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Articles avec #contes mythes legendes tag

Le XIXe siècle découvreur de Mythes – Le Vril -4/.-

Publié le par Perceval

''The Coming Race '' ( La race à venir) d'Edward Bulwer-Lytton, publié en 1871; nous semble bien inoffensif...

Pourtant, s'est construite une légende de la '' Société du Vril '', apparentée à la Société de Thulé : une petite société raciste pangermanique en Allemagne entre 1919 et 1933...

Revenons en arrière...

Edward Bulwer-Lytton, influencé par le mesmérisme, imagine un grand fluide qui pénétrerait toute la nature. Et - dit-il - « de même certains êtres, comme la torpille, peuvent être chargés d'électricité, sans jamais pouvoir communiquer ce pouvoir à d'autres ; j'ai supposé l'existence d'une race chargée de cette électricité et ayant acquis l'art de la concentrer et de la diriger - en un mot d'être les conducteurs de ses éclairs. »

Ensuite, cette notion de Vril va être développée par Louis Jacolliot (1837–1890), écrivain et consul de France en Inde durant le second empire dans Les Fils de Dieu (1873) et dans Les Traditions indo-européennes (1876). pendant son séjour de trois ans en Inde, il va être très inspiré par la culture et la mythologie indiennes...

Jecolliot reprend l'histoire du continent perdu de Mu, en appelant cette terre Rutas et engloutie dans l'océan indien... Dans '' Les Fils de Dieu '' il propose le nom d'Asgartha signifiant « la ville du soleil » soit une ancienne cité du  grand-prêtre brahmatma.

Alors, L'Agarttha signifierait : insaisissable à la violence, inaccessible à l'anarchie, et serait une ville située sous les monts de l’Himalaya en 1800 av. J.-C. Son roi garde un secret qui permet de fabriquer des armes puissantes grâce auxquelles le Christ anéantira le mal et établira la paix.

L'Agartha est en général présentée comme un monde idéal dépositaire de connaissances ou de pouvoirs surnaturels. On évoquerait ainsi, un royaume souterrain au nom d' "Agartha", et sa capitale "Shamballah". Shambhala (en sanskrit शम्भल « lieu du bonheur paisible »)

Archéomètre

Le nom d'Agartha est employé par Joseph Alexandre Saint-Yves (1842 -1909), un érudit, poète et écrivain français. A ce propos, Saint-Yves commence à réfléchir, à travailler sur l'Archéomètre dans le courant des années 1890 et travailla sur ce sujet jusqu'à sa mort.. Gérard Encausse ( alias Papus) et quelques amis et collaborateurs de Saint-Yves publient un gros livre, L'Archéomètre - Clef de toutes les religions et de toutes les sciences de l'Antiquité - Réforme synthétique de tous les arts contemporains ; et c'est dans ce livre qu'est révélé l'existence d'une société entièrement fermée sur elle-même, l'Agarttha, un corps enseignant, une université antique issue de l'empire de Ram au travers des âges.

Ce dont le ''Vril '' est le support, c'est l'idée ( le rêve, l'espoir..) d'une énergie naturelle, puissante, illimitée... et pourquoi pas ''spirituelle''...

La légende se fabrique en s'attachant à des personnages réels qui évoquent plus ou moins cette idée, en les rattachant ensuite à un développement en prise avec la réalité historique. Le nazisme et son idéologie se prêtent bien à ces rêves fous de super-pouvoirs …

Ainsi sont sollicités des personnages, comme :

Karl Haushofer (1869-1946) théoricien de la géopolitique allemande, qui a été récupéré par le nazisme. «  Ainsi, c'est bien mon vieux compagnon de voyage qui fut responsable, sans que je sache si c'était à dessein, du déplacement fondamental, et fatal pour le monde, de la stratégie d'Hitler. » Zweig

Marié à une femme de religion juive ; il est un proche de Thomas Mann et rencontre Stefan Zweig lors de son voyage en Inde...

Nikola Tesla dans son laboratoire

On évoque aussi, l’ingénieur Nicolas Tesla (1856-1943), génial découvreur en énergie électrique ... Et, important, il s’intéressait aux spiritualités orientales...

« Dans quelques générations nos machines seront animées grâce à une énergie disponible en tous points de l’univers.[…] [En effet,] dans l’espace, il existe une forme d’énergie. Est-elle statique ou cinétique ? Si elle est statique, toutes nos recherches auront été vaines. Si elle est cinétique – et nous savons qu’elle l’est –, ce n’est qu’une question de temps, et les hommes réussiront à connecter leurs machines aux rouages de la nature. » Conférence 1892

Willy Ley (1906-1969), auteur scientifique américain d'origine allemande. Il a été un des pionniers de la conquête spatiale.

Il quitte en 1935, l'Allemagne nazie pour le Royaume-Uni puis les États-Unis. Il aurait évoqué l'existence d'une société nazie consacrée à la recherche du Vril ...

Pseudoscience in Naziland », essai de Willy Ley, paru dans le magazine de science-fiction Astounding, mai 1947   --->

 

Enfin, La légende d'une société du Vril, nous met sur la piste de médiums allemands autour de belles jeunes blondes aux longs cheveux, dont Maria Orsic- professeur de ballet - serait une grande prêtresse, évadée de Berlin en 1945, et dont on aurait perdu la trace. Elle serait en lien avec une civilisation extra-terrestre …. J'ignore l'origine et comment cette histoire est venue rejoindre la saga du Vril … ?

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Le XIXe siècle découvreur de Mythes – Le Vril -3/.-

Publié le par Perceval

''The Coming Race '' de Edward Bulwer-Lytton, publié en 1871, nous présente une ''race'' d'hommes souterraine, les Vril-ya, détenteur du Vril, une énergie qui leur donne des pouvoirs psychiques comme la télépathie et la télékinésie...

D'autres légendes, d'autres traditions mythiques à travers le monde évoquent des territoires engloutis et de cités perdues, comme Avalon, Ys, l'Hyperborée, Bimini, Mu, la Lémurie, etc. Il en est des mythes de cités ou continents perdus comme de ceux du Déluge : ils appartiennent à toutes les civilisations et à toutes les cultures.

Helena Blavatsky ( 1831-1891), fondatrice de la Société théosophique en 1875, décrit dans '' la Doctrine secrète '' l'évolution de sept humanités (races-racines) sur différentes parties du globe. La ''Terre Sacrée Impérissable'' serait le berceau du premier homme : les Auto-générés furent les Chhâyâs . Les deuxièmes seraient les Hyperboréens. Puis : les lémuriens, les atlantes, les aryens, …

Elle affirme que certains supra hommes ont survécu à la destruction de l’Atlantide, en gardant le haut niveau de conscience qu’ils possédaient à l’époque. ..

Vision du Bonheur - Pierre Puvis de Chavannes - 1890

Aristote aurait dit : « Le mythe est un récit mensonger qui représente la vérité. » Mais, quelle ''vérité'' ?

Même, l’histoire qui est également récit, contient une part de création...

Commençons par quelques grandes notions :

La Destruction de l'Atlantide par Nicolas Roerich (1928)

L'Atlantide

L'Atlantide est une île gigantesque évoquée par Platon.. Après un un âge d'or, l'île mythique est engloutie par les flots dans un cataclysme provoqué à l'instigation de Zeus.

Francis Bacon (1561-1626) publie ''La Nouvelle Atlantide'' en 1627 qui s'inspire du récit de Platon et met en scène une société philosophie de savants sur l'île imaginaire de Bensalem

 

Thulé

Thulé est une île du Nord mentionnée par Pythéas au IV siècle av. J.-C.

Thulé est parfois employée pour désigner le point le plus au Nord, une espèce d'absolu indépassable, proche de l'idée de bout du monde.

Der König in Thule ( le roi de Thulé) est un poème de Johann Wolfgang von Goethe écrit en 1774. Le poème aborde les thèmes de l'amour et de la mort. Le thème devient populaire et est traduit en musique...

Thulé aurait été ce qui subsistait d'un continent aujourd'hui disparu, appelé Hyperborée, et ce continent serait le berceau de la race aryenne. Thulé devient le nom magique d'une civilisation germanique avancée...

 

Un société Thulé se constitue par Rudof Glauer, en 1918, elle devait n' être qu'un groupe d'études ethnologiques intéressé par l'Antiquité et la mythologie nordiques. Elle grandit dans le contexte de l'Allemagne d'après-guerre, plongée dans la crise et marquée par le "Diktat" de Versailles.  Elle prône l'antisémitisme, l'antirépublicanisme, le paganisme et le racisme...

Même si Hitler se méfie de cette société occultiste; beaucoup de nazis reprennent ses idées... Himmler et d'autres y puisent leur fantasme d'une société allemande blonde aux yeux bleus, à l'image des anciens héros germaniques. 

 

Aryen

Le mythe aryen ( aryas = personne noble ) est né d’une hypothèse à la fois scientifique et religieuse : les Européens auraient une origine commune et leurs ancêtres seraient venus d’Asie dans une migration épique depuis les hauts plateaux himalayens.

Se mélangent, des références bibliques au déluge, le rêve d’une civilisation primordiale aryenne passée ou à venir, des attentes millénaristes....

Il existe une longue tradition formalisée au XVIIIe siècle qui désigne l'Asie - sous la figure de l’Inde, du Tibet ou de la Scythie - comme le berceau originel par de nombreux savants.

Pour F. A. Pott (1802-1887), l’humanité suit le soleil et ne peut donc avoir connu de migrations que d’Est en Ouest.

 

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Le XIXe siècle découvreur de Mythes – Le Vril -2/.-

Publié le par Perceval

Venons-en à l'histoire écrite par Edward Bulwer-Lytton (1803-1873), dans son roman de science-fiction ''The Coming Race '' publié en 1871 :

La Race à venir

Un mineur découvre accidentellement le monde souterrain du Vril-ya. Il s’y engage, attiré par une lueur qui brille dans le lointain. Il arrive, non pas dans une contrée déserte et peuplée de monstres, comme le voyageur de Jules Verne, mais dans un pays délicieux, couvert de monuments magnifiques, habité par une race savante, merveilleusement policée, de mœurs douces et hospitalières.

 

Le narrateur se retrouve donc seul face à un univers idyllique, peuplé d’humains dégageant une incontestable aura de supériorité. Une légère histoire d'amour impossible constitue l'intrigue ; mais il s'agit plus d'une suite de descriptions d'une société qui pourrait être considérée comme idéale...

Extraits :

« A ce moment sortit du bâtiment un être... humain ; était-ce bien un être humain ? Debout sur la grande route, il regarda autour de lui, me vit et s’approcha. Il vint a quelques mètres de moi ; sa vue, sa présence, me remplirent d’une terreur et d’un respect indescriptibles, et me clouèrent au sol. Il me rappelait les génies symboliques ou démons qu’on trouve sur les vases étrusques, ou que les peuples orientaux peignent sur leurs sépulcres : images qui ont les traits de la race humaine et qui appartiennent cependant a une autre race. Il était grand, non pas gigantesque, mais aussi grand qu’un homme peut l’être sans atteindre la taille des géants. Son principal vêtement me parut consister en deux grandes ailes, croisées sur la poitrine et tombant jusqu’aux genoux ; le reste de son costume se composait d’une tunique et d’un pantalon d’une étoffe fibreuse et mince. Il portait sur la tête une sorte de tiare, parée de pierres précieuses, et tenait a la main droite une mince baguette d’un métal brillant, comme de l’acier poli. Mais c’était son visage qui me remplissait d’une terreur respectueuse. C’était bien le visage d’un homme, mais d’un type distinct de celui des races qui existent aujourd’hui sur la terre. Ce dont il se rapprochait le plus par les contours et l’expression, ce sont les sphinx sculptes, dont le visage est si régulier dans sa beauté calme, intelligente, mystérieuse. Son teint était d’une couleur particulière, plus rapproche de celui de la race rouge que d’aucune autre variété de notre espèce ; il y avait cependant quelques différences : le ton en était plus doux et plus riche, les yeux étaient noirs, grands, profonds, brillants, et les sourcils dessines presque en demi-cercle. Il n’avait point de barbe, mais je ne sais quoi dans tout son aspect, malgré le calme de l’expression et la beauté des traits, éveillait en moi cet instinct de péril que fait naître la vue d’un tigre ou d’un serpent. Je sentais que cette image humaine était douée de forces hostiles a l’homme. A mesure qu’il s’approchait, un frisson glacial me saisit, je tombai a genoux et couvris mon visage de mes deux mains. »

 

Il est dans un palais luxueusement meublé, une merveille de mécanique; tout ce qu’il contient semble mû par une force inconnue; les domestiques sont remplacés par des automates; les objets nécessaires à la vie apparaissent, disparaissent sur un geste de la main.

« Les Vril-ya ont peu de besoins, et la satisfaction de leurs besoins leur coûte peu d’efforts ; l’outillage de l’industrie est si perfectionne, que le travail est réserve aux seuls enfants. Les adultes n’ont rien a faire, pas de luttes a soutenir, pas de dangers a éviter. Ils se promènent ; ils causent ; ils se réunissent dans des festins ou règne la sobriété ; ils entendent de la musique et respirent des parfums. »

 

« – Qu’est-ce que le Vril ? demandai-je. La-dessus Zee commença une explication dont je compris fort peu de chose, car il n’y a dans aucune langue que je connaisse aucun mot qui soit synonyme de Vril. Je l’appellerais électricité, si ce n’est qu’il embrasse dans ses branches nombreuses d’autres forces de la nature, auxquelles, dans nos nomenclatures scientifiques, on assigne différents noms, tels que magnétisme, galvanisme, etc. Ces peuples croient avoir trouvé dans le vril l’unité des agents naturels, unité que beaucoup de philosophes terrestres ont soupçonnée et dont Faraday parle sous le nom plus réserve de corrélation. « Je suis depuis longtemps d’avis, dit cet illustre expérimentateur, et mon opinion est devenue presque une conviction commune, je crois, a beaucoup d’autres amis des sciences naturelles, que les formes variées sous lesquelles les forces de la matière nous sont manifestées ont une commune origine ; ou, en d’autres termes, qu’elles sont en corrélation directe et dans une dépendance mutuelle, de sorte qu’elles sont pour ainsi dire convertibles les unes dans les autres, et que leur action peut être ramenée a une commune mesure, a un équivalent commun. » Les philosophes souterrains affirment que par l’effet du vril, que Faraday appellerait peut-être le magnétisme atmosphérique, ils ont une influence sur les variations de la température, ou, en langage vulgaire, sur le temps ; que par d’autres effets, voisins de ceux qu’on attribue au mesmérisme, a l’électro-biologie, a la force odique, etc., mais appliqués scientifiquement par des conducteurs de vril, ils peuvent exercer sur les esprits et les corps animaux ou végétaux un pouvoir qui dépasse tous les contes fantastiques de nos rêveurs. Ils donnent a tous ces effets le nom commun de vril. Zee me demanda si, dans mon monde, on ne savait pas que toutes les facultés de l’esprit peuvent être surexcitées a un point dont on n’a pas l’idée pendant la veille, au moyen de l’extase ou vision, pendant laquelle les pensées d’un cerveau peuvent être transmises a un autre et les connaissances s’échanger ainsi rapidement. Je répondis qu’on racontait parmi nous des histoires relatives a ces extases ou visions, que j’en avais beaucoup entendu parler et que j’avais vu quelque chose de la façon dont on les produisait artificiellement, par exemple, dans la clairvoyance magnétique ; mais que ces expériences étaient tombées dans l’oubli ou dans le mépris, en partie a cause des impostures grossières auxquelles elles donnaient lieu, en partie, (...)»

 

Le Vril, a une puissance est infinie. Grâce à lui les Vrill-Ya, peuvent se communiquer leurs pensées, sans parler, à des distances immenses. Emmagasiné à haute pression, ce fluide agit comme la foudre, et détruit tout ce qu’il touche. Emmagasiné à pression plus faible, ses effets sont bienfaisant : il magnétise, il endort, il guérit, il ouvre la mémoire et facilite les travaux de l’esprit. Chaque individu à donc en lui une puissance effroyable dont il peut instantanément se servir. Force dissuasive, il ne peut l'employer contre ses semblables, les représailles seraient terribles, il ne s’en sert que contre les animaux féroces qui menacent son repos.

La guerre, la lutte à main armée n’existent plus chez ce peuple bienheureux...

La cité est gouvernée par un magistrat unique. Et nul ne convoite cette charge suprême car aucun honneur, aucun pouvoir particulier n’y est attaché...

 

Le narrateur est instruit par Zee, la fille de son hôte … Et, Zee va lui faire la cour … !

« Sachez que nos Gy-ei, tant qu’elles ne sont pas mariées, voyagent seules au milieu des autres tribus, pour voir si elles trouveront un An qui leur plaise mieux que ceux de leur propre tribu. Zee a déjà fait trois voyages semblables, mais jusqu’ici son cœur est resté libre. »

(…)

il n’est pas rare qu’une jeune Gy montre un goût que les autres trouvent étrange ; mais il n’existe pas de moyen de forcer une Gy a changer ses résolutions. Tout ce que nous pouvons faire, c’est d’employer le raisonnement, et l’expérience nous prouve que le College entier des Sages essaierait en vain de raisonner avec une Gy en matière d’amour. Je suis desole pour vous, parce qu’un tel mariage serait contre l’A-glauran, ou bien de la communauté, car les enfants qui en naîtraient altéreraient la race

(...)

Vous feriez peut-être bien de dire a Zee qu’elle est laide. Cette assurance, venant de la bouche de l’An qu’elle aime, suffit d’ordinaire a refroidir la Gy la plus ardente. »

 

Qu'en est du couple, et des femmes, les '' Gy-ei'' … ?

« le divorce et la polygamie sont extrêmement rares, et les ménages paraissent très heureux et unis chez ce peuple étonnant ; les Gy-ei, malgré leur supériorité physique et intellectuelle, sont fort adoucies par la crainte de la séparation ou d’une seconde femme, et comme les An sont très attaches a leurs habitudes, ils n’aiment pas, a moins de considérations très graves, a changer pour des nouveautés hasardeuses, les figures et les maniérés auxquelles ils sont habitues. Les Gyei cependant conservent soigneusement un de leurs privilèges ; c’est peut-être le désir secret d’obtenir ce privilège qui porte beaucoup de dames sur la terre a se faire les champions des droits de la femme. Les Gy-ei ont donc le droit, usurpe sur la terre par les hommes, de proclamer leur amour et de faire elles-mêmes leur cour ; en un mot, ce sont elles qui demandent et non pas qui sont demandées. Les vieilles filles sont un phénomène inconnu parmi elles. Il est très rare qu’une Gy n’obtienne pas l’An auquel elle a donné son cœur, ..(...)»

Ce peuple, au physique parfait, est réparti en communautés autonomes et auto-suffisantes, poussant au bout le modèle de la commune anarchiste ou socialiste utopique. Une certaine égalité y règne, quand bien même celle-ci ne va pas de pair avec une uniformisation des richesses, puisque chacun possède la liberté de s’enrichir ou non. Les femmes ont même acquis une certaine supériorité, y compris physique, sur les hommes. ..

 

Enfin,

« Je devinais que Zee, sans me le dire, s’était décidée a m’aider a retourner vers le monde supérieur et que nous nous dirigions vers le lieu ou j’étais descendu. Son silence me gagnait et m’empêchait de parler. Nous approchions du gouffre. (...) »


 

« (..) j’ai cru que mon devoir envers mes semblables m’obligeait à écrire ce récit pour les avertir de la venue de la Race Future. »

 

Un monde, cependant, trop parfait …

Le narrateur ne semble pas toujours emballé … « Comme ils doivent s’ennuyer ! Ils n’ont ni les émotions de la guerre, ni les plaisirs de la chasse, car ils sont trop doux pour s’amuser a tuer des bêtes inoffensives. Ceux d’entre eux qui ont l’esprit aventureux peuvent fonder des colonies, mais ils ne courent aucun risque, et, d’ailleurs, la place finira par leur manquer. Ou bien ils s’appliquent a inventer des machines nouvelles et a faire avancer la science, ce qui ne doit pas être a la portée de tout le monde, dans une civilisation déjà si savante et si bien outillée. Ils n’ont même pas une littérature très florissante et sont obliges de relire les anciens auteurs pour y trouver la peinture des passions dont ils sont exempts, des conflits qui ne sont plus de leur siècle. Cette tranquillité d’âme se reflète sur leur visage qui a quelque chose d’auguste et de surhumain, comme le visage des dieux antiques ; ce sont des hommes de marbre. Ils ne vivent pas. »

 

La civilisation du Vril-ya ne cache pas son mépris pour les peuples qui lui sont inférieurs, car encore au stade démocratique de la bêtise de masse et dépourvus de la maîtrise du Vril, clef de tout progrès collectif.

Notre ''héros'' s’échappe et revient à la surface pour raconter l’histoire de "la race à venir", qui est à l’origine du titre. D'ailleurs, cette ''race à venir '' ne serait-elle pas celle qui nous exterminerait … ?

Pourtant, ce livre n'est aucunement ''sulfureux'' et ne préfigure rien de dangereux... Est-il néanmoins dangereux... ?

Louis Pauwels et Jacques Bergier dans ce fameux livre, "Le Matin des magiciens" soutiennent que ce livre a inspiré un groupe nazi qui se serait appelé : ''La Société du Vril''...

Difficile de penser que des gens qui se prennent au sérieux puissent s'appuyer sur un roman comme celui-ci … La théorie de la Terre creuse ( ou espaces creux) avec une civilisation cachée, n'est pas scientifique mais légendaire …

Les ''Vril-Ya'' n'ont rien à voir avec les Aryens, et sont plutôt dominés par les femmes... C'est vrai qu'ils se considèrent comme une race supérieure ( le concept de race correspond à l'époque …)

Ce qui est moins étonnant, c'est qu'à la fin du XIXe siècle, ce livre ait pu inspiré Helena Blavatsky et sa Théosophie... Pourtant, ce peuple Vril, semble s'être coupé de la passion,et celle de l'Art en particulier …

 

Aujourd'hui ce roman est peu lisible, sinon par curiosité historique. Le texte nous semble lourd, rébarbatif, similaire à un documentaire. L'action, et le suspens sont minimaux.

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Le XIXe siècle découvreur de Mythes – Le Vril -1/.-

Publié le par Perceval

Le romancier Edward Bulwer-Lytton (1803-1873), dans un roman de science-fiction ''The Coming Race '' publié en 1871, le premier fait mention du Vril. Il met en scène une ''race'' d'hommes souterraine, les Vril-ya, détenteur du Vril ( dérivé du latin virile) : une énergie qui leur donne des pouvoirs psychiques comme la télépathie et la télékinésie...

 

Edward Bulwer-Lytton a quatre ans, à la mort de son père.

Il commence à écrire de la poésie à l'âge de sept ans, époque à laquelle la famille hérite de la grande bibliothèque de son grand-père Lytton. Edward passe un an à tout lire, des romans de chevalerie aux ouvrages savants. 

Très tôt , le jeune homme est salué pour ses nouvelles et poèmes. Il a une liaison avec Lady Caroline Lamb... et rencontre l'une de ses amies, Rosina.

Edward hérite de la propriété de Knebworth (comté de Hertfordshire) et devient baron de Knebworth en 1838 et, à la mort de sa mère en 1843, il s'acquitte de sa volonté d'ajouter «Lytton» à son nom.

Edward est considéré par tous, comme un dandy...Il va devenir un romancier populaire et prolifique.

Rosina Doyle Wheeler (1802–1882) est la fille de la féministe Anna Doyle Wheeler, réputée pour sa beauté, et épouse un baron irlandais, alcoolique... Elle le quitte et va vivre à Guernesey, où son oncle est gouverneur. Rosina grandit dans une société extraordinaire, peuplée de libres penseurs, de bohémiens et d'exilés de la Révolution française... Elle poursuit sa formation à Londres et tombe sous le charme d'un dandy aux boucles dorées, Edward ...

En 1827, Edward Bulwer-Lytton épouse contre l'avis de sa mère veuve, la beauté irlandaise qu'est Rosina... Sa famille lui retire son aide financière, ce qui le contraint à produire toute une série d'ouvrages... Le travail, la politique, et le goût des jolies femmes, mettent à rude épreuve son couple...

« Je suis allé dans l'appartement de mon mari, qu'il gardait pour avoir une communication paisible avec ''sa Muse''. Et, j'ai trouvé la Muse en satin blanc assise sur ses genoux. »

En 1833, le couple se sépare, séparation devenue légale en 1836. Trois ans plus tard, Rosina publie Cheveley, or the Man of Honour (1839), une fiction dans laquelle elle dénonce l'hypocrisie de son mari. Elle est l'auteur de treize romans ; et a ensuite passé quarante ans à tourmenter son ex-mari, révélant des détails sur ses maîtresses et ses enfants illégitimes.

En juin 1858, alors que son mari est candidat dans le Hertfordshire, elle mène campagne contre lui. Celui-ci riposte en menaçant d'attaquer ses éditeurs, de lui retirer sa pension et en lui refusant l'accès à ses enfants. Finalement, elle est internée dans un asile psychiatrique, avant d'être libérée quelques semaines plus tard, devant le tollé de l'opinion publique

Edward Bulwer-Lytton, est alors aussi lu que Dickens ou Sir Walter Scott... Une particularité de son travail est d'introduire des éléments métaphysiques et légendaires dans ses récits, alors même qu'ils se déroulent dans la société actuelle, société dont il est un membre éminent. 

Plus tard, il va écrire de la poésie; et le Roi Arthur va être un travail long ( douze livres de plus de cent strophes) et important pour lui, qui le poursuit depuis sa toute première jeunesse, dit-il ; alors que le "Morte d'Arthur" de M. Tennyson vient aussi de paraître...

La version d'Edward ne se base pas sur Malory; mais sur les traditions folkloriques du Nord. Arthur, est un roi gallois qui préfère mourir que d'abandonner sa liberté, il symbolise l'amour de la liberté du peuple britannique. 

Bulwer-Lytton entre au Parlement le 30 avril 1831 sous l'étiquette du parti radical et, ardent orateur, y brille pendant dix ans... puis, il se fait élire comme conservateur et passe au gouvernement comme Secrétaire d'Etat aux colonies...

Le premier roman d'Edward est un roman satirique ''à clé'' : Pelham; ou Les aventures d'un gentleman (1828) et devient un best-sellers...

Il écrit des romans historiques dans la tradition de Walter Scott, parmi lesquels Les Derniers Jours de Pompéi, écrit à la suite de son voyage en Italie et sous le coup d'un chagrin d'amour...

'The Haunters and the Haunted' (1859) d' Edward est reconnu comme la première histoire de maison hantée moderne et apparaît encore dans des anthologies aux côtés de MR James et Edgar Allen Poe. L'auteur d'horreur américain HP Lovecraft l'a qualifié de «l'un des meilleurs contes de la maison hantée jamais écrit».

Edward a appartenu à plusieurs cercles occultes, il écrit 'Zanoni' (1842), un livre influent du XIXe siècle. Ce '' roman initiatique '' raconte, sur fond d'occultisme et de Révolution française, une histoire d'amour entre Zanoni, un rosicrucien qui possède la jeunesse éternelle , et une jeune chanteuse d'opéra nommée Viola Pisani. Fait-il sacrifier l’amour pour l’Initiation ?

Plusieurs sociétés ésotériques considère Edward Bulwer-Lytton comme l'un des leurs... On le pense membre, entre autres, des Rose-Croix, des théosophes, de l'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée..

En 1871, paraît '' le pouvoir de la race à venir '' ( ''The Coming Race'' ). Ce roman contribue à la naissance du genre 'science-fiction'... HG Wells, impressionné le cite comme le premier d'une tradition dystopique de sociétés oppressives du futur qui a conduit au "1984" de George Orwell, et au "Nouveau monde" de Huxley.

Helena Blavatsky ( 1831-1891) , fondatrice de la Théosophie, affirme qu'Edward s'est inspiré, pour ce qui est du Vril d'anciens écrits indiens. 

À la fin du dix-neuvième siècle, le mot «Vril» est communément associé aux «élixirs vitaux». En 1886, John L Johnston cherche un nom pour son extrait de bouillon de boeuf ... Il fabrique un mix des mots Bovine et Vril et baptise le nouveau breuvage au bœuf : «Bovril».

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Voyage en Ecosse -5- la chapelle de Rosslyn

Publié le par Perceval

Rosslyn Chapel

Visiter la chapelle de Rooslyn, avec les commentaires de Peter Brown et d'Elizabeth Haldane est la grande chance d'Anne-Laure...

Rosslyn - L'allée orientale 1909

Il y a bien-sûr l’histoire attachée au ''pilier de l'apprenti''; au sud-est du chœur, à proximité des marches menant à la crypte ... Magnifique travail qui a coûté la vie à l'apprenti qui s'était avec audace mis au travail, et après l'avoir vu achevé en rêve... Alors que, son maître, en difficulté devant l'ouvrage, avait conçu un pèlerinage à Rome, en espérant de l'aide... A son retour, sa jalousie fut si grande... qu'il assassina de rage le jeune homme...! Pour Peter, il rapproche l'assassinat du jeune apprenti, à celui d'Hiram, architecte du Temple de Salomon et que l'on évoque dans le rituel maçonnique...

On y voit également '' la sculpture de l'apprenti'' située à mi-hauteur du mur ouest du chœur, du côté sud. On y voit un visage avec une profonde cicatrice sur la tempe droite ; dans le coin opposé, c'est la tête de son meurtrier, le maître.

Elizabeth, devant le pilier, évoque l'arbre de vie ; la couronne de «l'arbre» fait penser aux douze constellations du zodiaque. Elle remarque les branches en spirale ; et les racines du tronc qui s'enfoncent profondément dans les éléments de la Terre. Au bas du pilier, on voit des dragons ronger les racines de l'arbre pour lui voler sa fécondité.

Derrière l'autel, devant la Chapelle de la Dame et à gauche du pilier de l'apprenti, se trouvent deux autres colonnes porteuses remarquables. Le premier, sous la fenêtre c'est le pilier du maçon; celui du centre, le pilier du compagnon.

Et, ce qui met en valeur ces piliers et améliore encore leur beauté, ce sont les sculptures du plafond... La quantité d'images sculptées est impressionnante, la beauté de l'ensemble distrait de ce que signifie chaque détail : la chute de l'homme et son expulsion d'Eden, la danse de la mort, la naissance du Christ, le sacrifice d'Isaac, la victoire de la vérité , le contraste entre la vertu et le vice, l'Annonciation, la présentation du Christ dans le temple, Jésus le charpentier, le fils du père prodigue nourrissant les porcs, la crucifixion et la descente de croix, la résurrection et la pierre roulée du Saint-Sépulcre, le Christ assis dans la gloire. Mais ce n'est pas un prêche classique et l'humour est entremêlé partout. L'esprit et la sagesse vont de pair....

La Croix et le Chevalier... 

L'Homme Vert

En fait, il y a beaucoup d'autres choses... À droite, face à l'autel, se trouve un pilier au-dessus duquel se trouvent un lion et une licorne en combat. Immédiatement au-dessus de la tête de la licorne, s'étendant jusqu'au pilier voisin, se trouvent des figures représentant les douze apôtres et quatre martyrs, tous avec des halos au-dessus de leur tête. Etc..

Entreprendre l'étude des sculptures de la chapelle, c'est ne pas craindre de se confronter à des représentations païennes et défiant l'imagination... On y remarque un grand nombre de sculptures de ''l'Homme Vert '', le symbole celtique de la fertilité et de la renaissance, dans tous ses âges...

The Rosslyn templar

Dans l'allée nord se trouve la ''Caithness Tomb'' qui affiche les armoiries de Caithness et la devise de la famille: «Commit the Verk to God’ ». Elle a été érigée en mémoire du 4e comte, arrière-petit-fils du fondateur de la chapelle. Debout contre le même mur se trouve la pierre funéraire de Sir William St Clair qui a été tué par les Maures à Teba en Andalousie alors qu'il cherchait à transporter le cœur du roi Robert Ier en Terre Sainte. 

Ensuite, nous trouvons un hommage à l'ancêtre du fondateur, William the Seemly , représenté comme un chevalier à cheval portant une lance. Derrière lui, une figure tenant la ''Holy Rood'' !... 

Beaucoup d'images renferment inévitablement des liens avec les Templiers, dont nombre de symboles ont été intégrés dans la franc-maçonnerie: le crâne et les os croisés, deux colombes en vol, la truelle et le compas, etc.

Entre 1760 et 1780, le Degré des Templiers maçonniques était devenu très populaire parmi les francs-maçons... au XVIIIème siècle, les membres du bureau de la Loge St Stephen à Édimbourg sont devenus les premiers à être initiés en tant que Templiers maçonniques en Écosse.

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'' La Belle dame sans merci '', œuvre d'Alain Chartier (1424)

Publié le par Perceval

''Merci'', vient du latin ' merces 'avec le sens de '' salaire, récompense '', mais aussi avec la signification de '' grâce, pitié '', peut-être parce que la grâce peut parfois être considérée comme une forme de récompense (je te gracie parce que tu t'es bien battu). C'est d'ailleurs ce dernier sens qu'a ''merci'' lorsqu'il apparaît en français avec cette orthographe au XIe siècle.

En 1427 Alain Chartier est envoyé en Écosse pour y négocier le mariage du jeune dauphin (plus tard Louis XI), alors âgé de cinq ans, avec Marguerite d'Écosse. Ici, ce tableau illustre : The story of the famous kiss bestowed by Margaret of Scotland on « la précieuse bouche de laquelle sont issus et sortis tant de bons mots et vertueuses paroles »

 

 

' La Belle dame sans merci. ' (1424) est l'oeuvre la plus connue de Alain Chartier ; poète français et orateur en langue latine (Bayeux vers 1385-vers 1435). Secrétaire du Dauphin, le futur Charles VII, il est considéré comme un des créateurs de la prose oratoire française (le Quadrilogue invectif, 1422).

 

La Belle Dame sans mercy, rédigée par Alain Chartier dix ans après la défaite d’Azincourt (1415), fait scandale dans les milieux de la cour. Le sujet est généralement considéré comme un défi aux valeurs de l’amour courtois. Ce poème emprunte une forme courante au XVe siècle, le huitain à trois rimes enlacées, ababbcbc .

L’intrigue met en scène trois personnages : un amant plaintif qui déclare son amour, une dame impitoyable repoussant ses avances et un poète malheureux qui écoute leur conversation en cachette.

La combinaison de « l’amant-martyr » et de « la dame-sans-merci » n’est pas rare dans la littérature médiévale . On retrouve également une situation analogue du poète dans le Débat de deux amans de Christine de Pizan. Pourtant, une opposition aussi constante de la Dame à l’Amant est remarquable parmi les textes de poésie lyrique où est mise en scène la « dame-sans-merci ».

Dans l’œuvre d’Alain Chartier, « tous les arguments de l’amoureux sont immédiatement réfutés » par la Dame. Du début jusqu’à la fin, la Dame se défie des paroles de l’Amant, sans jamais changer d’attitude.

La notion de défiance en moyen français (defiance, deffiance et desfiance) désigne à la fois le « défi » et la « défiance ». Le premier sens, « défi », implique l’« action de défier, de provoquer quelqu’un au combat, de déclarer la guerre à quelqu’un ». Le second sens est : « sentiment de celui qui n’a pas de confiance, manque de confiance, défiance »

Dans La Belle Dame sans mercy, l’Amant, à travers le terme deffiance, insiste sur le fait que les yeux de la Dame le provoquent à la guerre en lui envoyant un héraut représenté par le 'doux regard'. Ici, la deffiance prend le sens de « défi » (au combat) en ancien français

Au début du débat, les « belles paroles » sont l’objet de la défiance de la Dame. Le choix de l’adjectif beau pour qualifier les paroles de l’Amant suggère la futilité des paroles des amoureux

Dans la suite du poème, l’Amant remplace le beau parleur auquel la Dame faisait allusion par le jangleur, celui qui se plaint par calcul...

L’Amant souligne le contraste qui existe entre un tel jangleur – qui ne sait guère dissimuler sa faintise (faux-semblant) – et un homme réellement triste. Aussi justifie-t-il l’authenticité de ses propres paroles. La Dame renchérit sur ce motif, employant l’expression « cruel losengeur »

La faintise atténue la divergence entre deux adjectifs, « villain » et « courtoise », à savoir qu’elle dissimule un cœur vil par des paroles courtoises.

La faintise de la parole est donc un fondement de la défiance de la Dame envers les paroles de l’Amant.

La Dame déprise la souffrance d’amour dont l’Amant se plaint, en l’attribuant à une « plaisant folie »...

Enluminure du Roman de la Rose

Si la Dame adoucit son attitude, l’Amant la contredit en se comparant à des animaux de chasse apprivoisés.

En se défendant de la double accusation de faintise et de change, l’Amant synthétise ici l’objet de la défiance de la Dame.

Le refus de l’Amant de croire les propos de la Dame fait un parallélisme avec la défiance de la Dame. Une valeur de l’amour courtois, à savoir la « loyauté », fait l’objet de la foi de l’Amant. ( …)

La Dame reproche à l’Amant de ne pas s’en rapporter à elle...

De son côté, l’Amant n’accepte pas le conseil de la Dame de trouver ailleurs une dame « plus belle et jente », et n’ajoute pas non plus foi aux paroles de sa bien-aimée...

L’Amant prétend que la démonstration de sa loyauté peut dissiper le soupçon de la Dame. (…) En vain l’Amant essaie-t-il de convaincre la Dame...

La guerre verbale entre l’amoureux et son « amoureuse annemie » prend fin avec l’ultimatum de la Dame : « Une fois pour toutes croyez / Que vous demourrez escondit. » . Nous pouvons interpréter le terme croire comme signifiant « être persuadé » . Le verbe escondire signifie « refuser, repousser », en contexte amoureux.

Ici se déroule une guerre verbale, sous forme de débat entre deux combattants qui ne se font pas confiance et refusent jusqu’à la fin de reculer. Dans cette guerre verbale, bien différente de la bataille conforme au code chevaleresque, le fait de se rendre en demandant « merci » n’est pas accepté. Les requêtes formulées par l’Amant, aussi bien celles destinées à obtenir la « pitié » que la « grâce », sont repoussées par la dureté de la Dame... !

D’une part, la défiance de la dame sans merci porte entièrement sur la fausseté de la parole, faintise, énoncée par l’amoureux, ainsi que sur l’inconstance du cœur de ce dernier, le change.

Voir aussi: LE MYTHE DE LA '' LA BELLE DAME SANS MERCI ''

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Le Mythe de la '' La Belle dame sans merci ''

Publié le par Perceval

La belle dame sans merci de Dicksee

La belle dame sans merci de Dicksee

La Belle Dame Sans Merci est devenue un mythe depuis le Moyen Âge, en particulier depuis le poème d'Alain Chartier écrit en 1424, qui a été notamment repris par le poète John Keats. Les peintres, en particulier les Préraphaélites, se sont emparés de ce sujet avec délice, puisque les figures féminines fortes sont les sujets de presque toutes leurs oeuvres.

La Belle Dame Sans Merci ,Thomas Rhymer

« I saw pale kings and princes too,
Pale warriors, death-pale were they all;
They cried—‘La Belle Dame sans Merci
Thee hat
h in thrall » de John Keats

(Les rois, les princes, les guerriers, tous pâles comme la mort lui crient : la belle dame sans merci te tient en esclavage.)

La Belle Dame Sans Merci, by John William Waterhouse

Ici la Belle Dame est située dans le contexte de l'amour courtois médiéval... Dans l'idéal, l'amour courtois fait l'apologie d'un amour chaste que le chevalier doit gagner auprès de la dame de son cœur. Pour cela, il est prêt à affronter maintes épreuves, jusqu'à ce que la belle... cède.

La Belle Dame Sans Merci by Walter Crane

On retrouve évidemment ce thème dans la légende arthurienne, et les romans de chevalerie qui mette l'accent sur la conquête de la Dame, d'autres s'orientant plutôt vers un certain mysticisme (la quête du Graal et de la pureté). D'autres textes sont plus emprunts de folklorisme (les fées, lutins etc), ou de magie (fée Morgane, Merlin); au fur et à mesure la Belle Dame, celle pour qui se meurent d'amour les chevaliers, se transforme en une sorte de fée, qui vient toujours à la rencontre du cavalier errant, comme le ferait une Viviane ou Morgane.

Ainsi, cet homme plein de bravoure, découvre cette étrange femme dans des endroits toujours inappropriés - dans les bois, près de ruines, dans un château - et toujours au début ou à la fin d'une aventure...

Arthur Hugues (1901)

Le chevalier rencontre toujours la fée dans les bois, passage d'ombre et des désirs refoulés par excellence.

Robert Anning Bell (1855)

 

Mais cette fée est "sans merci", repoussant sans cesse les avances du prétendant. On peut donc comprendre, au sens figuré, que lorsqu'il arrive dans les bois, atteignant alors presque son but, la Dame le repousse une dernière fois, l'assassinant par le même coup.

 

L'amour peut être meurtrier, et l'espoir, une fois vaincu, vient à bout de tous les héros. Il s'agit d'un retournement total de la matière courtoise. L'homme ne triomphe plus, il courbe l'échine devant le pouvoir féminin. 

Il s'agit d'un grand fantasme masculin. Les Salomé, Judith, Lilith et autres femmes castratrices ont toujours été à la fois attirantes et monstrueuses pour nombres d'artistes.

 

La Belle Dame Sans Merci by Frank Cadogan Cowper

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Jules de Gaultier – le Bovarysme.

Publié le par Perceval

En particulier au Mercure, les préoccupations et les discussions tournent beaucoup autour des relations entre les hommes et et les femmes … A ce propos, une figure de femme entretient de longues discussions, celle d'Emma Bovary... !

 

Madame Bovary est parue pour la première fois, en 1856, dans La Revue de Paris.

Nous dirions que c'est une histoire banale... et précisément, fait scandale à cause de sa banalité même : deux adultères et un suicide. Un fait divers, marqué par son époque.. Une femme insatisfaite, qui, après avoir cherché des sensations intenses dans la littérature, les images de la religion et la relation amoureuse, n’échappe à son milieu que par la mort. Ce portrait fait par Flaubert (1821-1880) semble si juste, réaliste ; qu'est adopté un néologisme basé sur ce personnage : « le bovarisme » ou « bovarysme »... Ce terme est employé une première fois en 1880 dans le Siècle pour qualifier la ''maladie'' ( Flaubert était médecin) dont souffre Emma...

Jules de Gaultier (1858-1942) - (Paris, entre 1901 et 1905)

L'homme qui entretient Anne-Laure de Sallembier, de ce sujet est Jules de Gaultier (1858-1942), que nous avons déjà évoqué...

Jules – homme élégant, à l'attitude noble - est un simple receveur des finances, qui va faire de la philosophie et publier dans les revues les plus prestigieuses… Il connaît bien la Normandie, qu'il apprécie ( Anne-Laure y est bien-sûr attachée …) ; à Paris, dit-il, il est comme « dans une chambre sans fenêtre » ...

Il soutient que le bovarysme, qui toucherait beaucoup de femmes, serait d'être amoureuse de l'amour, au lieu d'être amoureuse d'un homme ( bien réel...)... Comme Don Quichotte ( pour l'homme...), Emma Bovary mélange la vie, et ses illusions ; et ils ne peuvent pas supporter la réalité...

- Il s'agit donc d'une maladie... ?

- Non …. C'est un état de fait … !

- Vous exagérez...

- Pensez-vous que chacun d'entre nous puissions avoir la connaissance effective de la réalité … ? Le premier pas – disons créateur - de l'homme, c'est de distinguer le moi du monde extérieur … Il voit la diversité du monde, il distingue des ''phénomènes''...

- Il se fait une idée du monde qui l'entoure ….

- Oui, mais attention... Ce monde n'est pas figé. Il évolue...

- Mais, ce qui se montre à nous, peut nous mentir ! ?

- Oui... et de plus, notre perception aussi … Le tout repose nécessairement sur une illusion... !

- Alors... Comment accéder à la Vérité … ?

- « Croire ! Contempler ! ce double vœu a hanté de tout temps les cervelles philosophiques ; il a partagé le monde des philosophes en deux types rivaux et ennemis : le sacerdote et l’artiste. »

En fait, Jules de Gaultier pense « que toute vérité, qu’elle soit morale ou scientifique, n’est jamais vraie en soi, mais qu’elle ne l’est qu’en fonction de son utilité présente ou passée. »

Jules de Gaultier se rattache à à Schopenhauer, par son éducation philosophique...

« Le monde est un spectacle à regarder et non un problème à résoudre » dit-il.

Anne-Laure de Sallembier, découvre Nietzsche, grâce à Gaultier qui tient la chronique philosophique du Mercure... Il ne réside pas à Paris, mais Anne-Laure le voit régulièrement lors de ces passages. Élégant, physique d'officier de cavalerie, il parle posément en bon professeur. Il semble ne parler que de ''bovarysme'' ; il en a fait la clé de voûte de sa philosophie. C'est une manière de parler de la limite de la Connaissance ; et concerne l'humain en général... « toute réalité qui se connaît elle-même, se connaît autre qu’elle n’est. Ainsi s’énonce, resserrée en la forme d’un aphorisme, la notion du Bovarysme ».

Ce que nous appelons connaissance est en fait une création de notre part. La réalité phénoménale est autre qu'elle n'est ! Notre perception repose sur une illusion... Il ne resta au philosophe que de croire ou contempler...

Proche de Nietzsche, Gaultier reste fondamentalement persuadé que toute vérité, qu’elle soit morale ou scientifique, n’est jamais vraie en soi, mais qu’elle ne l’est qu’en fonction de son utilité présente ou passée.

Le « rationalisme » lui apparaît comme étant « une confusion des catégories de l’intelligence et de la croyance ».

Seuls les artistes ne sont pas dupes des illusions qu'ils créent. L'art est essentiel, c’est un des moyens que la vie choisit pour manifester « qu’elle veut aussi prendre conscience d’elle-même ». C'est ce que Gaultier appelle : la « justification esthétique de l'existence ». Le philosophe-artiste est critique du monde, même s'il reste sensible aux idées du temps...

 

Le philosophe tente de comprendre le mécanisme des actions humaines et de chercher quel peut bien être leur but, et si elles en ont un, ou si la vie n'est pas autre chose qu'un ensemble de gestes évoluant parmi les ténèbres du hasard.

La philosophie rejoint les mythes qui ré-enchantent la banalité du quotidien, non que ce quotidien soit banal, mais parce qu'ils en traitent avec génie ( analogue à un sujet traité avec art, ou sans art …) Schopenhauer dit, comme Shakespeare... Frédéric Nietzsche, est en même temps un grand poète et un grand philosophe.

Je peux imaginer comment ce discours a pu émouvoir Anne-Laure ; elle, qui tentait de comprendre comment l'histoire du Graal, de Perceval, des chevaliers de la Table Ronde, et des femmes-fées, pouvaient encore parler à des hommes et femmes de raison en ce début du siècle … !

 

La question posée par ''le bovarysme'', est qu'il peut se développe dans un sens absolument opposé à la personnalité réelle de l'individu. On parle alors de maladie, s'il s'agit de fausse passion, fausse vocation. Le ''non-vrai'' devient une condition de l'existence ; jusqu'au moment où le rêve se brise au contact de la réalité... Par exemple, quand Emma imite la signature de son mari sur les billets qu'elle a souscrits, malheureusement, son imagination ne change pas la loi du monde. Les effets souscrits sont représentés à leur échéance. Impayés, ils sont protestés. Emma, plutôt que d'avouer, choisit la mort.

 

Pour Gaultier, encore, l''instinct de vie'' pousse l'individu à créer de l'illusion pour vivre ( idoles …) ; à l'opposé'' l'instinct de connaissance'' en doute et démystifie...

Baudelaire disait : « … Je sortirai quant à moi satisfait d'un monde où l'action n'est pas la sœur du rêve. » ( Reniement de saint Pierre, des Fleurs du Mal )

 

Nietzsche affirme que le mythe est d'une manière générale « le lit de paresse de la pensée » … Et donc, s'il s'agit de nourrir sa pensée par les mythes, il faut ne pas s'y laisser enfermer, telle une croyance ; mais s'y laisser inspirer, interroger... Le mythe a cette faculté de proposer une multiplicité de sens …

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1900 – L'occultisme et la théosophie

Publié le par Perceval

Helena_Blavatsky

Revenons à la Théosophie, à ne pas lier forcément à la Société théosophique, fondée elle, en 1875, lors de la fondation en Amérique de la Société théosophique par Helena Petrovna Blavatsky et le colonel Olcott. Nous y reviendrons....

 

Le principe de la Théosophie chrétienne, pourrait remonter à Jacob Boehme ( allemand, XVIIe siècle)...

Mais ce que, Anne-Laure de Sallembier, en ces années 1900, retient : c'est l'enseignement d'une expérience de Dieu, intuitive, analogique ( le jeu des correspondances ) et symbolique. La théosophie aide à répondre aux questions existentielles ( pourquoi le monde, le mal, la mort … ?). L'idée de Nature, englobe le divin, l'humanité et l'univers... Tout le visible est le miroir de l'invisible, il peut être compris et vécu comme une expérience mystique...

L'aspect mythique de la révélation chrétienne est privilégié ; et les aspects dogmatique et clérical de la religion sont rejetés... L'aller-retour entre la raison, et l'expérience personnelle est privilégié. La science est valorisée, mais reste insuffisante pour modéliser la réalité...

Annie Besant

 

Pour ce qui est de la Société théosophique, la successeure de Mme Blavatski, Annie Besant (1847-1933), est une authentique militante socialiste féministe. Elle va tenter de promouvoir, dans l’esprit prophétique du début du siècle, un nouveau Messie instructeur de l’humanité... Ce rôle fut confié à un jeune Indien Jiddu Krishnamurti (1896-1986) qui rejeta finalement cette lourde charge comme l’avait fait Claire Bazard choisie par les saint-simoniens comme Femme-Messie en 1832.

 

En Allemagne, Franz Hartmann (1838-1912),un médecin allemand, franc-maçon, théosophe, martiniste, occultiste, géomancien, astrologue et auteur d'ouvrages ésotériques ; fonde une société théosophique allemande, et en 1906, est membre fondateur, de l'Ordo Templi Orientis (O.T.O.).

Rudolf Steiner-Berlin-1900

En France, c'est Lady Caithness (1830-1895), amie de H.P. Blavatski ( qui était plutôt ouverte aux spiritualités orientales), qui prend la tête d’une théosophie chrétienne, et donc scissionnaire, en profitant du passage par son salon de la quasi-totalité du monde occultiste parisien. La question du christianisme provoquera également la rupture de Rudolph Steiner (1861-1925) dans le monde germanophone à la veille de la guerre, soucieux d’intégrer l’acquis traditionnel occidental dans sa démarche d’acculturation de l’ésotérisme au monde moderne.

Même problématique :

Joséphin Péladan (1858-1918) affirme rester catholique, et s'oppose à Stanislas de Guaita (1861-1897 à 36ans) chrétien, mais à l'esprit éclectique ( christianisme, bouddhisme, spiritisme …) Tous deux avaient fondé l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, dont fit aussitôt partie Papus ( passé pat la Théosophie) … Tous les jeudis soirs, les ''gnostiques'' se réunissent avenue Trudaine chez Stanislas de Guaïta. En collaboration avec son secrétaire et ami Oswald Wirth, Stanislas de Guaita réalise un Tarot...

René Guénon - le premier, au second rang en partant de la gauche, portant un sautoir maçonnique, à sa gauche, Amélie Gédalge (1865-1931) de la Maçonnerie mixte du « Droit humain » et à la gauche de celle-ci, Marie Martin (1848-1914), l’épouse du Dr Georges Martin, le fondateur du « Droit Humain. » À l’autre extrémité du second rang, en noir, Victor Blanchard (1877-1953). Au premier rang, en partant de la gauche : Albert Jounet (1863-1923), Theodor Reuss (Peregrinus) (1879-1923), Dr Gérard Encausse (Papus ; 1865-1916) et Charles Détré (Téder) (1855-1918). Debout, l’orateur est Georges Descormier (Phaneg) (1866-1945) et à sa gauche se trouve le Dr Fernand Rozier (1839-1922). (Le Monde illustré, juin 1908)

Gérard Encausse, dit Papus, (1866-1916) est l'un des grands animateurs de la vie occultiste parisienne pendant la Belle Epoque. Papus avait fait des études de médecine et comptait nombre de médecins dans ses proches amis et disciples. il décédera en 1916, ''victime d'un envoûtement''... ou d'une tuberculose … Les amis de Papus se réunissaient au siège de la Librairie du Merveilleux, 29 rue de Trévise.

En 1909, la '' Librairie du Merveilleux'' est au 76, rue de Rennes, à Paris, et elle est tenue par Pierre Dujols (1862-1926) et sa conjointe Mademoiselle Charton ( bretonne, née en 1868) , devenue son épouse en 1887... Elle aime à faire sa prière le soir en regardant le coucher du soleil. Elle est décrite par Mme Dubois comme ayant des dons de clairvoyance, faisant des rêves prémonitoires, lisant les lignes de la main et dans les cartes.

Ici, Anne-Laure de Sallembier, a pu croiser: Joris-Karl Huysmans, l'abbé Mugnier, l'artisan de la conversion de J. K. Huysmans, la cantatrice Emma Calvé, Paul Sédir, Paul Adam, Victor-Emile Michelet, Stanislas de Guaïta, Josephin Péladan, Charles Maurras, Villiers de l'Isle-Adam, Maurice Barrès, Catulle Mendès ( l'ex-mari de Judith Gautier) , Augusta Holmès ( maîtresse et compagne de Catulle M.), Victorien Sardou, et même le sceptique Anatole France... Et aussi, anecdotiquement, Mademoiselle Sarah Bernhardt...

Beaucoup de ces personnes, peuvent aussi se retrouver à ''La librairie de l'Art indépendant'', d'Edouard Bailly... Haut lieu de l'ésotérisme parisien...

Même si, Huysmans et Jules Bois vont s’opposer fermement à Papus et à Guaïta.

Emma Calvé

Judith Gautier, regrette et s'écarte des excès de Péladan, Guaïta, Papus, Paul Adam, Léon Bloy, Jules Bois, Huysmans, l'abbé Boullanet quelques autres, luttant à grand renfort d'anathèmes, de maléfices fluidiques, envoûtements, exorcismes, jusqu'au duel à l'épée ou au pistolet … !

Parmi les femmes plus rares dans ce monde d'hommes ; on remarque :

Emma Calvé, cantatrice, maîtresse de Jules Bois qui fut le grand ami de Maurice Leblanc. Emma Calvé était la meilleure amie de Georgette Leblanc...

''On'' dit, comme la légende ..., qu'elle aurait été en relation avec le fameux abbé Saunière, curé de Rennes-le-Château qui dépensa une fortune, d'origine inconnue...

 

G Leblanc et Maurice MAETERLINCK 1909
Augusta Holmès

 

 

 

 

 

Augusta Holmès (1847-1903), égérie et véritable compagne de Catulle Mendès, est compositrice.

Vers 1869 elle devient la compagne de Catulle Mendès (1841-1919), écrivain prolifique très en vogue, directeur de journaux littéraires, actif dans le mouvement poétique dit du «Parnasse». Catule Mendès est marié avec Judith Gautier (la fille du poète Théophile Gautier) depuis 1866... Raphaël, le premier enfant d'Augusta Holmès et de Catulle Mendès naît en mai 1870.

Augusta Holmès dans son salon, 52 rue de Rome.

Elle gagne les milieux parisiens vers 1870, se distingue par la ferveur qu'elle porte à la musique de Wagner, fait une forte impression et devient rapidement une célébrité. Pougin la décrit comme une jeune femme d'une beauté rayonnante, à l'opulente chevelure blonde, au regard clair, perçant et assuré, à l'allure fière et décidée. Elle fera l'admiration de Liszt, Wagner, Gounod et de Saint-Saëns dont elle repousse une demande en mariage tout en liant avec lui une amitié durable.

En 1899, elle prend le parti réactionnaire de Déroulèdes et prend cause pour les «anti-dreyfusards».

Son salon est témoin d'étonnantes expériences occultes: racontées dans ''L'au-delà et les forces inconnues'' de Jules Bois... Enfin, elle se convertit au catholicisme et prend pour prénom Patricia.

Sources : de Agnès de Noblet : ''UN UNIVERS D'ARTISTES Autour de Théophile et de Judith Gautier'' - dictionnaire – L'Harmattan 2003

Laure de Sallembier, par l’influence de Rudolf Steiner , s'est démarquée de « l'occultisme non scientifique » ; et garde du mot ''occulte'' un synonyme à ''initiatique''. Pour elle l'anthroposophie est une connaissance spirituelle de l’Évolution, qui relie l'être humain aux autres êtres vivants...

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Voyage en Allemagne – Ansbach et Eschenbach -

Publié le par Perceval

Il semble que ce soit, en 1906, à Bayreuth, précisément, qu'Anne-Laure rencontra Rudolf Steiner  (1861-1925), venu lui aussi pour le Parsifal... C'est lui, semble t-il, qui lui apprend que le village dont est originaire Wolfram von Eschenbach : Obereschenbach ( en 1917 son nom changera en ''Wolframs-Eschenbach'') est proche de Nürnberg ... Il lui annonce aussi le plus sérieusement du monde qu'il pense connaître le lieu où – pour Wolfram - se tenait Montsalvage; il suffirait de lire attentivement le Parzival d'Eschenbach … !

Comme Anne-Laure, je suis allé à 'Wolframs-Eschenbach' ; auparavant le trajet nous conduit à Ansbach : une ancienne résidence des Margraves de Brandenburg-Ansbach, une famille noble de Hohenzollern qui a essentiellement marqué la ville.

Charles-Alexandre (1736-1806) est le dernier margrave de Brandebourg-Ansbach (1757-1791), ainsi que le dernier margrave de Brandebourg-Bayreuth (1769-1791). Libertin, il vend son margraviat à la Prusse en 1791 contre une rente annuelle ; il se remarie avec la 'scandaleuse', voyageuse et féministe Elisabeth Craven (1750-1828)... A Ansbach, Elisabeth – écrivaine reconnue par ailleurs – forme une troupe de théâtre et accueille et soutient Maria Theresia Ahlefeldt, une compositrice …

Elizabeth Craven a été mariée à seize ans, a eu sept enfants, issue de la haute société, a parcouru une douzaine de pays et a souvent franchi les limites imposées alors au comportement féminin... Les familles Austen et Craven étaient très proches... Les spécialistes de Jane Austen, ont reconnu dans ses romans une influence de lady Craven …

Revenons à Ansbach, où on peut voir aujourd'hui l'imposant palais 'Residenz Ansbach', avec son orangerie et ses jardins... L'attention du visiteur est orientée vers  Kaspar Hauser qui le 14 décembre 1833, fut mortellement blessé dans ce jardin... Kaspar Hauser (1812 (?)-1833) était un jeune Allemand - à l'identité inconnue, apparu le 26 mai 1828, dans une rue de Nuremberg  - qui affirmait avoir grandi dans l'isolement total d'une sombre cellule.

Voyage en Allemagne – Ansbach et Eschenbach -
Voyage en Allemagne – Ansbach et Eschenbach -
Voyage en Allemagne – Ansbach et Eschenbach -
Voyage en Allemagne – Ansbach et Eschenbach -

A Ansbach, deux églises sont côte à côte... St. Johannis, et surtout St. Gumbertus à l’origine l’église d’un monastère fondé par Saint-Gumbert vers 750. La choeur fut transformée au XVIe siècle en une chapelle ''Schwanenritterkapelle'' (chapelle des Chevaliers du Cygne)... En effet, cette chapelle fut offerte par le margrave Albrecht Achilles à l'ordre des membres de l' ordre des cygnes . On y voit les épitaphes des chevaliers, avec leurs blasons, et certains sont représentés en armure...

 George, margrave de Brandebourg-Ansbach , a suivi la Réforme en 1528... La nef a été transformée en une salle de prédication dans une palette restreinte de gris et de crème, construite pour répondre à la concentration luthérienne sur la prédication, sans les ornements des autels latéraux...

 

L' Ordre des Chevaliers de Notre-Dame du cygne, ou Ordre du Cygne ( Schwanenritterorden), est le plus ancien ordre de chevaliers de la Prusse. Créé le 29 septembre 1440, par l'électeur Friedrich II de Brandebourg, il devait donner à la noblesse des objectifs politiques et sociaux communs sous la direction des Hohenzollern. 

Le siège de la branche franconienne était la chapelle George de la collégiale Saint-Gumbertus à Ansbach, qui n’est qu’à environ 20 kilomètres d’Eschenbach, du nom de son habitant le plus célèbre, Wolfram... La Réforme vit l'annulation de l'ordre... Le 24 décembre 1843, le roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse tente de rétablir l'Ordre du cygne en tant qu'organisation multiconfessionnelle et humanitaire, et ouvert aux hommes et aux femmes...

 

Anne-laure de Sallembier continue son pèlerinage, cet ordre du cygne, résonne en harmonie avec ses propres recherches... Je disais, ici même, qu'un ami de son grand-père Charles-Louis : Edgar Quinet ( l'historien …) et sa femme Minna, lui avaient parlé de cette région dont elle était originaire … C.-L. de Chateauneuf, eut également la chance de rencontrer – en visite à Paris - Friedrich de la Motte Fouqué (1777-1843), qui se passionne pour l'épopée du Graal, et en écrit une épopée qu'il nomme '' Der Parcival''... En 1841, Friedrich se rend à Berlin à la demande du roi de Prusse; qui est très interessé par sa version de l' ''épopée du Graal''... Cependant, la Motte Fouqué ne publie pas l'ouvrage... Il meurt le 23 janvier 1843... Après la mort de Fouqué, le roi fidèle à une promesse réhabilite en 1843 l'ordre des chevaliers du Cygne , en la ville d'Ansbach, dont le plus célèbre chevalier est Lohengrin ... En 1845, Wagner commence la conception de son opéra Lohengrin, créé en 1850. Et, en 1877, Richard Wagner entreprend enfin de composer son "Parsifal". C'est sa dernière oeuvre, il meurt en 1883.

Hommage à Eschenbach, dans son village
Hommage à Eschenbach, dans son village
Hommage à Eschenbach, dans son village

Hommage à Eschenbach, dans son village

Tout naturellement, Anne-Laure de Sallembier, n'a qu'à parcourir une dizaine de kilomètres, pour commémorer Wolfram von Eschenbach. Ce chevalier-poète franconien est né autour de 1170 dans le village d’Eschenbach, près d'Ansbach donc, en Bavière et mort autour de 1220.

Wolfram Eschenbach Ritter ( Armoiries)

Il séjourne dans une seigneurie, à Wildenberg,  dans l’Odenwald, petit massif montagneux à l`est du Rhin. Au début du XIIIè siècle, sa présence est signalée à la Wartburg, la Cour du Landgrave Hermann 1er ( 1190-1217), landgrave de Thuringe et conte palatin de saxe. C’est là que vraisemblablement il  écrit une grande partie de son Parzival. Il est également l’auteur d’un Titurel et d’un autre roman intitulé Wilhelm dont le héros est Guillaume d’Orange.

Poète, chevalier et féru d'astrologie et d'alchimie, mais peu fortuné . Comme Minnesänger (équivalent germanique de trouvère), il est considéré comme le ''champion'' de poésie lyrique, lors de la bataille de la Wartbourg (  Wagner a mis en scène cet épisode dans son opéra Tannhäuser. ) ....

Eschenbach connaît bien la légende de Lohengrin, le Chevalier du Cygne... A lire ICI

 

Wolfram von Eschenbach s'inspire assez précisément du Conte du Graal de Chrétien de Troyes ; il ajoute l'histoire des aventures orientales du père du héros, Gahmuret... Le Graal est une pierre, le  ''lapsît exillis'', gardé par des Templiers...

«  C'est une œuvre conquérente qui sort de la plume de Wolfram ; elle dépasse l'ambiguité de Chrétien de Troyes. En fait, Parzifal inaugure, en milieu germanique, un puissant courant ésotérique, politique et philosophique qui marquera durablement l'ensemble de la tradition européenne. En ce sens, il semble bien y avoir un graal français et un graal allemand qui n'appellent pas les mêmes enjeux culturels. Au terme d'une longue évolution, le pangermanisme du XIXe siècle explorera le mythe dans des recoins ignorés des auteurs français et lui donnera un retentissement exceptionnel. Le texte de Wolfram servira de support à bien des rêves hermétistes ou occultistes jusqu'au XXe siècle. » Philippe Walter

Aujourd'hui, la ville de Wolframs Eschenbach offre au visiteurs un musée ( Attention: il faut être germaniste, sinon c'est incompréhensible ...! et pas d'audio-guide en français ...) en 10 salles... Un jeu de piste littéraire, assez mystérieux; à l'aide de moyens picturaux, de couleurs et de formes inhabituelles, d'un éclairage sophistiqué et de textes sélectionnés... On passe de la légende arthurienne, à la généalogie de Parzival ( complexe mais nécessaire...). Une salle vous plonge dans le monde du Graal: sombre et mystérieux, il est le monde de la douleur, de la culpabilité et de la mort. En quoi Parzival est-il coupable? C'est aussi le monde du malheur amoureux. C'est le monde de sa mère.

Après la salle dédiée à Titurel; celle de la nuit et de l'amour, du jour et de la séparation: la salle du Secret qui ne peut se révéler... La salle des chevaliers avce leur boucliers, leurs armes ... est celle de la souffrance et de la mort. Jusqu'à la tombe de Wolfram...!

Fin du voyage.

Le musée: W. von Eschenbach
Le musée: W. von Eschenbach
Le musée: W. von Eschenbach
Le musée: W. von Eschenbach
Le musée: W. von Eschenbach
Le musée: W. von Eschenbach

Le musée: W. von Eschenbach

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