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Comment J.L. De La Bermondie retrouve les Templiers, au XVIIIe siècle... -7/.-

Publié le par Perceval

 

1835 Blason Rosslyn

En 1736, le Général James Sinclair récupère la chapelle de Rosslyn ( le château, lui, fut détruit en 1650 par les troupes de Cromwell ), et commence sa restauration. Je rappelle que sur les terres du clan Sinclair, la chapelle de Roslyn est édifiée en 1446 par Sir William Saint-Clair, sur des vestiges que l'on date de 1304...

Les sculptures énigmatiques de la chapelle de Rosslyn comportent des images dans une langue médiévale, on peut y lire à la fois des symboles templiers et maçonniques...

Les piliers et les arcs sont couverts de centaines de feuilles, de fruits, d'animaux et de figures joliment sculptés. On dit que quelques sculptures curieuses représentent le cactus et le maïs doux, sculptés avant que Christophe Colomb ait mis le pied en Amérique en 1492...

En ce lieu, se rejoignent des légendes qui remonteraient à l’antique temple de Jérusalem, que l'on retrouve ici, dans ses dimensions … Un labyrinthe de souterrains ( qui reste à découvrir…) , construit par des templiers, est réputé contenir des dizaines de saintes reliques, y compris les premiers évangiles, l'Arche de l'Alliance, le légendaire Saint Graal... et même la tête momifiée du Christ. On prétend que la décoration maçonnée de l'église contiendrait un code, qui s'il était déchiffré permettrait d'accéder à ces trésors …

J'ai lu, que le Saint-Graal, pourrait être sous l'une des colonnes connue sous le nom de pilier d'apprenti, dans un cercueil en plomb ...

Ce ''pilier de l'apprenti '' attire toutes les attentions...

Dans un document du XVIIIe siècle, il est appelé ''pilier du Prince '' ; son nom a changé avec la légende qui lui est attribué : le maître maçon en charge de la taille de pierre soutenait que son apprenti n'était pas capable de sculpter la colonne – selon un dessin et sans voir l'original …

Alors que le maître maçon est lui-même parti visiter le modèle original , à son retour il constate que l'apprenti est parvenu à terminer la colonne par lui-même. Dans un accès de colère jalouse, le maître maçon prit son maillet et frappa l'apprenti sur la tête, le tuant. 

La légende conclut qu'en guise de punition pour son crime, le visage du maître maçon a été sculpté dans le coin opposé pour regarder, pour toujours, le pilier de son apprenti.

Sur la poutre qui joint le pilier il y a une inscription : '' Forte est vinum fortior est rex fortiores sunt mulieres super omnia vincit veritas : «Le vin est fort, un roi est plus fort, les femmes sont encore plus fortes, mais la vérité conquiert tout » ( 1 Esdras , chap. 3 et 4).

La mythologie nordique et celtique, semble très présente dans la décoration : il y a plus de 110 sculptures de " Green Men " dans et autour de la chapelle. Les hommes verts sont des sculptures de visages humains entourés de verdure, qui sortent souvent de leur bouche. On les trouve dans toutes les parties de la chapelle, avec un exemple dans la chapelle de la Dame, entre les deux autels du mur est.

La chapelle de la crypte est le lieu de sépulture de plusieurs générations de Sinclairs. La crypte était autrefois accessible par un escalier descendant à l'arrière de la chapelle. Cette crypte a été scellée et fermée pendant de nombreuses années... Ceci peut expliquer les nombreuses légendes locales qui entourent les possibles souterrains et les trésors qui y seraient cachés …

Le '' Da Vinci Code '' de Dan Brown (2003), renforcé par le film du même nom (2006) a réactivé la magie du lieu...

Rosslyn_Chapel dans le '' Da Vinci code "

 

Ce pastel, intitulé ''Templar Knight à Roslyn Chapel'', et réalisé par Robert Turnbull McPherson, en 1836, représente un Grand Commandeur des Templiers orné d'un manteau blanc, tenant une épée rituelle, debout dans la chapelle de Rosslyn. L'image est composée de nombreux objets symboliques , qui peuvent être liés aux rituels franc-maçonniques et néo-templiers.

 

Voilà, ce que l'on peut dire sur le lien des Templiers avec la Franc-Maçonnerie.

Cependant, le caractère historique de la filiation templière a été rejeté lors du convent maçonnique de Wilhemsbad en 1782, pour devenir "symbolique" et "spirituel" au sein du ''Rite Écossais Rectifié'' fondé par le lyonnais Jean-Baptiste Willermoz.

 

Ceci dit, l'influence des Templiers se savoure, encore aujourd'hui ( et bien avant le ''Da Vinci Code '').

Henry Corbin (1903-1978 ), philosophe, traducteur et et surtout orientaliste passionné français. Il est entré en franc-maçonnerie à la GLNF-Opéra, puis intègre la GLNF-Bineau., en 1962. En 1968, il entre dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et introduit la notion de « Chevalerie spirituelle ».

En 1736, Sir William St Clair

Henry Corbin écrivait : « Je suis persuadé de l'origine templière de la F:.M :. Elle m'apparaît comme étant essentiellement le seul foyer permettant à la tradition spirituelle ésotérique de l’Occident de survivre en notre monde, et d'en faire pénétrer le levain au cœur d'une humanité désorientée. Aucun œcuménisme ne m'apparaît possible sinon sur les bases de l'ésotérisme. Poursuite de l’Ordre du Temple, origine, nature et but de la F:.M:. m’apparaissent comme liés à une tradition englobant les « communautés du Livre ». Temple de Salomon, Temple du Graal, Temple de la Jérusalem céleste m'apparaissent comme des symboles indissociables l'un de l'autre. ».

«(...) ma conviction intime est que l'initiation des trois premiers grades doit s'achever dans ceux de la chevalerie templière, telle que l'a conçue Willermoz. Désir et besoin spirituels s'identifiant ici pour tendre à ce but, en aspirant à la réalisation, réorientation ou achèvement de ce qui fut conçu au XVIIIe siècle par nos prédécesseurs. ».

 

Jean Léonard de la Bermondie, n'a pu être que fort intéressé, par cette ''Histoire'' qui était en train de s'écrire devant lui... Et sans doute rejoint-il l'avis de Casanova qui explique ainsi dans ses Mémoires :

« Tout jeune homme qui voyage, qui veut connaître le grand monde, qui ne veut pas se trouver inférieur à un autre et exclu de la compagnie de ses égaux dans le temps ou nous sommes, doit se faire initier dans ce qu’on appelle la Franc-maçonnerie ».

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Comment J.L. De La Bermondie retrouve les Templiers, au XVIIIe siècle... -5/.-

Publié le par Perceval

Pour continuer avec les sources '' templières'' de la Franc Maçonnerie : Voici un texte extrait de ''Acta Latomorum; ou, Chronologie de l'histoire de la franche-maçonnerie …'', Par Claude-Antoine Thory (1815)

«  Ordre de la Stricte Observance : - Il fut organisé en Prusse par le baron de Hund qui en avait conçu la première idée, à Paris, dans le Chapitre de Clermont dont il était membre. Il réforma les grades de ce Chapitre, et y en ajouta encore d'autres.

Les FF. de la Stricte-Observance se disent les successeurs des Templiers , et leur doctrine consiste à perpétuer l'existence de l'Ordre sous le voile de la F.-M. Voici l'Histoire de l'Institution, selon le baron de Hund:

Dans l'année 1303, deux Chevaliers , nommés Noffodoi et Florian, furent punis pour crimes. Tous deux perdirent leurs commanderies et particulièrement, le dernier, celle de Montfaucon. Ils en demandèrent de nouvelles au Gr.-Maître provincial de Mont-Carmel; et comme il les leur refusa , ils l'assassinèrent dans sa maison de campagne, près de Milan , et cachèrent son corps , dans le jardin, sous des arbrisseaux. Ils se réfugièrent ensuite à Paris , où ils accusèrent l'Ordre des crimes les plus horribles , ce qui entraîna sa perte , et par suite le supplice de J. Molay.

Après l’exécution de Jacques de Molay, Pierre d’Aumont, commandeur d’Auvergne, et sept autres chevaliers déguisés en maçons auraient récupéré les cendres du grand maître en jurant de venger l’ordre. Pierre d'Aumont, s'enfuit avec deux Commandeurs et cinq Chevaliers. Pour n'être point reconnus , ils se déguisèrent en ouvriers maçons, et se réfugièrent dans une île écossaise, où ils trouvèrent le Grand-Commandeur Hauptoncourt, Georges de Hasris, et plusieurs autres Frères avec lesquels ils résolurent de continuer l'Ordre.

Ils tinrent, le jour de St.-Jean 1313 , un Chapitre dans lequel Aumont, premier du nom, fut nommé Grand-Maître. Pour se soustraire aux persécutions , ils empruntèrent des symboles pris dans l'art de la Maçonnerie , et se dénommèrent Maçons libres.... En 1361 , le Grand-Maître du Temple transporta son siège à Aberdeen , et par suite l'Ordre se répandit, sous le voile de la Fr. Maçonnerie , en Italie, en Allemagne , en France , en Portugal, en Espagne et ailleurs. (Der Signatstern, etc.)


S'il est dit que Pierre d'Aumont, précepteur d'Auvergne, et quelques compagnons (le nombre varie) trouvent refuge en Écosse, il est aussi précisé que les Templiers s'établirent sur l'île de Mull, auprès des "Chevaliers de Saint-André du Chardon"... . C'est le 24 juin 1314, que Robert Bruce (1274-1329), roi d'Écosse, avait constitué l'Ordre de Saint André du Chardon, créé en faveur des Templiers, pour les protéger et récompenser leurs services signalés.

En effet, après sept ans d’exil, les templiers s’acquittèrent de leur dette en fournissant à Bruce un appoint décisif lors de la bataille de Bannockburn. C’était le jour de la saint Jean d’été 1314. Bruce combattait les anglais ( les troupes d'Edouard II) et l’issue de la bataille était incertaine. C’est alors qu’une troupe fraîche, composée dit-on de Templiers et d’ouvriers maçons, entra dans la mêlée, et les Anglais s’embourbèrent dans le marais. Cette bataille offrit à l’Ecosse trois siècles d’indépendance, chèrement gagnée.

En Écosse, l’Ordre a possédé deux grandes commanderies : Maryculter près d’Aberdeen et Balantrodoch près d’Édimbourg.

L’Ecosse est le seul pays de l’époque ou les persécutions envers les Templiers n’eurent pas lieu. le Pape, lui-même, n’avait plus d’autorité en Ecosse après avoir excommunié Le Bruce ( meurtre d'un prétendant à la couronne dans une église …!) quelques temps auparavant.

 

 

 

 

Ensuite, les templiers furent assimilés à la population locale. La plupart reçurent des terres et devinrent des notables écossais. Beaucoup tentèrent néanmoins de perpétuer les principes et le modèle templier par le biais d’organisations néo-templières, qui pullulèrent à cette époque, de manière clandestine ou non.

Parmi elles, on peut relever le célèbre Ordre de la Jarretière, fondé en 1348 par Edouard III d’Angleterre et qui prévaut encore de nos jours. Ou encore l’Ordre de la Toison d’or et l’Ordre de Saint Michel, en France, dont furent membres certains des plus éminents sujets de l’époque, tel Charles de Bourbon.

Tous ces ordres n’avaient bien évidemment ni la taille ni l’aura du Temple. Ce n’était pas non plus des ordres militaires, mais plutôt des organisations à fortes connotation symbolique, regroupant un certaine élite. Néanmoins un seul ordre à fonction militaire de cette époque peut apparaître, après une minutieuse observation, comme le descendant direct du Temple sur bon nombre de points: il s’agit de la Garde Ecossaise.


 

Ainsi, J. L. de la Bermondie rencontre un officier de la Garde Ecossaise, qui connaissait son intérêt pour les Templiers... Cet homme se dit descendant du '' clan Sinclair'' ; et son ancêtre un proche de Robert le Bruce...

 

A suivre ...

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Le XVIIIe siècle, et quelques lectures médiévales...

Publié le par Perceval

Je ne vais pas manquer, de regarder un peu plus près, certains de ces ouvrages lus au XVIIIe siècle, et en particulier par J.-L. De la Bermondie.

L'Amadis de Gaule, est un roman de chevalerie espagnol, publié en 1508 ( et en 1540 en français) . On ne connaît pas bien, l'origine et l'attribution de cette histoire.

Amadis est dit le le « Chevalier de la Verte Épée ». Il est le fils de Périon, roi fabuleux de France, et d'Élisène de Bretagne (c'est-à-dire d'Angleterre). Ses parents l'abandonnent à la naissance en le plaçant dans une barque avec une bague et une épée comme objets de reconnaissance. Les flots poussent la nacelle jusqu'en Angleterre. Le bébé est recueilli par le chevalier Gandales, qui l'appelle le Damoysel de la Mer, l'amène en Écosse et l'élève avec amour. L'enfant est en butte aux méfaits du sorcier Arcalaus, mais la magicienne Urgande veille sur lui.

A la cour du Roi d'Ecosse, il fait la connaissance de la princesse Oriane, fille de Lisvart : les deux gens tombent instantanément amoureux l'un de l'autre et se jurent une fidélité éternelle. Amadis est armé chevalier et part aussitôt à l'aventure.

Amadís_de_Gaula_(Zaragoza)

Amadis est le type de l'amant constant et respectueux aussi bien que du chevalier errant. Accompagné de son frère Galaor et protégé par l'enchanteur Alquif et la fée Urgande, il doit affronter des épreuves innombrables afin de conquérir la belle Oriane.

Ce texte est l'un des plus populaires roman de chevalerie, en Espagne... Il fut l'un des romans favoris de Charles-Quint, et d' Ignace de Loyola...


 

« Si elles n’avaient jamais vu de chevaliers, elles en entendaient parler à leurs nourrices, et ce sujet intarissable de conversation n’était pas celui qui leur plaisait le moins. Souvent même elles le provoquaient par leurs questions. De tout temps les nourrices ont aimé à raconter. Élise et Marie avaient l’esprit très orné d’histoires de chevalerie, seule littérature qu’on connût de leurs jours, et elles ne se faisaient pas presser pour en amuser leurs élèves, à défaut d’autres plaisirs. Les chevaliers de la Table Ronde avaient tour à tour fait la conquête des belles captives. La douce Aloyse se passionnait pour Amadis ; la vive Berthe pour Galaor. Lancelot était si brave, Tristan si tendre, Esplandian si beau, qu’on s’intéressait vivement à leur sort ; mais à présent, ils avaient tous cédé le pas au chevalier de la romance. » Extrait des '' Châteaux suisses '' d'Isabelle, baronne de Montolieu (1751-1832 ) auteure de romans de chevalerie

Les romans de la Table Ronde sont bien toujours lus... D'ailleurs … Au XVIIIe siècle, on découvre une œuvre médiévale : ''Aucassin et Nicolette'' - roman d'amour et de chevalerie provençal-picard – qui semble être de la fin du XII e siècle.

Cette œuvre a été imitée dés la fin du XIII e siècle et a inspiré des compositions dramatiques du XVIII e … C'est Jean Baptiste de Lacurne de Saint-Palaye (1697-1781), qui l'exhume, ainsi que bien d'autres manuscrits, des poussières où il gisait depuis quatre siècles. Il en propose deux traductions, encore qu'incomplètes, en 1752 et 1756.

Le petit livre a dû connaître un certain succès puisque Sedaine l'adapte pour le théâtre et André-Ernest-Modeste Grétry (1741 -1813 ) compose la musique ; la pièce est présentée à la cour en 1779 . C'est probablement cette année-là que Marie-Antoinette en chante des extraits avec Élisabeth Vigée-Lebrun Duette...

Lacurne de Sainte-Palaye écrit Ses Mémoires sur l'ancienne chevalerie, ce qui lui ouvrent les portes de l’Académie française en 1758.

 

L’Histoire du Chevalier du Soleil (1749) ou - '' L'Admirable Histoire du chevalier du Soleil ou sont racontées les immortelles proüesses de cest invincible Guerrier, & de son frère, Rosiclair, enfans du grand Empereur de Constantinople. Avec les exploicts genereux, & les adventures Amoureuses de la belle & vaillante Princesse Glaridiane, & autres grands Seigneurs. ''- est la version française de ce roman de chevalerie espagnol composé par Diego Ortunez de Calahorra en 1562 et qui fut augmenté d'interminables suites...

Antoine-René de Voyer de Paulmy

Le Marquis de Paulmy, bibliophile et médiéviste de l'époque, affirme que le cycle des Amadis est une suite du chevalier du soleil...

Antoine-René de Voyer d’Argenson, marquis de Paulmy (1722-1787), est bibliophile – avec une collection qui, en 1785, comprenait 52 000 volumes - et franc-maçon... Il se passionne pour la littérature médiévale. La fille unique du marquis de Paulmy épouse en 1771 le duc de Luxembourg, qui va devenir la même année administrateur du Grand Orient.

Quand J. L. de La Bermondie rencontre le Marquis de Paulmy ( ils sont du même atelier maçonnique ; l'Etoile Polaire ), le Marquis de Paulmy s'est retiré de la vie publique. Il n'a accepté l'office de chancelier de la Reine Marie-Antoinette en mai 1764, que pour des raisons financières ( traitement annuel de 7000 livres ..). On le dit avoir un esprit assez acerbe, caustique, ayant peu d'amis et aigri par se mauvaise santé. Pourtant, on peut le trouvé assez enjoué, quand il fréquente le salon de Madame Du Deffand dont il est l'un des familiers ; ou quand un lui parle de romans médiévaux, tel Perceval le Gallois...

Antoine René se lancera dans une entreprise commerciale la '' Bibliothèque Universelle des Romans'' qui veut répondre à l'engouement du public pour les fictions ; mais cette publication n'en souffre pas moins dans un certain milieu d'un préjugé défavorable de légèreté et de facilité... Aussi, le marquis de Paulmy se doit de trouver un prête-nom qui sera Bastide, La B.U.R. paraîtra chez Lacombe ( libraire du Mercure de France, ami de Voltaire...) )

Outre un appareil critique très intéressant (introductions, commentaire et analyses), la bibliothèque s'organise dans chaque volume selon un plan établi définissant les différents types de romans, en 8 classes : Traduction des romans grecs et latins, les romans de chevalerie, le roman historique, romans d'amour, romans de spiritualités, romans satiriques et comiques, Nouvelles historiques et contes, romans merveilleux. Le premier volume réunit l'âne d'or d'Appulée, Le roman de Merlin, Le triomphe des neuf preux, l'Astrée, Les aventures étranges de Lycidas et de Cléorithe de Basire, Le Satyricon, Le roman de Mélusine de Jean d'Arras, Le Dauphin par d'Aulnoy, La bonne femme par Mademoiselle de la Force... On y trouve donc des romans rares et les plus connus comme Don Quichotte.

Par la suite : Le prince Erastus, les contes de Perraut, Perceval le Gallois, la Cyropédie, Histoire de Zarine par Nicolas de Damas, Perceforest, roi de Grande-Bretagne, Romans de M. Camus, L'Utopie de More, Théagène et Chariclée, Histoire du chevalier Tristan, Argénis et Polliarque, Histoire de Jean Fauste, et nombre de contes et nouvelles historiques oubliés... On notera que les romans médiévaux sont bien représentés. Il ne se trouve que des extraits des longs romans, la bibliothèque universelle les intégrant dans la collection dont la vocation est d'être encyclopédique sur son sujet, elle tend donc chronologiquement à intégrer tous les romans écrits depuis l'origine jusqu'à l'époque contemporaine.

Cependant J. L. de La Bermondie, après lecture de cette publication, reprochera au Marquis de Paulmy de censurer les passages qui accentueraient trop ce que l'on nomme '' la merveille '' et de faire disparaître ce que l'époque nomme '' toute superstition rattachée au merveilleux médiéval'', certes au profit de la dimension courtoise, mais au détriment du mystère, et conformément à ce que nous dit la raison et la philosophie ..

Armes de Gauvain - Pentangle


Je reviens au '' Chevalier du Soleil '' qui pour les amateurs de La Légende Arthurienne, n'est autre que le Chevalier Gauvain

Petit-fils d’Uther, fils du roi Loth d’Orcanie, sa mère – Morgause - est la demi-sœur d’Arthur. Neveu d'Arthur, il lui restera fidèle … jusqu'à s'opposer à son ami, Lancelot...

Sa force croit et décroît avec le soleil comme le souligne Chrétien de Troyes :  «  le seigneur des chevaliers mérite bien d’être appelé soleil et c’est monseigneur Gauvain que j’appelle ainsi. Il illumine la chevalerie tout comme le soleil qui dispense ses premiers rayons du matin… ».

Le matin Gauvain a la force d’un homme, et plus le soleil monte dans le ciel, et plus il devient fort, jusqu’à ce que le soleil atteigne son zénith, puis sa force diminue jusqu’au soir où il redevient normal. Il est l'un des chevaliers le plus redouté de La Table Ronde … Galant et séduisant, Gauvain est paré de toutes les vertus de courtoises.

L'Aurora Consurgens de Thomas d'Equin

 Il tombe amoureux de la suivante de la Fée Laudine, Luned, qui montre un étrange savoir et une indépendance troublante. Luned séduit Gauvain par sa valeur et sa beauté, et le « Soleil de la chevalerie » s’unit à celle dont le nom célèbre l’astre de la nuit.

 Les travaux débutent lorsqu’il est minuit pour les profanes, alors que le soleil est au zénith pour les Chevaliers....

Dans la Franc-Maçonnerie du XVIIIe siècle, on retrouve au 18e degré, le grade de Chevalier du Soleil... Le Rite Ecossais Ancien et Accepté l'assimile en 1786, pour en faire le 28° degré du système ; considérant le Chevalier du Soleil comme suprême degré de philosophie du Rite, non pas comme une invention moderne, mais comme la survivance de degré supérieur des initiations anciennes.

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Comment J.L. De La Bermondie retrouve les Templiers, au XVIIIe siècle... -3/.-

Publié le par Perceval

Revenons en arrière, pour comprendre que dans l'idée de J.L. de La Bremontie, ce lien de la maçonnerie avec les templiers peut se justifier.

D'abord, il nous faut remonter jusqu'à Roger de Laron, ( bien connu sur ce site …), ancien templier et qui a laissé à ses descendants localisés à Saint-Julien le Petit ( château de Laron) un ''trésor'' contenant divers documents, dont les armoiries du seigneur de Laron, qui sont '' Une escarbouche à six raies pommetées ''. Un lettré du même bourg, le sieur Chaumény, expliqua à Jean-Léonard, la signification particulière de ce blason...

Jean-Léonard ( élève des jésuites …) sait déjà que le ''meuble héraldique'' qu'est l'escarboucle, vient du latin 'carbunculus' qui signifie ' petit charbon ', sous-entendu charbon ardent, rougeoyant.

Selon les légendes médiévales, l’escarboucle est la pierre que portent au milieu du front les dragons , les vouivres, et les Licornes ( sous leur corne).. Elle est aussi l'émeraude tombée du front de Lucifer. De cette Émeraude, on fit le vase du Graal ( voir Parzival de Wolfram von Eschenbach). La licorne ( avec sa pierre) attirée par les vierges, ou la vierge portant le Graal : c'est le même schéma … Avec l'escarboucle de couleur vermeille, rouge sang, déposée au fond du Graal, on a le but de la Quête …

En alchimie, l'escarboucle évoque la ''rubification'' alchimique, équivalent de la Pierre philosophale puisque doté de propriétés régénératrices.

Enfin, l'escarboucle est un symbole templier ; et il est intéressant de l'observer sur l'écu des Gémeaux ( à voir avec les 2 templiers sur un cheval …) sur la façade occidentale de la cathédrale de Chartres...

 

Le chevalier de Ramsay (1686-1743), né en Ecosse, se convertit au catholicisme en 1709, auprès de Fènelon et de Madame Guyon.. Ecrivain, philosophe, il est initié franc-maçon à la Horn Lodge le 16 mars 1730.

Le 26 décembre 1736 à la loge de Saint-Jean, Ramsay, comme « grand orateur de l'ordre », prononce un discours qui devient l’un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie française.

Il y fait la maçonnerie héritière des ordres chevaleresques de l'époque des croisades.

Au coeur du siècle des Lumières, une fois arrimée à la franc-maçonnerie, l’idée templière va se déployer dans l’univers des loges. La plupart des Rites maçonniques font de l’ordre du Temple la clef de voûte de leur système symbolique.

Par ailleurs, beaucoup de frères des Loges maçonniques affirment que quelques chevaliers avaient échappé à la persécution et s’étaient réfugiés dans la lointaine Écosse..

Karl Gotthelf von Hund, un noble saxon, fondateur du mouvement de la « stricte observance » raconte qu'après l’exécution de Jacques de Molay, Pierre d’Aumont, commandeur d’Auvergne, et sept autres chevaliers déguisés en maçons auraient récupéré les cendres du grand maître en jurant de venger l’ordre. Aumont se serait ensuite réfugié sur l’île écossaise de Mull, avant d’être désigné comme grand maître le 24 juin 1315, de la loge Heredom qu'il aurait fondé..


Les Templiers auraient survécu jusqu’au XVIIIe siècle sous le voile de la franc-maçonnerie. Le mythe de la survivance secrète des Templiers est né. C’est ainsi que quelques siècles après sa disparition, l’ordre des Chevaliers du Temple va connaître un destin aussi légendaire que fabuleux, et le mythe de la survivance secrète des Templiers, d’origine exclusivement maçonnique, a connu en trois siècles une diffusion dépassant largement l’univers des Loges.

Ainsi, dès 1737, on peut lire dans un gazetin : « Il s’est établi à Paris un nouvel Ordre qui vient d’Angleterre et qu’on nomme […] Francs-Maçons. C’est un serment de fidélité que se font ceux de cet Ordre […] et qui est à peu près comme l’Ordre des Templiers ». En 1746, L’Examen de la Société des francs-maçons… explique que « Les francs-maçons ont, comme les Templiers, des points tellement essentiels et secrets parmi eux qu’ils aimeraient mieux perdre la vie que de les découvrir ».

Réception maçonnico-templière en 1775


 

En France, le Rite Ecossais Rectifié, est une version de la la Stricte Observance Templière, née en Allemagne..

Lors du Convent de Wilhelmsbad (16 juillet – 29 août 1782), la légende d'un ''conseil suprême de Supérieurs Inconnus'' des Rose-Croix, n'est pas retenue; mais, il se forme à la place d'un ordre du Temple reconstitué : le Régime Écossais Rectifié dont les prieurés sont calqués sur l’organisation médiévale, et son degré terminal Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (CBCS) est un grade plus chevaleresque que maçonnique.

Le « Discours inaugural » des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte commence ainsi : « Trois de nos ancêtres, possédant le grand secret, trouvèrent le moyen d’échapper aux recherches générales et particulières que l’on fit contre eux. Ils errèrent dans les bois et les montagnes, de royaume en royaume ; enfin ils se retirèrent dans des cavernes proches de Herdown en Écosse où ils vécurent, servis et secourus par les chevaliers de Saint-André du Chardon, les anciens amis et alliés des Templiers. Ces trois Templiers firent une nouvelle alliance avec les chevaliers de Saint-André… ».

 

Une reliure maçonnique du marquis de Paulmy de 1777

 

.Tout ceci est dans l'air du temps ; un air que respire J.L. De la Brémontie, dans sa bibliothèque – celle de l'honnête homme – avec des ouvrages comme l’Amadis de Gaule, l’Histoire du Chevalier du Soleil, l’Histoire de Bertrand du Guesquelin, mais aussi l’Histoire de Malte de l’abbé Vertot… Chacun se consacrant en grande partie aux Templiers … Nous en reparlerons ...

A suivre ...

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Cazotte et la réalité ''fantastique'' – 3/ Nodier et Marion Delorme

Publié le par Perceval

Cazotte et la réalité ''fantastique'' – 3/ Nodier et Marion Delorme

Voici le portrait qu’a donné Charles Nodier (1780-1844) de Cazotte, qu’il avait vu dans sa jeunesse :

« A une extrême bienveillance, qui se peignait dans sa belle et heureuse physionomie, à une douceur tendre que ses yeux bleus encore fort animés exprimaient de la manière la plus séduisante, M. Cazotte joignait le précieux talent de raconter mieux qu’homme du monde des histoires, tout à la fois étranges et naïves, qui tenaient de la réalité la plus commune par l’exactitude des circonstances et de la féerie par le merveilleux.

Il avait reçu de la nature un don particulier pour voir les choses sous leur aspect fantastique, et l’on sait si j’étais organisé de manière à jouir avec délices de ce genre d’illusion. Aussi, quand un pas grave se faisait entendre à intervalles égaux sur les dalles de l’autre chambre ; quand sa porte s’ouvrait avec une lenteur méthodique, et laissait percer la lumière d’un falot porté par un vieux domestique moins ingambe que le maître, et que M. Cazotte appelait gaiement son pays ; quand M. Cazotte paraissait lui-même avec son chapeau triangulaire, sa longue redingote de camelot vert brodé d’un petit galon, ses souliers à bouts carrés fermés très avant sur le pied par une forte agrafe d’argent, et sa haute canne à pomme d’or, je ne manquais jamais de courir à lui avec les témoignages d’une joie folle, qui était encore augmentée par ses caresses. »

Charles Nodier met ensuite dans sa bouche un de ces récits mystérieux qu’il se plaisait à faire dans le monde, et qu’on écoutait avidement.

Il raconta une histoire étrange, survenue cinquante ans plus tôt, en 1740, qui impliquait une mystérieuse vieille femme appelée Mme Lebrun. Pour lui, bien qu'elle aurait eu près de cent vingt-cinq ans, elle devait être l'ancienne courtisane Marion de Lorme.

Cette année-là, il avait vingt ans, et arrivait à Paris. Il était recommandé à un certain M. Labrousse qui avait trois filles et avait fait fortune dans le commerce avec l'Inde.... Il ne tarda pas à tomber amoureux de l'une d'elles, appelée Angélique.

Rien ne semblait pouvoir s'opposer à son bonheur, lorsque la jeune fille lui déclara mystérieusement que, malgré l'amour qu'elle lui portait, il lui serait impossible de l'épouser, …. « Nous reparlerons de cela un jour, si nous sommes ici tous alors... Nous en reparlerons trois mois après la mort de madame Lebrun. »

« Madame Lebrun était « une femme extrêmement âgée qui habitait le second étage de la maison, et chez laquelle madame Labrousse et ses filles passaient au moins une soirée par semaine ; Angélique y allait plus souvent seule, et je me souvenais de l’en avoir vue descendre avec une émotion que ses traits expressifs ne pouvaient déguiser; mais cette observation n’avait laissé alors aucune trace dans mon esprit ; elle me revint tout à coup. »

Angélique refusait de s'engager en évoquant une mystérieuse prédiction de Mme Lebrun, sa voisine. Elle ne se voyait pas survivre plus de trois mois à la mort de celle-ci. Cazotte demanda alors à voir cette Mme Lebrun, surnommée «la fée d'ivoire», à laquelle on prêtait des absences mystérieuses, des pouvoirs de magicienne, et des dons de voyance.

Elle lui aurait révélé une fin tragique, « une catastrophe de sang ». Pour Cazotte, Mme Lebrun aurait eu près de cent vingt-cinq ans, et elle devait être l'ancienne courtisane Marion de Lorme :

Mais, Cazotte - écrit Charles Nodier - n'acheva pas son récit... Il le remit à plus tard, et prit congé...

 

Marion Delorme née en 1613, maîtresse de Cinq-Mars ( Henri Coëffier de Ruzé d'Effiat, marquis de Cinq-Mars, né en 1620 et exécuté le 12 septembre 1642, était un favori du roi Louis XIII.  ), partageait avec Ninon de Lenclos les suffrages de tout ce que Paris et la cour avaient de plus spirituel et de plus aimable. Du temps de la Fronde, elle apprit qu'elle allait être arrêtée (1650)...

Le bruit de sa mort se répandit. Jean Loret en parle ainsi dans sa Muse historique (2 juillet 1650) : « La pauvre Marion Delorme,/ De si rare et plaisante forme,/ A laissé ravir au tombeau / Son corps si charmant et si beau. ».

On prétend alors que c'est elle-même qui fait courir le bruit de sa mort ; on raconte qu’elle vit de ses fenêtres passer son convoi. Ici commence sa nouvelle vie ; le jour même de son convoi, elle part pour l’Angleterre, y épouse un riche lord, devient veuve, et revient en France fortunée...

Elle se marie encore plusieurs fois : au librettiste et historien de la musique Jean-Benjamin de La Borde, à un procureur fiscal de Gy en Franche-Comté, nommé Lebrun...

Certaines personnes la font vivre jusqu’en 1741, à l’âge de cent trente-quatre ans...

C'est le cas de Jean-Benjamin de La Borde dans sa Lettre de Marion Delorme, aux auteurs du journal de Paris (1780), fait naître Marion Delorme à Balhéram en Franche-Comté, le 5 mars 1606, et l’appelle Marie-Anne Oudette Grappin. Il s’appuie sur un extrait mortuaire qu’il rapporte des registres de la paroisse Saint-Paul, de 1741, ils contiennent en effet l’extrait mortuaire d’Anne Oudette Grappin, veuve en troisièmes noces de Lebrun, et âgée de cent trente-quatre ans.

 

Durant ces années troublées qui précédent la révolution, Cazotte participe de l’angoisse générale.

Avec le secours céleste, il interroge les morts et les anges. La marquise de Sainte-Croix s'est installée chez lui. Madame Cazotte, si elle ne semble pas jalouse, s'en plaint tout de même... Elle écrit à une amie :

« Tout ici est bouleversé. Le matin on prédit ce qui doit arriver le soir. L’autre soir la marquise a reçu son mari mort. Elle a conversé une nuit avec mon père que j’ai perdu l’an dernier en Martinique.. ma femme de chambre est somnambule… »

 

Cazotte manifeste des talents de voyant, il a des prémonitions qui lui viennent sous forme de rêves qui se réalisent en général dans les jours ou les semaines qui suivent.

C’est en 1788 qu’il aurait fait la fameuse prophétie rapportée par le Chevalier Jean-François de la Harpe dans ses mémoires en 1802 qui a fait couler beaucoup d'encre....

« Vous, Monsieur Bailly, et vous, Monsieur de Malesherbes, vous mourrez sur l’échafaud... Vous, Madame, on vous conduira en charrette, les mains liées derrière le dos, à la place des exécutions.

- Mais, Monsieur le prophète, lui répondait en riant la duchesse de Grammont, ne me laisserez-vous pas au moins un confesseur ?

- Non, Madame, non, lui répondait Cazotte énigmatique, non, vous n’en aurez pas, et le dernier supplicié qui en aura un, ce sera le roi !... », rapporte Louis Blanc dans son Histoire de la Révolution française.

Jacques Cazotte fut condamné à mort en 1792...

Lors de son procès, il est interrogé par le président du tribunal ( rapporté par le Marquis Stanislas de Guaïta) :

Q-Quelle est la secte dans laquelle vous êtes rentré ? Est-celle des Iluminés ?


R- Toutes les sectes sont illuminées, mais celle dont je parle…. J’y suis resté attaché l’espace de trois ans ; … néanmoins j’en suis demeuré l’ami. La connaissance par les choses occultes est une mer orageuse dont on n’aperçoit pas le rivage.

 

La sentence du tribunal le privant de la vie, est ainsi :

« Ecoutes les dernières paroles de tes juges ! Puissent-elles en te déterminant à plaindre le sort de ceux qui viennent de te condamner. Tes pairs t’on entendu, tes pairs t’on condamné… envisage sans crainte le trépas, songe qu’il n’a pas le droit d’effrayer un homme tel que toi.

Encore un mot. Tu fus homme, chrétien, philosophe, initié, sache mourir en homme, sache mourir en chrétien ; c’est tout ce que ton pays puisse encore attendre de toi ! »

 

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''Rose-Croix'' et ''théorie du complot'' au XVII et XVIIIe siècles

Publié le par Perceval

Les Effroyables Pactions Faictes entre le Diable et les pretendus invisibles...

 

Comment Jean-Léonard de la Bermondie s'est passionné pour une Connaissance qui lui était suggérée au travers de documents anciens, qui remontaient semble -t-il d'un ancêtre qui aurait été alchimiste et peut-être même Templier...

Cette histoire médiévale a été racontée ici-même, et fournissait à Jean-Léonard le désir d'aller plus avant …( voir aussi article précédent)

Comment à son époque, était-on préparé à s’intéresser, et à se frayer un chemin spirituel, avec une société comme '' La Rose-Croix'', puisque c'est d’elle que nous allons parler … ?

 

En préambule, il est nécessaire de prévenir le lecteur que ce n'est pas l'origine historique, objective d'un mouvement comme celui des Rose-Croix qui nous intéresse ici ; mais bien les effets prodigieux engendrés par le phénomène qui amène à ce qu'au début du XVIIIe siècle, le mouvement a déjà échappé à ceux qui l'avaient initié, et s'est trouvé être un véhicule fascinant pour tous ceux qui tentaient la Quête ...

Pour cette raison, et très tôt, les Rose-Croix, comme l'écrit le Le P. Jacques Gaultier en 1633, de la Compagnie de Jésus , sont perçus comme une hérésie « rejeton du Luthéranisme, mélangé par Satan d’empirisme et de magie. ». Le lien est également fait avec l'alchimie : Jean Roberti, jésuite et auteur d’un violent pamphlet contre l’alchimiste Goclenius (1618), assimile ceux qu’il appelle « les frerots de la Croix de Roses » à « une très pernicieuse compagnie de Sorciers & Magiciens » et à une « meschante conjuration de faquins prejudiciable à la Religion, aux Estats seculiers et à la doctrine des bonnes moeurs… ».

 

L'auteur inconnu de '' l'Examen sur l’inconnue et nouvelle caballe des frères de la Rozée-Croix '' (1624 ) fait une liste de transgressions commises contre les valeurs chrétiennes :

« [Leur] ABC et premier document – dit-il de cet « abominable collége » – c’est de renier Dieu createur de toutes choses, blasphemer contre la très simple et individuë Trinité, fouler aux pieds tous les mistères de la redemption, cracher au visage de la mère de Dieu et de tous les saints.

Le second, abhorrer le nom chretien, renoncer au baptesme, aux suffrages de l’Eglise et aux sacrements.

Tiercement, sacrifier au diable, faire pacte avec luy, l’adorer, lui rendre hommage de fidelité, adulterer avec luy, luy vouer ses enfants innocens et le recognoistre pour son bien faicteur.

Quartement, aller aux sabbats, garder les crapaux, faire des poudres venefiques, poisons, pastes de milet noir, gresles sorcières, dancer avec les demons, battre la gresle, exciter les orages, ravager les champs, perdre les fruits, meurtrir et martirer, son prochain de mil maladies. »

De même pour ''Les Effroyables Pactions Faictes entre le Diable et les pretendus invisibles'' qui reprennent maints faits diaboliques repris par les colporteurs et conteurs dans les campagnes jusque limousines ...

 

Voilà des attaques religieuses, qui laissent penser que le mouvement ''Rose-Croix'' délivre des propos qui ne devraient pas être anodins... et aussi résonnent avec des lectures romanesques ( '' romans de chevalerie'' ou ''romances'' en Angleterre...) prisées à l'époque. Par exemple :

L’Histoire prodigieuse et lamentable du Docteur Fauste traduite par Victor Palma-Cayet (1525-1610) : le pacte qui le lie au malin forme un thème structurant dans l’Examen.

On pense aussi à une autre légende allemande à propos du don d’ubiquité des ''Invisibles'' et de leur bourse merveilleuse, source d’une richesse inépuisable, qui plus est, capable de franchir les frontières, puisqu’elle jaillit en monnaie locale. Il s’agit évidemment de deux motifs empruntés aux Aventures de Fortunatus dont Vion d’Alibray avait donné au public une version française en 1615.

Fortunatus, héros cosmopolite, voyage à travers le monde grâce à un chapeau le conduisant instantanément au lieu désiré... il rencontra un jour la déesse de la Fortune dans une forêt qui lui remet une bourse qui a le pouvoir de se remplir à chaque fois que le besoin s’en faisait sentir - mêmes propriétés que celle dont sont gratifiés les Rose-Croix.... Une pièce de Thomas Dekker, contemporain de Shakespeare s’intitulait Old Fortunatus.

 

Également le Roman d’Anacrine en 1613 ou sont représentées plusieurs Combats, Histoires véritables & Amoureuses. Roman de chevalerie de François du Souhait (1570 – 1617)

Pour conter les exploits des vaillants chevaliers d'Anacrine, l'auteur utilise des grottes et forêts magiques, des temples ensorcelés et maints autres lieux féériques...

Dans cet univers aux dimensions immenses, au carrefour du rêve et de la réalité, évolue une foule de personnages. Dans la multitude des divers héros, retenons les principaux: Anacrine, fille du duc de Moravie, éprise d'Amédée, Richard d'Angleterre, Emmanuel d'Ecosse, six chevaliers Esclavons: Amaris le prudent, Aigolant l'accomply, Lintamar le constant, Mélidor sans repos, Apulin le jovial et surtout Amédée le courtois.

Plusieurs intrigues sont enchevêtrées les unes dans les autres : C'est d'abord l'histoire d'un tournoi proposé par le duc de Moravie. Cette histoire sous-tend l'ensemble du récit.

Le tournoi se déroule sur sept jours et s'achève sur la décision du duc de Moravie de donner sa fille à Floridor de Saxe. Mais le roman est aussi l'histoire des quêtes menées par le monde par divers chevaliers car "la coustume de Moravie estoit que ceux qui désiraient l'accolée du Prince, devaient amener avec eux une dame pour en prendre l'espée, ou du moins avoir le portrait de celle qui devait un jour authoriser leurs armes" . La quête de Richard d'Angleterre recherchant l'amour de Filinde, infante de Numidie, est l'un de ces fils conducteurs à côté de la quête d'Emmanuel d'Ecosse, "chevalier du Léopart", qui défend les couleurs de Luciane, sœur du duc de Moravie. Emmanuel d'Ecosse sera battu par un autre chevalier: Agrimante et se fera ermite, mais il finit par retrouver Luciane et l'un devient Sacrificateur, l'autre Prêtresse dans un temple enchanté . Aladin poursuit, lui aussi, sa propre quête.

Le "chevalier aux croix" est amoureux de Flavie, "chevalier aux cercueils", princesse de Braban. Aladin est un inconstant, l'issue de sa quête est malheureuse, Flavie devient une sorte de chevalier amazone. Nous pouvons lire également le déroulement de la quête d'Agrimante, cousin d'Aladin, "chevalier de la déesse" et épris d'Isidore, sœur d'Aladin. Econduit, il devient le "chevalier du désespoir". Ces quêtes constituent des fils d'intrigue dans Le roman d'Anacrine mais il en est d'autres:

 

Chacun des principaux protagonistes énumérés rencontre dans sa quête personnelle divers autres personnages qui, tous, font le récit de leurs propres aventures.

Ainsi, l'histoire du comte d'Aite, homme déjà instruit qui se laisse pourtant tenter pas le senor Aria. Celui ci l'initie à la pratique de la magie pour lui permettre d'obtenir la connaissance, sans devoir se plier aux efforts de l'étude. Le comte d'Aite choisit la damnation, pactise avec le diable et obtient, en échange de son âme, le don de rajeunir et celui de bâtir par magie des édifices, au gré de sa fantaisie....

Le Temple de la Rose-Croix, gravure du Speculum Sophicum Rhodostauroticum (Miroir de la sagesse des Rose-Croix) de Teophilus Schweighardt Constantiens (pseudonyme de Daniel Mögling), 1618

 

Ainsi, les prétendues enquêtes faites sur les ''Invisibles'' ( les Rose-Croix), sont puisées dans différentes fictions romanesques publiées en français quelques années ou décennies plus tôt.

Jean-Léonard de la Bermondie a la culture de ces lectures ; et il cherche à en faire le lien avec ce qu'il sait de la vie de Roger de Laron ( alchimiste et templier, je le rappelle ...)

C'est même un sujet de longues discussions avec un camarade d'école des pages, plus jeune que lui : le marquis de Lusignan...

Hugues-Thibault de Lusignan est lui-même porteur d'une légende et de l'histoire d'une lignée qui le dispose à s'interesser à cette Connaissance qui s'établit au cours des siècles ...

Ce qui a frappé Hugues-Thibault, c'est l'anneau que Jean-Léonard garde précieusement et qui remonte aux croisades ( ci-contre …).

 

Parmi les pièces du ''trésor'' légué par les seigneurs de Laron, dont le jeune noble limousin est dépositaire, se trouve également une croix métallique à branches égales du type de celle que présente le prophète Jérémie sur la statue du portail nord de la Cathédrale de Chartres ; et beaucoup d'autres documents qui relatent l'histoire de Roger de Laron...

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Jean Léonard de LA BERMONDIE et Roger LARON

Publié le par Perceval

Je reviens en arrière et retrouve Jean Léonard de LA BERMONDIE, en son ''château'' à St Julien le Petit de Laron...

Enfant, il connaît par cœur, les coins et recoins jusqu'au souterrain sous la butte, où se trouve les ruines de l'ancien château de Laron ; que la plupart, ici, appelle le Château de Rochain ( ou rochein)...

Depuis l'abandon ''officiel'' du site par son grand-père ; l'ancienne demeure médiévale a servi de carrière de pierres, pour construire le manoir actuel, mais aussi pour la construction de nombreuses maisons autour …

La mémoire des seigneurs de Laron, est depuis longtemps remisée dans l'obscurité d'un passé ''gothique'', donc barbare... De plus certaines histoires, racontées entre adultes à la veillée, ne sont pas très catholiques … Le passé alchimique, templier ( donc hérétique …) de Roger de Laron semble peu édifiant ...

La famille garde dans les greniers des coffres dans lesquels s'amoncellent des antiquités recueillies avant l'abandon du vieux château...

Jean-Léonard connaît mieux que quiconque ici ( depuis que son grand-père n'est plus), une partie des secrets et des légendes qui entourent le fameux ''Roger de Laron '', et sa femme Margot ; personnages qui hantent les bois et les alentours …

 

 ***         J'ai moi-même rapporté quelques unes de ces histoires, ici :( Exemples ...)

 

 

 
 

C'est un livre de la Bibliothèque Bleue, qui a fait comprendre à Jean-Léonard que ces légendes n'étaient pas que le fruit d'imaginations désordonnées. Il s'agit de '' la Vie de Sainte-Geneviève de Brabant'' ...

Bien sûr, ce type de livre tombe en disgrâce, et emporte aux oubliettes les romans de chevalerie et les contes de fées : Un auteur de la ''Bibliothèque universelle des romans '', en 1787, écrit :

« Honneur soit à la mémoire du brave Oudot, de l’honnête Garnier, dont les presses infatigables ont sauvé de l’oubli les prouesses de nos chevaliers, les amours naïves de nos pères, et toutes ces chroniques intéressantes qu’un injuste dégoût a reléguées sur les rebords de nos quais. […] Cette Bibliothèque bleue si dédaignée de nos orgueilleux critiques, amusa mes tendres années ; oui, j’aime à retrouver encore les doux souvenirs de cet âge, et les premières émotions de l’enfance. »

 

Effectivement Jean-Léonard de la Bermondie, élève au Collège jésuite de Limoges, puis résident à Versailles, aurait pu renvoyer cette histoire à leurs auteurs anciens ; si … Si les personnages n'avaient pas pris corps, ici : sur l'une des deux collines de l'autre côté de la Maulde, qui fait face au bourg. L'autre colline étant la butte du vieux château. Oui, ici, existent les traces ( encore aujourd'hui) de la fontaine Sainte-Geneviève, et les traces du déroulement de cette histoire :

Pour lire le contenu de cette histoire, c'est ici : SUR LA ROUTE DE ROGER DE LARON, CHEVALIER LIMOUSIN. - 2/3-

 

 

Ainsi, Jean-Léonard bien avant de la lire, connaissait et expérimentait cette histoire. Régulièrement des pèlerins venaient faire leurs dévotions ici ; envoyée par une personne initiée ayant le don de désigner '' la'' bonne fontaine correspondant au mal qui vous touche …

Ainsi, Jean Léonard de la Bermondie, est sensibilisé très jeune à la '' présence '' du mythe. C'est l'expérience des histoires de Roger de Laron ; qui vont le pousser à retrouver la trace des Templiers, à découvrir la résurgence d'une nouvelle chevalerie sur les chemins de la '' Rose-Croix'' ; la survivance de l'alchimie ; et la réalité d'une nouvelle société rêvée en Franc-maçonnerie

 

A la société du XVIIIème siècle, correspondent les aspirations de la renaissance médiévale des XII et XIIIèmes siècles...

Ces deux périodes vivent une profonde mutation des aspirations et idéaux des hommes et femmes : la chevalerie, l'amour courtois ( ou un certain libertinage …) , la croissance économique, technique et scientifique. Les débats politiques et religieux laissent espérer de nouvelles perspectives. Ces deux périodes sont sur le plan artistique et intellectuel les plus novatrices ; et auront été de merveilleux laboratoires d'idées...

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Don Quichotte face au Chevalier du Graal

Publié le par Perceval

Don Quichotte face au Chevalier du Graal

Le Héros médiéval est raillé par le personnage de Don Quichotte de Miguel Cervantes ( écrit au début du XVIIe s.)

Rappel:

Un pauvre ''hidalgo'' s'ennuie dans sa campagne de la Mancha et rêve d'idéal. Il lit tous les romans de chevalerie et pour atteindre à la même renommée que les héros de ses lectures, il décide de s'identifier à eux pour aller redresser les torts et lutter contre les injustices dans la Mancha. Il prend le nom de don Quichotte ( otte est un préfixe ridicule ), se revêt de son armure bricolée, monte sur son cheval Rossinante (latin rocin,âne et ante, avant) , identifie sa bien-aimée Dulcinée à une bergère des environs et très vite se fait seconder par un écuyer, le fidèle Sancho Panza qui s'associe à la folie de son maître...

 

Don Quichotte confond le livre et la réalité. Ainsi dans ce délire étourdissant du chapitre 17, où, face à deux troupeaux de moutons, le chevalier détaille pour Sancho ahuri les deux armées qu'il voit devant lui, « tant il était imprégné de ce qu'il avait lu dans ses livres mensongers »

Don Quichotte avait lu les ''romans de Chevalerie''. Ils étaient très en vogue, encore au ''siècle d'or'': El Siglo de Oro ( de 1492-1681). Le livre de Cervantes (1547-1616) est une parodie des mœurs médiévales et de l'idéal chevaleresque ; mais aussi une critique des structures sociales d'une société espagnole rigide et vécue comme absurde.

Pourtant le siècle des Lumières sera liée en Espagne avec une sorte de décadence sous Napoléon … L'inquisition reste puissante...

 

Revenons un peu en arrière :

La version castillane de la Quête du saint-Graal se nomme '' Demanda del Sancto Grial '', synthèse de modèles français et portugais.

« Dans un univers d’aventures foisonnantes, la Demanda réserve une place de choix au merveilleux avec la bête aboyeuse, les apparitions du Saint Graal et bien d’autres mystères. Elle cultive avec délectation l’art labyrinthique des romans de quête chevaleresque qui fascinaient tant Don Quichotte. La Demanda castillane est sans doute la dernière expression poétique d’une chevalerie médiévale flamboyante. » Philippe Walter dans la présentation de la traduction du texte.

 

La ''Demanda'' castillane est une réécriture en synthèse de La Quête du Saint-Graal et La Mort du roi Arthur) fusionnée avec le roman en prose de Tristan (composé vers 1230-1240). Cependant  la Demanda n’en contient pas moins des épisodes originaux pour lesquels aucune source française n’a pu être trouvée à ce jour. Il faut donc supposer l’existence d’autres sources inédites qui ont influencé les adaptateurs ibériques de cette matière.. »

 

Chaque chevalier part, seul, en Quête. Le récit s’intéresse successivement à chacun d’entre eux. Ce sont surtout Galaad et Palamède qui tiennent le devant de la scène à la fin de l’œuvre, mais un nombre important d’épisodes concernent tout au long du récit Gauvain, Érec ou d’autres chevaliers encore.

Galaad est véritablement le seul héros spirituel, il a renoncé aux séductions du monde pour se tourner vers l’espérance de la vie éternelle. Il est le modèle de vertus chevaleresques que l'Eglise valorise. La femme ici, tentatrice invétérée , pervertit les meilleurs chevaliers et Lancelot l’apprendra à ses dépens : il n’aura nul droit au Saint-Graal alors que son fils Galaad, le pur, le vierge et le juste, connaîtra le triomphe spirituel absolu : la contemplation suprême du Saint-Graal.

 

Don Quichotte, héros sorti directement de l'enfance, apprend, pas à pas, à surmonter les pièges que lui tend la vie sur terre.. Les hallucinations qui assaillent Don Quichotte se dissipent petit à petit ; mais elles ne sont peut-être qu'une mauvaise estimation de la magie dont est chargé toute réalité... Savons nous voir vraiment, au-delà de la ''banalité'', la ''sacralité '' de toute chose … ?

Cervantes a combattu les musulmans, et il a aussi rencontré une autre culture... Celle du désert où ont erré également Jésus et ses apôtres … Don Quichotte est peut-être aussi une réponse à la rencontre de deux cultures?

 

Don Quichotte refusera jusqu'au bout de sortir du projet sans lequel il ne peut vivre : « Dieu seul sait s'il existe ou non une Dulcinée sur le terre, balaie-t-il d'un revers de la main ; si elle est fantastique ou non ; et ce ne sont pas là des éclaircissements que l'on doit mener à terme. » ( Don Quichotte, 2nde partie) )

Don Quixote Knight and Death Theodor Baier

En opposition, Cervantes décrit un Don Quichotte pour qui le Graal est devenu un plat à barbe, qu'il prend pour le casque de Mambrin... La 'folie' de Don Quichotte le rend incapable de vivre comme le Roi Pêcheur mutilé... Le véritable objet de la quête de Don Quichotte c'est ''La chevalerie'', en même temps qu'il pense l'incarner... Perceval ( autre héros de l'échec...) ou Don Quichotte posséderaient donc le Graal, sans le savoir …

 

Don Quichotte n'a pas réussi à tuer le mythe de la Table Ronde...

Au contraire, ne pourrait-on pas penser que Don Quichotte a sa place parmi les Chevaliers de la quête ? …

Le ridicule ne tue pas ou ne démythifie pas … On pourrait ajouter à ces héros, L'Idiot de Dostoïevski, Gimpel d'Isaac Singer …

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Le carré magique numérique. -7/.- le pouvoir des chiffres.

Publié le par Perceval

Ce carré magique, sur une plaque de fonte, a été découvert en 1956 dans les ruines d’un palais de la banlieue de Xi’an : le Palais d’Anxi, fils de l’empereur mongol Qubilai (1215-1294), lui-même un petit-fils de Gengis Khan.

Ce carré magique, sur une plaque de fonte, a été découvert en 1956 dans les ruines d’un palais de la banlieue de Xi’an : le Palais d’Anxi, fils de l’empereur mongol Qubilai (1215-1294), lui-même un petit-fils de Gengis Khan.

Ce carré magique, selon une légende chinoise, aurait été révélé, à l'empereur Yü sur le dos d'une tortue au XXIIIe siècle avant J.-C. ( - 2200). Selon des écrits datant de 650 av. J.-C.

Ce carré magique, selon une légende chinoise, aurait été révélé, à l'empereur Yü sur le dos d'une tortue au XXIIIe siècle avant J.-C. ( - 2200). Selon des écrits datant de 650 av. J.-C.

Le carré d’ordre 4 du temple de Khajuraho en Inde du nord, réputé pour ses sculptures érotiques, les Mithuna. Ce carré dénommé  ''Chautisa Yantra '' qui daterait du 10ème siècle après J-C. a pour caractéristique qu’à l’intérieur, les 4 cases de chaque petit carré forment aussi la somme magique de 34...

Le carré d’ordre 4 du temple de Khajuraho en Inde du nord, réputé pour ses sculptures érotiques, les Mithuna. Ce carré dénommé  ''Chautisa Yantra '' qui daterait du 10ème siècle après J-C. a pour caractéristique qu’à l’intérieur, les 4 cases de chaque petit carré forment aussi la somme magique de 34...

En 1514, Albrecht Dürer (1471-1528) peint le  tableau "Mélancolie" et y fait figurer un carré magique.

En 1514, Albrecht Dürer (1471-1528) peint le  tableau "Mélancolie" et y fait figurer un carré magique.

Au Moyen-âge, on associait souvent, les carrés magiques aux planètes et aux métaux ( carré d'ordre 4 → Jupiter et l'étain. Le carré d'ordre 5 à Mars et au fer... )

En 1514, Albrecht Dürer (1471-1528) peint le  tableau "Mélancolie" et y fait figurer un carré magique. En effet le carré de Jupiter gouverne le tempérament sanguin, et combat l'ascendance de saturne, qui gouverne le tempérament mélancolique …

Vous avez peut-être remarqué : les deux chiffres centraux du bas 15 et 14 : indiquent l'année 1514, date de la gravure... Le 34 est dit '' nombre du '' soleil noir ''

* Comment construire un Carré Magique : ( restons dans l'ordre 4) ?

Il y a multiple façons de construire un carré magique...

En ce début d'année, je vous propose même ''votre'' carré magique 4x4 basé sur votre date de naissance, certains magiciens le considère comme un talisman :

Sur la ligne du haut, a= chiffre du mois de naissance ; b = jour, c = 2 derniers chiffres de l'année, et d= valeur numérique du tout ( exemple : 25/12/1978= 2+5+1+2+1+9+7+8=35=8)

Pour ce qui est des 3lignes suivantes, calculez selon le tableau

a

b

c

d

e=c-2

f=d+2

g=a-2

h=b+2

i=d+1

j=c+1

k=b-1

l=a-1

m=b+1

n=a-3

o=d+3

p=c-1

 

Soit, pour notre exemple :

 

12

25

78

8

76

10

10

27

9

79

24

11

26

9

11

77

Avec pour somme magique : S=123

Carré, peut-être 'artificiel', car il faut bien reconnaître, il n'a pas la '' beauté magique '' des autres...

 

Un autre ''tour'' de magie, si vous retenez les nombres fixes, disposés dans cette grille. Il suffit ensuite de demander un nombre entre 22 et 99 : qui sera la Somme magique = S

Exemple :

Le suivant est un vrai carré ( 5x5) magique, sa somme est 65 ( avec chacun des chiffres de 1 à 25)

 

1

15

24

8

17

23

7

16

5

14

20

4

13

22

6

12

21

10

19

3

9

18

2

11

25


Ce Carré magique ci-dessous nous est transmis par Le traité de Manuel Moschopoulos :

 

ses lignes et colonnes ont une somme égale à 65; 13, au centre du carré, est la moyenne arithmétique des couples de nombres pris symétriquement autour de lui, donc égaux à 26 (13 + 26 + 26 = 65).

Et, réfléchissez à sa construction, en observant les 25 nombres, disposés en diagonale ; puis ''enroulez'' les nombres disposés à l'extérieur, sur le carré comme s'il était un cylindre ….

Nous remarquons que le chiffre 13, correspond à la 13ème lettre de notre alphabet N (cf carré Sator)

Une autre méthode - à préciser pour ma part … - consiste à utiliser le pas du Cavalier aux échecs...

En effet :

On met le 1 dans une cellule au choix, on place le suivant (2) selon le mouvement du cavalier aux échecs : 1 pas à droite et 2 vers le haut pour y mettre le 2. Même chose pour les nombres suivants … * Lorsqu'on déborde du carré, on continue comme si le carré était ''enroulé'' ( comme précédemment)  : le côté droit collé à celui de gauche et le haut avec le bas. ''Il semblerait '' que si cette règle aboutit à placer un nombre dans une cellule déjà occupée, placer le suivant dans la cellule immédiatement en bas (cellule multiple de n)

Puis, on continue jusqu'à remplir le carré (dernier nombre : 25) ….

Je commence ….

 

 

 

 

 

 

 

Le ''problème du cavalier'' était connu du temps de Roger de Laron...

Il s'énonce ainsi : trouver le chemin parcouru par un cavalier qui part d’une case quelconque de l’échiquier et qui visite toutes les cases une et une seule fois. On exige parfois le retour sur la première case, on parle alors de ''parcours fermé'' ...

 

Un manuscrit arabe donne deux parcours, un par Ali C. Mani, un joueur d’échecs inconnu et l’autre ( à droite) par al-Adli ar-Rumi, qui connut ses heures de gloire aux alentours de l’an 840...

Un manuscrit anglo-normand du XIVe siècle propose un parcours ouvert ( ci-dessus) dont le but est d'amener le cavalier d'un coin(0) à un autre[63].

Plus tard, c'est le mathématicien Euler au XVIIIème siècle qui en fera une étude complète …

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Roger de Laron, et Noël au Moyen-âge.

Publié le par Perceval

Avant la période médiévale, dans l'Empire romain : L´empereur Commode (161-192) est initié aux mystères de Mithra. Cette religion respecte les dimanches comme jours sacrés et célébre la naissance de Mithra, dieu du soleil, le 25 décembre, '' Dies Natalis Solis Invicti ''…

En 274, 1’empereur Aurélien, conquérant en Orient, est le premier empereur qui se fait diviniser de son vivant, voulant renforcer ainsi son pouvoir politique et spirituel sur les multiples diversités et sensibilités de son empire. Il impose le culte du Soleil Invaincu comme religion d´état avec sa célébration au 25 décembre.

On dit que le choix du 25 décembre provient du calcul du solstice d’hiver dans le nouveau calendrier julien, on sait aujourd’hui que cette date est erronée…

Les Celtes – semble t-il - considérent aussi le 24 décembre comme le jour de la renaissance du Soleil. Ils ont coutume d'associer un arbre à chaque mois lunaire et dédient l'épicéa, qui est l'arbre de l'enfantement, à ce jour-là... !

Les chrétiens réagissent, aux culte païens, en instaurant une nouvelle fête : la naissance de Jésus, et choisissent bien sûr le 25 décembre …

Au Moyen-âge :

Le 24 décembre est la fête d'Adam et Eve...

Roger de Laron, a déjà entendu cette histoire populaire dans l'empire germanique : on raconte – au VIIe siècle - qu’un moine allemand, saint Boniface, voulait convaincre les druides germains que le chêne n’était pas un arbre sacré. Il en fit donc abattre un, mais en tombant, l’arbre écrasa tout ce qui se trouvait sur son passage, à l’exception d’un jeune sapin. C’est à partir de ce moment qu’on attribua au jeune sapin une allure de miracle; saint Boniface dit alors : «Désormais, nous appellerons cet arbre l’arbre de l’Enfant Jésus».

On dit aussi que le sapin symbolise «l’arbre du paradis».

Dès le XIe siècle, on présente des scènes appelées Mystères, dont celle du paradis, fort populaire durant l’Avent. Garni de pommes rouges, un sapin symbolise alors l’arbre du paradis. Et, apparait la coutume de décorer l’arbre avec des pommes rouges, en référence à la dimension biblique d’Adam et Ève qui avaient croqué la pomme interdite.

Le rouge s’associe donc à la fête de Noël. Il semble bien qu’au XIIe siècle cette tradition ait cours en Alsace, puis dans la vallée du Rhin, mais progressivement, elle se propage à une partie de l’Europe. On parle alors de décorer les maisons avec des branches coupées trois jours avant Noël

 

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