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Articles avec #tourisme tag

Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.

Publié le par Perceval

Nous sommes en 1476, et commençons par suivre le témoignage d’un paysan-notaire... A Saint-Julien-aux-Bois, nous prenons la machine à remonter le temps....

Un passionné, Pierre Gire, avec qui nous avons aimé discuté, a consacré sa vie à recréer la vie des gens d'ici, au temps de la féodalité ( et qui a peu varié jusqu'à la Révolution...) : un village du Moyen Age, avec ses maisons et ses granges, ses plantes, ses animaux... Tout y est juste, à sa place : les charpentes, les meubles, les vêtements, les cultures…

Cette reconstitution n'est pas œuvre d'imagination. Elle s'appuie sur des recherches documentaires, archéologiques et ethnographiques de terrain.

Les habitations sont pourvues de leur ameublement rustique, leur couverture est constituée de chaume (confectionné à partir des hampes du seigle), même les gonds des portes ont été ouvragés à la façon de l’époque. Une partie des matériaux utilisés provient d’ailleurs d’anciens bâtiments de Xaintrie, pierres de taille, pièces de charpente, le reste à été façonné en restant fidèle à l’esprit médiéval. À l’intérieur, des provisions diverses sont suspendues au plafond, de la charcuterie qu’on fait sécher le plus souvent. Le sol est en terre battue dans l’habitation des métayers, il est constitué d’un pavement dans celle du notaire fermier.

Le “cantou“ Signifiant littéralement « le coin », c’est un élément primordial de l’habitat, de l’âme et de la sociabilité limousine : lieu de la cuisine, de la lumière, de la chaleur, c’est là que se regroupe la famille, que s’échangent les nouvelles, que se transmettent, à la veillée, les histoires, les légendes, le sacré. C’est vraiment le « feu », synonyme de foyer où l’on vit « à pot et à feu ». Autant de “cantous“, autant de feux c’est-à-dire d’unités familiales. Le plus souvent très grands, leur taille et leur place varient selon l’aisance de la famille. Ils prennent généralement place contre l’un des murs pignons de la maison : - soit en renfoncement dans l’épaisseur du mur, - soit délimités par un ou deux murets en avancée sur le(s)quel(s) s’appuie une poutre transversale. Mais il arrive encore à cette époque que le foyer, limité par de grosses pierres, soit placé au centre de la pièce, comme dans l’habitation nouvelle de chez Miremont.

Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.

Les paysans n'y sont pas les propriétaires... A charge d'un impôt foncier annuel : le Cens; le paysan vit dans une "boria" une ferme faisant partie d'un village "le mas". Le seigneur reste le propriétaire foncier. 

L'agriculture au village au XVe siècle Les mas ou domaines disposent à peine, en moyenne, de deux hectares de terres labourables. Les champs en occupent une bonne partie, devant les près qui viennent en second. Ici comme dans toute la Xaintrie médiévale, les agriculteurs pratiquent une polyculture céréalière : seigle, froment, sarrasin, avoine et parfois millet. Les paysans pratiquent une rotation biennale, alternant plantation de céréales puis jachère, pour ne pas épuiser le sol. Le fumier est rare et entièrement utilisé pour le potager et les vignes. Le seigle est semé au mois d’octobre, l’avoine en mars, parfois mélangée avec des pois. L’apport alimentaire des céréales est en effet complété par celui de quelques légumineuses cultivées dans les jardins à l’intérieur du village : fèves, pois, vesses. La châtaigne tient aussi une place essentielle dans l’alimentation du paysan de la Xaintrie, et l’arboriculture fournit pommes, prunes, pêches. La consommation, d’après le terrier * d’Hugues de Merle, seigneur de Xaintrie au XIVe siècle, est la suivante : seigle (62%), avoine (28%), froment (8%), raves (1%) et fèves (1%).

La cuisine au village au XVe siècle Les céréales sont battues puis vannées, et les grains broyés au moulin ou sur des meules à bras.Les farines obtenues, surtout celles de sarrasin (ou blé noir), d’avoine et de millet, dont on ne peut pas faire de pain, servent à préparer des bouillies, la “pou“ (pols) et des galettes : “bourriols“ ou “tourtous“ (tortons), qui le remplacent. La cuisson en est plus rapide, demande beaucoup moins de bois, et surtout permet d’économiser le seigle, dont le métayer doit donner la moitié, et qui a toujours servi à payer les impositions. Les aliments cuisent dans des poteries, des “oules“ (olas), posées sur la braise ou suspendues (la cuisson par grillade, réservée aux nobles, est très exceptionnelle). Le bouillon, plus ou moins gras selon ce qu’il reste du cochon, accompagne des légumes frais ou secs, récoltés dans l’ “òrt a vianda“, le jardin. On a oublié que le mot viande vient de vivenda, ce qui est nécessaire à la vie, les légumes.

Les boissons sont de l’eau, du lait ou du vin peu alcoolisé coupé d’eau. Les paysans consomment seulement leur production, tandis que les nobles boivent surtout du vin importé du Bas Limousin. La vaisselle de service est en bois ou en calebasse. Les gens utilisent leurs doigts et le couteau pour manger. La cuillère en bois sert pour les soupes et les ragoûts

Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.

L’apiculture est très importante. Elle fournit miel et cire (sucre et éclairage). La cire fait souvent partie des prélèvements de l’impôt foncier. Stockée par le seigneur, elle servira, quand un décès surviendra, à assurer sous forme de cierge le repos de l’âme du défunt.

Le porc (lo ganhon) : à la fin du XVe siècle, on le mentionne de soie noire et blanche. Il est plus proche du sanglier que du cochon rose actuel. Il apparaît couvert de poils durs, de taille moyenne (0,75 mètre de haut) et assez mince. La première ressource attendue de cet animal est son lard.

Vaches et bœufs (vachas e buòns) : à l’époque médiévale, les bovins sont de petite taille, entre 1 m et 1,20 m de haut (contre 1,40 m de nos jours). Dans la région, les vaches sont souvent de robe unie, et leur couleur tourne autour du brun, du rouge acajou, en passant par le fauve roux. Les bêtes ne restent à l’étable qu’en hiver, nourries avec des fourrages récoltés sur les pacages et les champs des alentours. Elles sont l’objet de tous les soins car on leur demande beaucoup : du travail d’abord pour labourer et tracter, du lait, du fumier et, en fin de vie seulement, de la viande.

Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.
Un village au Moyen-Age en Xaintrie: à Saint-Julien-aux-bois.

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Moyen-Age en Xaintrie: Les Tours de Merle

Publié le par Perceval

En Limousin, la Xaintrie ( graphie attestée depuis 1588) est située aux confins de la Corrèze et du Cantal.

Sous la domination des vicomtes de Turenne, cohabitent plusieurs seigneurs ( les Merle, Veyrac, Pesteils et Carbonnières), sur un éperon, en plusieurs castra ( sites fortifiés avec seigneurs, chevaliers et maisons...)... Plusieurs castras qui témoignent des alliances familiales...

Les Tours de Merle s'élèvent au cœur de la forêt, au dessus de la rivière Maronne, elles furent construites entre le XIIe s. et le XVe siècle.

Au XIVe siècle, Merle comprend sept maisons fortes, deux chapelles et un village, possédés en indivision par sept seigneurs des familles de Merle, de Carbonnières, de Veyrac, et de Pestels.

A l'origine ; la légende d'un homme au nom d'oiseau, Bertrand chef d'une féroce mesnie habitant ce repaire, qui avait coutume de siffler comme l'oiseau quand il voulait rassembler ses chevaliers …

C'est au XI e siècle que le vicomte de Turenne autorise une famille à s'installer sur le piton rocheux. Gerbert de Merle, bienfaiteur de l'abbaye de Beaulieu-sur-Dordogne, édifie le premier château ainsi que la chapelle Saint-Léger.

Originaire probablement du Cantal, la famille de Pesteil se serait implantée sur le site de Merle, au début du XIIIe siècle, à la suite du mariage d'Aymeric de Pesteil avec Hélis de Merle. En 1270, les Pesteil rendent hommage aux Carbonnières ; cet hommage est réitéré en 1347.

Voisine puisque son château s'élève à quelques kilomètres de là, la puissante maison de Carbonnière devient, elle aussi, co-seigneur de Merle et revendique ses droits sur la castrum. Ceux-ci sont renforcés en 1364 lorsque Jean de Carbonnière épouse Garine de Pestels. Deux tours immenses s'élèvent désormais, dites de Carbonnières et de Pestels. Le rocher s'est scindé en deux pôles distincts. 

Le piton devient une véritable cité. Tout autour, en effet, sous les fortifications naturelles formées par les logis-tours, des maisons s'érigent et une réelle société féodale s'installe. Ainsi, au pied des tours, une trentaine de maisons entourent le castrum, placées sous la protection des seigneurs. Des manuscrits utilisent le terme de "Ville de Merle". Artisans, bûcherons, paysans mais aussi prêtres, hommes de loi et autres notaires en composent la population. Une rue publique relie la porte de la cité au pont de Merle et, tout comme dans le castrum, la vie s'articule selon des rites précis de territoire et de bon voisinage.

Pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais prennent une tour et un château en 1371, puis doivent les restituer.

Les calvinistes prennent la place et y installent une garnison en 1574 ; ils en sont chassés deux ans plus tard par les co-seigneurs. Cependant le site est abandonné par ces derniers qui préfèrent vivre dans des lieux plus agréables et surtout plus accessibles.

Moyen-Age en Xaintrie: Les Tours de Merle
Moyen-Age en Xaintrie: Les Tours de Merle
Moyen-Age en Xaintrie: Les Tours de Merle
Moyen-Age en Xaintrie: Les Tours de Merle
Moyen-Age en Xaintrie: Les Tours de Merle
Moyen-Age en Xaintrie: Les Tours de Merle
Moyen-Age en Xaintrie: Les Tours de Merle

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Sur les pas du Roi Arthur -2/.-

Publié le par Perceval

 

Pour revenir à ce premier trio de carte... Observons l'arcane de La Lune :

Dans un voyage, il y a d'abord la découverte des paysages. Dans une histoire, également : est décrit la terre, sa diversité de paysages et de créatures... Également, apparaissent, ses dimensions cachées : des forces ou des influences invisibles, inconscientes. Les histoires traiteront de naissance et de mort, elles peuvent indiquer les premières étapes de transformation ou d’initiation...

Les mystères cachés derrière les éléments naturels sont représentés par des êtres 'élémentaux' comme les fées ou les génies des lieux ( figures d’animaux...)... Ces êtres révèlent des états de conscience, et expriment des pensées, des émotions ou des énergies liées à ce monde 'lunaire' et donc terrestre...

 

Avant même de partir,

Viviane nous entraîne dans un pays qui '' n'existe pas '' portant, dans notre histoire nous le nommons, nous le désignons même sur la carte : il s'agit du Northumberland.

 

Notre parcours commence dans un territoire inhabité, couvert de forêts : terre inculte aux franges de la civilisation.

Ce sera donc le Northumberland, et elle sera la terre des confins.

Le Northumberland de Grande Bretagne est intégré à un réseau de royaumes étranges, et peu comme le redoutable royaume de Gorre... Le Northumberland est associé à un ''autre temps''...

Un temps qui précède même celui de Merlin, puisque c'est avant le ''passage'' . Ici règne un monde inculte et sauvage … Le rôle de Merlin sera d'en faire un monde organisé, l'espace de la cour arthurienne …

De cette origine terrestre, de ce limon, qu'est-ce qui en moi demande à advenir ?  

Le Northumberland
Le Northumberland

Le Northumberland

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Sur les pas du Roi Arthur -1/.-

Publié le par Perceval

Sur les pas du Roi Arthur -1/.-

Depuis longtemps je souhaitais mettre mes pas dans ceux de la légende arthurienne, sur le sol anglais ; au plus près de l'origine du mythe...

Un voyage comme celui-là se prépare, pour être prêt à recevoir non seulement, ce que le pays garde en patrimoine, en paysages ; mais aussi ce qui ne peut pas s'écrire dans un guide de voyage, qui n'est pas de l'ordre de la foi, mais de l'Esprit et de l'esprit même de la Légende...

Ce voyage se prépare en amont, avec ce que j'ai déjà compris de la '' Quête du Graal '' ; de la Légende avec ses contes et ses images … C'est cette préparation particulière, que je décris dans ces cinq ou six articles, avant même de partir …

L'occasion de partir et tenter ce chemin m'a été facilité grâce aux interventions de Viviane, une belle femme rousse qui s'exprime par l'intermédiaire des cartes du Tarot.

Les trois premières cartes sont la Lune, le Soleil et l’Étoile.

La tradition de Merlin est fondée sur l'idée d'Espace Sacré, avec toutes les énergies et la conscience tournant autour des trois Mondes – de la Lune, du soleil et de l'Etoile...

La Tradition de Merlin, enseignée par une femme : Viviane voit la création comme un ensemble de trois roues :

  • La première Roue représente le monde lunaire ( centré sur la Lune) qui comprend les planètes dont la terre.

  • La deuxième Roue est le monde solaire, centré sur le Soleil, l'au delà du Lunaire ...

  • la troisième Roue : le monde Stellaire, centré sur … l'Inconnu, ou le vide, ou l'au-delà du Solaire ...

Viviane - appelée aussi Niviène ( céleste - le gallois 'nef', le breton 'nenv' signifient 'ciel' ) dans le Roman de Merlin - est une fée des eaux et une magicienne... Deux figures vont fusionner dans ce personnage : la marraine de Lancelot et la geôlière de Merlin.

Sur les pas du Roi Arthur -1/.-
Sur les pas du Roi Arthur -1/.-
Sur les pas du Roi Arthur -1/.-

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Lastours, – 5/ -

Publié le par Perceval

Sur la route Richard Coeur de Lion : Lastours, – 5/ -

La famille des Lastours à travers le Moyen-age.

La lignée des Lastours trouve son origine, d'après les chroniques de Geoffroy de Vigeois durant la seconde moitié du Xème siècle, avec un certain Gulferius de Lastours. Celui-ci reste l'ascendant des Lastours le plus ancien.

A la fin du Xème siècle, les Lastours font déjà partie de la haute aristocratie limousine. Ils assoiront cette place privilégiée parmi les princes et nobles de la région en mettant en place une politique d'alliances matrimoniales avantageuses avec les familles de haut lignage durant les siècles suivant.

Durant les décennies suivantes, le lignage des Lastours est bien ancré dans le paysage nobiliaire limousin. Ils sont clairement parmi les personnages les plus importants de la région, ce qui les oppose régulièrement et violemment aux vicomtes de Limoges, qui voient en eux des vassaux quelque peu envahissants.

A partir de la fin du XIème siècle, la famille fait parler d'elle à l'occasion de faits d'armes. En effet, la présence parmi elle du héros de la première croisade Gouffier de Lastours ajoute encore à son prestige.

Seigneur d'une très grande châtellenie incluant Nexon, Golfier de Lastours, à la tête du contingent limousin, part en 1095 pour la 1ère croisade. Vainqueur à Antioche (1097) et Marrah (1098), il rentre couvert de gloire après la prise de Jérusalem(1098). Après sa mort à Pompadour en 1126, son corps aurait été transféré d'après la légende, d'Arnac au Chalard, auprès de son ami Saint Geoffroy. Un de ses hauts faits contés dans la Chanson d'Antioche relate la délivrance d'un lion étouffé par un serpent dans le désert. Le fauve suivit dès lors le ''Chevalier au lion'' comme un chien mais, ne pouvant embarquer avec lui pour la France, il chercha à le suivre à la nage et … se noya.

Les ''Lastours'' se distingueront aussi sur les champs de bataille, notamment en 1177 à Malemort, où les limousins mettront en déroute les routiers du fils du roi d'Angleterre : Richard, duc d'aquitaine qui sera dit dit "Coeur de Lion".

Durant cette période, les donations à des établissements religieux tels que abbayes ou églises seront aussi très nombreuses. La famille des Lastours acquiert donc par ce biais une forme de prestige autre que militaire, le prestige donné par une dévotion affichée ouvertement, à une époque où cela est essentiel.

Les tensions avec les vicomtes de Limoges sont toujours aussi vives, ponctuées tout de même de "réconciliations", d'alliances et de traités, et ce jusqu'en 1210.

Durant la première moitie du XIIIème siècle, les querelles de légitimité et d'héritage au sein de la famille auront raison de la stabilité de celle-ci. Il s'avère que le nombre important de branches issues de la ligné originelle mènera au morcellement des terres et des domaines. Cela s'explique par le fait que les représentants des branches indirects mais légitimes vont chacun revendiquer, et obtenir, leur émancipation assortie d'une donation de parcelle territoriale.

Par son mariage, vers 1290, Agnès de Lastours apporte le château en dot à Guy de Champagne. En 1354, Gouffier, frère d'Agnès, nomme comme héritier principal son neveu, Geoffroi de Champagne. Il se verra par ailleurs contraint par les clauses du testament de son oncle à prendre le nom et les armes des "de Lastours" afin que ceux-ci ne disparaissent tout simplement pas.

Durant encore près d'un siècle, la seigneurie vivra au rythme des divisions entre frères, neveux et cousins engendrés par les trop nombreux membres de la famille.

Les Lastours combattent sous les couleurs française durant la guerre de cent ans et le Roi leur octroi de ce fait une place de choix dans le Limousin reconquit. Un certains Jean de Lastours devient en 1452 conseiller du roi Charles VII, preuve que les Lastours reprennent peu à peu une grande place parmi la Noblesse de la région.

Suivront ensuite parmi les Lastours des chambellans à la Cour de France, Gentilshommes de l'ordre de la chambre du Roi, ou encore sénéchaux et gouverneurs du Limousin.

Ces distinctions et hautes charges au sein du royaume permettront aux Lastours de revenir sur le devant de la scène en tant que Barons. A partir de la deuxième moitie du XVème siècle, ils reconstituent avec peine leur seigneurie morcelée durant les siècles précédents, reconstruisent leur château à l'aube du XVIème siècle et redeviennent la grande famille limousine de leurs débuts.

Le château.

Du Xème siècle au XIIIème siècle, le domaine se résumait à des mottes défensives. Le père fondateur du lignage, vers l'an mil, est Gui de Lastours, dit " le Noir '' : les trois châteaux (mottes de terre surmontées de tours en bois) implantés dans la " cuvette " de Lastours, ont dû être édifiés à partir de cette date.

Puis, un donjon roman fut édifié pour améliorer les défenses de la place et enfin, du XIVème siècle au XVIème, les infrastructures évoluèrent en un château fort limousin.

Mais, vers la fin du XVIIIème siècle, à la suite de la Révolution, le château devint une carrière de pierres...

Et, heureusement, à partir des années 1970, des passionnés, à force de travail, offrirent une seconde vie pour le château.

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Le Chalard -4/.-

Publié le par Perceval

Sur la route Richard Coeur de Lion :  Le Chalard -4/.-

 Le village du Chalard est né d'un prieuré fondé par Saint Geoffroy à la fin du XIe s.

La Vita Beati Gaufredi, reprend la vie de Geoffroy du Chalard ( ~1050-1125) , écrite un quart de siècle après son décès. Geoffroy est né à Boscavillot, village de Noth, à l'est de la Souterraine près du château de Bridiers, d'une famille modeste nous dit Dom J. Becquet. Il fait des études assez poussées à Tours, et vient ensuite enseigner à Limoges. Sur les conseils d'un riche marchand chez qui il loge, Pierre Brun changeur, il se fait ordonner prêtre à Périgueux vers 1087 par Raynaud de Thiviers, car le siège de Limoges était vacant à cette époque. Lors de son voyage d'ordination, il a remarqué la forêt de Courbefy qu'il a traversée. A son retour, il vient s'installer en ermite dans le site ruiné du Chalard, avec deux compagnons Pierre et Edmond le 6 janvier 1088, ayant refusé la proposition d'Hugues de Cluny de se faire moine.

Les trois ermites reçoivent un accueil favorable de la population qui les aide à construire un premier oratoire. Le 25 août 1088 le vicomte Adhémar, sur les instances de sa mère, donne le site à Geoffroy.

Une reconstruction de l'église du prieuré du Chalard débute en 1096, en partie grâce aux dons de l'archidiacre Bruschard, repentant. Cette nouvelle église est consacrée par Raynaud de Thiviers le 18 octobre 1100.

Geoffroy partage sa vie entre l'office divin et le souci pastoral des populations avoisinantes, contrairement à l'abbaye de Grandmontqui n'admet pas le patronage d'églises par soucis de pauvreté, et peut être aussi de tranquillité. N'a t-on pas vu un laïc flamand, Robert, venir au Chalard comme ermite, quelques années auparavant, et chassé par les curés craignant pour leurs casuels. Aussi Geoffroy se tourne vers le vicomte Raynaud de Thiviers pour lui donner raison et le soutenir.

Vivant comme un ascète, Geoffroy porte un cilice et deux chaînes en fer. Lorsqu'il meurt, après 38 ans de vie religieuse, le 6 octobre 1125, Gaucher d'Aureil vient célébrer ses funérailles, comme il l'avait fait pour Étienne de Muret. On l'inhume au Chalard. L'établissement se développe sous le troisième prieur, Géraud. Il est jeune lors de son élection et gouverne le prieuré pendant près de quarante ans. En 1150 il obtient une bulle pontificale de confirmation des biens du prieuré. C'est aussi autour du milieu du siècle, et à sa demande qu'est rédigée la Vita Beati Gaufredi.

Sources : - le site Limousin-médiéval : une référence !

  • Itinéraire avec Richard Coeur de Lion, de Christian Rémy

  • La Route Richard cœur de Lion, Roger Boudrie

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Saint-Yrieix et Jumilhac – 3/ -

Publié le par Perceval

Saint Arède d'Atane ( Arédius) naquit entre 510 et 516, à Limoges. Il fonde un monastère à proximité de la villa de sa mère, au lieu-dit Atane, où il est enseveli. La réputation de sainteté d’Arédius attire de nombreux pèlerins à Attane, autour du monastère ( VIe et VIIe s.) et une ville se développe.

Vers 1090, le monastère devient une collégiale.

Richard cœur de Lion entretient des relations avec l’Église de la région : il est le protecteur de l’évêque de Limoges, de l'abbaye de Solignac, du chapitre de Saint-Yrieix, des prieurés des Salles et du Chalard.

En 1181, Henri II, roi d'Angleterre, père de Richard Cœur-de-Lion, passe quelques jours à Saint-Yrieix. A la même époque, l'ambitieux doyen de la collégiale, Bernard, oncle du vicomte de Limoges, fait remplacer l'édifice roman du XIe s., par l'église actuelle.

Sous les règnes des vicomtes de Limoges : Adémar V (1148-1199), Gui V (1200-1230) ou Gui VI (1230-1263), trois seigneurs qui ont été particulièrement actifs en leur temps et on fait bâtir de nombreux sites fortifiés sur leur territoire, dont Château-Chervix, la tour du Plô à Saint-Yrieix-la-Perche - Les vicomtes de Limoges, pour asseoir leur autorité et leur justice, font ériger vers 1243 la tour de Plô ( de l'occitan : petit plateau) qui sera un sujet de discorde pendant près de trois siècles ( 1247-1505)...

Ces châteaux forment ainsi une unité architecturale avec leur donjon dit « tour carrée ».

Ainsi, cours du XIIe siècle, la ville s’agrandit et déborde des remparts qui entourent l'enclos canonial. Des artisanats se créent, des moulins et des tanneries se développent. Vers 1250, la châtellenie ( càd : une étendue de pays, comportant château et fiefs, placée sous la juridiction du seigneur châtelain) de Saint-Yrieix s'étend sur une douzaine de nos communes actuelles et se réduira au nombre de six vers 1500.

- La Tour du Plô

La tour est l’unique vestige civil du monde féodal, témoin de l’ambiance de l’an mil à la fin du Moyen Âge. Édifiée par le seigneur, elle permettait de protéger la population mais aussi de les dominer et d’imposer ainsi ses droits de police et de justice.

La tour du Plô est un donjon en pierre de plus de 20 mètres de haut. En occitan, «plô» signifie «petit plateau» ou «place sur un point élevé». Elle est construite en haut de la rue de la Pierre de l’Homme et avait à son pied une cour ovale (où le prévôt exerçait son pouvoir de haute justice).

Le 2e étage de la tour était réservé au Vicomte de Limoges lorsqu’il faisait escale ; l’entrée était au 1er étage, à cinq mètres au-dessus du sol. Le rez-de-chaussée servait de prison et le 3e étage permettait à la garnison des «gens d’armes» de faire le guet et portait la bannière du vicomte.

La tour a été classée aux Monuments historiques en 1998.

Jumilhac relève de l'autorité des vicomtes et des évêques de Limoges dès 480.

Détruit par les Wisigoths ( 472), les sarrasins (730) et les normands (846) ; le fortin initial est fortifié par les francs pour défendre le vicus où, sous le mérovingien Dagobert (629-639), l'on battait monnaie.

On sait que dès 1152, la forteresse est convoitée tant par Philippe-Auguste que par Richard cœur de Lion. Délaissée ou détruite pour asseoir le pouvoir royal, elle est reconstruite en 1289 par les Bruchard, co-seigneurs de Jumilhac avec les 'La Porte' au XIIIe s. Conquise par les troupes du Prince Noir au début de la Guerre de cent ans ( 1337-1453), elle est reprise comme Saint-Yrieix par Du Guesclin en 1370, puis démantelée.

À la fin du XVIe siècle apparaît alors un riche maître de forge, Antoine Chapelle. Il épouse l'héritière de la seigneurie de Bruchardie, et acquiert par achat, en 1581, la seigneurie de La Porte, devenant ainsi le premier baron de Jumilhac.

Sa fortune lui permit de fournir des canons et des subside à Henri de Navarre afin de l'aider à conquérir le trône de France. Après son ascension au trône et en remerciement Henri IV érigea en 1597 Jumilhac en comté, avec suzeraineté sur toute la région.

Son petit-fils François Chapelle, obtient que Jumilhac soit érigé en marquisat, par lettres patentes de 1655, enregistrées en 1657 par le parlement de Bordeaux. Ses descendants gardent le titre et le portent jusqu'en 1980.

Le château résonne toujours de la terrible histoire de Louise de Jumilhac ( mariée à 16ans en 1610) , enfermée vingt ans dans sa pièce appelée «La Chambre de la Fileuse» où sur les murs on peut voir encore les vestiges de peintures naïves, tracées d'une main malhabile sur l'enduit qui recouvre les murs et où un autoportrait l’immortalise ; enfermée pour avoir trompé son mari Antoine II Chapelle parti guerroyer bien loin...

Surnommée 'La Fileuse' pour la navette qu’elle lançait du haut des tours pour correspondre avec son amant, celui qu'elle avait aimé avant son mariage et qui, déguisé en berger, venait faire paître ses moutons dans les prairies proches du château. Lorsque son mari surprit le manège, il incarcéra son épouse infidèle pendant de très longues années dans la pièce qui porte aujourd'hui son nom.

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Ségur et Coussac-Bonneval– 2/ -

Publié le par Perceval

La vicomté de Ségur naquit au IXe siècle, lors de l’éparpillement féodal du Limousin.

En effet, le Limousin est partagé entre plusieurs grandes principautés. Néanmoins, toutes ces entités se situent dans la mouvance des comtes de Poitiers qui ont su, au cours du Xème, faire entrer un grand nombre de comtes et de vicomtes de la France du Centre-Ouest sous leur autorité de "ducs d'Aquitaine". En outre, plusieurs de ces vicomtes - les Aubusson, les Ségur, les Comborn, les Ventadour, puis les Rochechouart - sont issus des Limoges.

Remontant à 876, la vicomté de Ségur se confond avec celle de Limoges par le mariage d'Emma, fille du Vicomte Adhémar avec Guy 1er (998-1025), vicomte de Limoges. Cette lignée est à l'origine d'un premier château-fort à la fin du IXe s. Rattachée au Duché d'Aquitaine, Ségur est reprise aux Plantagenêts en 1177 puis soumise aux pillages des Brabançons et autres routiers à la mort de Richard cœur de Lion.

Prospère tout au long du Moyen-âge, la vicomté de Ségur connaît une grande renommée. Passée par mariage à la maison de Bretagne, elle est la possession de Jean de L'Aigle quand cet ancien compagnon de Jeanne d'Arc, à la tête des troupes royales de Charles VII, remporte la bataille de Castillon ( 1453), mettant fin ainsi à l'occupation anglaise.

*****

Les '' Bonneval '' sont une vieille famille locale ( Emergence de Bonneval en 930), et ont peut-être fréquenté le duc, puis le roi Richard... Une forteresse existait depuis 930, mais son état actuel date du XIVe siècle. Le château est connu pour appartenir à la même famille depuis sa construction.

Une légende médiévale rapporte que, Guillaume, comte de Bonneval, en 1147, a offert en escorte à l'évêque de Limoges deux lions féroces rapportés de la 3e croisade. Il prend comme blason familial : d'azur au lion d'or, arme et lampasse de gueule.

Lors du démantèlement de la citadelle en 1242, Coussac joue un rôle stratégique. Dès lors, le village devient l'un des enjeux des conflits entre Francs et Anglais de la région. Durant la guerre de Cent Ans, la famille Bonneval s'y implante.  

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Le Vigeois et Pompadour– 1/ -

Publié le par Perceval

Notre parcours commence à la sortie 45 de l'autoroute A20, à 70km de Limoges...

Geoffroy le Vigeois, chroniqueur, est reçu moine à Saint-Martial de Limoges par l'abbé Pierre II en 1160. Le 10 juin 1178 il est nommé prieur de Vigeois, ancien monastère de Saint-Martial, jusqu'en 1184 environ. Geoffroy le Vigeois est un historien, il a rédigé une chronique (1183), depuis l'époque du roi Robert, en s'attachant surtout à l'histoire limousine et à celle de ses familles seigneuriales. Son manuscrit était au XIIIème siècle conservé dans la bibliothèque de Saint-Martial de Limoges. On trouve une édition ICI.

C'est donc à Limoges, en la cathédrale Saint-Étienne, que Richard (fils d'Aliénor d'Aquitaine) va être confirmé duc d'Aquitaine. Nous sommes en 1169 et le futur Roi d'Angleterre n'a que 12 ans. Geoffroy le Vigeois, est témoin oculaire, il raconte que « le faste de cette intronisation fut aussi grandiose qu'un couronnement royal et les banquets, les tournois et les danses se sont poursuivis des jours durant dans les rues de Limoges ».

L'abbaye de Vigeois est un des plus anciens monastères limousins. Son origine est liée à l'activité d'Arédieus ( St-Yrieix).

On remarque aujourd'hui, - l'imposant chœur pourvu de trois chapelles rayonnantes, sans déambulatoire, et – le portail à arcatures festonnées ; la porte est logée dans un grand arc brisé sans ornement. Elle est formée de trois voussures en retrait successifs.

 

Le Château de Pompadour ( Arnac-Pompadour), sera rendu célèbre par le nom de Pompadour portée par la favorite de Louis XV.

Un château est bâti en 1026 par les seigneurs de Lastours, vicomtes de Pompadour, pour défendre leurs possessions convoitées par les vicomtes de Ségur.

En 1010, Gui de Lastours dit ''Le Noir'', chef de file de seigneurs riches et omnipotents, étend son pouvoir jusqu'à Pompadour, en Corrèze et Hautefort, en Dordogne.

Golfier de Lastours, - le fameux ''chevalier au lion '', à la tête d'un contingent limousin, part en 1095 pour la 1ère croisade. Vainqueur à Antioche (1097) et Marrah (1098), il rentre couvert de gloire après la prise de Jérusalem(1098). Après sa mort à Pompadour en 1126, son corps aurait été transféré d'après la légende, d'Arnac au Chalard, auprès de son ami Saint Geoffroy.

Les sires de Pompadour, comme ceux de Lastours, d'Hautefort, barons rebelles, ont guerroyé, contre Henri II et Richard 1er … Richard dépêche ses troupes de mercenaires qui dévastent les environs de Pompadour en 1182-1183. Le château de Pompadour est incendié vers 1200 lors des troubles qui suivent la mort de Richard Coeur de Lion (1199).

Sources: entre autres, le site remarquable du Centre de la Culture du Limousin Médiéval http://www.limousin-medieval.com/

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