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Articles avec #politique tag

Qui paye le plan de sauvetage des banques ? 

Publié le par Perceval

Les États européens se sont vus contraints les uns après les autres, moyennant des sommes astronomiques, de venir en aide aux banques pour compenser les pertes subies suite à des prêts pourris. Mais qui sont les bénéficiaires de telles opérations?

C’est en posant cette question très simple qu’Harald Schumann, essayiste en économie et  journaliste au Tagesspiegel, sillonne l’Europe. Et obtient des réponses pour le moins sidérantes. Car ceux qui ont été « sauvés » ne se trouvent pas – comme on tend à vouloir nous le faire croire – dans les pays en détresse, mais surtout en Allemagne et en France.

- En effet, une part importante des sommes débloquées finit dans les caisses des créanciers de ces banques sauvées. Quant aux financiers qui ont fait de mauvais investissements, ils se retrouvent protégés contre toute perte aux frais de la collectivité. Et ce contrairement aux règles de l’économie de marché. Pourquoi ? Qui encaisse l’argent ?

- 50 milliards d'euros en Grèce, 70 milliards en Irlande, 40 milliards en Espagne : au sein de la zone euro, les États se sont vus contraint les uns après les autres - moyennant des sommes astronomiques - de venir en aide aux banques pour compenser les pertes subies suite à des prêts pourris.

A voir donc, ce documentaire - "Quand l'Europe sauve ses Banques, qui paye ?" ARTE.

*****

Cette enquête met en valeur le caractère absolument scandaleux et antidémocratiquequi se déroule depuis le début de la crise avec le renflouage des banques... de plus, il est intéressant que le journaliste allemand constate lui-même que ce n'est pas l'Allemagne qui a sauvé l'Irlande, mais bien le contraire. La France et autres créanciers ne sont pas épargnés. Toute la classe politique européenne est visée.

docu-banques.jpgLe propos dans ce documentaire, n'est même pas une critique du capitalisme... En effet, la BCE a indirectement forcée l'Espagne et l'Irlande a rembourser les dettes de leur propres banques pour que celles ci remboursent les dettes qu'elles doivent aux banques françaises et allemandes. Il s'agit d'éviter que les banques françaises et Allemandes subissent les pertes conséquentes à un mauvais investissement, et on déroge ainsi à un principe fondamental du libéralisme qui est que celui qui investit doit être prêt à subir les pertes conséquentes à son investissement.

 La conclusion du reportage attire l'attention du téléspectateur sur l'un des aspects qui n'est pas le moindre, à savoir les tensions générées entre États Européens.

 Reste, une question en suspend qui serait d'évaluer les effets d'une chute de certaines banques irlandaises et espagnoles. Est ce qu'elles affecteraient véritablement d'autres banques, des entreprises, des particuliers de manière dramatique? et si c'est le cas, ne serait-il pas judicieux d'utiliser les investissement de la BCE et des Etats pour indemniser les autres acteurs qui sont vulnérables face à la chute de ces banques?

 On pourrait aussi discuter qui, du prêteur ou de l'investisseur ou du salarié ou du consommateur, doit supporter le risque inhérent aux activités économiques.. ?

 « Là où tous les autres ont renfloué les banques et laissé les citoyens en payer le prix, l’Islande a laissé les banques aller à la faillite et a, en fait, augmenté son filet de protection social »

Paul Krugman, prix Nobel d’économie dans le New York Times. 2011

Quand-l-Europe-sauve-les-banques--qui-paye.jpg

Si vous n'avez pas le temps de regarder toute la vidéo, en voici les grandes lignes :

- Les banques irlandaises ou espagnoles sont "sauvées" dans la plus grande opacité. Les listes de créanciers sont tenues secrètes, alors que des milliards d'argent public sont en jeu.

- Les créanciers sauvés sont en grande partie de grandes banques ou de grands assureurs allemands, français, ou d'autres pays considérés comme en meilleure santé que les autres au sein de l'UE. Lorsqu'un Wolfgang Schaüble (interviewé dans le documentaire) affirme qu'il est normal que les Irlandais paient pour leurs mauvaises dettes, il oublie juste de préciser qui était le dealer.

- Les pertes dans les bilans des banques espagnoles en cours de renflouage sont très sous-estimées. Les investissements immobiliers fantômes sont encore comptés à un pourcentage ridiculement élevé de leur valeur initiale au sein de leurs bilans : anticiper de nouvelles pertes serait sage.

- Les officiels interrogés (Schaüble, Almunia, Guindos...) manient la langue de bois comme personne, mais n'utilisent in fine que la rhétorique de la peur pour justifier l'absence totale de transparence de leurs opérations.

- Le transfert des pertes des banques irlandaises sur les contribuables irlandais a été imposé au gouvernement irlandais à la suite d'un véritable chantage.

- Au final, quand les États irlandais et espagnols seront rendus insolvables par ces transferts massifs de mauvaise dette, alors ce seront les contribuables d'Europe du Nord qui seront appelés en renfort... Et la pression sur la BCE pour annuler les créances qu'elle détient deviendra très forte.

faillite-des-banques.jpg- L'Europe reste une grande idée, mais l'Europe des "bailouts" pourrait aboutir à la fin de l'UE, ce qui serait dramatique.

Le documentaire n'est pas parfait (j'aurais aimé qu'un banquier central hors union européenne, comme Mladjan Dinkic, nous explique que l'on peut parfaitement liquider des banques prétendument systémiques...), mais il dit l'essentiel de façon assez compréhensible même pour un non initié. Ceux qui avaient suivi mes papiers sur lacrise souveraine apprendront peu de choses nouvelles, mais c'est une bonne entrée en matière sur un sujet que peu comprennent.

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Sur le web.Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=116518


 

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Le mariage pour tous.

Publié le par Perceval

Je regrette que des questions de société ne soient pas différemment mises en débat, réfléchies et argumentées... ; aussi bien d'ailleurs ( même si ce n'est du même niveau ) au sein de notre république , qu'à « l'intérieur » de notre Eglise.. !Couples.jpg

Le référendum, eut été pour notre pays l'occasion d'être un peuple responsable ; et la confiscation de la parole des catholiques par la « conférence des évêques », ou par les manifestants..., augurent mal d'une nouvelle évangélisation que mériterait la France le XXIème siècle … !

 L'actualité, semble réduire l'église catholique au rôle d'opposant politique... Ce n'est bien sûr pas sa mission... Une parole évangélique peut s'exprimer mais différemment sur les relations sexuées entre personnes humaines, sur leur fécondité et leur prise en compte par la société … L'Eglise n'est pas un lobby parmi d'autres , qui doit peser sur nos choix politiques et sociétaux.

 A mon avis : cette question du « mariage pour tous » répond à une requête légitime de certains couples gays ou lesbiens qui souhaitent à la fois fonder une famille (ce que beaucoup ont déjà fait, qu'on le veuille ou non) et protéger leurs enfants. 

  •  « Fort heureusement, il y a bien longtemps que nous ne sommes plus en Chrétienté. Et il y a bien longtemps aussi que le mariage civil n'a plus le même sens que le mariage chrétien (auquel je crois de toutes mes forces). Depuis les lois sur le divorce qui, là encore, assurent la supériorité de l'individu et de son épanouissement sur celui du couple ou de la communauté, le mariage républicain n'est déjà plus qu'un ersatz du mariage religieux. Il s'en inspire, mais en a perdu le sens profond. » Laurent Grzybowski, journaliste société à La Vie.


  •  A noter l'avis de René Poujol ancien rédacteur en chef de Pèlerin magazine et qui analyse la prise de position de la Conférence des évêques de France :

 "Ce n‘est donc pas 'au nom de la foi en Jésus Christ', commune à tous les chrétiens, que les évêques se prononcent contre ce projet, mais pour des raisons de nature anthropologique, même si cette anthropologie trouve logiquement sa source, pour eux, dans le récit Biblique. Il se trouve que je souscris personnellement et à cette analyse, et à leur prise de position concernant le mariage pour tous." Mais … C'est, peut-être, parce que l'argument n'est pas d'ordre religieux que les chrétiens peuvent être d'avis divergents. poursuit René Poujol... "Je tire de leur propos (ceux des évêques) la conclusion, moins habituelle, que l’on peut donc être frères dans la foi… et diverger sur la question du mariage pour tous, dès lors qu’on ne fait pas tous la même analyse de ses conséquences sociétales possibles." 

caricature naquetEt, se souvenir....:


La 
loi autorisant le divorce en France fut adoptée le 20 septembre 1792 par l'Assemblée nationale et modifiée par des décrets de 1793 et 1794. Le divorce fut conservé par les rédacteurs du Code civil, puis abrogé sous la Restaurationpar la loi du 8 mai 1816. Il ne fut rétabli que sous la Troisième République, avec la loi du 27 juillet 1884.

Mgr_Freppel_3.jpg

 M. Freppel, évêque d'Angers déclare le 19 juillet 1884, au Sénat :  « Qui vous a demandé le divorce ? Quelques femmes écervelées, quelques romanciers qui se font un jeu des mœurs et des lois... et dans cette campagne antifrançaise, anticatholique, sur qui se sont-ils appuyés ? ... »

Le fait capital, aux yeux de l'Eglise, c'était qu'un mariage pût être rompu sans elle, malgré elle. Qu'elle le voulût ou qu'elle ne le voulût pas, la société civile et la famille rompaient ainsi en droit un des liens les plus forts dont elle les eût jamais enserrés....


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La domination du capitalisme est aussi spirituelle.

Publié le par Perceval

Jung Mo Sung (Docteur en théologie et économiste) : voir article « La Vie » , reprend un thème cher à la théologie de la libération :

Congrès Continental de Théologie du 7 au 11 octobre à Sa
Congrès Continental de Théologie du 7 au 11 octobre 2012 à Sao Leopoldo

Le capitalisme colonise l’espace, y compris dans le champ spirituel. Même les pays de tradition culturelle millénaire, qu’ils soient bouddhistes, hindouistes ou confucianistes en Extrême Orient, sont en train d’adopter des modes de vie occidentaux.

Un des concepts théologiques fondamentaux de la Bible est l’idolâtrie. Toutes les sociétés produisent des dieux qui sont l’oeuvre d’actions et d’interactions humaines qui ont été sacralisées. Les prophètes ont perçu et critiqué ce processus. L’idole fascine et attire. Le néolibéralisme présente une logique idolâtrique à travers la fascination de nos sociétés pour les lois du marché, un système qui serait censé imposer et réguler seul ses règles. Face à cette dimension fascinante du capitalisme global actuel, il ne suffit pas de critiquer. Il faut démontrer le processus sacrificiel qu’il engendre (perte de l’emploi, délitement de la vie de famille, voire mort des plus pauvres…) pour se défaire de cette fascination qui nous aveugle. La théologie a une mission importante à accomplir dans la société pour dénoncer cette nouvelle fascination. 

M. Meaudin ( Faculté de théologie, Université de Montréal,  ). établit une comparaison entre l'idéologie du néo-libéralisme et une religion de type sacrificielle.
conquistadorL'orientation néo-libérale actuelle de l'économie semble, en effet, la donnée fondamentale qui explique le remodelage de notre société. Or, loin d'être un domaine neutre et objectif et échappant à tout choix de valeur et de foi, l'économie de marché comporte un horizon métaphysique, une religion propre avec un discours interprétatif quasi théologique : M.M. entend détecter et qualifier ces aspects religieux, à savoir l'idolâtrie et le sacrifice qui caractérisent le néolibéralisme actuel


La question centrale aujourd'hui en Amérique Latine n'est pas la question de l'athéisme, le problème ontologique de l'existence ou non de Dieu [...]. La question centrale est l'idolâtrie, l'adoration des fausses divinités du système de domination. [...] La foi dans le Dieu libérateur, celui qui révèle son visage et son secret dans la lutte des pauvres contre l'oppression, s'accomplit nécessairement dans la négation des fausses divinités...La foi se tourne contre l'idolâtrie. (« La lutte des dieux. Les idoles de l'oppression et la recherche du Dieu libérateur», 1982)

Selon Hugo Assmann ( « L'idolatrie du marché. Essai sur l'économie et la théologie » 1989) , c'est dans la théologie implicite du paradigme économique lui-même, et dans la pratique dévotionnelle fétichiste quotidienne que se manifeste la "religion économique" capitaliste. Les concepts explicitement religieux qu'on trouve dans la littérature du "christianisme de marché" - par exemple, dans les discours de Ronald Reagan, dans les écrits des courants religieux néo-conservateurs, ou dans les oeuvres des "théologiens de l'entreprise" comme Michael Novack - n'ont qu'une fonction complémentaire. La théologie du marché, depuis Malthus jusqu'au dernier document de la Banque Mondiale, est une théologie férocement sacrificielle: elle exige des pauvres qu'ils offrent leur vie sur l'autel des idoles économiques. Sacrifices humains au nom de contraintes "objectives", "scientifiques", profanes, apparemment non-religieuses.

idolatrie-du-salut.jpg

Dans un ouvrage plus récent, « Ethique de la Vie » (2000), Leonardo Boff esquisse un parallèle entre l’injustice socio-économique et politique, conséquence de la violence contre les travailleurs et les classes subalternes, et l’injustice environnementale, qu’est la violence contre la nature, l’air, l’eau, qui menace de mort toute la biosphère. Leur origine commune est le paradigme capitaliste occidental, qui trouve son expression actuelle dans le néo-libéralisme et dans la « religion du capital », la religion du fétichisme de la marchandise, avec ses temples (les banques), son clergé (les financiers), ses dogmes et sa théologie (formulée par les économistes).

La mort d’espèces entières et de millions de personnes dans les pays pauvres sont, pour l’idéologie dominante, « les sacrifices nécessaires pour la croissance économique qui possibilité la réalisation du désir de consommation illimitée ». La tâche de la théologie c’est de critiquer l’idolâtrie du marché et le mythe du progrès, qui exigent et justifient les sacrifices de vies humaines et de l’environnement naturel. ( cf : SUNG, Jung Mo. Sementes de esperança. A fé em um mundo em crise. Petrópolis: Vozes, 2000. )

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Simone Weil, à l'usine. 1934-1935 -2-

Publié le par Perceval

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Mai-juin36, blocage haut fourneau

1934 «  Si la guerre éclate, socialistes et communistes nous enverront à la mort pour la «  patrie des travailleurs »...( …) Etant donné la situation, je suis bien décidée à ne plus prendre part à rien dans le domaine politique et social. ( …) Voici, brièvement, comment je vois l'avenir : nous sommes au début d'une période de dictature plus centralisée et plus oppressive que tout ce que nous connaissons dans l'histoire ( …) J'ai pris un congé d'un an pour travailler un peu pour moi et aussi pour entrer un peu en contact avec la fameuse « vie réelle » ( lettre )

 

travail-a-la-chaine.jpeg«  Après mon année en usine ( …) j'avais l'âme et le corps en morceaux. ..( …) Le malheur des autres est entré dans ma chair et dans mon âme. ( … ) J'ai reçu là pour toujours la marque de l'esclavage... » ( lettre à JM Perrin )

 

lumpen-proletariat.jpg

Au plan politique et historique, les leçons tirées de l'expérience s'avèrent tout aussi dures. Simone Weil confirme ce qu'elle avait pressenti : les conditions de travail imposées aux ouvriers engendrent, non pas la révolte, mais la soumission, réduisant à néant ou presque les chances d'une révolution prolétarienne. 

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L'anarchisme chrétien

Publié le par Perceval

C’est la chronique de Jean-Claude Guillebaud, enchanté par le livre : livre-anarchisme-chretien.jpg« L’anarchisme chrétien », qui a attiré mon attention vers ce courant que l’on imagine minoritaire :

 

"... l’anarchisme me paraît la conviction la plus proche, dans son domaine, de la pensée biblique." - Jacques Ellul.

 

Jacques Ellul a écrit un livre « Anarchie et christianisme ».

 


 

Jacques-Ellul.jpg

 

 

 

 

 

 

Ce courant social et politique est décrit dans ce livre au travers de la radicalité mise en avant par des têtes d'affiche que l'on connaît, superbement abordées dans le livre, comme Charles Péguy, Georges Bernanos ou Jacques Ellul, et cent autres avec Simone Weil, Dorothy Day, Pierre Kropotkine, Hugo Ball, Novalis, Peter Maurin, Tolstoï, Félix Ortt, ce contemporain de Péguy qui publia en 1903 un Manifeste anarchiste chrétien ou Joseph Proudhon dont – à tort – on n’interroge plus la pensée. Mentionnons encore Ernest Hello, ce sublime Breton amoureux de Dieu et qu’admirait tant Barbey d’Aurevilly. Ces anarchistes chrétiens, si méconnus, ont une « indélogeable conviction » : « Le message évangélique est dangereux, dérangeant, subversif, décisif ». Cathos-et-anar-last-supper.jpg

 

En 2012, ce qui nous menace de mort spirituelle, c’est le règne médiocre de la marchandise et tous les affairements de la technologie. Les auteurs citent en conclusion une phrase de saint Paul : « Ne vous conformez pas à ce monde présent, mais transformez-vous par le renouvellement de l’esprit ». (Romains 12, 2).

 

Quel serait l'équivalent chrétien de "Ni Dieu, ni maître"? Matthieu 23, verset 8 dit: "ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères." On pourrait donc dire que le slogan équivalent serait "Dieu est mon seul maître"

 

Extraits d’un entretien avec Jacques de Guillebon et Falk van Gaver (Source :La Nef N°237 DE MAI 2012 )

L’anarchisme n’est-il pas l’attitude de celui qui refuse de « rendre à César ce qui est à César » ?

«  C’est tout à fait le contraire : l’anarchiste rend à César ce qui est à lui, c’est-à-dire pas grand chose. Quand le Christ règle la question de l’impôt, il la règle avec sa sprezzatura habituelle : c’est-à-dire que pour lui, ce n’est presque pas une question. César ne sait pas faire beaucoup plus que graver son visage sur une pièce : qu’on lui rende sa pièce. Il faut de plus mettre ce passage fameux de l’Evangile en parallèle avec un autre, moins étudié, où les Juifs pressent le Christ de payer son impôt au Temple : « Ce ne sont pas les hommes libres comme nous qui doivent payer, apprend-il à ses apôtres, mais pour éviter de scandaliser ces bons Sadducéens et Pharisiens nous le paierons ». Et comment s’y prend-il ? Il envoie Pierre pêcher un poisson dans le lac : « Dans sa bouche, tu trouveras une pièce de bronze, tu la porteras au Temple ». C’est dire en quelle estime le Christ tient le « sale argent » qui est à César, cet argent qu’on trouve dans la bouche du premier poisson venu. Qui donc est César, s’il ne possède rien de plus ? Il n’y a pas à avoir peur de César, ni à lui prêter plus d’importance qu’il n’en a. anarchiste et ChrétienL’anarchie permet justement de tempérer les liens temporels. »


( …)  le Christ oppose formellement le mode d’administration chrétienne et celui des rois païens : « Eux ont des esclaves à qui ils commandent en maîtres, parmi vous que le premier soit le dernier ».


( …) l’anarchie, la chrétienne particulièrement – qui est la seule logique, la seule qui tienne – repose sur une vision complète de l’homme qui ne le tronque pas et reconnaît sa double fin, temporelle et surnaturelle. Elle invite, notamment à travers la question de la non-violence qui lui est congénitale, à une révolution intérieure, et à une révolte contre ses propres égoïsmes pour commencer. Naturellement, elle déborde ce cadre et inonde le monde temporel : en ce sens, elle n’est nullement contradictoire avec la vision du politique de l’Eglise, qui s’exprime particulièrement dans la doctrine sociale de nos jours, au contraire elle l’accompagne parfaitement : subsidiarité, c’est-à-dire organisation naturelle à la base ; option préférentielle pour les pauvres ; destination universelle des biens, tout cela sont ses maîtres-mots. »

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Et si la Culture sauvait l’Education ?

Publié le par Perceval

J’ai participé à quelques ateliers des Journées d’été d’EELV (1), et s’ils m’ont passionné, j’ai rapidement compris qu’au moins en matière d’Education,geluck ecole pour tous il était difficile de débattre inlassablement à propos d’une réforme de l’Education Nationale … Il est presque déprimant d’entendre toujours les mêmes débats sur les programmes, les obligations de service des enseignants … et, ainsi, de nous enfermer dans un carcan institutionnel ; qu’il serait salutaire de faire exploser .. !

 

Déjà, je ne comprends pas cette coupure institutionnelle entre l’Education et la Culture … Sans doute que Malraux, n’y est pas pour rien, lui qui estimait, que l’Art devait s’approcher «  sans médiation » …

L’Education, aurait beaucoup à gagner, si elle se présentait d’abord comme un «  bien culturel ». Un bien qui ne relève pas de la consommation marchande, puisqu’il s’enrichit quand il se partage… Un bien, qui se déploie, «  avec peu d’effet, et beaucoup de sens … » ; alors que le bien marchand, à vendre donc, se présente avec « beaucoup d’effets et peu de sens » …

L’expression artistique, aujourd’hui, est à la charnière des deux institutions… et, a du mal à s’intégrer dans l’Ecole. La culture, ne peut pas s’intégrer dans le schéma scolaire : « 1 cours, 1heure, un prof, 1 contrôle, 1 note et 1 passage dans la classe supérieure… »

 

Education pop-ba589Aujourd’hui, l’Education est prête à devenir un « bien marchand »… Le productivisme et le consumérisme scolaires en sont les meilleures preuves, le tout régulé par un «  tri sélectif des élèves » !

L’Education a besoin, de manière urgente, de Culture… La culture est ce qui libère et ce qui lie… !

Aussi, l’Education mériterait, non pas une énième réforme, mais une vision si différente, qu’elle ne s’inscrirait que dans un véritable changement de société, et qu’à mon avis, Europe écologie est seule à proposer dans un cadre négocié de gouvernement.

 

En attendant ces temps meilleurs, sans doute sera-t-il nécessaire de proposer des aménagements structurels afin de limiter les dégâts d’une société résolument libérale, peu soucieuse de partager équitablement ses biens…

 

(1):EELV= Europe Ecologie Les Verts

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Pour l’humain et son environnement.

Publié le par Perceval

Je participe à l’université d’été d’Europe Ecologie Les Verts. Il me semble urgent, face à l’oligarchie libérale qui nous entraine de crises en crises, de réfléchir et de s’engager politiquement…

europe écologie 2010 051

Je compte sur ces quelques jours pour approfondir ma réflexion sur le crise monétaire actuelle, sur la dépense publique et les moyens de maintenir les services publics, sur les propositions politiques d’un partage des richesses, sur la croissance, la sobriété …etc

 

 

« En 50 ans, le volume de l’économie mondiale a quintuplé… et 60 % des écosystèmes de la planète auraient été dégradés. »  Tim Jackson, professeur en développement durable à l’université de Surrey, in Le Courrier International n°994

 

 

 

Egalement, il est urgent que l’occident religieux, admette le pluralisme et produise des « théologies inédites qui, pour défendre l'homme des atteintes qui le défigurent, le libèrent des absolutismes usurpant la place du Divin (note 1)… qui seul est absolu ». Il s’agit de travailler, à l’écoute de la parole, dans l’optique de « croître autrement » en remettant l’homme au coeur des préoccupations.

profit CAC 40Surendettement, croissance, possession … Nous ne pouvons plus continuer ainsi… !

 

Accepter des limites : c’est vivre libre.

 

Je reprends ci-dessous : des réflexions et une initiative des églises protestantes :

«  Il y a, pour l’humanité sur terre, un principe absolu qui est celui de l’intérêt général, et celui-ci inclut la prise en considération des trois parties prenantes indissociables que sont la nature, l’économie et l’homme. Toute unilatéralité, toute absolutisation de l’une au détriment des autres est destructrice pour l’ensemble.

Le respect de la nature décide de la survie de la nature et de la survie de l’homme, de l’humanité. »  Gérard Siegwalt Théologien… Pour reprendre son idée :  « …nous devons nous éloigner de la notion de domaine à exploiter, selon Genèse 1, et adopter celle de patrimoine : jardin à cultiver et à soigner, selon le 2e chapitre du même livre. »babel moderne

 

« Dans notre foi en l'amour de Dieu, le créateur, nous reconnaissons avec gratitude le cadeau de la création, la valeur et la beauté de la nature.

Mais nous voyons avec effroi que les biens de la terre sont surexploités sans considération de leur valeur propre, sans tenir compte de leur caractère limité et sans égards pour le bien des générations futures.

Nous voulons coopérer ensemble à créer des conditions de vie durables pour l'ensemble de la création. Responsables devant Dieu, nous devons dégager et développer des critères communs pour déterminer ce que les hommes peuvent sans doute faire d'un point de vue scientifique et technologique, mais ne doivent pas faire d'un point de vue éthique. En tout cas, la dignité unique de chaque homme doit garder sa priorité par rapport à ce qui peut être fait par la technique.

Nous recommandons d'instituer une journée oecuménique de prière pour la sauvegarde de la création dans les Églises européennes.

loi-du-liberalisme-darwinisme-socialNous nous engageons : à promouvoir le développement d'un style de vie, selon lequel, à l'encontre des pressions économiques et consuméristes, nous mettons l'accent sur une qualité de vie responsable et durable ; à soutenir les organisations ecclésiales agissant pour l'environnement et les réseaux oecuméniques dans leur responsabilité pour la sauvegarde de la création. »

Charte OEcuménique , Conseil des Églises européennes (KEK) & Conseil des Conférences Épiscopales Européennes (CCEE), signée en 2001 à Strasbourg (§ 9, Sauvegarder la création).

 

Références : CASPE Commission des affaires sociales, politiques et économiques 67081 Strasbourg Cedex : Union des Églises protestantes d'Alsace et de Lorrain.

 

note(1): C’est Riccardo Petrella (économiste, politologue et professeur à Louvain) qui écrivait : « La différence entre le Dieu d’Abraham et le dieu du Marché, c’est que pour le premier, nous sommes tous ses fils et nous avons une valeur tandis que pour le dieu du Marché, beaucoup d’entre nous, dès qu’ils ne sont plus rentables pour le capital, deviennent un surplus qui coûte et doit donc être éliminé. Dans cette optique, si quelqu’un vient à être éliminé, c’est seulement de sa faute. » (1)

 

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Démocratie, pouvoir et pluralisme

Publié le par Perceval

Un auteur, rencontré au détour de différents articles, a rendu cohérent quelques pensées personnelles éparses, que j’avais du mal à organiser. méduseIl s’agit de Philippe Ségur, à propos d’un livre : « Le pouvoir monstrueux, Buchet-Chastel, 2010 »

J’ai retenu pour ma part, ceci : Le pouvoir est « monstrueux », parce qu’il doit se montrer ( lat :monstrare ). Le pouvoir est ce qui sort de la nature et tente d’imposer sa propre nature, une nature ‘ augmentée ‘… En effet, il doit l’excéder dans la manière de se montrer… Aussi, chacun se retrouve avec sa faculté de décider, sa liberté :  ôtée …

La question de la domination est posée, puisque la démocratie impose que le petit nombre décide, et le grand nombre obéit …

Qui est titulaire du pouvoir à la source ? Le peuple, nous dit-on : « Dans le discours public, la sacralisation de la nation et du peuple ( conçus à l’image de l’homme et ne cessant de le magnifier ) participe de cette mystique républicaine…. Mais ce discours présentant la nation comme une fiction unifiée fait abstraction de la diversité du peuple. » Philippe Ségur : P.S.( 1)

Rien de nouveau, certes, depuis les différentes Révolutions ( confisquées ou non …)

Democratie couronne le peuple
 La démocratie couronnant le peuple


 

« La démocratie réclame un peuple de dieux ! ou, s’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait qu’il ne convient pas aux hommes. » J-J Rousseau


« Tout le rêve de la démocratie est d’élever le prolétaire au niveau de bêtise des bourgeois. Le rêve est en partie accompli. »    Gustave Flaubert (Correspondance)


Et même : « Selon toute vraisemblance, aucun autre régime ne peut donner naissance à la tyrannie que la démocratie : de la liberté extrême naît la servitude la plus complète et la plus terrible.» ! C'est de Platon (la République)


Aujourd’hui, la démocratie « ne vise qu’à empêcher les antagonismes sociaux de s’exprimer …… Le pluralisme est l’illusion qui permet à la démocratie de perdurer… Ce système juridique est de plus en plus technicien et indifférent aux valeurs. … Quand les spécialistes se désintéressent des valeurs, on tombe dans le nihilisme.» P.S. (1)( dans le journal ‘ La Croix ‘ du ven 7 janvier 2011 )

Dans un monde de plus en plus complexe, technique … Nous sommes réduits à nous en remettre à la compétence des autres.

Une société peut-elle exister si elle ne partage pas un certain nombre de valeurs communes qui donnent un sens aux échanges entre ses membres ?

 

« La Démocratie, plus qu’aucun autre régime, exige l’exercice de l’autorité. » Saint-John Perse (Discours sur Briand)

Qui bafoue l’autorité en démocratie ? En mode libéral, ce pourrait être la finance, pilotée par la statistique et le technicien…

Pour parler politique, je pense que notre démocratie s’enlise... Pour la régénérer, ATTAC propose une réforme constitutionnelle :

-          Le référendum révocatoire d’initiative populaire ( remise du mandat d’assemblées ou d’élus..)

-          La chambre des citoyens ( en lieu et place du Sénat ) composée de citoyens tirés au sort ( mandat court et non professionnel … )

-          Les conférences ou conventions de citoyens sur un problème de société particulier …

-          …Etc ... cf Dans quelle démocratie vivons-nous ?

-           

Sur le plan religieux, et c’était le but de mon propos, je reprendrais bien cette réflexion, avec l’assurance de ma foi et de mon espérance… L’institution, pourrait dans son organisation et non dans sa théologie, bénéficier d’une telle réforme constitutionnelle ( les « élus », étant les responsables de communautés et les évêques …)..

 

Pour en revenir, à la ‘ démocratie ‘ ; Il me semble que le pouvoir,-  ainsi symbolisé par une prétendue ‘ représentativité ‘ du peuple, est une idole … Et là, s’exprime ainsi, le plus clairement, « le péché religieux » qui tente de corrompre la notion même de «  pluralisme ».

 

christ-lave-les-piedsLe pluralisme n’est pas le résultat du seul droit de s’exprimer, une sorte de tolérance polie à la cohabitation d’opinion diverses…

Le pluralisme est le mouvement perpétuel de l’Esprit ( qui ne peut, même « tradition oblige » se figer ! ) qui se nourrit de la diversité… C’est une sorte de ‘révolution permanente’, que la religion seule peut ( mais doit …) supporter.

Les Evangiles, et la Bible entière, reprennent sur différents modes littéraires ce déplacement continuel des représentations du pouvoir, du bien , du mal … jusque dans l’incarnation même du divin, qui passe de la puissance du pouvoir ( ou prétendue telle…) à l’humilité extrême, en Jésus, pour la glorification de l’Humain…

religionsdumonde

 

Les institutions politiques, et religieuses aussi, essaient de fixer ce processus ( pourtant, naturellement Humain, ou Divin…) par des élections politiques , ou pour le religieux par une dogmatique ( très juridique… et pharisienne à l’excès, au détriment de sa propre valeur …).

Pour ce qui est de nos institutions politiques, peut-être n’est t-il pas ‘ raisonnable ‘ de vivre dans une ‘ anarchie ‘ positive et vertueuse. Mais au moins soyons conscients, et combattons les rejetons oppressifs causés par l’individualisme,

 

De même que « la femme est l’avenir de l’Eglise » ( J Moingt)… Je me risquerais bien à dire que l’avenir de l’Humain, est religieux… Une religion sans idole !

 

Actuellement, je lis Hans Kung ; et découvre une partie de son œuvre et son «  Projet d’éthique planétaire : 

 

C’est ICI http://global-ethic-now.de/index-fra.php

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« Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel.

Publié le par Perceval

Voilà un sujet, qui à mon avis, ne démérite pas d’être présenté dans le contexte pédagogique…

Cet article est ‘engagé ‘, mais il est ‘laïque’, car il repose sur des valeurs commune à notre cinquième république. Et, s’il devenait contestable pour un enseignement porté devant des élèves… Ce serait, pour moi, un signe supplémentaire - d’une vérité d’aujourd’hui , que cet appel à «  l’indignation » … !Livre S Hessel

 

« Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel.


stephane-hesselN’a t-on pas envie à 93ans, de dire des choses essentielles ? Stéphane Hessel, qui a vécu l’indignation des résistants face au fascisme, nous alerte sur les valeurs qui l’ont porté à vivre cette résistance, et qui sont aujourd’hui’ sournoisement  bafouées ! Ce programme politique était alors porté par un ensemble de gens qui étaient parfois à des antipodes politiques, cependant – ce devait être le bon sens ! –chacun s’y retrouvait :

-          La sécurité sociale : « visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail. »

-          « Le retour à la nation des grands moyens de production.. fruit du travail commun, des sources d’énergie, …des compagnies d’assurance et des grandes banques. »

-          «  l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie. »

-          «  le juste partage des richesses créées par le monde du travail doit primer sur le pouvoir de l’argent ». La résistance propose «  une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image  des états fascistes », et le gouvernement provisoire de la République s’en fait le relais ( P10)

-          « Une presse indépendante »,

-          « La possibilité effective pour tous les enfants de bénéficier de l’instruction la plus développée »

-          Etc ..

 

Bien sûr, en 2010, nous avons les moyens technologiques, pour aller encore au-delà et développer notre réflexion à la mondialisation, et au bénéfice de la planète.. ! Malheureusement : terrible régression… ! Nous avons abandonné les fondamentaux de cette république, et nous sommes peut-être en train d’inventer un ‘nouveau fascisme’, qui - plus sournois -, semble envahir nos comportements …. ?

 

schema republiqueStéphane Hessel, nous interroge :

-          « Comment l’Etat peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération. » ?

-          Que proposons-nous à notre jeunesse autre que « la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. » ?

-          Et face à ces défis :

o   - L’écart qui ne cesse de croitre entre les pauvres et les riches… ?

o   - Les droits de l’homme : Aujourd’hui, lisons la DUDH et les articles : 15 ( la nationalité ), 22 ( sécurité sociale ) ?

o   - L’état de la planète. ?

«  la pensée productiviste, portée par l’occident, a entraîné le monde dans une crise dont il faut sortir par une rupture radicale avec la fuite en avant du ‘ toujours plus ‘, dans le domaine financier mais aussi dans le domaine des sciences et des techniques. Il est grand temps que le souci d’éthique, de justice, d’équilibre durable devienne prévalent. »

 

valeurs republiqueStéphane Hessel s’adresse aux ‘jeunes’ :

  • « La pire des attitudes est l’indifférence, dire ‘je n’y peux rien, je me débrouille ‘, en vous comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain. » S.H.
  • « La non-violence, le chemin que nous devons apprendre à suivre »

«  .. la violence tourne le dos à l’espoir. Il faut lui préférer l’espérance, l’espérance de la non-violence. (…) C’est pourquoi il ne faut pas laisser s’accumuler trop de haine »

  • Stéphane Hessel, appelle les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l’héritage de la Resistance et ses idéaux … «  Nous leur disons : «  Prenez le relais, indignez-vous ! »

«  Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux."

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Transmission et pédagogie… avec Ph. Meirieu

Publié le par Perceval

En ce XXIème siècle, la question du ‘ sujet ‘ est au cœur de la réflexion pédagogique.

Le sujet est en péril., en effet la modernité promeut l’individu et met le sujet en péril… Au travers de la relation adulte-enfant, il nous apparaît clairement que nous sommes tous manipulés par l’appel du « capitalisme de la pulsion »… Cette immédiateté, ce besoin de satisfaction immédiate, mettent le sujet en péril… Enseignant, nous sommes contraints de forcer l’accès à la pensée à reconstruire. Un enfant est un corps humain ‘connecté’-  en hyper activité permanente - où la pensée n’a plus le temps de se développer … Nous sommes plongés dans un capitalisme pulsionnel  en évolution … A l’enfant, nous disons : Ton caprice fait la loi ! ( et il fait marcher le commerce ! )

 

Il faudrait passer de la pulsion  au  désir.. Il faudrait passer de la suractivité à la pensée..


Après une pulsion , nous revenons à l’encéphalogramme plat ; alors que le désir, ne l’abolit pas, mais l’agrandit … L’enseignant devrait être attaché à cette exigence : le désir d’apprendre

 

Placer le désir au cœur du travail pédagogique, c’est placer le sujet au cœur du projet pédagogique ..


Qui peut nous dire le ‘ Bien ‘. ?07-ANONYME-CHRIST-AND-THE-ABBOT-MENA-SINAI

Cette question, que notre rèpublique laïque, affirme aujourd’hui non résolue, est au cœur de la démocratie ; - elle la structure, la rend précaire, donc précieuse …

 

C’était facile d’éduquer un enfant, quand il y avait un ‘ catéchisme ‘ qui nous disait : où et comment se trouve le bien , et règle le comportement individuel … A partir du moment, où nous ne déclarons plus légitime à quiconque, à quelque idéologie que ce soit, le droit à légiférer sur nos vies … Nous en sommes rendus à devoir le décider nous-mêmes … Quelle radicale étrangeté, par rapport à ce que nous avons vécu .. ! Nous ne pouvons même plus nous révolter contre ce pouvoir, puisque que, nous ne le reconnaissons plus … ( Et tant mieux … ! - pour ce qui était de l’emprise sociale ( pouvoir ) du religieux ! )

La montée de l’individualisme social , est le corollaire de l’effondrement du religieux… Il a fait tomber toute forme de verticalité ( qui s’imposait ), et réduit tout à l’horizontalité…

 

Cet état de fait, impacte la question éducative. Dans notre société, nous avons  éradiqué la mortalité enfantine et chaque enfant est désiré… L’enfant devient  ‘ l’enfant du désir ‘sur lequel nous allons projeté notre désir… Ce sont nos enfants qui vont faire notre bonheur …

On accuse les pédagogues d’avoir fait «  l’enfant-roi » , alors que c’est un phénomène social qui n’est pas lié à la pédagogie , mais à notre modernité … C’est l’enfant qui décide de celui qu’il va aimer ( beaucoup d’exemples chez les enfant de la ‘semaine’)… L’enfant arbitre et se trouve détenteur d’un pouvoir, qu’il n’est pas capable de gérer … Ces phénomènes sont des faits . Ce ne sont pas des arguments pour interdire le divorce, la garde alternée..etc … L’enfant du XXIème siècle ne sera plus l’enfant des siècles précédents ( et tant mieux … ! )

Aussi, le défi social et politique, est de permettre aux individus de tenir ensemble, dans des relations de configuration et non pas de coagulation ( c.a.d. sans tomber dans des pulsions de fusion..)

collective-intelligenceVivre ensemble, sans le bâton du patriotisme, du dieu tout puissant,, du fanatisme, de l’idéologie : ce dont il faut absolument nous réjouir .. !

 

Nous n’avons plus qu’à nous retrouver dans le débat démocratique, et bâtir du lien commun … Dans cette situation de crise ( positive )la pédagogie devient essentielle … Dans une théocratie, on peut faire du dressage, dans une démocratie, on a besoin de pédagogie  qui permet de se décentrer, d’examiner, qui  permet d’entrer en relation avec l’autre sur un mode qui ne soit pas sur le modèle de l’emprise … mais, de la découverte respectueuse et collective pour  découvrir le bien commun…

Philippe-Meirieu

La modernité appelle la pédagogie, pour ne pas tomber dans un libéralisme anarchiste qui n’est que le choc des individualités que ne régulera plus que la seule loi du marché , ou alors nous tombons dans des fondamentalismes les plus réactionnaires et dangereux ..

Entre l’esprit consommateur-individualiste et la fusion religieuse … Quel chemin trouver pour un collectif démocratique ?

 

Peut-on et comment :  conjuguer transmission et émancipation ?

Transmettre n’est pas assujettir, et émanciper n’est pas promouvoir l’individualisme ..

 

Cet article, n’est pas une ‘inspiration personnelle’. C’est une reprise à mon compte ( essentielle pour moi ! ), d’une conférence de Philippe MEIRIEU (1) . Transcription courte et toute personnelle.

Je vous invite, à l’écouter ICI : colloque du GFEN à Lyon … Ecoute enthousiaste de ma part !

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