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La Quête, et l'Amour courtois au XIXe siècle

Publié le par Perceval

La Quête, et l'Amour courtois au XIXe siècle

Après une métaphore pour dire la Quête du Graal, et ''le secret'' à travers l'image de l'amour adultère... En voici une autre, avec la 'fin amor' ( la fine , la subtile …) et référence au Moyen-âge redécouvert en ce XIXe siècle … Au cœur toujours de la Quête : l'analogie à la relation ''homme-femme''...

 

Il n'est pas anodin, de relever le retour au Moyen Age ( du XIXe s.) , à travers les romans de chevalerie et la fin’amor et qui témoigne finalement du sens du mot ''Romantique '' défini par Madame de Staël dans De L’Allemagne :

« Le nom de romantique a été introduit nouvellement en Allemagne pour désigner la poésie dont les chants des troubadours ont été l’origine, celle qui est née de la chevalerie et du Christianisme. »

Ensuite, il faut bien remarquer avec Balzac que :

« Le système de lois et de moeurs qui régit aujourd’hui les femmes et le mariage en France est le fruit d’anciennes croyances et de traditions qui ne sont plus en rapport avec les principes éternels de raison et de justice développés par l’immortelle révolution de 1789. » - Honoré de Balzac : Physiologie du mariage ou méditations de philosophie éclectique, sur le bonheur et le malheur conjugal...

 

La ''Fin'amor'' s'oppose au contrat de mariage, un mariage arrangé, de raison ( convenance) et sans amour … Et où la femme a pour rôle de faire des enfants, tout en restant fidèle, bien sûr...

« Les Lenoncourt avaient perdu leurs immenses biens. Par le nom, monsieur de Mortsauf était un parti sortable pour leur fille. Loin de s’opposer à son mariage avec un homme âgé de trente cinq ans, maladif et vieilli, mademoiselle de Lenconcourt en parut heureuse. » Honoré de Balzac : Le Lys dans la vallée.

Sir William Quiller Orchardson, Mariage de Convenance, 1883

« Nos femmes légitimes nous doivent des enfants et de la vertu, mais elles ne nous doivent pas l’amour. » Honoré de Balzac : Le Contrat de mariage dans La Comédie humaine,

 

Bref ! Les enjeux sociaux qui cadrent le mariage de raison au XIXe siècle n’ont pas beaucoup changé depuis le Moyen Age... ! Laissons là, le mari....

Félix, Henriette et le comte de Mortsauf dans le salon de Clochegourde

Félix baisant la main d'Henriette de Mortsauf

L’amant, lui, se transforme en effet en un chevalier dont l’amour et la passion sont les seules devises. Il est au service d’une dame qu’il courtise et vénère. Cette image est clairement et volontairement mise en avant par Balzac dans Le Lys dans la vallée à travers l’exemple du Chevalier de la triste figure auquel Félix se compare et se réfère pour décrire sa passion et son attachement à sa propre Dulcinée...

 

Ce qui fait en outre de l’amour de Félix et d’Henriette un amour courtois, c’est que les deux protagonistes se sont promis de s’aimer d’un amour platonique, sincère, pur et qui refuse de se rabaisser pour exiger une quelconque récompense. C’est l’amour qu’Henriette exige en tout cas de Félix.

Oui, l’amour conjugal est radicalement exclu de l’amour courtois... André Le Chapelain s’appuie sur l’autorité de la comtesse de Champagne (Lettre de la comtesse de Champagne, Traité de l’amour courtois) : « Nous affirmons comme pleinement établi que l’amour ne peut étendre ses droits entre deux époux ». Les amants, en effet, s’accordent mutuellement toute chose gratuitement, sans qu’aucune obligation les pousse. Les époux, au contraire, sont tenus par devoir d’obéir réciproquement à leurs volontés et ne peuvent en aucune façon se refuser l’un à l’autre ». Une autre raison avancée par la comtesse, est que l’amour conjugal ne connaît pas la véritable jalousie. » Introduction de Charles Buridant au Traité de l'amour courtois d'André le Chapelain.

 

Une autre attitude moins ''chevaleresque '' dans Le Rouge et le noir ; déçu par les sentiments confus de Mademoiselle de La Mole à son égard, peu de temps après leur entrevue nocturne, Julien, désespéré, tente de tuer Mathilde avec une vieille épée du Moyen Âge qui était conservée à la bibliothèque :

« - J’ai horreur de m’être livrée au premier venu, dit Mathilde en pleurant de rage contre elle-même.

- Au premier venu ! s’écria Julien, et il s’élança sur une vielle épée du moyen âge qui était conservée dans la bibliothèque comme une curiosité… »

Il hésite, il se ravise … (...)

« Mlle de La Mole le regardait étonnée. J'ai donc été sur le point d'être tuée par mon amant ! se disait-elle.

Cette idée la transportait dans les plus beaux temps du siècle de Charles IX et de Henri III. »

Stendhal, Le Rouge et le noir.

 

On a dit que ''L'Amour courtois'', a été découvert ''découvert'' par Gaston Paris (1839-1903) ... Il relève l'idée de l'exaltation : ce plaisir venu de l’attente et de la non satisfaction du désir qui excite et agite l’imagination. Il note aussi que la gente féminine alliée au pouvoir est - dans ce cadre - souvent de condition supérieure à celui qui la convoite... L'homme cherche à devenir, à tout prix, le favori de la dame,  au risque de se perdre dans ce jeu littéraire d’un désir à jamais inassouvi, ou même de se faire chasser de la cour par le seigneur en cas de dépassement des bornes...

 

Dans la chevalerie initiatique, l'image du chevalier et de sa dame, est couramment utilisée pour signifier le rapport entre moi ( armuré de mes certitudes...) et de mon âme...

La fin a-mor, est aussi une confrontation à la mort... Dans le désir d'amour, tout à la volonté de la Dame, le moi s'abandonne.

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Lohengrin – le chevalier au Cygne:

Publié le par Perceval

Lohengrin et Elsa - Parzival et Condwiramurs - Gahmuret et Herzeloyde

Lohengrin et Elsa - Parzival et Condwiramurs - Gahmuret et Herzeloyde

À la fin du Moyen Âge, la légende du Chevalier au Cygne jouit d’un grand succès en langue française et connaît une extraordinaire diffusion dans la littérature germanique, qui, dès le XIIe siècle, l’associe à celle du Graal, avec l’établissement d’un lien de filiation direct entre Lohengrin et Perceval...

Pour Eschenbach, Lohengrin, en tant que fils de Parsifal, est prédestiné à la vie de chevalier du Graal.

On connait la légende du chevalier au cygne, avec Geoffroy d'Auxerre ( 1187)

«  Dans le diocèse de Cologne, se dresse au-dessus du Rhin un palais immense et fameux que l’on nomme Nimègue. C'est là que jadis, à ce que l'on dit, en présence de nombreux princes et de l'empereur, on vit aborder sur la rive une petite barque qu’un cygne tirait par une chaîne d’argent passée à son cou : tous les spectateurs se dressèrent, stupéfaits devant ce prodige. Alors un tout jeune chevalier, inconnu de tous, sauta de la barque ; et le cygne, comme il était venu, repartit en tirant la barque par sa chaîne.

Le chevalier se révéla preux au combat, de bon conseil, heureux en affaires, fidèle à ses maîtres, redoutable pour ses ennemis, plein d’amabilité pour ses compagnons et de charme pour ses amis ; il épousa une femme de noble naissance, dont la dot lui apporta la richesse et la parenté, la puissance. Enfin, après la naissance d’enfants, bien plus tard, alors qu’il se trouvait dans le même palais, il vit de loin son cygne qui revenait de la même manière, avec la barque et la chaîne. Sans attendre, il se leva précipitamment, monta dans le navire et ne reparut plus jamais. Mais de ses enfants sont nés bien des nobles et son lignage a survécu et s’est développé jusqu’à nos jours.  » ( Wiki)

 

Une autre version, qui se rattache aux miracles du Graal; raconte que celui-ci protège Elsa, fille du roi du Brabant: jeune et riche orpheline...

Lohengrin, alors qu'il vit au Château du Graal, entend qu'un tournoi se prépare en Flandres.. Le chevalier Telramund, tuteur de la princesse Elsa von Brabant, soutient ( à tort) que la jeune fille – par promesse devant le roi mourant - se devait de l'épouser, et exige qu'elle tienne sa promesse. La belle héritière nie cette version, et demande que justice lui soit rendue... L'empereur d'Allemagne, devant qui la question est posée, décrète que Telramund affronterait en duel le champion qu'Elsa voudrait bien choisir... Mais Telramund est craint, et nul chevalier n'ose se mesurer à lui...

Seul le ''Chevalier au cygne'', ainsi nommé, car il est apparu sur la rivière Scheldt assis dans une nacelle tirée par un cygne uniformément blanc, relève le défi du tuteur d'Elsa et le terrasse...

Elsa épouse son sauveur, qui lui fait jurer de ne jamais chercher à connaître ses origines ni lui demander son nom. Elsa promet, mais elle souffre de ce secret qui la sépare de son époux et fait de lui un étranger. Un soir, dans la tendresse des draps, elle ne peut s'empécher de l'interroger à ce sujet, arguant du fait de la vérité due à leurs deux enfants, elle ne pourrait pas refuser éternellement de leur réveler le nom et l'origine de leur père.

Alors, dans un grand soupir, le Chevalier au Cygne, l'emmene près de la rivière tout en lui disant:

- Mon nom est Lohengrin. Je suis l'un des chevaliers elfiques du château de Montsalvat, où est conservé le Saint-Graal.

A ce moment, le cygne à la nacelle fait à nouveau son apparition. Lohengrin grimpe dans la fragile embarcation et repart seul vers le château du Graal.

Cette version, est racontée, par des peintures murales dans le château de Neuschwanstein, construit selon les désirs de Louis II de Bavière, qui s'identifiait à Lohengrin...

 

La famille de Clèves, après l’extinction du lignage de Boulogne-Bouillon, s’est appropriée le Chevalier au Cygne comme ancêtre et rêvait de reprendre le flambeau de la croisade, pour donner à la chrétienté un nouveau Godefroy

Le duc de Clèves, le père de Marie de Clèves, s’était engagé à partir pour la croisade au fameux banquet du Faisan de Lille en 1454, avec Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Selon Olivier de la Marche, la journée avait commencé par une joute, et la promesse au vainqueur d'un riche cygne d’or...

 

Pour ce qui est du lien entre le chevalier au cygne, et le Graal; - en plus de celui d'Eschenbach - on peut noter un roman d'aventures en vers, écrit entre 1270 et 1280, nommé ''Sone de Nansay'' rédigé à l'instigation d'Adélaïde de Bourgogne. Le roman contient nombre d'allusions à des situations réelles et des personnages connus liés la cour du duché de Brabant. L'ouvrage servira à ce titre à l'éducation de Jean Ier, second fils d'Adélaïde. L'auteur, célèbre son héros, chevalier au cygne, comme le fils spirituel de Joseph d’Arimathie et en lui accordant le privilège d’une visite au château du Graal, qu’il imagine en Norvège.

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4 - Les légitimistes … Félicie de Fauveau.

Publié le par Perceval

4 - Les légitimistes … Félicie de Fauveau.
Ary Scheffer, Portrait de Félicie de Fauveau (1829)

Félicie de Fauveau (sculptrice  française (1801-1886), s'est faite, les armes à la main, l’écuyer de la Comtesse de La Rochejacquelein, pour qui elle nourrit une passion folle et impossible... Artiste et mystique, elle brûle d’agir, elle monte à cheval et tire au pistolet.

Félicie met son art au service de la cause. Elle imagine des hausse-cols flamboyants (pièces métalliques décorées que portaient les officiers), se lance à corps perdu dans la fabrication d’étendards, de bannières, de poignards et de dagues de ralliement, toutes sortes de bracelets et de brassards.

Saint Michel, saint Georges et sainte Geneviève y participent....

Revendiquant l’héritage glorieux des chevaliers croisés, c'est un rêve de Moyen Âge qui se réalise pour elle...

A droite, de Félicie de Fauveau, Col de la duchesse de Berry 1831

 

Le soulèvement tourne au fiasco ; la duchesse de Berry est arrêtée. Condamnée à la déportation, Félicie de Fauveau gagne clandestinement Paris et se réfugie à Florence au printemps 1833, où elle demeurera. .

Echouée dans un ancien couvent de Clarisses, elle va contenir la folie qui la guette...

Celle qui a été l’élève de Louis Hersent, remarquée par Stendhal, Dumas et Balzac, s’adonnera désormais à ses premières amours artistiques. De la restauration des statues anciennes, elle passe à la sculpture proprement dite, discipline qui deviendra bientôt son langage de prédilection.

Si l’arme a changé, le combat éperdu ne flanche pas, le discours passionné reste le même, le personnage intransigeant s’accuse et s’accomplit.

Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)
Félicie de Fauveau (1801- 1886)

Félicie de Fauveau (1801- 1886)

Pour Charles-Louis de Chateauneuf, cette histoire fut une véritable épopée... Pour les ''chevaliers du Roi'', ce mouvement d'insurrection, avait le soutien du Tsar, du pape et nombre de nobles …

Ce 29 avril 1932, venant d'Italie Marie-Caroline – duchesse de Berry - débarquait dans la crique du Petit Palouton, cet endroit près de Marseille où débarquent les premiers chrétiens et où commence justement le chemin de Joseph d'Arimathie et du Graal... !

On dit que c'est elle, qui souhaitait poser le pied à l'endroit précis où les premiers chrétiens touchèrent, en venant de Palestine, la Provence...

 

On dit que la duchesse rêvait d'aventures ; elle dévorait les romans médiévaux de chevalerie, comme la légende des chevaliers de la Table Ronde, la tête farcie disait-on des œuvres de Walter Scott.

 

Le mari qu'elle s'est trouvé, en la personne du Comte Lucchesi-Palli, serait un descendant d'un compagnon du Roi Tancrède de Sicile, à qui Richard Cœur-de-Lion avait remis Excalibur, l'épée du Roi Arthur !

 

Félicie de Fauveau, bénitier de Saint Louis - 1840 ->

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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – RÉSUMÉ – 4/9 – YVAIN

Publié le par Perceval

A partir de la Table Ronde, point central de son pouvoir, Arthur envoie ses chevaliers partout dans le royaume pour y accomplir prouesses et exploits.

Leur mission est d’apporter la justice, l’ordre et la civilisation aux quatre coins de la Bretagne.

Pour cela, Gauvain, Yvain, Lancelot et les autres vont devoir affronter maléfices et sortilèges, géants et dragons, créatures monstrueuses, chevaliers félons et magiciennes, nains malfaisants, etc. Ils devront traverser des forêts sauvages et hantées, des châteaux merveilleux aux mille dangers, des lieux déserts susceptibles de les conduire aux frontières de l’Autre Monde et beaucoup d’autres épreuves. A travers toutes ces aventures, les chevaliers diffusent partout l’idéal de la Table Ronde et les valeurs chevaleresques au nom du roi Arthur. Ils contribuent ainsi à amener le progrès et la lumière de la civilisation dans toute la Bretagne.

Chacun des chevaliers a fait le serment solennel qui les relient tous les uns aux autres jusqu’à la mort : « Que jamais Dame, Damoiselle ou Homme ne viendrait demander aide à la cour sans l’obtenir, et que, si l’un des chevaliers présents disparaissait, les autres, tour à tour, se mettraient sans trêve à sa recherche, pendant un an et un jour ».

En parallèle de leurs prouesses, la plupart des chevaliers vivent également de belles histoires d’amour, souvent tourmentées. Conformément aux règles de l’amour courtois, les femmes qu’ils courtisent sont de noble naissance, toujours très belles, mais pas toujours disponibles. Ces idylles conjuguent de grands bonheurs et de terribles déceptions qui conduisent parfois les chevaliers aux limites de la folie.

Ainsi, Yvain ( le fils de Morgane et du roi Urien ) pour sa première aventure se dirige vers ce que l’on appelle la Fontaine Merveilleuse… Il suffit de verser de l’eau du bassin sur la pierre formant la fontaine et le tonnerre se fait entendre, les nuages noirs s’amoncellent juste au dessus du malheureux qui a provoqué cette tempête. 

Plus aucun animal ne reste dans les parages car en plus du tonnerre, la pluie et la foudre envahissent la forêt. Celui qui arrive à laisser passer cette tempête magique sans avoir de dommages se rend compte alors que le bruit fracassant du tonnerre a réveillé le gardien de cette fontaine…. Vêtu de noir de la tête aux pieds, il s’avance vers Yvain l’épée sortie de son fourreau.

Le combat dure un long moment, chacun cherchant les faiblesses de l’autre.

Yvain se rend compte que plus le gardien s’éloignait de la fontaine, plus ses forces diminuent. Lorsqu’il comprit cela, le chevalier s’efforce d’éloigner le gardien petit à petit et finit par le transpercer de sa lame.

Yvain n’a pas à l’esprit à ce moment là, qu’il vient de tuer le gardien, et comme dans beaucoup de légendes, il doit prendre cette place devenue vacante. ….

Dame de la Fontaine -selon-Alan-Lee

 

Yvain tombe amoureux de la dame, maîtresse des lieux qui pleure son époux…. Avec la complicité de sa servante, il épouse la belle Laudine… Mais il n’est pas dans le destin d’un chevalier de mener une « vie bourgeoise » … Yvain repart pour d’autres combats : « Si vous voulez conserver mon amour et si vous tenez vraiment à moi, pensez à revenir bien vite, dans un an au plus tard, huit jours après la Saint-Jean. »

Hélas, comment un chevalier pourrait-il ne pas dévier son chemin lorsqu’on l’appelle au secours, par exemple trois cents pucelles prisonnières car il ne peut dans sa vaillance laisser quiconque dans la souffrance, mais le terme approche et il le dépasse… Yvain devient à moitié fou lorsque Laudine se détourne de lui.

Bien des aventures plus tard, parmi lesquelles un extraordinaire compagnonnage avec un lion, Yvain reviendra et vivra heureux avec sa belle.

Pour Lancelot, c’est pire encore car il a le malheur d’être amoureux de la reine elle-même. Il est donc toujours déchiré entre cette passion irrésistible pour Guenièvre et sa loyauté envers le roi. Quant à Gauvain, les choses sont plus simples pour lui car c’est un séducteur invétéré qui préfère conquérir une multitude de femmes plutôt que de s’attacher à une seule.
 

Toujours est-il que ces nombreuses intrigues amoureuses sont souvent le moteur d’extraordinaires aventures aux multiples rebondissements romanesques. Elles sont souvent le point de départ des quêtes entreprises par les chevaliers.

 

Lire Aussi:

  1. La Légende des chevaliers de la Table Ronde – résumé – 1/9 La légende du roi Arthur est une suite d’histoires enchâssées les unes dans les autres, et de diverses origines …...
  2. La Légende des chevaliers de la Table Ronde – résumé – 3/9 C’est maintenant, que se met en place l’origine de la malédiction qui planera sur la tête du Roi Arthur… Pendant...
  3. La Légende des chevaliers de la Table Ronde – résumé – 2/9 – Tout commence avec la naissance de Merlin. Fils d’un démon et d’une vierge, à la fois homme des bois...

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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – RÉSUMÉ – 3/9

Publié le par Perceval

C’est maintenant, que se met en place l’origine de la malédiction qui planera sur la tête du Roi Arthur…

Morgan et son fils Mordred by Asterodia

Pendant son séjour à Londres pour son élection royale, Arthur est tombé amoureux de Morgue l’épouse du roi Loth d’Orcanie, reine fameuse pour sa beauté. Avec elle, il engendre un fils, Mordred. Or, sans le savoir, Arthur s’est rendu coupable de l’un des pires crimes qui soient : l’inceste. il ignorait en effet que la reine d’Orcanie était sa demi-sœur.

D’autres textes indiquent qu’au cours de cette nuit fatale, c’est en réalité avec la magicienne Morgane que s’unit Arthur : elle aurait sciemment séduit son demi-frère pour que sa descendance soit maudite.

Bien plus tard, l’un de ses fils Gaheriet, la tuera lorsqu’il la trouvera entre les bras de son amant, Lamorak.

 

Alan Lee - Camelot (off 'Castles')

Une fois monté sur le trône, Arthur garde Merlin comme conseiller. A eux deux, ils vont entreprendre de grandes choses. Sur les conseils de son mentor, Arthur installe sa cour dans la ville de Camelott. Il y attire les meilleurs chevaliers du royaume et les réunit autour de valeurs communes. Cela lui permet de fédérer la Bretagne et de lui donner une unité sous son autorité.


Après son élection, Arthur est soutenu par l’Eglise, les pauvres chevaliers sans terre et le peuple. Mais tous les barons n’acceptent pas d’obéir à celui qu’ils considèrent comme un bâtard, et il doit bientôt faire face à une révolte, menée par le les rois d’Orcanie et de Nogales. Ce n’est pas tout : Arthur doit également affronter une invasion de barbares saxons, qui profitent du désordre qui règne dans le royaume. Ces combats mettent rudement à l’épreuve le jeune roi ; mais il se révèle un guerrier si brillant que les barons révoltés finissent heureusement par mettre un terme à leur querelle et acceptent de se soumettre pour écraser l’envahisseur. C’est une période mouvementée, riche de combats épiques et de nombreuses péripéties.

Vincent Pompetti - Le mariage d'Arthur et Guenievre

Parmi ces dernières, on peut en retenir une : sur les conseils de Merlin, Arthur s’était porté au secours de son vassal, le roi de Carmélide, dont le petit royaume était attaqué par une troupe de Saxons et de géants païens. 

Or, ce roi avait une fille d’une grande beauté, Guenièvre, dont Arthur, tombe sur-le-champ éperdument amoureux — elle porte pourtant un nom de mauvais augure : en gallois, Gwenhwyfar signifie « blanc fantôme ».

Merlin avait alors mis en garde son roi : si ce dernier épouse Guenièvre, elle le trahira avec un chevalier de sa cour. Mais Arthur était passé outre, et, une fois les ennemis écrasés et la paix revenue, il avait épousé la jeune femme, qui devenait par conséquent reine de Grande-Bretagne.

Arthur épouse donc, la belle reine Guenièvre, fille du roi Léodagand de Carmélide, et ce dernier offre à Arthur, en cadeau de mariage, la fameuse Table Ronde qui symbolisera son règne.

Table Ronde dans le film 'First Knight'.

 

Avec cette union Arthur n’est plus un roi guerrier dont la vie se résume à d’incessants déplacements d’un champ de bataille à l’autre ; en s’unissant à Guenièvre, il devient un roi civilisateur, régnant sur sa cour, et légitimement préoccupé de fonder une dynastie. Aussi, ces douze premières années sont-elles placées sous le signe de la paix et du bonheur. Installé dans son château de Camelot, Arthur règne sur une cour brillante et raffinée, à laquelle il impose un idéal de civilité qui a pour nom la courtoisie. 

Là, il vit entouré d’une élite de chevaliers soudés aussi loyaux que soudés par une amitié indéfectible : les chevaliers de la Table ronde. Ils siègent à des places assignées autour d’une table ronde, et leur nombre est variable : entre douze en cent cinquante, selon les récits.

Cependant, le « noyau dur » de cet ordre chevaleresque est constitué par un nombre limité de personnages. Dès l’origine, on trouve : Keu le sénéchal ; Béduier le bouteiller (ou échanson) ; Gauvain, le neveu très courtois du Roi; Agravain ; Gaheriet et Gueherriet, ses autres neveux ; Sagremor le desréé (c’est-à-dire « le sauvage »). Plus tard, cette liste s’enrichit de nouveaux noms : Lancelot du lac, chevalier invincible; Perceval le Gallois; Tristan, neveu du roi Marc; Bohort ; Lionnel ; Lamorat ; Galaad, chevalier parfait et fils de Lancelot, et enfin Mordred, le traître.

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LES PERSONNAGES DE LA LÉGENDE ARTHURIENNE

Publié le par Perceval

Pendant cette période estivale, nous allons reprendre les personnages les plus emblématiques de la Légende Arthurienne, dans un résumé de la Légende...

Les deux grandes figures du mythe sont le preux roi Arthur et Merlin le magicien…

Le roi Arthur

Les premiers textes gallois qui citent son nom évoquent un personnage valeureux et parfois tyrannique. Geoffroy de Monmouth, dans son Histoire des rois de Bretagne (vers 1135 ), impose l’image d’un souverain fastueux, défenseur de la foi chrétienne, assez intelligent pour s’entourer des meilleurs chevaliers, dont les exploits augmentent sa gloire.

Même s’il reste au second plan dans la plupart des romans de la Table ronde, il figure dès les années 1310 parmi les Preux, ces neuf héros les plus valeureux du passé. Jusqu’au XVIe siècle, on retrouvera Arthur parmi les nombreuses représentations figurées des Neuf Preux et dans les textes qui leur sont consacrés.

Le Roi Arthur est dit ‘ Roi des deux Bretagnes ‘, il est le fils adultérin d’Uter Pendragon et d’Ygerne. C’est sous son règne que se déroulent les aventures de la Table Ronde.

Il est l’époux de la reine Guenièvre.

Merlin le prophète

Quand Geoffroy de Monmouth écrit son Histoire des rois de Bretagne, vers 1135 , il existe sans doute une tradition orale relative à un barde dénommé Myrddin, qui aurait vécu en Écosse à la fin du VIe siècle et serait l’auteur de poèmes prophétiques. Chez Geoffroy, qui écrit aussi une Vie de Merlin, c’est à la fois un magicien – parfois facétieux -, un prophète et un enchanteur fou, qui hante les bois du Northumberland.

Vers 1200, Robert de Boron reprend l’histoire de Merlin dans un poème dont il reste aujourd’hui moins de 600 vers, mais dont nous conservons l’adaptation en prose.

Merlin, fils d’un démon et d'une vierge, est conçu pour s’opposer à l’emprise du Christ sur les hommes. Mais Dieu choisit de l’utiliser comme instrument du bien, en le dotant du pouvoir de prédire l’avenir. Merlin devient alors le conseiller des rois de Bretagne : il programme la naissance et l’avènement d’Arthur. Mais son amour pour Viviane, la Dame du Lac, le conduit à sa perte. 

Enchanteur et devin, il révèle au roi Arthur l’existence du Graal et le conseille dans sa quête

 

VIVIANE (La Dame du lac)

Merlin et Viviane ( Nimue)

 est la fille d’un petit seigneur de la forêt de Brocéliande, nommé Dyonas. La fée Diane, la protège, et lui transmet ses dons d'esprit et de beauté... Elle devient la disciple, puis l'amante de Merlin ( transformé en beau jouvenceau). Merlin lui livre tous ses secrets ce qui lui permet de garder son amant prisonnier, sans chaîne, ni muraille... Elle élève Lancelot (du Lac) après l’avoir ravi à sa mère. 

Le Conte la fait aussi apparaître, émergeant des brumes d'Avalon, terre des fées de l'Autre Monde, avec pour mission sacrée de remettre à Arthur, l'épée Excalibur qui lui est destinée; puis, de la reprendre à la fin des aventures des chevaliers de la Table Ronde...

 

UTER PENDRAGON 

Uther and Ygraine. by Frank Godwin

est le Roi de Logres. Il devient – par ruse, et avec l'aide de Merlin – l’amant d’Ygerne (femme du duc de Tintagell) de laquelle il aura un fils adultérin Arthur (le roi Arthur), bébé qu'il doit remettre à Merlin... A la mort du duc de Tintagell, Uter Pendragon épouse Ygerne.

YGERNE

est la femme du duc de Tintagell, elle épouse, en secondes noces, Uter Pendragon ( père d’Arthur ). Ygerne, de son premier mariage est la mère de trois filles la reine d’Orcanie, la reine de Garlot et Morgane.

 

 

GUENIEVRE 

est la fille du roi de Carmélîde: Léodagan. Elle devient femme du roi Arthur, et l’amante de Lancelot… Elle est convoitée par Méléagant, fils du roi de Gorre, qui l’enleve. Elle sera secourue par Gauvain et Lancelot du lac. Sa beauté, son éloquence ainsi que le prestige de sa cour font de la reine une figure à la fois prisée par les chevaliers, haïe par ses semblables. Elle est célèbre pour sa relation adultérine avec Lancelot, qui en devient asocial au nom de l’amour absolu qu’il voue à la reine. La romance entre Lancelot et la reine Guenièvre devient la cause principale de la chute du monde arthurien...

 

LANCELOT ( du lac)

Sir Lancelot and Guinevere, par James Archer

est le fils du roi Ban de Bénoïc et de la reine Élaine. Il est né en Petite Bretagne, sur les bords du lac de Diane, peu après la Pentecôte où il fut enlevé à ses parents par la fée Viviane (la Dame du Lac) et élevé par la fée jusqu’à ses dix-huit ans à l’abri du Lac.

Il est donc l’héritier d’un royaume de l’Armorique, mais il est aussi et surtout le descendant d’une lignée prestigieuse, remontant notamment à Joseph d’Arimathie, le personnage biblique ayant recueilli le sang du Christ dans le Saint Graal et ayant apporté celui-ci en terre bretonne. Son nom de baptême était Galaad, qui deviendra par suite le nom de son fils. Il est l’un des chevaliers de la Table Ronde, peut-être le plus grand...

 
 

MORDRED 

Mordred et Morgause by marjorie carmona

est le fils illégitime d’Arthur et de sa demi-sœur, Morgane ( ou Morgause, sœur de Morgane).

Il fut envoyé, alors qu’il n’était qu’un bébé, avec tous les enfants nés le même jour que lui, dans un bateau. Mais le bateau coula et seul Mordred survécut. Il fut ensuite élevé par un brave homme nommé Nabur jusqu’à l’âge de 14 ans, puis fut amené à la cour du roi Arthur où ses véritables origines lui furent révélées.

Il devient un temps chevalier de la Table Ronde, mais sa réputation de chevalier traître se fait très vite, d’autant qu’il est détesté par les autres chevaliers pour son caractère fourbe et sournois.
Il trahit le roi Arthur en profitant que ce dernier est parti à la poursuite de Lancelot pour le punir de son adultère avec Dame Guenièvre. Mordred s’empare du trône de Camelot, forçant Arthur à revenir précipitamment.
La bataille de Camlann s’ensuit dans laquelle tous les chevaliers d’Arthur périssent. Le roi Arthur se bat en duel contre Mordred et bien qu’il réussisse à le tuer, Mordred l’a mortellement blessé...

 

MORGANE 

Morgane par Will Worthington

est la sœur d’Arthur, fille d’Ygraine et épouse du roi Lot d’Orcanie. Un enfant de l’inceste entre Arthur et sa demi-sœur Morgane est conçu: Mordred, grâce à certain secrets de Merlin que Morgane aurait dérobés.

Elle est considérée tantôt comme une fée bienveillante et guérisseuse, tantôt comme une magicienne obscure et maléfique. Son seul but a été de détrôner Arthur afin qu’elle devienne la reine de la Bretagne. Pendant toutes ces années, elle essaie de tuer son demi-frère, qui finalement se fait tuer par son propre fils Mordred.

Attention:  Selon les continuateurs de la Légende, nous pourrons avoir Morgause, ou Morgane, cette dernière étant la plus connue. Les relations amoureuses d’Arthur et Morgane sont quasiment absentes des romans français. Elles se lisent surtout dans la compilation anglaise de Malory.

A suivre: Les Chevaliers de la Table Ronde: Personnages et Résumé...

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de 1759, les '' Mémoires sur l'ancienne chevalerie '' Par amour pour sa Dame...

Publié le par Perceval

Voilà comment, Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye (1697-1781), informe ses lecteurs « sur la foi de nos anciens auteurs, les avantages de la Chevalerie militaire, de laquelle il ne reste plus que des vestiges dans les divers ordres de la Chevalerie régulière ou religieuse... »

Je rappelle que les textes suivants sont extraits de : '' Les Mémoires sur l'Ancienne Chevalerie'' publiées en 1759...

Se battre pour l'amour de sa Dame :

Combien de fois ne vit-on pas à la guerre des chevaliers prendre les noms de poursuivants d'amour, et d'autres titres pareils, se parer du portrait, de la devise et de la livrée de leurs maîtresses , aller sérieusement dans les sièges , dans les escarmouches et dans les batailles offrir le combat ( note 24) à l'ennemi , pour lui disputer l'avantage d'avoir une dame plus belle et plus vertueuse que la sienne , et de l'aimer avec plus de passion.

(24) Le sire de Languerant , en 1378, ayant mis en embuscade dans un bois quarante lances qu'il commandait, leur ordonna de l'attendre jusqu'à ce qu'il fût revenu de reconnoître la forteresse de Cardillac occupée par les Anglois. Il s'avança tout seul jusqu'aux barrières , et s'adressant à la garde : « Où est Bernard Courant vostre capitaine? demanda-t-il. Dites luy que le sire Languerant luy demande une jouste; il est bien si bon homme d'armes et si vaillant qu'il ne la refusera pas pour l'amour de sa dame ; et s'il la refuse ce luy tournera à grand blâme, et diray qu'il m'aura refusé par couardise une jouste de fer de lance. » Elle ne fut point refusée , et Languerant y perdit la vie. ( Froissart, liv. II , p. 43 et 44- )

 

Prouver la supériorité de sa valeur , c'étoit alors prouver l'excellence et la beauté de la dame qu'on servoit , et de qui l'on étoit aimé : on supposoit que la plus belle de toutes les dames ne pouvoit aimer que le plus brave de tous les chevaliers ; et le parti du vainqueur trouvoit toujours son avantage dans cette heureuse supposition.

Mais le pourroit-on croire , si l'on n'étoit appuyé sur le témoignage des historiens comme sur les romanciers, pourroit-on se persuader que des assiégeants et des assiégés, au fort de l'action, aient suspendu leurs hostilités pour laisser un champ libre à des écuyers qui vouloient immortaliser la beauté de leurs dames, en combattant pour elles ? C'est néanmoins ce qu'on vit arriver au siège du château de Touri en Beauce , suivant Froissart. S'imaginera-t-on aisément encore que dans le feu d'une guerre très-vive des escadrons de chevaliers et d'écuyers françois et anglois, qui s'étoient rencontrés près de Cherbourg en 1379 , ayant mis pied à terre pour combattre avec plus d'acharnement , arrêtèrent les transports de leur fureur pour donner à l'un d'entre eux, qui seul étoit resté à cheval, le loisir de défier celui des ennemis qui seroit le plus amoureux? Un pareil défi ne manquoit jamais d'être accepté. Les escadrons demeurèrent spectateurs immobiles des coups que se portaient les deux amants ; et l'on n'en vint aux mains qu'après avoir vu l'un d'eux payer de sa vie le titre de serviteur qu'il avoit peut-être obtenu de sa dame.

Les héros grecs sont-ils donc plus sages dans Homère, lorsqu'au milieu de la mêlée ils s'arrêtent tout-à-coup pour se raconter leur généalogie ou celle de leurs chevaux ? Ce combat singulier fut suivi d'une action des plus sanglantes ; et Froissart , pour donner plus de poids à son récit , ajoute : « Ainsi alla ceste besongne comme je fu à donc informé. »

L'esprit de galanterie , l’âme de ces combats, dont l'histoire nous fournit des exemples sans nombre , ne s'étoit point encore perdu dans les guerres d'Henri IV et de Louis XIV ; on y faisoit quelquefois le coup de pistolet pour l'amour et pour l'honneur de sa dame : au siège d'une place on vit un officier blessé à mort , écrire sur un gabion le nom de sa maîtresse en rendant le dernier soupir.

(…)

Brantôme nous apprend que de son temps plus que jamais , l'amour avoit encore ses héros : « Les gens de cour se sont fait remarquer très-braves et vaillants et certes plus que le temps passé. »

Puis reprenant ce qu'il avoit dit plus haut de M. de Randan : « Estant à Metz , continue-t-il , un cavalier de dom Louys d'Avila, colonel de la cavalerie de l'empereur, » se présenta et demanda à tirer un coup de lance pour l'amour de sa dame. Monsieur de Randan le prit aussistost au mot par le congé de son général , et s'estant - a mis sur les rangs, fust ou pour l'amour de sa maistresse qu'il espousa depuis , ou pour l'amour de quelqu'autre bien grande , car il n'en estoit point dépourvue , jousta si furieusement et dextrement qu'il en porta son ennemi par terre à demy mort, et retourna tout victorieux et glorieux dans la ville, ayant fait et apporté beaucoup d'honneur à luy et à sa patrie , et dont chacun le loua et en estima extrêmement et non sans cause. »

 

(…) un usage dont nos romanciers ont souvent fait mention, et qui convient tout-à-fait à des temps où le chef-lieu de chaque domaine étoit un poste , et presque une place de guerre, exposée aux insultes , aux attaques de voisins toujours ennemis et toujours armés. Une demoiselle riche héritière , suivant le récit de ces romanciers, une dame restée veuve avec de grandes terres à gouverner, avoit-elle besoin d'un secours extraordinaire, elle appeloit quelque chevalier d'une capacité reconnue , elle lui confioit , avec le titre de vicomte ou de châtelain, la garde de son château et de ses fiefs, le commandement des gens de guerre entretenus pour leur defense ; quelquefois même , dans la suite , elle acquittoit par le don de sa main ( note 47) les services importants qu'elle avoit reçus de lui. Ordinairement de telles alliances furent contractées par les avis et sous l'autorité des souverains. Protecteurs nés des pupilles et des veuves nobles de leurs États, les princes ,en conciliant les intérêts des deux parties , remplissoient les généreuses fonctions de la garde royale, et récompensoient en même temps la valeur des plus braves chevaliers de la cour. Ce fut vraisemblablement ainsi qu'un nombre assez considérable de nos plus grands seigneurs acquirent les terres immenses qu'ils ont possédées. Il seroit difficile de donner une origine plus glorieuse, soit à la puissance de leurs maisons, soit à l'étendue de leurs domaines.

 

(47) Je n'ai que des romans et des ouvrages aussi fabuleux à citer pour preuve de cet usage ; mais on peut croire aisément que cette idée romanesque fut adoptée par des seigneurs et des chevaliers qui auroient voulu s'assurer de l'adresse et de la valeur des époux qu'ils destinoient à leurs filles pour défendre les fiefs dont elles étoient héritières.

« Le puissant roy Odescalque , qui avoit une fille nommée Doralisce (Nuits de Straparole, t. I, p. 236), en la voulant marier honorablement, avoit fait publier un tournoy par tout royaume , ayant delibéré de ne la marier point , sinon à celui qui auront la victoire et le prix du tournoy, au moyen de quoi plusieurs, ducs , marquis et autres puissants seigneurs étojent venus de toutes parts pour conquester ce précieux prix. » On voit , dans Perceforest ( vol. V, fol. 22, 28), la description d'un célèbre tournoi dont le prix devoit être pareillement une jeune demoiselle à marier : le vainqueur devint son époux.

Une autre demoiselle, suivant le roman de Gérard de Roussillon (manuscr., fol. 99, recto), en provençal, choisit elle-même un brave chevalier pour être le châtelain de ses- terres et pour les défendre , et l'épousa dans la suite. On peut se rappeler ici ce que dit Froissart (1. 1, p. 222) des amours d'Eustache d'Auberticour avec madame Isabelle de Juliers , qui lui envoya souvent des chevaux en présent et qui couronna les exploits de ce brave chevalier par le mariage qu'elle contracta avec lui.

Excès de libertinage :

Dans ces temps-là le mérite le plus accompli d'un chevalier consistoit à se montrer brave , gai , joli et amoureux. Quand on avoit dit de lui qu'il savoit également parler d'oiseaux , de chiens , d'armes et d'amour ; quand on avoit fait cet éloge de son esprit et de ses talents , on ne pouvoit plus rien ajouter à son portrait.

On ne parloit point de l'amour sans définir l'essence et le caractère du parfait et véritable amour ; et l'on se perdoit bientôt dans un labyrinthe de questions spéculatives sur les situations ou les plus désespérantes, ou les plus délicieuses d'un coeur tendre et sincère; sur les qualités les plus aimables ou les plus odieuses d'une maîtresse. Les fausses subtilités que chacun employoit pour défendre sa thèse, étoient appuyées, tantôt de déclamations in décentes contre les dames , tantôt de phrases pompeuses cent fois rebattues qu'on débitoit à leur honneur. Un juge de la dispute qui répondoit à ce qu'on appeloit prince d'amour , ou prince du Puy dans les cours d'amour, juridictions établies dans quelques contrées, pour connoître de ces importantes matières , un juge,dis-je, prononçoit des sentences presque toujours équivoques, obscures et souvent énigmatiques , auxquelles les parties se soumettoient avec une respectueuse docilité.

(…)

Ces amants de l'âge d'or de la galanterie , qui semblent avoir moins puisé dans Platon que dans l'école des scotistes, les idées et les définitions de l'amour , ces espèces d'enthousiastes, se vantoient de n'aimer que les vertus, les talents et les grâces de leurs dames, d'y trouver l'unique source du bonheur de leur vie ; et de n'aspirer qu'à maintenir, qu'à exalter, et qu'à répandre en tous lieux la ré putation et la gloire qu'elles s'étoient acquises.

Prodigues de louanges exagérées , ils ne se seroient jamais permis d'avouer qu'il y eût une dame plus belle que celle qu'ils servoient ; quelques-uns même se vantoient de la plus violente passion pour celles qu'ils n'avoient jamais vues, sur le seul bruit de leur renommée. Une infinité de détails toujours puérils, étoient la seule expression des craintes , des espérances et de tous les sentiments dont leurs esprits étoient agités.

Cette métaphysique d'amour , ce vaste champ où s'exerçoient les plus beaux esprits qui brilloient parmi nos respectueux serviteurs des dames, n'avoit cependant point banni de leurs entretiens les images, les allusions, et les équivoques froides et obscènes , production ordinaire des esprits grossiers et licencieux. L'indécence fut portée aussi loin qu'elle pouvoit aller dans les écrits , et surtout dans les poésies de ce temps, où les hommes les plus qualifiés s'exerçoient dans la science gaie , c'est-à-dire dans l'art de rimer et de versifier.

Comme il n'y avoit qu'un pas de la superstition de nos dévots chevaliers à l'irréligion , ils n'eurent aussi qu'un pas à faire de leur fanatisme en amour aux plus grands excès du libertinage (17). Ils ne demandoient à la beauté dont ils étoient esclaves, ou plutôt idolâtres, ils ne demandoient que la bouche et les mains ( termes empruntés de la cérémonie des hommages), c'est-à-dire l'honneur de tenir d'elles leur existence comme en fief; mais on ne les jugera pas trop légèrement, si l'on dit que souvent ils furent peu fidèles aux chaînes qu'ils avoient prises.

Jamais on ne vit les moeurs plus corrompues que du temps de nos chevaliers , et jamais le règne de la débauche ne fut plus universel. Elle avoit des rues , des quartiers dans chaque ville; et saint Louis gémissoit de l'avoir trouvée établie jusqu'auprès de sa tente , pendant la plus sainte des croisades. C'est Joinville même, confident de ses plaintes, qui nous les a rapportées. L'ignominie que ce prince voulut faire subir à l'un de ses chevaliers surpris en faute , prouve combien il étoit nécessaire d'arrêter les suites de la corruption générale. Le châtiment dont ce pieux monarque avoit trouvé l'exemple dans les loix communes du royaume, n'étoit guère moins scandaleux que le crime.

Aux tendres conversations de nos chevaliers et de nos écuyers succédoient plusieurs jeux, qui souvent rouloient sur la galanterie , et dont quelques-uns qui nous sont demeurés , amusent à peine nos enfants. Un vain cérémonial de révérences, de génuflexions , de prosternations jusqu'à terre, consumoit le reste de leur temps dans un exercice continuel , aussi fatigant que ridicule.

Défions-nous des éloges que donne un siècle au siècle qui l'a précédé. L'amour antique (19), si tendre, si constant , si pur et si vanté, dont on fait toujours honneur à ses devanciers, fut le modèle que les censeurs, dans tous les ages , proposèrent à leurs contemporains : deux ou trois cents ans avant Marot on avoit comme lui , et presque dans les mêmes termes, regretté le train d'amour qui régnoit au bon vieux temps.

(17) Quelques traits empruntés de différents siècles me serviront à prouver que la corruption de nos ancêtres ne le cédoit point à celle qui, dans tous les temps , excita la colère des censeurs publics. Le moine du Vigeois , vers 1180 , parlant de la licence qui régnoit alors dans les troupes , comptoit, dans une de nos armées, jusqu'à quinze cents concubines , dont les patures se montoient à des sommes immenses : ''Quorum ornamenta inestimabili thesauro comparata sunt.'' Le même historien nous apprend que le respect public ne les renfermoit point dans la classe qui leur convenoit : parées comme les plus grandes dames , on les confondoit avec ce qu'il y avoit de plus respectable : la reine elle-même y fut trompée , en voyant à l'église une femme de cette espèce : comme elle alloit au baiser de la paix, elle l'embrassa de même que les autres femmes. Ayant été depuis mieux informée, elle en fit des plaintes au roi son mari , et le monarque défendit que les femmes publiques portassent dans Paris le manteau , qui devint la marque à laquelle on distingua les femmes mariées.

Le treizième siècle ne fut pas mieux réglé, même dans le temps où saint Louis donnoit l'exemple d'une vie toute chrétienne. (...)

Charles VI la cour même devint le théâtre du scandale. La plus ancienne et la plus édifiante de nos maisons religieuses en eut le triste spectacle , suivant le moine de Saint-Denis qui déplore en ces termes le malheur de son monastère.

Après le récit des tournois faits en 1380, à Saint-Denis (Hist. de Saint-Denys, ch. VI , p. 170 et 171) pour la Chevalerie du roi de Sicile et de son frère : « Jusques-là , dit l'historien , tout alloit assez bien , mais la dernière nuit gasta tout par la dangereuse licence de masquer et de permettre toutes sortes de postures plus propres à la farce qu'à la dignité de personnes si  considérables , et que j'estime à propos d'estre remarquées dans cette histoire pour servir d'exemple à l'advenir à cause du désordre qui en arriva. Cette mauvaise coûtume de faire le jour de la nuit, jointe à la liberté de boire et de manger avec excès , fit prendre des libertés à beaucoup de gens, aussi indignes de la présence du roi que de la sainteté du lieu où il tenoit sa cour. Chacun chercha à satisfaire ses passions ; et c'est tout dire qu'il y eut des marys qui patirent de la mauvaise conduite de leurs femmes, et qu'il y eut aussi des filles qui perdirent le soin de leur honneur. Voilà en peu de mots le récit de toute cette leste que le roi acheva de solemniser par mille sortes de présents , tant pour les chevaliers et les escuyers qui s'y signalèrent , que pour les dames et les damoiselles : il leur donna des pendants d'oreille de diamants , plusieurs sortes de joyaux et de riches étoffes, prit congé des principales qu'il baisa, et licencia toute la cour. » (...)

 

Si je rapporte encore les vers suivants d'un de nos poetes françois, qui ne peuvent point être pris à la lettre , c'est moins pour faire connoître la dépravation du siècle que pour donner une idée de l'esprit de nos écrivains qui repaissoient leurs lecteurs Une dame qui reçoit chez elle un chevalier ne veut point s'endormir qu'elle ne lui envoie une de ses femmes pou lui faire compagnie.

 

La comtesse qui fut courtoise ,

« De son oste pas ne li poise (N'est pas fâchée d'avoir un tel hôte,)

Ainz li fist fére à grant delit ( Une grande joie) ,

En une chambre un riche lit.

Là se dort à aise et repose ;

Et la comtesse à chief se pose ( Enfin va se coucher. ),

Apele une some (sienne) pucelle,

La plus courtoise et la plus bele.

A consoil ( En secret , à l'oreille.) li dist, belle amie,

Alez tost , ne vous ennuie ( Qu'il ne vous déplaise.)

Avec ce chevalier gesir ,

(...)

Si le servez, s'il est mestiers.

Je i alasse volentiers,

Que ia ne laissasse pour honte ;

Ne fust pour monseigneur le comte

Qui n'est pas encore endormiz. »

 

(Fabliaux mss. Du roi, n° 7615, fol. 210, verso, col. 1.)

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de 1759, les '' Mémoires sur l'ancienne chevalerie '' -1/.-

Publié le par Perceval

Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye (1697-1781) publie, après un mémoire concernant la lecture des Anciens Romans de Chevalerie ; en 1759 les '' Mémoires sur l'ancienne chevalerie '', rééditées au cours du XIXe siècle, et saluées par Ch. Nodier …

Dès 1748, La Curne de Sainte-Palaye est reçu membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, après avoir entrepris l’étude des chroniqueurs du Moyen Âge, ce qui le conduit à rechercher les origines de la chevalerie.

Bien sûr l'auteur y fait l'éloge de la noblesse, dont il rappelle les valeurs... Ses sources relèvent de textes littéraires... Et c'est le début d'une recherche historique de la chevalerie …

Ce sont les érudits de la seconde moitié du XVIIIe siècle, qui ont redécouverts la littérature médiévale, l'ont ''traduite'', et l'ont fait lire .

La Curne de Sainte-Palaye, écrit un glossaire de l'ancien français et propose une réécriture des œuvres de Chrétien de Troyes … Il applique la technique de la synthèse à des dialogues de Chrétien de Troyes, rapidement repris sous la forme du discours rapporté... Exemple :

« Lancelot lui proposa de les rompre [les barreaux de fer protégeant la fenêtre], la reine lui en representa l’impossibilité par leur grosseur, mais il l’assura que rien n’estoit capable de l’empecher de l’approcher que sa deffence. Elle lui donna toute permission, et convint qu’il estoit plus convenable […] qu’elle allât l’attendre dans son lit. (f. 291v) » Il s'agit ici du moment crucial où Lancelot parvient enfin à rejoindre la reine encore prisonnière dans le palais de Méléagant. Chacun des verbes en italique correspond à une réplique au discours direct dans le roman original, le bref passage cité couvrant plus de 30 vers de Chrétien (4597-632).

Lorsque les dames et demoiselles de la cour d’Artus projettent l’organisation du tournoi de Noauz, c’est par le procédé du ''don en blanc'' (cf note) qu’elles obtiennent du roi la promesse que la reine sera présente (vv. 5382-409). La simplification introduite par La Curne lui permet de faire l’économie du motif pour n’en conserver que le résultat : [Les dames] en firent annoncer le jour par tout le royaume, après que la reine leur eut promis d’y assister. (f. 294r)

Note : Le ''don contraignant '' ou ''don en blanc'' est un motif fréquent dans la littérature du Moyen Âge... Le donateur est lié à sa promesse sans qu'il connaisse la nature du don qu'il a accordé et, une fois la requête acceptée, ne pas s'acquitter de sa promesse serait une lâcheté, un acte contraire à l'honneur, aussi « le roi, le chevalier ou la dame qui se sont endettés d'un don doivent acquitter leur promesse, même si elle contredit leurs principes moraux ou leurs sentiments profonds » 

 

Les passages que j'ai repris soulignent l'importance - pour notre auteur – du rôle de la Dame dans la vie d'un chevalier, depuis son adoubement, jusque dans sa pratique de la chevalerie, en particulier lors des tournois comme nous allons le lire ….


 

Extraits de : '' Les Mémoires sur l'Ancienne Chevalerie'' 1759 - par Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye

« (...)

Les premières leçons qu'on donnait aux pages ou damoiseaux regardoient principalement l'amour de Dieu et des dames c'est-à-dire la religion et la galanterie.

Si l'on en croit la chronique de Jehan de Saintré, c’était ordinairement les dames qui se chargeaient du soin de leur apprendre, en même temps, leur catéchisme et l'art d'aimer. Mais autant la dévotion qu'on leur inspirait était accompagnée de puérilités et de superstitions, autant l'amour des dames, qu'on leur recommandait, était-il rempli de raffinement et de fanatisme. Il semble qu'on ne pouvait, dans ces siècles ignorants et grossiers, présenter aux hommes la religion sous une fortune assez matérielle pour la mettre à -leur portée ni leur donner, en même temps, une idée de l'amour assez pure assez, métaphysique ,pour prévenir les désordres et les excès dont était capable une nation qui conservait partout le caractère impétueux qu'elle montrait à la guerre. ̃Pour mettre le jeune novice en état de pratiquer ces bizarres leçons de galanterie, on lui faisait de bonne heure faire choix de quelqu'une des plus nobles, des plus belles et des plus vertueuses dames des cours qu'il fréquentait c’était elle à qui, comme à l'Être souverain, il rapportait tous ses sentiments, toutes ses pensées et toutes ses actions. Cet amour, aussi indulgent que la religion de ce temps-là, se prêtait et s’accommodait à d'autres passions moins pures et moins honnêtes.

 

Les sept premières années de l'enfance avoient été abandonnées à l'éducation des femmes, les sept suivantes étaient employées au service de page, et les sept autres à celui d'écuyer, avant que de parvenir à la Chevalerie...

Albert de Gapensac poète provençal, dit que sa dame veut en user envers lui comme le haut baron qui craint d'accorder la Chevalerie à son écuyer, de peur de se priver d'un serviteur dont il retire de grands services Ne craignez rien, jure-t-il à cette dame plus vous me témoignerez d'amour et plus vous me trouverez fidèle.

A suivre : '' le Tournoi ''

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La littérature arthurienne au XIXe et XXe s. -3/3-

Publié le par Perceval

 
En France, on semble manifester encore de la méfiance envers une tradition littéraire très imprégnée de merveilleux….

Dès la fin du XIXe s. commencent à paraître des versions pour enfants : celle de Sir James Knowles, intitulée The story of King Arthur, publiée en 1862 est probablement la première ; elle dispute ce titre à la version américaine de Sidney Lanier, The Boys’ King Arthur, parue à New York en 1880.

The-Legends-of-King-Arthur-and-His-Knights - J-Knowles  Illustrated by Lancelot-SpeedThe-Legends-of-King-Arthur-and-His-Knights - J-Knowles  Illustrated by Lancelot-Speed
The-Legends-of-King-Arthur-and-His-Knights - J-Knowles  Illustrated by Lancelot-SpeedThe-Legends-of-King-Arthur-and-His-Knights - J-Knowles  Illustrated by Lancelot-Speed

The-Legends-of-King-Arthur-and-His-Knights - J-Knowles Illustrated by Lancelot-Speed

Le-Roi-Arthur  Livre-Rose pour-la-jeunesse Larousse

Le-Roi-Arthur Livre-Rose pour-la-jeunesse Larousse

King-Arthur His-Knights 1923

 

A signaler enfin, la réécriture burlesque de l’auteur-illustrateur américain Howard Pyle, King Arthur and his Noble Knights, une version en quatre volumes commencée en 1903. Les jeunes Anglo-saxons sont donc baignés très tôt dans un imaginaire arthurien qui semble exciter l’imagination d’écrivains talentueux.

En conséquence, les chevaliers arthuriens que nous rencontrons au XXe s. dans la littérature pour la jeunesse en France nous sont bien souvent parvenus via l’Angleterre et les États-Unis.

La première trace d’un roman arthurien pour enfants date approximativement de 1911, où l’on trouve un Roi Arthur dans la collection « Les livres roses pour la jeunesse » des éditions Larousse.

Après la seconde guerre guerre mondiale, quelques versions de romans arthuriens se rattachent encore à l’austère tradition universitaire. C’est le cas, par exemple, du volume signé Jacques Boulenger en 1922, qui sera longtemps réédité dans des collections enfantines, parfois avec des illustrations pleines de fraîcheur, comme c’est le cas en 1948, chez Mame, avec des images d’Albert Uriet, et qui ne brille ni par la fantaisie ni par la légèreté du style

Les-Chevaliers-de-la-Table-ronde - Albert-Uriet

 

LA-JEUNESSE-DE-LANCELOT-DU-LAC 1946


 

Puis, paraissent des versions très allégées, illustrées, remaniées.

Certaines sont de « pures » productions françaises, comme La Grande nuit de Merlin de Samivel publié en 1943 ;

La Jeunesse de Lancelot du Lac, de Noël Dufourt, daté de 1946 ;

Contes et légendes du roi Artus : L’enfance de Merlin de Claude Sylvain parue en 1947 chez Gautier Languereau ;

La Légende de Merlin l’enchanteur, texte du prolifique Jean Sabran publié par les éditions G.P.

En 1951 ; Les Contes de la Table Ronde d’Andrée Deflassieux-Fitreman en 1955 ; Les Chevaliers de la Table Ronde de Clément Borgal en 1961 ; ou encore un Lancelot du Lac adapté par Jacqueline Le Page en 1962.

Mais l’apport décisif à cette renaissance arthurienne dans le livre pour enfants vient du monde anglo-saxon.

 

La littérature arthurienne au XIXe et XXe s. -3/3-

L’album Les Chevaliers de la Table Ronde paru en France en 1957, est une transposition du film de Richard Thorpe, premier film en cinémascope de la MGM ( inspiré lui-même du texte de Malory, popularisé par la version de Steinbeck de 1952) qui connaît un succès international. Cette version évacue tout le merveilleux de la geste arthurienne pour ne retenir qu’un pragmatique question de succession et de pouvoir.

La littérature arthurienne au XIXe et XXe s. -3/3-

A lire, ..!

Le classique arthurien chez l’Atalante: Le Roman du roi Arthur et de ses Chevaliers de la Table Ronde

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Comment J.L. De La Bermondie retrouve les Templiers, au XVIIIe siècle... -4/.-

Publié le par Perceval

Comme lors du Convent ( Assemblée législative des députés des loges) des Philalèthes ( chercheurs de la Vérité) ) ; J.L. De la Brémontie, s'il en a eu l'occasion, aurait pu entendre que:

« La Maçonnerie doit sa puissance à l’extinction des Templiers : ceux-ci puisèrent leurs connaissances dans l’Orient. L’ordre, fondé par neuf gentilshommes dans le XIIe siècle, s’établit là où avait été le Temple de Salomon et surtout dans le voisinage des deux colonnes ; ils avaient plusieurs grades : leurs réceptions se faisaient de nuit et avant le lever du jour ; leurs assemblées étaient dans un lieu fermé; ils s’appelaient Frères. » ''L’Histoire véritable de la condamnation des Templiers'' de Pierre Dupuy, qui en 1654, réhabilitait les Templiers et était convaincu que les Templiers dispensait une connaissance ésotérique...

Lors du convent, le frère continue ainsi, appuyant la filiation entre l’Ordre illustre et la Franc-maçonnerie : « Quelques passages de Dupuis prouvent qu’on était reçu, n’ayant que la chemise et la culotte, et qu’on faisait un grand détour pour arriver dans le lieu secret de la maison, que la porte était gardée par deux guerriers, épée en main et gardant les clefs ; ils avaient des signes et des mots, lors de leur persécution en France, plusieurs passèrent en Angleterre. »

Jean Baptiste Willermoz écrit que dans sa propre Loge dès 1752 on faisait référence au lien avec la chevalerie dans la transmission du 4em grade pour présider la loge. « J’apprenais mystérieusement à ceux auxquels je conférais le 4em grade de la Loge, qu’ils devenaient successeurs des Chevaliers (Templiers) et de leurs connaissances, je l’ai ainsi répété pendant dix ans comme je l’avais appris de mon prédécesseur, qui l’avait appris lui-même par une ancienne tradition, dont il ne connaissait pas l’origine. »

Parmi les hauts-grades, l'un des plus anciens est dénommé '' Chevalier d'Orient et de l'Épée '', sa légende symbolique visite le thème de la reconstruction du Temple de Jérusalem, avec l'image du franc-maçon, la truelle du maçon dans une main et l'épée du chevalier dans l'autre... Un peu plus tard apparaît celui du '' Sublime Chevalier Elu'' un grade de vengeance ( du fait des morts injustes de Hiram, et de Molay …)

La légende qui appuie cet héritage d'architecte et de chevalier, décrit les Templiers comme ayant encouragé et protégé les meilleurs bâtisseurs de leur époque. Ils leur auraient commandé la construction d'édifices réclamant à la fois une maîtrise parfaite de l'architecture et un degré supérieur de connaissance mythique...

Au lendemain du supplice de leur grand maître, ils se seraient cachés dans quelques châteaux ou monastères isolés ; et, loin d'abandonner cette culture, ils se seraient au contraire attachés à l'entretenir, à l'affiner. Sur quoi, il aurait fallu attendre le XVIIIe siècle, pour que cette tradition puisse se dévoiler au coeur des loges maçonniques.

 

Lorsque J.L. De la Brémontie, présente certains documents qui lui viennent de son ancêtre Roger de Laron, et encore assez bien conservés, les mystérieux graphiques et propos consignés évoquent à chaque fois chez son interlocuteur avisé, des propos relevant de connaissances alchimiques...

Ce fut le cas, lorsque l'abbé Pernéty - connu pour avoir accompagné comme aumônier l'expédition de Bougainville – de passage à Paris à l'automne 1766, et qui l'entretient de la '' Rose-Croix''

Pernety traduira plus tard des écrits de Swedenborg, et se passionne pour l'alchimie. Il tentera en Avignon, aidé du marquis de Vaucroze, de fonder une société ''Rose-Croix'', que l'on nommera les '' illuminés d'Avignon''

 

Au cours de sa recherche J.L. De la Brémontie, ne rencontrera la ''Rose-Croix'' que par l’intermédiaire des hauts-grades...

A noter : un manuscrit rosicrucien de 1760 trouvé à Strasbourg, intitulé ''Deuxième Section, de la Maçonnerie parmi les Chrétiens'' qui relie Templiers, Rose-Croix et Francs-Maçons dans une tradition immémoriale d'une société secrète, hermétiste et occultiste... Les Grands Maîtres secrets, se seraient succédé depuis ce temps-là.

 

 


 

Quant à l'alchimie ; ce ne sera que vers 1778 que le Rite Ecossais Rectifié reprendra explicitement le symbolisme alchimique: on y retrouve dans les voyages du récipiendaire les trois éléments: le feu ( associé au soufre) , l'eau ( le sel) et la terre ( le mercure) , qui lui apprennent la structure ternaire de Tout...

 

A noter que la plupart du temps, les travaux aux grades ''Rose-Croix'', sont mixtes …

Dailleurs, par l’intermédiaire du ''martinisme'' plusieurs femmes se sont distinguées:

- La soeur de Jean-Baptiste Willermoz : Claudine Thérèse Provensal , à Lyon ;

- Mme de Vallière ( la comtesse  Marie-Louise de Monspey, dite Églé de Vallière (1733-1813) a plusieurs identités …!) est une mystique ardente ; elle devient chanoinesse de Remiremont, et, médium, se fait appeler ''l'agent inconnu'' . .. Son frère aîné, Alexandre de Monspey, chevalier de Saint-Louis, commandeur de l’Ordre de Malte, s’engage dans la franc-maçonnerie spiritualiste.

- Chez la duchesse de Bourbon, sœur de Philippe Egalité, élevée Maçonne Parfaite par Bacon de la Chevalerie, Grande Maîtresse de toutes les Loges d'Adoption, passionnée d'ésotérisme, se côtoient mystiques, exaltées, prophètes et prophétesses, astrologues, pythonisses...

- On dit la marquise de La Croix, voyante, guérisseuse, et de plus ... jolie de sa personne ; son renom a franchi les frontières. On dit qu'elle entretient des « relations » avec des esprits incarnés, ses extases se succèdent. Elle offre l'hospitalité à Saint-Martin qui se trouve dans la gêne... Elle l'admire, elle s'est plongée dans son ouvrage des « Erreurs et de la Vérité. » et il a opéré dans l'esprit de la marquise une grande révolution dans ses idées. » Les ébats intimes entre la marquise et le philosophe ne tardent pas à alimenter les conversations...

Saint-Martin a déjà exprimé, aussi, son grand amour sans retenu pour sa « chèrissime » Madame de Böecklin...

- Mesdames de Bry, de Saint-Dicher, de Brissac, de Polomieu, et d'autres dont nous avons déjà parlé ...

A suivre...

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