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Zundel, c'est tout ....

Publié le par Perceval

Eric javiol" Nous avons une peine infinie à intérioriser Dieu. Nous continuons presque toujours à Le situer en dehors de nous comme une puissance qui nous domine alors que la nouveauté de l’Evangile, c’est de situer Dieu au plus intime de nous-même, comme une source qui jaillit en vie éternelle ".

" Si je pouvais résumer toute ma foi, elle est vraiment là : je crois à cette Vie d'un Autre en moi, je crois au risque infini de Dieu, je crois à la tragédie éternelle de l'Amour crucifié, je crois à la fragilité de Dieu, parce que, s'il n'y a rien de plus fort que l'amour, il n'y a rien de plus fragile."
                                                         

 
"Dieu fragile, c'est la donnée la plus émouvante, la plus bouleversante, la plus neuve et la plus essentielle de l'Evangile : un Dieu fragile est remis entre nos mains, un Dieu fragile est confié à notre conscience."
 Ponkney MARCIUS-SIMONS (1867-1909), Le Graal
"Dieu est fragile et désarmé, tellement que c'est à nous de Le protéger contre nous-mêmes. C'est là la lumière de la Croix : Dieu meurt d'Amour pour ceux qui refusent obstinément de l'aimer."
Maurice Zundel

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La "vérité" de Proust

Publié le par Perceval

Proust photoEntrer dans l'univers de Proust, c'est comprendre ceci:

 

«  Il ne s'agissait pas pour Marcel Proust de reconstituer l'histoire de son enfance, de son adolescence et de sa jeunesse avec tous les détails et les péripéties qui en avaient déterminé le développement, ni même de redonner vigueur à ce qui avaient été ses premières émotions et ses premières espérances, mais de découvrir enfin cette part de lui-même qui, aussi loin qu’il remontait et jusqu’au jour présent, avait noté sans y prendre garde la permanence de ses impressions, et lui avait révélé la vérité du monde. Car cette vérité, l’écrivain pouvait la recréer, en marche, à partir des jours enfuis. » Jérôme Picon ( Passion Proust )

 


 

Longtemps je me suis couché de bonne heure 

 

 

«Chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L'ouvrage de l'écrivain n'est qu'une espèce d'instrument optique qu'il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n'eût peut-être pas vu en soi-même. La reconnaissance en soi-même, par le lecteur, de ce que dit le livre, est la preuve de la vérité de celui-ci.»

 

(A la Recherche du temps perdu. Le Temps retrouvé, Pléiade, tome IV).

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La Réalité du Mythe.

Publié le par Perceval

La Résurrection, l’Eucharistie … Et c’est la plus grande part du catholicisme qui semble inconcevable pour «  mes amis » …

 

Je pense cette « incompréhension » comme: l’impossibilité de passer du mythe, du symbole, à la « réalité » du quotidien. universSans doute s’agit-il d’accepter que cette "réalité" puisse faire passer quelque chose que nous n’avons pas encore saisi ( à mon avis, un peu d’humilité devant les mystères de la vie : - de l’infiniment petit à l’infiniment grand – suffit…).

 

La démarche religieuse consiste à faire le premier pas – comme une sorte de lâcher-prise –vers une Tradition ( catholique, pour ce qui me concerne – et déjà par ce choix – j’exprime une incarnation ( temps, histoire, culture, langage, éducation …) de l’inexplicable …) ; une tradition donc, qui m’offre les outils ( Livres, rites, symboles, mythes…) pour tenter de vivre la Réalité de la Résurrection, de l’Eucharistie et tous ces ‘ extra-ordinaires ‘ Symboles d’une Tradition ( les majuscules sont importantes …) qui, par son histoire, me témoigne du da vinci l'hommedevenir de l’Humain …

 

Je parle du « devenir », parce qu’en Jésus, par exemple, je vois ce à quoi sont appelés à devenir, la femme et l’homme.


A mon avis, se questionner sur la « scientificité » des mythes : par exemple – analyser biologiquement une hostie consacrée pour savoir si elle a changé de structure, analyser le suaire de Turin pour savoir s’il est une pièce à conviction d’une résurrection qui serait alors prouvée scientifiquement, expérimenter la possibilité de certains miracles … est absurde sur le plan religieux. tombeau videCela revient à enfermer dans – ce que j’ai délimité comme étant la réalité – ce qui – par définition- , la dépasse…


Le matérialisme spirituel avec toutes ses « expériences » ( je pense aux techniques de ‘ méditation, aux ‘séances de groupe’, au culte de certaines images etc ..) , fait partie ( intéressante, il est vrai ) de nos conditions matérielles d’existence, et agrémente nos conditions de vie. Il ne s’agit que d’un confort culturel, qui peut s’ajouter et participer au rituel… et enrichir la Tradition. En aucun cas, ce « matérialisme » ne sera un support scientifique pour prouver ou non «  l’existence de Dieu » ( pour faire court …).

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Des révolutions arabes qui questionnent nos oligarchies.

Publié le par Perceval

Plusieurs pays arabes, témoignent et remobilisent les « vieux citoyens » que nous sommes devenus, dans leur enthousiasme du sentiment démocratique…

Après la chute du mur de Berlin, ces « révolutions arabes », nous permettent de réfléchir à ce qui permet à notre humanité de progresser ...

 

Vaclav HAVEL, Hervé KEMPF   et Bernard Ginisty (27/02/2011 sur RCF ), sont les référents de cet article ….

 

révolution arabe

 

Lorsque Havel, « en toute naïveté », définissait : "le pouvoir politique explosif et incalculable de la vie dans la vérité" ainsi :

 

- "ce pouvoir ne réside pas dans la force d’un quelconque groupe social ou politique mensonge et véritélimitable, mais avant tout dans une force potentielle enfouie dans toute la société, y compris dans toutes les structures du pouvoir. (…) Ce pouvoir constitue une espèce d’arme bactériologique grâce à laquelle – si les conditions évoluent dans ce sens – un simple civil peut tenir en échec une division entière. (…) Et dans la mesure où tous les problèmes véritables et tous les phénomènes de crise sont enfouis sous la couverture épaisse du mensonge, on ne peut jamais savoir de manière tout à fait sûre quand tombera la fameuse goutte qui fera déborder le vase et quelle nature sera cette goutte" Vaclav HAVEL : "Le pouvoir des sans-pouvoirs" in Essais politiques, Calmann-Lévy, 1989, pages 89-90.

 

"Un citoyen peut dire la vérité même sous le règne du mensonge institutionnalisé. Chacun peut assumer sa co-responsabilité pour le destin de la collectivité, sans attendre une directive d’en haut. Bref, que chacun qui aspire à un changement peut commencer par lui-même, dès maintenant"

 

"Je suis partisan du principe civique parce que c’est lui qui permet le mieux aux hommes de se réaliser et de s’identifier avec ce qu’ils sont dans toutes les composantes de leur chez-soi, de jouir de tout ce qui fait partie de leur monde naturel. (…) Fonder un État sur d’autres principes que civiques, par exemple sur des principes idéologiques, nationaux ou religieux, signifie mettre en exergue une composante de notre chez-soi en dépit des autres, nous limiter en tant qu’hommes et limiter notre monde naturel. Et cela ne mène habituellement à rien de bon" Vaclav HAVEL : Méditations d’été, éditons de l’Aube 1991, page 26.

Attention : ce n’est pas «  l’occident libéral », qui pourrait se vanter d’avoir récupéré les peuples libérés de ces dictatures… A mon avis, le peuple arabe, pourrait aujourd’hui nous montrer la voie d’une libération à laquelle nous-mêmes nous aspirons … :

 

Hervé KEMPF, nous prévient :

-  "Il est de l’intérêt des puissant de faire croire au peuple qu’il est en démocratie. Mais on ne peut pas comprendre le moment présent si l’on explore pas la réalité soigneusement occultée : nous sommes en oligarchie, ou sur la voie de l’oligarchie".

Aujourd’hui , nous ne sommes pas en dictature :  pouvoir d’un seul pour ses intérêts propres ; ni en démocratie : pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, mais sous le « pouvoir de quelques uns, qui délibèrent entre eux des solutions qu’ils vont imposer à tous". L’oligarchie qui règne de plus en plus en Occident est celle de l’argent. Quelques exemples : "En France, 98 personnes détiennent 43% des droits de vote dans les 40 premières entreprises du pays" [6

 

pouvoir mondial

Il est intéressant aussi de noter sa crainte de voir l’oligarchie risquer de se conforter par une ‘alliance objective’ - de certains militants écologistes ( par exemple ) qui pensent que "la démocratie ne permet pas de prendre en compte les intérêts du long terme. (…) Il faut confier à une élite vertueuse le soin de mener la société sur le bon chemin" et - des maîtres de la finance internationale qui pensent que "les électeurs européens sont le plus grand obstacle aux ambitions de l’Europe de devenir plus dynamique et performante" .

Hervé KEMPF : L’oligarchie çà suffit, vive la démocratie, Seuil 2011, 186 p., page 9.

 

A réfléchir …

 

Pierre RabhiPour Hervé Kempf, la question climatique est emblématique de l’incapacité d’une oligarchie autoproclamée lucide d’y faire face car "elle n’est soluble que par un bond démocratique. Elle est la première question politique totale de l’histoire humaine. Elle exige, non pas la soumission, non pas l’obéissance, mais l’adhésion de chacun d’entre nous pour faire évoluer ses comportements. Les changements sont d’une telle ampleur qu’ils ne peuvent pas être réalisés sans une nouvelle culture" H.K..

 

"le cœur de la démocratie n’est pas l’élection, mais la délibération, par laquelle nous apprenons les uns des autres" H.K.C’est dire que la démocratie est un processus permanent et non l’abandon au hasard des élections de toute responsabilité au profit d’oligarchies qui prétendent s’égaler au bien commun.

Sobriete-heureuse.JPG

Les sociétés occidentales devront faire face, dans les années qui viennent, à ce que Hervé Kempf ne craint pas d’appeler "un appauvrissement matériel". Ce sera le prix à payer pour une meilleure justice au niveau planétaire. Aussi, écrit-il, "je conclus qu’au lieu de prendre la démocratie comme acquise, il faut la revivifier, en résistant à l’oligarchie et en développant la culture et les pratiques démocratiques. C’est la seule voie par laquelle les sociétés occidentales pourront organiser l’appauvrissement matériel dans des conditions qui lui permettront de bien vivre" H.K..

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Passer des dieux à Dieu

Publié le par Perceval

Je serai assez d’accord, pour suivre, ( au moins au début du parcours ), les athées, les agnostiques, les libre penseurs qui rejettent les dieux de toute sorte… A condition, pour la clarté de la position, de lister tous ces dieux…culte

 

Les dieux des kamikazes, des sectes, du folklore...

Les dieux attachés aux cultes des reliques, à la magie des miracles, à la guerre entre peuples élus …

Les dieux qui promettent le bonheur de consommer, de guérir son corps, de satisfaire ses besoins…

Tous les dieux de la puissance, du pouvoir et du beau temps …


La magie de la mondialisation, c’est de multiplier les dieux. Devant l’ampleur de la demande de sens, l’offre se multiplie… Le dieu de Jésus, reprenant pour beaucoup de personnes, les qualités, des dieux morts ( Puissance, magie ..) n'intéresse plus la majorité ...

 

Aussi, je pense que le catholique, que je suis, doit revoir ses représentations religieuses. L’aspect « religieux », n’étant que la partie « visible » de ma spiritualité chrétienne…

Ainsi, il me parait inadéquat de parler «  croyances » , si mes compagnons de vie parlent « valeurs »

parvis des gentilsJe me ferai mieux comprendre, si je sous-tends mon discours par des valeurs de « tolérance », de «compassion » et de « pluralisme » - largement partagés par mes collègues ...

 

Si je veux parler du « Sacré », je ne peux m’octroyer «  La Vérité ».

Si je veux dialoguer, je dois me reposer sur la raison qui nous est commune.

 

Sur "le parvis des gentils", je dois connaitre les raisons de l'athée, les doutes de l'agnostique, les expériences de chacun

 

 

Jésus dit à la Samaritaine : "Crois-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père…Dieu est Esprit et c’est pourquoi ceux qui l’adorent doivent adorer en esprit et en vérité" ( Jn IV, 21, 24)

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Suis-je plus Humain, par ma raison ou mes émotions?

Publié le par Perceval

-       Le neurologue Antonio Damasio a démontré le caractère arbitraire de cette distinction… livre damasio erreur descartes Il a entre autres mené une observation auprès d’un homme (Elliott) qui, suite à une opération au cerveau pour enlever une tumeur, a perdu la majeure partie de sa sensibilité émotionnelle.

 Et, le plus intéressant dans ce cas c’est que le sujet - bien qu’il ait conservé toutes ses fonctions intellectuelles - n’était plus en mesure de prendre des décisions rationnelles; notamment en ce qui concerne sa vie sentimentale et professionnelle.

 Damasio tirera la conclusion que la capacité à ressentir et à exprimer des émotions fait directement partie des «rouages de la raison». Par conséquent, l’émotion semble bien indispensable à l’adoption d’un comportement rationnel.

 

Le songe de la raison- Nos émotions sont au cœur du fonctionnement de notre système cognitif. Les chercheurs admettent qu’elles font partie intégrante de nos idées, croyances, valeurs et qu’elles déterminent la plupart de nos comportements. De fait, elles façonnent nombre de nos prises de décision, de nos apprentissages et de nos souvenirs, qu’elles colorent parfois en rose ou en noir. Aujourd’hui, cela paraît évident, notre cognition utilise l’émotion. Il en va de même de notre sens moral, qui serait le fruit de la rencontre entre une logique froide, implacable, calculée et une expérience émotionnelle. Dans les années 1980, on commence d’ailleurs à parler d’« intelligence émotionnelle » (IE), terme popularisé ensuite par l’ouvrage de Daniel Goleman...

 

- Une étude Collective de chercheurs du MIT et Carnegie Mellon U. shiva-shaktihttp://www.sciencemag.org/content/330/6004/686.abstract montre que la sensibilité sociale des membres d’un groupe favorise l’intelligence collective de celui-ci. S’ajoutent également 2 autres critères la présence des femmes et le fait que chacun prenne la parole de manière équitable.
Cette sensibilité sociale est en fait l’intelligence émotionnelle puisqu’elle consiste à éprouver des émotions et à reconnaître les émotions des autres.
Les femmes sont particulièrement douées pour cela. .. !

 

femme prêtre

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Proust dans "La Pléiade"

Publié le par Perceval

Voyager, c’est s’autoriser à se perdre… Partir en recherche d’ « on ne sait quoi », guidé par la seule sensation d’un souvenir, d’une image …Paul Bowles Voyages

 

"Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages, mais d'avoir d'autres yeux".  (Marcel Proust)

 

J’ouvre un livre. Ce n’est pas n’importe quel livre… Il tient - ouvert - dans la main, je feuillette les pages de papier bible.


Proust, dans la Pléiade.

 

papier Bible la PleiadeJe le caresse, plonge mon visage dans sa chair. Tourne la page, glisse mon doigt sur sa face légère.

 

Une littérature qui transcende les futilités d'une société bourgeoise

 

Et Dieu ... dans tout ça ?

 

“ Dieu est terriblement absent de l’œuvre de Marcel Proust.
« Du point de vue littéraire, c’est sa faiblesse et sa limite (...) le défaut de préoccupation morale appauvrit l’humanité créée par Proust, rétrécit son univers ... ». Fr. Mauriac

 

 

 

 

 

« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent Albertine disparue, Marcel Proust, Livre de Poche, Gallimarréellement vécue, c’est la littérature ; cette vie qui, en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l’artiste. » Le Temps Retrouvé

 

Sans doute suis-je autant attiré par les phrases de Proust, que par ces hommes et ces femmes perdus dans leur languissante frivolité.

Je sais … Attirance ambiguë, d’entre « la beauté des femmes »  et «  le corps : objet « mécanique » ou «  de souffrance » et de l’ennui


A ce propos : Lire le passage dans lequel Saint–Loup apparait accompagné de sa maîtresseRACHEL louisa-de-mornand

 

« Rachel quand du Seigneur »( !)…

 

Ce moment de rêverie autour d’une anecdote passée ( voir : A l’ombre des jeunes filles en fleurs ), typique de la réflexion proustienne me renvoie à la rêverie de Perceval, devant les gouttes de sang - dans la neige - qui lui rappelle Blanchefleur ….

 

 

Photo de Louisa de Mornand ( Rachel du Seigneur )


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La question sociale et personnelle... posée à l'Eglise

Publié le par Perceval

Avec le seul critère du «  souci de l’autre », l’évolution sociale de notre société, ne peut qu’inquiéter la femme ou l’homme qu’une vision opportunisme de l’existence ne peut satisfaire …

 

Le libéralisme actuel suffit à rendre incertain l’avenir de la plupart d’entre nous. Les inégalités sociales s’aggravent, et le ‘système’ économique international n’apporte pas de réponse aux drames de la subsistance, du sous-développement …

  Lorenzetti Ambrogio Allegorie du Bon Gouvernement

Comme chrétien, j’ai accès à la pensée de la doctrine sociale de l'Église, et je trouverais cohérent que les perspectives de cette pensée puisse - présenter un grand intérêt, et - m'aider …

 

Cette doctrine, sans doute, ne se présente pas comme un ' juste milieu ' entre capitalisme et socialisme ( il serait nécessaire de définir ces mots …). Il ne doit pas s’agir d’un libéralisme modéré …

L’Eglise - après avoir fait cause commune avec les pouvoirs – s’est montrée totalement réactionnaire dans sa majorité de ses élites. Heureusement, depuis, cent vingt ans, un engagement institutionnel ( encycliques ) n’a pu supporter la contradiction ‘ morale ‘ : Rerum novarum, sur la condition ouvrière, 1891.  Quadragesimo anno, sur la reconstruction de l'ordre social, 1931.  Non abbiamo bisogno, condamnation du totalitarisme étatique apparu en Italie, 1931.  Mit brennender sorge, condamnation du nazisme, 1937.  Divini Redemptoris, condamnation du communisme, 1937.  Mater et Magistra, sur le christianisme et le progrès social, 1961.  Gaudium et spes, sur l'Église dans le monde de ce temps, 1965.  Populorum progressio, sur le développement des peuples, de tout l'homme et de tous les hommes, 1967.  Laborem exercens, pour la justice dans les milieux du travail, 1981.  Centesimus annus, pour le centième anniversaire de Rerum novarum, 1991.


Que dit-elle ?

- L’Eglise dit non aux excès et dérives des systèmes économiques et au totalitarisme de certaines constructions politiques, aux inégalités et phénomènes de domination, aux stratégies d'écrasement et d'exclusion, aux pratiques consuméristes, égoïstes et hyperindividualistes - et aux matérialismes en général.

 

Que propose t-elle ?

-          un modèle fondé sur le marché encadré, régulé, civilisé, informé, responsabilisé ; de nouvelles relations de travail bâties sur la dignité humaine et la participation ; des relations économiques internationales visant au développement intégral des peuples.

-          Un système économique à visage humain et à échelle humaine, qui remet la consommation à sa vraie place - loin des excès du consumérisme.

-          Un système qui sauvegarde les missions du service public et sauve l'essentiel de l'État-Providence.

-          La mise en œuvre d’une vision chrétienne de l'entreprise, tant en ce qui concerne la stratégie des ressources humaines qu'en ce qui touche à la recherche de solutions aux conflits sociaux …

-          La maîtrise de la mondialisation, - réguler la financiarisation de l'économie, - aller vers un développement international intégral. Ce qui signifie : commerce réalisé en équité, remise des dettes aux pays les plus pauvres, solidarité internationale et refondation du concept de développement.

 

Aujourd'hui, cela n'est pas encore suffisant. Il y aurait une question préalable, et  - elle questionne l’éthique .

En effet, nous rencontrons des problèmes nouveaux aux conséquences imprévisibles, sur lesquels le consensus n'existe pas, ni scientifique ni déontologique.

...

En effet le chrétien se confronte, dans ses insuffisances, aux implications du deuxième commandement laissé par Jésus à ses disciplesJésus aux pieds. Il s'agit de l'amour du prochain dans toutes ses dimensions, et cela ne touche pas que la dimension économique de l'humain ( comme nous venons de le signaler ...)... mais aussi:

-          le respect de la création et du respect des créatures : il y a là toute une dynamique que l'Eglise intègre avec retard... Bien sûr, il faut se défier des excès de la société médiatique. Mais il faut - et ce n'est pas dans les habitudes "cathos" - s'ouvrir et participer au débat intellectuel, ne pas craindre d'avoir recours à la psychologie et à la psychanalyse...( par exemple ), s'ouvrir au pluralisme ...

 

-          la coopération entre hommes et femmes, dans une diversité, une complémentarité et une égalité. L'Eglise doit intégrer sa dimension "féminine" aujourd'hui réclamée. 

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C’était, il y a 100 ans …

Publié le par Perceval

"Je veux secouer les gens, et je veux faire comprendre que l'homme n'est pas, de droit divin, un être démocratique. Que la démocratie a été une création, une conquête de l'histoire, qu'elle est constamment en danger et que d'ailleurs elle est en train de ficher le camp" Cornélius Castoriadis 1922-1997

  Cafe de la Paix - 1900

 Il y a 100 ans:

- La politique est partout, à la ville, dans les villages, au salon et dans les bistrots. On discute la «  République idéale ». On délibère sur la nature des institutions, on s’affronte sur la nature de la laïcité.

«  Instituer la République, c’est proclamer que des millions d’hommes sauront tracer eux-mêmes la règle commune de leur action ; qu’ils auront à concilier la liberté et la loi, le mouvement et l’ordre ; qu’ils sauront se combattre sans se déchirer ; que leurs divisions n’iront pas jusqu’à une fureur chronique de guerre civile et qu’ils ne chercheront jamais dans une dictature même passagère une trêve funeste et un lâche repos »

proclame Jean Jaurès dans son discours d’Albi à la jeunesse, le 30 juillet 1903


Monet-montorgueil m- La guerre est omniprésente, malgré les apparences… La violence, c’est encore l’épineuse question sociale… L’Europe connaît une profonde dépression économique dans les années 1870-90. La violence c’est aussi c’est aussi celle de la conquête coloniale, pour des raisons économiques, comme substitut à «  la défaite », mais aussi comme prolongement de la mission civilisatrice dont les républicains sont porteurs …

 

Après l’idée de la Révolution, c’est l’idée de la République qui devient une pensée collective pour une démocratie en marche. La République , en France, est un principe d’émancipation, autant qu’un régime de pouvoir

 

« Si la politique démocratique n’a plus d’horizon révolutionnaire, elle a encore un horizon républicain. Contre la propension à penser l’humanité comme essentiellement hétérogène, divisée en race, en classes, voire en sexes, l’idée républicaine rappelle la possibilité d’une communication rationnelle entre les hommes et l’unité en droit de l’humanité. Contre l’indifférence d’une société atomisée et apathique, elle maintient que la participation aux affaires publiques est une forme précieuse de l’engagement humain. » Mona Ozouf (Mona Ozouf, née en 1931, est une chercheuse française, philosophe de formation, qui s'est ensuite redirigée vers l'histoire et spécialisée dans la Révolution française )...

 

Aujourd'hui:

Une démocratie en quête de république

Repenser la démocratie, sous la direction d’Yves Charles Zarka.Éditions Armand Colin, 2010

Presque partout des oligarchies gouvernent au nom du peuple, mais certainement pas par lui, et souvent contre lui. Les démocraties sont aujourd’hui, à de rares exceptions près, dirigées par des gens qui ne sont pas des démocrates.

En tâchant de se donner une autre raison, économique, l’État moderne ruine la légitimité politique sur laquelle il s’appuyait depuis sa naissance. Le modèle de l’entreprise l’a emporté au point que l’État exemplaire n’est plus celui qui assure un service public satisfaisant mais celui dont le bilan financier est comparable à celui d’une entreprise cotée en Bourse et qui contente les marchés. Ce faisant, c’est la légitimité même de l’État ainsi privatisé qui est ruinée.théophile alexandre steinlen

 

Yves Charles Zarka, à partir d’une distinction établie par les penseurs médiévaux entre la tyrannie par défaut de titre (l’usurpation) et la tyrannie d’exercice (l’arbitraire), distingue une légitimité de titre (donnée en premier lieu par le système électoral) et une légitimité d’exercice. Une « Cour de légitimité d’exercice » statuerait sur l’adéquation entre les promesses des candidats et les actions menées une fois qu’ils seraient parvenus à leurs postes de responsabilité. Il ne s’agirait pas d’une révocation à tout instant (projet irréalisable et qui aboutirait au chaos), mais d’une vérification des décisions comme il y a déjà une vérification des comptes par une cour spécialisée. D’autres pistes sont à explorer. La démocratie n’est pas un modèle établi une fois pour toutes, mais un processus indéfini.

 

Yves Charles Zarka est professeur à la Sorbonne, Université Paris Descartes, chaire de philosophie politique. Il a fondé et dirigé au CNRS le Centre Thomas Hobbes (1990-2002), il a également dirigé dans cet établissement le Centre d'Histoire de la Philosophie Moderne (1996-2004). Il dirige actuellement l’équipe PHILéPOL (= Philosophie, épistémologie et politique) de l’Université Paris Descartes dont les recherches portent sur le « Monde émergent », c’est-à-dire les mutations considérables qui s’opèrent dans le monde contemporain.

jules grandjouan 1er-Mai

Il écrit:

" Mais dira-t-on, de nombreuses réformes ont été faites depuis 2007 qui attestent une vision du pays et de son avenir. En vérité, il n’en est rien. Ces prétendues réformes n’ont été que des façons diverses de tyranniser les institutions, les secteurs d’activité et le pays tout entier. Elles ont consisté pour l’essentiel à détruire des pans entiers du secteur public ; à privatiser à outrance des organes et des fonctions de l’Etat ; à paupériser l’éducation nationale ; à installer, sous le beau nom d’autonomie, une bureaucratisation généralisée des universités et de la recherche et à tenter de mettre au pas les universitaires par un dispositif d’évaluation-contrôle stérilisant ; à remettre en cause une bonne part des missions de l’hôpital ; à chercher à instaurer une justice sous tutelle. Il n’y a là aucune ambition pour le pays. Il n’y a que la mise en pratique d’une conception managériale de la société tout entière qui atteste que les gouvernant actuels, aveuglés par leurs ambitions personnelles et leurs rivalités, parfois même simplement par leur ignorance, ne savent pas ou ne savent plus ce que « politique » veut dire. Le détournement intellectuel et la recherche d’effets d’annonce et d’effets de communication se sont substitués à toute réflexion en profondeur sur les besoins du pays, sur la recherche des solutions aux injustices les plus dramatiques, sur la place de la France en Europe et dans le monde."

(Article paru dans Le Monde, dimanche 30-Lundi 31 janvier 2011)

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La leçon de l’Histoire.

Publié le par Perceval

Le témoignage d’Alexandre Jardin alexandre-jardin-des-gens-tres-bienau travers de sa relecture de la vie de son grand-père, me conforte dans l’idée que l’histoire peut être un miroir implacable pour nos comportements… Et s’il est facile de placarder les grands personnages, il semble être beaucoup plus difficile de nous observer nous-mêmes.


Monsieur Jean Jardin est quelqu’un de «  très bien ». Chef de cabinet, il doit être entouré de collaborateurs empressés. Jean Jardin est une personne mesurée, calme et avenante. Quelqu’un de correct et attentif à autrui … Je vous dis : quelqu’un de très bien … Jean Jardin est le chef de cabinet de Pierre Laval, au plus fort de l’effort de l’Etat ( à l’heure de la rafle du Vel d’hiv : 1942 ).

Cadres 1930Comment rendre compatible une certaine qualité morale avec des actes que l’histoire considèrent aujourd’hui comme «  crime contre l’humanité » ? Un SS hyper violent, éructant sa haine a le mérite d’être clair !cadres 2


Cet « homme », que nous continuons d’être, sort de ces évènements avec une extraordinaire bonne conscience ( le propre des « gens biens »…). En 1940, le climat général ( ou « bien vu ») est patiné de catholicisme maurassien, imprégné d’un antisémitisme culturel normalisé… Le discours sur les « valeurs » de la France est appuyé : le don de soi, le sacrifice, la souveraineté nationale. Jean Jardin affiche une noble probité, attaché par exemple à remettre les fonds secrets jusqu’au dernier centime…

Laicité forton2Cet «  état d’esprit », à mon avis n’est pas seulement attaché à une période de l’histoire ( la collaboration ). Il est permanent… Si nous sommes aujourd’hui responsable de notre regard que nous portons sur le passé, nous le sommes d’autant plus aujourd’hui, de ne pas en tirer les leçons …


Aujourd’hui «  la laïcité » ruede-la-laiciteporte notre bonne conscience, et si les « français d’origine musulmane » ( ! ) en font les frais, cela fait du bien à notre besoin d’appartenance… «  Serrons les coudes ! » ; peut importe que ce soit au nom des valeurs de la chrétienté, ou des valeurs de la Laïcité : l’important est d’affirmer des valeurs ! Et puis, faisons court ! On ne va pas se prendre la tête…

Aujourd’hui, au nom de la dette, du déficit et de l’argent public ; des « gens très bien » nous expliquent que nous devons supprimer la solidarité nationale, qui – indument - permet de prendre à ceux qui « gagnent » pour le redistribuer aux « perdants » ( loosers ) : Raccourci, pour exprimer une « culture des résultats » qui cherche à justifier, à postériori,  les « moyens » …

 

Suppr. profsIl suffit de revenir à l’après-guerre et à l’esprit de résistance, pour retrouver ces « valeurs », qui sous-tendaient l’action de l’Etat …

L’Education nationale n’est soumise qu’à «l’obligation de moyens ». Effort exigeant (bien plus que l’obligation de résultats… !) qui ne peut être consenti que par l’Etat, c’est à dire la solidarité nationale…

« L’obligation de moyens, c’est l’obligation d’inventer sans cesse de nouvelles situations capables de mobiliser les élèves et de les aider à se dépasser… » Meirieu. Il en est de même, pour l’Etat, de l’obligation de moyens quand elle prend en charge les dépenses de personnels…

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