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angleterre

Voyage en Angleterre -6- Russell - Bergson

Publié le par Perceval

Tout le monde est resté sonné par le réquisitoire de Russell, et il est bien difficile d'apporter dans cet environnement si fraternel la contradiction...

Cependant Jean-Baptiste tente avec beaucoup de finesse - c'est Anne-Laure qui le remarque - de présenter une philosophie moins analytique...

  • N'y aurait-il pas en l'humain, un point d'insertion entre l'esprit et la matière... ?

  • Qu'entendez-vous par esprit... ? Pourquoi, l'esprit ne serait-il pas un phénomène physique... ?

  • Restons dans le doute... La perception ne pourrait-elle pas être une sorte de matérialisation causée par l'esprit... ?

  • Vous pensez donc que la réalité n'est pas ''une''... ?

L'évolution-creatrice-Bergson - Fabienne Verdier, l’expérience du langage

On pourrait aussi débattre de la liberté de l'esprit et du déterminisme de la matière.... Russell considère que cette opposition est artificielle … De même entre intelligence et intuition ; entre instinct et subconscient....

Russell reconnaît la valeur de l'argumentation, mais elle est ''littéraire'', esthétique... Quant à Bergson, il a effectivement lu '' L’Évolution créatrice '' publié en  1907, et ses autres ouvrages.... Il « n’est pas meilleur que les précédents » car il n’y a pas « depuis le commencement jusqu’à la fin, un seul raisonnement (…) il ne contient qu’une peinture poétique qui fait appel à l’imagination » !

Pour Bergson on atteint la vérité par l’intuition et non par l’intelligence: elle n’est donc pas matière à raisonnement...

Russell s'en prend ensuite à la notion de ''durée'' telle qu'elle est proposée par Bergson... « de la littérature...!'' - (les deux s'y connaissent... Il seront tous deux prix Nobel de littérature..!!)

Jean-Baptiste de Vassy, qu'Anne-Laure nomme J.B., est un érudit fortuné - je le rappelle – passionné de mathématiques, il a souvent accompagné Henri Poincaré, qu'il vénère, dans des congrès, et même dans son travail... JB, va donc tenté ici, d'expliquer ce que ''durée'' pourrait signifier aussi bien en philosophie qu'en sciences...

Naturellement, nous étendons la durée, qui n'est qu'une donnée immédiate de la conscience, au monde matériel... L'Univers nous parait former un tout... La ''durée pure'' est qualité, changement, mobilité... Elle n'est pas une quantité, même si quand on essaie de la mesurer, on le signifie par de l'espace, comme une longueur sur la ligne du temps...

Henri Poincaré, a noté que le temps est relatif, qu'il dépend du point de vue sous lequel on le mesure.

Dans son ouvrage, publié en 1902 '' La science et l'hypothèse '' Poincaré affirme qu'il n'y a pas d'espace absolu, ni de temps absolu... Non seulement nous n'avons pas l'intuition directe de l'égalité de deux durées, mais nous n'avons même pas celle de la simultanéité de deux événements se produisant sur des théâtres différents.

En 1907, Minkowski reprend les travaux de Hendrik Lorentz et Einstein, réunit l'espace et le temps, que nous avons l'habitude de dissocier, pour finalement les réunir en un « continuum espace-temps » à 4 dimensions... Cela rejoint d'ailleurs l'intuition qu'en a Poincaré...

Vraiment, la ''raison physicienne'' - et peut-être, bien plus que la ''raison mathématicienne'' - est pleine de paradoxes...! Ne trouvez-vous pas...?

 

Ottoline et Anne-Laure s'interrogent sur la raison et l'amour...

Russell admet qu'il y a des cas où non seulement la raison n’est pas utile mais où elle peut même devenir nuisible.. Ces cas adviennent lors de la relation avec les autres...

Dame Ottoline Morrell 1909

L'amour a des formes multiples... Dans le sens courant, il est la relation que deux êtres qui se sont librement choisis vont nouer dans des liens à la fois ''spirituels'' et charnels. « La peur de l’amour (…) n’est que la peur de la vie. Et ceux qui craignent la vie sont déjà aux trois quarts morts »

  • Philosopher ne permet-il pas ''d'appendre à mourir''..?

  • Tout au plus, à vivre mieux...

Russell énumère trois causes au malheur des hommes: - le mal byronien, sorte de mélancolie où l'amour d'une femme et la misanthropie se rejoignent ; - le sentiment de culpabilité ; et – l'esprit de compétition imposé par la société... Aussi, en résultent de l'ennui et de l'envie, la peur de l'opinion d'autrui, de l'agitation et de la fatigue... qui sont autant d’entraves au bonheur.

  • Et donc, pour être heureux...?

  • Et bien, selon notre personnalité, nous serons plus disposé à chercher une forme raffinée à notre bonheur, comme l'art, la création ; ou plus intellectuelle comme la recherche scientifique, ou plus simple comme le jardinage … ou plus émotionnelle ou plus instinctive...

Et de grands éclats de rire closent la question...

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Voyage en Angleterre -5- B. Russell

Publié le par Perceval

B. Russell - Bertie

Bertrand Russell est né dans une famille riche de l'aristocratie britannique... Ses parents sont morts quand Russell était très jeune et il a été en grande partie élevé par sa grand-mère résolument victorienne (bien que très progressiste). Son adolescence a été très solitaire et il a souffert de crises de dépression... « Adolescent, j’ai haï la vie et j’étais continuellement sur le point de me suicider, ce dont j’étais empêché par mon désir de me perfectionner en mathématiques »

  • Les mathématiques sont la seule chose que nous connaissons qui soit capable de perfection .

« J'aime les mathématiques en grande partie parce qu'elles ne sont pas humaines et n'ont rien à voir avec cette planète ou avec tout l'univers... L'Univers, comme le Dieu de Spinoza, ne nous aime pas en retour de quelque action.» 

  • Oui, peut-être, mais vous... Vous ne désirez pas être aimé en retour...?

Russell est tenté de décrire son enthousiasme quasi-mystique pour les mathématiques et la logique comme s'ils pouvaient être la base d'une nouvelle religion laïque.

De plus, Russell se propose de reconstruire toutes les mathématiques sur des bases purement logiques...

Plus généralement, Russell explique que l'un des buts de sa vie pourrait être de découvrir si l’homme est capable d’affirmer quelque chose de vraiment irréfutable: « Existe-t-il au monde, une connaissance dont la certitude soit telle qu’aucun homme raisonnable ne puisse la mettre en doute ? »

En 1900, il avait vingt huit ans, il souhaitait reprendre à son compte le projet que le philosophe et mathématicien allemand Leibniz avait entrepris dès le XVII° siècle : créer une langue logique universelle qui permettrait de réduire tous les raisonnements à des calculs afin que l’erreur disparaisse. Ne plus se tromper en rationalisant tout...!

Aujourd'hui, Russell tempère déjà cet absolu.... En effet – et cela fit bien rire Anne-Laure - « Leibniz, dans sa vieillesse, écrivit à un de ses correspondants qu’une seule fois dans sa vie il a demandé à une femme de l’épouser, et alors il était âgé de cinquante ans. “Heureusement, ajouta-t-il, la dame demanda du temps pour réfléchir. Cela me donna également du temps pour réfléchir moi-même, et je retirai ma demande”. Il n’y a pas de doute que sa conduite n’ait été rationnelle, mais je ne dirai pas que je l’admire »

Bertrand Russell expliqua en quoi, et pourquoi, il est athée: ce qui le révolte au plus haut point, ce furent les crimes commis, surtout contre les femmes, au nom de la religion et des textes bibliques. Par exemple ce texte : « Tu ne laisseras point vivre la magicienne » (Exode XXII, 18)... Conséquence: le pape Innocent VIII publie, en 1494, une bulle contre la sorcellerie et nomme deux inquisiteurs chargés de la réprimer. Ces derniers font paraître, la même année, un livre intitulé : « Malheus Maleficarum » ou, en français : « Le Marteau des Malfaitrices », dans lequel ils soutiennent que la sorcellerie est plus naturelle aux femmes, en raison de la méchanceté foncière de leur coeur. Entre 1450 et 1550, on estime à plus de cent mille le nombre de femmes qui sont brûlées vives sur le bûcher, en Allemagne seulement !

« La religion chrétienne a été et est encore le plus grand ennemi du progrès moral dans le monde »

Russell assure appuyer son athéisme, sur les bases de la raison et non sur la passion...

Sur le plan intellectuel, il remarque: la foi en quelque chose est codifiée et impérative... Elle s’accompagne donc toujours de dogmes doctrinaux qui ne résistent pas à un examen rationnel, même si la philosophie, d’inspiration théologique, a tenté de les rationaliser. La théologie tente de transformer la foi en savoir... Et, comme il y a plusieurs religions, et tentent chacune d'imposer son ministère; elles se font la guerre...!

Russell dénonce et démonte quelques unes des pseudo-preuves de l’existence de Dieu – comme celle qui veut que le principe de causalité nous contraigne à poser une cause suprême (et sans cause !) ou encore celle qui affirme qu’il y aurait un plan de la providence assignant à l’univers une fin bonne et qui expliquerait sa perfection.

La religion qui entend, selon une étymologie, relier les hommes entre eux et donc prôner l’amour du prochain, ne relie qu’en interne : elles s’opposent entre elles en externe, elles se combattent et se sont combattues sous les pires formes et elles constituent donc un  ferment de haine entre les hommes – point qui est régulièrement et scandaleusement occulté par l’histoire officielle des religions que l’Ecole nous enseigne, alors que le spectacle du monde contemporain nous en offre encore de terribles exemples.

  • Mais, tout cela n'advient-il pas, du fait d'une mauvaise interprétation des textes fondateurs... ?

Les membres du Moral Science Club, Cambridge, 1913

Russell va plus loin... Et en vient aux textes... Ainsi de la dualité de l’âme et du corps. Il pointe le mépris du corps, au profit du spirituel et la conséquence sur la vie sociale de moindre importance par rapport à la vie future, jusqu'à accepter de souffrir pour gagner le ''salut''... Paradoxalement, la croyance en la survie de l'âme aboutit à un individualisme, centré sur son propre salut... !

Bien sûr, Russell évoque la morale religieuse, avec en particulier tous les interdits visant le corps et la sexualité. On oublie trop facilement tout le mal causé aux femmes, aux enfants et cette culpabilité aidée par cette croyance absurde dans le pêché originel... Cela ne sert qu'à rendre les hommes plus violents, malades...

Bref, la religion est pour Bertrand Russell le règne de l’obscurantisme : par ses dogmes et ses pratiques constitutives, mais aussi par son refus constant des découvertes scientifiques, de Galilée à Darwin...etc

Tout le monde reste sonné par ce réquisitoire, et il est bien difficile d'apporter dans cet environnement si fraternel la contradiction...

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Voyage en Angleterre -4- B. Russell

Publié le par Perceval

Hotel Bartlett, Cambridge

Cambridge est au nord de Londres à 60 miles. Anne-Laure et J.B. occupent chacun une chambre à l'hôtel Bartlett...

Pendant la semaine de leur séjour ; il vont avoir le privilège de rencontrer Bertrand Russell ( 1872-1970), dans une ambiance décontractée, et bénéficier de l'accompagnement d'Ottoline Morrell, qui par son originalité et sa générosité va les enchanter...

Bertrand Russell

Russell a fait des études de mathématiques au Trinity College de Cambridge. Entre 1893 et 1897, le jeune étudiant va se passionner par les questions philosophiques que suscitent les nouvelles géométries, aussi bien vis-à-vis du statut de la vérité en mathématiques que du point de vue des fondements de la connaissance.

- Les mathématiques correspondent-elles à une activité de l'esprit, ou représentent-elles une lecture des lois de la nature ?

Les mathématiques y apparaissent avant tout comme le langage de la raison. Elles constituent le paradigme même de la science abstraite, « indépendante de toute création et de tout système naturel, exception faite de la mémoire, de la pensée et du raisonnement »

Les algébristes anglais, s'appuyant sur la philosophie de Locke, tirent les mathématiques du côté des sciences de l'esprit en affirmant que c'est cette seule puissance du rationnel qui permet d'articuler logiquement l'expérience empirique...

En 1903, Russell publie The Principles of Mathematics, un ouvrage sur les fondements des mathématiques. Cet ouvrage avance la thèse selon laquelle les mathématiques et la logique sont une seule et même science.

Alys Whitall, Bertrand Russell 1907

En 1908, il est élu à la Royal Society. En 1910, paraît le premier volume de son œuvre maîtresse du point de vue de la logique, les Principia Mathematica, écrits en collaboration avec Alfred North Whitehead. Suivront deux autres volumes, en 1912 et 1913.

 

Bertrand Russell, rencontre à 17 ans, une Quaker de cinq ans plus âgée: Alys Pearsall Smith, puritaine et ''high-minded '', qu'il épouse le 13 décembre 1894.

Dans son Autobiography, il écrit : « I went out bicycling one afternoon, and suddenly, as I was riding along a country road, I realised that I no longer loved Alys. » Leur mariage commence donc à s'effondrer en 1901 quand il prend conscience, alors qu'il faisait du vélo, qu'il ne l'aimait plus.

Lady Ottoline Morrell 1912

A l'époque où Anne-Laure et J.B. rencontrent Bertrand Russell, il est l'amant de Lady Ottoline Morrell.

Ottoline Morrell restera gravée dans la mémoire de nos visiteurs. Si Virginia et Vanessa Stephen sont les reines de Bloomsbury ''images souveraines de Guenièvre''; Ottoline se rattache à l'image de Morgane, la muse et rebelle de cette société britannique aux valeurs étroites. Excentrique, elle s'entoure de nombreux illustres amis tels: Bertrand Russell, WB Yeats, DH Lawrence, TS Eliot , Virginia Woolf, Aldous Huxley, EM Forster ...

Ottoline raconte sa première véritable rencontre avec le brillant et passionné Bertrand Russell, que ses amis nomment Bertie. C'était un dimanche, le 19 mars 1911; elle donnait un petit dîner ( en petit comité) au ''44 Bedford Square'' où elle recevait à Blomsbury...

Ottoline était inquiète de sa capacité à converser avec un homme de son intellect qu'elle ne connaissait pas bien. Pourtant, après le départ des invités, Ottoline et Bertrand Russel vont parler pendant des heures... Elle se rendait compte qu'il était ''troublé'', et elle l'a encouragé à se confier... Il a alors, exprimé qu'il n'aimait plus sa femme Alys ( .. elle n'aimait pas lire Nietzsche...); mais, qu'il avait besoin d'amour et était fatigué de son "mode de vie puritain et aspirait à la beauté et à la passion". En quelques heures, il étaient tombé '' en affair '' ....

D.Brett, L. Strachey, Ottoline et B.Russell

 

Ottoline insiste pour que les invités français vienne la voir dans son cottage Peppard, près de Henley on Thames, modeste et qu'elle pense vendre pour acheter une plus belle demeure: Garsington Manor, près d'Oxford où elle recevra beaucoup. Bertie y aura sa chambre. Et quand il y avait foule à Garsington, ils se retrouvaient dans un hôtel londonien...

 

AN Whitehead (1861-1947) était devenu le tuteur de Russell au Trinity College de Cambridge dans les années 1890, l'année du mariage entre Whitehead et Evelyn Wade, une Irlandaise élevée en France...

À l'âge de 29 ans, en février 1901, alors qu'il est installé chez son ancien professeur, pour favoriser le travail sur un ouvrage commun ''Principia Mathematica.'', Russell reçoit - ce qu'il appelle - une « sorte d'illumination mystique », après avoir été témoin de la l'énorme souffrance de la femme de Whitehead - pour qui il éprouve un amour secret et impossible - lors d'une attaque d'angine de poitrine. « Je me suis retrouvé rempli de sentiments quasi-mystiques sur la beauté [...] et avec un désir presque aussi profond que celui du Bouddha de trouver une philosophie qui devrait rendre la vie humaine supportable » (...) « Au bout de ces cinq minutes, j'étais devenu une personne complètement différente..

Russell va en effet parler de la compassion, « Compatir, c’est souffrir de la souffrance de l’autre, la partager d’autant plus douloureusement qu’on ne peut l’en soulager. » (..) « dans les relations humaines, c’est au cœur même de la solitude, en chaque être, qu’il importe d’atteindre et de parler »...

  • Mais le langage logique et mathématique n’en a pas le pouvoir.?

  • Oui, mais sans renier, la pensée analytique... On peut développer un autre langage, celui de la philosophie pratique...
Lady Ottoline Morrell

Russell, beaucoup plus tard écrira: « Trois passions, simples mais irrésistiblement ancrées en moi, ont gouverné ma vie : le besoin d'amour, la soif de connaissance et une douloureuse communion - avec tous ceux qui souffrent. Trois passions, comme des grands vents, qui m'ont balayé de-ci de-là, dans une course capricieuse, sur un profond océan d'angoisse, . jusqu'à atteindre les bords mêmes du désespoir.» .

Les femmes - et Russell ne s'en cache pas - ont eu une énorme importance dans sa vie. Il s'est d'ailleurs marié quatre fois.

  • «Ceux qui n'ont jamais connu l'intimité profonde et l'intense compagnie de l'amour mutuel ont raté la meilleure chose que la vie ait à offrir.»

« Le mariage doit être essentiellement la pratique de ce respect mutuel de la personnalité, allié à une profonde intimité physique, intellectuelle et spirituelle qui fait de l’amour entre la femme et l’homme la plus féconde des expériences de la vie »

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Voyage en Angleterre -3- Bloomsbury group

Publié le par Perceval

Virginia Woolf

Anne-Laure de Sallembier rencontre Virginia Stephen (Woolf) - elle a 29 ans - , sans se rendre compte à qui elle a affaire... En 1905, Virginia Woolf a commencé à écrire pour le Times Literary Supplement; et son premier roman, ''The Voyage Out'' (La Traversée des apparences, traduit aussi Croisière), sera publié en 1915 à l'âge de 33 ans.

Virginia explique l'importance pour elle d'être à Londres : une ville qui attire, stimule, et inspire une histoire ou un poème, il suffit de se promener dans la rue... Du fait de cette abondante population, tout y est constamment nouveau et surprenant : les bateaux qui montent et descendent la Tamise, le métro , les bus rouges à deux étages..., pour Virginia tout y est une source inépuisable d'étonnement; « Londres est un rêve »... Quand Virginia se promène dans la rue, elle est très excitée, comme si elle venait d'un autre monde... Avec un chapeau de paille à larges bords sur la tête qui ombrage son visage jusqu'à sa bouche, elle porte une veste beige sur une chemise à pois et une jupe en tweed.

Neopagans 1911_Noël Olivier ; Maitland Radford; Virginia Stephen; Rupert Brooke camping sur Dartmoor août 1911

Virginia vient de rencontre le jeune poète Rupert Brooke ; ils s'amusent de raconter aux autres – en particulier à leurs invités français, choqués et amusés - qu'ils se sont baignés ensemble et nus, cet été sur la rivière Cam... Ils ont campé ensemble avec Katherine Cox, Maynard Keyes et d'autres près de Clifford Bridge...

Virginia Woolf et Ka Cox at Asheham

Plusieurs, du groupe de Bloomsbury, semblent désapprouver les relations récentes de Virginia avec ces '' Neo-Pagans '' entraînée par Ka Cox et Brooke... Ces personnes pratiquent un style de vie alternatif mêlant socialisme, végétarisme, l'exercice en plein air et nudité... Les femmes portent des sandales, des chaussettes, des chemises à col ouvert et des foulards, comme Virginia le fait ici. Ce bucolisme contraste avec l'intellectualisme sceptique de Bloomsbury, au point où Adrian, son frère, la surnomme ''la chèvre''... Finalement, c'est Brooke, qui va se détourner du groupe et de Brunswick Square à la fin de 1911, la qualifiant de "maison de débauche"; et l'amitié entre Virginia et Ka, va cesser...

Virginia et Vanessa à Firle Park en 1911

Anne-Laure et J.B. ont durant leur séjour, eu la chance d'être accompagnés de Vanessa ( la soeur de Virginia) et Clive Bell; qui vont les conduire jusqu'à Cambridge à la rencontre de Bertrand Russell, leur objectif de voyage... Vanessa déjà avait commencé « une affair » ( une liaison) avec le peintre Roger Fry; ensuite elle vivra avec Duncan Grant, dont elle tombe profondément amoureuse, et réussira à le séduire en un soir; Vanessa voudra absolument un enfant de Grant, Angelica  va naître à Noël, 1918; puis ils continueront à vivre ensemble pendant plus de 40 ans. Angelica a grandi en croyant que le mari de Vanessa, Clive Bell, était son père biologique...

Lady Ottoline Morrell - Garsington visitors, 1916 - Clive Bell, Dorothy Brett, Aldous Huxley, Bertrand Russell, and Lytton Strachey (Garsington Manor, Oxfordshire)

Vanessa pratiquait la peinture, et la reliure.. Sa première exposition en solo, aura lieu en 1916, à l'Omega Workshop à Londres,

Manet_and_the_Post-Impressionists

Clive Bell a fait ses études au Marlborough College et au Trinity College de Cambridge... En 1902, il obtient une bourse pour étudier à Paris, et devient critique d'art... C'est lui qui fait découvrir au public britannique, l'art contemporain, de Cézanne à Picasso. Le groupe de Bloomsbury le tourmentent quelque peu sur ses manières mondaines, et peut-être françaises... Clive est extrêmement social ; il va contribuer à maintenir un lien entre ''le monde extérieur'' et un Bloomsbury qui tend à se renfermer sur lui-même. À Londres, Bell poursuit son étude des arts visuels, des galeries et musées de la capitale aux églises italiennes, en menant parallèlement une carrière de critique littéraire. Son enthousiasme pour la France perdure ...

Il est associé par Roger Fry à l’organisation des deux expositions postimpressionnistes des Grafton Galleries (1910 et 1912) qui provoquent un grand retentissement sur la scène artistique britannique. On y voit des œuvres de Cézanne, Van Gogh, Gauguin et de leurs successeurs jusqu'au fauvisme inclus,  Matisse, Picasso, André Lhote, Georges Braque.. ; ce qui introduit une rupture profonde dans le langage des arts plastiques en Angleterre.

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Voyage en Angleterre -2- Hyde park, Bloomsbury group

Publié le par Perceval

Anne-Laure et J.B. sont aussitôt invités au 46 Gordon Square, Bloomsbury, la maison que se sont partagés les enfants Stephen: Vanessa, Virginia et James Stephen... Leur contact est Clive Bell, qui avait séjourné à Paris et se déclarait amoureux de l'art et la littérature française... Clive est marié avec Vanessa depuis 1908.

Avant toute chose, et pour s'imprégner de l'esprit britannique, Anne-laure et J.B. sont conduits à Hyde Park... Ils atteignent '' Marble Arch '' qu'un nouveau schéma routier vient de séparer de Hyde Park ( en 1908). En 1851, la reine Victoria, qui trouvait l'arche hideuse, la fit déplacer à son emplacement actuel, qui fut - du XIIe à la fin du XVIIIe siècle - le lieu de nombreuses pendaisons.

Nous sommes un samedi ensoleillé, les pelouses de d'Hyde park sont tachées de mode. Des couples disposés en quinconce sont couchés dans l'herbe. L'homme a disposé son pardessus sur le sol ou à ses côtés, et, la bouche unie dans un perpétuel baiser, ils restent immobiles, savourant l'instant... Les français n'en croient pas leurs yeux, de ce spectacle immoral...

  • Voilà bien des gens ''nature'' !

  • N'imaginez rien... Ils flirtent, sans plus...

  • Mais, l'intimité du ''home'', ne serait-elle pas plus conforme.... ?

  • L'intimité du ''home'' serait bien plus dangereuse... Ici, ils sont sous les yeux de tous, et ne peuvent se laisser aller aux écarts....

Ils arrivent près de la Serpentine, où des jeunes gens voguaient sur de légers canots, les jeunes filles - chapeaux en arrière - tiennent les drisses du gouvernail... Ils continuent vers un rassemblement : un homme, sur une table, pérore sur la venue du Christ... Plus loin, un homme à cheveux et barbe longs affirme que le locataire de Buckingham est parfaitement inutile... Puis ils croisent un ''unioniste'', et un ''libéral''... Ici, nous comprenons la relativité de toute chose... !

29 Fitzroy Square

Revenons à nos amis Stephen...

En mars 1907, Virginia et Adrian Stephen ont emménagé, non loin, au 29 Fitzroy Square... Aussi leurs amis, les rejoignaient dans l'une ou l'autre maison... Virginia Woolf avait tout le deuxième étage du numéro 29 pour elle et c'est pendant son séjour ici qu'elle a fait plusieurs essais sur le manuscrit de The Voyage Out . En fin d'année 1911, Virginia et Adrian vont quitter Fitzroy Square. Ils vont déménager dans une maison plus grande, 38 Brunswick Square, avec l'intention d'en faire une ''maison commune'', à partager avec des amis. En 1912, elle épouse Leonard Woolf. Le 26 mars 1915, The Voyage Out sera publié sous son nouveau nom Virginia Woolf.

C'est d'ici, dans ce quartier de Londres ''Bloomsbury '', que le groupe formé d'anciens étudiants du King's College de Cambridge, s'est fait connaître... Lytton Strachey devint un ami intime des sœurs Stephen de même que Duncan Grant... Puis Roger Fry et E. M. Forster se joignirent à eux...

Some Bloomsbury members Lady Ottoline Morrell , Maria Nys (plus tard Huxley ), Lytton Strachey , Duncan Grant , Vanessa Bell, 1915

Les anciens de Cambridge, mis à part Clive Bell et les frères Stephen, étaient membres d'une société secrète réunissant des étudiants, connue sous le nom de ''Cambridge Apostles''.

C'est par l'intermédiaire des « Apôtres », que les membres de Bloomsbury rencontrèrent les philosophes analytiques G. E. Moore et Bertrand Russell, qui devaient révolutionner la philosophie britannique au tournant du siècle. Les Principia Ethica (1903) de Moore fournirent au Groupe une philosophie morale. La distinction entre la fin et les moyens est un lieu commun de l'éthique, mais ce qui faisait tout l'intérêt des Principia Ethica ( une éthique intuitionniste) pour Bloomsbury, c'était la notion de valeur intrinsèque, qui dépendait d'une intuition personnelle du bien et de l'esthétique. Pour eux, le « sens du beau est une voie privilégiée pour la morale ».

Les membres du Moral Science Club, Cambridge, v. 1913. Au premier rang, troisième à gauche, James Ward ; à sa droite, Bertrand Russell , troisième à droite, GE Moore

Quand ils sont arrivés au n°46 Gordon Square, le groupe d'amis souhaitait vivre ''différemment''. Cela signifiait : privilégier les choses les plus importantes de la vie: lire, écrire et débattre. Mais ils souhaitaient que cela concerne aussi la vie quotidienne. Ils ont donc choisi de boire du café après le dîner au lieu du thé, et encore beaucoup de choses semblables...

Leonard et Virginia Woolf - 1912

Au tout début, Les habitués comprenaient le peintre Clive Bell, l'écrivain Lytton Strachey, le merveilleusement nommé Saxon Sydney-Turner, et le futur fonctionnaire indien et militant pour la paix, Leonard Woolf . Il y avait d'autres visiteurs occasionnels, y compris le poète WB Yeats et le romancier EM Forster, que Virginia vénérait et qu'elle regardait traverser Gordon Square pendant qu'elle se cachait derrière les haies des jardins.

Ce qui s'est passé, ce sont des discussions, et des discussions entre hommes et femmes sur un pied d'égalité et sur des choses importantes. Ils se recevaient en tenue décontractée, débattaient toute la nuit, buvaient du café et du whisky, mangeaient des petits pains...

Tous ont été membres de la confrérie des Apôtres, sorte de franc-maçonnerie de l’intelligence, dont l’existence est censée rester secrète. Chez les Apôtres on prône la liberté de parole, le non-conformisme, la critique du pouvoir établi, l’égalité entre les hommes et les femmes; on s'oppose au capitalisme et à l’impérialisme, et évidemment à la guerre.  C'est ainsi que ''le Bloomsbury group'' était né, et les sœurs Vanessa et Virginia en sont les reines.

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Voyage en Angleterre -1- le Ferry, le Langham-Hôtel

Publié le par Perceval

Depuis qu'Anne-Laure de Sallembier rencontrait des anglais, et si elle avait l'occasion de les entretenir sur la légende arthurienne, beaucoup d'entre eux dont Winston Churchill, prétendent qu'il existe toujours des ''round table groups'' à Oxford ou à Cambridge en particulier... Bien-sûr cela excitait l'intérêt d'Anne-Laure...

 

Anne-Laure ne se doutait pas qu'elle irait sur place, de surprise en surprise... Et, il semble que la première remarque qu'il lui vient à la suite de ce séjour anglais, c'est qu'elle n'a jamais autant ri... ! Les anglais sont très soucieux de règles de bienséance, qu'il convient en public de ne pas transgresser, même les originaux - qui semblent plus nombreux qu'ailleurs - restent dans le cadre... Pourtant, quand un groupe crée son intimité et s'y sent en sécurité, et uniquement là, toutes les conventions peuvent sauter... Il faut dire qu'Anne-Laure ne va pas visiter n'importe quels groupes : il s'agit de la société des ''Apôtres'', du Bloomsbury group et de la Fabian Society, et finalement aussi quelques décevants ''round table groups'' ..  Et, c'est plutôt étonnant... !

Le voyage commence à la gare Saint-Lazare ...

Dieppe, doyenne des stations balnéaires, a toujours attiré les parisiens, au point - certains le diront - que la terrasse du Casino semble un prolongement du boulevard des Italiens...

On parle encore de ce week-end suivi du pont de l'assomption, où des centaines de mille de parisiens ( un demi-million ) se sont pressés pour quitter une ville assiégée par la canicule, et se sont dirigés vers la gare St-Lazare, aspirant aux bains de mer... ... A Dieppe, les plages étaient bondées, et les hôtels ne purent accueillir tout le monde... Par centaines, les touristes durent se coucher sur les galets...

Pour les voyageurs en partance vers le Royaume-Uni ; à Dieppe, on quitte le train, pour s'embarquer sur un ferry...

En 1913, le billet simple Paris Londres, départ St Lazare, valait 48.25 F en première classe ( un ouvrier qualifié gagnait en 1913 entre 3.50 et 4 F par jour, soit au mieux 100 F par mois). La liaison par Dieppe Newhaven était réputée "la plus pittoresque et la plus économique".

Le bateau se nomme ''Le Newhaven'' il n'assure son service que depuis le 2 juin 1911. 92 m de long, 10,55 m de large, avec un tirant d'eau de 2,91, le Newhaven se distingue par ses aménagements luxueux et sa rapidité : il effectue la traversée en 2h45, soit une moyenne de 24 noeuds, et peut embarquer jusqu'à 1000 passagers et 4 automobiles.

Arrivés à Londres ; Anne-Laure de Sallembier et J.B. se rendent au Langham-Hôtel où ils sont attendus. Le quartier, où résident les différentes personnes à contacter, est à proximité...

L'hôtel est un bâtiment grandiose ; avec ses 600 chambres sur 10 étages, il a bénéficié lors de son ouverture des premiers ascenseurs hydrauliques de la ville.

Ici, Oscar Wilde (1854-1900) a écrit ''The Picture of Dorian Gray'', c'était en 1890... La romancière romantique Maria Louisa Ramee ( Ouida) y a vécu plusieurs années, recevant ses visiteurs allongée dans son lit, entourée de ses manuscrits, tout en écrivant.. avec des masses de fleurs violettes; ses factures de fleuriste montaient fréquemment à 200 £ par semaine.

L'explorateur, journaliste et député gallois Sir Henry Morton Stanley (1841-1904) séjourna fréquemment au Langham. En 1869, James Gordon Bennet du New York Herald l'envoya chercher en Afrique l'explorateur et missionnaire écossais David Livingstone (1813-1873). Stanley est resté au Langham pendant qu'il préparait son voyage. Le 3 novembre 1871, il trouva Livingstone près du lac Tanganyika, où il prononça son salut historique et décontracté: «Dr. Livingstone, I presume ? »

… Lorsque le journaliste américain Stanley a publié son livre ''How I Found Livingstone'' en 1872, il était déjà célébré comme un héros. Après la mort de Livingstone en Afrique en 1873, Stanley est revenu à Londres, où il a étudié les dossiers concernant la mort de Livingstone. Le journaliste resta bien sûr au Langham, comme il le fit en avril 1874, lorsque le cadavre de Livingstone arriva à Londres pour être enterré à l'abbaye de Westminster. C'est la nuit de l'enterrement que Stanley a décidé dans sa chambre du Langham de faire un grand voyage d'exploration vers les grands lacs et la source du Nil, puis en descendant le fleuve Congo jusqu'à la mer. Mark Twain, également a séjourné dans cet hôtel... Les voyageurs américains y sont toujours nombreux... L'hôtel produit un guide de Londres relié et de poche ( jusqu'en 1914) ...

L'empereur Napoléon III a passé une grande partie de son exil forcé de France au Langham, où il a occupé une suite au premier étage.

Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930), le créateur de Sherlock Holmes, était un visiteur régulier de l'hôtel ; il en parle dans plusieurs de ses histoires... Enfin, mais je pourrais parler de bien d'autres... Antonin Dvorak à partir de 1884 vient régulièrement, il y aurait écrit sa Symphonie n ° 8 en sol mineur spécialement pour le public anglais.

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1900 – L'occultisme - Lady Caithness (1)

Publié le par Perceval

Beaucoup de femmes trouvent de l'intérêt à la mouvance théosophique, quant à leur ''émancipation '' dans la société et aussi, pour celles qui y accèdent, pour leur sexualité.

En effet, ''On'' considérait que le corps féminin était un obstacle au développement spirituel .. ! Et des femmes, comme Lady Caithness, développent un discours différent...

María Estuardo duchesse de Pomar par Winterhalter

Lady Caithness, présidente de la société théosophique de Paris, est née Maria Mariategui en 1830 a Londres, de père espagnol et mère anglaise (catholique), les deux appartenant a des familles de la haute aristocratie... Elle se marie en 1853, avec le comte de Medina Pomar. Elle est veuve en 1868, et commence à s'intéresser au spiritisme...

En 1872 elle se marie en secondes noces avec James Sinclair, comte de Caithness, appartenant a l'une des familles les plus anciennes, et riches, de l'Ecosse. Elle publie alors '' Old Truths in a New Light,'' sa vision personnelle de la tradition occulte.

En 1877 se produit l’événement de de sa vie spirituelle: elle reçoit dans son domaine de Holyrood, en Ecosse, une révélation provenant de l'esprit désincarné de Mary Stuart (1542-1587). Elle reçoit alors des communications par la voie mediumnique – de Mary Stuart – des années durant...

Portée par les idées féministes qui circulent dans les milieux spiritualistes ; vers 1879, elle s'éloigne de son mari, et s'installe a Paris... Son mari meurt en 1881, la laissant héritière de son patrimoine : femme libre et riche …

Mary Stuart

 

Elle se lie en particulier avec Anna Kingsford ( 1846-1887) et Edward Maitland (1824-1897), qui font des longs séjours chez elle tant a Paris qu'a Nice. Des séances spirites se tiennent régulièrement chez elle ...

Entre 1883 et 1884 elle fonde la ''Société Théosophique d'Orient et d'Occident '', une branche française de la Société Théosophique de Mme Blavatsky.

Lady Caithness va mourir d' une crise d' asthme en 1895, a 1'âge de soixante-cinq ans. Son corps est inhumé avec des funérailles catholiques.

Ci-dessous: Un message de Marie, reine d'Écosse, avec son monogramme.

 

Examinons, à présent, quelques aspects de la pensée de Lady Caithness :

- Pointons l'importance pour elle du thème de la réincarnation ( alors qu'elle tient à rester dans le christianisme...)... Elle va tenter de contrecarrer l'aspect antichrétien de l’œuvre de Mme Blavatsky. A noter que, parmi les participants à ses soirées mondaines il y avait aussi un bon nombre de prélats et d'hommes d’Église...

- Un autre aspect important est celui du messianisme. Un messianisme féminin : les signes d'une ''fin des temps'' sont là : une nouvelle ère commence, et la femme jouer un rôle important...

Fujita - 1918

La société théosophique ouvre ses portes à de grandes figures féminines comme Emma Hardinge Britten, Mme Blavatsky , Anna Kingsford... Même si ces femmes se lient toujours à des personnalités masculines. Lady Caithness, elle, semble être en mesure d'affirmer son indépendance totale,surtout après la mort de son deuxième mari. A partir de ce moment elle est une femme déterminée, indépendante, riche, qui profite de sa position dans la haute société cosmopolite de son temps, et ne semble pas avoir besoin de l'appui d'un homme pour légitimer ses intérêts ou ses activités.

La Femme ou Principe féminin est au centre de sa pensée. Elle questionne l’idée que Dieu est Père et par là-même donne à la Femme une dimension spirituelle de premier ordre.

 

Le '' féminisme ' de Lady Caithness se manifeste surtout dans sa manière de lire les textes sacrés, et dans sa tentative de mettre en cause les interprétations théologiques traditionnelles, qui n'auraient pas attribué à la femme le rôle prééminent qui lui revenait. L'aspect féminin de la Divinité a été trop longtemps ignorés par les théologiens.

Alexandre Séon, "La Pensée", vers 1900

Pour ce qui est de la dimension sexuelle, certains membres de la mouvance ''occultiste'', y compris Mme Blavatsky et Anna Kingsford, défendent la valeur spirituelle de l'abstinence sexuelle, même à l'intérieur du mariage... Pour beaucoup de femmes, à cette époque, elles aspirent plus à une ''liberté du sexe', qu'à une ''liberté sexuelle'' … L'abstinence n'étant pas justifiée par des considérations de type moral, mais plus sur un discours qui porte sur la sublimation des énergies sexuelles, dirigée surtout sur le corps masculin...

 

Sa référence fondamentale reste la Bible. Son christianisme fait du Christ une figure universelle. Le Christ est l'un des grands maîtres de l’humanité, ainsi qu'un principe cosmique. Son lien avec le Jésus historique est de plus en plus tenu. La lecture et l’exégèse de la Bible sont de nature symbolique, et rappellent par bien des aspects l'approche de Swedenborg, qui reste une influence fondamentale de la mouvance spirite et de l’ésotérisme du XIXe siècle, particulièrement en France. Le sens littéral n'est que le sens exotérique du texte sacré, alors que son sens ésotérique n'est accessible qu'aux ''chercheurs'' ( volonté + grâce )...

La Bible n'est pas un livre d'Histoire ; dans le sens de la succession d’événements concrets qui mènent, de la chute d'Adam au pacte de l'Alliance de Dieu avec le peuple élu, puis a l'incarnation historiquement située de Dieu dans la chair d'un homme.

La Bible nous parle en revanche, par le biais de '' figures '', de l’évolution de l'âme sur son parcours vers l'illumination divine. Les personnages mêmes de la Bible représentent des stades, des passages, de ce chemin vers la perfection.

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L'Histoire d'Ivanhoé – selon Walter Scott ( Résumé) – 3/.-

Publié le par Perceval

L'Histoire d'Ivanhoé – selon Walter Scott ( Résumé) – 3/.-

*   Notes : Après le première partie centrée sur le tournoi d'Ashby-de-la-Zouche, la seconde le sera sur la captivité à Torquilstone ; et la troisième sur le procès de Rebecca à Templestowe, le fief des Chevaliers-Templiers...

Rappel : de Bracy à l'aide de faux '' hors-la-loi'' ont emprisonné le parti saxon, dans une forteresse ( saxonne) contrôlée à présent par le normand Front-de-Boeuf. Cela pourrait être à l'image de l'Angleterre dans son ensemble …

Les deux seules personnes à s'être échappées sont Gurth et Wamba. Ils se sont précipités dans la forêt et retrouvent Robert Locksley (l'archer du tournoi). Il va rassembler ses forces... Le Chevalier noir accepte de le rejoindre.

Cedric est un personnage intéressant dans Ivanhoé; passionné et imparfait, il souhaite désespérément rétablir le pouvoir des Saxons en Angleterre... Et Scott décrit son inquiétude pour son fils '' déshérité'', mais blessé...

Nous commençons à présent le Chapitre 23 :

L'action des chapitres suivants a lieu à Torquilstone, le château de Reginald Front-de-Boeuf.

Cédric , Isaac, Lady Rowena et Rebecca sont conduits au château de Front de bœuf , ils sont séparés, les femmes sont conduites dans des appartements, Cédric dans une vaste salle et Isaac dans un cachot.

Front de bœuf menace le vieux juif d’être torturé, s’il ne lui donne pas mille livres d’argents.

Isaac plaide pour que Rebecca soit autorisée à se rendre à York afin d'obtenir l'argent, mais on lui dit de façon inquiétante que Rebecca appartient maintenant au templier, Sir Brian de Bois-Guilbert !

Le templier Bois-Guilbert tente de convaincre Rebecca d'accepter d'être sa maitresse … Rebeca courageuse, envisage plutôt de se jeter par la fenêtre. Devant tant de courage Bois-Guilbert renonce et prend l’engagement de ne pas lui faire d’outrage , et d’attendre qu’elle lui appartienne de son plein gré...

De Bracy demande à Lady Rowena sa main en mariage, Elle refuse. Si elle ne consent pas, il menace de tuer à la fois Cédric et Ivanhoé. Elle en est tellement éplorée, qu'il en est presque ému ... L’alarme l’interrompt.


 

En dehors du château, les hors-la-loi ont planifié leur attaque. Ils ont échangé des lettres de menaces avec les Normands. Les Normands répondent que les Saxons ne quitteront jamais le château en vie... et qu'ils feraient mieux d'envoyer un prêtre entrer dans le château pour donner les derniers sacrements aux prisonniers saxons... , et ces derniers décident de tirer parti de l'offre. Ils envoient le bouffon Wamba dans le château habillé en frère pour qu'il puisse informer Cedric des projets des hors-la-loi. Les Normands amènent "le frère" dans la cellule de Cedric et Athelstane.


 

Wamba habille rapidement Cédric de son déguisement et le fait sortir du château. Auparavant, déguisé en prêtre, Cédric parcourt des salles du château en espérant que personne ne lui demandera de parler latin. Il croise Rebecca, qui a soigné Ivanhoé, et Ulrica, qui lui raconte sa vie : après que les Normands eurent pris le château à ses ancêtres saxons, elle est devenue courtisane des saxons pour sauver sa vie. Maintenant qu'elle est vieille et laide, elle est frappée et insultée....

Note : Alors que Bois-Guilbert et de Bracy font pression sur les femmes pour qu'elles se soumettent … La détermination de Rowena et Rebecca les fait fléchir … La passion qui les anime, au risque de leur vie, les rend plus humains …

Cedric rejoint le Black Knight et Robert Locksley devant les portes du château et ils commencent leur attaque contre Torquilstone. À l'intérieur du château, Rebecca a convaincu une vieille femme emprisonnée dans le château de l'emmener aux côtés d'Ivanhoé ; experte en médecine, elle s'occupe d'Ivanhoé, blessé. ( le corps inconscient d'Ivanhoé était caché et emmené avec eux à York..).

Ulrica, la vieille femme, se moque de Front-de-Boeuf et le nargue, lui rappelant qu'il est coupable du meurtre de son propre père. Pendant le tumulte, elle met le feu à Torquilstone. 

Les Normands continuent à se défendre alors même que leur château brûle autour d'eux. Rebecca est enlevée par Bois-Guilbert alors qu'Ivanhoé est trop faible pour l'en empêcher.

Le ''Chevalier Noir'' se bat vaillamment et sauve Ivanhoé des flammes. Les autres prisonniers parviennent à s'échapper par leurs propres moyens. 

Athelstane semble être tué lorsqu'il tente de bloquer l'évasion de Bois-Guilbert et est frappé à la tête avec l'épée de Bois-Guilbert. De Bracy, le normand est fait prisonnier par le chevalier noir. Le Chevalier noir murmure quelque chose à l'oreille de De Bracy, qui se rend.... Torquilstone brûle... Ulrica chante une chanson de mort inquiétante.

Dans la forêt, les hors-la-loi se félicitent d'avoir triomphé des tyrans normands. Cédric dit au Chevalier noir qu'il lui doit un service, il peut tout lui demander …

Locksley est reconnaissant au ''Black Knight'' de les avoir aidé. Le Chevalier noir demande à ce que Locksley laisse De Bracy partir en liberté. De Bracy s'en va bouleversé par certaines informations secrètes que le ''Chevalier Noir '' lui a communiquées à Torquilstone....

L'un des hors-la-loi apprend au pauvre Isaac qu'il a vu Rebecca se faire enlever par Bois-Guilbert. Isaac quitte la forêt en panique pour sa fille. Le Chevalier noir se prépare également à quitter les hors-la-loi. Il dit à Cedric qu'ils devraient se retrouver au château d'Athelstane, pour assister à ses funérailles. Wamba accompagne le chevalier noir comme guide dans la forêt.

Pendant ce temps, le prince Jean attend à York ses fidèles chevaliers, Front-de-Boeuf, Bois-Guilbert et De Bracy. De Bracy arrive en sang et sale. Il explique ce qui s'est passé à Torquilstone et confirme ce que nous pouvions soupçonner: le ''Black Knight'' est le roi Richard 1er. Le Prince Jean envoie un groupe d'hommes le tuer puisque, il serait seul sur la route...

Isaac se précipite chez la communauté des Templiers de Templestowe pour tenter de négocier avec Bois-Guilbert la liberté de sa fille Rebecca. Malheureusement pour Isaac, il tombe sur Lucas Beaumanoir, le Maître des Templiers. Ce Beaumanoir est un homme sévère et inflexible. Il déteste les juifs et les femmes...

Lorsqu'il apprend que Bois-Guilbert a capturé une femme et de plus juive, il blâme immédiatement Rebecca au lieu de Bois-Guilbert. Beaumanoir affirme que c'est la sorcellerie de Rebecca et non la faiblesse de Bois-Guilbert qui est à l'origine de sa présence à Templestowe.... Mais, Bois-Guilbert se trouve de plus en plus amoureux de l’indomptable Rebecca, qui continue de rejeter ses avances.

Beaumanoir décide d'organiser un procès pour sorcellerie contre Rebecca.

Bien sûr, Rebecca est condamnée à mort pour crime de sorcellerie. Avant son exécution, Beaumanoir accepte de lui faire subir le jugement de Dieu avec un combat. Il nomme Bois-Guilbert en tant que représentant des Templiers. Si un champion accepte de se battre pour Rebecca, ils se battront en duel. Si le templier gagne, Rebecca sera tuée et s'il perd, il mourra lui-même... !  Rebecca donne à son père une note lui demandant de faire venir Ivanhoé. Même s'il est blessé, elle pense qu'il est le seul homme susceptible de la défendre lors d'un procès au combat.

Nous avons coupé au chevalier noir à travers la forêt avec Wamba. Le Roi Richard est pris en embuscade par un groupe d'assassins ( mené par Waldemar Fitzurse ) envoyés par le prince Jean. Il appelle au secours les hors-la-loi et ils arrivent pour l'aider. Une fois que les hors-la-loi voient que le chevalier noir n’est autre que le roi Richard Ier, ils lui rendent hommage.... Le roi Richard leur pardonne actions passées et promet d'aider à réparer les torts qui les ont menés dans la forêt. Robert Locksley, le capitaine hors-la-loi, se présente sous son vrai nom: Robin Hood ( Robin des Bois) … Chacun connaît à présent la véritable identité de chacun...

Ivanhoe et Gurth les rejoignent, et tous se rendent au château d'Athelstane pour son inhumation …

Au château d'Athelstane, le roi Richard fait promettre à Cedric de pardonner à son fils , Cédric accepte de se réconcilier avec Ivanhoé... Soudain, Athelstane semble revenir des enfers des morts... Il n'avait été que blessé... ! Il raconte comment il a pu se délivrer de son propre cercueil et exhorte Cedric à accorder Rowena à Ivanhoé, affirmant qu'il est indigne d'elle.  Un messager arrive avec le message d'Isaac pour Ivanhoé. Ivanhoé s'en va immédiatement pour aider Rebecca, suivi de près par le roi Richard.

Le lendemain, les Templiers se rendent sur le terrain de duel. Un bûcher est déjà mis en place pour brûler Rebecca si son champion perd ou ne se montre pas. Juste à temps, un chevalier arrive: c'est Ivanhoé... . Même s'il est toujours blessé, il ne laissera pas Rebecca brûler sans défense. Ivanhoé et Bois-Guilbert préparent leurs lances et montent l'un contre l'autre. Lors de la joute, Ivanhoé est tellement épuisé et faible qu'il tombe de son cheval au tout premier passage. Mais de Bois-Guilbert tombe également sur le sol : il est mort, tué par l'intensité de ses passions contradictoires... Beaumanoir prend cela comme preuve que Dieu est du côté de Rebecca et la libère.

Le Roi Richard renvoient Beaumanoir et les Templiers d' Angleterre … Il arrête ou exile les chevaliers normands qui ont rejoint la rébellion de son frère... Cédric abandonne enfin le rêve de voir un roi saxon sur le trône d’Angleterre. Il voit à présent tous les avantages à ce que son fils Ivanhoé à épouse Rowena.

Peu de temps après leur mariage, Rowena reçoit un visiteur surprise: Rebecca. Elle veut la voir avant de quitter le pays. L'Angleterre a trop de préjugés contre les juifs pour que Rebecca et Isaac se sentent à l'aise ici. Ils ont décidé de rejoindre l'Espagne, où ils ont de la famille. Cependant, Rebecca souhaite laisser une boîte à bijoux à Ivanhoé et à sa famille. …

Ivanhoé poursuit une carrière héroïque sous le roi Richard, jusqu'à ce que la mort prématurée du Roi – à Châlus près de Limoges - mette fin à tous ses projets mondains.

 

 

Ivanhoé a été blessé pendant plus du tiers du livre... Son seul acte héroïque a été de remporter le tournoi, et il l'a fait non pas en tant que Ivanhoé mais en tant que ''The Disinherited Knight''.

Ivanhoé représente la plus haute fleur de la chevalerie, et nous ne voyons presque jamais les événements de son point de vue. Son histoire d'amour avec Rowena est un thème secondaire de l'intrigue. L'important, ici, c'est le rôle d'Ivanhoé comme représentant les tensions entre les Saxons et les Normands

Ivanhoé est un Saxon qui entretient des relations étroites avec un roi normand. Il suggère un modèle de comportement différent de celui proposé par Cédric, férocement anti-normand. L'intérêt de Walter Scott pour l'Histoire l'amène à proposer avec Ivanhoé un exemple dans l'orientation prise par l'histoire anglaise ; lors du retour de Richard des Croisades, le temps de l'unification … Remarquons, qu'au moment où Scott écrit son roman, rien ne distingue l’Angleterre normande de l’Angleterre saxonne. Cependant, en 1194, Richard fut contraint de reprendre le pouvoir à Jean et à la noblesse; il fut en fait re-couronné en avril 1194...

Le procès de Rebecca, ternit l'image des Templiers, il souligne l'horrible injustice de la procédure. W. Scott s'engage ainsi contre les préjugés médiévaux ( et de son époque …) envers les juifs. Rebecca, belle, admirable et impuissante, est menacée de toutes parts par d’énormes guerriers immoraux.

Le début de la scène du jugement de Dieu par le combat, crée une tension très particulière, alors que la foule attend de voir si un héros arrivera pour la sauver et que De Bois-Guilbert commence à désespérer. Enfin, un chevalier héroïque arrive sur les lieux pour sauver Rebecca. 

Un chevalier chrétien, qui accepte de se battre contre un chrétien, pour une juive … !

Mais le héros est tellement fatigué, déjà pour s'être précipité sur les lieux qu'il perd ses forces le combat, et pour se retrouver soudainement victorieux puisque son adversaire meurt subitement ! Cette fin, est acceptable à la période romantique où se roman est écrit.  Ivanhoé est plus un produit du temps pendant lequel il a été écrit (1819) que du temps pendant lequel il se passe (1194).

Ivanhoé est avant tout un roman d'aventures. Sa popularité et sa longévité lui valent une place parmi les grands romans historiques de tous les temps.

Walter Scott met en lumière un des épisodes critiques concernant un moment important de l’histoire anglaise, le retour du roi Richard Cœur de Lion en Angleterre après quatre années passées à se battre dans les croisades et à croupir dans les prisons autrichiennes et allemandes.

La narration est très rythmée,  passant d’un tournoi à un enlèvement, d’un siège à un procès de sorcellerie. L’intrigue se clôt sur le mariage d’Ivanhoé et de Rowena, symbole de la fusion entre Normands et Saxons, et prémisse de la nation anglaise.

 

*   Note : Il paraît que le siège du château de Châlus en Limousin, où est mort en 1199 Richard Cœur de Lion, a fourni à Walter Scott le canevas du siège du château de Front-de-Bœuf.

« Scott est certainement l’écrivain le plus étonnant d’aujourd’hui... Je ne connais pas de lecture où je me plonge avec autant de plaisir » William BYRON

« Le vrai délice des romans de Walter Scott vient de ce que nous y prenons connaissance du temps passé, non à travers le style ampoulé des tragédies françaises... mais comme s’il s’agissait de la vie quotidienne ». Alexandre Serguéievitch POUCHKINE

« Quel est donc le prestige employé par Sir Walter Scott pour nous tenir attachés à la lecture de ses romans comme l’avare couve des yeux un trésor qu’il craint de voir diminuer ? Ce prestige, ce talent, consiste dans l’art d’exciter la curiosité(...) de soutenir l’attention par des incidents inattendus, d’alimenter l’intérêt par des situations qui aggravent sans cesse l’embarras des personnages... » HOFFMANN

Lecteur admiratif de Walter Scott, DELACROIX a exécuté de nombreuses toiles inspirées par la lecture de ses œuvres...

Un jugement négatif cependant, celui de CHATEAUBRIAND :
« L’illustre peintre de l’Ecosse me semble avoir créé un genre faux ; il a selon moi perverti le roman et l’histoire : le romancier s’est mis à faire des romans historiques, et l’historien des histoires romanesques ». 

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L'Histoire d'Ivanhoé – selon Walter Scott ( Résumé) – 2/.-

Publié le par Perceval

Notes : Nous avons vu avec Isaac et Rebecca, un élément de l’atmosphère religieuse de l’Angleterre du XIIe siècle, les Juifs d’Europe sont dans une situation terrible; ils sont méprisés par les chrétiens, maltraités et insultés ( un ''chien'' …!) par tout le monde autour d'eux, simultanément accusés pour leur pratique de "l'usure" (prêt d'argent et de collecte d'intérêts) et convoités pour leur immense richesse. Une taxe est imposée à tous les Juifs par l'autorité anglaise, elle est connue sous le nom d'Echiquier des Juifs. 

A Noter encore : les tensions entre saxons et normands... La loyauté d'Ivanhoé envers le Roi Richard, la haine de son père 'Cedric le saxon' pour tous les Normands, la noblesse de Rowena... - Wamba et Gurth, sont des représentants de la plus basse classe sociale. Le templier ( belliqueux et antipathique …) : les templiers n'ont pas encore été réhabilités... !, - L'ermite ( faux ascète …) représente différentes facettes de l'église médiévale...

À l'insu de son père, Ivanhoé est récemment rentré en Angleterre déguisé en pèlerin religieux. Sous l'identité du ''Chevalier Déshérité'', il participe au grand tournoi d’Ashby-de-la-Zouche. Avec l'aide d'un mystérieux chevalier noir, il vainc son grand ennemi, le templier Brian de Bois-Guilbert, et remporte le tournoi. Il nomme Rowena la reine de l'amour et de la beauté et révèle son identité à la foule. Mais il est grièvement blessé et s’effondre sur le terrain. 


 

( Chap 13) Prince Jean a cédé le château d’Ivanhoé à Sir Reginald Front-de-Boeuf... Maurice de Bracy et Waldemar Fitzurse insistent sur le fait que Front-de-Boeuf devra quitter le fief d’Ivanhoé.

Le prince Jean reçoit un message de France qui annonce que Richard serait libéré de sa prison autrichienne. Prince Jean et ses conseillers, Waldemar Fitzurse, Maurice de Bracy et Reginald Front-de-Boeuf, imaginent des plans pour empêcher Richard de revenir au pouvoir en Angleterre.

Le concours de tir à l’arc est à l’ordre du jour. Locksley ( Robin des bois) gagne sur Hubert, le champion du roi, le concours de tir à l’arc, le cor et jure fidélité au roi Richard.

Lors d'un Banquet où tous essayent de faire bonne figure, Cédric lève son verre à la gloire de Richard Cœur de Lion ce qui rend prince Jean furieux.

Waldemar se hâte de fidéliser les hommes et de vouloir faire couronner le Prince Jean au plus vite. De Bracy veut enlever Lady Rowena avec l’aide de Bois-Guilbert. Waldemar lui dit de se méfier de ce dernier.

Le chevalier Noir est sur la route. Il force l’hospitalité d’un ermite, qui se montre moins ascète qu'il ne prétend … et met tout ce qu’il a sur la table. Il a une armoire remplie d’armes. ( fin du Chap 17)

Aparté … ! L’apparition dans ce récit de Robin Hood ( Robin des Bois): Locksley, le vainqueur du concours de tir à l’arc, pourrait étonner le lecteur tout comme l'ermite de Companhurst dans la forêt ressemble étrangement à Frère Tuck... Au moment où Scott écrit, la légende de Robin des Bois est déjà inscrite dans le folklore anglais depuis des siècles... La survenue de Robin Hood en tant que personnage dans cette histoire est faite uniquement pour le plaisir du lecteur...

Bien que Cédric n'ait pas réussi à pardonner à Ivanhoé d'avoir quitté l'Angleterre pour la Croisade et se battre aux côtés du Roi Richard, il s'inquiète néanmoins de la blessure de son fils. Il dépêche Oswald pour le surveiller. Cédric découvre que Gurth sert Ivanhoé sous un déguisement et le fait prisonnier ; Gurth s'échappe...

Notes : Oswald est le ''cupbearer'' de Cedric. Cela signifie littéralement qu'il porte la tasse de Cedric, mais aussi qu'il est chargé de veiller à ce que son seigneur soit approvisionné en vin. Cédric, qui aime son vin, valorise clairement Oswald en tant que serviteur et semble proche de lui. 

Dans la forêt, les saxons ( Cédric, etc ...) rencontrent Isaac et Rebecca, qui accompagnent un vieil homme très malade sur une litière. Rebecca demande à voyager avec les Saxons pour se protéger des ''outlaws'' et Rowena implore son tuteur de l'accepter. Il le fait et le groupe continue son chemin.

Soudain, la troupe ( les saxons, Rowena, Isaac, Rebecca...) est assaillie, et faite prisonnière... Ce sont les hommes de Bracy, déguisé en hors-la-loi ( outlaws) de la forêt... Wamba a réussi à s'échapper et a rejoint Locksley et les véritables outlaws...

Notes : je rappelle que Maurice De Bracy est un chevalier normand allié au prince Jean. Jean envisage de marier de Bracy à Rowena, mais de Bracy, impatient, enlève son parti sur le chemin du retour d'Ashby...


Locksley décide d'aider à libérer les saxons de De Bracy ; il va chez l’ermite et le découvre en compagnie du ''chevalier noir'' buvant et chantant toujours... Le clerc et le chevalier acceptent avec enthousiasme d'aider à secourir les prisonniers.

Les hommes de De Bracy emmènent les prisonniers à Torquilstone, le château de Reginald Front-de-Boeuf. Lady Rowena est séparée de sa suite. Rebecca est enlevée à Isaac. Isaac est jeté dans un sinistre cachot et se voit imposer un ultimatum: soit donner mille pièces d'argent à Front-de-Boeuf, soit subir la torture . Isaac propose que Rebecca soit autorisée à se rendre à York pour obtenir l'argent, mais on lui dit de façon inquiétante que Rebecca appartient maintenant au templier, Sir Brian de Bois-Guilbert. Isaac est alors prêt à défier le chrétien plutôt que de payer, à moins que sa fille soit libérée. Les esclaves sarrasins de Front-de-Boeuf déchirent le vêtement d'Isaac et le préparent à la torture, mais le son d'un clairon aux portes, suivi par des voix exigeantes qui inquiètent Front-de-Boeuf, stoppe momentanément la procédure. ( Fin du Chap 22)

A suivre ....

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L'Histoire d'Ivanhoé – selon Walter Scott ( Résumé) – 1/.-

Publié le par Perceval

L'Histoire d'Ivanhoé – selon Walter Scott ( Résumé) – 1/.-

Wamba ( fou ou bouffon de Cédric) et Gurth (serf de ''Cedric le saxon'' et gardien de troupeau de porcs) sont dans la forêt. Ils rencontrent une cavalcade composée d’ecclésiastiques ( dont le prieur Aymer de l'abbaye de Jorvaulx) et de chevaliers dont un templier (hautain et violent, «  à la tête de Sarrasin... ») , qui demandent le chemin pour aller chez Cédric le saxon. Wamba leur indique une fausse route ...

Ivanhoé - Conisbrough Castle, home of Cedric the Saxon (1871 edition)

Les cavaliers, finalement conduits par un pèlerin, arrivent dans la demeure de Cédric... Le prieur Aymer de Jorvaulx et le chevalier templier Brian de Bois-Guilbert avec leur escorte demandent l'hospitalité pour une nuit. Cédric le saxon les accueille, bien que ''normands'', avec hospitalité et politesse et les convie à dîner à sa table... Le pèlerin, lui aussi prend place près d'une cheminée. Lady Rowena arrive avec majesté … De Bois-Guilbert est frappé par sa beauté: il la regarde avec audace, au grand dam de Cédric.

Rowena demande des nouvelles de la Palestine...

( Chap 5) Alors que les convives se régalent l’intendant les informe qu’un juif qui se nomme Isaac d'York est devant le porche, et qu’il demande asile. Cédric accepte et dit qu’il ouvre sa table à tout le monde. Mais le juif ne semble pas le bienvenu, seul le pèlerin lui offre une place ...

Durant le repas, les personnes autour de la table évoquent la Palestine et les templiers ce qui mènent à parler d’Ivanhoé, un personnage inconnu de tous.

Le pèlerin prend la parole pour défendre l'honneur des chevaliers anglais ; et de celui d'Ivanhoé que le templier dit souhaiter le provoquer en tournoi.

Le pèlerin est appelé par Lady Rowena qui espère des nouvelles de la santé d’Ivanhoé. Il ne sait que des ouï-dires, et qu'il devrait revenir... .

Le pèlerin entend les esclaves sarrasins de Bois-Guilbert en conversation; il parle leur langue et découvre que le templier a l'intention de dépouiller le juif de ses biens. Le pèlerin sauve le juif, avec la complicité de Gurth à qui le pèlerin a confié quelques mots cachés ... Le juif qui a reconnu chez le pèlerin les éperons d'or d'un chevalier, pour le remercier lui offre le moyen de récupérer un cheval et une armure pour le tournoi.

 

Bien que le Roi Richard soit absent et prisonnier du perfide duc d'Autriche. Bien que le prince Jean, ligué avec Philippe de France, use de tous les moyens pour prolonger la captivité de son frère …

C’est la journée de tournoi d'Ashby de la Zouche et un jour de fête. Cette passe d’armes attire des personnes de tous les rangs...

Le juif Isaac, vêtu avec richesse, est là avec sa fille, la belle Rebecca. Prince Jean, qui est en train de demander un prêt important à des Juifs, ne s'y oppose pas , alors que les Saxons, en particulier Cedric et Athelstane, insistent sur le fait que les incroyants ne devraient pas être autorisés à occuper les sièges, et que les Normands les narguent. Le Prince Jean est frappé de la beauté de Rebecca... et vexe le saxon Athelstane de Coningsburgh, le tout au détriment du juif Isaac... Le bouffon Wamba sauve la situation...

Dans une tribune est placé un trône réservé à la future ''reine d'Amour et de Beauté'' que le vainqueur du tournoi désignera...

Le prince Jean fait signe de commencer et ses chevaliers s’avancent lentement dans l’arène.

Après plusieurs combats, il semble que Brian de Bois-Guilbert puisse remporter le prix... Mais... Un chevalier inconnu provoque le templier ; sur son bouclier, un jeune chêne déraciné et un seul mot: '' Déshérité'' et gagne le tournoi. Il refuse d'enlever son casque et de montrer à tous son identité, et il choque les Normands assemblés en choisissant Lady Rowena, une Saxonne comme reine des Amours, qui ainsi doit présider la fête de demain... ( Chap 9)

 

Le chevalier inconnu refuse tous les honneurs et le festin du aux vainqueurs. L’écuyer de Bois-Guilbert vient lui donner de l’argent, une rançon et une armure telle la loi des armes. Il refuse mais prend la moitié de la rançon pour payer au juif son armure emprunté.

Il envoie Gurth, devenu l'écuyer du '' Déshérité'' , payer Isaac. Mais sa fille Rebecca rembourse tout en cachette. Gurth est heureux, il a bien gagné sa journée.... !

Si le chevalier refuse de dire son nom ; Prince Jean craint qu’il ne s’agisse de Richard, son frère, dont il a volé le royaume.

 

Le lendemain: la deuxième partie du tournoi a lieu. La foule acclame la Reine de Beauté...

Le Déshérité en difficulté, finalement gagne grâce à un chevalier Noir.... Et le Prince Jean décide de désigner le chevalier noir comme celui qui s'est le mieux conduit... Mais la foule et les hérauts le forcent à désigner le chevalier ''Deshérité''... Après ce combat ; faible, le chevalier ne peut empêcher qu'on lui enlève son casque : Rowena pousse un cri, elle reconnaît le chevalier Ivanhoé, il baise la main de la Reine de Beauté, et tombe évanoui... ( Fin du Chap 12)

A suivre ....

Sources des images: The Project Gutenberg EBook of Ivanhoe, by Walter Scott

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