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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

Publié le par Perceval

Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

En 1945, l'abbé Gillard a l'opportunité des services d'un prisonnier allemand Karl Rezabeck. Il le loge et le nourrit, en échange il réalise les tableaux dont le prêtre lui donne une description précise...

Rezabeck va peindre un étonnant chemin de croix. Un chemin de croix situé non à Jérusalem, mais à Tréhorenteuc : les paysages sont identifiables : la cour du presbytère, les prairies, le manoir de la rue neuve ( N° 4 et 8) , et même le val sans retour ...

Ici, les trois chutes du Christ, représentent les trois tendances de la nature humaine, qui égarent l'individu : l'orgueil, l'avarice et la luxure.

Ainsi à la 9e station “Jésus tombe pour la 3e fois”, Marie Madeleine est représentée sous les traits de la fée Morgane vêtue d'une très légère robe rouge . Un quotidien régional va titrer: « À Tréhorenteuc, une pin-up dans un chemin de croix ».

Le menuisier qui prépare la croix, c'est Wisdorf l'ébéniste allemand qui a travaillé avec l'abbé … Dans le 3ème tableau, on reconnaît Sainte Onenne et ses oies ( N° 3, 12 et 13). A la 13e station, Joseph d’Arimathie recueille le sang du Christ dans le Graal.

 

 

 

Après le chemin de croix, l'abbé Gillard fait exécuter trois tableaux qui illustrent la légende arthurienne.

- L'un est la reprise d'une illustration du ''Lancelot en prose'' d'Evrard d'Espinques ( 1475) et représente les chevaliers autour de la Table Ronde, et apparaît au centre, le Graal, porté par des anges.

Les deux autres sont plus originaux :

- L'un est ( encore ..) consacré au Val sans Retour, et met en scène Morgane, tentatrice à la robe rouge, la chevelure sombre, face à Lancelot... par lui, est brisée la magie du lieu, créé par la fée Morgane. Trahie dans son amour pour le chevalier Guyomar, elle conçoit de se venger... ( vous connaissez l'histoire ...)

Sur le tableau, autour de Morgane et de lancelot, sont représentés quelques uns des 253 chevaliers enfermés dans le Val durant 17 ans ( le nombre 17 ! )... Leur vie est oisive, faite de jeux, de festins, de joutes amicales, de danses … mais, ils sont prisonniers … Un géant garde ce lieu

- L'autre tableau, est consacré à un des sites mythiques de Brocéliande : la Fontaine de Barenton. ( je vous raconte l'histoire, la fois prochaine …)... Antique lieu de réunion druidique...

Sur le tableau, on y voit : *Yvain, le chevalier au lion, derrière lui surgit le chevalier noir ; et parmi les arbres verdoyants, se devine une silhouette féminine...

* Viviane et Merlin, ils se sont rencontrés ici, et Merlin a pris l'apparence d'un beau jeune homme, pour la séduire... Finalement, se servant de son enseignement, Viviane va l'enserrer ( dans une prison d'air) pour toujours … Viviane apparaît dans une robe translucide, parée de ses charmes, en opposition aux vierges chrétiennes … !

* A gauche, la figure d'Eon de l'Etoile ( !?), une sorte de moine, ''robin des bois'' et condamné pour hérésie... Lié à une comète ( repérée en 1145), on le disait magicien, et faisait apparaître tout un banquet ...

* En bas, une joute, et en arrière-plan, la belle Sydoine...

Ces quatre scènes illustreraient les quatre éléments : l'eau ( la fontaine ...), l'air, ( la prison...), la terre ( que mordent les 52 chevaliers battus par Yvain...) et le feu ( de la comète...)

- Enfin, un tableau '' la famille de Sainte Onenne'', représente face au festin du Graal, un banquet réunit la famille de la sainte : le roi Judhaël et son épouse Pritelle avec leurs 22 enfants... Et, le saint Judicaël, roi et fondateur de l'abbaye de Pailpont. A droite, on distingue l'église de Tréhorenteuc

 

Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

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MORGANE, ET LE VAL SANS RETOUR

Publié le par Perceval

Morgane...

Le val sans retour est le domaine magique de la fée Morgane, demi-soeur du roi Arthur et détentrice de pouvoirs magiques.

Auparavant, je peux reprendre cette histoire plus avant ; au moment où Morgane rencontre le chevalier Guyomard.

Nous sommes alors – après Chrétien de Troyes, dans le «  Lancelot en prose » – où, après que Morgane ( Morgue)  ait pu être considérée comme une fée, elle devient un être immoral et maléfique …

Très occupée à ne rien faire à la cour de son demi-frère Arthur, Morgane passait de troubadours en ménestrels au gré de ses caprices sans la moindre retenue, jusqu’au jour où son regard croisa celui du beau Guyomard, chevalier de petite Bretagne. C’est peu de temps après le mariage de Guenièvre avec le roi Arthur que ce chevalier plein de vaillance, neveu de la reine, arrive au palais royal. Dès lors, ce fut l’amour fou et exclusif.

 

Morgane, alors suivante de Guenièvre, s’éprend follement de Guyomard . Morgane a très mauvaise réputation : « si chaude et luxoriose que plus chaude feme ne convint a querre. » 

Les deux amants finissent par coucher ensemble et la reine est aussitôt avertie de leur relation. Guenièvre, qui souhaite avant tout protéger la renommée de son mari et de Guyomard, fait prendre les amants sur le fait. Elle met en garde Guyomard de ne pas poursuivre cette liaison…

Morgane surprenant les amants...

Cependant l’amour de Guyomard à l’égard de Morgane, n’est pas exclusif. Morgane s’aperçoit très tôt qu’il lui préfère une autre demoiselle. La fée, qui s’en doutait, réussit à les surprendre alors qu’ils s’unissaient dans le Val.

Le val sans retour.

La fée surprend un jour dans un vallon son amant Guyomard dans les bras d’une rivale. Elle décide d’enfermer l’infidèle dans une prison d’air qu’elle plaça en cette vallée. Morgane ne ne s’arrête pas là :

Morgane au Château du Val sans retour

Elle lance un enchantement : tout chevalier qui pénétrera dans le vallon ne pourra en ressortir que s’il a toujours été fidèle à son amie. Le vallon rapidement surpeuplé, prend le nom de Val sans retour.

« Ce val, dit tout d’abord le conte, était appelé à la fois le Val sans Retour et le Val aux Faux Amants : le Val sans Retour parce qu’aucun chevalier n’en revenait, et aussi le Val aux Faux Amants parce qu’y étaient retenus tous les chevaliers qui avaient été infidèles à leurs amies, cette faute n’eût-elle été commise qu’en pensée […] » Lancelot Anonyme (1215-1225).

« La prison était plus douce qu’on ne l’eût cru, car ils avaient à boire et à manger tout leur saoul et se distrayaient toute la journée en jouant aux échecs et aux dames, en dansant, en écoutant vielles et harpes et tous autres instruments. » ( Lancelot)

Deux cent cinquante-trois chevaliers sont déjà retenus prisonniers de l’enchantement du Val depuis dix-sept ans. Morgue a toutefois donné la possibilité de mettre fin au sortilège s’il venait à se présenter un chevalier à la conduite irréprochable. Bien sûr, elle est convaincue que ce chevalier n’existe pas.

C’est alors qu’un jour, Lancelot rencontre une jeune fille en pleurs qui a perdu son amant. Voulant savoir s’il lui était infidèle, elle l’avait fait entrer dans le vallon de Morgane. Hélas, le jeune homme n’était point ressorti et la jeune fille, inconsolée de son absence, est prête à lui pardonner son infidélité. Lancelot compatit et promet de porter secours au jeune homme afin de le délivrer de l’emprise de Morgane.

Ainsi, un jour, arrive dans le val, un chevalier fidèle à ses serments d’amours et que la vue des belles fées n’émeut pas, car ses pensées sont pleines du souvenir de sa bien aimée.
En effet, Lancelot du lac est déjà prisonnier de l’amour absolu qu’il voue à la reine Guenièvre et rien ne peut l’en détourner.


Après avoir su résister aux charmes des fées sur le sentier du diable, il doit bousculer les dragons de feu et les gardiens géants du val maudit pour abattre les murailles d’air qui s’écroulent devant son coeur pur.

Mais Lancelot n’a qu’à paraître pour détruire l’enchantement. Les chevaliers quittent leur prison d’air et fêtent leur libérateur. Morgue tire la leçon de l’aventure en montrant que ce parfait amant est en fait l’ennemi des femmes, qui s’accommodaient fort bien d’une situation qui interdisait à leurs amants de les quitter. Lancelot rend les chevaliers à leur vie d’aventures et les enlève à leurs amies.

«  Lancelot, dit Morgane, tu as fait à la fois beaucoup de mal et beaucoup de bien ; tu as fait du mal à bien des belles dames te des belles demoiselles, que tu as privées de leur bonheur et de leur amour, car jamais plus elles ne seront aussi heureuses ; mais tu as fait du bien aux chevaliers, car ils sont libres et pourront rejoindre leur parenté, qui les croyait perdus à tout jamais. »

Après cet affrontement, la victoire de Lancelot rétablit l’ordre un moment menacé : la morale masculine, temporairement transgressée, l’emporte définitivement, et les femmes retrouvent la place subalterne qu’elles n’auraient jamais dû quitter...

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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -3-

Publié le par Perceval

Devant l'autel, la mosaïque “LA PUISSANCE DU SANG DIVIN” située au sol au milieu du chœur, a été redécouverte le 24 juin 2014 à l’occasion du déplacement de l’autel (en le rapprochant du vitrail du Graal), afin de faciliter la déambulation des visiteurs.

Cette magnifique mosaïque représente un calice d’où émanent 17 rayons à travers une croix de Jérusalem (comme les quatre autres que l’on peut déjà admirer autour du chœur ainsi que celle du grand vitrail, donc 4+1=5, et les 5 croix=5 plaies du Christ...) et au-dessus de laquelle on peut lire : « La puissance du Sang Divin» (soit 22 lettres !). Laissons parler les chiffres …. :

Ce Graal, est le 8ème de ce sanctuaire consacré au Graal : en correspondance avec Jésus, l'homme du ''8ème jour'' : le ressuscité...

17 est la porte qui permet à l'homme de se réaliser, c'est à dire de ressusciter lui-même dans la plénitude ( le 22) de la vie spirituelle …

 

17 serait le nombre du Graal. « 17 est en effet nombre du Tout, de la Résurrection, de la transmutation, et c’est le nombre atomique du chlore sans lequel le ''Grand Œuvre'' serait impossible. »

 

A noter, dans le cadre de la chevalerie :

- les 17 vertus chevaleresques : La foi, La loyauté, La défense, La bravoure, L’honneur, La courtoisie, La charité, La justice, La sagesse, La tempérance, L’humilité, La franchise, Le courage, La prouesse, La prudence, La fierté, La dignité.

Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -3-

Si dans le choeur, nous nous retournons, nous sommes face à la mosaïque du ''Cerf blanc au collier d'or '' réalisée en 1955 par les ateliers Rennais ODORICO, d’après un dessin de Jean Delpech.

La mosaïque est en reflet du grand vitrail … ( le Christ, les 4 vivants, joseph d'Arimathie, masculin, féminin ...) 

Merlin changé en cerf rencontre le Roi

Le cerf porte une chaîne avec une croix, une nimbe autour de la tête, et une étoile au-dessus... Il figure l'apparition du Christ, entouré des évangélistes... Cette catéchèse passe par le monde des légendes...

La légende arthurienne, nous permet d'y voir Merlin, qui use de ses pouvoirs pour changer d'apparence, symbole de sagesse ; ou même, la divinité Cernunnos des Celtes.... Lancelot voit apparaître le cerf blanc et les lions. Ils passent sans daigner lui adresser un regard avant de disparaître par enchantement. Lancelot s’interroge. Le soir, un vieillard l’incite à renoncer à sa vie dissolue avec la reine Guenièvre. Lancelot ne peut s’y résoudre et échoue dans sa quête du Graal.

Dans '' La Queste du Saint-Graal '' Galaad ( le fils de Lancelot) , et Perceval ont une vison similaire dans la forêt ...

Lancelot du Lac, et le cerf blanc - 1480

La pierre, rappelle le perron de la fontaine de Barenton, déjà représentée dans cette chapelle... Elle est en forme de croissant de lune et évoque le Féminin ( le monde des eaux, domaine des fées) ...

La forêt est celle de Brocéliande, des cinq arbres ( image du masculin) le plus gros épouse la forme d’un soleil...

 

Ce cerf blanc a aussi une signification religieuse. Saint-Hubert a vu apparaître un cerf blanc portant un crucifix. On sait aussi qu'un cerf blanc et quatre lions aidèrent Joseph d'Arimathie à traverser une rivière périlleuse.

 

Au-dessus à droite, cinq arbres peuvent représenter les cinq plaies du Christ d'où sort le fleuve de vie, qui fait pousser l'ancolie ( visible au centre de la mosaïque) symbole de l'Amour divin, pour l'humain... L'ancolie est pour Dante, la plante ''alchimique'' plante mâle et femelle... L'abbé Gillard, a tenu à sa présence, comme signature...

A suivre... ( mais avant, la prochaine fois: La légende de Morgane et le Val sans Retour...)

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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -2-

Publié le par Perceval

Le choeur est éclairé par 3 vitraux, qui présentent le Graal sous chacune des fameuses ''Tables du Graal ''.

Et mur nord, la Table de la Cène...

Mur sud : La Table Ronde autour de laquelle sont rassemblés le Roi Arthur et les chevaliers, lors de l’apparition du Saint Graal.

Il faudrait parler de tous les détails qui se répondent d'un vitrail à l'autre …

 

 

Le Graal est représenté au centre de la Table autour de laquelle se sont réunis le Christ et ses disciples, une place reste vide, celle de Judas...

Le Graal est de couleur verte, l'abbé Gillard le situe dans la tradition d'une coupe taillée dans une émeraude, tombée du front de Lucifer...

Le Graal apparaît aux chevaliers de la Table Ronde. Le siège périlleux (vide) est occupé. La Quête du Graal est ici achevée, avec Galaad...

 

Enfin, le vitrail central, un chef d'oeuvre des ateliers parisiens Grubeër, qui a coûté au prêtre le prix d'une ferme ( un héritage..). Là, il faut prendre le temps de scruter cette forêt de symboles...

 

Comme au Moyen-âge, sont représentés deux donateurs ( Louis Thétiot et sa mère : cousins de l'abbé Gillard)

Au centre du vitrail, le Christ ressuscité, debout et à ses pieds Joseph d'Arimathie. Selon les évangiles, il a récupéré le corps du Christ et l'a enseveli dans son propre tombeau.

On dit qu'il a recueilli le sang du Christ, dans une coupe ( Le Graal ). Il est l'un des gardiens du Graal ; jusqu'à Galaad...

Ici, est représentée la scène où emprisonné, Joseph d'Arimathie, put se nourrir et survivre grâce au Christ Ressuscité et au Graal …

On note à gauche, l'emblème du Royaume de Jérusalem, qui évoque l'Ordre du temple, et qui est associé à la garde du Graal, par Wolfram von Eschenbach, dans son Parzifal ( 1210).

Bien d'autres symboles sont dissimulés, dans ce vitrail... Peut-être le chemin à trouver qui conduit au Graal …

Voir les deux lapins à gauche …; le phénix...

Les deux personnages, nouvel Adam et nouvelle  Ève, sont recueillis autour d’un arbre arborant un unique fruit, une mystérieuse pomme bleue. Ce fruit de la Connaissance du bien et du mal ne semble pas être mangé !... ; Les quatre symboles des évangélistes... les quatre signes du zodiaque … Le bouquet de chardons ...Etc ...

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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -1-

Publié le par Perceval

La statue de l'abbé Gillard (1902-1979) nous accueille devant son '' église du Graal '' à Tréhorenteuc. Lui-même est arrivé ici en 1942. Démobilisé en 1940 vers Rodez, mal vu de sa hiérarchie, il prend sa nomination ici comme une sanction. L'autorité religieuse ne lui fait pas confiance sur le contenu de ses sermons... Un village mal desservi ; il compte à peine 150 habitants, et très peu fréquentent l'église. Une église en très mauvais état..

 

Pour l'abbé Gillard... Il n'y a pas d'opposition entre les grands mythes et la Parole qu'il doit enseigner … L'abbé se plonge dans l'étude des légendes du Graal : une relique mythique de la culture chrétienne... N'est-ce pas là la manifestation de l'esprit du lieu ? La forêt de Paimpont, identifiée à la forêt de Brocéliande des romans arthuriens ...

Le prêtre sait que, bien que christianisée, la légende du Graal est, à son origine, païenne.... Comme beaucoup de nos histoires …

L'église de Tréhorenteuc (carte postale années 50)

 

Pour redonner une vie spirituelle à sa paroisse l'Abbé Gillard décide de restaurer l’église, et d'en faire un lieu d’art, de beauté, de réflexion intellectuelle... Pour cela, il l'enrichit de signes et de symboles, fruits de sa Quête.

 

Le prêtre lance les travaux, en mobilisant la population. Il parle la langue des gens : le gallo ; il fait le secrétaire de mairie. Il consolide l'église, la met hors d'eau ; va chercher les pierres nécessaires au chantier...etc.. Trois ans... Il consolide le pignon, le mur du clocher, refait la sacristie, répare la toiture …

 

Je vais suivre le cheminement de notre guide : Elisabeth Cappelli, et entrer non par le porche sud ( seul ouvert …) mais par le portail ouest ( pour aller vers l'Orient...).

Le narthex nous accueille avant d'entrer dans la nef, et on se retrouve face à une poutre sur laquelle se trouve inscrit ''1,618'', le nombre d'or !

Je vous laisse creuser le sujet, mais Henri Gillard se passionnait pour la numérologie; il est l'auteur d'un ouvrage : '' La Mystique des nombres dans les Beaux-Arts''...

 

Cette maxime bardique du XIVe siècle : « enfant,, souviens-toi, si ce monde est à toi, l'autre monde est à Dieu. » : 52 lettres (nombre des semaines dans l'année) nous rappellent qu'ici, est figurée la limite entre le sacré et le profane ; et nous rappelle les deux sacrements chrétiens pour entrer dans l'Eglise : le Baptême ( à gauche, les fonds baptismaux) et la Pénitence ( à droite, le confessionnal).

 

Je passe vite, mais on se rend compte que l'abbé Gillard a mis au point toute une pédagogie de la foi chrétienne à l'aide du langage symbolique … avec pour principal attrait à Tréhorenteuc, l'évocation des légendes de la Table Ronde - et du Graal ( et donc, pour lui, l'Eucharistie...) en particulier -.

Après avoir pénétré dans la nef, nous apercevons face à nous dans le cœur les statues de Sainte Onenne et de Saint Judicaël.

Une femme à gauche, un homme à droite... Composantes féminine et masculine de légendes locales , plus tard christianisées...

Onenne est une figure celtique, en lien avec les oies, et l'eau … Son histoire rejoint celles des princesses inviolables …

Onenne est présentée comme la sœur de saint Judicaël, donc, la fille de Judaël roi de Domnonée, et de Pritelle. A l'âge de dix ans, elle quitte le château royal à l’insu de ses parents, et en chemin échange ses habits de princesse contre ceux d’une pauvresse de la lande bretonne, afin de ne pas être reconnue. En arrivant près de Tréhorenteuc, elle s'installe dans des ruines près d'une fontaine et en fait son ermitage. En sortant dans la campagne voisine, elle croise un jeune seigneur qui tente de l'enlever pour abuser d'elle et l’épouser. Onenne crie. Les canes (ou, selon les versions, les oies) qui se trouvent près d'elle en font autant et alertent des soldats et des paysans aux alentours, qui viennent la délivrer … Des versions plus récentes font intervenir l'attachement d'Onenne au culte de la Vierge Marie …

Henri Gillard, enrichit l'histoire, et Onenne meurt des conséquences de son agression, et est enterrée dans l'église de Tréhorenteuc.

 

 

  

Plusieurs vitraux dans la nef sont consacrés à Sainte Onenne.

Nous avançons jusqu'au Transept ( trans = par-delà, de l'Autre côté...). A gauche la chapelle de la Vierge ( toujours le féminin) et à droite celle de Saint Eutrope.

A droite, deux ondes, et un croissant de lune, sous le vitrail de la vierge.

A droite, Saint Eutrope est le patron de la paroisse de Tréhorenteuc.. ( et Onenne de l'église …).

Autre particularité, dans la sacristie, un vitrail avec une croix, qui ne craint pas d'être entourée d'un zodiaque … !

Le recteur de Tréhorenteuc a écrit un livre sur '' Le Secret du Zodiaque ''. Il établit une étude comparative de tous les zodiaques et se passionne pour toutes les ''correspondances '' qu'il peut faire entre mythes, figures, nombres … et littérature médiévale, par exemple... Il décèle une ''écriture idéographique'', sorte de langue qui fait de tout tableau ( en particulier ceux de son église...) une œuvre à déchiffrer...

A suivre ...

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L'entrée en Brocéliande....

Publié le par Perceval

Avant de continuer la vie légendaire de Roger de Laron ( chevalier limousin...) . Je reprends la route de la Légende des légendes : la légende arthurienne...

Château de Comper - Brocéliande -

''Brocéliande'' n'existe pas ! Ou Brocéliande est une sorte de … '' Sidh ''.

Ou, plus simplement Brocéliande commence par une '' estoire '' ?

Sarcophage dit de Conan Meriadec - Saint-Pol-de-Léon

Pour notre connaissance cette ''estoire'' nous est donnée par Geoffroy de Monmouth, comme celle du Roi Arthur ; mais auparavant, il s'agit de l'histoire de Conan Meriadec.

En 386 après J.C., Maxime traverse la Manche, accompagné de son cousin Mériadec. Ils conquièrent entre autres l’Armorique, dont Conan Mériadec devient le premier roi. On peut nommer aussi Ursule, première reine des Bretons...

L'histoire de l'Armorique (la Bretagne actuelle), est liée à celle de la Bretagne (la Grande-Bretagne actuelle) entre la fin du IVe siècle et tout le long du Ve et VIe siècle....

Sur le plan littéraire, Geoffroy de Monmouth est le premier à mettre en scène Arthur – guerrier et roi de Bretagne - et Merlin – prophète et ''homme sauvage'' -. Deux personnages qui vont ensuite être repris et donner naissance à une abondante littérature ( fondatrice ) entre le 12e et le 15esiècle.

Sa famille, probablement originaire des environs de Dol (de Bretagne) se serait implantée à Monmouth lors d’une redistribution des terres anglaises en 1075 par Guillaume le Conquérant.

Geoffroy (+ 1155), est né au Pays de Galles, Geoffroy, il fait partie des clercs.

Geoffroy de Monmouth fait un éloge démesuré des Bretons du continent : il va jusqu’à faire du roi Arthur un descendant de Conan Meriadec qu’il considère comme le premier roi d’Armorique.

Geoffroy écrit donc '' L’Histoire des rois de Bretagne '' : une grande fresque historique, qui relate l’arrivée de Brutus, petit-fils d’Enée, sur l’île d’Albion, après la chute de Troie, à laquelle il donne le nom de « Bretagne ». Elle va connaître une diffusion exceptionnelle, sera transcrite en langue vernaculaire romane par Wace, en 1155. Il apporte quelques modifications, et évoque pour la première fois la Table Ronde.

 

Geoffroy fait entrer dans l’histoire Arthur, Merlin, Gauvain, Conan Meriadec, Utherpendragon, des personnages mythiques que l’on retrouve aux côtés de personnages historiques.

L'historicité de Conan Meriadec est revendiqué par la noblesse féodale, vers les XIe-XIIe siècles, comme le fondateur du premier royaume breton armoricain. Il l'aurait constitué avec la volonté politique de créer "une seconde Bretagne" et "de la peupler uniquement de Bretons." Conan Mériadec fut d'autant plus pris au sérieux que la puissante famille de Rohan le considérait comme son ancêtre direct... !

 

Nous rejoignons, Brocéliande avec le temps du roi Juthaël, dixième descendant du roi Conan Mériadec.

À cette même époque, vit dans la province armoricaine de Léon ( la pointe nord-ouest du Finistère ) un roi nommé Ausochus, dont la fille Pritelle est d'une rare beauté.

La princesse refuse tous ses prétendants. C'est, qu'au fond d'elle-même, son cœur est réservé à celui dont elle a eu la vision surnaturelle... Elle attend, celui qu'elle '' a vu venir..''

Un jour en l'absence du roi, Juthaël arrive en son château. Il s'est égaré au cours d'une chasse. Ou plutôt, une force invisible , l'a conduit jusqu’auprès de la princesse.

Dès l'instant où elle le découvre, elle reconnaît celui qui lui est apparu lors de sa vision. Elle l'accueille donc en son château, lui offre une chambre pour la nuit. Et c'est alors au tour de JuthaëI, pendant son sommeil, de faire un songe énigmatique. Il y découvre une colonne. Elle est d’acier poli dans sa partie basse, d'or dans sa seconde moitié.

Juthaël se met à prier. C'est alors que le ciel s'ouvre et que lui apparaît Pritelle. Elle lui affirme qu'elle doit lui rendre cette colonne dont la garde lui avait été confiée. A son réveil, frappé par cette vision nocturne, Juthaël envoie un de ses serviteurs consulter un ermite nommé Talosémius - lequel passait pour avoir la faculté de prédire l'avenir. L'ermite déchiffre le songe merveilleux. Explique qu'il signifie que Pretelle donnera à Juthaël un fils « plus illustre que lui sur la terre et dans le ciel. »

Saint Judicael à l'abbaye de Paimpont

Effectivement, l'aîné des enfants du couple royal, Judicaël, couronné en 590 ( roi de Domnonée) et régnant jusqu'en 660, fonda l'abbaye de Paimpont, et, dans les dernières années de sa vie, quitta les ors de la royauté, déposa sa couronne, et s'enferma dans la vie de cloître, ayant pour maître spirituel saint Méen.

 

Si cette ''estoire'' est ''légende'', et non une quelconque fiction ; c'est qu'elle parle, et oriente des esprits... Ainsi, à Brocéliande, une jeune fille a écouté cette histoire, racontée par le prêtre, près de cette grotte où dit-on, la Vierge s'est manifestée à lui. Elle lui a demandé que l'on creuse à l'endroit par elle désigné, et une source en jaillira...

Cette jeune fille reçoit tout cela comme une invitation à pénétrer la dimension surnaturelle du monde qui l'entoure. « J'étais, je l'avoue, émerveillée de ce conte du passé, tout éclairé d'une vie surnaturelle » , dira-t-elle. Se retrouvant seule dans les bois à regagner l'antique manoir, elle ne peut s'empêcher, à l'évocation de ces songes prophétiques mentionnés par le prêtre, de penser au rêve qu'elle-même a fait plusieurs années plus tôt - ce songe «  qui hantait encore [s]on cœur à plusieurs années de distance. »

Celle qui parle ici, s'appelle Geneviève ( Lefeuvre) Zaepffel (née à Paimpont en 1892 )...

Geneviève Zaepffel détail (Manoir du Tertre)

Elle écrit avoir eu sa première vision à l’âge de sept ans. Un vénérable druide lui serait apparu dans l’escalier du Manoir du Tertre : « Il était assis vers le milieu, il m’apparut majestueux, enveloppé d’une cape blanche. Au col brillaient des reflets dessinant la faucille d’or et le gui, symbole des Druides.[...] Le vieillard revint en effet pendant mon sommeil pour me dicter dans ses moindres détails ma ligne de conduite et mon destin. Maintenant que des cheveux argentés auréolent mon front, je puis certifier qu’il n’avait, en effet, rien omis. » Zaepffel, Geneviève (1938) op. cit., p. 24-25

À l’âge de seize ans, elle prétend que saint Judicaël, au cours d’un songe, lui révèle les mystères de la vie et de la mort...

Brocéliande est pour elle, son '' Sidh ''

« Loin du monde, dans le silence de cette forêt, ma géante amie, où j’admirais l’œuvre de Dieu, mon âme s’épanouissait parmi les arbres, leurs branches, leurs feuilles. J’y retrouvais la force de vivre, j’y acquérais cette connaissance psychique que m’insufflaient les générations passées qui y avaient vécu et souffert. Mon initiation progressait. » Zaepffel, Geneviève (1938) op. cit., p.30-31

L’arbre d’or – Val sans retour, Brocéliande

« Le lieu de ma naissance cadrait admirablement avec ma mission. Coin sauvage, propice à l’initiation, à la méditation, terre des Druides, dont les cendres émettent encore des radiations de foi vive, terre qui recueillit les protections occultes de Viviane, la fée bienfaisante annonçant la venue de Jeanne d’Arc plusieurs siècles avant sa naissance. Sans s’en douter, Viviane prophétisait peut-être sa propre renaissance dans la personne de Jeanne d’Arc qui fut Celte...» ZAEPFFEL, Geneviève, Mon combat psychique

Je ne veux pas discuter des errements occultistes et surtout politiques, qui l'ont entraîné - elle et son mari – lors de la seconde guerre mondiale... Ils nous montrent les limites de toute idéologie, soutenue par une croyance religieuse …

Je retiens seulement la force de l'esprit de Brocéliande... Pour elle, et pour beaucoup d'autres comme le père Gillard...

Sources : le site de '' l'encyclopédie de Brocéliande '' : http://broceliande.brecilien.org

 

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Sur les traces du trésor des Templiers, en Limousin. -5/.-

Publié le par Perceval

La suite de cette histoire, relève de sources, dont certaines sont transmises par les conteurs, et les traditions populaires...
 
A Saint-Jean d'Acre, un autre personnage, entre dans la vie de Roger de Laron : il s'agit de
Hugues de Clairavaux (1274- 1356), chevalier du Temple, puis de l'hôpital, commandeur de Paulhac.
 
Le Grand Maître des Templiers, Guillaume de Beaujeu, avait été tué en mai 1289, et la prise de Saint-Jean d'Acre par les troupes de l'Emir Ashraf al-Khâlil, le 16 juin 1291, marquait la fin du royaume franc de Jérusalem.
Une trentaine de chevaliers templiers réussirent à fuir et prendre la mer pour Chypre, dernier bastion de la chrétienté orientale, royaume érigé par Gui de Lusignan. Parmi ces rescapés figurait un jeune chevalier marchois, Hugues de Clairavaux. Il avait dix-sept ans et avait été reçu dans l'Ordre du Temple l'année précédente... Il avait presque aussitôt rejoint un contingent de chevaliers et commandeurs templiers de la Marche, d'Auvergne et du Limousin qui partaient en renfort à Saint-Jean d'Acre.
 
Le templier Hugues, aussi à l'aise avec le maniement de la plume d'oie, des comptes... que de l'épée ; se familiarisa avec le système bancaire mis en place par les templiers sur lequel reposaient nombre d'échanges commerciaux en Méditerranée... Le grand Maître Jacques de Molay, qui a succédé à Guillaume de Beaujeu, lui fait attribuer la commanderie de Paulhac, dans la Marche. Il y fait un aller et retour, et y laisse Roger de Laron, ainsi de retour chez lui...
Hugues de Clairavaux regagne Chypre ; il est porteur d'inquiétantes nouvelles... En France, on commence à décrier les Templiers : ils n'ont pu défendre la Terre Sainte ; l'ordre est riche ; et certaines rumeurs commence à circuler et prétendre que des maîtres se seraient converti à l'Islam ; que les templiers pratiqueraient des rites secrets, et blasphématoires …
Jacques de Molay se refuse à imaginer quelque dupli
cité de la part du Roi de France ; le grand Maître décide de rentrer en France afin de défendre l'Ordre...
- On connaît la suite : le 13 octobre 1307, tous les templiers de France sont arrêtés. Jacques de Molay, est soumis à la Question.
 
Le 13 octobre, donc, Roger de Laron est arrêté, sans doute au petit jour, avec tous les membres de l’Ordre présents dans la commanderie. Ils furent emmenés sans ménagement à Limoges, semble-t-il,  par la milice du Sénéchal du Limousin et entendus par Renaud de la Porte, évêque de Limoges.

Après une détention de deux ans, ils sont conduits à Clermont-Ferrand pour y être de nouveau interrogés. Certains, comme Bernard de Villars (Commandeur de localité de La Roche-Saint-Paul ( en Périgord-Limousin)  ), avouent alors un certain nombre de « fautes ». Bernard sera soumis à un dernier interrogatoire en 1311 à Paris, devant une commission pontificale. Il fut du nombre de ceux qui « avouèrent » alors d’autres vices plus ou moins imaginaires, sans doute sous la torture.

A Clermont, les interrogatoires ont été brefs : débutés le 4 juin 1309 après la prestation de serment sur les évangiles, ils devaient se terminer le 10 juin, et ont été menés dans l'édifice dénommé '' le Palais'', situé vers l'actuel hôtel de ville de Clermont-Ferrand.
Dix-sept frères étaient originaires du diocèse de Limoges... Deux ont été appréhendés à Cahors, dix ayant déposé au procès de Poitiers, 21 autres allés à paris défendre l'ordre … et une vingtaine devant la commission pontificale ...
Nous arrivons à un total de 97 templiers limousins connus …
- Le 2 mai 1312, Clément V décrète la suppression de l'ordre du Temple.
 
On peut supposer que que si Roger de Laron, est finalement relâché, fin 1312, c'est qu'il a ''choisi'' de dire tout ce que la commission voulait, plutôt que de s'exposer à une ''question non modérée''. Il abjura son apostasie et ses erreurs... Puis, il reçut l'absolution et fut admis à la communion … Il était donc libre...
Cette même année, théoriquement, les domaines templiers sont confisqués au bénéfice de la Couronne, puis remis à l’Ordre des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Pourtant, officiellement, les compte ne sont pas bons ; il s'avère impossible de récupérer tous les biens du Temple …
- Ce n'est que le 19 mars1314, que meure Jacques de Molay, sur le bûcher à Paris.
Des templiers bénéficièrent d'une pension, qui profitèrent aux établissements religieux qui les hébergeaient ( parfois avec réticence …). Certains vécurent dans le siècle, prirent femme, malgré les mise en demeure de la hiérarchie … Bien sûr les réfractaires furent privés de leur pension.
 
Commanderie de Pallier - Creuse

 
 
 
à Clairavaux

 
 
Eté 1308, Hugues de Clairavaux, resté à Chypre, met à disposition de l'ordre des hospitaliers, des fonds appartenant aux templiers, pour reprendre la cité de Rhodes... La reconnaissance de Foulques de Villaret – grand maître de l'ordre de l'Hopital – fut la réception de Hugues dans l'Ordre de l'Hôpital en conservant son rang de commandeur ''in partibus'' ( sans commanderie).
En 1317, Hugues de Clairavaux, âgé de quarante-six ans, rentre en France et les Hospitaliers lui rétrocèdent la commanderie de Paulhac.
Clairavaux, passe par Florence, et rencontre des banquiers qu'il connaît bien, comme les Cavalcanti ou les Médicis...
Arrivé à Paulhac, Hugues de Clairavaux n'a de cesse de retrouver les anciens templiers, certains transformé en chevaliers errants, parfois rejetés par leur propre famille … A Roger de Laron, il donne pour mission de conserver la liaison avec les italiens... Certains frères dispersés vont revenir à Paulhac, pour y retrouver fraternité, discipline et espérance... Roger de Laron, s'il refuse de renouveler ses vœux, utilise ses connaissance et l'appui de Clairavaux pour récupérer des fonds importants par l'intermédiaire des banquiers toscans et génois... Le véritable trésor des templiers n'était pas en France, il avait été confié depuis des lustres aux banquiers et marchands italiens … !
Petit à petit, il revenait en Limousin...
On dit que le testament de Hugues de Clairavaux, destiné au grand prieuré d'Aubusson, signalait l'endroit où était caché le trésor récupéré...
 
 
Eglise de Clairavaux

 
 
Eglise de Clairavaux

 
 
Pierre d'Aubusson, commandeur de Paulhac depuis 1456, suppléa le grand prieur d'Auvergne, Jehan Cottet ; il fut le premier à découvrir le testament de Clairavaux... Et, dit-on à découvrir une partie du trésor. A cet emplacement, il fit construire une chapelle consacrée à Saint-Fiacre, en hommage aux jardiniers qui l'ont aidé à creuser la terre …. Une autre partie, devait se trouver à un emplacement marqué d'une croix de granit... Hélas, la croix fut déplacée à la fin du XVIe siècle... On parle également d'une autre partie de ce trésor, sous une croix...mais, à Clairavaux, même... ! ?
 

 

 
 
Enfin, une partie non négligeable de ce trésor, avait été récupéré directement par Roger de Laron, qui enfermé dans son château, tenta ensuite de se faire oublier …
 
Nous reparlerons, sans doute encore, de ce Roger de Laron, en son château de Rochain ; car de nombreuses légendes l'ont poursuivi, jusqu'à nos jours ….
 
Sources : Gilles Rossignol, et ses recherches à la bibliothèque ''Sainte-Geneviève'' sur le ''Templier de Paulhac'' 

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Sur les traces du trésor des Templiers, en Limousin. -4/.-

Publié le par Perceval

L'histoire de Roger, Seigneur de Laron ( Laron, situé aujourd'hui vers Saint-Julien le Petit -87-)
 
Roger, seigneur de Laron, fils de Roger de Laron et d'Ahelis, sa femme, soeur de Gaucelin de Châteauneuf... 35 ans en 1307, il serait né vers 1272 et mort en 1342 à 70ans... 
Saint Julien-le-Petit (87)
« Roger de Laron ( le père ), chevalier, s.d'Ajain, en 1266, épousa Athelis, fille de Gaucelin de Châteauneuf et consentit à ce que le comte de la Marche établit, sur ses terres de Rimondeix et de Saint-Arcy, une commune france, avec les usages de Saint-Pierre le Moutier, dont ils partageaient les revenus. » Extrait du Grand dictionnaire de la Haute Marche: Historique, généalogique et biographique - Par Ambroise Tardieu - 1894
Roger de Laron ( le père) , part en croisade en 1289.
 
Quittons ''mon personnage'' ; pour découvrir le contexte de la lignée : son histoire...
Armoiries de Laron
 
Histoire de la famille du Seigneur de Laron.
Les seigneurs de Laron se sont toujours montrés discrets et n'ont jamais revendiqués leur part à la prestigieuse maison de Lastours..., dont ils partagent pourtant l'ancêtre commun : Gouffier de Lastours surnommé Archambaud... ( Nous sommes là avant l'an mil, il est né en 957, et décéde en 996)...
En effet : la fille unique de Gui de Lastours dit «Le Noir» ( fils de Gouffier)  : Aolaarz de Lastours ( dame de Lastours, Terrasson, Pompadour et Hautefort ) épousa Aimar Comtour de Laron, fils de Roger de Laron, ( connu pour avoir été le témoin en 997 d’une charte de Boson II, comte de La Marche et de Périgord )

On connait Adhémar ( ou Aimar) comptor de Laron, en ce qu'il était proche parent de Jourdain de Laron,évêque de Limoges mort fin 1051,et petit-fils de Adhémar de Laron et de Rocile sa femme. Adhémar était présent en 996 avec ses parents et son oncle Vivien à la donation faite à l'abbaye d'Uzerche. Le I5 juillet 1028,il était avec sa belle-famille à la consécration de St-Pardoux. Il fit des donations en 1040 et 1052.
 Après son veuvage, (Aolaarz était de faible santé, elle mourut le 2 des ides de juillet 1035 et fut inhumée auprès de sa mère), il se remaria avec Damoiselle Flamenc soeur d'Ithier du Chalard, évêque de Limoges et fille d'Adhémar Flamenc prince du Chalard. Il mourut avant 1063.

 
Adhémar et Aolaarz eurent un fils : Gui ( dit de Lastours) de Laron (1060-?)
Mais, et c'est ce qui intéresse notre histoire, la famille de Lastours ''s'éteint '' avec Aolaarz de Lastours qui épouse Adhémar de Laron. Pourtant, leur fils Guy, issu pourtant par son père de la plus haute aristocratie mais surtout héritier des biens de sa mère, « fut substitué de facto aux nom et armes de la 1ère maison de Lastours et ne porta jamais le nom de Laron » ( chronique de Geoffroy de Vigeois)...
Le nom de Lastours, fut lui-même abandonné pour celui de Hautefort...
 
Pour ce qui concerne la lignée fidèle au nom de ''Laron ''
Guy de Lastours, remet à Adhémar, son demi-frère et ''batard'', la propriété du Château de Laron. Adhémar de Laron, maintient ainsi en toute discrétion la lignée... Jusqu'à Roger, seigneur de Laron, né en 1272, en ce château limousin …
Famille, qui finalement va disparaître – obscurément (*) – dans les circonstances que je vais tenter de relater. Je le fais, sans aucune source historique, mais avec la complicité des légendes locales...
(*) même si après 'notre' Roger de Laron, certains n'hésitèrent pas à marquer leur appartenance à cette lignée, en affichant ce nom.... par exemple, et ce n'est pas sans intérêt...
Goulfier de Lastours et Agnès d'Aubusson
pierre tombale, Le Chalard, XII-XIIIème siècle


** Pour ce qui est des croisades ( et donc des templiers...). Rappelons que dans le nombre des héros de la première croisade, paraît avec éclat Golfier de Laron, dit de Lastours.

En 1097, Gouffier défendit le fort d’Antioche à la tête de 500 hommes.  Il était en 1098, au siège de Mara …  Il fut surnommé "le Chevalier au Lion", d'après la belle légende rapportée par Geoffroy de Vigeois.  Dans l'abbaye du Chalard, il existe une pierre tombale que l'on dit être celle de Gouffier et d'Agnès d'Aubusson son épouse. 

 

 
Les seigneurs de Laron ont fait dans tous les temps de nombreuses fondations religieuses ( dont l'abbaye de Dalon...) , et plusieurs d'entre eux sont allés combattre les infidèles en Terre-Sainte
 
Plus tard, le nom ( prestigieux, même s'il fut terni par l'épisode ''templier'' – c'est la vérité du moment …), le nom de Seigneur de Laron, réapparaît :

Les Cottet, famille noble du Limousin, ont possédé les seigneuries de Laron (paroisse de Saint-Julien-le-Petit) et des Biars (paroisse de Saint-Yrieix)

En 1446 Jehan Cottet, dit seigneur de Laron, paroisse de Saint Julien le Petit, et des Biards, paroisse de Saint Yrieix, devient commandeur des Templiers de Paulhac. La chapelle et le monastère de Sauvagnac ( Le chevalier de Meyrignac, revenu de croisade aurait fait construire une chapelle, et donnée vers 1100 aux moines grandmontains)...


 

 

 

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Sur les traces du trésor des Templiers, en Limousin. -3/.-

Publié le par Perceval

La chute de l'Ordre des Templiers
 
Après les arrestations des Templiers et la condamnation de l'ordre du Temple par le pape
Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d'Acre de 1291, l'ordre est victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel.
Le 13 Octobre 1307, la plupart des templiers présents dans les commanderie du Royaume de France, sont arrêtés...
La première commission pontificale se tint le 12 novembre 1309 à Paris. Elle a pour but de juger l'ordre du Temple en tant que personne morale et non les personnes physiques. 
 
L'Ordre est dissout par le pape Clément V le 13 mars 1312 à la suite d'un procès en hérésie.
Une bulle détermine le sort des hommes. Ceux ayant avoué ou ayant été déclarés innocents se voient attribuer une rente et peuvent vivre dans une maison de l'ordre alors que tous ceux ayant nié ou s'étant rétractés, subissent un châtiment sévère (la peine de mort).
 
* À la suite d'un procès peu équitable, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay - relaps - sont exécutés – sur ordre du roi, en mars 1314 sur un bûcher...
Les biens templiers, en particulier les commanderies, sont reversés par la bulle papale Ad Providam en majeure partie à l'ordre de l'Hôpital. Bon nombre d'entre les frères sont retournés à la vie civile ou ont été accueillis par d’autres ordres religieux.
 
Lorsque, le 28 mai 1291, les croisés perdirent Acre à l'issue d'un siège sanglant ; Les ordres religieux tels que les Templiers ainsi que les Hospitaliers n'échappèrent pas à l'exode. La maîtrise de l'ordre fut déplacée à Chypre. Or, une fois expulsé de Terre sainte, avec la quasi-impossibilité de la reconquérir, la question de l'utilité de l'ordre du Temple se pose car il avait été créé à l'origine pour défendre les pèlerins allant à Jérusalem sur le tombeau du Christ. Ayant perdu la Terre sainte et donc la raison même de leur existence, une partie de l'ordre - dit-on - se pervertit.
Commanderie de Coulommiers
Seine et Marne ( Meaux)

 

 

Il ne restait rien aux Templiers, sinon leurs commanderies d'Occident dont le revenu leur avait permis de financer la guerre contre les musulmans. Qu'allaient-ils faire de ces commanderies et des forces militaires dont ils disposaient encore ? On jalousait les richesses qu'ils avaient acquises. Ils avaient été habiles à susciter les donations. Ils ne relavaient que de l'autorité du pape : ce privilège portait ombrage au roi de France et aux évêques.
 
Au terme d'un procès inique, l'opinion les crut coupables. Dans certaines familles, les noms des commandeurs ou précepteurs du Temple dont on tirait orgueil jusque là, furent effacés des arbres généalogiques...
London - Temple Church - south effigies
 


On dit que les gardes de Guillaume de Nogaret, chargés de faire l'inventaire des biens, n'auraient pas trouvé un écu dans la Tour du Temple ( Paris). On imagine alors que les Templiers, avertis de l'arrestation, auraient pris soin de cacher leur ''trésor''.

Dès lors, toutes les spéculations sur la nature et sur l'origine du trésor ont été émises : Saint Graal ramené de Jérusalem pour certains, ou même trésor de Salomon pour d'autres. Ce trésor serait enfoui quelque part en France, voire au Portugal ou même en Amérique... Quant aux biens immobiliers, le pape les a légués finalement aux Hospitaliers...
Mais... Où donc est le fameux trésor des Templiers...? En Limousin...!
A suivre ...

Un mot pour introduire ce très beau documentaire sur la reconstitution en 3D d'une commanderie templière, elle est basée sur les découvertes effectuées lors du sondage archéologique de Payns (Aube) en 1998.

* Nous sommes alors sous le règne de Philippe-Auguste et dans le contexte de la troisième croisade. La vidéo nous présente une commanderie des templiers en Champagne: la commanderie de Payns, du nom d’un des chevaliers qui créa l’ordre des Pauvres Chevaliers du Christ en 1119, ordre qui sera rebaptisé, quelques temps après, l’ordre du temple.


Fondée en 1127 et occupant un vaste site de 2,5 hectares, la commanderie de Payns, est une des douze infrastructures de ce type que l’on dénombrera en Champagne à la fin du XIIe siècle.

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Sur les traces du trésor des Templiers, en Limousin. -2/.-

Publié le par Perceval

Les templiers sont aussi des Gestionnaires et des financiers.
 
La bulle « Omne datum optimum » (1139) du Pape Innocent II, officialise l’existence des Templiers et spécifie tous les avantages qui leur sont accordés, dont :
  • Seul le pape a autorité sur les Templiers. Les tribunaux laïcs et religieux ne peuvent statuer à leur sujet .
  • Dispense de payer la dîme (Impôt ecclésiastique) plus des droits des quêtes…. … tout en leur accordant la jouissance des dîmes qui leur auront été données en accord avec les évêques !
  • L’Église accorde aux chevaliers du Temple la possibilité de garder tout type de butin conquis en Terre-Sainte sur les sarrasins.
    le sol de la commanderie de Payns (10 - Troyes)
    a livré ces 708 pièces d’argent frappées aux XIIe et XIIIe siècles.

Les Templiers exercent une activité économique et financière pour subvenir aux besoins de l'Ordre et faire fructifier leur fortune par une série de mesures lucratives. Ils mettent par exemple en place un système de changement de monnaie qui leur permet de récupérer plus d'argent qu'ils n'en ont prêté. Ils inventent la lettre de change, origine du chèque, pour faciliter le transport des fonds : les Croisés partant pour la Terre Sainte pouvaient laisser leur or dans un comptoir occidental, voyager avec une lettre ne craignant par le vol et récupérer leur dû dans un comptoir oriental. Les Templiers stockent enfin les biens des rois de France et d'Angleterre. Une fortune qu'il faut gérer. Aussi, au milieu du XIIe siècle, les combattant sont déjà moins nombreux que les employés, gestionnaires ou baillis

 

Les Commanderies :
Le terme de commanderie ne désigne pas uniquement une maison mais au contraire une circonscription territoriale constituée d'une maison-mère et de plusieurs maisons et terrains. 
Les mois -  Travaux des champs
Eglise de Clairavaux (23)
Sur les terres de rapport (dit aussi l'arrière) ces domaines étaient une source de financement pour les activités militaires, par opposition, terres de combat (dit aussi l'avant) comme la Terre sainte. Il s'agissait de grosses fermes, parfois fortifiées en terres de combat, qui comprenaient une chapelle, et tous les bâtiments nécessaires à la vie de ses habitants (logements, réfectoire, écuries, salle de chapitre, etc.)
Restitution d'une Commanderie
 
La ''maison'' constitue l'échelon le plus décentralisé de l'organisation templière proprement dite, c'est à dire comportant une communauté de frères de l'ordre: 
une exploitation cultivée avec des ''hommes du temple''. 
Elle fournit essentiellement ce qui permet de subvenir aux besoins des occupants de la maison, et des pauvres qu'elle nourrit : produits du jardin, du verger, des champs proches et de l’élevage. L'essentiel est de conserver des revenus : récoltes des terres, dîmes et rentes seigneuriales, dons et legs ; toujours pour ce qui est de la mission principale : le soutien de la guerre contre les infidèles. Humble mais essentielle mission de soutien logistique et de recrutement.

 
Commanderie du Pallier en Creuse

 
Les commanderies servaient à la fois à rapporter de l'argent, grâce aux dîmes et autres taxes qu'elles percevaient, mais aussi à assurer la fourniture de biens alimentaires et de chevaux nécessaires à la réussite des expéditions en Terre Sainte.
En Occident, les commanderies jouaient un rôle économique non négligeable sur le marché des denrées alimentaires (à l'échelle de leur région, bien entendu), par la vente des surplus. Les commanderies ont aussi permis la valorisation du territoire, par les travaux de déforestation ou d'assèchement de marais ou de création d'étangs de pisciculture.
Chaque commanderie était spécialisée dans un type de production. La famille, des paysans, libres ou serfs, travaillaient ainsi pour le compte de l'ordre, et de nombreux artisans pouvaient être salariés par la commanderie.
 
Tout un réseau foncier s'est alors étendu en France et en Europe, à travers les commanderies.  

 

A suivre ...

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