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1941 – Lyon – Sinclair

Publié le par Régis Vétillard

Pétain et l'amiral Darlan visitent la foire internationale de Lyon ( 27 septembre- 5 octobre 1941), manifestation qui obtient beaucoup de succès.

Anne-Laure de Sallembier vient à Lyon, passer Noël... Il ne lui fut trop difficile, semble t-il, d'obtenir un ''laisser-passer'' lui permettant de prendre dans les deux sens le train Paris-Lyon.

Le Grand-Hôtel - 1941

Elle loge au Grand Hôtel de Lyon, 16 rue de la République.

Lyon, même libre paraît sinistre : « On y respirait un air saumâtre et empoisonné l’hiver et l’automne. On marchait à tâtons dans des rues sans lumière envahies par le brouillard. Pas de concierges, mais des portes dont il fallait posséder la clé, des communications étranges entre les îlots d’un immeuble et les quartiers, par des passages voûtés, les traboules, où l’on s’enfonçait dans une odeur de moisi, d’ordure et de rat ». Michel Déon dans Mes arches de Noé.

A Lyon, Lancelot a trouvé un appartement meublé pour 600 francs, et mange au restaurant pour 20 frcs.

Anne-Laure visite des connaissances qui ont suivi des titres de presse, fuyant la capitale, comme Le Figaro qui s'est installé rue de la Charité. Elle retrouve André Billy, un chroniqueur du Figaro, établi dans l’immeuble du restaurant Rivier, 1, place des Terreaux ; ainsi que Wladimir d’Ormesson et Louis-Gabriel Robinet.

André Billy se plaît et trouve dans l'histoire de la ville beaucoup de sujets d'inspiration... De plus, il travaille sur une vie de Balzac, écrivain particulièrement apprécié par Anne-Laure et Lancelot.

 

Anne-Laure n'a pas revu Lancelot depuis son départ vers l'Angleterre. Bien-sûr, son fils l'a mis au courant de cette nouvelle qui habite à présent son esprit à tout moment, l'existence du fils de son fils, un petit écossais du nom de Félix Sinclair.

Elle tient encore à l'interroger sur la mère de Félix, Mary, et sur la famille Sinclair... Quelle étrange lignée que celle dans laquelle sont inscrits Lancelot, sa mère, et ses aïeux...! Doit-on parler de coïncidences quand on connaît les liens que nos ancêtres ont eut avec le nom de ''Sinclair'' ?

La légende familiale, admet que Roger de Laron était un chevalier Templier. Nous en conservons l'anneau.

Selon la tradition, les templiers se sont installés en Ecosse en 1128 sur la terre de Balantrodoc, à 7 miles du village de Rosslyn appartenant au Clan Sinclair.

L'Ordre du Temple dissous sur le continent Européen et notamment en France (conséquence des arrestations du 13 septembre 1309), aurait survécu en Ecosse avant de de se métamorphoser au fil du temps en Franc-Maçonnerie. Le dernier Maître de l'Ordre du Temple pour l'Ecosse s'appelait Sir Guillaume Sinclair et, au service du roi écossais indépendantiste Robert Bruce, il aurait dirigé une charge de Templiers Ecossais et  Français lors de la bataille de Bonnockburn en 1314 contre les Anglais.

Sur les terres du clan Sinclair, Sir William Saint-Clair, 3e comte d'Orkney, baron de Roslin et 1er comte de Caithness, a édifié la chapelle de Roslyn en 1446, sur des vestiges que l'on date de 1304.

blason Rosslyn

La chapelle Rosslyn a été un lieu de sépulture pour plusieurs générations de Sinclair.

Le château, lui, fut détruit en 1650 par les troupes de Cromwell. En 1736, la chapelle passe entre les mains du Général James Sinclair, qui commence sa restauration. A la même époque, William Saint-Clair de Roslin (1700-1778) devint le Premier Grand Maître de la Grande Loge d’Ecosse.

Pour ce qui nous concerne, J. L. de la Bermondie rencontre un officier de la Garde Ecossaise( unité d'élite au service personnel du roi de France), qui connaissait son intérêt pour les Templiers... Cet homme - James Sinclair, né à Edinburgh - se dit descendant du '' clan Sinclair''; il soutient également que l'origine de sa famille remonte aux chevaliers Normands de Saint-Clair. Tous deux, vont dévoiler quelques astuces du faux magicien Merlin, qu'est Cagliostro…

James Sinclair et J.L. de la Bermondie rêvent eux, d'une maçonnerie templière qui retrouverait le climat médiéval, mystérieux, de l'alchimie et de cette quête du Graal, qui était tombée '' en sommeil'' … James Sinclair, après une visite-pèlerinage sur la trace de ses ancêtres templiers serait revenu en France avec un ''trésor'' qui devait rattacher symboliquement, mais incontestablement, ce nouveau rite à l'Ordre Templier. Il s'agirait de l'épée de Jacques de Molay... !

Enfin, Anne-Laure s'était déjà intéressée à un personnage qu'a connu son grand-père, et Camille Flammarion : Lady Caithness (1830-1895). Maria de Medina-Pomar, veuve en 1868, vivait à Paris, héritière d'une fortune considérable. Elle réunissait dans son hôtel particulier de l'avenue Wagram tout le milieu ésotérique de l'époque. Elle avait d'ailleurs été à l'origine de la création de l'Eglise gnostique et représentait en France la Société Théosophique. Elle épouse James Sinclair, le 14e Comte de Caithness le 6 mars 1872. En 1877 se produit l’événement de sa vie spirituelle: elle reçoit dans son domaine de Holyrood, en Ecosse, une révélation provenant de l'esprit désincarné de Mary Stuart (1542-1587). Elle reçoit alors des communications par la voie mediumnique – de Mary Stuart – des années durant... Vers 1879, elle s'éloigne de son mari, et s'installe a Paris... Son mari meurt en 1881, et fut inhumé dans l'ancienne chapelle royale de Marie Stuart à Holyrood.

Lancelot rajoute cet épisode, concernant le ''Black Rood'', qui raconte qu'un certain Sinclair aurait récupéré la relique écossaise dans la cathédrale de Durham , pour la cacher dans la chapelle Rosslyn, un lieu associé à sa famille ; en effet un témoin fait état d'une discussion entre la veuve du roi Jacques V, Marie de Guise ( mère de Mary Stuart) , et William Sinclair de Rosslyn en 1546, à propos d'un objet précieux qui était caché à Rosslyn et Marie aurait juré de garder le secret.

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Lyon - 1941 – Mounier – Fabrègues

Publié le par Régis Vétillard

Emmanuel Mounier

Il semble que le ministère de l'intérieur de Vichy, s'inquiète de l'influence de Mounier, sur ''Jeune France''. En effet, Fabrègues, se plaint que Mounier attaque régulièrement '' le Maréchal'' ; il sous-tend que le directeur d'Esprit avec sa bande y fait régner une " tendance démocrassouillarde chrétienne ''. Fabrègues relève, que ''Jeune France'' célèbre le 14 juillet, mais refuse de célébrer la fête de la Légion, invite Aragon aux journées de Lourmarin, et souligne l'accueil qu'y reçoivent les juifs...

Déjà en juillet, Emmanuel Mounier ne pouvait plus faire de conférences à Uriage ; le 25 août Esprit est interdit et en septembre Schaeffer reçoit l'ordre de mettre fin à la collaboration de Mounier à ''Jeune France''

On reproche même à Mounier de soutenir le mouvement communiste.

 

Lancelot, un samedi de septembre 1941, rejoint en bicyclette le petit appartement de la Croix-Rousse qu'occupe Mounier et sa famille. Lancelot a noté certains propos du directeur d'Esprit sur l'offensive allemande contre la Russie soviétique, ainsi dit-il: Chacun saluera la chute du stalinisme comme une délivrance pour l'Europe, en espérant que les conséquences ne soient pas équivalentes au mal. Cependant Mounier rappelle que le communisme avait soulevé une grande espérance ; et puisque on parle de croisade ( anticommuniste) et de chevalerie, pour lui « il n'est de croisade que de la vérité et de la charité. » …

Mounier rencontre à ce moment là, des personnes qui se déclarent en ''résistance'' . Ainsi, Alban Vistel à qui Mounier fait rencontrer André Philip et le mouvement ''Libération ''. Pour Vistel, la Résistance, signifie - en plus de l'action immédiate - de se projeter dans le futur ; ce n'est pas un repli nostalgique sur le passé, mais c'est une fidélité à ses valeurs spirituelles. La Résistance, dit-il, c'est la recherche d'un humanisme, et c'est en témoigner. « La résistance va au-delà de la guerre, parce qu'elle est le refus des compromis qui abaissent l'homme. »

 

Lancelot entend Fabrègues et tente de comprendre ce qu'il dénonce chez les amis de Mounier : « ces démocrates-chrétiens disent défendre la personne humaine, l'autonomie de pensée... Parler de liberté, n'est envisageable que dans le cadre d'une nation unie et organisée. Dans les circonstances où se trouve le pays, la communauté personnaliste de Mounier s'oppose à la communauté nationale, disciplinée et soucieuse du Bien commun. » Fabrègues reproche aussi à Mounier le fossé qu'il établit entre l'esprit et la vie...

On retrouve là, peut-être, un reproche portée par la thèse de l'incarnation développée par Gustave Thibon : « La valeur d’un idéal se mesure à sa capacité d’incarnation. ».

 

L'année 1941 est restée sur la rupture avec la ''ligne Laval'' ; et les mots de Pétain : « Vous n'avez plus ma confiance... ». Chacun ici, rejette la collaboration avec les allemands ; et chacun, encore, imagine la période propice à rêver la société de demain, pour l'instant limitée à la zone libre... c'est vrai... Les idées fusent, parfois contradictoires, sur une politique plus locale, plus technicienne, plus efficace ; et une économie plus dirigée, opposée au « laisser faire du capitalisme ». Le syndicalisme pourrait laisser la place à organisations mixtes travailleurs-employeurs. Mounier, dans Esprit, déclare « la guerre au monde de l'argent », et en appelle à « une révolution contre l'individualisme ».

Le 25 août 1941, Paul Marion, sur ordre de Darlan, interdit Esprit.

La ''Révolution Nationale'' regroupe des personnes, qui s'attaquent à l'économie du laisser-faire, au système parlementaire, à la société de masse. La plupart également considère que l'ordre social ne saurait être mieux maintenu que par l'autorité et la hiérarchie.

Cependant, très vite, la réalité de l'occupant qui étrangle économiquement la France, qui s'oppose au relèvement moral et social du pays, semble ne permettre qu'une politique fasciste, au service de l'Allemagne.

Le 8 décembre 1941, l'aviation japonaise a attaqué les bases américaines des îles Hawaï. Le congrès américain a voté la déclaration de guerre au Japon. La guerre est devenu mondiale. Wladimir d’Ormesson dans le Figaro, dit que «  le 3 octobre 1935, était tiré le premier coup de feu sur un rivage lointain et a mis le branle à un bouleversement qui maintenant a atteint son plein développement. » Il ajoute que nous, français, « nous ne pouvons qu'assister silencieux au déroulement d'un drame qui nous dépasse. Nous sommes hors de combat. ». Le 3 octobre 1935, l'Italie fasciste de Mussolini attaquait l'Ethiopie, à la suite, disait-on, d'un incident de frontière...

 

L'actualité est aussi, aux attentas contre des soldats de l'armée d'occupation. Des mesures de répression dont des milliers d'arrestation, sont décidées par le gouvernement, contre les étrangers, les juifs et les communistes.

Dans la journée du 10 décembre, et dans la nuit du 10 au 11, des descentes de police s'intensifient dans les garnis, hôtels, restaurants. Les Juifs étrangers entrés en France depuis 1936, sont arrêtés, groupés selon les cas, dans des Compagnies de Travailleurs ou dans des Camps de Concentration !!!

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1941 – Rencontres de Lourmarin – Poésie.

Publié le par Régis Vétillard

Emmanuel Mounier, Pierre Emmanuel, Henri Marrou Davenson, Lanza del Vasto, Max-Pol Fouchet, Loys Masson

Lancelot arrive à ''Jeune France'', pour être embarqué dans les préparatifs des '' Rencontres de Lourmarin '' qui doivent s'organiser pour fin septembre 1941. L’initiative en revient à Emmanuel Mounier et Roger Leenhardt pour permettre aux poètes, aux musiciens et aux hommes de radios et journalistes, de se rencontrer et de confronter leurs projets.

En ces temps d'obscurité, la poésie semble le bon langage pour exprimer ce qui reste majeur dans le cœur humain. Au cours de longues promenades à travers le pays provençal, d'interminables discussions, c'est l'horreur du nazisme qui prévaut et petit à petit les doutes sur les intentions de Vichy.

Les journées sont ponctuées de lectures de poèmes sur les terrasses ou dans les salles du château. Il y a là, notamment,. Max-Pol Fouchet (28 ans), vient d'Alger, et a fondé la revue ''Fontaine'', Claude Roy ( 26 ans) qui anime des émissions culturelles à la radio , Pierre Seghers ( 35ans) poète et proche d'Aragon, Pierre Emmanuel (25 ans) enseigne les lettres, Loys Masson ( 25 ans) dont Seghers a déjà publié des poèmes, il vient de l'île Maurice, il est britannique et devient clandestin. Il travaille avec Mounier à Esprit, où il publie. , Lanza del Vasto (40 ans) qui était parti en Inde, rejoindre Gandhi …

château de Lourmarin

 

Tous ces jeunes écrivains se sentent ''épris de liberté'' ( selon M-P Fouchet). Après s'être reconnus, ils profitent de cette couverture offerte par Vichy pour préparer une autre révolution. L'accord est largement partagé d'un refus de l'allégeance à Vichy...

Cette révolte, ce ''refus'' ( la revue Fontaine, se voulait être la revue du Refus), seule la Poésie, pouvait le faire entendre.

Certains n'hésitent pas, bien imprudemment, de scander des ''Vive De Gaulle'' dans les rue du village

Ces journées de Lourmarin, leur permettent de s’assurer combien les unissent profondément leur foi en la poésie comme signe majeur de l’humain, et, en conséquence, leur horreur du nazisme et de ses complices.

Sont également là, des revues littéraires de la zone sud comme Poésie 41 ( éditée par Pierre Seghers, à Villeneuve-lès-Avignon) , Fontaine publiée à Alger ( en 1942, Fontaine publiera « Liberté » de Paul Éluard. ) , Confluences à Lyon.

Les cahiers du Sud qui ont leurs entrées à la censure ( René Massat, Roger Lannes .. qui publient eux-mêmes.....) sont basés à Marseille. Cette revue fondée en 1925, par Jean Ballard a publié entre autres : Walter Benjamin, Gaston Berger, Benjamin Fondane, René Nelli, Paul Valéry, Marguerite Yourcenar et Simone Weil. Les Cahiers du Sud ont également publié la poésie de Joë Bousquet, l’un des amis proches de Weil.

Simone Weil a publié « L’Iliade ou Poème de la Force » (décembre 1940 avec la partie II en janvier 1941). Elle a contribué à un numéro spécial des Cahiers du Sud consacré au Languedoc et à la vie et à la persécution des Cathares.

 

Claude Roy, qui, étudiant, avait fréquenté l'Action Française, et écrivait alors des critiques littéraires dans des journaux de droite, supporte mal la ligne politique actuelle et semble à présent douter de tout. Pierre Seguers n'aime pas les discussions de chapelle, mais affirme que la poésie sert de langue d'évasion, face à celle des occupants.

En ce temps de guerre, la poésie ne peut pas être d'un parti ; elle est celle de l'homme en danger de mort.

Lanza del vasto avec Pierre Emmanuel - Lourmarin 1941

 

Pierre Emmanuel et sa femme Jeanne, se sont réfugiés à Dieulefit en 40, à l'école de Beauvallon.

« Tout en lui faisait penser à un jeune et maigre prophète. Éloquent, inspiré et visionnaire, il ressemblait à ses poèmes... » témoigne Georges-Emmanuel Clancier, aussi présent. Pierre Emmanuel s'inspire des mythes:

« C’est à dessein que j’emploie, pour dégager le sens de cette guerre, les mêmes images qui me servirent pour analyser la Descente aux Enfers : un grand symbole massif, contenant implicitement tous les autres,   une obsession qu’il faut briser, mais au prix d’un long cauchemar. L’analogie, on en conviendra, n’est pas que superficielle. Ceux qui vécurent la guerre en esprit commencent de mesurer la profondeur du travail de catharsis qu’elle opéra sur eux, et eux sur elle. Leur Descente aux Enfers, pour être réelle, et peuplée de monstres vrais, n’en était pas moins mystérieuse, ni confondante pour l’esprit ; le sens de l’homme s’y trouva blessé dans sa plus intime certitude, chaque mot, chaque silence, divisés contre eux-mêmes et savamment envenimés ; c’est de l’excès de cette division que naquit l’action souterraine, underground, incertaine et tâtonnante au début, se cherchant une structure et une âme ; plus lucide, plus fraternellement cohérente, à mesure que l’horreur avançait. » extrait :Qui est cet homme ? De Pierre Emmanuel

 

Dans ''Délivrez-nous du Mal'' Loys Masson décrit la mort : « je vois les camarades se tendre sous le museau froid du meurtre et glisser renversés » ; et il écrit l'espérance, la volonté qui animent ceux qui résistent au nazisme. Il est fiancée à Paula Slaweska, qui habite Tours. Elle va passer, clandestinement, la ligne de démarcation, sur une bicyclette croulant de bagages, pour le rejoindre.

Lanza del Vasto - René Daumal et son épouse Vera - Allauch 1941

Lanza del Vasto, l'air un peu aristocrate, participe peu à la conversation. En face à face, cependant, il entre dans un dialogue intense et profond.

Lanza del Vasto vient de s'installer à Allauch près de Marseille, en voisin de René Daumal qui lui a présenté une amie, Simone Weil.

 

René Daumal a rejoint la mystique hindou, dont il témoigne dans ''Contre-ciel'' (1936) : à contre-ciel pour rendre transparent l'absolu, et contre le monde qui masque le ciel.

« Je suis mort parce que je n’ai pas le désir ;

Je n’ai pas le désir parce que je crois posséder ;

Je crois posséder parce que je n’essaie pas de donner ;

Essayant de donner, je vois que je n’ai rien ;

Voyant que je n’ai rien, j’essaie de me donner ;

Essayant de me donner, je vois que je ne suis rien ;

Voyant que je ne suis rien, j’essaie de devenir ;

Essayant de devenir, je vis. »

Daumal, malade des deux poumons, sourd de l'oreille gauche, sait qu'il lui reste peu de temps à vivre. Daumal avait quitté Paris, lors de l'occupation allemande, avec sa femme Véra ( juive). Il mourra le 21 mai 1944.

Dans ce contexte poétique, Lancelot sympathise avec Alain Borne ( « Pour moi la poésie seule est la vie, tout le reste est subsistance » Alain Borne ), souhaite approfondir les écrits de Daumal et découvre, nombre d'oeuvres..

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1941 – Vichy – Jeune-France

Publié le par Régis Vétillard

Lancelot retrouve à Vichy un climat accentué de rumeurs et d'intrigues, avec un sentiment de découragement des uns et des autres. L'un évoque un front qui se détourne de l'Angleterre pour se tourner vers l'URSS : et donc, la guerre promet d'être longue... L'autre, dénonce ici un jeu vain, digne d'une cour de l'ancien régime, alors que tout se décide à Paris, par les occupants.

Depuis le 11 août 1941, et le discours ''autoritaire'' de Pétain: «  … je sens se lever depuis quelques semaines un vent mauvais », avec Pucheu au ministère de l'intérieur, on assiste à un durcissement politique: à la suspension des partis dont le PPF, l'élimination des francs-maçons de la Fonction publique, la mise en jugement des responsables présumés de la défaite et l'institution du serment de fidélité envers le Chef de l’État.

Déjà Lancelot regrettait que, l’état français se soit à tel point compromis, avec le statut des juifs ; d'autant qu'il n'est pas clair de discerner ce qui est libre et ce qui est imposé. « On me dira : il a été contraint de le promulguer. Soit. C’est donc qu’il n’est pas souverain. » ajoute Gabriel Marcel.

 

Lancelot retrouve Gustave Bertrand pour établir son rapport destiné à Vichy avec des demi-vérités. Bertrand est contrarié, il vient d'apprendre que Vichy lui ordonne de couper ses liens avec les britanniques.

 

Lancelot devait être reçu par la général Huntziger, mais il est absent, le ministre serait à Alger. Lancelot ne souhaitant pas s'attarder à Vichy, le secrétaire d’État à la jeunesse, Jérôme Carcopino, qui le connaît lui propose de partir pour Lyon, …

Le secrétariat d'État à l'Éducation nationale et à la Jeunesse de Jérôme Carcopino dépend du ministère de la Guerre. Carcopino, agrégé d'histoire, est un universitaire, romaniste, pétri de culture classique et favorable à une pédagogie élitiste sur le modèle de l'école des Roches.

 

Dans la continuité de ce qui peut se faire à Uriage, où on garde en mémoire la réussite de ses ateliers radio, Lancelot est invité à se rendre à Lyon pour participer à '' Jeune France'' et accompagner Jean de Fabrègues. Il rencontre Pierre Schaeffer, le secrétaire général de l'association et se réjouit de travailler avec Emmanuel Mounier.

 

Pour le dépôt de son rapport, Carcopino lui conseille d'éviter le secrétaire général du chef de l'état, et lui obtient une entrevue avec le Vice-Amiral Jean Fernet : anti-allemand, il est très lié avec Maxime Weygand. Lors de cette entrevue, Lancelot comprend qu'il a tout intérêt à faire oublier cette parenthèse britannique, et retourne vers le chantier ''capital'' de la jeunesse...

Vichy a créé le Secrétariat général à la Jeunesse ( SGJ) avec l'idée de constituer une jeunesse ''relais'', relais entre le gouvernement et l'opinion. Les ''Compagnons de France '' sont fondés en août 40, ils reçoivent 50% des subventions du SGJ et sont organisés dans un style scout, en '' provinces, pays, commanderies, bailliages et cités''. Sous la figure du Maréchal, l'idéologie oscille entre '' personnalisme communautaire, rejet du capitalisme, humanisme laïc et pratiques autoritaires''. La SGJ encourage également la création culturelle de '' Jeune France''

Lyon est la principale ville de la zone libre, mais n'a pas été choisie par le nouveau régime pour s'y réfugier, ne lui étant pas favorable. En juillet 1941, Georges Villiers vient d'être désigné maire de la ville par François Darlan, le chef du gouvernement de Vichy.

L'état-major national des '' Compagnons '' se trouve à Lyon, rue Garibaldi, avec à sa tête le commandant de Tournemire. Le chef de la province lyonnaise est alors Pierre de Chevigny. Ils endossent un peu le rôle de chefs de la jeunesse française ; et la conviction de Pierre de Chevigny est d'échapper à une tentative d'unification des mouvements de jeunesse en Europe, sous influence allemande.

Dans tous les centres Compagnon, on abrite de jeunes évadés du nord, des juifs. On abrite du matériel militaire et on aide à franchir la ligne de démarcation...

André NOEL, chef de commanderie, est arrêté par les allemands, et fusillé le 28 novembre 1941.

Par ailleurs, tous les compagnons ne répondent pas aux attentes de leurs chefs ; le recrutement insuffisant, la moralité et l'attitude scandaleuses de certains jeunes vont décrédibiliser le mouvement.

 

L'association ''Jeune-France'' reprend une idée ancienne et s'inscrit dans la continuité de l’émission « Radio-Jeunesse » diffusée en zone libre ...Elle assure, dans le domaine artistique, une mission comparable à celle que jouent les Compagnons de France en matière pré-professionnelle ou les Chantiers de Jeunesse en matière de loisirs. Elle veut être un lieu de recherche artistique et un soutien à des créateurs.

''Jeune France'' connaît un certain succès, naviguant entre les manifestations officielles et des initiatives populaires, musicales et théâtrales.

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Whitehead

Publié le par Régis Vétillard

Lancelot revient à Londres, pour finaliser son départ ( debriefing avec les Services de Renseignements) et préparer son retour en France.

Alors que Lancelot s'était plaint de n'avoir pu rencontrer Russell ou Whitehead, tous deux retenus aux Etats-Unis ; Vanessa Bell et Quentin ont l’excellente idée de lui faire rencontrer un de leurs amis, le mathématicien Godfrey Harold Hardy, récompensé de nombreux prix, également inséré parmi la société des ''apôtres '' de Cambridge. C'est lui qui découvrit le génie de l'indien Ramanujan, et le fit venir à Cambridge.

Il avait subi des problèmes de santé, et se sentait diminué dans son raisonnement logique. Assez asocial, timide ; Lancelot sut le séduire pour qu'il accepte de ferrailler sur de nombreux points philosophiques. Hardy se disait athée ; mais il rêvait de trouver un raisonnement qui puisse mettre Dieu lui-même en difficulté !

Malheureusement, aucune réflexion ne peut, d'après lui, se mesurer à l'élégance, la beauté d'un raisonnement mathématique. Lancelot tente alors de le convaincre que son âge, s'il ne lui permet plus de retrouver cette capacité, peut l'amener à un autre type de réflexion ; et Bertram Sinsernin , un jeune philosophe, en profite pour présenter le travail du philosophe Whitehead, que Hardy a connu ; et qui ne manque pas de paradoxe....

Personne, ici, n'oublie le travail remarquable du Principia Mathematica (1913) que Whitehead écrivit avec Bertrand Russell.

G. H. Hardy, rejoint Whitehead, quand il écrit que la mathématique devrait concerner au-delà de la grandeur, de la quantité, de la forme, bien plus encore jusqu'à l'esthétique, peut-être même la morale !

Mathématique et Philosophie pourraient construire une cosmologie …

Whitehead insisterait sans-doute sur la nécessité de décrire précisément ce que représente « la nature dans sa créativité agissante. »

- Quelle est la place du sujet dans la nature ?

- « L'individu n'est pas une île, il est relié au reste de l'univers... Étudions comment à partir de composants dissemblables se créent des personnes, des événements, des situations, des sociétés. »

- Selon un programme ?

- Non, cela se joue au cours du processus.

 

Et Dieu ?

Whitehead a des jugements très durs pour la figure de Jéhovah.

- Si Dieu est exclusivement transcendant ; c'est l'exclure de la raison... C'est gênant ?

- Dieu agit dans l'univers, il est immanent au monde.

- Dans ce cas, la théologie n'est pas dissociable de la science.

« le Royaume des cieux est en vous » exprime l'unité de l'Univers : « une expérience affective intime nous initie à l'unité immanente du monde. » le travail du cœur se complète par un travail de la raison.

Chacun ici, est d'accord : le lien entre religion et raison est inéluctable. Quand la religion perd le désir de vérité et de clarté, elle se dégrade.

« Si la science, par méthode, distingue des classes homogènes d'objets, et les isole du reste de la réalité ; la religion, en revanche, est habitée par la diversité et l'unité des choses. »

Matière et Esprit se contaminent... Lancelot rapproche ce qu'il entend avec la pensée de Teilhard de Chardin, qu'ici, personne ne connaît.

- Si Dieu est à l’œuvre, professez-vous une sorte de déterminisme absolu ?

- Pas du tout. « Le Mal ( qui existe) serait alors en conformité avec la nature de Dieu. Dieu rencontre le Mal, et en pâtit. » Il n'y a pas de Mal absolu ( pas de Malin, non plus...). « Le Mal est lié aux processus de dégradation et de disparition qui ne sont pas radicalement mauvais, puisque, dans un univers en devenir, naissance et destruction sont corrélatives. » (*)

« Dieu est à la fois fondement, et vision. Dans un monde en devenir (…) Dieu est la voie, le chemin qui conduit à des réalités plus profondes. (…) L'Univers nous montre deux faces : d'un côté, il se dégrade physiquement ; de l'autre il s'élève spirituellement. » (*)

(*) Sources : Whitehead – Un univers en essai – Bertrand Saint-Sernin

 

Les rapports entre Vichy et Londres n'étant pas bons ; l'idée du parachutage de Lancelot n'est pas acceptée par la '' France libre''.

Le retour s'avère cependant bien moins aventureux, et beaucoup plus long, que l'aller. D'abord un bateau à partir de Liverpool, pour joindre Gibraltar en 14 jours ; puis traversée de l'Espagne, facilitée par des bons papiers, et beaucoup de patience... Train par Bilbao et San Sebastian.

13 février 1941 Franco et Pétain se rencontrent à Montpellier

Hitler a échoué à entraîner Franco, dans une guerre contre la Grande-Bretagne. Le caudillo exige d'énormes aides économiques et par l'intermédiaire d'Alan Hillgarth, Churchill distribue des millions de dollars pour soudoyer des officiers supérieurs de l'armée espagnole.

Quelle tournure aurait pris la guerre si au lieu d'attaquer la Russie, les allemands se seraient concentrés sur Gibraltar, et l'Afrique du nord ?

Le régime de Vichy tâche de resserrer ses liens avec l’Espagne franquiste et le Saint-Siège ; sorte d’alliance fondée sur les convictions religieuses et sociales. Le 13 février 1941, Pétain a reçu à Montpellier Franco de retour de sa rencontre avec Mussolini.

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1941 – L'Ecosse – Hamilton - Hess

Publié le par Régis Vétillard

Douglas Douglas-Hamilton

Walter Johannes Stein, et Lancelot sont attendus et reçus par le 14e duc de Hamilton en sa demeure, Dungavel House, en périphérie de Strathaven. Séjour quasi-officiel : Stein, conseiller de Churchill devait être accompagné d'un émissaire français du régime de Vichy, Lancelot de Sallembier : - L'affaire Hess, étant au coeur de de cette visite.

Douglas-Hamilton, après des études à Eton et Oxford, a rejoint la Royal Air Force et, en 1927, il est devenu commandant du 602e escadron (ville de Glasgow). En 1933, il est le pilote du premier vol au-dessus du mont Everest.

Voici ce que Lancelot a retenu de la longue explication du duc de Hamilton, sur son rôle dans cette affaire:

En liaison avec les Services de renseignements britanniques, Hamilton devait rencontrer Albrecht Haushofer à Lisbonne pour évoquer un '' accord germano-anglais'' . Cette opération permettait de gagner du temps sur d'Hitler , et de rapporter un maximum d’informations de Haushofer sur la façon dont l’Allemagne résiste à la guerre ; et ses projets vis à vis de l'Union soviétique.

Cette manœuvre d'intoxication a été pilotée par Alan Hillgarth, affecté à l'ambassade britannique à Madrid.

Churchill espérait que l'Allemagne attaque la Russie soviétique et craignait une intensité forte du conflit en Méditerranée. Il espérait bien faire croire à Hitler, que les anglais prêts à se lasser de la guerre, n'étaient pas dangereux... Il faut donc inciter Hitler à tout mettre en œuvre pour l'inciter à faire la paix à l'ouest et s'en prendre à Staline.

On choisit naturellement, Sir Samuel Hoare ( ambassadeur en Espagne ) pour répondre positivement aux ouvertures de paix que l'Allemagne tente. En Allemagne, il semble alors qu'une équipe se met en place pour exploiter cette possibilité avec Hess, Haushofer, sans-doute Ernst Bohle qui coordonne les partis fascistes de l'étranger. Le duc de Hamilton est mis à contribution, pour sa passion de l’aviation ( point commun avec Hess) dont le domaine en Ecosse possède un aérodrome et qui dirige la défense antiaérienne de la région.

Il avait été envisagé effectivement que le chef de l'Auslandsorganisation , le gauleiter Ernst Bohle, puisse éventuellement arriver en avion jusqu'ici, puisque Dungavel House, a sa propre piste d’atterrissage et sert de terrain d’atterrissage d’urgence de la RAF.

L'épave de l'avion de Hess

Le 10 mai 1941, ce fut donc une réelle surprise d’apprendre qu'à 22h34, un Messerschmitt s’était écrasé près d’Eaglesham et le pilote a été capturé. Il donnait comme nom : Alfred Horn, un ami du duc de Hamilton. Il fut transféré au QG de la Home Guard.

Hamilton se déplace, pour rencontrer l'homme et reconnaît Rudolf Hess.

Le lendemain, alors que Hess est amené par l’armée à leur QG de Craigiehall House près d’Édimbourg. Hamilton se rend à Londres pour rencontrer Churchill.

On a récupéré la sacoche de Hess, avec différents documents, dont les ''propositions de paix''

Sont évoqués l’évacuation allemande de la France, des Pays-Bas, de la Belgique, du Danemark et de la Norvège. Le retour à l'Allemagne de l’Alsace et la Lorraine. Le Royaume-Uni s’abstiendra de s’impliquer en Europe à l’avenir. Un pacte de non-agression entre le Royaume-Uni et l’Allemagne.

La sacoche contient également un manuscrit, l'ancien texte irlandais connu sous le nom de Lebor Feasa Rúnda (Livre de la connaissance secrète) : sorte de doctrine druidique et un témoignage des croyances et des pratiques spirituelles des Celtes. Hess pensait-il échanger cette relique celte contre une Pierre qui aurait complété les Regalia du Reich allemand ?

 

L'intention de R. Hess était d'atterrir, négocier, et retourner en Allemagne, avec son avion.

Seulement, Hess n’a pas été en mesure de localiser la piste d’atterrissage privée de Dungavel dans l’obscurité de la nuit. Il aurait ensuite, manqué de carburant et se serait éjecté de l'appareil. Parachuté de son avion, Hess s’est blessé à la cheville lors de l’impact et a été rapidement appréhendé.

Très vite, il est apparu que les allemands, préféraient présenter Rudolf Hess, comme un insensé, voire un dément...

Au-delà de la négociation, on peut se demander si Hess ne s'imaginait pas, prendre la tête d'une conspiration contre Churchill ? L'effort de la Grande-Bretagne a été d'utiliser cette manœuvre allemande pour prendre les nazis à leur propre piège.

Hamilton confirme que le seul objectif de Churchill est d'écraser le nazisme.

Le 22 juin 1941, Hitler a attaqué l’Union soviétique ; et la diplomatie britannique a proposé un traité anglo-soviétique d'assistance mutuelle, signé le 12 juillet.

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1941 – L'Ecosse – Rosslyn Chapel - Sinclair

Publié le par Régis Vétillard

Enfin, avant de quitter Abbotsford House, Sir Walter Maxwell-Scott, conseille fortement d'aller visiter une chapelle qu'affectionnait particulièrement Walter Scott : Rosslyn Chapel.

- C'est sur votre route avant Edinburgh. Auparavant, vous devez savoir certains faits historiques...

 

La chapelle est nichée à la sortie du village, dans un ''glen '' des plus agréables. Au cœur de la forêt, qui surplombe la rivière Esk, les ruines d'un château fortifié. Il se dégage ici, une ambiance sereine mais chargée, comme si les pierres détenaient le secret d’un vaste mystère surnaturel.

La façade sud de la chapelle de Rosslyn

Lancelot et Stein, devant la chapelle, se remémorent les explications de Sir Scott. A cela s'ajoutent les souvenirs du voyage d'Anne-Laure de Sallembier racontés à son fils lors de son séjour ici. ( → VOYAGE EN ECOSSE -5- LA CHAPELLE DE ROSSLYN )

La chapelle se présente comme un édifice en gothique tardif ; et ce qui frappe Lancelot, c'est une profusion de sculptures ornementales, assez passionnante, si on prend le temps d'étudier toutes les interprétations symboliques imaginables ; une quantité d’étonnants bas-reliefs judaïques, chrétiens, égyptiens, maçonniques et païens et étrange plafond, divisé en cinq compartiments, chacun accueillant un motif différent, avec des marguerites, des fleurs de lys, des roses et des étoiles.

Le pilier du Prince ( ou pilier de l'apprenti) est l’une des pièces maîtresse de la chapelle. La Chapelle de la Dame est particulièrement décorée.

Blason Rosslyn

Sir William St Clair 11e baron de Rosslyn a fondé Rosslyn Chapel en 1446 pour abriter les restes de ses aïeux, et de templiers.

La tradition royale veut que jusqu’à dix-sept des barons St Clair de Rosslyn soient enterrés sous le sol de la chapelle Rosslyn, tous enfermés dans leurs armures. Dans The Lay of the Last Minstrel, Sir Walter Scott affirme qu’il y en a vingt. 

Des légendes évoquent même le trésor des templiers, y compris le ''Holy Rude'' ou ''Black Rood''. En effet, pendant la période d’urgence nationale connue sous le nom de « Rough Wooing » - guerre anglo-ecossaise déclenchée par Henri VIII d’Angleterre - après que les Écossais eurent rompu les fiançailles de Marie, reine d’Écosse, âgée de deux ans, au prince Édouard d’Angleterre, âgé de cinq ans ; au profit de la France. Entre 1544 et 1578, le Black Rood aurait pu être parmi les objets de valeur pris du palais de Holyrood pour être cachés et conservés à Rosslyn.

Plus tard, un prêtre Richard Augustine Hay raconte dans ses mémoires, qu'après avoir dévasté l'abbaye de Holyrood, les Covenanters présbytériens écossais ont pillé la chapelle Rosslyn en 1688 ; ils ont également endommagé la tombe du comte de Caithness.

 

La reine Victoria demanda à visiter le site, le 14 septembre 1842, elle fut tellement séduite par ce qu’elle vit qu’elle exprima le désir qu'« un joyau si unique soit préservé pour le pays » et aida à la préservation de la Chapelle. Lady Helen Wedderburn, fille du 7e comte d’Airlie, et cousine du 3e comte de Rosslyn a lancé une campagne pour lever des fonds qui fut largement soutenue par la noblesse écossaise. Le 27 avril 1866, Lady Helen fut enterrée dans la chapelle Rosslyn.

 

Lancelot et Stein, eurent peu de temps pour visiter Edinburgh et Holyrood ; leur impatience et leurs autorisations les pressaient vers le Lanarkshire.

C'est en effet dans cette région, que se situent les deux objectifs de leur voyage.

Walter Johannes Stein

Ces quelques jours passés ensemble avec Walter Johannes Stein, permettent à Lancelot de comprendre la personnalité de son coéquipier. Étudiant autrichien en mathématiques et physique Walter ne se doutait pas qu’il émigrerait au Royaume-Uni deux décennies plus tard. Il a connu à Vienne et suivi, Rudolf Steiner. En partie juif, Stein est venu en Grande-Bretagne après la nomination d’Hitler au poste de chancelier du Reich (janvier 1933).

Grâce à la société anthroposophique, il se lia d'amitié avec Daniel Nicol Dunlop, le fondateur de la World Power Conference avec qui il travailla. Il s'est intéressé de près aux recherches sur l'organisation d'une Économie Mondiale. Il a rencontré Winston Churchill qui n'était pas encore premier ministre, alors qu'il s'informait sur le contexte occulte du national-socialisme. Stein approfondissait alors ses recherches en médecine homéopathique, il sut écouter et soulager Churchill quant à ce qu'il nomme son ''Black dog'', sorte de dépression. C'est ainsi que Stein est devenu un conseiller de Churchill.

Sans Stein, Churchill, n'aurait pas été au courant de l'intérêt d'Hitler pour certains artefacts religieux ou historiques. Il n'aurait pas donné son accord à toute manœuvre d'intoxication, qui pourrait faire croire que le Royaume-Uni serait prêt à remettre au Reich, un joyau du Saint-Empire qui serait en sa possession...

Rosslyn - armoiries du Clan Sinclair

 

Albanoïc House, lieu de résidence de la famille Sinclair, est dans le Lanarkshire, non loin de Hamilton.

Cette construction remonte à la baronnie des Baird. La tour fut construite par Sir Robert Baird au 14ème siècle. Le domaine fut confisqué et Sir Robert, exécuté pour trahison en 1340 pour avoir soutenu Édouard Bailliol dans sa tentative de prendre le trône à David II.

Aux XVIe et XVIIe siècle, Albanoïc House passe aux Sommerville ; ensuite après de nombreuses péripéties, aux Lockhart de Castlehill, puis à un descendant de James Sinclair qui était le fils cadet du cinquième baronnet, qui en 1764 avait hérité du domaine.

Les propriétaires actuels sont John Sinclair et son épouse. Ils sont assez âgés, et n'ont qu'un fils, Félix Sinclair.

Il n'est pas possible de les rencontrer chez eux ; mais Stein obtient qu'ils puissent être reçus par John Sinclair , au siège du private social club, le New Club de Glasgow, qui est rattaché à celui d'Edinburgh.

Sinclair n'est pas très satisfait de rencontrer Lancelot, il reconnaît l'adoption de Félix, suite à son abandon, dès sa naissance, par sa mère Mary Butts ; qu'il n’a d'ailleurs jamais revu, et dont il ignorait le décès. Il prie Lancelot, de ne pas entrer en contact avec son fils, qui ignore encore d'ailleurs, qu'il a été adopté. Cette révélation ne devrait lui être faite, que lors du décès du deuxième parent, à la lecture du testament.

Lancelot le rassure, il n'a aucun droit, n'exige rien, et ne cherchera pas à entrer en contact avec l'enfant, dont lui-même ignorait l'existence, il y a peu....

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1941 – L'Ecosse – Les Regalia écossais

Publié le par Régis Vétillard

Sir Walter Maxwell Scott

Lancelot explique au général Maxwell-Scott, que l'ancien roi Edward VIII, lui-même, aurait exprimé sa conviction que la pierre de la couronne impériale ferait partie du trésor britannique, après avoir été en possession de la maison de Hanovre. En 1796, devant le danger des troupes françaises qui ont traversé le Rhin, les insignes impériaux, joyaux de la couronne du Saint-Empire romain germanique, conservés à Nuremberg sont transportés à Ratisbonne, puis à Vienne. Ce sont dans ces circonstances, et un peu plus tard en 1806, alors que le Saint-Empire romain germanique prend officiellement fin; que le joyau principal de la Couronne impériale aurait été mis en sécurité en Angleterre, puis en Ecosse.

 

Walter Maxwell-Scott, s'il ne sait rien de l'orphanus , est très documenté sur le lien que Walter Scott a entretenu avec les regalia écossais de la couronne britannique.

Ils datent du XVe et XVI e siècles, utilisés lors du couronnement du nourrisson Marie, reine des Écossais, au château de Stirling en 1543. Ils ont également servi lors des couronnements de Jacques VI, de Charles Ier, et de Charles II en 1651 pour la dernière fois. Ils furent cachés au milieu du XVIIe siècle pour les protéger d'Oliver Cromwell. Ils étaient cachés au château de Dunnottar dans l'Aberdeenshire, quand - lors d'un siège - ils furent sortis clandestinement et enterrés à quelques kilomètres de là dans l'église paroissiale de Kinneff pendant neuf ans, jusqu'à ce que la monarchie soit restaurée en 1660. A partir de l'Act Union, en 1707, ils furent rangés et oubliés, pendant plus de cent ans !

Découverte par W Scott 1818

C'est Walter Scott, qui s'est passionné à les retrouver. Il fut autorisé à sonder les coins du château d'Édimbourg. En 1818, les explorateurs cassent le bas d'un mur de l'ancienne salle du trône, et trouvent dans une pièce forte du château, un coffre en chêne, recouvert de tissus de lin tout empoussiérés, à l'intérieur: la couronne, le sceptre et l'épée exactement comme ils y avaient été laissés 111 ans plus tôt.

Le 4 février 1818, les Insignes royaux écossais sont exposés, pour le public, dans le château d’Édimbourg.

Auparavant, Walter Scott, en 1814, a publié le roman Waverley qui rencontra un énorme succés. En 1815, il est invité à dîner avec George, alors prince régent et futur George IV, lui-même amateur d'art et collectionneur. Il va ensuite sur le continent, pour visiter le champ de bataille de Waterloo; à Paris, il rencontre Wellington, lord Castlereagh et le tsar.

En 1820, il reçoit le titre de baronnet ( titre de noblesse, mais sans pairie), en 1820, il peut donc se faire appeler Sir Walter Scott.

Sir Walter Scott presenting the Cross of St Andrew to King George IV, 1822

George IV est couronné à l'abbaye de Westminster, le 19 juillet 1821; et en 1822, Walter Scott orchestre la visite du monarque britannique en Ecosse ; première depuis Charles Ier d'Angleterre au XVIIe siècle. Le Roi, en son palais de Holyrood, touche les joyaux, qui en procession sont ramenés au château d'Edinburgh. Le duc de Hamilton, principal concurent collectionneur de Scott, porte la couronne d'Ecosse.

En 1941, du fait de la guerre et du risque d'invasion, ils sont à nouveau cachés...

Douglas Douglas-Hamilton (1903-1973), est le 14e duc de Hamilton, il est un pionnier de l'aviation.

Le duc de Hamilton est le gardien héréditaire du Palais de Holyroodhouse, la résidence royale officielle en Écosse.

 

Le 1er marquis de Hamilton John Hamilton,(1535-1604), était l’un des plus fervents partisans de Mary Stuart. Il envisageait même pouvoir l'épouser ( après son divorce d'avec Bothwell). Une bague qui aurait appartenu à Marie Stuart, ferait partie de la ''collection Hamilton'', depuis 1587. La bague est ornée d’un fin saphir, taille table, sur un cercle en or émaillé noir et blanc.

L’inscription à l’arrière de la bague, dans une écriture du XVIIe siècle, indique que la bague a été envoyée par la reine Marie avant sa mort et sur l’anneau sont gravés les mots, à John, Marquis Hamilton.

L'ancien palais des ducs d'Hamilton, ayant été détruit, L'Hamilton Palace Collection fut vendue en grande partie en 1919.

Aujourd'hui, c'est au château de Lennoxlove, que l'on retrouve ce qui reste de la collection Hamilton dont la bague au saphir de Marie Stuart, une boîte à bijoux en argent lui ayant appartenu et qui aurait contenu les ''lettres du cercueil'' qui montrent sa complicité dans le meurtre de Lord Darnley, ainsi que son masque mortuaire.

On peut y voir, également, la carte et la boussole portées par Rudolf Hess, l’adjoint d’Adolf Hitler, qui s’est envolé pour l’Écosse en 1941 dans le cadre d’une mission sur les conditions d'une négociation de paix entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne.

 

Lancelot interroge alors Sir Walter Maxwell-Scott, sur le reliquaire appelé ''Black Rood'' dont il a entendu parler par sa mère, suite à son voyage en Ecosse, en 1911. Ne faisait-il pas partie des joyaux de la couronne écossaise ? ( Voir : - VOYAGE EN ECOSSE -3- THE BLACK ROOD – ROSSLYN ; et - VOYAGE EN ECOSSE -4- THE BLACK ROOD – ROSSLYN )

 

Effectivement, répond-il, raconter l'histoire du Black Rood, c'est raconter l’histoire fascinante de l’un des joyaux de la couronne les plus anciens et les plus importants d’Écosse.

Le ''Black Rood'' ou ''Holy Rude'' est ainsi appelé parce que le crucifix dans lequel un éclat de la Vraie Croix a été implanté était en ébène, richement orné d’or.

Fuyant en Écosse après l’invasion normande, Margaret et son frère, le dernier roi anglo-saxon d’Angleterre, se voient offrir refuge par le roi Malcolm III. En 1068, Margaret se marie avec le roi Malcolm III, et le Black Rood passe dans la famille royale écossaise et devint ainsi un symbole de l’autorité et de la légitimité de la royauté écossaise. Il a donné son nom au palais de Holyrood.

Le Black Rood a été emmené en Angleterre par le roi Édouard Ier en 1291, butin de ses premières victoires. Lors de l’accord de paix entre l’Angleterre et l’Écosse des négociations ont été entamées sur la restitution de certains artefacts en Écosse. Le Black Rood et d’autres objets ont été renvoyés en Ecosse en 1328. Puis, suite à la bataille de Neville’s Cross près de Durham. Le roi écossais David II, en possession de la croix fut capturé et passa onze ans en captivité en Angleterre. Pendant ce temps, le Reliquaire a été emmené à la cathédrale de Durham et y serait resté jusqu’à la Réforme en 1540, date à laquelle il a disparu.

Des documents, raconteraient qu'un certain Sinclair aurait récupéré la relique écossaise dans la cathédrale de Durham , pour la cacher dans la chapelle Rosslyn, un lieu associé à sa famille ; en effet un témoin fait état d'une discussion entre la veuve du roi Jacques V, Marie de Guise ( mère de Mary Stuart) , et William Sinclair de Rosslyn en 1546, à propos d'un objet précieux qui était caché à Rosslyn et Marie aurait juré de garder le secret

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1941 – L'Ecosse – W. Scott

Publié le par Régis Vétillard

Pour joindre l'Ecosse, ils traversent le Northumberland, un vieux royaume conquis par les angles, partis au VIe siècle de la presqu'île danoise.

W. J. Stein, emprunte quelques petites routes qui traversent des paysages sauvages, parfois arides, puis boisées et permettent à Stein d'évoquer Merlin.

La figure mythique de Merlin, s'est forgée lors des écritures successives de la légende au cours du Moyen Age, à partir de traditions orales d'origine galloise. Elle est liée aux forêts et aux lieux sauvages, incarnant une sorte d'esprit universel en lien avec les rythmes cosmiques de la nature. Entre ses apparitions au milieu des hommes et à la cour, il rejoint dans la forêt de Northumberland une demeure appelée "l'Esplumoir" par les auteurs du Lancelot-Graal. Là, l'attend un prêtre nommé Blaise qui a pour mission de consigner l'histoire du royaume breton.

On dit que pendant ses périodes de retrait, il peut devenir un véritable homme sauvage, très velu et hirsute. Son arbre favori, le pommier, symbolise la connaissance et l’immortalité. Merlin est également lié aux animaux de la forêt, comme le cerf.

Une autre légende, celle de Mélusine, dit qu'elle aurait enfermé son père le roi Helynas d'Albanie, ici dans une de ces montagnes. C'était, je crois, du fait qu'il a rompu le serment fait à Pressine, sa femme, de ne pas la voir en couches.

Stein et Lancelot vont faire étape au château d'Alnwick, une impressionnante forteresse médiévale qui est la résidence ancestrale de l'illustre Maison de Percy ( origine médiévale normande), fondée en 1067.

Actuellement le château d’Alnwick appartient à Hugh Percy, 10e duc de Northumberland, absent car parti à la guerre. Immense - une partie de ses locaux sert à la Newcastle Church High School for Girls. Ils sont reçus par l'intendant. C'est en voyageant en Angleterre, que Lancelot se rencontre que la carte de visite à présenter est importante, en particulier l'appartenance du rang de sa famille. C'est ainsi que Lancelot de Sallembier se présente, et de par son nom; il est systématiquement interrogé à son propos. Au contraire de la France, où Lancelot évite d'en faire état, d'autant que son titre est ''sans noblesse attachée '' et sans terre titrée.

 

Anne-Laure avait eu le privilège de rencontrer Mary Monica Maxwell-Scott l'arrière petite fille, écrivaine elle-même. Aujourd'hui, c'est  le major-général Sir Walter Joseph Constable-Maxwell-Scott (1875-1954) qui reçoit Lancelot à Abbotsford House qu'il a hérité de sa mère. Il est officier général, en retraite depuis 1934, et dit remercier la Providence de lui envoyer en cette année 1941, un français et un autrichien, fuyant le mal nazi... Avant la brutale invasion de la Pologne, il s'interrogeait encore si cette guerre pouvait être justifiée. Ses désordres et ses horreurs, l'ont persuadé que son pays était poussé à faire une guerre juste. Sir Walter Maxwell-Scott est catholique : - « le seul but chrétien de la guerre est l'établissement de conditions permettant la paix intérieure et extérieure. » dit-il.

Sir Walter Maxwell Scott

- « Je ne puis voir, comment il nous sera possible de supporter l'effort d'une longue guerre extérieure si nous n'avons pas un idéal plus élevé que celui qui nous a été donné jusqu'à présent. Tous mourront pour Dieu. pour le Roi et pour la Patrie. Ils ne feront plus le sacrifice de leurs vies pour des mots tels que Humanité ou Démocratie. Nous voulons que l'homme qui se bat ait la Bible dans une main et l'épée dans l'autre: nous souhaitons seulement qu'il ne laisse pas la Bible quand il aura à discuter les termes de la paix. Nous devons avoir la paix du Christ dans une Chrétienté unie. » ( sources La Croix du 3 aout 1940)

Ceci dit, Sir Walter Maxwell-Scott, est comme son ancêtre, passionné des objets à caractère historique et ayant appartenu à des hommes célèbres. C'est avec passion, dans cette maison, que l'on évoque Napoléon. Le règne et la défaite finale de Waterloo, ont été des cataclysmes à l'époque de Walter Scott. C'est avec émotion que Lancelot est autorisé à toucher ( délicatement), le plumier de Napoléon et un porte-document sous-main, en velours de soie décoré de broderies de fil de fer très élaborées et représentant le monogramme impérial et les emblèmes du Premier Empire. Le porte-document ne renferme plus qu’une seule feuille de papier filigrané.

Là, c'est un petit carnet de chansons, souillé du sang et de la poussière de Waterloo qui appartenait à un officier français. Il a été trouvé à l’endroit même où s’était déroulée la fameuse charge des Scots Greys. Le propriétaire nous montre un pistolet de l'Empereur, et évoque aussi une mèche de cheveux de Napoléon, pliée dans une note datée de 1827 ; mais, qu'il ne retrouve plus... !

Beaucoup d'objets inestimables attirent l'oeil et les questions: le fusil de Rob Roy, la cuirasse de Jacques IV, l'épée de Montrose, et là :le crucifix que Marie Stuart tenait à la main en montant les degrés de l'échafaud !

 

L'Orphanus ? - Vous voulez parler, d'un joyau, peut-être une opale à la teinte rouge vif, détachée de la Couronne impériale, et dont on a perdu la trace après 1350, puisqu'à cette date elle est encore dans l'inventaire de succession de l'empereur Charles IV.

Walter Scott à son bureau

Walter Maxwell-Scott a effectivement entendu parler de cette pierre. Plusieurs personnes influentes l'ont interrogé à son propos. Walter Scott se méfiait de certaines pierres, dont l'opale... A l'époque, on disait par exemple, que rêver d’une opale était considéré comme l'indication d'importantes prétentions ; de la convoitise, de la faveur de dames ou de personnes d’influence. Son influence pouvait être maléfique...

Scott, n'a pas craint pas d'en parler dans un récit fantastique, que l'on trouve dans l'un de ses romans historiques. Il s'agit du roman gothique 'Anne de Geierstein'. Ce récit fantastique traite des origines familiales d'Anne de Geierstein. L'un de ses aïeux, aurait conclu un pacte avec un mage persan, pour qu'il l'instruise de secrets mystères. A sa suite, le mage annonce au baron que c'est sa fille Hermione qui va continuer à l'instruire ; en lui recommandant de ne pas tomber amoureux de la belle demoiselle. Les cheveux de la jeune fille sont retenus par un ruban dont l'agrafe d'or est sertie d'une opale ; la pierre exprime par son éclat, les sentiments de celle qui la porte.

«  La lampe d’argent n’était plus sur son piedestal, et l’on y voyait figurer en place une jeune et belle jeune femme, portant le costume persan, dont le cramoisi était le couleur dominante. Elle ne portait ni turban d’aucune espèce, ni aucune espèce de coiffure, ses cheveux d’un châtain clair n’étaient retenus que par un ruban bleu, attaché au dessus du front par une agrafe d’or, dans laquelle était enchâssée une une superbe opale qui, parmi les couleurs changeantes particulières à cette pierre, faisait jaillir une légère teinte rouge qu’on aurait prise pour une étincelle de feu »

Le baron d'Arnheim va épouser la jolie Persane. Un an plus tard, le couple a une petite fille que l'on prénomme Sibylle.

« (…) si le soir dans le salon, la conversation d’Hermione devenait plus animée que de coutume, on croyait voir cette pierre devenir plus brillante, et faire jaillir un rayon de lumière qu’elle produisait d’elle même, sans qu’il fut, comme c’est l’ordinaire, réfléchi par un autre corps lumineux (...) Ses suivantes disaient aussi que lorsque leur maîtresse éprouvait un mouvement passager de colère, seul défaut qu’on ait jamais remarqué en elle, on voyait un éclat rouge vif jaillir du joyau mystérieux, comme si il eut partagé les émotions de celle qui le portait. »

Le jour du baptême de Sybylle, pour mettre fin aux calomnies distillées sur Hermione et son opale, le baron secoue quelques gouttes d’eau bénite sur le front de son épouse.

Une goutte atteint l’opale, qui lance un feu brillant, puis perd tout éclat. Hermione tombe sur le sol, on la porte à sa chambre que le baron ferme à clé. Deux heures après, on ne retrouve aucune trace du corps d’Hermione, juste une poignée de cendres grises sur le lit.

Trois ans plus tard, le baron lui même disparaît, accomplissant la prédiction du mage persan, la lignée des Arnheim s’éteint sans héritier mâle.

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1941 – L'Angleterre – Mary Butts – Felix Sinclair

Publié le par Régis Vétillard

Mary Butts

Lancelot s'est ouvert, à W.J. Stein, avec confiance, sur son désir de retrouver une femme, Mary Butts, et lui explique très précisément quelle était la nature de leur relation – c'était en 1926 - et même le lien avec le Graal... Il n'a eu depuis aucune nouvelle d'elle...

Il pourrait en profiter pour voir ces paysages du Dorset dont elle lui parlait...

Stein lui explique la complication pour un étranger de parcourir la Grande-Bretagne en temps de guerre...

Quelques jours plus tard, Stein lui annonce que l'écrivain Mary Butts est décédée le 5 mars 1937, à l’âge de quarante-six ans, à l’hôpital West Cornwall de Penzance. Elle repose au cimetière de Sennen, qui est la petite ville où elle était domiciliée.

L’écrivain Mary Butts ? - Oui, elle a publié plusieurs romans, et a été saluée pour son originalité audacieuse et sa fougue stylistique.

Dans son roman, Armed with Madness publié en 1928, elle y parle du Graal, comme d'un royaume. C'est un roman qualifié de moderniste, qui décrit les relations d’un groupe de jeunes bohèmes vivant dans l’isolement rural sur la côte sud-ouest de l’Angleterre. L'histoire commence dans la maison isolée de Cornwall, d'une sœur Scyllla, un peu sorcière, et de son jeune frère Félix, et leurs amis... Ils trouvent une coupe de jade ; personne est certain que ce soit le Graal, mais les personnages aspirent à ce que cette coupe donne un sens au « malaise » de leur vie.

A la fin des années vingt, Mary Butts s'est installée à Sennen en Cornouailles, au bout des terres...

Stein qui, décidément est bien renseigné, l'informe que dans ses dernières années, son ami le plus proche était Angus Davidson, il a même acheté un chalet à Sennen ; et elle l'avait désigné comme son exécuteur testamentaire littéraire.

- Vous devriez interroger votre amie Vanessa Bell ; Angus Davidson était souvent reçu par le groupe de Bloomsbury...

Lancelot intrigué, s'empresse d'interroger Vanessa Bell, sur Mary Butts... Ses yeux, sa moue, puis quelques mots expriment qu'elle n'apprécie pas son écriture. Quentin Bell l'a aussi interviewée.

Lancelot leur raconte son histoire avec Mary ; ils sont très curieux de savoir ce qui s'était passé ; et constatent qu'effectivement la légende du Graal ne pouvait que beaucoup parler à Mary. Ils s’arrangent pour organiser vite une rencontre entre Angus et Lancelot.

Quentin Bell et Angus Davidson

Angus Davidson est associé - comme écrivain, traducteur, critique d'art... - au Bloomsbury Group. Entre 1924 et 1929, il a travaillé comme assistant à la Hogarth Press que Leonard et Virginia Woolf avaient créé en 1917. Il a traduit les œuvres d’Alberto Moravia et de Mario Praz, et a écrit une biographie novatrice d’Edward Lear, peintre paysagiste et poète ''absurde''. On peut ajouter qu'il est homosexuel, et écossais.

Angus Davidson se dit terriblement excité de rencontrer Lancelot.

- Bien-sûr, Mary m'a beaucoup parlé de vous... ! Vous ignorez, aussi une raison pour laquelle elle l'a fait bien des fois... Et, peu de monde est au courant....

Mary Butts a quitté définitivement la France en 1928. Alors qu'elle publie '' Armed with Madness'', ce roman, qu'elle vous doit un peu, avec cette référence à la légende du Graal . Elle est enceinte ; et début décembre, Mary et moi, nous rejoignons l'Ecosse où elle met au monde un garçon. Le bébé a été remis à un couple, sans enfant, et soucieux de léguer à leur enfant, un patrimoine des plus intéressant.

- Cet enfant, dont vous n'êtes que le père biologique va vers sa treizième année...

Mary ne souhaitait pas vous en informer directement ; et elle envisageait le faire, à la condition que vous cherchiez à la rencontrer de nouveau ; elle espérait aussi, je crois, que vous le feriez...

Les Sinclair, c'est leur nom, avec leurs fils Félix Sinclair, habitent dans un château, près d’Edinburgh.

 

Qu'il est étrange, se dit Lancelot, de se connaître – soudainement – une descendance directe : un enfant né de Mary; qu'il ignorait hier et pour qui, il n'existe pas... ! Un enfant, dont la véritable ascendance est celle de cette famille Sinclair et dont il hérite le nom, et même l'histoire.... A présent - se demande Lancelot – qu'il connaît l'existence de Félix ; peut-il envisager d'aller à sa rencontre ?

Puisque Lancelot ne peut rencontrer Mary, ni même se rendre de ce côté du bout des terres ; pourrait-il avoir la possibilité de prendre la direction de cet autre bout, vers le nord ?

Lancelot serait-il prisonnier de Londres, volontairement condamné à partager le quotidien de guerre, avec près de soi, un masque à gaz, une lampe torche et un livre, prêt pour se rendre dans l'abri antiaérien le plus proche. De septembre 1940, à mai 1941, Londres a été bombardé de nuit.

Stein, est un magicien : - J'ai pu obtenir un agrément pour que vous preniez connaissance, par vous même, des faits concernant l'atterrissage de Hess en Ecosse... J'ai les papiers nécessaires, pour que vous puissiez vous rendre au village d'Eaglesham près duquel l'avion Messerschmitt Bf 110 s’est écrasé.

- Je vous accompagnerai, et je me fais une joie de vous faire découvrir deux ou trois petites choses pendant notre voyage. Cela devrait vous intéresser...

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