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Articles avec #chevalier tag

Le Chevalier à l'épée – 5/ -

Publié le par Perceval

Résumé : Le séjour de Gauvain au château dure un certain temps. Jugeant que son absence a assez duré, il se décide à repartir avec sa dame. Elle veut bien l'accompagner à condition d'emporter ses deux lévriers. Peu après leurs adieux au père et leur départ, ils rencontrent un chevalier en armure qui veut emmener la fille. Comme Gauvain non équipé ne peut le combattre d'égal à égal, l'autre propose que la dame choisisse qui elle veut suivre. Gauvain est confiant et accepte ce jeu.

 

Elle se décida pour l'homme qu'elle n’avait jamais vu. Le héros fut humilié ; mais il était si modéré et si sage que , malgré toute sa colère, il ne dit mot, et continua sa route.

A la grande stupeur de Gauvain, la dame choisit l'étranger (précisément, dit le poète, parce qu'elle connaissait les talents de Gauvain et était curieuse d'éprouver ceux de l'autre).

 

La demoiselle,quand elle eut fait quelques pas, s'aperçut que les chiens suivaient Gauvain. Elle voulut les ravoir et exigea de son nouvel amant qu'il allât les reprendre.

« Lorsqu'il s'est agi de ma maîtresse,répondit Gauvain au chevalier, vous avez exigé qu'on s'en rapportât à elle , et qu'elle fût libre de choisir. Il s'agit des chiens maintenant; eh bien! appelons-les, et qu'ils soient de même à celui de nous deux qu'ils suivront. »

La proposition était si raisonnable qu'on ne pouvait s'y refuser sans injustice.

Les chiens furent appelés; et ces animaux fidèles, sourds à la voix d'un inconnu, accoururent aussitôt à celle de l'homme qui les avait vus et caressés au château. « Ami, ajouta le prince, je viens de recevoir une leçon que probablement on vous rendra bientôt; mais auparavant apprenez de moi qu'on voit tous les jours des ingrates trahir ceux qui ont tout fait pour elles, et qu'on n'a point vu encore un maître délaissé par le chien qu'il a nourri. »

Le chevalier ne répondit rien, et s'en retourna; mais, quand la demoiselle le vit revenir seul, elle entra en fureur et lui déclara que, s'il ne lui rendait ses chiens, elle ne voulait le revoir de la vie.

Il galope donc de nouveau après Gauvain, la lance en arrêt. Le prince, forcé de se défendre, se couvre adroitement de son écu, et en même temps il porte au ravisseur un tel coup de la sienne, qu'il l'enlève hors de la selle. Il saute ensuite à terre, met l'épée à la main, lui soulève les pans du haubert, et lui perce le flanc; puis, appelant les chiens, il remonte tranquillement sur son cheval.

La demoiselle s’était approchée pour voir le combat. Sans ressources par la mort de celui à qui elle venait de se donner, elle se jette en larmes aux pieds de Gauvain, lui demande pardon et le conjure de ne pas l'abandonner seule, aux approches de la nuit, dans cette forêt. « Je vous laisse où vous m'avez laissé, répondit-il. Avec les talents que je vous connais, vous saurez y trouver compagnie; adieu. Alors il la quitta et il arriva le soir à Carduel, où il raconta son aventure, que l'on eut soin d'écrire aussitôt.

Explicit:

... por sa mie qu'il perdi,
et puis con il se conbati
por les levriers, a grant meschief.
Ensi fina tot a un chief.
Ci fenist dou Chevalier a l'espee.

 

La première partie comprend deux histoires '' connues '' qui n'ont rien à faire l'une avec l'autre : celle de l'hôte qui met à mort tous ceux qui ne lui obéissent pas, et celle du lit périlleux où un chevalier élu entre tous peut seul dormir sans être tué par une arme magique.

On peut encore noter que le piquant de l'aventure est bien émoussé par le fait que Gauvain a reçu d'avance l'avis qu'il doit se soumettre à tous les ordres qu'il recevra.

Le glaive magique a deux fonctions contradictoires : désigner, en l'épargnant seul, le meilleur chevalier du monde, et protéger la virginité de la jeune fille.. Après deux tentatives où il est légèrement blessé, il y renonce; cela lui fait jouer un rôle assez peu digne pour un chevalier incomparable. Le matin surtout, quand il reste penaud devant les questions du père au sujet de ses blessures, il fait vraiment une piètre figure.

Dans la deuxième partie, la jeune fille qui était présentée sous les traits les plus sympathiques ( alors qu'elle avait – quand même - déjà subi dans son lit, l'assaut de plus de vingt amants, qu'elle a vus tués à ses côtés à cause des désirs qu'elle leur inspirait... ! ) et qui paraissait aimer sincèrement Gauvain, se conduit, alors, comme une créature absolument méprisable et préfère un inconnu, par simple curiosité sensuelle... Les petits chiens seraient donc plus fidèles que leur maîtresse...!

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Le Chevalier à l'épée – 4/ -

Publié le par Perceval

Résumé : Après un bon repas, voilà Gauvain et la fille couchés et nus dans le même lit. Malgré l'avertissement, Gauvain s'approche de la fille. Mais une épée suspendue au-dessus du lit s'anime et vient blesser Gauvain, au flanc. C'est une blessure légère. La fille lui explique que maints chevaliers ont perdu la vie dans ce lit. Gauvain ne se résigne pas et tente à nouveau et est une seconde fois blessé au flanc. Il se résigne.

Au petit matin, le chevalier est contrarié de revoir Gauvain vivant. Mais comme l'épée devait épargner le meilleur chevalier, Gauvain est déclaré tel et peut sans danger cette fois, donner libre cours à son désir avec la fille qui l'accepte. Il peut même prendre possession du château, ce à quoi il renonce.

 

Alors Gauvain en remercie le châtelain :

« Sire, dit-il, bien suis payé, de la pucelle seulement. »

On sut bientôt dans les environs qu'au château était un chevalier que l'épée redoutable avait épargné. De toutes parts, on accourut pour le féliciter, et sa victoire fut célébrée le jour même par une fête et des divertissements. Après le festin, les ménétriers entrant dans la salle, la firent retentir du son des violons, des flûtes et des chalumeaux: d'autres chantèrent s'accompagnant de la vielle ou de la harpe. Ceux-ci lurent des romans: ceux-là contèrent des fabliaux; et pendant ce temps, les conviés s’amusaient aux échecs ou à d'autres différents jeux.

Des troupes de musiciens ambulants étaient disponibles pour amuser la noblesse, dans les grandes fêtes, dans les cours plénières et aux mariages.. Cette profession, que la misère, le libertinage et la vie vagabonde, faisait qu'elle était fort décriée, exigeait pourtant une multiplicité de connaissances et de talents: ils pouvaient déclamer, chanter, accompagner et improviser en musique, jouer de plusieurs instruments : chansons anciennes et nouvelles, et aussi des historiettes courantes , des contes et fabliaux, qu'ils se piquaient de savoir; outre les romans du temps qu'il leur fallait connaître et posséder en partie.. Souvent aussi, ils étaient auteurs... Enfin il y en avait qui, à tous ces talents, joignaient la science de l'escamotage, de la jonglerie et de tous les tours connus

Du jeu d'échecs, on dit que ce sont des sarrasins que l'apprirent nos croisés. Un changement qu'on y fit sur la seconde pièce, qu'aujourd'hui nous nommons reine, et qu'ils nommaient fierce (vierge) présente une réflexion intéressante. Cette pièce dans l'orient s'appelle le ministre: elle ne peut aller que de case en case comme le pion, et s'éloigner du roi que de deux. De ce ministre, la galanterie chevaleresque en fit une dame: puis, trouvant que cette marche gênée, trop ressemblante à l'esclavage des femmes d'Asie, et contraire aux égards dont jouissaient celles d'Europe, lui convenait peu, ils lui en donnèrent une aussi libre qu'elle pouvait l'être, et en firent la pièce de toutes la plus importante. Eudes de Sully, évêque de Paris sous Philippe-Auguste, défendit aux clercs de jouer aux échecs , et même d'en garder chez eux.

Les plaisirs furent ainsi prolongés jusqu'à la nuit. Alors tout le monde se retira pour dormir. Quant aux deux amants, ils furent conduits en pompe dans cette même chambre où ils avoient été enfermés la veille; et comme cette fois-ci l'un n'eut point l'épée fatale à craindre, l'autre n'eut pas non plus de représentations à lui faire.

 

Après être resté quelque temps dans le château, uniquement occupé de ses plaisirs, Gauvain songea cependant à son départ. Une absence aussi longue pouvait causer des inquiétudes au roi, son oncle : il prit donc congé du père, et partit avec sa mie pour Carduel. Elle montait un joli cheval richement enharnaché. Lui , armé comme quand il était venu, l’accompagnait monté sur son grand palefroi.

Mais ils avaient à peine fait cent pas que la demoiselle, s'arrêtant tout à-coup avec une sorte de colère, se plaignit d'avoir laissé au château deux chiens qu'elle avait nourris et qu'elle aimait plus que tout. L'amant empressé retourna aussitôt: il les ramena et l'on continua de marcher.

Vers le milieu de la forêt s'offrit un chevalier armé de toutes pièces, et qui voyageait seul. Le prince s’apprêtait à le saluer, quand celui-ci, poussant brutalement son cheval entre les deux amants, saisit par le frein celui de la demoiselle et s'en fit suivre.

Je n'ai pas besoin de vous dire quelle fut la colère de Gauvain; mais, que pouvait-il contre un homme en armure (invulnérable) avec une épée, une lance et un écu? Il s'avança vers lui cependant, et avec un ton de fierté menaçante: «Vassal , s'écria-t-il , vous venez de commettre l'action d'un lâche. Si vous ne l'êtes pas, quittez vos armes, ne gardez que celles que j'ai, ou donnez-moi le temps d'en trouver de pareilles aux vôtres; et alors disputez-moi ma maîtresse, si vous l'osez. »

Le chevalier répondit froidement : « Vous pouvez sans crainte m'insulter; je suis armé, vous ne l'êtes pas, et j'ai sur vous trop d'avantage; mais, écoutez-moi. Cette femme est votre maîtresse, dites-vous; sans doute, parce que vous vous en faites suivre. Eh bien ! je vais l'emmener à mon tour, et elle sera la mienne. Au reste, pourquoi nous battre et ne pas nous en rapporter à elle, puisque c'est d'elle qu'il s'agit? Éloignons-nous tous deux, laissons-la choisir et suivre celui à qui elle croira devoir donner la préférence. Si elle retourne à vous, j'y renonce et vous quitte; mais si elle vient à moi... - Oh! de tout mon cœur, reprit Gauvain qui, sûr de sa mie , ne croyait pas que, pour l'univers entier, elle eût même hésité un seul instant: Çà, la belle,jugez-nous et prononcez-vous ».

A ces mots ils s'éloignent. Elle les regarde tous deux, les examine, balance; et devinez quel fut son choix?

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Le Chevalier à l'épée – 1/ -

Publié le par Perceval

Je me propose de lire et commenter un texte court que l'on inclut dans la Légende Arthurienne : ''Le Chevalier à l'épée '' date de la fin du XIIe siècle, début du XIIIe siècle. Il s'agit d'un texte consacré à Gauvain.

'' ‎Le chevalier à l’épée '', aurait pour auteur, celui du fabliau :''La Demoiselle à la mule '' œuvres parodiques qui veulent bousculer le roman médiéval réaliste du moment : '' Le Conte du Graal ''. Ces textes parodiques veulent remettre en question les conventions courtoises et chevaleresques ; et le personnage qui correspond le mieux à cette image glorieuse est le chevalier Gauvain. En même temps que ces valeurs chevaleresques, c'est le surnaturel qui va être dévalorisé...

Sachons également, que cette période médiévale permet de lire de la poésie courtoise, mais aussi des fabliaux beaucoup plus crus ...

L'auteur, et il fallait l'inventer... ! Se nomme Païen ( à l'inverse de Chrétien), et non pas de la glorieuse ville de Troyes , mais de Maisières ( donc de nulle part …!) : Païen de Maisières se plaît à décrire la déchéance, et l'incompétence amoureuse de Gauvain …

Si on ne sait rien de la biographie de cet auteur ; on peut dater son texte de 1200-1210, et ses nombreuses références aux romans de Chrétien de Troyes ont conduit certains spécialistes à confondre Chrétien et Païen ...

Il n'est pas inintéressant de s'engager dans la lecture de ce texte, avec cet avertissement …

Je rappelle avant de commencer que Gauvain, est qualifié de ''soleil de la chevalerie''... Il est mondain, aimable, courtois, joyeux et plaît aux dames …

Dans aucun texte il ne rencontre de jeune fille qui lui inspire un amour assez profond pour l’épouser ou se consacrer à elle, mais ne reste pas insensible au charme de certaines demoiselles qui croisent son chemin. Beau et séduisant, il plaît et n’hésite pas à échanger des propos charmants avec les jeunes filles et à proposer d’être leur champion. C’est ainsi qu’il offre à Lunete, la suivante de Laudine, de la servir :

« Ma demoiselle, je vous fais don, en ma personne d’un chevalier dont vous pourrez disposer à loisir… Je suis vôtre ; quant à vous, soyez, dorénavant, ma demoiselle. » (Le Chevalier au Lion, vv. 2435-41). A l'inverse de Lancelot, ou de Perceval, Gauvain est un chevalier disponible : Dans le Conte du Graal, il parle d’amour avec la sœur du roi d’Escavalon qui répond à ses avances.

Dans les romans arthuriens du XIIIe siècle, sa réputation de séducteur demeure et ses aventures amoureuses se multiplient : cf la Demoiselle du Lis ( dans la première continuation de Perceval).

Gauvain, trop humain, plus attaché aux valeurs terrestres qu'à Dieu, va passer du chevalier glorieux à celui plus futile et mondain, puis plus inquiétant à celui de meurtrier et de traître...

Incipit:

Et conmance do Chevalier a l'espee.
Cil qui aimme desduit et joie
viegne avant, si entende et oie
une aventure qui avint
au bon chevalier qui maintint...

 

 

 

Quelqu'un aime-t-il joie et déduit? Qu'il vienne à moi et qu'il écoute l'aventure de ce bon chevalier qui fut l'ennemi des traîtres et des lâches, et qui maintint toute sa vie honneur, prouesse et loyauté : c'est monseigneur Gauvain.

L'auteur fait un reproche à Chrestien de Troyes - dont la plume a célébré tant de chevaliers de la Table-Ronde - d'avoir oublié celui-ci. Il veut réparer, dit-il, l'injure faite à la gloire de ce héros. Il chantera au moins quelques-unes de ses actions, puisqu'il est impossible de les raconter toutes; et sans un plus long préambule, il entre en matière.

Le Roi Arthur ( Artus) habitait Carduel avec la reine , son épouse ; Gauvain , son neveu , et un certain nombre de chevaliers. On entrait dans le printemps: le jour était extrêmement beau. Gauvain , dans le dessein d'en profiter, demanda son cheval; et, après avoir chaussé ses éperons d'or , sans autres armes que son épée, sa lance et son écu, prit le chemin de la forêt. La beauté du ciel, le chant des oiseaux, la fraîcheur de la verdure naissante le plongèrent insensiblement dans une douce rêverie : il s'y abandonna quelque temps, et n'en sortit que pour s'apercevoir qu'il s’était égaré. La nuit qui allait le surprendre dans le bois l’inquiétait beaucoup. Il retourna donc sur ses pas, suivit, quitta, reprit diverses routes, et ne fit que s'égarer encore plus.

Les éperons d'or ou dorés étaient le signe distinctif des chevaliers: les écuyers ne pouvaient en porter que d'argent. Quand quelqu'un recevait la chevalerie,la première pièce de l'armure qu'il commençait à prendre était les éperons d'or; et ordinairement le roi ou le prince qui lui conférait cette dignité les lui chaussait de sa propre main.

Gauvain était dans cet embarras , quand ses yeux entrevirent au loin à travers les arbres la lueur d'un grand feu. Arrivé plus près, il vit un cheval attaché à une branche, et près du feu un chevalier assis. Il l'aborda aussitôt pour le supplier de vouloir bien lui enseigner la route de Carduel. Le chevalier s'offrit à le conduire lui-même au château , dès que le jour le leur permettrait; et, en attendant, il le pria d'agréer qu'il lui fît compagnie. Gauvain descendit donc de cheval: il s'enveloppa dans son manteau, et, prenant place auprès de l'inconnu , se mit à causer avec lui. Naturellement droit et loyal, il déploya dans cet entretien sa franchise ordinaire: l'autre, au contraire, ne cherchait qu'à le tromper, et vous en verrez bientôt la raison. Enfin, après quelque temps de conversation , le sommeil les gagna, et ils s'assoupirent jusqu'à ce que le jour vint les réveiller.

«Nous sommes assez loin de Carduel, dit alors le chevalier, et vous n'avez point soupé;mon château est à quelques pas d'ici, acceptez sans façon un repas sans apprêt et offert avec amitié ». Gauvain ne se fit pas prier; l'on partit. Mais, à peine furent-ils sortis de la forêt, que l'inconnu demanda la permission de prendre les devants: « Je n'ai personne, dit-il, qui puisse aller annoncer votre arrivée ; souffrez que je vous quitte un instant pour m'acquitter de ce devoir. Vous voyez mon manoir sur la croupe de cette montagne au bout du vallon: c'est là que je vous attends. »

En disant cela, il partit au galop; et Gauvain, qui n’avait pas sur cette offre si généreuse le moindre soupçon, le suivit tranquillement au pas.

Il était d'usage lorsqu'on voulait recevoir avec distinction quelqu'un que l'on considérait, de venir vers lui... Non-seulement tous les domestiques, mais la maîtresse même du château et ses filles , venaient au-devant du chevalier. Elles lui tenaient l'étrier pour l'aider à descendre, le désarmaient elles-mêmes, et lui donnaient de ces habits commodes que l'on tenait en réserve pour ces occasions. Comme dans la plupart des histoires, le château du chevalier, se présente sur une montagne.

A quelque distance, Gauvain rencontra quatre bergers qu'il salua. L'air noble du héros, cette prévenance de sa part les intéressa en sa faveur: « Beau sire s'écria l'un d'eux, vous ne méritez pas d'aller à la mort ».

Le prince ne fit point d'abord attention à ce discours, et il continua sa route: mais tout-à-coup il s'arrêta par réflexion et revint sur ses pas pour demander aux pasteurs l'explication des paroles sinistres qu'il venait d'entendre. Ils répondirent naïvement que , s'ils l'avaient plaint , c'est qu'ils voyaient souvent de braves chevaliers se rendre , comme lui, au château, et que jamais ils n'en avoient vu revenir aucun. Gauvain étonné fit sur cela diverses questions auxquelles ils ne purent satisfaire; car, comme personne n’avait pu dire ce qui lui était arrivé, on ne pouvait guère en parler que d'après des bruits et des soupçons. Ils lui apprirent seulement, et d'après ces bruits, que le chevalier ne voulait être contredit en rien, que sa coutume était de lasser par les épreuves les plus dures ceux qu'il pouvait attirer chez lui, et qu'à la moindre résistance de leur part, il les faisait égorger.

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La Quête du Graal : Bohort - 19/21 -

Publié le par Perceval

* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..) : Dandrane..

- « Qui ou quoi va me permettre de ''vraiment '' voir….... »

Entrez !

Le Chercheur combat avec Bohort, qui l'aide ainsi à se débarrasser des derniers vestiges des liens matériels qui le retiennent...

 

Bohort est le troisième membre du trio de chevaliers ayant trouvé le Graal.

Souvent désigné comme un ''homme ordinaire'', bien que l'un des meilleurs chevaliers de la Table ronde, il est le fils du roi Bohort de Gaunes ; cousin de Lancelot et de Hector ; neveu paternel du roi Ban de Bénoïc.

Marié, il reste fidèle à sa femme, et à la Quête, malgré la tentation exercée par les ''femmes démoniaques''...

 

L'engagement de Bohort envers la Quête reste certain et inébranlable. Quand Perceval, Galaad et Dandrane sont soit morts, soit retirés dans le monde du Graal, Bohort retourne seul à la cour du Roi Arthur de Camelot pour raconter le dernier chapitre de l’Histoire.

Rescapé de la terrible Bataille de Camlan, il aurait péri en Terre Sainte, lors de la Croisade... Il aurait alors rencontré les Templiers... Si la chronologie semble passer allègrement les années, peut-être pourrait-on alors évoquer la Pierre Philosophale des alchimistes et l’élixir de longue vie (Elixir Vitae)...

Cependant, ici, dans l'illustration du Tarot, Bohort donne une leçon au Chercheur en le défiant , et lui rappeler que sa chair est mortelle !

 

-- Pour continuer le Chemin : - Préparez votre question...

Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews

 

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L'Histoire de Bohort l'Essilié

Publié le par Perceval

Avant de découvrir l'arcane porté par le chevalier Bohort, voici son Histoire...

 

Le roi Bohort, roi de Gaunes, est marié avec Evaine, sœur de la reine Élaine (elle-même épouse de Ban), naissent deux fils, Bohort (le jeune) et Lionel.

Les rois Bohort et Ban font alliance avec Arthur dans sa lutte contre onze rois rebelles de Bretagne – parmi lesquels Lot d'Orcanie, Urien et Caradoc l'Ancien – si bien qu'Arthur à son tour leur promet son aide contre leur ennemi Claudas, lequel se prépare à envahir leurs pays.

Toutefois, Arthur tarde à tenir sa promesse, ce qui permet à Claudas de réussir son invasion. Au cours de celle-ci les deux rois, Bohort et Ban, sont tués tandis que Lancelot, le fils de Ban, est recueilli par la Dame du Lac, et que les deux fils du roi Bohort sont capturés et élevés en captivité à la cour de Claudas.

Bohort ( l'Essilier), fils aîné du précédent, est le plus fameux des deux Bohort. Il passe ses jeunes années avec son frère Lionel à la cour du roi Claudas. Tous deux finissent par se révolter contre ce dernier et parviennent même à tuer son fils, le cruel Dorin. Avant que Claudas ne puisse se venger, les deux garçons s'enfuient avec l'aide d'un serviteur de la Dame du Lac chez laquelle ils reçoivent ensuite une éducation dans la chevalerie en même temps que leur cousin Lancelot.

Tous trois, devenus d'excellents chevaliers, se rendent à Camelot pour rallier la suite du roi Arthur. Bohort, reconnaissable à une cicatrice particulière au front, participe à la plupart des conflits engagés par le roi, y compris la bataille finale contre Claudas qui libère la terre de son père. Bohort l'Essillié est lui-même le père de Sire Hélain le Blanc et cette paternité est le résultat d'une ruse de la fille du Roi Brandegoris : cette dernière était en effet parvenue à l'attirer dans son lit au moyen d'un anneau magique. Plus tard, Bohort introduit son fils à la Table Ronde.

Bohort est réputé comme l'un des meilleurs de la Table Ronde et acquiert sa véritable gloire dans la quête du Graal dont il se révèle digne, avec Galaad et Perceval, de pénétrer les Mystères.

 

Les femmes démoniaques

Plusieurs épisodes illustrent son caractère vertueux. Dans l'un d'entre eux, un groupe de jeunes femmes menace de se tuer en se jetant du haut d'une tour s'il refuse de coucher avec elles. Mais Bohort refuse de rompre son vœu de célibat et lorsqu'elles tombent de la tour, elles se révèlent être en réalité des démons qui pensaient le tromper en jouant sur sa compassion.

 

Le dilemme de Bohort.

Un autre récit nous montre Bohort confronté à un dilemme : il doit choisir entre secourir son frère Lionel enlevé et fouetté d'épines par des brigands, ou délivrer une pucelle sur le point d'être violée par un chevalier brutal. Bohort choisit d'aider la jeune fille, tout en priant avec ferveur pour le salut de son frère. Peu après Lionel ayant échappé à ses tortionnaires et persuadé que Bohort l'a trahi, décide de se venger en le tuant au combat. Bohort, quant à lui, renonce à lever une arme sur son frère, fût-ce pour se défendre.

Un autre compagnon de la Table Ronde, Sire Calogrenant et un religieux ermite ayant tenté de s'interposer, sont tués l'un après l'autre par Lionel. Mais avant que ce dernier ne parvienne à frapper son frère, Dieu fait surgir entre les adversaires une colonne de feu pour les séparer, après quoi Bohort réconcilié avec Lionel peut partir librement.

 

Plus tard, Bohort, Galaad et Perceval découvrent le Saint-Graal et le transportent à Sarras (à rapprocher de Sarrasins), une mystérieuse île d'Orient où Galaad et Perceval meurent, Bohort est le seul des trois à en revenir. Comme le reste de sa famille, Bohort rejoint Lancelot en exil après que la liaison de ce dernier avec Guenièvre a été dévoilée et aide à sauver la reine du bûcher. Il devient ensuite l'un des conseillers les plus écoutés de Lancelot dans la guerre qui l'oppose à Arthur et récupère la souveraineté sur les anciennes terres de Claudas.

Arthur et Gauvain ayant été forcés de retourner en Bretagne pour combattre le malfaisant usurpateur Mordred, Gauvain envoie à Lancelot un message d'appel à l'aide. Les hommes de Lancelot arrivent à temps pour défaire le reste de la rébellion conduite par les fils de Mordred, Melehan et Melou. Dans la bataille, Lionel est tué par Melehan. Il est finalement vengé par Bohort.

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Le chevalier Gauvain et son étrange 'Pentangle'.

Publié le par Perceval

Les ''armes'' du chevalier Gauvain, représentent, soit un aigle bicéphale, soit un ''pentangle''.

 L'aigle provient du blason familial, celui de Lot ( Loth). Le père de Gauvain est roi de Loënois ( selon Brut) , mais dans la plupart des textes, son royaume est l'Orcanie.

Gauvain, est le neveu du roi Arthur et le fils du roi Lot d'Orcanie et de Morgause... On trouve plusieurs équivalents gallois de son nom : Gwalchmai et Gwalchmei ("faucon de la plaine") ainsi que Gawain en franco-normand et anglais.

Il est l'aîné d'une fratrie de chevaliers : Agravain, Gaheris et Gareth (surnommé "Beaumains" par Ké, le sénéchal d'Arthur).

Gauvain est très souvent considéré comme le meilleur des chevaliers de la Table Ronde car il est fort et mesuré. C'est le chevalier modèle : en plus d'être un chevalier d'exception, il fait preuve d'une courtoisie exemplaire pour tous les autres chevaliers de son temps. Gauvain porte fréquemment l'épée du roi Arthur : Excalibur.

Gauvain est le cousin d'Yvain qui est également pour lui un ami très cher. Gauvain est le seul chevalier de la cour d'Arthur, avec Yvain parfois, que l'on nomme "monseigneur". Son cheval se nomme Gringalet. Gauvain a la particularité de voir sa force croître avec le soleil, celle-ci étant à son paroxysme aux heures de midi, avant de diminuer jusqu'à la tombée de la nuit.

Il est très souvent dépeint dans les textes médiévaux comme un modèle de courtoisie et le champion par excellence des demoiselles en détresse. Il n'est d'ailleurs attaché à aucune femme en particulier, étant le défenseur (et, dans plusieurs récits, l'amant) des femmes en général. Son échec dans les aventures du Graal et dans les quêtes spirituelles en général peut être attribué à cette réputation de chevalier trop galant faisant passer les valeurs et les plaisirs matériels avant la religion.

** Gauvain et le ''Géant Vert '' ou le ''Chevalier Vert''

C'est dans ce récit, que Gauvain, présente sur son bouclier le '' Pentangle '' :

Le poème marque la première apparition connue du mot « pentangle » dans la langue anglaise. Le poème décrit le pentagramme comme un signe de fidélité, issu de l'époque de Salomon, et comme un « nœud sans fin ». Plusieurs stances sont dédiées à la description des vertus de Gauvain, représentées par les cinq pointes du pentagramme.

A l'époque médiévale, le "noeud sans fin" était un symbole de Vérité et représentait une protection contre les démons. Il était utilisé en tant qu'amulette de protection personnelle et protégeait également les fenêtres et les portes.

Cependant, dans Sire Gauvain, le poète fait référence au sceau magique présent sur l'anneau du roi Salomon, marqué d'un pentacle, qu'il reçut de l'archange Michel. Ce sceau donnait à Salomon un pouvoir sur les démons...

Les 5 pointes représentent également les 4 éléments de la Vie (Eau, Terre, Air et Feu), plus l'Esprit... Ou les cinq sens... Dans les légendes celtiques, on associe ce symbole à la fée Morgane...

Citation:

« These five pure virtues were fixed in this knight more firmly than in any other. 
And all five times were so joined in him that each one held to the other without any ending and fixed at five points, nor did they ever fail, for they were joined at no point nor sundered were they at all, nor could one find any end thereof at any corner when the games began or were gliding towards an ending. 
». Il s'agit de la description symbolique du pentagramme qui figure sur le bouclier de Gauvain dans le roman médiéval Sir Gawain and the Green Knight.

Traduction proposée :

" Ces cinq pures vertus étaient solidement ancrées dans ce chevalier plus fermement que dans aucun autre. Et, cinq fois, étaient si liées à lui que chacune était liée à l'autre [avec un noeud] sans fin, [le pentagramme est un nœud sans fin] et attachées en 5 points. Elles ne pouvaient pas non plus lâcher car elles n’étaient jointes en aucun point, interrompues nulle part et on ne pouvait y trouver aucune extrémité à aucun angle [du pentagramme] lorsque les jeux commencèrent ou avaient tendance à se terminer. "

En ce qui concerne le chevalier chrétien, le Pentangle symbolise les cinq vertus chevaleresques : la générosité, la courtoisie, la chasteté, la chevalerie et la piété.

Dans le christianisme, le même symbole évoque les cinq blessures reçues par le Christ sur la croix (mains, pieds et coté).

Le personnage de Gauvain, représente bien les influences du paganisme celte, en opposition avec le Christianisme... C'est au départ un héros solaire, il possède la plénitude de sa force physique à midi, et sa vigueur au combat diminue avec l'astre... C'est le premier héros confronté au Graal. Dans les romans en prose christianisés du XIIIe siècle, Gauvain connaît un discrédit.

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Gauvain et le Chevalier Vert -1/2-

Publié le par Perceval

Gauvain, est le fils du roi Lot d'Orcanie et de la reine Morgause son épouse, il est aussi le neveu du roi Arthur et malgré la rudesse de son caractère, il est l'un des plus fidèles compagnons d'Arthur. Dans les romans français il n'occupe pas une place prépondérante, il laisse le premier rôle à Perceval ou à Lancelot alors que dans la tradition anglaise il très souvent le héros principal comme dans "Sire Gauvain et le chevalier vert".

An illustration from The Sphere magazine showing the Knights of the Round Table

Dans ce récit, les chevaliers de la Table Ronde célèbrent Noël ( ou le solstice d'hiver) en compagnie du roi Arthur et de la reine Guenièvre; un chevalier vert s'annonce et porte insulte au roi Arthur.The Green Knight Entered the Hall by Herbert Cole [Sir Gawain takes up his challenge to test the Round Table knight

Ce chevalier vert pourrait rappeler la figure rituelle du Feuillu lié au folklore saisonnier, et dont le sapin de Noël est l'emblème. Cet homme ''à moitié ogre'' arrive tout de vert vêtu... Il brandit une branche de houx...

Gauvain s'offre à laver l'offense et le chevalier vert lui propose un défi: le décapiter lui, ce chevalier inconnu et à accepter que ce dernier vienne lui réclamer sa tête au bout d’un an, jour pour jour…

 

Gauvain décapite le chevalier vert qui se relève et, sa tête sous le bras, lui rappelle de ne pas manquer à sa promesse. (à noter la scène de décapitation identique dans la légende celtique d' Uath et dans le Livre de Caradoc )

Dix mois plus tard, Gauvain, monté sur son fidèle destrier Gringalet,se met en quête du chevalier décapité. C'est alors que commence une aventure extraordinaire où son courage et sa loyauté seront mis à l'épreuve.

A quelques jours de Noël, alors qu'il erre dans une forêt...

Comme par enchantement, un château apparaît à la lisière de la forêt. Il se nomme le château de Hautdésert, et appartient au seigneur Bertilak qui accueille Gauvain avec chaleur et joie. Étant donnée la fatigue du chevalier, le seigneur lui propose de rester et de se reposer quelques jours avant de repartir. Gauvain décline l'offre, car il doit avant tout retrouver la Chapelle verte et le chevalier vert. Bertilak le rassure aussitôt et lui apprend qu'elle n'est située qu'à quelques milles de là.

Gauvain accepte donc de rester durant trois jours. Ils s'en vont à la messe de Noël où Gauvain rencontre la femme du seigneur, jeune et d'une grande beauté... Sir Gawaine finds the beautiful Lady

Du fait des festivités, Bertilak propose un jeu à Gauvain, connu sous le nom d'« échange des gains » : ce que, durant trois matins, Bertilak gagnera dans une chasse à coure, Gauvain l'aura en échange de ce que lui, resté à se reposer au château, aura gagné dans sa journée. Bertilak ordonne à son épouse de le divertir, en fait de le séduire.

Tous les matins, tandis que le seigneur Bertilak quitte le château de bon matin avec ses chiens et s’en va chasser, elle rend visite à Gauvain dans sa chambre. Gauvain ne veut accepter d'elle que des baisers, le chevalier refuse tout autre chose, à la fois il ne veut pas l'insulter en refusant ses avances et ne veut pas trahir la l'hospitalité de son mari. Tous les soirs, le seigneur et le chevalier annoncent ce qu’ils ont obtenu de la journée. Sincère, Gauvain rend ce que la jeune femme lui a offert dans la journée, pas plus qu'un baiser ...

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Conter l'aventure

Publié le par Perceval

Conter l'aventure

Avec le romancier Chrétien de Troyes, l'aventure s’enrichit d'un personnage : le "chevalier errant". Au début du Chevalier au Lion, Calogrenant part « en quête d’aventure, seul, armé de pied en cap, comme un chevalier doit l’être » [vv. 174-5]. Au paysan qui lui demande qui il est, il répond : « Je suis un chevalier qui cherche l’introuvable. Ma quête a duré longtemps et pourtant elle est restée vaine. »[vv. 356-8] …

L'aventure, du latin advenire, désigne ce qui est destiné à "advenir", à "survenir". Jean Markale, dans son Lancelot, précise le sens du préfixe ad, "vers, en direction de, contre" : vivre l'aventure, "c'est aller vers ce qui arrive et lutter contre ce qui arrive".

Il s'agit là d'un moteur essentiel, et présenté comme tel, dans les romans relevant de la Matière de Bretagne. Bien des récits s'ouvrent en effet en rappelant cette coutume exigeant que, spécialement en certains jours festifs, le roi Arthur ne passât pas à table avant qu'on ne lui ait rapporté une belle aventure, ou que ne soit advenu quelque fait merveilleux:

- “Jamais il ne m'est arrivé de manger ni d'ouvrir la fête avant d'avoir vu un prodige ou quelque aventure. Et s'il plaît à Dieu, cela n'arrivera pas aujourd'hui !”, déclare-il à la fin de Caradoc

Et ce récit, cette merveille arrachait les chevaliers à l'inactivité, leur indiquait une mission, et justifiait ainsi leur raison d'être : " Plus grande est la merveille et plus pénible est l'aventure, plus il la convoite, plus il s'en met en peine. " (Erec et Enide).

L'aventure répond à un défi représenté par l'intrusion du monde extérieur, pour ne pas dire de l'autre monde, dans le cadre bien policé de la société de la cour du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde : un défi outrepassant apparemment l'humaine compétence, mais que le héros s'attachera à relever, en choisissant de surcroît les chemins les plus difficiles, les plus périlleux et surtout les plus tortueux. Car le but n'est jamais bien défini ni localisé, et sur l'Aventure ne manquent pas de toujours se greffer d'autres aventures.

Le chevalier y erre dans un univers à la fois réel et féerique, où rien n'est prévisible et où tout peut arriver. Il doit y faire son chemin et répondre au mieux aux sollicitations du hasard ou du destin qui ne peuvent manquer de se dresser en travers de sa route. Telle est son devoir, et tel est son désir, sa plus intime attente.

Mais l'aventure est autant spirituelle que matérielle. Car, si elle est générée par l'autre monde, elle y appelle inévitablement le chevalier qui s'y engage. C'est vers cet au-delà qu'il se dirige lorsqu'il s'arrache au château et s'engage dans la forêt profonde, à la suite du blanc cerf ou à l'appel de quelque mystérieuse dame. Cela devient encore plus vrai avec le développement de la Quête du Graal. C'est alors à une véritable quête intérieure, à un parcours initiatique vers la pureté, la connaissance et la révélation du divin qu'il se trouve convié.

Sources: www.mythofrancaise.asso.fr

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Ballade contée au Moyen-âge -3/.-

Publié le par Perceval

Gui de Hauterive, est un fidèle d'Aliénor.. Il l'a rencontrée pendant la 2ème croisade, alors qu'elle accompagnait son mari , Louis VII, le roi de France...
Gui de Hauterive est revenu vivant, donc couvert de gloire... !
Quelque temps après son retour, dans son pays limousin, Aliénor se remarie avec le futur roi d'Angleterre, Henri II Plantagenêt...
Et, Gui de Hauterive affirme sa loyauté au Roi d'Angleterre ; et comme il doit assurer sa lignée, il souhaite se marier... Il demande à ses suzerains, de lui proposer une épouse... Comme son lointain cousin Adémar V, Vicomte de Limoges vient de le faire... En effet, Henri II, lui fait épouser Sarah, sa propre cousine, fille de Renaud, Comte de Cornouailles.
 
Gui de Hauterive, en présence d'Aliénor, épouse à Poitiers, Emma de Crèvecœur ( Seigneurie de Leeds dans le Kent). La jeune femme ( elle a bien vingt ans de moins que lui...), est très belle … A cette époque, être belle : c'est être blonde, le teint clair, diaphane et avoir un long cou ...
Elle a grandi dans l'environnement d'Aliénor... Elle aime danser, écouter de la musique …
Aussitôt installée dans son château, elle organise une vie bien différente de celle qui régnait jusqu'à présent …

 

Gui de Hauterive est un guerrier aguerri, qui n’apprécie vraiment que la bataille et la chasse... Sa maison est commandée par un capitaine des gardes, son ancien écuyer, celui-là même qui l'accompagnait pendant la croisade … Et le soldat n'apprécie guère le changement d'ambiance …

 

 
Dame Emma, invite les troubadours, reçoit les hommages de jeunes chevaliers en quête d'aventure, tel notre Guillaume. Elle fait organiser des tournois... Tous se disputent, pour porter ses couleurs …
Et, grande nouveauté : Dame Emma préside une cour d'amour... Comme Aliénor, comme Marie de France...
On y discute poésie, mais surtout on soumet à ces réunions des questions de morale chevaleresque, puis des questions de personnes ; ainsi la Dame de Hauterive a traduit l'une de ses voisines dont l'ami de cœur était parti, voilà deux ans, en croisade et songeait à le remplacer … La cour statua '' qu'une amante ne doit jamais abandonner son amant pour cause d’absence prolongée "… Un seigneur, était fort jaloux et empêchait son épouse de remettre sa manche à un chevalier afin qu'il se batte pour elle... Et bien, belles dames, jongleurs et troubadours de la région ont boycotté les fêtes données par ce seigneur, jusqu'à ce qu'il cède …
 
Dame Emma voyage.. Par exemple, elle se déplace jusqu'à Limoges pour visiter sa compatriote Sarah de Cornouailles... Elle se déplace protégée par des chevaliers... Les valises d'aujourd'hui sont remplacés par un coffre ; meuble indispensable dans la chambre d'une dame ….
Guy de Hauterive a du mal à suivre et à apprécier les désirs de sa jeune femme … Il ne manque pas de lui exprimer sa mauvaise humeurs quand des jeunes chevaliers attirent son attention …
Son seigneur est jaloux, mais la dame n'en a que faire … !
 
Et bien ce jour là, alors que la belle Emma est de retour de Limoges... Le capitaine des gardes, le fidèle compagnon de Gui de Hauterive, lui demande dans l'urgence de pouvoir l’entretenir, en privé .. !
- Il soupçonne sa femme, la dame de son seigneur, d'avoir caché dans le coffre, son amant... !
 
Gui de Hauterive est sonné... Puis, la colère monte... Il veut en avoir le cœur net ; et se rend dans la chambre de sa femme.
Elle y est seule, surprise par cette entrée fracassante … Le coffre est là...
Emma n'a pas de peine à se rendre compte que son mari est rempli de colère... Une colère de jaloux … , qu'elle finit par bien connaître!
« Dame Emma, ouvrez ce coffre... »
 
Emma, retire la clef qu'elle porte autour de son cou …
« Mon ami, votre colère vous fait imaginer qu'un homme est caché dans ce coffre … N'est-ce pas... ? … J'imagine, que la parole de votre dame, ne vous suffit pas … ?
 
« Alors, Mon Seigneur, puisque tel est votre volonté... Prenez la clef et ouvrez ce coffre ….
Mais, avant réfléchissez bien … »
 
« - Si ce coffre contient un homme, vous serez blessé dans votre amour-propre, vous devrez le punir, peut-être le tuer ; et moi, vous me perdrez à jamais... Et peut-être aussi, votre alliance avec les Plantagenêt...
 
- Si ce coffre est vide d'homme, vous aurez blessé mon amour-propre, tué mon amour pour vous, et bafoué la parole de votre dame ; vos chevaliers - même vous le reprocheront...
 
Le seigneur hésite...
Peut-être aime t-il sa belle et jeune femme.. ? Peut-être pense t-il à la puissance de son suzerain... ?
Il ne prend pas la clef...
Il regarde le coffre... Il sourit à sa femme
« Vous avez raison ... »
 
Le seigneur sort de la chambre ; et donne des ordres pour que l'on en surveille portes et fenêtres …
Il réfléchit, puis il donne l'ordre
« Que l'on prenne le coffre de la chambre de ma femme, et qu'on l'enterre dans le fond de ma propriété. »
Ce que l'on exécute dans l’instant …
« Ma bien aimée femme, je trouve que ce coffre ne vous méritait pas … Je vais à l’instant vous l'échanger par un bien plus précieux ... »
 
De ce jour, chacun semble en avoir tiré la leçon. Le seigneur Guy à décidé de prendre en avantage les hommages des chevaliers à sa femme. Et Dame Emma, reste discrète et dévouée au service de la gloire de son époux...


Guillaume décide lui de relever le défi lancé par son ami troubadour...

A suivre ....

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La dame, le chevalier et l'amour courtois. -2/2-

Publié le par Perceval

 
Le Moyen-âge favorise un mode de vie plus raffiné, plus élégant, où la place de la femme noble permet des attitudes nouvelles que l'on désigne par « courtoisie », et chantées par les troubadours et trouvères. Aliénor d'Aquitaine va apporter avec elle ces idéaux et habitudes courtois ; ainsi que ces deux filles, Aelis de Blois et Marie de Champagne (protectrice de Chrétien de Troyes).

Les principes de la courtoisie :

Dans la relation amoureuse, c'est la dame qui est en position de maîtrise et c'est l'amant qui, entièrement soumis, la supplie de lui accorder ses faveurs. La mysogynie du temps, saura jouer de cette règle...

Il est admis que si le véritable amour doit rester platonique, une relation de ce genre peut comporter un certains nombre de faveurs sexuelles …

Les troubadours chantaient l’échelle progressive des faveurs de la dame, du regard au « don de merci », en passant par le baiser et, juste avant le stade ultime, l'asag ( ou essai) , au cours duquel l'ami devait passer une nuit avec sa dame, « nu à nue », sans pour autant aller plus loin, afin de manifester sa maîtrise sur son désir …

Bien sûr, seules peuvent être objet d'amour, des dames également nobles ; celles qui ne méritent pas ce sentiment, peuvent être moins bien traitées.
 
Avant qu'on en arrive à un code plus raffiné, selon lequel toute jeune fille ou toute femme doit recevoir de tout chevalier aide et protection, les chevaliers errants ont tendance à se dédommager des épreuves que leur infligent leurs dames courtoises implacables, en troussant sans le moindre scrupule les pastoures qu'ils rencontrent sur leur chemin.... Et, évidemment aucune dame digne de ce nom, n'accorderait ses faveurs à un vilain.
 
L'amour courtois, ne concerne pas l'amour conjugal. 
Le secret est nécessaire, il est renforcé par la menace des individus « non courtois ». 
De plus ce rapport illégitime est condamné par l'Eglise, et une partie de la société. La loi donne au mari trompé, le droit de répudier sa femme, voire de la tuer ainsi que son amant. ( voir la triste histoire du troubadour Guillaume de Cabestaing).
 
Sources : « Le roman courtois » d'Anne Berthelot.
 

La cour imaginaire du roi Arthur dans les romans de la Table Ronde devient le modèle idéal des cours réelles : non seulement le chevalier est brave, mais il a en plus le désir de plaire ; parce que les femmes sont présentes, le chevalier doit avoir des attitudes élégantes, des propos délicats. Dans le service d’amour, pour plaire à sa dame, le chevalier essaie de porter à leur perfection les qualités chevaleresques et courtoises : il doit maîtriser ses désirs, mériter à travers une dure discipline l’amour de sa dame. Cet idéal est bien celui des gens de cour.

 

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