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Au siècle dernier… Le regard de Bernanos sur la crise… ( 1 )

Publié le par Perceval

Ci-dessous, par des extraits : les orientations originales de la réflexion de Bernanos qui se dessinent progressivement entre 1918 et 1935 …


Bernanos 1Pour lui, en effet, la France de la Illème République (1870 à 1940 ) dont il stigmatise les tares est une société qui est fondamentalement bourgeoise, faite par la bourgeoisie pour la bourgeoisie. Son avènement, accompagné de la répression sanglante de la Commune, a marqué le couronnement et l'achèvement de cette évolution.

Dans « La Grande Peur des bien-pensants» ( GP ) il dénonce le "règne de l'argent", qui lui paraît avoir été une des causes déterminantes de la décomposition de la société française. 1870, c'est, en effet, à ses yeux, "le triomphe des puissances d'argent" et de leur pouvoir corrupteur.


"Qu'on pense ou non du bien de la modération indispensable à la vie en société, il est difficile de s'empêcher de sourire au spectacle de modérés par système qui, de leurs mains diligentes, déplacent et reculent sans cesse le fameux jalon qui doit marquer la limite des concessions possibles : avant-hier conservateurs, hier opportunistes, aujourd'hui libéraux, progressistes ou républicains de gauche..." (GP, 98).Lewis-Martin-1928-Relics-Speakeasy-Corner1.jpg


"La bourgeoisie défend la propriété... À mesure que s'organisait contre elle le monde ouvrier, on l'a vu s'instituer peu à peu la protectrice des valeurs spirituelles dont l'immense prestige avait l'avantage de couvrir utilement ses privilèges" (Scandale de la vérité).

"Nous n'allons tout de même pas nous casser la figure pour savoir de quel régime, république, dictature ou monarchie, lequel est le plus capable de sauver une société dont nous ne souhaitons nullement le salut" (Corresp.).


A ce moment, il rêve d’une "réforme sociale" qui devrait être fondée sur "la réconciliation du peuple et de l'État, unis contre l'oppression de l'argent" (GP, 181). Quant aux moyens à mettre en œuvre pour restaurer cet ordre chrétien, Bernanos reste sur ce point assez vague.

 

Martin-Lewis-Tree.jpgIl prophétise dans « La Grande Peur », l'avènement d'une "nouvelle forme de barbarie", dans laquelle le règne de l'argent viendrait confluer avec le développement technique pour donner naissance à un monde matérialiste dans lequel les hommes libres n'auraient plus de place.

"Si le monde que nous voyons naître a quelque chance de durer, cela ne peut être que par l'accord chaque jour plus intime du Capital et de la Science, du Ploutocrate et de l'Ingénieur, d'où va sortir une sorte de déterminisme économique, une loi d'airain seule capable de mettre la multitude à genoux"(GP, 336).

 

Et La Grande Peur s'achève sur cette proclamation : "La société qui se crée peu à peu sous nos yeux réalisera aussi parfaitement que possible, avec une sorte de rigueur mathématique, l'idéal d'une société sans Dieu. Seulement, nous n'y vivrons pas. L'air va manquer à nos poumons. L'air manque... On ne nous aura pas. On ne nous aura pas vivants !" (GP, 350).

Une des raisons, selon Bernanos, à cette « crise », c’est ce monde déspiritualisé qui, selon lui, "s'organise pour se passer de Dieu" (EC, 1219).Martin-Lewis--1930-Corner-Shadows-drypoint-Christies.jpg

 

 

Bernanos va devenir de plus en plus solitaire, se définissant, au-delà des partis, comme un chrétien et un homme libre : "Démocrate ni républicain, homme de gauche non plus qu'homme de droite, que voulez-vous que je sois ? Je suis chrétien » ( dans Marianne, 17 avril 1935..)  Ainsi s'annonce, au milieu des années 30, l'attitude qui va être désormais la sienne jusqu'à sa mort, celle d'un homme seul, refusant toutes les annexions, assumant face à un monde bouleversé une sorte de mission prophétique.

 

 

 

Oeuvres de Martin Lewis:

Martin-Lewis--1880-1962--springnight_l.jpg 

Il est né en Australie en 1881... A quinze ans il quitte sa famille et parcourt la Nouvelle Zélande. Il travaille dans la marine marchande et se fixe ensuite à Sidney, où il publie ses dessins dans un journal progressiste, The Bulletin. Il étudie parallèlement à l'Ecole des Beaux-Arts de Sidney, avec la célèbre peintre Julian Ashton, qui participa au renouveau de la gravure dans ces années.

Lewis gagne les Etats-Unis en 1900.

On connait mal ensuite ses activité. On le retrouve travaillant à New-York en 1910, où il passe le reste de sa vie.

Il gagne le Japon en 1920, un tournant capital. Pendant huit mois il pratique l'aquarelle et le peinture à l'huile en extérieur.

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Comment parler des fantômes, amène à parler de la Foi

Publié le par Perceval

Dans le numéro spécial de cet été, « La Vie » traite du surnaturel…La-Vie_couverture3493.jpg Le catholique, que je revendique être, se retrouve mal dans cette analyse de ses « croyances »… Certes, mes « croyances » sont de toute sortes : sociales, culturelles.. Et, je pense que nul être humain n’échappe à son lot de croyances… au moins pour ne pas craindre à chaque instant que le ciel ne me tombe sur la tête … ! Je sais qu’une discussion qui commence par évoquer le surnaturel : des fantômes aux rêves prémonitoires et aux guérisseurs, des esprits des morts aux médecines parallèles… ne peut que m’amener à un moment ou l’autre à parler de ma Foi…. Et pourtant, ce n’est pas à mon avis du même ordre… Un titre comme : Le surnaturel : entre science et religion, que faut-il croire ? n’a que l’avantage de pouvoir préciser, ce qu’est à mon avis la Foi, et surtout ce qu’elle n’est pas.


croyance-1.jpg«  Que faut-il croire » n’a pour moi, aucun sens. La Foi, n’est pas de l’ordre du savoir, donc de l’erreur et de la vérité… Il ne peut pas y avoir une liste de ce qu’il «  faut croire » ! Je doute même, que quelqu’un puise « croire », ce qu’il « faut croire ».. ! Pour ma part, le dogme, n’a pas cette fonction …

Par contre je partage tout à fait la distinction que fait Élisabeth Marshall, dans son éditorial, entre Foi, et « paranormal » : « Distinguer aussi entre les dogmes de la foi (telle la résurrection du Christ), ces rites passeurs de sur­naturel qui structurent les religions et fédèrent les communautés de croyants, et un paranormal que l’homme ferait surgir à volonté pour exercer sa puissance personnelle. »


Effectivement, au-delà de mes convictions personnelles, il s’agit bien de définir, ce qui me permet de me reconnaître dans la communauté catholique… Et c’est en particulier, par la manière culturelle et cultuelle, de tourner autour des « mystères » de l’être et de la Vie.

Il est difficile, aujourd’hui, ( et j’aime cette difficulté…) de comprendre ce qui relient ensemble tous les catholiques… Ce pourrait être : « La messe »?, mais alors il me semble que nous rejetterions la majorité d’entre nous … ! Et ce n’est pas les résultats du sondage de « La Vie » de ce numéro d’août, qui vont m’aider … !

-          Autant ( 62 à 63%) « croient » à la traversée de la mer rouge par Moïse, qu’à la résurrection de Jésus. Pour ma part, en simplifiant… je dirais – Je ne crois pas que la mer rouge se soit ouverte en deux, comme un fait historique ; par contre je ressens dans ces paroles bibliques un enseignement spirituel. - Je crois que Jésus Christ est ressuscité ; c’est à mon avis le socle de la spiritualité catholique ( peut-être chrétienne également… sauf que le christianisme n’est pas « une » religion …mais une famille de religions …). Il est, à mon avis, bien insuffisant de s’en tenir à cela … il faudrait, sans fin, préciser ce que cela signifie …

-          Je lis également ( N° de La Vie 3493 ) : Seulement 56% des catholiques « pratiquants » croient à la vie après la mort… ! Je ne comprends pas… Donc, pour les autres 44% de catholiques « pratiquants », Jésus-Christ est définitivement mort, Il n’est pas vivant !  ..?

-          64% de catholiques pratiquants « croient » à la théorie de la relativité .. La relativité est pour moi, de l’ordre du savoir, un savoir scientifique … un savoir « relatif », donc… Ce sondage semble mettre au même niveau « savoir » et « Foi »… Si les deux participent à la culture de l’humain, le savoir est limité par le cadre de ce qui est « naturel » …

 

Ce qui, bien souvent, est source de malentendu, c’est la confusion entre « esprit », « âme », et « psyché » … Ainsi, quand, Jean-Didier Vincent dit, à la question : « Qu’est-ce que l’esprit ? - C’est ce qui anime le corps et ce qui se tracte à l’intérieur du cerveau. ». Pour moi, il s’agit de la psyché donc de l’âme… C’est oublier l’enseignements des Pères anciens, qui définissent l’homme comme : corps, âme et esprit… Et c’est ainsi que l’on comprend ce qu’en dit Aristote, quand il parle de l’immortalité de l’âme… Et je ne sais pas,- « La croyance favorise encore les effets de l’esprit sur le corps. » J.D.V. - ce que cela peut signifier… Il paraît scientifique de penser que le corps est en lien interactif avec la psyché … ! Cela n’a rien de « spirituel » … !


Par contre, - à mon avis - l’art, le sentiment amoureux … permettent plus facilement de faire le lien entre psyché et esprit…


La réflexion qui me vient à la suite de ce dossier ; c’est la difficulté de pouvoir définir un profil « catholique »… La-priere-pour-la-France.jpgQue signifie aujourd’hui, hors attachement culturel et familial, «  être catholique » ? Aussi, je comprends mal, cette prière du 15 août 2012 : «  Pour la France » ; France, dont la particularité est sans doute politique, puisque je me sens comme catholique plus « humain » que « français » … Je n’ai rien contre les sujets évoqués … Par contre, si le message explicite, semble être celui que tout le monde croit avoir compris : selon le propos de Monseigneur Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France: "Ce n'est un scoop pour personne que de dire que l'Eglise s'oppose au mariage homosexuel" (France Inter). Alors, il me semble que ces évêques chargent un peu la barque … Au nom de qui, et pourquoi parlent-ils ainsi … ? Comment l’Épiscopat français prend-il en compte la diversité de cette église?

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On supprimera la Foi ...

Publié le par Perceval

On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.

 

On supprimera l’Âme

Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.

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On supprimera la Charité
Au nom de la Justice,
Puis on supprimera la justice.

 

On supprimera l‘Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

 

On supprimera l’Esprit de Vérité
Au nom de l’Esprit critique,
Puis on supprimera l’esprit critique.

 

On supprimera le Sens du Mot
Au nom du Sens de mots,
Puis on supprimera le sens des mots.

 

On supprimera le Sublime
Au nom de l’Art,
Puis on supprimera l’art.

 

On supprimera les Écrits,
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

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On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.

 

On supprimera le Prophète
Au nom du Poète,
Puis on supprimera le poète.

 

On supprimera l’Esprit
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.

 

AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L’HOMME.
ON SUPPRIMERA LE NOM DE L’HOMME:
IL N’Y AURA PLUS DE NOM

NOUS Y SOMMES.

***

Armand ROBIN (1912-1961), Ma vie sans moi, NRF Poésie/Gallimard, 1970, pp. 241-242

 

  

 

Hossein Alizâdeh: Setar
Madjid Khaladj: Tombak, Dayre & Daf

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Il y a un siècle... Bernanos.

Publié le par Perceval

bernanosJe fais le choix, tout personnel, et que je trouve judicieux, de prendre Bernanos, comme observateur du XXème siècle :

 

Biographie : (Sources : http://www.georgesbernanos.fr )

- Né le 20 février 1888 à Paris, Georges Bernanos grandit dans une famille monarchiste.

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Lecteur précoce de la Libre Parole, il s’engage très vite chez les Camelots du roi. A l’époque, l’Action française et Charles Maurras tentent d’établir des ponts avec le syndicalisme révolutionnaire, et parlent de « coup de force ».

Bernanos fut élevé dans une ambiance idéologique très particulière, qui devait le marquer profondément. Une ambiance idéologique caractérisée, sur le plan politique, par l'hostilité aux institutions républicaines établies et, sur le plan religieux, par la méfiance à l'égard des catholiques libéraux, partisans d'un rapprochement avec la République et d'une certaine acceptation des principes de la société moderne, qui s'organisaient alors autour du mouvement du Sillon. En contrepoint, cette éducation développa chez lui des fidélités qui devaient l'accompagner durant toute sa vie : d'une part, fidélité à une vision plus ou moins idéalisée de l'ancienne France monarchique, d'autre part, fidélité à un catholicisme traditionnel et intransigeant, à tendance mystique.

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- Réformé après une période militaire en 1911, Bernanos s’engage et fait toute la guerre au 6ème Dragon. Blessé plusieurs fois au champ d’honneur, il survit aux tranchées. Il devient inspecteur d'assurances.

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" " Il n'y a qu'une seule tristesse, c'est de n'être pas des saints." Léon Bloy

L'écœurement au lendemain de la guerre s'accompagne d'un certain éloignement à l'égard de l'Action française…

Cette épreuve est aussi pour lui l'occasion d'un approfondissement spirituel, notamment sous l'influence de l'œuvre de Léon Bloy qu'il découvre alors.

"Une nouvelle invasion moderniste commence. Cent ans de concessions, d'équivoques ont permis à l'anarchie d'entamer profondément le clergé... Je serai fusillé par des prêtres bolcheviks qui auront Le Contrat social dans la poche et la croix sur la poitrine" (Correspondance).

« Dieu, c'est révolution, démocratie, assurances sociales, que sais-je ? Au front de l'Église, ils écriront un jour : « On est mieux nourri ici qu'en face », et ils s'étonneront de ne recueillir que des ventres » (Ecrits de Combat).

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- Son premier roman, Sous le soleil de Satan, publié en mars 1926 (il a alors 38 ans), remporte un succès considérable qui le convainc de se consacrer exclusivement à l'écriture.

- Lorsque la guerre civile espagnole éclate, l'écrivain, acteur de son temps, ne tarde pas à prendre le parti des victimes dans le violent pamphlet antifranquiste Les Grands Cimetières sous la lune (1938), qui préfigure déjà la tragédie universelle de la Seconde Guerre Mondiale.


Il quitte le Figaro en 1932. À partir de ce moment, jusqu'en 1936, la réflexion de Bernanos s'éloigne de la politique. D'autant plus qu'en 1933, un grave accident de motocyclette le laisse en partie infirme, tandis qu'il se débat dans de graves difficultés financières qui l'obligent à se consacrer à son œuvre littéraire pour survivre. C'est au milieu de ces difficultés qu'il écrit, cependant, son chef-d'œuvre, Le journal d'un curé de campagne, qui sera publié en 1936. En tout cas, au point de vue politique, son non-conformisme, qui l'a progressivement éloigné de l'AF, fait à ce moment de lui un homme seul.

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il est amené à défendre contre l'Action française les œuvres de Claudel, de Péguy ou de Léon Bloy. Ce décalage entre une Action française qui, selon ses propres termes, lui semble "manquer déplorablement de vie intérieure", et les tendances profondes de sa pensée et de sa sensibilité a sans nul doute joué un rôle important dans l'évolution de Bernanos


- Le 20 juillet 1938, deux mois avant Munich, indigné par la lâche impuissance de l'Europe face à la montée du nazisme en Allemagne, Georges Bernanos quitte la France pour le Paraguay, puis le Brésil.. Il y passera la guerre, défendant sans cesse la cause de son pays déchiré et devenant l’un des grands animateurs spirituels de la Résistance française.

 

En 1931, paraît son premier pamphlet, la Grande Peur des bien-pensants. Cet ouvrage tonitruant vitupère un certain clergé compromis avec le siècle et soumis à la pression des forces de l’argent : Puis, visionnaire, Bernanos met en garde contre le risque d’un enchaînement à une technique dépersonnalisante dont le mode de vie américain offre, d’ores et déjà, l’exemple : « L'activité bestiale dont l'Amérique nous fournit le modèle, et qui tend déjà si grossièrement à uniformiser les moeurs, aura pour conséquence dernière de tenir chaque génération en haleine au point de rendre impossible toute espèce de tradition. N'importe quel voyou, entre ses dynamos et ses piles, coiffé du casque écouteur, prétendra faussement être lui-même son propre passé et nos arrière-petits-fils risquent d'y perdre jusqu'à leurs aïeux. » Selon lui, le capitalisme va réaliser la visée communiste de la « table rase du passé ».

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 Otto Dix

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Otto Dix

Dans son dernier essai, la France contre les robots (1946), il résume son propos en une formule décisive : « On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »


- En 1941, il écrit la Lettre aux anglais. Ses fils s’engagent dans les Forces françaises libres.

- De retour en France, en juillet 1945, à la demande du Général de Gaulle, il est terriblement déçu par l’atmosphère politique de la libération et l’opportunisme qui, à ses yeux, la caractérise. Il refuse le ministère de la Culture et, pour la troisième fois, la Légion d’Honneur.

- Bernanos s’exile à nouveau, cette fois pour la Tunisie (1947). ..Ses tous derniers textes expriment également la quintessence de sa foi chrétienne et de sa spiritualité.

- Victime d’un cancer du foie, Bernanos est rapatrié. Il meurt à l’hôpital américain de Neuilly le 5 juillet 1948. Lui qui avait tant médité sur la mort s'éteint en murmurant : « À nous deux maintenant ».

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Il y a 100 ans, le XXème siècle s'installait et ...

Publié le par Perceval

 ... se préparait à commettre au nom d'idéaux, les pires atrocités ...:

Les artistes, prophétisaient...

Comment avons-nous réagi ?

 

Alors que s'ouvre le siècle, deux figures de la pensée s'éteignent: John Ruskin, chez lequel Marcel proust admirait " le directeur de conscience de son temps", et le philosophe allemand Friedrich Nietzche, agé de 56ans, dont l'influence sera immense sur le siècle qui s'annonce...

Maurice Denis, Hommage à Cézanne, 1900Maurice-Denis--Hommage-a-Cezanne--1900.jpg

De gauche à droite, donc, Redon, Vuillard, Mellerio, Vollard, Denis, Sérusier, Ranson, Roussel, Bonnard et Marthe Denis,

 

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Picasso 1901 et 1938femme-assise-dans-un-jardin-1938-Pablo-Picasso.jpg

Léon Bloy ( 1846-1917): A travers ses romans où se décèlent une insatisfaction permamnente, une mystique de la douleur, on peut décrypter sa haine de la bourgeoisie et sa pitié pour les opprimés. Inclassable, entrepreneur en démolition, pèlerin de l'Absolu, son oeuvre marquera Georges Bernanos, Graham Greene, Pierre Emmanuel ...etc

Pablo-Picasso--Les-Trois-Femmes--1907-1908.jpgPablo Picasso, Les Trois Femmes, 1907-1908

 

Au début du siècle, Léon Blum ( 1872-1950 ) est critique, essayiste: proche de Paul valéry et Marcel Proust

Léon Blum se lance réellement en politique durant l'affaire Dreyfus ... Il rompt avec Maurice Barrès, qu'il considérait jusqu'alors comme son maître en littérature et surtout, rencontre Jean Jaurès en 1897. Dès lors, son action militante à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) commence vraiment. C'est en compagnie de Jaurès qu'il participe à la fondation de L'Humanité en 1904.

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KLIMT:  La Vie et la Mort, (1916)

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Franz von Stuck (1863 - 1928): peintre allemand symboliste et expressionniste. 

Salomé dansant la danse des sept voiles, 1906

1901: Mort de Victoria, reine d'Angleterre et impératrice des Indes, après 60 ans de règne. Election de Theodore D.Roosevelt. Affaire Dreyfus... et Liane de Pougy, danseuse et courtisane, triomphe à l'Olympia...

 

Henri Bergson, né en 1859 . Entra à l'Ecole normale supérieure en 1878, dans la même promotion que Jean Jaurès .

Sa thèse principale (1889) était intitulée : "Essai sur les données immédiates de la conscience ".

Bergson poursuit ainsi une carrière exemplaire qui le conduit à un poste de maître de conférences à l'Ecole normale supérieure, puis à une chaire au Collège de France ( 1900). Il exercera, par ses cours du Collège, un prodigieux effet de fascination : Péguy, Maritain et bien d'autres, ... Il obtient le prix Nobel de littérature en 1928. En 1932, il publie Les deux sources de la morale et de la religion.

Célébré, puis oublié ...! Il put affirmer une dernière fois ses convictions à la fin de sa vie, en renonçant à tous ses titres et honneurs, plutôt que d’accepter l’exemption des lois antisémites imposées par le Régime de Vichy. Bien que désirant se convertir au catholicisme, il y renonça par solidarité avec les autres Juifs.

Il meurt le 4 janvier 1941.

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S Pie X - 1903 - : serment anti-moderniste

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***

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1905: année fondatrice de la modernité ( ligne de partage entre le musée d'Orsay et le centre G Pompidou...) avec l'explosion du fauvisme et celle de l'expressionnisme en Allemagne.

L'Art Nouveau s'épuise, Albert Einstein publie ses premiers travaux sur la Relativité ...

Le sénat vote la loi sur la sépération de l'Eglise et de l'état, alors que Sigmund Freud , à Vienne, entame la rédaction de ses Cinq Psychanalyses ...

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Il y a un siècle... le symbolisme.

Publié le par Perceval

Manet invente la peinture moderne, et Pierre Puvis de Chavannes en 1881, avec Le Pauvre Pêcheur manifeste un autre point de vue. Huysmans réagit :

Pierre-Puvis-de-Chavannes--1824-1881--Le-pauvre-pecheur-18.jpg

« Une figure, taillée à la serpe, pêche dans une barque; sur le rivage, un enfant se roule dans des fleurs jaunes près d'une femme. Que signifie cet intitulé? En quoi cet homme est-il un pauvre ou un heureux pêcheur? Où, quand cette scène se passe-t-elle! Je l'ignore. - C'est une peinture crépusculaire, une peinture de vieille fresque mangée par des lueurs de lune, noyée par des masses de pluie; c'est peint avec du lilas tourné au blanc, du vert laitue trempé de lait, du gris pâle; c'est sec, dur, affectant comme d'habitude une raideur naïve. Devant cette toile, je hausse les épaules, agacé par cette singerie de grandeur biblique, obtenue par le sacrifice de la couleur au gravé des contours dont les angles s'accusent avec une gaucherie affectée de primitif; puis, je me sens quand même pris de pitié et d'indulgence, car c'est l'oeuvre d'un dévoyé, mais c'est l'oeuvre aussi d'un artiste convaincu qui méprise les engouements du public et qui, contrairement aux autres peintres, dédaigne de patauger dans le cloaque des modes. En dépit des révoltes que soulève en moi cette peinture quand je suis devant, je ne puis me défendre d'une certaine attirance quand je suis loin d'elle. »

 

Huysmans n’est pas alors le « converti », mais ce tableau l'interroge : Où allons-nous ?

 

Alexandre-Seon--Le-Retour-au-foyer.jpg- La peinture symboliste française marqua principalement les vingt dernières années du XIXème siècle, et s’exposa en réaction au réalisme et à l’impressionnisme.


Odilon Redon, Pierre Puvis de Chavannes et Gustave Moreau surtout, chacun dans leur style, s’exprimeront contre « le simple travail d’observation du réel qui ne s’intéresse guère qu’au rendu de la lumière sur la toile », il s’agissait pour les Symbolistes de proposer un art idéaliste qui dépasse la simple imitation. « Vêtir l’idée d’une forme sensible » ; c’est-à-dire revenir au monde subjectif, « peindre ce qu’on n’a jamais vu et ne verra jamais ».

Alexandre-Seon--La-Pensee.jpg

 

 

En pleine première guerre mondiale  Alexandre Séon, autre peintre symboliste, écrivait :  « Il faut établir le culte de la Beauté. Crier tous les jours la nécessité du beau en tout, pour la dignité de la vie du citoyen et la grandeur de la Cité. Alors, peut-être les riches se sentiront-ils les frères des pauvres ». Son rêve n’était pas de ce monde.

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Il y a un siècle ... Qu'est-ce qu' être moderne ?

Publié le par Perceval

Il y a un siècle nous étions au bord du chaos ...

 

Je viens de lire un article qui relie le déclin des religions, l’avènement de la psychanalyse, et l’avènement de la modernité en peinture…

Cette réflexion commence avec un tableau : Le Christ aux anges de Manet… Manet, c’est le peintre de l’art moderne avec : Olympia ou le Déjeuner sur l’herbe …

Edouard_Manet_-_Le_Christ_mort_et_les_anges.jpg

Lacan, parlait avec la psychanalyse d’un «  nouvel ordre symbolique », et celle-ci d’après lui ( je crois ) n’aurait pas voir le jour sans le déclin des religion… En ce XXIème siècle, effectivement la foi serait une question seulement privée, et la pratique religieuse n’est plus le ciment de la société.

Mais collectivement, ne répondons-nous pas, sans en être conscient, à un « certain ordre » ? Quel est-il ? Où peut-on le déceler ? N’en trouvons-nous pas trace dans l’Art, le cinéma, la littérature… ?


Par exemple:

- Nous sommes en 1864, les artistes ( les modernes ) préparent la fin du siècle, et annoncent ( sans doute ) le XXème … Le Christ de Manet est refusé au salon : on refuse d’y voir un dieu et des anges… peut-être un ouvrier mineur...


A quel type de réflexion, ou d’attitude, appelle en moi « Le Christ aux anges » . Se prête t’il au recueillement… ? Une vierge de Van Eyck ( actuellement  au musée Groeninge de Bruges) dans l’église où elle était destinée avait un rôle à jouer dans le rituel qui rassemblait les fidèles, ce fait n’est pas étranger non plus à l’aura du tableau.

Du Christ de Manet n’émane pas la ferveur religieuse mais plutôt la compassion humaine. Manet peignit son tableau pour le Salon de I864.  Contrairement au Déjeuner sur l’herbe, l’année précédente, il ne fut pas refusé. Manet a t-il lu Renan ? Ce tableau montre un Christ humain plus que divin, un Christ à la double nature … Est-il alors nécessaire de « croire » en ce Jésus pour que soit reconnue sa valeur … ?

 

Dieu est mort, semble dire Manet avant Nietzsche, et son tableau est un Ecce homo, mais  post mortem. A cette mort de Dieu, le XXème siècle a failli répondre par la mort de l’homme .. ! ( génocides, guerres mondiales et locales …).

La peinture moderne, comme la culture… fut-elle donc anti-humaniste ?

le-Christ-de-Manet--detail-.jpg

 

Il paraît que Cézanne peignait le visage de sa femme comme s’il eût été une pomme ou une chose, et ce n’est pas seulement la critique qui l’en accusa, c’est lui-même qui le revendiqua. Voulait-il donner à la chose la dignité d’un visage.. ?  Cela ne me semble pas très clair … !

Ici, s’agit-il d’un christ mort, un christ aux anges, un Christ ressuscitant, assisté par les anges… ? ou d’un Christ touché par la perte de la foi et la désespérance et que seul le regard du spectateur a le pouvoir de ressusciter. »


« J’ajouterais seulement, c’est un christ qui ouvre un œil, c’est un regard nu qui se dévoile, et qui nous regarde. »


Source: Texte reconstruit à partir d’un dialogue trouvé sur http://disparates.org/escapades/

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Des femmes à l'honneur...

Publié le par Perceval

Alors que Annie Thébaud-Mony ( directrice de recherche honoraire à l'Inserm )Annie-Thebaud-Mony.jpg, refuse publiquement la légion d'honneur ... Deux jeunes femmes sont , à juste titre , célébrées pour leurs travaux mathématiques ... !

 

Annie Thébaud-Mony, a réussi à porter au grand jour son combat : celui contre les crimes industriels, et la faiblesse de la justice et des politiques publiques à leur égard.

Son geste, écrit-elle, est destiné à attirer l'attention sur « l'impunité qui, jusqu'à ce jour, protège les responsables de crimes industriels ». Dans sa lettre à Cécile Duflot, elle dénonce le « drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l'accumulation des impasses environnementales, en matière d'amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques »...

Militante associative depuis 30 ans, présidente de l'association Henri-Pezerat, Annie Thébaud-Mony dénonce: «... la mise en danger d’autrui, par l’amiante ou les pesticides, à la mort annoncée de milliers d’intouchables indiens chassés de leurs terres pour l’installation d’une usine chimique polluante de fabrication de pneus, les crimes industriels se perpétuent ».

 

Si l'amiante est l'un de ses principaux chevaux de bataille, un autre des ses autres combats concerne le nucléaire.

.... lundi soir, Cécile Duflot répond à ce refus, en le reprenant à son compte. La ministre « exprime son profond respect de l’engagement déterminé et désintéressé de Mme Thébaud-Mony ». Nous sommes dans le même camp, explique en substance Cécile Duflot. En donnant à la chercheuse rendez-vous à la rentrée pour un entretien sur les thémes soulevés par son courrier de refus.
La lettre d'Annie Thébaud-Mony et celle de Cécile Duflot sont à lire sur le site du ministère.

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"Pour la première fois, le prix Henri Poincaré est décerné à deux femmes ; deux jeunes Françaises. Attribué tous les trois ans depuis 1997, ce prestigieux prix récompense des scientifiques pour leurs « contributions remarquables » dans le champ de la physique mathématique ainsi que de jeunes scientifiques ayant déjà apporté des contributions exceptionnelles.

Les deux Françaises - Nalini Anantharaman du laboratoire de mathématiques d'Orsay (CNRS/Université Paris-Sud) et Sylvia Serfaty du laboratoire Jacques-Louis Lions (CNRS/UPMC) - ont été récompensées lundi 6 août au Congrès international de physique mathématique (plus d'informations sur leurs travaux sur le site du CNRS)."

 

Sylvia-Serfaty.jpgSylvia Serfaty, est spécialiste des mathématiques à l’interface avec la physique, son travail consiste à analyser grâce aux mathématiques les modélisations et équations posées par les physiciens. Spécialiste de la supraconductivité, Sylvia Serfaty travaille sur l’équation de Ginzburg-Landau depuis une quinzaine d’années.

 

Nalini Anantharaman Nalimi-Anantharaman.jpgétudie l’équation de Schrödinger, qui est une des équations de base de la mécanique quantique. Elle collabore avec des physiciens théoricienset essaie de comprendre les phénomènes de dispersion. Une onde se propage dans une cavité fermée. Elle va rebondir sur les parois. Il s'agit de comprendre la manière dont elle va se disperser : va-elle rester cloisonnée, confinée dans une partie de la cavité ou va-t-elle se disperser dans toute la cavité ...

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Mélusine, ou la question de la place du féminin. ( 3 )

Publié le par Perceval

« Le mythe de Mélusine joue de la curiosité et de la peur du sexe féminin : le comte de Lusignan, melusine-3.giftransgressant le pacte conclu, épie sa femme un fatal samedi pour découvrir qu’elle a une énorme queue de poisson, qui lui inspire peur, dégoût, colère et rejet. Cette ambivalence de l’image féminine, qui engendre fascination émerveillée et répulsion horrifiée, comporte plusieurs aspects. Mélusine est à la fois une certaine forme de la nature: elle est fée de la nature, elle en incarne la fécondité, elle est mère nourricière, bâtisseuse et défricheuse. Cette position a pu être interprétée au départ comme représentation matriarcale, puisqu’elle est celle qui fonde la lignée, qui apporte la gloire, la richesse, la force, une interprétation que l’anthropologie contemporaine nie dans sa réalité, puisqu’elle affirme qu’il n’existe pas de société matriarcale. Mais le problème n’est pas là : nous nous intéressons à l’imaginaire et à ses représentations ; nous voyons qu’il y a avec Mélusine l’image d’une femme originelle, qu’elle incarne comme femme et comme mère l’origine. »

 

La femme apparaît comme celle qui va éduquer et maîtriser les passions absolument violentes de l’homme. Elle est bâtisseuse et défricheuse, mais surtout civilisatrice. Cette fonction est, en filigrane, une fonction menacée. La violence de l’homme va reprendre le dessus. Si Mélusine apporte ses pleurs de deuil et revient la nuit pour éduquer ses enfants, c’est qu’elle a été victime de cette violence.

Le destin mélusinien présente, en effet, une allégorie de la femme, incomprise, maltraitée pour la part de mystère qu’elle possède et son pouvoir incommensurable, de mettre au monde l’homme, comme Mélusine Raymondin, et par dessus tout, pour sa capacité à donner la vie.

MELUSINE-Philippe Jamet-Fournier (1987)
 MELUSINE par Philippe Jamet-Fournier (1987)

 

À cette première impression stéréotypée d’une Mélusine matriarcale… se présente et s’impose encore aujourd’hui l’image d’une société patriarcale… en particulier dans l’Eglise « romaine », l’homme est seigneur et maître et où l’espace réservé à la femme est une place spécifique.

 

Sources : en particulier - Alain Montandon ,Université Blaise-Pascal, Centre de recherches sur les littératures modernes et contemporaines

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Qui es-tu Mélusine..? ( 2 )

Publié le par Perceval

Comme fée, tu est l’image d’une femme idéalisée, inaccessible et perdue… A l’intérieur de cet espace magique du rêve ( inconscient en partie …) ton histoire commence par la rencontre merveilleuse d’un chevalier et d’une fée dans un décor médiéval.


melusine_by_hagge.jpgCréature surnaturelle : ta nature semble être mi-femme mi-animal, ne serais-tu  qu'une "femme-serpent" ?

Si tu es une fée rassurante, féconde et civilisatrice , tu possèderais également une nature plus inquiétante…

 


Précisément, Mélusine est un être « spirituel » ( notre part spirituelle inconnue ou mystérieuse ) qui aspire au mariage avec un être humain afin d’acquérir une âme ( la psyché… à ne pas confondre avec l’esprit) … Cela m’interroge sur l’identité de l’humain … Mélusine pourrait être « une figure spectrale, qui, n’arrivant pas à s’incarner, reste le fantôme d’un vide hantant les lieux désolés »…


Mélusine, à l’inverse de Morgane (, l’histoire la place dans la famille de Morgane, car il est écrit que sa mère est la sœur de la Dame de l’île d’Avalon et cette dame, c’est Morgane… ! ) n’est pas une ravisseuse d’hommes. Non seulement elle épouse et s’établit avec Raymondin au royaume des mortels, mais elle fonde une famille. Melusine-et-son-bebe.jpgMélusine devient un exemple de fécondité ( 10 garçons …) et allie à la procréation une vocation de bâtisseuse qui va faire d’elle la pierre angulaire d’une lignée. une créature.

 

Mélusine est bonne chrétienne, une épouse dévouée à son mari et mère attentive.. mais c'est une femme-serpent, liée aux forces de la nature, une fée dotée de pouvoir magiques.. C'est une figure païenne en même temps qu'une bonne catholique. Elle questionne l’ordre spirituel et initie certaines …valeurs. La fée Mélusine apporte la gloire, la puissance et la fortune à ceux qui lui font confiance ; et elle abandonne ceux qui trahissent leur serment.

 

Melusine-revient-la-nuit-allaiter-son-enfant.jpg

 

 

Cette légende devient mythe, en ce qu’elle se pose en mythe des origines, en mythe fondateur… En effet, elle s’interroge sur l’identité féminine comme l’image d’un mystère… Le féminin ne serait-il qu’une monstruosité ou quelque chose d’inappréhendable, qui se dérobe à l’univers masculin (l’envol de Mélusine, son départ). La femme est à l’image de cet « autre » la part de mystère irréductible, qui restera toujours chez l’homme dans sa représentation de l’altérité … Mystère toujours actuel, bien sûr, dans lequel s’inscrit la différence des sexes comme le non représentable…

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