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Articles avec #legende arthurienne tag

L'Histoire de Bohort l'Essilié

Publié le par Perceval

Avant de découvrir l'arcane porté par le chevalier Bohort, voici son Histoire...

 

Le roi Bohort, roi de Gaunes, est marié avec Evaine, sœur de la reine Élaine (elle-même épouse de Ban), naissent deux fils, Bohort (le jeune) et Lionel.

Les rois Bohort et Ban font alliance avec Arthur dans sa lutte contre onze rois rebelles de Bretagne – parmi lesquels Lot d'Orcanie, Urien et Caradoc l'Ancien – si bien qu'Arthur à son tour leur promet son aide contre leur ennemi Claudas, lequel se prépare à envahir leurs pays.

Toutefois, Arthur tarde à tenir sa promesse, ce qui permet à Claudas de réussir son invasion. Au cours de celle-ci les deux rois, Bohort et Ban, sont tués tandis que Lancelot, le fils de Ban, est recueilli par la Dame du Lac, et que les deux fils du roi Bohort sont capturés et élevés en captivité à la cour de Claudas.

Bohort ( l'Essilier), fils aîné du précédent, est le plus fameux des deux Bohort. Il passe ses jeunes années avec son frère Lionel à la cour du roi Claudas. Tous deux finissent par se révolter contre ce dernier et parviennent même à tuer son fils, le cruel Dorin. Avant que Claudas ne puisse se venger, les deux garçons s'enfuient avec l'aide d'un serviteur de la Dame du Lac chez laquelle ils reçoivent ensuite une éducation dans la chevalerie en même temps que leur cousin Lancelot.

Tous trois, devenus d'excellents chevaliers, se rendent à Camelot pour rallier la suite du roi Arthur. Bohort, reconnaissable à une cicatrice particulière au front, participe à la plupart des conflits engagés par le roi, y compris la bataille finale contre Claudas qui libère la terre de son père. Bohort l'Essillié est lui-même le père de Sire Hélain le Blanc et cette paternité est le résultat d'une ruse de la fille du Roi Brandegoris : cette dernière était en effet parvenue à l'attirer dans son lit au moyen d'un anneau magique. Plus tard, Bohort introduit son fils à la Table Ronde.

Bohort est réputé comme l'un des meilleurs de la Table Ronde et acquiert sa véritable gloire dans la quête du Graal dont il se révèle digne, avec Galaad et Perceval, de pénétrer les Mystères.

 

Les femmes démoniaques

Plusieurs épisodes illustrent son caractère vertueux. Dans l'un d'entre eux, un groupe de jeunes femmes menace de se tuer en se jetant du haut d'une tour s'il refuse de coucher avec elles. Mais Bohort refuse de rompre son vœu de célibat et lorsqu'elles tombent de la tour, elles se révèlent être en réalité des démons qui pensaient le tromper en jouant sur sa compassion.

 

Le dilemme de Bohort.

Un autre récit nous montre Bohort confronté à un dilemme : il doit choisir entre secourir son frère Lionel enlevé et fouetté d'épines par des brigands, ou délivrer une pucelle sur le point d'être violée par un chevalier brutal. Bohort choisit d'aider la jeune fille, tout en priant avec ferveur pour le salut de son frère. Peu après Lionel ayant échappé à ses tortionnaires et persuadé que Bohort l'a trahi, décide de se venger en le tuant au combat. Bohort, quant à lui, renonce à lever une arme sur son frère, fût-ce pour se défendre.

Un autre compagnon de la Table Ronde, Sire Calogrenant et un religieux ermite ayant tenté de s'interposer, sont tués l'un après l'autre par Lionel. Mais avant que ce dernier ne parvienne à frapper son frère, Dieu fait surgir entre les adversaires une colonne de feu pour les séparer, après quoi Bohort réconcilié avec Lionel peut partir librement.

 

Plus tard, Bohort, Galaad et Perceval découvrent le Saint-Graal et le transportent à Sarras (à rapprocher de Sarrasins), une mystérieuse île d'Orient où Galaad et Perceval meurent, Bohort est le seul des trois à en revenir. Comme le reste de sa famille, Bohort rejoint Lancelot en exil après que la liaison de ce dernier avec Guenièvre a été dévoilée et aide à sauver la reine du bûcher. Il devient ensuite l'un des conseillers les plus écoutés de Lancelot dans la guerre qui l'oppose à Arthur et récupère la souveraineté sur les anciennes terres de Claudas.

Arthur et Gauvain ayant été forcés de retourner en Bretagne pour combattre le malfaisant usurpateur Mordred, Gauvain envoie à Lancelot un message d'appel à l'aide. Les hommes de Lancelot arrivent à temps pour défaire le reste de la rébellion conduite par les fils de Mordred, Melehan et Melou. Dans la bataille, Lionel est tué par Melehan. Il est finalement vengé par Bohort.

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La Quête du Graal : Lucifer - 15/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..) : Sarras...

- « Comment, je vois mon but, après la Quête? »

Entrez !

Le personnage de Lucifer est beaucoup plus ambigu que celui du Diable, auquel il est associé... Lucifer était un ''ange de lumière'' révolté contre Dieu. La conséquence est sa chute sur terre ; au cours de sa chute, son épée d'émeraude s'est modifiée en coupe : autre aspect du ''Graal''...

le ''Parzifal'' de Wolfram von Eschenbach décrit le Graal comme une pierre verte tombée du front de Lucifer - par un coup d'épée de l'archange Michel - pendant cette guerre céleste. Cette pierre avait le pouvoir de prolonger la vie et de transformer de façon mystérieuse ceux qui venaient en contact avec elle.

« Jadis cette pierre ornait le front de Lucifer, le plus lumineux des anges aimés de Dieu. Lors de sa chute elle tomba aussi et jusqu’à ce qu’il la retrouve, Lucifer devra errer, soumettant à la tentation les malheureux et les faibles. » NELLI, Lumière du Graal p. 18. VANSITTART, dans Parsifal,

On raconte également que cette pierre serait tombée au Paradis terrestre et emportée par Adam et Ève en signe d'espoir. Cette pierre aurait été transmise de génération en génération à Moïse, Salomon, et transformée en coupe ; jusqu'à Jésus et Joseph d'Arimathie ( par l'intermédiaire de Ponce-Pilate...!) .

A noter aussi, ce que Le Coran (7.10-17) dit de Lucifer : il ne voulut pas se prosterner devant Adam... Dans l'Islam, il parait que l´émeraude est représentative de l´Âme tandis que la couleur verte, l´est de l´Illumination. Avec Lucifer, le bien et le mal sont peu délimités...


Parmi les accusations portées contre les Templiers, l'une concerne un culte rendu au ''Baphomet''... Cela pourrait être une référence à l'amitié qui se serait développée entre des templiers et certains musulmans... Cela pourrait être également une suspicion de sympathie pour des groupes gnostiques qui se référeraient à Lucifer comme un émissaire divin …

 

Dans la légende arthurienne, le '' Chevalier Vert '' peut être rapproché de cette figure.. Il représente celui qui met au défi tous les chercheurs dans leur quête. Il répond aux questions, donne des conseils, et pose aussi des énigmes. Ceux qui pensent tout savoir, il les égare et les tourmente...

Le ''Diable ''-'' Chevalier Vert '' représente le défi, les obstacles dont je dois venir à bout... Il matérialise mes peurs, mon ignorance, ma stagnation ...etc

 

Nb/ Le personnage de Mordred, pourrait aussi faire penser à l'ange déchu...

Pour continuer le Chemin : - Préparez votre question...

Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

Voir ----> Articles sur …...

GAUVAIN ET LE CHEVALIER VERT -1/2-

GAUVAIN ET LE CHEVALIER VERT -2/2-

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La "Queste del Saint Graal": Roman du XIIIe s.

Publié le par Perceval

*' Illustration tirée d'un manuscrit du 15e siècle du Cycle de la Vulgate ( appelé aussi cycle du Lancelot-Graal ) Cette section propre au Graal est nommée: La '' Queste del Sant Graal "]The Grail pentecost; Lancelot, Queste, Tristan, Morte, France (Ahun), c 1470

La "Queste del Saint Graal" est un roman qui forme la quatrième partie du cycle de la Vulgate et a été écrit dans les années 1225-1230.

Le roman commence un jour de Pentecôte, au moment où les chevaliers du roi Arthur se trouvent réunis autour de la Table Ronde, et une série de présages annonce l’arrivée du meilleur des chevaliers : il s’agit de Galaad qui s’assied sur le Siège Périlleux, réservé depuis l’époque de la Passion au chevalier parfait.

Le Saint Graal apparaît au-dessus des chevaliers et, lorsqu’il disparaît, tous se disposent à partir à sa recherche et à mener à bien la quête du Saint Graal.

Le roman s’attache ensuite aux aventures des principaux chevaliers de la cour arthurienne. Gauvain s’égare dans des entreprises étrangères à la quête et est couvert de reproches par des ermites à cause de ses péchés et de son impénitence. C'est le livre de messire Lancelot du Lac, ouquel livre sont contenus tous les fais et les chevaleries dudit messire Lancelot, et la Queste du saint Graal Author Gautier Map 1

Lancelot expie son péché (ses amours adultères avec la reine Guenièvre) et lutte désespérément contre les puissances qui l’empêchent de poursuivre la quête jusqu’au bout, mais son repentir et sa confession sincère, suivie d’une dure pénitence, transforment le chevalier amoureux d’antan en une sorte d’ascète.

Un autre chevalier, Bohort, part lui aussi à la recherche du Graal en ascète, admire les ermites pour la pureté de leur âme et triomphe des fallacieuses tentations ourdies par le diable.

perceval soeur de lancelot bateau nef de la foi La soeur de Perceval, et la nef de la foi...

Galaad, Perceval et Bohort, les trois chevaliers élus, se trouvent finalement réunis dans une nef merveilleuse qui fut construite par Salomon avec des arbres du Paradis terrestre et qui renferme un certain nombre de symboles de l’attente messianique, en particulier l’épée du roi David. Celle-ci ne se laisse empoigner que par Galaad, dernier descendant du roi et n’admet, en fait de baudrier, que les blondes tresses de la soeur de Perceval ; cette dernière a rejoint les trois chevaliers dans le vaisseau, les accompagne dans leurs aventures terrestres et ne tarde pas à mourir après avoir offert son sang pour guérir une lépreuse. Son corps est porté dans la nef mystérieuse que les élus ont quittée et que rejoindra bientôt Lancelot. Celui-ci, naviguant seul avec la jeune morte, débarquera au château de Corbénic, où il ne pourra qu’entrevoir les merveilles du Graal, car sa confiance en Dieu n’est pas absolue. Detail of a miniature of Sir Galahad and his companions on the Quest for the Holy Grail, approaching a castle which is destroyed by lightning (Part 2, Queste del Saint Graal) France, N. (Saint-Omer or Tourna

Galaad, qui erre avec Perceval pendant cinq ans accomplissant des exploits prophétisés bien des siècles auparavant (guérison du roi Mordrain, aventure de la fontaine bouillonnante), rejoint Bohort et tous trois parviennent au château e Corbenic.

En compagnie de neuf autres chevaliers inconnus, ils célèbrent une sorte de répétition de la Sainte Cène au cours de laquelle apparaît Joseph d’Arimathie entouré d’anges et portant le Saint Graal ; Galaad guérit le Roi Mehaignié.

Obéissant à un ordre divin, les trois élus s’embarquent de nouveau sur la nef de Salomon et cinglent vers Sarraz où se trouve le Palais Spirituel. Escorant, le roi païen de Sarraz, emprisonne pendant un an les trois chevaliers qui subsistent grâce à la présence du Graal. Le roi mort, une voix divine ordonne à ses sujets d’offrir la couronne à Galaad, qui l’accepte.

Un an plus tard, les secrets du Graal lui sont révélés et, après avoir reçu la communion des mains de Joseph d’Arimathie, il meurt. A l’instant même, une main mystérieuse emporte au ciel le Saint Graal.grail47

Perceval se fait ermite et meurt au bout d’un an; Bohort l’enterre au côté de sa soeur et de Galaad et revient à la cour du roi Arthur pour y raconter toutes ces aventures. Celles-ci, mises en écrit par des clercs d’Arthur, seront bien plus tard, translatées en latin par Gautier Map, puis en français.

grail48L’auteur, qui n’est évidemment pas Gautier Map, est sans doute différent de celui du Lancelot propre et de celui de la Mort le Roi Artu, mais l’oeuvre n’a de sens que par rapport à ce qui la précède et à ce qui la suit dans le cycle.

On a depuis longtemps mis au jour l’originalité de cet écrivain au sein de la production romanesque du XIII° s. : proche de Cîteaux, sans pour autant être lui-même cistercien, l’auteur de la Queste del Saint Graal dresse dans une prose sobre et fine un tableau de la vie chrétienne et, à travers Galaad, un tableau de la vie ascétique et mystique selon Cîteaux. grail49

Romancier original qui semble à la fois être rompu aux méthodes de l’exégèse biblique et connaître parfaitement la matière arthurienne, il nous offre le miracle d’un récit où se côtoient jusqu’à se fondre des réminiscences évangéliques (Pentecôte du Graal) et des données mythiques (le siège périlleux, l’épreuve de l’épée du perron). De plus, il ne s’agit pas d’une quête traditionnelle, puisque le Graal s’offre en ouverture à tous les chevaliers de la Table Ronde réunis à Camaalot, en cour plénière.

La tâche des quêteurs n’est pas de prendre possession de l’objet, mais d’en affiner et d’en intérioriser la vision jusqu’aux deux ultimes théophanies : celle de Corbenic où le corps ensanglanté du crucifié surgit du Saint Vessel aux yeux des trois élus, celle de Sarras où le seul Galaad se trouve en présence de l’indicible et des grandes merveilles.grail50

La linéarité habituelle de la quête est ici constamment brisée par l’entrelacement - plusieurs personnages affrontent au même moment différentes aventures liées au Graal - et par les ’senefiances’ des ermites ou autres, qui resituent les aventures dans un cadre historique (biblique ou pseudo-biblique), ou eschatologique. Techniques narratives qui confèrent au récit une double épaisseur : hiérarchie des quêteurs, de Galaad à Gauvain, en passant par Perceval, Bohort et Lancelot ; profondeur historique depuis Adam (légende de l’Arbre de Vie) jusqu’à la fin prochaine du monde arthurien. En fait, la Queste del Saint Graal dessine moins un parcours linéaire que circulaire : le Saint Graal retourne dans son lieu originel à Sarraz, figure de la Jérusalem Céleste, tout comme Galaad revient sur la terre de ses ancêtres David et Joseph d’Arimathie. Seul Bohort accomplit le chemin traditionnel, lui aussi circulaire : cour d’Arthur - aventures extérieures - cour d’Arthur.

Sources: Charles RIDOUX

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La Quête du Graal : Melchisédech – 5/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..)
«  Sur quelle aide, puis-je compter ?' »
Entrez !

Nous sommes toujours (symboliquement) dans le Temple de Salomon, dans la cour, on voit un simple autel cubique en marbre noir, sur lequel est posée une pierre verte brillant d'une aura puissante. Sur son côté se tient Melchisédech le prêtre. L'air sérieux et concentré, il tient dans ses mains un large plat peu profond rempli d'eau, qu'il s'apprête à verser sur la pierre. Au premier plan, le ' Chercheur ' du Graal met genou à terre...


Melchisédech, est dans la Tradition biblique, grand prêtre et roi de Salem ( Gen 14, 18). Il bénit le patriarche Abraham et sort du Temple pour offrir du pain et du vin : offrande ( eucharistique …) qui en fait un précurseur du Christ.

Certains récits décrivent Abraham qui reçoit des mains de Melchisédech le Saint-Graal ; longtemps plus tard, cette coupe aurait été apportée au Temple de Jérusalem. Il est dit qu'alors, la Reine de Saba servit de médiatrice pour la circonstance. Elle se présenta devant le roi Salomon avec le Saint-Graal et après l'avoir soumis à de rigoureuses épreuves elle lui remit le joyau si précieux.
Le Sacro Catino ( graal)
exposé à la cathédrale Saint-laurant de Gênes

Le Sacro Catino (« bassine sacrée » en italien) est un plat, exposé actuellement à la cathédrale Saint-Laurent de Gênes, qui passait pour être en émeraude et pour avoir été offert par la Reine de Saba à Salomon et avoir servi lors de la Cène.

L'image de Melchisédech qui s'apprête à verser l'eau sur la pierre représente, dans la légende arthurienne, le départ d'une aventure transformatrice. Cette image représente l'importance de l'expérience, sans laquelle nul individu ne peut avancer : la Quête est une aventure. Elle incarne aussi les grâces de la miséricorde, de la gentillesse, de la paix et du pardon, nécessaire pour accomplir sereinement le chemin ...
Intéressant de constater que dans le Tarot cette carte représente '' Le Pape'' et symbolise la spiritualité, le dialogue...

Et, dans la légende arthurienne, on retrouve la même image avec Taliesin, poète et barde.
Selon le poème du IXe s. Preiddeu Annwn, Taliesin accompagne Arthur dans sa quête d'Annwn (= l'Autre-Monde) qu' Arthur et ses chevaliers traversent … à la recherche d’un chaudron magique, possession de neuf magiciennes. Dans la Vita Merlini de Geoffrrey de Monmouth, Taliesin aide Merlin à conduire Arthur à Avalon pour qu'il soit guéri par la déesse Morgen.

Taliesin est le gardien de la Tradition. Taliesin est prêt à aider le chercheur et à lui permettre d'entrer en contact avec la sagesse vivante de l'Autre-Monde. Il est un interprète ainsi qu'un instructeur, capable de créer des images pour l'esprit réceptif et de créer des connexions dans le cœur qui attend.

N'oubliez-pas …. ! Pour continuer le Chemin : - Quelle sera votre question ?

A suivre ...
Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

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Des femmes dans la Légende arthurienne

Publié le par Perceval

Laudine's RingDans la société arthurienne, la femme correspond à l'image fantasmée de l'idéal courtois, c'est le cas de la reine Guenièvre...

Cependant, la plupart des femmes de la légende sont très éloignées de l'image lisse et épurée de l'héroïne courtoise : la fée Morgane, la dame du Lac, Laudine ou encore la servante Lunette sont des femmes puissantes, intelligentes et actives. Souvent dotées de pouvoirs magiques, elles interviennent dans l'ombre, prennent des décisions et sont maîtresses de leur destin...sandrinegestin-MORGANE-peinture-plat-1

L'héroïne courtoise est souvent une demoiselle en détresse... A l'opposé, pourtant, Morgane représente la femme de l' ''ancien monde'' païen, mais elle ne connaît aucune relation amoureuse heureuse et - pareillement - Viviane, la dame du Lac entretient avec Merlin une relation d'égal à égal qui échappe complètement aux codes de la courtoisie. Ces femmes sont de plus en plus marginales et restent loin de la société des hommes dont elles ne respectent pas les règles.

  • Ygraine est la mère biologique d'Arthur, qu'elle conçoit avec Uther qui a pris l'apparence de Gorlois( l'époux d'Ygraine)  grâce à l'enchantement de Merlin, en lui promettant de lui donner son enfant (Arthur)...Uther et Ygraine' du roi Arthur et ses chevaliers illustrés par Frank Godwin

Et, Ygraine est aussi mère de Viviane, Élaine, Morgane et Morgause avec son mari, le duc de Cornouailles, Gorlois de Tintagel, et involontairement la mère d’Arthur avec Uther Pendragon (sous l’enchantement de Merlin)

  • Guenièvre est donc l'un des personnages de la légende arthurienne qui a le plus évolué au fil des siècles. Elle passe de la femme-fée mystérieuse des premiers temps, pour devenir la femme qui trompant le Roi Arthur avec Lancelot, provoque la chute du royaume...

GuenièvreLa reine Guenièvre est l'un des personnages récurrents de la légende du roi Arthur, c'est à dire qu'elle est présente aux côtés du roi dans tous les récits de la Table Ronde. Mais c'est surtout dans le roman de Chrétien de Troyes intitulé Lancelot, le Chevalier de la Charrette qu'elle a un rôle important. Dans ce livre, Guenièvre se fait enlever par un seigneur félon nommé Méléagant. Ce dernier l'emmène dans son royaume, une contrée étrange et très difficile d'accès où se produisent parfois des phénomènes étranges. Lancelot se lance bien entendu à sa recherche, mais pour la délivrer, il devra accomplir un véritable parcours initiatique fait de sacrifices et d'épreuves. Parmi ces épreuves, on peut citer notamment le fameux trajet en charrette, source d'une terrible humiliation pour un chevalier, et la traversée du pont de l'épée, la tranchante frontière qui sépare le royaume de Logre du royaume de Méléagant.

  • Avalon Camelot King Arthur Viviane, the Lady of the Lake - Illustrator Zephir ElphViviane a des relations avec Merlin, dont elle sera même la maîtresse, et qui lui enseigne la magie. On l’appelle "fée Viviane" ou "la Dame du Lac". Elle transmet son savoir à Morgane et emporte Lancelot du Lac avec elle au plus profond du vaste lac lorsqu’il est encore bébé, à la mort du père de Lancelot, Ban de Bénoïc.
  • Morgause est la mère de Mordred avec Arthur. C'est la femme de Lot d’Orcanie et la mère de Gauvain, Gareth (Gaheriet), Gaheris (Guerrehet), Agravain et de Mordred avec Arthur, envoyée par Morgane. Elle élève Mordred dans la haine de son père, le roi Arthur.
  • Morgane devient fée après sa grande sœur Viviane. La fée Morgane est souvent considérée comme une fée maléfique, au contraire de son rôle dans le roman Les Brumes d’Avalon de Marion Zimmer Bradley. Elle est la maîtresse d’Accolon et ennemie de son demi-frère Arthur. Elle aurait d’abord été avec son demi-frère Arthur puis son ennemie. Elle fait se battre Accolon avec Arthur. Elle fait une copie d’Excalibur qui appartient à Arthur, donne l’original à Accolon et la copie à Arthur, mais c’est Accolon qui est tué. Avec le roi Urien, elle a Yvain. Si c’est elle qui est la mère de Mordred avec son demi-frère Arthur, Yvain est le demi-frère aîné de Mordred.

frise épée sword fond blanc 600

  • La reine Élaine est l'épouse du roi Ban de Bénoïc, mère de Lancelot, grand-mère de Galahad, sœur d'Evaine qui est la femme du frère de son mari.

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La Quête du Graal : La reine de Saba – 3/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..)
- « Quelle est la source de ma recherche. ?» ou « Qui peut- m'accompagner.. ? »
Entrez !
 
C'est une autre figure féminine ; la figure de la souveraine. Pour un chrétien, l'image reçue de Marie, la mère du Christ, y correspond avec la '' Marie reine'', ou la ''Mater Dolorosa''...

Dans le Premier Testament, cette figure d'impératrice est reprise par la Reine de Saba, comme épouse du roi Salomon ( carte suivante)... Elle est connue pour l'importance et la pénétration de son intuition ainsi que pour son discernement inné. Elle teste la sagesse du roi Salomon en lui posant nombre d'énigmes...

Dans les mythes du Graal, c'est la reine de Saba qui a la vison du Graal et prophétise qu'un descendant de la lignée royale Le découvrira.. Elle demande à Salomon de bâtir une nef capable de traverser non seulement l'espace, mais aussi le temps, jusqu'à l'époque d'Arthur, lorsque les mystères de la Coupe seront révélés. Au cours de la Quête, c'est le bateau dans lequel Galaad ( descendant de Salomon), Perceval et Bohort voguent vers Sarras, la ville mystique du récipient sacré.

Salomon et la Reine de Saba de Pellegrino Tibaldi , les deux personnages montrent à la fois le Haut et le Bas.
Autre personnage, qui s'en approche : Guenièvre manifeste l'harmonie entre le roi et sa contrée... 
The Lady Guinevere, by Alexie King


Si elle ne trouve pas à tous les niveaux un amour réciproque de la part de son époux, elle cherche alors un champion pour faire réagir le roi et lui rappeler ses devoirs envers sa reine et le pays qu'elle 
représente.

Elle est en réalité défendue par de nombreux chevaliers, dont le champion du Graal, Peredur ( Perceval, Persifal), et Gereint... Chacun venge Guenièvre quand elle est insultée par un chevalier sans nom, qui vient peut-être de l'Autre-Monde...
 

La reine de Saba, ou Guenièvre, représente le désir d'agir et d'entreprendre ; elle est une participante puissante et redoutable à la Quête, accompagnant les chercheurs et les encourageant à faire le nécessaire pour réussir.
 


Pour continuer le Chemin : - Quelle est votre question ?

 

Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

 

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Viviane, la Dame du Lac

Publié le par Perceval

excalibr et la dame du lacLa fée Viviane est identifiée à la dame du lac.

Elle donne l'épée Excalibur au roi Arthur, guide le roi mourant vers Avalon après la bataille de Camlann, enchante Merlin et éduque Lancelot du Lac après la mort de son père.

Le même personnage peut se nommer Viviane, Niniane, Nyneve ou Nimue. * Viviane, vit dans la forêt, en compagnie de nombreux animaux féeriques, comme les dragons. Viviane et Lancelot la légende du roi arthur bnf

Elle enlève le tout jeune Lancelot, après la mort de son père le roi Ban de Bénoïc. Elle l'emmène au plus profond d'un grand lac duquel il crut ne jamais pouvoir ressortir, ignorant qu'il s'agissait là du « passage » obligé pour rejoindre le royaume merveilleux et caché d'Avalon, l'île sacrée, ultime refuge de la tradition celtique. Viviane enseigne les arts et les lettres à Lancelot, lui insufflant sagesse et courage. Elle fait de lui un chevalier accompli. Elle le mène alors à la cour d'Arthur, à Camelot, pour y être adoubé.

Brickdale, Eleanor Fortescue Viviane et Merlin* Selon de nombreuses variantes de la légende, Merlin succombe aux charmes de Viviane et elle lui demande de lui enseigner ses secrets. Merlin apprend à Viviane pratiquement tout ce qu'il sait. Finalement, Viviane, voulant en faire son « amant éternel », enferme Merlin dans une grotte, ou dans une tour...

Dans d'autres versions, c'est pour préserver sa virginité des assauts répétés du vieil enchanteur, que Viviane lui demande de l'initier à la magie. Dans le seul but de la conquérir, Merlin accepte, tout en sachant (grâce à son don prophétique) qu'elle causera sa perte. Viviane l'enterre vivant dans une tombe grâce à un enchantement (cf. le Lancelot en prose ou le Merlin Huth, romans du XIIIe siècle par exemple).tombeau-de-merlin NetBl La tombe sera figurée par un cercle de pierres magiques dans d'autres versions.

Parfois, Viviane et Morgane s'affrontent, à l'aide de leur magie... Viviane protège Arthur, sa cour et l'idéal courtois et chevaleresque qu'il incarne, tandis que Morgane veut la perte de son frère et de sa belle-sœur, la reine Guenièvre (cf. le Lancelot en prose, le Merlin Huth et La Mort le roi Arthur par exemple).

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La légende de Merlin l'enchanteur. 3/3

Publié le par Perceval

Artus et les chevaliers

Le roi tableAprès avoir chevauché quelques heures, ils éprouvèrent le désir de se reposer. On était au printemps. La beauté du ciel, le chant des oiseaux, la fraîcheur de la verdure naissante les plongèrent dans une douce rêverie. Ils n'en sortirent que pour s'apercevoir que quatorze jeunes gens, tous beaux et bien vêtus, les regardaient.

Ces jeunes gens demandèrent où était le roi Artus. Aussitôt désigné, le roi les vit s'agenouiller devant lui pour lui dire qu'ils désiraient tous recevoir de lui l'ordre de la chevalerie, afin de le servir loyalement et fidèlement. Déjà, durant son absence, ils avaient défendu ses terres contre de terribles agresseurs.

L'air noble des jeunes gens, cette prévenance en sa faveur, inclinèrent Artus à demander qui ils étaient. Celui qui les conduisait se présenta d'abord : c'était Gauvain, fils du roi d'Orcanie. Puis il nomma ses compagnons. Artus leur fit le meilleur accueil et embrassa Gauvain, qui se trouvait être son neveu.

- Je vous octroie la charge de connétable, lui dit-il. Et il l'investit par son gant gauche. Quelques jours après, ils arrivèrent tous à Logres.

Et là, le roi Artus prit Escalibor, la bonne épée, et la pendit au flanc gauche de Gauvain, puis il lui chaussa 1'éperon droit, tandis que le roi Ban lui bouclait le gauche, les éperons d'or étant le signe distinctif des chevaliers. Enfin, il lui donna l'accolade. Il adouba de même, c'est-à-dire revêtit d'une armure ses compagnons, et leur distribua des épées. Seul l'un d'eux, Sagremor, neveu de l'Empereur de Constantinople, ne voulut point d'autre épée que celle de son pays. Puis, chacun des nouveaux chevaliers adouba à son tour les gens de sa maison. Et pour finir, ils allèrent tous ouïr la messe.

Au retour, Merlin, devant le roi, les seigneurs et les nouveaux chevaliers assemblés, leur conta l'histoire du Graal.

Pour finir, il dit, s'adressant à Artus : - Sire, il vous appartiendra à présent de dresser la table du Graal, d'où il adviendra quantité de merveilles.

- La table sera dressée au château de Carduel, en Galles, répondit Artus et le jour de Noël, j'élirai les chevaliers qui auront droit d'y siéger.

Merlin et Viviane

Merlin et Viviane (la Dame du Lac), peint par Gustave DoréUne seconde fois, Merlin s'en alla rejoindre Viviane, ainsi qu'il le lui avait promis. Vous devez croire qu'il avait grand désir de s'y rendre très vite.

Pourtant, il fit un détour au royaume de Bénoïc, en Petite Bretagne, puis au royaume de Gannes, où il conta ce qui s'était passé en Carmélide. Et sachant toutes choses, il demanda aux rois de ces pays de prendre la mer avec des soldats afin d'aider Artus à chasser les Saines du royaume de Logres.

Alors, satisfait de leur réponse, il s'en fut donc en forêt de Brocéliande. Quand Viviane l'aperçut, elle courut à lui, et tous deux éprouvèrent une grande joie à se retrouver. Sans plus tarder, Viviane voulut connaître de nouveaux jeux.

- Beau Sire, lui dit-elle, dites-moi comment je pourrais faire dormir un homme aussi longtemps qu'il me plairait... Elle se garda bien de lui révéler pour qui elle désirait cette science, car elle croyait que Merlin ne la lui aurait pas enseignée. Mais Merlin lisait dans sa pensée. Et il savait qu'elle invoquait une fausse raison quand elle ajouta :

- J'aimerais endormir mon père Dyonas, et ma mère, quand vous viendrez me voir, pour être tout à fait libre.

Merlin refusa. Viviane n'en parut que peu contrariée. Déjà, elle était sûre d'elle-même et de son pouvoir sur Merlin, et, quand arriva le dernier jour, ainsi qu'elle le prévoyait, Merlin céda. Ils se trouvaient alors tous deux dans le verger nommé « Repaire de joie et de liesse », et Merlin lui apprit non seulement ce qu'elle désirait, mais beaucoup d'autres choses encore, par exemple trois mots qu'elle prit par écrit et qui avaient cette vertu de l'empêcher d'appartenir à un homme lorsqu'elle les portait sur elle. Merlin se munissait ainsi contre lui-même, mais il se savait si amoureux de Viviane qu'il lui céderait toujours.

Alors qu'il s'en revenait à Logres, il prit l'aspect d'un vieillard affublé d'un costume démodé, mais pimpant. Or, le jour était extrêmement beau, et Gauvain, dans le dessein d'en profiter, avait demandé son cheval et avait pris le chemin de la forêt.

C'est ainsi qu'il rencontra Merlin monté sur un palefroi blanc. Celui-ci l'aborda et le ramena à la réalité :

- Messire Gauvain, lui dit-il, si tu m'en croyais, tu laisserais là promenade et rêverie, car il vaudrait mieux pour ton honneur faire la guerre aux ennemis de ton roi. Gauvain éberlué, allait répondre, mais Merlin avait déjà disparu.

La guerre aux Saines

Flint, Sir W. Russell (1880 - 1969) combatC'est qu'en effet l'instant était grave. Les Saines, redoutables guerriers, plus nombreux que les flots de la mer, assiégeaient alors la ville de Clarence. Or, un jour où le ciel était couleur de plomb, enveloppé de brume, les Saines furent réveillés par une multitude de lances qui, telle des bêtes sauvages, se jetèrent avec fureur sur leurs tentes, abattant les mâts, renversant les pavillons et massacrant tout ce qui se trouvait sur leur passage.

L'armée des chevaliers, qui avait pour enseigne la bannière blanche à croix rouge, avançait ainsi inexorablement, chassant les Saines, qui tentaient vainement de se rallier au son de leurs cornes et de leurs buccins.

Gauvain tua le roi Ysore et lui prit son cheval, le « gringalet », qui pouvait courir dix lieues sans connaître la fatigue. Les rois Artus, Ban et Bohor, et combien d'autres, firent merveille. Merlin jeta des enchantements, si bien que les Saines cédèrent et s'enfuirent de toute la vitesse de leurs chevaux, s'embarquant sur des bateaux pour une destination inconnue. Alors Artus partagea entre les chevaliers le riche butin laissé par l'ennemi, puis il fit duc de Clarence, Gasselin, l'un de ses chevaliers. Et il y eut cinq jours de grande liesse.

 Mariage d'Artus

guinevere and Arthur mariageLe sixième jour, ils partirent pour la Carmélide, où Guenièvre attendait Artus.

Le jour du mariage, il y eut plus de joie que jamais en un jour de fête. La salle fut couverte de joncs, d'herbes vertes et de fleurs qui embaumaient. L'été débutait, et un vent chaud avait lustré le ciel qui débordait de soleil. Guenièvre apparut aux yeux éblouis de tous, le visage découvert, ses cheveux blonds couronnés d'or et de pierreries, vêtue d'une robe lamée d'or, si longue qu'elle traînait à plus d'une demi-toise. En cortège, les fiancés, les rois et leur cour, les barons du royaume de Carmélide, les nobles et les bourgeois se rendirent à l'église pour la bénédiction nuptiale. Ensuite, tout ce monde fit bombance, après avoir entendu les ménestriers jouer du violon, de la flûte et des chalumeaux, puis les chevaliers se divertirent à l'escrime et autres jeux, et tous dansèrent et prolongèrent ces plaisirs fort tard dans la nuit.

Pas un convive n'oublia de sa vie une aussi belle journée. Une semaine après, les rois Ban et Bohor prenaient congé d'Artus, qu'ils n'avaient pas quitté depuis qu'ils guerroyaient contre les Saines, et regagnèrent leurs terres. Ils partirent en compagnie de Merlin et, ensemble, ils traversèrent la mer pour arriver en Petite Bretagne, où ils furent accueillis avec des transports d'allégresse.

Cependant, Merlin poursuivit son chemin pour aller voir Viviane, dans la forêt de Brocéliande.

Le lac de Diane

Ford, H. J. (1860 - 1941) Merlin et VivianeViviane reçut son ami avec beaucoup de tendresse, si bien qu'il en tomba plus amoureux encore, si la chose se pouvait. Ayant pris la peine de lui expliquer la plupart de ses jeux, c'était elle maintenant qui lisait dans ses yeux et dans sa pensée, de telle façon qu'il n'eût jamais aucun secret pour elle.

Un après-midi qu'ils se promenaient tous deux dans la forêt, Merlin conduisit Viviane au lac de Diane. Il lui fit remarquer une tombe, en marbre, où l'on voyait en lettres d'or ces mots : Ci-gît Faunus, l'ami de Diane. Puis il lui conta cette histoire : Faunus aimait loyalement Diane, la déesse des bois. Hélas ! celle-ci lui préféra Félix et elle n'hésita point, un jour que Faunus blessé voulut se baigner dans l'eau enchantée qui se trouvait alors à la place même de la tombe, à faire renverser une pierre sur lui, celle-là même qui fermait à présent le tombeau, où gisait écrasé le pauvre Faunus. Alors Félix, indigné par l'acte criminel de Diane, la prit par sa tresse, et lui coupa la tête de son épée.

- Et qu'est donc devenu le manoir que Diane avait fait bâtir ? demanda Viviane, après un grand moment de silence.

- Le père de Faunus le détruisit dès qu'il connut la mort de son fils. Or, devinez quelle idée vint brusquement à Viviane ? Elle émit le désir d'avoir un manoir aussi beau et aussi riche que celui de Diane.

Et aussitôt, pour lui complaire, Merlin faisait jaillir, à la place du lac, un château, si merveilleux qu'il ne s'en trouvait point de semblable dans toute la Petite Bretagne.

- C'est votre manoir, ma mie, lui dit-il. Jamais personne ne le verra qui ne soit de votre maison, car il est invisible pour tout autre et aux yeux de tous, il n'y a là que de l'eau. Si, par envie ou par traîtrise, quelqu'un de vos gens révélait le secret, aussitôt le château disparaîtrait pour lui, et il se noierait en y croyant entrer.

- Mon Dieu ! fit Viviane éblouie, jamais on n'entendit parler d'une demeure plus secrète et plus belle. À la voir si heureuse s'augmenta encore la joie de Merlin, qui lui apprit plusieurs autres enchantements, au point qu'il devint d'une imprudence folle.

- Beau Sire, lui dit-elle un jour, il y a encore une chose que je voudrais savoir. C'est comment je pourrais enserrer un homme sans tours, sans murs, sans fers, de manière qu'il ne pût jamais s'échapper sans mon consentement...

Merlin, qui lisait dans sa pensée, répondit :

- Ma belle amie, de grâce, ne me demandez plus rien. Vous voulez m'enfermer ici pour toujours, et je vous aime si fort qu'il me faudra faire votre volonté. Viviane lui sourit tendrement :

- Je n'ai sans vous ni joie ni biens, dit-elle, et j'attends tout de vous. Puisque je vous aime autant que vous m'aimez, ne devez-vous pas faire ma volonté et moi la vôtre ?

- La prochaine fois que je viendrai vous voir, je vous enseignerai ce que vous désirez. Il y avait obligation pour Merlin de retourner, à présent, au royaume de Logres, auprès du roi Artus qui réunissait beaucoup de monde à Carduel, au moment de Noël.

Fondation des Chevaliers de la Table ronde

L'épée et les chevaliers de la table rondeEt il y eut, en effet, grande réception et festin en ce jour, au château de Carduel, au pays de Galles. Merlin amusa les invités du roi en prenant diverses apparences, puis, quand les tables furent enlevées, après le repas, il rappela l'histoire du Graal ou l'histoire de ce vase contenant le sang du Christ.

Or, d'après la légende, ce vase avait été transporté en Petite Bretagne.

- Et, dit Merlin, il est écrit que le roi Artus doit établir ici même une table, qui sera ronde pour signifier que tous ceux qui devront s'y asseoir ne jouiront d'aucune préséance. À la droite du roi demeurera toujours un siège vide, en mémoire du Christ. Qui se risquerait de le prendre, sans être l'élu, serait puni de mort, car il est réservé au Chevalier qui aura conquis le Graal.

- Qu'il en soit ainsi ! déclara Artus. Et aussitôt qu'il eut parlé, surgit, au milieu de la salle, une table ronde autour de laquelle se trouvaient cent cinquante sièges de bois.

Et sur la plupart d'entre eux, on lisait en lettres d'or : Ici doit s'asseoir Un Tel Mais sur celui qui était à la droite du fauteuil du roi, aucun nom n'était inscrit. Artus et les chevaliers désignés vinrent prendre place. On remarquait messire Gauvain, et tous ceux qui avaient défendu le royaume durant l'absence du roi.

Puis Gauvain, en sa qualité de connétable, prononça, au nom de tous, le serment solennel : que jamais Dame, Damoiselle ou homme ne viendrait demander aide à la cour sans l'obtenir, et que, si l'un des chevaliers présents disparaissait, les autres, tour à tour, se mettraient sans trêve à sa recherche, pendant un an et un jour.

Tous les Chevaliers de la Table ronde jurèrent, sur des reliques de saints, de tenir le serment qu'avait fait pour eux messire Gauvain. Ensuite, la reine Guenièvre proposa que quatre clercs fussent à demeure dans ce château de Carduel pour mettre par écrit toutes les aventures des Chevaliers. Le roi Artus l'approuva. Et à l'unanimité, les Chevaliers manifestèrent grande joie.

Quête de Merlin

le tombeau de Merlin La Forêt de BrocéliandePour la quatrième fois, Merlin quitta la cour du roi Artus pour se rendre dans la forêt de Brocéliande. Le roi et la reine en furent peinés, car il était pour eux un excellent ami. Et d'autant plus que Merlin leur avait dit qu'il ne reviendrait pas. Était-ce possible, se disaient-ils, en le voyant disparaître au loin, sur un cheval superbement harnaché.

Ayant retrouvé Viviane, Merlin céda enfin à sa prière et il lui donna les moyens de le faire prisonnier d'amour pour toujours. Mais cela, on l'ignorait à Carduel et quand trois mois furent écoulés, sans que Merlin parût, Gauvain dit au roi, qui se montrait très triste :

- Sire, je vous jure, par le serment que je fis, pour Noël, que je le chercherai, partout où cela me sera possible, durant un an et un jour. Et tous les chevaliers l'imitèrent, et partirent en quête de Merlin à la même heure. Ils se séparèrent à une croisée de chemins.

Or, un jour que Gauvain traversait une forêt après avoir longtemps erré sur les terres de Logres et ne savait où se diriger, il croisa une Damoiselle montée sur un beau palefroi noir, harnaché d'une selle d'ivoire aux étriers dorés. Elle-même était richement vêtue. Mais Gauvain, plongé dans une sombre rêverie, passa auprès d'elle sans la voir ni la saluer, ce qui représentait, pour un chevalier, une faute grave. Profondément choquée, la Damoiselle fit tourner son palefroi et aborda Gauvain, pour lui reprocher son manque de courtoisie. Et, pour le punir, elle lui souhaita de ressembler au premier homme qu'il rencontrerait.

Gauvain s'inclina, ne dit mot et repartit, mais à peine eut-il chevauché quelques lieues, ses yeux s"arrêtèrent sur un nain qui marchait en compagnie d'une Damoiselle. Se rappelant la leçon qu'il venait de s'attirer, il s'empressa de la saluer. À quelque distance, il ne comprit pas, ou il ne comprit que trop, ce qui lui arrivait : les manches de son haubert lui venaient maintenant bien au-delà des mains, et les pans lui couvraient les chevilles.

Eh oui, Gauvain avait tellement diminué de taille qu'il n'était plus qu'un nain, dont les pieds n'atteignaient pas les étriers et la tête son écu... Sa peine fut si vive, qu'il se demanda, un moment, s'il n'allait pas en finir avec la vie. Mais que dirait-on, à la cour du roi Artus, d'un chevalier qui n'aurait su faire face à l'épreuve ? Et déjà, s'aidant d'un tronc d'arbre coupé pour descendre de cheval, il raccourcissait ses étriers, relevait les manches et les pans de son haubert et aussi ses chausses de fer. Puis, courageusement, il reprit la route pour être fidèle à son serment. Mais de Merlin, point ne se présentait. Personne ne l'avait vu ni ne le connaissait. Et vous devinez aisément l'angoisse de messire Gauvain qui continuait à parcourir des lieues.

Un jour, il entra dans la forêt de Brocéliande, et c'est là qu'il découvrit un étrange phénomène : une sorte de vapeur... Il ne pouvait croire que son cheval ne franchirait pas un obstacle transparent et aérien. Mais non. Obstinément, le cheval refusa d'avancer... Et, soudain, il s'entendit appeler par son nom, et reconnut la voix de Merlin.

- Où êtes-vous ? demanda Gauvain. Je vous supplie de m'apparaître...

- Non, répondit Merlin, vous ne me verrez plus jamais, et après vous je n'adresserai la parole qu'à ma mie, Viviane. Le monde n'a pas de tour si forte que la prison d'air où elle m'a enserré. Et il raconta comment, alors qu'il dormait, Viviane avait fait un cercle de son voile, autour du buisson ; et comment, quand il s'éveilla, il comprit qu'il ne pourrait plus sortir de ce cercle enchanté où Viviane le retenait prisonnier. Il dit encore :

- Saluez pour moi le roi, et madame la Reine, et tous les chevaliers et barons, et contez-leur mon aventure. Puis il ajouta : Ne désespérez pas de ce qui vous est advenu, Gauvain. Vous retrouverez la Damoiselle qui vous a enchanté ; cette fois, n'oubliez pas de la saluer, car ce serait folie. À tout ce discours, le nain Gauvain ouvrit de grands yeux.

Cependant, il reprit la route de Carduel, tout à la fois heureux et mécontent, heureux de ce que Merlin lui prédisait la fin de sa mésaventure, et mécontent de penser que son ami s'était montré, pour la première fois, plus fol que sage. Quand il traversa la forêt où il avait croisé la Damoiselle qui lui avait jeté ce mauvais sort, il craignait tant de la rencontrer et de ne pas la saluer, qu'il ôta son heaume pour mieux la voir. Et soudain, il l'aperçut aux prises avec des chevaliers félons qui lui voulaient du mal. Gauvain s'élança alors sur eux et les combattit si bien, malgré sa petite taille, qu'il les mit en déroute.

En reconnaissance de son dévouement et de sa bravoure, la Damoiselle, sur la promesse qu'il lui fît d'être toujours courtois, lui permit de redevenir ce qu'il était avant leur première rencontre. Alors messire Gauvain chevaucha si vite qu'il arrive en même temps que les chevaliers qui étaient partis comme lui pour chercher Merlin et qui revenaient, comme lui, après un an et un jour.

Tous firent au roi et à la reine le récit de leurs aventures et quand vint le tour de Gauvain de raconter l'enserrement de Merlin, il provoqua chez tous une grande tristesse. Des clercs mirent ces récits par écrit. Grâce à eux, nous les connaissons aujourd'hui.

*** Bien sûr tous ces textes sont des adaptations modernes, recueillies comme des " Contes et Légendes de Merlin ", inspirées par les textes anciens ....

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La légende de Merlin l'enchanteur. - 2/3 -

Publié le par Perceval

La pierre merveilleuse

arthur15 L'épée dans l'enclumeSeize années s'écoulèrent. Uter Pendragon mourut, deux ans après Ygerne. Comme il n'avait point d'héritier direct, les barons du royaume trouvèrent une solution très simple : demander à Merlin de leur en désigner un.

- Attendez le jour de Noël, répondit Merlin. Donc, la veille de Noël, les barons se réunirent à Londres et parmi eux se trouvait Antor avec Keu et Artus, ses deux enfants dont il ne savait à présent lequel il préférait. En procession, ils allèrent tous à la messe de minuit, puis, selon la coutume, à la messe du jour. Quand ils sortirent de l'église, ils entendirent des cris, tout un brouhaha et ils demandèrent ce qui se passait d'extraordinaire.

On leur montra une grosse pierre au milieu de la place, venue on ne sait d'où, qui ne ressemblait à rien, avec à son sommet une enclume de fer dans laquelle une épée se trouvait fichée jusqu'à la garde. Vous pensez si les langues allaient bon train. Chacun cherchait une explication à ce phénomène.Comment Arthur retire l'épée

- Cela vient du ciel, disaient les uns.

- Du ciel ou de l'enfer, répliquaient les autres.

- D'où qu'elle soit, il nous faut bénir cette pierre, dit l'évêque. Tout en s'apprêtant à accomplir ce geste pieux, il se baissa et fronça les sourcils : ce qu'il venait de découvrir le laissa quelques secondes sans voix. Puis il lut clairement, de telle façon qu'ils fussent entendus de tous, ces mots inscrits en lettres d'or sur la pierre : Celui qui ôtera cette épée sera le roi.

Il y eut alors une véritable bousculade. Tous les barons, puissants et hauts seigneurs, se précipitèrent pour lire à leur tour ces mots magiques et certains voulurent tirer au sort pour décider qui en ferait les premiers l'essai. Une querelle s'ensuivit et l'on entendait déjà le cliquetis des armes, quand l'évêque intervint en choisissant lui-même deux cent cinquante chevaliers pour tenter l'aventure. Or, pas un, malgré beaucoup de force, d'adresse et de bonne volonté, non, pas un ne parvint à faire bouger l'épée. Qui en fut amusé ? Keu et Artus, ces deux grands adolescents de seize ans qui observaient la scène d'un oeil critique. Estimant qu'eux aussi avaient droit à cette étrange « course à l'épée », la prenant comme un jeu, ils s'approchèrent de la pierre fabuleuse. Artus dit :

- Voyons si je pourrai... Mais avant qu'il eût achevé sa phrase, il tirait 1'épée par la poignée et la montrait à Keu et à Antor médusés.

- Beau fils, est-ce toi qui serais désigné... ? murmurait Antor. Déjà des barons accouraient, déjà des protestations véhémentes s'élevaient. Avait-on jamais vu un homme de naissance obscure devenir roi de Bretagne ? Il fallut, une fois encore, l'intervention de l'évêque pour calmer les esprits.

- Or ça, Messieurs, que diriez-vous de la Chandeleur pour recommencer l'expérience ? fit le prélat. Galaad retire l'épée du bloc de marbre vermeilLa proposition fut adoptée, et, avec quelle impatience, tous attendirent la Chandeleur. Quand ils purent de nouveau tenter leur chance, il n'y en eut aucun qui ne montra joyeux visage. Seul Artus tira, avec autant de facilité que si elle avait été enfoncée dans une motte de beurre, la fameuse épée... Pouvait-on imaginer, dès lors, qu'il n'était pas l'élu de Dieu ?

Artus fut donc sacré roi de Bretagne et la pierre merveilleuse disparut. Cependant, à cette lointaine époque comme aujourd'hui, l'unanimité n'était pas facile à faire. Et des esprits chagrins contestèrent la légitimité du roi Artus. Voilà pourquoi onze des plus puissants barons s'assemblèrent bientôt ; ils décidèrent alors de lui déclarer la guerre. Déterminés à vaincre ou à mourir, ils firent le siège du château de Kerléon où Artus s'était enfermé. Ils allaient lancer un dernier assaut contre la forteresse, quand Merlin intervint, les regardant de travers comme quelqu'un qui est très mécontent.

Du haut d'une tour, il leur expliqua qu'Artus n'était pas le fils d'Antor, ni le frère de Keu, mais qu'il appartenait, par sa naissance, à un rang beaucoup plus élevé qu'aucun d'entre eux...

Et pour confirmer ce qu'il avançait, il leur conta l'histoire d'Uter Pendragon et d'Ygerne. Allez donc convaincre des barons bretons ! Ceux-ci s'entêtèrent à déclarer qu'ils ne voulaient pas d'Artus pour roi, car c'était un bâtard. Merlin, qui les voyait réunissant déjà leurs bannières pour reprendre le combat, fit alors un grand geste, jetant ainsi un enchantement. Instantanément, toutes les tentes des barons rebelles se mirent à flamber. L'incendie crépitait pendant que dans une terrible mêlée, les gens d'Artus et les gens des barons luttaient et s'entretuaient. Artus eut sa lance rompue.

Et quoiqu'il fût assez mal en point, il tira aussitôt son épée, celle qu'il avait arrachée à la pierre merveilleuse. Elle portait un nom : Escalibor, ce qui signifie en hébreu « tranche fer et acier », et elle jetait autant de clarté que deux gros cierges allumés. Tout ragaillardi, Artus s'élança de nouveau dans le combat et tailla en pièces l'armée des rebelles, aidé de Keu devenu son sénéchal, d'Antor, et de beaucoup d'autres de ses fidèles, si bien qu'à la fin de la journée, les barons avaient fui, si honteux que plus ne se peut, laissant armes et vaisselles d'or et d'argent sur le terrain.

Départ pour la Carmélide

Quand le roi Artus constata les grands pouvoirs de Merlin, songeant qu'il ne pouvait se passer d'un aussi précieux concours, il l'invita à venir vivre à la cour, laquelle se tenait alors à Londres. Merlin lui conseilla de faire don, en quantité, de vêtements, d'argent et de chevaux, et d'armer nombre de nouveaux chevaliers. Artus se rendit à cet avis et ainsi se gagna les coeurs. Tous acquirent alors la conviction qu'ils ne pouvaient vivre ailleurs. Combat de Lancelot et de Tristan lancelot du Lac vers 1470 Un jour, Merlin, qui connaissait l'avenir, dit a Artus :

- Sire, le moment est venu de vous engager comme simple chevalier au service du roi Léodagan de Carmélide. Vous en tirerez grand avantage. Il se garda bien d'en dire plus, bien que le roi poussât de grands cris. Quoi ! Laisser sa terre pour prêter main-forte au vieillard qu'était Léodagan, lequel avait maille à partir avec de redoutables voisins... Merlin n'y pensait pas. Or, Merlin s'obstina.

- Partez, Sire, sans tant vous inquiéter, et vous verrez ce qui arrivera. Cependant... Il s'interrompit, se lissa la barbe, et lorsque Artus lui eut demandé de poursuivre, il dit : - Cependant, emmenez donc avec vous le roi Ban de Bénoïc et le roi Bohor de Gannes, qui sont du reste en route, à cette heure, pour vous rendre hommage. Ces deux frères, rois de Petite Bretagne, ont toutes les qualités de chevaliers.Combat de Gauvain et d'un chevalier Artus fut sage et vit bien que son intérêt était de faire ce que lui conseillait Merlin. Aussi se réjouit-il de la visite des deux rois et il annonça qu'il allait immédiatement donner des ordres pour qu'il y eût en leur honneur fêtes et tournois. Merlin, cependant, soupira.

- Eh bien, dit Artus, ne dois-je point faire tendre de soieries et de tapisseries, et joncher d'herbe et de fleurs les rues de Londres ?

- Certes, répondit Merlin. Il vous sied de recevoir magnifiquement. Et je gage qu'il ne manquera à votre accueil qu'une reine...

Artus ne dit mot, se demandant vaguement pourquoi Merlin regrettait aujourd'hui l'absence d'une reine, et s'il était vraiment urgent d'en donner une au royaume de Bretagne. Quelques semaines plus tard, quarante preux, parmi lesquels se trouvaient Artus, Ban de Bénoïc et Bohor de Gannes, parvenaient en Carmélide et se présentaient, en se tenant par la main, au roi Léodagan, qu'ils saluèrent l'un après l'autre. Le roi Ban, qui était le plus éloquent et le plus bavard de tous, dit à Léodagan que ses compagnons et lui-même lui offraient leur service, mais à une condition.

- Messire, fit Léodagan intrigué, quelle est cette condition ? Alors Ban lui demanda de promettre de ne jamais chercher à savoir leurs noms véritables. Comme c'était là coutume assez courante, Léodagan s'inclina. Bientôt, les guetteurs donnaient le signal, apercevant au loin les premiers coureurs ennemis et la fumée des incendies. Il y eut grand branle-bas de combat. Artus et ses compagnons s'assemblèrent sous la bannière de Merlin, où un petit dragon à longue queue et une tortue semblaient lancer des flammes. The Combat

La bataille fut violente, les assaillants paraissant décidés à tout mettre en oeuvre pour obtenir la victoire : et les lances se heurtèrent et les épées frappèrent les heaumes et les écus, dans un tel tintamarre que le tonnerre n'eût pu se faire entendre. Or, il advint que les gens de Léodagan furent, un moment, en mauvaise position, enfoncés par les gens du redoutable roi Claudias de la Déserte. Léodagan fut même renversé de son cheval et pris par ses ennemis. Merlin le sut dans le même instant.

- À moi, francs Chevaliers ! s'écria-t-il en apparaissant sur le champ de bataille et en levant son enseigne flamboyante. Artus et ses compagnons, qui luttaient avec rage, arrivèrent aussitôt au grand galop.

- On verra qui preux sera ! cria encore Merlin. Puis il donna un coup de sifflet, et un vent impétueux se leva qui fit tourbillonner un immense nuage de poussière derrière lequel nos quarante compagnons, lâchant le frein et piquant des deux, coururent sus aux ennemis aveuglés. Ceux-ci abandonnèrent le roi Léodagan sur le champ de bataille, et, têtes baissées, sous une grêle de traits, s'enfuirent à toutes jambes. Les gens de Léodagan s'empressèrent alors de lui donner un cheval et de nouvelles armes, puis tous repartirent à bride abattue derrière leur porte-enseigne.

À ce moment, le dragon de l'enseigne de Merlin se mit à vomir des brandons enflammés, si bien que tout s'embrasa et que les derniers résistants lâchèrent pied. Seul un géant, le duc Frolle, eut encore le courage de prendre à deux mains sa masse de cuivre, si lourde que peu d'hommes eussent pu la soulever, et se mit à en asséner des coups autour de lui.

Artus s'élança à sa poursuite, son épée Escalibor à la main. Frolle tira la sienne ; elle avait nom Marmiadoise. Dès qu'elle jaillit hors du fourreau, si grande était la clarté qu'elle répandait, que le champ de bataille en fut illuminé et qu'Artus fit un pas en arrière.Combat chevaliers

- Sire chevalier, dit alors le géant, je ne sais qui tu es, mais pour ta bravoure, je te ferai grâce. Rentre ton arme et je te laisserai aller. À ces mots, le roi Artus sentit le rouge de la honte lui monter au visage.

- C'est à toi de mettre bas cette épée, dit-il, et sache que le fils d'Uter Pendragon ne recule pas devant la mort.

- Serais-tu donc le roi Artus ? Et aussitôt le géant se jeta sur lui, mais Artus sut adroitement 1'éviter et se défendit grâce à Escalibor ; il lui en donna un si grand coup sur le bras que Frolle laissa choir son épée. Étourdi, il fut emporté par son cheval dans la forêt immense.

Quand la nuit s'installa, le calme régnait. Les rois Ban et Bohor demandèrent à Artus s'il n'avait point trop de mal.

- J'ai réussi au-delà de toute espérance, dit-il. C'est ainsi qu'en plus de mon épée Escalibor, qui a fait merveille, j'ai pu ramasser Marmiadoise, 1'épée du géant Frolle, qui étincelle comme un diamant dans l'ombre.

Guenièvre de Carmélide

guenièvre pylDéjà les tables étaient mises pour le repas quand arrivèrent au palais de Léodagan nos trois rois et Merlin. Léodagan, les attendant, s'était appuyé à une fenêtre. Et dès qu'il les vit venir, il alla à leur devant et leur fit fête. On leur prit leurs chevaux, on les désarma, et on les conduisit par la main dans une salle richement ornée où une demoiselle d'une grande beauté leur présenta l'eau chaude dans un bassin d'argent.

C'était la fille de Léodagan, Guenièvre, et on ne pouvait alors trouver plus belle personne en Bretagne. De sa main, elle leur lava le visage et le cou, qu'ils avaient couverts de poussière du champ de bataille, et elle leur passa à chacun un fort élégant manteau. La reine Guenièvre par William Morris

Dès l'instant où Artus en fut revêtu, il plut à Guenièvre, qui ne fut pas longue à comprendre que lui aussi l'observait à la dérobée, avec un intérêt mêlé d'admiration. Ses grands yeux bleus pétillèrent alors de gaieté, ce qui la rendit encore plus attrayante, si la chose se pouvait. Léodagan conduisit ses hôtes à table, et il remarqua qu'Artus prenait place entre Bohor et Ban. Ignorant, d'après leurs conventions, qui ils étaient, il supposa qu'Artus était le seigneur des deux autres. « Plût à Dieu qu'il épousât ma fille, c'est un parfait chevalier et un homme de haut rang », songea-t-il. Ruth Sanderson (1951) Arthur et Guenièvre

Cependant, Guenièvre offrait le vin à Artus dans la coupe du roi, agenouillée devant lui, et il la trouva si belle qu'il en oubliait de boire et de manger. Il se tourna légèrement pour que ses voisins ne vissent point son émoi, mais Guenièvre, elle, s'en aperçut très bien.

- Messire, buvez, lui dit-elle, et ne m'en veuillez pas si je ne vous appelle point par votre nom, car je l'ignore. Ne soyez pas distrait à table, ne l'étant point aux armes, comme nous avons pu le constater aujourd'hui. Alors, il prit la coupe et but. Fiancailles d'Arthur et Guenièvre

Les nappes ôtées, Ban vint s'asseoir à côté de Léodagan. Et lui qui aimait tant discourir, il lui fit maints compliments de Guenièvre.

- Sire, lui dit-il encore, il arrive un moment où il nous faut songer à l'avenir. Or, vous n'avez pas d'autre enfant qui puisse hériter de vos terres. N'est-ce point imprudent de ne pas la marier ?

- Il y a sept ans que le roi Claudius de la Déserte me fait la guerre, répondit Leodagan en soupirant. Et je n'ai pas trouvé le temps de penser à ma fille. Mais s'il se présentait quelque gentilhomme qui puisse me défendre, je la lui donnerais volontiers et il aura ma terre après moi, je ne regarderai ni au lignage ni au rang. En entendant ces propos, une lueur de malice passa dans les yeux de Merlin, qui émit un petit grognement amusé. Puis, ayant accompli sa mission, il partit.

Viviane

En ce temps-là, il y avait au coeur de l'Armorique une vaste forêt qui allait de FBrickdale, Eleanor Fortescue Enid, Guinevere, et Vivianeougères à Quentin, de Corlay à Camors, et de Faouët à Redon. C'était la forêt de Brocéliande. Le vent y jouait constamment et les arbres s'inclinaient en des révérences sans fin, sur une étendue qui mesurait bien trente lieues de longueur et vingt de largeur. À travers cette forêt erraient des créatures extraordinaires comme fées et sylphes.

Il y avait Dyonas, qui était filleul de Diane, la déesse des bois, et dont la fille, Viviane, rôdait jour et nuit parmi les arbres et s'amusait avec les papillons.

Un jour qu'elle se trouvait assise près d'une source où les korrigans et les fées venaient habituellement se mirer, elle vit passer un très beau jeune homme, haut de taille et brun de cheveux, qui allait à pas de promenade, fredonnant pour lui-même. Arrivé près d'elle, il s'arrêta, s'appuyant sur une branche, et la salua, mais sans ajouter un mot de plus. Brickdale, Eleanor Fortescue Viviane

C'était Merlin, qui sentait battre si fort son coeur devant la grande beauté de cette jeune fille, qu'il redoutait de perdre sa liberté d'esprit. Eh ! oui, Merlin savait qu'il venait de rencontrer Viviane, il savait qu'il était désigné pour l'aimer et être aimé d'elle, et qu'il lui serait soumis entièrement dès qu'ils se seraient entretenus tous deux.

Or, Viviane, comme toute femme, était curieuse, et elle lui demanda :

- Qui êtes-vous, beau Sire ?

- Je suis un valet errant qui cherche le maître qui m'apprenne mon métier.

- Peut-on savoir quel métier ? Merlin s'assit au bord de la source, prenant place près de Viviane et répondit :

- Par exemple, à soulever un château fort, fût-il assiégé par des soldats. Ou bien à marcher sur un étang sans se mouiller les pieds, ou bien encore à faire naître une rivière et beaucoup d'autres choses... Brickdale, Eleanor Fortescue Viviane et Merlin

Viviane battit des mains :

- Quel beau métier ! Ah ! je voudrais vous voir à l'oeuvre. Je serais alors votre amie, en tout bien tout honneur, ajouta-t-elle, coquette. À ces mots s"augmenta 1'émoi de Merlin, qui accepta de lui montrer une partie de ses jeux et de ses talents. Il y mit pourtant une condition :

- Que j'aie votre amour, sans vous demander plus. Viviane jura qu'elle y consentait. Alors, avec la branche sur laquelle il s'appuyait, Merlin traça un cercle sur le sol. Ce geste étonna Viviane ; elle promenait ses yeux autour d'elle et ne voyait rien d'extraordinaire, mais, quelques secondes plus tard, surgirent de belles dames et de beaux messieurs qui faisaient une grande ronde et chantaient joyeusement. Certains se mirent à danser sous les arbres soudainement chargés de fruits, tandis qu'au loin se profilait un château devant lequel s'étendait une pelouse avec de grands parterres de fleurs.

On eût dit que Merlin avait fait naître le paradis. Cannell, W. Otway (1883 - 1969) Merlin et VivianeFascinée, Viviane observait lentement toutes choses, s'arrêtant devant les danseurs, tentant de fredonner leurs refrains.

- Que vous en semble ? dit Merlin. Etes-vous toujours preste à tenir votre serment ?

- Certes, Messire, et de coeur je vous appartiens. Mais vous ne m'avez encore rien appris...

- Je le ferai un jour, c'est promis. Dès que la lune brilla, les belles dames et leurs cavaliers disparurent, ainsi que le château, seul demeura le verger, à la prière de Viviane, qui le nomma « Repaire de joie et de liesse ».

- Maintenant, dit Merlin, je dois partir.

- Êtes-vous donc si pressé de me quitter ? Et sans m'avoir rien enseigné encore...

- Il faut du temps, gentille Damoiselle...

Mais Viviane voulait connaître tout de suite le secret de Merlin : elle était prête à demeurer là toute la nuit et même à consentir à tout ce que Merlin exigerait, quand elle saurait comment on accomplissait de tels prodiges. Alors Merlin lui expliqua la manière de faire couler une rivière où il lui plairait. Viviane contemplait cette eau merveilleuse avec extase, après avoir écrit la recette sur un parchemin. À peine s'aperçut-elle que Merlin la saluait en lui promettant de revenir bientôt.

Fiançailles d'Artus

Merlin s'en retourna en Carmélide, où le roi Léodagan l'accueillit avec joie. Mais il se demandait toujours qui pouvaient bien être ceux qui l'avaient si courageusement aidé à vaincre ses ennemis. John Byam Shaw le mariage d'Arthur et GuenièvreLe seul moyen de faire taire sa légitime curiosité était, lui semblait-il, de poser la question à Merlin. Ce qu'il fit un beau jour.

- Sire, répondit Merlin, en désignant Artus, sachez que ce jeune homme est de plus haut rang que vous-même, qui êtes un roi couronné. Nous allons de par le monde pour le mieux connaître et en espérant trouver une épouse digne de ce jeune homme...

Arthur et Guenièvre dans des temps plus heureux, de la British Library, MS royale 14.E.iii, 89rVous vous doutez bien que Léodagan songea immédiatement à lui offrir sa fille, la plus belle et la plus sage qui fût... Comme Merlin l'assurait qu'elle serait acceptée de bon coeur, il la fit quérir à l'instant même. Arthur-and-Guenievre-THE-LEGEND-arthur-and-gwen-20639571-1024-703

Quand Guenièvre fut là, il manda tous les chevaliers qui étaient au palais et dit, en mettant la main de la jeune fille dans celle d'Artus :

- Messire, dont j'ignore encore le nom, recevez ma fille pour femme avec tout ce qu'elle aura d'honneurs et de biens après ma mort. Artus, radieux, s'inclina. the_wedding_of_arthur_and_guenievre_by_pegasusandcoMerlin révéla alors le nom des quarante preux, tous fïls de roi et de reine, qui avaient accompagné Artus, roi de Bretagne, celui-là même qui venait de se fiancer.

À cette nouvelle, la joie de Léodagan et des assistants fut immense, et tous firent hommage au roi Artus. Cependant, quelques jours après, Artus annonça qu'il se voyait dans l'obligation de s'éloigner quelque temps, car il lui restait encore des ennemis à vaincre.

Alors, Guenièvre lui donna un heaume pour se couvrir la tête, et il partit à cheval, suivi de ses quarante compagnons.

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King Arthur de Guy Ritchie - Bande Annonce Officielle

Publié le par Perceval

King Arthur de Guy Ritchie - Bande Annonce Officielle

Voici la Bande Annonce Officielle du film de Guy Ritchie. Avec : Charlie Hunnam, Aidan Gillen, Djimon Hounsou, Astrid Bergès-Frisbey, Jude Law, Eric Bana

La sortie est prévue le 22 Mars 2017

Synopsis de ''King Arthur'' -. Jeune homme futé, Arthur mène sa bande et fait régner l'ordre sur les faubourgs de Londonium. Il ne se doute pas encore du destin auquel il est promis… Pourtant, le jour où il s'empare de l'épée Excalibur, il empoigne du même coup son avenir. Dès lors mis au défi par le pouvoir du glaive, Arthur est contraint de faire des choix sans retour en arrière possible. Il rejoint la Résistance et rencontre une mystérieuse jeune femme, Guenièvre. Tout en apprenant peu à peu à manier l'épée, il doit surmonter ses démons intérieurs et parvenir à unir un peuple pour vaincre le tyran, Vortigern. Parviendra-t-il à venger ses parents assassinés par ce monstre et à recouvrer sa couronne et son rang ?

Cette version de la Légende par Guy Ritchie lui est toute personnelle...

Violent, stylisé, mettant en scène un Charlie Hunnam plutôt stylé super-héros contemporain, mais surtout très différent de l’univers du Roi Arthur que l’on connaît, ce trailer déroute. Reprenant les grandes lignes de la légende, Guy Ritchie s’en éloigne bien vite en mélangeant magie, monde médiéval et… on ne sait pas trop.

Ce film s'approche plus de l’heroic fantasy que de la fiction historique. Les inconditionnels de Chrétien de Troyes, ou de Malory, n'apprécieront peut-être pas … !

King Arthur de Guy Ritchie - Bande Annonce Officielle
King Arthur de Guy Ritchie - Bande Annonce Officielle
King Arthur de Guy Ritchie - Bande Annonce Officielle
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