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L'histoire résumée du Chevalier Vermeil

Publié le par Perceval

Rappel de ce qui s'est passé précédemment :

Dans la Gaste Forêt, Perceval a rencontré des chevaliers pour la première fois : il est très intrigué et les somme de questions toutes plus naïves les unes que les autres ( exemple : " Êtes-vous Dieu ? / - Non, certes / Alors, qui êtes-vous donc / Un chevalier / Chevalier ? Je ne connais personne ainsi nommé / ) Il décide de tout quitter et de se rendre chez le roi Arthur pour être fait chevalier, malgré les objections et la douleur de sa mère. Avant son départ, sa mère lui donne trois recommandations : 

    1) Servir et secourir les dames et les demoiselles
    2) Fréquenter des prudhommes
    3) Prier Dieu
Il aperçoit sa mère qui est "tombée comme morte", mais ne s'en soucie pas et poursuit son chemin.
La première rencontre de Perceval, est celle d'une jeune fille sous une tente. Il met en pratique de manière très exagérée et inopportune ( la jeune fille n'est pas en danger) le premier conseil donné par sa mère : il lui vole un baiser, lui prend son anneau, signe d'appartenance à un jeune homme, il se "goinfre" des victuailles qu'il trouve et tout ceci malgré les protestations, les cris et les pleurs de la jeune fille qui redoute la jalousie de son ami.

 

Perceval ( à l’allure de « paysan » ) arrive à la cour du roi Arthurarthur2-copie-1.jpg. Il croise un chevalier à l'armure vermeille qui lui demande de transmettre un message au roi : il veut que le roi lui rende ses terres qu'il revendique comme sienne ou qu'il envoie un homme pour les défendre. Il est celui qui vient de voler une coupe, défier, humilier le roi, et bafouer la reine .. !

 

perceval-et-chevaliers.jpgLe jeune homme entre à la rencontre du Roi Arthur, qu’il recherche pour qu’il le fasse chevalier.

Perceval, contre tous les usages, sur son cheval, interroge le roi qui est plongé dans la mélancolie. Le jeune homme lui demande de le faire chevalier …

Le sénéchal lui dit que s'il désire les armes du chevalier vermeil, il n'a qu'à aller les chercher lui-même, et que le roi le fera aussitôt chevalier. Une jeune fille se met à rire. Keu, en colère, la frappe au visage et pousse dans une cheminée un fou qui avait coutume de dire que la jeune fille (qui n'avait pas rit depuis dix ans) rirait le jour où elle verrait un chevalier supérieur aux autres.

Le jeune homme, parti à la rencontre du Chevalier Vermeil, lui demande de retirer ses armes, mais celui-ci veut livrer combat. Le Chevalier vermeil blesse le jeune homme à l'épaule, et Perceval ( qui ne connaît pas encore son nom .. ! ) lui lance son javelot à l'œil et atteint le cerveau du chevalier.

Avec l'aide d'Yvonnet, Perceval s'empare des vêtements du chevalier Vermeil. Dés lors, le but de Perceval est de retourner auprès de sa mère et sans plus tarder il se met en route. Le roi regrette qu'il soit parti.  

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Le chevalier vermeil, et Perceval 1

Publié le par Perceval

Selon Maître Eckart, « la nature profonde de tout grain, signifie le blé, (..)  de toute naissance, l’homme. » Ce qui existe aujourd’hui, est l’expression incomplète de ce qui adviendra…

 

- Notes de lecture de l'étude " LA LEGENDE DU GRAAL " de Emma Jung et Marie Louise von Frans.Carl-and-Emma-Jung.jpg

 

L’histoire de Perceval illustre parfaitement l’effort de comprendre et de choisir sa destinée. Au départ, la chevalerie ne constituait pour lui qu’un objet de convoitise. Puis, au travers de nombreuses erreurs, il mûrit lentement et épouse son destin en devenant le meilleur des chevaliers, le seul qui puisse conquérir le Graal. Le chevalier correspond à cet «  homme idéal »

 

Le « chevalier vermeil » par divers aspects ressemble à Perceval ; comme lui, il se conduit mal à la cour du roi. Lorsqu’il dérobe la coupe d’or et qu’il répand son contenu sur la robe de la reine, il commet une offense envers le principe féminin; Perceval a fait et fera de même dans la suite de l’histoire. C’est pourquoi il est possible de le considérer comme le double ou l’ombre de Perceval.

 

-

rencontre-avec-l-ombre.jpg
" Lorsque le processus d'individuation devient conscient, lorsque le moi fait l'expérience de l'inconscient collectif, il se transforme. Cela se produit le plus souvent lors de la rencontre avec l'ombre..." Jung

- D’un point de vue psychologique, l’ombre désigne des traits de caractère inférieurs, généralement sombres ou secondaires, auxquels le moi conscient accorde peu d’importance, mais dont l’existence est bien réelle. Le plus souvent, il s’agit de traits de nature émotionnelle qui possèdent une certaine autonomie et qui, à l’occasion, débordent le conscient. Ces contenus sont en partie d’origine individuelle et peuvent être pris en compte par un effort moral de connaissance de soi ; ils ne sont pas exclusivement négatifs car ils traduisent une part de vitalité et une parenté avec les instincts, lesquels possèdent également une valeur positive. Par ailleurs, l’ombre contient aussi des aspects obscurs d’origine collective qui se cristallisent dans l’image archétypique d’une divinité destructrice et qui mettent l’humanité en face de problèmes terrifiants.


( Pour 'reprendre' cette notion de l'ombre, je conseille cet article de Jean Rochette ( c'est ICI ) )perceval-combat-le-chevalier-vermeil.jpg

 

La figure du Chevalier Rouge conduira finalement Perceval dans les sombres abîmes du problème du mal.

 

Pour le moment, cependant, nous le considérerons comme l’ombre personnelle de Perceval, à savoir une part d’émotivité et de brutalité barbare qu’il doit surmonter avant de devenir un chevalier chrétien.

 


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La politique, la dette... en Islande et en Argentine.

Publié le par Perceval

En ISLANDE :

L’action politique populaire, en Islande, a conduit ce petit pays à ne pas suivre l’orthodoxie qui guide les politiques en Europe et à l’international…islande-revolution-peuple.jpg

  • pétition nationale pour refuser le remboursement des dettes britannique et hollandaise;
  • référendum populaire rejetant à plus de 93 %  les accords relatifs au règlement de ces dettes;
  • nouveau référendum rejetant à 60% un nouvel accord avec les créanciers de l’Islande.

Les islandais souhaitent à présent comprendre et l’ancien premier ministre de l’époque Geir Haarde a été déféré devant une juridiction spéciale ; non pas pour le sanctionner ( encore que .. ! ) mais pour connaître et faire connaître les vraies causes de la crise : privatisations hasardeuses des quotas de pêche, engouement pour les investissements à l’étranger, gestion catastrophique des grandes banques privées et octroi immodéré de crédits aux particuliers.

En 2009 : Les protestations citoyennes contre le Parlement font que des élections anticipées sont convoquées. Elles provoquent la démission du Premier Ministre et, en bloc, de tout le gouvernement. L’islande se trouve dans l’incapacité de rembourser sa dette.. Par le biais d’une loi, il est proposé à la Grande Bretagne et à la Hollande le remboursement de la dette par le paiement de 3.500 millions d’euros, montant que paieront mensuellement toutes les familles islandaises pendant les 15 prochaines années à un taux d’intérêt de 5%.

  • En mars, un référendum est organisé sur le sujet : 60% des électeurs se sont déplacés et 93% d’entre eux rejettent les modalités du remboursement de la dette aux Britanniques et Néerlandais.

Johanna-Sigurdadottir-Victoire-2009.jpgActuellement , un nouvel arrangement est trouvé avec Londres et Amsterdam. En effet, l’Islande, candidate à l’adhésion à l’Union européenne, ne veut pas se fâcher à jamais avec deux de ses membres... L’accord porte désormais sur un prêt à environ 3%. Il doit encore être avalisé par le parlement islandais.

Lors des élections d’avril 2009, une majorité de gauche, composée de socio-démocrates et du parti ‘gauche verte’, est élue. C’est une première en Islande, pays traditionnellement gouverné au centre droit. Une femme, Johanna SiguroardottirJohanna-sigurdardottir-official-portrait.jpg, prend la tête du gouvernement..

Mais le coup de barre est modéré : les socio-démocrates sont pro-marché et pro-Europe. Le programme discuté avec le FMI se poursuit, et le gouvernement engage en juillet des négociations pour adhérer à l’Union européenne.

  • La monnaie est dévaluée pour relancer les exportations.

Au parlement, à plusieurs reprise, les ‘verts de gauche’ se sont désolidarisés d’un pouvoir jugé trop centriste sur la question européenne comme sur d’autres.

Ce n’est pas un conte de fées, et l’Islande ne vit pas une alternative harmonieuse au capitalisme, mais une suite de tâtonnements confus, douloureux et résignés... en restant dans les rails du FMI…

  • Il est décidé de rédiger une nouvelle Constitution pour libérer le pays du pouvoir exagéré de la finance internationale et de l’argent virtuel, entre autres …

 

Depuis avril dernier, 25 « conseillers » élus sont chargés de diriger l’écriture de la nouvelle constitution du pays. Physicien, directeur de théâtre, pasteur, professeur d’économie, journaliste, avocat, étudiant, ils sont issus de la société civile. Le processus se veut collaboratif. Les projets de clause sont publiés sur le site du gouvernement chaque semaine.


En ARGENTINE : ( article de François Asselineau dans Agora Vox):

 

Tout au long des années 90, l’Argentine avait appliqué, sous la présidence de Carlos Menem et à la demande du FMI, une politique ultra-libérale de privatisation à outrance de toute son économie.mai_2012-argentine.jpg

Cette ultra-libéralisation de l’économie argentine a certes provoqué l’enrichissement d’une partie de la population pendant quelques années, et surtout une débauche de consommation.

Mais elle a aussi et surtout entraîné une autre partie de la population dans la pauvreté (environ 20% de chômeurs officiels vers 1998) , avant de provoquer une hyper-inflation et une crise économique et financière de très grande ampleur à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

La crise économique et financière culmina en 2001 et conduisit à des décisions historiques :

le 6 janvier 2002, le nouveau gouvernement du président Eduardo Duhalde procédait à un gel total des avoirs bancaires et à une dévaluation officielle du peso de 28 % par rapport au dollar. La monnaie argentine continua à baisser très rapidement ensuite, jusqu’à perdre près de 50% face au dollar.

Nestor Kirchner (péroniste de centre gauche) a été président de la République argentine de 2003 à 2007.

  • a) il envoie balader les banquiers, et « renégocie » la dette du pays en 2005 d’une façon expéditive : il a purement et simplement refusé le remboursement de trois quarts des 100 milliards de dollars de dette extérieure !
  • b) faisant un bras d’honneur au dogme de l’ultra-libéralisme et de la prétendue « mondialisation inévitable », il a :

- gelé les tarifs de l’énergie et des transports,
- taxé très fortement les importations,
- relancé l’activité économique (+ 50 % en cinq ans !) en la soutenant de façon keynésienne par les dépenses publiques,
- provoqué une forte hausse des salaires,
- et engagé un programme tenace de réappropriation par le peuple argentin des grands services publics du pays qui avaient été bradés à des intérêts privés américains ou européens à la demande du FMI :

 

- novembre 2003 : Renationalisation de la Poste argentine, qui avait été privatisée en 1997.

- janvier 2004 : Renationalisation de la concession de l’espace radioélectrique national, qui avait été attribué au groupe français Thales Spectrum, filiale de Thales (ex-Thomson) en 1997.

- mars 2006 : Renationalisation de la distribution de l’eau potable qui avait été attribuée au groupe français Suez en 1993.

- mars 2007 : Renationalisation du Chantier naval Darsena Norte, privatisé en 1999. Les employés reçoivent 10% des actions, le reste étant contrôlé par l’Etat.

C’est sa propre épouse, Cristina-Kirchner-presidente-argentine.jpgCristina Kirchner qui lui a succédé au poste de présidente de la République le 10 décembre 2007. Réélue il y a quelques mois, en octobre 2011, elle a continué l’impressionnante œuvre libératrice de son mari :

- novembre 2008 : Renationalisation du système de retraites, qui avaient été privatisées en 1994.

- décembre 2008 : Renationalisation des compagnies aériennes Aerolineas Argentinas et Austral, privatisées et acquises en 1990 par la compagnie espagnole Iberia, puis en 2001 par le groupe espagnol Marsans.

- et enfin, ce 16 avril 2012 : Renationalisation majoritaire (à 51%) de la compagnie pétrolière YPF, qui avait été privatisée et cédée à l’Espagnol Repsol en 1992.

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Le mythe: c'est pas très catholique !

Publié le par Perceval

Encore une fois, la question :

Quel est l’intérêt de passer par le Mythe, puisque le chrétien possède, déjà, un texte ( la Bible ) qui en lui-même possède toutes les fonctions de « médiation »… ?


Pour l’individu ( chrétien ou non …), le mythe possède une fonction essentielle et personnalisée : arbre-a-images.jpgil coordonne et structure les activités de l’esprit humain, tout en gérant les projections des conflits psychologiques conscients ou inconscients … Sans doute, ne suis-je pas assez clair… ? mais, la première cause en est certainement à cet état de fait : nous avons perdu notre confiance en le Mythe … !

Comprendre la fonction du mythe, et retrouver cette sensibilité, ce désir… peut s’engager par l’intérêt pour l’art, et toutes les productions symboliques les plus diverses ( comme « le conte » ) … A l’intérêt pour la psychanalyse, … A l’intérêt également pour la science : par exemple : la relativité restreinte est bien plus qu'une théorie physique : elle est une métaphore mathématique, un noème cosmologique mettant en œuvre des symboles forts tels que : énergie, vitesse, lumière, masse, temps, espace … La pensée symbolique aujourd’hui utilise beaucoup le vocabulaire de la « complexité » ou de la « noosphère » …

 

 Il est bien incompréhensible que le catholicisme puisse ainsi refuser d’investir de tels espaces … ! Et quand il le fait, c’est le plus souvent malgré et en opposition aux institutions … !

 

Rappel :

Le symbole fait le lien entre quelque chose de caché et quelque chose d’apparent. Un mot, une forme, une couleur peuvent être revêtus d’une fonction symbolique., évoquer, représenter autre chose que ce qu’ils prétendent montrer.

Les symboles se répondent … Ils se relient les uns aux autres La pensée symbolique repère des symboles et construit des reliances entre eux afin d'élaborer des architectures de sens :pensée métaphorique … Il y a mise en œuvre des symboles dans ces architectures de reliances qui les activent et leur donnent vie : un symbole isolé peut tout signifier, il ne signifie donc rien …

D'André Lalande (1867 -1963, philosophe français.)  : "Pensée symbolique : celle qui procède par images et par analogies, par opposition à la pensée logique."


sagrada_famiglia.jpgBaudelaire  , dans  Les Fleurs du Mal .


La nature est un Temple ou du vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L'homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers .


« Que nul n'entre ici, s'il n'est géomètre », avait fait inscrire Platon au fronton de son Académie. Pour Platon, la géométrie et les mathématiques sont les outils qui permettent au philosophe de se libérer du monde visible, du monde sensible, celui qui est perçu par les sens (le monde des préjugés), pour accéder au monde intelligible, au monde des idées (le monde de la vérité). « Tout est nombre. Le nombre est dans tout. Le nombre est dans l’individu. L’ivresse est un nombre. » écrivait Baudelaire dans Fusées, un de ses journaux intimes.

Dans le Conte du Graal, les symboles (médiévaux) suggèrent et modalisent autant qu’ils ne disent. Ils font sentir et rêver plus qu’ils ne désignent. « Ils font entrer dans cette autre part de la réalité qu’est l’imaginaire ». L-Enfer-de-Dante--Le-Pont-----Mars-2012---Marcel-Theria.JPGLa plupart du temps, le texte présente «  un écart » entre deux choses, pour attirer l’attention : exemple le chevalier « vermeil ».Le symbole est plus fort que la personne ou la chose réelle qu’il a pour fonction de représenter.

Comme l’écrit Marie Madeleine Davy, dans son Initiation à la symbolique romane, « le symbole permet à l’homme d’atteindre un niveau inaccessible à la raison. Il offre un double enseignement, celui de rappeler le sens d’une réalité et d’indiquer une voie pour y parvenir ».

 

« L'univers est quelque chose "d'ouvert"; tout est symbole pour qui sait le lire, et c'est pour les sacrements de l' Eglise une merveilleuse correspondance. Plus on approfondit la synthèse  chrétienne, plus on constate son harmonie avec les intuitions et les inductions de la science moderne. » Zundel (LE CAIRE Maurice ZUNDEL Dar El Salam (N.D. de la Paix)  Mardi 7 novembre 1945  METAPHYSIQUE DE LA PERS0NNE )

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L'Ascension, avec Zundel

Publié le par Perceval

MAURICE-ZUNDEL.jpg« Notre corps, nous l'avons vu, est revêtu d'une double fonction: d'une part il est le cordon ombilical qui nous rattache à l'univers physique et d'autre part notre corps est le sacrement d'une présence, c'est-à-dire que le corps est à  la fois une limite et une servitude, mais aussi un espace et une liberté. »

 

"Parce que notre corps a cette double fonction, la mort peut être envisagée sous un double aspect.   La mort est toujours la rupture avec les liens cosmiques: c'est la rupture  du cordon ombilical et cette rupture peut être un déchirement si on n'a pas pu  faire de la mort un acte libre.  Et la mort est une libération en tranchant nos  liens avec l'univers physique, mais elle n'anéantit aucunement cette puissance  de présence qui constitue toute la gloire de nos corps et qui fait que, derrière  un visage humain, nous cherchons toujours une source, une origine.  Et, sous  cet aspect, le corps ne meurt pas.  Le corps est une longueur d'onde, c'est le chiffre d'une longueur d'onde."

 

" Nous le voyons dans les apparitions du Christ: le Christ a le pouvoir de se  rendre présent mais Il n'est plus lié à cet univers.  Il y parait mais Il n'est  plus en lui.  Tout ceci pour situer l'événement de l'Ascension.

L'Ascension ne veut pas dire que Jésus est monté là-haut.  Nous savons que le  "Ciel" n'est pas localisable.  Jésus nous a dit que le Ciel est en nous.  Si les apôtres l'ont vu monter, c'est sous une vue conforme à leur psychologie,  à leurs connaissances. "

 

"Il est bon que  je m'en aille, sinon l'Esprit Saint ne viendra pas à vous."  Aucune parole ne peut traduire l'échec de Jésus mieux que celle-là.  Il a si bien échoué qu'il faut l'Esprit Saint pour que ses disciples découvrent enfin qui Il est.  Ils ont limité Dieu.  Ils en ont fait un dieu local, un dieu national, le dieu d'une nation comme si Dieu pouvait se monopoliser et ils ont attendu de Jésus  qu'Il serve à l'exaltation de cette nation, à l'exploitation de ses ambitions.  Ils n'ont pas compris ce que Jésus a dit à la Samaritaine.  Ils n'ont pas compris  que Dieu est au-dedans de nous.  Il n'ont pas compris que le véritable  sanctuaire de Dieu, c'est l'homme.  Ils n'ont pas compris que le sanctuaire de Dieu, c'est l'homme. Ils n'ont pas compris que le Ciel authentique,  c'est notre âme. "

 

"Il est donc nécessaire que Jésus s'en aille pour que les disciples ne L'aient  plus devant les yeux, mais qu'ils Le portent au-dedans d'eux-mêmes.  Car c'est  au-dedans d'eux-mêmes qu'ils vont découvrir en Lui une présence universelle

Car Jésus n'est pas le roi des juifs.  Il n'est pas juif du tout, d'ailleurs  puisqu'Il est né de la Vierge:  Il est né de la Vierge, Il est né de l'Esprit  Il n'appartient à aucune race, à aucune nation.  Il n'est pas un homme.  Il  est l'Homme  l'Homme, le Fils de l'Homme, l'Homme, le second Adam, l'Homme,  l'origine et la source d'une humanité nouvelle et cette humanité qui naît  de l'esprit, cette humanité-personne, cette humanité n'a pas de frontière.   Il n'y a pas de peuple élu, il n'y a pas de chrétienté élue.  Tous les hommes  sont appelés, tous les hommes ont été rachetés, ont été estimés au prix  du sang du Seigneur. "Zundel-2.jpg

 

"L'Ascension, cela veut dire finalement:  le Ciel, c'est l'homme lui-même,  le Ciel est au-dedans de nous, le Ciel, c'est aujourd'hui dans la mesure où  nous nous ouvrons à cet appel, dans la mesure où nous accédons à notre grandeur et à  notre dignité, dans la mesure où nous devenons nous-même une présence réelle.   C'est par là que nous vaincrons la mort:  il n'y a pas de mort finalement  pour ceux qui vivent dans la vraie vie.  Le corps peut être glorifié, peut  être transfiguré, il est appelé à être ressuscité, c'est-à-dire à vivre  éternellement."

 

Extraits d'une conférence de Maurice Zundel au Sacré-coeur - Héliopolis - (LE CAIRE)  (Cassette du Père Noury)  le         Jeudi 23 Mai 1963   lors de la Fête de l'Ascension.  " MORT ET ASCENSION "

 

rencontrer-dieu-graal-mm-davy.jpeg   " Le Christ illustre l'archetype du Soi " Jung

" Chez Origène (185-254), le Christ se distingue de l'imago Dei imprimee dans l'ame, qui est " une image de l'image ", le Christ étant " la vraie imago Dei ". (Jung )

"...les symboles spontanes du Soi (de la totalite) ne peuvent pas etre distingues en pratique d'une image de Dieu ". (Jung) "

Le terme "incarnation" renvoie au "Dieu se faisant homme" de la Bible, mais on peut l'étendre à "la naissance de Dieu dans l'ame" ( Jung )

« La quête du Graal n’est autre au fond que la Quête de "Soi", Quête unique signifiés sous tous les mythes et les symboles.

C’est "Soi" qu’on cherche à travers tout.

Et pour cette Quête, on court partout alors que le Graal est ici, tout près ; il n’y a qu’à ouvrir les yeux. Et c’est la découverte du Graal dans sa vérité ultime ».

M . M. Davy

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L’Ascension : Jésus est-il monté au ciel ?

Publié le par Perceval

Aujourd’hui, les catholiques fêtent l’Ascension. Cela tombe bien, car cette tradition concerne ce que je tente de comprendre au travers du Mythe…Ascension-jesus.jpg

Comment comprendre et s’approprier spirituellement un fait « merveilleux » comme celui-ci ?

 

L’ascension : désigne le fait de s’élever dans les airs… Jusqu’où ? A quelle vitesse ? Qu’est-il devenu ? Et ses vêtements.. ? A t-il manqué d’oxygène ? etc .. etc …

Quelle histoire… ! Pourtant, Matthieu et Jean ,n’en font aucune allusion… ! Seulement un petit passage tout à la fin des évangiles de Marc et de Luc, et un petit chapitre dans les Actes des Apôtres.

Dans Luc, « Le Seigneur après leur avoir parlé fut enlevé au ciel et il s'assit à la droite de Dieu. » .. Il s’assit à la droite de Dieu … Hum … ! Vraiment, que l’on m’explique ici, l’intérêt d’une lecture littérale, historique … ? Et si « Si Jésus est au Ciel, comment peut-il être en même temps, et de manière corporelle, présent dans le pain et dans le vin ? » ( ce sur quoi s’interrogeaient Zwingli et Calvin ) .. !

Dans les Actes :« les Apôtres réunis lui demandaient : "Seigneur est-ce maintenant que tu vas rétablir le royaume de Israël ? » … Haï .. ! Décidément ! … Ce n’est pas facile de se faire comprendre.. ! ( doit se demander Jésus ...)

 

" Ce n'est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père à fixés dans sa Toute Puissance. Mais vous recevrez une force lorsque le Saint Esprit viendra sur vous et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de le terre.

Après qu'il eût parlé ainsi, sous leurs regards, il fut enlevé (au ciel) et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils regardaient fixement vers le ciel tandis qu'il s'en allait, voici que deux hommes vêtus de blanc s'approchèrent d'eux. Galiléens leurs dirent-ils, pourquoi restez-vous à regarder le ciel ? "Icare.jpg


L'Ascension a lieu le quarantième jour après Pâques.

 

L'Ascension est un thème que l'on trouve dans la mythologie gréco-romaine : monter aux cieux, c'est symboliquement rejoindre le domaine divin.indra-gilt-bronze-nepal.jpg
Dans l'Ancien Testament, l'Ascension concerne le patriarche Hénoch et le prophète Élie.

L'ascension au ciel d'Indra : Selon les textes traditionnels, le Bouddha, alors qu'il était âgé de 39 ans (vers - 519), passe les trois mois de la saison des pluies dans le ciel d'Indra, où il prêche à sa mère défunte la doctrine bouddhique. Il revient sur terre le jour le la pleine lune du mois d'Âçvina (septembre-octobre). Pour le bouddhisme tibétain, les tantras sont la transcription de cette prédication du Bouddha durant son séjour au ciel d'Indra.

« Le ciel est le médiateur par excellence de la transcendance à cause de son caractère illimité. » Ralph Stehly, Professeur d'histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg. « Le ciel est souvent identifié à un dieu ou à la résidence des dieux ou de Dieu. » . ( …) De leur vivant, certains hommes exceptionnels ont pu pénétrer dans le ciel. D’où le mythe des fondateurs de religion (Religionsstifter) : le Bouddha dans le ciel d’Indra à 39 ans en 519 avant JC, Voyage-Mohammed.jpgMohammed à 51 ans en 621 après JC. Le cas de Jésus est exceptionnel, car son ascension s’est passée après sa mort (à 33 ans en l’an 29 de notre ère... et cela est historique … ! ) et sa résurrection.


La tradition des premiers siècles relatait que Jésus, en s'élevant de la terre, y avait laissé la trace de ses pieds imprimée sur la pierre; saint Jérôme témoigne qu'elle se voyait encore de son temps. On distingue encore sur le rocher l'empreinte du pied gauche d'un homme, dit Châteaubriand, le vestige du pied droit s'y voyait aussi autrefois : la plupart des pèlerins disent que les Turcs ont enlevé ce second vestige pour le placer dans la mosquée du Temple. 

Sainte Hélène avait fait bâtir en ce lieu une église; et saint Jérôme affirme encore que jamais on ne put fermer la partie de la voûte de ce temple à l'endroit où avait passé Jésus-Christ. Maintenant cette église est détruite. 

 

Ceci dit ; il serait très grave ( dans la perspective chrétienne…) de vouloir retrancher de la Bible, tous les passages qui contrarieraient notre vision rationnelle, scientifique .. ! Ce serait , aujourd’hui, l'échec de notre raison – eu égard aux capacités de notre esprit…

Il serait urgent de nous ouvrir enfin, à la réalité spirituelle et même mythologique… !

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<br>... "> Qu'est-ce qui met la mer en colère ?

Publié le par Perceval

Voici un bref extrait du film "Océan" réalisé par Jacques Perrin et Jacques Cluzaud qui nous entraîne au milieu d'une mer déchainée ne laissant pas de répit aux navires qui osent la défier.

 

 

*** *** ***

 

A voir ci-dessous, une vidéo plus complète : MAGNIFIQUE !

Le chalutier est de Guilvinec:

 

http://www.wimp.com/angryseas/

 

image-de-tempete.jpg

 

La mer en colère

Qu'est-ce qui met la mer en colère?
Ce ne sont pas les poissons
Dans le fond
Ce ne sont pas les bateaux
Sur les flots
Alors c'est sûrement
Le grand vent
Qui, dans un accès de rage
Hurle au large.

 

 

 

 

La-derniere-vague.jpg

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Les miracles: faits ou symboles ? Mythe et religion.

Publié le par Perceval

Y aurait-il un danger à interpréter les symboles d’une pensée religieuse, en l’occurrence la sienne… ( pour ce qui est de celle des autres : la réponse, en général, est non … !  :-)  ), comme des métaphores et non des faits. ? … Par exemple : la pêche miraculeuse, Jésus marchant sur les eaux .. ?

 

 " Je pense que ce n'est pas "vrai" au point de vue physique, mais que c'est "vrai" et même fondamentalement vrai sur le plan théologique, spirituel et existentiel. De sorte qu'aucun chrétien n'attend de Jésus-Christ qu'il l'aide à se passer de bateau pour aller en Angleterre, mais tous, nous pouvons témoigner que véritablement, le Christ nous aide à avancer sans être englouti dans les difficultés de toutes sortes. " Louis Pernot, pasteur : Oratoire du Louvre.
marcher-sur-l-eau-1.jpg
Le chercheur a développé sa théorie après l’étude des températures de la Méditerranée grâce à la récolte de coquillages et de restes d’animaux.Jésus a marché sur l’eau selon la Bible, mais un chercheur américain croit plutôt qu’il a marché sur une couche de glace difficilement visible.

Doron Nof, océanographe d’origine israélienne à l’Université de l’Etat de Floride, soutient qu’une conjugaison rare de conditions marines et atmosphériques prévalant dans la mer de Galilée ou de Tibériade il y a 2000 ans pourraient fournir une explication scientifique pour l’un des miracles relatés par la Bible.
 marcher-sur-l-eau-2.jpg


 

Heureusement, non ! Un fait est relié à une ordonnée de temps, d’espace .. Il est unique. Un « symbole », est un message universel qui éclaire notre vie et notre expérience intérieure… Certaines sectes, se font la spécialité d’expliquer quasi – scientifiquement ( faussement, bien sûr ) les miracles. Ils persuadent même leurs adeptes que sous certaines conditions ils pourront eux-mêmes les réaliser… Ce sont des marchands de matérialisme spirituel …

 

« Une image mythique ne parle pas de quelque chose qui est arrivé quelque part ou qui va arriver quelque part à tel moment. Elle se réfère à ce qui est maintenant, et était hier, et sera demain, et pour toujours. ..( .. ) Les mythes ne comptent pas s’ils touchent votre esprit rationnel. Ils doivent heurter votre cœur. Vous devez les absorber et les ajuster à vous, et en faire votre vie.» Campbell ( dans sa conversation avec Michael Toms 1988 ).

Les mythes ( les miens …) deviennent ma nourriture. Ils sont aussi comme des panneaux indicateurs…

 

je-suis-Dieu.jpgPour moi, le Christ – alors qu’il est ce Jésus, né il y a deux mille ans …- est élevé dans son rôle mythologique comme "héros" qui a donné sa vie pour la multitude humaine. Il est devenu symboliquement ma nourriture. Comme « héros », il me permet d’incarner ce que je suis moi-même au plus profond de moi, si je développe le meilleur de moi-même.

 

Et si je dois me dépasser, je n’en suis pas pour autant supérieur aux autres … !

Dieu s’est fait homme, pour que l’homme devienne Dieu… Nous connaissons cette magnifique sentence ( de St Irénée, peut-être …). Mais , et c’est très important :

Il y a deux façons de penser que je suis Dieu : Si je pense que je suis Dieu dans ma réalité physique : alors je suis fou ( et certainement dangereux .. ! ). Parce que ce n’est pas « mon égo » qui est Dieu !

Je suis Dieu dans mon être le plus profond, dans ce qui – en moi – est uni à une transcendance non duelle - … Pour parler de cela, aujourd’hui, le vocabulaire qui m’est le plus approprié est celui des spiritualités orientales, ou de Maitre Eckhart, ou du mythe…

 

L’expérience intime du mythe…. Je me souviens, pour ce qui est de « La Passion » du Christ… de l’ambiguïté du film de Mel GibsonPassion-Gibson.jpg, par le réalisme des scènes… et par conséquent de sa portée symbolique…L’expérience du mythe, donc, m’humanise … Si le film n’était qu’un reportage ( à teneur historique et scientifique )… Je ne peux trouver dans la passion ( celle des Evangiles ) ce qui pour moi, est la compréhension de mes propres tragédies, de ma propre souffrance… Il en est de même, dans la Quête du Graal, de la rencontre du Roi pêcheur et de sa souffrance ( la lance qui saigne …)... De la souffrance du peuple juif exilé dans le désert pendant quarante ans …etc

 

De plus, cette intégration mythologique de ma propre tradition, transforme ma vision de l’autre.

« L’approche comparative ( des mythes et religions ) vous autorise à reconnaître des constances, cela vous autorise à voir que vous êtes en ration politiquement et économiquement avec des gens qui vous ressemblent, et vous pouvez regarder l’autre comme un « tu » noble, une sorte d’adversaire comme dans un jeu de tennis. Vous n’êtes plus en train de combattre un monstre. De savoir que l’autre est un « Tu » noble, un être humain avec les mêmes sentiments et potentiels que vous, cela civilise le jeu » Campbell ( dans sa conversation avec Michael Toms 1988 ). Quelle magnifique humanité, qui a au plus profond d’elle même, utilise des métaphores semblables, des symboles presque équivalents… !

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Remettre les péchés : chemin (juif et chrétien) vers la guérison.

Publié le par Perceval

Premier point :

Jésus a été condamné pour blasphème. En particulier, il s’est arrogé une prérogative divine (Isaïe 1,8) : remettre les péchés :resurrection2007-icone.jpg

Luc 5, [20] ( Bible de Jérusalem ) « Voyant leur foi, il dit : «Homme, tes péchés te sont remis.» [21] Les scribes et les Pharisiens se mirent à penser : «Qui est-il celui-là, qui profère des blasphèmes ? Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul

Dans la liturgie du Temple, en effet, il était prévu des «sacrifices pour le péché» qui, à certaines conditions, permettaient d’obtenir le pardon de ses fautes (Lévitique 4,1-5,17).

Jn 5,18 : « À cause de cela donc les Juifs cherchaient d'autant plus à le faire mourir, parce que non seulement il violait le Sabbat, mais aussi parce qu'il disait que Dieu était son propre Père, se faisant égal à Dieu ».

 

Deuxième point :

Ce « pouvoir divin » : Jésus le délègue à des hommes ( ! ), après leur avoir soufflé l’Esprit Saint :

Jn 20, 22-23 : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »


Avant de réfléchir, sur ce qui m’apparaît, avec Jésus, une certaine révolution, dans la manière d’aborder cette notion de « péché ». Qu’en est-il, du «  péché » dans la religion du Christ, le judaïsme ?

-       Comment cela se fait-il que la compréhension de cette notion, soit à ce point différente, alors que nous avons la même origine de pensée ? mais peut-être est-ce une ' fausse idée ' ...

-        

Qu’en disent aujourd’hui les juifs ? ou : La notion de péché dans le judaïsme :

Kippour.jpg

 

La Torah (l'Ancien Testament) ne connaît que deux mots pour désigner quelque chose qui ressemble au péché, qui n'ont rien à voir avec les concepts développés par le christianisme.

  • La faute est désignée par 'het (plur. 'hattaïm). Ce mot apparaît pour la première fois dans le Livre de la Genèse IV:7. Il est linguistiquement dérivé du concept de manquer la cible. Rien ne laisse supposer dans la sémantique de celle-ci une quelconque séparation d'avec YHWH Elohim. ...

  • Théologiquement, le mal est désigné par . Le mot désigne une imperfection intrinsèque : "kisse rou'a", c'est une "chaise instable", branlante, ne convenant ni à sa condition, ni à sa fonction de chaise. Faire ce qui estne s'applique que dans un seul cas : blasphémer et/ou sacrifier aux idoles (Ishtar, Baal, Belzébuth,...) et à l'idolâtrie; en se détournant du monothéisme.

Ce mal est toujours collectif et concerne soit le chef du peuple (ex. Salomon qui avait suivi certains cultes de ses nombreuses concubines, soit tout le peuple, Israël, dans son ensemble (ex. « Adoration du Veau d'or »).

 

Exemples :

Livre des Rois (1, 21). Le roi David est sur son lit de mort et sa femme, Bath Chéva', vient lui déclarer : " Si Salomon ne devient pas roi après toi, alors Salomon et moi serons "'hataïm" ". Salomon et Bath Chéva' seraient-ils des pécheurs ? Cela signifie que Salomon et Bath Chéva' n'atteindront pas leur potentiel, ne réaliseront pas leurs aspirations, ne répondront pas aux attentes placées en eux.Anxiete-Une-hypersensibilite.jpg

Le mot hébreu pour l'une des nombreuses offrandes sacrificielles est 'hatoth, de la même racine que le mot 'hett . Cette offrande - généralement appelée en français une " offrande expiatoire " - ne peut être présentée que pour un acte que l'on a fait sans intention. En fait, si l'on a délibérément transgressé une violation, il est interdit de présenter un 'hatoth. C'est donc vraiment une " offrande pour une erreur ", et non une " offrande expiatoire ".


" Mettre à côté de la cible ", " ne pas atteindre son potentiel ", " erreur " et " involontaire " sont tous des indications que le mot 'hett ne signifie pas " péché ".

Il est plus exact de traduire le mot hébreu 'hett par " erreur " ou " méprise ".

Les gens ne " pèchent pas. " Ils commettent des erreurs. Après tout, nous sommes des êtres humains. Et le judaïsme nous demande de tirer la leçon de nos erreurs. Nous présentons nos excuses, nous nettoyons le désordre occasionné, et nous continuons de vivre.

A noter qu'il existe d'autres mots en hébreu qui sont aussi traduits - à tort - par " péché, " mais qui impliquent une faute plus grave qu'une erreur. Pour citer deux exemples : 'avone ‘ désigne une transgression volontaire, consciente, de la loi de Dieu où l'on désire prendre le dessus ; pécha' s'applique à une transgression volontaire par laquelle on cherche à contrecarrer spécialement la volonté de Dieu.

Cependant, le mot 'hett est celui que l'on traduit le plus souvent par " péché ". Le " péché " commis par Adam et Eve était un 'hett, une erreur.

C'est ainsi qu'un grand nombre de concepts que nous avons à l'esprit ne sont pas du tout juifs. Jeter un regard nouveau peut nous ouvrir l'esprit et clarifier nos idées, en même temps que cela donnera plus de sens à nos existences.


 

Pour les chrétiens, qu’y a t-il de nouveau ? ou du moins de différent ?

Au delà de «  la cible ratée », il y a l’idée d’une alliance rompue : alliance entre Dieu et l’humain.Resurrection-icone-detail.jpg

Et précisément, Jésus propose une nouvelle alliance entre l’humain et le divin. Cette alliance est la conséquence de l’Amour inconditionnel du Divin pour l’humain. D’ailleurs, même si les apôtres ne sont pas « géniaux », le « Souffle » que reçoivent les disciples - s’il ne les rend pas parfaits - il les constitue membres de la Nouvelle Alliance. Ils deviennent si intimes du Christ que leurs paroles résonnent comme les siennes. Ils ne le remplacent pas - ils n’ont pas l’orgueil de le croire - dans l’imperfection ils poursuivent sa mission. Ils reçoivent une autorité qui vient de Dieu.

Ainsi, la rémission des péchés, passe par Jésus, qui a accompli une fois pour toutes, le salut de tous. Le mouvement de conversion de l’homme n’est pas supprimé pour autant, mais il prend un sens nouveau dans la confiance que le Christ a déjà acquis pour l’humanité la victoire sur le péché.

 

Pardonner :

Dans le judaïsme, Il y a un pardon qui ne peut être accordé que par Dieu : celui qui efface la faute commise contre lui et contre sa Tora. En effet, ce pardon met en œuvre la puissance créatrice de Dieu…

 

L’être humain, quant à lui, peut remettre les dettes. confession10.jpgPardonner, au sens commun du terme, c’est toujours, de quelque manière, renoncer à un dû. Il faut souligner à ce sujet que le « Notre Père » fait usage de ce vocabulaire : « Remets nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs. » (Mt 6,12). Cette formule n’est pas passée dans la traduction française officielle, alors que les catholiques l’ont récitée pendant des siècles en latin (dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris) sans que cela pose problème (il est vrai que beaucoup ne comprenaient pas le latin…). On retrouve la même image dans la grande parabole sur le pardon, à propos du débiteur impitoyable (Mt 18,23-35).

 

L’exigence du pardon mutuel est fortement affirmée dans le judaïsme, où elle s’exprime de façon particulière à l’occasion de la fête de Kippour. La tradition affirme en effet que Dieu ne peut pas pardonner à celui qui ne pardonne pas à son prochain. Pardonner à ses semblables est le préalable indispensable à la réception du pardon divin.

Il arrive – méconnaissance classique du catho. qui ne connaît en général rien des autres religions  - de prétendre que les juifs, à la différence des chrétiens, seraient incapables de pardonner !!!

Source :: http://www.jerusalem-religions.net/...

 

 

- Le judaïsme:

La repentance tient une très grande place dans la vie religieuse des Juifs. Elle est enseignée et pratiquée dans une liturgie quotidienne, sobre et significative, dont nous allons admirer la pédagogie. La repentance, en effet, est si importante qu’on doit la faire tous les jours. Vous avez peut-être déjà entendu le conseil austère et humoristique, que Rabbi Eliezer-le-Grand, maître de Rabbi Aqiba donnait à chacun de ses disciples dans la deuxième moitié du premier siècle de notre ère: « Fais repentance un jour avant ta mort » et aux disciples qui s’étonnaient: « Mais l’homme sait-il quel jour il mourra ? », il répondait simplement: «Qu’il fasse repentance aujourd’hui de peur qu’il ne meure demain ! De la sorte, il fera repentance chaque jour »(Mishnah Abot 2,10. T.B. Shabbat 153 a)

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- Le christianisme:

Propos d’Olivier Boulnois : « La morale ne fait pas partie du CREDO. Le christianisme n’est pas en son essence une morale, pas même une source transcendante de la morale. Il est une foi, non une loi.

En son centre, il proclame un salut et prétend y adhérer ; il n’exige pas la justice mais promet le pardon, il ne condamne pas une faute, mais confesse le péché. Tout le discours de la morale chrétienne ne peut être qu’un discours du croyant sur le bien, sur sa dette envers Dieu, envers autrui, envers lui-même […] La morale est secondaire mais elle n’est pas accidentelle, et le christianisme s’en occupe dans sa secondarité même. Le christianisme encadre la morale mais il n’en dépend pas ; il l’intègre mais il la transforme » (« Christianisme ou morale », dans : Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, sous la direction de Monique Canto-Sperber, Paris, Puf, 2001, p. 258).

 

Il n’y a dans les Evangiles, aucune idée de culpabilité ! Pécher, signifie ‘rater sa cible’, et quand conscient d’avoir péché, nous découvrons le résultat ‘ raté ‘, nous ne pouvons en être que malheureux. Jésus vivant, nous rappelle ( comme il l’a fait en de multiples occasions) : que si notre âme nous condamne, le divin, lui nous pardonne. Jésus, nous « relève ». La culpabilité est un « mal », elle nous ronge, Jésus nous en libère. La culpabilité, est souvent l’arme perverse de ceux qui souhaitent imposer leur pouvoir temporel …

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Fonctions du mythe

Publié le par Perceval

  Comme nous le voyons ci-dessous, le mythe ne s’oppose en rien, au message religieux… Au contraire, il peut le porter ; c’est même l’un des objectifs du récit christianisé de la Quête du Graal. Le mythe, est même, le moyen le plus vieux du monde pour exprimer une spiritualité… Aujourd’hui, en préférant la théologie, ou le métaphysique ( porteurs également d’immenses découvertes …) , nous estimons, - sans doute imbus de notre science -,  qu’il est malsain de lier mythe et religion… Le pire, c’est qu’au nom même d’une certaine rationalité ( !) , nous préférons imposer dogmatiquement la matérialité de certains faits, même s’ils contredisent cette même rationalité… ! ( à n’y rien comprendre .. ! ). Bien sûr, alors les symboles, les mythes – dans cette optique – signifient : histoires pour enfants ( je n’utilise pas le mot de «  conte » dans ce cas.. ! ) , fictions, fantaisies…etc.

Quelles sont les fonctions du Mythe ?

-      Nous réconcilier avec la vie :

Esprit-reenchanter-le-monde.jpgNous pourrions refuser d’entrer plus avant dans « le monde », refuser le corps, refuser les épreuves, refuser ce qui fait la vie … La mythologie prône la capacité de l’homme à améliorer « le monde ».

La mère de Perceval ( qui avait déjà perdu son père, son mari …) , voulait mettre son fils à l’écart...! 

Le chevalier affirme la vie, et tous ses aspects aussi bien monstrueux, que magnifique, sans effectuer de tri. L’héroïsme c’est d’agir sans ressentiment envers la vie et sa part de violence inaliénable. Le bouddhisme rappelle, en préalable, cette vérité essentielle : «  Toute vie est souffrance ». Et, la sagesse ( de toutes les traditions ) est d’accepter et d’aimer cette vie.

-       Représenter l’univers :

Voici-Le-temps-De-Construire.jpgLe passage par le mythe permet de mettre en récit une expérience personnelle complexe : par exemple celle de passer d’un bonheur à un malheur soudain, «  sans explication ». De même, tous le mythes racontent qu’il existait un temps de l’unité avant le temps de la dualité ( de la séparation ). Il y a «  la chute », puis la résurrection.

 

 

-       Donner des règles et des valeurs :

Souvent le mythe justifie à sa manière les lois contingentes ( droits et devoirs ). Le héros les respecte, mais ne vit pas par elles. Elles ne l’angoissent pas. Les valeurs priment sur les lois, et portent parfois le héros jusqu’au sacrifice.

 

-       Franchir des seuils psychologiques :

Le mythe peut nous aider à traverser les différentes périodes de notre vie…

Toute la quête du héros correspond à une amplification des rites de passage ( mort et résurrection ..). L’objectif est d’arriver à l’autonomie, à être les seuls garants de notre vie, les seuls à diriger notre pensée ; afin, d’accéder à notre vocation :

Entrer dans le 'troisième âge' ...

-       Le mythe personnel nous aide à accepter l’inévitable déclin physique qui accompagne le retrait de cette « course aux illusions »…, et donne sens à cette période de vie.

-       Toute mythologie prépare au passage ultime, celui de la vie à la mort. Elle présente l’image d’une deuxième vie, comme une vie que nous avons déjà en nous ; aussi, explorer notre prpore mythologie personnelle peut nous aider à traverser ce stade ultime : à vivre pleinement ! Plutôt que d’imaginer un futur après la mort, les mythes se concentrent sur notre présent et les richesses de notre vie imaginaire. L’autre vie est déjà là au fond de nous-mêmes.

 

Sources: Ces lignes sont des notes de lecture alors que je savoure l’ouvrage de Laureline Amanieux : «  Ce héros qui est en chacun de nous ».

La quête du héros, Joseph Campbell. from laureline amanieux on Vimeo.

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