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La Guerre Sainte - René Daumal -

Publié le par Perceval

daumal

" Je vais faire un poème sur la guerre. Ce ne sera peut-être pas un vrai poème, mais ce sera sur une vraie guerre.


Cocteau - le sand d'un poete 16Ce ne sera pas un vrai poème, parce que le vrai poète, s'il était ici, et si le bruit se répandait parmi la foule qu'il allât parler — alors un grand silence se ferait, un lourd silence d'abord se gonflerait, un silence gros de mille tonnerres.

Visible, nous le verrions, le poète; voyant, il nous verrait; et nous pâlirions dans nos pauvres ombres, nous lui en voudrions d'être si réel, nous les malingres, nous les gênés, nous les tout-chose.Le-cauchemar-definition-personnelle


Il serait ici, plein à craquer des mille tonnerres de la multitude des ennemis qu'il contient — car il les contient, et les contente quand il veut — incandescent de douleur et de sacrée colère, et pourtant tranquille comme un artificier, dans le grand silence il ouvrirait un petit robinet, le tout petit robinet du moulin à paroles, et par là nous lâcherait un poème, un tel poème qu'on en deviendrait vert.
Ce que je vais faire ne sera pas un vrai poème poétique de poète, car si le mot « guerre » était dit dans un vrai poème — alors la guerre, la vraie guerre dont parlerait le vrai poète, la guerre sans merci, la guerre sans compromis s'allumerait définitivement dans le dedans de nos coeurs. "

Elle René daumal

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CROIRE ... Jean-Luc Marion

Publié le par Perceval

Je reprendrai, avec enthousiasme et mes mots, cette tentative – de Jean-Luc MARION

 - mariond’expliquer la Foi, en la comparant à la ‘ croyance ‘ et à ‘ la science’ …


Admettons que je «  crois » parce que je ne sais pas.. Croire, est alors un ‘ défaut de connaissance ‘…


J.L. Marion, utilise la comparaison érotique :


Aimer quelqu’un, c’est bien « autre chose » que le connaître … DeshommesetdesdieuxC’est un rapport de confiance, de réciprocité… Cette ‘ personne ‘ devient le centre d’un intérêt, d’une « connaissance » qui se rajoute à tout ce que l’on sait de lui .. et qui n’est pas du même ordre que tous les savoirs que nous pourrions collecter sur lui …

Cette «  connaissance » n’est pas un ‘ complément d’information ‘.


Ainsi, on peut dire que la Foi, n’est pas seulement un savoir c’est même autre chose qu’une connaissance intellectuelle …

 

La croyance, c’est quand, faute de science, on se rabat sur quelque chose de plus ou moins raisonnable … La contradiction ou non entre science et foi, est une mauvaise question … Il n’y en a aucune, puisque ce n’est pas du même ordre …


La Foi, c’est accéder à quelque chose qu’en fait, on connaît déjà… mais, ce n’est pas pris au sérieux …

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Voyageur immobile

Publié le par Perceval

Il n’est pas nécessaire de partir, pour voyager… C’est essentiel.

Il suffit de tourner les pages des quelques sensations enfouies après d’anciennes lectures ou d’aventures enfantines…

A moins que ce ne soient que des souvenirs de vies ou de rêves passés… Aujourd’hui, la moindre image, même pensée, crée la rêverie … Cela me suffit.

 

 

Il ne se considérait pas comme un touriste, mais comme un voyageur… Paul Bowles

 

hopper-nighthawks 


Nous débarquâmes avec une quantité de bagages telle qu’il fallut une petite armée de porteurs pour s’en charger. (Mémoires d’un nomade – Paul Bowles)

Bagages 1


 

 

Alors que le touriste se hâte, en général, (…) le voyageur, toujours étranger à ses lieux de séjour successifs, se déplace lentement, sur des périodes de plusieurs années, d’une contrée de la terre à une autre. (Un thé au Sahara – Paul  Bowles)

 


Je sais qu’il ne sert plus à rien de partir.

 

"Il y a une certaine saveur de liberté, de simplicité, … une certaine fascination de l'horizon sans limites, du trajet sans détour, des nuits sans toit, de la vie sans superflu." Théodore Monod, Méharées

 


Bagages paquebot

"La halte méridienne est torride ? L’ombre de cette épine est maigrelette ? Ce sable brûlant ? Ces cailloutis croulants et coupants ? Cette eau nauséabonde ? Ce vent diabolique ? Cette nuit glacée ? Ne te plains pas. Il n’y a personne pour t’entendre et s’apitoyer sur tes petites misères. Supporte. Patiente. Serre les dents. La revanche, tôt ou tard, viendra. D’ailleurs, je te connais bien. Quand elle sera venue, cette vengeance tant espérée, quand tu te coucheras, rassasié de mets délicats qui n’auront pas craqué sous la dent, désaltéré d’une eau incolore, sans poils de bouc, dans un lit de sybarite, sous un toit, au chaud, alors, au lieu de savourer durablement ta félicité, très vite, dès que la grosse fatigue de tes marches solitaires sera oubliée, alors tu te prendras à regretter tes rudes étapes, tes pieds écorchés, tes lèvres éclatées, tes sommeils, recroquevillé sous les étoiles. Et a la premiere occasion, comme moi, tu repartiras..." Théodore Monod

 

 

Hôtel Tanger 1948

 

 

Les rêveurs de grands chemins ne se nourrissent de rien,le goût du voyage sinon de miettes hasardeuses, tombées du ciel, d'un livre, de semis de lumière, oubliés dans l'épaisseur de l'encre: de quoi réjouir les cigales et charmer le silence.
[Le colporteur de Christian Bobin]

 

 

 

Dans Le Livre de l’intranquillité, Fernando Pessoa met dans la bouche de son aide-comptable Soares:

 “Seule une extrême faiblesse de l’imagination justifie le voyage. Pour voyager, il suffit d’exister.”

 

rêveur… j’étais content d’avoir son avis, de ne pas aller en Bretagne, parce que c’était malsain pour un esprit déjà porté au rêve.
Proust, A L’Ombre Des Jeunes Filles en Fleur, Volume 3

 

Fragments d'un voyage immobile Fernando PESSOA Lisbonne, 1888-1935.


Je ne dors pas. J'entresuis.


Je n'évolue pas : JE VOYAGE.


Il est nécessaire de naviguer, vivre n'est pas nécessaire...


Vivre n'est pas nécessaire : ce qui est nécessaire, c'est créer.

 

 

Edward-Hopper-Soir-Bleu gf

 “ La réalité n’a pas besoin de moi.”

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Rencontrer Dieu: - le Graal - M.M. Davy

Publié le par Perceval

Un texte à propos de Marie Madeleine DAVY:Marie Madeleine Davy 2
« L’œuvre primordiale de l’homme, écrit, Henri Le Saux,Henri le saux abhishiktananda est de rentrer au-dedans afin d’y rencontrer soi-même.
Qui ne s’est pas rencontré soi-même en soi-même a-t-il jamais rencontré Dieu ?
Et qui n’a pas rencontré Dieu en soi, s’est-il jamais rencontré lui-même ? »
Cette expérience est aussi celle d’un solitaire, comme elle, d’un moine, mais aussi d’un homme qui vivra douloureusement son isolement, au sein de son Église. Enfin, lorsqu’à son sujet, Marie-Madeleine Davy parle de
« situer Henri Le Saux dans la mouvance de Maître Eckhart »Maitre Eckhart 1
elle ne fait rien d’autre que de souligner la parenté qui existe entre leurs deux expériences, « orientées vers l’Unité », dont le terme apparaît celui de tout ésotérisme chrétien, le Graal – le Soi :
« La quête du Graal n’est autre au fond que la Quête de Soi, Quête unique signifiés sous tous les mythes et les symboles.
C’est Soi qu’on cherche à travers tout.
Et pour cette Quête, on court partout alors que le Graal est ici, tout près ; il n’y a qu’à ouvrir les yeux. Et c’est la découverte du Graal dans sa vérité ultime ». M . M. Davy

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