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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – RÉSUMÉ – 8/9 – PERCEVAL ET LA QUÊTE DU GRAAL

Publié le par Perceval

 

Les aventures individuelles où les chevaliers mesurent leur valeur à force d’exploits et de gloire se poursuivent jusqu’au jour où Perceval arrive à la cour du roi Arthur.

Perceval est un jeune homme rustre, élevé dans la forêt et coupé du monde des chevaliers par sa mère.   Sa naïveté peut faire sourire, mais il est promis à un grand destin.

Parzival : les adieux de sa mère

L’enfance de Perceval gagne à être comparée à celle de Finn ( fils de Cumhal).

Perceval est le premier témoin du Graal, et cela se passe dans le roman de Chrétien de Troyes : le Conte du Graal ( 1182)

Le Graal est une coupe magique et sacrée qui a le pouvoir de guérir et d’apporter la prospérité. En revanche, s’il n’est pas retrouvé par celui qui doit être son gardien et protecteur, de grands malheurs peuvent s’abattre et dévaster un pays tout entier, comme celui du Roi-Pêcheur.

Quest of the Holy Grail by F. Leeke

Perceval reste sous l’emprise d’une « faute » qui l’empêche de poser deux questions salvatrices devant la lance qui saigne et le Graal.

Dans les continuations du Perceval, il poursuit une quête de chevalier errant après avoir été marqué par la fatalité saturnienne de la Mélancolie ( gouttes de sang dans la neige et révélation christique du vendredi saint par un ermite).

Ensuite, la Quête du Graal est proposée aux chevaliers de la table Ronde, et tous vont alors se lancer dans cette quête mystique. 

Perceval, Galahad, & Bors Fulfill Grail Quest

La quête du Graal n’est pas pour les chevaliers le moyen de réaliser une nouvelle prouesse personnelle. Ceux qui le croient sont d’ailleurs rapidement disqualifiés. Il s’agit d’une quête collective au départ, puis individuelle parce que spirituelle. Les hommes doivent oublier leur vanité et leur ambition pour se mettre au service d’une cause commune qui les dépasse. Retrouver le Graal, c’est permettre à toute la société Arthurienne de s’élever au dessus du plan humain, de s’ouvrir à des valeurs spirituelles et morales, d’accéder à une dimension héroïque et sacrée.

Après une longue errance, trois chevaliers seulement parviennent à s’approcher du Graal : Perceval, Bohort et Galaad. Seul Galaad, le fils de Lancelot pourra, grâce à sa pureté exceptionnelle regarder à l’intérieur de la coupe et observer son mystère, mais il n’y survivra pas et sera emporté par les anges dans un moment d’extase. 

Note: De nombreux articles, ici, vous décriront les détails de cette Quête...

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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – 6/9 – LANCELOT 2

Publié le par Perceval

Lancelot à la Douloureuse Garde

Lancelot à la Douloureuse Garde

Lancelot-et-Guenièvre - XIVe

C’est Guenièvre qui parle à Lancelot des maléfices du château de la « douloureuse garde ».

Il s’agit d’un château, d’où s’élève derrière les murailles, des hurlements, cris d’agonie et des sanglots raisonnant tel un concert funèbre. Autour de ce château sont dressées deux gigantesques murailles, ouvertes par une seule et unique porte chacune. De tous les hommes qui ont voulu délivrer les malheureux criants de ce château, personne n’est jamais revenu. Le seigneur de la « douloureuse garde » est Brandus des Iles, qui garde prisonnier son peuple et le torture à son bon plaisir. Ce sont les cris de son peuple que l’on peut entendre.

 

Lancelot prenant la Douloureuse Garde

Sachez que Lancelot part dans cette aventure avec un écu à trois bordures rouges, donné par la fée Viviane, et qui décuple sa force au combat. Grâce à l’écu de Viviane, il arrive à venir à bout de ses adversaires et le château devient le sien, il le rebaptise du même coup château de la Joyeuse Garde.

Le château a un cimetière avec une tombe, surplombée d’une épée en or, portant l’inscription : « Ici reposera Lancelot du Lac, fils du roi Ban de Benoïc et vainqueur de la Douloureuse Garde« . Il apprend donc en même temps le secret de sa naissance et celui de sa mort.

Au fil des tournois et des combats, sa réputation ne cesse de grandir, tout comme son amour pour Guenièvre.

Dans la forêt de Brocéliande, au Pont du secret, les deux amants se sont déclarés leur amour.

La Chambre aux images (La Mort du roi Arthur)

Leur liaison perdure jusqu’au jour où la fée Morgane attire Arthur jusqu’à la « Chambre des images ».

Morgane révèle au roi son infortune en lui dévoilant les images de Guenièvre et Lancelot étroitement enlacés.

Dénoncé par Morgane, Lancelot tombe fou et erre dans la forêt. La Dame du Lac vient à son secours et le soigne. C’est alors qu’on apprend l’enlèvement de Guenièvre par Méléagan.

Méléagant, fils du roi de Gorre, et amoureux de la reine Guenièvre, vient défier les chevaliers.

Méléagant se bat alors contre Keu et le blesse. Puis, Il prend la fuite en s’emparant de Keu et de Guenièvre, poursuivit par Lancelot.

Lancelot, après un instant d’hésitation… accepte de devenir " le chevalier à la charrette" , c’est à dire qu’il endosse l’habit des voleurs et des manants et s’installe auprès d’eux dans la charrette de l’infamie…. ( épisode à lire …)

 

Après avoir chevauché nuit et jour, Lancelot parvient aux abords du château de Baudegamu, ou sont détenus Keu et Guenièvre.

 Il réussi à franchir le terrible Pont de l’Épée, une immense épée tranchante comme un rasoir posée entre deux rives. 

Devant cet exploit, Lancelot est acclamé et le roi Baudegamu propose alors de libérer tous les prisonniers, mais Méléagant refuse et défie Lancelot.

Dès le lendemain, Lancelot et Méléagant s’affrontent. Lancelot a rapidement le dessus.

Baudegamu ordonne alors l’arrêt du combat, et Lancelot peut ainsi repartir pour Camelot avec « sa dame ».

 

Lire Aussi:

  1. La Légende des chevaliers de la Table Ronde – 5/9 – Lancelot 1 : Le roi et la reine de la Petite Bretagne, Ban de Bénoic et Élaine, vivent heureux dans leur château proche...

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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – 5/9 – LANCELOT 1

Publié le par Perceval

par Keith Parkinson ( détail)

Le roi et la reine de la Petite Bretagne, Ban de Bénoic et Élaine, vivent heureux dans leur château proche de Brocéliande. Ban de Bénoic est le descendant direct de Joseph d’Arimathie ( Joseph d’Arimathie est le disciple qui a emporté le corps du Christ après sa crucifixion et aurait également recueilli son sang dans le saint calice, également appelé Saint Graal…)

Le château est situé au milieu d’un marais réputé imprenable, mais le seigneur voisin, le roi Claudas, – ennemi juré de la famille Pendragon, qui cherche constamment à agrandir son territoire – réussit à l’incendier.

Le couple parvient à s’échapper du château en flammes, Élaine serre bien fort son nouveau né dans ses bras. Après avoir réussi à traverser le marais, ils s’arrêtent près du lac de Comper. Ban de Bénoic est accablé par la perte de son château et de son royaume. Il meurt de chagrin, et laisse sa femme et son enfant Lancelot, au bord du lac.

La reine, restée seule avec l’enfant, vient de perdre sa demeure, son royaume et par-dessous tout l’amour de sa vie.

 

 

Le lac près duquel ils s’étaient réfugiés n’était pas un simple lac. En la forêt de Brocéliande, ce lac était connu non pour la beauté de son rivage, mais plutôt pour ce qu’il abritait : un château de cristal que seuls des personnes invités par la maîtresse des lieux pouvaient rejoindre. Il était habité par Viviane, que les habitants de Brocéliande avaient surnommé la Dame du Lac.

Prise de pitié devant l’égarement de la reine éplorée, la fée Viviane, se saisit de l’enfant ( Lancelot) et plongea dans le lac, le mettant en sécurité dans son mythique palais de cristal. Élaine voit son enfant disparaître dans les flots, porté par une femme inconnue avant même qu’elle ne puisse réagir.

 

Elle cherche désespérément autant qu’elle le peut… Elle nage d’un bout à l’autre du lac… Puis le souffle lui manque, elle ne peut remonter à la surface. Le lac de Comper, où elle s’était réfugiée avec son mari et son enfant, devient finalement, pour elle aussi, sa dernière demeure.

Durant toute son enfance, Lancelot ignore quelles sont réellement ses origines. Viviane veut en faire un chevalier parfait. Pour cela, elle lui enseigne toutes les techniques de combats, lui apprend également à chasser et même à jouer d’un instrument de musique. Pour parfaire son éducation, elle lui inculque toutes les règles de noblesse d’esprit et de courtoisie qui font les qualités essentielles d’un chevalier en dehors du combat.

Puis vient le temps, où Viviane envoie le jeune chevalier à la cour du Roi Arthur ; là, il fera partie des meilleurs chevaliers de tous les royaumes environnants. Il quitte alors le domaine de la Dame du Lac, chevauchant un beau cheval blanc que sa mère adoptive lui a offert quelques années plus tôt.

Il prend la direction de la Carmélide et commence, sa longue chevauchée vers le château du roi Arthur, à Camelot. Lorsqu’il y arrive enfin, le roi a déjà entendu parler de Lancelot par Merlin, il sait qu’il est le protégé de la Dame du Lac, mais il ne connait pas plus ses origines que Lancelot lui-même. À la demande de Viviane, et grâce à l’aide du chevalier Gauvain ( fils légitime du roi Lot d’Orcanie et de la reine d’Orcanie et neveu du roi) , Arthur accepte de l’adouber.

Lors d’un beau matin, après une nuit de prière, Lancelot est introduit durant la grand-messe en l’église de Camelot. C’est ce moment qui est choisi par Arthur pour le faire chevalier. Lorsque Lancelot s’agenouilla devant le roi, il découvre à côté du roi une femme magnifique dont il tombe éperdument amoureux au premier regard.

Arthur, Guenièvre et Lancelot by Annette Marnat

 

C’est la reine Guenièvre, qui elle non plus, n’arrive pas à détourner son regard du jeune homme sur le point de devenir un des chevaliers de son époux, le roi de Logres.

 

Devenu chevalier par la simple suggestion d’une femme, fut-elle ensorceleuse et maîtresse d’un château sous marin, Lancelot ne s’est pas vraiment attiré la sympathie de ses frères chevaliers. Il se met alors en tête d’accomplir des quêtes pour gagner le respect de ses pairs.

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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – RÉSUMÉ – 4/9 – YVAIN

Publié le par Perceval

A partir de la Table Ronde, point central de son pouvoir, Arthur envoie ses chevaliers partout dans le royaume pour y accomplir prouesses et exploits.

Leur mission est d’apporter la justice, l’ordre et la civilisation aux quatre coins de la Bretagne.

Pour cela, Gauvain, Yvain, Lancelot et les autres vont devoir affronter maléfices et sortilèges, géants et dragons, créatures monstrueuses, chevaliers félons et magiciennes, nains malfaisants, etc. Ils devront traverser des forêts sauvages et hantées, des châteaux merveilleux aux mille dangers, des lieux déserts susceptibles de les conduire aux frontières de l’Autre Monde et beaucoup d’autres épreuves. A travers toutes ces aventures, les chevaliers diffusent partout l’idéal de la Table Ronde et les valeurs chevaleresques au nom du roi Arthur. Ils contribuent ainsi à amener le progrès et la lumière de la civilisation dans toute la Bretagne.

Chacun des chevaliers a fait le serment solennel qui les relient tous les uns aux autres jusqu’à la mort : « Que jamais Dame, Damoiselle ou Homme ne viendrait demander aide à la cour sans l’obtenir, et que, si l’un des chevaliers présents disparaissait, les autres, tour à tour, se mettraient sans trêve à sa recherche, pendant un an et un jour ».

En parallèle de leurs prouesses, la plupart des chevaliers vivent également de belles histoires d’amour, souvent tourmentées. Conformément aux règles de l’amour courtois, les femmes qu’ils courtisent sont de noble naissance, toujours très belles, mais pas toujours disponibles. Ces idylles conjuguent de grands bonheurs et de terribles déceptions qui conduisent parfois les chevaliers aux limites de la folie.

Ainsi, Yvain ( le fils de Morgane et du roi Urien ) pour sa première aventure se dirige vers ce que l’on appelle la Fontaine Merveilleuse… Il suffit de verser de l’eau du bassin sur la pierre formant la fontaine et le tonnerre se fait entendre, les nuages noirs s’amoncellent juste au dessus du malheureux qui a provoqué cette tempête. 

Plus aucun animal ne reste dans les parages car en plus du tonnerre, la pluie et la foudre envahissent la forêt. Celui qui arrive à laisser passer cette tempête magique sans avoir de dommages se rend compte alors que le bruit fracassant du tonnerre a réveillé le gardien de cette fontaine…. Vêtu de noir de la tête aux pieds, il s’avance vers Yvain l’épée sortie de son fourreau.

Le combat dure un long moment, chacun cherchant les faiblesses de l’autre.

Yvain se rend compte que plus le gardien s’éloignait de la fontaine, plus ses forces diminuent. Lorsqu’il comprit cela, le chevalier s’efforce d’éloigner le gardien petit à petit et finit par le transpercer de sa lame.

Yvain n’a pas à l’esprit à ce moment là, qu’il vient de tuer le gardien, et comme dans beaucoup de légendes, il doit prendre cette place devenue vacante. ….

Dame de la Fontaine -selon-Alan-Lee

 

Yvain tombe amoureux de la dame, maîtresse des lieux qui pleure son époux…. Avec la complicité de sa servante, il épouse la belle Laudine… Mais il n’est pas dans le destin d’un chevalier de mener une « vie bourgeoise » … Yvain repart pour d’autres combats : « Si vous voulez conserver mon amour et si vous tenez vraiment à moi, pensez à revenir bien vite, dans un an au plus tard, huit jours après la Saint-Jean. »

Hélas, comment un chevalier pourrait-il ne pas dévier son chemin lorsqu’on l’appelle au secours, par exemple trois cents pucelles prisonnières car il ne peut dans sa vaillance laisser quiconque dans la souffrance, mais le terme approche et il le dépasse… Yvain devient à moitié fou lorsque Laudine se détourne de lui.

Bien des aventures plus tard, parmi lesquelles un extraordinaire compagnonnage avec un lion, Yvain reviendra et vivra heureux avec sa belle.

Pour Lancelot, c’est pire encore car il a le malheur d’être amoureux de la reine elle-même. Il est donc toujours déchiré entre cette passion irrésistible pour Guenièvre et sa loyauté envers le roi. Quant à Gauvain, les choses sont plus simples pour lui car c’est un séducteur invétéré qui préfère conquérir une multitude de femmes plutôt que de s’attacher à une seule.
 

Toujours est-il que ces nombreuses intrigues amoureuses sont souvent le moteur d’extraordinaires aventures aux multiples rebondissements romanesques. Elles sont souvent le point de départ des quêtes entreprises par les chevaliers.

 

Lire Aussi:

  1. La Légende des chevaliers de la Table Ronde – résumé – 1/9 La légende du roi Arthur est une suite d’histoires enchâssées les unes dans les autres, et de diverses origines …...
  2. La Légende des chevaliers de la Table Ronde – résumé – 3/9 C’est maintenant, que se met en place l’origine de la malédiction qui planera sur la tête du Roi Arthur… Pendant...
  3. La Légende des chevaliers de la Table Ronde – résumé – 2/9 – Tout commence avec la naissance de Merlin. Fils d’un démon et d’une vierge, à la fois homme des bois...

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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – RÉSUMÉ – 3/9

Publié le par Perceval

C’est maintenant, que se met en place l’origine de la malédiction qui planera sur la tête du Roi Arthur…

Morgan et son fils Mordred by Asterodia

Pendant son séjour à Londres pour son élection royale, Arthur est tombé amoureux de Morgue l’épouse du roi Loth d’Orcanie, reine fameuse pour sa beauté. Avec elle, il engendre un fils, Mordred. Or, sans le savoir, Arthur s’est rendu coupable de l’un des pires crimes qui soient : l’inceste. il ignorait en effet que la reine d’Orcanie était sa demi-sœur.

D’autres textes indiquent qu’au cours de cette nuit fatale, c’est en réalité avec la magicienne Morgane que s’unit Arthur : elle aurait sciemment séduit son demi-frère pour que sa descendance soit maudite.

Bien plus tard, l’un de ses fils Gaheriet, la tuera lorsqu’il la trouvera entre les bras de son amant, Lamorak.

 

Alan Lee - Camelot (off 'Castles')

Une fois monté sur le trône, Arthur garde Merlin comme conseiller. A eux deux, ils vont entreprendre de grandes choses. Sur les conseils de son mentor, Arthur installe sa cour dans la ville de Camelott. Il y attire les meilleurs chevaliers du royaume et les réunit autour de valeurs communes. Cela lui permet de fédérer la Bretagne et de lui donner une unité sous son autorité.


Après son élection, Arthur est soutenu par l’Eglise, les pauvres chevaliers sans terre et le peuple. Mais tous les barons n’acceptent pas d’obéir à celui qu’ils considèrent comme un bâtard, et il doit bientôt faire face à une révolte, menée par le les rois d’Orcanie et de Nogales. Ce n’est pas tout : Arthur doit également affronter une invasion de barbares saxons, qui profitent du désordre qui règne dans le royaume. Ces combats mettent rudement à l’épreuve le jeune roi ; mais il se révèle un guerrier si brillant que les barons révoltés finissent heureusement par mettre un terme à leur querelle et acceptent de se soumettre pour écraser l’envahisseur. C’est une période mouvementée, riche de combats épiques et de nombreuses péripéties.

Vincent Pompetti - Le mariage d'Arthur et Guenievre

Parmi ces dernières, on peut en retenir une : sur les conseils de Merlin, Arthur s’était porté au secours de son vassal, le roi de Carmélide, dont le petit royaume était attaqué par une troupe de Saxons et de géants païens. 

Or, ce roi avait une fille d’une grande beauté, Guenièvre, dont Arthur, tombe sur-le-champ éperdument amoureux — elle porte pourtant un nom de mauvais augure : en gallois, Gwenhwyfar signifie « blanc fantôme ».

Merlin avait alors mis en garde son roi : si ce dernier épouse Guenièvre, elle le trahira avec un chevalier de sa cour. Mais Arthur était passé outre, et, une fois les ennemis écrasés et la paix revenue, il avait épousé la jeune femme, qui devenait par conséquent reine de Grande-Bretagne.

Arthur épouse donc, la belle reine Guenièvre, fille du roi Léodagand de Carmélide, et ce dernier offre à Arthur, en cadeau de mariage, la fameuse Table Ronde qui symbolisera son règne.

Table Ronde dans le film 'First Knight'.

 

Avec cette union Arthur n’est plus un roi guerrier dont la vie se résume à d’incessants déplacements d’un champ de bataille à l’autre ; en s’unissant à Guenièvre, il devient un roi civilisateur, régnant sur sa cour, et légitimement préoccupé de fonder une dynastie. Aussi, ces douze premières années sont-elles placées sous le signe de la paix et du bonheur. Installé dans son château de Camelot, Arthur règne sur une cour brillante et raffinée, à laquelle il impose un idéal de civilité qui a pour nom la courtoisie. 

Là, il vit entouré d’une élite de chevaliers soudés aussi loyaux que soudés par une amitié indéfectible : les chevaliers de la Table ronde. Ils siègent à des places assignées autour d’une table ronde, et leur nombre est variable : entre douze en cent cinquante, selon les récits.

Cependant, le « noyau dur » de cet ordre chevaleresque est constitué par un nombre limité de personnages. Dès l’origine, on trouve : Keu le sénéchal ; Béduier le bouteiller (ou échanson) ; Gauvain, le neveu très courtois du Roi; Agravain ; Gaheriet et Gueherriet, ses autres neveux ; Sagremor le desréé (c’est-à-dire « le sauvage »). Plus tard, cette liste s’enrichit de nouveaux noms : Lancelot du lac, chevalier invincible; Perceval le Gallois; Tristan, neveu du roi Marc; Bohort ; Lionnel ; Lamorat ; Galaad, chevalier parfait et fils de Lancelot, et enfin Mordred, le traître.

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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – RÉSUMÉ – 2/9

Publié le par Perceval

by-MarjorieCarmona

– Tout commence avec la naissance de Merlin. Fils d’un démon et d’une vierge, à la fois homme des bois et sage possédant tout le savoir du monde, il est un personnage qui fait la transition entre l’ancien monde des druides, de la magie et des croyances ancestrales et la future société féodale, ordonnée, civilisée et régie par les valeurs chrétiennes. Il a un pied dans les deux univers. Merlin sait tout, il voit l’avenir et anticipe les événements futurs. Il sait dès son plus jeune âge qu’il doit aider les rois de Bretagne à accomplir une mission importante : unifier et civiliser le royaume.

A l’âge de sept ans, il se rapproche de l’usurpateur Vortigern qui a chassé du trône l’héritier légitime Uter Pendragon. Merlin fait mine d’aider Vortigern, mais grâce à sa clairvoyance, il prédit sa chute et le retour d’Uter. Cela se produit seulement quelques mois après. Le jeune Uter revient réclamer son trône, entre en guerre contre Vortigern et sort vainqueur lors d’une ultime bataille. Il devient donc roi de Bretagne.

Reconstitution du Château: TintagelRuines du château de Tintagel, où Arthur aurait été conçu 
Arrivée d'Uter Pandragon à Tintagel Conception d'Arthur

– Quelques années plus tard, Uter tombe amoureux d’une femme mariée. Elle se nomme Ygerne et est l’épouse du duc Gorlois de Cornouailles. Elle a deux filles : Morgause, qui épousera le roi Lot d’Orcanie, et Morgane, qui deviendra une grande magicienne. En dépit de toute morale, Uter veut à tout prix conquérir Ygerne. Il n’hésite pas pour cela à assiéger le château de Tintagel où vivent Gorlois et sa famille. Merlin condamne l’attitude du roi, mais comme il devine l’avenir, il décide malgré tout de l’aider.

Grâce à un sortilège, il permet à Uter de prendre l’apparence du duc. Sous les traits de son rival, Uter passe la nuit avec Ygerne et engendre un enfant. Ce sera Arthur.

Au cours de cette nuit, non seulement Ygerne n’y vit que du feu, mais par surcroît, son propre mari trouva la mort dans un combat. Uter finit par épouser Ygerne, mais en contrepartie de ces actes condamnables, Merlin exige que le nourrisson lui soit remis dès sa naissance. Sans en révéler l’identité, il le confie ensuite à l’épouse d’un petit seigneur, Antor, qui l’élève comme son fils. Il reçoit ainsi l’éducation d’un chevalier.

Uter n’a pas d’autres enfants avec Ygerne.  A la mort d’Uter, quinze années plus tard, la Grande-Bretagne se retrouve sans héritier légitime…

 

Arthur et l'épée - by H E Marshall - 1905

Les barons ne parviennent pas à trouver un moyen pour sortir de cette crise, aussi s’en remettent-ils à l’archevêque de Londres, qui leur recommande, au cours d’une messe plénière, d’attendre un signe de Dieu. C’est Merlin ( il connaît seul l’existence d’Arthur) qui met en œuvre le signe attendu :

C’est à la sortie de l’Eglise, sur le perron on découvre un curieux prodige : une épée profondément fichée dans une enclume, sur le perron de pierre.

Sur sa lame, on peut lire l’inscription suivante : seul le roi légitime pourra arracher l’épée.

Tous les barons tentent en vain de retirer la lame, jusqu’à ce que survienne un jeune homme de quinze ans, qui demande à passer l’épreuve - et à la stupéfaction générale, Arthur tire l’épée sans effort. Car ce jeune chevalier de quinze ans, c’était lui, venu à Londres avec son père adoptif.

King Arthur par Charles Ernest Butler, 1903

 

Arthur reçoit aussitôt le soutien de l’archevêque, mais une partie de la noblesse refuse de reconnaître pour roi cet homme inconnu de tous.

Ils s’opposent au couronnement, qui est plusieurs fois repoussé, ce qui laisse aux barons le temps de mettre le jeune Arthur à l’épreuve ; mais tous doivent s’incliner devant sa force et sa sagesse.

L’élection d’Arthur est enfin admise — et Merlin peut alors révéler l’origine du futur roi : il est bel est bien le fils d’Uter Pendragon...

A suivre ...

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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – RÉSUMÉ – 1/9

Publié le par Perceval

La légende du roi Arthur est une suite d’histoires enchâssées les unes dans les autres, et de diverses origines … Elle met donc en scène de nombreux personnages, et chacun pourrait être le héros ou l’héroïne d’une succession d’histoires entremêlées.

BnF - La légende du roi Arthur Le roman en prose A partir de 1215 c'est en prose que se développe la légende arthurienne à travers le cycle du Lancelot-Graal

 

La légende est très ancienne, et elle a fait l’objet de nombreuses réécritures. Il arrive que certaines versions contredisent des plus anciennes, que des symboles importants prennent au fil du temps des significations différentes, ainsi en est-il du Graal. Au cours du XIIIe siècle, la légende s’est christianisée, en partie autour de la Quête du Graal …

 

La légende se déroule principalement sur les terres de Bretagne, c’est à dire en Angleterre et au Pays de Galles et pour certains épisodes, au delà de la mer, en Bretagne continentale (Armorique).

 

On retrouve toujours les mêmes personnages principaux : le roi Arthur, Merlin, la reine Guenièvre, Gauvain, Yvain, Lancelot, Perceval, etc. Leurs aventures varient parfois d’un texte à l’autre, mais les protagonistes restent les mêmes, même s’ils évoluent ( ainsi le chevalier Gauvain, Morgane, ou même Merlin …) ou apparaissent, comme Galaad qui se rajoute dans les versions christianisées …

Cette vaste légende pourrait se diviser en – au moins – quatre parties :

– D’abord la mise en place du cadre. C’est là que Merlin et Arthur établissent les fondations du nouveau royaume de Bretagne, ils érigent les piliers de la future société de la Table Ronde. Une fois ce cadre établi, Arthur et Merlin passent au second plan et laissent les chevaliers s’illustrer à leur tour.

Merlin et le Roi Arthur - by Steve Roberts

– Ces derniers sont alors présentés comme les nouveaux héros de l’histoire alors qu’Arthur et Merlin deviennent des personnages secondaires, ancrés dans le décors. La légende décrit donc une série d’exploits individuels où des chevaliers comme Gauvain, Lancelot ou Yvain rivalisent de prouesses.

– Enfin, avec l’arrivée de Perceval et le début de la Quête du Graal, la légende prend une dimension plus mystique et plus spirituelle.

Finies les aventures individuelles et la vaine quête de gloire personnelle, la société de la Table Ronde cherche son accomplissement dans la spiritualité, dans un idéal moral qui transcende le plan humain. A l’occasion de cette quête, la Bretagne – autrefois une terre sauvage et indomptée, sous l’emprise de la magie et de créatures étranges – est désormais un royaume civilisé, dominé par la loi des hommes et de Dieu.

– Cependant, la société de la Table Ronde, dernier vestige d’un monde ancien, finit par s’effondrer sur elle-même, c’est La Mort d’Arthur.

Le roi et les chevaliers, et même Merlin, sont rattrapés par leur humanité, leurs péchés, leurs passions, ils ont du mal à se montrer dignes des nouvelles valeurs morales qui ont été instaurées. Ainsi, le monde de la Table Ronde finit par disparaître à cause de querelles entre chevaliers, de trahisons et de guerres civiles. L’aventure se termine dans le sang même si d’immenses progrès ont été réalisés. Les chevaliers de la Table Ronde ont permis à un nouveau monde de voir le jour, mais ils sont condamnés à disparaître avec l’ancien.

 

A suivre... Avec le prochain article, et tous ceux déjà parus ici ( allez à ''Recherche'' en début, et tapez un mot-clé...)

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LES PERSONNAGES DE LA LÉGENDE ARTHURIENNE

Publié le par Perceval

Pendant cette période estivale, nous allons reprendre les personnages les plus emblématiques de la Légende Arthurienne, dans un résumé de la Légende...

Les deux grandes figures du mythe sont le preux roi Arthur et Merlin le magicien…

Le roi Arthur

Les premiers textes gallois qui citent son nom évoquent un personnage valeureux et parfois tyrannique. Geoffroy de Monmouth, dans son Histoire des rois de Bretagne (vers 1135 ), impose l’image d’un souverain fastueux, défenseur de la foi chrétienne, assez intelligent pour s’entourer des meilleurs chevaliers, dont les exploits augmentent sa gloire.

Même s’il reste au second plan dans la plupart des romans de la Table ronde, il figure dès les années 1310 parmi les Preux, ces neuf héros les plus valeureux du passé. Jusqu’au XVIe siècle, on retrouvera Arthur parmi les nombreuses représentations figurées des Neuf Preux et dans les textes qui leur sont consacrés.

Le Roi Arthur est dit ‘ Roi des deux Bretagnes ‘, il est le fils adultérin d’Uter Pendragon et d’Ygerne. C’est sous son règne que se déroulent les aventures de la Table Ronde.

Il est l’époux de la reine Guenièvre.

Merlin le prophète

Quand Geoffroy de Monmouth écrit son Histoire des rois de Bretagne, vers 1135 , il existe sans doute une tradition orale relative à un barde dénommé Myrddin, qui aurait vécu en Écosse à la fin du VIe siècle et serait l’auteur de poèmes prophétiques. Chez Geoffroy, qui écrit aussi une Vie de Merlin, c’est à la fois un magicien – parfois facétieux -, un prophète et un enchanteur fou, qui hante les bois du Northumberland.

Vers 1200, Robert de Boron reprend l’histoire de Merlin dans un poème dont il reste aujourd’hui moins de 600 vers, mais dont nous conservons l’adaptation en prose.

Merlin, fils d’un démon et d'une vierge, est conçu pour s’opposer à l’emprise du Christ sur les hommes. Mais Dieu choisit de l’utiliser comme instrument du bien, en le dotant du pouvoir de prédire l’avenir. Merlin devient alors le conseiller des rois de Bretagne : il programme la naissance et l’avènement d’Arthur. Mais son amour pour Viviane, la Dame du Lac, le conduit à sa perte. 

Enchanteur et devin, il révèle au roi Arthur l’existence du Graal et le conseille dans sa quête

 

VIVIANE (La Dame du lac)

Merlin et Viviane ( Nimue)

 est la fille d’un petit seigneur de la forêt de Brocéliande, nommé Dyonas. La fée Diane, la protège, et lui transmet ses dons d'esprit et de beauté... Elle devient la disciple, puis l'amante de Merlin ( transformé en beau jouvenceau). Merlin lui livre tous ses secrets ce qui lui permet de garder son amant prisonnier, sans chaîne, ni muraille... Elle élève Lancelot (du Lac) après l’avoir ravi à sa mère. 

Le Conte la fait aussi apparaître, émergeant des brumes d'Avalon, terre des fées de l'Autre Monde, avec pour mission sacrée de remettre à Arthur, l'épée Excalibur qui lui est destinée; puis, de la reprendre à la fin des aventures des chevaliers de la Table Ronde...

 

UTER PENDRAGON 

Uther and Ygraine. by Frank Godwin

est le Roi de Logres. Il devient – par ruse, et avec l'aide de Merlin – l’amant d’Ygerne (femme du duc de Tintagell) de laquelle il aura un fils adultérin Arthur (le roi Arthur), bébé qu'il doit remettre à Merlin... A la mort du duc de Tintagell, Uter Pendragon épouse Ygerne.

YGERNE

est la femme du duc de Tintagell, elle épouse, en secondes noces, Uter Pendragon ( père d’Arthur ). Ygerne, de son premier mariage est la mère de trois filles la reine d’Orcanie, la reine de Garlot et Morgane.

 

 

GUENIEVRE 

est la fille du roi de Carmélîde: Léodagan. Elle devient femme du roi Arthur, et l’amante de Lancelot… Elle est convoitée par Méléagant, fils du roi de Gorre, qui l’enleve. Elle sera secourue par Gauvain et Lancelot du lac. Sa beauté, son éloquence ainsi que le prestige de sa cour font de la reine une figure à la fois prisée par les chevaliers, haïe par ses semblables. Elle est célèbre pour sa relation adultérine avec Lancelot, qui en devient asocial au nom de l’amour absolu qu’il voue à la reine. La romance entre Lancelot et la reine Guenièvre devient la cause principale de la chute du monde arthurien...

 

LANCELOT ( du lac)

Sir Lancelot and Guinevere, par James Archer

est le fils du roi Ban de Bénoïc et de la reine Élaine. Il est né en Petite Bretagne, sur les bords du lac de Diane, peu après la Pentecôte où il fut enlevé à ses parents par la fée Viviane (la Dame du Lac) et élevé par la fée jusqu’à ses dix-huit ans à l’abri du Lac.

Il est donc l’héritier d’un royaume de l’Armorique, mais il est aussi et surtout le descendant d’une lignée prestigieuse, remontant notamment à Joseph d’Arimathie, le personnage biblique ayant recueilli le sang du Christ dans le Saint Graal et ayant apporté celui-ci en terre bretonne. Son nom de baptême était Galaad, qui deviendra par suite le nom de son fils. Il est l’un des chevaliers de la Table Ronde, peut-être le plus grand...

 
 

MORDRED 

Mordred et Morgause by marjorie carmona

est le fils illégitime d’Arthur et de sa demi-sœur, Morgane ( ou Morgause, sœur de Morgane).

Il fut envoyé, alors qu’il n’était qu’un bébé, avec tous les enfants nés le même jour que lui, dans un bateau. Mais le bateau coula et seul Mordred survécut. Il fut ensuite élevé par un brave homme nommé Nabur jusqu’à l’âge de 14 ans, puis fut amené à la cour du roi Arthur où ses véritables origines lui furent révélées.

Il devient un temps chevalier de la Table Ronde, mais sa réputation de chevalier traître se fait très vite, d’autant qu’il est détesté par les autres chevaliers pour son caractère fourbe et sournois.
Il trahit le roi Arthur en profitant que ce dernier est parti à la poursuite de Lancelot pour le punir de son adultère avec Dame Guenièvre. Mordred s’empare du trône de Camelot, forçant Arthur à revenir précipitamment.
La bataille de Camlann s’ensuit dans laquelle tous les chevaliers d’Arthur périssent. Le roi Arthur se bat en duel contre Mordred et bien qu’il réussisse à le tuer, Mordred l’a mortellement blessé...

 

MORGANE 

Morgane par Will Worthington

est la sœur d’Arthur, fille d’Ygraine et épouse du roi Lot d’Orcanie. Un enfant de l’inceste entre Arthur et sa demi-sœur Morgane est conçu: Mordred, grâce à certain secrets de Merlin que Morgane aurait dérobés.

Elle est considérée tantôt comme une fée bienveillante et guérisseuse, tantôt comme une magicienne obscure et maléfique. Son seul but a été de détrôner Arthur afin qu’elle devienne la reine de la Bretagne. Pendant toutes ces années, elle essaie de tuer son demi-frère, qui finalement se fait tuer par son propre fils Mordred.

Attention:  Selon les continuateurs de la Légende, nous pourrons avoir Morgause, ou Morgane, cette dernière étant la plus connue. Les relations amoureuses d’Arthur et Morgane sont quasiment absentes des romans français. Elles se lisent surtout dans la compilation anglaise de Malory.

A suivre: Les Chevaliers de la Table Ronde: Personnages et Résumé...

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Lire Rémi Brague, et le plaisir de réfléchir …

Publié le par Perceval

D'abord une phrase de Chesterton : « Il se peut que les dogmes soient des murs, mais ce sont les murs d'un terrain de jeux. »...

Le dogme catholique est souvent exprimé de façon négative : « il ne faut pas croire que ... » ; ce qu'il faut croire on ne le dit jamais, nous dit R. Brague … Tant mieux... !

Le ''credo'' lui exprime une histoire, pas une définition, ajoute t-il.

Portrait de Rémi Brague ( 2014), philosophe et universitaire. Spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive et connaisseur de la philosophie grecque, il enseigne à la Sorbonne et à la Ludwig-Maximilian Universität de Munich. Il est membre de l'Académie catholique de France. ( La Croix)

 

Le sacré n'est pas un concept chrétien, c'est un concept païen : ( les vaches sacrées, aujourd'hui les ''monstres sacrés''...). Il faut distinguer le sacré du saint...

Dieu ne reproche pas à son peuple des ''fautes de culte ''… le Dieu d’Israël fulmine contre son peuple lorsque les membres du peuple sont injustes les uns envers les autres, pas envers lui.

Le culte des idoles, c'est retomber dans le sacré, abandonner la sainteté …

 

Les religions prétendent être au service de la vérité, mais lorsqu'elles prétendent la détenir, elles en font un détenu, au sens où il y a des détenus derrière les barreaux d'une prison et cela, ça n'est pas acceptable.

 

Le philosophe kantien allemand J. G. Fichte dit qu'il n'y a pas besoin de croire en Dieu. Dieu n'est pas un objet de foi mais un objet d'évidence, car il existe sous les espèces de la loi morale. Par contre, il faut croire en l'homme car l'expérience nous montre que ce dernier ne se conduit pas du tout selon la loi morale … Il faut donc une foi en l'homme. L'idée est belle mais je me demande si cette foi peut être accomplie par quelqu'un d'autre que par Dieu.

Sur le Mal... le Bien n'est pas comme allant de soi, qui nous serait dû... C'est quelque chose qui advient. C'est parce qu'il y a du bien que le mal apparaît. Sans Bien, il n'y aurait pas de Mal …

 

Le ''péché originel'' :…?  - Ce qui est advenu ( même mythique..) , peut être défait...

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La ''malédiction'' de l'Ordre de Grandmont -2/2 -

Publié le par Perceval

« L’an du Seigneur 1536, au mois d’août, maître Charles Cadumpnat, chantre de ce monastère, étant assis dans le cloître avec frère Jean Massias, maître des novices, et plusieurs autres composa la petite prose ci après en disant: «Je vous assure, mes frères, que si je me tais, les pierres parleront. Nos ruines ne parlent-elles pas à la postérité ? » Puis, voyant enlever quelque chose du trésor de l’église, il dit en soupirant et en sanglotant :

« O illustre confesseur du roi des rois Jésus-Christ, grand saint Etienne, gloire du pays d’Auvergne, que votre prière nous recommande à la Trinité souveraine ! Regardez d’un œil pieux vos serviteurs qui soupirent vers vous ! Si vous n’étendez vers nous vos mains secourables, votre Ordre de Grandmont - va rester dans la désolation; car vos brebis sont dévorées par des loups ravisseurs, et elles souffrent chaque jour, les plus graves dommages.

Des maîtres étrangers ne cessent de dévorer tous nos biens sous nos propres yeux....

Malheur ! et encore malheur ! Quand le grand arbre SERA RENVERSÉ, SA CHUTE SERA SUIVIE DE BEAUCOUP DE RUINES, DE TRIBULATION ET DE DÉSOLATION ! ».

Comme il n’est question dans cette prose que de l’abbaye de Grandmont on ne peut entendre cette figure symbolique le Grand arbre , que de cet Ordre célèbre qui couvrait plusieurs provinces de ses vastes rameaux. Cette prophétie annonçait que le Grand arbre (l’Ordre de Grandmont) serait un jour renversé, et que sa chute serait suivie de beaucoup de ruines, de tribulation et de désolation. C’est ce qui est arrivé sur la fin du XVIII e siècle. »

Sources : HISTOIRE DE PAROISSE DE SAINT-SYLVESTRE (HAUTE-VIENNE) par le Chanoine A. LECLER - 1909

Une réforme de ''sticte observance'' est proposée, et le refus des autres religieux et la convoitise de l’évêque entraînent la suppression de l’ordre par la commission des réguliers en 1772.

 

Par les lettres patentes de 1769, Louis XV a autorisé la suppression de l’ordre de Grandmont. L'extinction de l'Ordre fut prononcée par le pape Clément XVI cédant aux instances de la Cour de France le 6 août 1772, mais ne fut confirmée par Louis XVI qu'en Mai 1784, le parlement de Paris ayant mis obstacle .

 

Le dernier abbé de Grandmont, François-Xavier Mondain de la Maison Rouge va résister le plus longtemps possible. Homme de grande foi, celui-ci va tenter vainement une réforme pour satisfaire la Commission avant de découvrir la réalité de la machination ourdie contre son abbaye et de combattre courageusement aussi bien la décision du pape que celle du roi lui-même.

Malgré la résistance du dernier abbé de Grandmont, l'Ordre disparait à sa mort le 11 avril 1787 ; en dépit des protestations des habitants, en particulier ceux de la paroisse de Saint-Sylvestre.

Les derniers grandmontains quittent l'abbaye en Juillet 1788.

 

Sa dernière rénovation datait du XVIIIe siècle; et l'abbaye est détruite en 1789. Les matériaux qui la composaient ont été utilisés en majeure partie pour la construction de la prison de Limoges puis pour les maisons du village. Une chapelle a été construite avec des matériaux de l'ancienne abbaye en 1825 par le dernier moine de Grandmont.

 

La destruction de l'Ordre de Grandmont fut conduite par Mgr Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse, et rapporteur devant la Commission des Réguliers instituée par Louis XV en 1765 (1), et Mgr. Plessis d Argentré, évêque de Limoges, grand bénéficiaire de l'opération .

 

(1) ( cette commission devait permettre de refréner les abus du clergé et examiner la situation financière des établissements ecclésiastiques aux ressources insuffisantes..)

Le Cardinal Loménie de Brienne

Étienne-Charles de Loménie de Brienne (1727-1794) est aussi incroyant que manipulateur.. En utilisant trahison et duplicité, il s'acharne sur l'ordre. Avec l'appui de la reine Marie-Antoinette, il deviendra ministre. En 1788, il doit se retirer, laissant un trésor vide. En 1791, il deviendra évêque constitutionnel...

Louis Charles du Plessis d'Argentré (1723-1808) est évêque de Limoges ; il est épris de luxe et endetté par son projet fastueux de palais épiscopal qu'il se fait édifier ( actuel musée de l'évêché) et construit principalement par Joseph Brousseau ( né à Solignac, près de Limoges, vers 1733), de 1766 à 1773.

 

Description du site par Honoré de Balzac dans Le curé de village (1838-1841): « Le palais épiscopal de Limoges est assis sur une colline qui borde la Vienne, et ses jardins que soutiennent de fortes murailles couronnées de balustrades, descendent par étages, en obéissant aux chutes naturelles du terrain. L’élévation de cette colline est telle que, sur la rive opposée, le faubourg (…) semble couché au pied de la dernière terrasse. De là, selon la direction que prennent les promeneurs, la rivière se découvre, soit en enfilade, soit en travers au milieu d’un riche panorama. (…) La magie du site et la riche simplicité du bâtiment font de ce palais le monument le plus remarquable de cette ville où les constructions ne brillent ni par le choix des matériaux ni par l’architecture. »

Limoges - Evêché-Musée aujourd'hui

On peut se reporter au livre de M Gilles BRESSON : "La Malédiction des Grandmontains"

et au site : https://www.limousin-medieval.com/grandmont

 

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