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Sur la route Richard Coeur de Lion : Lastours, – 5/ -

Publié le par Perceval

Sur la route Richard Coeur de Lion : Lastours, – 5/ -

La famille des Lastours à travers le Moyen-age.

La lignée des Lastours trouve son origine, d'après les chroniques de Geoffroy de Vigeois durant la seconde moitié du Xème siècle, avec un certain Gulferius de Lastours. Celui-ci reste l'ascendant des Lastours le plus ancien.

A la fin du Xème siècle, les Lastours font déjà partie de la haute aristocratie limousine. Ils assoiront cette place privilégiée parmi les princes et nobles de la région en mettant en place une politique d'alliances matrimoniales avantageuses avec les familles de haut lignage durant les siècles suivant.

Durant les décennies suivantes, le lignage des Lastours est bien ancré dans le paysage nobiliaire limousin. Ils sont clairement parmi les personnages les plus importants de la région, ce qui les oppose régulièrement et violemment aux vicomtes de Limoges, qui voient en eux des vassaux quelque peu envahissants.

A partir de la fin du XIème siècle, la famille fait parler d'elle à l'occasion de faits d'armes. En effet, la présence parmi elle du héros de la première croisade Gouffier de Lastours ajoute encore à son prestige.

Seigneur d'une très grande châtellenie incluant Nexon, Golfier de Lastours, à la tête du contingent limousin, part en 1095 pour la 1ère croisade. Vainqueur à Antioche (1097) et Marrah (1098), il rentre couvert de gloire après la prise de Jérusalem(1098). Après sa mort à Pompadour en 1126, son corps aurait été transféré d'après la légende, d'Arnac au Chalard, auprès de son ami Saint Geoffroy. Un de ses hauts faits contés dans la Chanson d'Antioche relate la délivrance d'un lion étouffé par un serpent dans le désert. Le fauve suivit dès lors le ''Chevalier au lion'' comme un chien mais, ne pouvant embarquer avec lui pour la France, il chercha à le suivre à la nage et … se noya.

Les ''Lastours'' se distingueront aussi sur les champs de bataille, notamment en 1177 à Malemort, où les limousins mettront en déroute les routiers du fils du roi d'Angleterre : Richard, duc d'aquitaine qui sera dit dit "Coeur de Lion".

Durant cette période, les donations à des établissements religieux tels que abbayes ou églises seront aussi très nombreuses. La famille des Lastours acquiert donc par ce biais une forme de prestige autre que militaire, le prestige donné par une dévotion affichée ouvertement, à une époque où cela est essentiel.

Les tensions avec les vicomtes de Limoges sont toujours aussi vives, ponctuées tout de même de "réconciliations", d'alliances et de traités, et ce jusqu'en 1210.

Durant la première moitie du XIIIème siècle, les querelles de légitimité et d'héritage au sein de la famille auront raison de la stabilité de celle-ci. Il s'avère que le nombre important de branches issues de la ligné originelle mènera au morcellement des terres et des domaines. Cela s'explique par le fait que les représentants des branches indirects mais légitimes vont chacun revendiquer, et obtenir, leur émancipation assortie d'une donation de parcelle territoriale.

Par son mariage, vers 1290, Agnès de Lastours apporte le château en dot à Guy de Champagne. En 1354, Gouffier, frère d'Agnès, nomme comme héritier principal son neveu, Geoffroi de Champagne. Il se verra par ailleurs contraint par les clauses du testament de son oncle à prendre le nom et les armes des "de Lastours" afin que ceux-ci ne disparaissent tout simplement pas.

Durant encore près d'un siècle, la seigneurie vivra au rythme des divisions entre frères, neveux et cousins engendrés par les trop nombreux membres de la famille.

Les Lastours combattent sous les couleurs française durant la guerre de cent ans et le Roi leur octroi de ce fait une place de choix dans le Limousin reconquit. Un certains Jean de Lastours devient en 1452 conseiller du roi Charles VII, preuve que les Lastours reprennent peu à peu une grande place parmi la Noblesse de la région.

Suivront ensuite parmi les Lastours des chambellans à la Cour de France, Gentilshommes de l'ordre de la chambre du Roi, ou encore sénéchaux et gouverneurs du Limousin.

Ces distinctions et hautes charges au sein du royaume permettront aux Lastours de revenir sur le devant de la scène en tant que Barons. A partir de la deuxième moitie du XVème siècle, ils reconstituent avec peine leur seigneurie morcelée durant les siècles précédents, reconstruisent leur château à l'aube du XVIème siècle et redeviennent la grande famille limousine de leurs débuts.

Le château.

Du Xème siècle au XIIIème siècle, le domaine se résumait à des mottes défensives. Le père fondateur du lignage, vers l'an mil, est Gui de Lastours, dit " le Noir '' : les trois châteaux (mottes de terre surmontées de tours en bois) implantés dans la " cuvette " de Lastours, ont dû être édifiés à partir de cette date.

Puis, un donjon roman fut édifié pour améliorer les défenses de la place et enfin, du XIVème siècle au XVIème, les infrastructures évoluèrent en un château fort limousin.

Mais, vers la fin du XVIIIème siècle, à la suite de la Révolution, le château devint une carrière de pierres...

Et, heureusement, à partir des années 1970, des passionnés, à force de travail, offrirent une seconde vie pour le château.

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Le Chalard -4/.-

Publié le par Perceval

Sur la route Richard Coeur de Lion :  Le Chalard -4/.-

 Le village du Chalard est né d'un prieuré fondé par Saint Geoffroy à la fin du XIe s.

La Vita Beati Gaufredi, reprend la vie de Geoffroy du Chalard ( ~1050-1125) , écrite un quart de siècle après son décès. Geoffroy est né à Boscavillot, village de Noth, à l'est de la Souterraine près du château de Bridiers, d'une famille modeste nous dit Dom J. Becquet. Il fait des études assez poussées à Tours, et vient ensuite enseigner à Limoges. Sur les conseils d'un riche marchand chez qui il loge, Pierre Brun changeur, il se fait ordonner prêtre à Périgueux vers 1087 par Raynaud de Thiviers, car le siège de Limoges était vacant à cette époque. Lors de son voyage d'ordination, il a remarqué la forêt de Courbefy qu'il a traversée. A son retour, il vient s'installer en ermite dans le site ruiné du Chalard, avec deux compagnons Pierre et Edmond le 6 janvier 1088, ayant refusé la proposition d'Hugues de Cluny de se faire moine.

Les trois ermites reçoivent un accueil favorable de la population qui les aide à construire un premier oratoire. Le 25 août 1088 le vicomte Adhémar, sur les instances de sa mère, donne le site à Geoffroy.

Une reconstruction de l'église du prieuré du Chalard débute en 1096, en partie grâce aux dons de l'archidiacre Bruschard, repentant. Cette nouvelle église est consacrée par Raynaud de Thiviers le 18 octobre 1100.

Geoffroy partage sa vie entre l'office divin et le souci pastoral des populations avoisinantes, contrairement à l'abbaye de Grandmontqui n'admet pas le patronage d'églises par soucis de pauvreté, et peut être aussi de tranquillité. N'a t-on pas vu un laïc flamand, Robert, venir au Chalard comme ermite, quelques années auparavant, et chassé par les curés craignant pour leurs casuels. Aussi Geoffroy se tourne vers le vicomte Raynaud de Thiviers pour lui donner raison et le soutenir.

Vivant comme un ascète, Geoffroy porte un cilice et deux chaînes en fer. Lorsqu'il meurt, après 38 ans de vie religieuse, le 6 octobre 1125, Gaucher d'Aureil vient célébrer ses funérailles, comme il l'avait fait pour Étienne de Muret. On l'inhume au Chalard. L'établissement se développe sous le troisième prieur, Géraud. Il est jeune lors de son élection et gouverne le prieuré pendant près de quarante ans. En 1150 il obtient une bulle pontificale de confirmation des biens du prieuré. C'est aussi autour du milieu du siècle, et à sa demande qu'est rédigée la Vita Beati Gaufredi.

Sources : - le site Limousin-médiéval : une référence !

  • Itinéraire avec Richard Coeur de Lion, de Christian Rémy

  • La Route Richard cœur de Lion, Roger Boudrie

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Saint-Yrieix et Jumilhac – 3/ -

Publié le par Perceval

Saint Arède d'Atane ( Arédius) naquit entre 510 et 516, à Limoges. Il fonde un monastère à proximité de la villa de sa mère, au lieu-dit Atane, où il est enseveli. La réputation de sainteté d’Arédius attire de nombreux pèlerins à Attane, autour du monastère ( VIe et VIIe s.) et une ville se développe.

Vers 1090, le monastère devient une collégiale.

Richard cœur de Lion entretient des relations avec l’Église de la région : il est le protecteur de l’évêque de Limoges, de l'abbaye de Solignac, du chapitre de Saint-Yrieix, des prieurés des Salles et du Chalard.

En 1181, Henri II, roi d'Angleterre, père de Richard Cœur-de-Lion, passe quelques jours à Saint-Yrieix. A la même époque, l'ambitieux doyen de la collégiale, Bernard, oncle du vicomte de Limoges, fait remplacer l'édifice roman du XIe s., par l'église actuelle.

Sous les règnes des vicomtes de Limoges : Adémar V (1148-1199), Gui V (1200-1230) ou Gui VI (1230-1263), trois seigneurs qui ont été particulièrement actifs en leur temps et on fait bâtir de nombreux sites fortifiés sur leur territoire, dont Château-Chervix, la tour du Plô à Saint-Yrieix-la-Perche - Les vicomtes de Limoges, pour asseoir leur autorité et leur justice, font ériger vers 1243 la tour de Plô ( de l'occitan : petit plateau) qui sera un sujet de discorde pendant près de trois siècles ( 1247-1505)...

Ces châteaux forment ainsi une unité architecturale avec leur donjon dit « tour carrée ».

Ainsi, cours du XIIe siècle, la ville s’agrandit et déborde des remparts qui entourent l'enclos canonial. Des artisanats se créent, des moulins et des tanneries se développent. Vers 1250, la châtellenie ( càd : une étendue de pays, comportant château et fiefs, placée sous la juridiction du seigneur châtelain) de Saint-Yrieix s'étend sur une douzaine de nos communes actuelles et se réduira au nombre de six vers 1500.

- La Tour du Plô

La tour est l’unique vestige civil du monde féodal, témoin de l’ambiance de l’an mil à la fin du Moyen Âge. Édifiée par le seigneur, elle permettait de protéger la population mais aussi de les dominer et d’imposer ainsi ses droits de police et de justice.

La tour du Plô est un donjon en pierre de plus de 20 mètres de haut. En occitan, «plô» signifie «petit plateau» ou «place sur un point élevé». Elle est construite en haut de la rue de la Pierre de l’Homme et avait à son pied une cour ovale (où le prévôt exerçait son pouvoir de haute justice).

Le 2e étage de la tour était réservé au Vicomte de Limoges lorsqu’il faisait escale ; l’entrée était au 1er étage, à cinq mètres au-dessus du sol. Le rez-de-chaussée servait de prison et le 3e étage permettait à la garnison des «gens d’armes» de faire le guet et portait la bannière du vicomte.

La tour a été classée aux Monuments historiques en 1998.

Jumilhac relève de l'autorité des vicomtes et des évêques de Limoges dès 480.

Détruit par les Wisigoths ( 472), les sarrasins (730) et les normands (846) ; le fortin initial est fortifié par les francs pour défendre le vicus où, sous le mérovingien Dagobert (629-639), l'on battait monnaie.

On sait que dès 1152, la forteresse est convoitée tant par Philippe-Auguste que par Richard cœur de Lion. Délaissée ou détruite pour asseoir le pouvoir royal, elle est reconstruite en 1289 par les Bruchard, co-seigneurs de Jumilhac avec les 'La Porte' au XIIIe s. Conquise par les troupes du Prince Noir au début de la Guerre de cent ans ( 1337-1453), elle est reprise comme Saint-Yrieix par Du Guesclin en 1370, puis démantelée.

À la fin du XVIe siècle apparaît alors un riche maître de forge, Antoine Chapelle. Il épouse l'héritière de la seigneurie de Bruchardie, et acquiert par achat, en 1581, la seigneurie de La Porte, devenant ainsi le premier baron de Jumilhac.

Sa fortune lui permit de fournir des canons et des subside à Henri de Navarre afin de l'aider à conquérir le trône de France. Après son ascension au trône et en remerciement Henri IV érigea en 1597 Jumilhac en comté, avec suzeraineté sur toute la région.

Son petit-fils François Chapelle, obtient que Jumilhac soit érigé en marquisat, par lettres patentes de 1655, enregistrées en 1657 par le parlement de Bordeaux. Ses descendants gardent le titre et le portent jusqu'en 1980.

Le château résonne toujours de la terrible histoire de Louise de Jumilhac ( mariée à 16ans en 1610) , enfermée vingt ans dans sa pièce appelée «La Chambre de la Fileuse» où sur les murs on peut voir encore les vestiges de peintures naïves, tracées d'une main malhabile sur l'enduit qui recouvre les murs et où un autoportrait l’immortalise ; enfermée pour avoir trompé son mari Antoine II Chapelle parti guerroyer bien loin...

Surnommée 'La Fileuse' pour la navette qu’elle lançait du haut des tours pour correspondre avec son amant, celui qu'elle avait aimé avant son mariage et qui, déguisé en berger, venait faire paître ses moutons dans les prairies proches du château. Lorsque son mari surprit le manège, il incarcéra son épouse infidèle pendant de très longues années dans la pièce qui porte aujourd'hui son nom.

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Ségur et Coussac-Bonneval– 2/ -

Publié le par Perceval

La vicomté de Ségur naquit au IXe siècle, lors de l’éparpillement féodal du Limousin.

En effet, le Limousin est partagé entre plusieurs grandes principautés. Néanmoins, toutes ces entités se situent dans la mouvance des comtes de Poitiers qui ont su, au cours du Xème, faire entrer un grand nombre de comtes et de vicomtes de la France du Centre-Ouest sous leur autorité de "ducs d'Aquitaine". En outre, plusieurs de ces vicomtes - les Aubusson, les Ségur, les Comborn, les Ventadour, puis les Rochechouart - sont issus des Limoges.

Remontant à 876, la vicomté de Ségur se confond avec celle de Limoges par le mariage d'Emma, fille du Vicomte Adhémar avec Guy 1er (998-1025), vicomte de Limoges. Cette lignée est à l'origine d'un premier château-fort à la fin du IXe s. Rattachée au Duché d'Aquitaine, Ségur est reprise aux Plantagenêts en 1177 puis soumise aux pillages des Brabançons et autres routiers à la mort de Richard cœur de Lion.

Prospère tout au long du Moyen-âge, la vicomté de Ségur connaît une grande renommée. Passée par mariage à la maison de Bretagne, elle est la possession de Jean de L'Aigle quand cet ancien compagnon de Jeanne d'Arc, à la tête des troupes royales de Charles VII, remporte la bataille de Castillon ( 1453), mettant fin ainsi à l'occupation anglaise.

*****

Les '' Bonneval '' sont une vieille famille locale ( Emergence de Bonneval en 930), et ont peut-être fréquenté le duc, puis le roi Richard... Une forteresse existait depuis 930, mais son état actuel date du XIVe siècle. Le château est connu pour appartenir à la même famille depuis sa construction.

Une légende médiévale rapporte que, Guillaume, comte de Bonneval, en 1147, a offert en escorte à l'évêque de Limoges deux lions féroces rapportés de la 3e croisade. Il prend comme blason familial : d'azur au lion d'or, arme et lampasse de gueule.

Lors du démantèlement de la citadelle en 1242, Coussac joue un rôle stratégique. Dès lors, le village devient l'un des enjeux des conflits entre Francs et Anglais de la région. Durant la guerre de Cent Ans, la famille Bonneval s'y implante.  

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Le Vigeois et Pompadour– 1/ -

Publié le par Perceval

Notre parcours commence à la sortie 45 de l'autoroute A20, à 70km de Limoges...

Geoffroy le Vigeois, chroniqueur, est reçu moine à Saint-Martial de Limoges par l'abbé Pierre II en 1160. Le 10 juin 1178 il est nommé prieur de Vigeois, ancien monastère de Saint-Martial, jusqu'en 1184 environ. Geoffroy le Vigeois est un historien, il a rédigé une chronique (1183), depuis l'époque du roi Robert, en s'attachant surtout à l'histoire limousine et à celle de ses familles seigneuriales. Son manuscrit était au XIIIème siècle conservé dans la bibliothèque de Saint-Martial de Limoges. On trouve une édition ICI.

C'est donc à Limoges, en la cathédrale Saint-Étienne, que Richard (fils d'Aliénor d'Aquitaine) va être confirmé duc d'Aquitaine. Nous sommes en 1169 et le futur Roi d'Angleterre n'a que 12 ans. Geoffroy le Vigeois, est témoin oculaire, il raconte que « le faste de cette intronisation fut aussi grandiose qu'un couronnement royal et les banquets, les tournois et les danses se sont poursuivis des jours durant dans les rues de Limoges ».

L'abbaye de Vigeois est un des plus anciens monastères limousins. Son origine est liée à l'activité d'Arédieus ( St-Yrieix).

On remarque aujourd'hui, - l'imposant chœur pourvu de trois chapelles rayonnantes, sans déambulatoire, et – le portail à arcatures festonnées ; la porte est logée dans un grand arc brisé sans ornement. Elle est formée de trois voussures en retrait successifs.

 

Le Château de Pompadour ( Arnac-Pompadour), sera rendu célèbre par le nom de Pompadour portée par la favorite de Louis XV.

Un château est bâti en 1026 par les seigneurs de Lastours, vicomtes de Pompadour, pour défendre leurs possessions convoitées par les vicomtes de Ségur.

En 1010, Gui de Lastours dit ''Le Noir'', chef de file de seigneurs riches et omnipotents, étend son pouvoir jusqu'à Pompadour, en Corrèze et Hautefort, en Dordogne.

Golfier de Lastours, - le fameux ''chevalier au lion '', à la tête d'un contingent limousin, part en 1095 pour la 1ère croisade. Vainqueur à Antioche (1097) et Marrah (1098), il rentre couvert de gloire après la prise de Jérusalem(1098). Après sa mort à Pompadour en 1126, son corps aurait été transféré d'après la légende, d'Arnac au Chalard, auprès de son ami Saint Geoffroy.

Les sires de Pompadour, comme ceux de Lastours, d'Hautefort, barons rebelles, ont guerroyé, contre Henri II et Richard 1er … Richard dépêche ses troupes de mercenaires qui dévastent les environs de Pompadour en 1182-1183. Le château de Pompadour est incendié vers 1200 lors des troubles qui suivent la mort de Richard Coeur de Lion (1199).

Sources: entre autres, le site remarquable du Centre de la Culture du Limousin Médiéval http://www.limousin-medieval.com/

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Limoges – 3/3 -

Publié le par Perceval

Pascal Jourde - BD - La Mort du Lion

Pascal Jourde - BD - La Mort du Lion

Adémar V, qui conteste l’autorité anglaise, alors que le duché d’Aquitaine est passé sous le contrôle de l’Angleterre suite au mariage d’Aliénor avec Henri II Plantagenêt. En 1171 (?), d’après Geoffroy de Vigeois, le jeune Richard Cœur de Lion, nouveau duc d’Aquitaine, après une entrée processionnelle devant la foule en liesse, où il est accompagné par sa mère, reçoit à la cathédrale (« église matrice du Limousin ») la bénédiction de l’évêque de Limoges, une belle tunique de soie et une relique précieuse mais sans doute apparue pour « la cause » : l’anneau de sainte Valérie, signe d’une union mystique entre le prince et la Cité, le culte de la sainte ayant été redynamisé depuis une dizaine d’années. Suivent diverses festivités : tournois et banquets. L’Eglise limougeaude légitimant ainsi la Cité comme le lieu du couronnement ducal – Reims étant celui du sacre royal. Mais, progressivement, l’opposition entre le duc et les Limousins grandit et le Château se retrouve au cœur des affrontements.

En 1183, Henri II en fait raser l’enceinte et démantèle le pont Saint-Martial pour châtier les habitants indociles.

En 1199, faisant face à une coalition entre Philippe-Auguste, le comte d’Angoulême et le vicomte de Limoges, Richard Cœur de Lion est mortellement blessé (vraisemblablement par Pierre Basile) d’un carreau d’arbalète à Châlus-Chabrol, ce qui inspira nombre de chroniqueurs médiévaux puis Walter Scott dans Ivanhoé. Il rend son dernier souffle dans les bras de sa mère Aliénor.

 

Sources : Laurent Bourdelas, historien et écrivain, auteur de L'Histoire de Limoges (Geste Editions).

 

Récapitulons : Limoges, en Limousin, en Aquitaine...

Le nom de ''Limoges'' vient de "Civitas Lemovicum", la "Cité des Lémovices", devenu "Lemovicas". Ce nom vient donc de celui de la tribu gauloise des Lémovices, vivant sur le territoire limousin durant l'Antiquité.

C’est à Limoges que le fils de Charles le Chauve, Charles l'Enfant, fut couronné roi d’Aquitaine en 855. Au cours des Xe et XIe siècles, les comtes de Poitiers, cumulant aussi le titre de comte de Limoges, se parèrent du titre de duc d’Aquitaine puis devinrent également ducs de Gascogne...

Aliénor d'Aquitaine l'apporta en dot en 1152 à son second mari, Henri Plantagenêt, comte d'Anjou et futur roi d'Angleterre. La vicomté de Limoges, maîtresse de la plus grande partie du Haut Limousin, resta cependant le plus souvent indépendante.

Le Limousin est connu pour être une terre de vicomtes. Toutes les grandes familles vicomtales (Limoges, Turenne, Comborn, Ventadour, Aubusson, Brosse, Rochechouart), ont en commun de contrôler plusieurs forteresses.

Limoges, « fleuron du duché », conserva dans cet ensemble un rôle essentiel jusqu’au XIIe siècle au moins, comme lieu de couronnement des ducs : c'est en cette ville que Richard Coeur de Lion fut investi en tant que duc d'Aquitaine vers 1170, en passant à son doigt l'anneau de sainte Valérie.

L'abbaye Saint-Martial, dont les fouilles archéologiques révèlent actuellement les vestiges carolingiens et romans, tenait de toute évidence un rôle majeur dans ce rituel hautement symbolique.

Marie de Comborn, héritière des derniers vicomtes, épousa en 1275 l'héritier des ducs de Bretagne, le futur Arthur II. L'hermine de Bretagne brisée d'une bordure forma les armes de la vicomté. Au 15e siècle le Limousin passa par héritage à la maison d'Albret et le roi Henri IV, le dernier vicomte, le réunit à la Couronne en 1589.

La Devise de Limoges est « Dieus gart la vila e Sent Marsals la gent » (Dieu protège la ville et Saint-Martial son peuple).

Le Blason de Limoges : ''De gueules, au chef de Saint Martial de carnation, orné à l’antique d’or, ombré de sable, entre deux lettres gothiques d’or S et M ; au chef d’azur, chargé de trois fleurs de lis d’or.''

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Limoges – 2/3 -

Publié le par Perceval

BD de Pascal Jourde '' La mort du Lion ''

BD de Pascal Jourde '' La mort du Lion ''

 Limoges, dès la fin du IXème siècle, le vicomte représente le comte de Poitiers ; il s’est installé à l’écart de la Cité épiscopale ( où donc, est installé l'évêque), sur un site de carrefour où il a établi une motte castrale faisant suite à une construction d’un bâtiment antérieur (mais postérieur à l’Antiquité). Une chapelle placée sous le vocable de saint Michel (dite des Lions) est construite dans la basse-cour du château. Après diverses vicissitudes, le vicomte doit faire allégeance à l’abbé.

On parle d'une ville, composée de trois cités ou d'une « ville des trois pouvoirs »: celui de l’évêque, sur la Cité ; celui du vicomte ; celui de l’abbaye Saint-Martial – centre culturel majeur - , protégée par sa propre enceinte.

L'abbaye de Saint Martial - du nom du premier évêque et saint patron de la ville - était l'une des plus belles et des plus célèbres de France, le pèlerinage autour du sépulcre de Saint Martial connaîtra un essor majeur au XIe siècle.

Dès le Xème siècle, l’abbaye limougeaude noue des liens avec l’abbaye bénédictine de Cluny (dirigée par Odon), symbole du renouveau monastique en Occident et centre culturel majeur. A Limoges, ce sont l’abbé Aymon et son frère l’évêque Turpion qui entretiennent ces liens vers le milieu du siècle.

En 994, de grandes pluies ravagent l’Aquitaine, l’ergot de seigle se développe, il est à l’origine d’une épidémie qui gagne tout le duché, la Touraine, jusqu’à la Bourgogne – le pain de seigle étant l’une des bases de l’alimentation.

Le moine et chroniqueur Adémar de Chabannes (vers 988-1034) a relaté les évènements: « En ce temps-là, une peste de feu s’alluma parmi les Limousins. Les corps d’un nombre incalculable d’hommes et de femmes furent consumés d’un feu invisible, et de tous côtés une plainte emplissait la terre… »

Adémar de Chabannes explique que Geoffroy, abbé de Saint-Martial, l’évêque Hilduin, avec l’assentiment du vicomte – ils sont tous les trois de la même famille… – et de Guillaume V, duc d’Aquitaine et comte de Poitiers, ordonnent alors un jeûne de trois jours en Limousin, une réunion épiscopale à Limoges, une ostension de reliques – dont celle du corps de saint Martial. Un grand rassemblement est organisé au Mont-Jovis et le « miracle » a lieu : l’épidémie cesse.

Au début du XIe siècle, le souvenir de ce miracle dit des 'Ardents', donne lieu à un récit, élaboré au sein de l’abbaye Saint-Martial, et reproduit ensuite dans une multitude de manuscrits. La pratique des ostensions est dans un premier temps reprise ponctuellement, sans date fixe, lors de la venue à Limoges d’un personnage important (Saint Louis et Blanche de Castille en 1244, le pape Clément V en 1307, Louis XI en 1462, Henri IV en 1605) ou en cas de grandes catastrophes, guerres, épidémie  

 

 

Au début du XIIIème siècle, l’abbaye Saint-Martial – émancipée de celle de Cluny - compte un effectif de 70 moines.

Selon le Codex Calixtinius, Limoges se situe sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle qui traverse Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, Saint-Léonard en Limousin et la ville de Périgueux.

La ville est sur la Via Lemovicensis, et l’on imagine sans peine tous les voyageurs qui la traversaient, devisant, témoignant de ce qu’ils avaient vu à Limoges : L’abbatiale romane du Sauveur mesure 100 m de long, sa nef compte dix travées ; le clocher superpose des étages octogonaux à des étages carrés. Il y a la crypte ; l’église Saint-Pierre-du-Sépulcre ; la chapelle Saint-Benoît ; divers autres bâtiments comme le réfectoire et le cloître aux baies vitrées rayonnantes. Le scriptorium de l’abbaye est particulièrement réputé. L’atelier d’enluminure est particulièrement actif et créatif, inspiré, par exemple, par les ivoires.

A l’abbaye ou dans ses parages se trouvent des ateliers d’orfèvrerie, qui produisent un grand nombre d’objets liturgiques (châsses, coffrets, statues, croix…) et d’émaillerie champlevée sur cuivre, où se développe l’Opus lemovicense ou Œuvre de Limoges.

Limoges fut aussi un centre majeur de création musicale... C'est ici qu'est inventée la musique polyphonique, dès le XIe siècle.

 

 

Bréviaire à l'usage de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges - Saint Martial enfant et le Christ Magnifique croix émaillée du XIIIème du corpus des oeuvres de Limoges

Des liens existèrent entre les moines musiciens de Limoges et les poètes profanes inventeurs de la fin’amor. Le premier troubadour connu, Guillaume IX, est duc d’Aquitaine, c’est le grand-père d’Aliénor, elle-même élevée dans l’amour de la littérature et de la musique, amie et mécène des troubadours, épouse d’Henri II Plantagenêt.

Face à la Cité dont sont maîtres les évêques, le Château profite du rayonnement de l’abbaye et de l’essor du commerce.

Sources : Laurent Bourdelas, historien et écrivain, auteur de L'Histoire de Limoges (Geste Editions).

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Sur la route Richard Coeur de Lion : Limoges – 1/3 -

Publié le par Perceval

La Maison de Limoges est une famille féodale du Limousin qui possédait la Vicomté de Limoges. Elle commence avec Foucher ou Foulques Ier de Rouergue de Limoges(838-†886), fidèle de Charles II le Chauve, qui devint le 1ier Vicomte de Limoges en 864/876. Hildegaire, le petit-fils de Foucher, se proclame vicomte de Limoges et vient habiter dans la ville, quittant Ségur, le lieu traditionnel de résidence de la famille de Limoges. Le jeu des successions a créé en Limousin de nombreuses vicomtés :

- Au sud, les vicomtés de Comborn, Turenne et Ventadour.
- A l'est, le comté de Haute-Marche et la seigneurie de Combraille.
- Au nord, la vicomté de Bridiers et le comté de Basse-Marche.
- A l'ouest, la vicomté de Rochechouart.

À sa mort en 1139, Adémar III dit « le Barbu » (1050-†1133/39), 10ième vicomte de Limoges, n'a plus d'héritiers mâles (Guy III son fils étant mort en 1124). La vicomté revient alors à Archambaud IV dit « le Barbu » (1075-†1137), de la branche cadette des vicomtes de Comborn, qui a épousé en 1111 Humberge de Limoges (1080-†1160) dite « Brunicende », fille d'Adémar III, héritière de la vicomté. Leurs descendants reprendront le nom de Limoges.

Adhémar V (1135-†1187 ou 1199 ?), est le 14ième Vicomte de Limoges. Il est le fils unique d’Adémar IV de Limoges (1110-†1148) et de Dame Marguerite de Turenne (1117-†1173/1202). Il épouse en 1159 Sarah de Cornouaille (1135-†1216), fille de Renaud ou Réginald (1100-†1175), comte de Cornouaille, fils de Henri Ier, roi d’Angleterre dit Beauclerc (1068-†1136) et Élisabeth ou Mabel Fitz-Richard (1108/14-†1162).

Adémar V de Limoges meurt en 1187, mais dans les textes on l’annonce comme le Vicomte de Limoges en place lors du conflit avec les Anglais, entre autre lors de la mort du roi anglais Richard Cœur de Lion en 1199.

Histoire d'Adémar V, vicomte de Limoges :

Adémar ( ou Adhémar) V était encore jeune lorsqu'il succéda à son père, en 1148, comme Vicomte de Limoges. Sa famille le nommait Boson, du nom de son aïeul maternel. Sa tutelle fut confiée à Gérard, Evêque de Limoges, puis à son oncle Bernard, Doyen du Monastère de Saint Yrieix. Mais le frère de Bernard, Archambaud de Comborn les écarta pour quasiment usurper la Vicomté. Malgré une visite du Roi Louis VII en 1151 à Limoges, cette situation se poursuivit. Elle bascula avec le nouveau Duc d'Aquitaine, Henri Plantagenet, nouvel époux d'Aliénor, répudiée par Louis VII. Il vint détruire les murs du château de Limoges vers 1154, après une mini-révolte des habitants, et confia la tutelle d'Adémar à Geoffroy de Nemours, frère de Rotrou III, Comte du Perche.

A sa majorité, Adémar fit hommage à Henri II qui, pour se l'attacher, lui fit épouser Sarah, sa propre cousine, fille de Renaud, Comte de Cornouailles. Après la célébration du mariage, qui eut lieu à Bordeaux, les Bourgeois de Limoges refusèrent d'obéir à Adémar V, ce qui entraîna une nouvelle intervention d'Henri II en 1156. En 1170, lorsque Richard reçut de son père le Duché d'Aquitaine, Adémar lui fit hommage. Par une charte du 10 juillet 1179, à laquelle souscrivirent les Vicomtes de Turenne et de Ventadour, il fit don de propriétés à Notre Dame de Dalon, avant de partir pour Jérusalem. Il est à nouveau cité dans des chartes de 1184 et 1192.
En 1183, juste avant de mourir, Henri le jeune adressa à son père le Roi d'Angleterre, un courrier dans lequel il le priait de donner la paix à tous ses ennemis et notamment à Adémar et au peuple limousin. L'an 1184, les combats reprirent contre les Anglais.
Adémar fut assassiné en 1199, semble-t-il par Philippe, Seigneur de Cognac, qui tenait le Vicomte Adémar comme responsable de la mort de son ''père'' : le Roi Richard d'Angleterre.

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La route Richard Coeur de Lion

Publié le par Perceval

 

Le Roi Arthur Le Roi Richard Coeur de Lion, et Robin des bois

Limousin : La route du Roi Richard.

La légende du Roi Arthur, nous renvoie au Moyen-âge et à un mythe, qui nous paraissent, une dizaine de siècles plus tard, indissociable l'un de l'autre... Il est aisé, pour un conteur, de passer du Roi Arthur au Roi Richard Cœur de Lion... Le décor est le même : les mœurs, les conditions de vie, les passions se retrouvent...

En ce début de printemps, et de vacances d'été ; je prévoie toute une série d'articles qui vont mêler Histoire et Tourisme... Je suis résident à Limoges, et je vous propose de visiter les châteaux et les Églises de la Route Richard cœur de Lion.

La route Richard-Cœur-de-Lion est un circuit touristique qui relie Chassenon (Charente) à Arnac-Ponpadour (Corrèze). Elle se situe dans quatre départements : Charente, Haute-Vienne, Dordogne et Corrèze. Elle passe par Châlus ( 35km de Limoges) , où est mort Richard Cœur de Lion en 1199, d’où le nom donné à cet itinéraire.

Au moyen-âge, la vicomté de Limoges était bordée au sud-ouest par des châteaux, églises et cités fortifiés formant une ligne de défense aux limites du grand duché d'Aquitaine, possession des Plantagenêt et de Richard Coeur-de-Lion en particulier, par sa mère Aliénor d'Aquitaine : héritière du duché d'Aquitaine.

Le Limousin, tout comme la Dordogne, possède de nombreux vestiges et témoignages de l'époque médiévale.

Au Moyen Âge, le Limousin fut le terrain de luttes incessantes entre les rois d'Angleterre et rois de France. Notamment au XIIe siècle, avec Henri II Plantagenêt adversaire de Louis VII ( et qui fut le premier mari d'Aliénor) et Richard Coeur de Lion qui s'opposera à Philippe-Auguste. 

 

Le but de ces conflits était bien évidemment la prise de possession de nouveaux territoires. La vicomté de Limoges se trouvait alors dans une position géographique stratégique. 

En 1199, suite à une multitude de conflits divers, Richard Coeur de Lion se rend au château de Châlus-Chabrol pour l'assiéger... Durant le troisième jour de siège, Richard est touché par un carreau d'arbalète et meurt de sa blessure mal soignée. 

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