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contes mythes legendes

Le monde de la magie au Moyen-âge : -2/.-

Publié le par Perceval

Dans le roman de Chrétien de Troyes,'' Erec et Enide '' :

Érec, après avoir chevauché plus de trente lieues en compagnie d'Enide, sa femme, et de Guivret le Petit, son ami, arrive devant un château-fort entouré de tous côtés d'une eau large et profonde. C'est le château de Brandigan. Il appartient au roi Évrain, qui l'a fait fortifier par luxe plutôt que par besoin, car la défense naturelle suffisait. Erec propose aussitôt d'aller y prendre hôtel ; mais Guivret l'avertit qu'il y a là un «mal trespas », autrement dit une mauvaise coutume. Depuis sept ans, aucun de ceux qui s'y sont aventurés n'en est revenu ; on y reçoit «honte ou mort ». D'ailleurs, si l'aventure est périlleuse, elle a un beau nom, elle s'appelle «la Joie de la Cour ». Ce mot achève de décider Erec à demander l'hospitalité du roi ...

 

Dans la dernière partie du roman, au terme de sa quête, Erec tente la terrible aventure dont nul n’est jamais revenu. Il doit vaincre le géant Mabonagrain pour lui permettre de sortir de ce verger d’amour où il est prisonnier.

« Autour du verger il n’y avait ni mur ni haie, mais seulement de l’air. Par un effet magique l’air sur chaque côté assurait la clôture du jardin, si étroitement qu’il était impossible d’y pénétrer, à moins de voler par-dessus, exactement comme s’il avait été entouré d’une barrière de fer. Eté comme hiver, on y trouvait des fleurs et des fruits à maturité. Ces fruits étaient ensorcelés : on pouvait les manger dans le verger mais il était impossible de les emporter à l’extérieur. Celui qui aurait voulu en emporter un n’aurait jamais pu trouver la porte et ne serait jamais sorti du verger avant de l’avoir remis en place. De tous les oiseaux qui peuplent le ciel et qui font le plaisir de l’homme en chantant pour le distraire et le réjouir, il n’en est pas un que l’on ne puisse y entendre, et même plusieurs de chaque espèce. Il n’est pas sur toute l’étendue de la terre d’épice ou de racine douées de vertus médicinales qui n’y soient cultivée, et en abondance. C’est là que par une entrée fort étroite pénétra la foule des gens avec le roi Evrain et tous les autres. Erec chevauchait dans le verger, la lance en arrêt, tout en goûtant le chant des oiseaux qui s’y faisaient entendre. Ils étaient pour lui le symbole de sa Joie, la chose qu’il désirait le plus. […] Erec suivit alors un sentier, seul, sans aucun compagnon, et finit par trouver un lit d’argent recouvert d’un drap brodé d’or, à l’ombre d’un sycomore ; sur le lit il vit une jeune fille, à la taille bien prise, au visage fin, d’une beauté de rêve. »

 

… apparaît, étendue sur un lit et à l’ombre d’un sycomore, une fée.

Le verger est un monde '' autre '', parallèle au réel, régi par l’enchantement...

Pour pouvoir demeurer avec sa dame, Mabonagrain est obligé de tuer tout chevalier qui pénètre dans le verger, afin de prouver constamment qu’il est le meilleur chevalier.

 

Dans le Cligès , Fénice, fille de l’empereur germanique , est promise à l’empereur de Constantinople Alis. Lors de la rencontre publique des promis, la jeune fille tombe immédiatement amoureuse du chevalier Cligès (et réciproquement), qui n’est autre que le neveu de l’empereur...

Cligès et Fenice (BNF 2186 folio 3v)

La « nigromance » de Thessala va permettre à Fénice, bien que mariée, de préserver sa virginité et de rester fidèle, d’esprit et de corps, à Cligès...

Thessala, originaire, comme son nom l’indique, de Thessalie, « où sont feites les deablies, anseigniees et establies », experte à ce titre en enchantements, en sortilèges et en poisons, confectionne une potion épicée qui, correctement filtrée, permet à l’empereur d’assouvir en rêve son désir charnel pour Fénice. Le « philtre » n’induit donc pas l’amour, mais crée, à titre défensif, l’illusion de l’activité sexuelle. L’empereur et la jeune vierge « coucheront dans le même lit, mais durant tout le temps qu’ils seront ensemble, elle sera en sécurité comme s’il y avait un mur entre eux deux. […] Quand il sera profondément endormi, il aura d’elle son plaisir à volonté ; [et] il sera persuadé d’avoir ce plaisir en état de veille, sans être victime d’un songe, d’une tromperie ni d’un mensonge. »

Le breuvage est confié par Fénice à Cligès, qui, tout en en ignorant la vertu, en sert une pleine coupe à Alis, ainsi que le lui a ordonné la mariée. L’empereur se trouve aussitôt envoûté et livré à ses fantasmes. La nigromance, dont le caractère diabolique est sous-entendu,permet paradoxalement à la jeune fille, contrairement à Iseult, de ne pas verser dans l’adultère , ni même d’être véritablement mariée, puisque la consommation du mariage n’a pas eu lieu ! Seul l’esprit de l’empereur est troublé et trompé.

 

 La caractéristique de Thessala est de préparer des breuvages ensorcelés, capables de soumettre l’arbitre de ceux qui les boivent. Chrétien nous la montre à l’œuvre, avec beaucoup de réalisme, avec ses herbes et ses ingrédients, dont on ne met pas en doute les vertus obscures mais efficaces...

La potion ''d'amour'' préparée par Thessala et offerte à Alis au repas de noces, aura comme effet de lui faire croire qu’il possède son épouse la nuit, alors qu’il rêve seulement.

L’effet de la magie est une illusion... Plus tard Fénice boit une potion narcotique qui la fera sembler morte et lui permettra de rester insensible aux douleurs que les médecins du roi Alis lui infligent pour vérifier sa mort. Ensuite, elle pourra vivre cachée dans une tour avec Cligès... Le philtre procure un faux plaisir et une fausse mort. Il est puissant, efficace, mais ne résout pas le problème : il donne un ''faux'' bonheur …

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Le monde de la magie au Moyen-âge avec Chrétien de Troyes : -1/.-

Publié le par Perceval

Pour Pic de la Mirandole ( XVe s), la magie agit par amour : « Les merveilles de l'art magique ne s'accomplissent que par l'union et l'actualisation des choses qui sont latentes ou séparées dans la nature. (…) Faire de la magie n'est pas autre chose que marier le monde »

Par édit royal de 1682, sous Louis XIV, la notion de sorcier ou magicien est supprimée : désormais l'État ne reconnaît plus que des charlatans, des imposteurs, ou des imaginatifs, des fous. Le XVIIIe s. tente de rationaliser la magie. Paris voit défiler de hautes figures de la magie, comme le comte de Saint-Germain en 1763, Franz Anton Mesmer en 1778, Cagliostro en 1785, tous contestés...

 

Pour parler du Moyen-âge, il nous faut un témoin : Chrétien de Troyes (né vers 1130 et mort entre 1180 et 1190) ; l'un des premiers auteurs de romans de la chevalerie, et de la littérature arthurienne en particulier.

Il est au service de la cour de Champagne, au temps d'Henri le Libéral (1127-1181) et de Marie de France (1145-1198), son épouse. Henri part en croisade de 1147 à 1150 ; puis de 1176 à 1181. Marie de France ou de Champagne, est la première fille de Louis VII le jeune roi de France et d'Aliénor d'Aquitaine, ce qui présente la particularité de faire d'elle la demi-sœur à la fois de Richard Cœur de Lion et de Philippe Auguste. Comtesse de Champagne par son mariage, elle assume trois fois la régence sur ses terres. Son fils parti en croisade, va devenir Roi de Jérusalem... Elle participe à la cour lettrée d’Aliénor d'Aquitaine à Poitiers (1170-1173) et protège de nombreux écrivains... Chrétien de Troyes lui dédie son ''Chevalier de la Charrette''.

Le comte Henri était un grand lettré, appréciant tout particulièrement les auteurs classiques, les historiens et les philosophes. Il aimait discuter avec les théologiens de son époque, Pierre de la Celle, Pierre Comestor, Jean de Salisbury notamment.

Pour nous placer dans le contexte culturel, nous serons attentifs au cadre théorique des '' 4 éléments '' :

La théorie des quatre éléments est une façon traditionnelle de décrire et d'analyser le monde. Elle remonte à la Grèce antique ( Aristote) et servit de base à toute la science naturelle du Moyen-âge.

L’univers est composé de quatre éléments : feu, terre, eau, et air, et pour les comprendre il faut envisager les quatre qualités élémentaires : chaud, froid, humide et sec.

Ainsi : le Feu (chaud et sec) ; la Terre (froide et sèche), l'Eau (froide et humide) et l'Air (chaude et humide)...

N'oublions pas, que nous sommes à l’époque des croisades, et que c'est au XIIe siècle en Terre Sainte, et lors de la reconquista en Espagne, que le savoir des Grecs et la théorie aristotélicienne des éléments a pénétré en Occident par l’intermédiaire des Arabes.

Au XVIIIe siècle, lors de l'institution de l’initiation maçonnique : les quatre éléments vont signifier la purification par le feu, l’eau, l’air et la terre. L'initié doit être purifié pour entrer en maçonnerie.

Dans le roman médiéval Perceforest, un épisode fait référence aux quatre éléments :

Le roi Perceforest, voulant symboliser les œuvres du Dieu Souverain dans le temple qui lui est dédié, fait construire un reliquaire « d'or et d'argent et garny d'un fin cristal dont le piet estoit rond » et y place les « quatres élémens ».

Les quatre éléments vont alors lui permettre de matérialiser « la magnificience et la puissance du Souverain Créateur »: « II print premièrement de la terre, qui est le plus pesant des quatres, et en mist dedans le creux du pillier de cristal. Après il y mist de l'eaue, et consequamment il y encloït de l'aer, puis mist de l'oelle especiale dedens l'ampoulle qui estoit sus le pillier. En ceste oille mist de la mesche, puis l'aluma. Ce fait, il s'eslonga ung petit, puis regarda le riche reliquaire, car il lui pleut a merveilles, car l'en y veoit assez clerement les quatres elemens ».

Cette référence aux conceptions scientifiques d' Aristote dans un ouvrage purement littéraire montre combien les quatre éléments faisaient partie de la culture de base des lettrés en cette fin du Moyen Age.

 

Chez Chrétien de Troyes, les lieux magiques de ses romans font référence aux propriétés magiques de l’Air, de l’Eau, de la Terre et du Feu.

  • L’Air enveloppe le verger de la Joie de la Cour.

  • l’Eau versée par Yvain sur la fontaine merveilleuse déclenche l’orage...

  • de la Terre viennent les pouvoirs magiques des pierres précieuses, utilisées toutes seules ou enchâssées dans les anneaux et des plantes mélangées dans les philtres.

  • tandis que le Feu accompagne les rites de passage, sorte d’ordalie païenne, dans le lit périlleux.

 

La magie se situe dans le contexte du merveilleux, d’où elle sort et qui représente son point de référence constant.

C'est ainsi que nous partons en « quête de la Joie » jusqu'à la « quête du Graal »

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Fêtes de Beltane

Publié le par Perceval

La veille du 1er Mai, est nommé selon les traditions : Veille de mai, Roodmas, Nuit de Walpurgis, Cethsamhain, Whitsun or Old Bhealltainn, Bealtinne, Walburga, Eté celte…

Ou, plus connue dans les pays celtes, aujourd'hui comme Fête de Beltane, la troisième des quatre grandes fêtes de l'année celtique. Elle marque la fin de la saison sombre et le début de la saison claire. Beltane est un des sabbats majeurs de la tradition païenne.

Beltane, signifie ''feu de Bel'' ( Bel, Belenos est le dieu solaire)

En Europe avant que le 1er mai ne devienne la fête du travail, on avait pour coutume de planter un arbre le premier mai en symbole de prospérité. 

Au Moyen-âge, hommes et femmes passaient la nuit dans la forêt à cueillir des fleurs et des rameaux en bourgeons afin d’accueillir mai au lever du soleil. On dressait au centre du village l’arbre de mai. On pouvait, également, choisir une reine et un roi de mai. De tels rites étaient destinés à assurer la fertilité des cultures, la fécondité du bétail et des êtres humains...

L'arbre de mai planté dans la Terre mère comme symbole phallique célèbre l’union de la Déesse et du Dieu. Les participants prenaient un ruban (rouge pour les hommes et blancs pour les femmes) et dansaient autour du mat.

La comtesse du Barry en Flore, F-H Drouais, 1769

Jusqu'au XVIIIe siècle, la déesse Flore ( complémentaire de Vénus) : la déesse romaine des fleurs, des jardins et du printemps ; est en vogue... Du 28 avril au 3 mai, les Romains vénéraient leur déesse, de façon  excessive, et très souvent licencieuse : lors des six jours de fêtes, les prostituées avaient coutume de se rassembler dans un des cirques de Rome, situé « dans un vallon qui est entre le Mont Quirinal et le Mont Pincius », et d’y organiser des jeux dénudés et orgiaques. 

La popularité de l'arbre de mai, va décliner après la Révolution française, et continuer sous une forme plus morale...

La romancière Marion Zimmer Bradley fait couronner Arthur selon les rites du Vieux Peuple le jour de Beltane.

 

Saint Eutrope et Sainte Onenne ( d'origine celtique :  Onn(Gw)enn , les saints patrons de l'église du Graal à Tréhorenteuc sont fêtés ce même jour, le 30 avril.

 

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Au XVIIIe siècle, le mythe celtique refait surface : Les poèmes d'Ossian. -2/2-

Publié le par Perceval

Finn, Ossian et Niamh

Finn, Ossian et Niamh

Un matin, les Fianna sont à la chasse au cerf sur les rives du Lough Lein, dans le comté de Kerry, quand ils voient venir vers eux, un beau cheval blanc ; sur le cheval, est assise la femme la plus belle qu’ils n’ont jamais vue. Elle porte une longue robe bleue comme le ciel d’été, et parsemée d’étoiles d’argent. Ses longs cheveux d’or tombent jusqu’à sa taille.

« Quel est ton nom et de quelle terre viens-tu ? » demande Fingal ( Finn), le chef des Fianna. « Je suis Niamh aux cheveux d’Or. Mon père est le roi de Tir-Na-Nog, répondit-elle. J’ai entendu parler d’un guerrier nommé Ossian. On m’a fait part de son courage et de sa poésie. Je suis venue afin de le trouver et le ramener avec moi à Tir-Na-Nog. »

« Dis-moi, quelle sorte de terre est Tir-Na-Nog ? » demande Ossian.

« Tir-Na-Nog est la terre des jeunes« , répond Niamh. C’est un lieu heureux, sans douleur ou tristesse. Tout ce que l’on y souhaite se réalise et personne n’y vieillit. Si tu viens avec moi, tu verras que tout cela est vrai. » Alors, Ossian monte sur le cheval blanc ; il dit au revoir à son père et à ses amis. Il promet de revenir bientôt.

Le cheval galope sur l’eau, se déplaçant plus vite qu’une ombre. Les Fianna sont tristes de voir leur héros s’en aller, mais Finn leur rappelle la promesse d’Ossian qui a assuré qu’il reviendrait vite.

Tir Na Nog - Niamh Of The Golden Hair by RalphHorsley on deviantART

Le roi et la reine de Tir-Na-Nog accueillent Ossian et organisèrent une grande fête en son honneur. Tir-Na-Nog est en effet une terre merveilleuse, tout comme l’a dit Niamh. Le jeune homme chasse puis festoie. Le soir, il raconte des histoires de Fingal, son père, et des Fianna ainsi que leur vie en Irlande. Ossian ne s’est jamais senti aussi heureux, et peu de temps après, Niamh et lui se marient.

Le temps passe vite et bien qu’il soit très heureux, Ossian commence à vouloir rentrer chez lui pour rendre une visite aux siens. Niamh n’a pas envie qu’il parte, mais elle finit par lui dire : « Prends mon cheval blanc. Il te transportera en toute sécurité jusqu’en Irlande et te ramènera. Quoi qu’il arrive, tu ne dois pas descendre de ce cheval et toucher le sol de l’Irlande. Sinon, tu ne reviendras jamais jusqu’à moi ou à Tir-Na-Nog. »

Ce qu'elle ne lui dit pas, c'est que bien qu’il pense n'avoir été absent seulement quelques années, il était – en fait - à Tir-Na-Nog depuis trois cents ans !

par Jim Fitzpatrick - le retour en terre des Fianna

Quand il arrive, l’Irlande parait très étrange à Ossian. Il semble n’y avoir aucune trace de son père, Fingal, ou du reste des Fianna. Les gens qu’il voie lui semblent petits et faibles. Tandis qu’ il passe à travers Gleann-na-Smol, il aperçoit des hommes qui tentent de déplacer une grosse pierre. « Je vais vous aider « , déclara Ossian. Les hommes ont peur de ce géant sur son cheval blanc. Penché sur sa selle, Ossian lève la pierre d'une main et la lance. Mais la sangle de la selle éclate et Ossian est projeté au sol. Immédiatement, le cheval blanc disparaît et les hommes voient devant eux un très vieil homme. Ils l’amènent alors à un Saint homme – on dit aujourd'hui qu'il s'agit de saint Patrick , qui vit à proximité.

« Où sont mon père et les Fianna ? » demande Ossian. Quand il apprend qu’ils sont morts depuis longtemps, il a le cœur brisé. Il parle beaucoup des actes de Fingal ( Finn) et de leurs aventures ensemble. Il parle du temps qu’il a passé à Tir-Na-Nog et de sa belle épouse, Niamh, qu’il ne verra plus.

Ossian voit les fantômes de ses ancêtres au clair de lune , Nicolaï Abildgaard , 1778


 

Partick, qui a recueilli Ossian ( ou Oisin), lui demande de raconter ce qui lui est arrivé au moment où il a quitté Finn et le Fianna et s'en est allé avec Niamh.

Là est l’origine des chants, des poèmes d'Ossian:

Ossian invoque les esprits sur les bords de la Lora, François Pascal Simon, baron Gérard (1770-1837)

 

Madame Royale, fille de Louis XVI

Nous revenons au XVIIIe siècle, avec Madame Royale, la fille de Louis XVI, qui après la mort de son père ;

pour le poète ( M. D’ALBINS -  Les chagrins de Marie-Thérèse-Charlotte en sortant du Temple) prend alors les traits de Selma, personnage issu des chants d’Ossian, chantant la mort de son père Fingal, la lune comme seul témoin...

Sous ces couleurs appréciées à l’époque, ces poèmes mettent en valeur la piété filiale. La « Jeune Infortunée » chante son désespoir mais elle chante surtout la mort de son père, première à rendre un culte à ses cendres.

Le rêve d'Ossian , Jean Auguste Dominique Ingres , 1813

Le rêve d'Ossian , Jean Auguste Dominique Ingres , 1813

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Au XVIIIe siècle, le mythe celtique refait surface : Les poèmes d'Ossian. -1/2-

Publié le par Perceval

Une nouvelle fois, mais au XVIIIe siècle, le Mythe va rencontrer la littérature, pour nous permettre de revenir vers de nouvelles sources antiques …

Cela commence comme une supercherie, si du moins on pense que le mythe rapporté par le poète n'est qu'une invention...

 

James Mac Pherson

James Mac Pherson (1736-1796) est un poète écossais: il est le découvreur d'un cycle dits '' poèmes d'Ossian '' un barde écossais du IIIème siècle...

James Macpherson est hanté par des récits gaéliques originaires des Highlands et des îles... En 1760, il s'immerge dans l'ouest du comté d'Inverness, les îles de Skye, North Uist, South Uist et Benbecula. Il est à la recherche de manuscrits... Il monte une expédition vers l'île de Mull, Argyll...

En 1761, il écrit ( ou ''re-écrit'') une épopée sur le thème de Fingal écrite par Ossian (basé sur le fils de Fionn, Oisín), et, en décembre, il publie Fingal ( qui signifie : l'étranger blanc) , un Ancien Poème épique en six livres, ainsi que plusieurs autres poèmes composés par Ossian, le fils de Fingal, ''traduit'' dit-il de la langue gaélique...

 

Ce travail est devenu un best-seller international. Les aventures d'Ossian et celles de son père Fingal, le roi de Morven, rencontrèrent un succès qui valut la gloire à Macpherson...

Des savants, faute de pouvoir se référer à des sources manuscrites – lancent une controverse …

Le chant du cygne d'Ossian par Nicolai Abildgaard, 1782

Pourtant, grâce à la publication des chants épiques attribués à Ossian commence un vaste mouvement de découverte d’un patrimoine culturel, hérité des ancêtres « barbares » des Européens, les Celtes, Germains et Vikings... alors que le classicisme de l'époque ne se référait qu'à des sources culturelles gréco-latines …

Le barde aveugle Ossian s’accompagne d’une harpe celtique comme un Homère nordique.

Werther, le héros du roman de Goethe, déclare qu’ « Ossian a remplacé Homère dans son cœur »

Comme beaucoup, Napoléon Bonaparte devient ''ossianophile'' . Il commande plusieurs tableaux sur les thèmes des épopées à Gérard, Girodet et Ingres pour décorer ses appartements ou ceux de Joséphine.

 

Ossian reçoit les Héros français morts pour la patrie par Anne-Louis Girodet de Roucy, 1805

Le plus étonnant de ces tableaux est celui qui fait entrer directement Bonaparte et ses officiers dans l’épopée. Il s’intitule Ossian recevant les héros français. Girodet, qui a réalisé cette peinture pour la salle à manger de la Malmaison, lui a donné un long commentaire explicatif. On y apprend que l’aigle s’enfuit devant le coq qui symbolise « le Génie de la France » et qu’Ossian embrasse Desaix tandis que Kléber tend une main à Fingal, le guerrier fils d’Ossian, en signe d’alliance. Les généraux Dampierre, Dugommier, Championnet, Joubert, Desaix, etc., sans oublier le Premier consul, figurent sur le tableau…


 

Le cycle d'Ossian, ou des Fianna, se situe à égal avec le cycle d'Ulster. Les récits de ce cycle concernent la vie de chasseurs nomades au coeur de forêts primitives en Irlande. Ils sont contés par Ossian, le fils de Finn.

Les Fianna constituaient une sorte de chevalerie, chargée de maintenir l'ordre en Irlande et de protéger l'île contre toute invasion. Au IIIe siècle, dit-on, l'ordre des Fianna comptait deux cent cinquante officiers et quatre mille cinquante hommes.

Le héros, Fingal, ou Fionn ou Finn mac Cumhail est pourfendeur de monstres et magicien à la fois. Il est aussi poète et mène grande vie. Il a pour ennemi le fier Goll et son vantard de frère, Conan, tous deux fils de Môrna et chefs de ce clan redoutable …

 

 

Finn rencontra sa femme, Sadbh, alors qu'il chasse. Elle a été transformée en cerf par un druide, Fer Doirich. Les chiens de chasse de Finn, Bran et Sceolang, qui ont eux aussi été des hommes auparavant, sentent qu'elle est humaine, et s'interposent pour que Finn l'épargne. Elle se retransforme en une sublime femme. Après leur mariage, elle tombe rapidement enceinte. Toutefois, Fer Doirich refait surface, la transformant à nouveau en cerf, et Sadbh disparait.

Sept années passent avant que Finn retrouve son fils, Ossian (Oisín), qui devient l'un des plus puissants des Fianna.

Malgré son âge Finn prend pour épouse Graïnné ( fille de Cormac) qui l'abandonne pour le jeune et séduisant guerrier Diarmaid (Dermat).

A suivre ...

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De L’Annwn, au pays des fées...

Publié le par Perceval

Isle of Man

Isle of Man

Il est question de l’Annwn dans le premier des quatre contes des Mabinogion : Pwyll, prince de Dyved. Après une dispute de chasse, Arawn, roi de l’Autre Monde et Pwyll échangent leurs situations pour une durée de un an, c’est le mythe fondateur de la dynastie des princes de Dyved. Dans le Livre de Taliesin, un poème gallois du IXe s. ( Preideu Annwn) évoque qu’ Arthur et ses hommes partent pour l’Annwn afin d’en rapporter un chaudron magique. Seuls, sept hommes – dont le barde Taliesin qui raconte l’aventure – reviendront de cette quête qui préfigure celle d’autres objets talismaniques dans les récits arthuriens. Cet Autre Monde est aussi présent dans le conte Kulhwch et Olwen.

Shaun-William-Kerr

L' "Autre-Monde" est très présent dans les contes arthuriens ; et localisé au-delà d’une limite naturelle : rivière, forêt, arbre, mégalithe…etc. C’est un pays qui peut surgir partout mais ne se trouve nulle part … On peut le rapprocher du château du Graal… Et de l’île d’Avalon…

 

 

La littérature arthurienne – en se christianisant – va se construire en opposition à cette notion capitale d’Autre-Monde. L’Annwn est à distinguer clairement des représentations chrétiennes de l’au-delà.

 

By Charles Vess, né le 10 juin 1951 à Lynchburg (Virginie)

 

Aujourd’hui, on peut rapprocher l’Annwn, du pays des fées..

 

Le pays des fées est fondamentalement d’essence matriarcale. En témoignent ces nombreuses fées et Dames du Lac (qui donna l’Épée au roi Arthur), le plus souvent non mariées (supposées et dites « vierges » comme Diane-Artémis), qui séduisent et collectionnent les mortels valeureux. Malheur à qui osera rejeter les avances de ces dames.

Les plus chanceux se verront expédiés dans « l’autre monde », lors d’une chasse, poursuivant un gibier magique, un animal blanc surnaturel (biche, cerf, sanglier… un animal totémique, héraldique, sacré), qui les attirera au travers d’une porte invisible du Sidh, afin qu’ils y réapprennent les bonnes manières amoureuses envers les femmes.

En pénétrant dans l’Autre Monde de nos légendes, on entre au propre comme au figuré dans le pays des rêves : on pourra y trouver le repos ou le tourment, y voir réaliser ses souhaits les plus chers ou bien y rencontrer d’incompréhensibles mystères, et passer en quelques battements de cœur du plus merveilleux des songes au plus terrible des cauchemars… Il n’est alors guère surprenant de voir les terres d’abondance et de jouvence se confondre avec le monde des trépassés, le terme « Autre Monde » pouvant aussi bien désigner le pays des fées que le séjour des morts.

 

Cet Autre Monde est toujours séparé du nôtre par une frontière qu’il convient de franchir, une limite devant être outrepassée, symbolisée le plus souvent par une barrière naturelle (l’orée d’un bois, l’entrée d’une caverne, la surface d’un lac, les flots de l’océan, une nappe de brume ou tout simplement l’horizon…) mais dont l’emplacement peut aussi être marqué par un cercle de pierres levées ou, dans les récits médiévaux, par le portail d’un château…

The-Knight-And-The-Nymph by Edward-Okun (1872-1945)

De manière plus abstraite, cette limite peut aussi être celle qui sépare la veille et le sommeil, la conscience et l’état de transe, la sagesse et l’imprudence, ou encore le respect des interdits et leur transgression.

Dans tous les cas, le passage dans l’Autre Monde correspond à une incursion dans l’inconnu. Ainsi, le chasseur impétueux qui s’écarte de son chemin ou s’éloigne de ses compagnons pour poursuivre un gibier surnaturel (blanc cerf, sanglier géant etc) passera sans s’en apercevoir d’un monde à l’autre : l’animal fabuleux l’y a certes attiré, mais c’est le chasseur lui-même qui a transgressé un interdit symbolique en quittant le sentier ou en abandonnant le groupe.

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Les Mabinogion

Publié le par Perceval

Les Mabinogion
Les Mabinogion
Les Mabinogion
Les Mabinogion
Les Mabinogion
Les Mabinogion
Les Mabinogion
Les Mabinogion
Les Mabinogion
Les Mabinogion
Les Mabinogion

Certaines parties ont été traduites en français par Théodore Hersart de la Villemarqué, mais c’est Joseph Loth qui va établir la première édition française intégrale.

Ce texte provient d’ histoires, initialement trouvées dans deux manuscrits, le Livre blanc de Rhydderch (1300-1325) (maintenant à la Bibliothèque nationale galloise) et le Livre rouge de Hergest (1375-1425) (aujourd’hui conservé à l’Université d’Oxford) , mais certaines de ces histoires sont considérées comme ayant été écrites dès le 11ème siècle.

Les Mabinogion sont constitués de 4 branches, intitulées Pwyll, prince de Dyfed, Le Mabinogi de Branwen, Manawydan fils de Llyr et Math fils de Mathonwy..

Ces récits, sans être véritablement articulées, mettent en scène des personnages communs et font appel à une mythologie originale sans rapport exact avec les mythes gréco-latins ou germaniques. « Ce sont [quatre] nobles et francs [héros] agissant dans toute leur spontanéité. Chaque homme apparaît comme une sorte de demi-dieu caractérisé par un don surnaturel ; ce don est presque toujours attaché à un objet merveilleux, qui est en quelque sorte le sceau personnel de celui qui le possède », explique Ernest Renan

Alan Lee - The-Mabinogion - the-dream-of-rhonabwy

En dehors de ces quatre branches, il y a encore quatre récits qui se rattachent au cycle arthurien, dont le célèbre Culhwch and Olwen (vers 1100) ; enfin trois « nouvelles », que l’on considère aujourd’hui comme des adaptations « receltisées » des romans de Chrétien de Troyes.

Alan-Lee - The-Mabinogion

En effet, si on a considéré comme allant de soi que ces textes étaient anciens et qu’ils étaient une mise en écrit d’une très antique tradition orale. On en a déduit que le Mabinogi de Peredur ab Evrawc pouvait être la source du Conte du Graal de Chrétien de Troyes.

Joseph Loth, linguiste et historien français qui s’est particulièrement intéressé aux langues celtiques, abonde dans ce sens et dira ainsi, dans sa traduction de ces textes: «Les Bretons insulaires, avant l’apparition des romans français, avaient mis sur pied des romans d’aussi longue haleine et aussi bien composés pour le moins que les romans français. Il est même remarquable que dans l’ensemble, Owen et Lunet, Peredur, Gereint et Enid sont supérieurs aux romans français correspondants (Yvain, Perceval, Erec et Enide). Au point de vue artistique, la supériorité des écrivains gallois est également incontestable. Aucun écrivain français du temps de Chrétien, ni en France ni en Angleterre, ne saurait lutter contre les Gallois comme conteurs. Chez les Français, l’histoire se déroule lentement, terne, incolore, embarrassée de maladroites répétitions, de digressions oiseuses. Chez les Gallois, la narration est vivante, colorée, mettant en relief avec un sûr instinct artistique, les traits de nature à produire un effet pittoresque et romantique. »

Alan-Lee - illustration-from-Peredur-son-of-Efrawg - The-Mabinogion

Cependant, bien que certains passages des Mabinogion soient très anciens, on croit aujourd’hui que certains contes se sont plutôt inspirés des textes français. Anne Berthelot, médiéviste, ira même plus loin en disant que non seulement ils s’en sont inspirés mais qu’en plus, ils n’en ont pas toujours compris le sens.

Les Mabinogion gardent encore aujourd’hui une partie de leurs secrets…

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La littérature arthurienne au XIXe et XXe s. -3/3-

Publié le par Perceval

 
En France, on semble manifester encore de la méfiance envers une tradition littéraire très imprégnée de merveilleux….

Dès la fin du XIXe s. commencent à paraître des versions pour enfants : celle de Sir James Knowles, intitulée The story of King Arthur, publiée en 1862 est probablement la première ; elle dispute ce titre à la version américaine de Sidney Lanier, The Boys’ King Arthur, parue à New York en 1880.

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Le-Roi-Arthur  Livre-Rose pour-la-jeunesse Larousse

Le-Roi-Arthur Livre-Rose pour-la-jeunesse Larousse

King-Arthur His-Knights 1923

 

A signaler enfin, la réécriture burlesque de l’auteur-illustrateur américain Howard Pyle, King Arthur and his Noble Knights, une version en quatre volumes commencée en 1903. Les jeunes Anglo-saxons sont donc baignés très tôt dans un imaginaire arthurien qui semble exciter l’imagination d’écrivains talentueux.

En conséquence, les chevaliers arthuriens que nous rencontrons au XXe s. dans la littérature pour la jeunesse en France nous sont bien souvent parvenus via l’Angleterre et les États-Unis.

La première trace d’un roman arthurien pour enfants date approximativement de 1911, où l’on trouve un Roi Arthur dans la collection « Les livres roses pour la jeunesse » des éditions Larousse.

Après la seconde guerre guerre mondiale, quelques versions de romans arthuriens se rattachent encore à l’austère tradition universitaire. C’est le cas, par exemple, du volume signé Jacques Boulenger en 1922, qui sera longtemps réédité dans des collections enfantines, parfois avec des illustrations pleines de fraîcheur, comme c’est le cas en 1948, chez Mame, avec des images d’Albert Uriet, et qui ne brille ni par la fantaisie ni par la légèreté du style

Les-Chevaliers-de-la-Table-ronde - Albert-Uriet

 

LA-JEUNESSE-DE-LANCELOT-DU-LAC 1946


 

Puis, paraissent des versions très allégées, illustrées, remaniées.

Certaines sont de « pures » productions françaises, comme La Grande nuit de Merlin de Samivel publié en 1943 ;

La Jeunesse de Lancelot du Lac, de Noël Dufourt, daté de 1946 ;

Contes et légendes du roi Artus : L’enfance de Merlin de Claude Sylvain parue en 1947 chez Gautier Languereau ;

La Légende de Merlin l’enchanteur, texte du prolifique Jean Sabran publié par les éditions G.P.

En 1951 ; Les Contes de la Table Ronde d’Andrée Deflassieux-Fitreman en 1955 ; Les Chevaliers de la Table Ronde de Clément Borgal en 1961 ; ou encore un Lancelot du Lac adapté par Jacqueline Le Page en 1962.

Mais l’apport décisif à cette renaissance arthurienne dans le livre pour enfants vient du monde anglo-saxon.

 

La littérature arthurienne au XIXe et XXe s. -3/3-

L’album Les Chevaliers de la Table Ronde paru en France en 1957, est une transposition du film de Richard Thorpe, premier film en cinémascope de la MGM ( inspiré lui-même du texte de Malory, popularisé par la version de Steinbeck de 1952) qui connaît un succès international. Cette version évacue tout le merveilleux de la geste arthurienne pour ne retenir qu’un pragmatique question de succession et de pouvoir.

La littérature arthurienne au XIXe et XXe s. -3/3-

A lire, ..!

Le classique arthurien chez l’Atalante: Le Roman du roi Arthur et de ses Chevaliers de la Table Ronde

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La littérature arthurienne au XIXe et XXe s. -2/3-

Publié le par Perceval

Amiens - La galerie des Rois «restaurée» par Viollet-le-Duc entre 1849 et 1861

Amiens - La galerie des Rois «restaurée» par Viollet-le-Duc entre 1849 et 1861

Edition de 1927 de Tristan et Iseult par Joseph Bedier

Joseph Bédier, à travers une édition du Roman de Tristan et Iseut destinée au grand public en 1900, fait timidement entrer l’héritage arthurien au sein de la littérature française… Ce fut le début d’un grand moment bédiériste de la traduction de l’ancien français… Aussi, sont proposés au grand public : la Légende de Guillaume d’Orange, et les Lais de Marie de France, transposés par aul Tuffrau.

Une nouvelle rédaction des Romans de la Table Ronde, par Jacques Boulenger qui a su conserver toute la saveur d’autrefois, avec des paragraphes plus courts, des phrases plus nerveuses, une allure plus vivante …

 

Albert Béguin propose une traduction de la Queste del Saint Graal, admirable de pudeur et de justesse, complétée dans le même esprit vingt ans plus tard par Yves Bonnefoy.

De très nombreux auteurs, de Péguy à Cocteau en passant par Aragon, Benoit ou Barrès ( Un jardin de l’Oronte) ont placé leurs écrits sous le signe du Moyen Âge, que ce soit d’un point de vue esthétique ou politique, marquant ainsi une nette rupture avec la méfiance, voire l’hostilité, qui caractérisait souvent les relations avec cette période depuis les Lumières ...

En 1918 paraissait: ''Très plaisante et recreative hystoire de Perceval le Galloys jadis chevallier de la Table Ronde lequel acheva les adventures de Sainct Graal, au temps du noble Roy Arthus '' publié par Guillaume Apollinaire (1880-1918). Tiré de la ''Tres plaisante et recreative hystoire de Perceval le Galloys (éd. De 1530) ''

La couverture reprend la gravure de Perceval à cheval de Galliot du Pré.

Signé par Guillaume Apollinaire, ce remaniement est en réalité du à Blaise Cendrars. C’est un habile montage des aventures de Perceval, à l’exclusion de tout ce qui concerne Gauvain, Caradoc et les autres personnages secondaires du texte original.

Élodie Bouédec - pour L'Enchanteur de Barjavel

René Barjavel a donné sa propre version romancée des amours de Viviane et Merlin dans son roman L’Enchanteur en 1984.

On y retrouve de nombreux personnages tels que le roi Arthur et son épouse Guenièvre, Lancelot du Lac, Galaad et Perceval…

 

Cocteau-chevaliers-

Livre Édition Gallimard – 1941

Jean Marais, en chevalier

Notre époque ne craint pas de faire subir au mythe du Graal une sorte d’ « inversion maligne », pour reprendre un terme cher à Michel Tournier. Ainsi, dans la pièce de Cocteau Les Chevaliers de la Table ronde, le Graal devient maléfique, c’est lui qui rend « gaste » le pays. Julien Gracq lui aussi inverse le sens du mythe, faisant couler dans le vase sacré le sang impur d’Amfortas. On pourrait citer aussi le cas d’Italo Calvino qui, dans Le Château des destins croisés, se sert des tarots comme d’une simple « machine narrative combinatoire » pour engendrer une fiction littéraire et où le mythe du Graal est utilisé pour ruiner l’ésotérisme de la légende.

Les chevaliers de la Table Ronde ( 1953 ) de Richard Thorpe 
La littérature arthurienne au XIXe et XXe s. -2/3-

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La littérature arthurienne au XIXe et XXe s. -1/3-

Publié le par Perceval

Quittons le XVIIIe siècle, pour retrouver la Légende Arthurienne ....
 
Walter Scott ( 1771-1832)

 

Ivanhoe - Sir-Walter-Scott et Arthur-Sullivan - Opera

Ce retour littéraire commence au XIXe s. avec George Ellis qui publie des versions modernes des romans de Merlin et la Morte d’Arthur (1811) . Au même moment, Walter Scott (1771-1832) , célèbre pour ses romans historiques, obtient un réel succès avec Ivanhoé paru en décembre 1819.

Lord Alfred Tennyson (1809-1892)

Alfred Tennyson ressuscite les légendes arthuriennes, après plusieurs siècles d’abandon littéraire, et remémore le personnage d’Arthur à l’imaginaire de l’époque victorienne.

Ce grand projet se réalise en 1832 avec La Dame de Shalott. D’autres poèmes suivent : Sir Lancelot et la reine Guenièvre, sa propre Morte d’Arthur , et Sir Galahad, première apparition en version imprimée en 1842. Enfin, son travail s’achève avec Idylles du roi, commencé en 1855, et publié en 1859. La reine Victoria, elle-même, est enthousiaste. On dit souvent que Tennyson s’est inspiré, pour sa vision d’Arthur, d’une image idéalisée du Prince consort Albert… En 1847, il a été décidé que la Queen Victoria’s Robing Room de Westminster serait décorée de fresques arthuriennes par William Dyce.

Royal_Robing_Room, Palace_of_Westminster

Suivant l’exemple de Tennyson, de nombreuses autres oeuvres inspirées par la légende arthurienne suivent.

Entre 1837 et 1849, Lady Charlotte Guest traduit et produit en sept éditions une traduction du Mabinogion de l’ancien gallois.

Lady Charlotte-Guest

1910

Le Mabinogion comprend quatre récits médiévaux, écrits en moyen gallois (gallois du XIIe siècle au XVIe siècle), qui font référence à la mythologie celtique de l'Antiquité.

Dans le Mabinogion,  au premier conte, Pwyll aperçoit sur la colline de sa résidence royale de Narberth, une cavalière inconnue....

 

Rhiannon: avatar d’une divinité celtique féminine

Lord Lytton compose une histoire presque burlesque d’Arthur et de ses chevaliers, explorateurs en Suisse, puis dans l’Arctique, appelé simplement Roi Arthur (en 1848).

William Morris écrit un poème romantique La défense de Guenièvre , et Algernon Charles Swinburne compose un poème Tristram de Lyonesse .

Matthew Arnold publie en 1852 :Tristram et Iseult.

Quand le 19ème siècle a pris fin, les légendes arthuriennes étaient partout, et elles avaient touché – de par son passé – le cœur de la nation anglaise…

Au cours de la première guerre mondiale, le poète anglais Wilfred Owen voit les chevaliers d’Arthur tomber autour de lui sur les champs de bataille du front occidental.

John William Waterhouse, The Lady of Shalott 1888

Les peintres préraphaélites, notamment Dante Gabriel Rossetti, Edward Burne-Jones, William Holman Hunt, John Everett Millais ou William Morris, réalisent à la fin du XIXe siècle des œuvres dont l’intensité, l’émotion et la grâce accompagnent admirablement les scènes intimes et épiques des romans de Chrétien de Troyes et de ses successeurs .

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