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Articles avec #gauvain tag

Le Chevalier à l'épée – 3/ -

Publié le par Perceval

Résumé : Gauvain se trouve à la cour du Roi Arthur. Il décide de partir à l'aventure et fait seller son cheval et préparer ses armes. Il a une envie de plaisir et de divertissement. Il part ainsi au hasard et perdu dans ses pensées, il s'égare. Il rencontre un chevalier a qui il demande son chemin pour rentrer à la cour. Le chevalier veut bien l'aider à condition qu'il passe la nuit avec lui et ensuite qu'il l'accompagne chez lui. Gauvain accepte ces contraintes.

Sur la route du château du chevalier, il est prévenu que beaucoup de braves chevaliers sont passés avant lui et ne sont jamais reparus. Gauvain ne renonce pas; il poursuit sa route. Il est bien accueilli par le chevalier qui lui présente sa fille qui est d'une beauté parfaite et qui l'invite à en prendre ''possession''.

 

A souper recommencèrent les mêmes importunités que le matin. Mais ce fut bien un autre étonnement, quand on se leva de table, et que le père, donnant ordre qu'on lui dressât un lit dans la salle, et destina le sien pour sa fille et pour l'étranger. A ce discours, Gauvain ouvre de grands yeux : il craint d'être tué s'il refuse, d'être tué s'il accepte, et n'a pas la force de répondre. Sans attendre son aveu, on le conduit dans la chambre avec la pucelle. Douze bougies y sont allumées; et pour qu'il puisse jouir toute la nuit des charmes de la compagne qu'on lui destine , il lui est expressément défendu de les éteindre. On l'enferme après cela, et la clé est emportée. La demoiselle se couche donc , et Gauvain se place auprès d'elle.

Quelques dangers qu'on lui eût annoncés jusqu'alors, le péril s'oublie aisément en pareille circonstance. Il allait manquer de mémoire, et la demoiselle l'arrête : « je ne suis pas ici sans garde » lui dit-elle. Ce mot de garde l'étonne, il promène ses yeux dans la chambre et ne voit rien ; mais elle lui fait remarquer près de la fenêtre une épée suspendue. « Cette épée est enchantée, dit la demoiselle; elle me garde et veille sur moi; et c'est la dernière épreuve que réserve mon père à ceux qui ont eu le bonheur d'échapper aux autres. A l'instant même qu'on s'oublie, elle sort du fourreau et vient percer le coupable. Plus de vingt chevaliers qui, comme vous, sont entrés dans ce lit, aucun n'en est sorti vivant. O mon bel ami, de grâce, ne vous exposez pas à leur sort, et n'allez pas me coûter des larmes qui ne finiraient qu'avec ma vie. ».

A ce discours s'augmenta encore la surprise de Gauvain. Jamais il n’avait entendu parler de pareille aventure: elle lui paraissait si étrange qu'il ne pouvait y croire, et qu'il alla même jusqu'à la regarder comme une ruse adroite de la pudeur aux abois. Déjà il s’apprêtait à en faire l'épreuve..

Soudain la fille jette un cri; et l'épée , tombant comme la foudre, vient blesser le prince, et retourne à sa place. Il reste éperdu et presque interdit. Sa compagne lui fait un tendre reproche sur le danger auquel il s'est exposé: elle le félicite de n'avoir mérité au moins qu'une légère blessure, et l'exhorte à se livrer comme elle au sommeil.

Mais les bougies brûlaient toujours, et l'épée enchantée ne punissait pas les regards. Cette clarté cruelle faisait le supplice de Gauvain; bientôt il ne fut plus le maître de commander à sa contrainte. Eh! que dirait-on d'ailleurs à la cour d'Artus, d'un chevalier à qui fut offerte la plus douce des aventures, et que la crainte du danger arrêta? Qu'y penserait-on de cette épée incroyable que personne ne conduisait? Que de railleries! que de reproches.... !

C'en est fait, il aime mieux mourir. Mais déjà l'épée vole, elle fend l'air, et le sang coule de nouveau.

Après cette seconde leçon, vous devinez aisément que le prince ne se plaignit plus de la clarté des bougies, et que, pendant toute la nuit, quelque longue qu'elle lui parût, les railleries de la cour d'Artus ne furent pas ce qui l'occupa davantage.

Le père, quoique par un autre motif, n’avait pas dormi plus que lui. Il était inquiet du succès de sa cruelle épreuve, et n’attendait que le jour pour s'en éclaircir. Quelle fut sa surprise quand il vit l'étranger vivant !

« Par ma foi, répond Gauvain, sachez que je n'ai chose fet quoi mis Par coi je doie estre à mort tret.

La couverture sanglante et percée le trahissait cependant ; et, malgré la prétendue sagesse dont il se vantait, il se vit obligé d'avouer la vérité. On lui demanda son nom, ce nom si célèbre et illustré déjà par tant d'exploits. Le châtelain alors parut saisi de respect, et il avoua , malgré lui, à son tour, que l'enchantement de l'épée venait de finir.

« Elle devait épargner, dit-il, le meilleur et le plus preux de tous les chevaliers: c’était là l'époux que je destinais à ma fille, et il en a coûté, pour le rencontrer, la vie à plusieurs braves; mais, puisqu'elle l'a trouvé enfin , acceptez sa main avec ma terre et mon château.»

Le père dit à Gauvain que, puisqu'il a mis à fin l'aventure, son château, sa fille et l'épée lui appartiennent. Telles étaient alors les lois des combats. Tout ce qui faisait l'objet ou le prix d'une entreprise appartenait de droit au vainqueur; les poésies du temps en offrent mille preuves. C’était la faute du chevalier d'avoir risqué sa fille...

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Le Chevalier à l'épée – 2/ -

Publié le par Perceval

Résumé: Gauvain, s'est donc perdu à la chasse, et il est hébergé par un chevalier qui – aux dires de bergers qu'il a rencontrés - a la singulière coutume de faire tuer tout étranger qui le contredit en quoi que ce soit...

Le château du chevalier, se présente sur une montagne.... Il est vrai qu'en cette époque, un temps où les armes à feu et l'artillerie n’existaient pas encore, c’était la situation la plus favorable: on ne pouvait guère prendre ces forteresses que par la famine. Le même principe a fait bâtir sur des hauteurs la plupart des villes anciennes.

 

Ces avis, donnés avec l'air et le ton de la vérité, étaient faits pour effrayer, et Gauvain hésita quelque temps s'il ne retournerait point sur ses pas. Mais le peu de foi dû à de pareils propos , tenus malicieusement peut-être pour tenter son courage ; la crainte surtout qu'on ne pût lui reprocher un jour d'avoir manqué à sa parole et tremblé une fois dans sa vie, lui fermèrent les yeux sur le danger, et il résolut de tenter l'aventure.

On l’attendait au château. Dès qu'il parut, tout ce qui l’habitait, et le seigneur lui-même, accoururent au-devant de lui avec les apparences du plaisir et de la joie. On prit son cheval, on le désarma lui-même, et le chevalier le conduisit par la main dans une salle richement ornée, où il le fit asseoir en attendant qu'on servit; « Beau sire, lui dit-il, soyez ici à votre aise, et si quelque chose y déplaît à vos yeux, dites le en maître; car vous l'êtes dès ce moment, et tout y est à vous». Gauvain n’avait pas oublié l'avis des bergers, il trouva tout bien. Un moment après, le châtelain rentra avec une demoiselle d'une beauté éblouissante . C’était sa fille. Il lui ordonna d'obéir en tout aux volontés de Gauvain, et, pour que celui-ci ne s'ennuyât pas, il la laissa seule avec lui.

Dans les texte original , est le portrait de la demoiselle … L'auteur a grand soin de répéter que son héroïne était blonde. C’était le genre de beauté qu'on estimait le plus.

Ce préjugé en faveur des blondes était si général, qu'on avait imaginé diverses recettes pour donner aux cheveux et aux sourcils cette couleur, quand ils ne l'avoient pas naturellement. Arnaud de Villeneuve, médecin, mort au commencement du quatorzième siècle , enseigne ce secret dans son traité de Ornatu mulierum...

 

Ce discours,cette conduite,cette belle fille surtout, avoient tellement troublé le prince, qu'il fut quelque temps sans parler. Revenu un peu à lui, sa situation ne lui parut pas médiocrement embarrassante : il se voyait enfermé avec la fille de son hôte, et craignait de lui faire trop ou trop peu de politesses. Il se hasarda pourtant à lui offrir l'hommage de sa valeur, et la pria de permettre qu'il fût son chevalier. A travers tout cet embarras et cette circonspection, la jeune beauté lut sans peine dans les yeux de Gauvain l'impression qu'elle avait faite sur lui. Elle se sentait de son côté quelque penchant pour lui, et avait été frappée de sa bonne mine. Néanmoins la crainte combattait dans son âme l'intérêt que lui inspirait l'aimable étranger, et elle n’osait l'en instruire.

L'amour l'emportant enfin, après avoir fait jurer à Gauvain un secret inviolable, elle l'avertit, comme avoient fait les bergers, de ne jamais contredire son père, et lui recommanda sur toutes choses de la respecter. « Vous l'avez entendu, dit-elle, m'ordonner de vous obéir en tout. Mon doux ami, gardons-nous en bien; vous ne seriez déjà plus, si vous eussiez rien exigé. »

Le chevalier rentra pour conduire son hôte à table. « Quand j'ai un convive chez moi, dit-il en s'asseyant, s'il est curieux de ne pas me déplaire, je veux qu'il y ordonne, qu'il se fasse servir, et se plaigne enfin comme s'il était chez lui ». D'après cette déclaration, il offre de tout à Gauvain, le fait boire largement et le questionne sur chaque plat. Celui-ci boit et mange sans réplique, et vous vous doutez bien qu'il trouve tout excellent. On va même jusqu'à lui proposer la pucelle pour mie: il ne fait pas la moindre objection, accepte et remercie.

Après le repas, le châtelain qui voulait aller au bois à son ordinaire pour chercher aventure, se fit seller un cheval; mais, avant de partir, il commanda expressément à son hôte de l'attendre , et lui défendit, sous peine de la vie, de quitter le château sans sa permission. Il lui laissa cependant sa fille pour l'amuser; car il voulait surtout qu'il s'amusât. Gauvain interdit ne savait que penser de ce mélange incroyable de caresses et de brutalité. Néanmoins, comme de son naturel il était franc et loyal, il cherchait à tout cela des excuses et ne pouvait croire qu'un homme qui, de son plein gré , l’avait invité à venir chez lui, et qui l'y traitait si bien, pût songer à le trahir.

La demoiselle dont la tendresse commençait déjà sérieusement à s'alarmer pour lui, était plus inquiète encore. Elle eût voulu connaître tous les pièges qui le menaçaient, afin de l'en instruire et de lui apprendre à les éviter. Elle lui répétait au moins de se bien tenir sur ses gardes et lui recommandait surtout d'acquiescer sans résistance à tout ce qu'on lui demanderait.

A suivre ... ( après la suite de notre ballade en Limousin, sur la Route Richard...) 

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Le Chevalier à l'épée – 1/ -

Publié le par Perceval

Je me propose de lire et commenter un texte court que l'on inclut dans la Légende Arthurienne : ''Le Chevalier à l'épée '' date de la fin du XIIe siècle, début du XIIIe siècle. Il s'agit d'un texte consacré à Gauvain.

'' ‎Le chevalier à l’épée '', aurait pour auteur, celui du fabliau :''La Demoiselle à la mule '' œuvres parodiques qui veulent bousculer le roman médiéval réaliste du moment : '' Le Conte du Graal ''. Ces textes parodiques veulent remettre en question les conventions courtoises et chevaleresques ; et le personnage qui correspond le mieux à cette image glorieuse est le chevalier Gauvain. En même temps que ces valeurs chevaleresques, c'est le surnaturel qui va être dévalorisé...

Sachons également, que cette période médiévale permet de lire de la poésie courtoise, mais aussi des fabliaux beaucoup plus crus ...

L'auteur, et il fallait l'inventer... ! Se nomme Païen ( à l'inverse de Chrétien), et non pas de la glorieuse ville de Troyes , mais de Maisières ( donc de nulle part …!) : Païen de Maisières se plaît à décrire la déchéance, et l'incompétence amoureuse de Gauvain …

Si on ne sait rien de la biographie de cet auteur ; on peut dater son texte de 1200-1210, et ses nombreuses références aux romans de Chrétien de Troyes ont conduit certains spécialistes à confondre Chrétien et Païen ...

Il n'est pas inintéressant de s'engager dans la lecture de ce texte, avec cet avertissement …

Je rappelle avant de commencer que Gauvain, est qualifié de ''soleil de la chevalerie''... Il est mondain, aimable, courtois, joyeux et plaît aux dames …

Dans aucun texte il ne rencontre de jeune fille qui lui inspire un amour assez profond pour l’épouser ou se consacrer à elle, mais ne reste pas insensible au charme de certaines demoiselles qui croisent son chemin. Beau et séduisant, il plaît et n’hésite pas à échanger des propos charmants avec les jeunes filles et à proposer d’être leur champion. C’est ainsi qu’il offre à Lunete, la suivante de Laudine, de la servir :

« Ma demoiselle, je vous fais don, en ma personne d’un chevalier dont vous pourrez disposer à loisir… Je suis vôtre ; quant à vous, soyez, dorénavant, ma demoiselle. » (Le Chevalier au Lion, vv. 2435-41). A l'inverse de Lancelot, ou de Perceval, Gauvain est un chevalier disponible : Dans le Conte du Graal, il parle d’amour avec la sœur du roi d’Escavalon qui répond à ses avances.

Dans les romans arthuriens du XIIIe siècle, sa réputation de séducteur demeure et ses aventures amoureuses se multiplient : cf la Demoiselle du Lis ( dans la première continuation de Perceval).

Gauvain, trop humain, plus attaché aux valeurs terrestres qu'à Dieu, va passer du chevalier glorieux à celui plus futile et mondain, puis plus inquiétant à celui de meurtrier et de traître...

Incipit:

Et conmance do Chevalier a l'espee.
Cil qui aimme desduit et joie
viegne avant, si entende et oie
une aventure qui avint
au bon chevalier qui maintint...

 

 

 

Quelqu'un aime-t-il joie et déduit? Qu'il vienne à moi et qu'il écoute l'aventure de ce bon chevalier qui fut l'ennemi des traîtres et des lâches, et qui maintint toute sa vie honneur, prouesse et loyauté : c'est monseigneur Gauvain.

L'auteur fait un reproche à Chrestien de Troyes - dont la plume a célébré tant de chevaliers de la Table-Ronde - d'avoir oublié celui-ci. Il veut réparer, dit-il, l'injure faite à la gloire de ce héros. Il chantera au moins quelques-unes de ses actions, puisqu'il est impossible de les raconter toutes; et sans un plus long préambule, il entre en matière.

Le Roi Arthur ( Artus) habitait Carduel avec la reine , son épouse ; Gauvain , son neveu , et un certain nombre de chevaliers. On entrait dans le printemps: le jour était extrêmement beau. Gauvain , dans le dessein d'en profiter, demanda son cheval; et, après avoir chaussé ses éperons d'or , sans autres armes que son épée, sa lance et son écu, prit le chemin de la forêt. La beauté du ciel, le chant des oiseaux, la fraîcheur de la verdure naissante le plongèrent insensiblement dans une douce rêverie : il s'y abandonna quelque temps, et n'en sortit que pour s'apercevoir qu'il s’était égaré. La nuit qui allait le surprendre dans le bois l’inquiétait beaucoup. Il retourna donc sur ses pas, suivit, quitta, reprit diverses routes, et ne fit que s'égarer encore plus.

Les éperons d'or ou dorés étaient le signe distinctif des chevaliers: les écuyers ne pouvaient en porter que d'argent. Quand quelqu'un recevait la chevalerie,la première pièce de l'armure qu'il commençait à prendre était les éperons d'or; et ordinairement le roi ou le prince qui lui conférait cette dignité les lui chaussait de sa propre main.

Gauvain était dans cet embarras , quand ses yeux entrevirent au loin à travers les arbres la lueur d'un grand feu. Arrivé plus près, il vit un cheval attaché à une branche, et près du feu un chevalier assis. Il l'aborda aussitôt pour le supplier de vouloir bien lui enseigner la route de Carduel. Le chevalier s'offrit à le conduire lui-même au château , dès que le jour le leur permettrait; et, en attendant, il le pria d'agréer qu'il lui fît compagnie. Gauvain descendit donc de cheval: il s'enveloppa dans son manteau, et, prenant place auprès de l'inconnu , se mit à causer avec lui. Naturellement droit et loyal, il déploya dans cet entretien sa franchise ordinaire: l'autre, au contraire, ne cherchait qu'à le tromper, et vous en verrez bientôt la raison. Enfin, après quelque temps de conversation , le sommeil les gagna, et ils s'assoupirent jusqu'à ce que le jour vint les réveiller.

«Nous sommes assez loin de Carduel, dit alors le chevalier, et vous n'avez point soupé;mon château est à quelques pas d'ici, acceptez sans façon un repas sans apprêt et offert avec amitié ». Gauvain ne se fit pas prier; l'on partit. Mais, à peine furent-ils sortis de la forêt, que l'inconnu demanda la permission de prendre les devants: « Je n'ai personne, dit-il, qui puisse aller annoncer votre arrivée ; souffrez que je vous quitte un instant pour m'acquitter de ce devoir. Vous voyez mon manoir sur la croupe de cette montagne au bout du vallon: c'est là que je vous attends. »

En disant cela, il partit au galop; et Gauvain, qui n’avait pas sur cette offre si généreuse le moindre soupçon, le suivit tranquillement au pas.

Il était d'usage lorsqu'on voulait recevoir avec distinction quelqu'un que l'on considérait, de venir vers lui... Non-seulement tous les domestiques, mais la maîtresse même du château et ses filles , venaient au-devant du chevalier. Elles lui tenaient l'étrier pour l'aider à descendre, le désarmaient elles-mêmes, et lui donnaient de ces habits commodes que l'on tenait en réserve pour ces occasions. Comme dans la plupart des histoires, le château du chevalier, se présente sur une montagne.

A quelque distance, Gauvain rencontra quatre bergers qu'il salua. L'air noble du héros, cette prévenance de sa part les intéressa en sa faveur: « Beau sire s'écria l'un d'eux, vous ne méritez pas d'aller à la mort ».

Le prince ne fit point d'abord attention à ce discours, et il continua sa route: mais tout-à-coup il s'arrêta par réflexion et revint sur ses pas pour demander aux pasteurs l'explication des paroles sinistres qu'il venait d'entendre. Ils répondirent naïvement que , s'ils l'avaient plaint , c'est qu'ils voyaient souvent de braves chevaliers se rendre , comme lui, au château, et que jamais ils n'en avoient vu revenir aucun. Gauvain étonné fit sur cela diverses questions auxquelles ils ne purent satisfaire; car, comme personne n’avait pu dire ce qui lui était arrivé, on ne pouvait guère en parler que d'après des bruits et des soupçons. Ils lui apprirent seulement, et d'après ces bruits, que le chevalier ne voulait être contredit en rien, que sa coutume était de lasser par les épreuves les plus dures ceux qu'il pouvait attirer chez lui, et qu'à la moindre résistance de leur part, il les faisait égorger.

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Le chevalier Gauvain et son étrange 'Pentangle'.

Publié le par Perceval

Les ''armes'' du chevalier Gauvain, représentent, soit un aigle bicéphale, soit un ''pentangle''.

 L'aigle provient du blason familial, celui de Lot ( Loth). Le père de Gauvain est roi de Loënois ( selon Brut) , mais dans la plupart des textes, son royaume est l'Orcanie.

Gauvain, est le neveu du roi Arthur et le fils du roi Lot d'Orcanie et de Morgause... On trouve plusieurs équivalents gallois de son nom : Gwalchmai et Gwalchmei ("faucon de la plaine") ainsi que Gawain en franco-normand et anglais.

Il est l'aîné d'une fratrie de chevaliers : Agravain, Gaheris et Gareth (surnommé "Beaumains" par Ké, le sénéchal d'Arthur).

Gauvain est très souvent considéré comme le meilleur des chevaliers de la Table Ronde car il est fort et mesuré. C'est le chevalier modèle : en plus d'être un chevalier d'exception, il fait preuve d'une courtoisie exemplaire pour tous les autres chevaliers de son temps. Gauvain porte fréquemment l'épée du roi Arthur : Excalibur.

Gauvain est le cousin d'Yvain qui est également pour lui un ami très cher. Gauvain est le seul chevalier de la cour d'Arthur, avec Yvain parfois, que l'on nomme "monseigneur". Son cheval se nomme Gringalet. Gauvain a la particularité de voir sa force croître avec le soleil, celle-ci étant à son paroxysme aux heures de midi, avant de diminuer jusqu'à la tombée de la nuit.

Il est très souvent dépeint dans les textes médiévaux comme un modèle de courtoisie et le champion par excellence des demoiselles en détresse. Il n'est d'ailleurs attaché à aucune femme en particulier, étant le défenseur (et, dans plusieurs récits, l'amant) des femmes en général. Son échec dans les aventures du Graal et dans les quêtes spirituelles en général peut être attribué à cette réputation de chevalier trop galant faisant passer les valeurs et les plaisirs matériels avant la religion.

** Gauvain et le ''Géant Vert '' ou le ''Chevalier Vert''

C'est dans ce récit, que Gauvain, présente sur son bouclier le '' Pentangle '' :

Le poème marque la première apparition connue du mot « pentangle » dans la langue anglaise. Le poème décrit le pentagramme comme un signe de fidélité, issu de l'époque de Salomon, et comme un « nœud sans fin ». Plusieurs stances sont dédiées à la description des vertus de Gauvain, représentées par les cinq pointes du pentagramme.

A l'époque médiévale, le "noeud sans fin" était un symbole de Vérité et représentait une protection contre les démons. Il était utilisé en tant qu'amulette de protection personnelle et protégeait également les fenêtres et les portes.

Cependant, dans Sire Gauvain, le poète fait référence au sceau magique présent sur l'anneau du roi Salomon, marqué d'un pentacle, qu'il reçut de l'archange Michel. Ce sceau donnait à Salomon un pouvoir sur les démons...

Les 5 pointes représentent également les 4 éléments de la Vie (Eau, Terre, Air et Feu), plus l'Esprit... Ou les cinq sens... Dans les légendes celtiques, on associe ce symbole à la fée Morgane...

Citation:

« These five pure virtues were fixed in this knight more firmly than in any other. 
And all five times were so joined in him that each one held to the other without any ending and fixed at five points, nor did they ever fail, for they were joined at no point nor sundered were they at all, nor could one find any end thereof at any corner when the games began or were gliding towards an ending. 
». Il s'agit de la description symbolique du pentagramme qui figure sur le bouclier de Gauvain dans le roman médiéval Sir Gawain and the Green Knight.

Traduction proposée :

" Ces cinq pures vertus étaient solidement ancrées dans ce chevalier plus fermement que dans aucun autre. Et, cinq fois, étaient si liées à lui que chacune était liée à l'autre [avec un noeud] sans fin, [le pentagramme est un nœud sans fin] et attachées en 5 points. Elles ne pouvaient pas non plus lâcher car elles n’étaient jointes en aucun point, interrompues nulle part et on ne pouvait y trouver aucune extrémité à aucun angle [du pentagramme] lorsque les jeux commencèrent ou avaient tendance à se terminer. "

En ce qui concerne le chevalier chrétien, le Pentangle symbolise les cinq vertus chevaleresques : la générosité, la courtoisie, la chasteté, la chevalerie et la piété.

Dans le christianisme, le même symbole évoque les cinq blessures reçues par le Christ sur la croix (mains, pieds et coté).

Le personnage de Gauvain, représente bien les influences du paganisme celte, en opposition avec le Christianisme... C'est au départ un héros solaire, il possède la plénitude de sa force physique à midi, et sa vigueur au combat diminue avec l'astre... C'est le premier héros confronté au Graal. Dans les romans en prose christianisés du XIIIe siècle, Gauvain connaît un discrédit.

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Gauvain et le Chevalier Vert -2/2-

Publié le par Perceval

gawain wife green knightLe dernier jour, de plus en plus insistante, la jeune femme réussit à donner trois baisers à Gauvain. Mais elle ne s'arrête pas là, et veut lui offrir un gage de son amour.

Après avoir refusé une bague, Gauvain se voit offrir une ceinture verte aux pouvoirs magiques importants, qui protège celui qui la porte de la mort. Après avoir considéré la terrible épreuve qui l'attend le lendemain, Gauvain accepte la ceinture, mais ayant promis à la belle dame de n'en toucher mot au seigneur, il ne donne à Bertilak que trois baisers...gawain02 film

Le lendemain, alors que Gauvain est conduit par un homme de Bertilak jusqu'à la Chapelle verte, ce dernier lui propose de garder la vie sauve et de s'enfuir, sans que personne ne s'en aperçoive. Gauvain refuse catégoriquement une telle issue, et s'approche de la Chapelle verte. L'endroit ressemble davantage à un sanctuaire païen qu'à une chapelle, et Gauvain entend le bruit d'une faux que l'on aiguise.

Le Chevalier vert apparaît enfin, et lui demande de se préparer à recevoir son châtiment. Sean Connery wielding an axe as the Green Knight in the 1984 film ' Sword of the Valian - The Legend of Sir Gawain and the Green KnightGauvain retire alors son heaume et se met en position, attendant sa mort. Mais le Chevalier vert donne trois coups légers de sa hache. Au dernier coup de hache, seules quelques gouttes de sang s’échappent la nuque de Gauvain.

À peine a-t-il reçu la dernière entaille que Gauvain bondit vers son adversaire, estimant avoir tenu sa promesse jusqu'au bout. C'est alors qu'il se retrouve face à son adversaire souriant, qui lui explique qu'il est l'un des meilleurs chevaliers sur cette terre, car son seul péché a été de vouloir rester en vie.

Il lui avoue ensuite qu'il n'est autre que Bertilak, et la seule épreuve qu'a passée Gauvain se trouvait dans l'enceinte même du château, quand sa femme l'a tenté. Les deux premiers coups de hache valent pour les deux soirs où Gauvain a remis à Bertilak les présents reçus dans la journée; le troisième a puni Gauvain d'avoir gardé - pour lui seul - la pièce d'étoffe donnée par la belle épouse.Illustration from the only surviving manuscript of Sir Gawain and the Green ...

Ayant par trois fois repoussé ses avances, il n'avait accepté que la ceinture verte, d'où l'entaille du dernier coup de hache.

Dès cet instant, Gauvain se fit la promesse de toujours porter la pièce d’étoffe afin de se remémorer cet instant de faiblesses.

La fée Morgane a contraint par enchantement Sir Bertilak - en le changeant en chevalier vert - à toute cette aventure pour effrayer la Reine Guenièvre ( et la faire mourir de peur...) et mettre Camelot à l'épreuve.

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Gauvain et le Chevalier Vert -1/2-

Publié le par Perceval

Gauvain, est le fils du roi Lot d'Orcanie et de la reine Morgause son épouse, il est aussi le neveu du roi Arthur et malgré la rudesse de son caractère, il est l'un des plus fidèles compagnons d'Arthur. Dans les romans français il n'occupe pas une place prépondérante, il laisse le premier rôle à Perceval ou à Lancelot alors que dans la tradition anglaise il très souvent le héros principal comme dans "Sire Gauvain et le chevalier vert".

An illustration from The Sphere magazine showing the Knights of the Round Table

Dans ce récit, les chevaliers de la Table Ronde célèbrent Noël ( ou le solstice d'hiver) en compagnie du roi Arthur et de la reine Guenièvre; un chevalier vert s'annonce et porte insulte au roi Arthur.The Green Knight Entered the Hall by Herbert Cole [Sir Gawain takes up his challenge to test the Round Table knight

Ce chevalier vert pourrait rappeler la figure rituelle du Feuillu lié au folklore saisonnier, et dont le sapin de Noël est l'emblème. Cet homme ''à moitié ogre'' arrive tout de vert vêtu... Il brandit une branche de houx...

Gauvain s'offre à laver l'offense et le chevalier vert lui propose un défi: le décapiter lui, ce chevalier inconnu et à accepter que ce dernier vienne lui réclamer sa tête au bout d’un an, jour pour jour…

 

Gauvain décapite le chevalier vert qui se relève et, sa tête sous le bras, lui rappelle de ne pas manquer à sa promesse. (à noter la scène de décapitation identique dans la légende celtique d' Uath et dans le Livre de Caradoc )

Dix mois plus tard, Gauvain, monté sur son fidèle destrier Gringalet,se met en quête du chevalier décapité. C'est alors que commence une aventure extraordinaire où son courage et sa loyauté seront mis à l'épreuve.

A quelques jours de Noël, alors qu'il erre dans une forêt...

Comme par enchantement, un château apparaît à la lisière de la forêt. Il se nomme le château de Hautdésert, et appartient au seigneur Bertilak qui accueille Gauvain avec chaleur et joie. Étant donnée la fatigue du chevalier, le seigneur lui propose de rester et de se reposer quelques jours avant de repartir. Gauvain décline l'offre, car il doit avant tout retrouver la Chapelle verte et le chevalier vert. Bertilak le rassure aussitôt et lui apprend qu'elle n'est située qu'à quelques milles de là.

Gauvain accepte donc de rester durant trois jours. Ils s'en vont à la messe de Noël où Gauvain rencontre la femme du seigneur, jeune et d'une grande beauté... Sir Gawaine finds the beautiful Lady

Du fait des festivités, Bertilak propose un jeu à Gauvain, connu sous le nom d'« échange des gains » : ce que, durant trois matins, Bertilak gagnera dans une chasse à coure, Gauvain l'aura en échange de ce que lui, resté à se reposer au château, aura gagné dans sa journée. Bertilak ordonne à son épouse de le divertir, en fait de le séduire.

Tous les matins, tandis que le seigneur Bertilak quitte le château de bon matin avec ses chiens et s’en va chasser, elle rend visite à Gauvain dans sa chambre. Gauvain ne veut accepter d'elle que des baisers, le chevalier refuse tout autre chose, à la fois il ne veut pas l'insulter en refusant ses avances et ne veut pas trahir la l'hospitalité de son mari. Tous les soirs, le seigneur et le chevalier annoncent ce qu’ils ont obtenu de la journée. Sincère, Gauvain rend ce que la jeune femme lui a offert dans la journée, pas plus qu'un baiser ...

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La légende de Merlin l'enchanteur. 3/3

Publié le par Perceval

Artus et les chevaliers

Le roi tableAprès avoir chevauché quelques heures, ils éprouvèrent le désir de se reposer. On était au printemps. La beauté du ciel, le chant des oiseaux, la fraîcheur de la verdure naissante les plongèrent dans une douce rêverie. Ils n'en sortirent que pour s'apercevoir que quatorze jeunes gens, tous beaux et bien vêtus, les regardaient.

Ces jeunes gens demandèrent où était le roi Artus. Aussitôt désigné, le roi les vit s'agenouiller devant lui pour lui dire qu'ils désiraient tous recevoir de lui l'ordre de la chevalerie, afin de le servir loyalement et fidèlement. Déjà, durant son absence, ils avaient défendu ses terres contre de terribles agresseurs.

L'air noble des jeunes gens, cette prévenance en sa faveur, inclinèrent Artus à demander qui ils étaient. Celui qui les conduisait se présenta d'abord : c'était Gauvain, fils du roi d'Orcanie. Puis il nomma ses compagnons. Artus leur fit le meilleur accueil et embrassa Gauvain, qui se trouvait être son neveu.

- Je vous octroie la charge de connétable, lui dit-il. Et il l'investit par son gant gauche. Quelques jours après, ils arrivèrent tous à Logres.

Et là, le roi Artus prit Escalibor, la bonne épée, et la pendit au flanc gauche de Gauvain, puis il lui chaussa 1'éperon droit, tandis que le roi Ban lui bouclait le gauche, les éperons d'or étant le signe distinctif des chevaliers. Enfin, il lui donna l'accolade. Il adouba de même, c'est-à-dire revêtit d'une armure ses compagnons, et leur distribua des épées. Seul l'un d'eux, Sagremor, neveu de l'Empereur de Constantinople, ne voulut point d'autre épée que celle de son pays. Puis, chacun des nouveaux chevaliers adouba à son tour les gens de sa maison. Et pour finir, ils allèrent tous ouïr la messe.

Au retour, Merlin, devant le roi, les seigneurs et les nouveaux chevaliers assemblés, leur conta l'histoire du Graal.

Pour finir, il dit, s'adressant à Artus : - Sire, il vous appartiendra à présent de dresser la table du Graal, d'où il adviendra quantité de merveilles.

- La table sera dressée au château de Carduel, en Galles, répondit Artus et le jour de Noël, j'élirai les chevaliers qui auront droit d'y siéger.

Merlin et Viviane

Merlin et Viviane (la Dame du Lac), peint par Gustave DoréUne seconde fois, Merlin s'en alla rejoindre Viviane, ainsi qu'il le lui avait promis. Vous devez croire qu'il avait grand désir de s'y rendre très vite.

Pourtant, il fit un détour au royaume de Bénoïc, en Petite Bretagne, puis au royaume de Gannes, où il conta ce qui s'était passé en Carmélide. Et sachant toutes choses, il demanda aux rois de ces pays de prendre la mer avec des soldats afin d'aider Artus à chasser les Saines du royaume de Logres.

Alors, satisfait de leur réponse, il s'en fut donc en forêt de Brocéliande. Quand Viviane l'aperçut, elle courut à lui, et tous deux éprouvèrent une grande joie à se retrouver. Sans plus tarder, Viviane voulut connaître de nouveaux jeux.

- Beau Sire, lui dit-elle, dites-moi comment je pourrais faire dormir un homme aussi longtemps qu'il me plairait... Elle se garda bien de lui révéler pour qui elle désirait cette science, car elle croyait que Merlin ne la lui aurait pas enseignée. Mais Merlin lisait dans sa pensée. Et il savait qu'elle invoquait une fausse raison quand elle ajouta :

- J'aimerais endormir mon père Dyonas, et ma mère, quand vous viendrez me voir, pour être tout à fait libre.

Merlin refusa. Viviane n'en parut que peu contrariée. Déjà, elle était sûre d'elle-même et de son pouvoir sur Merlin, et, quand arriva le dernier jour, ainsi qu'elle le prévoyait, Merlin céda. Ils se trouvaient alors tous deux dans le verger nommé « Repaire de joie et de liesse », et Merlin lui apprit non seulement ce qu'elle désirait, mais beaucoup d'autres choses encore, par exemple trois mots qu'elle prit par écrit et qui avaient cette vertu de l'empêcher d'appartenir à un homme lorsqu'elle les portait sur elle. Merlin se munissait ainsi contre lui-même, mais il se savait si amoureux de Viviane qu'il lui céderait toujours.

Alors qu'il s'en revenait à Logres, il prit l'aspect d'un vieillard affublé d'un costume démodé, mais pimpant. Or, le jour était extrêmement beau, et Gauvain, dans le dessein d'en profiter, avait demandé son cheval et avait pris le chemin de la forêt.

C'est ainsi qu'il rencontra Merlin monté sur un palefroi blanc. Celui-ci l'aborda et le ramena à la réalité :

- Messire Gauvain, lui dit-il, si tu m'en croyais, tu laisserais là promenade et rêverie, car il vaudrait mieux pour ton honneur faire la guerre aux ennemis de ton roi. Gauvain éberlué, allait répondre, mais Merlin avait déjà disparu.

La guerre aux Saines

Flint, Sir W. Russell (1880 - 1969) combatC'est qu'en effet l'instant était grave. Les Saines, redoutables guerriers, plus nombreux que les flots de la mer, assiégeaient alors la ville de Clarence. Or, un jour où le ciel était couleur de plomb, enveloppé de brume, les Saines furent réveillés par une multitude de lances qui, telle des bêtes sauvages, se jetèrent avec fureur sur leurs tentes, abattant les mâts, renversant les pavillons et massacrant tout ce qui se trouvait sur leur passage.

L'armée des chevaliers, qui avait pour enseigne la bannière blanche à croix rouge, avançait ainsi inexorablement, chassant les Saines, qui tentaient vainement de se rallier au son de leurs cornes et de leurs buccins.

Gauvain tua le roi Ysore et lui prit son cheval, le « gringalet », qui pouvait courir dix lieues sans connaître la fatigue. Les rois Artus, Ban et Bohor, et combien d'autres, firent merveille. Merlin jeta des enchantements, si bien que les Saines cédèrent et s'enfuirent de toute la vitesse de leurs chevaux, s'embarquant sur des bateaux pour une destination inconnue. Alors Artus partagea entre les chevaliers le riche butin laissé par l'ennemi, puis il fit duc de Clarence, Gasselin, l'un de ses chevaliers. Et il y eut cinq jours de grande liesse.

 Mariage d'Artus

guinevere and Arthur mariageLe sixième jour, ils partirent pour la Carmélide, où Guenièvre attendait Artus.

Le jour du mariage, il y eut plus de joie que jamais en un jour de fête. La salle fut couverte de joncs, d'herbes vertes et de fleurs qui embaumaient. L'été débutait, et un vent chaud avait lustré le ciel qui débordait de soleil. Guenièvre apparut aux yeux éblouis de tous, le visage découvert, ses cheveux blonds couronnés d'or et de pierreries, vêtue d'une robe lamée d'or, si longue qu'elle traînait à plus d'une demi-toise. En cortège, les fiancés, les rois et leur cour, les barons du royaume de Carmélide, les nobles et les bourgeois se rendirent à l'église pour la bénédiction nuptiale. Ensuite, tout ce monde fit bombance, après avoir entendu les ménestriers jouer du violon, de la flûte et des chalumeaux, puis les chevaliers se divertirent à l'escrime et autres jeux, et tous dansèrent et prolongèrent ces plaisirs fort tard dans la nuit.

Pas un convive n'oublia de sa vie une aussi belle journée. Une semaine après, les rois Ban et Bohor prenaient congé d'Artus, qu'ils n'avaient pas quitté depuis qu'ils guerroyaient contre les Saines, et regagnèrent leurs terres. Ils partirent en compagnie de Merlin et, ensemble, ils traversèrent la mer pour arriver en Petite Bretagne, où ils furent accueillis avec des transports d'allégresse.

Cependant, Merlin poursuivit son chemin pour aller voir Viviane, dans la forêt de Brocéliande.

Le lac de Diane

Ford, H. J. (1860 - 1941) Merlin et VivianeViviane reçut son ami avec beaucoup de tendresse, si bien qu'il en tomba plus amoureux encore, si la chose se pouvait. Ayant pris la peine de lui expliquer la plupart de ses jeux, c'était elle maintenant qui lisait dans ses yeux et dans sa pensée, de telle façon qu'il n'eût jamais aucun secret pour elle.

Un après-midi qu'ils se promenaient tous deux dans la forêt, Merlin conduisit Viviane au lac de Diane. Il lui fit remarquer une tombe, en marbre, où l'on voyait en lettres d'or ces mots : Ci-gît Faunus, l'ami de Diane. Puis il lui conta cette histoire : Faunus aimait loyalement Diane, la déesse des bois. Hélas ! celle-ci lui préféra Félix et elle n'hésita point, un jour que Faunus blessé voulut se baigner dans l'eau enchantée qui se trouvait alors à la place même de la tombe, à faire renverser une pierre sur lui, celle-là même qui fermait à présent le tombeau, où gisait écrasé le pauvre Faunus. Alors Félix, indigné par l'acte criminel de Diane, la prit par sa tresse, et lui coupa la tête de son épée.

- Et qu'est donc devenu le manoir que Diane avait fait bâtir ? demanda Viviane, après un grand moment de silence.

- Le père de Faunus le détruisit dès qu'il connut la mort de son fils. Or, devinez quelle idée vint brusquement à Viviane ? Elle émit le désir d'avoir un manoir aussi beau et aussi riche que celui de Diane.

Et aussitôt, pour lui complaire, Merlin faisait jaillir, à la place du lac, un château, si merveilleux qu'il ne s'en trouvait point de semblable dans toute la Petite Bretagne.

- C'est votre manoir, ma mie, lui dit-il. Jamais personne ne le verra qui ne soit de votre maison, car il est invisible pour tout autre et aux yeux de tous, il n'y a là que de l'eau. Si, par envie ou par traîtrise, quelqu'un de vos gens révélait le secret, aussitôt le château disparaîtrait pour lui, et il se noierait en y croyant entrer.

- Mon Dieu ! fit Viviane éblouie, jamais on n'entendit parler d'une demeure plus secrète et plus belle. À la voir si heureuse s'augmenta encore la joie de Merlin, qui lui apprit plusieurs autres enchantements, au point qu'il devint d'une imprudence folle.

- Beau Sire, lui dit-elle un jour, il y a encore une chose que je voudrais savoir. C'est comment je pourrais enserrer un homme sans tours, sans murs, sans fers, de manière qu'il ne pût jamais s'échapper sans mon consentement...

Merlin, qui lisait dans sa pensée, répondit :

- Ma belle amie, de grâce, ne me demandez plus rien. Vous voulez m'enfermer ici pour toujours, et je vous aime si fort qu'il me faudra faire votre volonté. Viviane lui sourit tendrement :

- Je n'ai sans vous ni joie ni biens, dit-elle, et j'attends tout de vous. Puisque je vous aime autant que vous m'aimez, ne devez-vous pas faire ma volonté et moi la vôtre ?

- La prochaine fois que je viendrai vous voir, je vous enseignerai ce que vous désirez. Il y avait obligation pour Merlin de retourner, à présent, au royaume de Logres, auprès du roi Artus qui réunissait beaucoup de monde à Carduel, au moment de Noël.

Fondation des Chevaliers de la Table ronde

L'épée et les chevaliers de la table rondeEt il y eut, en effet, grande réception et festin en ce jour, au château de Carduel, au pays de Galles. Merlin amusa les invités du roi en prenant diverses apparences, puis, quand les tables furent enlevées, après le repas, il rappela l'histoire du Graal ou l'histoire de ce vase contenant le sang du Christ.

Or, d'après la légende, ce vase avait été transporté en Petite Bretagne.

- Et, dit Merlin, il est écrit que le roi Artus doit établir ici même une table, qui sera ronde pour signifier que tous ceux qui devront s'y asseoir ne jouiront d'aucune préséance. À la droite du roi demeurera toujours un siège vide, en mémoire du Christ. Qui se risquerait de le prendre, sans être l'élu, serait puni de mort, car il est réservé au Chevalier qui aura conquis le Graal.

- Qu'il en soit ainsi ! déclara Artus. Et aussitôt qu'il eut parlé, surgit, au milieu de la salle, une table ronde autour de laquelle se trouvaient cent cinquante sièges de bois.

Et sur la plupart d'entre eux, on lisait en lettres d'or : Ici doit s'asseoir Un Tel Mais sur celui qui était à la droite du fauteuil du roi, aucun nom n'était inscrit. Artus et les chevaliers désignés vinrent prendre place. On remarquait messire Gauvain, et tous ceux qui avaient défendu le royaume durant l'absence du roi.

Puis Gauvain, en sa qualité de connétable, prononça, au nom de tous, le serment solennel : que jamais Dame, Damoiselle ou homme ne viendrait demander aide à la cour sans l'obtenir, et que, si l'un des chevaliers présents disparaissait, les autres, tour à tour, se mettraient sans trêve à sa recherche, pendant un an et un jour.

Tous les Chevaliers de la Table ronde jurèrent, sur des reliques de saints, de tenir le serment qu'avait fait pour eux messire Gauvain. Ensuite, la reine Guenièvre proposa que quatre clercs fussent à demeure dans ce château de Carduel pour mettre par écrit toutes les aventures des Chevaliers. Le roi Artus l'approuva. Et à l'unanimité, les Chevaliers manifestèrent grande joie.

Quête de Merlin

le tombeau de Merlin La Forêt de BrocéliandePour la quatrième fois, Merlin quitta la cour du roi Artus pour se rendre dans la forêt de Brocéliande. Le roi et la reine en furent peinés, car il était pour eux un excellent ami. Et d'autant plus que Merlin leur avait dit qu'il ne reviendrait pas. Était-ce possible, se disaient-ils, en le voyant disparaître au loin, sur un cheval superbement harnaché.

Ayant retrouvé Viviane, Merlin céda enfin à sa prière et il lui donna les moyens de le faire prisonnier d'amour pour toujours. Mais cela, on l'ignorait à Carduel et quand trois mois furent écoulés, sans que Merlin parût, Gauvain dit au roi, qui se montrait très triste :

- Sire, je vous jure, par le serment que je fis, pour Noël, que je le chercherai, partout où cela me sera possible, durant un an et un jour. Et tous les chevaliers l'imitèrent, et partirent en quête de Merlin à la même heure. Ils se séparèrent à une croisée de chemins.

Or, un jour que Gauvain traversait une forêt après avoir longtemps erré sur les terres de Logres et ne savait où se diriger, il croisa une Damoiselle montée sur un beau palefroi noir, harnaché d'une selle d'ivoire aux étriers dorés. Elle-même était richement vêtue. Mais Gauvain, plongé dans une sombre rêverie, passa auprès d'elle sans la voir ni la saluer, ce qui représentait, pour un chevalier, une faute grave. Profondément choquée, la Damoiselle fit tourner son palefroi et aborda Gauvain, pour lui reprocher son manque de courtoisie. Et, pour le punir, elle lui souhaita de ressembler au premier homme qu'il rencontrerait.

Gauvain s'inclina, ne dit mot et repartit, mais à peine eut-il chevauché quelques lieues, ses yeux s"arrêtèrent sur un nain qui marchait en compagnie d'une Damoiselle. Se rappelant la leçon qu'il venait de s'attirer, il s'empressa de la saluer. À quelque distance, il ne comprit pas, ou il ne comprit que trop, ce qui lui arrivait : les manches de son haubert lui venaient maintenant bien au-delà des mains, et les pans lui couvraient les chevilles.

Eh oui, Gauvain avait tellement diminué de taille qu'il n'était plus qu'un nain, dont les pieds n'atteignaient pas les étriers et la tête son écu... Sa peine fut si vive, qu'il se demanda, un moment, s'il n'allait pas en finir avec la vie. Mais que dirait-on, à la cour du roi Artus, d'un chevalier qui n'aurait su faire face à l'épreuve ? Et déjà, s'aidant d'un tronc d'arbre coupé pour descendre de cheval, il raccourcissait ses étriers, relevait les manches et les pans de son haubert et aussi ses chausses de fer. Puis, courageusement, il reprit la route pour être fidèle à son serment. Mais de Merlin, point ne se présentait. Personne ne l'avait vu ni ne le connaissait. Et vous devinez aisément l'angoisse de messire Gauvain qui continuait à parcourir des lieues.

Un jour, il entra dans la forêt de Brocéliande, et c'est là qu'il découvrit un étrange phénomène : une sorte de vapeur... Il ne pouvait croire que son cheval ne franchirait pas un obstacle transparent et aérien. Mais non. Obstinément, le cheval refusa d'avancer... Et, soudain, il s'entendit appeler par son nom, et reconnut la voix de Merlin.

- Où êtes-vous ? demanda Gauvain. Je vous supplie de m'apparaître...

- Non, répondit Merlin, vous ne me verrez plus jamais, et après vous je n'adresserai la parole qu'à ma mie, Viviane. Le monde n'a pas de tour si forte que la prison d'air où elle m'a enserré. Et il raconta comment, alors qu'il dormait, Viviane avait fait un cercle de son voile, autour du buisson ; et comment, quand il s'éveilla, il comprit qu'il ne pourrait plus sortir de ce cercle enchanté où Viviane le retenait prisonnier. Il dit encore :

- Saluez pour moi le roi, et madame la Reine, et tous les chevaliers et barons, et contez-leur mon aventure. Puis il ajouta : Ne désespérez pas de ce qui vous est advenu, Gauvain. Vous retrouverez la Damoiselle qui vous a enchanté ; cette fois, n'oubliez pas de la saluer, car ce serait folie. À tout ce discours, le nain Gauvain ouvrit de grands yeux.

Cependant, il reprit la route de Carduel, tout à la fois heureux et mécontent, heureux de ce que Merlin lui prédisait la fin de sa mésaventure, et mécontent de penser que son ami s'était montré, pour la première fois, plus fol que sage. Quand il traversa la forêt où il avait croisé la Damoiselle qui lui avait jeté ce mauvais sort, il craignait tant de la rencontrer et de ne pas la saluer, qu'il ôta son heaume pour mieux la voir. Et soudain, il l'aperçut aux prises avec des chevaliers félons qui lui voulaient du mal. Gauvain s'élança alors sur eux et les combattit si bien, malgré sa petite taille, qu'il les mit en déroute.

En reconnaissance de son dévouement et de sa bravoure, la Damoiselle, sur la promesse qu'il lui fît d'être toujours courtois, lui permit de redevenir ce qu'il était avant leur première rencontre. Alors messire Gauvain chevaucha si vite qu'il arrive en même temps que les chevaliers qui étaient partis comme lui pour chercher Merlin et qui revenaient, comme lui, après un an et un jour.

Tous firent au roi et à la reine le récit de leurs aventures et quand vint le tour de Gauvain de raconter l'enserrement de Merlin, il provoqua chez tous une grande tristesse. Des clercs mirent ces récits par écrit. Grâce à eux, nous les connaissons aujourd'hui.

*** Bien sûr tous ces textes sont des adaptations modernes, recueillies comme des " Contes et Légendes de Merlin ", inspirées par les textes anciens ....

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Gauvain, le chevalier qui séduit les femmes.

Publié le par Perceval

Gauvain est le fils du roi Lot d’Orcanie et de Morgause, la sœur d’Arthur. Neveu du roi Arthur, auréolé dès les premiers témoignages littéraires d’une réputation de prouesse, de générosité et de gloire, il incarne dans les romans de Chrétien de Troyes, et dans la plupart des continuations composées au XIIIe siècle, l’idéal de la chevalerie.

Gauvain le chevalier aux demoiselles Messire Gauvain, la fleur de la chevalerie
Gauvain et la damoiselle à la ceinture d'or Messire Gauvain est la fleur de la chevalerie ...

Avant l’arrivée de Lancelot du Lac, Gauvain était considéré comme le meilleur des chevaliers, un chevalier d’exception. La magie l’a imprégné dès son plus jeune âge, il se rendit vite compte que ses forces évoluaient en fonction du soleil. Ses forces étaient à leur maximum lorsque l’astre était à son zénith, et diminuaient de façon significative à la tombée de la nuit. Gauvain fut le premier à réussir à battre Arthur en combat singulier, à l’entrainement, ce qui renforça considérablement le lien qui les unissait déjà.gawain-and-wounded-knight chevalier blessé

Gauvain est un chevalier séduisant et disponible, animé par le goût du risque et par une prouesse sans faille. Chrétien de Troyes, dans Le Chevalier au lion, le désigne comme "celui qui était la fleur de chevalerie et dont la renommée l'emportait sur tout autre mérite " : il est l’un des chevaliers destinés à affronter avec succès les plus grandes aventures. C’est lui qui relève le défi lancé par la Demoiselle Hideuse à la cour arthurienne consistant à aller délivrer une jeune fille assiégée dans le château de Montesclaire; c’est lui qui part après Lancelot à la recherche de la reine Guenièvre.

chevalier 5

Modèle de courtoisie, il sait respecter la rêverie de Perceval, accueillir les nouveaux arrivants à la cour ou se faire le champion des demoiselles. Gauvain est sensible à la beauté des jeunes femmes par exemple à celle de la porteuse du Graal ; il parle d’amour avec la jeune suivante de Laudine, Lunete, mais ne s’attache à aucune femme.

Gauvain n’arrive pas vraiment à comprendre l’amour qui peut lier un homme et une femme, comme Yvain – son ami - et Laudine. Il fera tout pour que Yvain n’ait pas l’occasion de retourner auprès de sa femme, l’entraînant aventure après aventure, quête après quête.

yvain et LaudineYvain et Laudine

Avec la christianisation du mythe, sa figure devient moins glorieuse...

Dans la Quête du Saint Graal, il est exclu de la quête parce qu’il est trop attaché aux valeurs "terriennes". Ainsi Gauvain passe-t-il toujours à côté de la quête, mais – ce qui est plus grave – de récit en récit, il devient l’un de ceux par qui la quête se dégrade et par qui est provoquée la ruine du royaume arthurien. Enfermé dans sa mondanité et sa démesure, sourd à l’esprit de l’aventure du Graal, Gauvain, dans La Mort le roi Artu, est définitivement exclu de cette quête.

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Gauvain, le chevalier qui séduit les femmes

Publié le par Perceval

Gauvain est le fils du roi Lot d’Orcanie et de Morgause, la sœur d’Arthur. Neveu du roi Arthur, auréolé dès les premiers témoignages littéraires d’une réputation de prouesse, de générosité et de gloire, il incarne dans les romans de Chrétien de Troyes, et dans la plupart des continuations composées au XIIIe siècle, l’idéal de la chevalerie.

Gauvain le chevalier aux demoiselles Messire Gauvain, la fleur de la chevalerie
Gauvain et la damoiselle à la ceinture d'or Messire Gauvain est la fleur de la chevalerie ...

Avant l’arrivée de Lancelot du Lac, Gauvain était considéré comme le meilleur des chevaliers, un chevalier d’exception. La magie l’a imprégné dès son plus jeune âge, il se rendit vite compte que ses forces évoluaient en fonction du soleil. Ses forces étaient à leur maximum lorsque l’astre était à son zénith, et diminuaient de façon significative à la tombée de la nuit. Gauvain fut le premier à réussir à battre Arthur en combat singulier, à l’entrainement, ce qui renforça considérablement le lien qui les unissait déjà.gawain-and-wounded-knight chevalier blessé

Gauvain est un chevalier séduisant et disponible, animé par le goût du risque et par une prouesse sans faille. Chrétien de Troyes, dans Le Chevalier au lion, le désigne comme "celui qui était la fleur de chevalerie et dont la renommée l'emportait sur tout autre mérite " : il est l’un des chevaliers destinés à affronter avec succès les plus grandes aventures. C’est lui qui relève le défi lancé par la Demoiselle Hideuse à la cour arthurienne consistant à aller délivrer une jeune fille assiégée dans le château de Montesclaire; c’est lui qui part après Lancelot à la recherche de la reine Guenièvre.

chevalier 5

Modèle de courtoisie, il sait respecter la rêverie de Perceval, accueillir les nouveaux arrivants à la cour ou se faire le champion des demoiselles. Gauvain est sensible à la beauté des jeunes femmes par exemple à celle de la porteuse du Graal ; il parle d’amour avec la jeune suivante de Laudine, Lunete, mais ne s’attache à aucune femme.

Gauvain n’arrive pas vraiment à comprendre l’amour qui peut lier un homme et une femme, comme Yvain – son ami - et Laudine. Il fera tout pour que Yvain n’ait pas l’occasion de retourner auprès de sa femme, l’entraînant aventure après aventure, quête après quête.yvain et Laudine

Avec la christianisation du mythe, sa figure devient moins glorieuse...

Dans la Quête du Saint Graal, il est exclu de la quête parce qu’il est trop attaché aux valeurs "terriennes". Ainsi Gauvain passe-t-il toujours à côté de la quête, mais – ce qui est plus grave – de récit en récit, il devient l’un de ceux par qui la quête se dégrade et par qui est provoquée la ruine du royaume arthurien. Enfermé dans sa mondanité et sa démesure, sourd à l’esprit de l’aventure du Graal, Gauvain, dans La Mort le roi Artu, est définitivement exclu de cette quête.

<-- Yvain et Laudine

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