à la traditionnelle description des sites et des sanctuaires, il ajoute de libres observations et contribue aussi à la diffusion de fables.

Des pèlerins devant l'église du Saint-Sépulcre gardée par les Sarrasins - Marco-Polo

L’homo itinerans des XIVe et XVe siècles, en quête d’indulgences, ne correspond plus vraiment à un type défini ; il incarne plusieurs figures : la diversité des couches sociales, le tempérament des individus se reflètent dans les mémoires de voyages. À partir de 1332, il est pris en charge par les Franciscains de Terre sainte, organisateurs des processions, prédications et exercices spirituels adaptés aux lieux saints définis. » Extrait de Les pèlerins de Jérusalem au Moyen Age - De Nicole Chareyron (Auteur)

Jérusalem au Moyen-âge

Jérusalem est pour le peuple juif un centre à la fois religieux et historique, puisqu’elle était la capitale du royaume biblique de David et de Salomon, qui y construisit son temple. 

Elle est aussi la ville sainte des chrétiens, puisqu’elle fut le lieu de la mort et de la résurrection du Christ, que symbolise le Saint-Sépulcre ( = le tombeau du Christ ).

Enfin, l’islam sanctifie cette ville, lieu de la montée au ciel du Prophète Muhammad. Jérusalem est donc un centre religieux où cohabitent les trois religions : tous les témoignages médiévaux s’accordent sur la présence d’importantes communautés aussi bien chrétiennes que juives et musulmanes (excepté pendant les périodes de persécution). 

Contrôlée par l’Empire byzantin depuis 324, Jérusalem connaît une quinzaine d’années de domination perse entre 614 et 629 avant d’être reprise par les Byzantins. Pour peu de temps, toutefois, puisque s’ouvre presque au même moment l’ère des grandes conquêtes musulmanes : la Ville Sainte, appelée Aelia par les documents musulmans d’époque, est conquise vers 638 sans combat.

La conquête musulmane marque la fin des persécutions chrétiennes contre les Juifs, qui sont officiellement autorisés à se réinstaller à l’intérieur de la ville, ce qui leur était interdit depuis 135.

La prise de pouvoir fatimide, en 969, marque le début d’une ère plus prospère pour Jérusalem : al-Muqaddasi, voyageur et géographe musulman né à Jérusalem, insiste dans son récit de voyage sur son essor intellectuel et son cosmopolitisme, qu’il décrit en ces termes : « À Jérusalem, on trouve toutes sortes d’hommes cultivés et de docteurs, et pour cette raison le cœur de chaque homme intelligent est tourné vers elle. Tout au long de l’année, ses rues ne sont jamais vides d’étrangers [3]. » Avec trente mille habitants, un kilomètre carré de superficie et quatre kilomètres de remparts, Jérusalem connaît alors son apogée à l’ère musulmane.

En 996, elle entre à nouveau dans une période de déclin, lors de l’arrivée au pouvoir du « calife fou », al-Hakîm, qui persécute les chrétiens, interdit les pèlerinages et ordonne en 1010 la destruction des synagogues et des églises, y compris le Saint-Sépulcre. À sa mort, la situation s’apaise, les pèlerinages reprennent régulièrement et les bâtiments de culte sont reconstruits, mais Jérusalem demeure une ville secondaire dans le paysage politique et commercial de l’Orient médiéval. En 1071, elle est conquise par les Turcs Séleucides, qui occupent déjà les montagnes de Palestine : sous leur autorité se déroulent de nombreux pillages, rançonnements et persécutions des chrétiens et des Juifs, qui aggravent les préoccupations des États chrétiens d’Occident. Les Fatimides reprennent la ville en 1098, juste avant l’arrivée des premiers Croisés.

L'arrivée de plus en plus massive de chrétiens européens à partir du Xe siècle : l’année 1065 voit la venue à Jérusalem de douze mille pèlerins chrétiens originaires d’Allemagne et de Hollande. Selon les rapports de rabbins du XIe siècle, des pèlerinages juifs auraient également lieu.

L'importance symbolique de Jérusalem est donc considérable, ce qui est particulièrement important en un temps où le politique et le religieux sont quasi indissociables. C’est pourquoi elle sera l’enjeu majeur des croisades : l’appel du pape Urbain II au concile de Clermont le 27 novembre 1095, qui lance la première croisade, met l’accent sur la nécessité pour les chrétiens de reconquérir la Ville Sainte et particulièrement le Saint-Sépulcre.  

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La Quête du Graal : Jérusalem - Le Saint-Sépulcre - 13/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..) : Le Roi Blessé...

- « Quelles sont mes blessures ? »

Entrez !

Au Moyen-âge, Jérusalem, et en particulier le tombeau du Christ au Saint-Sépulcre, était considéré comme le centre du monde chrétien. La ville était la destination d'innombrables pèlerins. Pour beaucoup, sa simple vue était un objectif spirituel tout aussi important que la Quête du Graal. Entreprendre le long et dangereux voyage vers Jérusalem aidait à purifier l'âme de son fardeau de péchés. Jusqu'au XIe siècle, la ville avait été occupée par les musulmans. Au début, les califes permettaient aux pèlerins de se rendre librement sur les lieux-Saints, néanmoins au fil du temps les relations entre les deux religions se sont dégradées. Avec la première croisade de 1096, le voyage est devenu pratiquement impossible …

L'ordre Templier a été fondé à l'origine pour protéger le pèlerins en route vers Jérusalem. Ensuite, le combat pour la possession de la ville sainte s'est poursuivi au fil de centaines d'années.

La ''Jérusalem céleste'' ( figure biblique) est à distinguer du Paradis terrestre. Celui-ci est représenté par une forme ronde : c'est ''le ciel sur la terre''... La Nouvelle Jérusalem, c'est ''la terre dans le ciel'', de forme carrée.

La transmutation de l'univers, signifiée par la Jérusalem nouvelle, n'est point un retour à un passé idyllique ( et disparu...), c'est une projection dans un avenir sans précédent … Le symbole du royaume messianique du Christ.

 

La lame N°13, traditionnellement représente La Mort. C'est le passage d'une voie à une autre. Le désir conscient de quitter un état, vers un autre, c'est l'un des aspects de la Quête du Graal... Si ''la Mort'' nous évoque la désillusion, la déception, le détachement... Cette carte présente avant tout des aspects de renouveau, de rétablissement et de réalisation...

Pour continuer le Chemin : - Préparez votre question...

Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

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Le Soi blessé et le Graal 3

Publié le par Perceval

La question que Perceval n’a pas posée.

La première étape consiste à avoir le courage de regarder le roi ( le soi ) blessé. Il est le gardien du Graal, celui qui tient les eaux de la compassion et de la guérison; ce que le questionneur doit libérer pour que le « Gaste Pays » soit restauré.Conte du graal

Pour la plupart d'entre nous, il arrive un toujours un moment où nous sommes dans le « Gaste Pays » de l'esprit. Que ce soit en raison d'une blessure ancienne ou une nouvelle, notre terre ne fleurit plus, et la douleur abonde.

Il y a beaucoup de mythes qui traitent de cette « malédiction ». Avec le Graal, nous avons un mythe qui regarde avec courage la plaie et ne se préoccupe pas trop de la cause, seulement de ce qui se passe dans le moment présent.

La question n'est pas «Qu'est-ce qui vous est arrivé?" ou "Qui vous a fait cela ?"

La question - "Qu’est-ce qui vous fait mal?" - est plus profonde, plus effrayante.

 Il s’agit d’observer ce qui en moi est malade en ce moment, sans honte et avec compassion, c’est une tâche courageuse. Nous commençons à regarder en avant avec responsabilité, plutôt que vers l'arrière avec reproche. Il s’agit également d’apprendre à devenir le gardien du Graal.

La version de Perceval du mythe du Graal est avant tout l’histoire d'une occasion manquée pour se secourir. Si nous n'avons pas le courage de regarder nos blessures et de voir la désolation autour de nous, notre quête spirituelle va échouer. Lorsque je peux regarder l’homme blessé que je suis, et poser les questions qui commencent la guérison, je suis béni par la vision du Graal dévoilé, l'amour « sacré » du cœur profond , à ce moment, nourrit l'âme. Ce sont les leçons de nos blessures qui nous rendent forts.

parzival8Nous avons généralement de la compassion à regarder les maux d'autrui et nous tentons de les aider si nous le pouvons. Se poser la question envers soi-même est plus difficile, et c’est le sens de ce mythe.

Il y a une peur profondément enracinée en nous( en particulier masculine ) de se poser ce genre de question ; ainsi Perceval n’ose pas poser « la question ». Pour contempler sa douleur, il faut la toucher, l'embrasser - afin de la guérir, mais il est beaucoup plus facile pour l’homme que je suis, de détourner le regard, et donc de refuser l'aventure.

Regarder l'intérieur? Le mythe, est à consulter … . Différentes versions donnent des raisons différentes de « l'échec » ( ce mot n’est pas approprié..)  de Perceval.

-       Perceval est simplement endormi avant qu'il ait pu poser la question: une trop forte occupation, un épuisement banal peut nous empêcher d’entreprendre cette recherche intérieure qui pourrait nous guérir.

-       Le chevalier tombe dans un état de transe – nous avons perdu la possibilité d’être conscient ( médicaments, addictions, distractions … ? ) de nos blessures.

-       Peut-être est-ce le Roi lui-même qui nous a placé dans cet état, parce que nous ne somme pas prêt, pour nous attaquer aux causes de notre « Gaste pays » intérieur. Peut-être devons-nous gagner un peu plus de sagesse, au travers d’autres défis … Il peut être dangereux de « toucher aux choses saintes, au dépourvu ... »

Sir GalahadDans la plupart des versions, lorsque le chevalier échoue dans la quête, il n'y a pas de blâme qui tombe sur lui. En effet, il n'a généralement même pas à savoir que le Graal était à portée de main. Nous ne savons pas, quand dans notre vie, nous allons devoir saisir notre chance… ( Voir évangiles … Le voleur qu'on attend pas ... ) ..

Peut-être, est-ce au moment où nous entrons dans un « gaste pays » intérieur , que notre âme ( psyché) peut comprendre ce signe qui indique que nous sommes près du Graal? Peut-être, est-ce là, la chance de la «  douleur » que de nous signifier l’état de la Quête…?

Il est dit à Perceval : : " Dans votre jeunesse, vous avez courtisé la douleur ... Vous allez, maintenant prendre soin d’elle."

Le thème de la douleur revient continuellement à travers les mythes du Graal », c’est la récurrence persistante dans ces histoires d'une jeune fille qui pleure et la cause de la douleur n’est jamais claire. La Quête du Graal, n’est pas une épopée remplie de fait d’armes. Chaque obstacle est un coup dur pour l'ego, le cœur ou l'âme. Chaque tâche entreprise dans la recherche de l’éveil spirituel nous transforme dans la profondeur même de notre être.

Auperceval spiritualite début de la Quête ( temps qui semble heureux…), les chevaliers entrent dans la forêt en son point le plus sombre, le plus mystérieux, parce que ce qui était connu, jusqu’à présent, n’était pas de toute le lieu de la source spirituelle. Sur notre propre quête de la guérison, il nous faut regarder ce que nous n’avions pas exploré auparavant. Nous sommes chacun le roi blessé. Nous devons avoir le courage d'exposer nos blessures afin qu’elles soient purifiées et guéries. Et nous sommes Perceval. Avoir la même compassion pour les autres, que pour soi-même. Nous devons demeurer dans le château du « soi » blessé, un lieu où la compassion rejoint le courage, et où les douces eaux du Graal nous sont accordées.

La quête du Graal n'est pas une quête pour gagner l'Amour, mais une quête pour être capable de donner de l'amour. Tel est le message de la coupe du Graal. Un Graal peut contenir de l'eau qu'on y verse, mais ne la détient que pour à nouveau être cédée. Nous bénéficions du Graal, la guérison, et nous la distribuons à la terre abîmée et qui menace toute la création …

Cherchez le Graal en nous, et en faire profitez, ceux qui autour de nous en ont besoin. Le « Gaste Pays » sera transformé par notre courage et notre amour.

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Le Soi blessé et le Graal 2

Publié le par Perceval

Que signifie cette recherche du Graal, de quelle « réalisation s’agit-il ?

La table ronde, une société d’amis (de frères) et la vision d'un calice voilé flottant au-dessus, graal table arthur-copie-1expriment le désir d'une expérience de croissance personnelle et spirituelle. Chacun voit le calice différemment, et la salle est remplie de musique et d’un parfum fleuri ( amour de la création ).

Le Graal dans cette vision (celte) est un symbole féminin, qui nourrit chacun de nous de la façon dont nous aimons le mieux.

Lorsque nous est donné le goût de « la joie », il est naturel de la chercher plus encore. Le chevalier, qui symbolise cette partie de moi qui aspire à l'expérience spirituelle, s’engage à trouver le Graal, à le dévoiler, et connaitre la source de la joie…

Il est important de relire que ce chemin est « unique » En effet, le chevalier qui prend le même chemin qu’un autre est très vite renversé ou perdu … De même, chacun a reçu une « nourriture » différente de la vision du Graal, et de même la quête de l'ultime accomplissement spirituel doit être unique. Le Bouddha lui même recommande "Mieux vaut son propre dharma, imparfaitement ; que le dharma d'un autre, réalisé à la perfection."

ma LancelotPontEpeeChaque chevalier a ses propres défis. Ainsi pour Lancelot, le plus grand des chevaliers d'Arthur, il est nécessaire qu’il se pardonne ( lui-même) ses propres défauts.

Maintes et maintes fois il est écarté de la réalisation du Graal, maintes et maintes fois il est humilié et abandonné. En acceptant la « bénédiction » de ces défaites, il atteint une paix intérieure qui lui a servi, ( importance du « chemin » plus que… de ce que nous rêvons , quand nous évoquons « la réalisation par le Graal ) … .

Il revient vers Arthur et Guenièvre après son échec, en disant: "Je suis agenouillé ... et je remercie Dieu pour l'aventure."

Chacun d'entre nous, peut symboliser cette recherche de la « source »  ( je parle de la source de cette '' joie '' que j’ai réalisée lors de mon premier « éveil » spirituel) , par une quête chevaleresque.

Les « défis » sont ce qui me permet d’avancer, et qui me servent de test de mon engagement dans la voie.

J’apprends à « rendre grâce », autant pour mes victoires que pour mes défaites … Il y aura mille obstacles pour m’arrêter sur le chemin, ou pour me conduire dans des impasses. Je peux être perdu dans les fourrés de mon propre désarroi. Mais le Graal est toujours là.

La quête du Graal est une quête de la conscience éveillée à une réalité spirituelle pas souvent accessible ( le château du Graal apparaît ou disparaît selon …).

chretien de troye

Lors de cette Quête, défis  après défis, j’apprends assez sur moi-même, pour désirer aller encore plus loin à l'intérieur de moi. J’entre à présent dans le " Gaste pays " Là, j’arrive à l’origine de mes difficultés, dans la vie. 

Je suis à présent face à face avec le roi blessé – « le Soi blessé » -. Il est maintenant temps d’affronter la tâche qui attend Perceval : cette question « quel est ton mal ? » Comme Perceval, je peux trouver difficile de regarder en face mon «  Soi blessé » ( honnêtement, assez pour se poser cette question…. ):

Pourquoi, gardes-tu le silence Perceval? Parce qu’il ne m’est pas facile d’ouvrir mon cœur et de proposer mes soins . Ai-je fermé mon impulsion naturelle à aimer? Si je ne vois pas la plaie qui est dans mon cœur, je ne peux jamais gagner le Graal, je ne peut jamais l'offrir aux autres. Qu’est-ce qui me fait mal ?

Ensuite, par quelles épreuves suis-je donc passé, quelles autres devrais-je endurer avant d'avoir une autre chance?

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Le Soi blessé et le Graal 1

Publié le par Perceval

Vierge Porte le graalJe voudrais montrer et réfléchir sur la manière dont un conte, un mythe – ici, le Conte de la Quête du Graal -, peut aider à relire sa vie :

Rappel de l’histoire :

Le mythe de la Quête du Graal, peut réellement nous faire plonger dans les profondeurs insondables de notre psyché ( l’âme ). De plus, au cours des ans , et même des siècles, le mythe s’est enrichi de personnages, d’aventures et de symboles, en fonction de la hauteur ( ou de la profondeur ) de vue du conteur… Au cours des siècles, s'est forgé ainsi, une véritable Tradition...

Bien sûr, ce qui m’est précieux, ce sont les versions de l'histoire du Graal qui recouvrent une interprétation chrétienne, mais avec un regard sur l’antériorité celtique ….

Dans la légende celtique, l’aspect féminin est présent : le plat est présenté par une « déesse ». Pour un chrétien, dieux et déesses sont généralement remplacés par des saint(e)s, qui peuvent seuls accéder au Graal.

Les histoires de la Quête du Graal m’offrent de nombreux personnages dont je peux tirer les images « archétypales » de ma propre quête intérieure.

Perceval, possède cette facilité d’identification pour une personne ( le masculin, en soi, particulièrement ) qui s'engage dans une quête … Perceval est comme « le Fou » ( ou le Chercheur ) dans un Tarot: celui qui provoque ‘ un déplacement ‘ vers une inquiétude spirituelle.  ( Le Fou est un voyageur et  un étranger dans son propre pays et il est condamné d’avancer et de progresser sur tous les plans… )

Wasteland.jpgPerceval part ainsi, en pénétrant dans la forêt, là où il n'y a pas de chemin. ( J’y reviendrai )

Un jour, Perceval parvient jusqu’à un château au milieu d'un paysage désolé, " la ruine et le chaos. Le sol est infertile et sec, les cultures ne poussent plus, l’eau ne s’écoule plus, et une obscurité s'est abattue sur le pays, et le cœur des gens. "( Le « Gaste Pays » )

Perceval pénètre dans le château, il est amené dans une pièce où un roi souffre d'une blessure enchantée.

Notre être physique est connecté avec toute vie sur terre. ( Ecologie … ! ). Parce que le roi ne fait qu'un avec sa terre, il dépérit avec ses terres … .

Alors, Il suffirait que quelqu’un dise  " Qu'as-tu? " pour que, par cet acte de compassion spontanée, la blessure - et, par conséquent, la terre - guérissent.

le-roi-pecheur.jpgComme souvent dans les contes, celui qui peut rompre un enchantement ne sait pas de quelle façon il faut s’y prendre : il suffit, généralement, qu’il le fasse spontanément avec un cœur aimant. Perceval, en raison de sa formation selon les règles de la société, qui lui disent qu'il n'est pas «chevaleresque» de poser des questions personnelles, étouffe l'élan qui pourtant le remplit de pitié et d'amour.

La question qui vient à son cœur ne peut pas venir à ses lèvres. Sa quête échoue. Il lui faudra encore cinq ans de recherche et de défi avant que Perceval gagne assez de sagesse pour juger par lui-même ce qui est bon pour lui… C’est alors qu’il apprendra que le roi blessé est également le gardien du Graal.

Perceval deviendra, alors, le nouveau gardien, capable d'offrir ses bénédictions aux autres chercheurs…

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La Quête du Graal : Le Roi blessé - 12/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..) : La Chekhinah...

- « Où aller chercher cette force... ? »

Entrez !

 

Une salle en ruine, aux murs craquelés et meubles en miettes. Le ciel est visible à travers les trous de la toiture. Un homme plein de dignité, portant couronne, est à moitié allongé sur le trône. De ses cuisses blessées le sang coule sur le plancher. Son visage tiré porte la marque de la souffrance. Près de lui se tient le Chercheur du Graal, armé d'une longue lance dont la pointe ensanglantée laisse tomber des gouttes de sang. Au-dessus du Roi Blessé volette une colombe blanche portant une hostie dans son bec.

Le Roi Blessé apparaît, dans les légendes du Graal, comme son gardien privé de ses pouvoirs... Ses blessures non guéries le maintiennent dans une continuelle souffrance, et il ne peut être guéri, tant que le héros du Graal n'a pas obtenu le récipient rédempteur...

Mais le Graal ne peut opérer ainsi avant qu'un héros du Graal ne vienne poser la question : «  Qu'est-ce que cela signifie ? », ou «  A qui sert le Graal ? »

Rappelons-nous la visite de Perceval au Château du même Roi Pêcheur ; son manque de réaction devant le cortège du Graal... !

Ainsi, Perceval quitte le château du Roi Pêcheur sans avoir eu l’occasion de se renseigner sur le merveilleux cortège.

Dans la campagne alentour, toujours aussi dévastée et sans vie, il aperçoit une cavalière qui vient rapidement à sa rencontre, et l’interpelle en ses termes :

« Tu es un mauvais chevalier ! Pourquoi n’as tu pas demandé au Roi ton hôte ce qu’était le cortège qui a traversé trois fois la salle devant toi ? Tu aurais pu par cette simple question guérir le Roi de sa blessure et redonner vie à son royaume ! Mais tu n’as rien fait, tu ne t’es intéressé qu’à toi-même, et tu n’as fait preuve d’aucune compassion pour tous ceux qui souffrent dans ce royaume ! Va, maintenant, vivre tes aventures, mais que ta conscience ne trouve pas de repos tant que tu n’auras pas réparé ta mauvaise action ! ».

Sur ce, la jeune fille éperonne sa monture et s’enfuit dans la campagne.


- Pourquoi le Roi est-il blessé ? Cette question nous emmène dans les mythes profonds du pays. Les romans médiévaux parlent du Coup Douloureux, par lequel Balin blesse le Roi Pelles avec la lance de Longimus ( celle du Christ...), causant ainsi la désertification du Pays... Les coutumes celtiques imposent au chef estropié ou défectueux d'abdiquer.

Les romans médiévaux montrent qu'Arthur devient virtuellement un Roi Blessé, la Reine se tourne vers un autre chevalier ; l'unité du royaume est brisé... Le Gaste Pays est évidemment un royaume en dépression, comme aujourd’hui un homme ou une femme pourrait l’être.

Le héros du Graal est potentiellement un nouveau roi ; sa quête du Graal le met en relation avec l'Autre-Monde, avec la ''Souveraineté''...

D'autre part les blessures du Roi Blessé sont associées au sacrifice rédempteur du Christ, dans une parfaite union de la tradition ancienne et de la tradition chrétienne.

Le roi blessé fait partie d'une lignée de gardiens du Graal descendant de Joseph d'Arimathie

Le Roi blessé est notre volonté brisée, qui ne nous relaie plus les commandements de l’âme, sans laquelle nous ne trouvons plus de sens à la vie, sans laquelle nous ne savons plus pour quoi vivre.

Et pourtant le conte nous enseigne qu’il y a un trésor merveilleux dans ce royaume, et que pour délivrer le Roi et le royaume de la dépression qui les accable, il suffirait qu’un étranger de passage s’intéresse à ce trésor.

Cette lame suggère au ''Chercheur'' la vulnérabilité aux blessures, tant mentales que spirituelles ; et l'espoir, l'attente de la venue de celui qui le guérira... Il en est ainsi, pour 'Le Pendu' : c'est le moment de l'attente, de la réflexion, toute action semble exclue.

 

Pour continuer le Chemin : - Préparez votre question...

Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

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L'Extase amoureuse de Lancelot

Publié le par Perceval

pont de l'épée Lancelot passant le pont de l'Épée, enluminure d'un manuscrit, vers 1475

 

Dans le texte de Chrétien de Troyes ( Le Chevalier de la Charrette, vers 710 à 771) ; Lancelot est victime d'un coup de foudre, d'une « cristallisation » au sens stendhalien de l’amour fou.

C'est Guenièvre, qui donne à Lancelot des ailes, allant jusqu’à lui faire subir des épreuves terrifiantes comme le passage du pont de l’épée.

Résumé : Lancelot et Guenièvre


Lancelot prenant la Douloureuse Garde (3) Lancelot prenant la Douloureuse Garde

 

Le jour de l'Ascension, un chevalier, Méléagant, annonce à Arthur qu'il détient en ses terres (le royaume de Gorre) un grand nombre de ses sujets. Il les libérera si un chevalier d'Arthur le vainc en combat singulier. Le sénéchal Keu relève le défi, mais il est grièvement blessé par Méléagant, qui enlève alors la reine Guenièvre, l'épouse d'Arthur.

Gauvain part immédiatement sur leurs traces. Il rencontre en route un mystérieux chevalier qui, pour avoir des nouvelles de la reine, accepte de se déshonorer en montant sur une charrette d'infamie. L'amour fou que le chevalier sans nom voue à Guenièvre éclate peu après : il manque de se laisser tomber d'une haute fenêtre pour ne pas perdre la reine du regard, et tombe en extase devant un peigne lui ayant appartenu. Le chevalier parvient à soulever la dalle d'une tombe, aventure qui le désigne comme le libérateur des sujets d'Arthur, puis réussit peu après à passer en Gorre en traversant le pont de l'Epée, au prix d'un effort surhumain.

Ce n'est qu'alors qu'on apprend (de la bouche de Guenièvre) le nom du chevalier : il s'agit de Lancelot du Lac. La reine réserve d'abord un accueil glacial à Lancelot : on apprendra plus tard qu'elle veut ainsi le punir pour avoir hésité, l'espace d'un pas, à monter sur la charrette d'infamie. Après avoir chacun craint la mort de l'autre, Lancelot et Guenièvre finissent par se retrouver, et passent la nuit ensemble.

Tous — y compris Gauvain, qui a échoué à passer en Gorre — regagnent alors la cour d'Arthur, sauf Lancelot, retenu prisonnier par Méléagant. Le récit est alors pris en charge par Godefroy de Lagny, qui déclare poursuivre l'œuvre inachevée de Chrétien de Troyes. Aidé par la sœur de Méléagant, Lancelot parvient à temps à la cour d'Arthur pour vaincre Méléagant, auquel il tranche la tête.

John Maler Collier (27 janvier 1850 à Londres – 11 avril 1934) était un écrivain et artiste-peintre britannique préraphaélite John Maler Collier (27 janvier 1850 à Londres – 11 avril 1934) était un écrivain et artiste-peintre britannique préraphaélite

***La défense de Guenièvre, William Morris, Emma Florence Harrison

La défense de Guenièvre, William Morris, Emma Florence Harrison

Dans ce texte, nous retrouvons la fin'amor, amour parfait ou courtois, célébré dans les poésies des troubadours. Les thèmes de l'abdication totale de la volonté de l'amant devant le désir de la femme aimée, de l'extase amoureuse allant jusqu'à l'oubli de soi, du don réciproque — mais toujours révocable — des corps et des cœurs, sont au centre de l'œuvre.

Rigaut de Barbezieux compare l’extase religieuse à l’extase amoureuse :

« Tout comme Perceval en son temps si ahuri de les voir, qu’il en oublie de demander à quoi servent Lance et Graal, moi j’en suis là, Dame sublime devant votre corps précieux, car alors, j’oublie tout quand je vous regarde. je crois prier ; je suis en fait anéanti » (J.-C. Marol, op. cit., p.67-68).

Lancelot, en tant que parfait amant, ne se plaint pas. Il subit avec patience tout caprice de celle qui aime... Pour lui la reine est sublimée. Il prend la place du fidèle qui adore un être suprême. À la seule vue de la reine, il tombe en extase : « Il ne cesse un instant de la suivre des yeux, dans la contemplation et dans l'extase, aussi longtemps qu'il peut. Quand elle eut disparu, il voulut se laisser basculer dans le vide » (Le Chevalier de la charrette, p. 39). La reine Guenièvre 3

Guenièvre hante tout son être. À sa pensée, tout le reste du monde s'efface. Le chevalier perd tout contact avec la réalité qui l'entoure. Voilà l'exemple le plus caractéristique d'extase amoureuse dans Le Chevalier de la charrette :

« Le chevalier de la charrette est abîmé dans sa méditation comme un sujet livré sans force et sans défense à la souveraineté d'Amour. Sous l'empire de son penser son moi s'anéantit. Il ne sait s'il existe ou s'il n'existe pas. De son nom il n'a plus souvenance. Est-il armé ? Ne l'est-il pas ? Il n'en sait rien. Il ne sait où il va, il ne sait d'où il vient. De son esprit chaque être est effacé, hormis un seul, pour lequel il oublie tout le reste du monde. À cet unique objet s'attachent ses pensées. C'est pourquoi il n'entend, ne voit, ne comprend rien » (Le Chevalier de la charrette, p. 43).

La Dame de Shalott - Guenièvre et autres poèmes d'Alfred Lord Tennyson, 1912Puisque donc il tombe en extase lorsqu'il voit ou pense à sa dame, il n'est pas difficile à deviner sa réaction lorsqu'il prend entre ses mains un peigne qui lui appartient... En effet, Lancelot trouve près d’une fontaine, lieu traditionnel de la rencontre des fées, un peigne avec les blonds cheveux de Guenièvre, comparables à ceux d’Iseut déposés par une hirondelle sur l’appui de la fenêtre du Roi Marc et, ces cheveux pressés contre son cœur lui font plus d’effet que tous les électuaires, les catholicons et les prières conjuguées....

« Il prend soin d'en retirer les cheveux avec des doigts si doux qu'il n'en rompt pas un seul. On ne verra jamais à rien accorder tant d'honneur. L'adoration commence : à ses yeux, à sa bouche, à son front, à tout son visage, il les porte et cent et mille fois. Il n'est point de joie qu'il n'en fasse : en eux son bonheur, en eux sa richesse ! Il les enferme dans son sein, près du cœur, entre sa chemise et sa chair. [...] Tant il a foi en ces cheveux » (Le Chevalier de la charrette).Lancelot Bears Off Guenevere by HJ Ford

Les cheveux blonds de Guenièvre sont comparés à des reliques que le fidèle conserve avec une ferveur religieuse. C'est la même ferveur qu'il montre quand il entre dans sa chambre et « devant elle il s'incline et lui rend une adoration, car il ne croit autant aux reliques des saints » . En plus, le matin suivant, « se tournant vers la chambre avant de s'en aller, il fléchit les genoux, comme s'il se trouvait en face d'un autel » (Le Chevalier de la charrette).

On peut penser que Chrétien de Troyes, ne partage pas toutes les idées de Marie de Champagne sur la Fin'Amor... En effet, il ironise sur les débordements de l’amour courtois et le ridicule des situations qui abaisse l’aura du chevalier, tantôt vautré dans l’eau d’un gué (V. 762-763) la tête et le corps à moitié sortis et coincés dans une fenêtre du château de Baudemagu roi de Gorre (V. 568)... Cependant, ces situations ne font que reconnaître le côté humain de Lancelot … Et, l'humour n'empêche pas le réalisme des blessures du héros abîmé par le tranchant du Pont de l’Epée et plus tard les stigmates et blessures, doigts coupés sur les barreaux de fer etc.."]Eleanor of Aquitaine

Alienor d'Aquitaine

Et, peut-être finalement, nous entendons l'auteur... Chrétien de Troyes - chevalier-poète au service de sa Domina - aurait connu secrètement un amour fou pour Aliénor d’Aquitaine ou pour Marie de Champagne, qu’il aurait maquillé par un masque littéraire de pure rhétorique ..

Chrétien de Troyes ne serait autre que Lancelot: un amoureux transi, impétrant et sémillant qu’une femme accomplie a su transformer et subjuguer. Cet amour impossible ne serait-il pas en fait celui de l’auteur distancié par sa fonction de serviteur de la Domina, que traduit l’écart géographique entre Lancelot et Guenièvre après son enlèvement par Méléagant. C’est dans cette séparation provisoire que le creuset de l’amour fou prend sa place, Marie de Champagne, Aliénor sa mère ne se fondent-t-elles pas dans la même emblématique féminine ? Ce texte inachevé aurait-il été terminé par Godefroi de Leigni où Lancelot devenu un homme épousera la sœur du chevalier félon Méléagant. Ainsi se trouvent réunis les royaumes de Gorre et de Logres.

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La Quête du Graal : La Chekhinah – 11/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..) : La Roue de la Fortune...

- « Et si, ma Fortune tournait.. ? Laquelle .. ? »

Entrez !

La Quête du Graal, représente le désir d'union avec le Divin.

Le Chercheur du Graal marche seul dans un paysage de désolation. Derrière lui, invisible, se tient une femme vêtue d'une robe bleu foncé ornée d'étoiles, la tête recouverte d'un voile. Un faible éclat nimbe cette femme. Plus loin sur la route solitaire du Chercheur se dessine vaguement un château en ruine.

Dans les légendes du Graal, la Souveraineté est représentée par la Porteuse du Graal, qui porte la coupe de la régénération. Elle est reconnaissable sous son aspect de vieille sorcière, comme Messagère du Graal (voir aussi : Kundrie...) , et Dame Hideuse … Elle apparaît aussi comme la Reine des Objets Sacrés dans Peredur,

La tradition médiévale chrétienne va reprendre le Mythe, en l'appelant ''présence compatissante de Dieu'', sous les traits de la Chekhinah, ou d'une contrepartie féminine de Dieu... La tradition gnostique parle de ''Sophia'' la Fiancée divine... On peut dire que cette force féminine compatissante, écartée par l’Église officielle, a survécu dissimulée dans les traditions du Graal...

La ''Souveraineté'' comme image féminine est déterminante dans la mythologie celtique. Dans la Légende arthurienne, elle reste essentielle : la reine Guenièvre détient davantage le pouvoir que le Roi lui-même. Aussi, sa relation adultérine avec Lancelot, remet-elle en cause l'unicité du Royaume et la place d'Arthur...The Lady Guinevere, by Alexie King

Dans le ''Haut Livre du Graal'' - un roman arthurien anonyme daté du début du XIIIe siècle, et contemporain à ''La Quest del Saint Graal'' – Guenièvre semble être par qui le royaume tient encore debout, malgré la 'langueur' d'Arthur...

Et si Guenièvre, est à l'origine du courage et des exploits de Lancelot, cela fait d'elle la déesse inspiratrice … reste à savoir, si l'amour de Lancelot est ''pur'' … On entrevoit ici, la confrontation de la ''fin'amor'' avec le christianisme, qui qualifie cet amour de ''péché'' : c'est à cause de lui que Lancelot ne pourra accéder au Graal... Paradoxalement, c'est cet amour qui fera de lui le chevalier le plus fidèle à son Roi …

Guenièvre ( incarnation de la souveraineté ) serait alors une figure du paganisme, et Lancelot serait récupéré par le christianisme qui n'envisage pas la société sous l'angle de la femme...

Chez les celtes, cette figure féminine porte plusieurs noms : Brigit, Ana, Morrigan, Bodb, Macha, et plutôt sous la forme ternaire ( Il y a trois Macha …). dans la Légende arthurienne, les demoiselles se présentent souvent par trois … Les demoiselles de la Fontaine, étonnent Gauvain, elles vont fusionner en une : la fontaine étant le symbole de ''l'Autre Monde'' …

Dans le ''Haut Livre du Graal'', Guenièvre est sans cesse associée à la ''Vierge'' ; ce livre pourrait servir d'appui à une thèse qui ferait de la Vierge, une figure chrétienne qui reprendrait celle de la ''déesse-mère'' celte...

Aujourd'hui, le message spirituel, que nous pouvons retenir est que la présence d'une force comme la Sagesse, lors d'une ''relecture'' ( relecture de vie, du chemin parcouru ..), étaye la pensée claire et la discipline nécessaires pour dépasser les obstacles et trouver un moyen de surmonter les difficultés et d'accepter ''ce qui est'' et ne peut être autrement, et changer ce qui peut l'être ...

Pour continuer le Chemin : - Préparez votre question...

Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

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La Quête du Graal : La Roue de Fortune – 10/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente.. : Le Prêtre Jean..)

- «  Où trouver cet Ermite, et comment relire mon chemin... ? »

Entrez !

La Roue de Fortune est un des thèmes majeurs de la littérature et de la philosophie au Moyen-âge : elle évoque d'une part le caractère éphémère des biens sur terre, et d'autre part que même les puissants peuvent être au sommet, et pourtant tomber subitement... La déesse Fortuna, influence ainsi la destinée humaine ; elle est représentée en haut d'une roue et l'a fait tourner selon les caprices de la chance...

Dans la Légende arthurienne, Gauvain, la rencontre dans un grand château. Mi-noire, mi-blanche, Fortuna est accompagnée de sa Roue...

Si elle peut paraître en alternace belle et hideuse, en sa présence, Fortuna reste belle... Elle manifeste au Chercheur de Graal, son rayonnement intérieur ; elle l'aide encore par la suite à découvrir les véritables secrets du vase sacré...

Fortuna est plutôt favorable à Gauvain ( le champion de ces dames …!)

 

Un roman, que rédige Wirnt de Grafenberg, vers 1204-1215, continue cette destinée favorable …

En effet, l'histoire s'attache au jeune Wigalois, qui serait le fils de Gauvain , et de … disons d'une fée. Il part à la recherche de son père. Il gagne la cour du Roi Arthur, avant de s'engager dans une série d'aventures qualifiantes qui vont le mener au mariage et à la souveraineté. L'emblème du jeune chevalier est une roue d'or ( la roue de Fortune ). Fortuna, ou la providence, veille sur lui en permanence...

La possibilité d'un nouveau choix, peut nous conduire à une meilleure compréhension du but essentiel de notre Quête. Même un changement de fortune, peut nous armer d'une détermination plus grande encore ...

Pour continuer le Chemin : - Quelle est votre question ?

Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

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Le Roi Arthur, l'un des neuf Preux.

Publié le par Perceval

Château-della-Manta-cycle-des-neuf-preux-et-des-neufs-preuses réduit* Vers 1310-1312 dans les Vœux du Paon ( Jacques de Longuyon ), la notoriété du roi Arthur, lui vaut d'être compté parmi les Neuf Preux aux côtés de Josué, David, Judas, Macchabée, Hector, Jules César, Alexandre, Charlemagne et Godefroy de Bouillon. Arthur_mantaC'est dire surtout, l’extraordinaire diffusion et faveur dont jouissent les textes relatifs à la matière de Bretagne tout au long du Moyen Âge …

Le succès du motif est immédiat, vraisemblablement du fait de sa structure fixe et stable, les neuf héros permettant d’embrasser toute l’histoire humaine. Il est ainsi diffusé à travers toute l’Europe. Les neuf Preux - au Moyen-âge - représentent une sorte de « panthéon » de la chevalerie, il s’agit de figures historiques ou du moins considérées comme telles, il n’en demeure pas moins qu’une large part de leur prestige est due à leur faveur littéraire...

Les neuf Preux, relèvent principalement du mythe ou de la légende. Même les héros les plus historiques prennent une coloration légendaire.

Le Triomphe des Neuf Preux (extrait) - manuscrit BNF-Arsenal (1487)

Le Triomphe des Neuf Preux (extrait) 

- manuscrit BNF-Arsenal (1487)

Pour ce qui est, du Roi Arthur : Le texte de Jacques de Longuyon ( Voeux du Paon), raconte les combats du Preux Arthur contre deux géants, le géant du Mont Saint-Michel et Ruiston. Il met donc en évidence ses compétences de chevalier. La seconde suite des Preux, ajoute les circonstances de la mort d’Arthur aux mains de Mordret et la mention qu’Arthur a vu le Graal.

  * A la fin du XVe s. Trois vastes compilations sont organisées autour de ces neuf vies qui retracent les hauts faits des Preux, dont :

Le Chevalier errant a été écrit par le marquis Thomas III de Saluces, probablement en 1394. L'auteur, sous la forme du chevalier errant, y narre de manière allégorique sa quête de la sagesse à travers ses aventures aux

Bnf: Le Chevalier errant a été écrit par le marquis Thomas III de Saluces, probablement en 1394. L'auteur, sous la forme du chevalier errant, y narre de manière allégorique sa quête de la sagesse à travers ses aventures aux royaumes du "Dieu d'Amours", de "Dame Fortune" et de "Dame Congnoissance". Au cours de ses pérégrinations, il entre dans le "palais des Esleus", où il rencontre les Neuf Preux et les Neuf Preuses. 

L’Histoire des Neuf Preux et des Neuf Preuses nous est parvenue dans un manuscrit unique conservé à Vienne . Elle a été composée par Sébastien Mamerot à la demande de son seigneur Louis de Laval entre 1460 et 1468. La partie arthurienne de Sébastien Mamerot s’étend sur 97 feuillets, il s’agit de la plus longue vita. Il suit Geoffroy de Monmouth fidèlement et le traduit dans son intégralité, sans presque abréger, dépassant largement en amont et en aval la vie d’Arthur. En fait, manque une traduction des prophéties de Merlin... Ce choix correspond à l’un des objectifs qui se dégagent du prologue de la compilation, à savoir faire œuvre d’historien en donnant une version véridique des hauts faits des Preux.

Arthur_Armorial Sammelband (Bavière)

Arthur: Armorial Sammelband (Bavière)

Les douze années de paix suivant la victoire d’Arthur sur les Saxons constituent le cadre dans lequel se déroulent les aventures des chevaliers de la Table Ronde . Dans le manuscrit de l’Histoire des Neuf Preux, on trouve à cet endroit là une nouvelle rubrique suivie d’un chapitre tout à fait particulier : avant de revenir à Geoffroy, Sébastien Mamerot se sent contraint de parler de la Table Ronde. Pour ce faire, il revient en arrière à la mort d’Uther Pandragon, mais pour donner la version des faits romanesques. Cette fois, conformément aux romans, Arthur a été emmené par Merlin à sa naissance et confié à Anthor qui l’a élevé avec son propre fils Keu ; le cœur du passage consiste en un résumé de l’histoire de l’épée dans le perron qui aboutit au couronnement d’Arthur. Sébastien Mamerot signale ensuite en une phrase la guerre des barons rebelles et la victoire obtenue par Arthur avec l’aide de Merlin. Il enchaîne alors sur la fondation de la Table Ronde, selon ce qui se trouve chez Wace. Chateau d'Anjony ( VXe ) preux Arthur Sébastien Mamerot ne suit pas le Merlin dans lequel c’est sous Uther qu’est fondée la Table Ronde, mais il en tire la description des trois tables (la table de la Cène, la table du Graal de Joseph d’Arimathie et enfin la Table Ronde) et l’explication du siège périlleux. Cependant les chevaliers à s’y asseoir ne sont pas cinquante, mais cent cinquante, ce qui correspond au nombre de chevaliers qui jurent d’entreprendre la quête du Graal dans la Queste del Saint Graal et dans le Tristan, et qui était devenu un chiffre canonique. Sébastien Mamerot insère alors les « lois de la Table Ronde », qui se trouvent dans le De casibus, sorte de code de conduite que doivent suivre les chevaliers et qui semble inspiré des romans arthuriens.

Arthur_Armeiro_Mor

Arthur: Armeiro_Mor

Avant de retourner à Geoffroy, il termine cette parenthèse par l’évocation des meilleurs chevaliers de la Table Ronde, dans cet ordre: Galaad, Perceval, Bohort, Lancelot, Gauvain et Tristan. Chaque personnage est accompagné de quelques qualificatifs ou faits importants, de manière extrêmement condensée. C’est à cette occasion qu’apparaît d’ailleurs la seule mention du Graal. Armorial de Gilles le Bouvier - Arthur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon 1440

Armorial de Gilles le Bouvier - Arthur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon 1440

L’intérêt majeur de ces vastes textes sur les Neuf Preux réside dans le fait qu’elles sont pour nous les traces et les résultats d’une lecture à la fin du Moyen Âge des textes arthuriens et nous renseignent sur l’imaginaire et d’une certaine manière sur la conscience générique de cette époque. En effet, elles nous renseignent sur les éléments perçus comme constitutifs de l’histoire arthurienne. Merlin, l’épée dans le perron, la Table Ronde, les combats contre les Géants, Arthur et Mordret s’entre-tuant, Avalon : autant de passages obligés, savoir véhiculé depuis plusieurs siècles par les textes et l’iconographie. Sans Lancelot et sans le Graal, Arthur manque de profondeur, les complexités, les faiblesses sont gommées du personnage. L’image donnée est celle d’un grand roi, un grand guerrier, et plus qu’une existence individuelle, les compilations sur les Neuf Preux nous donnent à voir l’exaltation d’un idéal, voire d’une idéologie,   Sources : Anne Salamon ( Paris IV Sorbonne) HTTP://WWW.UHB.FR/ALC/IAS/ACTES/INDEX.HTM  

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