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Articles avec #lieux de legende tag

L'Histoire de Lancelot, du pays de Passais -5- La Légende arthurienne

Publié le par Perceval

Pour nous, lecteurs, c'est au XIIe siècle que tout commence... C'est le temps de la transcription des légendes arthuriennes.. Elles deviennent mythes ( avec le Graal...), parce qu'elles sont l'expression mystérieuse d'une ''foi'' en ce temps là.... Je dis ''légendes'', parce qu'elles s'appuient sur des personnages, sur des lieux, qui ont laissé des traces...Il suffit de se promener autour de chez soi, pour rencontrer leurs sépultures, les localités, ou les châteaux où ils ont vécu, les chapelles ou églises qu'ils ont fondé...etc

Quand un lieu incarne une histoire qui vient de loin dans le temps, cette histoire devient une légende... Il ne s'agit pas ici de croyance, mais de l'aptitude à ressentir en soi, l'action d'une symbolique qui s'exprime à travers des images, des histoires, de la musique, de la peinture ...etc

 

L'ermite est une figure essentielle dans les récits autour des chevaliers de la Table Ronde. Il peut être lui-même un ancien chevalier ; il fournit l'accueil spirituel, le logis et même une formation...

Perceval, après son échec au château du Roi Pêcheur, alors que cinq années ont passé pendant lesquelles il s'est illustré par des exploits chevaleresques, semble avoir oublié, sa quête, Dieu et la religion... Perceval rencontre sur son chemin, trois chevaliers et dix dames qui portent le capuchon et marchent pieds nus, en acte de pénitence, ils lui apprennent que ce jour est le Vendredi Saint, et lui reprochent sa conduite... Enfin, ils lui indiquent comment aller chez un ermite.

Perceval décide de se repentir de ses péchés et va chez l'ermite... Il apprend qu'il est son oncle et que le roi Pêcheur est également son oncle et que le Saint Graal qu’il a vu dans le château contient l’hostie que l’on sert au père du roi Pêcheur depuis 12 ans et que c’est à cause de la douleur qu’il a donnée à sa mère, qu’il n’a rien demandé au sujet du Graal: là est son péché...

L'ermite lui enseigne à faire pénitence, à aimer et croire en Dieu, à honorer les hommes et les femmes d’honneur ; à secourir les filles, les veuves et les orphelins en difficulté ; et aujourd'hui, à déjeuner comme lui, et se préparer pour communier, le jour de Pâques...

 

Lors des aventures de Lancelot, la rencontre avec l'ermite ponctuent les épisodes... L'ermite est un chevalier âgé ; il lui donne de judicieux conseils pour prévoir la suite... Blessé, l'ermite du Plessis le soigne...
L'ermite n'hésite pas à se présenter pour faire des reproches, il prophétise... La figure de l'ermite va remplacer celle de Merlin. A côté de la forêt comme lieu des démons, du désert, de l'initiation; il y a la fontaine liée à l'ermitage, qui apporte la guérison...

Je pense à la fin du parcours de Lancelot, quand délaissé par Guenièvre, il fuit dans la forêt, devient homme-sauvage; puis, conduit à la repentance, s'isole jusqu'à la fin de ses jours...

Lassay est donc le lieu où s'établit Fraimbault, devenu ermite, au VIe siècle...

 

Fraimbault de Lassay ( Frambaldus de Laceio) dont le nom signifie littéralement le lancier du lac ( De fram baldo: le porteur de framée, lance de jet chez les germains.) (fram = la lance, baldo = porter, laceio = le lac)...

L'eau est dans cette histoire un élément important ; on la retrouvera dans l'image du trèfle ( en cartomancie, en alchimie, le trèfle évoque les esprits des eaux... )...

« certains cabalistes ont prétendu reconnaître dans les cartes, les esprits des quatre éléments. Les carreaux sont les salamandres, les cœurs sont les sylphes, les trèfles les ondins, et les piques les gnomes. » le dictionnaire infernal de Collin de Plancy 1863.

Dans les jeux de cartes, le Valet de trèfle, porte le nom de Lancelot. En cartomancie, le valet de trèfle peut annoncer une rencontre amoureuse ''embarrassante''..

 

Le personnage de Lancelot, apparaît en littérature sous la plume de Chrétien de Troyes, vers 1168 dans "Le chevalier à la charrette"...

Lancelot du Lac, le meilleur chevalier du Monde, fils de Ban de Banoïc, dont le château est entouré d'eau et de marais, est né aux'' marches'' de Gaule et de Petite Bretagne... On le retrouve, vers 1223, dans le roman en prose ''le Lancelot-Graal'' : une œuvre de référence, sans cesse adaptée jusqu'à nos jours (avec la version de Malory).

Selon la légende arthurienne, Lancelot est de la lignée de Joseph d'Arimathie, premier détenteur du Graal...

Georges Bertin, à la suite de René Bansard et de J.-Ch. Payen, relève une source d'inspiration probable pour Chrétien de Troyes, dans les récits qui entourent la vie de saint Fraimbault de Lassay.

Le chevalier sans nom, qui a pour patronyme, son attribut la lance ; nous ramène à Fraimbault de Lassay, (Frambaldus de Laceio ) ou le porteur de lance du lac... Tous deux sont issus de famille noble, et coupent le lien familial... Tous deux vivent l'initiation, par une mise en retrait chez la Dame du Lac, ou le monastère... Tous deux sont associés au conte de ''la Charette''... et tous deux finiront leurs jours comme moine...

La charrette des morts – dans les traditions locales - renvoie à celle qui vient de l’autre monde et que nul ne peut apercevoir sans mourir... La charrette des condamnés, également, est le symbole de la dégradation publique. Chrétien de Troyes nous l’explique, et décrit ce véhicule comme une marque d’opprobre, et... le moyen de parvenir dans l’au-delà. Lancelot demande au nain qui conduit la charrette infâme s’il n’a pas vu passer la reine... Le nain pour retrouver la reine, l'invite à monter dans la charrette... Lancelot hésite entre son '' honneur '' et son devoir de sauver la reine qu’il n’a jamais vue. Et, Lancelot devient le “ Chevalier de la charrette ” qui indique la dégradation, subie volontairement, et qui lui porte ombrage, même vis à vis de la Reine qu'il sauve pourtant... Gauvain, lui, refuse résolument de monter sur la charrette d’infamie...

Fraimbault, lui aussi fils d'un puissant, s’enfuit du palais paternel pour entrer au couvent. Son père le fait rechercher, et réfugié à Ivry-sur-Seine, il se terre dans une grotte, qu’une subite inondation du fleuve proche rend inaccessible.

Beaucoup plus tard, le saint doit charrier des pierres pour la construction d’une église, il demande à un charretier de l’aider au transport ; l’homme lui répond qu’il transporte déjà un mort dans sa charrette. En arrivant à destination, le charretier a la surprise de trouver son propre maître, mort au fond du véhicule, et revient supplier saint Fraimbault de rendre la vie au cadavre.

Cette charrette des morts, nous renvoie à celle qui vient de l’autre monde et que nul ne peut apercevoir sans mourir...

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L'Histoire de Lancelot, du pays de Passais -4- Saint-Fraimbault de Lassay

Publié le par Perceval

Le Passais, une région entre Normandie et Maine au sud de Domfront, est le lieu du début de cette histoire. ''passus'' signifie précisément ''passage'' ( je parlais aussi de ''passage'' pour ce temps Ve, VI e siècle..) ; nous sommes entre Normandie et Bretagne, pays de marches dit-on, la ''Marche '' d'un pays à un autre …

Et, curieux hasard... - mais, il n'y a pas de hasard – Fraimbault vient précisément de la ''Haute Marche'' nord du Limousin et nord de l'Auvergne... Je rappelle qu'un ancêtre de Lancelot de Fléchigné, est Roger de Laron, seigneur templier du nord-Limousin...

L'évêque du Mans, fait appel à des ermites pour christianiser cette région isolée, faite de collines et de landes, ce lieu de passage donc...

Saint Fraimbault ( Saint Frambourg chez les Francs) naît vers 500 ; son père gouverne une région correspondant à l'Auvergne pour le roi Clovis... De famille noble et riche, il est préparé pour briller à la cour royale... Il rompt avec sa famille, et devient tel un chevalier errant, animé d'une quête spirituelle, il choisit la solitude boisée du Passais...

Lassay est l'un des lieux où s'établit Fraimbault, devenu ermite, au VIe siècle... Mort en 570, il est enterré dans son monastère de Lassay.

On a identifié la pierre tombale de Saint Fraimbault, à une pierre intégrée dans un angle de la façade nord de l’église de Saint-Fraimbault-de-Lassay (pierre tombale mérovingienne de réemploi portant trèfle et graal)... De nombreux miracles eurent lieu sur son tombeau et les foules de pèlerins n'ont cessé d’affluer jusqu’à la fin du VIe siècle...

 

Le roi franc Clotaire ( un autre fils de Clovis) va réunifier le royaume des Francs ; scandaleux, sacrilège et meurtrier, on a vu qu'à la fin de sa vie il recherche la compagnie des saints, en particulier l'ermite Fraimbault... Et, peut être grâce à Radegonde, l'une et préférée de ses épouses, qui ayant fui la cour royale et s'est installée à Poitiers où elle a fondé l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers, dont elle est devenue simple religieuse. 

 

Grégoire le Grand (540-604) est fonctionnaire, préfet de la ville de Rome, il abandonne ses fonctions pour devenir moine... Mais, on le choisit comme pape, il proteste … Il va fixer la liturgie, réformer la discipline ecclésiastique, propager l'ordre bénédictin, envoyer des missionnaires, et encourager ainsi les bénédictins à faire œuvre civilisatrice...

De vieux mondes s'éteignent, au profit d'un monde nouveau , fondé sur une manière commune de penser, et de vivre... Une nouvelle civilisation s'élabore...

Boniface de Mayence (680-754), christianise les germains, et pourfend la religion païenne ; il sera assassiné... Il ne manque pas également de combattre ceux qui voudraient se servir de la nouvelle religion pour asseoir leur pouvoir...

Selon le propre témoignage de Boniface : à l'intérieur de l'Eglise règnent, la concussion, la simonie, les pratiques les moins avouables... Les évêques doivent leur existence à la ''générosité'' des puissants... Il cite Aldebert (vers 730) comme imposteur et hérétique qui élève des églises en son honneur, distribue des reliques personnelles ( cheveux, ongles...). Le Scot Clément ( vers 745), prêtre et faux évêque, hérétique et concubinaire ; Milon évêque de Trèves et de Reins, grand chasseur et jouisseur ; Gewiliob, évêque de Mayence, assassin....

Charles Martel (688-741), franc et ''maire du palais'' ( sorte d'intendant du roi) détient la réalité du pouvoir. Pépin le bref (714-768) dépose le roi, et ''acclamé'' reçoit l'investiture de Roi des Francs par le pape...

 

Vers l'an mil, c'est l'épouse d'Hugues Capet (~940-996), reine des Francs, fille du comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, petite-fille du chef viking Rollon... Adélaïde d'Aquitaine, qui demande que le corps de Saint Fraimbault soit transporté à Senlis ( son chef est conservé à Lassay), dans la chapelle royale; Senlis où Hugues Capet est acclamé et proclamé Roi en 987, pour contribuer à la prospérité de la famille royale...

 

Au XIIe siècle, Aliénor d'Aquitaine, d'abord comme reine de France puis comme souveraine anglo-normande, et après elle sa fille, Marie de Champagne vont poursuivre la dévotion... St Fraimbault a alors la même notoriété que Saint-Denis. En 1177 à Senlis, avec Louis VII, ont lieu les ostensions solennelles des reliques de St Fraimbault...

Henri II Plantagenêt et Aliénor d'Aquitaine font de fréquents séjours à Domfront, où naît leur fille Aliénor de Castille, en 1161... La cour d'Aliénor, puis de Marie de Champagne s'entourent des meilleurs écrivains dont Chrétien de Troyes, qui aurait transcrit en vers courtois l'histoire du Saint...

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L'Histoire de Lancelot, du pays de Passais -3- Le temps des ermites

Publié le par Perceval

Cette histoire commence au temps du '' Passage '' … Le passage du temps des cultes celtes ou gallo-romains, aux cérémonies chrétiennes... Dès le VIe siècle, des saints ermites remplacent les druides les magiciens.

La forêt est vivante : elle accueille les ermites mais aussi les travailleurs du bois. C’est une zone de ramassage du bois mort, de coupes mais aussi d’élevage des porcs, des bovins et des chevaux.

C’est l’évêque du Mans qui, au VIe s., confie à Ernier la mission d’évangéliser le Passais en compagnie de Bômer et Fraimbault.

 

Le père Degoué tenter de répertorier les ermites à l'origine de l'évangélisation de la région. Il faut commencer par noter que les moines-ermite ne restent pas longtemps isolés, ils fondent une chapelle et attirent les paysans ( pagani=païens) par leurs vertus et leur pratique de la prière; ensuite ils visitent les néophytes, forment les catéchumènes, bénissent les sépultures... Et, une communauté s’installe, préfigurant la paroisse....

Ainsi, au VIe siècle, Ernier s’installe à Ceaucé, Auvieu à Mantilly. Dans la seconde moitié du VIIe siècle, Céneri s’installe dans la vallée de la Sarthe, Évremond en forêt d’Écouves et Évroul en forêt d’Ouche. Et, pour ce qui nous concerne ici, il s'agit de Saint-Fraimbault, né vers 500...

 

Rechercher des renseignements sur ces ''saints'', c'est se confronter à des récits merveilleux, ou du moins naïfs...

- Et, cela ne vous gène pas, mon père, dans vos recherches... ? Demande, Anne-Laure...

- Les ''légendes'' sont des récits à lire ( legenda), si nous les intégrons dans nos liturgies ce n'est pas pour leur valeur historique... Tenez ; puisque vous me parliez de votre ancêtre limousin Roger de Laron ; et bien nous pouvons douter que Saint-Martial qui vécut au IIIe siècle et premier évêque de Limoges - n'est-ce pas... ? - ait été selon la légende, l'enfant que Jésus montra digne du royaume des cieux et qui lui présenta la corbeille à la multiplication des pains...

Ce qui m'intéresse, c'est qu'à une place donnée, un temps donné, un personnage a été l'objet d'un culte... Comme on dit, rien ne peut lui disputer cette ''niche''... et surtout, dans notre recherche, la Légende appartient à notre sujet...

- On peut donc mêler le sérieux de la foi, et la légende... ?

- Il est rare que l'on ne quitte la légende, sans profit.... Vous le savez bien … !

 

Il est curieux d'ailleurs de se rendre compte que les légendes qui vous intéressent, comme celle du Roi Arthur ou Artus, utilisent un matériau qui date de cette période de passage... Artus a pu être ce roi semi-légendaire du Ve et VIe siècle, celte et gallois, il tente de prendre la tête de clans contre les conquérants anglo-saxons. Il périt dans cette lutte, mais son corps n'est pas retrouvé... Il reste son histoire, celle d'une cour brillante en son château de Caerléon, ou Camalot... Le roi qui participe à douze batailles, est blessé par trahison, mais est transporté dans l'île d'Avalon auprès de la fée Argante...

 

La Comtesse de Sallembier goûte à quel point son abbé s'est imprégné de la légende arthurienne....

- Mais, à part la période , il n'y a pas de rapport entre nos ermites et les chevaliers de la Table Ronde... !

- En êtes-vous si sûre... ? Il me semble, pourtant, que nous empruntions le même chemin.... Je vous assure.., soyez patiente.

Au cours de ces temps qui nous paraissent obscurs, et sans-doute assez déstabilisants, l'Eglise représente un roc de sécurité; et à l'intérieur de l'Eglise, l'institution monastique...

Nos ermites ont suivi l'exemple de Martin de Tours (316-397), ancien soldat, c'est lui qui a introduit le monachisme en Gaule. Résolu de se faire ermite, il a refusé la prêtrise et recherché la solitude qu'il a trouvé à Ligugé ( près de Poitiers). Il est rejoint par des disciples et son exemple est contagieux...

Saint-Benoît de Nursie (480-547) fonde l'ordre des bénédictins, et institue une ''règle'', base du monachisme occidental.

 

En ce ''Haut Moyen-âge'', peu de moines sont ordonnés, la célébration de la messe n'est pas la tâche propre des moines; et n'est pas journalière... Un moine peut être désigné par l'abbé pour l'ordination, sous la condition de n'être pas ''travaillé par la vaine gloire''... Il n'y a pas une seule manière de célébrer la liturgie, elles sont nombreuses en occident ( gallicane, ambrosienne, mozarabe, celtique, lyonnaise, romaine...)...

 

Radegonde (520-587), princesse, est la cinquième et avant-dernière épouse du roi franc, Clotaire, fils de Clovis... Radegonde, catholique, éprouve du dégoût pour la violence de son mari qui assassine ses plus proches ; et décide de prendre le voile et le cloître... Elle s’installe à Poitiers et fonde deux monastères...

Après avoir en vain essayé de récupérer son épouse, Clotaire soutient les fondations de Radegonde... Il va même rechercher la compagnie des saints ermites... Dans les dernières années de son règne, alors qu’il va guerroyer contre Chramme, Clotaire s’arrête auprès de Fraimbault installé dans une forêt du Maine. Cette halte montre que le roi le connaissait déjà de réputation. Au retour, il passe par les mêmes lieux, et annonce à Fraimbault qu’il lui fait don du domaine de Javron, au nord de l’actuel département de la Mayenne.

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L'Histoire de Lancelot, du pays de Passais -2-

Publié le par Perceval

En ce début du XXe siècle, Anne-Laure ne connaît pas l'existence de ces histoires... Je rappelle que cette histoire de Lancelot que connaît Anne-Laure depuis son enfance, provient du '' Lanzelet '' , écrit à la fin du XIIe siècle par un poète de Suisse alémanique, Ulrich von Zatzikhoven. Il prétend tenir son intrigue d'un chevalier venu d'Angleterre, Hugues de Morville, qui lui aurait soumis ce modèle : un modèle anglo-normand.

En effet, en décembre 1193, Aliénor a réuni la rançon de Richard et part pour l'Allemagne, accompagnée des otages dont Hugues de Morville et ce fameux ''Welchez Buch''... Et, de ce motif, Ulrich von Zatzikowen, poète souabe, en fera le Lanzelet.

Dans ce roman, Lanzelet poursuit Valerîn, ravisseur de Guenièvre, et libère celle-ci, mais il n'est à aucun moment l'amant de la reine... Ulrich se référerait donc à un état de la légende antérieur à l'œuvre de Chrétien, où le rapt de la femme d'Arthur ne donnerait pas encore lieu à des développements de type courtois. Cette histoire d'enlèvement, participe d'un genre littéraire, celui de l'aithed celtique...

 

L’église du hameau a bénéficié pendant longtemps de la présence d'un vicaire, et même de sa résidence surplace... Le manoir de Fléchigné, à la sortie du hameau comprenait un corps de ferme, entourée des terres de la propriété... Il était à l'écart, et semblait isolé de la fureur du monde....

 

Depuis quelques années, ce vieux prêtre - que nous appellerons Charles Degoué - s'est laissé prendre par la passion de l'histoire locale ; peut-être a t-il voulu suivre les traces de Ferdinand Gaugain,  Alphonse-Victor Angot, eux-mêmes prêtres et historiens mayennais... ?

L'abbé Degoué est fasciné par les hérésies médiévales, et le moyen-âge en général... Erudit, curieux de tout, il a développé une spiritualité assez marginale, qui lui a valu - sans-doute - d'être oublié par ses supérieurs dans cette petite localité...

Une bénédiction pour Anne-Laure et Lancelot... Il trouve au manoir de Fléchigné des oreilles attentives à tout ce qu'il peut rapporter de ses lectures et recherches ; au point d'en négliger la pastorale …

Son âge ne lui permettant plus d'être mobilisé - il est d'ailleurs handicapé d'un pied bot - il va passer beaucoup de temps à Fléchigné, et s'obliger à continuer l'instruction de Lancelot, pendant ces quatre années de guerre... Quatre années hors du temps …

 

L'abbé Degoué est très intéressé par la Quête d'Anne-Laure : Elle lui raconte - documents à l'appui tout ce qu'elle sait des recherches de ses aïeux... L'abbé découvre les origines, l'histoire, les méandres et la philosophie qui entourent la légende arthurienne. Anne-Laure illustre ses propos de ses rencontres, et en particulier au cours de ses voyages en Allemagne et au Royaume Uni.

Le prêtre est heureux de découvrir à quel point le Moyen-âge a exploité le thème du Graal ; et comment il éclaire une manière de comprendre le Monde qui nous échappe aujourd'hui.

Non seulement le prêtre est enthousiaste ; mais il ressent fortement que l'histoire même de cette région, que ces temps troublés et cette retraite, peuvent encore apporter à la poursuite de la Quête.... Cet enthousiasme va être un bienfait pour Anne-Laure, et l'apprentissage de Lancelot.

 

Le domaine de Fléchigné domine les bocages. A l'arrière, c'est le domaine de la forêt, composée essentiellement de feuillus comme le chêne rouvre, et aussi de châtaignier et de bouleaux. En bas, près du village coule un affluent de la Mayenne...

Le corps de ferme en carré, s'organise autour du logis, et la vie est tournée sur la cour intérieure...

La ferme couvre 50 arpents, à peu près... et le domaine comprend aussi une forêt, des étangs..

Au-dessus d'une fenêtre, près de l'entrée principale du logis, on remarque le blason : d'argent( blanc) à la bande de gueules (rouge), accompagnée en chef et en pointe d'un trèfle ( de sinople). Et sur le linteau de la porte est sculpté un triangle dominé par la figure d'un trèfle.

 

 

Précisément, les couleurs ont été recherchées et précisées par le Père Degoué... En effet, c'est lui qui s'étonna du trèfle sur le blason, et fit quelques recherches essentielles...

 

Ce que l'on rapportait, ici, de la signification du trèfle : c'est qu'il rappelait, pensait-on, une évidence : nous sommes dans une ferme ; ensuite, il rappelait le choix du lieu du à l'abondance du fourrage, enfin sa caractéristique agreste, isolée, écartée du hameau...

Le père Degoué, ajoute spontanément, ce à quoi il pense en premier : le trèfle rappelle l’affirmation essentielle de la foi chrétienne : la Trinité, trois en Un...

D'autres aspects vont encore apparaître …. Mais, il nous faut avancer lentement, même si mes commentaires vont s’enchaîner beaucoup plus rapidement que les événements de la Grande Guerre...

Sources: Nous ferons référence, plus en avant de ces articles, aux travaux et articles de Georges Bertin...

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L'Histoire de Lancelot, du pays de Passais -1-

Publié le par Perceval

Je rappelle que, Anne-Laure, est l'unique héritière d'une riche famille de négociants qui a fait fortune dans le commerce des tissus au long du XIXe siècle. Elle a épousé le Comte de Sallembier, aristocrate – de trente ans de plus qu'elle - qui après une vie de célibataire longue et épicurienne, a su (?) monnayer son titre … Le 10 Décembre 1900, elle met au monde un fils, qu'elle appelle Lancelot... Quelques années après son mariage, Georges de Sallembier, meurt subitement d’une fièvre typhoïde, à Paris...

 

Anne-Laure de Sallembier ignore encore, la relation qu'entretiennent sa famille, la propriété de Fléchigné qu'elle possède de sa mère ; avec la figure du chevalier Lancelot... Même - et c'est incroyable - si comme nous le savons bien, la légende arthurienne est au coeur de cette Quête familiale....

 

Précisément - et c'est sans-doute une manière d'approcher ce mystère - ... Connaissant les goûts d'Anne-Laure, pour le Moyen-âge, Monsieur de Sallembier, a présenté sa jeune épouse à un étrange personnage: Hélie de Talleyrand-Périgord (1859-1937), lui-même passionné par la période médiévale et descendant ( par dignité...) - affirme t-il – d'un chevalier - Richard du Hommet (†1179) - qui dit-on aurait pu être le modèle du chevalier Lanzelet (et, un conte de l'enfance d'Anne-Laure..), de la légende arthurienne... !

D'ailleurs, la Société des antiquaires de Normandie ( fondée en 1824), aidée de spécialistes aurait localisé le texte d'Ulrich von Zatzikhoven, grâce aux toponymes qu’il mentionne, dans le pays des Morville-Limors... Le lieu de la première aventure de Lancelot, serait le nom d’un bois du Cotentin, situé au sud de leurs terres.

 

Aujourd'hui, nous pouvons entendre lors de randonnées sur ces terres, raconter certaines légendes où se croisent le roi Arthur, les fées, les lutins, et les génies de la forêt.… Il s'agit du Mortainais: à la fin des années 1050, Guillaume le Conquérant met son demi-frère Robert de Mortain, en qui il a toute confiance, à la tête du comté de Mortain. Avec le comté de Domfront, limitrophe, ils furent démembrés, à l'époque de saint-Louis (1235)...

Pour ce qui est de Lancelot, on dit qu'Hélène, sa mère, qui vit mourir son mari et enlevé son fils, prendra le voile dans une Blanche Abbaye de nonains, comparable à celle que fonda à Mortain, en Cotentin, le demi-frère du Conquérant.

Abbaye de Blanchelande

Il s'agirait de l'abbaye de Blanchelande, qui se trouve près de La Haye-du-Puits ( Cotentin) , au milieu de la forêt de Limors.

Le conte de Limors apparaît dans le Conte ''Erec et Enide'' ( vers 1170) de Chrétien de Troyes ; récit courtois où Erec partage sa quête chevaleresque avec sa femme ; non sans quelques difficultés... Limors tente de s'emparer d'Enide, alors qu'Érec, laissé pour mort, est amené dans le château du comte de Limors. ...

Et le château de Blanche Lande est évoqué dans le Roman de Tristan et Iseut, (chap 16 ( J Bédier)) : la reine Iseut, le roi Marc, toute sa mesnie, tous ses écuyers et tous ses veneurs quittent Tintagel pour s’établir au château de la Blanche-Lande …

De fait, l'Abbaye de Blanchelande, reconstruite, que nous pouvons voir, fut fondée en 1154 par le baron de La Haye-du-Puits, et elle fut un site religieux important au Moyen-Âge,

 

Enfin, à sept kilomètres à l’ouest de Domfront, en direction de Mortain, à la sortie du village de Rouellé, une petite route sur la droite mène au site de la « Fosse Arthour ».

La rivière, écumant sur les rochers qui encombrent son lit, se fraye un parcours dans le bois. Le chemin qui la borde mène au gouffre où selon la légende, le roi Arthur et la reine Guenièvre furent engloutis.

« Arthur s’était établi avec sa femme en ces lieux sauvages. Le génie du ruisseau qui traverse l’endroit l’avait séparé de la reine en enjoignant à celle-ci de se tenir sur l’autre rive : Arthur n’avait le droit de rejoindre son épouse qu’après le coucher du soleil : un jour, il contrevint  à cet interdit et voulut traverser le gué avant le soir, mais il fut précipité dans un gouffre et la reine se suicida aussitôt par désespoir. Toutefois, ni l’un ni l’autre ne sont tout à fait morts : ils gisent en état de dormition dans les cavernes inaccessibles que l’on appelle la Chambre du roi et la chambre de la reine (...). »

(Hippolyte Sauvage, in Recueil des Légendes normandes par divers auteurs, Domfront, 1872, n° 19, p.3.)

A suivre...

 

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Voyage en Ecosse -6- Abbotsford – W. Scott

Publié le par Perceval

Située juste à l'ouest de la ville de Melrose, Abbotsford, à 35 miles d'Edinburgh, la demeure de Walter Scott, continue d'être occupée par les descendants de l'écrivain...

Walter Scott

Anne-Laure a le privilège de rencontrer Mary Monica Maxwell-Scott ( 1852 – 1920) l'arrière petite fille, écrivaine elle-même. À la mort de son père en 1873, elle a hérité d'Abbotsford House. À Londres en 1874, elle épouse l'honorable Joseph Constable-Maxwell, troisième fils de William, Lord Herries , après quoi le couple adopte le nom de famille Maxwell-Scott. Comme son arrière-grand-père, elle est devenue écrivain de livres historiques. Elle a également écrit un certain nombre de livres sur son célèbre ancêtre, y compris un guide faisant autorité sur la collection de ''reliques'' et possessions personnelles de Sir Walter Scott...

En 1855, la petite fille de Walter Scott, Charlotte, et son mari James Hope Scott, ajoutent à la maison, une chapelle. Ceux-ci étaient Catholiques, alors que Sir Walter Scott était Presbytérien. Le Cardinal Newman, ami proche de la famille y a célébré la Messe en de maintes occasions.

Sur le manteau de la cheminée on peut lire la devise de la famille Hope : « At spes non fracta » (Mais mon espoir n’est pas brisé). L'intérieur de la maison est une légende. Les murs en bois finement sculptés du hall d'entrée sont ornés d'une armure, de glaives, d'un blason peint, de cornes d'animaux divers et de tout l'attirail que l'on pourrait attendre d'un collectionneur tel que Sir Walter Scott. Certains panneaux de chêne sur les murs ont été récupérés dans l'abbaye de Dunfermline et d'autres sites historiques. Scott avait l'œil pour le décor et donner au hall une apparence ancienne.

Le bureau de Scott, une pièce remplie de livres, était un lieu très privé ; ici il écrivit ses derniers romans, il pouvait y accéder par une porte cachée directement à partir de sa chambre. La bibliothèque adjacente est une immense salle qui récapitule tous les centres d'intérêt de Scoot ; des livres qu'il gardait de son enfance à tous les manuels de référence qu'il avait utilisés à des présents d'auteurs célèbres du monde entier tels que les Frères Grimm ou Washington Irving...

Anne-Laure est surprise de découvrir des manuscrits sur la sorcellerie et la démonologie, et elle apprend que Scott possédait des manuscrits rosicruciens regorgeant de connaissances alchimiques ...

Rob Roy`s Sporran and Skene Dhu

Elle traverse le salon chinois avec son papier peint turquoise et floral pour découvrir un véritable arsenal : d'innombrables dagues, épées, pistolets, fusils et autres armes sont suspendus aux murs pour un spectacle glorieux. Parmi les trésors, il y a le pistolet, l'épée, le Skene Dhu (couteau écossais) et le sporran de Rob Roy ( le ''Robin des Bois écossais ''), l'épée du marquis de Montrose, donnée par Charles , et exécuté à Edinburgh en 1650.

 

Avec ces lieux que lui désignait son grand-père, par ses notes ; Anne-Laure conduite par ses amis a admiré les paysages d'Ecosse...

Il lui est arrivé de loger dans des châteaux comme celui de Shandon house à Helensburgh, sur les rives de la Clyde. La demeure impressionne en ce qu’elle ressemble un peu à un musée avec ses pièces remplies de faïences et d’objets précieux (dont un flacon ayant appartenu à Marie Stuart et une clef forgée par le roi Louis XVI en personne), ses salles de curiosités, ses galeries de tableaux de Murillo, Tégniers, Van Dyck, etc., sa superbe serre remplie des plantes rares. Comment ne pas apprécier le parc avec ses fleurs et son gazon descendant jusqu’au bord de l’eau ?

A Inverness, elle voit la cathédrale et le château, elle assiste aux jeux nationaux (concours de « pipers », danses et jeux divers.). Une soirée au bal, lui permet d'admirer les jolies toilettes des dames et les costumes écossais des Messieurs parmi lesquels, quelques chefs de clans comme Macpherson, Mac-Intosh. Elle et J.B. s'essaient à danser le « reel », une des danses traditionnelles...

Après Aberdeen, et une promenade en mer, ils partent en voiture, en direction de la petite station très fréquentée de Pitlochry, un agréable lieu de villégiature. Ils l’atteignent à travers les monts Grampians et découvrent des châteaux et des sites comme Queen’s view... Etc...

Loch_Tummel, Queen's_View, Scotland

 

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Voyage en Ecosse -5- la chapelle de Rosslyn

Publié le par Perceval

Rosslyn Chapel

Visiter la chapelle de Rooslyn, avec les commentaires de Peter Brown et d'Elizabeth Haldane est la grande chance d'Anne-Laure...

Rosslyn - L'allée orientale 1909

Il y a bien-sûr l’histoire attachée au ''pilier de l'apprenti''; au sud-est du chœur, à proximité des marches menant à la crypte ... Magnifique travail qui a coûté la vie à l'apprenti qui s'était avec audace mis au travail, et après l'avoir vu achevé en rêve... Alors que, son maître, en difficulté devant l'ouvrage, avait conçu un pèlerinage à Rome, en espérant de l'aide... A son retour, sa jalousie fut si grande... qu'il assassina de rage le jeune homme...! Pour Peter, il rapproche l'assassinat du jeune apprenti, à celui d'Hiram, architecte du Temple de Salomon et que l'on évoque dans le rituel maçonnique...

On y voit également '' la sculpture de l'apprenti'' située à mi-hauteur du mur ouest du chœur, du côté sud. On y voit un visage avec une profonde cicatrice sur la tempe droite ; dans le coin opposé, c'est la tête de son meurtrier, le maître.

Elizabeth, devant le pilier, évoque l'arbre de vie ; la couronne de «l'arbre» fait penser aux douze constellations du zodiaque. Elle remarque les branches en spirale ; et les racines du tronc qui s'enfoncent profondément dans les éléments de la Terre. Au bas du pilier, on voit des dragons ronger les racines de l'arbre pour lui voler sa fécondité.

Derrière l'autel, devant la Chapelle de la Dame et à gauche du pilier de l'apprenti, se trouvent deux autres colonnes porteuses remarquables. Le premier, sous la fenêtre c'est le pilier du maçon; celui du centre, le pilier du compagnon.

Et, ce qui met en valeur ces piliers et améliore encore leur beauté, ce sont les sculptures du plafond... La quantité d'images sculptées est impressionnante, la beauté de l'ensemble distrait de ce que signifie chaque détail : la chute de l'homme et son expulsion d'Eden, la danse de la mort, la naissance du Christ, le sacrifice d'Isaac, la victoire de la vérité , le contraste entre la vertu et le vice, l'Annonciation, la présentation du Christ dans le temple, Jésus le charpentier, le fils du père prodigue nourrissant les porcs, la crucifixion et la descente de croix, la résurrection et la pierre roulée du Saint-Sépulcre, le Christ assis dans la gloire. Mais ce n'est pas un prêche classique et l'humour est entremêlé partout. L'esprit et la sagesse vont de pair....

La Croix et le Chevalier... 

L'Homme Vert

En fait, il y a beaucoup d'autres choses... À droite, face à l'autel, se trouve un pilier au-dessus duquel se trouvent un lion et une licorne en combat. Immédiatement au-dessus de la tête de la licorne, s'étendant jusqu'au pilier voisin, se trouvent des figures représentant les douze apôtres et quatre martyrs, tous avec des halos au-dessus de leur tête. Etc..

Entreprendre l'étude des sculptures de la chapelle, c'est ne pas craindre de se confronter à des représentations païennes et défiant l'imagination... On y remarque un grand nombre de sculptures de ''l'Homme Vert '', le symbole celtique de la fertilité et de la renaissance, dans tous ses âges...

The Rosslyn templar

Dans l'allée nord se trouve la ''Caithness Tomb'' qui affiche les armoiries de Caithness et la devise de la famille: «Commit the Verk to God’ ». Elle a été érigée en mémoire du 4e comte, arrière-petit-fils du fondateur de la chapelle. Debout contre le même mur se trouve la pierre funéraire de Sir William St Clair qui a été tué par les Maures à Teba en Andalousie alors qu'il cherchait à transporter le cœur du roi Robert Ier en Terre Sainte. 

Ensuite, nous trouvons un hommage à l'ancêtre du fondateur, William the Seemly , représenté comme un chevalier à cheval portant une lance. Derrière lui, une figure tenant la ''Holy Rood'' !... 

Beaucoup d'images renferment inévitablement des liens avec les Templiers, dont nombre de symboles ont été intégrés dans la franc-maçonnerie: le crâne et les os croisés, deux colombes en vol, la truelle et le compas, etc.

Entre 1760 et 1780, le Degré des Templiers maçonniques était devenu très populaire parmi les francs-maçons... au XVIIIème siècle, les membres du bureau de la Loge St Stephen à Édimbourg sont devenus les premiers à être initiés en tant que Templiers maçonniques en Écosse.

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Voyage en Ecosse -4- The Black Rood – Rosslyn

Publié le par Perceval

Lorsque le roi anglais Edward Ier a envahi l'Écosse en 1296, il a volé the Black Rood, et d'autres symboles de la monarchie écossaise, pour les envoyer à Londres.

Durham Cathedral

Ensuite, peu de temps après la bataille de Neville's Cross en 1346 près de Durham (lorsque l'armée écossaise fut vaincue, alors qu'elle envahissait le nord de l'Angleterre ), the Black Rood a été présentée à la cathédrale de Durham ; peut-être par le petit-fils d'Edward I, Edward III en reconnaissance de la victoire. La Black Rood a ensuite été détenue dans la cathédrale de Durham pendant deux cents ans jusqu'à ce qu'elle soit perdue de vue lors des bouleversements de la Réforme.

- Sa disparition de Durham, pourrait correspondre à son retour à Holyrood ; puis à Rosslyn... ?

St Cuthberts Cross story

- Peut-être... Mais, figurez vous qu'il n'y a pas si longtemps, cette histoire a refait surface...

Donc, si vers 1545, la croix disparaît ; en 1827, une croix anglo-saxonne est découverte dans la tombe la plus importante de la cathédrale - celle de son saint fondateur, Cuthbert. La croix est immédiatement identifiée comme appartenant au Saint. Il est étrange, cependant, que les restes de St Cuthbert ayant été examinés plusieurs fois depuis sa mort en 687, personne n'ait jamais trouvé de croix...

Mais, bien sûr, on se demande : si une croix anglo-saxonne a été perdue dans la cathédrale de Durham pendant la Réforme et une croix anglo-saxonne a été retrouvée au XIXe siècle: pourrait-il s'agir de la même?

la croix de St Cuthbert à Durham Cathedral

La '' croix de St Cuthbert '' est en effet creuse, et pouvait recevoir une relique... . Quelqu'un aurait pu décider de placer cette croix particulière dans le cercueil - l'un des endroits les plus saints de la cathédrale - afin de la cacher et de la conserver pendant les bouleversements de la Réforme. Cependant, un historien, ne peut réunir en une seule ces deux croix ; plusieurs documents les décrivent chacune de manière bien différentes...

L'hypothèse que the Black Rood, l'un des symboles de la souveraineté de l'Ecosse, puisse être cachée, en un lieu qui nous est inconnu, et pourquoi pas dans la chapelle de Rosslyn, est envisageable...

Rosslyn Chapel

En 1544, le château de Rosslyn fut attaqué par les Anglais, l'assaut fut mené par Edward Seymour, le comte de Hertford, commandant du roi Henry VIII, qui est devenu plus tard 1er duc de Somerset. Le château de Rosslyn a été gravement endommagé par le feu, mais étonnamment la chapelle fut laissée intacte et aucune mention n'est faite d'objets de valeur saisis.

Effectivement, Mary de Guise, régente d'Écosse en l'absence de sa fille Mary, reine d'Écosse, qui a été envoyée en France pour sa propre sécurité, écrit une lettre énigmatique à Sir William St Clair de Rosslyn, dans laquelle elle a fait allusion à un « secret » qu'elle a promis de ne pas révéler.  En cas d'urgence nationale, il est logique que le trésor national soit stocké dans un endroit considéré comme sûr jusqu'à ce que le danger soit passé, et cette cachette aurait bien pu être Rosslyn. 

Rosslyn_Chapel_armoiries du Clan Sinclair

 

La construction de la chapelle avait commencé, cent ans plus tôt, en 1456.

On dit que la lignée St Clair, est née en France. Un fils cadet William, aurait escorté Margaret, la future épouse du roi Malcolm, en possession de la relique ''Balck Rood''.

On connaît un William de Saint-Clair, comme l’un des chefs de la révolte écossaise contre Edouard Ier d’Angleterre et compagnon de William Wallace à la fin du XIIIème siècle ; puis aussi Sir William Saint-Clair, mort en Andalousie en chemin pour la Terre Sainte, pour y enterrer le cœur de Robert Le Bruce ; et encore, un autre William Sinclair, 3e comte d'Orkney, baron de Roslin et 1er comte de Caithness, chancelier et régent d’Ecosse au XVe siècle, dont l’histoire retient surtout qu’il fut le dessinateur des plans de la Rosslyn Chapel.

Après la Réforme écossaise (1560), le culte catholique dans la chapelle a pris fin. La famille Sinclair a continué d'être catholique jusqu'au début du XVIIIe siècle ; mais à partir de ce moment, la chapelle a été fermée au culte public, jusqu'en 1861.

Un chevalier Rose-Croix de Kilwinning

Pendant des siècles, les St Clairs de Rosslyn ont été reconnus comme grands maîtres héréditaires de l'artisanat et de guildes, et, enfin , des maçons d'Écosse. Grâce à l'influence de ces différentes guildes, et lors de ces réunions annuelles tenues à Kilwinning, la franc-maçonnerie écossaise est née... La fondation de la Grande Loge d'Écosse date de 1736.  Trente-trois loges de toute l'Écosse étaient représentées et Sir William St Clair de Rosslyn fut le premier grand maître de la Loge Canongate-Kilwinning à Édimbourg .

- Et aujourd'hui, en 1911... ?

- En sa qualité de ''Junior Grand Warden'', le 5e comte, en 1896, posait la première pierre du North Bridge of Edinburgh. L'année suivante, le 19 juin, il est installé à Rosslyn Chapel en tant que Grand Maître provincial. Cependant, pour ce 5e comte, la franc-maçonnerie ne représente que « discours, chants et convivialité...», activités qui, hélas se conjuguent avec son goût du jeu, et son effondrement financier... Je vous déconseillerais, si vous le pouviez, de le rencontrer...

A suivre...

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Voyage en Ecosse -3- The Black Rood - Rosslyn

Publié le par Perceval

Les papiers de Charles-Louis de Chateauneuf, font état d'un lien entre l'abbaye de Holyrood et la chapelle de Rosslyn...

Nous sommes alors en 1545-46, la régente d'Ecosse et Sir William Sinclair de Roslin (petit-fils du fondateur de la chapelle Rosslyn), signent un accord dans lequel il est écrit : « et le secret confié à nous, nous le garderons... ». Cela concernerait un ''trésor'', celui de Holyrood, caché par les Sinclair sous les voûtes souterraines de la célèbre chapelle Rosslyn...

La régente d’Écosse est Marie de Guise (1515-1560), mariée au roi Jacques V d'Écosse, membre de la dynastie des Stuart. Elle a une fille nommée Marie Stuart, qui se mariera avec le Roi de France ; elle aura notamment pour petit-fils Jacques Ier, qui réunira en 1603 les trônes d'Écosse et d'Angleterre sous l'autorité d'un seul monarque.

A la mort de Jacques V, Marie tient à mettre sous protection de la menace anglaise et protestante, la relique...

Peter Hume Brown, ne connaît pas cette version ; qui semble beaucoup l'intriguer... Il promet d'y regarder plus près...

Voilà ce qu'il peut en dire pour l'instant... Si on parle du trésor d'Holyrood, il s'agit sans-doute d'une relique et de son reliquaire... : '' The Black Rood ''

Cette relique, à l'origine du nom Holyrood, the Black Rood a été amenée en Écosse en 1068 par St Margaret lorsqu'elle est devenue reine et l'épouse de Malcolm III.

En 1128, une abbaye augustine a été fondée sur l'ordre du roi David Ier d'Écosse, fils de la reine Margaret.

 

Qu'était '' The Black Rood'' ?

The Black Rood of Scotland était un reliquaire qui contenait un morceau de la '' vraie croix '' (un morceau de bois de la croix sur laquelle Jésus a été crucifié). Cette relique est donc arrivée en Écosse en 1068 avec Margaret de Wessex, la sœur du dernier héritier anglo-saxon du trône d'Angleterre. Elle et sa famille fuyaient la conquête normande et ont trouvé la sécurité à la cour du roi Malcolm III d'Écosse. Margaret et Malcolm se marièrent et elle légua la relique Black Rood à leurs descendants: les rois et les reines d'Ecosse. De cette façon, la Black Rood est devenu une partie des joyaux de la couronne écossaise pendant deux cents ans.

Une source historique, concernant cet objet, provient de l'hagiographie de la reine Margaret, elle est citée par Catherine Keene ( Sainte Marguerite, reine des Écossais: une vie en perspective. , 2013) chercheuse en histoire médiévale.

St Margareth Edinburgh_castle

La Reine est sur son lit de mort. Elle ordonne que lui soit apportée, ce qu'elle appelle '' la Croix Noire '', et qu'elle a toujours considérée avec la plus haute vénération. Cette merveilleuse croix, qui s'ouvre et se ferme à la manière d'une boîte, a la longueur de la paume d'une main, et l'œuvre a été créée en or le plus pur.

Un morceau de la croix du Seigneur est à l'intérieur de cette croix, comme cela a souvent été ''prouvé par l'évidence'' de nombreux miracles. On y voit une image de Notre Sauveur sculptée dans l'ivoire le plus fameux, et merveilleusement ornée d'or pailleté. 

Le coffre dans lequel est enfermée la croix ne peut s'ouvrir que difficilement, la reine en attendant gémit: « Quels chagrins! Oh comme je suis coupable! Ne mériterais-je pas un dernier regard sur la Sainte-Croix? »

Et quand, enfin, la croix lui ait apportée, elle la reçoit avec une grande dévotion, et l'embrasse et signe ses yeux et son visage avec. Même si tout son corps est devenu froid, et que seule la chaleur de la vie anime sa poitrine ; elle prie toujours, et chante le Cinquantième Psaume, elle tend la croix des deux mains, et la tient devant ses yeux.

D'après ce témoignage, '' The Black Rood '' serait une croix, avec une figure en ivoire du Christ.

A suivre...

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Sur la piste du Graal : le comte de l'X. -1-

Publié le par Perceval

Le comte de l'X. ramène de Palestine quantités d'antiquités et même quelques ''fausses'' reliques avec certificats. Ainsi : un fragment de la Sainte Eponge, un plâtre moulé dans l'Empreinte du pied du Christ laissées lors de l'Ascension et conservée sur le Mont des Oliviers. Plusieurs pierres, dont l'une proviendrait du Temple de Salomon, etc ...

 

Les Templiers, auraient mis en œuvre le plus grand trafic de reliques qui n'ait jamais existé... ! Ils se sont appropriés le Mont du Temple, et l'ont fouillé de toutes parts … Ils sont devenus les possesseurs et les convoyeurs des plus importantes reliques, comme des fragments de la Vraie Croix...

 

1119 : Fin de la restauration de la tombe du Christ par les Croisés et début des travaux de la nouvelle Basilique. Les futurs Templiers se sont emparés des reliques de la tombe du Christ pendant la restauration. Créé en 1120, par quelques chevaliers, l'Ordre du Temple s'est développé dans tout l'occident...

1146-1147 : Robert de Craon - le second maître de l'Ordre du Temple jusqu'en1149 - ramène en France une partie des reliques de la tombe du Christ. ...

En 1247, le patriarche de Jérusalem confie à un templier le soin d'apporter au Roi d'Angleterre Henri III, l'ampoule contenant le ''Saint Sang'' ...

Le 15 mai 1272, le maître du Temple Thomas Berard envoient en Occident « du bois de la vivifiante croix du Seigneur, des reliques de la Table du Seigneur, du sépulcre du Seigneur , etc.. Auparavant elles ont été authentifiées par Jean archevêque de Tyr, et par Humbert, frère du Temple et évêque de Banyas »

Graal de Valencia

Une relique très particulière, aurait été mis au ''secret'' : la Coupe de la cène, lors du dernier repas … Une coupe mythique jusqu'en son matériau, et son origine …

Pour ce qui est de la ''Sainte Coupe'', ou du Saint-Calice.. ; c'est à dire du Graal … Voici ce que le Comte retient de ses nombreuses interrogations auprès des archéologues, du moins ceux qui prennent au sérieux la question …

 

Une tradition veut qu’après la dernière cène, l’Apôtre Pierre ait pris le Graal pour l’emmener jusqu’à Rome. Il y serait resté jusqu’à la persécution de l’empereur Valerian (257-260). Nous sommes alors en 258 après JC, le diacre Lawrence reçoit du pape Sixte II les trésors de l'Église, avec la tâche de les protéger et les cacher ....

On soutient que le légendaire Calice pourrait être encore à Rome. Mais où? Peut-être, selon certains indices, dans la basilique Saint-Laurent hors des murs. Sur la tombe de Saint-Laurent, est clairement représenté un calice avec quelques gouttes de sang stylisées.

Pourtant, là à Rome, il y aurait une fresque qui représente Henri II, le duc de Bavière recevant une coupe en or de Lawrence. La coupe serait donc passée en possession des souverains de l'empire germanique ...


 

Sacre Catino ( Graal) de Gênes

Cependant, le Comte de l'X, évoque le ''calice de Gênes'', en lien d'ailleurs avec les templiers... Nous sommes alors à l'époque de la République de Gênes, une des républiques maritimes d'Italie. L'implantation des templiers ( Roger de Flor, y est connu..) s'est faite principalement dans les villes côtières et avait pour objectif de fournir des hommes pour les états latins d'Orient. A Gênes, donc, - commanderie templière ( Domus Templi de Sancta Fide , Sancte Fidei - la tradition dit que l'on conservait en sa cathédrale Le ''Sacro Catino'', transporté à Gênes par Guglielmo Embriaco dans le butin de la conquête de Césarée en 1101. Guillaume de Tyr le décrit comme un "vaisseau de la couleur la plus verte, en forme de plat de service" ( vas coloris viridissimi, in modum parapsidis formatum ) que les Génois disaient être en émeraude …

Une image moderne de Guillermo Embriaco ( chef militaire gênois) avec son drapeau - et le graal Sacre catino de Gênes

L'original aurait été caché ( dans ce cas, où?), et remplacé par une copie... En effet, lors la campagne d'Italie menée par Napoléon Bonaparte, la copie fut dérobée et emmenée à Paris en 1809... Et, une commission de l'Académie des sciences de l'Institut de France conclut que ce vase était fait en verre coloré, et non pas en émeraude... L'objet fut de plus rendu (en 1815) cassé ; et reste exposé à la cathédrale Saint-Laurent de Gênes.

 

Le Comte de l'X, fut ébranlé, par le récit de cette histoire... Ses recherches, lui ont permis de collecter diverses légendes autour de ce Graal … - Un Graal d'émeraude.

 

Le "Sacro Catino" aurait été rapporté, par les templiers croisés, résultat de leurs premières fouilles à Jérusalem... Dans les restes du temple construit par Hérode Ier le Grand en l'honneur d'Auguste à Jérusalem..

Non seulement, le Christ aurait bu dans le Sacro Catino, mais avant cela il aurait été offert par la reine de Saba (Yémen, Arabie) au roi Salomon pour garnir son temple construit pour abriter l'arche d'alliance, coffre contenant la table des Dix Commandements reçue par Moïse.

D'après Hérodote, cette coupe d'émeraude se trouvait dans le temple d'Héraclès à Agrigente.

Jacques de Voragine dans sa Chronique de Gênes (Chronicon januense, fin du XIIIe siècle) dit que Jésus et ses disciples mangèrent dans un plat d'or ou d'émeraude lors de la Cène, et que, selon certains livres anglais, Nicodème utilisa pour recueillir le sang du Christ, un vase d'émeraude appelé Sangraal.

 

Jean Danton, l'historiographe de Louis XII en fit une description en 1501 dans sa « Vie de Louis XII deuxième partie chapitre XXI » comme l'ayant vu :

« Ce très précieux vaisseau est une émeraude entaillée en manière d'un grand plat en largeur de deux palmes d'un si beau vert que toute émeraude mise auprès en est obscurcie et contient en rond au-dessus du plus large six palmes en quadrature au fond dudit plat est un autre petit rond fait au compas selon la proportion de sa grandeur et dès le bord de ce rond jusqu'au bout du plat sont six quarrures faites à la ligne et pour soutenir ce plat au-dessous sont deux anses de même pierre assez larges pour passer la main d'un homme et d'un travail merveilleux aussi dit-on que Jésus Christ au jour de sa cène le fit lui-même d'un peu d'argile. Ce trésor d'inestimable prix est soigneusement gardé dans le sacraire du grand dôme de Saint Laurent de Gènes. »

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