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Ce que je cherche : le bonheur. Où le trouver ? L’acceptation de ‘ ce qui est’ .

Publié le par Perceval

Etre heureux, est-ce un ‘état ‘, ou une succession de petits bonheurs ?

Ne suis-je pas à la merci de ‘ bonnes nouvelles ‘ et de ‘ mauvaises nouvelles ‘ ?

Pour savoir ce qui peut me rendre heureux, ne faut-il pas bien se connaître, soi ?

 

roi pecheur percevalAvant de tout mettre en œuvre pour supprimer cet ‘égo’ ( un mot de l’autre rive ), ne devrais-je pas me connaître assez, pour - l’expliquer comme A.D.( Arnaud Desjardin ), faire le ménage dans mon propre royaume ; tiraillé de gauche et de droite ; en redevenir le Roi…

Il m'arrive, encore trop souvent, de regretter que  ‘le monde’ n'est pas comme je voudrais qu’il soit.  Le constater ( sans émotion ) , et agir : eut bien suffit !

 

soleil nuages-          Accepter de commencer le chemin, là où j’en suis, dans le monde tel qu’il est – sans émotion négative – S’éveiller d’abord à cette réalité, où Tout est déjà présent : « Je demeure en vous, et vous demeurez en moi. » Etre là, en vérité …

 

soleil nuages-          - Est-il le moment de dire que le silence, ou la vérité n’existent pas ! Le silence, c’est quand il n’y a plus de bruit. La Vérité, c’est quand toutes nos illusions ont disparu… ! Il nous faut chercher les ‘ non-vérités ‘ et les dissoudre…( il n’y a pas de chercheur de vérité ! )

 

soleil nuages-          - ‘ Comment progresser sur la voie malgré les difficultés quotidiennes ?‘. A.D. répond « Vous me demander comment monter un escalier malgré les marches. La question pourrait être : Comment progresser sur la voie grâce aux difficultés … » ! Il est relativement aisé d’être dans un état de proche plénitude, lors d’une retraite, dans un monastère en écoutant du grégorien …. Mais, si le lendemain, dans le métro, je ressens un mal-être , ou si je suis à la merci d’une mauvaise nouvelle.. ! A.D. me demanderait : « Si, le Royaume : c’est possible à 50%... ? » !

 

soleil nuages-          Alors.. ? L’ennemi ? qu’est-ce ? Pour ma part : et les tentations de Jésus au désert en sont des matérialisations : l’adversaire c’est le mental !

Le mental joue de ma division intérieure, de mon égo multiple qui tire de tous côtés, qui tranche tout ce qui vient, en : «  j’aime et je n’aime pas ». L’enfer c’est l’autre, celui qui ne veut pas ce que je veux : l’événement… Mon mental refuse le changement ( non souhaité – la vieillesse, la santé, ..), l’impermanence, la vérité ( « Ah, non ! C’est pas vrai ! », alors que c’est la vérité .. ! J )

 

AD raconte ceci : Evitons de penser «  le sage n’a pas d’émotions , donc un bon disciple n’a pas d’émotions » ! C’est complètement faux, et selon plusieurs points de vue, d’ailleurs … !

Observer. J’ai une émotion… Et voilà : je suis perturbé ! « je ne devais plus avoir d’émotions ! » … Je souffre de souffrir !! La vérité ne proclame t elle pas ‘ que je souffre ‘ ?… Et, le mental, que m’a t-il dit ?

 

soleil nuages-          Ce qui est : je ne le refuse plus. Je constate et j’agis. Ce qui ‘ est’, concerne le présent ; et ici et maintenant, il n’y a pas d’autre choix que ce qui est !  Cela évoque ce qu’aujourd’hui nous nommons : attention ( voir Simone Veil … ) , ‘ pleine conscience ‘, ‘ vigilance ‘, ‘volonté de Dieu ‘ …

 

«  L’acceptation n’est pas autre chose qu’une qualité de l’attention » Simone Weil

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Comment se situer sur « le chemin » ?

Publié le par Perceval

Il me semble, que chez nous les ‘ cathos ‘, la notion de « chemin spirituel » ou « voie spirituelle », ne soit pas utilisé dans son sens efficace, presque utilitaire…Chevalier 2

Arnaud Desjardin ( AD ), un de mes maîtres en ‘lecture’… rappelle que le Bouddha utilise l’image de «l’atteinte de  l’autre rive », qu’elle est précédée par une « traversée », et elle-même par une prise de conscience d’être sur « le rivage ».

Ces images insistent sur l’apprentissage, la quête, l’exercice, l’auto-discipline …

Mais, il y a encore plus important à comprendre, je crois, c’est que chacune de ces étapes, s’accomplit à un niveau de conscience différent… Cependant, la spiritualité catholique ( et pas seulement elle … ) omet de le signaler ; et les concepts s’assemblent et se présentent à nous, au risque de n’y rien comprendre ( peut-être ) - mais surtout, de ne pouvoir y accéder par l’expérience, la pratique, ou la pensée ( ce qui déjà met en valeur plusieurs niveaux … ). Ainsi en est-il du «  Royaume », notion clé de l’Evangile ; mais aussi de l’Amour ( que de malentendus … ! )…

Admettons, le plus tôt possible, que nous pouvons prendre une corde pour un serpent… Si dans la pénombre, nous distinguons un serpent : nous sommes dans la ‘ certitude de sa présence ‘. Seul un examen attentif, lucide du ‘serpent’ , nous fera reconnaître la corde ( et c’est en un instant, que nous ferons l’expérience de la ‘ vérité’ du serpent ) !...

L'Autre RiveBien souvent, nous nous croyons déjà sur l’autre rive, avec une manière de penser de notre rivage d’origine … Ou, encore : « nous sommes et avons toujours été déjà sur l’autre rive et il s’agit simplement de se réveiller d’un ‘hypnotisme’… » AD… Bien sûr ; mais, c’est la même chose ! Le Royaume n’est pas une promesse d’un futur, situé après la mort.

 

Mon propos, concernait les « moyens habiles », pour avancer avec lucidité sur ce chemin. La religion catholique est mon ‘véhicule’, ce n’est que cela : «  L’homme n’est pas fait pour le sabbat, le sabbat est fait pour l’homme ».

 

Je suis engagé sur un chemin, qui ne m’a pas retiré du monde. Aussi, je porte en moi des ‘espoirs’, des ambitions, peut-être des « revanches à prendre, des frustrations à combler »... Une part – seulement- de mon « élan vital » est disponible pour me consacrer à l’Essentiel ! La force de l’Evangile, est de ne pas réserver ce « Chemin » à ceux qui font vœu de pauvreté, ou de chasteté. Le message de Jésus, les textes des plus grands sages, parle de ‘ transformation ‘ , de ‘re-naissance ‘. Le chemin lui-même est une suite de recommencements, de « morts à … »jesus-apaise-tempete

Auparavant, je dois reconnaître là où j’en suis. Reconnaître ce qui, pour moi, a de la valeur aujourd’hui. Et, …Savoir, qu’avant la résurrection, il y a la mort sur la croix .. ! Si, je le savais – réellement – je gagnerai du temps ! ( A. D reprend souvent cette expression : on n’est pas mort à 80%, à 99% .. ! )

Quand on est ‘chenille’, comment penser ‘ papillon ‘… ? On peut s’imaginer papillon, mais comment accepter de cesser d’être chenille ?

 

Évangile selon Marc 4 : «  35. Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit aux disciples : « Passons sur l’autre rive ».

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Film: “A serious man” des frères Coen

Publié le par Perceval

A seious manLarry Gopnik pourrait être heureux. Cet homme tranquille, modeste, sérieux donc, ne demande rien à personne … Et pourtant, une énumérations de tracas ‘ordinaires’( ?)  vont lui pourrir la vie … !

Bref.. Monsieur ‘ tout-le monde ‘ - jugez par vous-même: Une femme qui veut divorcer, deux enfants : « monstres d'égoïsme pré-pubères », et un frère « chômeur chronique installé à demeure sur le canapé-lit du salon »; et à l’université où il est professeur ( ce chanceux ! ), il est « calmement persécuté par un étudiant asiatique qui veut lui acheter son diplôme, et fait l'objet de lettres anonymes calomnieuses qui mettent en péril sa titularisation » …Larry petit


Comment gérer une telle vie ‘ ordinaire ‘ sur laquelle s’abat le malheur ordinaire ? Larry se réfugie auprès d’autorités traditionnelles pour un juif : des rabbins…

 

Le fond du désespoir de ce film réside t-il dans l’inanité de l’aide métaphysique des rabbins ?

« C'est le fond de désespoir propre à ce film extrêmement drôle, qui inflige finalement à son héros une souffrance digne de sa seule passion : l'inconsistance. » ( dans "Le Monde" )

 

Larry et SyLa première impression à propos du film,( avec la dernière image : un typhon qui fonce vers vous … ) rejoint le sentiment même de Larry : celui de n’y rien comprendre … !

Voilà un film qui joue avec nous et avec l’Absurde, le grotesque... et, dès le prologue - qui nous conte une parabole ‘ traditionnelle ‘ ( ? ) indéchiffrable

 

Question : Comment une religion qui transmet des ‘contes’ à dormir debout ( séquence d’ouverture dialoguée en yiddish, - en noir et blanc  - à propos d’un ‘ dibbouk ‘ ( revenant ) supposé .. ! ) … peut-elle faire le lien avec une génération qui n’a rien de plus sérieux pour se relier … ? Cette question est posée aujourd’hui à toutes le religions qui se débattent avec les « pieux mensonges » que nous ont transmis nos ‘grands-parents’ …

 

« Larry cherche à comprendre le sens de tous ses malheurs. Pourquoi Hachem (Dieu) le persécute-t-il ainsi ? Comment surmonter toutes ces épreuves qui lui sont infligées à lui, un honnête homme ? Sont-elles des manifestations divines ? Si oui, comment comprendre les signes qu’il envoie ? Pourquoi ? Comment ?… »Larry à la fac

Les clés sont-elles dans le livre de Job ? Structure un peu semblable du récit avec les trois amis ( les trois rabbins ).. L’argent est-il le corrupteur d’un système moral.. ? La fin des années 60, symbolise t-elle le déclin de l’empire américain .. ?

Le film pose de grandes questions existentielles, mais n’y répond pas. Seul prévaut peut-être «  le principe d’incertitude », exposé par Larry à ses élèves… La véritable réponse du film est-elle dans cette sentence: «  Accepte avec simplicité ce qui t’arrive. »?

 

Un excellent film d’humour noir dans lequel l’imaginaire du spectateur doit rencontrer celui des cinéaste, au risque de n’y rien comprendre !

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Une alliance d'amour

Publié le par Perceval

Dieu n’est pas là où l’homme le convoque .. ! Ma raison de croire est aussi là, dans le paradoxe du dieu qui ne prend pas la place que lui assigne l’homme…


Dès Genèse, c’est Dieu qui cherche l’homme !

Un autre passage biblique m’interroge : L’alliance du Seigneur avec Abraham ( Glevinas ethique pic2enèse 15, 5 …) . Un ancien rite d’alliance pour lequel des animaux sont coupés en deux, et les moitiés disposées face à face, est décrit. Ce qui est curieux, c’est que ce n’est pas l’homme  qui officie ( sacrifice au dieu ) : c’est Dieu, seul, qui s’engage… !

Abraham est pris par un sommeil mystérieux, la frayeur le saisit. L’homme est incapable de saisir le mystère divin…

Dieu s’engage envers Abraham et ses descendants …

Nous serait-il désagréable d’avoir un dieu, qui s’agenouille devant l’homme ?

Au cours des siècles, l'humain ne cesse d'en appeler à un dieu ( une idole ) " tout puissant ", pour résoudre les soucis de "son monde", ( et non du monde .. ). Pour la pluie, contre la peste et pour bien d'autres bonnes ou mauvaises raisons, la religion a joué ce " double-jeu ", niant ainsi le message spirituel de la Bible ...!

 

Où se situe l'action de Dieu ?

Je répondrai: dans sa Présence. De quelle manière? Par l'intermédiaire de la Foi. Conséquences ? La paix, la Joie ...

 

J'ai noté cette phrase de Béatrice Oiry ( Enseignante d'exégèse Univ Catho ) : " La foi vit du mystère de cette Présence obscure qui nous tient, sans repos, dans la quête d'un Dieu qui passe au plus impénétrable de nos nuits."

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L’Esprit au cœur de Dieu… Méditation de Joseph Moingt

Publié le par Perceval

Je vous présente ci-dessous des ' notes ' de lecture de textes de Joseph Moingt ...

 

« On se contenterait assez facilement d’une Trinité à deux personnes la troisième, on ne sait trop qu’en dire, ni surtout qu’en faire… »icone trinite

« L’Eglise n’a pas « inventé » l’Esprit Saint dans un grand délire métaphysique, elle l’a reçu — on peut même dire qu’elle l’a « subi » —, à telle enseigne qu’elle ne pourra jamais plus s’en séparer : elle en était née. »

« Dans ce mystère d’intercommunication se dévoile la singularité de la « troisième Personne », Don de Dieu, non simplement chose donnée, mais acte et relation vivante de Donation de soi. »

« L’Esprit ne prend pas place à la suite des deux, mais entre eux, en excès : il est ce qui surabonde et déborde. »

 

« Celui qui complète la Trinité », disaient les Pères — comprenons : celui qui l’empêche de se réduire à l’Un, car il est de trop, et de s’enfermer dans la solitude, car il est l’excès qui l’ouvre sur un monde pour y déverser son trop-plein.

« Longtemps la présence de l’Esprit a paru réservée à l’Eglise catholique, et sa jouissance aux personnes « consacrées » à son service ou à un « état de sainteté 2 ». (2. Tel est encore l’enseignement de l’encyclique de Pie XII sur « Le corps mystique du Christ » (1943)).

Vatican II a changé de discours : il a proclamé que tous les baptisés sans exception participent de la surabondance du don de l’Esprit, et il en a tiré la double conséquence que les fidèles sont tous appelés en toute égalité à la même sainteté, et que les Eglises qui baptisent dans la même foi constituent pareillement (sinon tout à fait au même degré) le corps indivisible du Christ.Pierre et paul

Le rapprochement avec les autres religions du monde inauguré par le Concile a aussi répandu l’idée que l’Esprit est au travail dans les diverses traditions sacrées des peuples pour y révéler Dieu et y opérer le salut. »

 

« L’Eglise, est « corps du Christ » en tant que ses membres sont unis au Christ par son Esprit et que le Père déverse en eux, pour en faire d’autres fils, la vie qu’il communique à son Unique.

Esprit de communion, il fait communiquer les chrétiens à la fois entre eux et avec le Père par le Fils ; il demeure dans l’Eglise en faisant d’elle la « demeure » historique de la Trinité : il est le troisième anneau qui élargit au multiple l’unité du Père et du Fils, du Même et de l’Autre.

Que l’Esprit soit ici ne l’empêche pas d’être aussi là, à côté et au loin, quoique sous un mode différent, car il est toujours en excès et ne se laisse posséder ni enfermer nulle part, et il ne se tient dans un lieu que pour s’en aller ailleurs, mais sans se retirer d’où il vient. »

 

L’Esprit fait parler, mais ne prend pas la parole 6 (6. Voir : Matthieu 10,20 ; Actes 2,4 ; 19,6 ; 2 Pierre 1,21). Il ne faut donc pas se laisser abuser par de très rares paroles prononcées par des prophètes et attribuées à l’Esprit, du type Actes 13,2.

Il n’est pas censé parler de son propre chef. Nous en étonnerons- nous ? Il est l’Esprit du Christ, et c’est à ce titre qu’il conduit son Eglise « vers la vérité totale 7 ( 7. Voir : Jean 14,26 ; 15,26- 27 ; 16,12-13.)

Il introduit dans leur intimité en s’effaçant, tel « l’ami de l’époux », si ce n’est qu’il demeure là sous le mode d’être le lien vivant qui nous unit à eux8. (8. Voir : Jean 14,15 ; 3,8 ;2 Corinthiens 3,17 ; Actes11,15 ; Jean 3,29 ; Ephésiens4,3-6.)

 

qu’il nous fait être, enfants du Père, d’exhaler dans les cœurs des soupirs d’espérance, d’inspirer nos prières, d’insuffler des désirs accordés à ceux du Père 10. Il est l’appel silencieux mais ardent de l’être nouveau qu’il fait naître en nous, la voix qui inscrit dans la chair et fait monter de ses profondeurs insoupçonnées le nom du Père 11, voix de l’Autre qui révèle l’inconnu de notre être le plus intime, ce « Il » qu’est devenu notre esprit pénétré d’Esprit. (10. Romains 8, 16, 23, 26-27.) (11. Voir : Jean 3,6 ; 2 Corinthiens3,3 ; Romains 8,14-15. )»

 

« L’Esprit en nous : ces témoignages de foi que nous n’aurions pas osé donner auparavant, la persévérance dans une prière jamais consolée, ce dévouement prodigué à une personne que nous ne pouvions pas supporter, la constance dans une foi troublée de tant de doutes, la patience dans une souffrance qui nous a si longtemps révoltés, l’« ouverture » d’une Ecriture qui nous était fermée, le plaisir pris dans une compagnie qui nous laissait indifférents, tout ce que nous n’étions pas et que nous sommes devenus capables de dire et de faire, ces manières inhabituelles de sentir et de vivre, tout ce en quoi nous avons été changés et déplacés, cette nouveauté qui est en nous sans pouvoir en venir, voilà l’œuvre de l’Esprit.

L’étonnement que nous en éprouvons, le sentiment d’être livrés à l’Hôte étranger en même temps que donnés à nous-mêmes, voilà le critère de sa présence, auquel s’ajoute l’attestation que l’Esprit rend à notre esprit, ces fruits de l’Esprit que sont la paix, la joie, l’amour et, par-dessus tout, la conscience d’avoir accédé à l’ordre de la gratuité et de l’excès, de la liberté et de la nouveauté de vie 14. (14. Voir : Romains 8,16 ;Galates 5,22 ; Luc 6,38 ;Romains 6,4.)

Un autre critère de l’action de l’Esprit, autre forme de son « attestation », est fourni par le Hildegard von Bingen Liber Divinorum Operumtestament de Jésus, la prière qu’il adressait au Père pour que ses disciples, après son départ, restent unis entre eux : « Que tous soient un comme nous sommes un, toi en moi et moi en toi, et eux aussi en nous15. » Lien d’unité de la Trinité 16 (16. Une ancienne formule liturgique rendait « gloire au Père et au Fils dansl’unité de l’Esprit Saint ».), de même qu’il l’est du corps du Christ qui est l’Eglise 17 ( 17. Voir : 1 Corinthiens 12,1-13 ; Ephésiens 4,3-4 ; Colossiens 3,12-16.) , c’est l’Esprit Saint qui forme le nous commun du Père et du Fils, et le nous des chrétiens sur ce modèle, et qui insère le second dans le premier. Le nous divin, qui maintient la distinction de « toi et moi », n’est pas fusion mais coexistence du Père et du Fils l’un dans l’autre. Le nous le plus naturel aux hommes n’est pas non plus l’élimination du moi, il est son extension à d’autres, mais au point qu’un moi envahissant risque d’accaparer ceux auxquels il s’associe, et un nous exclusif de devenir l’expression d’une volonté de puissance opposée à d’autres nous 18 (18. Le nous est un je amplifié et dilué, dit le linguiste Emile Benveniste. ) . Le nous chrétien que forme l’Esprit requiert, lui aussi, l’entière et forte implication du je, mais dans la désappropriation du moi, l’engagement du je à laisser croître d’autres je, à se mettre à leur service19 (19. A les « sup-porter », c’est-à-dire à « se mettre au-dessous » d’eux : Ephésiens 4,2 ; Colossiens 3,13 ) , le dessaisissement de soi sous l’anonymat d’un je qui, dissimulé dans un pluriel, se laisse dire par d’autres à la façon d’un il. Tel est le nous que la récitation quotidienne du « Notre Père » devrait aider les chrétiens à former, entre eux et avec d’autres, non seulement dans l’universalité de l’Eglise, mais également et beaucoup plus dans toutes relations interpersonnelles, communautaires ou sociales. S’habituer à glisser le je dans un tel nous, à la fois en excès et en retrait, non toi comme moi, mais moi comme toi, c’est le signe qu’une « Troisième personne » s’y est logée.

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Ce que me dit le Bonheur:

Publié le par Perceval

Le bonheur n’appartient pas aux croyants, cela au moins nous pouvons le partager…

arbres automneDepuis toujours, il y eut des hommes sages, pour donner les clés d’une existence sereine… Déjà les grecs, puis Montaigne «  Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors.. » qui préconise de jouir loyalement de son être. Spinoza parle de volupté et surtout de ‘ joie ‘. Son livre ‘ Ethica ‘ est un itinéraire existentiel vers la ‘ béatitude ‘. Même Schopenhauer propose son traité de la vie heureuse ( Aphorismes sur la sagesse dans la vie )… La plupart des méthodes préconisent de vivre l’instant, voir avec un regard sans critère, pour une joie sans cause… Il me semble que la religion n’apporte pas grand chose de plus, à cette confrontation au quotidien, si ce n’est de confirmer que la ‘ joie ‘ n’est pas réservée pour un futur éventuel… «  Heureux l’homme … » ( Psaume 1 ..) ; «  J’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité : choisis la vie ! » Deutéronome 30,19 …

Le bonheur, n’est pas à penser comme un absolu.la joie jean Klein

Le bonheur est-il plus fort que la mort … ? C’est une question religieuse, est la réponse négative ne le remet pas en cause, pour autant… Alors, qu’apporte donc la foi ? Rien…

Décidément, il ne faut pas chercher de 'raison ' à la Foi... Et pourtant, une Foi sans raison, sans doute, n'est qu'une croyance .... Il faut admettre qu’il n’y pas de preuves à la foi.

Le bonheur ce peut-être une rencontre, un visage... une ‘ incarnation ‘… ou une joie sans cause.

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Ce que Levinas me dit:

Publié le par Perceval

Ce que le juif Levinas enseigne me semble toujours au-delà du religieux, ou ce qui serait plus juste parait universel, parce que tout est religieux .. !

 

«  Tout le monde est responsable de tout et de tous, et moi plus que les autres » Dostoïevski . LevinasL’éthique est une subversion, un retournement ontologique par lequel l’humain cesse de se préoccuper de son être pour se tourner vers l’autre. Levinas corrige cet absolu par le «  tiers » qui rompt cette dualité dangereuse ( je ne peux pas tout céder à l’autre  … que faire alors du ‘ troisième homme   .. ? ) Il faut une justice , un Etat… à corriger également par «  le visage » : fragilité, autre, qui n’est pas objet de saisie ou de connaissance… Le visage, l’autre, le tiers - face au visage …etc.

 

L’Amour selon Levinas, n’est ni fusion, ni accord : mais dissymétrie radicale, l’autre comme mystère et absence …

 

La mort : On ne meurt que pour les autres. Des dix commandements ( 5 du côté de Dieu, 5 du côté de l’homme ), Levinas fait correspondre le 1er et le 5ème : « Je suis l’Eternel ton Dieu » et «  Tu ne tueras point. » Ce visage qu’on ne peut tuer… !

 

Salomon Malka, que je résume à partir de son commentaire sur Levinas, compare ensuite Levinas et Kierkegaard, en particulier sur cette formule de Tertullien ( Père de l’Eglise ) «  Je crois parce que c’est absurde »… et rappelle le geste d’Abraham : est-ce le même Dieu qui arme le bras du père et Celui qui l’arrête ? La foi plus forte que l’absurde ?... Puis, il y a Abraham qui dialogue, s’interpose entre Dieu et les hommes, et lui arrache le pardon pour les pêcheurs de Sodome et Gomorrhe…

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Le Royaume

Publié le par Perceval

Je lis, sous la plume de A. Conte-Sponville, une formule, que je connaissais, tirée du Nagarjuna :Ben-Vautier « Tant que tu fais une différence entre le nirvana et la samsara , tu es dans le samsara »… Et, je fais également la similitude avec l’éternité et le temps, l’absolu et le relatif, le paradis et l’enfer… Bref, comme nous dit l’Evangile de Jésus le Christ : le Royaume est déjà là… !

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Science et religion - Ce que la science me dit : …

Publié le par Perceval

J’ai une formation scientifique, et je ne ressens pas dans ma manière de raisonner des oppositions selon qu’il s’agit de théologie, de philosophie ou de science … Il me semble qu’aujourd’hui, science et religion fonctionnent de manière similaire : l’une et l’autre s’appuient sur une ‘ Foi ‘ , par exemple - « croire qu’il existe un ordre dans l’univers et que l’esprit humain est capable de comprendre cet ordre » Charles Townes ( Prix Nobel de Physique ) . - L’une et l’autre opèrent par ‘ intuitions ‘ ou même ‘ révélations ‘… Elles représentent toutes deux les efforts de l’homme à comprendre son univers … sodebateComprendre un théorème mathématique ou un raisonnement philosophique ou théologique, conduit à la même liberté d’être …

«  Ce qui fait l’homme de science et l’homme de foi, ce n’est pas la possession d’irréfutables vérités, mais la quête obstinée de la vérité et d’une origine qui toujours nous échappe » Thierry Magnin, prêtre, Docteur et professeur en physique des matériaux.

La science restreint elle même son champ de connaissances…  Nous savons aujourd’hui, avec la physique quantique, qu’il n’est pas raisonnable de penser la réalité en soi par une description scientifique… En effet, rien ne peut être observé, en soi, séparé l’un de l’autre… On ne peut émettre que des ‘ prédictions ‘… Et la réalité ne nous apparaît que par l’intermédiaire d’une ‘ image ‘ que l’esprit humain se forme … Le ‘ global ‘ nous est caché, ou nous résiste … La science ne nous donne accès qu’aux ‘ phénomènes ‘, à une sorte de « réel voilé » Bernard d’Espagnat ( Physicien ).

J’hésite à admettre le principe anthropique ( fort ), qui dit que l’évolution de l’univers mène inévitablement à une forme de vie et de conscience ( qui peut être différent de l’homme… dans d’autres galaxies ..). ciel2Certes, il semble que l’univers soit ordonné par des ‘ constantes physiques‘, mais dire que l’univers tend vers la conscience, ne dit rien sur ‘ la conscience ‘. Pourquoi pas le chaos, plutôt que l’unité ( organisation des lois … ) qui semble régir la nature ?

Tout dans l’univers est interdépendant. A tel point que des paléontologues notent l’existence de convergences dans l’évolution : «  ainsi l’oeil des vertébrés apparaît indépendamment dans plusieurs branches de l’arbre de la vie, y compris chez une méduse. » ( Simon Conway-Morris )… Et, l’intelligence - serait-elle un phénomène convergent ?... Tout ceci ne signifie en rien, que l’évolution corresponde à un plan divin !

Mario Beauregard (neuropsychologue ), corrige une certaine idée qui ferait du cerveau l’organe de la pensée : « C’est l’être humain qui a des pensées, des désirs, ce n’est pas le cerveau seul… ». Dans les travaux qui relient, par imagerie médicale, - région du cerveau et - activité : «  on ne mesure que des corrélations : la région cérébrale ne créée pas la fonction.. ».

 

Ma conviction est qu’aucun raisonnement, aucune découverte ne peut ‘ prouver ‘ l’existence de Dieu . En effet, cette Réalité ultime est, elle même, au-delà de l’existence, ce qui ne signifie pas que tout en étant distincte , elle ne l’englobe pas … ! Ma liberté ( irréductible .. ) s’exprime au travers de ma Foi. La raison n’est pas l’apanage de la science, elle régit la pensée toute entière …

 

«  Ce qui n’est pas entouré d’incertitude ne peut être la vérité » Richard Feynman ( Nobel )

Chacun de nous est plus que ce que nous pouvons en mesurer… Réduire ce  ‘principe d’incertitude ‘ risque de creuser le fossé entre « l’un et l’autre » ! L’un serait dans la lumière, et l’autre dans la nuit... La science et la religion devraient s’unir pour fonder l’égalité de tous et la liberté de chacun, de penser, raisonner, et proposer des théories comme des défis à l'intelligence humaine …   

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La « restauration » dans l’Eglise

Publié le par Perceval

Ce mouvement conservateur et nostalgique d’un ancien régime durant lequel l’Eglise possédait le pouvoir , continue encore et toujours d’influer sur la pastorale du message évangélique, adapté au temps présent :

- En 1864 : Déclaration emblématique du ‘Syllabus’ de Pie IX ( « penser que le pontife romain peut et doit se réconcilier et composer avec le progrès, le libéralisme et la culture moderne… »,marie autel « penser que l’Eglise doit être séparée de l’Etat, et l’Etat de l’Eglise », « penser qu’il faut avoir bon espoir pour le salut éternel de tous ceux qui ne se trouvent pas dans la vraie Eglise du Christ » … Etc , ce sont 80 propositions qui sont condamnées… ! ). Heureusement, Léon XIII, ensuite appelle les fidèles à rallier la République. Puis, en 1910, Pie X, condamne les «  idées modernistes » et la «  fausse doctrine du Sillon ». Nous connaitrons ensuite le sort des prêtres ouvriers et l’immense espoir suscité par Vatican II…

 

- Aujourd’hui, Benoît XVI multiplie les signes de sa volonté de ‘Restaurer une certaine Eglise’ …De l’affaire des intégristes, du ‘ Bon Pasteur ‘ à de nombreux détails courants … Sur les termes mêmes de la Foi : Benoit XVI écrit :  «  seul celui qui conserve dans son cœur la crainte de Dieu a aussi confiance en l’homme et consacre son existence à construire un monde plus juste et plus fraternel» alors même que le terme de « crainte  » dont nous connaissons les sens testamentaires, n’est pas ici une citation biblique, mais un terme du vocabulaire contemporain, comme l’indique le sens de la phrase .. !

Benoit XVIUn autre détail, mais qui marque l’opinion , concerne la canonisation de Pie XII… Quel signe envoie Benoit XVI sur cette question ? Admettons l’hypothèse crédible que Pie XII a tenu à ménager ‘ la chèvre et le chou ‘,en évitant une condamnation directe de l’holocauste, afin de ne pas rompre tout dialogue avec le régime hitlérien et d’éviter une réaction brutale …et qu’il a permis ainsi de sauver des milliers de juifs romains… Cependant, cet acte honorable fait de ce pape un fin diplomate et non un Saint.. ! Qu’eurent fait Jésus, St Pierre ou St Paul… ? «  On les imagine mal composer avec le régime nazi, mais bien plutôt de décider de mourir déportés avec ces millions d’innocents. Voilà l’acte de sainteté, de portée prophétique …. » ( Frédéric Lenoir, ‘ éditorial N° 40 du Monde des Religions ). Benoît XVI, préfère envoyer le signe d’une Eglise pieuse, « davantage préoccupée de préserver son poids politique que de témoigner de l’Evangile ».

 

Aujourd’hui, - l’homme Jésus mort - , Il reste vivant avec nous par l’Esprit.. C’est, en effet, pour que nous puissions vivre de l’Esprit , qu’Il est mort ! Vivant en moi, pour réagir aux dangers de mon égoïsme, c’est à dire de vivre mon individualité aux dépens de l’universalité …

Dans les épitres de Paul : les premiers chrétiens ont vraiment vécu des dons de l’Esprit saint. L’esprit saint qui donne la parole, donc la Liberté de parole, et une volonté de construire l’Eglise , mais pas seulement par les clercs ( cette notion n’existe pas .. )… L’erreur serait de nous polariser sur le ciel , sur le futur, alors que le Royaume de Dieu est là, il se construit là… Il s’agit de se préoccuper du salut du monde et non strictement de mon salut individuel. Il s’agit donc de l’évangélisation des structures elles-mêmes de la société. Retrouver l’Eglise de base… Il ne s’agit pas de se rapprocher d’un modèle ( protestant …) Ni de coller à un modèle ancien… Si autrefois un certain ‘modèle’ s’est fait, alors, aujourd’hui, autre chose peut se faire … Catholique, il ne me faut pas nécessairement devenir protestant, [avec Luther ( Eglise toujours à réformer .. ) ] Ensemble, côte à côte, nous pouvons nous aider à progresser … Des formes de ritualité seront toujours à pratiquer .. Chacun se rapprochant de la source évangélique, nous nous rapprocherons entre nous …

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