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contes mythes legendes

Le Diable au Moyen-âge -2/2-

Publié le par Perceval

Bien évidemment, quand Satan se présente devant des mortels, il prend grand soin de masquer sa véritable identité, dissimulant autant que possible sa démoniaque nature ( pieds fourchus …) sous des vêtements.

 

Le Diable peut également, au gré de ses caprices, prendre l'apparence de divers animaux : chats, lèvres, corbeaux..

Le Malin connaît toutes les ruses du déguisement et du masque et quand il veut séduire, il emprunte ( dit-on) à la femme tous ses artifices. Ainsi paré, il tente fréquemment d'inciter au péché prêtres et moines, qui sont pour lui des proies de choix.

 

Au Moyen-âge, Satan, toujours à l'affût d'une âme à pervertir, apparaît dès qu'il entend son nom aussi prend-on garde à ne jamais le nommer véritablement. Pour éviter une visite indésirable, on le surnomme de diverses manières: Le Malin, l'Ennemi, le grand Bouc, le Cornu, le Vilain, etc..

Le Diable aime à transgresser les règles établies et courir les fêtes. Parfois, quand les réjouissances se terminent après minuit, Satan s'invite et, sous la forme d'un bel homme, il charme les jeunes filles. Fort heureusement, les hommes, qui se méfient inévitablement d'un étranger aussi séduisant, remarquent vite ses pieds fourchus et préviennent ces demoiselles. Sitôt démasqué, Satan disparait dans un nuage de fumée, laissant derrière lui une odeur de souffre ou, s'il refuse de partir, il peut se faire exorciser.

 

Les personnes qui aiment les plaisirs faciles et y cèdent sans vergogne ont également ses faveurs car leurs âmes se trouvent tout naturellement propices à écouter ses paroles doucereuses. Au XIIIe siècle, Ranulphe de la Houblonnière dresse la liste des péchés réputés attirer le démon: l'orgueil, la colère, l'envie, l'avarice, la luxure et la gourmandise.

 

A la demande de ses sujets, Satan peut les transformer en loups-garous, déchaîner des orages, exciter des tempêtes ou faire tomber la grêle et la foudre. Il est également capable de causer un sommeil profond, plonger en extase, révéler des événements lointains ou à venir, rendre un homme invulnérable, lui donner la capacité de se rendre invisible, le transporter dans les airs, faire disparaître des objets, soit en condensant d'épaisses vapeurs, soit en les enlevant subtilement, rendre malade, tantôt en altérant l'organisme, tantôt en transportant des miasmes contagieux, et même guérir, ce qu'il fait très rarement, le bien n'étant pas son fort, sauf pour parvenir à ses fins ...

 

Le moyen le plus courant pour empêcher Satan de pénétrer dans une maison est de placer une croix de paille sur la porte d'entrée.. Brûler des branches de genévrier au nouvel an est également supposé la protéger.

Pour obliger le Diable à quitter un corps qu'il possède, il existe diverses méthodes dont certaines ne nécessitent pas l'intervention de l’Église.

L'une d'entre elles consiste à rouer de coups le possédé ou à lui infliger divers sévices cruels afin d'inciter le démon à partir. Les amulettes peuvent également constituer de véritables moyens d'exorcisme, agissant d'elles-mêmes par la seule vertu de leur consécration ou des formules qui s'y trouvent inscrites....

 

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Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron se marie avec le Diable - 7/.-

Publié le par Perceval

Roger de Laron, va petit à petit se soustraire des yeux de la compagnie de hommes de son temps...

Et pourtant, Roger de Laron, va trouver une épouse... Une jeune femme, qui vient d'Angleterre et de la lignée des Lusignan, que nous connaissons sous le nom de ''Dame Margot''. Je vous raconterai son histoire ''vraie'', un peu plus tard ...

L'histoire ci-dessous a été construite bien après la guerre en Terre Sainte, après les voyages de Roger, son séjour en Angleterre, après son mariage avec Dame Margot qui dure sept ans... Après que Roger de Laron, se soit terré dans son château...

C'est une histoire assez incroyable, et représentative des croyances de cette époque …

 

Ce récit, bien sûr, n'est qu'une parodie, et l'auteur médiéval, s'amuse avec les légendes entendues autour de lui, et reprises dans des versions imprimées comme par exemple '' Le livre de Baudouin de Flandre '', roman en prose du XVe siècle, qui est à la fois un roman historique, et un roman d'aventures merveilleuse et surnaturelles ; ou le roman en vers ' Richard sans Peur ' qui se présente sous la forme d’une suite d’aventures fantastiques...
 
Le mariage de Roger de Laron avec un ''démon''.
Roger après une vie aventureuse, souffre de solitude; et, précisément, ses gens, lui reprochent de ne point avoir pris femme, et laisser ses terres sans héritier...
C'est ainsi, que Brundemor attend que la nuit vienne avant de se mettre en campagne, car il sait que Roger chevauche au milieu des ténèbres, comme en plein jour, à la recherche de quelque aventure.
Brundemor va donc choisir l’arbre le plus apparent et le plus élevé de la forêt, et, se nichant entre deux branches après avoir revêtu la forme d'une jolie jeune femme, il se met à pleurer et à crier de manière à attirer l’attention.
Lorsque le seigneur de Laron vient à passer, il est intrigué par ces appels à l'aide. Sans plus tarder, il descend de cheval, ôte ses éperons, et, guidé par la voix, monte jusqu’au plus haut de l’arbre. Ayant trouvé la jeune femme, il la prend, si nue qu'il l'enveloppe de son manteau et la prie de s'agripper à lui, puis se laisse glisser de branche en branche jusqu’à terre et la dépose sur son cheval.
Ils s'en retournent tous deux, au château...
Roger de Laron est bien loin de soupçonner la tromperie de l’ennemi, car la beauté de sa jeune protégée, qui pourrait être une fée, s’est insinuée dans son cœur.
À cette époque, tous les gens qui dépendent de cette seigneurie prennent ensemble la résolution d’aller trouver leur seigneur. Ils veulent lui représenter que leur bien, et la sécurité des temps futurs exigent qu’il prenne pour épouse une noble dame qui lui donne des héritiers appelés à lui succéder sur ses terres. Lorsque Roger entend la requête de ses gens, il dit qu’il est prêt à faire ce qu’on demande de lui.
- « Apprenez, cependant, ajoute-t-il, que j’ai ici une jeune fille, et que je ne pourrai jamais trouver une épouse qui soit plus belle ou plus à mon gré ; c’est elle que je désire prendre pour femme. »
 
Roger de Laron, avec les richesses qui ne lui manquaient pas, s'était offert un prieuré avec quelques frères et un chapelain installé en bas du château le long de la Maulde. Pour en avoir l'autorisation, il dût recevoir l'évêque de Limoges et lui prêter hommage …
C'est ainsi, avec toutes les autorisations, que le chapelain, bénit le mariage de Roger de Laron avec '' le diable '' !
Sept ans se passèrent encore, Roger vécut en tel attachement avec le diable qui était devenu sa femme, que s’il eût épousé la plus gracieuse dame qui vivaient à cette époque. Les sept ans accomplis, le diable-femme conçoit de faire la mourante et fait mander le seigneur auprès d'elle :
- « Sire, dit-elle d’une voix dolente, je me sens bien malade, et je crois que je vais mourir ; c’est pourquoi je vous supplie, par votre merci, de m’octroyer la demande que je vais vous faire.
Parlez, répond le chevalier, et j’emploierai tout mon pouvoir à vous complaire.
Sire, reprend alors la fausse épouse, je désirerais être enterrée dans une chapelle qui est située au milieu de la forêt dans laquelle vous m'avez trouvée, et que vous y veilliez pendant une nuit allongé auprès de moi, et de mon cercueil.
Dame, s’il faut que j’aie la douleur de vous voir trépasser, j’accéderai à votre vœu, et laissez-moi amener mon ami pour me servir de compagnon et nous veiller. »
Roger ayant affirmé de nouveau à sa femme qu’il tiendrait la promesse qu’elle avait exigée, alors cette malicieuse créature se prend à contrefaire la morte ; et Roger, la croyant vraiment trépassée, ordonne qu’elle soit portée, dès le soir même, dans la chapelle de la forêt.
 
Dès que le corps est déposé dans la chapelle, où brillent maints cierges et luminaires, Roger, pour accomplir sa promesse, s'allonge auprès de la morte, séparés par son épée, et tous deux veillés d'un seul chevalier.
Mais, vers minuit, Roger est pris de sommeil. À peine est-il endormi qu'un cri terrible retentit dans toute la forêt. Roger, sans peur, se redresse, se saisit de son épée, et la pose sur ses genoux. Aussitôt le corps - près de lui - de ricaner :
« Hé quoi ! chevalier, on parle de vous en tout pays pour votre hardiesse, on dit que jamais vous n’eûtes peur d’aucune personne vivante ; et voilà que, pour une femme morte, toute votre chair a frémi.
Par ma foi ! reprend vivement Roger, vous faussez la vérité... Mais, n’étiez-vous pas morte quand on vous a mise aujourd’hui dans le cercueil ?
Non, j’étais seulement pâmée par une violente soif qui m’a prise dans la vesprée, et, s’il est vrai que vous m’ayez jamais aimée d’amour, faites ce dont je vais vous prier. À l’issue de cette forêt, il y a une plaine où se trouve une fontaine, ombragée par un grand arbre ; les bergers ont laissé là une coupe avant-hier ; servez-vous-en pour puiser de l’eau, et venez me l’apporter. Mieulx ne me pourrait ma santé avancer. »
Roger obéit à l’instant ; mais c'est folle idée de sa part, car, pendant son absence, le corps se lève et va étrangler le chevalier, qui jette un si fort cri que Roger l’entend et en est tout en émoi. Alors, il se hâte de revenir sur ses pas... En arrivant dans la chapelle, il ne trouve plus ni feu ni lumière ; il s’en va droit au cercueil, mais le malicieux démon s’était déjà enfui. Il trouve son chevalier mort...
Roger, alors, veille jusqu’au jour le corps de son chevalier, qu’il dépose dans la bière vide.
Quand vint l’heure de prime, le clergé arrive à la chapelle pour chanter le service de la morte. Roger s’avance à leur rencontre et conte devant tous sa triste aventure.
Le Chapelain tente de réconforter son seigneur : - « Sire, n’ayez frayeur ni doute ; nous savons que l’ennemi a le pouvoir de tenter nuit et jour les chrétiens. »
Ah ! reprit Roger, je suis tellement déçu que je fais vœu de ne point reprendre femme en mon lit, avant sept ans et plus. »

Et, pour tenir sa promesse, le seigneur de Laron, après avoir fait enterrer très pompeusement son chevalier, se renferme en son château... Il donne congé à toute sa gent, ne gardant avec lui que son queux, son sergent et son économe.


- Illustrations tirées de la BD: ''Complainte des Landes perdues''

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Histoire et Légendes en Limousin : La démone Brundemor - 6/.-

Publié le par Perceval

De par chez nous, on ne nomme pas trop le Diable... On s'en sort en le nommant : L'Autre... ou le Chose. Les prêtres le nomment clairement comme le Maufait, le Mauvais, le Malin … Mais en ce temps là, il s'agit non pas du Diable, mais d'un démon...

Le démon ici nommé et qui s'en prend à Roger de Laron, se nomme Brundemor. Ce démon est bien connu, sa notoriété connue jusqu'en Normandie, a pris naissance en Espagne.

Voici comment :

Au Moyen-âge, parmi les histoires édifiantes, que l'on aime raconter par nos régions, il y a celle de saint Jean Guérin, un ermite, dont on conserve - au trésor de Montserrat - les reliques.

Le comte de Barcelone avait une fille d'une beauté si merveilleuse, qu'on ne pouvait la voir sans en devenir amoureux. Richilde était dans tout l'éclat de ses charmes, lorsqu’elle se trouva possédée par un démon, du nom de Brundemor.

La jeune fille annonce qu'à son âge elle doit jouir d'elle-même et que c'est duperie de mortifier ses sens et la luxure s'allume dans ses veines...

Les exorcistes ordinaires ne pouvant la libérer, son père la conduisit à un ermite, nommé Jean Guérin, et surnommé le ''saint homme de Montserrat'', qui avait déjà chassé plusieurs démons avec le plus grand bonheur... Et, c'est précisément ce que le diable avait calculé...

On amène Richilde à Jean, qui réussit en effet à chasser Brundemor du corps de la possédée. Mais le démon, en sortant avec un cri affreux, annonce qu'il reviendra bientôt et que la fin de l'aventure tournera mal pour certaines personnes...

Afin de mettre Richilde à l'abri du retour offensif de Brundemor, son père supplie Jean de la garder avec lui pendant une huitaine de jours. D'abord Jean refuse ; mais ensuite il se laisse fléchir et consent à recevoir la jeune fille dans sa grotte.

Après que la suite du comte se soit retirée, Jean est assailli par une tentation invincible, et, malgré les objurgations de celle qu'on lui a confiée, il fait violence à Richilde. 

Mais cette fureur bestiale ne dure qu'un instant, et dès que le crime est commis, le coupable, saisi de remords, court s'en confesser à un faux ermite dont le diable avait pris la figure et l'habit. Le perfide confesseur feint une extrême sévérité, exagère encore l'énormité de la faute, représente à son pénitent sous un aspect terrible les funestes conséquences qui en résulteront, tant pour Jean lui-même que pour tous les ermites; finalement, il lui conseille de tuer Richilde et d'enterrer le cadavre : de cette façon, toute preuve du forfait disparaîtra, et Jean pourra affirmer au comte Vifroy, sans crainte d'être démenti, qu'il lui a renvoyé sa fille guérie, mais que sans doute un malheur est arrivé à la voyageuse pendant qu'elle retournait chez elle. Jean suit ce conseil diabolique, tue Richilde et l'enterre au fond de sa grotte.

Mais bientôt de nouveaux remords le tourmentent. Il comprend trop tard qu'un tel confesseur ne pouvait être que le diable en personne. Il va trouver l'évêque et lui avoue son double crime. L'évêque lui impose pour pénitence de retourner au Montserrat, de renoncer à la parole, de marcher désormais à quatre pattes comme les bêtes et de se nourrir en broutant l'herbe, jusqu'à ce que Dieu lui fasse connaître par un signe que le pardon lui est accordé.

Pendant sept ans, Jean exécute rigoureusement les ordres de l'évêque. Après ce temps écoulé, il advient que le comte de Barcelone et son fils, venus au Montserrat pour chasser, rencontrent cet homme aux allures de bête, qu'ils prennent pour un animal étrange et d'une espèce inconnue. Ils s'emparent de lui, le chargent de liens, l'emmènent à Barcelone pour le montrer au roi Ferdinand et à sa cour.

Tandis que le roi et les courtisans considèrent cet homme-bête avec curiosité, voici que, tout à coup, un enfant en bas-âge appelle Jean Guérin par son nom, lui annonce, de la part de Dieu, que son grand péché lui a été remis et qu'il peut reprendre la forme humaine. Jean se redresse, tombe à genoux devant le comte ( le père de Richilde) , lui fait le récit véridique de tout ce qui s'est passé, et s'offre à subir en expiation les plus cruels supplices. Mais le comte, étonné de cette histoire prodigieuse, commande seulement à Jean de le conduire à l'endroit où a été enterrée sa fille.

Des ouvriers creusent le sol de la grotte, et ce qu'ils mettent à jour, ce n'est pas le squelette, c'est le corps vivant de la jeune fille. Richilde, miraculeusement revenue à la lumière, explique qu'au moment où frère Jean Guérin lui donnait la mort, elle a invoqué sainte Engrâce. C'est donc à la protection de cette sainte qu'elle doit d'être sortie vivante du tombeau ; et elle demande à son père et à son frère d'élever sur le lieu du miracle une église et un couvent, où elle se propose de passer dans une pieuse retraite le reste de ses jours.

Voici, donc, racontés - aux travers de cette légende populaire - les méfaits du démon Brundemor. Ce même démon qui s'en prend à présent à un seigneur limousin... !

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Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron. ( Saint-Julien-le-Petit ) - 5/.-

Publié le par Perceval

Voici un autre récit qui concerne directement le seigneur de Laron... Ce texte provient d'un document recopié et qui se réclame d'un codex ayant appartenu à un frère dominicain, compagnon du limousin et inquisiteur Bernard Gui. Celui-ci devait être chargé d'écrire les témoignages récoltés, dans les campagnes limousines...
 
Je le cite :
« Ce noble, dont le comportement lui vaut de nombreux ennemis, a l'habitude de voyager de nuit pour échapper aux embuscades. Une nuit, il traverse une forêt proche de la Maulde avec son écuyer et, avant d'en sortir pour déboucher dans un champ à la lisière du bois, il envoie son écuyer voir si personne ne leur tend de piège. La lune brille et permet de bien distinguer les alentours. L'écuyer s’avance donc et aperçoit une grande armée de cavaliers approcher. Il en avertit son maître qui décide d'attendre afin de voir s'il s'agit d'amis ou d'ennemis. La troupe passe, il sort du bois et rencontre un chevalier sur un destrier, qui tient un autre cheval par la bride. Il lui demande s'il est bien son ami mort depuis peu, et l'autre acquiesce.
« Qui sont ceux qui te précédaient? » demande-t-il alors.
Le défunt répondit : « Ce sont des nobles et des chevaliers, celui-ci et celui-là, et il en nomma beaucoup, qui, comme moi,.vont cette nuit à Jérusalem puisque telle est notre Pénitence. » 

Le vivant demande à quoi sert ce cheval qu'il mène :

Il est pour vous, si vous voulez venir en Terre Sainte avec moi », et il ajoute qu'il peut monter le destrier en toute tranquillité car il sera reconduit vivant pour peu qu'il suive ses avertissements.

Le chevalier accepte malgré les objurgations de son écuyer, et disparaît aux yeux.de celui-ci. Le lendemain, l'écuyer vient attendre son maître là où il a disparu et le retrouve sain et sauf. Le mort a donné à son ami une serviette de salamandre et un couteau dans un fourreau afin qu'il ne s'imagine pas que tout cela ne fut qu'illusion. »

On commence à comprendre pourquoi, des récits anciens dans cette région évoque de nombreuses histoires avec un ''Roger le Diable''...

En effet, j'ai réuni diverses légendes locales qui semblaient sans lien avec notre personnage, et pourtant finissent par dessiner une biographie légendaire de Roger, seigneur de Laron, ancien templier ; dont la trace historique fut effacée par ses descendants ; au point de changer le nom du château ( certains préféreront parler du château de Rochain ou Rochein ) ; et d'abandonner le patronyme ''Laron'' …

 
Cette histoire de '' troupe de cavaliers fantôme'' est en ce XIVème siècle, prise très au sérieux.
Cela évoque les chasses fantastiques d' Hellequin et de sa mesnie ( maisonnée, famille …).
En Limousin, on parle de ''Chasso galero''. Roger de Laron, connaît bien ces ''chasses'', comme tous ceux de son époque : lettrés ou simplement auditeur aux veillées, il connaît bien ce que l'on raconte sur cette troupe de démons conduite par Hellequin... Fauvel, Gautier Map (De nugis curialum) en particulier, en portent témoignage …

A l'origine d'Hellequin, on trouve Herla, le "roi très ancien des Bretons". Le roi du peuple des morts s'invite aux noces de Herla et lui propose en retour de se rendre aux siennes l'année suivante. Aux termes du pacte ainsi conclu, Herla et ses guerriers rejoignent le monde des ténèbres un an plus tard. Cette troupe pourra revenir parmi les vivants, mais à condition de ne jamais descendre de cheval. Elle est ainsi condamnée à une errance éternelle. Simple armée de fantômes dans un premier temps, les légendes feront plus de cette mesnie d'Herla une troupe de chasseurs maudits. Ce thème devient ainsi une déclinaison du cycle des chasses  fantastiques que l'on rencontre un peu partout dans nos régions...

 

Appliqué à la légende d'Hellequin, sa 'mesnie' désigne la troupe d'esprits fantastiques qu'il commande : des démons, ou plutôt des incarnations de défunts, montés sur des chevaux rapides, accompagnés de chiens hurlants, qui chevauchent à travers les airs pendant les nuits d'orage en punition de leur péchés.

Voilà ce qu'écrit Orderic Vital, moine historien des XIe et XIIe siècles :
"Certain jour en en l'an de grâce mil nonante et unième, Gauchelin de Normandie, prêtre pieux et dévot, vit fantassins et cavaliers défiler par la route. Grande armée c'était, multitude innombrable et moisit en désordre, portant accoutrements noirs et pennons barrés de sable. Y avait croque-morts ayant chargé cercueils sur leurs épaules. Y avait des Ethiopiens. Y avait des nains hauts de sept empans, le chef gros comme muid ou barricel. Y avait routiers et malandrins. Y avait moines et clercs, voire juges et abbés et évêques. Y avait chevaliers en bel arroi, y avait dames chevauchant haquenées. Et soufflait un vent fort et roide, lequel vent soufflant ès-cottes, robes et manteaux, de leurs sièges arrachait les nobles dames, les soulevait la hauteur d'une franche coudée, puis cheoir les laissait en leur selle, laquelle hérissaient de longs cirais au feu rougis. Et voyant icelle foule passer, Gauchelin le prêtre s'émerveilla fort et s'écria – Haï ! ce sont les gens à Herlequin!"
Seulement à l'époque christianisée de Roger de Laron, l'expression de Mesnie Hellequin, ou de Chasso Galero a pris la signification de famille diabolique. Ainsi, c'est le Diable, qui conduit l'assemblée de cavaliers rencontrée par le seigneur... !
A partir de ce moment, Roger de Laron, va petit à petit se soustraire des yeux de la compagnie de hommes de son temps... 
Et pourtant, Roger de Laron, va trouver une épouse ; c'est une histoire assez incroyable, et représentative des croyances de cette époque …

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Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron. ( Saint-Julien-le-Petit ) - 4/.-

Publié le par Perceval

Je rappelle, ce que j'avais déjà développé, pour raconter 'la légende' du retour du trésor des Templiers en Limousin … En effet, à Saint-Jean d'Acre, un personnage, entre dans la vie de Roger de Laron : il s'agit de Hugues de Clairavaux (1274- 1356), chevalier du Temple, puis de l'hôpital, commandeur de Paulhac. Je vous renvoie ici, pour le développement.

Le 13 octobre 1307, donc, Roger de Laron est arrêté, sans doute au petit jour, avec tous les membres de l’Ordre présents dans la commanderie. Ils furent emmenés sans ménagement à Limoges, semble-t-il,  par la milice du Sénéchal du Limousin et entendus par Renaud de la Porte, évêque de Limoges.
Roger de Laron, est finalement relâché, fin 1312... Il abjure son apostasie et ses erreurs... Puis, il reçoit l'absolution et est admis à la communion … Il est donc libre...
 
Une partie non négligeable de ce trésor, est récupéré directement par Roger de Laron, qui enfermé dans son château, tente ensuite de se faire oublier …


L'historique de la lignée et des terres de 'Laron', étant précisée, au mieux que je puisse. Nous pouvons à présent pénétrer dans l'esprit des lieux, qui n'ont d'autre histoire que celles des légendes et des traditions populaires. Ils sont transmis de bouche à oreille, avant d'avoir été, pour certaines, transcrites.
Par définition, la légende tient de faits réels ; une histoire est racontée puis est transmise par oral d'où les modifications. On peut la définir comme un récit qui mêle le vrai et le faux...

Si la légende rencontre l'histoire, nous pouvons encore aujourd'hui la voir, la toucher... L'avoir là, devant nous... ! Il suffit de vous promener sur une colline que l'on aperçoit du bourg de Saint-Julien le-Petit, de l'autre côté de la Maulde qui coule dans le vallon.

 

"Le seigneur du château de Rochein avant de partir pour la seconde croisade, confia sa femme Geneviève et son fils Manuelou à son régisseur Félon. Au bout de la première année, pensant que son maître ne reviendrait pas il prit sa place, Geneviève se refusa à lui et préférât s'enfuir avec son garçon. Dans les bois la mère et son fils se nourrissent de racines mais l'enfant dépérit... Un soir une biche accompagnée de son faon s'approche d'eux en boitant, une épine piquée dans une patte. Geneviève lui retire délicatement, la bête se couche alors à ses pieds et permet à Manuelou de la téter. 

Sept ans plus tard le Seigneur revenu de la croisade apprend par le régisseur la disparition tragique de son épouse et de son enfant. Quelques jours plus tard, il chasse dans la forêt et croise une biche qui le conduit vers une grotte où malgré les haillons, il reconnaît sa femme et son fils. Tout le monde revient au château en compagnie de la biche et de ses faons."


Le site de cette légende se nomme "Le Mont Sainte-Geneviève", il existe sur cette colline une source qui ne tarit jamais et dont les eaux ont des pouvoirs de guérison. Un calvaire y a été installé, outre la croix on peut y voir d'un côté Marie et de l'autre Sainte-Geneviève, à leurs pieds une représentation de la biche.

La colline Ste Geneviève et sa fontaine sont toujours un lieu de pèlerinage. Des morceaux de tissus, des fleurs sont disposés autour des statues...
A suivre ...

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LA FONTAINE MAGIQUE DE BARENTON, OU, LAUDINE ET YVAIN.

Publié le par Perceval

Dans son roman Le Chevalier au Lion, Chrétien de Troyes met en scène une fontaine sans nom, que les critiques et les historiens s’accordent pour identifier à la fontaine de Barenton dépeinte dans le Roman de Rou de Wace. Chrétien utilise la magie de la fontaine qui déclenche la pluie lorsque l’on verse de son eau sur le perron.

L’histoire d’Yvain, le héros du Chevalier au Lion, est ici sommairement racontée à travers le rôle que joue la fontaine.

Cette fontaine maléfique se trouve en forêt de Brocéliande, domaine dont la châtelaine est Laudine et dont Lunete est la fidèle suivante et la conseillère. Son mari, Esclados le Roux est un terrible chevalier qui surgit dès que quelqu’un verse l’eau qui met en péril la forêt et ses habitants.

Le roi Arthur réunit sa cour pour des festivités à Carduel, au pays de Galles. Calogrenant, un des  chevaliers, fait le récit d’un revers qui lui est arrivé six ans auparavant à une fontaine dans la forêt de Brocéliande. Armé de pied en cap, il part chercher l’aventure :

Je trouvai un chemin à ma droite
au milieu d’une forêt épaisse.
C’était une voie très pénible,
pleine de ronces et d’épines.
Non sans douleur, ni sans peine,
je suivis ce chemin et ce sentier.
Pendant presque toute la journée
je chevauchais de la sorte ;
puis je finis par sortir de la forêt :
c’était en Brocéliande. 

Vers 180-189 — Chrétien de Troyes (1176-1181).

La Fontaine de Barenton en Brocéliande

Au détour d’un chemin, un rustre indique à Calogrenant une fontaine dont il ne reviendra pas sans quelque difficulté ni avant de lui avoir payé son tribut. (v. 371) Le rustre décrit à sa manière la fontaine qui bout, plus froide que du marbre, l’ombrage de l’arbre auquel est attaché un bassin de fer, le perron sans pareil, la chapelle, petite mais très belle. Si tu veux prendre de l’eau dans le bassin et la répandre sur le perron (v. 393-394), dit-il : tu verras alors se déchaîner une telle tempête (v. 395) que les arbres de la forêt seront mis en pièces et que toutes les bêtes, y compris les oiseaux, la quitteront. Enfin, il met en garde Calogrenant d’arriver à sortir vivant d’une telle épreuve, chance qu’aucun chevalier qui y soit allé, n’a connue.

Suivant le chemin indiqué par le rustre, Calogrenant découvre le pin, le plus beau de la terre, un perron d’émeraude, un bassin d’or… La vision qu’il en a est donc bien différente de celle du rustre. Ses yeux de chevalier ne voient pas un lieu d’épouvante, mais un lieu enchanteur qui l’émerveille :

Je vis pendu à l’arbre le bassin,
de l’or le plus fin qui ait jamais encore
été mis en vente sur quelque foire que ce soit.
Croyez-moi la fontaine 
bouillait comme de l’eau chaude.
Le perron était fait d’une seule émeraude
percée comme un tonneau,
et dessous il y avait quatre rubis,
plus flamboyants et plus vermeils
que le soleil au matin 
quand il paraît à l’orient.
Je vous assure que jamais, sciemment,
je ne vous mentirai d’un seul mot.


J’eus alors envie de voir la merveille
de la tempête et de l’orage,
ce dont je ne me tiens guère pour sage,
car je me serais bien volontiers repris,
si je l’avais pu, aussitôt que
j’eus arrosé la pierre creuse
avec l’eau du bassin.
Sans doute en versai-je trop, je le crains,
car alors je vis le ciel si perturbé
Que, de plus de quatorze points,
les éclairs me frappaient les yeux ;
et les nuages jetaient, pêle-mêle,
de la neige, de la pluie et de la grêle.
Il faisait un temps si mauvais et si violent
que je croyais bien que j’allais mourir
à cause de la foudre qui tombait autour de moi
et des arbres qui se brisaient. 

Vers 417-446 — Chrétien de Troyes (1176-1181).

Yvain à la fontaine de Barenton ( Tableau de l’église de Tréhorenteuc)

Brusquement tout s’arrête : c’est le calme absolu, laissant place au chant des d’oiseaux rassemblés sur le pin. Puis, dans un fracas de galop, surgit un chevalier en armure, Esclados le Roux, le seigneur du lieu qui fonce sur lui et le met en garde :

car vous m’avez chassé de ma maison
avec la foudre et la pluie.
[…] 
car vous m’avez livré un tel assaut
dans mon bois et dans mon château,
que rien n’eût pu me venir en aide,
hommes, armes, ou remparts.
Personne n’a été ici en sécurité,
dans quelque forteresse qui ait pu y exister,
qu’elle fût de pierre dure ou de bois.

Vers 502 et 506-512

Le combat engagé est violent et bref, laissant Calogrenant aplati au sol, humilié et vaincu. Esclados laisse cependant le chevalier s’en retourner à pied, couvert de honte.

Yvain, un des chevaliers d’Arthur est le cousin de Calogrenant. Le récit terminé, il ne peut laisser cette humiliation impunie et décide de se rendre à la fontaine, seul, à l’insu de tous, pour se venger de l’affront. Parvenu à la fontaine, comme Calogrenant, il asperge le perron afin de provoquer Esclados le Roux. Un terrible et très long combat a lieu entre les deux hommes. A la fin, monseigneur Yvain/fracasse le heaume du chevalier. (v. 860-861). Esclados blessé à mort, s’enfuit à toute bride jusqu’à son château, poursuivi par Yvain. Tous deux franchissent le pont-levis mais Yvain reste prisonnier entre deux herses. Lunete, la servante, assiste à la scène et décide de le secourir. Esclados meurt, laissant Laudine, son épouse, dans un profond chagrin. Lunete donne à Yvain un anneau qui le rend invisible. Il échappe aux barons qui cherchent l’intrus pour le mettre à mort.

Yvain découvre alors Laudine. Il délire sur sa beauté et en tombe amoureux. Lunete, La demoiselle, qui était rusée comme une Bretonne, (v. 1580) présente Yvain à Laudine et persuade la veuve de lui faire appel pour défendre la fontaine et son domaine. Alors qu’ils se parlent d’amour, elle ignore qu’il s’agit du meurtrier de son mari. Suivent les noces avec la bénédiction des barons. A son tour, Yvain devient le défenseur de la fontaine.

A la cour d’Arthur, personne ne sait où se trouve Yvain. Le roi qui avait entendu Calogrenant vanter la merveille de la fontaine décide de s’y rendre avec toute sa suite,le roi vint voir la merveille/de la fontaine et du perron (v. 2174-2175). Arrivé sur les lieux, Arthur verse un plein bassin d’eau sur le perron ce qui déclenche les foudres du ciel. Aussitôt, surgit le chevalier en armes. Aucun ne reconnaît Yvain sous son armure ; lui seul sait à qui il a à faire…

L’aventure manque à Yvain. Alors Laudine lui accorde d’aller courir les tournois avec ses anciens compagnons à condition qu’il s’engage à revenir au bout d’un an. Passé ce délai, elle considérera qu’il aura manqué à cet engagement. Yvain oubliera de tenir cette promesse faite à sa belle…

Répudié par Laudine, Yvain s’enfonce dans la forêt. Pris de folie, il vit un temps sous la protection d’un ermite. Sa rencontre avec trois demoiselles, dont l’une possède de quoi le guérir, lui permet de retrouver la raison et de reprendre son chemin. En forêt, Yvain prend la défense d’un lion aux prises avec un serpent… Chrétien se sert de cette symbolique du bien contre le mal pour montrer la voie que choisit Yvain. L’animal devient son compagnon dans les épreuves à venir pour défendre le bon droit. Yvain se fait appeler le « chevalier au lion ».

Quinze jours plus tard, le hasard veut qu’ils passent près de la fontaine. Yvain ressent une vive douleur d’avoir laissé passer l’année. Il se proclame mille fois malheureux et misérable. Alors qu’il s’en prend à lui-même, une voix féminine qui se lamente se fait entendre à l’intérieur de la chapelle proche de la fontaine ; Yvain ne le sait pas, mais Lunete y est retenue prisonnière…

D’autres épreuves attendent Yvain. En échange du mal qu’il a causé à Laudine, il cherche à faire le bien en luttant contre les mauvaises coutumes, en réglant des litiges et en réparant des injustices. C’est, croit-il, le prix qu’il doit payer pour se racheter. Yvain prend conscience qu’il ne peut continuer à vivre sans l’amour de Laudine. Il lui faut la revoir pour faire cesser sa souffrance. Encore faut-il qu’elle accepte de le rencontrer :

Voici ce qu’il envisage : il partira
de la cour tout seul et ira
guerroyer sa fontaine.
Là il fera tant gronder la foudre,
déchaîner les vents, et tomber la pluie
que, par force et par nécessité,
elle sera obligée de faire la paix avec lui
ou, sinon, il ne cessera jamais
de provoquer la fontaine
et continuera donc a déclencher pluie et vents. 

Vers 6507-6516 — Chrétien de Troyes (1176-1181).

 

Dame de la Fontaine

(Lunete et Yvain (Owain) sont sur ​​la gauche)

En fait, Laudine n’a personne pour défendre son domaine contre un chevalier malveillant qui viendrait verser l’eau sur le perron. Yvain vient guerroyer la fontaine jusqu’à ce que la forêt entière dût s’effondrer dans le gouffre de l’enfer (v. 6529). Très inquiète, Laudine redoute que son château ne s’écroule d’un seul coup (v. 6531)…

De son côté, Lunete intervient auprès de Laudine pour qu’elle prenne à son service un chevalier capable d’assurer sa défense avant qu’il ne soit trop tard. Personne d’autre n’en étant capable, elle parvient non sans mal à décider Laudine à recevoir le « chevalier au lion ». Alors Lunete retrouve Yvain à la fontaine :

C’est que j’ai obtenu de ma dame,
pourvu qu’elle ne veuille pas se parjurer,
qu’elle sera votre femme, exactement comme elle l’était autrefois,
et vous son mari.Vers 6674 à 6677

Sources: Fontaine de Barenton 

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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

Publié le par Perceval

Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

En 1945, l'abbé Gillard a l'opportunité des services d'un prisonnier allemand Karl Rezabeck. Il le loge et le nourrit, en échange il réalise les tableaux dont le prêtre lui donne une description précise...

Rezabeck va peindre un étonnant chemin de croix. Un chemin de croix situé non à Jérusalem, mais à Tréhorenteuc : les paysages sont identifiables : la cour du presbytère, les prairies, le manoir de la rue neuve ( N° 4 et 8) , et même le val sans retour ...

Ici, les trois chutes du Christ, représentent les trois tendances de la nature humaine, qui égarent l'individu : l'orgueil, l'avarice et la luxure.

Ainsi à la 9e station “Jésus tombe pour la 3e fois”, Marie Madeleine est représentée sous les traits de la fée Morgane vêtue d'une très légère robe rouge . Un quotidien régional va titrer: « À Tréhorenteuc, une pin-up dans un chemin de croix ».

Le menuisier qui prépare la croix, c'est Wisdorf l'ébéniste allemand qui a travaillé avec l'abbé … Dans le 3ème tableau, on reconnaît Sainte Onenne et ses oies ( N° 3, 12 et 13). A la 13e station, Joseph d’Arimathie recueille le sang du Christ dans le Graal.

 

 

 

Après le chemin de croix, l'abbé Gillard fait exécuter trois tableaux qui illustrent la légende arthurienne.

- L'un est la reprise d'une illustration du ''Lancelot en prose'' d'Evrard d'Espinques ( 1475) et représente les chevaliers autour de la Table Ronde, et apparaît au centre, le Graal, porté par des anges.

Les deux autres sont plus originaux :

- L'un est ( encore ..) consacré au Val sans Retour, et met en scène Morgane, tentatrice à la robe rouge, la chevelure sombre, face à Lancelot... par lui, est brisée la magie du lieu, créé par la fée Morgane. Trahie dans son amour pour le chevalier Guyomar, elle conçoit de se venger... ( vous connaissez l'histoire ...)

Sur le tableau, autour de Morgane et de lancelot, sont représentés quelques uns des 253 chevaliers enfermés dans le Val durant 17 ans ( le nombre 17 ! )... Leur vie est oisive, faite de jeux, de festins, de joutes amicales, de danses … mais, ils sont prisonniers … Un géant garde ce lieu

- L'autre tableau, est consacré à un des sites mythiques de Brocéliande : la Fontaine de Barenton. ( je vous raconte l'histoire, la fois prochaine …)... Antique lieu de réunion druidique...

Sur le tableau, on y voit : *Yvain, le chevalier au lion, derrière lui surgit le chevalier noir ; et parmi les arbres verdoyants, se devine une silhouette féminine...

* Viviane et Merlin, ils se sont rencontrés ici, et Merlin a pris l'apparence d'un beau jeune homme, pour la séduire... Finalement, se servant de son enseignement, Viviane va l'enserrer ( dans une prison d'air) pour toujours … Viviane apparaît dans une robe translucide, parée de ses charmes, en opposition aux vierges chrétiennes … !

* A gauche, la figure d'Eon de l'Etoile ( !?), une sorte de moine, ''robin des bois'' et condamné pour hérésie... Lié à une comète ( repérée en 1145), on le disait magicien, et faisait apparaître tout un banquet ...

* En bas, une joute, et en arrière-plan, la belle Sydoine...

Ces quatre scènes illustreraient les quatre éléments : l'eau ( la fontaine ...), l'air, ( la prison...), la terre ( que mordent les 52 chevaliers battus par Yvain...) et le feu ( de la comète...)

- Enfin, un tableau '' la famille de Sainte Onenne'', représente face au festin du Graal, un banquet réunit la famille de la sainte : le roi Judhaël et son épouse Pritelle avec leurs 22 enfants... Et, le saint Judicaël, roi et fondateur de l'abbaye de Pailpont. A droite, on distingue l'église de Tréhorenteuc

 

Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

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MORGANE, ET LE VAL SANS RETOUR

Publié le par Perceval

Morgane...

Le val sans retour est le domaine magique de la fée Morgane, demi-soeur du roi Arthur et détentrice de pouvoirs magiques.

Auparavant, je peux reprendre cette histoire plus avant ; au moment où Morgane rencontre le chevalier Guyomard.

Nous sommes alors – après Chrétien de Troyes, dans le «  Lancelot en prose » – où, après que Morgane ( Morgue)  ait pu être considérée comme une fée, elle devient un être immoral et maléfique …

Très occupée à ne rien faire à la cour de son demi-frère Arthur, Morgane passait de troubadours en ménestrels au gré de ses caprices sans la moindre retenue, jusqu’au jour où son regard croisa celui du beau Guyomard, chevalier de petite Bretagne. C’est peu de temps après le mariage de Guenièvre avec le roi Arthur que ce chevalier plein de vaillance, neveu de la reine, arrive au palais royal. Dès lors, ce fut l’amour fou et exclusif.

 

Morgane, alors suivante de Guenièvre, s’éprend follement de Guyomard . Morgane a très mauvaise réputation : « si chaude et luxoriose que plus chaude feme ne convint a querre. » 

Les deux amants finissent par coucher ensemble et la reine est aussitôt avertie de leur relation. Guenièvre, qui souhaite avant tout protéger la renommée de son mari et de Guyomard, fait prendre les amants sur le fait. Elle met en garde Guyomard de ne pas poursuivre cette liaison…

Morgane surprenant les amants...

Cependant l’amour de Guyomard à l’égard de Morgane, n’est pas exclusif. Morgane s’aperçoit très tôt qu’il lui préfère une autre demoiselle. La fée, qui s’en doutait, réussit à les surprendre alors qu’ils s’unissaient dans le Val.

Le val sans retour.

La fée surprend un jour dans un vallon son amant Guyomard dans les bras d’une rivale. Elle décide d’enfermer l’infidèle dans une prison d’air qu’elle plaça en cette vallée. Morgane ne ne s’arrête pas là :

Morgane au Château du Val sans retour

Elle lance un enchantement : tout chevalier qui pénétrera dans le vallon ne pourra en ressortir que s’il a toujours été fidèle à son amie. Le vallon rapidement surpeuplé, prend le nom de Val sans retour.

« Ce val, dit tout d’abord le conte, était appelé à la fois le Val sans Retour et le Val aux Faux Amants : le Val sans Retour parce qu’aucun chevalier n’en revenait, et aussi le Val aux Faux Amants parce qu’y étaient retenus tous les chevaliers qui avaient été infidèles à leurs amies, cette faute n’eût-elle été commise qu’en pensée […] » Lancelot Anonyme (1215-1225).

« La prison était plus douce qu’on ne l’eût cru, car ils avaient à boire et à manger tout leur saoul et se distrayaient toute la journée en jouant aux échecs et aux dames, en dansant, en écoutant vielles et harpes et tous autres instruments. » ( Lancelot)

Deux cent cinquante-trois chevaliers sont déjà retenus prisonniers de l’enchantement du Val depuis dix-sept ans. Morgue a toutefois donné la possibilité de mettre fin au sortilège s’il venait à se présenter un chevalier à la conduite irréprochable. Bien sûr, elle est convaincue que ce chevalier n’existe pas.

C’est alors qu’un jour, Lancelot rencontre une jeune fille en pleurs qui a perdu son amant. Voulant savoir s’il lui était infidèle, elle l’avait fait entrer dans le vallon de Morgane. Hélas, le jeune homme n’était point ressorti et la jeune fille, inconsolée de son absence, est prête à lui pardonner son infidélité. Lancelot compatit et promet de porter secours au jeune homme afin de le délivrer de l’emprise de Morgane.

Ainsi, un jour, arrive dans le val, un chevalier fidèle à ses serments d’amours et que la vue des belles fées n’émeut pas, car ses pensées sont pleines du souvenir de sa bien aimée.
En effet, Lancelot du lac est déjà prisonnier de l’amour absolu qu’il voue à la reine Guenièvre et rien ne peut l’en détourner.


Après avoir su résister aux charmes des fées sur le sentier du diable, il doit bousculer les dragons de feu et les gardiens géants du val maudit pour abattre les murailles d’air qui s’écroulent devant son coeur pur.

Mais Lancelot n’a qu’à paraître pour détruire l’enchantement. Les chevaliers quittent leur prison d’air et fêtent leur libérateur. Morgue tire la leçon de l’aventure en montrant que ce parfait amant est en fait l’ennemi des femmes, qui s’accommodaient fort bien d’une situation qui interdisait à leurs amants de les quitter. Lancelot rend les chevaliers à leur vie d’aventures et les enlève à leurs amies.

«  Lancelot, dit Morgane, tu as fait à la fois beaucoup de mal et beaucoup de bien ; tu as fait du mal à bien des belles dames te des belles demoiselles, que tu as privées de leur bonheur et de leur amour, car jamais plus elles ne seront aussi heureuses ; mais tu as fait du bien aux chevaliers, car ils sont libres et pourront rejoindre leur parenté, qui les croyait perdus à tout jamais. »

Après cet affrontement, la victoire de Lancelot rétablit l’ordre un moment menacé : la morale masculine, temporairement transgressée, l’emporte définitivement, et les femmes retrouvent la place subalterne qu’elles n’auraient jamais dû quitter...

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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -3-

Publié le par Perceval

Devant l'autel, la mosaïque “LA PUISSANCE DU SANG DIVIN” située au sol au milieu du chœur, a été redécouverte le 24 juin 2014 à l’occasion du déplacement de l’autel (en le rapprochant du vitrail du Graal), afin de faciliter la déambulation des visiteurs.

Cette magnifique mosaïque représente un calice d’où émanent 17 rayons à travers une croix de Jérusalem (comme les quatre autres que l’on peut déjà admirer autour du chœur ainsi que celle du grand vitrail, donc 4+1=5, et les 5 croix=5 plaies du Christ...) et au-dessus de laquelle on peut lire : « La puissance du Sang Divin» (soit 22 lettres !). Laissons parler les chiffres …. :

Ce Graal, est le 8ème de ce sanctuaire consacré au Graal : en correspondance avec Jésus, l'homme du ''8ème jour'' : le ressuscité...

17 est la porte qui permet à l'homme de se réaliser, c'est à dire de ressusciter lui-même dans la plénitude ( le 22) de la vie spirituelle …

 

17 serait le nombre du Graal. « 17 est en effet nombre du Tout, de la Résurrection, de la transmutation, et c’est le nombre atomique du chlore sans lequel le ''Grand Œuvre'' serait impossible. »

 

A noter, dans le cadre de la chevalerie :

- les 17 vertus chevaleresques : La foi, La loyauté, La défense, La bravoure, L’honneur, La courtoisie, La charité, La justice, La sagesse, La tempérance, L’humilité, La franchise, Le courage, La prouesse, La prudence, La fierté, La dignité.

Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -3-

Si dans le choeur, nous nous retournons, nous sommes face à la mosaïque du ''Cerf blanc au collier d'or '' réalisée en 1955 par les ateliers Rennais ODORICO, d’après un dessin de Jean Delpech.

La mosaïque est en reflet du grand vitrail … ( le Christ, les 4 vivants, joseph d'Arimathie, masculin, féminin ...) 

Merlin changé en cerf rencontre le Roi

Le cerf porte une chaîne avec une croix, une nimbe autour de la tête, et une étoile au-dessus... Il figure l'apparition du Christ, entouré des évangélistes... Cette catéchèse passe par le monde des légendes...

La légende arthurienne, nous permet d'y voir Merlin, qui use de ses pouvoirs pour changer d'apparence, symbole de sagesse ; ou même, la divinité Cernunnos des Celtes.... Lancelot voit apparaître le cerf blanc et les lions. Ils passent sans daigner lui adresser un regard avant de disparaître par enchantement. Lancelot s’interroge. Le soir, un vieillard l’incite à renoncer à sa vie dissolue avec la reine Guenièvre. Lancelot ne peut s’y résoudre et échoue dans sa quête du Graal.

Dans '' La Queste du Saint-Graal '' Galaad ( le fils de Lancelot) , et Perceval ont une vison similaire dans la forêt ...

Lancelot du Lac, et le cerf blanc - 1480

La pierre, rappelle le perron de la fontaine de Barenton, déjà représentée dans cette chapelle... Elle est en forme de croissant de lune et évoque le Féminin ( le monde des eaux, domaine des fées) ...

La forêt est celle de Brocéliande, des cinq arbres ( image du masculin) le plus gros épouse la forme d’un soleil...

 

Ce cerf blanc a aussi une signification religieuse. Saint-Hubert a vu apparaître un cerf blanc portant un crucifix. On sait aussi qu'un cerf blanc et quatre lions aidèrent Joseph d'Arimathie à traverser une rivière périlleuse.

 

Au-dessus à droite, cinq arbres peuvent représenter les cinq plaies du Christ d'où sort le fleuve de vie, qui fait pousser l'ancolie ( visible au centre de la mosaïque) symbole de l'Amour divin, pour l'humain... L'ancolie est pour Dante, la plante ''alchimique'' plante mâle et femelle... L'abbé Gillard, a tenu à sa présence, comme signature...

A suivre... ( mais avant, la prochaine fois: La légende de Morgane et le Val sans Retour...)

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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -2-

Publié le par Perceval

Le choeur est éclairé par 3 vitraux, qui présentent le Graal sous chacune des fameuses ''Tables du Graal ''.

Et mur nord, la Table de la Cène...

Mur sud : La Table Ronde autour de laquelle sont rassemblés le Roi Arthur et les chevaliers, lors de l’apparition du Saint Graal.

Il faudrait parler de tous les détails qui se répondent d'un vitrail à l'autre …

 

 

Le Graal est représenté au centre de la Table autour de laquelle se sont réunis le Christ et ses disciples, une place reste vide, celle de Judas...

Le Graal est de couleur verte, l'abbé Gillard le situe dans la tradition d'une coupe taillée dans une émeraude, tombée du front de Lucifer...

Le Graal apparaît aux chevaliers de la Table Ronde. Le siège périlleux (vide) est occupé. La Quête du Graal est ici achevée, avec Galaad...

 

Enfin, le vitrail central, un chef d'oeuvre des ateliers parisiens Grubeër, qui a coûté au prêtre le prix d'une ferme ( un héritage..). Là, il faut prendre le temps de scruter cette forêt de symboles...

 

Comme au Moyen-âge, sont représentés deux donateurs ( Louis Thétiot et sa mère : cousins de l'abbé Gillard)

Au centre du vitrail, le Christ ressuscité, debout et à ses pieds Joseph d'Arimathie. Selon les évangiles, il a récupéré le corps du Christ et l'a enseveli dans son propre tombeau.

On dit qu'il a recueilli le sang du Christ, dans une coupe ( Le Graal ). Il est l'un des gardiens du Graal ; jusqu'à Galaad...

Ici, est représentée la scène où emprisonné, Joseph d'Arimathie, put se nourrir et survivre grâce au Christ Ressuscité et au Graal …

On note à gauche, l'emblème du Royaume de Jérusalem, qui évoque l'Ordre du temple, et qui est associé à la garde du Graal, par Wolfram von Eschenbach, dans son Parzifal ( 1210).

Bien d'autres symboles sont dissimulés, dans ce vitrail... Peut-être le chemin à trouver qui conduit au Graal …

Voir les deux lapins à gauche …; le phénix...

Les deux personnages, nouvel Adam et nouvelle  Ève, sont recueillis autour d’un arbre arborant un unique fruit, une mystérieuse pomme bleue. Ce fruit de la Connaissance du bien et du mal ne semble pas être mangé !... ; Les quatre symboles des évangélistes... les quatre signes du zodiaque … Le bouquet de chardons ...Etc ...

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