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Le paradis n'est pas au ciel...

Publié le par Perceval

Avec Fabrice Hadjadj..

  ange enfer

Que sait-on du paradis ? Autant, nous comprenons ce que peut-être - de vivre l’enfer, comme si nous comprenions mieux le mal.. ! Autant, le paradis nous semble puéril ...

Comment puis-je tendre vers ce que je ne conçois pas ? L’imagination doit tendre vers ce que nous espérons  … Certes, si la ‘ vraie vie est ailleurs ; il ne nous reste , peut-être, qu’à mépriser celle-ci ! Vision nihiliste, combattue par les matérialistes !

Le « royaume », n’est pas dans un autre monde, il est au milieu de nous. L’au-delà est un au-dedans. Il s’agit d’une vie déjà commencée. Une vie qui vient s’aboucher à sa source : elle se déploie ici-bas jusqu’à donner sa fleur là-bas, mais c’est la même sève qui circule et que les écritures appellent la grâce. . L’essence de la grâce, c’est l’accueil de l’autre. A l’inverse, l’enfer n’est qu’un repli sur soi,  le désir d’un paradis à son étroite mesure.

 

« L’enfer, c’est de se croire au paradis par erreur » Simone Weil

 

" Dans le christianisme, le paradis est paradoxe. En effet, ce mot évoque deux réalités différentes : le paradis terrestre, qui est irrémédiablement perdu ; et le paradis céleste, qui est plutôt à gagner. Le premier est désormais barré par un ange à l’épée de feu : c’est un paradis régressif qu’il ne faut plus désirer. Le second est marqué par la Croix de l’amour : c’est un paradis exigeant qu’il s’agit d’accueillir. Il est refus de s’enfermer dans la nostalgie d’un monde originel, sans drame, sans péché." FH

 

" C’est précisément contre cela que se dresse l’appel du paradis céleste. Il nous demande d’assumer pleinement la réalité humaine, et de trouver une lumière au cœur même de la tragédie."FH

 

" Ce qui sauve, ce n’est pas la douleur, c’est l’amour reçu et donné. La douleur peut en augmenter le mérite mais, sans cet amour, elle ne vaut rien. Or, cet amour est sur la terre comme au ciel. La différence, c’est que, sur la terre il se vit dans laEnsemble souffrance et la contradiction. Il provoque des résistances, suscite même une violence à notre propre endroit, car notre orgueil ne veut pas l’admettre… À dire vrai, le paradis ne se gagne pas, il se reçoit. Avec Dieu, il ne s’agit pas de travailler plus pour gagner plus, mais d’ouvrir notre être pour recevoir en abondance. Notre société de consommation (la publicité nous le rappelle tous les jours) peut nous permettre de jouir des petits plaisirs de l’existence. Mais elle ne nous donnera jamais la joie, la joie profonde et vraie. Car celle-ci ne s’achète pas. "FH

 

« Quand l’homme essaie d’imaginer le paradis sur terre, ça fait tout de suite un enfer très convenable », Paul Claudel

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« Personne n’a jamais vu Dieu » Jean( 1, 18)

Publié le par Perceval

Ce Dieu possible, et inconnaissable, n’est pas un objet de connaissance comme les autres… Magritte PipeAussi, des philosophes chrétiens, comme J.L. Marion, préfèrent L’aborder par la phénoménologie. Cette méthode s’applique à décrire la manière dont les choses – ou les gens – se donnent à nous, se manifestent à nous, avant même que nous nous mettions à les considérer comme des objets dans une optique de connaissance.


La Révélation n’apporte pas une réponse à la question de l’existence de Dieu ; elle vient modifier les questions en faisant naître une toute nouvelle logique. La révélation produit sa propre ratmasque-rationalitéionalité, que les hommes peuvent reconnaître, bien qu’elle ne soit pas le produit de leur p ropre intelligence. La révélation chrétienne a produit le développement de la peinture et de la musique, elle a imposé à la philosophie des questions qu’elle ne s’était jamais posées aupara vant ; elle a réclamé l’indépendance de la raison et la laïcité…

 

Il y a différents niveaux de rationalité. Les questions logiques, mathématiques, physiques, techniques, abstraites n’exigent pas une rationalité complexe, car on peut en principe maîtriser tous leurs paramètres.

L’art, la politique , la foi et l’amour, et tous les phénomènes de ce type, sont plus difficile à savoir, donc de décider, et l’on est davantage susceptible de se tromper. Ce qui ne veut pas dire que ces phénomènes ne peuvent pas donner lieu à des décisions rationnelles. Ils ont leur vérité propre.

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Ecœurement ...

Publié le par Perceval

Un sentiment écœuré d’injustice…

partage richessesDe quelle espèce raisonnante, faut-il être pour ne pas se rendre compte que ce type de comportement généralisé chez ceux qui nous gouvernent, n’entrainent chez nous tous, gens du commun ( et je ne parle pas seulement des ‘ pauvres ‘.. ! ), qu’écœurement… L’information quotidienne juxtapose, baisse du pouvoir d’achat au nom de la cause nationale …, et salaires exorbitants, bénéfices des multinationales, ( demain ?, quoi encore… ? ) - aujourd'hui:


  • "Le groupe LVMH  dirigé par Bernard Arnaud, grand ami de notre président, accueille deux  petites nouvelles au sein de son conseil d'administration :

-  Mme Bernadette Chirac , jeune espoir de la finance française, grande spécialiste du luxe à travers le monde (!), est nommée au conseil  d'administration de LVMH.
- Mme Florence Woerth , femme du ministre du  budget est nommée au conseil de surveillance de la société Hermès,  filiale de LVMH.respect hommes
Gageons que ces nominations assureront à leurs maris  une partie de leur retraite et ne les obligeront pas à travailler  jusqu'à 63 ans.
Mme Woerth était déjà en charge de la gestion du  patrimoine de Liliane Bettancourt, 1ère fortune de France !!!
Petit  détail : la participation au conseil d'administration d'une entreprise  donne droit à des "jetons de présence" venant rémunérer ce pénible  travail !!!
Ainsi, Mme Chirac recevra 650 000 Euros par an en juste  retour de son dévouement à la cause du luxe français et Mme Woerth 400  000 Euros !
Calmez-vous ! Tout est en règle, tout est légal.  C'est simplement la vie normale de gens qui "se lèvent tôt" et qui  "travaillent plus pour gagner plus"
Et puis, c'est rassurant de voir  que l'on s'occupe de l'emploi des seniors !!!  "

Sources :
Libération :
http://www.liberation.fr/economie/0101640031-florence-woerth-entre-au-conseil-de-surveillance-d-hermes
http://www.liberation.fr/economie/0101630425-bernadette-chirac-rejoint-lvmh
Magazine  économique Challenges :
http://www.challenges.fr/magazine/tetesaffiche/0209.030413/lvamour envolemh_avec_chirac_herms_avec_woerth_le_luxe_se_fminise.html
Le  Monde :
http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/06/08/chez-hermes-les-traditions-se-perdent-au-grand-dam-des-petits-porteurs_1369477_3234.html

 

La spiritualité place au sommet des valeurs, tout ce qui contribue à à faire croitre l’humain, et au travers de lui, sa part spirituelle. Elle nous place chacun au cœur d’un réseau que l’Esprit anime. Aussi, sommes nous appelés à considérer l’autre avec le regard avide d’une plus grande humanité…. ( pour le dire de façon chrétienne : regarder l’autre avec le regard que Dieu pose sur lui ...

Aussi, comment accepter ce cynisme des ‘puissants’ ?

-           Vous voyez bien qu'il faut travailler jusqu'à 67 ans, il n'y a plus d'argent, c'est la crise. Ce n’est pas ‘sérieux’ d’appeler à mieux répartir les richesses, le travail…!!  L'économie sociale et solidaire, les associations sans but lucratif, les coopératives, ne doivent - elles - n'être que des prétextes à faire du mauvais esprit ...!

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John Henry Newman

Publié le par Perceval

« Les saints ne sont pas des intellectuels, ils n’aiment pas les auteurs classiques, ils n’écrivent pas des romans » : John Henry Newma.

 

« Guide-moi douce Lumière, dans l’obscurité qui m’entoure… » JHN

 

Aveugle, je ne souhaite que poser ma main sur l’épaule d’un maître à qui je peux faire confiance. JH Newman, m’interroge… N’a t-il pas craint d’affronter la perte de ses amis, de ses repères ? Rejeté de sa propre famille, il a du renoncer aux honneurs, aux revenus de son poste prestigieux d’enseignant-chercheur, à Oxford, où il a passé vingt-huit ans.John Henry Newman

 

Il ne s’est pas ‘converti, il est simplement « rentré au port, après une violente tempête. ». Sa conversion eut lieu à 16 ans… Ensuite, il ne fut fidèle qu’à sa recherche de vérité, et qu’à lui-même…

Si « l’idée » du christianisme change, c’est « afin de rester fidèle à elle-même » JHN.

 

"Nous définissons, à tort, le chrétien en termes intellectuels (celui qui croit à) ou moraux (celui qui vit selon certaines valeurs) en oubliant ce qui fait le chrétien : la dimension proprement spirituelle, celle de la vie de Dieu en nous.

Au-delà de cette conscience de soi, surgit aussi la conscience d’un Autre. Newman décrit ce double mouvement : l’homme est invité à descendre au plus profond de lui-même, il y découvre la présence d’un Autre ; cette découverte le renvoie vers le monde extérieur, à la recherche des traces de cet Autre dans le monde et dans la relation à autrui." Cf le quotidien "La Croix"

 

« Guide-moi douce Lumière, dans l’obscurité qui m’entoure… »

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TESTAMENT DE DOM CHRISTIAN DE CHERGÉ

Publié le par Perceval

Christian de chergé 3TESTAMENT DE DOM CHRISTIAN DE CHERGÉ

ouvert le dimanche de Pentecôte 1996

Quand un A-DIEU s'envisage...


S'il m'arrivait un jour - et ça pourrait être aujourd'hui -
d'être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant
tous les étrangers vivant en Algérie,
j'aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille,
se souviennent que ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays.
Qu'ils acceptent que le Maître Unique de toute vie
ne saurait être étranger à ce départ brutal.
Qu'ils prient pour moi :
comment serais-je trouvé digne d'une telle offrande ?
Qu'ils sachent associer cette mort à tant d'autres aussi violentes
laissées dans l'indifférence de l'anonymat.
Ma vie n'a pas plus de prix qu'une autre.
Elle n'en a pas moins non plus.
En tout cas, elle n'a pas l'innocence de l'enfance.
J'ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal
qui semble, hélas, prévaloir dans le monde,
et même de celui-là qui me frapperait aveuglément.
J'aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité
qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu
et celui de mes frères en humanité,
en même temps que de pardonner de tout coeur à qui m'aurait atteint.
Je ne saurais souhaiter une telle mort.
Il me paraît important de le professer.
Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir
que ce peuple que j'aime soit indistinctement accusé de mon meurtre.
C'est trop cher payé ce qu'on appellera, peut-être, la "grâce du martyre"
que de la devoir à un Algérien, quel qu'il soit,
surtout s'il dit agir en fidélité à ce qu'il croit être l'Islam. Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement.
Je sais aussi les caricatures de l'Islam qu'encourage un certain idéalisme.
Il est trop facile de se donner bonne conscience
en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes.
L'Algérie et l'Islam, pour moi, c'est autre chose, c'est un corps et une âme.
Je l'ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j'en ai reçu,
y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l'Évangile
appris aux genoux de ma mère, ma toute première Église,
précisément en Algérie, et déjà, dans le respect des croyants musulmans.
Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison
à ceux qui m'ont rapidement traité de naïf, ou d'idéaliste :
"qu'Il dise maintenant ce qu'Il en pense !".
Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité.
Voici que je pourrai, s'il plaît à Dieu,
plonger mon regard dans celui du Père
pour contempler avec lui Ses enfants de l'Islam
tels qu'ils les voient, tout illuminés de la gloire du Christ,
fruit de Sa Passion, investis par le Don de l'Esprit
dont la joie secrète sera toujours d'établir la communion
et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.
Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur,
je rends grâce à Dieu qui semble l'avoir voulue tout entière
pour cette JOIE-là, envers et malgré tout.
Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie,
je vous inclus bien sûr, amis d'hier et d'aujourd'hui,
et vous, ô amis d'ici,
aux côtés de ma mère et de mon père, de mes soeurs et de mes frères et des leurs,
centuple accordé comme il était promis !
Et toi aussi, l'ami de la dernière minute, qui n'aura pas su ce que tu faisais.
Oui, pour toi aussi je le veux ce MERCI, et cet "A-DIEU" en-visagé de toi. Christian de chergé 2
Et qu'il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux,  
en paradis, s'il plaît à Dieu, notre Père à tous deux. AMEN !  
Insha 'Allah !


Alger, 1er décembre 1993

Tibhirine, 1er janvier 1994

Christian

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Des Hommes et des Dieux

Publié le par Perceval

C'est dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 qu'un groupe d'hommes arrive au village d'Aïn Elrais, à quelques kilomètres de la trappe de Tibéhirine et que sept moines, sur neuf présents, sont enlevés. Moines de Tibrhine 2Quelle route ont-ils ensuite empruntée? On aurait retrouvé des traces de leur passage à Guerraou, un lieu-dit que l'on n'atteint pas sans traverser l'axe principal Blida-Médéa. A flanc de montagne, un équipage de mulets attendait le cortège. Après, on ne sait plus rien. ...  jusqu'à l'annonce de leur exécution le 23 mai.

 

Des hommes et des dieux – titre inspiré du psaume 82,  Et plus particulièrement de ces versets : « Je le déclare, vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très Haut, pourtant vous mourrez comme des hommes, vous tomberez comme les princes. »

 

 

Un film Magnifique !


des-hommes-et-des-dieux film 4Je retiendrai : - la détermination et la difficulté de Christian de décider ‘ juste ‘, - La colère, les doutes, - l’angoisse de l’un des frères et enfin, la joie d’être en paix, et en accord avec lui-même et les autres, - la leçon de liberté ‘ humaine ‘ …etc

Quel est le lien entre ce cinéma et la religion ? A mon avis, ce qui est remarquablement montré dans ce film , c’est la Rencontre… Rencontre avec une culture, une religion différente. Rencontre avec la violence, rencontre communautaire, rencontre avec l’Homme, avec Dieu… Il serait ici, même possible de parler de la mystique de la Rencontre. Beauvois ne fait pas du cinéma militant ou idéologique, mais de la ‘matière à penser’ …


« Une mystique ? Si on veut, mais une mystique concrète, matérielle, qui passe par des choix et des actes quotidiens, à la fois réfléchis et profondément éprouvés – ceux des moines, ceux du cinéastes et de ses compagnons de travail. Dans Des hommes et des dieux, Beauvois ne trouve pas tout de suite comment faire, il a affaire ades-hommes-et-des-dieux filmvec le fait divers tragique, l’histoire immédiate, la sociologie et la psychologie, une masse d’informations et un amas de possibilités narratives. Peu à peu, grâce en particulier aux mots et aux gestes du rituel, il trouve comment se défaire de l’anecdote et du superficiel, il construit sa place, on comprend qu’en se focalisant sur les pratiques réelles de ses moines il en trouve le chemin. » Henri TINCQ


« Comment montrer la grâce, donc ? La force du film est d'y répondre d'abord par des moyens purement cinématographiques : Des hommes et des dieux est d'une beauté plastique à couper le souffle. La grâce, c'est peut-être avant tout une question de lumière, celle qui tombe sur Saint-Matthieu dans la Vocation… du Caravage). Le film accumule d'ailleurs les références à la peinture religieuse italienne : on aperçoit ici une reproduction de la Vierge de l'Annonciation d'Antonello da Messina, là un Christ à la colonne de Caravage ; certains plans citent directement les tableaux de maître, tel ce soldat islamiste blessé traité comme le Christ de Mantegna.des-hommes-et-des-dieux film 3
Mais l'histoire de la peinture montre bien que le sacré peut se nicher aussi dans des sujets profanes : pour filmer les visages des moines, la chef-opératrice Caroline Champetier dit s'être inspirée des autoportraits de Rembrandt. L'idée est magnifique : ces visages anguleux (Lambert Wilson), ronds (Michael Lonsdale) ou burinés (Jacques Herlin), sont autant de facettes d'une seule et même humanité, chacun porte en lui "la forme entière de l'humaine condition". C'est dans ces scènes frontales, d'une absolue simplicité, qui voit les moines discuter de la conduite à tenir, et peu à peu se rallier à la décision commune, que le film émeut peut-être le plus.
A mesure que l'on s'approche du dénouement fatal, Des hommes et des dieux prend un tour MoinesTibehirine filmplus lyrique : quand il filme les moines chantant un cantique pour faire pièce au vrombissement menaçant d'un hélicoptère de l'armée ; ou quand il montre leur communion au cours de ce qui s'avèrera être leur dernier repas.
Certains auront été bouleversés par cette (s)cène, véritable acmé émotionnelle du film ; nous avouerons y être restés à la surface des choses (des hommes se souriant et pleurant en écoutant Le Lac des Cygnes). Comme si en cherchant à l'objectiver de manière littérale, Xavier Beauvois laissait finalement échapper cette grâce qu'il avait tutoyé pendant tout son film. Question de sensibilité toute personnelle, sans doute : certains sont amateurs des éclairages violents du Caravage ; d'autres de la lumière délicate de Giotto. » sur le site ‘ Zéro de conduite.net ‘


 « Ce film était à hauts risques. Il aurait pu par exemple heurter les esprits agnostiques ou les anti-religieux en raison , dirait-on aujourd’hui, de la « vision positive » de la foi qu’il présente. Certes, il y aura toujours des spectateurs dogmatiques. Mais il n’échappera pas aux autres que ce que le film raconte avant tout, c’est la manière dont ces moines puisent dans leur foi la résistance morale et le courage dont ils font preuve face au danger de mort. Et le message de paix qu’ils en tirent est non seulement universel, mais aussi, et surtout, universaliste (incluant les islamistes, et en rien prosélyte). Les villageois ne perçoivent pas le discours et l’attitude des moines autrement. C’est pourquoi ils leur semblent constituer, dans ces temps dangereux qui les effraient, leur meilleure protection. » Sur le site POLITIS. Fr


« Le nœud du film tient en une question : faut-il rester ou partir ? La grande Des Hommes et des dieux film Délibérationrichesse de cette œuvre magnifique est de laisser lentement se déployer la réponse jusqu’à une forme d’évidence individuelle et collective. Une évidence du cœur, pleine de cette densité venue des profondeurs, nourrie d’un ébranlement intérieur et d’un cheminement douloureux qui en font toute la valeur. » sur le site ‘ La Croix ‘

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La Voie: Que faut-il faire ?

Publié le par Perceval

Que m’apporte « ma religion », dans l’accompagnement de ma vie sociale, et personnelle ? Homme et travail Jeremy MoncheauxCe compagnonnage touche les aspects les plus sensibles de ma personne. J’utilise ici, le mot religion pour sa pratique : en effet, ma spiritualité est chrétienne, et ma religion est catholique.

Evidemment, la réponse ne se réduit pas à un catalogue de 'choses' à ne pas faire, ou faire...

De plus, si je m'interroge sur ma façon d'agir, je dois m'interroger sur le "niveau" de ma question… rappelons nous la demande de la mère de deux apôtres, pour qu’ils soient en ‘ gloire ‘… Jésus répond «  vous ne savez pas ce que vous demandez ! … ». la plupart du temps nous restons à ce niveau là ! Aussi, pour revenir à ma question ; touche t- elle une dimension personnelle qui est encore sur - la rive d’origine, - la traversée ou déjà sur «  - l’autre rive ».  ( cf: Comment se situer sur « le chemin » ?) ?

 

Il n’est pas si simple d’être cohérent ! Je peux saisir les paroles de Jésus qui concernent le Royaume ( l’autre rive ), partager lors d’une oraison Sa Présence… Et, le lendemain, face à l’urgence professionnelle, adopter un comportement intérieur - juste assez adapté à mon rivage d’origine… !

jeremy moncheaux 1

Pour l’instant, lorsque j’agis : je crois que c’est ‘ moi ‘ qui agit . Ce ‘moi’, assez petit… c’est «  l’égo ».

Saint-Paul lors de sa « traversée » le  reconnaît :  "Je ne fais pas le bien que je veux, mais je fais le mal que je hais. "Epîtres de saint Paul, VII, 19 … Une autre fois : en Galates 2:20  …; " et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi"

 

Pratiquement : avant d’agir, vérifiez - qui agit ? Et vérifier - si mon ‘ action ‘ est une véritable action, ou une simple réaction ?

jeremy moncheaux 3Jésus nous dit que nous ne sommes pas du monde ( de ‘notre’ monde) , bien que nous vivions dans le monde. Je ne sais pas appréhender le monde, hors de ma perception. Je ne connais pas Pascal ou Liliane : je ne connais que ‘mon’ Pascal et ‘ma’ Liliane’ .. !. De plus, j’ai souvent décidé inconsciemment comment les ‘choses’ devraient être ; et je ne vois pas ce qu’elles sont… Je suis dans l’illusion ! Je suis dans une ‘fausse dualité’, là je ‘crois’ que moi et la réalité sont en correspondance, en unité.jeremy moncheaux 2

‘Prendre conscience de cette dualité’ fait partie du programme de la traversée…

La non-dualité appartient à l’autre rive … ! ( Ne rêvons pas de l’effacement de l’égo … )

 


 

Les photos jointes sont représentent des oeuvres de Jeremy Moncheaux

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Le maître du thé, ou l'attention ...

Publié le par Perceval

cygne sangPrès des tentes du campement du Roi Arthur, Perceval – avant de s’y rendre – voit aux pieds de son cheval, «  la neige, ( où s’était posée une oie sauvage blessée) , et le sang encore apparent. Et il s’appuie dessus sa lance afin de contempler l’aspect, du sang et de la neige ensemble. Cette fraîche couleur lui semble celle qui est sur le visage de son amie. Il oublie tout  tant il y pense car c’est bien ainsi qu’il voyait sur le visage de sa mie, le vermeil posé sur le blanc comme les trois gouttes de sang qui sur la neige paraissaient. » Dans cet état de grâce, sans quitter des yeux les gouttes de sang, il combat et blesse deux vaillants chevaliers qui voulaient le tirer de là, vers le roi…

Cette histoire, je la rapprocherai volontiers de celle ci, transcrite par F. Midal : 

 

« Au japon médiéval, un seigneur en charge de la région de Tosa, se rendait en visite officielle auprès du Shogun, et emmena avec lui son ‘maitre du thé’. SamouraiLa cérémonie du thé est effectuée au Japon selon un rituel précis, exécuté avec une immense attention et vigilance. On oublie le temps qui passe et cela rend chacun plus présent à son expérience. Pour être admis au palais, le maître du thé avait du revêtir la tenue des samouraïs et porter le sabre. Pendant plusieurs jours, il demeura auprès de son seigneur exerçant son art pour le plus grand bénéfice de tous. Il officia même en présence du Shogun. cérémonie du thé Maitre michiko nogiriUn matin, n’ayant aucune tâche à accomplir, il décida de visiter la capitale. Alors qu’il traversait un pont, il bouscula par mégarde un guerrier errant, décidé, pour lever un tel affront, à en découdre avec lui. Désemparé, le maître du thé finit par avouer que , malgré son habit, il n’tait pas un véritable samouraï. Le guerrier se mit encore davantage en colère et menaça de déclarer publiquement qu’un samouraï de Tosa tait un lâche.

Voyant qu’il était impossible de faire entendre raison à cet homme, et craignant que sa conduite ne portât atteinte à l’honneur de son seigneur, le maître du thé se résigna à mourir. Il acceptât le principe d’un combat. Il lui demanda cependant de le différer de quelques heures, laps de temps durant lequel il se rendit dans une école de sabre. Il demanda à rencontrer le maître des lieux, le suppliant de lui apprendre à mourir dignement. Le maître fut surpris de cette requête ; on venait généralement le trouver pour apprendre à vaincre. Avant de lui dire quoi que ce soit, il le pria de lui servir une tasse de thé, puisqu’il était un maître en cet art. le visiteur ne se fit pas prier et, préparant la boisson, il oublia tout, exécutant chaque geste comme si rien d’autre n’avait d’importance à cet instant. Le maître du sabre en fut fortement impressionné. Il lui donna alors quelques conseils : «  Après avoir salué poliment votre agresseur, remerciez-le pour le délai accordé. Pensez que vous allez servir du th à un ami. Pliez délicatement votre veste et déposez-là sur le sol. Relevez vos manches, annoncez à votre adversaire que vous êtes prêt pour le combat. Après avoir dégainé votre sabre, levez-le au-dessus de votre tête tout en fermant les yeux. Soyez complètement là, au summum de vos capacités pour abaisser votre arme juste au moment où vous entendrez votre adversaire pousser son cri d’attaque. ».

senseiLe visiteur remercia le maître de sabre et il retourna sur le pont. Il se prépara au combat comme il lui avait été dit. Quand il leva son sabre et ferma les yeux, le visage de son adversaire changea d’expression. Il ne reconnaissait plus l’homme qu’il avait rencontré plus tôt. <celui-ci était animé d’une telle détermination, qu’il prit peur et s’enfuit sana demander son reste. …

 

Le sens de présence qu’avait manifesté le maître de thé peut contenir un impact stupéfiant …

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