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Sur les pas du Roi Arthur -13/13- Bath

Publié le par Perceval

Le lendemain, nous roulons vers Bath, et laissons de côté : Marlborough dans le Wiltshire où selon la légende, serait le tombeau de Merlin ; la ville tirerait son nom de la présence de ce tombeau.
Notre bref voyage se termine; pourtant la mort de Merlin ne fait qu'annoncer un départ, exprimé par la carte du bateleur du Tarot... Il a tous les ''outils'' pour annoncer le début d'une Quête... 

Marlborough se trouve à proximité des célèbres monuments néolithiques de Wiltshire, et '' Mount Merlin'' est une colline artificielle qui est l'un des mystères néolithiques: on ne sait pourquoi et dans quel but elle fut construite....

Enfin, Bath ( proche de Bristol, notre ville de départ), ville à l'architecture georgienne (*) et ville thermale édifiée à l’époque romaine mais surtout fréquentée à partir du XVIIIe s. par l’aristocratie britannique pour des cures aux programmes festifs. Une belle abbaye date du 15ème siècle, et est située juste à côté des thermes romains.


 

 

Nous nous engageons dans la longue visite des thermes romains, l’attraction touristique la plus visitée de Bath. On y découvre quelques-uns des bains qui constituaient l’imposant complexe des thermes romains de Bath et leur fonction ainsi qu’un musée retraçant l’histoire d’Aquae Sulis, l’ancienne cité thermale romaine.

On découvre la terrasse, surplombant le Grand Bain, un bassin d’eau chaude aujourd’hui à ciel ouvert. Elle est bordée de statues datant de 1894 et représentant des gouverneurs, des empereurs et des chefs-militaires romains.

Dans les thermes, on visite une impressionnante collection archéologique romaine permettant de retracer la vie quotidienne des habitants de l’époque (loisirs, travail, religion, écritures, vie militaire, transport et voyages, vie après la mort, médecine etc.).
L’utilisation des thermes chez les romains était basée sur un cheminement conduisant à une succession de pièces, alternant chambres chauffées, bains chauds jusqu’à aboutir à un bain froid. Le Grand Bain constitue la pièce maîtresse des thermes romains de Bath. Avec ces 1,6 mètres de profondeur et rempli d’eau chaude, ce bain était idéal pour les baigneurs. Des fontaines et des bancs permettaient aux gens de se rafraîchir et se reposer.


 

 
La spécificité de la ville vient dans son unité architecturale, tant dans l’utilisation constante de la pierre de Bath, qui donne cette couleur or-miel aux bâtiments, que dans la ligne directrice d’une architecture néo-classique que l’on retrouve dans tout le centre-ville.

Le Royal Crescent , est un ensemble résidentiel constitué de 30 maisons mitoyennes disposées en croissant, qui est devenu l’emblème de Bath.


Nous passons, et entrons dans Le Jane Austen Centre (Centre Jane Austen) situé au 40 Gay Street à Bath.  Jane Austen (1775-1817) est née au coeur de l'Angleterre rurale, dans le Hampshire, et y a quasiment toujours vécu, elle a fait de premiers séjours temporaires dans la ville d'eau, avant d'y habiter à plein temps, de 1801 à 1805, avec ses parents et sa soeur Cassandra. Elle a fait de Bath tout ou partie du cadre de deux des six romans qu'elle a laissés : Northanger Abbey et Persuasion.
** Sommes-nous loin du Roi Arthur... ? Non, ici, nous n'en sommes jamais bien loin...


 
«Prince Valiant» de Hal Foster - la charge de la cavalerie montrant Arthur à Badon Hill.

En effet, la bataille de Mons Badonicus (Badon Hill), la "dernière bataille" du roi Arthur, aurait eu lieu à Little Solsbury Hill, qui surplombe le village de Batheaston, non loin de la ville de Bath, elle s'élève à191 mètres de haut. Entre le 3e et le 1er siècle av. J.-C., le sommet de la colline fut occupé par un fort de l'âge de la pierre. Elle a été suggérée comme emplacement possible de la bataille du Mont Badon, qui opposa Anglo-Saxons et Bretons à la fin du Ve siècle ap. J.-C.


Dans l'Historia Brittonum (IXe siècle ), le roi Arthur fait son apparition, et la bataille du Mont Badon est présentée comme l'une des douze qu'il a livrées aux Saxons. Ensuite, la bataille figure dans les Annales Cambriae à l'année 516, en faisant une victoire attribuée au roi Arthur.
 

Dans l'abbaye de Bath, le Roi Arthur côtoie Saint-Georges...

 
 

Le soir, nous rejoignons Redhill, près de l'Air-Port de Bristol. Nous rendons la voiture louée, qui m'a causé quelques tensions ( de conduite à gauche ...)...

Ce voyage d'une semaine s'achève, avec l'impression de ne pas avoir pris assez de temps... Pourtant, je reviens avec des images, des sensations qui m'appellent à aller au-delà …
La Quête continue ...

(*) Georgienne ( et non géorgienne ( de Géorgie)) : Style anglais correspondant à la période de quatre premiers monarques anglais de la Maison de Hanovre (George Ier, George II, George III et George IV)...

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Sur les pas du Roi Arthur -12/.- Winchester

Publié le par Perceval

Notre prochaine étape concerne :Winchester, sa Cathédrale, et surtout le ''Castle Great Hall'' qui est le grand hall de ce qui reste du château, y est accrochée au mur : La table Ronde... !

Si la ville est mentionnée par Geoffrey de Monmouth (1100 – 1155) dans son ouvrage Historia Regum Britanniae, notamment sous le nom gallois Kaer Guenit, comme un lieu lié à la légende arthurienne, c’est Sir Thomas Malory (1405 – 1471) qui identifie pour la première fois Winchester comme la mythique cité de Camelot, dans « Le morte D’Arthur ». Mais bien que la ville devienne la capitale des rois saxons au VIIe siècle puis de l’Angleterre au IXe siècle, rien ne la rend assimilable à la légendaire cité du roi Arthur.. Le château de Winchester ne fut construit qu’en 1067...

Après notre installation chez notre hôte, nous parcourons les rues de cette petite ville, sous la pluie... Première étape : le Great Hall ; demain matin, nous partons vite pour revenir à notre point de départ – en passant par Bath, étape incontournable, et préparer le retour...
Il pleut fort, et alors que quelques barrières semblent fermer le passage vers l'entrée du monument, nous passons outre. Une dame ''officielle de quelque chose'' courre vers nous pour nous empêcher d'aller plus loin... Nous comprenons que le 'Great Hall' est fermé exceptionnellement aujourd'hui pour le réserver à un mariage … ! Catastrophique … ! Nous tentons d'expliquer – en vain bien sûr – que nous venons de France, exprès, pour voir '' La Table ronde '' (*)...

Il y a d'autres choses à voir, à Winchester, vous savez … ? Tenez, étiez-vous au courant que Jane Austen est enterrée dans la cathédrale … ?
Une image d'une brochure illustre la carte 5 de coupe du Tarot de Jane Austen...
Le cinq de coupe illustre la déception, et la perte d'une certaine illusion...

L'objet de la Quête, n'est pas le but, mais le chemin. Qu'importe de voir, ou non, cette table... ?
Il pleut toujours et nous rejoignons la rue piétonne. Nous naviguons entre les commerces, et nous offrons une pâtisserie avec un thé. Puis, quand la pluie cesse, nous reprenons notre visite...

La cathédrale est l'une des plus célèbres cathédrales d'Angleterre, avec la plus longue nef et la plus grande longueur hors-tout de toutes les cathédrales d'architecture gothique d'Europe.
Ici, eut lieu le deuxième couronnement de Richard Ier Coeur de Lion, à son retour de captivité (1194). puis beaucoup plus tard, les funérailles et l'inhumation de Jane Austen en 1817, morte, donc, dans la ville et inhumée dans l'allée nord de la nef. .
La cathédrale de Winchester abrite une chorale professionnelle internationalement reconnue... Nous avons eu le privilège d'assister à une répétition ...
Amusant de savoir, qu'en 2005, le bâtiment a servi de lieu de tournage au film Da Vinci Code, le transept nord a été employé pour représenter le Vatican...

Un parc est attenant à la cathédrale, l’abbaye, nous y voyons des maisons anciennes... Au cours de notre promenadeAlfred le Grand, roi d’Angleterre au Xè siècle, aussi connu des britanniques que Charlemagne ou Clovis chez nous (et ayant vécu à peine un siècle après ce dernier). L’histoire d’Alfred le Grand est intimement liée à celle de Winchester : il a récupéré le petit bastion qui se dressait déjà là et en a fait un grand château royal, qui subit de nombreuses modifications et resta occupé jusqu’à l’époque victorienne.
, nous tournons autour d'une immense statue : il s'agit d’un seigneur du haut Moyen-Âge, tenant bouclier et brandissant épée. Non … Ce n'est pas le Roi Arthur ; il s’agit d’

 

(*) La table ronde (5 m de diamètre) en chêne, est mentionnée dans des archives du 14e s. Elle est décorée de peintures représentant le roi Arthur et la liste de ses chevaliers.

Cette table aurait été fabriquée autour de 1250-1290, sous le règne d'Edward I, passionné par le récit arthurien, à l'occasion d'un tournoi.... Le décor peint actuel sur la table fut commandé par Henry VIII lors de la visite de l'empereur Charles V en 1522. L'œuvre montre les noms des 24 chevaliers de la cour du roi Arthur et désigne Henry VIII assis sur le siège du roi Arthur à la position de midi. Au centre, la double rose Tudor, symbole d’Henri VIII, rassemblant la rose rouge des Lancastre (dont il est héritier par son père) et la rose blanche des York (dont il est héritier par sa mère).

Voici les chevaliers de la Table Ronde, selon l’ordre dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant de la droite d’Arthur (Le « S » rouge devant chaque nom signifie « Sir »)
1. Galahad ; 2. Lancelot du Lac ; 3. Gauvain ; 4. Perceval ; 5. Lionel ; 6. Tristan ; 7. Gareth ; 8. Bedivere ; 9. Blioberis ; 10. Breunor le Noir ; Lucan ; Palamedes ; Lamorak ; Bors ; Saphar ; Pellinore ; Kay ; Hector ; Dagonet ; Degore ; Brunar ; Guinglain ; Alymore ; et 24 Mordred.

Il manque certains noms, comme Yvain, qui fait pourtant l’objet d’un roman par Chrétien de Troyes, et son cousin Calogrenant.

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Sur les pas du Roi Arthur -11/.- Cadbury-Camelot

Publié le par Perceval

Enfin, avant d'atteindre Stonehenge ; nous quittons la quatre-voies ( la A303) pour se dégourdir les jambes dans une petite ballade qui nous amène, par un sentier boisé sur les hauteurs de ''Camelot ''. Sur le petit espace de stationnement, nous rejoignons deux voitures. Nous sommes à South Cadbury dans le Somerset.

Cette colline ( + de 500 pieds de haut) est appelée Cadbury Castle, avec ses cinq remparts de terre massifs renfermant un plateau d'environ dix-huit acres ( mesure anglaise! 18*0.4ha= 7.2 hectares). John Leland ( mort en 1552) érudit et historien anglais, a recueilli les croyances locales qui affirmaient que cette colline était le Camelot d'Arthur (1542). Des fouilles à grande échelle, dans les années 1960, ont révélé l'occupation de Celtes de l'âge du fer, et s'y trouvaient des remparts, une guérite, et plusieurs bâtiments sur le plateau, y compris une grande salle de fête. Le lieu devient une une vaste citadelle avec les romains...
Des légendes populaires racontent qu'Arthur se trouve endormi, ici, dans une caverne fermée par des portes de fer, ou peut-être même d'or. Une fois tous les sept ans à la veille de Noël, les portes s' ouvrent, pour laisser passer le Roi Arthur et ses chevaliers... Si on ne les voit pas, on peut néanmoins entendre le bruit du battement de leurs sabots.


 

 

****** Stonehenge dans la plaine de Salisbury, ne nous écarte pas de notre tradition arthurienne. Geoffrey de Monmouth, décrit ce lieu magique, comme étant un mémorial de guerre britannique érigé par Merlin. Pourtant, nous ne nous y attardons pas... Nous avons préféré la vue du haut de la colline de Cadbury.

 


Tout proche, Amesbury nous rappelle qu'ici se trouvait un grand monastère de 300 moines, détruit au 6ème siècle par les païens ; ce qui n'est pas anodin et renvoie à l'influence du paganisme, et sa place à défendre contre l'avancée inéluctable du Christianisme... Le monastère sous la plume de Gildas, Nennius et Geoffroi aurait été fondé par Ambrosius Aurelianus, chef de la résistance bretonne à l’envahisseur saxon après la chute de Vortigern.


Selon Malory, l’abbaye d'Amesbury, serait le refuge de la reine Guenièvre, après la mort d'Arthur. Elle y serait devenue religieuse. Lancelot, est même venue ici la trouver ; à sa vue, elle serait tombée évanouie. Se sentant coupable, elle le supplie de la laisser expier, et lui l'encourage à se retirer également dans la vie monastique … Plus tard, Lancelot apprend en rêve, la mort de la reine, et revient à Amesbury pour l'enterrer au côtés d'Arthur.

Passer de Merlin et Viviane, au tout début des chroniques du Roi Arthur, au monastère avec la mort de Guenièvre , laisse entrevoir le difficile passage du paganisme au christianisme, sans que cela ne se transforme en guerre et en destruction de l'un par l'autre... Nous avons besoin des deux.
C'est cette image de complémentarité, que j'ai reconnue dans ce jeune couple, qui longeait le site de Cadbury, et marchait sur le haut des talus enlacé, en faisant ainsi le tour des fortifications de ''Camelot''. Ils représentaient la carte du Tarot ( XX), appelée ''Les Amoureux''. Ils sont les maîtres de notre monde intérieur et évoquent l'union parfaite des énergies masculines et féminines...

Totnes, et sa grande rue commerçante, nous donne l'image de la petite ville anglaise, qui garde ses traditions britanniques... De plus, c'est jour de marché. De par son passé historique, on dit que Totnes est l’un des joyaux du Devon. En haut de la ville :Totnes Castle. A l'origine, ce château saxon était une construction de terrassement et de bois, mais au début du 13ème siècle, le donjon actuellement visible a été construite pour couronner le monticule.

 


 

 

Ce soir, nous dormons à Exeter, dans un petit appartement fort spacieux. Ensuite nous nous rendons dans le centre par le bus ; ce qui nous apparaît comme une aventure en soi. Défi relevé, il nous conduit jusqu'à cette magnifique cathédrale.


La cathédrale a été bâtie (1050) peu après l’arrivée de Guillaume le Conquérant. Construite à partir du XIIe siècle en architecture normande, puis gothique à partir du milieu du XIIIe siècle et achevée pour l'essentiel vers 1400, elle fut détruite en partie sous Henry VIII puis reconstruite sous Charles II, mais le bâtiment a surtout souffert des bombardements sous la 2e Guerre Mondiale.

Elle possède plusieurs caractéristiques notables dont un premier ensemble de miséricordes, des plafonds décorés, une horloge astronomique, une galerie de ménestrels, une bibliothèque de livres médiévaux, des reliques, des sépultures et la plus longue voûte ininterrompue d'Angleterre.

Widsith est un poème en vieil anglais de 143 lignes. Ce poème ne survit que dans le livre d' Exeter , un manuscrit écrit à la fin du 10ème siècle.
Le poème est pour l'essentiel une descriptions de hauts personnages, de rois et de héros de l' Europe dans l' âge héroïque de l' Europe du Nord.

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Sur les pas du Roi Arthur -10/.- le XIXe siècle

Publié le par Perceval

''Cornwall'' est parsemée de lieux, pierres ou mottes, qui inscrivent un passage du Roi Arthur... parmi les plus cités :


* Près de Camelford, et non loin de Tintagel – ' Arthur stone ' est une pierre de 2,75m de long, sans doute verticale, elle est couchée depuis des siècles. Elle est située sur les rives de la rivière Camel dans le nord de Cornwall...
Il y a une inscription: "LATINI IC IACIT FILIUS MA ... "; traduite, cela pourrait donner : ''Ci - gît Latinius, le fils de Ma [Carius?]"... Ce ''Macarius'' renverrait ( je ne sais comment...?) à '' Magni Arthur ''… Mais, il y a une autre inscription qui serait écrite dans un alphabet runique-style appelé Ogham - une langue «secrète» utilisé par les druides en Irlande.
L'utilisation de cette pierre remonterait ainsi au sixième siècle.

 


Aujourd'hui, des milliers de touristes visitent
la 'pierre du roi Arthur' chaque année. L' un des voyageurs à faire cette visite, en Juin 1848, fut le poète Tennyson. A propos de sa visite , il a écrit: " Recherche de la pierre du Roi Arthur, finalement trouvée sous deux ou trois sycomores. La pierre, longue de neuf pieds, se trouve dans un cadre humide et pittoresque, près d' un ruisseau. Sur le monument est inscrit un texte, qui la daterait du VIe ​​siècle. " Cette découverte a été l' une des raisons qui l'ont inspiré à écrire ''Idylles du roi '' (1859). 

Aujourd'hui, se trouve là, un centre arthurien : Les visiteurs peuvent marcher à travers les champs où le roi Arthur et Mordred furent réunis pour leur dernière bataille. Une salle d'exposition reprend les légendes, avec jeux pour enfants et boutique ...

** Précédemment, sur cette route qui nous conduit à la pointe de la Cornouailles, nous aurions pu observer une colline, emplacement du ''Castle Killibury'', (Nr Wadebridge). Ici, selon le Mabinogion (premiers écrits gallois du XIe siècle) le texte 'Culhwch & Olwen', fait état de la cour d'Arthur à Kelliwic, où il tient tribunal ...

*** Il y a également un monolithe de granit sur Bodmin Moor, qui ressemble à un cercueil évidé, il est connu sous le nom d'Arthur Bed.


**** Toujours dans le même coin, Dozmary Pool in Bodmin, est un lieu important, puisque on y voit le lac qui abriterait le château enchanté de la Dame du Lac... C'est ici, que le Roi Arthur a reçu d'une main féérique, sortie de l'eau, son épée Excalibur... Et c'est ici, encore que l'épée fut rendue à la dame du lac, par Bedivere alors qu'Arthur agonisait lors de la bataille de Camlann...
Un autre légende est associée à Dozmary Pool, elle concerne Jan Tregeagle, un intendant particulièrement sévère, avec ses fermiers . Il aurait assassiné sa femme, de plus Tregeagle n'hésite pas, contre la richesse et le succès, à faire un pacte avec le diable... À la fin de sa vie, il est damné ; on dit que le fantôme de Tregeagle peut encore être entendu quand il hurle à travers la lande...


Le XIXème siècle, est une période friande de légendes médiévales, et fait souvent référence au cycle arthurien. Le récit des aventures du roi Arthur et de ses (preux) chevaliers connaît un renouveau sans précédent dans la peinture (grâce aux Préraphaélites), la poésie et la culture populaire pendant le règne de Victoria (1837-1901).

« Arthur is come again: he cannot die. » Alfred Tennyson, “The Epic”, v. 72-5

Lord Alfred Tennyson, est le poète favori du règne de Victoria, il magnifie la légende à partir de 1832 dans La Dame de Shalott, les Poems puis les Idylles du roi (1859-1885) La grande œuvre source de langue anglaise, La Mort d'Arthur de Thomas Malory (1470) est réédité de multiples fois …


Précisément, A Lanhydrock, situé non loin de 'Bodmin moor', une superbe demeure victorienne ( 53 pièces ) avec de magnifiques jardins, nous accueille, et nous ramène 130 années en arrière...
Monastère augustinien au Moyen Age, Lanhydrock devient une demeure privée en 1530. Elle est acquise en 1620 par la famille Robartes qui y réside jusqu'après la Première Guerre Mondiale. L'édifice ayant été dévasté par un incendie en 1881, l'habitation avec le nouveau confort, date en majeure partie de l'ère victorienne, les parties les plus anciennes remontant aux années 1620.


 

 

En effet, le temps semble s'être arrêté, comme si les maîtres de maison étaient sortis pour une promenade dans le parc. Nous déambulons dans l'intimité d'anciens vivants, leurs objets personnels, leur chambre, le salon... Les parties des domestiques sont également visibles ; et le tout donne un bon aperçu de la vie de l'époque dans les riches familles anglaises.

Les habitants ont subitement disparu – tous morts aujourd'hui – et tout ce à quoi ils tenaient le plus, s'observe à présent et avec insolence du haut de notre présent… Quelle est donc notre véritable place dans l'histoire humaine ?

 


 

 
 

Sur cette photo prise dans la chambre du capitaine Tommy... Je remarque un élément, une carte … En agrandissant la photo ; je retrouve précisément l'arcane XII de la mort ( Death)... !

Cette valise est celle-là même qu'a utilisée Thomas Agar Robartes (1880-1915), héritier du domaine, à la bataille de Loos ( en Nord-Pas de Calais ) en 1915... Là, où il est tombé au combat ...

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Sur les pas du Roi Arthur -9/.- St Michael's Mount

Publié le par Perceval

Ce Mont-Saint-Michel, bien plus petit que le français, est accessible à marée basse par la chaussée et à marée haute par bateau, il est situé sur une petite île formée d'une colline rocheuse. Là se dresse le monastère, construit au XIIe siècle par des bénédictins du Mont-Saint-Michel, qui servit ensuite de forteresse. C'est aujourd'hui un château, si le lieu nous fait remonter, à travers ses origines, à l'époque des premiers temps chrétiens, il offre aujourd'hui un intéressant mélange de styles allant du XIVe au XIXe siècle, et combinant des aspects à la fois militaires, religieux et domestiques. 


Le château appartient aux barons Saint-Levan, descendants du colonel John Saint-Aubyn, commandant puis acquéreur de l'île (1659), et une chapelle du XVe siècle dédiée à saint Michel. En contrebas se trouve un port, quelques maisons et une chapelle dédiée à sainte Marie... Le tout sur une île, donc, reliée au rivage par une petite digue submersible de 400 mètres de long.

Saint-Michel archange, est le petit-frère de Lucifer. Il n'hésite pas à le combattre lors de la rébellion des anges déchus et le précipite hors du Ciel... Il est celui qui retient le bras d'Abraham, alors qu'il s'apprête à immoler son fils. Il est aussi l'Ange de l'Apocalypse... Il est l'Ange de Dieu le plus actif auprès de l'humanité
Aussi je retiens, dans les cartes du Tarot, l'arcane 15, le Diable. Elle représente le manque d'harmonie, la destruction... Et, aussi la destruction des forces qui nous immobilisent... La question du Graal, reste : « Qu'est-ce qui nous retient ? »

Qu'en est-il, ici, sur ce lieu emplit d'Histoire, et d'histoires … ?

Une légende cornique raconte comment, en 495, des pêcheurs ont vu l'archange Michel sur un rocher de granite sortant de la mer. L'île devient un lieu de pèlerinage et on rapporte qu'un monastère 'celtique' se serait développé sur le rocher du VIIIe au XIe siècle. St Michael's Mount serait l'Ictis mentionnée par Diodore de Sicile (1er s. av J.C.)
Vers 1150, le monastère Saint-Michel de Normandie reçoit de Robert de Mortain, demi-frère du roi d'Angleterre 'Guillaume le Conquérant' et l'abbé Bernard fait construire un monastère bénédictin qui, en tant que propriété étrangère, est saisi par la couronne en 1425 ; une route pavée est alors construite afin de relier l'île au continent à marée basse, il est finalement fermé en 1539.
À la suite de son schisme avec la papauté, Henri VIII dissout les monastères et confisque leurs trésors ; le mont devient une forteresse qui assure la protection de la côte qu'il surplombe. Comme celle de son modèle normand, l'histoire du Saint-Michael's Mount est mouvementée, au gré des luttes d'influence ou des guerres civiles...
En 1587, l'approche de l'Armada espagnole y est signalée en allumant un fanal au clocher de l'église.

La tradition arthurienne veut que cette île, soit une partie de la terre perdue de Lyonesse, dont le royaume occupait une partie des ''Isles anciennes''...

Ici, Arthur a autrefois combattu un géant féroce ; cependant le mont associe ce trait à une autre figure mythique : Jack, appelé le tueur de géants. Cette histoire est traditionnelle ici, en Cornouailles.
Jack est venu à St Michaels Mount pour débarrasser l'île et la région du fléau d'un géant nommé Cormoran, une brute sauvage et indisciplinée.
Cette créature hideuse, à l'aspect sauvage est la terreur du lieu ; chaque soir, il quitte son antre sombre au sommet du rocher, et patauge à travers la baie, pour piller le bétail de ses voisins du continent.
Mais un soir Jack nage et s'introduit dans l'île. Il creusé une fosse profonde, qu'il couvre de fougères, de bâtons et de terre. A l'aube, il joue de sa corne pour réveiller le monstre, qui furieux se précipite sur lui... Mais, le sol céde la place, et Cormoran étonné dégringole tête baissée dans la fosse, où Jack l’achève à coups de pioche dans le crâne.


Arthur Rackham, est un artiste britannique, 
illustrateur. ( 1867-1939)





Lorsque les barons de Cornwall entendent parler de la défaite du géant, ils félicitent le brave garçon et déclarent qu'à partir de ce jour, il devra être appelé : "Jack the Giant Killer''. Ils lui offrent une ceinture sur laquelle est inscrit, en lettres d'or : « Celui-ci est le vaillant Cornishman, qui tua le géant Cormoran »
Il se met au service du Roi Arthur, grâce à qui il obtient des chaussures magiques, une épée, un manteau d'invisibilité, avec pour mission de débarrasser le royaume des géants.
Lors d'une dernière aventure, Jack, sauve une belle jeune fille, qu'un sorcier tient prisonnière dans un château situé au sommet d'une montagne … Son père, tout heureux, accorde à Jack la main de sa fille et le couple vit heureux sur un vaste domaine, fief reçu du Roi Arthur, dont Jack devient un de ses chevaliers …

Dans l'antiquité, le mythe des géants, une démesure des instincts brutaux, laisse à l'être humain, et non aux dieux, le soin d'exterminer les monstres... Il est un appel à l’héroïsme humain. Le géant représente tout ce que l'homme doit vaincre pour libérer et épanouir sa personnalité... Dans la tradition celtique, le géant n’appartient pas à ''l'autre monde '', mais aux puissance inférieures.

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Sur les pas du Roi Arthur -8/.- Tintagel

Publié le par Perceval

Nous dormons dans un B&B, près de Clovelly, un village sans voiture ( une rue principale forte raide) connu pour ses rues piétonnes pavées...

Tintagel est un petit village situé sur la côte découpée et romantique du nord de la Cornouailles. Endroit, d'une beauté sauvage … Au bourg, tout est fait pour évoquer le souvenir du roi Arthur et le mettre en valeur. On se croirait dans une véritable capitale arthurienne, avec en particulier le King Arthur's Great Halls.
 Nous passons par le Tintagel Visitor Centre , et ne trouvons aucune brochure en français...

Une carte attire mon regard. Une ''reine des oiseaux'' ! Sans doute une carte de Tarot...
On trouve les premières mentions de Tintagel comme site de la légende d'Arthur chez Geoffroi de Monmouth (12e siècle). Les chroniqueurs qui ont suivi et la tradition ont perpétué ce lien.
Des fouilles effectuées entre 1933 et 1936 ont mis a jour toutes les assises du château de Tintagel. On a ainsi découvert que le château et le donjon datent du 12ème siècle et qu'auparavant le site était occupé par un monastère celte construit avant le 9ème siècle et qui était déjà en ruines au moment de la construction du château.

Le château est invisible de la route. Pour l'atteindre, il faut laisser la voiture dans un parking du village et emprunter un long sentier qui débouche sur une crique, la mer et les falaises. On y accède seulement à pied, après 15 minutes de marche. Ensuite, après le ''péage'', on emprunte un pont de bois, et c'est l'escalade par un sentier escarpé et étroit...
Uther and Ygraine. 
from 'King Arthur and his Knights',
 illus. by Frank Godwin (1889 ~ 1959)
En haut des falaises, restent les ruines du château où, selon la légende, le roi Arthur aurait été conçu et serait né: de sa mère Ygerne, duchesse de Cornouailles, et son père Uther Pendragon, Roi de Grande Bretagne. Tintagel est le domaine du duc Gorlois de Cornouailles, époux de la belle Ygerne qui, par les sortilèges de Merlin, deviendra la maîtresse d'Uther et la mère d'Arthur...
Il n'y aurait vécu que quelques temps avant d'être emmené dans l'actuel Pays de Galles, pour y être élevé.
Une autre tradition locale, fortement implantée, en fait l'une des résidences du roi Mark de Cornouailles, oncle de Tristan et époux de la belle Yseult la Blonde. C'est à Tintagel que se déroulent en grande partie les amours de Tristan et d'Yseult, et qu'ont lieu la fameuse scène du roi caché dans un pin pour espionner les amants, et celle du piège tendu dans la chambre royale, avec la farine répandue sur le sol. Il existe, non loin de Tintagel, en direction de Lancien, un pilier de pierre sur lequel une inscription, datant probablement du VIIème siècle, déplore la disparition d'un certain Tristan, fils d'un certain Marcus-Conomorus.





Tintagel est un site fort complexe. C'est d'abord ce qu'on appelle un « éperon barré », autrement dit une forteresse établie sur un promontoire protégé de tous côtés par la mer, sauf un solidement muni d'un rempart et d'un fossé.
C'est un établissement celtique des premiers temps de l'Age du Fer, toujours réutilisé au cours des siècles en raison de son importance stratégique: qui tient Tintagel peut surveiller l'ensemble de la côte septentrionale du Cornwall, et donc contrôler toute la navigation.
Tout en bas du château, après avoir descendu jusqu’à la plage, se trouve la grotte de Merlin.
Ce château en ruine a été construit par Richard de Cornouailles : seigneur des Cornouailles du XIIè siècle. Il voulait ainsi se rattacher de façon tangible à Arthur, le faisant son illustre ancêtre.
Le château de Tintagel comporte deux parties distinctes; l'une située sur la côte et l'autre située sur une île. Sur la côte on trouve l'entrée, les ailes supérieure et inférieure ainsi que les vestige de la Prison du 14ème siècle...









Selon le gallois Geoffroy de Monmouth, vers 1135-1138 et selon la légende, le père d'Arthur, le roi de toute la Grande-Bretagne, Uther Pendragon, part en guerre contre Gorlois, duc de Cornouailles, pour capturer la femme de Gorlois, Ygerne ( ou Ygraine) , dont Uther est tombé amoureux.
Merlin emporte Arthur ...
Alors que Gorlois se défend contre les armées d'Uther au fort de Dimilioc dont il est le propriétaire, il envoie Ygerne au château de Tintagel pour y être en sécurité, lieu qui, selon la légende, et l'Historia regum Britanniae, est censé être son refuge le plus sûr. Alors qu'il assiège Dimilioc, Uther confie à son ami Ulfin son amour pour Ygerne, mais Ulfin lui répond qu'il lui serait impossible de prendre Tintagel, car « il est juste à côté de la mer, et est entouré par la mer de tous les côtés ; et il n'y a pas d'autres voies pour y accéder, à l'exception d'un étroit passage rocheux, et à cet endroit, trois guerriers armés pourraient interdire toute entrée, même si vous résistez avec toute la Grande-Bretagne derrière vous ».
L'histoire de Geoffroy de Monmouth se poursuit en expliquant comment le magicien Merlin fut appelé, et comment, pour les aider à pénétrer dans le château de Tintagel, il utilise la magie pour changer l'apparence de Uther en celle de Gorlois, tout en changeant sa propre apparence et celle d'Ulfin afin de ressembler à deux compagnons de Gorlois. Déguisés ainsi, ils sont en mesure d'entrer dans le château, où Uther rejoint Ygerne, et « cette nuit là, le plus célèbre des hommes fut conçu ».
Ygerne ou Ygraine, est à rattacher à l'ancien irlandais gigren ( oie sauvage). Un oiseau migrateur lié aux enfantements... Ygraine serait la fée-oiseau, présente dans de nombreux contes...
La reine est une contre-partie féminine du Roi. Elle est l'origine des émotions, et utilise l'épée pour sa discipline mentale, et équilibrer les émotions …

L'un des mystères du Graal, est représenté par cette épée qui ne doit jamais quitter le fourreau, ou considérés comme inégaux.  Le fourreau d'Excalibur est ainsi exceptionnel : il confère le pouvoir de protection à l’épée, protégeant son porteur de toute blessure fatale. Dans les récits, Morgane parvint à le voler, ce qui causera la mort d’Arthur contre Mordred.


C'est tout près d'ici, de Tintagel, que nous sommes renvoyés de la naissance à la mort du Roi Arthur... En lien, avec l 'épée Excalibur...

Au lac de Dozmary ( Dozmary pool) l'une des étendues d'eau de la lande de Bodmin. Lorsque Arthur blessé part pou Avalon, il demande à Bedivere (ou Girflet) de rendre cette épée à ce lac ; il en résulte aussitôt un prodige : une main sort de l'eau pour saisir l'épée.

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Sur les pas du Roi Arthur -7/.- Glastonbury Tor

Publié le par Perceval

Nous n'en avons pas fini, avec la Légende … L'abbaye de Glastonbury serait le portail vers Avalon.
Faire ainsi le lien avec '' l’Autre Monde '' ne serait-il pas osé... ?

Tor, est la colline qui surplombe Glastonbury. Dans les écrits constituant la Matière de Bretagne, Avalon est une île sur laquelle on se rend en barque (et avec un peu de magie), île qui aurait même disparu tandis que la fée Morgane ramenait un roi Arthur mourant, barrant pour toujours aux simples mortels l’accès à l’Autre Monde. Or, le Tor se dresse au-dessus d’une plaine marécageuse qui était jadis immergée sous l’eau, faisant ainsi de la colline une sorte d’île difficile d’accès entre la rivière, le brouillard et l’altitude.
Tor, selon les légendes et les croyances païennes, était un centre de résistance du paganisme face à la montée du christianisme. Montée fort bien caractérisée par l’abbaye, justement, née à peu près à l’époque d’Arthur.
Aujourd'hui, des anciens bâtiments (certainement un monastère) ne reste qu’une tour : la tour de St Michel, l’unique vestige de l’église du 14e siècle . Elle offre un refuge appréciable après une montée éprouvante par le vent... C’est une tour carrée et massive, sans pratiquement aucune ornementation, à part deux motifs qui encadrent la porte à l’avant. Juste deux petites fenêtres étroites apportent un peu de lumière dans le corps de la tour, et l’absence de plafond n’apporte rien au niveau du sol.


Un peu plus bas, on peut aujourd'hui visiter ''Chalice Well and Source'' sorte de jardin zen.
La légende locale raconte que Joseph d'Arimathie – portant avec lui le Graal et la Lance qui a percé le flanc du Christ - , arrivant à Glastonbury est épuisé... Il plante alors la lance dans le sol, et jaillit alors une source, intensément rouge comme si du sang y était dilué. Cette source est celle qui se trouve dans les jardins du Chalice Well and Source. Point de sang dans cette eau, mais une très importante quantité de fer, qui en s’oxydant devient rouge, et tinte ainsi la pierre sur laquelle co
ule la source.
Chalice Well est un puits sacré qui aurait été bâti par les Druides. Les puits figurent souvent dans la mythologie galloise et irlandaise des portes sur le monde des esprits. La croisée des deux mondes est représentée par le couvercle du puits, couvercle dessiné par l’architecte et archéologue Frederick Bligh Bond en 1919. Les deux cercles entrecroisés constituent le symbole connu sous le nom de Vesica Piscis. Dans le dessin du couvercle, une lance ou une épée croise ces deux cercles, référence possible à Excalibur, l’épée du Roi Arthur. Le feuillage représente l’Aubépine Sacrée de Glastonbury.
Tor - Earth's Chakras,
Crown and Heart
(Art by Cheryl Yambrach Rose-Hall)



La carte de la Tour foudroyée, rappelle cet épisode relié à Merlin : Vortigern fait édifier une tour, mais ses fondations sont sapées par deux dragons qui s'affrontent... Merlin les identifient et les fait combattre entre eux … Cette destruction peut s'avérer nécessaire, si elle permet – après purification – un nouvel équilibre...

Et, si je me promène dans des ruines, transperce avec la nature environnante un équilibre, qui me prévient que l'Histoire qui se rattache à ses lieux ne sont qu'un décor d'une aventure plus riche encore … A découvrir...

Envie de revenir aux aux légendes, qui habillent ces lieux. Une petite histoire se rattache précisément à la fondation de l'abbaye de Glastonbury :
Le roi Arthur a adoubé ce dernier jour de Noël, le chevalier Yder ; avant qu'il n'aille – avec lui - combattre trois géants malfaisants. On identifie la montagne des trois géants avec Brent Knoll, une colline au-dessous de Bristol...Yder accomplit l'exploit mais Arthur le croyant mort l'abandonne sur place. Yder meurt. Apprenant son erreur, Arthur établit vingt-quatre moines à Glastonbury et leur demande de prier en permanence pour l'âme du chevalier défunt.
La quête d'Yder, est de rechercher son père qu'il ne connaît pas. Il finit par le retrouver, accède à la royauté et épouse le reine Guenloïe. Lors de son exploit, il sauve la reine Guenièvre d'un ours ( Arthur signifie ours). Ici Arthur est un mauvais roi, et le couple Yder/Guenloie supplante le couple Arthur/Guenièvre ...
En Bretagne armoricaine Yder aurait servi de prototype à saint Edern. Edern sauve un cerf poursuivi par des chasseurs.  Dans la légende galloise, Edern, qui chevauchait aussi un cerf, est le fils du dieu Nuz et l'un des premiers amants de la reine Guenièvre, l'infidèle épouse du roi Arthur.

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Sur les pas du Roi Arthur -6/.- Glastonbury

Publié le par Perceval

Le lendemain, nous prenons la route de Glastonbury, en passant par Wells ; ce serait dommage de manquer la cathédrale et les 'à-côtés'... On peut se promener dans la plus vieille rue d'Angleterre : ''Vicars’ Close''. Dans cette rue, l’architecture est uniquement médiévale. Elle fut créé en 1348 par l’évêque Ralph de Shrewsbury afin d’héberger les 42 membres du chœur de la cathédrale. Cette communauté s’organisait le long d’une simple rue avec les maisons individuelles de part et d’autre, ainsi qu’à chaque extrémité, une salle commune pour la prise des repas et une chapelle.
Chaque maisons se voulait habitable pour un seul prêtre et était identique : une salle de séjour au rez-de-chaussée avec une grande fenêtre de part et d’autre, à l’Est et à l’Ouest, donnant sur un escalier en colimaçon menant au 1e étage où se trouvait la chambre. Des latrines et des douches étaient installées dans les cours arrières et des puits se trouvaient à chaque extrémité de la rue.

Passé Penniless Porch la « porte sans le sous » en référence aux mendiants qui y faisaient l’aumône, remplacés aujourd'hui par un jeune joueur de guitare ; on découvre l’impressionnante façade de la cathédrale de Wells  devant laquelle s’étend une grande pelouse encadrée de maisons médiévales. La cathédrale est vraiment imposante par sa largeur : la porte voûtée est surmontée de trois longs vitraux et, de part et d’autre de la structure centrale, deux grandes tours gothiques se dressent vers le ciel. Il s’agit de la première cathédrale anglaise construite dans ce style gothique. La façade, qui date de 1230, comprend de nombreuses statues médiévales représentants des scènes bibliques, des rois et des évêques, des anges, les douze apôtres et, à son sommet, la statue du Christ.

 

Nous voilà prêts pour ce que je pensais être l’essentiel de notre voyage : Glastonbury...
Ce serait Joseph d'Arimathie qui aurait établi la première église chrétienne en Somerset. Il serait à l'origine de l’abbaye, qui daterait du premier siècle. Nous en avons des traces dès le VIIe siècle... Elle s'agrandira au cours des siècles jusqu’en 1541 où elle fut détruite par le roi Henry VIII.
Joseph d'Arimathie emportant le Graal
Une légende médiévale prétend que Joseph construisit une table pareille à celle de la cène, la place de Judas restant vide, personne ne devait s'y asseoir sauf un véritable chevalier. Cinquante ans après avoir mis Jésus au tombeau, Joseph fut enseveli le 27 juillet 82 auprès de la petite chapelle en torchis et osier, bâtie par lui et ses douze compagnons...
 
A la mort de Joseph d'Arimathie, des sources mentionnent que le Graal fut transporté à Rome, pour faire partie du trésor des papes. Mais ici, on a retenu que Joseph aurait dissimulé le vase en l’ensevelissant juste au dessous du Tor de Glastonbury à l’entrée du monde souterrain. On cite un lieu précis, '' Chalice-Hill '' sous la colline qui porte ce nom, et où se trouve le puits sacré, dont l'eau aurait servi à baptiser les convertis et bien des personnalités...
Joseph of Arimathea,
Keeper of the Holy Grail
 
En 166, le pape Eleuthère envoie des missionnaires en Somerset pour restaurer la chapelle primitive. On ne reparle plus de Glastonbury, avant le Ve siècle quand Saint-Patrick vient ici. En 546, Malgwin de Landoff érige une grande église. Saint David, patron du Pays de Galles, crée au VIe s. des monastères dont Glastonbury, pour combattre les erreurs de Pélage...
Le nom celtique du lieu était '' Dun-Nazeth-Clas '', qui signifierait le fruit sacré, chez les druides, de la pomme, un lieu renommé pour sa fertilité...
L’abbaye a connu d’après les retracés archéologiques diverses phases de constructions et de destructions. En particulier un incendie ravage la plupart des bâtiments constitutifs de l’abbaye en 1184….
 

 

Selon l’ecclésiastique Giraud de Barri, des pèlerins découvrent quelques années plus tard lors de sa reconstruction une sépulture contenant des os appartenant à deux individus distincts.  Sépulture constituée par un cercueil disposé sous une dalle de pierre portant une croix de fer avec cette inscription :

Arms du King Arthur

Hic jacet sepultus inclutvs Rex Arturius in insulis Avalonia cum Wenneveria uxore cum sua secunda in insula Avallonia” ; C’est à dire : Ci-git le fameux Roi Arthur ensevelie avec sa seconde épouse Wenneveria dans l’île d’Avalon ( avalon signifie '' pommeraie '').


Le roi Richard Coeur de Lion règne alors, roi français plus que britannique : il a grandi en Aquitaine, a fait sa croisade, est revenu se faire couronner en Angleterre après sa libération qui a laissé exsangue le royaume, puis est retourné en France. Ce n’est pas un roi très populaire en Grande Bretagne. Mais c’est le fils d’Henri II Plantagenêt, commanditaire de l’Histoire des Rois de Bretagne, qui place Arthur, ce héros breton, à l’origine de la lignée des Plantagenêt. Le mythe arthurien s'inscrit alors dans l'histoire... La découverte de ces corps renforce la fiabilité de la légende, et permet à Richard de se revendiquer breton. Elle permet aussi à la petite abbaye de Glastonbury, déjà bien puissante dans les cercles chrétiens de l’époque, d’asseoir son autorité et d’assurer sa richesse. Richesse qui va se révéler indispensable quelques années plus tard, quand l’abbaye brûle entièrement dans un incendie (1184) .

 

Arms des Plantagenêts

Grâce à son prestige, les moines parviennent à la faire reconstruire en un temps record : en deux ans... La construction est allée tellement vite qu’ils ont du faire appel à différents maîtres d’oeuvre, ce qui explique pourquoi chaque fenêtre est ornée de motifs différents. Cette nouvelle église est la vieille église encore partiellement debout aujourd’hui, l’Eglise des Dames qui date de 1186.
On déambule donc aujourd’hui dans les ruines de l’abbaye datant de la période post-incendie.
Quelques décennies plus tard, le rayonnement de Glastonbury s’est encore accru. La petite église ne suffit plus. Une cathédrale est alors construite, juste derrière. En 1278, lors d’une grande cérémonie à laquelle assistent le roi Edouard 1er et la reine Éléonore, les restes du roi Arthur sont remis en terre dans une tombe de marbre noir massif, porté par des lions, de marbre eux aussi, au pied du grand autel de l’église. Glastonbury est au faîte de sa gloire.

L'emplacement de la tombe est marquée au sol. Non loin, une jeune femme rousse se recueille. Je l'avais déjà aperçue alors qu'elle parcourt le site selon certains axes...
Le cadre s'il est grandiose - 15.5 hectares - est serein. La visite commence par un musée, puis on rentre dans un jardin verdoyant. La pelouse entoure les bâtiments : la Chapelle de la Vierge, puis les quelques ruines qui entourent le site du tombeau d'Arthur... Il y a deux étangs et un verger. Plus de 250 arbres sont dispersés...

Des ruines, bien sûr... les toucher nous ramène à tenter de retrouver ce qui animait les moines qui vivaient ici... Je trouve une carte : ''la tour foudroyée'', bien sûr... La paix n'est pas toujours au rendez-vous...

Je reviens à l'Histoire....

Par permission d' Edouard III (1312-1377), on fit des fouilles pour retrouver le corps de Joseph d'Arimathie... (?)
On arrive à l’époque d’Henri VIII. Celui-ci se déclare le chef de l’Eglise dans son propre royaume. Le schisme avec Rome est consommé et la guerre éclate. Mais Henri VIII est ruiné. Un de ses conseillers lui rappelle alors sagement qu’en tant que chef de l’Eglise en Grande Bretagne, il est aussi libre de prendre ses richesses. Plusieurs abbés se révoltent, dont celui de Glastonbury, Richard Whiting, qui est pendu pour haute trahison sur le Glastonbury Tor  en 1539.
Les richesses de Glastonbury partent alors dans le trésor royal et la cathédrale et l’abbaye sont démantelées (1541) , à la fois par les hommes d’Henri VIII pour s’assurer que ce puissant centre religieux disparaisse, mais aussi par les habitants qui utilisent les pierres déjà taillées...
Les ruines vont rester à l’abandon pendant trois siècles, jusqu’à l’époque romantique anglaise (19ème siècle). Un riche propriétaire achète alors ces ruines, qui jouxtent son domaine, dans le but d’étendre un peu sa propriété et de posséder de jolies ruines. Lui-même n’aura jamais connaissance de l’importance de ces jolies ruines en question, mais un de ses proches descendants oui, en retrouvant également de vieux manuscrits parlant de l’endroit.
Commence alors la protection de l’abbaye de Glastonbury, aujourd’hui assurée par une association privée et le English National Heritage, qui protège également le Tor.

 
 
 
Des parties communes du monastère, comme le cloître, la cuisine des moines et le réfectoire, il ne subsiste que les fondations, recouvertes d’herbe verte. Seule la cuisine de l’Abbé datant du 14e siècle est encore intacte avec son toit en forme de dôme surmonté de deux tours octogonales permettant l’évacuation de la fumée. Elle témoigne de la richesse et du niveau de vie élevé des abbés et moines de l’abbaye.

 

 
 
 
 
 
 

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Sur les pas du Roi Arthur -5/.- Bristol

Publié le par Perceval

Il est temps de fermer ses valises, et enfin de parcourir le chemin... Mais, par où commencer ?
Autrement dit, qu'elle est l'origine de La Légende... ?
 
Très vite, je m'aperçois qu'elle est multiple. Cette quête ne peut être que celle d'un agnostique en la matière, mais un agnostique qui cherche, un pèlerin...
 
Après ma descente de l'avion à ''Bristol- Airport'', je passe ma première nuit sur le sol anglais, dans un hôtel du centre-ville ''Brooks Guest House'', la chambre King double nous attend... Avec la possibilité de boire un thé, je trouve une carte : le N°8 du Tarot de Merlin - ''le Magicien'' ( en fait le Bateleur du Tarot) , une figure qui me conforte à ouvrir mes livres : Hermes initie l'apprenti que je suis par la mobilisation de mon énergie intellectuelle, la plus simple à rassembler et à contrôler.
 
Ma première source sur laquelle je peux m'appuyer, qui fait référence textuellement au Roi Arthur, c'est l' "Historia Regum Britanniae" œuvre rédigée en latin entre 1135 et 1138, par l'écrivain gallois Geoffroy de Monmouth (~ 1100-1155) ( à noter que l'origine de ce clerc serait de souche bretonne …) . Ce texte remporta un certain succès jusqu’à la fin du XVe siècle : plus de 200 manuscrits latins en subsistent. Bien des adaptations et des traductions ( appelés Bruts) ont circulé...
 
Ce livre s'appuie sur un ''magicien '' Merlin et ses prophéties ( Prophetiae Merlini  ), il serait lui-même inspiré par un livre très ancien le Liber vetustissimus, composé en breton. Ensuite cette Historia a été traduite en gallois (Brut y Breninhed), et adaptée en langue romane sous le titre de Roman de Brut en 1155 par Wace qui lui évoque pour la première fois la Table Ronde. .
Merlin prophesies for Vortigern,
from a manuscript of Geoffrey of Monmouth's ..

Le texte de Geoffroy de Monmouth aura une influence très importante sur les auteurs médiévaux qui s'emparent de la matière de Bretagne pour créer leurs œuvres.

Geoffroy de Monmouth, remonte aux premiers héros fantastiques, et après la conquête romaine, il cite le traître Vortigern ( ou Vortegirn) qui appelle dans l'île les barbares saxons ; c'est Vortigern qui rencontre Merlin, qui en aidant ses successeurs : Aurelius Ambrosius et Uther Pendragon, repoussent victorieusement les invasions barbares. Enfin, Monmouth rapporte le règne d'Arthur, conquérant de l'Irlande, de la Norvège et de la Gaule et vainqueur de son neveu Mordred qui, avec l'aide de la reine Guenièvre, devenue sa maîtresse, avait tenté de s'emparer du trône. Avec les successeurs d'Arthur, et sous la menace continuelle des Saxons, le royaume ne fait que décliner jusqu'à la fin du VIIe siècle.
Le tout premier portrait du roi Arthur
In Geoffroy de Monmouth Prophetia ...

 

Le roi Arthur avait déjà été cité par l'historien et moine Nennius ( début du IXe s.) dans L'Historia Brittonum : premier ouvrage à faire référence au personnage d'Arthur, en tant que chef des rois des Bretons, avec le titre de dux bellorum dans les 12 batailles qu'il livra contre les Saxons...

 

 
Les Plantagenêt ( Henri II …) et leurs successeurs vont s’approprier la figure du roi mythique des Bretons jusqu’à en faire leur ancêtre. Vers 1200, la découverte de la tombe du roi Arthur à l’abbaye de Glastonbury brise le mythe de « l’espoir breton ». Le prêtre Layamon ( fin du XIIe s.) , par ailleurs traducteur du Brut de Wace en langue anglo-saxonne, va récupérer dans les écrits de Geoffroy les prophéties de Merlin pour les détourner au profit des Anglais : Merlin annonce qu’un jour Arthur reviendrait pour aider les Anglais...
 
Dans le troisième livre attribué à Geoffroy de Monmouth, La Vie de Merlin : Merlin est marié à Gwendolena, roi de Dyfed, il est pris de folie à la vue du massacre de trois de ses frères, il s’enfuit dans la forêt de Calédonie, au sud de l’Ecosse actuelle. Il devient le Merlin ' homme sauvage '. Dès lors, Merlin vit en compagnie d’un loup.  Merlin refuse les présents les plus merveilleux qu’on lui offre pour l’arracher à sa retraite. Dans la forêt de Calédonie, il développe des capacités prophétiques prodigieuses, il parle avec les plantes et les animaux. C’est un savant : il connaît l’astronomie et la musique, il discourt longuement des phénomènes naturels et des origines du monde.
Geoffroy de Monmouth a fait entrer dans l’histoire Arthur, Merlin, Gauvain, Conan Meriadec, Utherpendragon, des personnages ''créés'' que l’on retrouve aux côtés de personnages historiques. Cette confusion du légendaire et des faits historiques a eu comme conséquences, durant huit siècles, de contribuer à la rencontre de la légende et de l'histoire …
Il est extraordinaire de constater que ce Mythe qu’il a contribué à répandre a été accepté comme un ensemble de faits historiques jusqu’au XVIIe siècle en Angleterre et jusqu’au début du XIXe en France !
Avec Richard Cœur de lion, successeur d’Henri II, Arthur est adopté par les rois normands d’Angleterre. C’est cet Arthur là que nous retrouverons chez Chrétien de Troyes, autre grand auteur arthurien après Geoffroy de Monmouth, dans la seconde moitié du 12e siècle. Avec Chrétien, nous entrerons dans le monde et dans l’idéologie chevaleresque...
( Parmi mes sources : l'Encyclopédie de brocéliande: http://broceliande.brecilien.org/ )
 
Ces lectures méritent bien une promenade dans la ville de Bristol, ….....
Sur un muret, non loin de King St. au bord de l'eau, un verre (pint) de bière abandonné attire mon attention... A l'intérieur, une carte : le Chariot.... ! Je me suis permis de garder le verre …
Il y a grande animation au ''Old Duke''... Il fait beau, en suivant la rivière, nous mangeons sur la terrasse du Severnshed, au-dessus de l'Avon.
 
Si le Bateleur-Magicien, fait s'interroger l'impétrant avec la question du Graal : Que cherches-tu dans la vie ? : Le chariot, véhicule de la conscience, rappelle une autre question : Où vas-tu ? Cette figure remet Minerve/ Brigid (*) comme patronne de la connaissance et de l'inspiration. L'intellect n'est pas la seule source, et il me faut revenir à toute la richesse du Mythe. Je marche dans une direction choisie avec discernement, sagesse, enthousiasme … Arthur, est le précurseur de nombreuses quêtes... Si les chevaliers de la Table Ronde parcourent la Bretagne arthurienne, ils se rendent, la quête achevée, dans la ville de Sarras devenue la demeure du Graal...
 
(*) Brigit ou Brigid était la déesse la plus puissante et la plus connue de la mythologie celtique. Elle fut assimilée à Sainte Brigitte patronne de l'Irlande qui naquit vers 453  
Les deux illustrations ci-dessus sont de l'illustratrice Beatrice Stevens - Geoffrey of Monmouth's Dream — 1906.

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