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experience chretienne

Le mariage ... la filiation, et la nature ...

Publié le par Perceval

Cette histoire de « mariage ... », - qui fera date (*)- me permet de réfléchir sur la filiation et sur la venue d'un petit-d'homme (ou femme). ( articles La Croix du 11/02 )logo-famille.jpg

(*), je ne pense pas que la décision du « mariage pour tous », sera tenue pour être un réel changement ( encore moins de société.. ! ), par contre, elle fera date pour être le moment où nous prenons conscience de la légitime existence de situations familiales différentes du couple symbolique  ( un homme et une femme : et, pour la vie )....

Devenir parents sollicitent, aujourd'hui et demain encore: -la volonté de parents et, -la nature... De tous temps la filiation est naturelle par la mère, et beaucoup moins par le père ; ensuite les coutumes et la loi font le reste. Aujourd'hui, la biologie permet sans doute d'aller un peu plus loin dans les arrangements « curieux », et la Bible, comme l'histoire en sont déjà pleins !

homme-en-chair.jpgDire qu'aujourd'hui ( et seulement aujourd'hui..?) : « on en revient finalement à une conception dualiste de l’homme opposant un principe spirituel noble (la volonté) et le corps confondu avec du matériel génétique à disposition. » Damien Le Guay, philosophe dans La Croix du 11/02, ne me paraît pas être une caractéristique du « mariage pour tous », mais une facheuse tendance qu'a l'humain de se prendre et se rêver pour son propre créateur ( et donc sa propre origine ...)

Gn02-Dieu_creant-l-humain-homme-et-femme.jpgAvec cette loi : l'enfant sera t-il davantage perçu comme un dû, alors qu'il est un don ? Non ! Rien à voir : cette faculté de considérer l'humain comme don est propre à une manière de considérer la vie, et ne tient pas à la considération d'un texte juridique … !

« La logique irrésistible de l’égalité refuse toutes les formes d’assignations, à résidence, à corps ou à identité...(...)  Le droit doit les corriger, les réparer. » Le droit devra t-il forcer la nature ?

Sérieusement … Le droit pourrait-il, par exemple, me désigner ( hors ma volonté) comme « Femme » ? ! Idiot... non ? Par contre le « droit canon » pourrait permettre à une femme ( qui le désirerait ) d'être ordonnée … non ?

Cette argumentation basée sur l'exigence absurde d'une égalité 'impossible', ne me semble avoir aucun sens … Personne ne souhaiterait supprimer cette magnifique dualité homme - femme !!!

Stephan_Sinding_-_Un_homme_et_une_femme.jpgLa féminité et la masculinité, sont Essentiels à l'épanouissement de l'humain non seulement au travers de sa sexualité, mais dans toutes les composantes de notre vivre ensemble ( et l'Eglise en est encore un très mauvais exemple ..!)

 

Le christianisme relativise les liens familiaux.. Luc 2,49, et la situation même de Jésus …

- D'autre part, malgré certaines tendances fâcheuses passées ( et qui laisse encore des traces aujourd'hui ..), le christianisme ne dissocie pas « corps et âme ».. ! Elle valorise l'incarnation... Dieu s'est fait « chair »... cerveau-homme-femme.jpg« Croire que Dieu s’est fait chair,développe Sœur Véronique Margron, c’est affirmer qu’on ne peut, par des arguties de vocabulaire ou des procédures techniques, faire fi du corps, ou simplement le réduire à un objet neutre. Le corps, pétri de chair, d’histoire, de mémoire, de sentiments, nous résiste. Et en même temps, croire à l’Incarnation, c’est croire que la Parole s’est faite chair, c’est affirmer le poids de la parole. Le corps n’a de sens humain que par la parole de reconnaissance qui est aussi reconnaissance de la filiation. »

- Ensuite : pour moi chrétien, la vie est un don, et je ne suis pas ma propre origine … Il nous faut « accepter » nos limites, là et ailleurs …

Cette anthropologie chrétienne et sans-doute humaniste, pour moi n'est en rien contradictoire avec le fait de reconnaître par la loi, que la famille peut aujourd'hui présenter plusieurs visages …

 

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Quel est le sens de cette "histoire" ?

Publié le par Perceval

Je parcours ici l'histoire des jésuites, entre autres, et soudain … une question menace mon intérêt pour de telles choses..! emoticones-face-a-la-question.jpgQuel sens - autre qu'une curiosité intellectuelle - peut avoir une telle plongée dans le passé ? Là, je réponds facilement : l'intérêt de comprendre la construction d'un « système » – ici la pensée ignatienne – y voir une cohérence dans la suite des événements... Mais, plus généralement : l'Histoire a t-elle un sens .. ?

 

Au cœur de cette question : la liberté de l'humain. C'est la lecture et l'engagement de l’humain dans les faits historiques ou actuels qui donnent du sens . Mais, au final, y voit-on un sens ?

Deux textes de la Bible, permettent d'enrichir cette interrogation.

l-histoire-de-Joseph.jpg

Tout commence par une grave crise autour de Joseph, fils favori de son père et haï par ses frères, crise qui se complexifie à mesure que les protagonistes lui cherchent une issue…

Alors que Joseph est jeté dans la citerne dépouillé de sa tunique, ses frères le donnent pour mort à leur père. Mais lorsque la famine amène les dix fils de Jacob en Égypte devant Joseph, le lecteur se rend compte que ce qui s’est passé vingt ans avant va connaître de nouveaux rebondissements. La tension monte dès lors d’un seul coup, d’autant que Joseph n’est pas reconnu par ses frères....

Les douze fils de Jacob deviennent les ancêtres des douze tribus d’Israël.

Il est intéressante de s'y référer, puisque la Bible est une Parole, une interprétation de l'Histoire, et elle fournit quelques clés, au propre sens de sa lecture ...

- Joseph est jeté dans une citerne par ses frères ( chap 37 ), et laissé pour mort : quel sens cela a t-il pour lui ? S'arrêtera t-il au constat de la méchanceté de ses frères... ? Des années plus-tard ( chap 50),ce geste aura pris une autre signification : Joseph parle et s'adresse à eux«  ne craignez point. Suis-je en effet à la place de Dieu ? Vous avez voulu me faire du mal, Dieu a voulu en faire du bien : conserver la vie à un peuple nombreux comme cela se réalise aujourd'hui. » Gen 50, 20

Le sens de l 'événement s'est enrichi parce que les protagonistes ont enrichi – eux-mêmes – cette histoire… Tant que l'histoire n'est pas achevée le sens des événements n'est jamais clos …


Saint-Paul-prechant.-Joseph-Benoit-Suvee.-XVIII-copie-1.jpg
Saint Paul prêchant. Joseph-Benoît Suvée. XVIIIe

- Saint Paul réfléchit à ce mystère que, la grande majorité de ses frères juifs ne se sont pas convertis … Quel sens cela peut-il avoir ? Paul relit cette actualité : Épître aux Romains, chap 11 : Dieu corrige ou bénit les païens par les juifs et vive versa … Il les sauve les uns par les autres … Ce refus de croire au Christ n'est pas le dernier mot du dessein de Dieu … Il ne faut pas juger l'incroyance des juifs... etc...

- Et aujourd'hui ? Notre actualité a invité les catholiques à réagir sur le «  Mariage pour tous »...

Quel est, à nos yeux chrétiens, le sens de cet événement …

 

Au-delà du texte politique, cette proposition de loi peut nous entraîner à une « conversion » sur notre façon de vivre et faire de la politique .

  • Nous devons faire de la politique « autrement », nous écarter des manœuvres politiques et témoigner de notre recherche de la « vérité ». Refuser la violence, le mensonge, la manipulation des esprits...des-enfants-manifestent-contre-le-mariage.jpg

  • Nous devons changer notre regard sur les partisans et sur les opposants à une telle loi : ils ne sont pas nos ennemis … Nous n'avons pas d'ennemis …

  • Nous devons nous convertir à ceux qui sont concernés, et parfois blessés : les homosexuels qui ont l'occasion de nous parler : écoutons-les, soyons attentifs. Comment leur accorder une place … ?

Cet événement, nous pousse à la conversion … nous pousse à la prière … parce que les libertés humaines ne sont pas les seules à faire l'histoire ; la liberté de Dieu y est engagée depuis toujours et nous le prions de nous libérer de tout mal, à commencer par nous libérer du mal qui nous habite …

Le sens de l'Histoire ne devrait-il pas – pour un chrétien – correspondre à cette volonté divine que tous soient sauvés... ?

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Maximes et épitaphes: Martinus von Biberach, Luther, Silesius

Publié le par Perceval

Je reprends là, l’excellente idée - de "Orion" ( voir commentaires ICI ) - de rapprocher deux maximes :

Celle de Maître Martinus von Biberach (mort en 1498), il était un théologien catholique allemand du XVè siècle de Heilbronn, dans le Bade-Wurtemberg (Allemagne) : 

"Prie car tout dépend de Dieu, mais agis comme si tout dépendait de toi" 

A comparer avec celle d'Hevenesi, ( j'en avais parlé ici ( http://perceval.over-blog.net/article-le-lacher-prise--41085735.html ) : 

"Crois en Dieu comme si le cours des choses dépendait de toi, en rien de Dieu ; cependant mets tout en oeuvre comme si rien ne devait être fait par toi, et tout de Dieu seul "

 Elle semble paradoxale et elle est peut-être plus complète que celle de Martinus ... mais c'est purement spéculatif...

 *****

Ferenczy-Ka-roly-Patak-II.jpg
Ferenczy Károly-Patak II

De même, ' Orion ' propose de comparer les épitaphes suivantes :

  • celle de Martinus von Biberach sur sa tombe :

"Je vis, et je ne sais pas pour combien de temps,
Je meurs et je ne sais pas quand,
Je m'en vais, et je ne sais pas où,
Je m'étonne d'être joyeux."

  • et celle de Luther, avec son approche personnaliste, qui fait une contre-version :

"Si je vis autant de temps que Dieu le veut,
Si je meurs quand et comment Dieu le veut,
Si, m'en allant,  je sais certainement où,
Est-ce qu'alors, je serais triste?."

«  Moi, je préfère le réalisme poétique de Martinus (où nous sommes face au mystère) à la fantaisie Lutherienne (où le moi a une explication à tout). » précise Orion ...

 

Il est intéressant, également d'ajouter celles de : 

Ferenczy Károly-Dombtetőn
Ferenczy Károly-Dombtetőn

 

 

Angelus Silesius (1624-1677) (de son vrai nom Johannes Scheffler) est né en Silésie dans une famille de la noblesse luthérienne.

Je viens, je ne sais pas d'où,

Je vais, je ne sais pas où,

Je suis, je ne sais pas qui,

Je meurs, je ne sais pas quand,

Cela m'étonne d'être joyeux.

 

 

 

 A propos d'Angelus Silesius, on peut rappeler cet extrait du Pélerin chérubinique : 

La rose est sans pourquoi,

elle fleurit parce qu'elle fleurit,

elle ne se soucie pas d'elle-même,

elle ne se demande pas si on la voit.

 

Hans Thoma (1839-1924) peintre allemand

Hans-Thoma-Adam-and-Eve.jpg
Adam et Eve , de Hans Thoma.

Je suis, je ne sais pas qui,

je viens, je ne sais pas d'où,

Je vais, je ne sais pas où,

Je sais seulement que je Lui appartiens.

Comme mon être m'est si inconnu, je le mets confiant dans la main de Dieu.

 

 

 



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1513 : Luther ou Ignace de Loyola ?

Publié le par Perceval

En 1513 ( il y a cinq cents ans ), je ne peux pas être conscient de la déchirure de la chrétienté qui va intervenir...

Autun St Lazare chapiteau 19aEn 1513, je suis conscient que mon Église, n'est pas « à la hauteur » ! Les abus du clergé sont certes disciplinaires, mais aussi pastoraux et doctrinaux. Souvent, les charges ecclésiastiques sont des gratifications, elles se cumulent...
Les clercs, sont peu formés, ils ne satisfont les fidèles que dans le domaine du « faire ». Ils bénissent les rites de passage, célèbrent des messes, encadrent et ratifient une religion flamboyante … mais , ils ne « spiritualisent » pas leurs interventions ( l’Évangile est loin …) et ne savent pas rassurer face aux angoisses eschatologiques ( c'est l'époque …).

Je prends conscience – en même temps - du statut privilégié du clergé, et de ma possibilité d'atteindre la parole de dieu par mes propres moyens ( l'imprimerie, la lecture de «  L'Imitation de Jésus-Christ, ….). Érasme (1469-1536) , m'enseigne que j'ai deux armes pour réussir mon salut : la prière et la Bible...

Cependant, l’Église est vigoureuse, elle a vaincu toutes les hérésies, et personne n'envisage de la quitter. Ni les humanistes, ni Luther qui réclame un débat en son sein, ne tournent le dos à l’Église.

 cranach_gesetz_und_gnade_gotha--1-.jpg

Luther ( 1483-1546) est tenaillé par la question du salut. Il choisit d'entrer chez les ermites de saint-Augustin, dans un couvent réputé pour sa sévérité. Il est prêtre en 1506, puis étudie la théologie ( Wittenberg ) ; il devient docteur, et professeur....martin-luther-moine

En 1515, comme lui, je désespère d'être profondément « ajusté » à Dieu, je ne puis vivre sans chuter dans le péché... ! De plus, je me sens incapable d'accomplir les œuvres nécessaires à mon salut... En lisant et relisant saint-Paul, je prends conscience que je puis être pécheur et juste … Pécheur, parce que la tentation demeure en moi, et juste parce que Dieu m'illumine de la foi, et me fait bénéficier ( même si je n'en suis pas digne ) de sa justice … C'est une illumination ! Les sacrements sont secondaires, et les œuvres ( et d'autant plus les indulgences...) ne sont nullement salvatrices ( en elles-mêmes).

 

Ignace-de-Loyola-8.jpgCe n’est plus vers la Jérusalem rêvée qu’Ignace de Loyola (1491-1556) et ses compagnons se dirigent, mais c’est vers Rome... Le pape a refusé leur départ.. ! Et c’est à Rome qu’Ignace vivra jusqu’à sa mort en 1556.

Avec Ignace de Loyola, je m'interroge sur les orientations que doivent prendre ma vie. Ce n'est parfois, pas ce que prévoyais … Je reçois des « confirmations », je discerne... Comme Luther, comme Ignace, je reviens sur mes questions sur la contrition. Luther lui rejette l'extériorité du sacrement, pour s'en remettre dans une foi confiante dans la Parole... Comme Ignace je découvre à présent le principe de l'intériorité chrétienne... Spi-Ignat.jpgBien sûr, il y a « la Grâce », mais si cette grâce ne se coule pas dans les éléments de la vie humaine, vie spirituelle « encadrée » ( de représentations, d'images, de pensées, de réflexions..) et conduite par la volonté et l'affectivité ( avec méthode...) , alors Elle ne sert à rien ! Cet accompagnement pour que cette Grâce soit humainement traduisible va devenir la méthode jésuite.



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Les Papes… au temps d'Ignace de Loyola (1491-1556) -3-

Publié le par Perceval

Clément VII (1478-1534), pape de 1523-1534. Fils illégitime de Julien de Médicis et de sa dernière maîtresse, Fioretta Gorini, Jules de Médicis est le neveu de Laurent le Magnifique, et donc cousin du pape Léon X qui le légitimeront. Durant son pontificat, il s'opposa au roi d'Espagne et empereur germanique Charles Quint et au roi d'Angleterre Henri VIII. Clément VII est avant tout un politique peu préoccupé de théologie.

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15 août 1534 - Vœux à Montmartre d’Ignace de Loyola et de ses compagnons.

« Le sac de Rome » En réaction de l'alliance groupée contre lui, Charles-Quint favorise l'agitation de la noblesse romaine, groupée autour des Colonna, dont les troupes envahissent Rome par surprise le20 septembre 1526 et pillent la basilique Saint-Pierre. Deux ans plus tard, pape et empereur finissent par s'accorder. Un traité est signé à Barcelonele 24 juin 1529. Charles Quint est couronné solennellement par Clément VII à Bologne le24 février 1530.

Clément VII fut un pape mécène... Clément VII enrichit la bibliothèque vaticane, poursuit la construction de la basilique Saint-Pierre et il fait terminer les travaux de la cour de San Damaso et de la villa Madama. Il charge Michel-Ange de représenter le Jugement dernier dans la chapelle Sixtine, travaux qu'il suit personnellement. Il commente et fait publier toutes les œuvres d'Hippocrate Il approuve l'œuvre de Nicolas Copernic et veut la voir publier.

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Clement VII avec Charles V de Giorgio Vasari

On peut évoquer à son actif la protection qu'il assura aux juifs et sa condamnation des conversions forcées dans le Nouveau Monde. Face au protestantisme il n'eut aucune réaction et c'est son successeur, Paul III, initiateur du Concile de Trente, qui entamera une réforme de l'Église et du dogme.

 

Paul III (1468-1549), pape de 1534-1549.

Avec son soutien est créée la compagnie de Jésus (jésuites), dont l'un des membres est son représentant au concile de Trente (dit aussi « concile de la Contre-Réforme catholique ») qu'il convoqua.

On lui doit également la condamnation officielle de l'esclavage par l'Église catholique en 1537.

Le 20 septembre 1493, à peine âgé de 25 ans, il fut élevé au rang de cardinal-diacre de SS. Côme et Damien par Alexandre VI. Certains ne laissent pas échapper l'occasion d'ironiser sur la rapide consécration et surnomment Alexandre Farnèse, il cardinale della Gonnella, avec une allusion évidente aux gains obtenus par les faveurs de sa sœur Giulia Farnèse, maîtresse d'Alexandre VI...

portrait-presume-realise-par-Raphael-de-Giulia-Farnes.jpg portrait-presume-realise-par-Luca-Longhi-de-Giulia-Farn.jpg

Giulia Farnèse (né à Canino en 1474, morte à Rome le 23 mars 1524) est une femme d'une extraordinaire beauté qui provoqua une telle fascination que ses contemporains la surnommèrent Giulia la Bella.

Elle fut une des maîtresses ( elle avait 15 ans et lui 58 ans ) du pape Alexandre VI ( 1431-1503) pape de 1492 à 1503. Il fut le père de six enfants reconnus. Népotisme et scandales choquent ses contemporains, et ce malgré les remontrances du frère Jérôme Savonarole. Sans scrupules, ni remords, Alexandre VI fait face : Savonarole est arrêté, torturé et exécuté le 23 mai 1498.

Portrait présumé réalisé par Raphaël de Giulia Farnèse Portrait présumé réalisé par Luca Longhi de Giulia Farnèse Giulia Farnèse meurt pour une raison inconnue à l'âge de 50 ans. Dix ans après, son frère accède au trône de Saint-Pierre avec le nom de Paul III.

L’élévation au cardinalat de ses petits-fils, Alessandro Farnese, âgé de quatorze ans, et Guido Ascanio Sforza, âgé de seize, déplurent au parti de la réforme et entraînèrent les protestations de l’empereur... 

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Portrait du Pape Paul III, et ses petits fils  - Titian, 1546

Dans la querelle permanente entre François Ier et Charles-Quint, Paul III garda une stricte neutralité, bien que Charles le pressât de soutenir l’Empire et de soumettre François aux censures de l’Église...

*****

... Ce qu'il faut chercher à comprendre :

* comment Ignace de Loyola ( 1491-1556) gentilhomme basque puis prêtre, dans sa recherche du Vrai, peut-il faite allégeance et se mettre au service d'une personnalité comme Paul III ( ni pire, ni meilleur que ses prédécesseurs...) ?

** De lui, ou de son contemporain Martin Luther ( 1483-1546) moine et théologien allemand, lequel des deux peut retirer de son engagement ( à l'opposé ...! ) plus grande «  gloire » .. ?

«  Si Luther enleva à Rome deux millions de chrétiens, Ignace de Loyola lui en donna dix »... Ce n'est bien sûr pas dans 'ce sens' que je pose la question … !

Nous en reparlerons ….

 

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Les Papes… au temps d'Ignace de Loyola (1491-1556) -2-

Publié le par Perceval

suite de l'article précédent: 

Jules II ( 1443-1513), pape de 1503-1513 :

Jules-II-examine-les-plans-de-la-basilique-st-Pierre-Horace.jpg
Jules II examine les plans de la basilique St-Pierre  / par Horace Vernet 1833

Préoccupé de l'équilibre des puissances en Italie, ce diplomate retors élimina tour à tour César Borgia, les Vénitiens puis les Français de la Romagne et du Milanais, accroissant simultanément le territoire des États pontificaux. Sous son pontificat, Jules II convoqua le Ve concile du Latran, créa la Garde suisse en 1505, posa la première pierre de l'actuelle basilique Saint-Pierre de Rome commencée par Bramante, qu'acheva son successeur Léon X. Il protégea surtout Michel-Ange, auquel il commanda les grandes fresques de la Sixtine. Martin Luther vint à Rome sous le pontificat de Jules II. Il fut plus tard spécialement choqué par le relâchement moral du clergé romain et par la pratique de la vente des indulgences, utilisées sans retenue pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre.

La nature belliqueuse du pontificat de Jules II était en contradiction avec l’humanisme naissant et fut un des déclencheurs de la Réforme.

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Le pape Léon X avec ses neveux Giulio de Medici et Luigi de Rossi - Raphaël

Léon X (1475-1521), pape de 1513-1521 : Second fils de Laurent le Magnifique et de Clarisse Orsini. Cardinal à 18 ans. Léon X s'avéra un grand protecteur des arts. Il fit travailler pour lui Raphaël. Par ailleurs, il donna au début de son règne des fêtes fastueuses, ce qui eut pour résultat de dilapider la fortune laissée par Jules II. Léon X eut alors recours à la création d'offices et à la dispense d'indulgences, moyen auquel Jules II avait déjà eu recours pour reconstruire la Basilique Saint-Pierre.

Il s'entoure d'amis d'Érasme et paraît ouvert aux idées nouvelles. Martin Luther, en août 1518, lui dédie ses Resolutiones. Jusqu'alors, Léon X ne s'était guère préoccupé de théologie. Néanmoins, Luther était déjà accusé d'hérésie. Léon X lui envoya en octobre un légat apostolique, le cardinal Thomas Cajetan, général des dominicains, à la diète d'Augsbourg. Luther refusa de se rétracter. Conciliant, Léon X poursuivit dans la voie de la diplomatie en chargeant un chevalier allemand, Carl von Militz, de négocier une réconciliation. Ces tentatives de conciliation tenaient davantage de la politique que de la théologie, pour laquelle Léon X n'avait pas grande affinité. De bonne foi, Léon X ne voulait pas de rupture avec Luther. Il revint sur les questions théologiques. Mais entre temps, Luther était devenu le champion de la nation allemande. Le15 juin 1520, Léon X adressa la bulle Exsurge Domine, demandant à Luther de se rétracter. Elle fut brûlée en place publique le soir de Noël.

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Le 03 Janvier 1521: La bulle papale "Decet romanum pontificem" excommunie le réformateur allemand Luther et ses partisans jugés hérétiques. Martin Luther continuera à soutenir sa doctrine devant la Diète de Worms présidée par l'empereur Charles Quint au mois d'Avril. Il ne sera pas condamné à mort mais banni. Grâce à la récente invention de l'imprimerie, dès le jour de son excommunication, des traductions en langues populaires de ses "95 thèses" circulent déjà partout en Europe.

Le 3 janvier 1521, Martin Luther fut excommunié. Léon X mourut peu après cet échec. Il n'avait que 46 ans.

Adrien VI (1459-1523), pape de 1522-1523 : unique pape originaire des Pays-Bas. Par vocation et compétence, Adrien est d’abord un théologien et professeur de théologie. Il passa la plus grande partie de sa vie à l’Université de Louvain. Au conclave, il est élu alors qu'il y est absent. Le soutien de l’empereur Charles-Quint contribua certainement à son élection.

Mais à Rome c’était la consternation. Adrien n’y était pas connu, mais, venant du nord de l’Europe c’était sans nul doute un ‘barbare’, un ennemi, un homme de l’empereur. Le fait qu'il ne fût pas Italien fut très mal accepté et les cardinaux regrettèrent vite leur choix...

Son style de vie, simple, pieux et austère, impressionne d’abord le peuple romain. Il réduit le nombre de ses serviteurs à quatre (de 100 qu’avait son prédécesseur). Il évite les banquets et se contente d’un plat de viande à sa table. Il se lève la nuit pour réciter l’office divin et se relevait à l’aube pour célébrer la messe. Il interdit le port d’armes dans la ville et en expulse les femmes de mauvaise vie. Au lieu de poètes et de bouffons, il s’entoure de pauvres et de malades. L’édification augmente en même temps que l’inquiétude : il est un reproche vivant pour beaucoup.

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Détail du tombeau d'Adrien VI, dans l'église de Santa Maria dell Anima à Rome. Il repose sur son sarcophage, et se tient la tête rendue trop lourde du fait de la tiare ... 

Adrien, théologien classique, est cependant intransigeant sur les questions de doctrine. Luther doit être puni pour ses hérésies et interdit d’enseignement (comme décidé à Worms en 1521). Par ailleurs il est le tout premier pape à reconnaître que les sources de l’hérésie et de l’attraction qu’elle suscite sont à trouver dans le désordre même de la curie romaine et le comportement déréglé de nombreux prélats de l’Église. Lors de son premier consistoire, cinq jours après son arrivée à Rome (1er septembre 1522), il est brutal dans son constat : il faut commencer la réforme par Rome même. Adrien s’attaque vigoureusement aux abus (simonie, cumul des bénéfices, etc.), mais il le fait à coups de décrets et ordonnances sans s’entourer suffisamment de soutiens efficaces. Il ne fait rien pour se concilier les sympathies. Même les cardinaux favorables à la réforme de la curie romaine se tournent contre lui : «Il manque d’égards pour le Sacré Collège». 

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Il y a cinq siècles entre 1500-1550 … au temps d'Ignace de Loyola (1491-1556) -1-

Publié le par Perceval

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Cette carte est un planisphère dessiné en 1500 par l'explorateur et cartographe espagnol Juan de la Cosa.

 

Comment une femme ou un homme du XXIème siècle, peut-elle(il) comprendre les valeurs intériorisées et promues par une certaine « élite » au XVIè , de la gloire, de la guerre, du péché, du Christ-Roi..etc ? Comment un chevalier pouvait-il rêver de se mettre au service de Dieu, en partant délivrer Jérusalem, ou en faisant allégeance au Pape... ? Comment pouvait-on imaginer transmettre la Gloire divine en idéalisant la "colonisation" ?

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Ignace de Loyola se tient à gauche à genoux en hommage au pape, ici Saint Grégoire le Grand, moine, théologien et pape (c. 590-604). François-Xavier (1506-1552), le premier grand missionnaire jésuite, est à  droite. Les deux sont vêtus de l'habit noir simple de l'ordre des jésuites.

Le monde est catholique, et au centre est le Pape. Ignace de Loyola, rêve d'être acteur des glorieux événements qu'annoncent la modernité ; et non plus pour sa propre gloire, mais pour celle de Dieu.

 A mon avis, il n'est pas possible de rendre compte des richesses de l'apport ignatien, sans tenter de comprendre cette époque... Sans être historien, je tente malhabilement, une synthèse potache du début de ce siècle...

C'était il y a, seulement …, cinq cents ans.

  • 1502 : Léonard de Vinci est engagé au service de César Borgia, duc de Romagne et général en chef des armées du pape Alexandre VI, son père.

  • 1508-1513 : Guerre de la Ligue de Cambrai.

La guerre de la Ligue de Cambrai, également connue entre autres sous les noms de guerre de la Sainte Ligue et quatrième guerre d'Italie, est un conflit majeur des Guerres d'Italie. Les principaux protagonistes de cette guerre, qui dure de 1508 à 1516, sont la France, les États pontificaux, et la République de Venise. Au cours du conflit, ils sont rejoints par pratiquement toutes les puissances d'importance d'Europe occidentale, parmi lesquelles l'Espagne, le Saint-Empire romain germanique, le Royaume d'Angleterre, le Royaume d'Écosse, le Duché de Milan, Florence, le Duché de Ferrare, et les Suisses.

Afin de mettre un frein à l'influence vénitienne en Italie septentrionale, le pape Jules II crée la Ligue de Cambrai, une alliance anti-vénitienne l'unissant au roi de France,Louis XII, l'Empereur du Saint Empire Maximilien Ier, et le roi d'Espagne Ferdinand II. Malgré le succès initial de cette Ligue, des désaccords entre le pape et le roi de France provoquent la rupture en 1510 ; Jules II s'allie alors avec Venise contre la France.

 

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Charles Quint 1500-1558

En 1515, une alliance franco-vénitienne vainquit de manière décisive la Sainte Ligue lors de la bataille de Marignan.  

  • Et, c'est le 31 octobre 1517 que Martin Luther placarde ses 95 thèses sur la porte de la chapelle du château de Wittenberg. Il s'agit d'une critique de l'Église et du pape. Les thèses les plus polémiques sont dirigées sur la pratique de la vente des indulgences et la position de l'Église sur le Purgatoire.

Alors que « la Sainte Ligue », repousse les Français hors d'Italie en 1512, Ignace de Loyola a 21ans. Après avoir été page, il sera -en 1517- gentilhomme d'Antonio Manrique, duc de Najera et vice-roi de Navarre. Il sera blessé à Pampelune en 1521.

Il y a cinq cent ans, c'est en observant, à présent, les questions religieuses, avec un regard sur chacun des papes de ce début du XVIème siècle, que nous pouvons imaginer les thèmes d'actualité qui pouvaient interesser Ignace de Loyola.

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Ignace de Loyola -4-

Publié le par Perceval

Saint-Ignace-de-Loyola-portrait-statue.jpgBarcelone, Alcala, Salamanque, enfin (et surtout) Paris jalonnent brillamment la formation intellectuelle de cet étudiant atypique et illustrent ses contacts avec quelques penseurs célèbres, enseignés à cette époque : Albert le Grand, P. Lombard, Érasme… Parallèlement son mode de vie ascétique s'accentue et déjà surgissent les premiers démêlés avec les services de l'Inquisition, simples escarmouches, au cours desquelles Inigo sait se montrer, à la fois, énergique et déférent. Après les études de grammaire au collège Montaigu, c'est à Sainte-Barbe, sous la houlette de Juan de la Peña, qu'il passe, avec succès, sa maîtrise de philosophie; il a quarante ans, il ne lui reste que vingt ans à vivre.

Maître Inigo veut toujours sauver les âmes. Des pratiques ascétiques, de plus en plus rigoureuses, s'avouent comme autant de symptômes de conflits intérieurs mal réglés : agression camouflée en geste de compassion (épisode du voleur de Reims), autopunition corporelle (baisement de sa main qu'il croit atteinte de la peste). C'est aussi l'époque du changement de prénom : celui d'Ignace l'assimilant plus étroitement au martyr d'Antioche.

Ignace-et-ses-compagnons.jpgA Montmartre où, dans une humble chapelle, saint Ignace de Loyola et ses premiers compagnons prononcent leurs vœux : Le 15 août 1534, c’est en somme la fondation des jésuites : Ignace de Loyola est accompagnés de Pierre Favre et François Xavier, Jacques Lainez et Alphonse Salmeron, Bobadilla et Simon Rodriguez qui sont tous savants, décidés, enthousiastes et passionnés par le Christ et son évangile. Il n’ont qu’un seul but, suivre le Christ, et ils formeront la Compagnie de Jésus.

Ils ne savent même pas qu'ils viennent de fonder l'un des plus grands ordres religieux de l'histoire. Ce qu'ils savent, c'est que jamais ils ne seront des moines. Ils ne songent même pas à vivre ensemble. Ils n'ont en tête que de servir. Comment? Ils iront demander au Pape. Pour eux, c'est là la meilleure solution...Après un bref retour à Loyola, puis un projet avorté de nouveau pèlerinage à Jérusalem et malgré quelques épreuves, incompréhensions, controverses, il fonde, avec l'appui du pape Paul III, la Compagnie de Jésus (27 septembre 1540), dont il rédige lui-même les Constitutions.

crois en Dieu
comme si tout le cours des choses dépendait de toi,
en rien de Dieu.

Cependant mets tout en oeuvre en elles,
comme si rien ne devait être fait par toi,
et tout de Dieu seul.

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Propos qu'on attribua à Ignace de Loyola lui-même, mais que l'on doit en fait à Gábor Hevenesi ( Vásárosmiske/Hongrie 1656 - Vienne 1715), jésuite hongrois.  


Suivre le chemin du Christ, à l'école d'Ignace de Loyola ; c'est «  Chercher la présence de Dieu en toutes choses ... » ; cela inclut une relecture du vécu qui permet de prendre en compte sa propre expérience et d'en tirer profit. Reconnaître ses dons, les développer, et accepter ses limites... Ignace est un homme de notre temps : un homme de désir, qui met en avant le destin du « sujet ».

Ignace va mettre par écrit la manière de marcher, de rechercher la volonté de Dieu : ce sont les Exercices Spirituels. Il balise ce sentier de grande randonnée, indique les étapes, les passages et les conditions pour que " ça passe ".

Son originalité a été de dire : l'homme ne trouve pas Dieu seulement dans la prière. Il le trouve aussi dans l'action, dans le service des hommes. Autrement dit, une action peut valoir une prière et exiger la même abnégation. Comme à son époque, nous vivons de grands changements culturels, et cela requiert des outils pour un discernement.

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" Quand nous sacrifions nos intérêt au service de Dieu, Il avance plus nos affaires que nous aurions fait nous-mêmes si nous avions préféré nos intérêts à son service."
Maxime de saint Ignace de Loyola.

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Manifeste pour une Église dans le monde de ce temps

Publié le par Perceval

Ce manifeste émane des membres du Réseau des Forums André-Naud (RFAN) - (théologien québécois André Naud) -, ils cherchent à promouvoir la liberté de pensée et d’expression dans l’Église, notre Institution. Lors de leur dernière assemblée générale tenue le 24 octobre 2012, après un an de travail en commun, ils ont décidé d’adopter leur Manifeste pour une Église dans le monde de ce temps, inspiré par celui des 300 prêtres autrichiens. Ce Manifeste contient quatre souhaits, sept engagements et un grand désir.

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Mise en contexte

Il y a de quoi se décourager et pourtant nous ne le sommes pas. Présentement la douleur du Monde est grande et ses leaders officiels sont capables de s’enfoncer creux dans le mensonge pour ne pas apercevoir sa détresse. Nous ne sommes pas découragés parce qu’ici et là des femmes et des hommes, beaucoup de jeunes, refusent de devenir des morts vivants, des robots « qui font la job. » Un vent de Pentecôte s’est levé, une mouvance se dessine sur tous les continents, un cri surgit du cœur de la Terre : « Sors de ce tombeau! » Les différentes Églises, dont la nôtre, n’y échappent pas : Autriche, France, Etats-Unis, Irlande,… Avec les ans et le « succès », notre Institution a dérapé, elle a quitté le Monde, elle s’est accaparé l’Évangile pour en faire son affaire à elle alors que l’Évangile appartient au Monde. Par le Prophète de Nazareth et cet Évangile, Dieu nous a exprimé ce qu’il veut : une humanité réconciliée.

Texte du Manifeste

Pour nous, membres du Réseau des Forums André-Naud, « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes (et des femmes) de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux (et celles) qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho » dans notre cœur. Ce texte extrait du document conciliaire L’Église dans le monde de ce temps (paragraphe 1) et l’esprit des autres documents de Vatican II, la Parole de Dieu et l’écoute du Peuple de Dieu qu’on appelle le  sensus fidelium nous poussent à une quête de vérité.

 Nous demandons aux premiers responsables de l’Église catholique, dont nous sommes aussi membres par notre baptême, de s’atteler à une urgente et nécessaire reforme ecclésiale qui permettrait aux disciples du Christ de collaborer à l’instauration d’une fraternité universelle dont l’Homme de Nazareth avait fait sa grande préoccupation. Lors de son dernier repas avec les siens, quel message il nous a laissé avec le tablier, le pain et le vin! Par fidélité au Christ, à l’Évangile et à l’institution qui tente de le manifester AUJOURD’HUI, nous nous sentons obligéEs de déclarer à nouveau nos options et nos choix. : n’est-ce pas une loi de la vie que de recommencer?

Nous souhaitons que dans l’Église l’autonomie de l’être humain et l’importance de saconscience soient au centre de nos orientations et de nos décisions d’agir, une conscience de disciple « qui repousse vigoureusement tout juridisme étroit et mesquin qui perdrait de vue le primat de l’amour généreux sur les règles concrètes d’action.[1]» Le Christ ne donne pas un long code de conduite, mais beaucoup d’exemples d’humanité.

Nous souhaitons que l’égalité femme/homme reconnue dans la société civile le soit autant dans notre Institution ecclésiale.

Nous souhaitons que la décentralisation de l’Institution ecclésiale (avec les siècles devenue romaine et gérée par la Curie) se traduise progressivement par une prise en charge de chaque communauté chrétienne par ses membres, selon leurs talents et leur disponibilité.

Nous souhaitons que nos évêques prennent une plus grande liberté face au gouvernement central de notre Institution et une plus grande implication, associés aux laïques, dans les enjeux de notre société québécoise. « Dans l’état actuel des choses et de la législation de l’Église, le pape et les évêques ont le devoir d’être prêts à reconsidérer les règles qui concernent la « juste » liberté  de pensée et d’expression dans l’Église.[2] »

Conséquemment nous nous engageons à réaliser ce qui suit.

1.   Promouvoir partout et en tout temps l’importance de la conscience éclairée de disciple, de l’égalité femme/homme, de la décentralisation dans notre Institution ecclésiale, et de la liberté de pensée et d’expression dans notre Église.

2.   Intervenir sur le terrain pour favoriser l’existence de communautés chrétiennes à taille humaine capables, dans un climat de coresponsabilité, de répondre à leurs propres besoins même dans un contexte de fusion de paroisses (distribution des tâches pastorales, reconnaissance de ministères propres à une communauté, consultation pour le choix du pasteur, célébration de la Parole avec communion, célébration conjugale,…). La liberté d’action évangélisatrice des communautés chrétiennes repose sur la connaissance des personnes, de leurs besoins, de leurs aspirations, de leurs joies et de leurs peines.

3.   Accueillir ouvertement dans leurs différentes situations de couples les personnes séparées réengagées, les personnes homosexuelles, les personnes vivant en union de fait,… qui cheminent dans la communion au Christ à la table eucharistique.

4.   Promouvoir la célébration du pardon de Dieu avec absolution collective.

5.   Inviter des laïques formés de nos communautés à prononcer une homélie.

6.   Promouvoir la réinsertion dans l’exercice du ministère presbytéral des prêtres qui ont quitté le ministère et qui pourraient aujourd’hui être mariés.

7.   Nous exprimer en faveur de l’ordination diaconale des femmes, ainsi que de l’ordination presbytérale de femmes mariées ou célibataires et d’hommes mariés.

Nous désirons poursuivre ce dialogue déjà amorcé avec l’ensemble du Peuple de Dieu et nous invitons nos évêques à se joindre à cette démarche.

 

1. NAUD, André, Le magistère incertain, Fides 1987, p. 250.
2. NAUD, André, Pour une éthique de la parole épiscopale, Fides 2002, p. 24.

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Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Publié le par Perceval


Van-Gogh-bon_samaritain.jpg« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (1)

Phrase paradoxale, parce qu'il s'agit d'un commandement et qu'un commandement en appelle à la volonté et au devoir … , alors que l’amour ne se commande pas. Et que ce «  comme toi-même » est sujet à interprétation :

  • le « toi-même », implique qu'il n'est pas nécessaire qu'il y ait réciprocité. Aime, un point c'est tout … et « sans garantie quant à la réaction d’autrui … susceptible en effet de confondre cette bonté avec une faiblesse et d’en profiter.( par exemple ...)»Catherine Chalier dans Levinas, l’utopie de l’humain (Albin Michel)

  • L'amour peut-il se conjuguer au futur ?

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Plutôt que d'Amour, ne pourrait-on pas parler ( en baissant l'intensité passionnelle du mot … ! ) , d'altruisme, ou de compassion ?

foule_by_silva.png«  l’altruisme fonctionne dans une logique du bonheur partagé ; il montre que nous sommes profondément, intimement liés aux autres, et que notre bien-être dépend de celui d’autrui » le psychologue Jacques Lecomte

La psychologie ( Jacques Lecomte) pourrait affirmer que « nous sommes prédisposés pour aimer », que « les fondements de la bonté et de l’amour pèsent davantage que ceux de la violence et de la haine ». La guerre serait le fruit de la peur, l'amour serait le seul réel intérêt de l'espèce …

Aimer l'autre, n'est pas un précepte religieux ; il est universel et moral... parce que c'est de notre propre intérêt … ! Ensuite, on « aime » parce qu'on a été aimé ; et le mode d'emploi est-il, vraiment, utile... ?

*****

Chagall-9.Crucifixion.jpg« Prochain » et « lointain », nous sommes tous proches par notre « fraternelle » humanité ; et ce qui – peut-être – rend ce commandement acceptable, c'est que, chrétien, nous « croyons » que Dieu nous aime, en premier … Notre seule référence , c'est l'Amour divin, ( à mon avis …) et non pas l'amour conjugal, ou l'amour maternel...etc ( Il s'agit d'un amour dégagé de tout intérêt )

L'Agapé, serait cet amour « spirituel »

L'Eros, lui fait la part à l'amour humain, l'amour choisi, et il ne s'agit pas ici de le réduire à l'amour des corps ...



L'amour du prochain (l'Agapé), est-il humainement réel... ? L'amour des « lointains », de tous les hommes, de ceux qui nous veulent du mal ...etc ?

Sur le futur : «  Tu aimeras » ; celui-ci n'indique t-il pas, qu'au lieu d'une obligation ; il s'agit de prendre en compte le temps, l'expérience...et alors seulement .., tu pourras reconnaître que «  toi-même » tu es aimé, ou que tu aspires à être aimé … et de même, aimer toute autre créature ...


(1) : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et avec toutes tes forces et tu aimeras ton prochain comme toi-même.”

Mt 22, 37-40 et 12, 29-31, qui lie Deutéronome, 6,5 et Lévitique, 19,18

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