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Le dieu de Simone Weil :

Publié le par Perceval

Avant de s'exiler aux États-Unis en 1942, - elle remet à G. Thibon négligemment un paquet contenant 12 de ses cahiers écrits à marseille, qu'il " classera " et éditera plus tard dans " La pesanteur et la grâce"; -  elle écrit au père Perrin son autobiographie spirituelle, relisant toute sa vie à la lumière de Dieu. Cette lettre d'adieu " Attente de Dieu "  a une portée testamentaire puisque Simone mourra un an aprés en Angleterre. La tuberculose et son anorexie l'emportent alors qu'elle n'a que 34 ans. 

*****

Extraits de « La pesanteur et la grâce », de Simone Weil :

Simone Weil 3

La création, est de la part de Dieu, un acte de renonciation. Dieu renonce à être omnipotent, à être Tout : « Dieu n'a pu créer qu'en se cachant, lit-on dans la Pesanteur et la grâce. Autrement il n'y aurait que Lui. ». Le dieu de Simone Weil est un Dieu transcendant, qui s'est lié les mais devant le mal, un diue souffrant, un dieu qui n'est pas tout-puissant...Pour S. Weil, ce qu'elle appelle «  la décréation », n'est pas un rejet du monde sensible, mais le projet de l'homme qui renonce ( comme Dieu) à l'indépendance que Dieu offre, pour choisir de vivre en Lui... Simone Weil utilise le langage des mystiques : «  Dieu a créé notre autonomie pour que nous ayons la possibilité d'y renoncer par amour (…) Dieu par amour se retire de nous afin que nous puissions l'aimer ( …) » Celui qui ressent l'absence de Dieu, ne peut que le désirer …

LaoTu.jpgQuand Simone Weil écrit : « Le moi, ce n'est que l'ombre projetée par le péché et l'erreur qui arrêtent la lumière de Dieu et que je prends pour un être ( …) Le péché en moi dit « je » », c'est à mon avis, une manière chrétienne de reprendre la vision bouddhiste sur l'illusion du soi ( l’ego). Simone Weil, a fréquenté et lu en sanskrit «  les Upanishads.. ! ... Malheureusement, son anorexie déteint sur sa spiritualité, et refuse, même, le réconfort d'une rencontre du divin … «  Il y a des gens pour qui tout ce qui rapproche Dieu d'eux-mêmes est bienfaisant. Pour moi, c'est tout ce qui l'éloigne ». «  Quand Dieu est devenu aussi plein de signification que le trésor pour l'avare, se répéter fortement qu'il n'existe pas ( …) Il faut préférer l'enfer réel au paradis imaginaire.  » … ! 

Camus admirait Simone Weil... Tous deux méditent sur «  la tendre indifférence du monde », pour se détacher du monde terrestre. Il est nécessaire d'accepter ( sereinement …) la nécessité ( les lois inflexibles de la nature ) : «  La grâce comble, mais elle ne peut entrer que là où il y a un vide pour la recevoir, et c'est elle qui fait ce vide. » 

C'est en ressentant l'absence de Dieu, affirme t-elle, que nous commençons à expérimenter sa présence : «  Dieu et le spirituel sont cachés et sans forme dans l'univers. Il est bon qu'ils soient cachés et sans nom dans l'âme » . «  Un mode de purification : prier Dieu ( …) en pensant qu'il n'existe pas » … Cela me fait penser à Maître Eckhart... : Dieu n'existant pas sur le même plan que la création, nous ne pouvons pas le percevoir... la réalité surnaturelle peut - dans un premier temps - se confondre avec le néant.

 

Voir aussi: S. Weil... Loin d'une religion « consolatrice »…

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La domination du capitalisme est aussi spirituelle.

Publié le par Perceval

Jung Mo Sung (Docteur en théologie et économiste) : voir article « La Vie » , reprend un thème cher à la théologie de la libération :

Congrès Continental de Théologie du 7 au 11 octobre à Sa
Congrès Continental de Théologie du 7 au 11 octobre 2012 à Sao Leopoldo

Le capitalisme colonise l’espace, y compris dans le champ spirituel. Même les pays de tradition culturelle millénaire, qu’ils soient bouddhistes, hindouistes ou confucianistes en Extrême Orient, sont en train d’adopter des modes de vie occidentaux.

Un des concepts théologiques fondamentaux de la Bible est l’idolâtrie. Toutes les sociétés produisent des dieux qui sont l’oeuvre d’actions et d’interactions humaines qui ont été sacralisées. Les prophètes ont perçu et critiqué ce processus. L’idole fascine et attire. Le néolibéralisme présente une logique idolâtrique à travers la fascination de nos sociétés pour les lois du marché, un système qui serait censé imposer et réguler seul ses règles. Face à cette dimension fascinante du capitalisme global actuel, il ne suffit pas de critiquer. Il faut démontrer le processus sacrificiel qu’il engendre (perte de l’emploi, délitement de la vie de famille, voire mort des plus pauvres…) pour se défaire de cette fascination qui nous aveugle. La théologie a une mission importante à accomplir dans la société pour dénoncer cette nouvelle fascination. 

M. Meaudin ( Faculté de théologie, Université de Montréal,  ). établit une comparaison entre l'idéologie du néo-libéralisme et une religion de type sacrificielle.
conquistadorL'orientation néo-libérale actuelle de l'économie semble, en effet, la donnée fondamentale qui explique le remodelage de notre société. Or, loin d'être un domaine neutre et objectif et échappant à tout choix de valeur et de foi, l'économie de marché comporte un horizon métaphysique, une religion propre avec un discours interprétatif quasi théologique : M.M. entend détecter et qualifier ces aspects religieux, à savoir l'idolâtrie et le sacrifice qui caractérisent le néolibéralisme actuel


La question centrale aujourd'hui en Amérique Latine n'est pas la question de l'athéisme, le problème ontologique de l'existence ou non de Dieu [...]. La question centrale est l'idolâtrie, l'adoration des fausses divinités du système de domination. [...] La foi dans le Dieu libérateur, celui qui révèle son visage et son secret dans la lutte des pauvres contre l'oppression, s'accomplit nécessairement dans la négation des fausses divinités...La foi se tourne contre l'idolâtrie. (« La lutte des dieux. Les idoles de l'oppression et la recherche du Dieu libérateur», 1982)

Selon Hugo Assmann ( « L'idolatrie du marché. Essai sur l'économie et la théologie » 1989) , c'est dans la théologie implicite du paradigme économique lui-même, et dans la pratique dévotionnelle fétichiste quotidienne que se manifeste la "religion économique" capitaliste. Les concepts explicitement religieux qu'on trouve dans la littérature du "christianisme de marché" - par exemple, dans les discours de Ronald Reagan, dans les écrits des courants religieux néo-conservateurs, ou dans les oeuvres des "théologiens de l'entreprise" comme Michael Novack - n'ont qu'une fonction complémentaire. La théologie du marché, depuis Malthus jusqu'au dernier document de la Banque Mondiale, est une théologie férocement sacrificielle: elle exige des pauvres qu'ils offrent leur vie sur l'autel des idoles économiques. Sacrifices humains au nom de contraintes "objectives", "scientifiques", profanes, apparemment non-religieuses.

idolatrie-du-salut.jpg

Dans un ouvrage plus récent, « Ethique de la Vie » (2000), Leonardo Boff esquisse un parallèle entre l’injustice socio-économique et politique, conséquence de la violence contre les travailleurs et les classes subalternes, et l’injustice environnementale, qu’est la violence contre la nature, l’air, l’eau, qui menace de mort toute la biosphère. Leur origine commune est le paradigme capitaliste occidental, qui trouve son expression actuelle dans le néo-libéralisme et dans la « religion du capital », la religion du fétichisme de la marchandise, avec ses temples (les banques), son clergé (les financiers), ses dogmes et sa théologie (formulée par les économistes).

La mort d’espèces entières et de millions de personnes dans les pays pauvres sont, pour l’idéologie dominante, « les sacrifices nécessaires pour la croissance économique qui possibilité la réalisation du désir de consommation illimitée ». La tâche de la théologie c’est de critiquer l’idolâtrie du marché et le mythe du progrès, qui exigent et justifient les sacrifices de vies humaines et de l’environnement naturel. ( cf : SUNG, Jung Mo. Sementes de esperança. A fé em um mundo em crise. Petrópolis: Vozes, 2000. )

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Simone Weil, les années de la foi... -4-

Publié le par Perceval

Simone reprend ses cours à Saint-Quentin. Ses maux de tête la torturent.

angoisse.jpg« Un moment est venu, racontera-t-elle plus tard, où j'ai cru être menacée par l'épuisemet et par l'aggravation de la douleur, d'une si hideuse déchéance de toute l'âme, que pendant plusieurs semaines je me suis demandé avec angoisse si mourir n'était pas pour moi le plus impérieux des devoirs, quoiqu'il me parût affreux que ma vie dût se terminer dans l'horreur (…) Seule une résolution de mort conditionnelle et à terme m'a rendu la sérénité ».

En janvier 1938, elle se résout à demander un congé de maladie au ministère de l'éducation.

 

Un jour de 1938, à Solesmes, 108.1275409287.jpgelle vit l'expérience de la conversion soudaine, dont elle a laissé ce récit: "J'avais des crises violentes de maux de tête intenses. Comme j'avais le poème dont je vous ai parlé, intitulé Amour, je me suis exercée à le réciter en y appliquant toute mon attention et en adhérant de toute mon âme à la tendresse qu'il enferme. Je croyais le réciter seulement comme un beau poème, mais à mon insu, cette récitation avait la vertu d'une prière. C'est au cours d'une de ces récitations que, comme je vous l'ai écrit, le Christ lui-même est descendu et m'a prise"

 passion-weil.jpg

«  Au cours de ces offices, la pensée de la passion du Christ est entrée en moi une fois pour toutes » Simone Weil a saisi l'essence de la Passion. Elle relie cette expérience intérieure à son propre état de délabrement physique.

 

Simone Weil 3De retour à Paris, Simone relit souvent le poème … Un jour après l'avoir récité à plusieurs reprises, se produit la révélation : le poème la met «  en présence du Christ », lui fait vivre avec une acuité renouvelée l'illumination reçue à Solesmes.

« Dans un moment d’intense douleur physique, alors que je m’efforçais d’aimer […] j’ai senti, sans y être aucunement préparée, – car je n’avais jamais lu les mystiques – une présence plus personnelle, plus certaine, plus réelle que celle d’un être humain, inaccessible et aux sens et à l’imagination, analogue à l’amour qui transparaît à travers le plus tendre sourire d’un être aimé. » ( lettre à Joë Bousquet )


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Simone Weil, les années de la foi... -3-

Publié le par Perceval

Une conversion en plusieurs étapes :

« La mer seule peut me laver de toute cette fatigue » Eté 1935, avec ses parents.

procession-religieuse.jpgEn 1935 au Portugal, elle assiste à une « misérable » procession... Simone Weil a la révélation du christianisme.

«  J'ai eu soudain la certitude que le christianisme est par excellence la religion des esclaves, que des esclaves ne peuvent pas ne pas y adhérer, et moi parmi les autres. » ( Attente de Dieu )

 

Elle ne dit mot de cette expérience à quiconque. Lycée de Bourges. Elle choque souvent ses élèves par ses vues iconoclastes ( l'union libre, partage des ressources …)

Elle souffre beaucoup d'horribles migraines.

En juin 1936, la grève générale qui suit la victoire du Front populaire vient tirer Simone de son marasme.

 

simone-weil--l_irreguliere.gifLa guerre civile éclate en Espagne. Le 16 août 1936, elle rejoint le front de la guerre d'Espagne, et le noyau des futures brigades internationales . Munie d'une carte de journaliste qu'elle a obtenue d'une revue syndicale, elle gagne la frontière espagnole. Elle s'expose, la guerre la dégoûte... Elle ne cesse de dénoncer les meurtres et les humiliations dont elle est témoin, et s'étonne du sang inutilement versé...

«  On part en volontaire, avec des idées de sacrifice, et on tombe dans une guerre qui ressemble à une guerre de mercenaires, avec beaucoup de cruautés en plus et le sens des égards dus à l'ennemi en moins. (...) Vous êtes royaliste, disciple de Drumont - que m'importe? Vous m'êtes plus proche, sans comparaison, que mes camarades des milices d'Aragon - ces camarades que, pourtant, j'aimais. » Lettre à Bernanos(Les Grands Cimetières sous la lune est un pamphlet de l'écrivain français Georges Bernanos, paru en 1938

Le fait d'avoir participé à la guerre permet à Simone de défendre un pacifisme radical sans crainte d'être accusée de lâcheté...

 

Elle fréquente le café de Flore où se réunissent les amis de Souvarine, elle rencontre Maritain, jean Paulhan ; et publie dans les « nouveaux cahiers » un plaidoyer en faveur du pacifisme.

Porzioncola-Fresco-Santa-Maria-degli-Angeli.jpgPrintemps 1937, elle concrétise un vieux rêve : visiter l'Italie.

Elle se lie d'amitié avec un jeune étudiant en médecine qui soigne sa tuberculose : Jean Posternak. Elle lui écrit souvent pour lui parler de l'art et des classiques …

«  En 1937, j'ai passé à Assise deux jours merveilleux. Là, étant seule dans la petite chapelle romane du XIIeme siècle de Santa Maria degli Angeli, incomparable merveille de pureté, où Saint François a prié très souvent, quelque chose de plus fort que moi m'a obligée, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux. »

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Anniversaire: 24 Octobre 1929 - Quelle leçon ?

Publié le par Perceval

1929-black-Tuesday.jpegUne grande partie du krach boursier peut être attribué à l'utilisation irresponsable d'un nouveau jeu : la Bourse.

Dans les années qui précèdent 1929, le marché boursier « offre » la possibilité de faire des gains énormes.... Jeu bourse krachC’est la ruée vers l'or.Les gens achètent des actions avec l'attente de gagner plus d'argent. Les cours des actions augmentent... On emprunte pour investir dans le marché boursier, et l'on crée une « bulle spéculative ». 

Les actions continuent d'augmenter , jusqu'où... ?.Jusqu'au moment où le cours des actions se dissocie des gains réels potentiels.... Les prix ne sont pas entraînés par les « fondamentaux économiques », mais par l'exubérance des investisseurs.

Ce qui – dans cette affaire - est « étrange » c'est l'irrationalité de gens «  très sérieux ... » qui parlent et agissent «  économie » … !1929-1990-2008-les-lecons-des-crises-passees-face-a-la-c.jpg

 

Par conséquent, en Octobre 1929, les actions sont largement surévaluée. Lorsque certaines entreprises affichent des résultats décevants, les investisseurs pressentent que ce serait le bon moment pour « encaisser leurs profits ». Cette vente initiale provoque une chute des prix, ce changement de sentiment du marché se répand bientôt et chacun commence à paniquer et à emboîte le pas. Le marché tombe très rapidement. Normal !

 

Les années 1920 voient de grands progrès dans les techniques de production, ( l'automobile, bien sûr ..). Économies d'échelle et augmentation de la production ne sont pas suivies de la « demande » pour des biens de consommation. De nombreuses entreprises ont du mal à vendre la totalité de leur production, et ces résultats décevants précipitent la chute des cours des actions.

 

La consommation a du mal à s'adapter à la production ( ! C'est le consommateur qui doit s'adapter … ! ), du fait de l'inégalité de répartition des « bénéfices de la croissance économique ». La majorité des Américains continuent de gagner moins de 2000 $ par année.

De plus, le système bancaire est privatisé à l'extrême, avec pas moins de 30.000 banques... Elles sont fragiles, et prêtes our la faillite, s'il y a ruée sur les dépôts...

Soupe-populaire.jpg

Les petits agriculteurs sont également acculés à la faillite parce qu'ils ne peuvent rivaliser dans le nouveau contexte économique qui impose une « meilleure technologie », et l'accroissement de l'offre. Mais, la demande de nourriture n'augmente pas au même rythme. Par conséquent, les prix chutent, ainsi que les revenus des agriculteurs ; et Il est difficile pour les fermiers chômeurs de trouver un emploi dans l'économie.

 

 

 Le 24 octobre 1929, à Wall Street, les États-Unis sombraient dans le jeudi noir


1929 l’effondrement de Wall Street et la crise... par Monde-contemporain

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Simone Weil, à l'usine. 1934-1935 -2-

Publié le par Perceval

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Mai-juin36, blocage haut fourneau

1934 «  Si la guerre éclate, socialistes et communistes nous enverront à la mort pour la «  patrie des travailleurs »...( …) Etant donné la situation, je suis bien décidée à ne plus prendre part à rien dans le domaine politique et social. ( …) Voici, brièvement, comment je vois l'avenir : nous sommes au début d'une période de dictature plus centralisée et plus oppressive que tout ce que nous connaissons dans l'histoire ( …) J'ai pris un congé d'un an pour travailler un peu pour moi et aussi pour entrer un peu en contact avec la fameuse « vie réelle » ( lettre )

 

travail-a-la-chaine.jpeg«  Après mon année en usine ( …) j'avais l'âme et le corps en morceaux. ..( …) Le malheur des autres est entré dans ma chair et dans mon âme. ( … ) J'ai reçu là pour toujours la marque de l'esclavage... » ( lettre à JM Perrin )

 

lumpen-proletariat.jpg

Au plan politique et historique, les leçons tirées de l'expérience s'avèrent tout aussi dures. Simone Weil confirme ce qu'elle avait pressenti : les conditions de travail imposées aux ouvriers engendrent, non pas la révolte, mais la soumission, réduisant à néant ou presque les chances d'une révolution prolétarienne. 

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Comment dire le Dieu ... -2-

Publié le par Perceval

Le synode sur la nouvelle évangélisation

 

« Le christianisme n'est pas une chose du passé, vécue en regardant en arrière, puisque le Christ est d'hier, d'aujourd'hui et pour l'éternité. Il est marqué de la présence de l'Eternel, de Dieu entré dans le temps et présent à tout moment, le temps découlant de sa puissance créatrice, de son éternel aujourd'hui. »

Benoît XVI est revenu sur le sens du mot controversé d'"aggiornamento" ("mise à jour"), utilisé pour caractériser le Concile

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Mgr A. Malayappan Chinnappa, Salésien, archevêque de Madras et Mylapore (Inde). Intervention le vendredi 12 octobre matin

« Le Saint-Esprit est l’auteur de la pluralité et de la diversité. ( … ) Dans la tradition indienne, nous avons: mangas (voies), grana manga (la connaissance), bakati manga (l’amour de Dieu), kunma manga (le mode d’action). On peut parvenir à Dieu en ayant recours à une de ces méthodes.
Le dialogue dans les contextes multireligieux. 
Nostra Aetate déclare qu’il y a un signe de lumière dans chaque religion, mais Gaudium et spes va plus loin en affirmant que l’Esprit-Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal (cf. GS 22). Au n. 5 de Redemptoris mission, Jean Paul II affirme l’existence de formes participatives de médiation dans la relation avec Dieu. »

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georges-de-la-tour-le-prisonnier-job-raille-par-sa-femme2.jpg"L’Église en Amérique latine vit et évangélise dans la région de la planète qui connaît les plus fortes inégalités. (… ) Une toute petite partie de la population mondiale s’accapare les biens de la Création. Le consumérisme gaspilleur et pilleur épuise les biens de la Création. Les visages des pauvres et des exclus sont le visage souffrant du Christ.( … ) Il n’est pas possible de penser à une nouvelle évangélisation sans une annonce de la libération intégrale de tout ce qui opprime l’homme, c’est-à-dire le péché et ses conséquences. Il ne peut y avoir une authentique option pour les pauvres sans un engagement ferme en faveur de la justice et du changement des structures de péché. » Mgr Jorge Eduardo LOZANO, Évêque de Gualeguaychú (Argentine)

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 Mgr Brian Joseph DUNN, Évêque d'Antigonish (CANADA) : Vendredi 12 octobre matin

La nouvelle évangélisation, qui se produit en pleine crise des abus sexuels, peut prendre au moins quatre formes différentes : ( …) dont les deux suivantes...

Une spiritualité de communion doit emplir toutes les relations et toutes les structures au sein de nos paroisses et dans les églises locales, à travers une consultation qui rassemble les fidèles, qui reconnaît la présence de l’Esprit de Dieu agissant dans les membres de la communauté et qui aide à répondre à tous ceux qui sentent que leur voix n’est jamais entendue dans l’Église.
- Encourager la co-responsabilité en apportant des changements dans certaines structures de l’Église et dans la mentalité, dans une disposition et une véritable sympathie à avoir lorsque l’on travaille de façon très proche avec des laïcs. Ces changements pourraient inclure la nomination d’équipes pastorales composées de religieux et de laïcs, une réflexion et la reconnaissance officielle de ministres ecclésiaux laïcs; et un engagement délibéré et systématique des femmes en leur confiant des positions de direction à tous les niveaux de la vie de l’Église, et cela, en permettant aux femmes d’être désignées comme lectrices ou acolytes, et en instituant le ministère de catéchiste.

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cardinal.jpg Mgr Francesco Moraglia, patriarche de Venise, a appelé à une évangélisation du monde de la culture et des intellectuels :

« car le chrétien vit dans un état de soumission psychologique, dans une sorte de complexe d’infériorité à l’égard de la modernité et de la post-modernité. » Il a poursuivi : "Le silence du catholique moyen, lorsqu’il donne les raisons de son espérance, est assourdissant. (...) Bien souvent, la foi n’est pas soutenue par une catéchèse amie de la raison, qui soit capable d’une véritable proposition anthropologique en mesure de légitimer la plausibilité du choix chrétien. "

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Mgr Ricardo Antonio TOBÓN RESTREPO, Archevêque de Medellín (COLOMBIE) Intervention samedi après-midi 13 octobre

« la nouvelle évangélisation doit renforcer la communauté à tous les niveaux: la famille comme première Église domestique, les petites communautés ecclésiales comme espace fondamental de vie, la paroisse comme centre vital de spiritualité et pastorale au sein de laquelle elles s’intègrent et acquièrent le sens de réalités différentes, et l’Église particulière qui, suivant la doctrine de Vatican II, rend concret et authentique le mystère de l’Église."

 

"Passer d'un christianisme de tradition à un christianisme d'adhésion personnelle à Jésus Christ et d'engagement missionnaire"

Mgr Dominique REY, évêque de Fréjus-Toulon (France) Intervention du lundi matin 15 octobre

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"La formation dans les séminaires, presque monastique, intellectuelle, facile et confortable (détachée du monde) a échoué dans la formation de pasteurs compétents et réceptifs face aux besoins des gens d’aujourd’hui et de demain."

Mgr John WONG SOO KAU, Archevêque Coadjuteur de Kota Kinabalu (MALAISIE) ; Intervention lundi 15 octobre matin

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l-homme-au-centre.jpg"Les institutions catholiques  ont perdu tout pouvoir sur la foi."

Mgr Alexander Thomas KALIYANIL, S.V.D., Archevêque de Bulawayo (ZIMBABWE) ; Intervention lundi matin 15 octobre

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Sr Mary Lou WIRTZ a évoqué les souffrances de nombreuses personnes en opposition ou indifférente à l’Eglise. Pour Sr Mary Lou Wirtz,"  L'Eglise devrait être à l’écoute, plus pastorale et miséricordieuse, capable d’écouter avec compassion. Pour elle, les religieux et religieuses sont plus que des ressources. Doivent être prises en considération l’aspect prophétique de leur présence et de leur témoignage. Selon la religieuse américaine, cette reconnaissance semble minimisée dans le débat actuel."

Sr Mary Lou WIRTZ, présidente de l’Union internationale des supérieures générales

 

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Comment dire le Dieu de Jésus-Christ à un monde qui ne se pose pas la question ? -1-

Publié le par Perceval

Le synode sur la nouvelle évangélisation :

«Comment dire le Dieu de Jésus-Christ à un monde qui ne se pose pas la question ? »  jeudi 18 octobre, le cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de KinshasaSynode-oct2012-la-Croix.jpg

Je reprends ci-dessous ( à l'aide du quotidien La Croix ) des extraits d'interventions qui me touchent particulièrement. Il me semble que beaucoup de thèmes très actuels sont abordés : ils touchent la réalité sociale, la place des laïcs, l'organisation des communautés, la place de l'Eglise dans « le monde », l'interreligieux ...etc. Deux tendances caractérisent les débats, entre jugement sévère sur le monde et nécessité de répondre aux questions de la société...

« Le nouveau Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, présidé par le subtil Mgr Rino Fisichella, sera-t-il à même d’être la « tour de contrôle » de cette « Église recommençante » que beaucoup de pères synodaux appellent de leurs vœux ? Pour réfléchir à ces thèmes, seules 23 femmes sont présentes parmi les 349 participants. De Synode en Synode, la marge de progrès reste importante. » La Croix du 18/10

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"Le défi de la connaissance, affronté dans le dialogue avec tous les chercheurs de vérité, philosophes, scientifiques, chercheurs. Le déploiement des sciences et des savoirs est l’occasion de mettre en œuvre cette “belle amitié entre la foi et les sciences” proclamée par le Concile. Dans la foi on y contemple le mystère de la création continuée de Dieu et son appel confiant à la liberté et à la raison de l’homme. Dans l’amitié, on peut, avec les hommes de science, en discerner les enjeux pour, ensemble, penser un monde pour l’homme. 

ecouter.jpgLe défi de la liberté. Dans la rencontre avec nos contemporains, croyants ou non, il s’agit de manifester d’abord l’amitié de Dieu avec les hommes, avant de formuler des réponses à des questions qui ne sont pas posées dans les termes qu’on leur impose parfois. Se laisser enseigner par la patience de Dieu qui fait confiance à l’homme pour qu’il apprenne à mettre sa liberté à hauteur de sa dignité, et contempler la miséricorde du Christ qui nous précède, Lui qui enseigne à ses amis ce qu’il a reçu du Père. 
Le défi de la fraternité. Les communautés religieuses veulent être des lieux où la fraternité construite dans la diversité aspire à être transformée par l’Esprit de communion en “ sacrement” de l’amitié de Dieu avec le monde. Et, à cause de cette espérance, elles sont au défi d’élargir cette espérance de communion en liant leur destin aux oubliés du monde, faisant leur la conviction du synode de 1971: “Le combat pour la justice et la participation à la transformation du monde nous apparaissent pleinement comme une dimension constitutive de la prédication de l’Évangile”."

P. Bruno CADORÉ, Maitre Général de l'Ordre des Frères Prêcheurs (Dominicains) ; Intervention lundi 15 octobre après-midi

 ***

" Une nouvelle évangélisation peut être menée à partir de (…) la capacité à entrer en empathie et sympathie avec le monde et donc une Église qui dialogue et ne craint pas ce qui est humain puisque le Fils de l’homme Lui-même est venu porter la plénitude à tous les hommes et à tout homme.Ecoute-et-partage.jpg

"L’Église ne peut être une communauté puissante qui “im-pose” mais une communauté qui “s’ex-pose"

Mgr Santiago Jaime SILVA RETAMALES, Évêque titulaire de Bela, Évêque auxiliaire de Valparaíso, Secrétaire général du Conseil épiscopal latino-américain (C.E.L.AM.) (COLOMBIE) Intervention samedi après-midi 13 octobre

 ***

P. Julián CARRÓN, Président de la Fraternité de Communion et Liberation (ITALIE)

« Nous savons que le coeur de l’homme est fait pour l’infini, qu’il est habité par l’attente d’un accomplissement. Car aucun faux infini ne parvient à le satisfaire.

À cette attente ne saurait répondre une doctrine, un ensemble de règles, une organisation, mais plutôt un événement. Comme l’a dit don Giussani lors du Synode de 1987: “Ce qui manque n’est pas tant la répétition littérale de l’annonce que l’expérience d’une rencontre. L’homme d’aujourd’hui attend peut-être inconsciemment l’expérience de la rencontre avec des personnes pour qui le Christ est une réalité si présente qu’elle change leur vie”. Un lieu où chacun peut être invité à effectuer la vérification que firent les deux premiers sur les rives du Jourdain: “Viens et vois” parce que “une foi qui ne peut être trouvée dans l’expérience présente et confirmée par elle, capable de répondre à ses besoins, ne sera pas une foi en mesure de résister dans un monde où tout, tout, dit le contraire”. »


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Petit portrait militant de Simone Weil. -1-

Publié le par Perceval

Les images que les chrétiens se font de Simone Wiel, sont souvent de nature hagiographique... simone-weil-portrait3.jpgPourtant, les différentes biographies de la jeune femme, la décrivent passionnée et intransigeante...

Ainsi, Camille Marcoux, son condisciple et ami, avec qui elle partage militantisme et discussions interminables dans les cafés, subit son caractère intraitable : il commet l'erreur dans un exposé de citer Bouglé ( sociologue, et directeur adjoint de Normal' Sup ) l'ennemi juré de Simone... «  elle dit à mes camarades, que pour elle, j'étais mort. ». Pendant plusieurs mois, elle ne lui adressera plus la parole …

En cagne, elle s'amuse d'en être arrivée aux coups avec le censeur, qui a interdit qu'en classe garçons et filles s’assoient côte à côte . Elle méprise ostensiblement l'histoire, et sera recalée à sa première tentative pour entrer à l'école normale.... Beaucoup de ses camarades l'évitent, pour ne pas être invité à signer une pétition, à se rendre à une manifestation, ou à contribuer à un fonds de grève d'un syndicat..etc

Simone choisit de passer pour un garçon manqué. Elle refuse tout signe de féminité, s'enlaidit, déteste le contact physique, préfère la compagnie des hommes avec qui elle fume et discute sans ménagement. Cependant, elle repousse avec opiniatreté toute attention masculine, surtout de nature physique. On la trouve intimidante, dépourvue de tact, mais admirable pour sa détermination et ses idéaux.

Groupe-de-collaborateurs-de-l-Ecole-emancipee--c-copie-1.jpg
Groupe de collaborateurs de l'Ecole émancipée, congrès de Grenoble, 1926
Greve-generale-du-6-fevrier-1934.jpg
Grève générale du 6 février 1934

Elle se proclame bolcheviste, syndicaliste révolutionnaire. Le travail manuel est à ses yeux, la voie royale pour la connaissance de soi. Cette vision repose sans doute sur une vision idéalisée du prolétariat...

Elle passe tous ses congés à travailler et partager la vie des ouvriers agricoles ou des marins pécheurs. Professeur, elle fuit ses collègues enseignants pour retrouver les ouvriers en grève, et participer à l'éducation des masses populaires … Le rectorat, après plusieurs inspections, la déplace du Puy, à Auxerre.

Elle néglige son alimentation, frise l'anorexie, verse l'excédent de son salaire à une caisse de chômeurs.

Elle critique la bureaucratie du parti communiste au profit du syndicalisme révolutionnaire, et compare, dès 1933, le communisme russe au national-socialisme d'Hitler. Souvarine est devenu un ami cher à Simone ; on voit en elle, une nouvelle « Rosa Luxembourg ».

 

Un petit air estival et léger en août 1933 ;  ses parents la rejoignent en Espagne, à la mer. Un collègue militant trotskiste, Aimé Patri, l'accompagne... 

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Ils l'ont rarement vue ainsi détendue et heureuse. Elle passe une bonne partie de ses journées à la plge et vit pratiquement en maillot de bain – le directeur de l'hôtel doit lui demander d'enfiler un peignoir au moment des repas - . elle délaisse ses lunettes et ses vieux habits ( qui la déparent ), et son ami Patri se rappelle avoir été frappé par sa beauté.

A la rentrée 1933, Simone Weil est nommée à Roanne : ville industrielle. Quoique la directrice échoue à la convaincre de noter ses élèves et quoique ses collègues la décrivent comme une figure évanescente toujours plongée dans un livre allemand tel que das kapital, elle s'attire la sympathie et le respect de tous.

A Noël, elle convainc ses parents d'accueillir Léon Trotski, et se disputera avec lui … !

Sources: "Simone Weil" de Francine du Plessix Gray. ( Fides)

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Le temps décrit par la science.

Publié le par Perceval

Quand un chrétien parle de la mort, de l'éternité, de la résurrection... Il parle du Temps. Il parle du présent, de futur, et utilise une image : celle du « temps qui passe »... Or, cette évidence, n'est peut-être – scientifiquement – qu'une illusion... !le-temps-dali-klein_01.jpg

La réalité scientifique du temps, n'aurait-elle pas d'incidence sur la représentation religieuse de « mon avenir après la mort » … ?

 

La mort, perspective certaine, donne à ma vie, son sens … ( je raccourcis …). Chaque instant, elle prend de mon espace et de mon temps...

 

S'il y a bien une question sur laquelle la physique contemporaine a changé complètement sa représentation, c'est celle du temps. A notre échelle ( mais n'oublions pas que nous sommes plongés au cœur d'infinis …), nous évoluons « tous » ensemble, en même temps sur la ligne du temps... Ce qui est faux ! ( cf la relativité restreinte d’Einstein ).

Ainsi, très très très loin, un être pourrait être en coïncidence avec mon passé ou mon avenir. Autrement dit, le passé n'est pas « définitivement » mort. Scientifiquement, je peux exprimer que passé, présent et avenir existent simultanément ( si cela a du sens de parler du temps avec des concepts de « temps qui passe » … ! ) .le-temps-klein_02.jpg

 

Compliqué.. ? J'ai un peu mieux saisi l'étendue du mystère avec un documentaire que l'on peut revoir sur Arte : « La magie du cosmos : ep 1 ». La perception du flux continu du temps n’est rien d’autre qu’une illusion. C’est Albert Einstein qui, le premier, fait voler en éclats l’hypothèse d’Isaac Newton d’un temps universel et montre que l’écoulement du temps est relatif. Pourquoi ? « Simplement » parce que le mouvement dans l’espace affecte son écoulement. Einstein révèle ainsi la connexion fondamentale entre espace et temps, induisant au passage que passé, présent et futur existent de la même manière et sans distinction ! ... À force d’images, de comparaisons et d’animations, Brian Greene parvient pourtant à remettre les pendules (de notre ignorance) à l’heure. 

 

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