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Articles avec #tourisme tag

Sur la Route de Roger de Laron, chevalier limousin. - 3/3-

Publié le par Perceval

Le ''second'' château de Saint-Julien-le-Petit, qui se compose d’un corps de bâtiment et de deux pavillons, n’est pas ancien, il date tout au plus du XVIIe siècle. Il a été construit avec les matériaux du château de Laron. Avant la Révolution il était habité par les de La Bermondie, derniers seigneurs de Laron. Les armes de la famille de La Bermondie sont de gueules à la tour d’argent maçonnée de sable et une bordure d’azur chargée de huit besants d’or.

Montlaron. — Il existait en ce lieu, en 1467, un prieuré qui avait pour patron saint Laurent. Le prieur de l’Artige y nommait les titulaires : ce fut plus tard le recteur des Jésuites du collège de Limoges. Eu égard à l’inutilité de la chapelle, et à la modicité du revenu, sa démolition fut ordonnée en 1751 et les matériaux employés aux réparations de l’église paroissiale.

Ce nom de Laron est, de nos jours encore, donné à deux montagnes placées en face l'une de l'autre et que sépare le cours rapide de la Maulde ( ou Maude). La partie de la montagne '' Mont Larron '' ( alt :624m) , possède trois villages: Conjat à l'Est, Champety au Sud et Mont-Laron au Sud-Ouest.

Eglise - Saint-Julien le Petit

Sur le versant occidental, non loin de la cime, jaillit, dans un pli de terrain une fontaine, dite de Saint-Laurent, dont les eaux abondantes arrosent les prairies de Saint-Julien-le-Petit. L'église de ce bourg, dédiée à St-Julien-de-Brioude, parait avoir été édifiée vers 1150. Le Chapitre d'Eymoutiers nommait à la cure. Le bourg est souvent appelé Saint-Julien près Laron, ou même Saint-Julien-de Laron.

A peu de distance de la fontaine de Saint-Laurent, on pouvait voir une chapelle ( démolie en 1751 ) placée sous l'invocation du même saint. Saint-Laurent au Mont-Laron était un prieuré de la petite congrégation de l'Artige , qui dès son établissement posséda des droits sur ces montagnes; on lit, au cartulaire de ce prieuré, qu'un des fondateurs du monastère, le Vénitien Marc, obtint des petits seigneurs du voisinage une partie de la forêt du Mont-Laron. Les droits du monastère à Conjat et dans d'autres localités des environs sont signalés en 1184, 1188, 1192, etc.. Une communauté fut établie dans la maison du Mont-Laron ; un document des archives de la Haute- Vienne fait mention du précepteur de ce petit monastère.

On voit, en 1266, Ahélis, femme de Roger de Laron ( le père …) , fonder un anniversaire à l'Artige et faire un don à ce monastère en faveur du couvent du Mont Laron.

Aujourd'hui ; à proximité de la mairie de St-Julien le Petit, sur la gauche de l'une des rues menant au centre bourg il existe un lavoir. Il est alimenté par une source située un peu plus haut. Cette source est protégée par une construction de pierre qui fait corps avec le talus. Sur les pierres plates servant de toit, une pyramide tronquée sommée d'une croix a été posée. Cette fontaine est donc sous la protection de Saint-Laurent, ses eaux remplissaient un long abreuvoir (aujourd'hui à sec) avant d'être canalisées vers le lavoir. L'édicule est fermé par une porte en bois à claire-voie marquée par l'usure du temps.

 

Clédat. — Où était, en 1294, une maison des pauvres, dépendant de l’hôpital de Saint-Gérald de Limoges.

La Tour: Peyrat le Château

 

Peyrat-le-Château (Pairac lo Chasteu en occitan)

Au Moyen Âge, Peyrat-le-Fort, dominé par la baronnie poitevine des Lusignan, connaît une période d’instabilité (1150 – 1450). Richard Cœur-de-Lion, Jean sans Terre, la guerre de Cent Ans… ont détruit une grande partie du patrimoine local.

Des édifices seront reconstruits : * la tour Carrée (XVe siècle): Ancien château des Lusignans

L’ancien château des comtes de Lusignan, détruit au XIIe (1184) par les troupes de Raymond VI et des Brabançons à la solde de Richard Cœur de Lion pendant la guerre de cent ans, faisait suite à la Tour face à la motte mérovingienne. Les jardins du château dominaient la vallée de la Maulde.

* et l’église dédiée à saint Martin (XIVe siècle).

Bujaleuf

Le nom de « Bujaleuf » serait l’héritier de l’ancien « Bugialo » de l’époque gauloise, marque d’un village de défricheurs, nom que l’on pourrait traduire par « le champ de Bugius ».

 

La fontaine Saint-Martin de Bujaleuf, à deux pas du Lac Sainte-Hélène

Elle aurait des vertus pour guérir les enfants et aider les jeunes filles à se marier. La présence de pièces de monnaie dans sa vasque en pierre témoigne de sa fréquentation.

 

Le site de Boisvert, protégé du nord, est habité par les Gallo-romains. A la fin du Moyen-Age et à l’époque moderne, le territoire actuel de la commune est sous l’autorité de plusieurs seigneuries : Boivert, Bujaleuf, Bellabre, le Mazaud, le Chalard. Le château du Chalard est édifié sur un éperon qui domine d’une quarantaine de mètres un méandre de la Vienne. Il s’agit d’un site castral ancien. Le château du Chalard fait depuis longtemps partie du Comté de la Marche, qui a été rattaché à la couronne royale dans le second quart du XVIe siècle. Ce lien ancien explique sans doute que sous l’Ancien Régime, la paroisse de Bujaleuf dépend de la généralité de Moulins, par l’intermédiaire de la sénéchaussée de Guéret, chef-lieu de la Haute-Marche, qui perçoit les impôts. Sur le plan administratif, la paroisse constitue une enclave dans la généralité de Limoges. Dans le domaine judiciaire, la cour suprême est le parlement de Paris, et c’est le droit coutumier qui est appliqué.

Au centre du bourg, l’église datée du XIIIe siècle, est bâtie sur un plan simple, rectangulaire à cinq travées - alors que la formule la plus courante en comporte trois - sans abside. Bujaleuf est l’une des vingt-trois paroisses de la Haute-Vienne placées sous le vocable de saint Martin, évêque de Tours.

Roziers Saint-Georges

Masléon

Autour du 29 juin 1289, est créé un bailliage à Laron, par Philippe IV le Bel, qui fonde en même temps la bastide de Masléon. Il est qualifié de bailliage (ou prévôté) royal de Laron, mais aussi de Laron et Masléon.

Le 29 février 1324, la nouvelle bastide reçoit le visite du roi Charles IV le Bel, un des fils de Philippe IV le Bel, qui revient de Toulouse et y rédige un acte où est indiqué le nom de Villefranche en Limousin. En 1342, la bastide est dénommée « ville nove de manso leonis » (ville neuve de M.L.)43. Le 8 mai 1360 est signé le traité de Brétigny qui cède aux Anglais un territoire très important, principalement au sud de la Loire, dont le territoire du Limousin actuel. Les consuls de Masléon rendent donc hommage au roi d’Angleterre, Édouard III, le 6 septembre 1363. En 1370, la bastide, revient sous domination française après la reconquête de la majeure partie du Limousin. Avant 1398, Pierre de Masléon, prêtre et chanoine, fonda une vicairie, bénéfice attaché à certaines églises cathédrales, à celle de Limoges.

La bastide, unique en son genre en Limousin, bénéficie de la Charte de Lorris, d'où, par exemple, le fait que les paysans, vilains et serfs, y échappaient à leur condition servile, mais il fallait, à l’origine, rester un an et un jour dans ces villes franches. Les bastides sont dirigées par des Consuls, Masléon eut donc des consuls à sa tête. Elle va vite prendre, sur le plan local, une importance considérable.

Le bourg n’a gardé que la structure de ses rues parallèles et perpendiculaires.

De 1199 à 1309, le Comté de la Marche passe à la Maison de Lusignan, comté qui fait partie de l'apanage d'Alphonse, et le comte de la Marche doit l'hommage, au frère de Saint-Louis.

Richard Cœur de Lion et Guy de Lusignan

Hugues de Lusignan et surtout sa femme, Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean-sans-Terre, ressentent une humiliation de cette situation...

 

A dater de la mort d'Alphonse (août 1271), l'hommage dû à ce prince par les seigneurs de Laron remonte au roi, dont ils deviennent les vassaux directs. Et, vingt-huit ans après la mort d'Alphonse, on trouve une juridiction royale établie à Laron même.

Sources : L'Internet, dont Wiki, les sites des communes et surtout :

LARON - Topographie, Archéologie, Histoire – de Louis GUIBERT (1893)

Dans un prochain article, après ma visite, je présenterai l'église templière de la commanderie de Paulhac ( 23, Creuse)

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Sur la Route de Roger de Laron, chevalier limousin. - 2/3-

Publié le par Perceval

Un texte de la période mérovingienne évoque déjà le nom de « Laron ». La « chapelle de Laron » est citée dans un des diplômes de Charlemagne (811) et Charles-le-Simple (905) comme appartenant au monastère de Saint-Denis, ainsi que le bourg de Peyrat et son église, d’une part, et le château de Peyrat et son église, d’autre part. On connaît aujourd’hui davantage le Mont-Larron qui est la plus haute « montagne » de la contrée (624 m) que le village de Laron situé sur une autre colline opposée dont le point culminant n’atteint que 574 m d’altitude.

Pourtant, c’est sur cette plus petite « montagne » qu’il faut rechercher les traces d’une forteresse disparue, siège d’une des plus importantes familles du Limousin implantées ici dés l'époque carolingienne. Le site du Bois de Larron ( c’est le nom qui subsistait encore au XIXème siècle) domine les gorges de la Maulde, une rivière équipée aujourd’hui à hauteur du bourg de Saint-Julien-le-Petit (Haute-Vienne) d’un barrage hydroélectrique.

Restes du Château, aujourd'hui...

Le Château :

Ce qui n’apparaît aujourd'hui que telle une motte féodale, était connu encore au XIXème siècle sous le nom de « butte de Rochein » ou « château de Rochein » ainsi que le prouve le relevé cadastral de 1835 (Saint-Julien-le-Petit, section dite « d’Artigeas », E1).

Des vestiges d’une tour ronde, de nombreuses pierres éparpillées, des restes de murs recouverts par la mousse, et aussi, côté sud, l'entrée d'un souterrain, captent l'attention. Ce château était idéalement placé, par sa position dominante sur la vallée de la Vienne et la campagne d’Eymoutiers. Il contrôlait également la Maulde. Le nom de château Rochein n'a jamais été vraiment élucidé. Pour Louis Guibert, qui reste pratiquement l'un des seuls historiens à s'être intéressé à ce site, le toponyme « Rochein » pourrait dériver tout simplement de « Rocher ». A moins qu'il ne fasse référence à la dynastie des seigneurs de Laron où le prénom « Roger » était récurrent.

La légende selon laquelle le château de Laron aurait été pris par les Anglais , grâce à la complicité d'une servante, et détruit par eux au cours de la Guerre de Cent Ans, a circulé mais les sources écrites font défaut. Vers le milieu du XIIème siècle une notice du Cartulaire d'Aureil ( non précisément datée) parle de la "guerre de Laron": "Quidam miles de Larunt, nomine Willelmus de Gemeu" (cartulaire d'Aureil, fol.2).
 

Près du Château, existe une fontaine dédiée à Sainte Geneviève, le site de la légende qui s'y attache se nomme "Le Mont Sainte-Geneviève"... En effet, existe sur cette colline une source qui ne tarit jamais et dont les eaux ont des pouvoirs de guérison. Un calvaire y a été installé, outre la croix on peut y voir d'un côté Marie et de l'autre Sainte-Geneviève, à leurs pieds une représentation de la biche.

Un peu en contrebas dans une excavation sourd une eau qui lors de notre visite présentait une teinte orangée qui laisse à penser qu'elle serait peut-être ferrugineuse. Ce lieu de pèlerinage est toujours fréquenté, comme le montre les morceaux de tissus installés à proximité des représentations de Sainte-Geneviève et de Marie. Des fleurs sont également disposées le long des supports des deux statues.

Cette visite des ruines du château et de la fontaine, nous permettent de pénétrer dans l'esprit des lieux, qui n'ont d'autre histoire que celles des légendes et des traditions populaires. Ils sont transmis de bouche à oreille, avant d'avoir été, pour certaines, transcrites.

Par définition, la légende tient de faits réels ; une histoire est racontée puis est transmise par oral d'où les modifications. On peut la définir comme un récit qui mêle le vrai et le faux...

Si la légende rencontre l'histoire, nous pouvons encore aujourd'hui la voir, la toucher... L'avoir là, devant nous... ! Il suffit de nous promener sur une colline près du bourg de Saint-Julien le-Petit, de l'autre côté de la Maulde qui coule dans le vallon.

Ecoutez donc la légende :

"Le seigneur du château de Rochein avant de partir pour la seconde croisade, confia sa femme Geneviève et son fils Manuelou à son régisseur félon.

Au bout de la première année, pensant que son maître ne reviendrait pas il prit sa place, Geneviève se refusa à lui et préférât s'enfuir avec son garçon. Dans les bois la mère et son fils se nourrissent de racines mais l'enfant dépérit... Un soir une biche accompagnée de son faon s'approche d'eux en boitant, une épine piquée dans une patte. Geneviève lui retire délicatement, la bête se couche alors à ses pieds et permet à Manuelou de la téter. 

Sept ans plus tard le Seigneur revenu de la croisade apprend par le régisseur la disparition tragique de son épouse et de son enfant. Quelques jours plus tard, il chasse dans la forêt et croise une biche qui le conduit vers une grotte où malgré les haillons, il reconnaît sa femme et son fils. Tout le monde revient au château en compagnie de la biche et de ses faons."

Sources : L'Internet, dont Wiki, les sites des communes et surtout :

LARON - Topographie, Archéologie, Histoire – de Louis GUIBERT (1893)

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Sur la Route de Roger de Laron, chevalier limousin. - 1/3-

Publié le par Perceval

Cet été je commence une saga historique, qui prend appui sur Roger de Laron, originaire du Limousin. Aussi, je commence par un parcours touristique...

Ces histoires seront ancrées dans l'histoire des XI, XII, XIII et XIVe siècles du Limousin et d'ailleurs, et rencontrent la grande histoire des rois de France, des Plantagenêts, des papes et des Templiers... Elles traitent d'alchimie et de magie, d'amour et de sexe, de religion et de rites païens...

Ces histoires se réfèrent aux historiens, et aux conteurs ; elles sont attestées par les documents et les légendes … !

Je vous présente rapidement ( j'y reviendrai en détail, plus tard …) mon personnage : Roger de Laron.

Fils de Roger de Laron et d'Ahelis, sa femme, soeur de Gaucelin de Châteauneuf... - aurait 35 ans en 1307, il serait né vers 1272 et mort en 1342 ( environ …) ... Chevalier, il fut au service des templiers, et à quelques grands de ce monde. Il parcourut Chypre et ce qui restait des états latins, le Royaume de Sicile, l'Angleterre, le Comté de Toulouse et l'Aragon...

Les Laron déclinent rapidement entre le milieu du XIIe et le milieu du XIIIe siècle, perdent même leur château éponyme et finissent par disparaître après 1350, dit-on...

Le sang de la lignée continue au-travers des familles Lastours, Hautefort..etc .

Les seigneurs de Laron ont fait dans tous les temps de nombreuses fondations religieuses ( dont l'abbaye de Dalon...) , et plusieurs d'entre eux sont allés combattre les infidèles en Terre-Sainte.

La famille de Laron a joué un rôle important en Limousin dans le haut-Moyen-âge, et a fourni deux évêques de Limoges, Jourdain ( 1023-1051) et Gui (1073-1086).

 

''Saint-Julien-le-Petit '', est le nom de la paroisse où se trouve le château du Laron, elle appartient au bailliage crée par Philippe IV, qui est qualifié de bailliage (ou prévôté) royal de Laron, mais aussi de Laron et Masléon.

Pour atteindre à Saint-Julien le Petit ce qui devait être l'emplacement du château, on franchit – aujourd'hui - la rivière au '' Moulin de Larron '' puis on grimpe la colline, motte féodale dans la forêt, qui surplombe le barrage sur la Maulde : l'endroit était connu encore au XIXème siècle sous le nom de « butte de Rochein » ou « château de Rochein » ainsi que le prouve le relevé cadastral de 1835

Les terres du seigneur de Laron, font partie de des terres relevant du temporel de l'évêque de Limoges entre la Haute-Marche et les vicomtés de Limoges et de Bridiers (Bénévent et le Grand-Bourg de Salagnac dans la Creuse actuelle) et d’autres relevant directement du Poitou (Peyrat-le Château, Haute-Vienne) et Bourganeuf (Creuse).

La Maulde et St-Julien le Petit - Aujourd'hui

Pour commencer, en Limousin , suivez moi sur la Route de Roger de Laron :

Saint-Léonard de Noblat

À partir du XIe siècle, le pèlerinage se développe ; ainsi en 1105, pour veiller sur les reliques et accueillir les pèlerins, les clercs s’organisent pour former un collège.

Tombeau de saint Léonard avec ses chaînes

Dès le XIIe siècle, la ville s’entoure de fossés et d’imposants remparts. Deux quartiers distincts se forment : le quartier religieux et administratif autour de la collégiale, avec l’hôpital et la maison de ville ; le quartier des marchands autour des halles. En 1183, des bandes armées, les Paillers, la ravagent. Quelques années plus tard, elle est occupée par les Brabançons. Jean sans Terre, roi d’Angleterre, y pénètre à la tête de son armée en 1214. Au cours du XIIIe siècle, les rois de France donneront des privilèges aux habitants de la cité ; c’est ainsi qu’ils élisent, tous les ans, huit consuls.

L'existence de Léonard, qui est réputé avoir vécu au VIème siècle n'apparaît à Limoges et dans l'Occident chrétien qu'au premier tiers du XIème siècle. Les premières mentions qu'on en connaisse se trouvent dans la chronique d'Adémar de Chabannes écrite vers 1028 et dans la correspondance de l'évêque Fulbert de Chartres mort cette même année. Par l'intermédiaire du chroniqueur, c'est surtout Jourdain de Laron, évêque de Limoges de 1023 à 1051 qui semble être le véritable inventeur du culte de saint Léonard. Jourdain de Laron était en effet précédemment dévot laïc du chapitre collégial de l'église de Noblat où était conservé la dépouille de Léonard. Devenu évêque au moment où prends corps la légende de l'"apôtre" Martial et qui favorise le sanctuaire de l'abbaye de Saint-Martial, il va naturellement s'attacher à organiser le culte de saint Léonard, lieu dont il était le seigneur laïc.

L’Artige Vieille, un lieu chargé d’histoire :

La première occupation du site remonte au début du XIIème siècle : deux nobles vénitiens Marc et son neveu Sébastien venus en pèlerinage sur le tombeau de St Léonard décident eux aussi de se retirer de la vie publique tout en restant proche de son caveau.

Ils construisent alors un oratoire dans ce lieu qu’ils défrichent (en ligure, l’Artige veut dire lieu défriché). Par la suite des disciples vinrent, et ils devinrent les premiers prieurs. Le monastère prit de l'importance et connut une extension rapide. A la fin du XIIème siècle, la petite communauté quitte l’Artige Vieille, devenue trop fréquentée, pour s’installer à l’Artige aux Moines où ils purent enfin trouver la solitude. Dans les années 1300, fut ensuite construite sur le site de la maison actuelle la chapelle Ste Catherine aujourd’hui totalement disparue.

Cet ordre reçut tout au long du XIIe siècle et la première partie du XIIIe de nombreuses donations. Onze prieurés sont fondés en 1158 : Aurens, Darnet, la Faye-Sarlande, Menussac, Montlaron, la Plaigne, Chantegreu, la Mazelle, la Saulière, Septfont, et Vaux. Et au XIIIème siècle cette importance s'accrut encore, sans doute avec l'aide d'un chanoine de l'Artige devenu évêque de Limoges, Bernard de Savène. Le monastère devint alors la tête d'un ordre de chanoines réguliers qui compta au moins trente-trois maisons et qui eut des biens dans une trentaine de paroisses.

Les moines vivaient dans une observance strictement régulière et très austères. Leur habit était simple et pauvre, de couleur blanche, avec le capuce devant et derrière.

On voit, en 1266, Ahélis, femme de Roger de Laron, fonder un anniversaire à l'Artige et faire un don à ce monastère en faveur du couvent du Mont Laron.

Le style des ruines du prieuré de l'Artige le rapproche des constructions de l'ordre de Grandmont. Guillaume de Treignac, sixième prieur de Grandmont, avait patronné les débuts de l'Artige vers 1174-1175. C'est peu après qu'on avait entrepris, à l'Artige, la construction de l'église, qui, comme celle de Grandmont, ne comportait qu'un vaisseau unique, sans transept.. De Grandmont à l'Artige, la distance n'est que de sept ou huit lieues ( 25 km). 

 

Cheissoux : On connaît peu de textes pour la période médiévale si ce n'est une donation (1130) : les terres et l'église étaient données par le prieur d'Aureil à celui de Saint Léonard. L'existence d'une paroisse est attestée en 1318. Ensuite, elle fut alternativement intégrée soit dans celle de Bujaleuf (v. 1558), puis de Champnètery [Pierre de Bruxelles, curé en 1780], et à nouveau de Bujaleuf (1825). Elle redevint autonome en 1869.

Au Moyen Age, Cheissoux avec ses trois villages ; la Texonnière, Villemonteix et Villetelle est une paroisse. Elle devient succursale de Bujaleuf au XVIè siècle, ensuite section cadastrale de Champnétery.

Cheissoux : Sa petite église romane est la preuve d'une existence très ancienne : aux environs de 1100, le noble Pierre de Cheyssou donna ses terres à Saint Gaucher, fondateur d'Aureil. Le patronyme de cet aristocrate vient du latin « Cassius », suivi du suffixe -onem, transformé en « Cheison ».« Lous cheisons » (prononcer : « chaï ») ce sont les habitants des lieux soumis à la juridiction de ce seigneur.

A Voir, sur notre route: Les Pierres ou Rochers de la Vierge ou Roches de Narfouilloux (Villemonteix). Les gens du pays disent que la Sainte Vierge les avait portées dans son tablier. Vexée, que le chantier de l’église de Saint-léonard se soit terminé sans son aide, elle laissa tomber les pierres destinées à la construction …

 

Sources : L'Internet, dont Wiki, les sites des communes et surtout :

LARON - Topographie, Archéologie, Histoire – de Louis GUIBERT (1893)

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Sur la route de Brocéliande. Le château de Suscinio

Publié le par Perceval

Sur la route de Brocéliande. Le château de Suscinio
Sur la route de Brocéliande. Le château de Suscinio
Sur la route de Brocéliande. Le château de Suscinio
Sur la route de Brocéliande. Le château de Suscinio
Sur la route de Brocéliande. Le château de Suscinio
Sur la route de Brocéliande. Le château de Suscinio
Sur la route de Brocéliande. Le château de Suscinio
Sur la route de Brocéliande. Le château de Suscinio
Sur la route de Brocéliande. Le château de Suscinio
Sur la route de Brocéliande. Le château de Suscinio

Le château de Suscinio – situé sur la presqu’île de Rhuys se découvre dans un décor privilégie : une vue sur la mer, et entouré de marais …

Au XIIIe s., Le premier logis, un manoir pour la chasse, est bâti pour le duc de Bretagne Pierre de Dreux, en 1218. . Il s’agrandit sous l’impulsion des Ducs de Bretagne qui y implantent un premier manoir. Celui-ci  est ensuite remanié et agrandi pour devenir la vaste résidence princière visible aujourd’hui. C'est, à l'époque, la résidence préférée des Ducs de Bretagne et d'Anne de Bretagne. Sa vaste enceinte est cernée de douves et flanquée de 6 tours.

Une visite bien complète : des salles, des commentaires ( audio-guides, affiches ..etc) et des animations ...

* En 1373, le Connétable de France Du-Guesclin investit le château défendu par les Anglais, comble les douves dans l'angle Sud-Ouest, enfin aidé par les engins d'assaut, y pénètre, tuant tous les défenseurs sans en épargner un seul. Il fait démanteler tours, courtines et logis...

Le château est agrandi à la fin du XIVe siècle. Les ducs Jean IV et Jean V entreprennent des travaux de consolidation et la construction d'une nouvelle tour.

Jeanne de Navarre, épouse de Jean IV, accoucha à Sucinio (ou Suscinio), le 24 août 1393, d'Arthur, comte de Richemont, l'une des gloires de la France et de la Bretagne. Créé connétable de France par le roi Charles VII en 1425 ; il eut l'honneur de sauver le royaume avec Jeanne d'Arc. 

Au XVe siècle, Rhuys est une vaste forêt giboyeuse et ses hautes futaies cernent le château de toutes parts, même du côté de la mer, plus lointaine que de nos jours. Voilà pourquoi, plus que les cris de guerre, retentissaient en ces lieux les aboiements des meutes, les clameurs des chasseurs et les sons variés des cornes de chasse. Brillantes réceptions, chevauchées galantes, tournois trouvent à Scucinio un cadre idéal. Ce château est pour les Ducs de Bretagne un lieu "Sans Soucis", "Soucis n'y est" ou  plutôt "Suscinio" qui, en des temps différents, à même signification.

Pour y dormir tranquille et "sans soucis" ce palais est entouré de douves larges et profondes... Aux grandes marées, les eaux de l'Océan, par un canal, s'y déversent. Comme elles ne sont pas rigoureusement étanches, que l'eau s'évapore et et qu'elles risquent d'être asséchées, la Duchesse Isabeau, au milieu du XVe siècle, les fait alimenter par l'eau d'une fontaine conduite au moyen d'une ingénieuse canalisation. 

François 1er de Bretagne ( 1414-1450) - fils de Jean V - et dit '' le fratricide'' régna huit ans. Il se maria deux fois. Sa première femme fut Yolande, sœur du roi de Sicile ; la seconde la belle et bonne Isabeau d'Ecosse.

François rongé par le remord, mourut en 1450. Il laissait à sa veuve, le château de Suscinio et toutes ses dépendances. La duchesse fit exécuter de nombreuses réparations. Elle fit capter les eaux de la fontaine dite '' de la duchesse '' …

 

 

  

Dessins de l'architecte Georges Ganuchaud (1915-1998)

 

Progressivement abandonné par les ducs ( au profit de Nantes) après le 15ème siècle, En 1520, le château passe à la couronne de France. Il tombe en ruines et est vendu à la Révolution ; il est investi par les Chouans, et finalement très dégradé, il est vendu à un marchand qui l’exploitera comme carrière de pierres. D’ailleurs c’est en tant que ruine que Prosper Mérimée fait classer le château aux monuments historiques en 1840.

Un des trésors du château est le pavement médiéval, datant entre 1330 et 1340.

Ici aussi, il reste : un fantôme : un jeune garçon, fils d'un capitaine de la garde. Le petit garçon a deux espaces privilégiés, au 3ème étage : la salle ''garde robe du duc'' et sous les combles, ce qui serait la chambre des enfants. Il s'y promène encore … Il apparaît, il court , il repart, il ne parle pas …

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Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 2/2-

Publié le par Perceval

Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 2/2-
Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 2/2-
Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 2/2-
Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 2/2-
Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 2/2-

C'est l'Abbé Pichot qui découvrit en 1855 une crypte et également le souterrain de l'Abbaye St-Sauveur de Redon qui menait de l'ancienne Abbaye au fleuve Vilaine : 

A l'époque, l'entrée fut refermée juste après sa découverte, mais un étudiant ( Arthur Bernède ) du Lycée St-Sauveur construit sur les ruines de l'Abbaye, s'est glissé à l'intérieur du souterrain secret et aurait aperçu un fantôme ....

La sortie vers la Vilaine, aujourd'hui barricadée 

Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 2/2-

Epouvanté, Arthur Bernède s’enfuit alors vers Paris, sans savoir que Belphégor est sur ses traces…

Le jeune Arthur apprend l’art lyrique. Hélas un soir de l'année 1890, il est victime d’une agression dans une ruelle obscure. Il parvient, de justesse, à se débarrasser de son adversaire, mais le mal est fait, ses cordes vocales sont fragilisées, il a perdu sa voix. Bernède comprend vite que Belphégor, ou celui qui se cache sous ce nom, est à l’origine de cette agression…

Ce n'est qu'en 1927, qu'Arthur Bernède, ayant vaincu sa peur et ses hésitations, écrit un roman, qui n'est en fait qu'un message crypté à l’attention de celui ou celle qui l’a persécuté, pour lui montrer qu’il a percé à jour sa machination.

Arthur Bernède

 

Le roman ''Belphégor'' paraît en feuilleton dans Le Petit Parisien du 28 janvier au 30 mars 1927 . La très pudibonde Revue des lectures de l'abbé Louis Bethléem considère que « certains détails et le demi-monde où s'agitent les personnages principaux font que ce livre ne convient pas à toutes les jeunes filles... » !

 

« Belphégor est un mystère. Le mystère le plus troublant que l'on puisse imaginer et dont nous n'avons pas le droit de soulever, même légèrement, le voile... Qu'il nous suffise de dire que l'auteur de Judex, Cœur de Française, Surcouf et de tant d'autres récits justement célèbres n'a peut-être pas encore écrit un roman plus captivant, plus original et mieux digne de conquérir les suffrages de nos lecteurs ! » ''Belphégor'' est présenté ainsi dans Le Petit Parisien

L'histoire commence au Musée du Louvre, dans la « salle des Dieux barbares », où un veilleur de nuit surprend une étrange silhouette qui semblait vouloir s'en prendre à la statue de

« Belphégor, dieu des Moabites ». Pourchassé par le gardien, le visiteur fantomatique disparaît mystérieusement. La nuit suivante, il se manifeste à nouveau et assomme un autre gardien, retrouvé mourant le lendemain matin, à côté de la statue renversée. L'inspecteur Ménardier, chargé de l'enquête officielle, n'apprécie guère qu'un jeune journaliste intrépide s'intéresse de très près à l'affaire.

Le célèbre détective privé Chantecoq '' le roi des détectives ''., et sa fille Colette, se lancent aussi sur la piste du fantôme ...

Parmi les références que Bernède utilise dans ce roman, on peut noter que l'un des principaux personnages Jacques Bellegarde est journaliste au Petit Parisien. Au chapitre 6 de la première partie du roman, lorsque ce journaliste découvre la statue renversée de Belphégor, il se rappelle « tout à coup l’histoire, déjà ancienne mais rigoureusement authentique de cette statue moyenâgeuse de la Cathédrale de Dol, en Bretagne, à l’intérieur de laquelle, un jour, par le plus grand des hasards, un sacristain avait découvert une cachette contenant plusieurs centaines de pièces d’or ».

Belphégor, pourrait s'apparenter à la « Stèle au dieu guerrier » conservée au musée du Louvre, et dont l'identité divine ou royale est controversée. Entre autres hypothèses, il pourrait en effet s'agir d'un dieu « apparenté au Baal cananéen, dieu de l'orage ». Or selon Joseph Scaliger, le véritable nom de Belphégor serait « Baal-Reem, c'est-à-dire dieu du tonnerre ».

Également, plus loin dans le roman, au début de la troisième partie, Bernède fait référence à des « Mémoires secrets » que l'astrologue Cosme Ruggieri (+1615) aurait rédigés peu après la Journée des barricades, alors que la reine Catherine de Médicis était contrainte de fuir Paris, pour ne plus y revenir.

Le 20 mars 1937, alors qu’il prononce un discours devant la Société des Gens de Lettres, Bernède s’écroule, terrassé par une crise cardiaque. Dans la poche de sa veste, on retrouve une menace de mort signée de ce troublant: «Belphégor»!

 

Entre-temps, suite à des rénovations au sein du lycée Saint-Sauveur, le sarcophage vide, accompagné des papiers du professeur Chanderne, est expédié à la section égyptologique du Louvre. Présenté, dans le pavillon égyptien de l’Exposition Universelle de Paris en 1937, il est ensuite entreposé, sous une fausse étiquette, dans les réserves du musée…

 

 

De nos jours : Un conservateur curieux le redécouvre. Désireux d’épurer ses collections, le Louvre contacte alors la Mairie de Redon pour lui proposer de lui restituer ce pan du patrimoine local. Seulement, avec le retour de ce trésor, resurgit le spectre maléfique de Belphégor dans les rues de la cité…

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Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 1/2-

Publié le par Perceval

Ma route vers Brocéliande commence - par hasard ici – à Redon...

Et avant de m'attacher aux fantômes de la Matière de Bretagne... Je suis happé par le Mystère attaché à la ville de Redon . En effet, après la visite de L'abbatiale Saint-Sauveur, alors que je me rends vers le cloître de l'abbaye, je partage mes pas avec un homme qui engage la conversation sur la nef de l'Eglise qui remonte quand même au XIe siècle … Je lui fais part de mon étrange impression que j'ai ressenti et que l'on distingue sur ma photo : le chevet lumineux et ce décor baroque qui accentue le contraste, avec la nef sombre, et ses arcades en plein cintre.

L'homme me parle de Saint Convoyon ( Conwoïon) que je ne connaissais pas... Lui et ses compagnons quittèrent Vannes pour se retirer dans la solitude, et ils vinrent ici, au confluent de l'Oust et la Vilaine... Ces hommes, en attente d'un signe sur leur destinée, à l'heure de tierce, virent une croix lumineuse descendre du ciel à l'endroit où se trouve aujourd'hui le maître-autel de l'église du Sauveur. C'est ainsi que l'abbaye, fut fondée en 832, sous la règle de Saint-Benoît, puis confirmée par Nominoë le roi de Bretagne (en 834) et par l'Empereur Louis Le Pieux (en 836). Au XIIème siècle, l'abbaye de Redon possédait 26 prieurés...

On dit aussi qu'un jours, un enfant aborda presque nu sur le rivage de Redon. Les laveuses de Rieux - grande ville alors, avaient repoussé ce pauvre petit ; mais les femmes de Redon le recueillirent pleines de charité. Or, ce petit enfant c'était le Sauveur Jésus...

Deux bonnes raisons, pour que l'église soit consacrée au ''Saint-Sauveur'' …

Je demande à l'homme s'il connaît d'autres histoires... Je lui dis que je vais à Brocéliande, et suis amateur de contes et légendes... Il me regarde alors étrangement, un regard appuyé, puis se détend, sourit et m'interroge sur... la fée Carabosse !: « Savez-vous qu'elle serait originaire de la campagne redonaise ; pour preuve une chanson bien connue par ici qui raconte comment la mauvaise fée fut changée en rocher, alors que blessée au pied, elle fut traitée par un ''rebouteu'' de Redon... Depuis, elle rode dans les bois des alentours …."

L'homme me fixe à nouveau, comme s'il attendait une réaction de ma part... Piteusement, je ne sais que répondre: « C'est tout … ? »

Si vous ne craignez pas que je vous entretienne de fantôme, je puis vous parler, non pas de celui de Merlin, mais ... De Belphégor ! Vous connaissez Belphégor ?

Le fantôme du Louvre ?

Ah, non... Le fantôme de Redon ! Vous voulez parler du roman d'Arthur Bernède (1871-1937)... Vous faîtes bien de signaler l'oeuvre de cet auteur, puisqu'il est originaire de Redon, il est né rue du port ; mais le fantôme dont je parle est bien ici, lui … Êtes-vous prêt à me suivre …?

C'est ainsi que j'ai suivi, ce monsieur … J'ai depuis cherché à savoir qui pouvait-il être ; et un seul nom m'a été proposé : Patrick Denieul... Pourtant cet auteur n'était pas à Redon ce jour là … Mystère !

''L'homme'' me propose de le suivre jusqu'à une pièce de ce qui est aujourd'hui un lycée, et dont il tient seul la clé. Dans cette pièce, il a reconstitué le cabinet de curiosité d'un savant, le professeur Chanderne. Camille Chanderne fut enseignant au lycée Saint-Sauveur, au XIXe siècle. « Une de ses découvertes sera à l'origine du fantôme de Belphégor, et c'est le personnage que découvrira le public »

Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 1/2-
Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 1/2-
Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 1/2-
Sur la route de Brocéliande. - Le fantôme de Redon – Belphégor – 1/2-

« Vous remarquez que le cabinet du professeur regorge d'objets archéologiques en tout genre... »

Cette histoire commence en 1867... Par une nuit brumeuse, une goélette accoste au port de Redon et débarque une caisse volumineuse que réceptionne le professeur Camille Chanderne, enseignant au lycée Saint-Sauveur et égyptologue amateur. Dans cette caisse passée en fraude se trouve un sarcophage… Après un an de fouilles dans la région de la Mer Morte, Chanderne a découvert la momie d’une prêtresse, censée incarner le dieu barbare Belphégor.

L’ancien souterrain situé sous le lycée lui sert à dissimuler sa découverte.

 

Quelques semaines plus tard, Chanderne est retrouvé mort dans son lit. Des papiers griffonnés gisent sur son bureau. Dans la cheminée, on a brûlé des documents. L’affaire fait grand bruit à l’époque, sans pouvoir être résolue…

 

Vingt ans plus tard... Nous sommes donc en 1887 : Arthur Bernède, un jeune lycéen, tombe par hasard sur le sarcophage en fouinant dans le souterrain et s’intéresse à l’affaire. Ce qu’il découvre en relisant les papiers conservés de Chanderne, le terrifie : Belphégor est vivant. La momie a disparu ne laissant que quelques bandelettes moisies. Le dieu barbare erre dans les rues sous la forme d’un spectre habillé de noir et revêtu d’un masque funéraire.

A suivre ...

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Sur la route Richard Coeur de Lion :Châteaux de Montbrun, Brie, 10/ -

Publié le par Perceval

La visite ( assez chère : 10€) du Château de Montbrun, est assez particulière – à l'image de son propriétaire - … !

Les amateurs de récits historiques seront déçus. Les curieux de reconstitution médiévale, façon confort et moderne, seront intéressés.

Pour le visiteur, son apparition - de la route - est magique... Un château fort, situé sur la commune de Dournazac, et surplombant un étang (restes des anciennes douves). Son donjon imposant ( il culmine à 45m) et ses tours massives valent vraiment le coup d'oeil.

 

* Tout d'abord : l'Histoire … !

Pour résumer : A la motte féodale que l'on peut encore voir, succéda une forteresse construite au XIIe siècle, dont il subsiste le donjon couronné de mâchicoulis. Incendié par les Anglais, le château fut reconstruit au XVe.

Le fief de Montbrun remonte au chevalier Pierre Brun – célèbre pour son action à Chalus – et dépend de la Vicomté de Limoges-Ségur, et lors du conflit qui oppose le Vicomte de Limoges Adémar V au roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine Richard Cœur de Lion en 1193, le seigneur Pierre Brun a à sa charge la défense du castrum de Chalus (à l"époque donjon carré en pierre protégé par une enceinte palissadée). Avec le chevalier (Milites Castri) Pierre Basile, ils défendent vaillamment le castrum de Châlus et blessent le roi qui négligeant cette blessure s"infecte et se transforme en gangrène. Le roi Richard meurt le 6 avril 1199 de ses blessures.

De la motte castrale du XIIe, on construit des tours : on trouve les vestiges d"au moins 4 tours (la tour porte – le donjon actuel – tour de la chapelle – tour proche de l"enceinte) également de la chapelle castrale Saint André. Le donjon est à l’origine un des plus anciens de ce type en France, édifié en 1179. C’est une élégante tour carrée à contreforts plats et aux arcades en plein cintre, de 35 mètres de haut et 6 mètres de côté, dénommée « le Grand Jacques ».

Fresque pour le grand salon - Château de Montbrun - Jasmine Le Nozac'h

C'est au XIVe s que l'on construit véritablement un château fort épaulé de tours carrées (vestiges d"une amorce de tour). On construit également l"hôtel nobiliaire de la poterne (donnant sur les moulins). Le château fort de Montbrun, de possession anglaise, défend la frontière nord du duché d’Aquitaine. Il est donc pris dans la tourmente de la guerre de Cent Ans. Arnoult d’Audrehem, maréchal de France, nommé en 1352 par le roi Jean II le Bon : lieutenant des pays entre Loire et Périgord, recouvre les places de Lavaugyon et Montbrun.

Au XVe s, apparaît le château fort actuel, enceinte haute épaulé de 4 tours circulaires, équipées pour le canon. On construit une enceinte basse avec tours, en même temps que l’enceinte villageoise. Incendié et ruiné cependant par les anglais en 1385, le château sera reconstruit sous sa forme actuelle par Pierre de Montbrun, évêque de Limoges, qui veut remettre de l’ordre dans son diocèse malgré les rapines systématiques des Routiers. En 1424, le château est assiégé par le roi de France, Charles VII au motif que Guy Brun le seigneur du domaine de cette époque – marié à Angèle, la souveraine de Pompadour -, refuse obstinément de se soumettre à son autorité, lui préférant la couronne anglaise et Henri VI. L’infortuné et outrecuidant Guy Brun périra dans ce siège et sa femme Angèle enfermée dans un couvent... Pierre, son frère, lui, va jurer fidélité au Roi de France...

Un descendant de Guy Brun, Jean Brun se marie (1503 ) avec Jaquette de Bourdeille (*) - le grand amour de sa vie – avec qui son père – jusqu'à sa mort - refusait de le marier. Malheureusement, Jacquette meurt en 1504, lors de la naissance de leur fille Elisabeth. Elle serait enterrée dans une chapelle ( en ruines aujourd'hui) , face à la porte à pont-levis...

Elisabeth Brun est mariée en 1516 à l'âge de 12 ans, sur ordre du roi de France François Ier, à Porthus d'Estuer de Causade. Leur fils, Louis d'Estuer est un dilettante qui dilapide la totalité de la fortune familiale dans les fêtes et le jeu. Ensuite, toujours en quête d’argent il vend le château le 21 mai 1571, au comte Francois de Lambertie.

Il est dit que Louis meurt dans des conditions pitoyables sans enfant, pauvre et alcoolique. Francois Lambertie, grâce à ses excellentes relations avec le roi, Charles IX, transforme Montbrun en baronnie, prétendant ainsi à deux titres : celui de comte de Lambertie et de Baron de Montbrun. 

En 1569, lors des guerres de Religion, l’amiral de Coligny, devant une résistance acharnée, évitera Montbrun, après avoir incendié Lambertie, pour se diriger vers Châlus et Les Cars.

Presque cent ans plus tard, Marie comtesse de Lambertie et Baronne de Montbrun, qui est mariée à Hubert de Choisel, meurt sans enfants et sans héritiers.

Montbrun échoit alors à l'un de ses cousins de second degré : Jean le Campniac. En 1746, la dernière héritière de cette lointaine lignée des Lamberties, Marie de Campniac, se marie au comte de Conan. Son petit-fils, Alexis devient le dernier seigneur de Montbrun. En plein trouble sur ses terres alors que les premiers signes de la révolution s'annoncent, il échappe à la guillotine mais il succombe, après son arrestation par les représentants du peuple, pendant le trajet de Montbrun au tribunal des peuples à Paris.

Pendant la Révolution, le château fut pillé et dévasté, le domaine divisé en lots et vendu.

Restauré dès 1875 par les 'de la Bonne' et leur descendant Régis de Vandière au XXème siècle, il est aujourd’hui la propriété de Maarten Lamers, qui l’a aménagé avec le confort moderne.

(*) Enfin, on peut signaler l'histoire d'une revenante, que l’on aperçoit encore de nos jours au hasard d’un couloir et d’une nuit sans lune. C’est l’âme de Jacquette : la dame en bleu et en peine, qui errerait à la recherche d'une bague perdue...

Egalement, un légendaire trésor serait enterré ici, qui ferait référence à des mines d'or locales ...

** Lors de notre visite, nous accédons à la cour intérieure, avec puits, pont-levis et sur ses tours : créneaux et mâchicoulis, pour se défendre, avant d'entrer et ...oublier l'Histoire.

A présent, nous visitons une reconstitution luxueuse d'un rêve médiéval … Nous sommes invités à partager quelques miettes du rêve d'un 'aventurier' hollandais à la biographie complexe...

Une cuisine professionnelle moderne présentée dans un style rustique, et la plupart des chambres ont leurs propres salles de douche ou un bain. L'espace de vie contient un grand hall, une chapelle privée, bureau-chambres, une salle de musique, une chambre à coucher principale, chambres familiales, 15 chambres, 2 salles à manger, un salon séjour, une salle de cinéma, une bibliothèque, une salle de billard, une salle de congrès, une salle de bureau, un Jacuzzi, un sauna, des salles de serviteur, 2 ascenseurs, un chauffage central au plancher sur l'ensemble, système de téléphone interne privé...etc

Château de Brie

 

Le château de Brie, appartient au XVIIIe siècle à Victor de Riquetti, marquis de Mirabeau, il est terminé vers 1520. Une porte au décor gothique flamboyant permet d'accéder à un bel escalier de granit en spirale s'épanouissant en palmier à près de 16 m de hauteur. La demeure est habitée et meublée. Au 2e étage, les chambres ont chacune un décor propre à une époque. Dans le parc, la grange médiévale est un ancien refuge militaire protégé par 13 meurtrières et flanqué de deux tourelles (possibilité de location de la grange pour toutes manifestations).

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Châlus, - 9/ -

Publié le par Perceval

Richard Coeur de Lion - BD de Pascal Jourde

Richard Coeur de Lion - BD de Pascal Jourde

Arrivé à Châlus, un  blason - qui représente un lion dont le cœur est transpercé d’une flèche - évoque directement un événement ayant marqué l’histoire de la région.

 

Arrivé à Châlus, donc, on ne peut manquer le donjon du château de Châlus-Chabrol qui domine la commune, et au pied duquel le Roi Richard Coeur de Lion vint trouver la mort (1199)...

La visite de ce haut-lieu de la Route Richard Cœur de Lion, semble se faire malgré les propriétaires actuels, et grâce au soutien de la Mairie... !

 

Il est vraiment dommage que ce lieu ne soit pas mieux mis en valeur... ! Ne serait-ce qu'une exposition sur ce qui s'est passé, ici, le 26 mars 1199...

 

 

 

 

Richard a repris les armes contre des vassaux (à lui) qui avaient passé des traités d'alliance avec le roi de France, pendant sa captivité en Allemagne ( au retour de croisade ..). Parmi ceux-ci, le comte d'Angoulême et le vicomte de Limoges Adémar V qui sera tué en cette même année 1199, soulignons-le, tué par le fils naturel de Richard, Philippe de Cognac...

Richard Coeur de Lion dans Pif gadget...

Certains évoquent un trésor caché à Chalus... Bernard Itier, chroniqueur limousin, contemporain de Richard, affirme que le roi d'Angleterre avait bel et bien l'intention de détruire tous les châteaux et place fortes du vicomte de Limoges.

Déterminé à exécuter ses projets belliqueux, le roi d'Angleterre met donc, le siège devant le château de Châlus-Chabrol. Châlus provient du latin castellum ( petit château) et Chabrol, du nom du chevalier qui construisit ce château, très probablement ce Bernard Chabrol qui assista en 1028 à la consécration de l'église d'Arnac.

Le Château abrite trente-huit personnes ( hommes et femmes). Il est défendu par deux chevaliers : Pierre Brun qui est précisément Pierre, seigneur de Montbrun ( château voisin de Châlus), fils de Hugues IX le Brun, Sire de Lusignan ; et un certain Pierre Basile …

Richard, a promis de faire pendre tout le monde une fois le château tombé, ce qui ne serait pas long, vu la disposition des forces en présence.

Comme Richard, insouciant, sans armure, inspecte la forteresse, Basile, depuis sa tour le vise avec son arbalète. Le carreau, grosse flèche de l'arbalète dont le fer a quatre faces, atteint sans coup férir le roi à l'épaule.

La blessure que Richard ne prend pas au sérieux au début, s'envenime. Un chirurgien de Mercadier ( chef de mercenaires, au service de Richard) n'arrive pas à enlever le fer à quatre faces, il ''charcute'' plus qu'autre chose le roi, la plaie s'infecte et Richard comprend alors la gravité de son état. Mais déterminé à lutter jusqu'au bout contre Adémar, il ordonne tout de même à Mercadier de prendre le château de Châlus puis ceux de Nontron et de Piégut, comme prévu.

Le capitaine des mercenaires lui obéit et tous les assiégés de Châlus sont mis à mort, excepté l'archer qui a touché le roi. Mercadier amène Pierre Basile auprès de Richard qui, mourant, fait grâce de la vie à l'arbalétrier et désire même qu'on lui donne une forte somme d'argent. Mais une fois le roi mort, le cruel Mercadier ne respecte pas ses dernières volontés, et fait écorcher vif puis pendre la malheureux Basile.

Ainsi le rappelle cette épitaphe de Richard cœur de Lion, qui après avoir été victorieux de tant de batailles, mourût le 6 avril 1199, à l'âge de quarante et un ans, 11 jours après sa blessure :

« En Poitou la terre de Châlus garde les entrailles de son Duc

Fontevraud hérite de son corps déposé sous le marbre

La Normandie conserve le cœur invincible du Roi

Ainsi trois pays se partagent ses restes illustres

Aucun ne pourrait suffire à les ensevelir »

 

Richard 1er ne laisse pas d'héritier, la couronne passe à son frère Jean. Infatigable, sa mère Aliénor pendant l'hiver 1199-1200 franchit les Pyrénées accompagnée de l’archevêque de Bordeaux pour se rendre en Castille où demeure sa petite-fille Blanche de Castille. Elle ramène Blanche (12 ans) dans le royaume de France pour la marier à Louis VIII le Lion, fils de Philippe Auguste. Le mariage a lieu le 23 mai 1200. Blanche mettra au monde le fameux Louis IX - 'Saint-Louis' – et Aliénor sera l'aïeule de toutes les familles princières et aristocratiques d'Europe.

 

* A noter que Alain d'Albret (1440-1522) a épousé Françoise de Blois-Bretagne († 1481), comtesse de Périgord et vicomtesse de Limoges... Leur fils Jean d'Albret qui épousa en 1484 la reine Catherine de Navarre, et devint roi de Navarre. Leur petite-fille, Jeanne d'Albret épousa Antoine de Bourbon et fut la mère du roi de France & de Navarre Henri IV. ...

Donc, le Parlement de Bordeaux, par arrêt du 16 novembre 1514, reconnut Alain d’Albret seul et légitime propriétaire des « châteaux et terres de Maulmont, Chalus-Chabrol, Chalucet Courbefy et Solignac... Ainsi furent réunies dans les mêmes mains la vicomté de Limoges et la seigneurie de Châlucet.

Sources : L'épopée Richard Cœur de Lion de Marie-Christine Grave du Bourg (1999) Ed Flanant

A suivre ... Les Châteaux de Montbrun et Brie...

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Châlucet, - 8/ -

Publié le par Perceval

Passionnés du Moyen-âge ; il faut aller se promener autour et dans la forteresse de Châlucet... ! Beaucoup de choses ont été écrites, et pour étudier en détail son histoire et son architecture, il faut consulter le site : http://www.limousin-medieval.com/chateau-de-chalucet

A la fin du XIIIe siècle, grâce à Géraud de Maulmont, Châlucet, est le plus grand château fortifié du Limousin...

Le site est actuellement très bien aménagé, et c'est l'occasion d'une belle promenade.

Un lieu riche d'histoires...

Même aujourd'hui il inspire encore : je pense à Laurent Bourdelas, qui dans son livre Le mystère de Chalûcet, mêle nos deux époques : l'une historique et véridique, à travers l'épopée des brigands qui se sont emparés de Châlucet au XIV e siècle. L'autre, contemporaine et romancée, au fil d'une enquête policière menée par un officier de police limougeaud (qui partage d'ailleurs quelques points communs avec l'auteur).

 

Et encore, par exemple, la Tour Jeannette, s'appelle ainsi ( au moins depuis le XIXe s.) , parce qu' on raconte qu'un jour, les brigands qui occupaient à ce moment-là la forteresse dévalisèrent des marchands sur le chemin qui mène de Solignac à St-Yrieix. Une des victimes, Jeannette, pour se venger, se déguisa en bergère et se fit accepter comme fille de peine auprès du seigneur de Châlucet, facilitant la prise du château par les gens de Limoges. Retrouvée par les brigands, elle fût jetée au cachot. On dit que son cadavre aurait été retrouvé pendant la Révolution par une famille réfugiée dans la tour. Ainsi se raconte la légende de la tour Jeannette. (source Pays du Limousin n°34)

 

Bien sûr, il ne faut pas croire tout ce que l'on dit : Dans « La Revue limousine.» Limoges, 1929.

On lit que « Le train qui s’essouffle vers Pierre-Buffière a dépassé la station Solignac-Le Vigen. Dans un compartiment de seconde classe, une dame « comme il faut » (maquillage, gants, mallette en cuir fauve), distribue des exhortations à deux bambins remuants comme des crabes.

Soudain, les ruines altières de Châlucet se dressent sur leur colline. Alors, la dame :

- " Venez vite voir, mes chéris ! C’est ici qu’est mort le roi d’Angleterre, Richard-Cœur-de-Lion. Il était très méchant et très grand, encore plus grand que l’oncle Jules. Il voulait piller la France. Mais un Limousin, tout petit comme vous, le guettait du haut de cette tour. Avec sa fronde, il a lancé un caillou à la tête du vilain Anglais qui est mort sous cet arbre que vous voyez là-bas. "

 

Nous, qui parcourons la Route Richard Coeur de Lion, nous avons corrigé ….

La Chronique de Saint-Martial, tirée des archives de l'abbaye de Solignac, nous renseigne sur l'

Pendant la guerre opposant le comte de Poitiers à l'évêque Eustorge de Limoges, ce dernier fonde le bas castrum vers 1130. Il reçoit dans sa lutte le soutien inconditionnel d'Adémar III, vicomte de Limoges, et l'aide de deux chevaliers de la famille des Bernard de Jaunhac.

La nouvelle agglomération fortifiée, qui peut accueillir une quinzaine de familles de chevaliers, est dirigée par une communauté de co-seigneurs : Pierre et Géraud de Frachet, Bernard de Jaunhac, Gui de Périgord, Gui Jourdain, Bernard de Royère. Noms cités dans un texte de 1196.

Toujours vers 1130, le vicomte de Limoges, parvenant à usurper à l'abbé de Solignac certains droits suzerains sur le castrum, fonde le second château : le Haut-Châlucet. Puis vers 1270-1280 : c'est la construction du palais fortifié par Géraud de Maulmont. Et, en 1305 : Châlucet devient une forteresse royale.

Le Château est un repaire de brigands, pendant la guerre de cent ans. Et, il est démantelé à la fin du XVIe siècle...

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Sur la route Richard Coeur de Lion : St Jean de Ligoure, Château-Chervix, - 7/ -

Publié le par Perceval

Saint-Jean-Ligoure est un petit village centré autour de l'Eglise et d'un château construit au XVIIIe (et non pas au XIIe s).

C'est à Châlucet - qui dépend de cette commune -que l'on trouve une construction médiévale, dont on reparlera bien-sûr...

Quelques personnalités sont liées à la commune de Saint-Jean de Ligoure (Sent Jan Ligora en occitan) et Châlucet, en particulier :

* Géraud de Maulmont (1222, 1299), cadet d'une lignée limousine '' les Maulmont'', clerc, puis conseiller de la vicomtesse de Limoges, ministre de Philippe le Bel, chapelain particulier du pape. Il a reconstruit entièrement le château haut de Châlucet pour en faire la plus grande forteresse limousine sous la forme d'un palais richement équipé.

Ainsi, à partir de 1272, il devient seigneur de Châlus, de Châlucet, de Courbefy, de Bré, de Bourdeilles, de Saint-Pardoux-la-Rivière et de Montfort en Bourgogne. Il possédait également des biens à Limoges, un manoir à côté du castrum d’Aixe, un hôtel particulier proche du Louvre à Paris

    Géraud de Maulmont meurt en 1299 à Châlus. Son héritage sera repris par la couronne de France.

    * La famille des Cognac ( ou Coignac) sont seigneurs de Saint-Jean-Ligoure. Ancienne chevalerie connue dès 1350, puis éteinte à la fin du XVIe siècle après avoir donné quelques personnages très romanesques.

    On connaît un François de Coignac dit '' le furieux'',seigneur de Saint-Jean-Ligoure, et de Château-Chervix...

    Fait divers :

    Le 6 octobre 1553, Château-Chervix est le théâtre d'un drame de la folie : François de Coignac, est hanté, comme tant d'autres, par l'idée de fabriquer de l'or ou du changement de tout métal en or grâce au mercure solidifié.

    Pour ce faire, il s'adjoint un certain Bernardiera, prêtre de réputation douteuse. Il installe un laboratoire dans une tour isolée du château. Le beau-père de François de Coignac, intéressé par l'alchimie, est lui, accusé de falsification de monnaie et conduit au Châtelet d'Angoulême. Son gendre, fort ému, va plaider sa cause et obtient « que bonne justice serait faite ».

    À son retour, il raconte l'histoire à Bernardiera. Redoutant que la justice vienne s'intéresser à leur activité, il le convainc qu'il doit périr avec sa famille en même temps que la destruction du bâtiment. Coignac ne voulant pas participer à cette tuerie va se réfugier au Puy-de-Bar, laissant le champ libre au prêtre et à un complice.

    Usant de subterfuges, Bernardiera attire Dame Coignac dans le laboratoire où il la tue d'un coup de dague, puis c'est le tour des enfants, pendant que son complice s'occupe des domestiques les uns après les autres, sauf un petit berger qui, remontant de la cave entend crier et s'y réfugie de nouveau. Les dépouilles des malheureux sont entassées dans le laboratoire où il est mis le feu. Celui-ci embrase le reste du château, en n'épargnant que le donjon actuel.

    Après 2 jours, le petit berger sort de sa cachette et raconte la terrible histoire. Ce récit vient aux oreilles des juges du Présidial qui font chercher les coupables. Bernardiera confesse son crime, il est tenaillé, roué, écartelé et décapité à Limoges, quant à Coignac, réfugié en Suisse, il sera condamné à avoir la tête tranchée.

    La tour de Château-Chervix est l’ancien donjon d'un château-fort construit par les vicomtes de Limoges au XIIe siècle. Ils y envoyaient leurs principaux prisonniers comme dans les châteaux d’Aixe, de Nontron et d’Excideuil.

    Le donjon de Château-Chervix a été édifié par le vicomte de Limoges sur les terres de l'abbaye de Saint-Martial. Une mention, dont l'authenticité n'est pas établie, prétend qu'il existait un château dès le milieu du Xe siècle. A la fin du XIe siècle, la paroisse " Saint-Silvain du château " est attestée dans le patrimoine de l'abbaye (première mention authentique). Près de cent cinquante ans plus tard, une bulle pontificale d'Innocent IV désigne Saint-Silvain comme église de Château-Chervix.

    Le château apparaît dans les comptes-rendus de divers hommages prêtés par les vicomtes de Limoges aux abbés de Saint Martial, suzerains des lieux :

    Dans le dernier quart du XIIe siècle (v. 1174 ?) : Adémar V à l'abbé Isembert pour la tour maîtresse. En 1287 : Arthur de Bretagne pour la tour, ou fort et motte. En 1307 : Jean à l'abbé Gaillard pour le château. En 1363 : Charles de Bretagne pour le château.

    Durant la guerre de Cent Ans, la place est prise par les Anglais en 1356. Ils l'enlèvent de nouveau en 1380 et s'y installent une année durant.

    A la fin des hostilités, Château-Chervix passe entre différentes mains : au capitaine de la place en 1452 ; aux Coignac (ou Cognac) de Saint-Jean-Ligoure en 1487 ; à Jean Hugon (juge) en 1541 ; à François de Pérusse -comte des Cars- en 1598 ; à la famille Joussineau de Tourdonnet en 1660.

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