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Agora, Hypatie et les chrétiens

Publié le par Perceval

Les chrétiens parlent peu du film « Agora ».. !
agora 2Sans doute, préfèrent-ils ne pas accorder de crédit à un ‘ péplum historique ‘ qui ne peut que caricaturer les chrétiens.. Hum, je suis sceptique… Je crains plutôt que ce ne soit la peur de se confronter à des opinions désagréables à entendre; à moins que ce ne soit la paresse de se justifier, ou le peu d’intérêt pour l’histoire … ?


C’est l’histoire d’une femme ‘ Hypatie’ ( au IVème siècle à Alexandrie ) qui préfère à tout amour, celui de la philosophie…

Au fil de son récit, Agora pose deux questions fondamentales : d'abord celle de la place des sciences dans un espace religieux. Puis celle, corrélative, de l'expansion du christianisme dans l'Empire romain comme obstacle au développement scientifique dans une cité profondément marquée par la culture hellénistique.Hypathie enseignant


« Mais Agora ne tente pas de nous convaincre du contraire ; voilà un film qui, avec l'immense talent de conteur de son réalisateur, souligne ce fait indiscutable que l'expansion du christianisme a pu être un frein pour les sciences astronomiques, du fait que la présence d'un dieu unique ne s'accorde nullement à la reconnaissance de modèles cosmiques inédits qui ne mettraient pas le monde des humains au cœur de l'univers. » Eric Nuevo docteur à l’université de Picardie dans ‘ le Monde ‘



L'historien chrétien Socrate le Scolastique
rapporte dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) :


« Il y avait à Alexandrie une femme du nom d’Hypatie ; c’était la fille du philosophe Théon ; elle était parvenue à un tel degré de culture qu’elle surpassait sur ce point les philosophes, qu’elle prit la succession de l’école platonicienne à la suite de Plotin, et qu’elle dispensait toutes les connaissances philosophiques à qui voulait ; c’est pourquoi ceux qui, partout, voulaient faire de la philosophie, accouraient auprès d’elle. La fière franchise qu’elle avait en outre du fait de son éducation faisait qu’elle affrontait en face à face avec sang-froid même les gouvernants. Et elle n’avait pas la moindre honte à se trouver au milieu des hommes ; car du fait de sa maîtrise supérieure, c’étaient plutôt eux qui étaient saisis de honte et de crainte face à elle"



En mars 415, à 45 ans, elle meurt lapidée par des chrétiens fanatiques.

 

D'après Socrate le Scolastique:


« Contre elle alors s’arma la jalousie ; comme en effet elle commençait à rencontrer assez souvent Oreste, cela déclencha contre elle une calomnie chez le peuple des chrétiens, selon laquelle elle était bien celle qui empêchait des relations amicales entre Oreste et l’évêque. Et donc des hommes excités, à la tête desquels se trouvait un certain Pierre le lecteur, montent un complot contre elle et guettent Hypatie qui rentrait chez elle : la jetant hors de son siège, ils la traînent à l’église qu’on appelait le Césareum, et l’ayant dépouillée de son vêtement, ils la frappèrent à coups de tessons ; l’ayant systématiquement mise en pièces, ils chargèrent ses membres jusqu’en haut du Cinarôn et les anéantirent par le feu. Ce qui ne fut pas sans porter atteinte à l’image de Cyrille et de l’Église d’Alexandrie ; car c’était tout à fait gênant, de la part de ceux qui se réclamaient du Christ que des meurtres, des bagarres et autres actes semblables soient cautionnés par le patriarche. Et cela eut lieu la quatrième année de l’épiscopat de Cyrille, la dixième année du règne d’Honorius, la sixième du règne de Théodose II, au mois de mars, pendant le Carême »


Femme enseignant géométrieD'après Jean de Nikiou (Nicée), au VIIème siècle :


« En ces temps apparut une femme philosophe, une païenne nommée Hypatie, et elle se consacrait à plein temps à la magie [théurgie, selon Michel Tardieu], aux astrolabes et aux instruments de musique, et elle ensorcela beaucoup de gens par ses dons sataniques. Et le gouverneur de la cité l'honorait excessivement; en effet, elle l'avait ensorcelé par sa magie. Et il cessa d'aller à l'église comme c'était son habitude.... Une multitude de croyants s'assembla guidée par Pierre le magistrat – lequel était sous tous aspects un parfait croyant en Jésus-Christ – et ils entreprirent de trouver cette femme païenne qui avait ensorcelé le peuple de la cité et le préfet par ses sortilèges. Et quand ils apprirent où elle était, ils la trouvèrent assise et l'ayant arrachée à son siège, ils la trainèrent jusqu'à la grande église appelée Césarion. On était dans les jours de jeûne. Et ils déchirèrent ses vêtements et la firent traîner (derrière un char) dans les rues de la ville jusqu'à ce qu'elle mourût. Et ils la transportèrent à un endroit nommé Cinaron où ils brûlèrent son corps. Et tous les gens autour du patriarche Cyrille l'appelèrent « le nouveau Théophile », car il avait détruit les derniers restes d'idolâtrie dans la cité. »

 

Bien sûr ce film, est au même titre, que n’importe quel roman historique, tissé de dialogues et de rencontres imaginaires, mais l’occasion est pour nous d’ouvrir un débat, autour d’une période qui fonde le canon et les rites de notre Eglise-institution, ce qui est loin d’être anodin … !

 

« Il faut dire que le héros de cette vaste fresque n'est pas un guerrier bas du front, mais une femme, la belle Hypatie, philosophe, astronome, mathématicienne, qui a vraiment existé. Alejandro Amenábar (Mar adentro, Les Autres) en fait le symbole d'une époque charnière. Celle où le christianisme dogmatique est en passe de dominer le monde occidental. Et où l'obscurantisme menace la science et la raison. Toute ressemblance ou similitude avec le monde d'aujourd'hui est évidemment volontaire et délibérée. Amenábar use du péplum comme d'un prétexte pour condamner avec virulence tous les fanatismes. Ces chrétiens, qui, en brûlant les livres, en saccageant la bibliothèque, commettent un véritable viol de la culture, rappellent des ravages plus contemporains, commis au nom de la religion. » Cecile Mury pour Télérama.


En conclusion, j’ai aimé ce film et l’interprétation de la comédienne. Je suis intéressé par les questions posées et j’espère pouvoir approfondir la connaissance de cette période, et le rôle des chrétiens. Je ne crains pas de débattre, au contraire... Nous avons le devoir de savoir ce que les chrétiens ont fait de leur religion, et dans quelles circonstances nous avons trahi le message de Jésus-Christ. Il est indéniable aujourd'hui de reconnaitre que 'le pouvoir' pervertit ' le spirituel '!

 

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Chrétien et philosophe: Jean Luc MARION

Publié le par Perceval

  • Jean-Luc MARION, philosophe et professeur à la Sorbonne et à Chicago, est un spécialiste de Descartes, un phénoménologue ; il a développé une nouvelle approche de Dieu, débarrassée des pesanteurs de l’Etre, pour mieux reprendre cette question. Il écrit : L’idole et la distance (1977) et Dieu sans l’être (1982).

Le philosophe Jean-Luc Marion, est reçu jeudi 21 janvier sous la Coupole, au fauteuil du cardinal Lustiger


Chrétien et philosophe : comment articulez-vous cette double appartenance ?

Jean-Luc Marion : Je suis philosophe, exactement comme d’autres sont pilotes de ligne, ingénieurs, ou banquiers ! C’est un métier comme un autre, qui relève de l’ordre de la connaissance, dirait Pascal. L’identité chrétienne n’est pas du même ordre que la rationalité philosophique. Il existe des philosophes qui ont des opinions religieuses, et heureusement !scolastique

Mais il n’y a pas en soi une « philosophie catholique », ou une « philosophie chrétienne ». C’est le propre des idéologies, comme le marxisme, que de vouloir baptiser les sciences humaines. La révélation chrétienne ne dépend pas d’une philosophie, Dieu merci ! Mais il est vrai que je me suis intéressé à la théologie car la philosophie passe son temps à aborder la théologie. Notamment lorsque j’ai écrit Dieu sans l’être . Je ne me suis pas posé la question de l’articulation entre ma foi chrétienne et la philosophie, mais plutôt la question du droit de la philosophie de parler de Dieu, de la révélation chrétienne, et le problème des limites.

 

Le choix que l’on a proposé aux catholiques entre les deux postures, progressiste ou conservatrice, était faux. D’autres, comme Urs von Balthasar, Karol Wojtyla ou Jean-Marie Lustiger ont au contraire relu le Concile dans une perspective différente, à la lumière des Pères de l’Église, dans un mouvement de redécouverte patristique. La revue Communio a soutenu ce mouvement, et cela fait 35 ans que cette revue, principalement gérée par des laïcs fonctionne, sans subvention.


Ne craignez-vous pas cependant aujourd’hui un repli identitaire de la part des catholiques en France ?

Non, je ne crois pas, ce n’est pas un mouvement important. Les catholiques français sont en train de comprendre ce que doit être leur rôle, cela ne va pas de soi. Ils sont une minorité, mais la minorité la plus importante, qui doit avoir voix au débat.

Certains chrétiens se crispent dans un état caduc et passé de la philosophie, appartenant à une époque scolastique, où la rationalité était définie de manière restrictive, où la confrontation entre foi et raison n’existaient pas. Mais ils n’ont rien compris aux enjeux actuels.


Justement, pourquoi insistez-vous ainsi sur le lien indissoluble entre foi et raison ?

Je crois que nous sommes arrivés à un moment clé de cette réflexion. Ceux qui opposent foi et raison ont une vision de la foi comme n’ayant pas de logique. Or il y a une logique de Dieu dans la révélation chrétienne, car Dieu c’est le logos, la raison. Et les mêmes qui nient cette part de recouvrement de la raison par la foi reconnaissent aujourd’hui que nous nous trouvons face à une crise de la rationalité : qui peut, après le XXe siècle, dire ce que l’on entend par raison ?

La frontière entre le rationnel et le non rationnel n’a plus rien d’évident. La science n’est plus la vérité absolue comme on a voulu le croire, le progrès scientifique prend désormais aussi l’aspect d’une menace, c’est tout à fait évident avec la crise écologique.

Dans ce que j’appelle cette « inquiétude rationnelle », les chrétiens ont toute leur place, et leur contribution peut être fondamentale. À condition qu’ils n’apportent pas au débat des convictions frénétiques, mais des positions raisonnables. « Raison garder », voilà ce pour quoi les chrétiens sont peut-être qualifiés, car leur Dieu n’est pas un Dieu de la toute-puissance irrationnelle, mais le Dieu du logos.

 

 Penser autrement « la mort de Dieu », objet de l’Idole, et la distance (1977) en considérant cette mort comme, avant tout, la mort d’un concept, d’une certaine primauté de l’Etre et du « Dieu moral ». Il considère ce retrait du divin comme l’ultime figure de la révélation. En somme, dit-il 1/ Le Dieu qui est mort est une représentation (une idole) contre lequel il faut lutter 2/ Dieu, lui, est mort sur la croix et est donc en retrait – manière, pour nous, d’éprouver la filiation.

 Penser autrement l’amour et la charité. Dans Le phénomène érotique (2003) il indique, au début de son livre, que la « philosophie ne dit aujourd’hui plus rien de l’amour, ou si peu », qu’elle « n’aime pas l’amour » et que nous constatons un « divorce » entre la philosophie et l’amour, que nous vivons « dans un grand cimetière érotique ». Il y a, dit-il, une « rationalité érotique » et l’amour en relève.

Source: ( La Lettre d'information de Canal Académie )

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"Sagesse" à l’académie française : F. DELAY

Publié le par Perceval

  • Florence DELAY, de l’Académie française

    sagesse- La liberté.
    "Chaque fois que j’ai terminé un livre, je me dis que je n’ai pas été suffisamment libre..

    - L’oisiveté. "Ne pas trop combler son temps ; profiter de ce moment de la vie pour le hasard, la rêverie, la lecture ; découvrir cet "otium", l’oisiveté au sens noble".
  • Ce mot est désormais entré dans le Dictionnaire. Vivre avec. Chrétiens, juifs, musulmans, ont vécu, avec des heurts mais en se supportant. "Cette période de la vie en Espagne, avant la Reconquête qui a voulu imposer la religion, reste un modèle. L’esprit triomphe des murs. L’important est de tourner son esprit vers l’au-delà, vers Dieu. La convivance semble impossible alors qu’elle a eu lieu pendant des siècles."

- La convivance:

Au regard du monde, de la société, qu’est-ce qui vous parait essentiel à dire aujourd’hui ?

 "A chacun de retrouver une vie intérieure, une vie où l’on fait confiance à ses propres forces. On se repose trop sur le collectif, les mêmes schémas, les machines. On perd sa singularité. On ne peut pas se fondre avec les autres tout le temps. J’aime chercher, je ne veux pas qu’une machine trouve pour moi, me prive de cette "promenade"".

La spiritualité, hors religions ? "Elle m’a souvent parue imbécile car les religions contiennent assez de grandeur pour qu’on s’y trouve bien. J’ai découvert tardivement les grands textes chrétiens mais c’est passionnant !" Il y a un élan vers "la vie intérieure" qui doit être nourrie quotidiennement.


Aujourd’hui, quelle est votre motivation essentielle ?

 "Aller le mieux possible vers la fin de mes jours, ne pas perdre la force d’âme ni le pouvoir de m’émerveiller. Tenter de trouver la joie du vieil âge." Et d’évoquer la très ancienne sagesse des Indiens Navarros sur la piste de la beauté.

 

 

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Haïti .... Malédiction... Dieu...

Publié le par Perceval

Nous risquons d’entendre , de la part de certains ‘ croyants ‘, des énormités :
- C’est Dieu qui punit !   ou,
- tel le télévangéliste américain Pat Robertson: « il y a très longtemps, les Haïtiens auraient conclu un pacte avec le diable pour se débarrasser des forces oppressantes qui occupaient le pays. Et voilà qui expliquerait la catastrophe! »…! Certes, déjà au lendemain du 11 septembre, le télévangéliste était d'avis que les attentats tenaient au fait que « les Américains approuvent l'avortement, l'homosexualité et la séparation de l'Église et de l'État ». 
 

Dans l’observation d’une catastrophe naturelle, il n’y a ni sacrifice, ni épreuve … L’Humain, et donc le divin n’est que dans le cœur de ceux qui vivent un « fait naturel ». Le chrétien n’est pas idolâtre et ne met dans le fait naturel, ni bien ni mal …
La notion de mal, ne se débusque pas si facilement, ainsi dans un Etat, ‘le bien et le mal’, sont souvent synonymes de ‘légal et d’illégal’… sans plus!

Dans une telle occasion, la religion est une aide, parce qu’elle soutient les ‘ cœurs ‘, elle nous rappelle que nous ne sommes ni maudits, ni responsables. Face au mal, si je peux choisir la suite, si je suis capable d’en faire mon épreuve; je peux retrouver appui sur ce qui échappe à l’impermanence du naturel.

 

ClimatIl faut lire ce que disait l’ingénieur géologue Claude Prepetit, il y a un mois, lors d’une entrevue au Nouvelliste, un journal haïtien:

La région métropolitaine de Port-au-Prince a connu des séismes dévastateurs, de magnitude supérieure à 7 , en 1751 et 1770. Depuis lors, nous sommes entrés dans une période d’apparente quiétude pendant laquelle l’énergie continue de s’accumuler dans le sol. Le jour où les contraintes vont se relâcher avec fracas, les conséquences seront catastrophiques pour la région métropolitaine.

Dans un rapport publié quelques mois plus tôt pour le Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics d’Haïti, le même M. Prepetit déplorait l’«impréparation» d’Haïti à un tel séisme, l’attribuant à la «méconnaissance  de la réalité de la menace sismique en Haïti» et aux croyances religieuses «instituant un ‘Bon Dieu bon’ préservant (Haïti) de tous les risques et désastres naturels.»


Ne rejetons pas non plus notre responsabilité ( au-delà de ce séisme ), puisqu’aujourd’hui l’homme contrôle ou le plus souvent détraque son espace naturel, au risque des plus grandes catastrophes … !


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Sagesses et voie chrétienne

Publié le par Perceval

La voie chrétienne insiste sur la Foi, une adhésion qui aujourd’hui s’appuie en priorité sur une connaissance intellectuelle, théologique, et qui peut sembler capituler face aux dogmes …


MeditationLes spiritualités orientales et toutes les grandes mystiques de l'humanité, nous montrent que la Foi, s'enracine dans un bouleversement psychique lié au vécu d' un "moment" exceptionnel.
Si, le disciple ne reconnaît pas une relation avec un « Inconnu » qui le dépasse ; il serait peut-être préférable de parler de ‘sagesse’… Cependant, certains parleront de ‘ spiritualité laïque ‘, puisqu’ils considèreront que ce type d’interrogation ( Dieu ? ) est un faux problème, tout en décrivant un état de «  non-dualité », qui nécessite de ressentir un sentiment de dépassement de soi-même et de reliance à la totalité du monde… L’octuple voie du bouddhisme enseigne cette éthique pour y accéder… Le Dalaï-Lama parle de "spiritualité laïque" alors que dans le bouddhisme, s'il y a des "dieux" ( eux-mêmes inscrits encore dans le samsara… ! ), il n'y a pas de Dieu créateur.

 

gasshoLa voie spirituelle chrétienne, réclame un abandon de l’âme ( psyché ), au profit de l’esprit qui n’a qu’un désir : être emplit par l’Esprit.
Ce ‘ lâcher prise ‘, nécessite une sagesse – le plus souvent traditionnelle - une confiance de ses maîtres, une confiance de sa communauté et , ce qui aujourd’hui est le plus délicat, une pratique cultuelle au travers de laquelle le rituel conduit l’apprenti à pratiquer, s’entraider et reconnaître les bienfaits de sa ‘ religion ‘. A mon avis, ce passage est pour la plus grande partie d’entre nous nécessaire et aidant…


Le catholicisme, nous demande de reconnaître cette ‘ blessure ‘ de ne pas être ‘ divin ‘ (et de chercher à le devenir ). Ce chemin, passe par Jésus, qui lui : Homme accompli et uni au Divin, au point de ne faire qu’UN avec Celui qu’il nomme ‘ Père ‘ : et se définit donc au travers de cette relation d’Amour. Cet Amour, nous pouvons, nous aussi y participer, en nous laissant pénétrer de l’Esprit…


Le catholicisme, nous donne comme outil majeur : - La Parole : des textes ( écrits par des hommes ) qu’elle reconnaît emplis par l’Esprit, et par son enseignement au travers du magister et de ses saints. Les dogmes n’ont pas de valeur scientifique, ils attirent l’attention – sur des erreurs possibles d’interprétation de la Parole, ou – sur des points textuellement absents de la Bible ( la Trinité ), mais dont la compréhension ( jamais totale ) du mystère peut nous conduire à satisfaire notre recherche spirituelle. L’Eglise, au delà de son aspect mystique ( Corps du Christ ), est la communauté dont nous avons besoin pour progresser et vivre notre spiritualité, avant de l’étendre ‘au dehors’ ( monde profane ). Un chrétien seul, peut être en difficulté …


Instant présentAujourd’hui, la difficulté de certains c’est de reconnaître et expérimenter la sagesse offerte par le pluralisme religieux, et de pas être compris par sa communauté ( son église ) qui reste attachée exclusivement à sa tradition, et qui de plus ne connaît rien ou si mal cette culture spirituelle. Aussi, est-elle tentée de la caricaturer, rendant le dialogue difficile puisque nous ne nous reconnaissons pas dans l’argumentation : de ce que nous connaissons par expérience … !


Pour être plus clair, je suis effaré, de la méconnaissance, de la plupart des spécialistes que sont les prêtres ou les chrétiens formés, - du bouddhisme, de l’hindouisme, et surtout de cette culture pourtant occidentale du ‘développement personnel’ ( pour faire court …), du mépris contenu dans cette formule très employée de ‘ New-âge’ …etc.
Qui d’entre eux, connaît Eckhart Tolle ? Ou même en France : qui a vraiment lu des auteurs chrétiens comme : Jean-Yves Leloup, Jacqueline Kelen, Annick de Souzenelle parmi les plus lus et connus…
Simone Pacot, et des prêtres comme Benoît Billot ou Bernard Ugeux, ont réussi à être entendus ….

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"La joie": Lucrèce, Eckhart TOLLE et JESUS...

Publié le par Perceval

Plutôt que célébrer le bonheur, ou le plaisir ; je préfère la Joie. Je pense même que la Joie, peut faire l’unanimité parmi les religions et les philosophies… jhr4qyam

Déjà Lucrèce,  enseigne que le bien suprême est la joie inébranlable des dieux. Cette joie ne peut pas être définie par son objet, elle appartient à l’être même. Cette joie n’est plus un plaisir ou une joie accidentelle, elle est une « joie essentielle ».

Jésus:
« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11.)

 

Jésus était un homme heureux, nous mettre à son école serait de goûter cette joie et de l’offrir.

 

  • Si tu as définitivement pris parti pour le Royaume en ne misant plus que sur lui, tu ne méprise pas les joies humaines, tu les vis, tu les assumes, mais pour les élever à la hauteur même de ta joie surnaturelle. Et c'est là seulement que les joies humaines ont la possibilités de donner toute leur mesure. Et lorsqu'elles viennent à te manquer, tu demeures imperturbable, nourri que tu es de la joie essentielle qui, elle, ne saurait jamais te faire défaut.
    Extrait de Aubes et lumières de Maurice Zundel

  • «Il n'est au pouvoir d'aucune peine ni d'aucune humiliation humaine d'éteindre la joie essentielle qui est en nous» (Paul Claudel, in Cahiers Paul Claudel, 1 «Tête d'Or» et les débuts littéraires, Paris, NRF, Gallimard, 1959, p. 83).

 

la joie jean KleinAujourd’hui, le ‘développement personnel’ définit cet état. La «  joie essentielle » reste la quête de beaucoup d’entre nous. Le discours est différent : je synthétiserai en écrivant que l’homme exprime son «  être » au travers de certaines qualités que sont la force, la volonté, la joie et la compassion. Après la naissance, en grandissant, nous développons une personnalité en masquant notre véritable ‘ être ‘ par diverses identifications.

La joie, apparait déjà lorsque nous exprimons ce désir profond de chercher la vérité, c’est à dire : savoir  qui je suis vraiment.

Nous retrouvons ce principe dans les écrits d’Eckhart TOLLE, à propos de la joie :


  • Demandez-vous s'il y a de la joie, de l'aisance et de la légèreté dans ce que vous entreprenez. S'il n'y en a pas, c'est que le temps a pris le dessus, que le moment présent est passé à l'arrière-plan et la vie est perçue comme un fardeau ou un combat.

    Quand vous agissez en fonction de la conscience que vous avez dans le moment présent, tout ce que vous faites est imprégné d'une certaine qualité, d'un certain soin et d'un certain amour, même le plus simple des gestes.

    Lorsque la compulsion à fuir le présent cesse, la joie de l'Être afflue dans tout ce que vous entreprenez. Dès l'instant où votre attention se tourne vers le présent, vous sentez une présence, un calme, une paix en vous. Vous ne dépendez plus de l'avenir pour vous sentir satisfait ou comblé, vous n'attendez plus de lui le salut.

    Par conséquent, le besoin psychologique de devenir quelqu'un d'autre que ce que vous êtes déjà n'existe plus.

    Cependant, à un niveau plus profond, vous êtes déjà complet et une fois que vous réalisez cela, il émane de la joie et de la lucidité dans tout ce que vous entreprenez.

    Lorsque tel est votre mode d'être, comment pouvez-vous ne pas réussir ? Vous avez déjà réussi.

 

 

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Ostensions et subventions

Publié le par Perceval

Un peu de détente ?

"Le tribunal administratif de Limoges a jugé illégales des subventions de la région Limousin et du département de la Haute-Vienne versées pour des cérémonies traditionnelles d'exposition de reliques de saints limousins, en raison du principe de laïcité.

Les magistrats ont estimé que "dès lors qu'elles trouvent leur fondement même dans la vénération de saints catholiques et que leur objet est la présentation au public des reliques de saints, elles ne peuvent pas être considérées comme ayant perdu leur caractère de cérémonie de culte de la religion catholique"."carnaval-cassel

Comme quoi; cette loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat est parfaite!
La spiritualité n'a que faire du carnaval... et le carnaval ( qui a son intérêt et sa culture  ... ) - qu'il reste laïque, il a tout à gagner...!

J'exagère sans doute un peu.
J'avoue ne pas comprendre ce qui sous-tend ce genre de manifestation et ce qu'il peut apporter au culte ..?


Voir également sur ce blog ce que j'écrivais à ce propos ... et ceci.

ostensions-limousines-222x300Pour les non-limousins, quelques explicatons:

Les Ostensions sont propres à la Haute-Vienne. Une tradition qui est née en l’an 994 du « mal des Ardents », empoisonnement par l’ergot de seigle . Pour conjurer le mal, on fit transporter dans les rues de la ville les reliques de St-Martial, et l’on supplia le saint de faire cesser la terrible maladie. La manifestation fit tâche d’huile et de nombreuses villes, petites ou grandes, firent de même avec leur saint local. Aujourd’hui, les ostensions, qui ne sont célébrées que tous les 7 ans, donnent lieu à des processions ‘passionnées’ ( costumes portés et fabriqués par des bénévoles ) et sont l’occasion pour les « profanes » d’admirer les merveilleuses châsses (la plupart du temps en émail chanlevé de Limoges richement orné) renfermant les reliques des saints. Chaque Confrérie religieuse prépare sa procession à laquelle assistent le clergé et les fidèles… ainsi que les curieux (100 000 personnes à Saint-Junien).

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Jacqueline KELEN, les mythes, l'amour, le divin ...

Publié le par Perceval


Vidéo-Interview: Je vous invite à écouter Jacqueline KELEN, elle nous parle avec passion ...!
Vraiment! J'insiste... Ecoutez..!


Jacqueline Kelen et la passion amoureuse
.

Si ce que nous confie J. Kelen vous intéresse, je joins ci-dessous ce texte et vous invite à lire l'un ou l'autre de ses nombreux livres ...

Les Mythes

La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu : lien: extrait d'un article de ' Nouvelles Clés '
 
J. K. : J’ai suivi une formation de lettres classiques qui m’a permis de rencontrer très tôt les mythes fondateurs de l’Occident. Mais le chemin s’est fait progressivement et l’étude des mythes s’est accompagnée de la lecture incessante et passionnée des mystiques - égyptiens, tibétains, chrétiens, soufis ou juifs,... Tous me nourrissaient et m’éblouissaient. Tous parlaient d’une même saveur de Dieu et convergeaient au sommet. J’étais attirée par cette pointe de la pyramide. Le langage des sages et des mystiques est universel dans sa diversité, contrairement au langage unique de la mondialisation qui réduit et appauvrit. À leur façon, les mythes sont inépuisables, éternellement jeunes, parce qu’ils sont reliés à la Source. Il en va ainsi de toute parole prophétique.

J. K. : Beaucoup d’auteurs ou de conférenciers parlent de réconcilier le masculin et le féminin. Les mythes me proposent autre chose, d’ordre vertical : l’union entre ma nature mortelle, humaine ; et ma nature immortelle, divine. Cette tâche qui nous est impartie ouvre une blessure en nous, nous rappelant une blessure ancienne, ontologique. Or, précisément, profondément, cette blessure est ce par quoi le fini peut s’ouvrir à l’infini. Aussi, je trouve beau de se sentir blessé, c’est-à-dire imparfait, en marche, empli de soif. Aujourd’hui, par crainte d’être accusés de dolorisme, nous refusons tout sens à la souffrance et toute valeur à l’épreuve. Nous voulons être indemnes, protégés de tout. Nous oublions que nous sommes mortels, limités. Vivre est un risque permanent et passionnant, une aventure pleine d’imprévus. Tous les héros des mythes naviguent sur des mers déchaînées, traversent des forêts peuplées de brigands et de monstres, découvrent des territoires inconnus, hostiles... La vie nous demande confiance, ardeur et humilité. Il n’y a pas de chemin de maturité sans épreuves. Celles-ci sont autant de portes, autant de rencontres qui nous forgent et nous enseignent. Pour moi, une “belle vie” ne consiste pas en une succession de bonheurs, de plaisirs ou de gratifications. C’est une vie remplie de toutes sortes d’expériences, de souffrances comme d’espérances, c’est une vie intense, entière. Avoir une “bonne vie”, c’est tout embrasser, ne rien rejeter, c’est avoir envie de tout bénir, de tout serrer sur son cœur...

J. K. : Certains personnages, comme la reine de Saba ou Shéhérazade, me sont chers, mais il est un mythe celtique du Moyen Âge qui contient tout pour moi, c’est celui de Mélusine.

Il y est question de l’amour et de son lien au mystère, au secret, à la dignité, à la solitude. C’est l’un des rares mythes qui évoquent l’histoire conjugale. En effet, le mythe s’intéresse à la quête de soi, non aux formes sociales et temporelles.

Ainsi, une fois le héros réalisé, libre à lui d’être ermite, marié ou en communauté. De même, les notions de maternité et de paternité sont rarement évoquées. La femme-fée Mélusine illumine l’existence de son époux, Raymond de Lusignan. Elle lui a promis de le rendre heureux et prospère, riche et respecté de tous, mais le mariage repose sur un pacte : elle demande une journée pour elle seule, le samedi. Cette condition est judicieuse : l’amour n’est ni la confusion ni la promiscuité, et la vie conjugale doit respecter, et même révérer, le secret et la solitude de chacun des époux. Notre époque se déroule sous le signe de la collectivité, mais l’aventure de conscience, de la quête spirituelle, ne peut se vivre que sous le signe de la singularité.

Un jour, assailli par le doute, le seigneur Raymond de Lusignan rompt l’interdit du samedi et cherche à surprendre le secret de Mélusine. Un peu plus tard, il tiendra des propos insultants à son égard. Mélusine, qui veillait sur cette distance d’étrangeté, d’émerveillement entre eux, va déployer ses ailes et quitter Raymond pour toujours. Leurs adieux, inépuisables, me font toujours monter les larmes aux yeux. Ils ne se combattent pas l’un l’autre ni ne se déprécient, comme on a tendance à le faire lors d’une séparation, mais, au contraire, ils se chantent et se remercient pour tout ce qu’ils se sont apportés l’un à l’autre. Les êtres nobles se séparent sans renier l’amour, ils se quittent mais l’amour ne les quitte pas...

Je me demande : si certains personnages des mythes se haussent à ce niveau de relation, pourquoi nous, au XXIe siècle, n’en sommes-nous pas capables ? La réponse est terrible : nous n’en avons pas envie ! La perfection, le perfectionnement nous effraient. Au début du XVIIe siècle, John Done, le grand poète métaphysicien anglais, s’interrogeait : “Pourquoi ne meurt-on plus d’amour ?” C’est la question que je me pose.

Nous sommes mendiants de l’amour et en même temps, nous sommes si avares de signes de tendresse, de gestes affectueux. L’amour ne paraît plus essentiel aux mortels. C’est peut-être pour cela qu’ils restent mortels !

*** *** ***

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Le ' sujet ' de la Quête de Perceval

Publié le par Perceval

Quand tout est accompli...  (Malgré les pages qui manquent dans le manuscrit de Chrétien de Troyes, mais que l'on peut imaginer avec les différents 'continuateurs'...)

Vision du Graal


Perceval est devenu le maître du Graal, il a en garde le précieux sang. Il renonce à la chevalerie. trouver la Sainte Coupe, c'est libérer une force qui peut transformer le monde... Le Graal est une porte, Perceval nous en montre l'accés.

Le mythe du Graal, conduit son héros au travers de l'errance de sa quête, jusqu'à l'anéantissement de son individualité ( Perceval en entrant au château abandonne ses armes ... ).marie jésus coupe

Gauvain, le double nocturne de Perceval, ne pourra prétendre à approcher le Graal. Ses vertus, seront restées désespérément humaines...
A noter que pour Lancelot, la véritable quête est sa dame. Son Graal est Guenièvre.

Au terme de la Quête de Perceval, le héros est identifié au Christ.
" Vous avez revêtu le Christ " Gal 3,27
" Christ est Tout en tous " Col 3,11
" Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature " 2 Cor 5,17


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L' "Objet " de la Quête de Perceval

Publié le par Perceval

L'objet de la quête est de vivre le Chemin, sur 'son' chemin.Chevalier moine

Faire le chemin, à la manière de Perceval, c'est pour arriver finalement au Christ.
Faire le chemin, c'est conscientiser et intégrer l'ombre ( qui est la face adverse des l'inconscient dans ses tendances pathogènes ...), en résolvant les conflits, les épreuves,  les énigmes et en trionphant du Mal.

Jesus-cene.jpgL'idéal de l'homme spirituel, c'est le Christ.
A la fois vrai Dieu et vrai Homme: le prototype de l'Homme parfait, parfaite union entre le divin et l'humain.

Le Christ, nous révèle notre véritable identité: Fils de Dieu, c'est à dire Fils et Fille de l'Amour, si nous sommes inspirés par l'Amour... Le Christ a vécu le don entier de lui-même...

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