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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – RÉSUMÉ – 9/9 – LA MORT D’ARTHUR

Publié le par Perceval

LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – RÉSUMÉ – 9/9 – LA MORT D’ARTHUR

Une fois le Graal retrouvé, le royaume est purifié, libéré des merveilles de Bretagne. Les valeurs chrétiennes ont vaincu les forces ténébreuses tapies dans les lieux sauvages, il n’y a plus de magie, de maléfices, d’enchanteurs et de créatures prêtes à terroriser le peuple. Celui-ci peut désormais vivre dans la lumière de Dieu, il n’a plus à craindre les forces obscures. Grâce au Graal, la nature est domptée, le monde civilisé, la Bretagne unifiée et christianisée. Malheureusement, la société arthurienne ne survivra pas longtemps dans ce monde nouveau.

 

En dehors de quelques élus, les membres de la Table Ronde ne sauront pas se montrer dignes de la nouvelle exigence morale du royaume.

Les chevaliers sont rattrapés par leurs erreurs, leurs passions ou leurs mauvaises actions passées.

Ainsi, malgré ses promesses, Lancelot retombe dans les bras de Guenièvre, Merlin lui-même succombe au charme de la dame du Lac et se retire du monde visible pour demeurer à ses côtés dans une prison d’air.

Mordred by Julek Heller

Quant à Arthur, il voit surgir un ennemi inattendu, Mordred, un fils dont il ignorait l’existence, fruit d’une relation coupable avec sa demi-sœur Morgause qu’il n’avait pas reconnue alors. Mordred, perfide et fourbe utilise la liaison adultère de Lancelot et Guenièvre pour monter les chevaliers les uns contre les autres, il provoque ainsi une terrible guerre civile qui précipite le royaume vers sa destruction.

Lancelot est surpris avec Guenièvre. Arthur, bafoué et trahi par les deux êtres qu’il aime le plus au monde, ordonne que l’on tue Lancelot et que Guenièvre soit brûlée vive. Il poursuit alors son rival, venu sauver la reine le jour de l’exécution, jusqu’en Bretagne, fief de Lancelot…

Guenièvre et Lancelot

 

Pendant son absence Mordred s’empare du royaume avec l’aide des Saxons. Il se fait couronner roi et retient Guenièvre. Arthur et son armée reviennent. C’est alors le combat final entre les armées d’Arthur et de Mordred sur la plaine de Salisbury.

Les Chevaliers de la Table Ronde s’opposent entre eux.

Tous les personnages de la légende trouvent la mort au cours du combat. C’est Cador, duc de Cornouailles, qui devient roi de Grande-Bretagne. Guenièvre quant à elle prend le voile à Amesbury.

Lors d’une dernière bataille, Mordred est tué par son propre père.

Arthur, lui, est mortellement blessé, mais alors qu’il agonise, sa soeur Morgane, la magicienne, vient le chercher pour l’amener en Avalon, l’île sacrée des druides, afin qu’il repose en paix.

Non sans avoir rendu son épée Excalibur à la fée du Lac qui la lui avait confiée, Arthur quitte alors le monde des hommes pour rejoindre le paradis des héros de l’ancienne tradition. Il retrouve ainsi le monde invisible des légendes.

James Archer - La Mort d'Arthur

 

Lire Aussi:
  1. La Légende des chevaliers de la Table Ronde – résumé – 1/9 La légende du roi Arthur est une suite d’histoires enchâssées les unes dans les autres, et de diverses origines …...
  2. La Légende des chevaliers de la Table Ronde – résumé – 2/9 – Tout commence avec la naissance de Merlin. Fils d’un démon et d’une vierge, à la fois homme des bois... etc ...

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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – 6/9 – LANCELOT 2

Publié le par Perceval

Lancelot à la Douloureuse Garde

Lancelot à la Douloureuse Garde

Lancelot-et-Guenièvre - XIVe

C’est Guenièvre qui parle à Lancelot des maléfices du château de la « douloureuse garde ».

Il s’agit d’un château, d’où s’élève derrière les murailles, des hurlements, cris d’agonie et des sanglots raisonnant tel un concert funèbre. Autour de ce château sont dressées deux gigantesques murailles, ouvertes par une seule et unique porte chacune. De tous les hommes qui ont voulu délivrer les malheureux criants de ce château, personne n’est jamais revenu. Le seigneur de la « douloureuse garde » est Brandus des Iles, qui garde prisonnier son peuple et le torture à son bon plaisir. Ce sont les cris de son peuple que l’on peut entendre.

 

Lancelot prenant la Douloureuse Garde

Sachez que Lancelot part dans cette aventure avec un écu à trois bordures rouges, donné par la fée Viviane, et qui décuple sa force au combat. Grâce à l’écu de Viviane, il arrive à venir à bout de ses adversaires et le château devient le sien, il le rebaptise du même coup château de la Joyeuse Garde.

Le château a un cimetière avec une tombe, surplombée d’une épée en or, portant l’inscription : « Ici reposera Lancelot du Lac, fils du roi Ban de Benoïc et vainqueur de la Douloureuse Garde« . Il apprend donc en même temps le secret de sa naissance et celui de sa mort.

Au fil des tournois et des combats, sa réputation ne cesse de grandir, tout comme son amour pour Guenièvre.

Dans la forêt de Brocéliande, au Pont du secret, les deux amants se sont déclarés leur amour.

La Chambre aux images (La Mort du roi Arthur)

Leur liaison perdure jusqu’au jour où la fée Morgane attire Arthur jusqu’à la « Chambre des images ».

Morgane révèle au roi son infortune en lui dévoilant les images de Guenièvre et Lancelot étroitement enlacés.

Dénoncé par Morgane, Lancelot tombe fou et erre dans la forêt. La Dame du Lac vient à son secours et le soigne. C’est alors qu’on apprend l’enlèvement de Guenièvre par Méléagan.

Méléagant, fils du roi de Gorre, et amoureux de la reine Guenièvre, vient défier les chevaliers.

Méléagant se bat alors contre Keu et le blesse. Puis, Il prend la fuite en s’emparant de Keu et de Guenièvre, poursuivit par Lancelot.

Lancelot, après un instant d’hésitation… accepte de devenir " le chevalier à la charrette" , c’est à dire qu’il endosse l’habit des voleurs et des manants et s’installe auprès d’eux dans la charrette de l’infamie…. ( épisode à lire …)

 

Après avoir chevauché nuit et jour, Lancelot parvient aux abords du château de Baudegamu, ou sont détenus Keu et Guenièvre.

 Il réussi à franchir le terrible Pont de l’Épée, une immense épée tranchante comme un rasoir posée entre deux rives. 

Devant cet exploit, Lancelot est acclamé et le roi Baudegamu propose alors de libérer tous les prisonniers, mais Méléagant refuse et défie Lancelot.

Dès le lendemain, Lancelot et Méléagant s’affrontent. Lancelot a rapidement le dessus.

Baudegamu ordonne alors l’arrêt du combat, et Lancelot peut ainsi repartir pour Camelot avec « sa dame ».

 
Lire Aussi:
  1. La Légende des chevaliers de la Table Ronde – 5/9 – Lancelot 1 : Le roi et la reine de la Petite Bretagne, Ban de Bénoic et Élaine, vivent heureux dans leur château proche...

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LA LÉGENDE DES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE – 5/9 – LANCELOT 1

Publié le par Perceval

par Keith Parkinson ( détail)

Le roi et la reine de la Petite Bretagne, Ban de Bénoic et Élaine, vivent heureux dans leur château proche de Brocéliande. Ban de Bénoic est le descendant direct de Joseph d’Arimathie ( Joseph d’Arimathie est le disciple qui a emporté le corps du Christ après sa crucifixion et aurait également recueilli son sang dans le saint calice, également appelé Saint Graal…)

Le château est situé au milieu d’un marais réputé imprenable, mais le seigneur voisin, le roi Claudas, – ennemi juré de la famille Pendragon, qui cherche constamment à agrandir son territoire – réussit à l’incendier.

Le couple parvient à s’échapper du château en flammes, Élaine serre bien fort son nouveau né dans ses bras. Après avoir réussi à traverser le marais, ils s’arrêtent près du lac de Comper. Ban de Bénoic est accablé par la perte de son château et de son royaume. Il meurt de chagrin, et laisse sa femme et son enfant Lancelot, au bord du lac.

La reine, restée seule avec l’enfant, vient de perdre sa demeure, son royaume et par-dessous tout l’amour de sa vie.

 

 

Le lac près duquel ils s’étaient réfugiés n’était pas un simple lac. En la forêt de Brocéliande, ce lac était connu non pour la beauté de son rivage, mais plutôt pour ce qu’il abritait : un château de cristal que seuls des personnes invités par la maîtresse des lieux pouvaient rejoindre. Il était habité par Viviane, que les habitants de Brocéliande avaient surnommé la Dame du Lac.

Prise de pitié devant l’égarement de la reine éplorée, la fée Viviane, se saisit de l’enfant ( Lancelot) et plongea dans le lac, le mettant en sécurité dans son mythique palais de cristal. Élaine voit son enfant disparaître dans les flots, porté par une femme inconnue avant même qu’elle ne puisse réagir.

 

Elle cherche désespérément autant qu’elle le peut… Elle nage d’un bout à l’autre du lac… Puis le souffle lui manque, elle ne peut remonter à la surface. Le lac de Comper, où elle s’était réfugiée avec son mari et son enfant, devient finalement, pour elle aussi, sa dernière demeure.

Durant toute son enfance, Lancelot ignore quelles sont réellement ses origines. Viviane veut en faire un chevalier parfait. Pour cela, elle lui enseigne toutes les techniques de combats, lui apprend également à chasser et même à jouer d’un instrument de musique. Pour parfaire son éducation, elle lui inculque toutes les règles de noblesse d’esprit et de courtoisie qui font les qualités essentielles d’un chevalier en dehors du combat.

Puis vient le temps, où Viviane envoie le jeune chevalier à la cour du Roi Arthur ; là, il fera partie des meilleurs chevaliers de tous les royaumes environnants. Il quitte alors le domaine de la Dame du Lac, chevauchant un beau cheval blanc que sa mère adoptive lui a offert quelques années plus tôt.

Il prend la direction de la Carmélide et commence, sa longue chevauchée vers le château du roi Arthur, à Camelot. Lorsqu’il y arrive enfin, le roi a déjà entendu parler de Lancelot par Merlin, il sait qu’il est le protégé de la Dame du Lac, mais il ne connait pas plus ses origines que Lancelot lui-même. À la demande de Viviane, et grâce à l’aide du chevalier Gauvain ( fils légitime du roi Lot d’Orcanie et de la reine d’Orcanie et neveu du roi) , Arthur accepte de l’adouber.

Lors d’un beau matin, après une nuit de prière, Lancelot est introduit durant la grand-messe en l’église de Camelot. C’est ce moment qui est choisi par Arthur pour le faire chevalier. Lorsque Lancelot s’agenouilla devant le roi, il découvre à côté du roi une femme magnifique dont il tombe éperdument amoureux au premier regard.

Arthur, Guenièvre et Lancelot by Annette Marnat

 

C’est la reine Guenièvre, qui elle non plus, n’arrive pas à détourner son regard du jeune homme sur le point de devenir un des chevaliers de son époux, le roi de Logres.

 

Devenu chevalier par la simple suggestion d’une femme, fut-elle ensorceleuse et maîtresse d’un château sous marin, Lancelot ne s’est pas vraiment attiré la sympathie de ses frères chevaliers. Il se met alors en tête d’accomplir des quêtes pour gagner le respect de ses pairs.

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LES PERSONNAGES DE LA LÉGENDE ARTHURIENNE

Publié le par Perceval

Pendant cette période estivale, nous allons reprendre les personnages les plus emblématiques de la Légende Arthurienne, dans un résumé de la Légende...

Les deux grandes figures du mythe sont le preux roi Arthur et Merlin le magicien…

Le roi Arthur

Les premiers textes gallois qui citent son nom évoquent un personnage valeureux et parfois tyrannique. Geoffroy de Monmouth, dans son Histoire des rois de Bretagne (vers 1135 ), impose l’image d’un souverain fastueux, défenseur de la foi chrétienne, assez intelligent pour s’entourer des meilleurs chevaliers, dont les exploits augmentent sa gloire.

Même s’il reste au second plan dans la plupart des romans de la Table ronde, il figure dès les années 1310 parmi les Preux, ces neuf héros les plus valeureux du passé. Jusqu’au XVIe siècle, on retrouvera Arthur parmi les nombreuses représentations figurées des Neuf Preux et dans les textes qui leur sont consacrés.

Le Roi Arthur est dit ‘ Roi des deux Bretagnes ‘, il est le fils adultérin d’Uter Pendragon et d’Ygerne. C’est sous son règne que se déroulent les aventures de la Table Ronde.

Il est l’époux de la reine Guenièvre.

Merlin le prophète

Quand Geoffroy de Monmouth écrit son Histoire des rois de Bretagne, vers 1135 , il existe sans doute une tradition orale relative à un barde dénommé Myrddin, qui aurait vécu en Écosse à la fin du VIe siècle et serait l’auteur de poèmes prophétiques. Chez Geoffroy, qui écrit aussi une Vie de Merlin, c’est à la fois un magicien – parfois facétieux -, un prophète et un enchanteur fou, qui hante les bois du Northumberland.

Vers 1200, Robert de Boron reprend l’histoire de Merlin dans un poème dont il reste aujourd’hui moins de 600 vers, mais dont nous conservons l’adaptation en prose.

Merlin, fils d’un démon et d'une vierge, est conçu pour s’opposer à l’emprise du Christ sur les hommes. Mais Dieu choisit de l’utiliser comme instrument du bien, en le dotant du pouvoir de prédire l’avenir. Merlin devient alors le conseiller des rois de Bretagne : il programme la naissance et l’avènement d’Arthur. Mais son amour pour Viviane, la Dame du Lac, le conduit à sa perte. 

Enchanteur et devin, il révèle au roi Arthur l’existence du Graal et le conseille dans sa quête

 

VIVIANE (La Dame du lac)

Merlin et Viviane ( Nimue)

 est la fille d’un petit seigneur de la forêt de Brocéliande, nommé Dyonas. La fée Diane, la protège, et lui transmet ses dons d'esprit et de beauté... Elle devient la disciple, puis l'amante de Merlin ( transformé en beau jouvenceau). Merlin lui livre tous ses secrets ce qui lui permet de garder son amant prisonnier, sans chaîne, ni muraille... Elle élève Lancelot (du Lac) après l’avoir ravi à sa mère. 

Le Conte la fait aussi apparaître, émergeant des brumes d'Avalon, terre des fées de l'Autre Monde, avec pour mission sacrée de remettre à Arthur, l'épée Excalibur qui lui est destinée; puis, de la reprendre à la fin des aventures des chevaliers de la Table Ronde...

 

UTER PENDRAGON 

Uther and Ygraine. by Frank Godwin

est le Roi de Logres. Il devient – par ruse, et avec l'aide de Merlin – l’amant d’Ygerne (femme du duc de Tintagell) de laquelle il aura un fils adultérin Arthur (le roi Arthur), bébé qu'il doit remettre à Merlin... A la mort du duc de Tintagell, Uter Pendragon épouse Ygerne.

YGERNE

est la femme du duc de Tintagell, elle épouse, en secondes noces, Uter Pendragon ( père d’Arthur ). Ygerne, de son premier mariage est la mère de trois filles la reine d’Orcanie, la reine de Garlot et Morgane.

 

 

GUENIEVRE 

est la fille du roi de Carmélîde: Léodagan. Elle devient femme du roi Arthur, et l’amante de Lancelot… Elle est convoitée par Méléagant, fils du roi de Gorre, qui l’enleve. Elle sera secourue par Gauvain et Lancelot du lac. Sa beauté, son éloquence ainsi que le prestige de sa cour font de la reine une figure à la fois prisée par les chevaliers, haïe par ses semblables. Elle est célèbre pour sa relation adultérine avec Lancelot, qui en devient asocial au nom de l’amour absolu qu’il voue à la reine. La romance entre Lancelot et la reine Guenièvre devient la cause principale de la chute du monde arthurien...

 

LANCELOT ( du lac)

Sir Lancelot and Guinevere, par James Archer

est le fils du roi Ban de Bénoïc et de la reine Élaine. Il est né en Petite Bretagne, sur les bords du lac de Diane, peu après la Pentecôte où il fut enlevé à ses parents par la fée Viviane (la Dame du Lac) et élevé par la fée jusqu’à ses dix-huit ans à l’abri du Lac.

Il est donc l’héritier d’un royaume de l’Armorique, mais il est aussi et surtout le descendant d’une lignée prestigieuse, remontant notamment à Joseph d’Arimathie, le personnage biblique ayant recueilli le sang du Christ dans le Saint Graal et ayant apporté celui-ci en terre bretonne. Son nom de baptême était Galaad, qui deviendra par suite le nom de son fils. Il est l’un des chevaliers de la Table Ronde, peut-être le plus grand...

 
 

MORDRED 

Mordred et Morgause by marjorie carmona

est le fils illégitime d’Arthur et de sa demi-sœur, Morgane ( ou Morgause, sœur de Morgane).

Il fut envoyé, alors qu’il n’était qu’un bébé, avec tous les enfants nés le même jour que lui, dans un bateau. Mais le bateau coula et seul Mordred survécut. Il fut ensuite élevé par un brave homme nommé Nabur jusqu’à l’âge de 14 ans, puis fut amené à la cour du roi Arthur où ses véritables origines lui furent révélées.

Il devient un temps chevalier de la Table Ronde, mais sa réputation de chevalier traître se fait très vite, d’autant qu’il est détesté par les autres chevaliers pour son caractère fourbe et sournois.
Il trahit le roi Arthur en profitant que ce dernier est parti à la poursuite de Lancelot pour le punir de son adultère avec Dame Guenièvre. Mordred s’empare du trône de Camelot, forçant Arthur à revenir précipitamment.
La bataille de Camlann s’ensuit dans laquelle tous les chevaliers d’Arthur périssent. Le roi Arthur se bat en duel contre Mordred et bien qu’il réussisse à le tuer, Mordred l’a mortellement blessé...

 

MORGANE 

Morgane par Will Worthington

est la sœur d’Arthur, fille d’Ygraine et épouse du roi Lot d’Orcanie. Un enfant de l’inceste entre Arthur et sa demi-sœur Morgane est conçu: Mordred, grâce à certain secrets de Merlin que Morgane aurait dérobés.

Elle est considérée tantôt comme une fée bienveillante et guérisseuse, tantôt comme une magicienne obscure et maléfique. Son seul but a été de détrôner Arthur afin qu’elle devienne la reine de la Bretagne. Pendant toutes ces années, elle essaie de tuer son demi-frère, qui finalement se fait tuer par son propre fils Mordred.

Attention:  Selon les continuateurs de la Légende, nous pourrons avoir Morgause, ou Morgane, cette dernière étant la plus connue. Les relations amoureuses d’Arthur et Morgane sont quasiment absentes des romans français. Elles se lisent surtout dans la compilation anglaise de Malory.

A suivre: Les Chevaliers de la Table Ronde: Personnages et Résumé...

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L'Extase amoureuse de Lancelot

Publié le par Perceval

pont de l'épée Lancelot passant le pont de l'Épée, enluminure d'un manuscrit, vers 1475

 

Dans le texte de Chrétien de Troyes ( Le Chevalier de la Charrette, vers 710 à 771) ; Lancelot est victime d'un coup de foudre, d'une « cristallisation » au sens stendhalien de l’amour fou.

C'est Guenièvre, qui donne à Lancelot des ailes, allant jusqu’à lui faire subir des épreuves terrifiantes comme le passage du pont de l’épée.

Résumé : Lancelot et Guenièvre


Lancelot prenant la Douloureuse Garde (3) Lancelot prenant la Douloureuse Garde

 

Le jour de l'Ascension, un chevalier, Méléagant, annonce à Arthur qu'il détient en ses terres (le royaume de Gorre) un grand nombre de ses sujets. Il les libérera si un chevalier d'Arthur le vainc en combat singulier. Le sénéchal Keu relève le défi, mais il est grièvement blessé par Méléagant, qui enlève alors la reine Guenièvre, l'épouse d'Arthur.

Gauvain part immédiatement sur leurs traces. Il rencontre en route un mystérieux chevalier qui, pour avoir des nouvelles de la reine, accepte de se déshonorer en montant sur une charrette d'infamie. L'amour fou que le chevalier sans nom voue à Guenièvre éclate peu après : il manque de se laisser tomber d'une haute fenêtre pour ne pas perdre la reine du regard, et tombe en extase devant un peigne lui ayant appartenu. Le chevalier parvient à soulever la dalle d'une tombe, aventure qui le désigne comme le libérateur des sujets d'Arthur, puis réussit peu après à passer en Gorre en traversant le pont de l'Epée, au prix d'un effort surhumain.

Ce n'est qu'alors qu'on apprend (de la bouche de Guenièvre) le nom du chevalier : il s'agit de Lancelot du Lac. La reine réserve d'abord un accueil glacial à Lancelot : on apprendra plus tard qu'elle veut ainsi le punir pour avoir hésité, l'espace d'un pas, à monter sur la charrette d'infamie. Après avoir chacun craint la mort de l'autre, Lancelot et Guenièvre finissent par se retrouver, et passent la nuit ensemble.

Tous — y compris Gauvain, qui a échoué à passer en Gorre — regagnent alors la cour d'Arthur, sauf Lancelot, retenu prisonnier par Méléagant. Le récit est alors pris en charge par Godefroy de Lagny, qui déclare poursuivre l'œuvre inachevée de Chrétien de Troyes. Aidé par la sœur de Méléagant, Lancelot parvient à temps à la cour d'Arthur pour vaincre Méléagant, auquel il tranche la tête.

John Maler Collier (27 janvier 1850 à Londres – 11 avril 1934) était un écrivain et artiste-peintre britannique préraphaélite John Maler Collier (27 janvier 1850 à Londres – 11 avril 1934) était un écrivain et artiste-peintre britannique préraphaélite

***La défense de Guenièvre, William Morris, Emma Florence Harrison

La défense de Guenièvre, William Morris, Emma Florence Harrison

Dans ce texte, nous retrouvons la fin'amor, amour parfait ou courtois, célébré dans les poésies des troubadours. Les thèmes de l'abdication totale de la volonté de l'amant devant le désir de la femme aimée, de l'extase amoureuse allant jusqu'à l'oubli de soi, du don réciproque — mais toujours révocable — des corps et des cœurs, sont au centre de l'œuvre.

Rigaut de Barbezieux compare l’extase religieuse à l’extase amoureuse :

« Tout comme Perceval en son temps si ahuri de les voir, qu’il en oublie de demander à quoi servent Lance et Graal, moi j’en suis là, Dame sublime devant votre corps précieux, car alors, j’oublie tout quand je vous regarde. je crois prier ; je suis en fait anéanti » (J.-C. Marol, op. cit., p.67-68).

Lancelot, en tant que parfait amant, ne se plaint pas. Il subit avec patience tout caprice de celle qui aime... Pour lui la reine est sublimée. Il prend la place du fidèle qui adore un être suprême. À la seule vue de la reine, il tombe en extase : « Il ne cesse un instant de la suivre des yeux, dans la contemplation et dans l'extase, aussi longtemps qu'il peut. Quand elle eut disparu, il voulut se laisser basculer dans le vide » (Le Chevalier de la charrette, p. 39). La reine Guenièvre 3

Guenièvre hante tout son être. À sa pensée, tout le reste du monde s'efface. Le chevalier perd tout contact avec la réalité qui l'entoure. Voilà l'exemple le plus caractéristique d'extase amoureuse dans Le Chevalier de la charrette :

« Le chevalier de la charrette est abîmé dans sa méditation comme un sujet livré sans force et sans défense à la souveraineté d'Amour. Sous l'empire de son penser son moi s'anéantit. Il ne sait s'il existe ou s'il n'existe pas. De son nom il n'a plus souvenance. Est-il armé ? Ne l'est-il pas ? Il n'en sait rien. Il ne sait où il va, il ne sait d'où il vient. De son esprit chaque être est effacé, hormis un seul, pour lequel il oublie tout le reste du monde. À cet unique objet s'attachent ses pensées. C'est pourquoi il n'entend, ne voit, ne comprend rien » (Le Chevalier de la charrette, p. 43).

La Dame de Shalott - Guenièvre et autres poèmes d'Alfred Lord Tennyson, 1912Puisque donc il tombe en extase lorsqu'il voit ou pense à sa dame, il n'est pas difficile à deviner sa réaction lorsqu'il prend entre ses mains un peigne qui lui appartient... En effet, Lancelot trouve près d’une fontaine, lieu traditionnel de la rencontre des fées, un peigne avec les blonds cheveux de Guenièvre, comparables à ceux d’Iseut déposés par une hirondelle sur l’appui de la fenêtre du Roi Marc et, ces cheveux pressés contre son cœur lui font plus d’effet que tous les électuaires, les catholicons et les prières conjuguées....

« Il prend soin d'en retirer les cheveux avec des doigts si doux qu'il n'en rompt pas un seul. On ne verra jamais à rien accorder tant d'honneur. L'adoration commence : à ses yeux, à sa bouche, à son front, à tout son visage, il les porte et cent et mille fois. Il n'est point de joie qu'il n'en fasse : en eux son bonheur, en eux sa richesse ! Il les enferme dans son sein, près du cœur, entre sa chemise et sa chair. [...] Tant il a foi en ces cheveux » (Le Chevalier de la charrette).Lancelot Bears Off Guenevere by HJ Ford

Les cheveux blonds de Guenièvre sont comparés à des reliques que le fidèle conserve avec une ferveur religieuse. C'est la même ferveur qu'il montre quand il entre dans sa chambre et « devant elle il s'incline et lui rend une adoration, car il ne croit autant aux reliques des saints » . En plus, le matin suivant, « se tournant vers la chambre avant de s'en aller, il fléchit les genoux, comme s'il se trouvait en face d'un autel » (Le Chevalier de la charrette).

On peut penser que Chrétien de Troyes, ne partage pas toutes les idées de Marie de Champagne sur la Fin'Amor... En effet, il ironise sur les débordements de l’amour courtois et le ridicule des situations qui abaisse l’aura du chevalier, tantôt vautré dans l’eau d’un gué (V. 762-763) la tête et le corps à moitié sortis et coincés dans une fenêtre du château de Baudemagu roi de Gorre (V. 568)... Cependant, ces situations ne font que reconnaître le côté humain de Lancelot … Et, l'humour n'empêche pas le réalisme des blessures du héros abîmé par le tranchant du Pont de l’Epée et plus tard les stigmates et blessures, doigts coupés sur les barreaux de fer etc.."]Eleanor of Aquitaine

Alienor d'Aquitaine

Et, peut-être finalement, nous entendons l'auteur... Chrétien de Troyes - chevalier-poète au service de sa Domina - aurait connu secrètement un amour fou pour Aliénor d’Aquitaine ou pour Marie de Champagne, qu’il aurait maquillé par un masque littéraire de pure rhétorique ..

Chrétien de Troyes ne serait autre que Lancelot: un amoureux transi, impétrant et sémillant qu’une femme accomplie a su transformer et subjuguer. Cet amour impossible ne serait-il pas en fait celui de l’auteur distancié par sa fonction de serviteur de la Domina, que traduit l’écart géographique entre Lancelot et Guenièvre après son enlèvement par Méléagant. C’est dans cette séparation provisoire que le creuset de l’amour fou prend sa place, Marie de Champagne, Aliénor sa mère ne se fondent-t-elles pas dans la même emblématique féminine ? Ce texte inachevé aurait-il été terminé par Godefroi de Leigni où Lancelot devenu un homme épousera la sœur du chevalier félon Méléagant. Ainsi se trouvent réunis les royaumes de Gorre et de Logres.

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Des femmes dans la Légende arthurienne

Publié le par Perceval

Laudine's RingDans la société arthurienne, la femme correspond à l'image fantasmée de l'idéal courtois, c'est le cas de la reine Guenièvre...

Cependant, la plupart des femmes de la légende sont très éloignées de l'image lisse et épurée de l'héroïne courtoise : la fée Morgane, la dame du Lac, Laudine ou encore la servante Lunette sont des femmes puissantes, intelligentes et actives. Souvent dotées de pouvoirs magiques, elles interviennent dans l'ombre, prennent des décisions et sont maîtresses de leur destin...sandrinegestin-MORGANE-peinture-plat-1

L'héroïne courtoise est souvent une demoiselle en détresse... A l'opposé, pourtant, Morgane représente la femme de l' ''ancien monde'' païen, mais elle ne connaît aucune relation amoureuse heureuse et - pareillement - Viviane, la dame du Lac entretient avec Merlin une relation d'égal à égal qui échappe complètement aux codes de la courtoisie. Ces femmes sont de plus en plus marginales et restent loin de la société des hommes dont elles ne respectent pas les règles.

  • Ygraine est la mère biologique d'Arthur, qu'elle conçoit avec Uther qui a pris l'apparence de Gorlois( l'époux d'Ygraine)  grâce à l'enchantement de Merlin, en lui promettant de lui donner son enfant (Arthur)...Uther et Ygraine' du roi Arthur et ses chevaliers illustrés par Frank Godwin

Et, Ygraine est aussi mère de Viviane, Élaine, Morgane et Morgause avec son mari, le duc de Cornouailles, Gorlois de Tintagel, et involontairement la mère d’Arthur avec Uther Pendragon (sous l’enchantement de Merlin)

  • Guenièvre est donc l'un des personnages de la légende arthurienne qui a le plus évolué au fil des siècles. Elle passe de la femme-fée mystérieuse des premiers temps, pour devenir la femme qui trompant le Roi Arthur avec Lancelot, provoque la chute du royaume...

GuenièvreLa reine Guenièvre est l'un des personnages récurrents de la légende du roi Arthur, c'est à dire qu'elle est présente aux côtés du roi dans tous les récits de la Table Ronde. Mais c'est surtout dans le roman de Chrétien de Troyes intitulé Lancelot, le Chevalier de la Charrette qu'elle a un rôle important. Dans ce livre, Guenièvre se fait enlever par un seigneur félon nommé Méléagant. Ce dernier l'emmène dans son royaume, une contrée étrange et très difficile d'accès où se produisent parfois des phénomènes étranges. Lancelot se lance bien entendu à sa recherche, mais pour la délivrer, il devra accomplir un véritable parcours initiatique fait de sacrifices et d'épreuves. Parmi ces épreuves, on peut citer notamment le fameux trajet en charrette, source d'une terrible humiliation pour un chevalier, et la traversée du pont de l'épée, la tranchante frontière qui sépare le royaume de Logre du royaume de Méléagant.

  • Avalon Camelot King Arthur Viviane, the Lady of the Lake - Illustrator Zephir ElphViviane a des relations avec Merlin, dont elle sera même la maîtresse, et qui lui enseigne la magie. On l’appelle "fée Viviane" ou "la Dame du Lac". Elle transmet son savoir à Morgane et emporte Lancelot du Lac avec elle au plus profond du vaste lac lorsqu’il est encore bébé, à la mort du père de Lancelot, Ban de Bénoïc.
  • Morgause est la mère de Mordred avec Arthur. C'est la femme de Lot d’Orcanie et la mère de Gauvain, Gareth (Gaheriet), Gaheris (Guerrehet), Agravain et de Mordred avec Arthur, envoyée par Morgane. Elle élève Mordred dans la haine de son père, le roi Arthur.
  • Morgane devient fée après sa grande sœur Viviane. La fée Morgane est souvent considérée comme une fée maléfique, au contraire de son rôle dans le roman Les Brumes d’Avalon de Marion Zimmer Bradley. Elle est la maîtresse d’Accolon et ennemie de son demi-frère Arthur. Elle aurait d’abord été avec son demi-frère Arthur puis son ennemie. Elle fait se battre Accolon avec Arthur. Elle fait une copie d’Excalibur qui appartient à Arthur, donne l’original à Accolon et la copie à Arthur, mais c’est Accolon qui est tué. Avec le roi Urien, elle a Yvain. Si c’est elle qui est la mère de Mordred avec son demi-frère Arthur, Yvain est le demi-frère aîné de Mordred.

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  • La reine Élaine est l'épouse du roi Ban de Bénoïc, mère de Lancelot, grand-mère de Galahad, sœur d'Evaine qui est la femme du frère de son mari.

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La légende de Merlin l'enchanteur. - 2/3 -

Publié le par Perceval

La pierre merveilleuse

Seize années s'écoulèrent. Uter Pendragon mourut, deux ans après Ygerne. Comme il n'avait point d'héritier direct, les barons du royaume trouvèrent une solution très simple : demander à Merlin de leur en désigner un.

- Attendez le jour de Noël, répondit Merlin. Donc, la veille de Noël, les barons se réunirent à Londres et parmi eux se trouvait Antor avec Keu et Artus, ses deux enfants dont il ne savait à présent lequel il préférait. En procession, ils allèrent tous à la messe de minuit, puis, selon la coutume, à la messe du jour. Quand ils sortirent de l'église, ils entendirent des cris, tout un brouhaha et ils demandèrent ce qui se passait d'extraordinaire.

On leur montra une grosse pierre au milieu de la place, venue on ne sait d'où, qui ne ressemblait à rien, avec à son sommet une enclume de fer dans laquelle une épée se trouvait fichée jusqu'à la garde. Vous pensez si les langues allaient bon train. Chacun cherchait une explication à ce phénomène.

 

- Cela vient du ciel, disaient les uns.

- Du ciel ou de l'enfer, répliquaient les autres.

- D'où qu'elle soit, il nous faut bénir cette pierre, dit l'évêque. Tout en s'apprêtant à accomplir ce geste pieux, il se baissa et fronça les sourcils : ce qu'il venait de découvrir le laissa quelques secondes sans voix. Puis il lut clairement, de telle façon qu'ils fussent entendus de tous, ces mots inscrits en lettres d'or sur la pierre : Celui qui ôtera cette épée sera le roi.

Il y eut alors une véritable bousculade. Tous les barons, puissants et hauts seigneurs, se précipitèrent pour lire à leur tour ces mots magiques et certains voulurent tirer au sort pour décider qui en ferait les premiers l'essai. Une querelle s'ensuivit et l'on entendait déjà le cliquetis des armes, quand l'évêque intervint en choisissant lui-même deux cent cinquante chevaliers pour tenter l'aventure. Or, pas un, malgré beaucoup de force, d'adresse et de bonne volonté, non, pas un ne parvint à faire bouger l'épée. Qui en fut amusé ? Keu et Artus, ces deux grands adolescents de seize ans qui observaient la scène d'un oeil critique. Estimant qu'eux aussi avaient droit à cette étrange « course à l'épée », la prenant comme un jeu, ils s'approchèrent de la pierre fabuleuse. Artus dit :

- Voyons si je pourrai... Mais avant qu'il eût achevé sa phrase, il tirait 1'épée par la poignée et la montrait à Keu et à Antor médusés.

- Beau fils, est-ce toi qui serais désigné... ? murmurait Antor. Déjà des barons accouraient, déjà des protestations véhémentes s'élevaient. Avait-on jamais vu un homme de naissance obscure devenir roi de Bretagne ? Il fallut, une fois encore, l'intervention de l'évêque pour calmer les esprits.

- Or ça, Messieurs, que diriez-vous de la Chandeleur pour recommencer l'expérience ? fit le prélat.

Arthur retire Excalibur du rocher, par Loïc Tréhin

La proposition fut adoptée, et, avec quelle impatience, tous attendirent la Chandeleur. Quand ils purent de nouveau tenter leur chance, il n'y en eut aucun qui ne montra joyeux visage. Seul Artus tira, avec autant de facilité que si elle avait été enfoncée dans une motte de beurre, la fameuse épée... Pouvait-on imaginer, dès lors, qu'il n'était pas l'élu de Dieu ?

Artus fut donc sacré roi de Bretagne et la pierre merveilleuse disparut. Cependant, à cette lointaine époque comme aujourd'hui, l'unanimité n'était pas facile à faire. Et des esprits chagrins contestèrent la légitimité du roi Artus. Voilà pourquoi onze des plus puissants barons s'assemblèrent bientôt ; ils décidèrent alors de lui déclarer la guerre. Déterminés à vaincre ou à mourir, ils firent le siège du château de Kerléon où Artus s'était enfermé. Ils allaient lancer un dernier assaut contre la forteresse, quand Merlin intervint, les regardant de travers comme quelqu'un qui est très mécontent.

Du haut d'une tour, il leur expliqua qu'Artus n'était pas le fils d'Antor, ni le frère de Keu, mais qu'il appartenait, par sa naissance, à un rang beaucoup plus élevé qu'aucun d'entre eux...

Et pour confirmer ce qu'il avançait, il leur conta l'histoire d'Uter Pendragon et d'Ygerne. Allez donc convaincre des barons bretons ! Ceux-ci s'entêtèrent à déclarer qu'ils ne voulaient pas d'Artus pour roi, car c'était un bâtard. Merlin, qui les voyait réunissant déjà leurs bannières pour reprendre le combat, fit alors un grand geste, jetant ainsi un enchantement. Instantanément, toutes les tentes des barons rebelles se mirent à flamber. L'incendie crépitait pendant que dans une terrible mêlée, les gens d'Artus et les gens des barons luttaient et s'entretuaient. Artus eut sa lance rompue.

Et quoiqu'il fût assez mal en point, il tira aussitôt son épée, celle qu'il avait arrachée à la pierre merveilleuse. Elle portait un nom : Escalibor, ce qui signifie en hébreu « tranche fer et acier », et elle jetait autant de clarté que deux gros cierges allumés. Tout ragaillardi, Artus s'élança de nouveau dans le combat et tailla en pièces l'armée des rebelles, aidé de Keu devenu son sénéchal, d'Antor, et de beaucoup d'autres de ses fidèles, si bien qu'à la fin de la journée, les barons avaient fui, si honteux que plus ne se peut, laissant armes et vaisselles d'or et d'argent sur le terrain.

Départ pour la Carmélide

Quand le roi Artus constata les grands pouvoirs de Merlin, songeant qu'il ne pouvait se passer d'un aussi précieux concours, il l'invita à venir vivre à la cour, laquelle se tenait alors à Londres. Merlin lui conseilla de faire don, en quantité, de vêtements, d'argent et de chevaux, et d'armer nombre de nouveaux chevaliers. Artus se rendit à cet avis et ainsi se gagna les coeurs. Tous acquirent alors la conviction qu'ils ne pouvaient vivre ailleurs.

Un jour, Merlin, qui connaissait l'avenir, dit a Artus :

- Sire, le moment est venu de vous engager comme simple chevalier au service du roi Léodagan de Carmélide. Vous en tirerez grand avantage. Il se garda bien d'en dire plus, bien que le roi poussât de grands cris. Quoi ! Laisser sa terre pour prêter main-forte au vieillard qu'était Léodagan, lequel avait maille à partir avec de redoutables voisins... Merlin n'y pensait pas. Or, Merlin s'obstina.

- Partez, Sire, sans tant vous inquiéter, et vous verrez ce qui arrivera. Cependant... Il s'interrompit, se lissa la barbe, et lorsque Artus lui eut demandé de poursuivre, il dit : - Cependant, emmenez donc avec vous le roi Ban de Bénoïc et le roi Bohor de Gannes, qui sont du reste en route, à cette heure, pour vous rendre hommage. Ces deux frères, rois de Petite Bretagne, ont toutes les qualités de chevaliers.

Artus fut sage et vit bien que son intérêt était de faire ce que lui conseillait Merlin. Aussi se réjouit-il de la visite des deux rois et il annonça qu'il allait immédiatement donner des ordres pour qu'il y eût en leur honneur fêtes et tournois. Merlin, cependant, soupira.

- Eh bien, dit Artus, ne dois-je point faire tendre de soieries et de tapisseries, et joncher d'herbe et de fleurs les rues de Londres ?

- Certes, répondit Merlin. Il vous sied de recevoir magnifiquement. Et je gage qu'il ne manquera à votre accueil qu'une reine...

Artus ne dit mot, se demandant vaguement pourquoi Merlin regrettait aujourd'hui l'absence d'une reine, et s'il était vraiment urgent d'en donner une au royaume de Bretagne. Quelques semaines plus tard, quarante preux, parmi lesquels se trouvaient Artus, Ban de Bénoïc et Bohor de Gannes, parvenaient en Carmélide et se présentaient, en se tenant par la main, au roi Léodagan, qu'ils saluèrent l'un après l'autre. Le roi Ban, qui était le plus éloquent et le plus bavard de tous, dit à Léodagan que ses compagnons et lui-même lui offraient leur service, mais à une condition.

- Messire, fit Léodagan intrigué, quelle est cette condition ? Alors Ban lui demanda de promettre de ne jamais chercher à savoir leurs noms véritables. Comme c'était là coutume assez courante, Léodagan s'inclina. Bientôt, les guetteurs donnaient le signal, apercevant au loin les premiers coureurs ennemis et la fumée des incendies. Il y eut grand branle-bas de combat. Artus et ses compagnons s'assemblèrent sous la bannière de Merlin, où un petit dragon à longue queue et une tortue semblaient lancer des flammes.

 

La bataille fut violente, les assaillants paraissant décidés à tout mettre en oeuvre pour obtenir la victoire : et les lances se heurtèrent et les épées frappèrent les heaumes et les écus, dans un tel tintamarre que le tonnerre n'eût pu se faire entendre. Or, il advint que les gens de Léodagan furent, un moment, en mauvaise position, enfoncés par les gens du redoutable roi Claudias de la Déserte. Léodagan fut même renversé de son cheval et pris par ses ennemis. Merlin le sut dans le même instant.

- À moi, francs Chevaliers ! s'écria-t-il en apparaissant sur le champ de bataille et en levant son enseigne flamboyante. Artus et ses compagnons, qui luttaient avec rage, arrivèrent aussitôt au grand galop.

- On verra qui preux sera ! cria encore Merlin. Puis il donna un coup de sifflet, et un vent impétueux se leva qui fit tourbillonner un immense nuage de poussière derrière lequel nos quarante compagnons, lâchant le frein et piquant des deux, coururent sus aux ennemis aveuglés. Ceux-ci abandonnèrent le roi Léodagan sur le champ de bataille, et, têtes baissées, sous une grêle de traits, s'enfuirent à toutes jambes. Les gens de Léodagan s'empressèrent alors de lui donner un cheval et de nouvelles armes, puis tous repartirent à bride abattue derrière leur porte-enseigne.

À ce moment, le dragon de l'enseigne de Merlin se mit à vomir des brandons enflammés, si bien que tout s'embrasa et que les derniers résistants lâchèrent pied. Seul un géant, le duc Frolle, eut encore le courage de prendre à deux mains sa masse de cuivre, si lourde que peu d'hommes eussent pu la soulever, et se mit à en asséner des coups autour de lui.

Artus s'élança à sa poursuite, son épée Escalibor à la main. Frolle tira la sienne ; elle avait nom Marmiadoise. Dès qu'elle jaillit hors du fourreau, si grande était la clarté qu'elle répandait, que le champ de bataille en fut illuminé et qu'Artus fit un pas en arrière.

 

- Sire chevalier, dit alors le géant, je ne sais qui tu es, mais pour ta bravoure, je te ferai grâce. Rentre ton arme et je te laisserai aller. À ces mots, le roi Artus sentit le rouge de la honte lui monter au visage.

- C'est à toi de mettre bas cette épée, dit-il, et sache que le fils d'Uter Pendragon ne recule pas devant la mort.

- Serais-tu donc le roi Artus ? Et aussitôt le géant se jeta sur lui, mais Artus sut adroitement 1'éviter et se défendit grâce à Escalibor ; il lui en donna un si grand coup sur le bras que Frolle laissa choir son épée. Étourdi, il fut emporté par son cheval dans la forêt immense.

Quand la nuit s'installa, le calme régnait. Les rois Ban et Bohor demandèrent à Artus s'il n'avait point trop de mal.

- J'ai réussi au-delà de toute espérance, dit-il. C'est ainsi qu'en plus de mon épée Escalibor, qui a fait merveille, j'ai pu ramasser Marmiadoise, 1'épée du géant Frolle, qui étincelle comme un diamant dans l'ombre.

Guenièvre de Carmélide

 

Déjà les tables étaient mises pour le repas quand arrivèrent au palais de Léodagan nos trois rois et Merlin. Léodagan, les attendant, s'était appuyé à une fenêtre. Et dès qu'il les vit venir, il alla à leur devant et leur fit fête. On leur prit leurs chevaux, on les désarma, et on les conduisit par la main dans une salle richement ornée où une demoiselle d'une grande beauté leur présenta l'eau chaude dans un bassin d'argent.

C'était la fille de Léodagan, Guenièvre, et on ne pouvait alors trouver plus belle personne en Bretagne. De sa main, elle leur lava le visage et le cou, qu'ils avaient couverts de poussière du champ de bataille, et elle leur passa à chacun un fort élégant manteau.

 

Dès l'instant où Artus en fut revêtu, il plut à Guenièvre, qui ne fut pas longue à comprendre que lui aussi l'observait à la dérobée, avec un intérêt mêlé d'admiration. Ses grands yeux bleus pétillèrent alors de gaieté, ce qui la rendit encore plus attrayante, si la chose se pouvait. Léodagan conduisit ses hôtes à table, et il remarqua qu'Artus prenait place entre Bohor et Ban. Ignorant, d'après leurs conventions, qui ils étaient, il supposa qu'Artus était le seigneur des deux autres. « Plût à Dieu qu'il épousât ma fille, c'est un parfait chevalier et un homme de haut rang », songea-t-il.

 

Cependant, Guenièvre offrait le vin à Artus dans la coupe du roi, agenouillée devant lui, et il la trouva si belle qu'il en oubliait de boire et de manger. Il se tourna légèrement pour que ses voisins ne vissent point son émoi, mais Guenièvre, elle, s'en aperçut très bien.

- Messire, buvez, lui dit-elle, et ne m'en veuillez pas si je ne vous appelle point par votre nom, car je l'ignore. Ne soyez pas distrait à table, ne l'étant point aux armes, comme nous avons pu le constater aujourd'hui. Alors, il prit la coupe et but.

 

Les nappes ôtées, Ban vint s'asseoir à côté de Léodagan. Et lui qui aimait tant discourir, il lui fit maints compliments de Guenièvre.

- Sire, lui dit-il encore, il arrive un moment où il nous faut songer à l'avenir. Or, vous n'avez pas d'autre enfant qui puisse hériter de vos terres. N'est-ce point imprudent de ne pas la marier ?

- Il y a sept ans que le roi Claudius de la Déserte me fait la guerre, répondit Leodagan en soupirant. Et je n'ai pas trouvé le temps de penser à ma fille. Mais s'il se présentait quelque gentilhomme qui puisse me défendre, je la lui donnerais volontiers et il aura ma terre après moi, je ne regarderai ni au lignage ni au rang. En entendant ces propos, une lueur de malice passa dans les yeux de Merlin, qui émit un petit grognement amusé. Puis, ayant accompli sa mission, il partit.

Viviane

En ce temps-là, il y avait au coeur de l'Armorique une vaste forêt qui allait de Fougères à Quentin, de Corlay à Camors, et de Faouët à Redon. C'était la forêt de Brocéliande. Le vent y jouait constamment et les arbres s'inclinaient en des révérences sans fin, sur une étendue qui mesurait bien trente lieues de longueur et vingt de largeur. À travers cette forêt erraient des créatures extraordinaires comme fées et sylphes.

Il y avait Dyonas, qui était filleul de Diane, la déesse des bois, et dont la fille, Viviane, rôdait jour et nuit parmi les arbres et s'amusait avec les papillons.

Un jour qu'elle se trouvait assise près d'une source où les korrigans et les fées venaient habituellement se mirer, elle vit passer un très beau jeune homme, haut de taille et brun de cheveux, qui allait à pas de promenade, fredonnant pour lui-même. Arrivé près d'elle, il s'arrêta, s'appuyant sur une branche, et la salua, mais sans ajouter un mot de plus.

 

C'était Merlin, qui sentait battre si fort son coeur devant la grande beauté de cette jeune fille, qu'il redoutait de perdre sa liberté d'esprit. Eh ! oui, Merlin savait qu'il venait de rencontrer Viviane, il savait qu'il était désigné pour l'aimer et être aimé d'elle, et qu'il lui serait soumis entièrement dès qu'ils se seraient entretenus tous deux.

Or, Viviane, comme toute femme, était curieuse, et elle lui demanda :

- Qui êtes-vous, beau Sire ?

- Je suis un valet errant qui cherche le maître qui m'apprenne mon métier.

- Peut-on savoir quel métier ? Merlin s'assit au bord de la source, prenant place près de Viviane et répondit :

- Par exemple, à soulever un château fort, fût-il assiégé par des soldats. Ou bien à marcher sur un étang sans se mouiller les pieds, ou bien encore à faire naître une rivière et beaucoup d'autres choses...

 

Viviane battit des mains :

- Quel beau métier ! Ah ! je voudrais vous voir à l'oeuvre. Je serais alors votre amie, en tout bien tout honneur, ajouta-t-elle, coquette. À ces mots s"augmenta 1'émoi de Merlin, qui accepta de lui montrer une partie de ses jeux et de ses talents. Il y mit pourtant une condition :

- Que j'aie votre amour, sans vous demander plus. Viviane jura qu'elle y consentait. Alors, avec la branche sur laquelle il s'appuyait, Merlin traça un cercle sur le sol. Ce geste étonna Viviane ; elle promenait ses yeux autour d'elle et ne voyait rien d'extraordinaire, mais, quelques secondes plus tard, surgirent de belles dames et de beaux messieurs qui faisaient une grande ronde et chantaient joyeusement. Certains se mirent à danser sous les arbres soudainement chargés de fruits, tandis qu'au loin se profilait un château devant lequel s'étendait une pelouse avec de grands parterres de fleurs.

On eût dit que Merlin avait fait naître le paradis.

Fascinée, Viviane observait lentement toutes choses, s'arrêtant devant les danseurs, tentant de fredonner leurs refrains.

- Que vous en semble ? dit Merlin. Etes-vous toujours preste à tenir votre serment ?

- Certes, Messire, et de coeur je vous appartiens. Mais vous ne m'avez encore rien appris...

- Je le ferai un jour, c'est promis. Dès que la lune brilla, les belles dames et leurs cavaliers disparurent, ainsi que le château, seul demeura le verger, à la prière de Viviane, qui le nomma « Repaire de joie et de liesse ».

- Maintenant, dit Merlin, je dois partir.

- Êtes-vous donc si pressé de me quitter ? Et sans m'avoir rien enseigné encore...

- Il faut du temps, gentille Damoiselle...

Mais Viviane voulait connaître tout de suite le secret de Merlin : elle était prête à demeurer là toute la nuit et même à consentir à tout ce que Merlin exigerait, quand elle saurait comment on accomplissait de tels prodiges. Alors Merlin lui expliqua la manière de faire couler une rivière où il lui plairait. Viviane contemplait cette eau merveilleuse avec extase, après avoir écrit la recette sur un parchemin. À peine s'aperçut-elle que Merlin la saluait en lui promettant de revenir bientôt.

Fiançailles d'Artus

Merlin s'en retourna en Carmélide, où le roi Léodagan l'accueillit avec joie. Mais il se demandait toujours qui pouvaient bien être ceux qui l'avaient si courageusement aidé à vaincre ses ennemis.

Le seul moyen de faire taire sa légitime curiosité était, lui semblait-il, de poser la question à Merlin. Ce qu'il fit un beau jour.

- Sire, répondit Merlin, en désignant Artus, sachez que ce jeune homme est de plus haut rang que vous-même, qui êtes un roi couronné. Nous allons de par le monde pour le mieux connaître et en espérant trouver une épouse digne de ce jeune homme...

 

Vous vous doutez bien que Léodagan songea immédiatement à lui offrir sa fille, la plus belle et la plus sage qui fût... Comme Merlin l'assurait qu'elle serait acceptée de bon coeur, il la fit quérir à l'instant même.

Quand Guenièvre fut là, il manda tous les chevaliers qui étaient au palais et dit, en mettant la main de la jeune fille dans celle d'Artus :

- Messire, dont j'ignore encore le nom, recevez ma fille pour femme avec tout ce qu'elle aura d'honneurs et de biens après ma mort. Artus, radieux, s'inclina.

Merlin révéla alors le nom des quarante preux, tous fïls de roi et de reine, qui avaient accompagné Artus, roi de Bretagne, celui-là même qui venait de se fiancer.

À cette nouvelle, la joie de Léodagan et des assistants fut immense, et tous firent hommage au roi Artus. Cependant, quelques jours après, Artus annonça qu'il se voyait dans l'obligation de s'éloigner quelque temps, car il lui restait encore des ennemis à vaincre.

Alors, Guenièvre lui donna un heaume pour se couvrir la tête, et il partit à cheval, suivi de ses quarante compagnons.

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Qui est vraiment Guenièvre ? -3/3-

Publié le par Perceval

Qui est vraiment Guenièvre ? -3/3-

Certaines histoires peuvent montrer Guenièvre, hautaine envers les hommes qui l’aiment et injustes avec ces derniers.

Guenièvre semble parfois être la véritable quête, le véritable Graal de la Légende Arthurienne.

Le couple  qu’elle forme avec Lancelot s’approche encore une fois d’un couple féérique. Les fées avaient en effet l’habitude de jeter leur dévolu sur un homme et de lui promettre un amour éternel à une unique condition qui semble irréalisable.

Certains la comparent à Hélène de Troie car les deux femmes apportèrent le conflit et l’hostilité entre les alliés qui les aimaient. Guenièvre serait – tout à la fois - la projection du désir charnel et des aspirations spirituelles.

Dans le Lancelot propre, rédigé en langue vernaculaire vers 1220, l'histoire d'amour entre Lancelot et Guenièvre est jugée acceptable, voire approuvée par la Dame du Lac, qui octroie à Guenièvre le droit d'aimer Lancelot. Cependant, tous les romans ne sont pas aussi tolérants, et la Queste del Saint Graal ( inspiration chrétienne) et la Mort Artu affirment clairement que l'infidélité de Guenièvre est la cause de l'échec de Lancelot dans sa quête du Graal. Malory, décrit cette liaison, comme celle d'un amour véritable, et refuse de voir en Guenièvre, une reine séductrice responsable du mal qui suivra …

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The Lady Guinevere by Howard Pyle; from The Story of King Arthur and His knights.
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En effet, les histoires d'amour sont habituelle à la cour ; ce que révèle l'histoire d'un cor et d'un manteau magique qui permet de révéler l'infidélité de quelqu'un. Arthur et Guenièvre sont tous deux démasqués par cet artefact, comme d'ailleurs tous les autres couples à la cour...

La Reine Guenièvre – malgré son amour coupable - représente la première reine chrétienne et s'oppose à sa grande rivale qui est Morgane, la demi-soeur d'Arthur, dernière prêtresse des celtes et qui tente de conquérir Lancelot par la magie et l'enfermement dans son château... Guenièvre, comme reine du royaume de Logres, tient le royaume entre ses mains … D'autant que le roi Arthur entre dans une phase dans laquelle il semble entrer dans un état de langueur...

Dans « Li Hauz Livres du Graal » (*), en l'absence du roi Arthur, c'est Guenièvre qui tient les rênes du royaume, et au retour du roi, il n'a aucun droit de réponse … Ici, l'amour qui lie la reine et Lancelot, est de l'ordre de l'amour Courtois, et cet amour ne les couvre pas de honte … Cependant, par cet amour, Lancelot – chrétien – reste en marge de cette religion qu'il souhaite suivre. Il superpose sans cesse les images de la reine et de la Vierge, mêlant prières à l'une et à l'autre. Il tente de concilier paganisme et christianisme. Maeve--is-a-portrait-of-the-warrior-queen-from-Celtic-mytho.jpg

L'amour de la reine pour un autre que le roi n'est pas la cause de la fin de l'univers arthurien. Au contraire, il donne courage à Lancelot de lutter pour ce royaume quand bien même le roi Arthur le trahit en le faisant jeter en prison. Sans cet amour, Lancelot serait-il resté auprès du roi ? Guenièvre est la souveraine et tout, jusque dans sa relation avec Lancelot, fait d'elle la gardienne du royaume arthurien.

Guenièvre n'est pas seulement une reine chrétienne, mais aussi une reine guerrière comme en connaissaient les Celtes.

Après sa mort, Guenièvre est associée à trois objets : la couronne ( fonction royale ), le destrier ( cheval de combat, réservé aux chevaliers...) et la coupe d'or ( de la déesse celte)... Guenièvre représente le passage d'un monde païen, à un monde nouveau, chrétien peut-être, passage brutal et violent qui pourrait rappeler les guerres et le sang avec lesquels s'est imposé le christianisme... Triple-Goddess.jpg (*)

(*) Perlesvaus, aussi appelé Li Hauz Livres du Graal (Le Haut Livre du Graal), est un roman courtois du cycle arthurien en ancien français. Il est anonyme et date de la première moitié du XIIIe siècle. Il se veut être une suite de l'inachevé du Perceval ou le conte du graal (~1191) de Chrétien de Troyes, et s'inspire des deux premières continuations en vers, celle du pseudo-Wauchier et celle de Wauchier de Denain. C'est le moins canonique des écrits arthuriens du fait de ses différences marquées avec les autres versions, et il fait passer le mythe du Graal de la légende chevaleresque à l'allégorie chrétienne.

 Dans les Triades galloises, les trois grandes reines d'Arthur s'appellent Gwenhwyfar

Alors que la littérature postérieure dépeint Lohot comme un preux chevalier et le fils morganatique du roi Arthur, dans Perlesvaus, il est apparemment le fils légitime d'Arthur et Guenièvre  

 

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Qui est vraiment Guenièvre ? -2/3-

Publié le par Perceval

Qui est vraiment Guenièvre ? -2/3-

La personnalité de Guenièvre, s’étoffe à partir du XIIe siècle dans la littérature proprement dite, chez Chrétien de Troyes par exemple, qui répond peut-être aux attentes d’un public de dames nobles de la cour de Marie de Champagne ...

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Alienor d'Aquitaine

Au XIIIe siècle, Guenièvre est le fille du roi Leodegrance. Ce fait est mentionné pour la première fois dans Estoire de Merlin (vers 1215-1235), puis dans les adaptations ultérieures comme Le Morte d'Arthur de Malory (vers 1470), où la première rencontre entre Arthur et Guenièvre a lieu lors d'un banquet que le père de la jeune fille donne en l'honneur d'Arthur, pour le remercier de l'avoir aidé à vaincre le roi Royns.

À l'époque du Morte d'Arthur, Guenièvre était devenue la belle et glorieuse reine de la plus belle cour médiévale d'Europe.

Dans le cycle arthurien, développé sur quelques siècles par de nombreux auteurs, elle apparaît tantôt comme un personnage entièrement négatif, faible ou opportuniste, tantôt comme une dame noble remplie de qualités mais victime de la fatalité. La relation adultère de Guenièvre avec Lancelot est le thème récurrent du cycle arthurien.

Vous trouverez, sur ce site même, le récit de cette relation.

Pour résumer (wiki) : A l'arrivée de Lancelot, à la cour du Roi Arthur, c’est le coup de foudre immédiat... Cette relation ne sera découverte que plus tard par le roi – avec beaucoup d'incrédulité ou de naïveté de sa part -... Ainsi, - en toute fin du cycle - à l’issue d’un festin il constate l’absence simultanée des amants. Agravain et Mordred, fils du roi Lot, témoins du forfait, pression est faite sur Arthur pour qu’il fasse périr Guenièvre sur le bûcher.The-Rescue-of-Guinevere-Hath-L-.jpg Il s’y résout à contrecœur. Lancelot ayant promis de sauver la reine avec l’aide de sa parentèle, Arthur fait protéger le site de l’exécution par les autres chevaliers. Lancelot a le dessus, Gaheris et Gareth, frères de Gauvain, sont tués au combat. Gauvain pousse Arthur à poursuivre Lancelot en France où il s’est réfugié. En prévision de sa campagne française, Arthur laisse Guenièvre, semble-t-il amnistiée, à la garde de Mordred. À peine le roi parti, Mordred révèle ses intentions de s’emparer du trône et d’épouser Guenièvre. Celle-ci, selon les versions, accepte ou s’enfuit pour se réfugier à la tour de Londres et enfin dans un couvent. Ayant appris les nouvelles, Arthur retourne en Bretagne, confronte Mordred à Camlann et le tue, mais lui-même est mortellement blessé. Il est emmené par Merlin à Avalon. Quant à Guenièvre, après une dernière rencontre avec Lancelot, elle se retire à l'abbaye d'Amesbury pour y finir ses jours.

Premier-baiser-de-Lancelot-et-Guenievre--entre-1404-et-146.jpg Guinevere-envoie-sa-bague-de-Lancelot.jpg
Premier baiser de Lancelot et Guenièvre (Elum: entre 1404 et 1460) Guinevere envoie sa bague à Lancelot

Selon la plupart des traditions, Guenièvre est une femme très « convoitée » - elle est enlevée par Mordred, Melwas, Meleagant, Meljakanz, Melianz etc. ( notez la proximité étymologique …) - et aurait eu de nombreux amants … Guenievre-par-Sophie-Busson.jpgParmi eux, Yder ( le Roman de Yder (~1210)), Il est vrai, que Guenièvre fait originellement partie des reines symboles de souveraineté: les enlever revient à s’emparer du royaume de leur mari...

Guenièvre, par Sophie Busson

(*) Dans Le Morte d'Arthur, le roman de Thomas Mallory qui sert de base à de nombreuses adaptations de la Légende Arthurienne, Guenièvre aurait eu même, deux fils de Mordred .. !

 

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Qui est vraiment Guenièvre ? -1/3-

Publié le par Perceval

Guinevere (Lord Alfred Tennyson) Guinevere (Lord Alfred Tennyson)

Une chose est certaine, Guenièvre est fille du seigneur Léodagan, roi de Carmélide. Sa mère (elle pourrait être la Reine Seli ...( Kaamelot) ) serait morte à sa naissance. Très vite son père, décide de l’envoyer en Gwynedd, là où vit la soeur de sa mère : un pays de forêts et de montagnes, où l'ombre de la terrible prophétie prononcée à sa naissance semble s'éloigner. Epouse de roi, qu'elle trahira; elle sera la cause de la chute du Royaume …

Selon Nancy McKenzie, qui a visité sa biographie, Guenièvre y vit avec sa cousine, Elaine, sa tante, la Reine Alise et son oncle, le Roi Pellinor. En grandissant, les deux jeunes cousines s'enflamment pour les exploits d'Arthur, le fils d'Uther Pendragon, mais le roi n'est encore qu'une figure lointaine... Elle adore monter à cheval, et prend peu de plaisir à parfaire ses points de broderie, petits et serrés...  Païenne, elle se convertit au christianisme, mais elle reste toujours et avant tout fille de Galles et de Bretagne.  

Arthur et Léodagan Arthur et Léodagan

 Léodagan était un serviteur d’Uther Pendragon, père d'Arthur et futur roi de Grande Bretagne, et gardien de la Table Ronde. Pour devenir légitime sur le trône, le roi Arthur cherche à créer des alliances avec les seigneurs. Son salut provient de Léodagan, qui livre bataille avec une troupe romaine du duc des Alémans et de Claudas de la Terre Déserte depuis plus de sept ans.

Le roi Arthur lui vient alors en aide, accompagné de quelques chevaliers mais suivant le conseil de Merlin, il ne divulgue pas son identité et met en défaite la coalition ennemie. Léodagan invite alors les chevaliers dans son château en guise de remerciement autour d’un banquet.

 

Queen Guinevere’s Maying, by John Collier, 1900

C'est à ce moment qu’Arthur rencontre Guenièvre et tombe immédiatement amoureux d’elle. Léodagan découvre que son sauveur n’est autre que le roi Arthur, il lui offre alors la main de sa fille et la Table Ronde et ses chevaliers. Celtic Art - Autumn Queen by Cristina McAllister

Guenièvre apparaît dans Historia Regum Britanniae, l'Histoire des rois de Bretagne, rédigée vers 1136 par Geoffroy de Monmouth. À la suite de cette première mention, le personnage et l'histoire de Guenièvre se sont développés et ont évolué, pas nécessairement de façon cohérente, au gré des adaptations des différents auteurs, qui se concentraient sur tel ou tel attribut pour ignorer tel ou tel autre.

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Dans l'Histoire de Geoffroy, par exemple, Guenièvre s'appelle Guenhumare. Elle est noble, d'origine romaine, elle n'est pas élevée par ses parents mais devient pupille de Cador de Cornouailles, son cousin dans le Roman de Brut ; elle est célèbre pour sa grande beauté. En revanche, dans la tradition galloise, elle est la fille du roi Ogrfan Gawr, et son nom, Gwenhwyfar en gallois, peut se traduire par « le fantôme blanc » ou « la fée blanche ». Dans les Triades galloises, les trois grandes reines d'Arthur s'appellent Gwenhwyfar, et il est dit que Gwenhwyfar est plus infidèle que les Trois Femmes Infidèles de l'île de Grande-Bretagne. Par ce nom, "Gwenhwyfar", la reine inspire la féérie, la magie, un monde mystérieux…Ce qui sous-entend, sa beauté, son éloquence, et son prestige auprès de tous... Aucun texte ne mentionne le nom de sa mère et on ne lui connaît pas d’enfant.  

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