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Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire

Publié le par Perceval

Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire
Autoportrait

Charles Antoine Coypel ( 1694-1752), premier peintre du roi, est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre... Portraitiste habile, et d'abord peintre d'histoire. Il pensait que la peinture d'histoire pût être renouvelée par le théâtre.

Il fut un habile politicien et il accéda aux plus hauts postes de l'administration artistique. Il exerça la charge de Garde des tableaux et dessins de la Couronne de 1722 à 1752. Il entra à l’Académie royale de peinture et de sculpture le 31 août 1715et en fut nommé directeur en 1747.

Il fut nommé Premier peintre du Roi en 1747 et a travaillé pour Madame de Pompadour. On revalorise alors les grands sujets d'histoire ...

Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire
Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire
Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire
Charles Antoine Coypel, peintre d'histoire
Don Quichotte par C.A. Coypel
Don Quichotte par C.A. Coypel
Don Quichotte par C.A. Coypel
Don Quichotte par C.A. Coypel
Don Quichotte par C.A. Coypel
Don Quichotte par C.A. Coypel

Don Quichotte par C.A. Coypel

Portraits
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Lire Lancelot-Graal au XVIIIe siècle.

Publié le par Perceval

Au XVIIIe siècle, lisait-on les romans médiévaux ?

Précisément, Jean Chapelain ( 1595 - 1674) de l'Académie française nous en parle, au siècle précédent ; mais son ouvrage '' De la lecture des vieux romans '' a en fait été publié pour la première fois à titre posthume en 1728.

 

Chapelain raconte qu’il a été surpris par deux lettrés Gilles Ménage ( érudit) et Jean-François Sarasin (historien et poète) alors qu’il était plongé dans la lecture d’un roman médiéval : Lancelot.

Sarasin observe que '' Lancelot '' est « la source de tous les romans qui, depuis quatre ou cinq siècles, ont fait le plus noble divertissement des cours de l’Europe ».

Ménage, défenseur des Anciens, déclare sa stupeur quand il a vu qu’un homme de goût comme Chapelain peut louer un livre que même les partisans de Modernes « nomment avec mépris ».

Pourtant, Chapelain réplique que, même s'il a commencé à lire l'ouvrage pour montrer comment la langue française est passé de sa grossièreté initiale au raffinement d'aujourd'hui ; il reconnaît apprécier sa lecture ….

Ménage ne peut retenir son indignation : « Je verrais volontiers quel autre profit on pourrait tirer de cette misérable carcasse. L’horreur même des ignorants et des grossiers. Ne me voudrez-vous point faire trouver en ce barbare quelque Homère ou quelque Tite-Live ? »

 

Comment Chapelain réagit-il ?

 

Chapelain défend l'idée que d’un point de vue littéraire, Homère et l’auteur de Lancelot sont complètement différents : le premier est noble et sublime, le second « rustique et rampant ». Mais la matière de leurs œuvres est semblable : l’un et l’autre ont composé des « fables ».Aristote aurait jugé favorablement Lancelot, comme il l’avait fait avec les poèmes d’Homère : le recours à la magie dans le premier n’est pas si différent de l’intervention des dieux dans les seconds.

L’auteur de Lancelot, affirme Chapelain, était un « barbare qui a plu à des barbares mais qui ne l’est pourtant point en tout ».

Ménage demande ironiquement s’il va falloir aussi supporter une comparaison entre l’auteur de Lancelot et Tite-Live... ? Chapelain réplique :

Celle […] qu’on prétendrait faire entre Lancelot et Tite-Live serait aussi folle que si l’on voulait en faire une entre Virgile et Tite-Live, entre la fausseté et la vérité. […] Si toutefois il ne lui est pas comparable par la vérité de l’histoire, n’étant composé que d’événements fabuleux, j’oserai dire qu’il lui pourrait être comparé par la vérité des mœurs et des coutumes dont l’un et l’autre fournissent des images parfaites : l’un [Tite-Live] des temps dont il a écrit, l’autre [Lancelot] de ceux où il a été écrit.

Un écrivain qui invente une histoire, un récit imaginaire qui a pour protagonistes des êtres humains, doit représenter des personnages fondés sur les us et coutumes de l’âge où ils ont vécu : dans le cas contraire, ils ne seraient pas crédibles. Chapelain fait une allusion implicite au célèbre passage de la Poétique  où Aristote soutient que « l’affaire du poète, ce n’est pas de parler de ce qui est arrivé, mais bien de ce qui aurait pu arriver et des choses possibles, selon la vraisemblance ou la nécessité. »

Sa conclusion : Lancelot nous offre « une représentation naïve, et s’il faut ainsi dire, une histoire certaine et exacte des mœurs qui régnaient dans les cours d’alors.».
 

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Don Quichotte face au Chevalier du Graal

Publié le par Perceval

Don Quichotte face au Chevalier du Graal

Le Héros médiéval est raillé par le personnage de Don Quichotte de Miguel Cervantes ( écrit au début du XVIIe s.)

Rappel:

Un pauvre ''hidalgo'' s'ennuie dans sa campagne de la Mancha et rêve d'idéal. Il lit tous les romans de chevalerie et pour atteindre à la même renommée que les héros de ses lectures, il décide de s'identifier à eux pour aller redresser les torts et lutter contre les injustices dans la Mancha. Il prend le nom de don Quichotte ( otte est un préfixe ridicule ), se revêt de son armure bricolée, monte sur son cheval Rossinante (latin rocin,âne et ante, avant) , identifie sa bien-aimée Dulcinée à une bergère des environs et très vite se fait seconder par un écuyer, le fidèle Sancho Panza qui s'associe à la folie de son maître...

 

Don Quichotte confond le livre et la réalité. Ainsi dans ce délire étourdissant du chapitre 17, où, face à deux troupeaux de moutons, le chevalier détaille pour Sancho ahuri les deux armées qu'il voit devant lui, « tant il était imprégné de ce qu'il avait lu dans ses livres mensongers »

Don Quichotte avait lu les ''romans de Chevalerie''. Ils étaient très en vogue, encore au ''siècle d'or'': El Siglo de Oro ( de 1492-1681). Le livre de Cervantes (1547-1616) est une parodie des mœurs médiévales et de l'idéal chevaleresque ; mais aussi une critique des structures sociales d'une société espagnole rigide et vécue comme absurde.

Pourtant le siècle des Lumières sera liée en Espagne avec une sorte de décadence sous Napoléon … L'inquisition reste puissante...

 

Revenons un peu en arrière :

La version castillane de la Quête du saint-Graal se nomme '' Demanda del Sancto Grial '', synthèse de modèles français et portugais.

« Dans un univers d’aventures foisonnantes, la Demanda réserve une place de choix au merveilleux avec la bête aboyeuse, les apparitions du Saint Graal et bien d’autres mystères. Elle cultive avec délectation l’art labyrinthique des romans de quête chevaleresque qui fascinaient tant Don Quichotte. La Demanda castillane est sans doute la dernière expression poétique d’une chevalerie médiévale flamboyante. » Philippe Walter dans la présentation de la traduction du texte.

 

La ''Demanda'' castillane est une réécriture en synthèse de La Quête du Saint-Graal et La Mort du roi Arthur) fusionnée avec le roman en prose de Tristan (composé vers 1230-1240). Cependant  la Demanda n’en contient pas moins des épisodes originaux pour lesquels aucune source française n’a pu être trouvée à ce jour. Il faut donc supposer l’existence d’autres sources inédites qui ont influencé les adaptateurs ibériques de cette matière.. »

 

Chaque chevalier part, seul, en Quête. Le récit s’intéresse successivement à chacun d’entre eux. Ce sont surtout Galaad et Palamède qui tiennent le devant de la scène à la fin de l’œuvre, mais un nombre important d’épisodes concernent tout au long du récit Gauvain, Érec ou d’autres chevaliers encore.

Galaad est véritablement le seul héros spirituel, il a renoncé aux séductions du monde pour se tourner vers l’espérance de la vie éternelle. Il est le modèle de vertus chevaleresques que l'Eglise valorise. La femme ici, tentatrice invétérée , pervertit les meilleurs chevaliers et Lancelot l’apprendra à ses dépens : il n’aura nul droit au Saint-Graal alors que son fils Galaad, le pur, le vierge et le juste, connaîtra le triomphe spirituel absolu : la contemplation suprême du Saint-Graal.

 

Don Quichotte, héros sorti directement de l'enfance, apprend, pas à pas, à surmonter les pièges que lui tend la vie sur terre.. Les hallucinations qui assaillent Don Quichotte se dissipent petit à petit ; mais elles ne sont peut-être qu'une mauvaise estimation de la magie dont est chargé toute réalité... Savons nous voir vraiment, au-delà de la ''banalité'', la ''sacralité '' de toute chose … ?

Cervantes a combattu les musulmans, et il a aussi rencontré une autre culture... Celle du désert où ont erré également Jésus et ses apôtres … Don Quichotte est peut-être aussi une réponse à la rencontre de deux cultures?

 

Don Quichotte refusera jusqu'au bout de sortir du projet sans lequel il ne peut vivre : « Dieu seul sait s'il existe ou non une Dulcinée sur le terre, balaie-t-il d'un revers de la main ; si elle est fantastique ou non ; et ce ne sont pas là des éclaircissements que l'on doit mener à terme. » ( Don Quichotte, 2nde partie) )

Don Quixote Knight and Death Theodor Baier

En opposition, Cervantes décrit un Don Quichotte pour qui le Graal est devenu un plat à barbe, qu'il prend pour le casque de Mambrin... La 'folie' de Don Quichotte le rend incapable de vivre comme le Roi Pêcheur mutilé... Le véritable objet de la quête de Don Quichotte c'est ''La chevalerie'', en même temps qu'il pense l'incarner... Perceval ( autre héros de l'échec...) ou Don Quichotte posséderaient donc le Graal, sans le savoir …

 

Don Quichotte n'a pas réussi à tuer le mythe de la Table Ronde...

Au contraire, ne pourrait-on pas penser que Don Quichotte a sa place parmi les Chevaliers de la quête ? …

Le ridicule ne tue pas ou ne démythifie pas … On pourrait ajouter à ces héros, L'Idiot de Dostoïevski, Gimpel d'Isaac Singer …

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Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...

Publié le par Perceval

Charles-Antoine Coypel, La destruction du palais d'Armide

Charles-Antoine Coypel, La destruction du palais d'Armide

A partir du XVIe siècle, la fiction chevaleresque est dévalorisée... Rabelais place parmi les damnés qui peuplent l'enfer : « Alexandre, Xerxès et Darius ; Hector, Achille et Priam ; Scipion l’Africain, Pompée et César ; ainsi que Lancelot et les chevaliers de la Table ronde, Charlemagne et les douze pairs de France, ou encore Fierabras, Morgant le géant, Ogier le Dannois et Galien Restauré...»

On dénonce l’incohérence des croyances des contemporains, pour qui tous ces personnages constituent le panthéon héroïque de la chevalerie...

Les ''humanistes'' y dénoncent ces narrations qui se parent du lustre de l’histoire sans répondre aux règles antiques de la poésie. L'idée chevaleresque devient l’objet d’un débat qui traverse les siècles suivants... On y aborde les problèmes de l’authenticité et du caractère subversif du récit...

Au XVIIe, on parle de ''roman de chevalerie'' et on dénonce leur influence...

Étienne Jodelle ( poète né en  1532 à Paris où il est mort en juillet 1573) reproche aux romans de promouvoir sciemment l’image mensongère d’une vie parfaite, inspirée de celle des chevaliers errants afin de soustraire la noblesse à la crainte de Dieu, à l’étude et aux conditions utiles...

Don Quichotte conduit par la Folie et Embrase de l'amour extravagant de Dulcinee sort de chez luy pour estre Chevalier Errant

L’idéal chevaleresque et l’humanisme s’attachent à deux conceptions différentes de la « vérité » :

L’une héritée du Moyen Âge, privilégiant un ordre de vérité spirituel, universel et supérieur à la réalité matérielle,

l’autre, nouvelle, même si elle fonctionne par allégorie, privilégie la raison...

- « C'est l'idéal qui est la vérité ». Au Moyen-âge, le fait pour être '' vrai '' ne doit pas être nécessairement authentique ; il lui suffit d'être ''reconnu'' approuvé par une autorité dont on ne mat pas en doute la valeur.

Depuis le XIIe s. ''roman'' et ''histoire'' ont fait cause commune, et en ce début du XVIe siècle, l’histoire comme le roman relèvent de la poésie.

 

 

Portrait de Erasme de Rotterdam par Hans Holbein le jeune (1497-1543).

De la Recherche de la vérité... Par Nicolas Malebranche - 4e édition,  -- 1678

 

Les humanistes vont tenter d'extraire l'histoire de la poésie et du dogme religieux.

- La vérité est d'abord celle des faits .

C’est cette confrontation des ordres de réalité que Cervantès met en scène dans son Don Quichotte à la fin du XVIe siècle où s’affrontent l'idéal chevaleresque et réalité du quotidien...
 

Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...

Au XVIIe siècle, l'histoire commencera à être reconnue comme art et différenciée de la fiction poétique. Mais l'histoire reste encore illustrative, et rejoint le roman... L'histoire reste une école de formation morale et spirituelle, et on va accorder à la culture chevaleresque qu'elle conserve une conception vraisemblable et exemplaire de la vérité...

L’exclusion définitive de la fiction du champ de l’histoire ne pourra se faire qu’à partir de la fin du XVIIe siècle avec la diffusion de la philosophie cartésienne.

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Au XVIIIe siècle, la bibliothèque bleue.

Publié le par Perceval

Les colporteurs de livres...Les colporteurs de livres...

Les colporteurs de livres...

Je reviens un petit peu en arrière dans la biographie de Jean Léonard de La Bermondie... Sous l'influence de sa mère et du bon curé de Saint-Julien le Petit, Jean-Léonard prend le goût de la lecture ; et peut-être du fait d'une bibliothèque familiale assez pauvre, l'enfant nourrit cette envie avec une littérature de colportage...

Après les villes - des almanachs, et des livrets populaires se répandent dans les campagnes par le biais des colporteurs ( ou mercerots) - et les paysans auront accès aux chroniques de Gargantua, à l'histoire de la fée Mélusine, à la chanson de geste de Roland... S'il est vrai que ces paysans ne lisent pas, pourtant ils connaissent le contenu de ces livrets, par l'intermédiaire d'une institution essentielle dans la vie quotidienne rurale : la veillée au cours de laquelle « le lecteur » du village, bon élève du curé, quelqu'un qui a vécu quelque temps en ville, fait pour tous la lecture des livres que le colporteur lui a vendus.

Le ''livre bleu'' est un petit livre broché, en papier ''bleu'' ( de mauvaise qualité), et il signifie qu'il est fait pour plaire « Voilà les contes bleus qu'il faut pour vous plaire », dit un personnage de Molière.

« Le goût de la littérature est si général qu'il serait bien dur et bien difficile d'empêcher entièrement ce genre de commerce. Ce serait priver d'une grande commodité les seigneurs qui vivent sur leurs terres, les curés des campagnes et beaucoup de particuliers qui sont retirés dans les bourgs et les villages où il n'y a point de libraires. » (Malesherbes.). Mais … certains s'inquiètent de cette littérature de divertissement..

 

S'il y a une prédominance des livres de piété. Des clercs éclairés regrettent que certains soient composés de légendes apocryphes, de pratiques superstitieuses, et critiquent « ces livres pleins d'indulgences & de promesses mal fondées, qui ne sont propres qu'à entretenir le pécheur dans une fausse sécurité. »

Au XVIIIe siècle, un auteur ( le Marquis d'Argens) s'indigne presque d'avoir vu « des personnes du peuple s'attendrir jusqu'aux larmes, en lisant... Geneviève de Brabant ou l'Innocence reconnue » .

De même – autre succès - « les almanachs remplis de semblables misères (l'astrologie), à peine le plus bas peuple y ajoute-t-il quelque foi »

En 1787, un pasteur du Ban-de-la-Roche, en Alsace, crée une bibliothèque de bons livres pour annuler les effets des almanachs. « Annuellement, on tire quarante mille exemplaires de l'Almanach de Bâle (...). Des Savoyards colportent par toute la France ce répertoire absurde qui perpétue jusqu'à nous les préjugés du XIIe. Siècle. Pour huit sols, chaque paysan se nantit de cette collection chiromancique, astrologique, dictée par le mauvais goût et le délire ».

 

En 1678, l'évêque d'Angers fait ces recommandations aux maîtres des petites écoles : « Ils doivent aussi bannir des petites Ecoles les livres de fables, les romans et toutes sortes de livres profanes & ridicules dont on se sert pour commencer à leur apprendre à lire, de peur que se remplissant la mémoire des choses qu'ils y lisent, ils ne prennent des impressions contraires aux sentiments de religion & de piété... ».

 

Tant-pis … !

Jean Léonard de La Bermondie apprend à lire avec '' l'Histoire des Quatre Fils Aymon''. Il peut aussi s'isoler en emportant avec lui : des fables de La Fontaine et d'Ésope, des pièces de Corneille ou des traductions abrégées de l'Arioste, de Quevedo, du Tasse ; ou même des récits diaboliques, comme '' Le Chevalier qui donne sa femme au diable ''... !

 

Très vite, Jean-Léonard traque les livrets d'occultisme qui lui offrent l'ouverture sur l'imaginaire... Leur contenu rejoint, en partie, les éléments d'astrologie du calendrier des bergers, mais avec plus d'ambitions... On y parle du ''Secret des Secrets de la nature'' avec des extraits tant du petit Albert que de philosophes hébreux, grecs, arabes, chaldêens, latins et plusieurs autres modernes. On y note aussi des ''secrets'' de Cornelius Agrippa, Merac, Tremegiste, d'Arnosa, de Villeneuve, de Cardan, d'Alexis Piemontais... Ces recueils livrent quelque chose de plus que le merveilleux : le moyen de connaître soi-même les secrets de la nature.

 

P. Costadau en 1720, écrit aussi : « Les Ephémérides ou Almanachs... doivent être considérez comme des livres pernicieux, & leur lecture devroit être interdite, comme capable de faire tomber dans l'erreur et la superstition, le simple peuple principalement, qui regarde comme des véritez infaillibles toutes ces prédictions merveilleuses ».

 

 

 

 

Ainsi, la littérature bon marché relève d'un contrôle de la part des élites, soit qu'elle transporte des superstitions, soit qu'elle diffuse des textes immoraux ou inconvenants.

Bossuet ne signale-t-il pas, les occasions de manquer aux 6e et 9e commandements : « Tout ce qui donne de mauvaises pensées, comme les tableaux, les livres, les danses et les entretiens impudiques » ?

On condamne donc ces « livres de contes obscènes, les romans et intrigues d'amour, les comédies et autres de ce genre ». On relève en cette seconde moitié du XVIIIe siècle, le colportage également des « chansons obscènes »..

 

Quant aux veillées, bien souvent évoquées en effet dans les textes d'origine ecclésiastiques, elles sont l'occasion de rencontres entre garçons et filles, de « discours obscènes, de chansons lascives ». On fait mention de lectures profanes à la veillée, dès le XVIe siècle qui concernent la petite noblesse rurale...

On note encore, au XVIIIe siècle, que de nombreux nobles ne possèdent pas de bibliothèques, ou alors très modestes. Dans ces médiocres bibliothèques, des ouvrages de piété — dont certains sont incontestablement des livrets bon marché — , de même que des ouvrages techniques (Parfait Mareschal, Histoire des Plantes, etc.), ou encore une Histoire de Cartouche, des Illustres Proverbes historiques, un Recueil de bons mots...etc

 

 

Francion dans '' La Vraie Histoire comique de Francion '' ( aventures amusantes de Francion, gentilhomme français à la recherche du grand amour. ) achète lui-même « de certains livres que l'on appelle des Romants, qui contenoient des prouesses des anciens Chevaliers ». Au XVIIIe siècle, dans la petite bourgeoisie rurale évoquée par Rétif on lit Jean de Paris, Robert le Diable, Fortunatus.

 

 

Les textes sont remaniés, le vocabulaire modernisé, le récit rendu un peu plus ''logique'' …

 

Restent en vogue également les romans de chevalerie (issus des versions mises en prose au XVe siècle des chansons de geste).. Le groupe des contes s'étoffe massivement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle avec l'apparition progressive d'une cinquantaine de titres débitant « au détail » les recueils de Perrault, Mme d'Aulnoy, Mlle de La Force.

On peut y ajouter quelques histoires de brigands, certaines anciennes, comme Guilleri, d'autres issues de l'actualité, qui reprennent également une tradition du XVIe siècle. La plupart de ces histoires reposent sur le même schéma : un héros, au cours d'un voyage, avec plus ou moins de magie ou de féerie, surmonte différentes épreuves ou réalise divers exploits.

Cet élément de magie (que nous retrouvons aussi dans les romans de chevalerie), c'est le cheval Bayard des Quatre fils Aymon et le magicien Maugis, Merlin avec Gargantua, la bourse et le chapeau de Fortunatus. Quant à la succession des épreuves ou des exploits (avec à la fin une reconnaissance), c'est le thème de Pierre de Provence, de Jean de Paris, de l'aventurier Buscon, et même de Robert le Diable, d'Hélène de Constantinople. On reconnaît là un élément classique du conte merveilleux.

On retrouve ce thème dans Geneviève de Brabant, livret qui tient à la fois du récit merveilleux par sa forme, et de la littérature de piété par son ton ...

Et c'est précisément cette histoire, qui mettra en chemin Jean-Léonard de La Bermondie sur les traces de Roger de Laron … A suivre …

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Au XVIIIe siècle, le collège des jésuites de Limoges.

Publié le par Perceval

Au XVIIIe siècle, le collège des jésuites de Limoges.

Les jésuites possèdent, en 1710, six cent douze collèges. Ils sont concurrencés en particulier par les Oratoriens ( fondés en 1611). Les Jésuites mettent au point dès 1599 leur Ratio studiorum, manuel condensant le programme de leurs collèges, accessible à tous.

Costumes des jésuites du XVIIe au XIXe siècle.

La belle place est faite aux lettres classiques : latin et grec. Dès la 5e (deuxième année), l’élève est plongé dans un autre univers : il côtoie les auteurs anciens, des cours se font en latin … Le latin est le sésame vers les humanités, fondement à leur tour des Belles-Lettres.

La philosophie est celle d’Aristote. Le collège est pour les jésuites, une citadelle de l’orthodoxie romaine contre les protestants, les jansénistes et les libres penseurs.

L’Histoire et la géographie sont marginales, les sciences naturelles (observations et expériences) sont peu présentes et les mathématiques ne sont abordés que durant la dernière année (deuxième année de philosophie). Cependant au XVIIIe siècle, certains cours innovent avec des leçons de chimie et des expériences sur les phénomènes électriques. Les Oratoriens insistent davantage sur les disciplines scientifiques...

La religion (messes, confessions, prières) tient évidemment une grande place dans l’enseignement, les collèges constituant le « fer de lance » de la Contre-Réforme. A côté de la religion est enseignée la morale et la civilité (l’art de se tenir en bonne société). A la pointe de la Contre-Réforme, la Compagnie de Jésus valorise l’art théâtral qui revêt à leurs yeux trois qualités : améliorer la mémorisation, obliger le contrôle de sa voix (effets de voix) et la maîtrise de son corps (se tenir droit, ne pas faire de gestes brusques). Les représentations sont publiques, les habitants de la ville ou du village venant y assister librement.

La discipline du collège jésuite est stricte; les punitions corporelles sont peu à peu abandonnées (au profit des blâmes, retenues,…). L’émulation et le sentiment de l’honneur sont largement mis à profit Par exemple, on peut diviser les classes en groupes, Romains, Carthaginois... qui s’affrontent pour faire gagner leur camp … En fin d’année se tient la remise des prix en public pour les meilleurs élèves, où les familles et les notables de la ville sont conviés à la cérémonie.

Une grande partie du travail de surveillance est effectuée à l’intérieur de la classe par les élèves eux-mêmes. Dans chaque classe est choisi parmi eux un normateur dont le travail est de tenir le registre quotidien des présences. D’autres élèves (un par groupe, ou décurie, là où existe ce système) jouent le rôle de gardiens de la morale. Ils sont habituellement appelés censores et leur tâche consiste à rapporter au professeur toute manifestation d’indiscipline. Chaque membre de la décurie, du chef jusqu’au dernier de la troupe, est noté en fonction de son travail et apparié avec son homologue des décuries rivales. Les équipes concurrentes combattent pour la meilleure place presque quotidiennement, chaque membre de la décurie défendant l’honneur du groupe contre ses rivaux.

L’objectif ultime de l’élève est de gagner la compétition mensuelle pour prendre le titre d’Empereuril capo dei capi.

 

Les élèves des collèges jésuites gardent le même régent quand ils montent de classe en classe, et l’enseignement de ce dernier est supervisé par ses supérieurs.

Le passage d'un élève dans une classe correspond généralement à la durée d'une année, de la Saint-Rémi – soit du 1er octobre – jusqu'à la mi-septembre. C’est seulement après avoir réussi une forme d'examen de passage que le collégien intègre un certain niveau de classe.

Le collège organise cinq niveaux différents de classes : aux trois premiers niveaux – grammaire inférieure nommée aussi « rudiments » ou « figures » ; grammaire dite moyenne ; grammaire supérieure, appelée aussi syntaxe – succèdent l'enseignement de la poésie ou humanités et le dernier niveau prévoyant l'apprentissage de la rhétorique, couronnement des quatre années préalables. Avant d'atteindre cette cinquième classe destinée à la rhétorique, l'élève a bénéficié de quatre années complètes consacrées à la grammaire, à la poésie et aux humanités. Ces quatre étapes jouent en quelque sorte le rôle de classes préparatoires permettant à l'élève jésuite de rayonner dans la discipline reine, celle de l’art de dire. Cet art occupe une place de choix parce qu’il est considéré comme nécessaire aussi bien à l’éloquence du prédicateur qu’à celle du courtisan qui devra plaider sa cause en société.

Au XVIIIe siècle, les effectifs dans les établissements secondaires chutent. En cause :la multiplication des établissements secondaires mais surtout le changement des mentalités. Le contenu enseigné par les congrégations ne correspond plus à « l’air du temps », dans un siècle de déchristianisation. Des voix s’élèvent contre la tyrannie gréco-latine pour réclamer le renforcement des cours de français, d’Histoire, de géographie et de sciences naturelles. Les élites (notamment les marchands) reprochent aux collèges de manquer de pragmatisme, de ne pas préparer les adolescents à la vie adulte.

En 1762, les Jésuites - sont expulsés hors du royaume par ordre du roi… ! ( nous aurons l'occasion d'en reparler …). Ils possèdent alors un tiers des collèges du France … Ce sont des raisons politiques et historiques qui conduisent à la suppression de l’ordre en 1763.

Pour l'heure, les Jésuites assurent même la gratuité de l’externat à partir de 1719, ce qui leur assure un large succès, en particulier de la bourgeoisie des villes... en même temps que croit la contestation de leur emprise sur la jeunesse et les esprits.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la clientèle des collèges jésuites n'est nullement limitée à la noblesse et aux couches supérieures de la bourgeoisie : les premiers ne constituent, en fait, que 4 à 6 % des effectifs. L'écart d'âge, dans une même classe peut être très important ...

Collège Jésuites - Limoges - retable architecturé

Les jésuites ont introduit trois nouveautés : la progressivité dans les études, les devoirs écrits (thèmes, dissertations latines), les notes, classements, concours, récompenses honorifiques et donc, je me répète : l’esprit de compétition.

 

En 1661, le collège de Limoges a 1200 élèves et 36 régents. En 1762, le Parlement de Paris proclame que la doctrine des Jésuites est "perverse, destructrice de tout principe de religion et même de probité, injurieuse à la morale chrétienne, pernicieuse à la vie civile". Le collège reste fermé un an , puis douze prêtres, sous le contrôle de l'évêque les remplacent. Le collège s’appellera Collège royal de Sainte Marie de Limoges. Aujourd'hui, il est devenu le Lycée Gay-Lussac.

Les continuelles difficultés de trésorerie ont empêché les pères jésuites d'entretenir convenablement les locaux qui sont abandonnés dans un état déplorable au moment de l'expulsion de la Compagnie. Une des premières tâches du bureau d'administration après 1763 consistera à faire reconstruire le corps principal des bâtiments (1767-1777).

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Au XVIIIe siècle, Jean-Léonard de la Bermondie à Saint-Julien le Petit.

Publié le par Perceval

Saint-Julien-le-Petit est une cure de l’ancien archiprêtré d’Aubusson, qui avait pour patron saint Julien de Brioude. Le chapitre d’Eymoutiers y nomme les curés, ce que des documents constatent depuis 1440.

Saint-Julien Le Petit (87) et la butte de l'Ancien château de Roger de Laron.

Au XVIIIe siècle il y a dans cette paroisse 160 communiants, pour environ 215 habitants.

L’église, qui est au sommet du bourg, non loin du château, a été construite au XIIe siècle en style roman, et réparée au XVe en style gothique.

Au XVIIIe on se sert pour réparer cette église des matériaux provenant de la démolition de la chapelle de Montlaron.

A Montlaron, existait en ce lieu, en 1467, un prieuré qui avait pour patron saint Laurent.

Le prieur de l’Artige y nommait les titulaires : ce fut plus tard le recteur des Jésuites du collège de Limoges. Eu égard à l’inutilité de la chapelle, et à la modicité du revenu, sa démolition fut ordonnée en 1751 et les matériaux employés aux réparations de l’église paroissiale.

Sont prieurs de Montlaron : Martial de La Chambre, chanoine de Saint-Léonard, en 1691. Et, Jean Guy, en 1734.

 

Au XVIIIe siècle sont curés de Saint-Julien le Petit : Jean Pasquelet, en 1683. - N. Glangeaud, en 1735. - et Léonard Cramouzaud, nommé en 1762, est déporté pendant la Révolution, et il est nommé de nouveau curé le 24 avril 1803.

Le château de J.L. de La Bermondie au XIXe

Construit avec les matériaux du château de Laron : Le château de Saint-Julien-le-Petit, se compose d’un corps de bâtiment et de deux pavillons, et date tout au plus du XVIIe siècle.

Avant la Révolution il est donc habité par Marc Antoine de La Bermondie, mort le 29 avril 1710. Lui succède son fils, Pierre-Annet, qu'un document de 1741 qualifie de baron de Laron et de Saint-Julien ''en Limousin''. Pierre-Annet de Labermondie, est écuyer, baron de Laron, comte d'Auberoche, et décède en 1756. Ils sont avec Jean-Léonard petit-fils, et fils, les derniers seigneurs de Laron.

Les armes de la famille de La Bermondie sont de gueules à la tour d’argent maçonnée de sable et une bordure d’azur chargée de huit besants d’or.

Jean Léonard de LA BERMONDIE d'AUBEROCHE, naît le 16 avril 1739 à St Julien-le-Petit (87). Il est le fils de Pierre Annet de La Bermondie ( né en 1704 - ) et de Catherine de La Pomélie.
 
Jean-Léonard apprend à lire avec sa mère, puis très vite c'est le curé du village qui prend la suite, en cours particulier au château. Catherine, sa mère, est très pieuse et entretient les meilleures relations avec l'évêque de Limoges: Mrg Jean Gilles du Coetlosquet (1700-1784) qui deviendra le précepteur des petits-enfants de Louis XV (les futurs Louis XVI, Louis XVIII et Charles X) et sera élu à l'Académie française (1761). Pour le moment, le prélat est réputé zélé et consciencieux. Il aime à sillonner son diocèse; et s'attache à cet enfant de La Bermondie qu'il aura l'occasion de soutenir à plusiers reprises ...
La leçon de lecture - Louis Aubert

 

Le jeune Jean-Léonard pour accompagner sa solitude prend plaisir à lire et étudier... Cependant il souffre de ne pas mémoriser sans difficulté... Il va jusqu'à passer des nuits en cachette à réviser ses leçons de latin... au point d'effrayer son père. Pierre-Annet de Labermondie, porte peu d'intérêt aux études, dont les clers qui entourent sa femme font l'éloge. Il préfère gérer ses terres, et se détendre avec la chasse...

Pressé par sa mère, qui désire passionnément que son fils fasse ses études, le seigneur de Laron consent à mener Jean-Léonard ( il a dix ans) au collège des jésuites de Limoges.

Après le relatif succès aux épreuves qu'un régent d'étude lui fait passer, Jean-Léonard est admis en cinquième... Selon l'usage du collège, il est logé avec cinq autres écoliers, chez un honnête artisan de la ville ; et son père, assez triste de s'en retourner seul lui laisse son paquet et des vivres pour la semaine : un gros pain de seigle, un petit fromage, un morceau de lard et deux ou trois livres de bœuf ; sa mère y avait ajouté une douzaine de pommes.

« Notre bourgeoise nous faisait la cuisine, et pour sa peine, son feu, sa lampe, ses lits, son logement, et même les légumes de son petit jardin qu'elle mettait au pot, nous lui donnions par tête vingt-cinq sols par mois ; en sorte que, tout calculé, hormis mon vêtement, je pouvais coûter, à mon père, de quatre à cinq louis par an. »

 

« Du mois d'octobre où nous étions, jusqu'aux fêtes de Pâques, il n'y eut pour moi ni amusement, ni dissipation...

Marmontel

Dès lors je fus l'un des meilleurs écoliers de la classe, et peut-être le plus heureux : car j'aimais mon devoir, et, presque sûr de le faire assez bien, ce n'était pour moi qu'un plaisir. Le choix des mots et leur emploi en traduisant de l'une en l'autre langue, même déjà quelque élégance dans la construction des phrases, commencèrent à m'occuper ; et ce travail, qui ne va point sans l'analyse des idées, me fortifia la mémoire. Je m’aperçus que c'était l'idée attachée au mot qui lui faisait prendre racine ; et la réflexion me fit bientôt sentir que l'étude des langues était aussi l'étude de l'art de démêler les nuances de la pensée, de la décomposer, d'en former le tissu, d'en saisir avec précision les caractères et les rapports ; qu'avec les mots, autant de nouvelles idées s'introduisaient et se développaient dans la tête des jeunes gens, et qu'ainsi les premières classes étaient un cours de philosophie élémentaire bien plus riche, plus étendu et plus réellement utile qu'on ne pense, lorsqu'on se plaint que, dans les collèges. on n'apprenne que du latin. »

Mémoires de Jean-François Marmontel (né en 1723 à Bort-les-Orgues et mort en 1799) est un encyclopédiste, historien, conteur, romancier, grammairien et poète, dramaturge et philosophe français.

A suivre: Jean-Léonard au collège de jésuites de Limoges....

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A vendre : Le château où est mort Richard Cœur de Lion.

Publié le par Perceval

A vendre : Le château où est mort Richard Cœur de Lion.

Chez nous, un haut lieu historique est à vendre … ! Le château devant lequel Richard cœur de Lion fut blessé mortellement, le château de Châlus-Chabrol est proposé pour 996.400 €...

 

Et c'est peut-être une bonne nouvelle. Il avait déjà été vendu et, ce lieu capable d'accueillir un grand projet historique et touristique, a dépéri...

Heureusement, une partie du lieu était ouverte au public, mais le jardin médiéval avait disparu et la visite restreinte au stricte minimum …

Pour visiter,  c'est ICI: --> SUR LA ROUTE RICHARD COEUR DE LION : CHÂLUS, - 9/ -

 

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Au XVIIIe siècle, ''de la Bermondie '' seigneurs de Laron.

Publié le par Perceval

Si la disparition de Roger de Laron, interrompt la Quête ; elle ne la termine pas … En effet, il est assez extraordinaire de découvrir qu'un autre personnage, né et mort à Saint-Julien le Petit ( en Haute Vienne actuellement) a repris la suite de cette histoire.

Nous sommes alors au XVIIIème siècle.

Et, le 16 avril 1739, en la paroisse de St-Julien le Petit naît Jean Léonard de LA BERMONDIE d'AUBEROCHE. Il est le fils de Pierre Annet de La Bermondie ( né en 1704 - ) et de Catherine de La Pomélie.

Un document d'archive, qui nous donne la liste la des gentilshommes qui assistent à l'Assemblée des trois ordres de la sénéchaussée de Limoges et Saint-Yrieix, en 1789; le nomme et l'appelle "seigneur de Saint-Julien et de Laron"

 

Je suis en mesure de vous raconter la vie de Jean-Léonard de La Bermondie, et en particulier les circonstances et le développement de sa Quête...

Une Quête, qui nous mènera devers la religion ( avec les jésuites et les jansénistes), du côté des Lumières avec la Franc-Maçonnerie et les Rose-Croix, du côté de la philosophie et du libertinage... Jusqu'à la Révolution...!

 

Mais avant; je tiens à vous faire un résumé de mes recherches sur cet intervalle qui a assuré la continuité de la seigneurie de Laron du XIVe au XVIIIe siècle; grâce à des lignées, reprises par les femmes à plusieurs occasions ...

Nous avons déjà vu que depuis ''Rogier 1er de Laron'', vivant en 988, on trouve les seigneurs de ce lieu au nombre des plus grands personnages du pays, et occupant les postes les plus élevés. ... jusqu'à ''notre'' Roger de Laron ...

Un testament nomme encore un ''Guillaume de Laron'', qui lègue par son testament du 22 avril 1490 à Léonard de Laron tout ce qu’il possède au bois de Ribagnac et à Champety dans la paroisse de Saint-Julien. Ensuite on estime la lignée disparue, celle dont les armes étaient : une escarboucle à six raies pommettées.

 

François Gotet, seigneur de la Penchenerie, recueillit l'héritage de sa mère en 1505.. Elle était l'héritière universelle du seigneur de Laron et de Peyramont...

François n'eut qu'une fille, Françoise, qui épousa Jean Narbonne, et apporta à son mari, avec la baronnie de Laron, les seigneuries de la Penchenerie et des Biards, près Saint-Yrieix.

Des trois filles issues de ce mariage, l’aînée, Catherine, fut mariée à Jacques-Mathieu d'Espaigne. Le contrat est du 3 juin 1539. Ce fut ainsi que la famille d'Espaigne acquit la châtellenie de Laron, qu'elle ne devait pas longtemps garder.

Catherine survécut à son mari et peut-être vendit-elle cette seigneurie à Pierre du Repaire, car en 1602, c'est la nièce de Pierre du Repaire '' baron de Laron '', damoiselle Gabrielle Trompoudon, femme de Desse d'Aubusson, qui la possède. Desse d'Aubusson était seigneur d'Auriac et de Saint-Junien-la-Brégère.

Il ne parait pas avoir, plus que ses prédécesseurs, habité le manoir ruiné des bords de la Maulde.

 

En juillet 1613, Desse d'Aubusson résidait à Bourganeuf. Un Desse d'Aubusson, qui pourrait être lui ou son fils – celui-ci portait en effet le même nom - embrassa le protestantisme à Rochechouart à la suite de plusieurs conférences avec le célèbre ministre Daniel de Barthe. Catherine Trompoudon et son mari vivent encore en 1623.

Après 1623, la baronnie de Laron appartient à la famille de La Breuille ( Armes : D'azur à un bois de cerf chevillé de huit cors d'or, soutenu par un cor d'argent, 2 étoiles de même en chef et 1 en pointe.) ; et en 1670, à la famille de La Bermondie.

la noblesse du Limousin - Lahire,pour les Royaumes Renaissants

Le premier membre de cette famille qui l'a possédée parait avoir été François, seigneur d'Anglard, mort avant 1648, marié à Gabrielle de Fontange. Son fils est le '' baron de Laron '' qui, le 25 avril 1653, tient sur les fonts baptismaux Marie de Gay de Nexon.

Au mois d'avril 1670, Françoise, fille unique de feu Léonet de La Breuille. Chevalier, baron de Laron, et de Jeanne de Bosredon, épousa Marc Antoine de la Belmondie, conte de Plaigne, vicomte d'Auberoche en Périgord. C'est donc de cette famille que sont issus les derniers seigneurs de Laron.

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Le carré magique numérique. -7/.- le pouvoir des chiffres.

Publié le par Perceval

Ce carré magique, sur une plaque de fonte, a été découvert en 1956 dans les ruines d’un palais de la banlieue de Xi’an : le Palais d’Anxi, fils de l’empereur mongol Qubilai (1215-1294), lui-même un petit-fils de Gengis Khan.

Ce carré magique, sur une plaque de fonte, a été découvert en 1956 dans les ruines d’un palais de la banlieue de Xi’an : le Palais d’Anxi, fils de l’empereur mongol Qubilai (1215-1294), lui-même un petit-fils de Gengis Khan.

Ce carré magique, selon une légende chinoise, aurait été révélé, à l'empereur Yü sur le dos d'une tortue au XXIIIe siècle avant J.-C. ( - 2200). Selon des écrits datant de 650 av. J.-C.

Ce carré magique, selon une légende chinoise, aurait été révélé, à l'empereur Yü sur le dos d'une tortue au XXIIIe siècle avant J.-C. ( - 2200). Selon des écrits datant de 650 av. J.-C.

Le carré d’ordre 4 du temple de Khajuraho en Inde du nord, réputé pour ses sculptures érotiques, les Mithuna. Ce carré dénommé  ''Chautisa Yantra '' qui daterait du 10ème siècle après J-C. a pour caractéristique qu’à l’intérieur, les 4 cases de chaque petit carré forment aussi la somme magique de 34...

Le carré d’ordre 4 du temple de Khajuraho en Inde du nord, réputé pour ses sculptures érotiques, les Mithuna. Ce carré dénommé  ''Chautisa Yantra '' qui daterait du 10ème siècle après J-C. a pour caractéristique qu’à l’intérieur, les 4 cases de chaque petit carré forment aussi la somme magique de 34...

En 1514, Albrecht Dürer (1471-1528) peint le  tableau "Mélancolie" et y fait figurer un carré magique.

En 1514, Albrecht Dürer (1471-1528) peint le  tableau "Mélancolie" et y fait figurer un carré magique.

Au Moyen-âge, on associait souvent, les carrés magiques aux planètes et aux métaux ( carré d'ordre 4 → Jupiter et l'étain. Le carré d'ordre 5 à Mars et au fer... )

En 1514, Albrecht Dürer (1471-1528) peint le  tableau "Mélancolie" et y fait figurer un carré magique. En effet le carré de Jupiter gouverne le tempérament sanguin, et combat l'ascendance de saturne, qui gouverne le tempérament mélancolique …

Vous avez peut-être remarqué : les deux chiffres centraux du bas 15 et 14 : indiquent l'année 1514, date de la gravure... Le 34 est dit '' nombre du '' soleil noir ''

* Comment construire un Carré Magique : ( restons dans l'ordre 4) ?

Il y a multiple façons de construire un carré magique...

En ce début d'année, je vous propose même ''votre'' carré magique 4x4 basé sur votre date de naissance, certains magiciens le considère comme un talisman :

Sur la ligne du haut, a= chiffre du mois de naissance ; b = jour, c = 2 derniers chiffres de l'année, et d= valeur numérique du tout ( exemple : 25/12/1978= 2+5+1+2+1+9+7+8=35=8)

Pour ce qui est des 3lignes suivantes, calculez selon le tableau

a

b

c

d

e=c-2

f=d+2

g=a-2

h=b+2

i=d+1

j=c+1

k=b-1

l=a-1

m=b+1

n=a-3

o=d+3

p=c-1

 

Soit, pour notre exemple :

 

12

25

78

8

76

10

10

27

9

79

24

11

26

9

11

77

Avec pour somme magique : S=123

Carré, peut-être 'artificiel', car il faut bien reconnaître, il n'a pas la '' beauté magique '' des autres...

 

Un autre ''tour'' de magie, si vous retenez les nombres fixes, disposés dans cette grille. Il suffit ensuite de demander un nombre entre 22 et 99 : qui sera la Somme magique = S

Exemple :

Le suivant est un vrai carré ( 5x5) magique, sa somme est 65 ( avec chacun des chiffres de 1 à 25)

 

1

15

24

8

17

23

7

16

5

14

20

4

13

22

6

12

21

10

19

3

9

18

2

11

25


Ce Carré magique ci-dessous nous est transmis par Le traité de Manuel Moschopoulos :

 

ses lignes et colonnes ont une somme égale à 65; 13, au centre du carré, est la moyenne arithmétique des couples de nombres pris symétriquement autour de lui, donc égaux à 26 (13 + 26 + 26 = 65).

Et, réfléchissez à sa construction, en observant les 25 nombres, disposés en diagonale ; puis ''enroulez'' les nombres disposés à l'extérieur, sur le carré comme s'il était un cylindre ….

Nous remarquons que le chiffre 13, correspond à la 13ème lettre de notre alphabet N (cf carré Sator)

Une autre méthode - à préciser pour ma part … - consiste à utiliser le pas du Cavalier aux échecs...

En effet :

On met le 1 dans une cellule au choix, on place le suivant (2) selon le mouvement du cavalier aux échecs : 1 pas à droite et 2 vers le haut pour y mettre le 2. Même chose pour les nombres suivants … * Lorsqu'on déborde du carré, on continue comme si le carré était ''enroulé'' ( comme précédemment)  : le côté droit collé à celui de gauche et le haut avec le bas. ''Il semblerait '' que si cette règle aboutit à placer un nombre dans une cellule déjà occupée, placer le suivant dans la cellule immédiatement en bas (cellule multiple de n)

Puis, on continue jusqu'à remplir le carré (dernier nombre : 25) ….

Je commence ….

 

 

 

 

 

 

 

Le ''problème du cavalier'' était connu du temps de Roger de Laron...

Il s'énonce ainsi : trouver le chemin parcouru par un cavalier qui part d’une case quelconque de l’échiquier et qui visite toutes les cases une et une seule fois. On exige parfois le retour sur la première case, on parle alors de ''parcours fermé'' ...

 

Un manuscrit arabe donne deux parcours, un par Ali C. Mani, un joueur d’échecs inconnu et l’autre ( à droite) par al-Adli ar-Rumi, qui connut ses heures de gloire aux alentours de l’an 840...

Un manuscrit anglo-normand du XIVe siècle propose un parcours ouvert ( ci-dessus) dont le but est d'amener le cavalier d'un coin(0) à un autre[63].

Plus tard, c'est le mathématicien Euler au XVIIIème siècle qui en fera une étude complète …

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