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2010, la spiritualité à sa place, au musée!

Publié le par Perceval

Spanish-Ambassador-Jorge-Dezcallar2010 … La spiritualité serait-elle plus acceptable, derrière une vitrine, dans un musée ?

 La comparaison est frappante. Ces messieurs, ne rayonnent-ils pas ?
 De par leur position, ils nous montrent que la civilisation ne mélange pas les torchons et les serviettes. En 2010, la ‘ vraie vie ‘ n’a que faire du ‘ spirituel ‘…

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Ma Foi, signifie t-elle que je possède La Vérité ?

Publié le par Perceval

Ma foi en Jésus – le Christ – Signifie t-elle que je possède la Vérité ?

Non.. !
Notre Dieu : caché, transcendant, nous indique qu’il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu ; tout le reste est idolâtrie : que ce soit humain, naturel, cosmique, vierge, roi ou pape… !

Notre dieu est ‘ personnel ‘, et nul ne peut s’imaginer penser posséder une personne, à moins d’être fanatique, inhumain, diabolique … !

 

Il n’y a pas de foi, sans interrogation ou inquiétude ( quel beau mot !) Recherche lunette

La foi, n’est pas une certitude, ce n’est pas un ‘ savoir ‘. C’est au mieux, une vertu.

« Aucun individu, aucune institution, ne peut prétendre, dans ces domaines, posséder la vérité. C’est ce qui permet à chacun de la chercher, de la poursuivre, de l’aimer, s’il le veut, mais sans jamais pouvoir se l’approprier. C’est l’esprit de la laïcité. La vérité est une, sans doute, mais n’appartient à personne. C’est l’esprit tout court, qui n’est pas possession mais quête » A. Comte-Sponville.

 

« Le dogmatisme est une idéologie de propriétaires. C’est prendre son âme pour un compte en banque. La vraie spiritualité, croyante ou incroyante, est à l’inverse : non richesse mais pauvreté, non possession mais dépossession. Heureux les pauvres en esprit, qui aiment cela qui les possède – Dieu, la vérité –, et qu’ils ne possèdent pas ! »A.C-S

 

Qu’est ce qui produit la certitude ?

On dit «  c’est évident » ! Et pourtant cette opinion n’est pas généralement admise ! ? C’est la différence des ‘ esprits ‘ ? Y a t-il des jugements admis par tous ? Il y a des certitudes scientifiques … Et morales .. ? L’évidence physique est produite par les faits …


-       Jésus :

jésus à genouxJésus dit «  Je suis la Vérité », non par statut ( il est fils de Dieu ), mais parce qu’il a été vrai en toutes choses et envers tous. Il a été vrai envers lui-même : il n’a pas voulu ce que nous voulions qu’il soit _ un roi, un chef politique, un juge, un exorciste, un révolutionnaire, un guérisseur, un chef religieux…

Jésus n’a pas dit ce que les hommes voulaient lui faire dire, ni sur Dieu, ni sur lui-même, ni sur les autres ; bien sûr, il a dit des choses sur Dieu, sur lui-même et sur les autres, mais il les a dites de lui-même et non pour satisfaire la curiosité, le pouvoir ou l’égo de chacun .

Jésus est resté fidèle à ses convictions et à sa mission sans pour autant les imposer, tout en payant le prix de cette authenticité profonde envers lui-même.
Jésus a dit certaines vérités pas faciles à entendre à ceux qui n’étaient ni vrais envers eux-mêmes, ni vrais envers les autres, ni vrais envers Dieu.
La vérité vous affranchira dira encore Jésus. Est libre celui qui est vrai. C’est une liberté qui se gagne et qu’il faut défendre sans cesse.


-       L’Eglise :

L’Eglise s’est positionnée contre le positivisme , par le dogmatisme, pour des raisons de ‘ pouvoir ‘.. L’Eglise a prétendu posséder la vérité comme un savoir. Aujourd’hui, nous différencions : vérité et exactitude, vérité et savoir. Bien sûr, il s’agit alors d’une théologie, qui n’est plus ‘ anti-moderne ‘galilee-proces, qui n’a plus comme unique source, le thomisme…

Le père Marie-Dominique Chenu, parle de passer d’une theologia perennis à une théologie historique, « qui pense la foi comme l’affaire de sujets et sa vérité comme une vérité à faire ».

Si l’Eglise catholique se reconnaît comme « non plus au dessus du monde, mais au milieu du monde », elle peut renouveler son propre rapport à la Vérité qu’elle professe…

 

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Les bons apôtres me font peur...!

Publié le par Perceval

jesus muralN’est-il pas intéressant de se rendre compte que les personnes qui font le choix d’affirmer ostensiblement et avec force persuasion, leur foi - ne peuvent que se heurter à une réaction de crainte et au mieux, à la perplexité… Personnellement, ils me font peur si leur langage est trop différent du mien, ou ils m’attristent si le message s’apparente à ce que je cherche. Quelle caricature, dans cet étalage…Quelle indécence, si cela prête à la moquerie.. ! Ne parlez pas d’Amour… chut ! Vivez…

 

Là, faute de pouvoir devenir chrétien, je suis bouddhiste : j’aspire à zazen, ne plus bouger, inspir-expir, ne pas suivre l’égo qui va et vient, s’agite autour d’une pensée… Descendre plus bas, où il ne se fait rien… IL est là au présent, sans attachement.

 

Il me faut, peut-être du ‘ vide ‘, pour creuser le désir… Il me faut du ‘ doute ‘ pour avoir confiance.

 

Bouddha-yeux-ferm-s.jpgEtre, ne se revendique pas. Etty Hillesum n’avait que faire des ‘bons apôtres’ qui l’eurent volontiers baptisée :

« Il faut oublier des mots comme Dieu,
la Mort, la Souffrance, l’Eternité.

Il faut devenir aussi simple et aussi muet que le blé
qui pousse ou la pluie qui tombe.

Il faut se contenter d’être. » 

 

Je reçois son témoignage, que je comprends à la lecture de sa vie et de sa mort.

Je saisis, sensiblement, cette « intimité d’être » présente dans le ‘ moment de vie ‘. Intuition toute orientale, toute poétique, peut-être … mais, c’est là, en cet instant que se joue le contact avec l’Etre…

Je suis chrétien, et je comprends ce que veut dire Fr. Varillon «  Si ce monde n’est pas le symbole d’autre chose, s’il est la seule réalité, quelle que soit la manière dont on l’explique, on ne peut échapper au désespoir. » (François Varillon Beauté du monde et souffrance des hommes)

 

JésusCe désespoir, échappe au ‘ bon apôtre ‘ ; ou peut-être en a t-il si peur, que son témoignage s’accompagne d’une déclaration de sa disparition. Sa tentative de persuasion est à ce prix, elle ne sert qu’à l’en convaincre, lui… Quant à son auditeur, manifestement, il ne l’aime pas… ! Parce qu’il est important d’aimer ce désespoir là, celui qui habite l’autre. Jésus, fatigué, au bord du puits, sait l’écouter chez la samaritaine

A la différence du ‘bon apôtre ‘ :

"Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance.

Il n’est même pas venir l’expliquer.

Mais il est venu la remplir de sa Présence."   Paul Claudel.

 

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La ' Fantasy ' du Graal

Publié le par Perceval

Il est parfois difficile de faire la part des choses, entre l’histoire, la légende… et le contenu ‘symbolique’ – du Graal ( dans notre cas…).

cinquieme evangileIl y a toute une ‘ Fantasy ‘, qui s’est tissée atour de ce thème : très tardive et qui relie Jésus à Marie Madeleine, les templiers, Sion, Rennes le Château, L. de Vinci, … et bien sûr le Da Vinci Code… Aujourd’hui, il est difficile d’ignorer ce contenu imaginaire, sans doute porteur de signification riche et inconsciente. Il serait malhabile d’éloigner avec dédain cette recherche …

 

Cependant, sauf pour m’en divertir, je désire séparer ma propre recherche, de cette tendance qui se justifie ( à tort, à mon avis ) d’être ‘ésotérique’ .

gundestrupkarret GraalL'origine du ' graal ' appartient sans aucun doute à la "matière de Bretagne". Même chez Chrétien de Troyes, le graal est d'abord ce qu'il était: un plat creux ( le mot graal est précédé d'un article indéfini au vers 3208 ), orné de pierres précieuses, destiné à recevoir de gros poissons ( v. 6205), la demoiselle le tient de ses deux mains ( v 3208)...
Ensuite très vite, cet étrange mot, - comme récipient et comme signe - va accepter tous les contenus...

Ainsi la scène du ' défilé ' chez le Roi Pêcheur permet à Chrétien de Troyes, en partant d'une trame celtique, d'investir une signification spirituelle nouvelle...( Nous sommes en 1185 ).
Le symbolisme chrétien va s'emparer du conte et lui fournir une extraordinaire descendance, avec en particulier le roman cistercien " La quête du Graal "

Le graal, comme, objet dans lequel a été recueilli le sang du Christ sur la croix, commence à exister chez Robert de Boron ( 1212 ).

 

 

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La Vérité n’est pas un pays sans chemin...

Publié le par Perceval

"La Vérité est un pays sans chemin" ... Extrait de J.KRISHNAMURTI ...

poliphile 1"La Vérité est un pays sans chemins, que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu' elle soit: aucune religion, aucune secte. …

La Vérité, étant illimitée, inconditionnée, inapprochable par quelque sentier que ce soit, ne peut pas être organisée. On ne devrait donc pas créer d'organisations qui incitent les hommes à suivre un chemin particulier. …

Une croyance est une question purement individuelle, et vous ne pouvez ni ne devez l'organiser. Si on le fait, elle devient une religion, une secte, une chose cristallisée, morte, que l'on impose à d'autres. C' est ce que tout le monde essaie de faire. La Vérité est ainsi rétrécie et transformée en un jouet pour ceux qui sont faibles, pour ceux dont le mécontentement n'est que momentané.

La Vérité ne peut pas être rabaissée au niveau de l'individu, mais c'est bien plutôt l'individu qui doit faire l'effort de s'élever jusqu' à elle. On ne peut pas amener dans la vallée le sommet de la montagne."


LaParole.jpgJe pense comprendre la teneur de ce texte; cependant, il n'exprime pas mon  ' intuition ', ni mon expérience... Bien sûr, il évoque un danger, auquel, tout pèlerin doit être particulièrement attentif: le dogmatisme, la perte de liberté, le conformisme ...etc 


Il me semble que la Foi, est ce chemin, c’est à dire – à la fois, la décision et la confiance de partir à la suite de quelqu’un… Bien sûr, la Vérité est inaccessible, mais elle donne un sens à la vie, qui pourrait sinon n’être que gesticulations instinctives au milieu d’autres. Cette quête se personnalise, s’ordonne, se relie… Elle s’est manifestée au travers de la vie d’un Autre ( Jésus ), qui est devenue mon chemin.

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Le libéralisme et le Bien... ou le ' juste '..?

Publié le par Perceval

LibertéDans Libéralisme, il y a liberté et individualisme.
Dans libéralisme, il y a «  je veux payer moins d’impôts », il y a du ‘ rationnel ‘ calculateur…
Pourtant historiquement, face aux ‘ absolutismes ‘ divers, il fallait affirmer la valeur de l’individu, par ‘ solidarité ‘ … mot, semble t’il absent du libéralisme … !


Ma question, porte plus sur l’idée du ‘ bien ‘ ; mise à l’abri dans l’espace privé, parce qu’elle pourrait nuire à l’espace public.. ? Il est au bénéfice de l’idée libérale, de se construire une sphère privée, à l’écart de la sphère publique, et du pouvoir de celle-ci… Peut-on , pour autant, interdire à la question du ‘ Bien ‘, au nom de la neutralité, de n’avoir pas droit de citer dans la sphère publique ?


Yvain secoure la demoiselleIl est vrai, que l’Histoire a montré, plusieurs situations où l’on n’a pas respecté cette séparation et où nous avons glissé vers le totalitarisme.. ! Combien de massacres, au nom du ‘ Bien ‘ ?...

D’où l’idée que le ‘ juste ‘ doit primer sur le ‘ bien ‘ ( cf Michela Marzano ). M.M. pense qu’il est aujourd’hui irréaliste de penser sortir du libéralisme, et qu’il est nécessaire de lui réintroduire des exigences de solidarité et d’égalité… On ne peut s’empêcher, toutefois, de se demander si l’anthropologie sous-tendue n’est pas celle d’un ‘ je ‘ en opposition au ‘ nous ‘.

La ‘juste’ vision ne pourra être que ‘ complexe ‘…

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L’action juste. - la voie du chevalier -3.

Publié le par Perceval

L’action et la réflexion… senseiVoilà ce que nous devrions combiner harmonieusement… Parfois, il m’arrive aussi de souhaiter être un ermite ‘ retiré du monde ‘, pourquoi ? Pour aborder la Vérité, peut-être ?
Pourtant, le chevalier allie ‘ Agir et penser ‘ ; parce que cela se passe mieux, ainsi. Aussi, tel Gauvain – chevalier modèle – soyons fier d’être libre et spontané. Récemment, je recevais dans ma boîte à mels, un message tiré d’une personne que je place dans la même lignée que Zundel : Louis Evely :« Ce qui manque à la plupart d'entre nous, c'est une fierté et une joie : la conscience exaltante d'être en mission, de servir Dieu là où nous sommes du matin au soir. Ce n'est pas l'énergie qui nous manque : nous travaillons courageusement, désespérément. Souvent trop. Mais sans allégresse. Noyés dans une tâche que nous considérons comme purement profane, nous essayons d'en excuser le paganisme honteux par des efforts intermittents de prière et de retraite. … » Ceci représente bien, le malaise du chrétien qui ne le serait que le dimanche matin ... !


saint-martinLa solution n’est pas à chercher du côté de l’efficacité, de la maitrise ; mais plutôt vers le sens, vers le sentiment d’agir pour le bien commun. L’agir humain, peut-être inattendu, il arrive qu’il soit héroïque… !


Le chevalier n’est pas un activiste, il est disponible. Il est ‘ lui-même ‘ et non une imitation ( même d’un chevalier ) ; inspiré, il se réinvente. Il est plus proche de l’artiste, que du gestionnaire qui colle au projet. Comme dans les arts martiaux, le sens d’une action provient de la ‘ justesse ‘ du geste qui répond à la situation.


Notes en cours de lecture de " La voie du chevalier " de Fabrice Midal. 

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Pasteur athée... Paradoxal...?

Publié le par Perceval

L'Eglise protestante des Pays-Bas (PKN) vient d'autoriser le pasteur Klaas Hendrikse, célèbre pour son athéisme, à prêcher chaque dimanche dans sa paroisse. Plus encore, la PKN, qui recense plusieurs millions de fidèles, projette de lancer un débat sur la question de la nature de Dieu.

«Ce que j’entends par Dieu, c’est une expérience humaine», déclare Klaas Hendrikse, lors d'une interview accordée à la Radio Nederland Wereldomroep. «Dieu n'est pas pour moi un être, mais un mot désignant ce qui peut exister entre des personnes. Si, par exemple, une personne vous dit : ‘’Je ne t'abandonnerai pas’’ et qu'elle réalise cette affirmation, il serait tout à fait convenable d'appeler (cette relation) Dieu», explique-t-il encore.

Le pasteur Hendrikse s'est fait connaître par un livre publié en novembre 2007, dans lequel il prétend que pour croire en "Dieu", il n'est pas nécessaire de croire en l'existence de Dieu. Le titre en néerlandais de l'ouvrage se traduit par "Croire en un Dieu qui n'existe pas : manifeste d'un pasteur athée".Dans son ouvrage, le pasteur Hendrikse explique que sa conviction, selon laquelle Dieu n'existe pas, s'est renforcée. "L'inexistence de Dieu n'est pas pour moi un obstacle, mais une condition préalable pour croire en Dieu. Je suis un croyant athée", explique-t-il dans son livre.


Selon la commission de l’Eglise, les propos de Klaas Hendrikse «n’ont pas une portée suffisante pour porter préjudice aux fondations de l’Eglise», affirmant par ailleurs que la vision du pasteur ne différait pas fondamentalement de celle d’autres théologiens libéraux de l’Eglise protestante.

C'est ... paradoxal... donc, intéressant à suivre...

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Le disciple et le maître

Publié le par Perceval

Jésus était dans le désert, conduit par l'Esprit, pendant quarante jours, et il était tenté par le diable » (Lc 4, 1-2).


Un homme désireux d'atteindre le stade de l'illumination décida de se mettre sous la direction d'un grand maître spirituel. Celui-ci l'invita d'abord à prendre le thé avec lui. Le néophyte en profita pour lui décliner ses grades universitaires et lui décrire ses expériences spirituelles.

     Pendant qu'il parlait, le maître continuait de lui verser du thé, même lorsque sa tasse se mit à déborder. Étonné de ce geste étrange, le futur disciple lui demanda ce qu'il faisait. Et le maître de lui répondre : « Ne voyez-vous pas qu'il n'y a plus de place en vous pour mes enseignements? » (Jean Monbourquette, À chacun sa mission, Ottawa, Novalis, 1999, p. 59).


LIEN: Tu pars à la recherche de Dieu. Tu ne sais pas sous quel visage il se montrera à toi. Il n'aura probablement aucun visage, il n'aura pas de nom, tu ne pourras trouver aucune définition qui puisse s'appliquer à lui quand tu le verras... Pars plein d'un immense désir, mais libre de tous ces noms, représentations, définitions, visions... Dieu est Dieu, il est au-delà de tout ce qu'on peut en dire ou en penser, au-delà de tout ce qu'on peut en voir. Nous l'appelons Dieu, mais en fait il n'a pas de nom. Quand Moïse lui demanda son nom, il ne donna pas son nom, il dit simplement : « Je suis ». [...] C'est dans ce lien de l'être que tu le saisiras... au-delà de ce qui se peut concevoir et dire, dans l'être, dans la communication qu'il te fait de son être (Yves Raguin, Chemin de contemplation. Éléments de vie spirituelle).

Interbible.org

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Trois gouttes de sang sur la neige: Perceval et Blanchefleur

Publié le par Perceval


1i1ojd7z.jpg Les femmes sont très présentes autour de Perceval. Mais la sexualité de Perceval, reste cachée, taboue. Ici, objet de la rêverie, Blanchefleur, est fantasmée autour d’un récit érotique, mais voilé : images de chasse, et d’oie blessée. Résultat et rencontres manquées, et image trinitaire : qui annonce un ‘autre monde’, autour du temps suspendu … Image du portrait de la femme, qui ouvre sur l’expression métaphorique du désir interdit .


L’image sensuelle crée le désordre dans son esprit, et il devra laLance remplacer par ‘  la blanche lance, de laquelle goutte le sang ‘



" C'est l'hiver, Le roi Arthur et ses chevaliers viennent de quitter le château de Carlion , la nuit venue, ils s'arrêtent et dresse leur camp dans une prairie près de la forêt. Perceval qui se trouve à proximité regarde un vol d'oie sauvage, l'une d'elle est attaquée par un faucon, blessée elle gît à terre, Perceval est subjugué par la vue du sang sur la neige :






Au matin la neige était bien tombée,
car la contrée était très froide.
Perceval, au petit jour,
S'était levé comme à son habitude,
car il était en quête et en attente
d'aventures et d'exploits chevaleresques.
Il vint droit à la prairie
Gelée et enneigée
où campait l'armée du roi.
Mais avant qu'il arrive aux tentes,
voici venir un vol groupé d'oies sauvages
que la neige avait ébouies.
Il les a vues et entendues,
car elles fuyaient à grand bruit
devant un faucon qui fondait
sur elles d'un seul trait.
Il atteignit à toute vitesse
l'une d'elles, qui s'était détachée des autres
Il l'a heurtée et frappée si fort
Qu'il l'a abattue au sol.
Mais il est trop matin et il repartit
sans plus daigner se joindre ni s'attacher à elle.
Perceval cependant pique des deux,
dans la direction où il avait vu le vol.
L'oie était blessée au col.
Elle saigna trois gouttes de sang,
qui se répandirent sur le blanc.
On eût dit une couleur naturelle.

L'oie n'avait tant de douleur ni de mal
qu'il lui fallût rester à terre.
Le temps qu'il y soit parvenu,
elle s'était déjà envolée.
Quand Perceval vit la neige qui était foulée,
là ou s'était couchée l'oie,
et le sang qui apparaissait autour,
il s'appuya sur sa lance
pour regarder cette ressemblance.
Car le sang et la neige ensemble
sont à la ressemblance de la couleur fraîche
qui est au visage de son amie.
Tout à cette pensée, il s'en oublie lui-même.
Pareille était sur son visage
cette goutte de vermeil, disposée sur le blanc,
à ce qu'étaient ces trois gouttes de sang,
apparues sur la neige blanche.
Il n'était plus que regard.
Il lui apparaissait, tant il y prenait plaisir,
que ce qu'il voyait, c'était la couleur toute nouvelle
du visage de son amie, si belle.


  Chrétien de Troyes, Perceval.

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