Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #contes mythes legendes tag

Le roi Arthur et les géants. -2/2-

Publié le par Perceval

Les romans arthuriens perpétuent le temps mythique d’une terre de Petite et Grande Bretagne couverte d’épaisses et sombres forêts où rôdent fauves, dragons et géants un monde sauvage, terrifiant, qu’il faut traverse
Les romans arthuriens perpétuent le temps mythique d’une terre de Petite et Grande Bretagne couverte d’épaisses et sombres forêts où rôdent fauves, dragons et géants  un monde sauvage, terrifiant, qu’il faut traverser...

Le roi Arthur est forcé de vaincre des géants à plusieurs reprises : il doit terrasser Dinabuc, le géant du Mont-Saint-Michel, Rhitta, voleur de couronnes et coupeur de barbes, et même le Chapalu, chat géant du Lac de Lausanne… Plusieurs mythologies assurent que les premières races à peupler la terre étaient des races de géants…

* Dans Le conte du Graal, un autre géant, le roi des Isles, mène ses troupes à l'assaut du roi de Carmélide dans l'espoir d'enlever et posséder Guenièvre. Une variante de ce motif se trouve dans le roman de Tristan : le héros défie et tue le Morholt, géant qui exige un tribut annuel de jeunes gens à la cour du roi Marc. Les romans arthuriens gardent le souvenir de ces êtres monstrueux qui imposent leur volonté aux humains : Yvain dans Le Chevalier au Lion affronte Harpin de la Montagne, abominable créature, qui a pris les six fils d'un chevalier et veut s'emparer de sa fille pour en faire son plaisir. Il combat aussi les deux fils de netuns, géants proches de l'animalité. D'autres personnages sont des avatars de ces êtres menaçants : Méléagant qui règne sur le royaume de Gorre dans Le Chevalier de la Charrette ou Esclados le Roux qui garde la fontaine magique dans Le Chevalier au Lion.

Chevalier dragon dame
Le chevalier terrasse le Dragon, et libère la Dame.

Les êtres surnaturels ou les merveilles se manifestent le plus souvent lorsque le chevalier s'est éloigné de la cour. Aux confins du royaume s'étendent des régions non civilisées, forêts ou landes, d'où surgissent des personnages qui semblent appartenir à un autre monde : des nains comme celui qui conduit la charrette d'infamie sur laquelle monte Lancelot et qui semble en relation avec le monde des morts ou bien comme le nain d'Yder qui insulte une suivante de la reine et Erec lui-même.

Sources : Bnf

** Dans l’Histoire des rois de Grande-Bretagne de Geoffrey de Monmouth (12ème s.), on trouve aussi l'histoire de Stonehenge, construit par des géants, et qui implique Merlin. stonehenge-7Après avoir vaincu les Saxons, le Roi britannique, Aurelius Ambrosius ( nous sommes autour de 460 ) décide d’ériger un monument en l’honneur des quatre cent soixante nobles britanniques qui ont été massacrés traîtreusement par les Saxons à l’Abbaye d’Amesbury. Il fait appel à Merlin qui demande qu’on aille « Chercher le Ballet des Géants ». C’est un anneau de pierres dont on disait qu’elles avaient été transportées d’Afrique en Irlande par les géants. Le frère du Roi, Uther Pendragon, partit pour l’Irlande avec quinze mille hommes. Ils atteignent le Mont Kilaraus, où le Ballet des Géants se tinet mais malgré tous leurs efforts, il ne peuvent démonter les pierres. Merlin voit ceci et rit, il se sert de ses pouvoirs magiques pour démanteler les pierres lui-même et les amener ici. Puis il les érigent exactement de la même façon dont elles se tenaient en Irlande. Il est dit que le roi Aurelius et Uther Pendragon ont tous deux été enterrés ici à Stonehenge. Uther Pendragon est le père Roi Arthur...

*** Gargantua ( gawr en breton, signifie géant) est emprunté par Rabelais (1483-1553), à des contes de la tradition. GargantuaOn raconte que Merlin, créa Gargamelle, la mère de Gargantua, avec du sang de Lancelot et quelques livres de rognures d’ongles de Guenièvre. Ainsi, Hok-Bras qui avait reçu de sa marraine fée le pouvoir de grandir à volonté, fait partie des montres les plus connus. Il creusa le trou du diable au Huelgoat, il attrapa la lune entre ses dents et créa la rade de Brest…

Dans le Finistère encore, l’horrifique géant Goulaffre a laissé quelques contes qui finissent bien mal pour lui. L’origine des gorges du Gorong ? Le géant Boudédé aurait jeté dans un ruisseau situé près de la forêt de Duault des cailloux qui encombraient son soulier.

La légende veut que Gargantua, bon géant célébré par Rabelais, se soit offusqué de la pauvre bouillie, maigre repas que lui avaient offert les habitants de Huelgoat (la «haute forêt», Uhel Koad en breton). Depuis la côte du Léon (nord du Finistère), il se vengea en lançant sur eux d'énormes galets polis par la mer.

Voir les commentaires

Le roi Arthur et les géants. -1/2-

Publié le par Perceval

la fôret

La forêt est un monde sans loi, peuplé d'êtres malfaisants : si les monstres, dragons ou géants sont des adversaires sans équivoque, parfois ce sont des fées qui, sous les traits de demoiselles en détresse, éprouvent les chevaliers. Car entrer dans la forêt, c'est pénétrer dans un monde où les forces du mal sont à l'action : le chevalier y fait dans la solitude l'épreuve de sa propre valeur. Une fois qu'il aura triomphé, il pourra revenir dans le monde des hommes et prendre place dans la société courtoise dont il aura contribué par sa prouesse à affirmer la dignité.

Le rôle d'un prince, et d'un héros, est de débarrasser son pays des créatures souvent surnaturelles qui le menacent.

Les géants sont dans cette perspective l'ennemi désigné du Roi Arthur dès son avènement.

Avant lui, Brutus dut massacrer les géants qui peuplaient le pays pour s'installer sur la terre d'Albion... Le royaume arthurien est souvent ainsi désigné par le nom de Logres "qui fut jadis la terre aux ogres".

Arthur est souvent présenté comme le vainqueur d'un géant outrecuidant qui ose le défier et remettre en question son droit au trône. La forme la plus classique de cet adversaire récurrent est celle du « géant aux barbes », qui porte un manteau composé des barbes arrachées aux rois qu'il a vaincus.

Arthur relève le défi du géant, et se bat contre lui en combat singulier. Il remporte une éclatante victoire qui confirme son droit à régner.bomarzo

Un géant se présente également sous les traits du roi Rion des îles, dont le nom signale l'étrangeté radicale et qui mène ses troupes de géants à l'assaut du roi de Carmélide, dans l'intention plus ou moins nette d'épouser Guenièvre.

Le géant avec l'outrecuidance se caractérise par la luxure. Il symbolise la brutalité des instincts animaux qui s'efforcent de renverser la « civilisation », et son comportement vis à vis des femmes va à l'encontre du système « courtois » dont Arthur et ses chevaliers sont les agents. Le plus bel exemple de cette transgression est l'aventure du « Géant du Mont Saint-Michel ».

sanglier_parc 2Ce sont dans les récits anciens ( archaïques) qui insistent le plus de la dimension de tueur de monstres, comme le montrent par exemple, les Mabinogion ( Contes gallois), de Kulwch et Olwen, dans lequel Arthur est le seul capable de venir à bout du sanglier magique Twrch Twryth, mais aussi de mettre un terme à la carrière de l'une des sorcières-guerrières qui abondent dans les textes celtiques.

Sources : La légende du roi Arthur de Anne Berthelot.

 

Voir les commentaires

La belle dame, avec Chrétien de Troyes

Publié le par Perceval

La Beauté dans la légende Arthurienne: La beauté de la femme.

Au Moyen-âge, l'idée est que le corps féminin est semblable à celui des hommes, mais les organes sexuels inversés. On perçoit ainsi que la structure de la femme se tient de l’intérieur alors que celle de l’homme vers l’extérieur . En plus du corps des femmes qui est mal compris, leurs images le sont aussi. La beauté féminine au Moyen Âge est prise entre l'image d’Ève ( tentatrice, péché ) et la vision de Marie ( rédemption : beauté sacrée ).

bb2

Heures à l'usage de Rome de Marguerite de Coëtivy. Femme de François de Pons, comte de Montfort. Bethsabée au bain 1490-1500

Sont valorisés : - La chevelure qui doit être blonde. Un large front : les femmes se tireront abusivement les cheveux par en arrière pour répondre à cette norme de beauté. Le front dégarnit, ce sont les sourcils, préférablement bruns qui embellissent la région du haut du visage. Les auteurs qui décrivent les yeux mettent l’accent sur l’éclat et l’intensité qu’ils doivent projetés. Le nez ne doit être ni trop gros, ni trop petit, comme il est décrit par François Villon « beau nez droit grand ni petit». Les seins doivent être durs et placés haut, suivi de bras longs et d’une taille mince. Un autre critère est aussi très important et c’est la couleur de la peau. Effectivement, les femmes doivent avoir une peau blanche, on dit même que « tout ce qui n’est pas recouvert par les vêtements frappe par sa blancheur». La seule partie du corps qui peut se permettre de la couleur, c’est la bouche qui doit être douche, fraîche et rosée ( voire rouge). Les auteurs du Moyen Âge mettent aussi l’emphase sur la jeunesse du corps. Effectivement, après l’âge de 25 ans, les femmes entreraient dans une période de «désert de l’amour» et ensuite elles deviendraient vieilles.

Yseult détail

Détail: Yseult par Edmund Blair Leighton (1902)

L’héroïne, de Chrétien de Troyes, pourrait répondre aux critères suivants : Le poète décrit d'abord les cheveux "de fin or [d'or fin], sor [brillant] et luisant" ; le front "clerc, haut, blanc et plain [lisse]" ; les sourcils "bien fais et large entrueil [bien dessinés et espacés comme il convient]" ; les yeux "vair [brillant, vif], riant, cler et fendu [bien dessiné]" ; le nez "droit et estendu [fin]"...

La figure d'Iseult la blonde peut représenter le personnage féminin à sublimer :  « En vérité, je vous assure que la chevelure, si dorée et si fine d'Iseut la blonde ne fut rien en comparaison de la sienne (celle d'Enide). » Erec et Enide, (v.424-426) L'évocation du corps vient parachever ce tableau qui donne à voir la disposition harmonieuse des traits :  Il l'admire de haut en bas jusqu'aux hanches : son menton, sa gorge blanche, ses flans et côtés, ses bras et ses mains. (Erec et Enide, v. 1483-1485)

medieval

L'évocation du corps est savamment dosée : Elle ne possédait aucune autre robe et sa tunique était si vieille qu'elle était percée aux coudes Si ses vêtements étaient bien pauvres par contre son corps en dessous était très beau Erec et Enide, (v. 406-410) Car le portrait de la gente dame doit s'attarder sur son visage, il doit en effet débuter par la "lumineuse" chevelure pour décrire minutieusement, trait par trait, le front, les yeux, le nez, la bouche et le menton.

15e s.

Toutes les héroïnes obéissent à ce stéréotype : Nicolette (blonde elle aussi) ressemble à Enide, double magnifié d'Iseult.  Or se chante. (C'est par cette formule que commencent tous les couplets en vers de la Chante-fable) Que la lune trait a soi. Nicolete est avuec toi, Ma petite amie aux cheveux blonds Je cuit Dieus la vout avoir Pour que la lumière du soir par elle soit plus belle Aucassin et Nicolete

A l'inverse, le portrait de la fée, personnage merveilleux par excellence, débute par le corps afin d'en révéler toute la sensualité :  " La dame était vêtue d'une chemise blanche et d'une tunique à manches (portée selon la coutume par dessus la chemise) lacées des deux côtés pour laisser apparaître ses flancs son corps était harmonieux, ses hanches bien dessinées son cou plus blanc que la neige sur la branche ; ses yeux brillaient dans son visage clair où se détachaient sa belle bouche, son nez parfait, ses sourcils bruns, son beau front, ses cheveux bouclés et très blonds : un fil d'or a moins d'éclat que ses cheveux à la lumière du jour."   Marie de France, Lai de Lanval, (565-576).

Galahad Leaving Blanchefleur by Edwin Austin Abbey
Blanchefleur,  by Edwin Austin Abbey

Dans l'extrait qui suit, où il est question de Blanchefleur, si le poète s'écarte quelque peu de la rhétorique, il n'en demeure pas moins un exemple dans lequel on trouve toutes les composantes d'une beauté canonique :  " ses cheveux étaient tels, chose incroyable Qu'on aurait dit qu'ils étaient faits d'or fin, Tant leur blondeur était éclatante. Elle avait le front haut, blanc et lisse comme s'il avait été poli à la main, exécuté par la main même d'un sculpteur dans la pierre, l'ivoire ou le bois. ses sourcils étaient bien fournis et espacés comme il convient, son visage était illuminé par des yeux brillants, pétillants, clairs et bien dessinés son nez formait une ligne bien droite, Et sur son visage contrastait bien mieux la couleur vermeille avec le blanc que le rouge sur l'argent."  Chrétien de Troyes, Le Roman de Perceval ou Le Conte du Graal, (v.1811 à 1825).

deJeanBourdichon Bethsabeaubain

 “Bethsabée au bain” de Jean Bourdichon, feuillet détaché des feuillets des Heures de Louis XII. Première peinture représentant une femme nue, “Bethsabée” sous l’oeil du roi David à gauche

La jeune fille (Fénice) arriva en hâte au palais tête et visage découverts l'éclat de sa beauté dispensait dans tout le palais une clarté plus vive que n'auraient pu produire quatre escarboucles. (Cligès, vers 2728-2733.) La "blanchor" du teint doit trancher avec la couleur "vermeille" des joues et des lèvres (charnues et rouges comme des cerises).   Les adjectifs : sor, luisan, cler, blan, riant, vair, anluminee et clarté se regroupent dans un même champ sémantique, celui de la lumière. Ces jeux de lumières, qui complètent le portrait, soulignent que l'héroïne doit avoir un visage radieux, signe même de sa beauté et de son noble lignage.

En effet au Moyen Age, et jusqu'au début du XXè siècle, le visage hâlé est un signe de vilainie. Une femme de qualité se doit de ne pas exposer son visage aux rayons du soleil. Dans les romans arthuriens, la beauté physique - signe extérieur de perfection humaine - est la toute première des qualités de l'héroïsme courtois et merveilleux. C'est elle qui conditionne toutes les autres qualités - morales, cette fois-ci - : honneur, sagesse, prouesse, courtoisie ou encore noblesse. Ce n'est donc pas un hasard si Chrétien affirme dans la bouche d'Enide que :  "Li meillor sont li plus sor [blonds]" (v.968).

Sources : en particulier Elisabeth Féghali ( site : Citadelle )

 

Voir les commentaires

Un film: Excalibur

Publié le par Perceval

Excalibur : la chevauchée vers l’affrontement final

Film de john Boorman sorti en 1981, avec Nigel Terry.

Uter Pendragon reçoit de Merlin l’Enchanteur l’épée mythique Excalibur. A la mort d’Uter, l’épée reste figée dans une stèle de granit. Seul le jeune Arthur, fils illégitime d’Uter parvient à brandir l’épée Excalibur et devient par ce geste le roi d’Angleterre. Quelques années plus tard, il épouse Guenièvre et réunit les Chevaliers de la Table Ronde. Mais sa demi-soeur, la méchante Morgane, parvient à avoir un fils d’Arthur qui va le pousser à sa perte…

La scène suivante évoque la fin de la quête du Graal par Perceval, et la remise sur pied du roi Arthur, qui rassemble ce qui lui reste de troupe et de chevaliers afin d’aller combattre Mordred, son fils, lors de la bataille finale de Salesbières pour le trône d’Albion. Mise en musique par Carl Orff ( « O Fortuna » de Carmina Burana ) , la scène est là encore, magique !

Voir les commentaires

Les fées, ça n'existe plus ! -3/3-

Publié le par Perceval

Aux XIIe et XIIIe siècles, alors que s'écrit la légende arthurienne ; le merveilleux païen fait irruption dans la la culture savante sans grande opposition de l’Église, car elle ne représente plus un véritable danger. f3be4dd10048

Cependant, l'opposition entre l'interprétation des chevaliers et une interprétation des clercs, s'exprime clairement.

Les clercs veulent intégrer au surnaturel chrétien une mythologie assez irréductiblement étrangère, et les chevaliers et troubadours exploitent cette mythologie parce qu'elle est précisément étrangère à l’Église… L'Eglise va jouer la rationalisation, et assimiler les fées aux sorcières. Ce phénomène de rationalisation et de diabolisation va dénaturer – radicalement - la fonction des fées. La nature fantastique de la fée du lai de Lanval n'est jamais mise en doute par Marie de France. Mais dans les romans en prose à partir du du XIIIe s., les fées vont devenir des mortelles douées de pouvoirs surnaturels.

lancelot-et-vivianeVers 1220, le Lancelot en prose donne une définition des fées dans la littérature profane, à propos de la Dame du Lac qui enlève l'enfant Lancelot à sa mère pour l’élever dans son royaume aquatique :

« Le conte dit que la demoiselle qui emporta Lancelot dans le lac était une fée. En ce temps-là, on appelait fées toutes celles qui se connaissaient en enchantements et en sorts; et il y en avait beaucoup à cette époque, en Grande Bretagne plus qu'en tout autre pays. Elles savaient, dit le Conte des Histoires bretonne, la force des paroles, des pierres et des herbes, par quoi elles se maintenaient en jeunesse, en beauté et en richesse, autant qu'elles le désiraient. Et tout cela fut institué à l'époque de Merlin, le prophète des Anglais, qui savait toute la science qui des diables peut descendre. C'est pourquoi il était tant redouté des Bretons et tant honoré que tous l'appelaient leur saint prophète, et les petites gens leur Dieu. Cette demoiselle, dont le conte parle, tenait de Merlin tout ce qu'elle savait de science occulte; et elle l'apprit par une très subtile ruse. »

Si la dame du lac, est réduite à l'état de magicienne, elle n'habite plus qu'un fantôme de lac :

« La dame qui l'élevait ne résidait jamais ailleurs que dans des forêts grandes et profondes ; et le lac, dans lequel elle avait sauté avec lui, lorsqu'elle l'avait emporté, n'était que d'enchantement. Et cette habitation était si bien cachée que personne ne pouvait la trouver ; car l'apparence du lac la protégeait de telle manière qu'on ne pouvait pas la voir. »

Chevalier dame sans merciLes fées ont acquis la science des clercs et se posent en rivales de ceux-ci, possédant une autre forme de maîtrise du surnaturel. Cette opposition en recouvre deux autres : clercs/laïcs et masculin/féminin.

« Ainsi les thèmes féeriques peuvent être compris comme une manière, pour la littérature aristocratique, de conférer dans l'imaginaire aux chevaliers des pouvoirs surnaturels indépendants de ceux qui, dans le fonctionnement réel de la société, en constituent le pôle central et dominant : le sacré défini par les théologiens et dont la mise en œuvre est contrôlée par l’Église. » cwaxkbfn

Deux textes, deux discours parallèles qui exaltent l'idéal chevaleresque, sont révélateurs à cet égard ; tous deux, étonnamment, sont placés dans la bouche d'une fée, prêtés à la dame du lac et à Mélusine.

La Dame du lac tient le premier jour au jeune Lancelot avant de la conduire à la cour d'Arthur où il recevra l'adoubement. Ce discours est très orthodoxe : il définit les devoirs du chevalier, qui doit défendre les faibles et les opprimés et servir fidèlement la sainte Église.

Le discours de Mélusine à ses deux fils Urien et Guy, est plus pragmatique, et concerne le bon gouvernement... Il faut être un bon seigneur, attentif aux besoins de son peuple ….

Le plus remarquable est que ces discours soient placés dans la bouche et d'une femme et d'une fée. C'est que le savoir des fées rivalise une fois de plus avec celui des clercs. Les forces féeriques sont mises au service de la chevalerie pour lui donner un caractère héroïque et sacré. ]Briton Riviere (British, 1840-1920), Una and the Lion, from Spenser's Faerie Queene (1880) Briton Riviere (British, 1840-1920), Una and the Lion, from Spenser's Faerie Queene (1880)

Chrétien de Troyes, joue avec subtilité sur les incertitudes : Laudine est-elle une fée ou non ? Les pucelles ponctuant le parcours de Lancelot en sont elles ?

Espace de l’interrogation qui permet plusieurs lectures, mais qui montre aussi que la fée, en dépit de son originelle ambivalence, peut avoir une place véritable dans l’imaginaire médiéval et chrétien. Morgane a perduré sous le nom de fée Margot et l’on trouve un peu partout en France des « Caves à Margot », des « chambres de la fée Margot », des « fuseaux de Margot », des « Roche Margot ».

]St. Margaret of Antioch (France, 1490-1500) St. Margaret of Antioch (France, 1490-1500)[

Si la christianisation a diabolisé Morgane, tout comme elle l’a fait de Gargantua et de Mélusine. Elle l’a christianisée en sainte Marguerite, représentée « issourt » du dragon, ou avec le dragon à ses pieds, le dragon-vouivre symbolisant alors les énergies telluriques.

Après les déesses, les fées, on observe le triomphe d'une autre femme : Marie (Notre-Dame, la Vierge Marie) au début du XII° siècle, qui change terriblement le regard porté sur les fées et les dames.

Notre-Dame donne son nom aux 3/4 des grands édifices gothiques qui s’érigent dans un monde nouveau qui explose. L’évangélisation souvent brutale des populations n’avait jamais aboli l’héritage des fées maîtresses de la pierre, des eaux et du vent.

On conserve des témoignages de la fin du XVII° siècle selon lesquels les druidesses de l’île de Sein seront alors et seulement, converties au christianisme.  

Sources : Un livre important sur le sujet des fées, si on souhaite comprendre la place qu'elles avaient au Moyen-âge : - Laurence Harf-Lancner, Le Monde des fées dans l’Occident médiéval, Paris, Hachette (« Littératures »), 2003

Voir les commentaires

Les fées, ça n'existe pas ! -2/3-

Publié le par Perceval

Qui ne s'imagine pas, posséder la lumière qui fera reculer les ténèbres... ?
En ce Moyen-âge, la religion catholique voulait posséder la raison, et faire reculer les ténèbres païennes.
Vers 1023, Burchard, évêque de la ville de Worms, rédige un pénitentiel – à l'usage des prêtres – le Decretum dans lequel il énumère les principaux délits commis dans son diocèse et les pénitences adéquates.
 
Jaloux battant sa femmeRappelons que, Grégoire VII ( pape en 1073, à 1085) continue l’œuvre de réforme et donne son nom au mouvement. Dans ce contexte, le statut des femmes change et se durcit. On théorise leur place selon un ordre précis : la virginité, le mariage, le veuvage. Seules ces catégories sont reconnues dans une hiérarchie définie : vierge, sainte, moniale, veuve, femme mariée puis, tout en bas, la femme célibataire qui équivaut au diable en chair et en os. tenue d'une femmeLes réformateurs sont particulièrement misogyne : Hildebrand (clunisien), Pierre Damien, Burchard de Worms (dont le livre 19 de son Decretum n’est pas flatteur et développe les idées de sorcellerie inhérente à la femme).
Pour l'évêque de Worms, l’enfer c’est les femmes. Elles sont impies par nature et peuvent même aller jusqu’à remettre en cause la trinité, se tiennent mal à l’église (bavardent, marchent sur les sépultures…).. Il faut ranger les femmes dans les parties froides de l’église pour calmer leurs ardeurs…
 
Mais, revenons aux croyances en ces fées.... :
bruxa001Quelques exemples de l'examen de conscience prôné par l'évêque de Worms:
 
«  As-tu cru à ce que certains ont l’habitude de croire, que celles que le peuple appelle les Parques existeraient réellement et auraient le pouvoir, lorsqu’un homme naît, de le marquer comme elles veulent, de sorte qu’à tout moment cet homme pourrait se transformer en loup, qu’en langue teutonique on appelle loup-garou, ou en n’importe qu’elle autre figure? Si tu as cru que cela s’est fait un jour et que c’est possible que l’image divine puisse être transformée en une autre forme ou espèce par quelqu’un, excepté par Dieu tout-puissant, tu feras pénitence dix jours au pain et à l’eau.
 
As-tu cru à ce que certains ont l’habitude de croire, qu’il existe des femmes habitant les champs, appelées sylphes, ayant, disent-ils, un corps matériel, et lorsqu’elles veulent elles se montrent à leurs amants et prennent plaisir avec eux, et de même lorsqu’elles veulent elles se cachent et disparaissent? Si oui, tu feras pénitence dix jours au pain et à l’eau.
 
As-tu fait ce que certaines femmes ont l’habitude de faire à certaines époques de l’année: quand tu prépares la table dans ta maison, tu déposes la nourriture et la boisson ensemble avec trois couteaux sur la table, pour que si viennent les trois sœurs, que l’héritage et la stupidité antique appellent les Parques, elles puissent se restaurer là; ainsi tu as pris à la piété divine son pouvoir et son nom pour les transmettre au diable, croyant que celles que tu appelles sœurs peuvent t’être utiles maintenant ou dans le futur? Si oui, tu feras pénitence un an au pain et à l’eau. » Burchard évêque de Worms

Walter Jenks Morgan (British, 1847-1924), Where Rural Fays and Fairies Dwell

Les Parques, déesses de la mythologie romaine, font bon ménage avec une autre mythologie plus locale …John Melhuish Strudwick ~ Acrasia
Ce texte évoque parfois des scénarios que nous connaissons dans nos contes de fées … Les « femmes de la forêt » qui recherchent l'amour des mortels, nourrissent un type de conte universel, qui s'épanouira dans la littérature du Moyen-âge.
 
Les fées apparaissent en littérature, avec la naissance de la littérature. C'est au XIIe s. que naît le roman, qui désigne, au sens propre, tout texte écrit en langue romane ( par opposition au latin).
La « matière » de cette littérature est triple : bretonne, romaine et française... En 1170, Chrétien de Troyes écrit le premier de ces romans, Erec et Enide, à partir d'un conte d'aventures. Marie de France – dans le prologue de ses Lais – écrit son projet de sauver les contes des anciens bretons, pour les sauver de l'oubli.
 
Midsummer Eve Edward Robert HughesDans le discours d’autorité de l’Église, les fées sont intégrées au surnaturel chrétien par le biais de la satanisation... ou de la sanctification … !

Les textes profanes, défendent les valeurs de l'aristocratie chevaleresque et interprètent la culture populaire selon une autre idéologie, celle de la société féodale, et les fées y bénéficient d'un traitement beaucoup plus favorable. Il peut être glorieux pour un lignage aristocratique de se doter d'une ancêtre surnaturelle...

Les seigneurs poitevins de Lusignan se proclameront les descendants de la fée Mélusine.

Voir les commentaires

Les fées, ça n'existe pas ! -1/3-

Publié le par Perceval

Comment « croire » aux fées dans un monde dont le système de référence, rationaliste, ne leur permet pas d'exister ?
] Le chevalier Lanval[
 
« Croire », c'est s’écarter de critères qui relèvent de la raison, des sens : voir, toucher, raisonner, expérimenter... tout ce qui appartient à des activités humaines dans un système qui ne tient compte que de ce qui est matériel, humain et dans le cadre de ses connaissances actuelles ...etc.
Dans ce système, beaucoup de choses sont à écarter, en particulier la transcendance, la relation au sacré … et sans doute, la compréhension des mythes, et des contes traditionnels...
 
Au Moyen-âge, les enfants ne sont pas les seuls à « croire » aux fées. « Croire », c'est alors : prendre au sérieux, reconnaître l'influence, la prégnance, d'un ensemble de faits, d'êtres, sur lesquels il n'est pas aisé de mettre des mots pour en partager l'expérience.
La convention partagée, est d'en parler au travers d'histoires ( contes, légendes, mythes …).
Dans un univers mental, aujourd'hui entièrement étranger au nôtre, la question posée par ces figures « fantastiques et ambiguës », est moins celle de leur « existence » que celle de leur signification....
Si elles signifient quelque chose, n'est-il pas absurde de nier leur « existence »... ?
 
Il est d'ailleurs intéressant de constater la place qu'attribue la religion chrétienne, à ces figures païennes … !
Elle ne leur dénie pas une réalité surnaturelle, mais elle modifie leur interprétation. A côté d'un surnaturel orthodoxe ( les miracles, les pièges du démon, …), il existe un surnaturel problématique dont font partie les fées ….
 
Exemple :

A la fin du XIIe s., Marie de France dit recueillir dans ses lais des contes bretons qu'elle fait remonter à un passé mythique.
 
Dans le lai d'Yonec, une jeune femme a été mariée contre son gré à un vieillard jaloux qui la tient en prison. Un jour de printemps, elle évoque d'antiques croyances selon lesquelles, autrefois, «  les chevaliers trouvaient les femmes de leurs rêves, nobles et belles, et les dames trouvaient des amants, preux et vaillants, sans encourir le moindre blâme, car elles étaient les seules à les voir ». Elle supplie Dieu de lui envoyer un de ces amants merveilleux, et Dieu, compatissant, exauce son vœu. Un grand oiseau vole jusqu'à sa fenêtre et, dans sa chambre, se transforme en un beau chevalier qui sollicite son amour. La dame, d'abord terrorisée, consent à l'aimer, s'il est bon chrétien. Aussitôt dit, aussitôt fait : le chevalier-oiseau se métamorphose pour revêtir l’apparence de la dame et recevoir la communion à sa place : celle-ci, rassurée se donne à lui. On reconnaît ici une version du conte de l'Oiseau bleu. Mais l'originalité du récit de Marie de France réside dans cette réaction de la dame, qui n'est nullement rebutée par la nature animale de son soupirant mais craint par-dessus tout de tomber dans un piège du démon : il suffit au chevalier-oiseau de prouver qu'il est bon chrétien pour vaincre sa réticence.
 
La fée Viviane et Merlin par G Doré
Au Moyen-âge, le surnaturel apparaît :
- Avec Dieu, et son intervention : le miracle...
- Avec la magie, le surnaturel satanique et la sorcellerie...
- Avec ce qui regroupe toutes les « merveilles » : le merveilleux ( de miror = s'étonner ) et ses êtres fantastiques ( fées, lutins, ogres, monstres…) . Cela suscite d'ailleurs une certaine incompréhension, et donc une inquiétude …
L'interrogation porte sur l'interprétation de la merveille …. L'interrogation ne porte pas sur la réalité de la merveille, que nul ne met en doute, mais sur son sens : à quel registre de la transcendance relier le phénomène ?
Où situer les fées qui n’appartiennent ni à Dieu ni au diable ?
 
ps: L'Oiseau bleu est un conte de fées français en prose de Marie-Catherine d'Aulnoy, publié en 1697 et racontant l'histoire d'amour de la princesse Florine et du roi Charmant, transformé en oiseau bleu. Ce conte est contemporain des contes de Perrault.
 
Sources : Laurence Harf-Lancner, Le Monde des fées dans l’Occident médiéval, Paris, Hachette (« Littératures »), 2003

Voir les commentaires

Le Tarot, le Graal et la Chevalerie

Publié le par Perceval

En dehors de l'art divinatoire ( que j'ignore complètement...!) , le Tarot offre un outil de développement personnel et de connaissance de soi.

En effet, chaque lame représente un archétype universel. Et avec 22 lames majeures et 56 mineures, l'immense diversité du monde peut s'y retrouver. Chaque lame est bourrée de symboles. On peut ainsi établir une véritable communication avec son inconscient... CreatorIllustrator Anne-Marie  Ferguson Le Tarot arthurien, décrit - des personnages ou des thèmes majeurs - des légendes arthuriennes. Les archétypes puissants qui sous-tendent cette tradition recèlent encore une profonde sagesse qui nous instruit et nous encourage, si nous y avons recours. Ainsi, au-dessus de la création littéraire qui a médiatisé ces personnages, ils sont en nous tous...

La nature de leur vie et de leurs aventures est telle qu'ils accomplissent toujours des actions archétypales... Elles sont comme codifiées et alignées sur des modèles du monde naturel et intérieur...Tarot of the Holy Grail

Les histoires au sujet du Roi Arthur et de sa cour proviennent de modèles bien antérieurs au Moyen-âge, de traditions orales et mythiques celtes en particulier, puis chrétiennes ensuite … On pourrait même y ajouter les contributions de Tennyson, T.H. White, Charles Williams et de nombreux romancier(e)s modernes...

L'universalité du Tarot n'a pas besoin de preuves, non plus que le pouvoir des histoires arthuriennes d'émouvoir, et d'illuminer ceux qui en ont la connaissance... XVII. Grail (Star) Perceval  Matthews-Caselli Tarot

Le symbolisme qui gouverne ce jeu est celui des '' objets sacrés '' même : l'Epée, la Lance, le Graal et la Pierre, qui sont emblématiques des éléments Air, Feu, Eau et Terre ; et qui sont les objets de cette Quête... La Quête du Sacré...

Recevoir ces ''insignes de souveraineté'', c'est ne plus nous reconnaître ''blessé'' comme le Roi du Graal de la légende, mais réalisé, restauré par le pouvoir des éléments...

Le Tarot Arthurien ( c'est à dire : le mythe), remonte plus loin que son épanouissement médiéval et littéraire plus élaboré ; aussi, les images ne représentent pas directement les personnages de la saga littéraire...

Design for an unpublished Arthurian tarot deck, showing Parsifal and the Holy Grail

Le Tarot du Graal, associe l'objet légendaire et sacré du christianisme qu'est le Graal, et la chevalerie, avec sa composante ''légendaire'' que sont les Templiers...

Nul ne sait comment naissent les légendes... C'est un peu comme si elles avaient toujours été présente dans les recoins les plus profond de la psyché ( l'âme) humaine, et ce qui explique la grande fascination sur tous ceux qui s'y intéressent... grail tarot - john matthews & giovanni caselli - Magdalene

Le Graal est l'objet d'une Quête, il représente un lien entre le sacré et le profane.. Il est un objet pourvoyeur d'interrogations sur le monde dans lequel nous vivons, donc un outil de quête personnelle en vue d'un développement personnel, voire d'un rétablissement spirituel...

Le poète médiéval Wolfram von Eschenbach, dans son poème Parzival ( v 1220) donne à ceux choisis pour garder le Graal le nom de Templeisen ( Templiers(*) )

Je rappelle, que pour le Graal, on peut le rattacher - au chaudron que le roi Arthur et ses guerriers doivent ramener de l'autre monde et cité dans un poème gallois du IXe s. le Preiddeu Annwn, attribué au barde Taliesin ; puis, ensuite – à l'objet mystérieux cité par le français Chrétien de Troyes au début du XII e s. dans son poème inachevé Perceval ou le Conte du Graal

The Arthurian Tarot 28

The Arthurian Tarot Nimue

Le Graal a subi, au cours des continuations de la légende, toute une série de transformations, - du paganisme celte au cœur de la foi chrétienne - preuve que l'on ne peut codifier l'objet à une image ou une idée …The Arthurian Tarot Perceval

Le lien des Templiers et du Graal, est faite par Bernard de Clairvaux, dans sa règle du Temple où il parle de l'ordre en termes similaires aux descriptions des chevaliers du Graal des romans médiévaux de l'époque...

Peu après que Bernard eut rédigé ce texte, l’Église avait commandité sa propre variante très christianisée de la légende arthurienne, avec l'histoire du Graal depuis l'époque du Christ à la fin du règne du roi Arthur – le Cycle Vugate ou Lancelot-Graal -

Voir les commentaires

Le Graal - Les lieux où il est passé, et où il s'est perdu... ? -1/.-

Publié le par Perceval

Je ne reviendrai pas ici sur l'origine du Graal, dans la tradition celtique, ou chrétienne. Voir à l'intérieur de ce blog des articles sur ce thème …

Je m’intéresse ici, à ce que serait devenu l'objet même du Graal après la fin de l'aventure des chevaliers de la Table Ronde. Cette histoire est, elle aussi, un mythe – composé de multiples récits -, et elle est une manière de continuer cette fantastique Légende qu'est la ''Quête du Graal'' ...

]Saint Sixte remet à Laurent les trésors de l'Eglise... Saint Sixte remet à Laurent les trésors de l'Eglise...]

Le Graal - arrivé avec Joseph d'Arimathie - a quitté la Grande-Bretagne pour Rome, et il va réapparaître sous le pape Sixte II, élu pape en 257.

Il avait pour trésorier, Saint Laurent ; il lui était dévolu la garde des biens de l'Eglise et autres trésors... Sixte voulait mettre en lieu sûr la relique que possédait Rome, une coupe qui avait contenu le vin qui avait servi à l'institution de l'Eucharistie. Saint-Laurent ( San Lorenzo ) originaire d'Espagne, non loin de Huesca, lui offrit de cacher ces trésors dans une grotte inaccessible au milieu des rochers de la Sierra...

[San juan de la Pena San Juan de la Pena [

Le Graal y fut conservé depuis la moitié du III ème siècle jusqu’en 713. À ce moment, l’invasion musulmane arrivait à sa plus grande expansion en Espagne ; l'Évêque de Huesca de l’époque se réfugia dans les montagnes des Pyrénées en emmenant avec lui différentes reliques dont le Saint Graal.

De cette façon, et finalement, la relique arriva au monastère de San Juan de la Peña, où elle resta jusqu’au début du XVème siècle étant honorée pendant tout ce temps par les rois aragonais et tout le peuple en général. Le monastère fondé au XIe siècle devint le panthéon des rois d'Aragon.

[

galeria_grande San Juan de la Peña

  ]

]

graal San-juan de la Pena - Replique petit

Réplique du graal de Valencia - San-juan de la Pena ]

Ensuite, le Saint Calice arriverait à Valence en 1437, après un bref séjour à Barcelone... Nous en reparlerons...

[Monserrat Abbey, Spain Monserrat Abbaye]

Bien avant … En citant l'oeuvre de Wolfram, le Graal fut mit à l'abri au château de Munsalvaesche ou Montsalvat, et fut confié à Titurel, le premier roi du Graal. Certains ''chercheurs'' sont convaincus que le lieu dans lequel le Graal fut mit en sûreté est le monastère de Monserrat, en Catalogne. 

Chalice Well, à Glastonbury

Joseph d'Arimathie aurait caché le Graal à Chalice Well (le puits du calice), près de la colline de Glastonbury Tor ]

Toutes ces péripéties sont racontées dans un roman d'auteur anonyme de 1220. Une version de 1885 de "Les Quêtes du Saint Graal" voudrait que Joseph d'Arimathie ait caché le Graal dans le Chalice Well, à Glastonbury ; cette nouvelle a engendré de nombreuse hypothèse qui font de cette église le centre de mystérieux événements et d'inquiétants secrets. Une tradition veut que le Saint Graal soit intimement lié aux Chevaliers Croisés, à la Terre Sainte, et aux Templiers...

[DGA627637 Galahad, Perceval and Bohors kneel before Holy Grail, miniature from manuscript 122 folio 179 verso, France 15th Century.; (add.info.: Galahad, Perceval and Bohors kneel before Holy Grail, miniature from manuscript 122 folio 179 verso, France 15th Century.); De Agostini Picture Library; out of copyright Galahad, Perceval and Bohors kneel before Holy Grail, miniature from manuscript 122 folio 179 verso, France 15th Century 

 La recherche du Graal, au-delà de ses caractères mystiques et ésotériques, est devenue également une véritable chasse au trésor, une chasse qui énumère des centaines de cartes, d'indications et de livres sur lesquels on peut passer des jours et des jours de patiente étude. Les témoignages en relation au mystérieux lieux dans lesquels a été cachée la Sainte Relique, commencent déjà au Moyen-Âge et tienne évidemment, non seulement de la période qui les a vu naître, mais aussi de la tradition philosophique et spirituelle de ceux qui les rédigèrent.

A suivre ...

Voir les commentaires

Le Graal et l'épisode du palais de Sarraz.

Publié le par Perceval

L'épisode du palais de Sarraz est l'un des exemples qui permet le mieux de juger l'esprit du mythe graalien. A la suite de circonstances qui varient d'une version à l'autre, la communauté de Joséphé se transporte, escortant le Graal et la "Lance qui saigne", toujours inséparables, dans la mystérieuse cité de SARRAZ (du nom de son Roi-fondateur). Ce mot rappelle évidemment les Sarrasins. On nous révèle que cette cité de Sarraz est une figure de la Jérusalem céleste. Dans son enceinte on trouve le PALAIS SPIRITUEL destiné à abriter le triomphe du Graal quand l’Élu aura été jugé digne de le découvrir.

]Josephe with the Holy Grail Christ appears to a hermit in a vision, holding a book containing the true history of the Holy Grail. From History of the Holy Grail, French manuscript, early 14th centur Josephe avec le saint-Graal apparaît à un ermite, pour qu'il écrive la véritable histoire du saint-Graal ... 14e s.[

Deux rois sarrasins, Mordrain et Nascien, se convertissent au Graal.

C'est dans le palais spirituel de Sarraz, au cours d'une merveilleuse vision, que le Christ institue un NOUVEAU SACERDOCE SPIRITUEL.

Il apparaît à la communauté pour sacrer évêque, de ses propres mains, Joséphé, fils de Joseph d'Arimathie (lui conférant ainsi la plénitude du Sacerdoce). Sur l'autel, entre la lance et le Graal, apparaît un second vase d'or d'origine céleste ; tantôt il se distingue du Graal de la Cène, tantôt il se confond avec lui. Imprécision qui entretient l’atmosphère trouble si caractéristique de ces récits. A quelques temps de son sacre, Joséphé, le nouvel évêque "spirituel", célèbre un "Rite de la Table" au cours duquel le Christ se manifeste de nouveau et promulgue le privilège du "petit peuple nouvellement né de la naissance spirituelle".

]Holy Grail in Sarras Arrivée du Graal à Sarras[

Nascien, roi sarrasin nouvellement converti, ravi en extase, voit dans le Graal la prophétie de la restauration finale. Joséphé est blessé par la lance dont le fer demeure dans la plaie. Mais Perceval, Bohort et GaIaad, qui ont mené leur quête de concert, arrivent à Sarraz. Ils touchent au but tous les trois mais un seul va l'emporter. Il est annoncé que l’Élu ne sera pas Perceval (pourtant pressenti au début) mais Galaad, le chevalier "spirituel".

The Three Good Knights in Sarras William Morris Tapestry, 1870

Devant le Graal entouré d'une lumière surnaturelle, Galaad est saisi par l'UNIO MYSTICA, prélude de la vision béatifique céleste. Aussitôt Galaad guérit Joséphé que la "lance qui saigne" a blessé. Ainsi la légende du Graal, commencée dans le culte d'une insigne relique du repas eucharistique de Jésus, se termine par les noces spirituelles qui constituent l'aboutissement de la vie mystique.

L'impression d'une intense vie chrétienne se maintient d'un bout à l'autre. Rien d'étonnant à ce que certains critiques modernes voient, dans les romans graaliens, la marque d'une influence cistercienne très accusée.

]The Passage of the Holy Grail to Sarras - Edward Reginald Frampton The Passage of the Holy Grail to Sarras - Edward Reginald Frampton[

Sources : Charles Ridoux : Colloque de Cerisy

Note: SARRAS est la ville sainte du Graal. Elle se trouve «dans la mer», et seuls ceux qui ont été choisis peuvent y accéder...

Elle est la Nouvelle Jérusalem gardée par l'abîme. Nous pouvons le franchir après l'expérience de la "nuit noire". Lorsque nous entrons dans cette ville, nous y sommes en bonne compagnie. Seulement Galahad, Bors ( ou Bohort)  et Parsifal y ont été admis et peuvent accéder au suprême mystère. Galahad, Bors et Parsifal sont allés à Sarras grâce à un bateau fabriqué du bois prélevé sur l'Arbre de Vie.

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 > >>