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Le Chevalier à l'épée – 4/ -

Publié le par Perceval

Résumé : Après un bon repas, voilà Gauvain et la fille couchés et nus dans le même lit. Malgré l'avertissement, Gauvain s'approche de la fille. Mais une épée suspendue au-dessus du lit s'anime et vient blesser Gauvain, au flanc. C'est une blessure légère. La fille lui explique que maints chevaliers ont perdu la vie dans ce lit. Gauvain ne se résigne pas et tente à nouveau et est une seconde fois blessé au flanc. Il se résigne.

Au petit matin, le chevalier est contrarié de revoir Gauvain vivant. Mais comme l'épée devait épargner le meilleur chevalier, Gauvain est déclaré tel et peut sans danger cette fois, donner libre cours à son désir avec la fille qui l'accepte. Il peut même prendre possession du château, ce à quoi il renonce.

 

Alors Gauvain en remercie le châtelain :

« Sire, dit-il, bien suis payé, de la pucelle seulement. »

On sut bientôt dans les environs qu'au château était un chevalier que l'épée redoutable avait épargné. De toutes parts, on accourut pour le féliciter, et sa victoire fut célébrée le jour même par une fête et des divertissements. Après le festin, les ménétriers entrant dans la salle, la firent retentir du son des violons, des flûtes et des chalumeaux: d'autres chantèrent s'accompagnant de la vielle ou de la harpe. Ceux-ci lurent des romans: ceux-là contèrent des fabliaux; et pendant ce temps, les conviés s’amusaient aux échecs ou à d'autres différents jeux.

Des troupes de musiciens ambulants étaient disponibles pour amuser la noblesse, dans les grandes fêtes, dans les cours plénières et aux mariages.. Cette profession, que la misère, le libertinage et la vie vagabonde, faisait qu'elle était fort décriée, exigeait pourtant une multiplicité de connaissances et de talents: ils pouvaient déclamer, chanter, accompagner et improviser en musique, jouer de plusieurs instruments : chansons anciennes et nouvelles, et aussi des historiettes courantes , des contes et fabliaux, qu'ils se piquaient de savoir; outre les romans du temps qu'il leur fallait connaître et posséder en partie.. Souvent aussi, ils étaient auteurs... Enfin il y en avait qui, à tous ces talents, joignaient la science de l'escamotage, de la jonglerie et de tous les tours connus

Du jeu d'échecs, on dit que ce sont des sarrasins que l'apprirent nos croisés. Un changement qu'on y fit sur la seconde pièce, qu'aujourd'hui nous nommons reine, et qu'ils nommaient fierce (vierge) présente une réflexion intéressante. Cette pièce dans l'orient s'appelle le ministre: elle ne peut aller que de case en case comme le pion, et s'éloigner du roi que de deux. De ce ministre, la galanterie chevaleresque en fit une dame: puis, trouvant que cette marche gênée, trop ressemblante à l'esclavage des femmes d'Asie, et contraire aux égards dont jouissaient celles d'Europe, lui convenait peu, ils lui en donnèrent une aussi libre qu'elle pouvait l'être, et en firent la pièce de toutes la plus importante. Eudes de Sully, évêque de Paris sous Philippe-Auguste, défendit aux clercs de jouer aux échecs , et même d'en garder chez eux.

Les plaisirs furent ainsi prolongés jusqu'à la nuit. Alors tout le monde se retira pour dormir. Quant aux deux amants, ils furent conduits en pompe dans cette même chambre où ils avoient été enfermés la veille; et comme cette fois-ci l'un n'eut point l'épée fatale à craindre, l'autre n'eut pas non plus de représentations à lui faire.

 

Après être resté quelque temps dans le château, uniquement occupé de ses plaisirs, Gauvain songea cependant à son départ. Une absence aussi longue pouvait causer des inquiétudes au roi, son oncle : il prit donc congé du père, et partit avec sa mie pour Carduel. Elle montait un joli cheval richement enharnaché. Lui , armé comme quand il était venu, l’accompagnait monté sur son grand palefroi.

Mais ils avaient à peine fait cent pas que la demoiselle, s'arrêtant tout à-coup avec une sorte de colère, se plaignit d'avoir laissé au château deux chiens qu'elle avait nourris et qu'elle aimait plus que tout. L'amant empressé retourna aussitôt: il les ramena et l'on continua de marcher.

Vers le milieu de la forêt s'offrit un chevalier armé de toutes pièces, et qui voyageait seul. Le prince s’apprêtait à le saluer, quand celui-ci, poussant brutalement son cheval entre les deux amants, saisit par le frein celui de la demoiselle et s'en fit suivre.

Je n'ai pas besoin de vous dire quelle fut la colère de Gauvain; mais, que pouvait-il contre un homme en armure (invulnérable) avec une épée, une lance et un écu? Il s'avança vers lui cependant, et avec un ton de fierté menaçante: «Vassal , s'écria-t-il , vous venez de commettre l'action d'un lâche. Si vous ne l'êtes pas, quittez vos armes, ne gardez que celles que j'ai, ou donnez-moi le temps d'en trouver de pareilles aux vôtres; et alors disputez-moi ma maîtresse, si vous l'osez. »

Le chevalier répondit froidement : « Vous pouvez sans crainte m'insulter; je suis armé, vous ne l'êtes pas, et j'ai sur vous trop d'avantage; mais, écoutez-moi. Cette femme est votre maîtresse, dites-vous; sans doute, parce que vous vous en faites suivre. Eh bien ! je vais l'emmener à mon tour, et elle sera la mienne. Au reste, pourquoi nous battre et ne pas nous en rapporter à elle, puisque c'est d'elle qu'il s'agit? Éloignons-nous tous deux, laissons-la choisir et suivre celui à qui elle croira devoir donner la préférence. Si elle retourne à vous, j'y renonce et vous quitte; mais si elle vient à moi... - Oh! de tout mon cœur, reprit Gauvain qui, sûr de sa mie , ne croyait pas que, pour l'univers entier, elle eût même hésité un seul instant: Çà, la belle,jugez-nous et prononcez-vous ».

A ces mots ils s'éloignent. Elle les regarde tous deux, les examine, balance; et devinez quel fut son choix?

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Le Chevalier à l'épée – 3/ -

Publié le par Perceval

Résumé : Gauvain se trouve à la cour du Roi Arthur. Il décide de partir à l'aventure et fait seller son cheval et préparer ses armes. Il a une envie de plaisir et de divertissement. Il part ainsi au hasard et perdu dans ses pensées, il s'égare. Il rencontre un chevalier a qui il demande son chemin pour rentrer à la cour. Le chevalier veut bien l'aider à condition qu'il passe la nuit avec lui et ensuite qu'il l'accompagne chez lui. Gauvain accepte ces contraintes.

Sur la route du château du chevalier, il est prévenu que beaucoup de braves chevaliers sont passés avant lui et ne sont jamais reparus. Gauvain ne renonce pas; il poursuit sa route. Il est bien accueilli par le chevalier qui lui présente sa fille qui est d'une beauté parfaite et qui l'invite à en prendre ''possession''.

 

A souper recommencèrent les mêmes importunités que le matin. Mais ce fut bien un autre étonnement, quand on se leva de table, et que le père, donnant ordre qu'on lui dressât un lit dans la salle, et destina le sien pour sa fille et pour l'étranger. A ce discours, Gauvain ouvre de grands yeux : il craint d'être tué s'il refuse, d'être tué s'il accepte, et n'a pas la force de répondre. Sans attendre son aveu, on le conduit dans la chambre avec la pucelle. Douze bougies y sont allumées; et pour qu'il puisse jouir toute la nuit des charmes de la compagne qu'on lui destine , il lui est expressément défendu de les éteindre. On l'enferme après cela, et la clé est emportée. La demoiselle se couche donc , et Gauvain se place auprès d'elle.

Quelques dangers qu'on lui eût annoncés jusqu'alors, le péril s'oublie aisément en pareille circonstance. Il allait manquer de mémoire, et la demoiselle l'arrête : « je ne suis pas ici sans garde » lui dit-elle. Ce mot de garde l'étonne, il promène ses yeux dans la chambre et ne voit rien ; mais elle lui fait remarquer près de la fenêtre une épée suspendue. « Cette épée est enchantée, dit la demoiselle; elle me garde et veille sur moi; et c'est la dernière épreuve que réserve mon père à ceux qui ont eu le bonheur d'échapper aux autres. A l'instant même qu'on s'oublie, elle sort du fourreau et vient percer le coupable. Plus de vingt chevaliers qui, comme vous, sont entrés dans ce lit, aucun n'en est sorti vivant. O mon bel ami, de grâce, ne vous exposez pas à leur sort, et n'allez pas me coûter des larmes qui ne finiraient qu'avec ma vie. ».

A ce discours s'augmenta encore la surprise de Gauvain. Jamais il n’avait entendu parler de pareille aventure: elle lui paraissait si étrange qu'il ne pouvait y croire, et qu'il alla même jusqu'à la regarder comme une ruse adroite de la pudeur aux abois. Déjà il s’apprêtait à en faire l'épreuve..

Soudain la fille jette un cri; et l'épée , tombant comme la foudre, vient blesser le prince, et retourne à sa place. Il reste éperdu et presque interdit. Sa compagne lui fait un tendre reproche sur le danger auquel il s'est exposé: elle le félicite de n'avoir mérité au moins qu'une légère blessure, et l'exhorte à se livrer comme elle au sommeil.

Mais les bougies brûlaient toujours, et l'épée enchantée ne punissait pas les regards. Cette clarté cruelle faisait le supplice de Gauvain; bientôt il ne fut plus le maître de commander à sa contrainte. Eh! que dirait-on d'ailleurs à la cour d'Artus, d'un chevalier à qui fut offerte la plus douce des aventures, et que la crainte du danger arrêta? Qu'y penserait-on de cette épée incroyable que personne ne conduisait? Que de railleries! que de reproches.... !

C'en est fait, il aime mieux mourir. Mais déjà l'épée vole, elle fend l'air, et le sang coule de nouveau.

Après cette seconde leçon, vous devinez aisément que le prince ne se plaignit plus de la clarté des bougies, et que, pendant toute la nuit, quelque longue qu'elle lui parût, les railleries de la cour d'Artus ne furent pas ce qui l'occupa davantage.

Le père, quoique par un autre motif, n’avait pas dormi plus que lui. Il était inquiet du succès de sa cruelle épreuve, et n’attendait que le jour pour s'en éclaircir. Quelle fut sa surprise quand il vit l'étranger vivant !

« Par ma foi, répond Gauvain, sachez que je n'ai chose fet quoi mis Par coi je doie estre à mort tret.

La couverture sanglante et percée le trahissait cependant ; et, malgré la prétendue sagesse dont il se vantait, il se vit obligé d'avouer la vérité. On lui demanda son nom, ce nom si célèbre et illustré déjà par tant d'exploits. Le châtelain alors parut saisi de respect, et il avoua , malgré lui, à son tour, que l'enchantement de l'épée venait de finir.

« Elle devait épargner, dit-il, le meilleur et le plus preux de tous les chevaliers: c’était là l'époux que je destinais à ma fille, et il en a coûté, pour le rencontrer, la vie à plusieurs braves; mais, puisqu'elle l'a trouvé enfin , acceptez sa main avec ma terre et mon château.»

Le père dit à Gauvain que, puisqu'il a mis à fin l'aventure, son château, sa fille et l'épée lui appartiennent. Telles étaient alors les lois des combats. Tout ce qui faisait l'objet ou le prix d'une entreprise appartenait de droit au vainqueur; les poésies du temps en offrent mille preuves. C’était la faute du chevalier d'avoir risqué sa fille...

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Sur la route Richard Coeur de Lion :Châteaux de Montbrun, Brie, 10/ -

Publié le par Perceval

La visite ( assez chère : 10€) du Château de Montbrun, est assez particulière – à l'image de son propriétaire - … !

Les amateurs de récits historiques seront déçus. Les curieux de reconstitution médiévale, façon confort et moderne, seront intéressés.

Pour le visiteur, son apparition - de la route - est magique... Un château fort, situé sur la commune de Dournazac, et surplombant un étang (restes des anciennes douves). Son donjon imposant ( il culmine à 45m) et ses tours massives valent vraiment le coup d'oeil.

 

* Tout d'abord : l'Histoire … !

Pour résumer : A la motte féodale que l'on peut encore voir, succéda une forteresse construite au XIIe siècle, dont il subsiste le donjon couronné de mâchicoulis. Incendié par les Anglais, le château fut reconstruit au XVe.

Le fief de Montbrun remonte au chevalier Pierre Brun – célèbre pour son action à Chalus – et dépend de la Vicomté de Limoges-Ségur, et lors du conflit qui oppose le Vicomte de Limoges Adémar V au roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine Richard Cœur de Lion en 1193, le seigneur Pierre Brun a à sa charge la défense du castrum de Chalus (à l"époque donjon carré en pierre protégé par une enceinte palissadée). Avec le chevalier (Milites Castri) Pierre Basile, ils défendent vaillamment le castrum de Châlus et blessent le roi qui négligeant cette blessure s"infecte et se transforme en gangrène. Le roi Richard meurt le 6 avril 1199 de ses blessures.

De la motte castrale du XIIe, on construit des tours : on trouve les vestiges d"au moins 4 tours (la tour porte – le donjon actuel – tour de la chapelle – tour proche de l"enceinte) également de la chapelle castrale Saint André. Le donjon est à l’origine un des plus anciens de ce type en France, édifié en 1179. C’est une élégante tour carrée à contreforts plats et aux arcades en plein cintre, de 35 mètres de haut et 6 mètres de côté, dénommée « le Grand Jacques ».

Fresque pour le grand salon - Château de Montbrun - Jasmine Le Nozac'h

C'est au XIVe s que l'on construit véritablement un château fort épaulé de tours carrées (vestiges d"une amorce de tour). On construit également l"hôtel nobiliaire de la poterne (donnant sur les moulins). Le château fort de Montbrun, de possession anglaise, défend la frontière nord du duché d’Aquitaine. Il est donc pris dans la tourmente de la guerre de Cent Ans. Arnoult d’Audrehem, maréchal de France, nommé en 1352 par le roi Jean II le Bon : lieutenant des pays entre Loire et Périgord, recouvre les places de Lavaugyon et Montbrun.

Au XVe s, apparaît le château fort actuel, enceinte haute épaulé de 4 tours circulaires, équipées pour le canon. On construit une enceinte basse avec tours, en même temps que l’enceinte villageoise. Incendié et ruiné cependant par les anglais en 1385, le château sera reconstruit sous sa forme actuelle par Pierre de Montbrun, évêque de Limoges, qui veut remettre de l’ordre dans son diocèse malgré les rapines systématiques des Routiers. En 1424, le château est assiégé par le roi de France, Charles VII au motif que Guy Brun le seigneur du domaine de cette époque – marié à Angèle, la souveraine de Pompadour -, refuse obstinément de se soumettre à son autorité, lui préférant la couronne anglaise et Henri VI. L’infortuné et outrecuidant Guy Brun périra dans ce siège et sa femme Angèle enfermée dans un couvent... Pierre, son frère, lui, va jurer fidélité au Roi de France...

Un descendant de Guy Brun, Jean Brun se marie (1503 ) avec Jaquette de Bourdeille (*) - le grand amour de sa vie – avec qui son père – jusqu'à sa mort - refusait de le marier. Malheureusement, Jacquette meurt en 1504, lors de la naissance de leur fille Elisabeth. Elle serait enterrée dans une chapelle ( en ruines aujourd'hui) , face à la porte à pont-levis...

Elisabeth Brun est mariée en 1516 à l'âge de 12 ans, sur ordre du roi de France François Ier, à Porthus d'Estuer de Causade. Leur fils, Louis d'Estuer est un dilettante qui dilapide la totalité de la fortune familiale dans les fêtes et le jeu. Ensuite, toujours en quête d’argent il vend le château le 21 mai 1571, au comte Francois de Lambertie.

Il est dit que Louis meurt dans des conditions pitoyables sans enfant, pauvre et alcoolique. Francois Lambertie, grâce à ses excellentes relations avec le roi, Charles IX, transforme Montbrun en baronnie, prétendant ainsi à deux titres : celui de comte de Lambertie et de Baron de Montbrun. 

En 1569, lors des guerres de Religion, l’amiral de Coligny, devant une résistance acharnée, évitera Montbrun, après avoir incendié Lambertie, pour se diriger vers Châlus et Les Cars.

Presque cent ans plus tard, Marie comtesse de Lambertie et Baronne de Montbrun, qui est mariée à Hubert de Choisel, meurt sans enfants et sans héritiers.

Montbrun échoit alors à l'un de ses cousins de second degré : Jean le Campniac. En 1746, la dernière héritière de cette lointaine lignée des Lamberties, Marie de Campniac, se marie au comte de Conan. Son petit-fils, Alexis devient le dernier seigneur de Montbrun. En plein trouble sur ses terres alors que les premiers signes de la révolution s'annoncent, il échappe à la guillotine mais il succombe, après son arrestation par les représentants du peuple, pendant le trajet de Montbrun au tribunal des peuples à Paris.

Pendant la Révolution, le château fut pillé et dévasté, le domaine divisé en lots et vendu.

Restauré dès 1875 par les 'de la Bonne' et leur descendant Régis de Vandière au XXème siècle, il est aujourd’hui la propriété de Maarten Lamers, qui l’a aménagé avec le confort moderne.

(*) Enfin, on peut signaler l'histoire d'une revenante, que l’on aperçoit encore de nos jours au hasard d’un couloir et d’une nuit sans lune. C’est l’âme de Jacquette : la dame en bleu et en peine, qui errerait à la recherche d'une bague perdue...

Egalement, un légendaire trésor serait enterré ici, qui ferait référence à des mines d'or locales ...

** Lors de notre visite, nous accédons à la cour intérieure, avec puits, pont-levis et sur ses tours : créneaux et mâchicoulis, pour se défendre, avant d'entrer et ...oublier l'Histoire.

A présent, nous visitons une reconstitution luxueuse d'un rêve médiéval … Nous sommes invités à partager quelques miettes du rêve d'un 'aventurier' hollandais à la biographie complexe...

Une cuisine professionnelle moderne présentée dans un style rustique, et la plupart des chambres ont leurs propres salles de douche ou un bain. L'espace de vie contient un grand hall, une chapelle privée, bureau-chambres, une salle de musique, une chambre à coucher principale, chambres familiales, 15 chambres, 2 salles à manger, un salon séjour, une salle de cinéma, une bibliothèque, une salle de billard, une salle de congrès, une salle de bureau, un Jacuzzi, un sauna, des salles de serviteur, 2 ascenseurs, un chauffage central au plancher sur l'ensemble, système de téléphone interne privé...etc

Château de Brie

 

Le château de Brie, appartient au XVIIIe siècle à Victor de Riquetti, marquis de Mirabeau, il est terminé vers 1520. Une porte au décor gothique flamboyant permet d'accéder à un bel escalier de granit en spirale s'épanouissant en palmier à près de 16 m de hauteur. La demeure est habitée et meublée. Au 2e étage, les chambres ont chacune un décor propre à une époque. Dans le parc, la grange médiévale est un ancien refuge militaire protégé par 13 meurtrières et flanqué de deux tourelles (possibilité de location de la grange pour toutes manifestations).

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Châlus, - 9/ -

Publié le par Perceval

Richard Coeur de Lion - BD de Pascal Jourde

Richard Coeur de Lion - BD de Pascal Jourde

Arrivé à Châlus, un  blason - qui représente un lion dont le cœur est transpercé d’une flèche - évoque directement un événement ayant marqué l’histoire de la région.

 

Arrivé à Châlus, donc, on ne peut manquer le donjon du château de Châlus-Chabrol qui domine la commune, et au pied duquel le Roi Richard Coeur de Lion vint trouver la mort (1199)...

La visite de ce haut-lieu de la Route Richard Cœur de Lion, semble se faire malgré les propriétaires actuels, et grâce au soutien de la Mairie... !

 

Il est vraiment dommage que ce lieu ne soit pas mieux mis en valeur... ! Ne serait-ce qu'une exposition sur ce qui s'est passé, ici, le 26 mars 1199...

 

 

 

 

Richard a repris les armes contre des vassaux (à lui) qui avaient passé des traités d'alliance avec le roi de France, pendant sa captivité en Allemagne ( au retour de croisade ..). Parmi ceux-ci, le comte d'Angoulême et le vicomte de Limoges Adémar V qui sera tué en cette même année 1199, soulignons-le, tué par le fils naturel de Richard, Philippe de Cognac...

Richard Coeur de Lion dans Pif gadget...

Certains évoquent un trésor caché à Chalus... Bernard Itier, chroniqueur limousin, contemporain de Richard, affirme que le roi d'Angleterre avait bel et bien l'intention de détruire tous les châteaux et place fortes du vicomte de Limoges.

Déterminé à exécuter ses projets belliqueux, le roi d'Angleterre met donc, le siège devant le château de Châlus-Chabrol. Châlus provient du latin castellum ( petit château) et Chabrol, du nom du chevalier qui construisit ce château, très probablement ce Bernard Chabrol qui assista en 1028 à la consécration de l'église d'Arnac.

Le Château abrite trente-huit personnes ( hommes et femmes). Il est défendu par deux chevaliers : Pierre Brun qui est précisément Pierre, seigneur de Montbrun ( château voisin de Châlus), fils de Hugues IX le Brun, Sire de Lusignan ; et un certain Pierre Basile …

Richard, a promis de faire pendre tout le monde une fois le château tombé, ce qui ne serait pas long, vu la disposition des forces en présence.

Comme Richard, insouciant, sans armure, inspecte la forteresse, Basile, depuis sa tour le vise avec son arbalète. Le carreau, grosse flèche de l'arbalète dont le fer a quatre faces, atteint sans coup férir le roi à l'épaule.

La blessure que Richard ne prend pas au sérieux au début, s'envenime. Un chirurgien de Mercadier ( chef de mercenaires, au service de Richard) n'arrive pas à enlever le fer à quatre faces, il ''charcute'' plus qu'autre chose le roi, la plaie s'infecte et Richard comprend alors la gravité de son état. Mais déterminé à lutter jusqu'au bout contre Adémar, il ordonne tout de même à Mercadier de prendre le château de Châlus puis ceux de Nontron et de Piégut, comme prévu.

Le capitaine des mercenaires lui obéit et tous les assiégés de Châlus sont mis à mort, excepté l'archer qui a touché le roi. Mercadier amène Pierre Basile auprès de Richard qui, mourant, fait grâce de la vie à l'arbalétrier et désire même qu'on lui donne une forte somme d'argent. Mais une fois le roi mort, le cruel Mercadier ne respecte pas ses dernières volontés, et fait écorcher vif puis pendre la malheureux Basile.

Ainsi le rappelle cette épitaphe de Richard cœur de Lion, qui après avoir été victorieux de tant de batailles, mourût le 6 avril 1199, à l'âge de quarante et un ans, 11 jours après sa blessure :

« En Poitou la terre de Châlus garde les entrailles de son Duc

Fontevraud hérite de son corps déposé sous le marbre

La Normandie conserve le cœur invincible du Roi

Ainsi trois pays se partagent ses restes illustres

Aucun ne pourrait suffire à les ensevelir »

 

Richard 1er ne laisse pas d'héritier, la couronne passe à son frère Jean. Infatigable, sa mère Aliénor pendant l'hiver 1199-1200 franchit les Pyrénées accompagnée de l’archevêque de Bordeaux pour se rendre en Castille où demeure sa petite-fille Blanche de Castille. Elle ramène Blanche (12 ans) dans le royaume de France pour la marier à Louis VIII le Lion, fils de Philippe Auguste. Le mariage a lieu le 23 mai 1200. Blanche mettra au monde le fameux Louis IX - 'Saint-Louis' – et Aliénor sera l'aïeule de toutes les familles princières et aristocratiques d'Europe.

 

* A noter que Alain d'Albret (1440-1522) a épousé Françoise de Blois-Bretagne († 1481), comtesse de Périgord et vicomtesse de Limoges... Leur fils Jean d'Albret qui épousa en 1484 la reine Catherine de Navarre, et devint roi de Navarre. Leur petite-fille, Jeanne d'Albret épousa Antoine de Bourbon et fut la mère du roi de France & de Navarre Henri IV. ...

Donc, le Parlement de Bordeaux, par arrêt du 16 novembre 1514, reconnut Alain d’Albret seul et légitime propriétaire des « châteaux et terres de Maulmont, Chalus-Chabrol, Chalucet Courbefy et Solignac... Ainsi furent réunies dans les mêmes mains la vicomté de Limoges et la seigneurie de Châlucet.

Sources : L'épopée Richard Cœur de Lion de Marie-Christine Grave du Bourg (1999) Ed Flanant

A suivre ... Les Châteaux de Montbrun et Brie...

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Le Chevalier à l'épée – 2/ -

Publié le par Perceval

Résumé: Gauvain, s'est donc perdu à la chasse, et il est hébergé par un chevalier qui – aux dires de bergers qu'il a rencontrés - a la singulière coutume de faire tuer tout étranger qui le contredit en quoi que ce soit...

Le château du chevalier, se présente sur une montagne.... Il est vrai qu'en cette époque, un temps où les armes à feu et l'artillerie n’existaient pas encore, c’était la situation la plus favorable: on ne pouvait guère prendre ces forteresses que par la famine. Le même principe a fait bâtir sur des hauteurs la plupart des villes anciennes.

 

Ces avis, donnés avec l'air et le ton de la vérité, étaient faits pour effrayer, et Gauvain hésita quelque temps s'il ne retournerait point sur ses pas. Mais le peu de foi dû à de pareils propos , tenus malicieusement peut-être pour tenter son courage ; la crainte surtout qu'on ne pût lui reprocher un jour d'avoir manqué à sa parole et tremblé une fois dans sa vie, lui fermèrent les yeux sur le danger, et il résolut de tenter l'aventure.

On l’attendait au château. Dès qu'il parut, tout ce qui l’habitait, et le seigneur lui-même, accoururent au-devant de lui avec les apparences du plaisir et de la joie. On prit son cheval, on le désarma lui-même, et le chevalier le conduisit par la main dans une salle richement ornée, où il le fit asseoir en attendant qu'on servit; « Beau sire, lui dit-il, soyez ici à votre aise, et si quelque chose y déplaît à vos yeux, dites le en maître; car vous l'êtes dès ce moment, et tout y est à vous». Gauvain n’avait pas oublié l'avis des bergers, il trouva tout bien. Un moment après, le châtelain rentra avec une demoiselle d'une beauté éblouissante . C’était sa fille. Il lui ordonna d'obéir en tout aux volontés de Gauvain, et, pour que celui-ci ne s'ennuyât pas, il la laissa seule avec lui.

Dans les texte original , est le portrait de la demoiselle … L'auteur a grand soin de répéter que son héroïne était blonde. C’était le genre de beauté qu'on estimait le plus.

Ce préjugé en faveur des blondes était si général, qu'on avait imaginé diverses recettes pour donner aux cheveux et aux sourcils cette couleur, quand ils ne l'avoient pas naturellement. Arnaud de Villeneuve, médecin, mort au commencement du quatorzième siècle , enseigne ce secret dans son traité de Ornatu mulierum...

 

Ce discours,cette conduite,cette belle fille surtout, avoient tellement troublé le prince, qu'il fut quelque temps sans parler. Revenu un peu à lui, sa situation ne lui parut pas médiocrement embarrassante : il se voyait enfermé avec la fille de son hôte, et craignait de lui faire trop ou trop peu de politesses. Il se hasarda pourtant à lui offrir l'hommage de sa valeur, et la pria de permettre qu'il fût son chevalier. A travers tout cet embarras et cette circonspection, la jeune beauté lut sans peine dans les yeux de Gauvain l'impression qu'elle avait faite sur lui. Elle se sentait de son côté quelque penchant pour lui, et avait été frappée de sa bonne mine. Néanmoins la crainte combattait dans son âme l'intérêt que lui inspirait l'aimable étranger, et elle n’osait l'en instruire.

L'amour l'emportant enfin, après avoir fait jurer à Gauvain un secret inviolable, elle l'avertit, comme avoient fait les bergers, de ne jamais contredire son père, et lui recommanda sur toutes choses de la respecter. « Vous l'avez entendu, dit-elle, m'ordonner de vous obéir en tout. Mon doux ami, gardons-nous en bien; vous ne seriez déjà plus, si vous eussiez rien exigé. »

Le chevalier rentra pour conduire son hôte à table. « Quand j'ai un convive chez moi, dit-il en s'asseyant, s'il est curieux de ne pas me déplaire, je veux qu'il y ordonne, qu'il se fasse servir, et se plaigne enfin comme s'il était chez lui ». D'après cette déclaration, il offre de tout à Gauvain, le fait boire largement et le questionne sur chaque plat. Celui-ci boit et mange sans réplique, et vous vous doutez bien qu'il trouve tout excellent. On va même jusqu'à lui proposer la pucelle pour mie: il ne fait pas la moindre objection, accepte et remercie.

Après le repas, le châtelain qui voulait aller au bois à son ordinaire pour chercher aventure, se fit seller un cheval; mais, avant de partir, il commanda expressément à son hôte de l'attendre , et lui défendit, sous peine de la vie, de quitter le château sans sa permission. Il lui laissa cependant sa fille pour l'amuser; car il voulait surtout qu'il s'amusât. Gauvain interdit ne savait que penser de ce mélange incroyable de caresses et de brutalité. Néanmoins, comme de son naturel il était franc et loyal, il cherchait à tout cela des excuses et ne pouvait croire qu'un homme qui, de son plein gré , l’avait invité à venir chez lui, et qui l'y traitait si bien, pût songer à le trahir.

La demoiselle dont la tendresse commençait déjà sérieusement à s'alarmer pour lui, était plus inquiète encore. Elle eût voulu connaître tous les pièges qui le menaçaient, afin de l'en instruire et de lui apprendre à les éviter. Elle lui répétait au moins de se bien tenir sur ses gardes et lui recommandait surtout d'acquiescer sans résistance à tout ce qu'on lui demanderait.

A suivre ... ( après la suite de notre ballade en Limousin, sur la Route Richard...) 

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Le Chevalier à l'épée – 1/ -

Publié le par Perceval

Je me propose de lire et commenter un texte court que l'on inclut dans la Légende Arthurienne : ''Le Chevalier à l'épée '' date de la fin du XIIe siècle, début du XIIIe siècle. Il s'agit d'un texte consacré à Gauvain.

'' ‎Le chevalier à l’épée '', aurait pour auteur, celui du fabliau :''La Demoiselle à la mule '' œuvres parodiques qui veulent bousculer le roman médiéval réaliste du moment : '' Le Conte du Graal ''. Ces textes parodiques veulent remettre en question les conventions courtoises et chevaleresques ; et le personnage qui correspond le mieux à cette image glorieuse est le chevalier Gauvain. En même temps que ces valeurs chevaleresques, c'est le surnaturel qui va être dévalorisé...

Sachons également, que cette période médiévale permet de lire de la poésie courtoise, mais aussi des fabliaux beaucoup plus crus ...

L'auteur, et il fallait l'inventer... ! Se nomme Païen ( à l'inverse de Chrétien), et non pas de la glorieuse ville de Troyes , mais de Maisières ( donc de nulle part …!) : Païen de Maisières se plaît à décrire la déchéance, et l'incompétence amoureuse de Gauvain …

Si on ne sait rien de la biographie de cet auteur ; on peut dater son texte de 1200-1210, et ses nombreuses références aux romans de Chrétien de Troyes ont conduit certains spécialistes à confondre Chrétien et Païen ...

Il n'est pas inintéressant de s'engager dans la lecture de ce texte, avec cet avertissement …

Je rappelle avant de commencer que Gauvain, est qualifié de ''soleil de la chevalerie''... Il est mondain, aimable, courtois, joyeux et plaît aux dames …

Dans aucun texte il ne rencontre de jeune fille qui lui inspire un amour assez profond pour l’épouser ou se consacrer à elle, mais ne reste pas insensible au charme de certaines demoiselles qui croisent son chemin. Beau et séduisant, il plaît et n’hésite pas à échanger des propos charmants avec les jeunes filles et à proposer d’être leur champion. C’est ainsi qu’il offre à Lunete, la suivante de Laudine, de la servir :

« Ma demoiselle, je vous fais don, en ma personne d’un chevalier dont vous pourrez disposer à loisir… Je suis vôtre ; quant à vous, soyez, dorénavant, ma demoiselle. » (Le Chevalier au Lion, vv. 2435-41). A l'inverse de Lancelot, ou de Perceval, Gauvain est un chevalier disponible : Dans le Conte du Graal, il parle d’amour avec la sœur du roi d’Escavalon qui répond à ses avances.

Dans les romans arthuriens du XIIIe siècle, sa réputation de séducteur demeure et ses aventures amoureuses se multiplient : cf la Demoiselle du Lis ( dans la première continuation de Perceval).

Gauvain, trop humain, plus attaché aux valeurs terrestres qu'à Dieu, va passer du chevalier glorieux à celui plus futile et mondain, puis plus inquiétant à celui de meurtrier et de traître...

Incipit:

Et conmance do Chevalier a l'espee.
Cil qui aimme desduit et joie
viegne avant, si entende et oie
une aventure qui avint
au bon chevalier qui maintint...

 

 

 

Quelqu'un aime-t-il joie et déduit? Qu'il vienne à moi et qu'il écoute l'aventure de ce bon chevalier qui fut l'ennemi des traîtres et des lâches, et qui maintint toute sa vie honneur, prouesse et loyauté : c'est monseigneur Gauvain.

L'auteur fait un reproche à Chrestien de Troyes - dont la plume a célébré tant de chevaliers de la Table-Ronde - d'avoir oublié celui-ci. Il veut réparer, dit-il, l'injure faite à la gloire de ce héros. Il chantera au moins quelques-unes de ses actions, puisqu'il est impossible de les raconter toutes; et sans un plus long préambule, il entre en matière.

Le Roi Arthur ( Artus) habitait Carduel avec la reine , son épouse ; Gauvain , son neveu , et un certain nombre de chevaliers. On entrait dans le printemps: le jour était extrêmement beau. Gauvain , dans le dessein d'en profiter, demanda son cheval; et, après avoir chaussé ses éperons d'or , sans autres armes que son épée, sa lance et son écu, prit le chemin de la forêt. La beauté du ciel, le chant des oiseaux, la fraîcheur de la verdure naissante le plongèrent insensiblement dans une douce rêverie : il s'y abandonna quelque temps, et n'en sortit que pour s'apercevoir qu'il s’était égaré. La nuit qui allait le surprendre dans le bois l’inquiétait beaucoup. Il retourna donc sur ses pas, suivit, quitta, reprit diverses routes, et ne fit que s'égarer encore plus.

Les éperons d'or ou dorés étaient le signe distinctif des chevaliers: les écuyers ne pouvaient en porter que d'argent. Quand quelqu'un recevait la chevalerie,la première pièce de l'armure qu'il commençait à prendre était les éperons d'or; et ordinairement le roi ou le prince qui lui conférait cette dignité les lui chaussait de sa propre main.

Gauvain était dans cet embarras , quand ses yeux entrevirent au loin à travers les arbres la lueur d'un grand feu. Arrivé plus près, il vit un cheval attaché à une branche, et près du feu un chevalier assis. Il l'aborda aussitôt pour le supplier de vouloir bien lui enseigner la route de Carduel. Le chevalier s'offrit à le conduire lui-même au château , dès que le jour le leur permettrait; et, en attendant, il le pria d'agréer qu'il lui fît compagnie. Gauvain descendit donc de cheval: il s'enveloppa dans son manteau, et, prenant place auprès de l'inconnu , se mit à causer avec lui. Naturellement droit et loyal, il déploya dans cet entretien sa franchise ordinaire: l'autre, au contraire, ne cherchait qu'à le tromper, et vous en verrez bientôt la raison. Enfin, après quelque temps de conversation , le sommeil les gagna, et ils s'assoupirent jusqu'à ce que le jour vint les réveiller.

«Nous sommes assez loin de Carduel, dit alors le chevalier, et vous n'avez point soupé;mon château est à quelques pas d'ici, acceptez sans façon un repas sans apprêt et offert avec amitié ». Gauvain ne se fit pas prier; l'on partit. Mais, à peine furent-ils sortis de la forêt, que l'inconnu demanda la permission de prendre les devants: « Je n'ai personne, dit-il, qui puisse aller annoncer votre arrivée ; souffrez que je vous quitte un instant pour m'acquitter de ce devoir. Vous voyez mon manoir sur la croupe de cette montagne au bout du vallon: c'est là que je vous attends. »

En disant cela, il partit au galop; et Gauvain, qui n’avait pas sur cette offre si généreuse le moindre soupçon, le suivit tranquillement au pas.

Il était d'usage lorsqu'on voulait recevoir avec distinction quelqu'un que l'on considérait, de venir vers lui... Non-seulement tous les domestiques, mais la maîtresse même du château et ses filles , venaient au-devant du chevalier. Elles lui tenaient l'étrier pour l'aider à descendre, le désarmaient elles-mêmes, et lui donnaient de ces habits commodes que l'on tenait en réserve pour ces occasions. Comme dans la plupart des histoires, le château du chevalier, se présente sur une montagne.

A quelque distance, Gauvain rencontra quatre bergers qu'il salua. L'air noble du héros, cette prévenance de sa part les intéressa en sa faveur: « Beau sire s'écria l'un d'eux, vous ne méritez pas d'aller à la mort ».

Le prince ne fit point d'abord attention à ce discours, et il continua sa route: mais tout-à-coup il s'arrêta par réflexion et revint sur ses pas pour demander aux pasteurs l'explication des paroles sinistres qu'il venait d'entendre. Ils répondirent naïvement que , s'ils l'avaient plaint , c'est qu'ils voyaient souvent de braves chevaliers se rendre , comme lui, au château, et que jamais ils n'en avoient vu revenir aucun. Gauvain étonné fit sur cela diverses questions auxquelles ils ne purent satisfaire; car, comme personne n’avait pu dire ce qui lui était arrivé, on ne pouvait guère en parler que d'après des bruits et des soupçons. Ils lui apprirent seulement, et d'après ces bruits, que le chevalier ne voulait être contredit en rien, que sa coutume était de lasser par les épreuves les plus dures ceux qu'il pouvait attirer chez lui, et qu'à la moindre résistance de leur part, il les faisait égorger.

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Châlucet, - 8/ -

Publié le par Perceval

Passionnés du Moyen-âge ; il faut aller se promener autour et dans la forteresse de Châlucet... ! Beaucoup de choses ont été écrites, et pour étudier en détail son histoire et son architecture, il faut consulter le site : http://www.limousin-medieval.com/chateau-de-chalucet

A la fin du XIIIe siècle, grâce à Géraud de Maulmont, Châlucet, est le plus grand château fortifié du Limousin...

Le site est actuellement très bien aménagé, et c'est l'occasion d'une belle promenade.

Un lieu riche d'histoires...

Même aujourd'hui il inspire encore : je pense à Laurent Bourdelas, qui dans son livre Le mystère de Chalûcet, mêle nos deux époques : l'une historique et véridique, à travers l'épopée des brigands qui se sont emparés de Châlucet au XIV e siècle. L'autre, contemporaine et romancée, au fil d'une enquête policière menée par un officier de police limougeaud (qui partage d'ailleurs quelques points communs avec l'auteur).

 

Et encore, par exemple, la Tour Jeannette, s'appelle ainsi ( au moins depuis le XIXe s.) , parce qu' on raconte qu'un jour, les brigands qui occupaient à ce moment-là la forteresse dévalisèrent des marchands sur le chemin qui mène de Solignac à St-Yrieix. Une des victimes, Jeannette, pour se venger, se déguisa en bergère et se fit accepter comme fille de peine auprès du seigneur de Châlucet, facilitant la prise du château par les gens de Limoges. Retrouvée par les brigands, elle fût jetée au cachot. On dit que son cadavre aurait été retrouvé pendant la Révolution par une famille réfugiée dans la tour. Ainsi se raconte la légende de la tour Jeannette. (source Pays du Limousin n°34)

 

Bien sûr, il ne faut pas croire tout ce que l'on dit : Dans « La Revue limousine.» Limoges, 1929.

On lit que « Le train qui s’essouffle vers Pierre-Buffière a dépassé la station Solignac-Le Vigen. Dans un compartiment de seconde classe, une dame « comme il faut » (maquillage, gants, mallette en cuir fauve), distribue des exhortations à deux bambins remuants comme des crabes.

Soudain, les ruines altières de Châlucet se dressent sur leur colline. Alors, la dame :

- " Venez vite voir, mes chéris ! C’est ici qu’est mort le roi d’Angleterre, Richard-Cœur-de-Lion. Il était très méchant et très grand, encore plus grand que l’oncle Jules. Il voulait piller la France. Mais un Limousin, tout petit comme vous, le guettait du haut de cette tour. Avec sa fronde, il a lancé un caillou à la tête du vilain Anglais qui est mort sous cet arbre que vous voyez là-bas. "

 

Nous, qui parcourons la Route Richard Coeur de Lion, nous avons corrigé ….

La Chronique de Saint-Martial, tirée des archives de l'abbaye de Solignac, nous renseigne sur l'

Pendant la guerre opposant le comte de Poitiers à l'évêque Eustorge de Limoges, ce dernier fonde le bas castrum vers 1130. Il reçoit dans sa lutte le soutien inconditionnel d'Adémar III, vicomte de Limoges, et l'aide de deux chevaliers de la famille des Bernard de Jaunhac.

La nouvelle agglomération fortifiée, qui peut accueillir une quinzaine de familles de chevaliers, est dirigée par une communauté de co-seigneurs : Pierre et Géraud de Frachet, Bernard de Jaunhac, Gui de Périgord, Gui Jourdain, Bernard de Royère. Noms cités dans un texte de 1196.

Toujours vers 1130, le vicomte de Limoges, parvenant à usurper à l'abbé de Solignac certains droits suzerains sur le castrum, fonde le second château : le Haut-Châlucet. Puis vers 1270-1280 : c'est la construction du palais fortifié par Géraud de Maulmont. Et, en 1305 : Châlucet devient une forteresse royale.

Le Château est un repaire de brigands, pendant la guerre de cent ans. Et, il est démantelé à la fin du XVIe siècle...

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Sur la route Richard Coeur de Lion : St Jean de Ligoure, Château-Chervix, - 7/ -

Publié le par Perceval

Saint-Jean-Ligoure est un petit village centré autour de l'Eglise et d'un château construit au XVIIIe (et non pas au XIIe s).

C'est à Châlucet - qui dépend de cette commune -que l'on trouve une construction médiévale, dont on reparlera bien-sûr...

Quelques personnalités sont liées à la commune de Saint-Jean de Ligoure (Sent Jan Ligora en occitan) et Châlucet, en particulier :

* Géraud de Maulmont (1222, 1299), cadet d'une lignée limousine '' les Maulmont'', clerc, puis conseiller de la vicomtesse de Limoges, ministre de Philippe le Bel, chapelain particulier du pape. Il a reconstruit entièrement le château haut de Châlucet pour en faire la plus grande forteresse limousine sous la forme d'un palais richement équipé.

Ainsi, à partir de 1272, il devient seigneur de Châlus, de Châlucet, de Courbefy, de Bré, de Bourdeilles, de Saint-Pardoux-la-Rivière et de Montfort en Bourgogne. Il possédait également des biens à Limoges, un manoir à côté du castrum d’Aixe, un hôtel particulier proche du Louvre à Paris

    Géraud de Maulmont meurt en 1299 à Châlus. Son héritage sera repris par la couronne de France.

    * La famille des Cognac ( ou Coignac) sont seigneurs de Saint-Jean-Ligoure. Ancienne chevalerie connue dès 1350, puis éteinte à la fin du XVIe siècle après avoir donné quelques personnages très romanesques.

    On connaît un François de Coignac dit '' le furieux'',seigneur de Saint-Jean-Ligoure, et de Château-Chervix...

    Fait divers :

    Le 6 octobre 1553, Château-Chervix est le théâtre d'un drame de la folie : François de Coignac, est hanté, comme tant d'autres, par l'idée de fabriquer de l'or ou du changement de tout métal en or grâce au mercure solidifié.

    Pour ce faire, il s'adjoint un certain Bernardiera, prêtre de réputation douteuse. Il installe un laboratoire dans une tour isolée du château. Le beau-père de François de Coignac, intéressé par l'alchimie, est lui, accusé de falsification de monnaie et conduit au Châtelet d'Angoulême. Son gendre, fort ému, va plaider sa cause et obtient « que bonne justice serait faite ».

    À son retour, il raconte l'histoire à Bernardiera. Redoutant que la justice vienne s'intéresser à leur activité, il le convainc qu'il doit périr avec sa famille en même temps que la destruction du bâtiment. Coignac ne voulant pas participer à cette tuerie va se réfugier au Puy-de-Bar, laissant le champ libre au prêtre et à un complice.

    Usant de subterfuges, Bernardiera attire Dame Coignac dans le laboratoire où il la tue d'un coup de dague, puis c'est le tour des enfants, pendant que son complice s'occupe des domestiques les uns après les autres, sauf un petit berger qui, remontant de la cave entend crier et s'y réfugie de nouveau. Les dépouilles des malheureux sont entassées dans le laboratoire où il est mis le feu. Celui-ci embrase le reste du château, en n'épargnant que le donjon actuel.

    Après 2 jours, le petit berger sort de sa cachette et raconte la terrible histoire. Ce récit vient aux oreilles des juges du Présidial qui font chercher les coupables. Bernardiera confesse son crime, il est tenaillé, roué, écartelé et décapité à Limoges, quant à Coignac, réfugié en Suisse, il sera condamné à avoir la tête tranchée.

    La tour de Château-Chervix est l’ancien donjon d'un château-fort construit par les vicomtes de Limoges au XIIe siècle. Ils y envoyaient leurs principaux prisonniers comme dans les châteaux d’Aixe, de Nontron et d’Excideuil.

    Le donjon de Château-Chervix a été édifié par le vicomte de Limoges sur les terres de l'abbaye de Saint-Martial. Une mention, dont l'authenticité n'est pas établie, prétend qu'il existait un château dès le milieu du Xe siècle. A la fin du XIe siècle, la paroisse " Saint-Silvain du château " est attestée dans le patrimoine de l'abbaye (première mention authentique). Près de cent cinquante ans plus tard, une bulle pontificale d'Innocent IV désigne Saint-Silvain comme église de Château-Chervix.

    Le château apparaît dans les comptes-rendus de divers hommages prêtés par les vicomtes de Limoges aux abbés de Saint Martial, suzerains des lieux :

    Dans le dernier quart du XIIe siècle (v. 1174 ?) : Adémar V à l'abbé Isembert pour la tour maîtresse. En 1287 : Arthur de Bretagne pour la tour, ou fort et motte. En 1307 : Jean à l'abbé Gaillard pour le château. En 1363 : Charles de Bretagne pour le château.

    Durant la guerre de Cent Ans, la place est prise par les Anglais en 1356. Ils l'enlèvent de nouveau en 1380 et s'y installent une année durant.

    A la fin des hostilités, Château-Chervix passe entre différentes mains : au capitaine de la place en 1452 ; aux Coignac (ou Cognac) de Saint-Jean-Ligoure en 1487 ; à Jean Hugon (juge) en 1541 ; à François de Pérusse -comte des Cars- en 1598 ; à la famille Joussineau de Tourdonnet en 1660.

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    Sur la route Richard Coeur de Lion : Les Cars et Nexon, - 6/ -

    Publié le par Perceval

    Les Cars et Nexon, étaient des fiefs qui dépendaient du château de Lastours.

    - LES CARS:

    A la fin du XIe s., un membre de la famille de Lastours, alors doyen de St-Yrieix, donne le village des Cars à l'abbaye de Saint-Martial, qui y nomme un prévôt chargé de percevoir les revenus. A partir du XIIIe s. , une famille de chevaliers implantée localement, les Barry, constitue une seigneurie dans le village et s'oppose rapidement au prévôt et aux sires de Lastours. En 1298, portant, ce derniers reconnaissent aux Barry le droit de tenir d'eux le fief des Cars.

    La maison forte des XIIIe et XIVe siècles fut transformée dans le premier tiers du XVIe siècle par Geoffroy de Pérusse qui fréquentait les cours royales. Ce fut l'une des plus précoces manifestations de " la première Renaissance " en Limousin.

    Actuellement, le chemin de randonnées permet d'aller, dans la forêt des Cars, à la bonne fontaine " la Font du Rieu Tari " ou " Font de Saint-Fiacre " qui passe pour guérir les humains et les animaux, et près du hameau de la Goupillère, voir le dolmen de la Pierre Levée.

    On dit que le propriétaire de la forêt des Cars, ou du moins de la partie où se situe la source, n'ayant pas confiance en ses vertus curatives, la fit combler. Il fut aussitôt pris de douleur rhumatismales (que les gens du pays ne manquèrent pas de qualifier de providentielles et vengeresses). Frappé par cette coïncidence, il la fit remettre en son état primitif et ses douleurs disparurent.

    Le site est encore aujourd'hui très fréquenté, comme le démontre les pièces de monnaie au fonds de la source et les nombreux ex-votos, anciens et récents (vêtements, chaussures, bas, chaînes de bestiaux, cage etc....) installés près de l'oratoire abritant la statue de la Vierge.

    - NEXON:

    Nexon est située au bord de la grande voie antique qui reliait, au long du premier millénaire, Bourges à Bordeaux.

    A partir du XIe s., les vicomtes de Limoges et les seigneurs de Lastours apparaissent maîtres du territoire paroissial sur lequel vivent aussi quelques familles de chevaliers. Ces lignages disposent de fiefs et d'hôtels nobles implantés autour de l'église et fournissent à la paroisse ses curés. .. Les vicomtes délaissent peu à peu leurs droits au profit des familles locales...

    Ainsi la famille des Lastours, premiers barons du Limousin et seigneurs de Nexon, Hautefort et Pompadour, jusqu'au mariage d'Agnès de Lastours à Guy de Nexon au XIIIe siècle et la vente de cette co-seigneurie, avec ses droits de justice, vassaux, hommages, colombier… par Galliot de Lastours à Léonard de Gay en 1532.. La famille « de Gay de Nexon » est noble d’extraction depuis 1587. A cette époque elle possédait les seigneuries de Nexon (HV.) et de Champagne (commune de Nexon, HV.)

    C'est en 1633 que Léonard de Gay achève de construire le château qui restera, pendant 350 ans celui de la famille de Gay de Nexon jusqu'en 1983.

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    La route Richard Coeur de Lion, en Limousin

    Publié le par Perceval

     

    Le Roi ArthurLe Roi Richard Coeur de Lion, et Robin des bois

    Limousin : La route du Roi Richard.

    La légende du Roi Arthur, et l'histoire de Richard Coeur de Lion nous renvoient au Moyen-âge et au mythe, qui nous paraissent, une dizaine de siècles plus tard, indissociable l'un de l'autre...

    Il est aisé, pour un conteur, de passer du Roi Arthur au Roi Richard Cœur de Lion... Le décor est le même : les mœurs, les conditions de vie, les passions se retrouvent...

    En ce début de printemps, et de vacances d'été ; je prévoie toute une série d'articles qui vont mêler Histoire et Tourisme... Je suis résident à Limoges, et je vous propose de visiter les châteaux et les Églises de la Route Richard cœur de Lion.

    La route Richard-Cœur-de-Lion est un circuit touristique qui relie Chassenon (Charente) à Arnac-Ponpadour (Corrèze). Elle se situe dans quatre départements : Charente, Haute-Vienne, Dordogne et Corrèze. Elle passe par Châlus ( 35km de Limoges) , où est mort Richard Cœur de Lion en 1199, d’où le nom donné à cet itinéraire.

    Au moyen-âge, la vicomté de Limoges était bordée au sud-ouest par des châteaux, églises et cités fortifiés formant une ligne de défense aux limites du grand duché d'Aquitaine, possession des Plantagenêt et de Richard Coeur-de-Lion en particulier, par sa mère Aliénor d'Aquitaine : héritière du duché d'Aquitaine.

    Le Limousin, tout comme la Dordogne, possède de nombreux vestiges et témoignages de l'époque médiévale.

    Au Moyen Âge, le Limousin fut le terrain de luttes incessantes entre les rois d'Angleterre et rois de France. Notamment au XIIe siècle, avec Henri II Plantagenêt adversaire de Louis VII ( et qui fut le premier mari d'Aliénor) et Richard Coeur de Lion qui s'opposera à Philippe-Auguste. 

    Le but de ces conflits était bien évidemment la prise de possession de nouveaux territoires. La vicomté de Limoges se trouvait alors dans une position géographique stratégique. 

    En 1199, suite à une multitude de conflits divers, Richard Coeur de Lion se rend au château de Châlus-Chabrol pour l'assiéger... Durant le troisième jour de siège, Richard est touché par un carreau d'arbalète et meurt de sa blessure mal soignée. 

    Ci-dessous, donc, les articles déjà parus, sur cette route Richard Coeur de Lion, fil rouge d'une promenade médiévale en Limousin... Bonne Route!

    Le Limousin au Moyen-âge. -1/2-

    Cet été, nous serons sur la route de Richard cœur de Lion en Limousin

    Le Limousin au Moyen-âge. -2/2-

    Nous en avons déjà parlé : Henri II, et Richard cœur de Lion , gardiens de l'Aquitaine ...

    Sur la route Richard Coeur de Lion : Limoges – 1/3 - - La Légende du ...

    - La Maison de Limoges est une famille féodale du Limousin qui possédait la Vicomté de Limoges. Elle commence avec Foucher ou Foulques ...

    Sur la route Richard Coeur de Lion : Limoges – 2/3 - - La Légende du ...

    - BD de Pascal Jourde '' La mort du Lion '' Limoges, dès la fin du IXème siècle, le vicomte représente le comte de Poitiers ; il s'est installé à ...

    Sur la route Richard Coeur de Lion : Limoges – 3/3 - - La Légende du ...

    - En 1171 (?), d'après Geoffroy de Vigeois, le jeune Richard Cœur de Lion, nouveau duc d'Aquitaine, après une entrée processionnelle devant ...

    Sur la route Richard Coeur de Lion : Le Vigeois et Pompadour– 1 ...

    - Notre parcours commence à la sortie 45 de l'autoroute A20, à 70km de Limoges... Geoffroy le Vigeois , chroniqueur, est reçu moine à ...

    Sur la route Richard Coeur de Lion : Ségur et Coussac-Bonneval– 2 ...

    - La vicomté de Ségur naquit au IXe siècle, lors de l'éparpillement féodal du Limousin. En effet, le Limousin est partagé entre plusieurs grandes …

    Sur la route Richard Coeur de Lion : Saint-Yrieix et Jumilhac – 3/ - - La ...

    - Saint Arède d'Atane ( Arédius) naquit entre 510 et 516, à Limoges. Il fonde un monastère à proximité de la villa de sa mère, au lieu-dit Atane, ...

    Sur la route Richard Coeur de Lion : Le Chalard -4/.- - La Légende du ...

    - Le village du Chalard est né d'un prieuré fondé par Saint Geoffroy à la fin du XIe s. La Vita Beati Gaufredi, reprend la vie de Geoffroy du ...

    Sur la route Richard Coeur de Lion : Lastours, – 5/ - - La Légende du ...

    - La famille des Lastours à travers le Moyen-age. La lignée des Lastours trouve son origine, d'après les chroniques de Geoffroy de Vigeois ...

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