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Le contraire du « dialogue œcuménique » :

Publié le par Perceval

Etre invité à s'intégrer à l'Eglise Romaine, et pour cela créer « l’équivalent d’un diocèse sans attache géographique, mais avec une orientation théologique particulière, et une personne nommée par Rome à sa tête », est la proposition de Benoît XVI, pour réaliser « l'unité de l'Eglise »... Les réformés pourraient être tentés de proposer aux catholiques le même schéma …!

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 Le pape, Calvin et Luther

priés par La Paix de s'entendre,  1600

Je préfère la démarche protestante qui offrent aux Églises réformées, luthériennes, méthodistes, anglicanes - régulièrement - des déclarations de communion réciproque... «  En d’autres termes, elles se reconnaissent comme Église du Christ, sans pour autant établir un lien avec l’évêque de Rome. C’est une reconnaissance mutuelle dans l’altérité. » André Birmelé Pasteur, professeur de dogmatique à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, membre du Groupe des Dombes

De plus, savoir que cette initiative est tournée vers (en particulier) des églises luthériennes nord-américaines, particulièrement conservatrices... Elles n'augurent pas une lecture moderne des « signes des temps » .. !

Il reste la question : « peut-on être Église autrement que dans le système romain ? »

Source La Croix du 26/01/2013

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Le christianisme comme religion de l'Evangile

Publié le par Perceval

Je reviens sur «  les signes des temps », notion qui est – à mon avis – au coeur de la problématique catholique aujourd'hui. A l'opposé, sans doute, de l'islam ( avec le Coran) ; la transmission de la Parole chrétienne ne peut se faire sans interprétation créatrice :

la-fete-dieu.jpg Par exemple, la crise moderniste ( malheureusement, elle ne semble pas s'être terminée ..!) à la fin du XIXème siècle ( Syllabus …etc) nous montre le spectacle d'une Eglise qui loupe la possibilité d'un compagnonnage avec les forces créatrices et humaines de cette société moderne, société qui construit sans les catholiques : - l'égalité de l'homme et de la femme, - le respect de la liberté de conscience, - le droit à la liberté religieuse, - la dissociation de la sexualité et de la procréation, - l’accès à un « mieux-être » spirituel ( développement personnel ), - la laïcité, - la famille ( accompagné de lois sur le divorce, le mariage …) etc …

Exemples : * « Il est incontestable que la littérature biblique témoigne d'une culture patriarcale et androcentrique. Il faut les relire à partir de notre conscience moderne de l'égalité homme-femme. » Claude Geffré.

* Nous devons tenir compte – à partir du génocide juif – de certains textes anti-judaiques du nouveau testament … De même des textes « guerriers » ..etc ...

*****

LaviergeavantlannonciationcStphanePieraPetitPalaisRogerViol.JPG Nous devons aujourd'hui non seulement interpréter «  les signes de temps », mais également chercher « les indices de transcendance » qui témoigne de l'humain véritable, dans notre monde...

Exemple : «  L'expérience du beau est nécessairement un espace de transcendnace. Elle s'enracine dans ce qui fait la singularité de l'humain véritable, à savoir la capacité symbolique, et elles est sous le signe de la gratuité. » Cl Geffré. ( cf Yves Bonnefoy )

 Dans l'ouvrage : «  Le christianisme comme religion de l’Évangile » de Claude Geffré 2012, l'auteur explique magistralement le chemin que nous pourrions prendre pour que le Christianisme – religion de l'Evangile – par ailleurs « religion de la sortie de la religion », puisse aujourd'hui incarner l'une des figures possibles de l'avenir de la religion.

«  Si le christianisme est fidèle à la religion de Jésus, alors il est une religion d'avenir parce qu'il rejoint en tout être humain l'aspiration à se libérer de toute violence, y compris la violence du sacré. » Cl GeffréSomogyvamos_-_The_temple_in_the_puszta.jpg

 Le christianisme a une vocation prophétique de «  contre-culture », et « elle doit œuvrer avec d'autres instances à la recherche et à la promotion de ce que j'appelle l'humain authentique, le vere humanum dont parle la constitution Gaudium et spes. » Cl G. 

Ps: le dernier ouvrage de Claude Geffré, me semble récapituler tous les enseignements de ce dominicain: je pense que la théologie du Pluralisme religieux permettra au catholicisme de ne pas louper le prochain train vers notre futur ...!

 

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La recherche du sens aujourd'hui -2-

Publié le par Perceval

La recherche du sens :Futur-noFutur-Futur.jpg

Le sens n'est pas connu d'avance. Nous avons toujours à interpréter « les signes des temps ». Interpréter, c'est se questionner à neuf. C'est quelque chose que le judaïsme, nous apprend très bien : il y a une Parole ( personnelle et bien peu collective ) de soi à plus grand que soi... Parole qu'il ne faut jamais cesser de dire, de lire, de mâchonner, et d'interroger, et non pas pour la saisir et la rigidifier, mais pour l'interpréter... Il n'y a pas de rapport objectif avec cette connaissance, nous attendons trop souvent une parole d'expert ( cette sécurité a un rapport bien sûr avec notre peur …)

donner-du-sens-a-la-vie.jpgNous n'avons pas à construire un sens fixe, mais accepter l'incertitude du sens – ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de sens – .On ne peut pas faire ce que l'on veut, il y a un sens à questionner encore et encore … Le judaïsme, lui, accepte que le sens ne soit pas définitif... Le sens n'est pas « subjectif », il s’interprète, il se partage, il est toujours à rechercher.

 Il n'y a de lecture réelle de la Parole, qu'en tant qu'elle nous travaille, qu'elle nous transforme …


La peur : exemple, lu dans la presse dialogue-et-diversite.jpg: « C’est une question de valeur morale, de civilisation même, explique Anne-Charlotte, mère de quatre enfants qu’elle dit vouloir “protéger de la déliquescence” de la société. Cela veut dire qu’on pourra habiller les filles comme des garçons et des garçons comme des filles, en leur expliquant que c’est normal. »

« L’aventure moderne est donc une aventure de la liberté. Elle nous montre comment habiter un monde où la stabilité n’est pas donnée préalablement, où le chaos est reconnu. Ce monde troué, sans repères sûrs, est une chance. Ma conviction est que notre époque est heureuse si on est à la hauteur de ce qu’elle nous adresse, et malheureuse si nous nous y fermons, comme c’est trop souvent le cas. » Fabrice Midal

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« Pollock ( peintre : ci-dessus.) témoigne d’un espace où le chaos n’est plus une menace… Pour nous Occidentaux, c’est très difficile à penser et pourtant urgent. L’instabilité n’a pas à être une menace, mais notre refus de la reconnaître est une catastrophe. » F Midal

Rilke : « Les dragons ne sont peut-être que des princesses qui attendent d’être reconnues. »

Ce texte 'personnel' est inspiré des propos de Fabrice Midal, à propos de son dernier livre : Auschwitz, l’impossible regard.

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Le sens de la famille d'aujourd'hui -1-

Publié le par Perceval

Rainer Maria Rilke, « nos traditions ne sont plus que branches mortes que n’alimente plus l’énergie des racines »

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La famille Maccabée,  Wojciech Stattler - 1844

 Nous avons la chance extraordinaire d'être ainsi interrogé, comme chrétien et face au « monde », nous avons ainsi une responsabilité devant la société dans laquelle nous vivons, dans laquelle nous sommes immergés... Et que nous ne pouvons refuser, rejeter ...A moins d'être sectaire, intégriste … enfermés dans toutes ces formes de rejet de l'autre, de l'autre qui est différent.

 La famille est un espace où une relation primordiale a lieu et où se tisse tant bien que mal, la loi et l'amour. La loi dans le sens où elle nous donne un ordre des choses, qui n'est pas notre seule volonté, limitée et égocentrique … et l'amour , comme un don pur. Ces qualités familiales, ne nous sont pas données, au travers d'une seule manière de faire famille ...

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Abraham, Agar et Sarah.

La famille en 2013, n'est plus celle des précédents siècles... La famille qui se vit aujourd'hui, et c'est une donnée sociologique, est multiple, et ne peut être réduite à un slogan «  un papa et une maman », cela ne dit rien des familles recomposées, des situations des divorcés, des femmes ou hommes seuls avec leurs enfants, de l'adoption, des couples homosexuels ...etc... Et je ne balaie pas ainsi qu'une fraction marginale de la population ! , et même encore le ferais-je … ?

 

Cette question sur la famille, est fondamentale parce qu'elle nous permet de nous interroger sur la filiation, sur la transmission... Et le fait d'être chrétien, à mon avis, en rajoute … Parce que je suis d'avis – véritablement - d'être constitué d'un « ailleurs »... Je suis porteur de quelque chose qui me dépasse, et dont la famille, et plus encore autour ( puisqu'il s'agit d'éducation, de transmission …) est au cœur …

Nous aurions bien envie – aujourd'hui - ( c'est sans doute un reste de quelque utopie mal digérée, mal résolue … et ce pourrait être un parmi nos prochains fascismes .. !) - penser que nous pouvons nous auto-constituer !GLOBE-TERRESTRE-conscience-planetaire.jpg

 

Le « post-humanisme » - que certains appellent de leurs vœux en travaillant sur la génétique, sur les nano-technologies, sur toutes les formes de prothèses physiques et mentales, - est la folie de penser pouvoir pré-déterminer ou contrôler le destin la personne et accroître sa compétitivité... avec le plus profond mépris pour tout ce qui est différent, fragile, inefficace …

L'intégrisme, rêve également d'un tel contrôle, également sur le corps et ses capacités, mais à partir de la vie spirituelle...

Etre libre, c'est pouvoir répondre à quelque chose qui nous habite, mais comme serviteur, à l'opposé d'une auto définition, d'une auto proclamation. Nous avons à répondre de ce que nous sommes...

 

« Après ,Auschwitz on ne peut plus se contenter d’opposer la raison des instincts, le premier étant garant de notre humanité. » Fabrice Midal.

Ce texte 'personnel' est inspiré des propos de Fabrice Midal, à propos de son dernier livre : Auschwitz, l’impossible regard.

- Mon opinion sur " le mariage pour tous" est: - 1 ICI, et  - 2 ICI

 

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Erasme

Publié le par Perceval

erasme.jpgERASME, le premier intellectuel européen, préfigure les philosophes des lumières. Il combat l'intolérance religieuse, et s'élève contre les conflits... C'est l'anti-Noël BEDA .. ! Lors du Concile de Trente, son œuvre entière, taxée d’hérésie, fut interdite de lecture pour les catholiques et mise à l’Index en 1559 où elle restera jusqu’en 1900 (!).

 La grande hardiesse d'Erasme ( né à Rotterdam 1467-1536) - au XVIème siècle – est d'affirmer que La Parole de Dieu s'adresse à tous ; le plus humble peut vivre suivant l'enseignement divin, car il ne s'agit pas de remplacer la lumière du Christ par les éclaircissement des spéculations scolastiques. Il faut recourir directement aux Évangiles, aux Épîtres, pour retrouver dans sa pureté le message chrétien. Érasme les diffuse par ses éditions du Nouveau Testament, par ses paraphrases des évangiles et des psaumes, et surtout par le christianisme intérieur de certaines œuvres, facilement concentré en formules éloquentes qui courent de bouche en bouche.

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Enfance de Charles Quint. Une lecture d'Erasme" (Brussels 1511)

Il faut se dégager des surcharges dogmatiques qui cachent le christianisme vrai : ne pas attacher une grande valeur à la réglementation étroite des pratiques religieuses — jeûne, vénération des saints et des reliques, confession auriculaire, voeux monastiques — mais, au contraire, veiller à ne pas les dépouiller de la dévotion intérieure indispensable.

Le christianisme consiste d'abord à « s'élever de la chair à l'esprit, du visible à l'intelligible » .

Cette réforme mentale s'accompagne d'un renouvellement divin de l'âme ; car « la grâce de Dieu n'est pas une faveur exceptionnelle et inaccessible ». Le Christ, (Saint Paul ), est la tête du corps mystique dont chaque chrétien se sent un membre infime. Cette solidarité joint, à l'amour de Dieu, l'amour du prochain.

Face au Mal, le chrétien possède deux armes efficaces ; la connaissance de la loi divine, et la prière. Oraison mentale, élan du coeur, bien éloignée de la prière mécanique. Érasme, dans son Modus orandi, enseigne à prier en « esprit »

 St-Dominique.jpg

L'oraison vocale:

Marie serait apparue à St Dominique (1170-1221) en 1208 et lui aurait transmis le Rosaire (quatre chapelets) pour l’aider dans ses méditations.  


La méditation érasmienne est, par essence, libre et non méthodique... méditation par laquelle le chrétien découvre la douceur de la loi de grâce — joug très doux et fardeau très léger — Méditation qui va droit au salut par la foi et qui, par conséquent, est négatrice des dévotions prétendant au mérite.

Elle s'oppose tout spécialement à la méditation imaginative de la Passion qu'avait popularisée la Vita Christi du Chartreux, et à laquelle les Exercices de saint Ignace sont en train de donner une vigueur toute nouvelle. En cela, elle s'apparente à la spiritualité franciscaine, qui, donne de plus en plus nettement pour fin à la méditation un état de « non-pensée » où l'âme s'unit à Dieu sans avoir besoin de l'intermédiaire de l'humanité crucifiée de Jésus...

 En 1516, Erasme estime qu’il est sur le point d’aboutir et d’être entendu par les plus hautes instances. ' Malheureusement ' (?), en 1517, s'est forgée la radicalité de Martin Luther, elle va être utilisée pour polariser le monde dans des débats théologiques dignes d’une nouvelle scolastique. Pour combattre les excès de Luther, Erasme défendra un « libre arbitre » coopérant avec la grâce....

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L'Oraison mentale

d'après Thérèse d'Avila (1515-1582)

 Vers 1550, l'appel à la vie intérieure séduit un grand nombre religieux et religieuses, qui prétendent jouir des goûts spirituels sans s'y préparer par l'ascèse.

Telle est l'origine du débat entre les tenants de l'oraison mentale et ceux de l'oraison vocale et les bienfaits de la contemplation de l'Humanité du Christ.

Les Jésuites s'en tiennent aux Exercices spirituels, afin de laver leur ordre du soupçon d'illuminisme....

Sources : de Maryvonne Bonnard Érasme et l'Espagne, (d'après M. Bataillon) 

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Erasme, Calvin, Ignace de Loyola au collège de Montaigu.

Publié le par Perceval

Au XVième siècle, à Paris, le collège de Montaigu (dans le quartier latin.) ne fonctionne pas très bien. college-montaigu.jpgDe 1483 à 1504, on fait appel à un frère de la vie commune : Jean Standonk. Lorsqu'il réorganise le collège de Montaigu, il sait cela et prévoit d'enseigner pauvrement des clercs pauvres pour les former à la prédication et à la charge d'âmes. Il crée une nouvelle organisation des études en groupant les étudiants par classes de niveau et en introduisant entre la première année (grammaire) et la dernière (logique) un cycle d'humanités fondé sur les idées nouvelles : acquérir le beau latin.

Érasme qui y a passé l'année 1495, a gardé un souvenir horrifié de ce "collège vinaigre". Dans les "Colloques", il relate cet échange : « Tu viens de Montaigu, la tête couverte de lauriers ? - Non, de poux... » … « régimes rigoureux…travaux tellement pénibles que de bons élèves devinrent fou ou lépreux…cruauté avec laquelle on fouette les plus jeunes même innocents… »

Rabelais qui y fut aussi, parle du "collège de pouillerie" et traite son recteur, Pierre Tempête ("horride tempestas"), de grand fouetteur d'enfants.

Calvin-eleve-du-college-de-Montaigu-a-Paris.jpg
Calvin élève du collège de Montaigu à Paris

L'austère collège de Montaigu, est le brillant bastion de la scolastique médiévale : les étudiants y sont soumis à un régime très sévère, travaillant de l'aube à la nuit tombée, acceptant les jeûnes répétés, nuisant ainsi souvent à leur santé, comme ce fut le cas pour Calvin (1528 ). Sur les bancs du collège de Montaigu, il rencontra vraisemblablement Ignace de Loyola, lequel fréquenta le collège à la même époque.

Ignace de Loyola va faire l'expérience tour à tour du modèle le plus implacable au collège de Montaigu et, au collège Sainte-Barbe, d'adaptations relativement modernistes ou humanisantes, qui inspireront sa méthode. Tout semble s'être ligué, l'histoire, la topographie, les personnages, pour dresser face à face Montaigu et Sainte-Barbe, les deux collèges les plus antithétiques, les plus antinomiques. Philosophie, théologie, discipline, principes d'éducation et d'hygiène, tout oppose l'un à l'autre, comme la scolastique à l'humanisme, et, avec d'autant plus de virulence qu'ils sont voisins, imbriqués l'un dans l'autre, enjambant ici et là la misérable rue aux Chiens.

Ignace de Loyola ne connut pas Jan Standonk, mort en odeur de quasi sainteté qui avait entrepris de régénérer la jeunesse par la mortification... Il ne connut que Noël Beda procureur, grand fournisseur de bûchers …

 

Noël BEDA, dirigea le Collège de Montaigu, et fut recteur de la faculté de Théologie de la Sorbonne.

Miroir-marguerite-de-Navarre.jpg
Marguerite de Navarre couvre de son ombre majestueuse la vie intellectuelle de l'époque, les grands hommes de toute l'Europe ne cessent de lui exprimer leur admiration et de lui rendre hommage, Rabelais lui dédie son oeuvre, elle est l'amie d'Erasme, de Calvin, du pape Paul III et d'autres encore, quant au poète Clément Marot, il est son valet. 

« On aurait peine à croire, en le voyant juché sur sa mule, se déplaçant dans les rues étroites et puantes du quartier Latin, que l' homme règne sur l'Europe de la pensée et de l'écrit, et que par ses jugements vengeurs il pourchasse de ses foudres tout ce qui peut s'écarter de la stricte Doctrine de l'Eglise. Il combat même le grand Erasme, au point de vouloir "corriger ses mœurs corrompus" et le qualifie "d'ignorance crasse " »


C'est lui qui s'oppose de façon systématique à François 1er, qui s'oppose à la reconnaissance par le Parlement de Paris du remariage d'Henry VIII, qui fait interdire " le Miroir de l'âme pécheresse", le livre de Marguerite de Navarre, la sœur du Roi. C'est lui encore qui fait jeter sur le bûcher Antoine AUGEREAU, l'imprimeur de Marguerite… et bien d'autres faits ...


 

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Maximes et épitaphes: Martinus von Biberach, Luther, Silesius

Publié le par Perceval

Je reprends là, l’excellente idée - de "Orion" ( voir commentaires ICI ) - de rapprocher deux maximes :

Celle de Maître Martinus von Biberach (mort en 1498), il était un théologien catholique allemand du XVè siècle de Heilbronn, dans le Bade-Wurtemberg (Allemagne) : 

"Prie car tout dépend de Dieu, mais agis comme si tout dépendait de toi" 

A comparer avec celle d'Hevenesi, ( j'en avais parlé ici ( http://perceval.over-blog.net/article-le-lacher-prise--41085735.html ) : 

"Crois en Dieu comme si le cours des choses dépendait de toi, en rien de Dieu ; cependant mets tout en oeuvre comme si rien ne devait être fait par toi, et tout de Dieu seul "

 Elle semble paradoxale et elle est peut-être plus complète que celle de Martinus ... mais c'est purement spéculatif...

 *****

Ferenczy-Ka-roly-Patak-II.jpg
Ferenczy Károly-Patak II

De même, ' Orion ' propose de comparer les épitaphes suivantes :

  • celle de Martinus von Biberach sur sa tombe :

"Je vis, et je ne sais pas pour combien de temps,
Je meurs et je ne sais pas quand,
Je m'en vais, et je ne sais pas où,
Je m'étonne d'être joyeux."

  • et celle de Luther, avec son approche personnaliste, qui fait une contre-version :

"Si je vis autant de temps que Dieu le veut,
Si je meurs quand et comment Dieu le veut,
Si, m'en allant,  je sais certainement où,
Est-ce qu'alors, je serais triste?."

«  Moi, je préfère le réalisme poétique de Martinus (où nous sommes face au mystère) à la fantaisie Lutherienne (où le moi a une explication à tout). » précise Orion ...

 

Il est intéressant, également d'ajouter celles de : 

Ferenczy Károly-Dombtetőn
Ferenczy Károly-Dombtetőn

 

 

Angelus Silesius (1624-1677) (de son vrai nom Johannes Scheffler) est né en Silésie dans une famille de la noblesse luthérienne.

Je viens, je ne sais pas d'où,

Je vais, je ne sais pas où,

Je suis, je ne sais pas qui,

Je meurs, je ne sais pas quand,

Cela m'étonne d'être joyeux.

 

 

 

 A propos d'Angelus Silesius, on peut rappeler cet extrait du Pélerin chérubinique : 

La rose est sans pourquoi,

elle fleurit parce qu'elle fleurit,

elle ne se soucie pas d'elle-même,

elle ne se demande pas si on la voit.

 

Hans Thoma (1839-1924) peintre allemand

Hans-Thoma-Adam-and-Eve.jpg
Adam et Eve , de Hans Thoma.

Je suis, je ne sais pas qui,

je viens, je ne sais pas d'où,

Je vais, je ne sais pas où,

Je sais seulement que je Lui appartiens.

Comme mon être m'est si inconnu, je le mets confiant dans la main de Dieu.

 

 

 



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Une leçon du roi Ashoka ( Inde , 300 ans avant J.C.)

Publié le par Perceval

« On ne devrait pas honorer seulement sa propre religion et condamner les religions des autres, mais on devrait honorer les religions des autres pour cette raison-ci ou pour cette raison-là. En agissant ainsi, on aide à grandir sa propre religion et on rend aussi service à celle des autres. En agissant autrement, on creuse la tombe de sa propre religion et on fait aussi du mal aux religions des autres. Quiconque honore sa propre religion et condamne les religions des autres le fait bien entendu par dévotion à sa propre religion, en pensant : « Je glorifierai ma propre religion. » Mais au contraire, en agissant ainsi, il nuit gravement à sa propre religion. Ainsi la concorde est bonne : que tous écoutent et veuillent bien écouter les doctrines des autres religions. » Gravé au III siècle avant JC par l’empereur indien ASHOKA – 12 ème EDIT sur le rocher d’Ashoka

 

L-empereur-Ashoka-a-construit-le-Stupa-Dhauli-apres-la-Gra.jpg
L'empereur Ashoka a construit le Stupa Dhauli après la Grande Guerre Kalinga en 261 avant JC qui a changé sa vie pour toujours...

Le roi Ashoka (304 av J.-C. - 232 av J.-C.) régna sur l'ensemble de l'Asie du Sud et au-delà en raison de nombreuses invasions militaires dirigées par lui. Son royaume était vaste. Puis, il a renoncé à toute forme de violence après être devenu bouddhiste. 

Le roi, s'efforçait d'élever les perspectives sociales et morales de ses sujets. Ses édits (Dhamma lipi) gravés sur des piliers et des rochers, dans des versions condensées ou étendues, se trouvent disséminés dans son royaume...

 

the-king-erected-pillars-inscribed-with-a-royal-edicts.jpg
the king erected pillars inscribed with a royal edicts

 

 

 

Les édits d'Ashoka sont une collection de 33 inscriptions sur les colonnes d' Ashoka , ainsi que les rochers et les murs des cavernes, faites par l'empereur Ashoka de la dynastie Maurya pendant son règne de 272 à 231 av. J.C.

 

 


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Catholiques et Réformés: deux occasions manquées...

Publié le par Perceval

Il est d'usage depuis le Xème siècle de se réunir à Augsbourg. De juin à novembre 1530, Charles Quint la convoque pour poser la question de la soumission des princes du Saint-Empire convertis à la réforme luthérienne.

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Le 25 juin 1530, la confession d'Augsbourg est présentée à Charles Quint. Texte rédigé par Philippe Melanchthon et par Camerarius

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Cranach l'Ancien (1472 - 1553) Retable de Wittenberg.

Le 28 mai 1536: concorde entre les églises réformée à Wittenberg.

La Confession d'Augsbourg initiale contient vingt-huit articles. Les vingt et un premiers exposent la doctrine luthérienne globale, pour montrer que les luthériens « ne divergent pas sur un seul article de la foi de l'Église catholique ». Les sept autres articles discutent des « abus » qui se sont glissés dans l'Église occidentale pendant les siècles qui ont immédiatement précédé la Réforme : la communion sous une seule espèce, le célibat des prêtres, la messe comme sacrifice expiatoire, la confession obligatoire, le rôle attribué aux institutions et aux moyens humains dans l'acquisition du mérite et dans l'obtention de la grâce, les abus liés au monachisme, et l'autorité grandissante des évêques. ( Ency Univ. )

Elle sera finalement rejetée le 3 août 1530 par les théologiens catholiques qui réfutent ce texte.

Aujourd'hui, cinq cent ans plus tard... Un catholique de l'après-Vatican II, pourrait retrouver dans la confession d'Augsbourg, sa propre foi …

Comme transition, je rapporte les paroles de Michel de l’Hospital, chancelier du roi de France qui ouvrant les Etats généraux le 24 août 1560,, répondait ainsi aux décisions du Concile de Trente : « A tous ces mots diaboliques, factions, séditions, luthériens, huguenots, papistes, substituons le beau nom de Chrétiens. En attendant que le clergé français multiplie les œuvres de charité pour ramener par la douceur et non par la rigueur. » 

1561 : L'espoir d'une conciliation ? ( Pie IV est pape, Régence de Catherine de Médicis …)

 Le contexte européen semble favorable à l’heure où la troisième session du concile de Trente ( Le concile parvient à s’ouvrir en 1545 à Trente (Italie), mais est durablement suspendu en 1552. ) – qui fixera pour longtemps le dogme et le rituel catholique – ne s’est pas encore tenue et où des exemples récents en Allemagne (paix d’Augsbourg, 1555) et en Angleterre (compromis élisabéthain, 1559-1563) ont montré la possibilité d’un  accommodement.

personnages-colloque-de-Poissy

En France, Le Colloque de Poissy entre catholiques et protestants s'ouvre le 9 septembre 1561 (au 14 octobre ) en présence de Charles IX. Sont réunis :quarante-six prélats catholiques, douze ministres du culte protestant et une quarantaine de théologiens. Le pape envoie comme légat Hippolyte d'Este, cardinal de Ferrare, accompagné de Jacques Lainez, deuxième supérieur général des jésuites, comme conseiller, ils tentent de dissuader les évêques de l'organisation d'un tel rapprochement.

Certains membres de la délégation catholique, conduite par le cardinal de Lorraine, sont prêts à accepter des accommodements, comme l’usage du français dans quelques parties de la messe ou la communion sous les deux espèces. La délégation calviniste est dirigée par Théodore de Bèze ( le bras droit de Calvin (1509-1564)). 

Très vite cependant les discussions se heurtent à l’intransigeance des représentants des deux Églises, en particulier sur le problème de l’eucharistie. Dès le 9 septembre, Bèze déclare qu’au cours de la cène le corps du Christ « est éloigné du pain et du vin autant que le plus haut ciel est éloigné de la terre », incitant les tenants de l’orthodoxie catholique à protester de façon véhémente. diego-laynez.jpgLes tentatives ultérieures du cardinal de Lorraine, de théologiens catholiques modérés comme Claude d’Espence, et de certains ministres protestants pour proposer une confession acceptable par tous sont rejetées. Le 14 octobre 1561, le colloque se clôt sur un constat d’échec.

Le supérieur des jésuites Laynez fait valoir que le juge nommé par Dieu pour les controverses religieuses est le pape, et non la Cour de France. L’acrimonie avec laquelle il s’est opposé aux protestants rend la situation plus claire ....

Il semble que cette rencontre a manifesté l'intransigeance respective des partis... Huit guerres de Religion, de 1562 à 1598, suivront jusqu'à l'édit de Nantes … !

Cependant, Pour l'historien Nicolas Le Roux, le colloque de Poissy débouche sur le premier acte de tolérance religieuse : le premier édit de tolérance de l’histoire de France, l’édit de Saint-Germain-en-Laye de janvier 1562. 

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1513 : Luther ou Ignace de Loyola ?

Publié le par Perceval

En 1513 ( il y a cinq cents ans ), je ne peux pas être conscient de la déchirure de la chrétienté qui va intervenir...

Autun St Lazare chapiteau 19aEn 1513, je suis conscient que mon Église, n'est pas « à la hauteur » ! Les abus du clergé sont certes disciplinaires, mais aussi pastoraux et doctrinaux. Souvent, les charges ecclésiastiques sont des gratifications, elles se cumulent...
Les clercs, sont peu formés, ils ne satisfont les fidèles que dans le domaine du « faire ». Ils bénissent les rites de passage, célèbrent des messes, encadrent et ratifient une religion flamboyante … mais , ils ne « spiritualisent » pas leurs interventions ( l’Évangile est loin …) et ne savent pas rassurer face aux angoisses eschatologiques ( c'est l'époque …).

Je prends conscience – en même temps - du statut privilégié du clergé, et de ma possibilité d'atteindre la parole de dieu par mes propres moyens ( l'imprimerie, la lecture de «  L'Imitation de Jésus-Christ, ….). Érasme (1469-1536) , m'enseigne que j'ai deux armes pour réussir mon salut : la prière et la Bible...

Cependant, l’Église est vigoureuse, elle a vaincu toutes les hérésies, et personne n'envisage de la quitter. Ni les humanistes, ni Luther qui réclame un débat en son sein, ne tournent le dos à l’Église.

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Luther ( 1483-1546) est tenaillé par la question du salut. Il choisit d'entrer chez les ermites de saint-Augustin, dans un couvent réputé pour sa sévérité. Il est prêtre en 1506, puis étudie la théologie ( Wittenberg ) ; il devient docteur, et professeur....martin-luther-moine

En 1515, comme lui, je désespère d'être profondément « ajusté » à Dieu, je ne puis vivre sans chuter dans le péché... ! De plus, je me sens incapable d'accomplir les œuvres nécessaires à mon salut... En lisant et relisant saint-Paul, je prends conscience que je puis être pécheur et juste … Pécheur, parce que la tentation demeure en moi, et juste parce que Dieu m'illumine de la foi, et me fait bénéficier ( même si je n'en suis pas digne ) de sa justice … C'est une illumination ! Les sacrements sont secondaires, et les œuvres ( et d'autant plus les indulgences...) ne sont nullement salvatrices ( en elles-mêmes).

 

Ignace-de-Loyola-8.jpgCe n’est plus vers la Jérusalem rêvée qu’Ignace de Loyola (1491-1556) et ses compagnons se dirigent, mais c’est vers Rome... Le pape a refusé leur départ.. ! Et c’est à Rome qu’Ignace vivra jusqu’à sa mort en 1556.

Avec Ignace de Loyola, je m'interroge sur les orientations que doivent prendre ma vie. Ce n'est parfois, pas ce que prévoyais … Je reçois des « confirmations », je discerne... Comme Luther, comme Ignace, je reviens sur mes questions sur la contrition. Luther lui rejette l'extériorité du sacrement, pour s'en remettre dans une foi confiante dans la Parole... Comme Ignace je découvre à présent le principe de l'intériorité chrétienne... Spi-Ignat.jpgBien sûr, il y a « la Grâce », mais si cette grâce ne se coule pas dans les éléments de la vie humaine, vie spirituelle « encadrée » ( de représentations, d'images, de pensées, de réflexions..) et conduite par la volonté et l'affectivité ( avec méthode...) , alors Elle ne sert à rien ! Cet accompagnement pour que cette Grâce soit humainement traduisible va devenir la méthode jésuite.



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