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Articles avec #experience chretienne tag

Rencontre avec ' la personne... -2-

Publié le par Perceval

« Si on veut transmettre quelque chose dans cette vie, c'est par la présence bien plus que par la langue et par la parole. La parole doit venir à certains moments, mais ce qui instruit et ce qui donne, c'est la présence. C'est elle qui est silencieusement agissante. » 

Christian Bobin (dans La grâce de solitude de Marie de Solemne, p.39, Éd. Dervy,1998)  

 

Merci de m’offrir l’impuissance
à te savoir vivre ou mourir
ainsi je peux me donner ta présence
dans le rien qui n’a pas de fin

Merci de faire de ton absence
le fidèle cadeau de mon désir
qui n’espère plus rien du tien
sinon le rêve où je veux m’endormir

Merci de me donner par ton silence
tant de mes paroles sans avenir
et si pures de n’attendre plus rien
que ton oubli dont seul je me souviens.

Robert Mallet (1915-2002)

Psychiatrie.jpg
vague-contre-phare.jpg

L’homme est seul en lui-même,
terriblement distant des autres,
malgré son envie de passer un peu dans tous les yeux
qui ne sont pas les siens.

Sentiment d’impuissance qui terrasse
au point où certains jours on n’éprouve presque
rien à dire, seulement une phrase pour témoigner
de cette souffrance…
« Dites seulement une parole et je serai guérie ».

Que les mots ne blessent pas l’expérience.

Comme si écrire pouvait donner plus de Présence à l’homme!

Raphaële George (1951-1985)

 

reuven-Ruben-The-Encounter--Jesus-and-the-Jew--was-apparent.jpg

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Rencontre avec ' la personne...

Publié le par Perceval

Je viens de suivre une formation ( avec l'association « Traverses » ) sur la rencontre avec « la personne »... plus précisément: « la personne souffrante » … «Souffrante », c'est important, en particulier du regard de cette personne ; vis à vis de moi..(1). Mais, avant tout, il s'agit de la rencontre avec une personne. Et cette relation inter-personnelle est assez magique en soi, même si je la banalise dans les faits …

(1) ne pas se tromper : Dans le cadre d'une institution, la rencontre avec une personne souffrante est une relation asymétrique ( je suis ton égal, mais je ne suis pas dans la même situation …). C'est une relation mise en scène, organisée …

 Arthur-Aballain.jpg

- Dans la rencontre :

Qu'est-ce qui se passe ? Qui me demande ? Que me veut-on ? Qu'est-ce qui m'inspire ? Que puis-je oser ?

«  Qui es-tu, toi qui prétend m'aider ? » proteste un homme de la rue.

«  Vous commencerez par le respect » indique Maurice Bellet.

 gao-xingjian-y.jpg

Parmi ce que je retiens :

  •  L'histoire intéressante, de ce SDF ( toujours pieds nus ) qui chaque jour passe au CMPP, s'assoit ; puis s'en retourne. Il n'échange qu'un « salut »... Au bout de plusieurs mois, discussion avec lui sur sa présence, ce qu'il attend … ? «  Vous au moins, vous ne m'avez pas proposé de chaussures ! »

Nous pensons devoir combler un manque, un vide … !

« Chaque fois que tu donnes quelque chose à quelqu’un ; demandes-toi, ce que tu lui enlèves .. » L'Abbé Pierre.

 Gao-Xingjian-2.jpg

  • Les limites de notre action : Pouvoir et impuissance.

L'impuissance ( son sens 'religieux' est important …) laisse la place à l'Espérance.

 
Kénose et Resurrection.

 
Garder l'espérance, abandonner l'espoir...

 Dans « l'entre-deux », il y a La Présence.

 

Louis-Rivier--1885-1963--detail-2.jpg Louis-Rivier--1885-1963--1.jpg
  Louis Rivier (1885-1963)


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En quoi, suis-je concerné par la souffrance d'autrui … ?

Publié le par Perceval

Je visite – bénévolement - des personnes malades psychiques dans le cadre d'une aumônerie d'un hôpital psychiatrique … Compassion.jpgJe rencontre des hommes ou des femmes qui peuvent tomber dans la dépression, jusqu'à des personnes qui - par décision d'un juge - subissent l'enfermement... Certains depuis 10, 20 ans … !

En quoi, suis-je concerné par la souffrance d'autrui … ?

Ou plus simplement : pourquoi est-ce que je fais cela … ?

  • Je ne sais pas … ! C'est vrai, aussi... Mais, encore...

  • Je pense que, fondamentalement, c'est pour les mêmes raisons, qu'un agnostique ( ou athée …) le fait : il y va de mon idée ( comme quoi : intello ça sert aussi …!) que je me fais de l'humanité, du sens d'être un humain... Du sens que j'ai d'être là, de ce que je fais de ma liberté … ( humanisme .. ; existentialisme, même ..etc). Et puis, il y a la relation à l'autre, et tous les 'avantages secondaires' qu'il y a de partager quelque chose qui a du sens... Besoin de « relationnel » … etc..

  • Ce n'est pas parce que je suis chrétien ! Je n'obéis pas à un injonction « morale ». Je ne fais pas cela pour le Christ ! Disons plutôt qu'il se trouve ( et c'est tout à fait logique...) qu'en m'approchant de l'autre, je rencontre le Christ... le divin … Mais, c'est une lecture que je fais après

 Valeurs.jpg

La différence entre un 'athée' et moi, est dans la lecture, l'explication, le pourquoi d'un tel geste …

De plus, je sais, que l'essentiel du message évangélique est dans «  la communion » au frère... Idéal chrétien qui n'est pas l'apanage des chrétiens ; même si nous avons la facilité d'avoir une explication au « pourquoi » chez l'humain  du souci de l'autre...

 liberte-egalite-fraternite.png

Que faire de la souffrance d'autrui ?

  • Il ne s'agit 'plus' ( cela ne fait plus recette ….) , par ' culpabilité ' de s'imposer le 'devoir de faire '... Nous préférons, mettre en place des dispositifs de remplacement, de ' solidarité ' : technicisés, institutionnels... Ils devraient d'ailleurs être beaucoup plus efficaces, et sont grandement légitimes... ( vive le Service Public ! ) tant que la société ne les critique pas !: Dans notre langage, l'assistance devient l’assistanat, ce qui augure mal de l'idée que nous en avons …. Ensuite qu'en est-il de la rencontre avec la personne : sa souffrance, sa détresse … ?

 

Je ne veux pas employer le mot «  Amour »... En faire une référence, une explication ; ne me satisfait pas du tout, compte tenue de notre utilisation française du mot... L'amour est un sentiment, il est comme l'amitié, le résultat d'une rencontre particulière. Le mot qui correspondrait le mieux, serait celui de « charité », comme image d'Agapé... Mais, la morale religieuse des siècles précédents l'a disqualifiée... ! Nous utilisons plus facilement, compassion, empathie …

 Beatus-de-Pierpont-L-Agneau-sur-le-mont-Sion-loue-par-les-.jpg

Je terminerai par l'idée que si, chrétiens, nous osons dire que : la femme ou l'homme qui vit dans le don de sa personne l'aide du prochain souffrant, vit véritablement au plus profond de lui la rencontre avec le Christ – sans le savoir - … dalailama-compassion.jpgAlors... c'est que le Christ est suffisamment ouvert pour intégrer dans son message ( dans sa révélation … ! ) l'expression agnostique, mais aussi celle des autres religions ( bouddhistes, musulmans ...etc ). C'est un pas fondamental, dans la compréhension du pluralisme religieux ; non pas en désirant intégrer l'autre, mais en reconnaissant que l'expression de son but de l'existence, - expression légitime … et hautement respectable … - pourrait être intégrée avec sa différence dans un catholicisme, alors oui : véritablement «  universel »...

Enfin … ! Le christianisme n'en est qu'à ses balbutiements … !

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Les moines de Valaam

Publié le par Perceval

Je pars, moi aussi, en retraite (! non ... :-) ,  cela ne devrait avoir que peu de choses en commun avec Valaam...) Bien que Saint-Jacut/mer propose un très beau paysage sur la côte bretonne. Et, ce ne devrait pas être une véritable retraite, même si je jeunerai de l'Internet ...

*****

Valaam, archipel d'une cinquantaine d'îles, figées six mois par an dans les glaces de l'immense lac Ladoga, abrite le plus ancien monastère de Russie. Fondé selon la tradition au 11e siècle, la prière du monastère de Valaam s'est interrompue pendant près de 50 ans, lorsque le régime communiste expulsa les moines de l'île dans les années 1940.

Mais en 1989, six moines accostent à Valaam, pour restaurer une vie monastique dont le fil a été brisé. 23 ans plus tard, ils sont près de 150, et la plupart des églises dévastées ont été rebâties.

Ce documentaire propose de découvrir la vie quotidienne des moines de Valaam, dans le grand monastère principal, et dans les ermitages perdus dans les bois des îles alentour. Travail manuel, peinture des icônes, grandes liturgies dans la nuit: une vie de combat permanent avec soi-même, ancrée dans l'obéissance et la prière perpétuelles. Portrait d'une foi en pleine renaissance, qui fait de ce lieu hors du commun, le symbole de l'impressionnant réveil spirituel de toute la Russie. Un film écrit et réalisé par François Lespès. Une coproduction Grand Angle Productions et KTO - 2012.

Le documentaire, réalisé par François Lespès, nous fait entrer dans cet univers qui transmet, de maîtres à disciples, une tradition spirituelle ancestrale. Pour ceux et celles qui ne l'ont pas encore vu, je vous rappelle également le film de Pavel Lounguine, L'île, qui est une pure merveille. 


Qu'on soit croyant ou non, qu'importe, si c'est une profonde nostalgie qui s'éveille en nous à l'évocation de cette vie de prière et de labeur, à l'écart de la fureur du monde et, pourtant, si profondément ancrée en elle. Tout cherche à y être beauté, intérieure et extérieure. A certains moments, nous pourrions, qui sait ? nous abandonner à son attrait... Des milliers de pélerins se rendent chaque année auprès des pères spirituels (startsy) de Valaam pour y déverser, sans crainte d'être jugés, les peines de leur existence et les tourments de leur âme et trouver, auprès d'eux, paix et consolation. Valaam est un des derniers refuges de la spiritualité orthodoxe et chrétienne. Quelque chose d'infiniment précieux se perpétue dans ce lointain ilôt qui s'est presque entièrement perdu ailleurs. On ne saurait dire que cette perte soit une émancipation ou le signe d'un progrès. En pénétrant un peu dans ce monde, nous pouvons mesurer à quel point cette perte est, au contraire, immense.  ( Michel Terestchenko )

*****


Pictures and chants from Valaam monastery - Russia

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Le mariage ... la filiation, et la nature ...

Publié le par Perceval

Cette histoire de « mariage ... », - qui fera date (*)- me permet de réfléchir sur la filiation et sur la venue d'un petit-d'homme (ou femme). ( articles La Croix du 11/02 )logo-famille.jpg

(*), je ne pense pas que la décision du « mariage pour tous », sera tenue pour être un réel changement ( encore moins de société.. ! ), par contre, elle fera date pour être le moment où nous prenons conscience de la légitime existence de situations familiales différentes du couple symbolique  ( un homme et une femme : et, pour la vie )....

Devenir parents sollicitent, aujourd'hui et demain encore: -la volonté de parents et, -la nature... De tous temps la filiation est naturelle par la mère, et beaucoup moins par le père ; ensuite les coutumes et la loi font le reste. Aujourd'hui, la biologie permet sans doute d'aller un peu plus loin dans les arrangements « curieux », et la Bible, comme l'histoire en sont déjà pleins !

homme-en-chair.jpgDire qu'aujourd'hui ( et seulement aujourd'hui..?) : « on en revient finalement à une conception dualiste de l’homme opposant un principe spirituel noble (la volonté) et le corps confondu avec du matériel génétique à disposition. » Damien Le Guay, philosophe dans La Croix du 11/02, ne me paraît pas être une caractéristique du « mariage pour tous », mais une facheuse tendance qu'a l'humain de se prendre et se rêver pour son propre créateur ( et donc sa propre origine ...)

Gn02-Dieu_creant-l-humain-homme-et-femme.jpgAvec cette loi : l'enfant sera t-il davantage perçu comme un dû, alors qu'il est un don ? Non ! Rien à voir : cette faculté de considérer l'humain comme don est propre à une manière de considérer la vie, et ne tient pas à la considération d'un texte juridique … !

« La logique irrésistible de l’égalité refuse toutes les formes d’assignations, à résidence, à corps ou à identité...(...)  Le droit doit les corriger, les réparer. » Le droit devra t-il forcer la nature ?

Sérieusement … Le droit pourrait-il, par exemple, me désigner ( hors ma volonté) comme « Femme » ? ! Idiot... non ? Par contre le « droit canon » pourrait permettre à une femme ( qui le désirerait ) d'être ordonnée … non ?

Cette argumentation basée sur l'exigence absurde d'une égalité 'impossible', ne me semble avoir aucun sens … Personne ne souhaiterait supprimer cette magnifique dualité homme - femme !!!

Stephan_Sinding_-_Un_homme_et_une_femme.jpgLa féminité et la masculinité, sont Essentiels à l'épanouissement de l'humain non seulement au travers de sa sexualité, mais dans toutes les composantes de notre vivre ensemble ( et l'Eglise en est encore un très mauvais exemple ..!)

 

Le christianisme relativise les liens familiaux.. Luc 2,49, et la situation même de Jésus …

- D'autre part, malgré certaines tendances fâcheuses passées ( et qui laisse encore des traces aujourd'hui ..), le christianisme ne dissocie pas « corps et âme ».. ! Elle valorise l'incarnation... Dieu s'est fait « chair »... cerveau-homme-femme.jpg« Croire que Dieu s’est fait chair,développe Sœur Véronique Margron, c’est affirmer qu’on ne peut, par des arguties de vocabulaire ou des procédures techniques, faire fi du corps, ou simplement le réduire à un objet neutre. Le corps, pétri de chair, d’histoire, de mémoire, de sentiments, nous résiste. Et en même temps, croire à l’Incarnation, c’est croire que la Parole s’est faite chair, c’est affirmer le poids de la parole. Le corps n’a de sens humain que par la parole de reconnaissance qui est aussi reconnaissance de la filiation. »

- Ensuite : pour moi chrétien, la vie est un don, et je ne suis pas ma propre origine … Il nous faut « accepter » nos limites, là et ailleurs …

Cette anthropologie chrétienne et sans-doute humaniste, pour moi n'est en rien contradictoire avec le fait de reconnaître par la loi, que la famille peut aujourd'hui présenter plusieurs visages …

 

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Quel est le sens de cette "histoire" ?

Publié le par Perceval

Je parcours ici l'histoire des jésuites, entre autres, et soudain … une question menace mon intérêt pour de telles choses..! emoticones-face-a-la-question.jpgQuel sens - autre qu'une curiosité intellectuelle - peut avoir une telle plongée dans le passé ? Là, je réponds facilement : l'intérêt de comprendre la construction d'un « système » – ici la pensée ignatienne – y voir une cohérence dans la suite des événements... Mais, plus généralement : l'Histoire a t-elle un sens .. ?

 

Au cœur de cette question : la liberté de l'humain. C'est la lecture et l'engagement de l’humain dans les faits historiques ou actuels qui donnent du sens . Mais, au final, y voit-on un sens ?

Deux textes de la Bible, permettent d'enrichir cette interrogation.

l-histoire-de-Joseph.jpg

Tout commence par une grave crise autour de Joseph, fils favori de son père et haï par ses frères, crise qui se complexifie à mesure que les protagonistes lui cherchent une issue…

Alors que Joseph est jeté dans la citerne dépouillé de sa tunique, ses frères le donnent pour mort à leur père. Mais lorsque la famine amène les dix fils de Jacob en Égypte devant Joseph, le lecteur se rend compte que ce qui s’est passé vingt ans avant va connaître de nouveaux rebondissements. La tension monte dès lors d’un seul coup, d’autant que Joseph n’est pas reconnu par ses frères....

Les douze fils de Jacob deviennent les ancêtres des douze tribus d’Israël.

Il est intéressante de s'y référer, puisque la Bible est une Parole, une interprétation de l'Histoire, et elle fournit quelques clés, au propre sens de sa lecture ...

- Joseph est jeté dans une citerne par ses frères ( chap 37 ), et laissé pour mort : quel sens cela a t-il pour lui ? S'arrêtera t-il au constat de la méchanceté de ses frères... ? Des années plus-tard ( chap 50),ce geste aura pris une autre signification : Joseph parle et s'adresse à eux«  ne craignez point. Suis-je en effet à la place de Dieu ? Vous avez voulu me faire du mal, Dieu a voulu en faire du bien : conserver la vie à un peuple nombreux comme cela se réalise aujourd'hui. » Gen 50, 20

Le sens de l 'événement s'est enrichi parce que les protagonistes ont enrichi – eux-mêmes – cette histoire… Tant que l'histoire n'est pas achevée le sens des événements n'est jamais clos …


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Saint Paul prêchant. Joseph-Benoît Suvée. XVIIIe

- Saint Paul réfléchit à ce mystère que, la grande majorité de ses frères juifs ne se sont pas convertis … Quel sens cela peut-il avoir ? Paul relit cette actualité : Épître aux Romains, chap 11 : Dieu corrige ou bénit les païens par les juifs et vive versa … Il les sauve les uns par les autres … Ce refus de croire au Christ n'est pas le dernier mot du dessein de Dieu … Il ne faut pas juger l'incroyance des juifs... etc...

- Et aujourd'hui ? Notre actualité a invité les catholiques à réagir sur le «  Mariage pour tous »...

Quel est, à nos yeux chrétiens, le sens de cet événement …

 

Au-delà du texte politique, cette proposition de loi peut nous entraîner à une « conversion » sur notre façon de vivre et faire de la politique .

  • Nous devons faire de la politique « autrement », nous écarter des manœuvres politiques et témoigner de notre recherche de la « vérité ». Refuser la violence, le mensonge, la manipulation des esprits...des-enfants-manifestent-contre-le-mariage.jpg

  • Nous devons changer notre regard sur les partisans et sur les opposants à une telle loi : ils ne sont pas nos ennemis … Nous n'avons pas d'ennemis …

  • Nous devons nous convertir à ceux qui sont concernés, et parfois blessés : les homosexuels qui ont l'occasion de nous parler : écoutons-les, soyons attentifs. Comment leur accorder une place … ?

Cet événement, nous pousse à la conversion … nous pousse à la prière … parce que les libertés humaines ne sont pas les seules à faire l'histoire ; la liberté de Dieu y est engagée depuis toujours et nous le prions de nous libérer de tout mal, à commencer par nous libérer du mal qui nous habite …

Le sens de l'Histoire ne devrait-il pas – pour un chrétien – correspondre à cette volonté divine que tous soient sauvés... ?

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Maximes et épitaphes: Martinus von Biberach, Luther, Silesius

Publié le par Perceval

Je reprends là, l’excellente idée - de "Orion" ( voir commentaires ICI ) - de rapprocher deux maximes :

Celle de Maître Martinus von Biberach (mort en 1498), il était un théologien catholique allemand du XVè siècle de Heilbronn, dans le Bade-Wurtemberg (Allemagne) : 

"Prie car tout dépend de Dieu, mais agis comme si tout dépendait de toi" 

A comparer avec celle d'Hevenesi, ( j'en avais parlé ici ( http://perceval.over-blog.net/article-le-lacher-prise--41085735.html ) : 

"Crois en Dieu comme si le cours des choses dépendait de toi, en rien de Dieu ; cependant mets tout en oeuvre comme si rien ne devait être fait par toi, et tout de Dieu seul "

 Elle semble paradoxale et elle est peut-être plus complète que celle de Martinus ... mais c'est purement spéculatif...

 *****

Ferenczy-Ka-roly-Patak-II.jpg
Ferenczy Károly-Patak II

De même, ' Orion ' propose de comparer les épitaphes suivantes :

  • celle de Martinus von Biberach sur sa tombe :

"Je vis, et je ne sais pas pour combien de temps,
Je meurs et je ne sais pas quand,
Je m'en vais, et je ne sais pas où,
Je m'étonne d'être joyeux."

  • et celle de Luther, avec son approche personnaliste, qui fait une contre-version :

"Si je vis autant de temps que Dieu le veut,
Si je meurs quand et comment Dieu le veut,
Si, m'en allant,  je sais certainement où,
Est-ce qu'alors, je serais triste?."

«  Moi, je préfère le réalisme poétique de Martinus (où nous sommes face au mystère) à la fantaisie Lutherienne (où le moi a une explication à tout). » précise Orion ...

 

Il est intéressant, également d'ajouter celles de : 

Ferenczy Károly-Dombtetőn
Ferenczy Károly-Dombtetőn

 

 

Angelus Silesius (1624-1677) (de son vrai nom Johannes Scheffler) est né en Silésie dans une famille de la noblesse luthérienne.

Je viens, je ne sais pas d'où,

Je vais, je ne sais pas où,

Je suis, je ne sais pas qui,

Je meurs, je ne sais pas quand,

Cela m'étonne d'être joyeux.

 

 

 

 A propos d'Angelus Silesius, on peut rappeler cet extrait du Pélerin chérubinique : 

La rose est sans pourquoi,

elle fleurit parce qu'elle fleurit,

elle ne se soucie pas d'elle-même,

elle ne se demande pas si on la voit.

 

Hans Thoma (1839-1924) peintre allemand

Hans-Thoma-Adam-and-Eve.jpg
Adam et Eve , de Hans Thoma.

Je suis, je ne sais pas qui,

je viens, je ne sais pas d'où,

Je vais, je ne sais pas où,

Je sais seulement que je Lui appartiens.

Comme mon être m'est si inconnu, je le mets confiant dans la main de Dieu.

 

 

 



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1513 : Luther ou Ignace de Loyola ?

Publié le par Perceval

En 1513 ( il y a cinq cents ans ), je ne peux pas être conscient de la déchirure de la chrétienté qui va intervenir...

Autun St Lazare chapiteau 19aEn 1513, je suis conscient que mon Église, n'est pas « à la hauteur » ! Les abus du clergé sont certes disciplinaires, mais aussi pastoraux et doctrinaux. Souvent, les charges ecclésiastiques sont des gratifications, elles se cumulent...
Les clercs, sont peu formés, ils ne satisfont les fidèles que dans le domaine du « faire ». Ils bénissent les rites de passage, célèbrent des messes, encadrent et ratifient une religion flamboyante … mais , ils ne « spiritualisent » pas leurs interventions ( l’Évangile est loin …) et ne savent pas rassurer face aux angoisses eschatologiques ( c'est l'époque …).

Je prends conscience – en même temps - du statut privilégié du clergé, et de ma possibilité d'atteindre la parole de dieu par mes propres moyens ( l'imprimerie, la lecture de «  L'Imitation de Jésus-Christ, ….). Érasme (1469-1536) , m'enseigne que j'ai deux armes pour réussir mon salut : la prière et la Bible...

Cependant, l’Église est vigoureuse, elle a vaincu toutes les hérésies, et personne n'envisage de la quitter. Ni les humanistes, ni Luther qui réclame un débat en son sein, ne tournent le dos à l’Église.

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Luther ( 1483-1546) est tenaillé par la question du salut. Il choisit d'entrer chez les ermites de saint-Augustin, dans un couvent réputé pour sa sévérité. Il est prêtre en 1506, puis étudie la théologie ( Wittenberg ) ; il devient docteur, et professeur....martin-luther-moine

En 1515, comme lui, je désespère d'être profondément « ajusté » à Dieu, je ne puis vivre sans chuter dans le péché... ! De plus, je me sens incapable d'accomplir les œuvres nécessaires à mon salut... En lisant et relisant saint-Paul, je prends conscience que je puis être pécheur et juste … Pécheur, parce que la tentation demeure en moi, et juste parce que Dieu m'illumine de la foi, et me fait bénéficier ( même si je n'en suis pas digne ) de sa justice … C'est une illumination ! Les sacrements sont secondaires, et les œuvres ( et d'autant plus les indulgences...) ne sont nullement salvatrices ( en elles-mêmes).

 

Ignace-de-Loyola-8.jpgCe n’est plus vers la Jérusalem rêvée qu’Ignace de Loyola (1491-1556) et ses compagnons se dirigent, mais c’est vers Rome... Le pape a refusé leur départ.. ! Et c’est à Rome qu’Ignace vivra jusqu’à sa mort en 1556.

Avec Ignace de Loyola, je m'interroge sur les orientations que doivent prendre ma vie. Ce n'est parfois, pas ce que prévoyais … Je reçois des « confirmations », je discerne... Comme Luther, comme Ignace, je reviens sur mes questions sur la contrition. Luther lui rejette l'extériorité du sacrement, pour s'en remettre dans une foi confiante dans la Parole... Comme Ignace je découvre à présent le principe de l'intériorité chrétienne... Spi-Ignat.jpgBien sûr, il y a « la Grâce », mais si cette grâce ne se coule pas dans les éléments de la vie humaine, vie spirituelle « encadrée » ( de représentations, d'images, de pensées, de réflexions..) et conduite par la volonté et l'affectivité ( avec méthode...) , alors Elle ne sert à rien ! Cet accompagnement pour que cette Grâce soit humainement traduisible va devenir la méthode jésuite.



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Les Papes… au temps d'Ignace de Loyola (1491-1556) -3-

Publié le par Perceval

Clément VII (1478-1534), pape de 1523-1534. Fils illégitime de Julien de Médicis et de sa dernière maîtresse, Fioretta Gorini, Jules de Médicis est le neveu de Laurent le Magnifique, et donc cousin du pape Léon X qui le légitimeront. Durant son pontificat, il s'opposa au roi d'Espagne et empereur germanique Charles Quint et au roi d'Angleterre Henri VIII. Clément VII est avant tout un politique peu préoccupé de théologie.

Ignace-et-Xavier_montmartre_voeu.jpg

15 août 1534 - Vœux à Montmartre d’Ignace de Loyola et de ses compagnons.

« Le sac de Rome » En réaction de l'alliance groupée contre lui, Charles-Quint favorise l'agitation de la noblesse romaine, groupée autour des Colonna, dont les troupes envahissent Rome par surprise le20 septembre 1526 et pillent la basilique Saint-Pierre. Deux ans plus tard, pape et empereur finissent par s'accorder. Un traité est signé à Barcelonele 24 juin 1529. Charles Quint est couronné solennellement par Clément VII à Bologne le24 février 1530.

Clément VII fut un pape mécène... Clément VII enrichit la bibliothèque vaticane, poursuit la construction de la basilique Saint-Pierre et il fait terminer les travaux de la cour de San Damaso et de la villa Madama. Il charge Michel-Ange de représenter le Jugement dernier dans la chapelle Sixtine, travaux qu'il suit personnellement. Il commente et fait publier toutes les œuvres d'Hippocrate Il approuve l'œuvre de Nicolas Copernic et veut la voir publier.

Clement-VII-avec-Charles-V-de-giorgio-Vasari.jpg
Clement VII avec Charles V de Giorgio Vasari

On peut évoquer à son actif la protection qu'il assura aux juifs et sa condamnation des conversions forcées dans le Nouveau Monde. Face au protestantisme il n'eut aucune réaction et c'est son successeur, Paul III, initiateur du Concile de Trente, qui entamera une réforme de l'Église et du dogme.

 

Paul III (1468-1549), pape de 1534-1549.

Avec son soutien est créée la compagnie de Jésus (jésuites), dont l'un des membres est son représentant au concile de Trente (dit aussi « concile de la Contre-Réforme catholique ») qu'il convoqua.

On lui doit également la condamnation officielle de l'esclavage par l'Église catholique en 1537.

Le 20 septembre 1493, à peine âgé de 25 ans, il fut élevé au rang de cardinal-diacre de SS. Côme et Damien par Alexandre VI. Certains ne laissent pas échapper l'occasion d'ironiser sur la rapide consécration et surnomment Alexandre Farnèse, il cardinale della Gonnella, avec une allusion évidente aux gains obtenus par les faveurs de sa sœur Giulia Farnèse, maîtresse d'Alexandre VI...

portrait-presume-realise-par-Raphael-de-Giulia-Farnes.jpg portrait-presume-realise-par-Luca-Longhi-de-Giulia-Farn.jpg

Giulia Farnèse (né à Canino en 1474, morte à Rome le 23 mars 1524) est une femme d'une extraordinaire beauté qui provoqua une telle fascination que ses contemporains la surnommèrent Giulia la Bella.

Elle fut une des maîtresses ( elle avait 15 ans et lui 58 ans ) du pape Alexandre VI ( 1431-1503) pape de 1492 à 1503. Il fut le père de six enfants reconnus. Népotisme et scandales choquent ses contemporains, et ce malgré les remontrances du frère Jérôme Savonarole. Sans scrupules, ni remords, Alexandre VI fait face : Savonarole est arrêté, torturé et exécuté le 23 mai 1498.

Portrait présumé réalisé par Raphaël de Giulia Farnèse Portrait présumé réalisé par Luca Longhi de Giulia Farnèse Giulia Farnèse meurt pour une raison inconnue à l'âge de 50 ans. Dix ans après, son frère accède au trône de Saint-Pierre avec le nom de Paul III.

L’élévation au cardinalat de ses petits-fils, Alessandro Farnese, âgé de quatorze ans, et Guido Ascanio Sforza, âgé de seize, déplurent au parti de la réforme et entraînèrent les protestations de l’empereur... 

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Portrait du Pape Paul III, et ses petits fils  - Titian, 1546

Dans la querelle permanente entre François Ier et Charles-Quint, Paul III garda une stricte neutralité, bien que Charles le pressât de soutenir l’Empire et de soumettre François aux censures de l’Église...

*****

... Ce qu'il faut chercher à comprendre :

* comment Ignace de Loyola ( 1491-1556) gentilhomme basque puis prêtre, dans sa recherche du Vrai, peut-il faite allégeance et se mettre au service d'une personnalité comme Paul III ( ni pire, ni meilleur que ses prédécesseurs...) ?

** De lui, ou de son contemporain Martin Luther ( 1483-1546) moine et théologien allemand, lequel des deux peut retirer de son engagement ( à l'opposé ...! ) plus grande «  gloire » .. ?

«  Si Luther enleva à Rome deux millions de chrétiens, Ignace de Loyola lui en donna dix »... Ce n'est bien sûr pas dans 'ce sens' que je pose la question … !

Nous en reparlerons ….

 

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Les Papes… au temps d'Ignace de Loyola (1491-1556) -2-

Publié le par Perceval

suite de l'article précédent: 

Jules II ( 1443-1513), pape de 1503-1513 :

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Jules II examine les plans de la basilique St-Pierre  / par Horace Vernet 1833

Préoccupé de l'équilibre des puissances en Italie, ce diplomate retors élimina tour à tour César Borgia, les Vénitiens puis les Français de la Romagne et du Milanais, accroissant simultanément le territoire des États pontificaux. Sous son pontificat, Jules II convoqua le Ve concile du Latran, créa la Garde suisse en 1505, posa la première pierre de l'actuelle basilique Saint-Pierre de Rome commencée par Bramante, qu'acheva son successeur Léon X. Il protégea surtout Michel-Ange, auquel il commanda les grandes fresques de la Sixtine. Martin Luther vint à Rome sous le pontificat de Jules II. Il fut plus tard spécialement choqué par le relâchement moral du clergé romain et par la pratique de la vente des indulgences, utilisées sans retenue pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre.

La nature belliqueuse du pontificat de Jules II était en contradiction avec l’humanisme naissant et fut un des déclencheurs de la Réforme.

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Le pape Léon X avec ses neveux Giulio de Medici et Luigi de Rossi - Raphaël

Léon X (1475-1521), pape de 1513-1521 : Second fils de Laurent le Magnifique et de Clarisse Orsini. Cardinal à 18 ans. Léon X s'avéra un grand protecteur des arts. Il fit travailler pour lui Raphaël. Par ailleurs, il donna au début de son règne des fêtes fastueuses, ce qui eut pour résultat de dilapider la fortune laissée par Jules II. Léon X eut alors recours à la création d'offices et à la dispense d'indulgences, moyen auquel Jules II avait déjà eu recours pour reconstruire la Basilique Saint-Pierre.

Il s'entoure d'amis d'Érasme et paraît ouvert aux idées nouvelles. Martin Luther, en août 1518, lui dédie ses Resolutiones. Jusqu'alors, Léon X ne s'était guère préoccupé de théologie. Néanmoins, Luther était déjà accusé d'hérésie. Léon X lui envoya en octobre un légat apostolique, le cardinal Thomas Cajetan, général des dominicains, à la diète d'Augsbourg. Luther refusa de se rétracter. Conciliant, Léon X poursuivit dans la voie de la diplomatie en chargeant un chevalier allemand, Carl von Militz, de négocier une réconciliation. Ces tentatives de conciliation tenaient davantage de la politique que de la théologie, pour laquelle Léon X n'avait pas grande affinité. De bonne foi, Léon X ne voulait pas de rupture avec Luther. Il revint sur les questions théologiques. Mais entre temps, Luther était devenu le champion de la nation allemande. Le15 juin 1520, Léon X adressa la bulle Exsurge Domine, demandant à Luther de se rétracter. Elle fut brûlée en place publique le soir de Noël.

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Le 03 Janvier 1521: La bulle papale "Decet romanum pontificem" excommunie le réformateur allemand Luther et ses partisans jugés hérétiques. Martin Luther continuera à soutenir sa doctrine devant la Diète de Worms présidée par l'empereur Charles Quint au mois d'Avril. Il ne sera pas condamné à mort mais banni. Grâce à la récente invention de l'imprimerie, dès le jour de son excommunication, des traductions en langues populaires de ses "95 thèses" circulent déjà partout en Europe.

Le 3 janvier 1521, Martin Luther fut excommunié. Léon X mourut peu après cet échec. Il n'avait que 46 ans.

Adrien VI (1459-1523), pape de 1522-1523 : unique pape originaire des Pays-Bas. Par vocation et compétence, Adrien est d’abord un théologien et professeur de théologie. Il passa la plus grande partie de sa vie à l’Université de Louvain. Au conclave, il est élu alors qu'il y est absent. Le soutien de l’empereur Charles-Quint contribua certainement à son élection.

Mais à Rome c’était la consternation. Adrien n’y était pas connu, mais, venant du nord de l’Europe c’était sans nul doute un ‘barbare’, un ennemi, un homme de l’empereur. Le fait qu'il ne fût pas Italien fut très mal accepté et les cardinaux regrettèrent vite leur choix...

Son style de vie, simple, pieux et austère, impressionne d’abord le peuple romain. Il réduit le nombre de ses serviteurs à quatre (de 100 qu’avait son prédécesseur). Il évite les banquets et se contente d’un plat de viande à sa table. Il se lève la nuit pour réciter l’office divin et se relevait à l’aube pour célébrer la messe. Il interdit le port d’armes dans la ville et en expulse les femmes de mauvaise vie. Au lieu de poètes et de bouffons, il s’entoure de pauvres et de malades. L’édification augmente en même temps que l’inquiétude : il est un reproche vivant pour beaucoup.

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Détail du tombeau d'Adrien VI, dans l'église de Santa Maria dell Anima à Rome. Il repose sur son sarcophage, et se tient la tête rendue trop lourde du fait de la tiare ... 

Adrien, théologien classique, est cependant intransigeant sur les questions de doctrine. Luther doit être puni pour ses hérésies et interdit d’enseignement (comme décidé à Worms en 1521). Par ailleurs il est le tout premier pape à reconnaître que les sources de l’hérésie et de l’attraction qu’elle suscite sont à trouver dans le désordre même de la curie romaine et le comportement déréglé de nombreux prélats de l’Église. Lors de son premier consistoire, cinq jours après son arrivée à Rome (1er septembre 1522), il est brutal dans son constat : il faut commencer la réforme par Rome même. Adrien s’attaque vigoureusement aux abus (simonie, cumul des bénéfices, etc.), mais il le fait à coups de décrets et ordonnances sans s’entourer suffisamment de soutiens efficaces. Il ne fait rien pour se concilier les sympathies. Même les cardinaux favorables à la réforme de la curie romaine se tournent contre lui : «Il manque d’égards pour le Sacré Collège». 

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