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Le chevalier Gauvain et son étrange 'Pentangle'.

Publié le par Perceval

Les ''armes'' du chevalier Gauvain, représentent, soit un aigle bicéphale, soit un ''pentangle''.

 L'aigle provient du blason familial, celui de Lot ( Loth). Le père de Gauvain est roi de Loënois ( selon Brut) , mais dans la plupart des textes, son royaume est l'Orcanie.

Gauvain, est le neveu du roi Arthur et le fils du roi Lot d'Orcanie et de Morgause... On trouve plusieurs équivalents gallois de son nom : Gwalchmai et Gwalchmei ("faucon de la plaine") ainsi que Gawain en franco-normand et anglais.

Il est l'aîné d'une fratrie de chevaliers : Agravain, Gaheris et Gareth (surnommé "Beaumains" par Ké, le sénéchal d'Arthur).

Gauvain est très souvent considéré comme le meilleur des chevaliers de la Table Ronde car il est fort et mesuré. C'est le chevalier modèle : en plus d'être un chevalier d'exception, il fait preuve d'une courtoisie exemplaire pour tous les autres chevaliers de son temps. Gauvain porte fréquemment l'épée du roi Arthur : Excalibur.

Gauvain est le cousin d'Yvain qui est également pour lui un ami très cher. Gauvain est le seul chevalier de la cour d'Arthur, avec Yvain parfois, que l'on nomme "monseigneur". Son cheval se nomme Gringalet. Gauvain a la particularité de voir sa force croître avec le soleil, celle-ci étant à son paroxysme aux heures de midi, avant de diminuer jusqu'à la tombée de la nuit.

Il est très souvent dépeint dans les textes médiévaux comme un modèle de courtoisie et le champion par excellence des demoiselles en détresse. Il n'est d'ailleurs attaché à aucune femme en particulier, étant le défenseur (et, dans plusieurs récits, l'amant) des femmes en général. Son échec dans les aventures du Graal et dans les quêtes spirituelles en général peut être attribué à cette réputation de chevalier trop galant faisant passer les valeurs et les plaisirs matériels avant la religion.

** Gauvain et le ''Géant Vert '' ou le ''Chevalier Vert''

C'est dans ce récit, que Gauvain, présente sur son bouclier le '' Pentangle '' :

Le poème marque la première apparition connue du mot « pentangle » dans la langue anglaise. Le poème décrit le pentagramme comme un signe de fidélité, issu de l'époque de Salomon, et comme un « nœud sans fin ». Plusieurs stances sont dédiées à la description des vertus de Gauvain, représentées par les cinq pointes du pentagramme.

A l'époque médiévale, le "noeud sans fin" était un symbole de Vérité et représentait une protection contre les démons. Il était utilisé en tant qu'amulette de protection personnelle et protégeait également les fenêtres et les portes.

Cependant, dans Sire Gauvain, le poète fait référence au sceau magique présent sur l'anneau du roi Salomon, marqué d'un pentacle, qu'il reçut de l'archange Michel. Ce sceau donnait à Salomon un pouvoir sur les démons...

Les 5 pointes représentent également les 4 éléments de la Vie (Eau, Terre, Air et Feu), plus l'Esprit... Ou les cinq sens... Dans les légendes celtiques, on associe ce symbole à la fée Morgane...

Citation:

« These five pure virtues were fixed in this knight more firmly than in any other. 
And all five times were so joined in him that each one held to the other without any ending and fixed at five points, nor did they ever fail, for they were joined at no point nor sundered were they at all, nor could one find any end thereof at any corner when the games began or were gliding towards an ending. 
». Il s'agit de la description symbolique du pentagramme qui figure sur le bouclier de Gauvain dans le roman médiéval Sir Gawain and the Green Knight.

Traduction proposée :

" Ces cinq pures vertus étaient solidement ancrées dans ce chevalier plus fermement que dans aucun autre. Et, cinq fois, étaient si liées à lui que chacune était liée à l'autre [avec un noeud] sans fin, [le pentagramme est un nœud sans fin] et attachées en 5 points. Elles ne pouvaient pas non plus lâcher car elles n’étaient jointes en aucun point, interrompues nulle part et on ne pouvait y trouver aucune extrémité à aucun angle [du pentagramme] lorsque les jeux commencèrent ou avaient tendance à se terminer. "

En ce qui concerne le chevalier chrétien, le Pentangle symbolise les cinq vertus chevaleresques : la générosité, la courtoisie, la chasteté, la chevalerie et la piété.

Dans le christianisme, le même symbole évoque les cinq blessures reçues par le Christ sur la croix (mains, pieds et coté).

Le personnage de Gauvain, représente bien les influences du paganisme celte, en opposition avec le Christianisme... C'est au départ un héros solaire, il possède la plénitude de sa force physique à midi, et sa vigueur au combat diminue avec l'astre... C'est le premier héros confronté au Graal. Dans les romans en prose christianisés du XIIIe siècle, Gauvain connaît un discrédit.

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Les Croisades, les Templiers et le Graal. -2/.-

Publié le par Perceval

Au XIIe siècle peu de personnalités font part de leur réprobation face à '' la Croisade '' : ce pèlerinage en arme, la presque totalité de la Chrétienté se range derrière la bannière lyrique et envoûtante de Bernard de Clairvaux.

Les critiques augmentent au cours du siècle, et deviennent plus importantes à la fin du XIIIe ; celles-ci accompagnant la déroute de l’aventure. La noyade de Frédéric Barberousse en 1190, la mort de Saint-Louis devant Tunis en 1270, amènent ces auteurs à réfléchir à la légitimité d’un tel phénomène. Si la croisade est juste, pourquoi Dieu permet-il de si grandes déroutes ? Le rejet de la croisade est porté aussi par les nouveaux ordres monastiques, comme les franciscains et les dominicains, qui privilégient le prêche à la guerre, le glaive de la parole à celui du fourreau.

Les croisades, se muent en conflit idéologique, en plus de délivrer les Lieux Saints, il s'agit de convertir les peuples sarrasins et juifs par la force. Les croisés revivent l'Exode et la conquête de la terre promise...

Ce motif, nous le retrouvons dans les injonctions de Dieu faites aux élus de l'Estoire del Saint-Graal d'évangéliser la Grande Bretagne... C'est aux ordres mendiants que l'on doit la substitution de l'idée de mission à celle de croisade...

De fait, L'Eglise de Rome, s'inquiète de cette Légende du Graal, qui fait le ''buzz'' et qui circule et s'étend, par trop empreinte de celtisme, ou d'ésotérisme ( avec le Parzifal). Il s'agit de christianiser l'histoire de chrétien de Troyes, de gommer les ''révélations '' de Wolfram ; en effet plutôt que ses références au tombeau du Christ ( fruit des croisades et des templiers) ; le Graal se recentre uniquement sur le récipient ayant recueilli le sang du Christ, facilement assimilable au calice de la messe.

Robert de Boron, vers 1212-1214, s’attelle à cette sainte tache. Il rédige L'Estoire dou Graal, faisant largement appel à l’Évangile de Nicodème, certes apocryphe, mais très populaire à l'époque et cité par St-Thomas d'Aquin lui-même... Vers 1215-1220, il rédige Merlin.

On fait appel également à Gautier Map (1140-1210), proche d'Henri II Plantagenêt, qui rédige l'Estoire del Saint-Graal, et la Queste... , dont le médiéviste Albert Pauphilet ( en 1921) a montré l'origine cistercienne.

Cette fois, donc, les précieux objets qui constituent le cortège du Graal sont assimilés à ceux dans lesquels le Christ a pris son dernier repas. Le service du Graal est alors associé à l'image de la Cène. Ce rituel eucharistique établit en outre une distinction entre les hommes justes, purs, élus de Dieu qui sont autorisés à approcher la sainte relique, et les hommes ordinaires, simples pécheurs, pour qui ce mystère reste inaccessible.

Désormais, le monde sera dominé par la raison, la foi et les vertus religieuses, les anciennes croyances reléguées au rang de contes pour enfants. Les chevaliers se battront pour défendre la foi (la croisade), et non plus pour vaincre des créatures diaboliques, ces dernières ayant été balayées par la lumière divine du Graal.

D’ailleurs, une fois le Graal retrouvé, une fois que Galaad, à l’image du christ, a donné à cette société chevaleresque la dimension sacrée et spirituelle à laquelle elle aspirait, la société arthurienne, qui a rempli sa mission n’a plus aucune raison d’être. Il n’y a plus de monstres à pourchasser, plus de terres sauvages à conquérir et à christianiser, sa disparition est donc inéluctable. Avec la mort du roi Arthur, l’univers de la Table Ronde se disloque et disparaît, le temps des héros et des aventures extraordinaires est terminé.  

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Les Croisades, les Templiers et le Graal. -1/.-

Publié le par Perceval

- Les croisades :

La Quête du Graal, est une conséquence des croisades, le fruit de la défaite : la perte de Jérusalem ( reprise par les musulmans en 1187, lancement en 1189 de la 3ème croisade).

« La perte de Jérusalem ébranle toute la Chrétienté et l'oblige à faire une sorte de retour sur soi, à modifier radicalement sa conception de la croisade.

A la conception externe, si l'on peut dire, guerrière et conquérante, va se substituer une conception interne, allégorique et mystique ; Jérusalem ne sera plus un but de pèlerinage lointain et périlleux : la Jérusalem céleste prévaut dorénavant, qui ne se conquiert pas au terme d'une expédition terrestre, mais se trouve au terme d'un cheminement spirituel.

Il va de soi que la notion de « Jérusalem céleste » est bien antérieure à 1187, mais depuis un siècle l'Occident semblait l'avoir quelque peu oubliée, axé comme il était sur la conquête et la défense purement guerrières des Lieux saints. »

Helen Adolf (1895 – 1998) was an Austrian–American linguist and literature scholar.

- La légende arthurienne ( ou Matière de Bretagne) :

Avec 'Joseph d'Arimathie' de Robert de Boron, nous revenons sur nos terres ; le Graal, en effet, part de ''Terre sainte'' pour l'Occident sans espoir de retour.

Nous pouvons ainsi rapprocher de chaque actualité de croisade, une œuvre :

Le ''Perceval'' à la croisade de 1177/78 de Philippe d'Alsace, le '' Joseph d'Arimathie '' à la défaite de 1187, et le '' Parzival '' au traité de paix de 1192 ( fin de la 3ème croisade – Jérusalem reconquise, paix entre Richard 1er et Saladin.)...

    En 1185 environ : Chrétien de Troyes entreprend son Conte du Graal ou Perceval que sa mort laisse interrompu. II écrit ce poème pour Philippe d’Alsace, comte de Flandre, prince dévot qui s’est croisé plusieurs fois ( en 1177, et 1190) et qui détient à Bruges la relique du Saint Sang, ramenée d’Orient peu avant 1150 par son père Thierry d’Alsace.

    Gautier de Montbéliard (mort en 1212, est un fils d'Amédée II de Montfaucon, comte de Montbéliard), s’engage dans la quatrième croisade, en 1199 il est régent de Chypre de 1205 à 1210, connétable du royaume de Jérusalem de 1210 à 1212. Gautier est le commanditaire attesté de la trilogie de Robert de Boron (qui comporte le Joseph d’Arimathie, un Merlin et un Perceval) rédigée autour de 1200. Robert de Boron, à Chypre, découvre la littérature byzantine et syriaque. La famille de Boron pourrait être alliée à celle ''des Barres'', qui comptait des membres ayant commandé en Orient et même un Grand Maître du Temple.

    Enfin, Wolfram d’Eschenbach (v. 1210) écrit  Parzival (source de Richard Wagner). C’est en gros, la même trame narrative que le Conte du Graal, avec peut-être des apports occitans (Wolfram prétend corriger Chrétien grâce au texte – perdu – d’un certain Kyot le Provençal) et orientaux (présence du Sarrasin Feirefiz, éléments doctrinaux peut-être empruntés au philosophe islamique Al Farrabi). Ici, le Graal est devenu une pierre précieuse sur laquelle, chaque jour, une colombe dépose une hostie. Perceval se marie, fonde une lignée (il sera l’ancêtre de Godefroi de Bouillon) et confie le Graal à la garde de l’ordre du Temple.

    Wolfram d’Eschenbach, chevalier franconien, tient secrète l’identité du commanditaire. Le roman de Wolfram est chargé de mysticisme, de référence au Moyen-Orient des croisades... Sa version de la quête du Graal, Parzival, puis son Titurel donnent au mythe une sonorité ésotérique beaucoup plus prononcée que chez Chrétien de Troyes :  le Graal est gardé par des Templiers, et il est réservé à quelques « élus » de s'en approcher, élus liés par une lignée commune.

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    Gauvain et le Chevalier Vert -2/2-

    Publié le par Perceval

    gawain wife green knightLe dernier jour, de plus en plus insistante, la jeune femme réussit à donner trois baisers à Gauvain. Mais elle ne s'arrête pas là, et veut lui offrir un gage de son amour.

    Après avoir refusé une bague, Gauvain se voit offrir une ceinture verte aux pouvoirs magiques importants, qui protège celui qui la porte de la mort. Après avoir considéré la terrible épreuve qui l'attend le lendemain, Gauvain accepte la ceinture, mais ayant promis à la belle dame de n'en toucher mot au seigneur, il ne donne à Bertilak que trois baisers...gawain02 film

    Le lendemain, alors que Gauvain est conduit par un homme de Bertilak jusqu'à la Chapelle verte, ce dernier lui propose de garder la vie sauve et de s'enfuir, sans que personne ne s'en aperçoive. Gauvain refuse catégoriquement une telle issue, et s'approche de la Chapelle verte. L'endroit ressemble davantage à un sanctuaire païen qu'à une chapelle, et Gauvain entend le bruit d'une faux que l'on aiguise.

    Le Chevalier vert apparaît enfin, et lui demande de se préparer à recevoir son châtiment. Sean Connery wielding an axe as the Green Knight in the 1984 film ' Sword of the Valian - The Legend of Sir Gawain and the Green KnightGauvain retire alors son heaume et se met en position, attendant sa mort. Mais le Chevalier vert donne trois coups légers de sa hache. Au dernier coup de hache, seules quelques gouttes de sang s’échappent la nuque de Gauvain.

    À peine a-t-il reçu la dernière entaille que Gauvain bondit vers son adversaire, estimant avoir tenu sa promesse jusqu'au bout. C'est alors qu'il se retrouve face à son adversaire souriant, qui lui explique qu'il est l'un des meilleurs chevaliers sur cette terre, car son seul péché a été de vouloir rester en vie.

    Il lui avoue ensuite qu'il n'est autre que Bertilak, et la seule épreuve qu'a passée Gauvain se trouvait dans l'enceinte même du château, quand sa femme l'a tenté. Les deux premiers coups de hache valent pour les deux soirs où Gauvain a remis à Bertilak les présents reçus dans la journée; le troisième a puni Gauvain d'avoir gardé - pour lui seul - la pièce d'étoffe donnée par la belle épouse.Illustration from the only surviving manuscript of Sir Gawain and the Green ...

    Ayant par trois fois repoussé ses avances, il n'avait accepté que la ceinture verte, d'où l'entaille du dernier coup de hache.

    Dès cet instant, Gauvain se fit la promesse de toujours porter la pièce d’étoffe afin de se remémorer cet instant de faiblesses.

    La fée Morgane a contraint par enchantement Sir Bertilak - en le changeant en chevalier vert - à toute cette aventure pour effrayer la Reine Guenièvre ( et la faire mourir de peur...) et mettre Camelot à l'épreuve.

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    Gauvain et le Chevalier Vert -1/2-

    Publié le par Perceval

    Gauvain, est le fils du roi Lot d'Orcanie et de la reine Morgause son épouse, il est aussi le neveu du roi Arthur et malgré la rudesse de son caractère, il est l'un des plus fidèles compagnons d'Arthur. Dans les romans français il n'occupe pas une place prépondérante, il laisse le premier rôle à Perceval ou à Lancelot alors que dans la tradition anglaise il très souvent le héros principal comme dans "Sire Gauvain et le chevalier vert".

    An illustration from The Sphere magazine showing the Knights of the Round Table

    Dans ce récit, les chevaliers de la Table Ronde célèbrent Noël ( ou le solstice d'hiver) en compagnie du roi Arthur et de la reine Guenièvre; un chevalier vert s'annonce et porte insulte au roi Arthur.The Green Knight Entered the Hall by Herbert Cole [Sir Gawain takes up his challenge to test the Round Table knight

    Ce chevalier vert pourrait rappeler la figure rituelle du Feuillu lié au folklore saisonnier, et dont le sapin de Noël est l'emblème. Cet homme ''à moitié ogre'' arrive tout de vert vêtu... Il brandit une branche de houx...

    Gauvain s'offre à laver l'offense et le chevalier vert lui propose un défi: le décapiter lui, ce chevalier inconnu et à accepter que ce dernier vienne lui réclamer sa tête au bout d’un an, jour pour jour…

     

    Gauvain décapite le chevalier vert qui se relève et, sa tête sous le bras, lui rappelle de ne pas manquer à sa promesse. (à noter la scène de décapitation identique dans la légende celtique d' Uath et dans le Livre de Caradoc )

    Dix mois plus tard, Gauvain, monté sur son fidèle destrier Gringalet,se met en quête du chevalier décapité. C'est alors que commence une aventure extraordinaire où son courage et sa loyauté seront mis à l'épreuve.

    A quelques jours de Noël, alors qu'il erre dans une forêt...

    Comme par enchantement, un château apparaît à la lisière de la forêt. Il se nomme le château de Hautdésert, et appartient au seigneur Bertilak qui accueille Gauvain avec chaleur et joie. Étant donnée la fatigue du chevalier, le seigneur lui propose de rester et de se reposer quelques jours avant de repartir. Gauvain décline l'offre, car il doit avant tout retrouver la Chapelle verte et le chevalier vert. Bertilak le rassure aussitôt et lui apprend qu'elle n'est située qu'à quelques milles de là.

    Gauvain accepte donc de rester durant trois jours. Ils s'en vont à la messe de Noël où Gauvain rencontre la femme du seigneur, jeune et d'une grande beauté... Sir Gawaine finds the beautiful Lady

    Du fait des festivités, Bertilak propose un jeu à Gauvain, connu sous le nom d'« échange des gains » : ce que, durant trois matins, Bertilak gagnera dans une chasse à coure, Gauvain l'aura en échange de ce que lui, resté à se reposer au château, aura gagné dans sa journée. Bertilak ordonne à son épouse de le divertir, en fait de le séduire.

    Tous les matins, tandis que le seigneur Bertilak quitte le château de bon matin avec ses chiens et s’en va chasser, elle rend visite à Gauvain dans sa chambre. Gauvain ne veut accepter d'elle que des baisers, le chevalier refuse tout autre chose, à la fois il ne veut pas l'insulter en refusant ses avances et ne veut pas trahir la l'hospitalité de son mari. Tous les soirs, le seigneur et le chevalier annoncent ce qu’ils ont obtenu de la journée. Sincère, Gauvain rend ce que la jeune femme lui a offert dans la journée, pas plus qu'un baiser ...

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    La rencontre du mythe et de l'histoire des hommes... -4/4-

    Publié le par Perceval

    La rencontre du mythe et de l'histoire des hommes... -4/4-

    Au cours des Xe et XIe siècles se fait sentir une évolution qui préfigure la grande renaissance du merveilleux au XIIe siècle. La légende d'Alexandre le Grand se répand comme une traînée de poudre. La légende du Prêtre Jean connaît une large diffusion ...

    Yvain combat le dragon

    Le merveilleux de la Matière de Bretagne, déjà présent chez les écrivains de langue latine (Geoffroy de Monmouth, Giraud de Barri), envahit la littérature vernaculaire, alimentant les œuvres de Marie de France et de Chrétien de Troyes. L'Antiquité et sa mythologie revivent … !

    Les VIIIe et IX e siècles marquent la fin d'une période de répression ; les Xe et XI e siècles forment une période transitoire : là se mettent en place des structures, des thèmes et des motifs, là se forme un patrimoine de merveilleux, qui, dès le XIIe siècle imprime fortement sa marque à la littérature de divertissement.

    Le cerf blanc était the symbol of England's King Richard II
    as shown in this picture of his heraldry painted in 1396

    A partir du XIIe s l'Eglise cesse de régir le domaine des lettres, parce que les traditions populaires et orales prennent une place de plus en plus importante, et que l'imaginaire s'affranchit des entraves qui bridaient ses mouvements, s'alliant avec bonheur aux éléments venus de l'Antiquité par le canal de la littérature savante. De nouveaux éléments de merveilleux apparaissent par le travail des école de traduction...

     

     
     
    Chaman - cerf

     
    Merlin, changé en cerf au pied blanc, rencontre l'empereur ...  Manuscrit anonyme du cycle Lancelot-Graal, 1286

     
    Saint-Hubert enluminure - La légende du cerf

     
    cerf-ailé-royal - Symbole royal des Valois

     

    Voilà ce que dit Jacques Le Goff, sur cette perception de la ''religion populaire''
    « Les grands ennemis ou concurrents du catholicisme n’ont été ni le paganisme officiel antique qui s’est effondré rapidement, ni le christianisme grec cantonné dans l’ancienne partie orientale de l’empire romain, ni l’Islam contenu puis refoulé, ni même les hérésies ou les religions comme le catharisme qui, avant d’être vaincues par le catholicisme, n’avaient en définitive pu se définir que négativement, par rapport à lui. Le véritable ennemi du catholicisme, ce fut bien l’antique serpent qu’il conjura sans l’anéantir, le vieux fond de croyances traditionnelles, ressurgies sur les ruines du paganisme romain qui tantôt s’enfoncèrent sans disparaître dans le sous-sol du psychisme collectif, tantôt survécurent en s’incorporant au christianisme et en le déformant, en le folklorisant » (1972 : Histoire des religions, II, Paris, Gallimard, coll. « Encyclopédie de la Pléiade », pp. 749-868 ).

     

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    Sur les pas du Roi Arthur -13/13- Bath

    Publié le par Perceval

    Le lendemain, nous roulons vers Bath, et laissons de côté : Marlborough dans le Wiltshire où selon la légende, serait le tombeau de Merlin ; la ville tirerait son nom de la présence de ce tombeau.
    Notre bref voyage se termine; pourtant la mort de Merlin ne fait qu'annoncer un départ, exprimé par la carte du bateleur du Tarot... Il a tous les ''outils'' pour annoncer le début d'une Quête... 

    Marlborough se trouve à proximité des célèbres monuments néolithiques de Wiltshire, et '' Mount Merlin'' est une colline artificielle qui est l'un des mystères néolithiques: on ne sait pourquoi et dans quel but elle fut construite....

    Enfin, Bath ( proche de Bristol, notre ville de départ), ville à l'architecture georgienne (*) et ville thermale édifiée à l’époque romaine mais surtout fréquentée à partir du XVIIIe s. par l’aristocratie britannique pour des cures aux programmes festifs. Une belle abbaye date du 15ème siècle, et est située juste à côté des thermes romains.


     

     

    Nous nous engageons dans la longue visite des thermes romains, l’attraction touristique la plus visitée de Bath. On y découvre quelques-uns des bains qui constituaient l’imposant complexe des thermes romains de Bath et leur fonction ainsi qu’un musée retraçant l’histoire d’Aquae Sulis, l’ancienne cité thermale romaine.

    On découvre la terrasse, surplombant le Grand Bain, un bassin d’eau chaude aujourd’hui à ciel ouvert. Elle est bordée de statues datant de 1894 et représentant des gouverneurs, des empereurs et des chefs-militaires romains.

    Dans les thermes, on visite une impressionnante collection archéologique romaine permettant de retracer la vie quotidienne des habitants de l’époque (loisirs, travail, religion, écritures, vie militaire, transport et voyages, vie après la mort, médecine etc.).
    L’utilisation des thermes chez les romains était basée sur un cheminement conduisant à une succession de pièces, alternant chambres chauffées, bains chauds jusqu’à aboutir à un bain froid. Le Grand Bain constitue la pièce maîtresse des thermes romains de Bath. Avec ces 1,6 mètres de profondeur et rempli d’eau chaude, ce bain était idéal pour les baigneurs. Des fontaines et des bancs permettaient aux gens de se rafraîchir et se reposer.


     

     
    La spécificité de la ville vient dans son unité architecturale, tant dans l’utilisation constante de la pierre de Bath, qui donne cette couleur or-miel aux bâtiments, que dans la ligne directrice d’une architecture néo-classique que l’on retrouve dans tout le centre-ville.

    Le Royal Crescent , est un ensemble résidentiel constitué de 30 maisons mitoyennes disposées en croissant, qui est devenu l’emblème de Bath.


    Nous passons, et entrons dans Le Jane Austen Centre (Centre Jane Austen) situé au 40 Gay Street à Bath.  Jane Austen (1775-1817) est née au coeur de l'Angleterre rurale, dans le Hampshire, et y a quasiment toujours vécu, elle a fait de premiers séjours temporaires dans la ville d'eau, avant d'y habiter à plein temps, de 1801 à 1805, avec ses parents et sa soeur Cassandra. Elle a fait de Bath tout ou partie du cadre de deux des six romans qu'elle a laissés : Northanger Abbey et Persuasion.
    ** Sommes-nous loin du Roi Arthur... ? Non, ici, nous n'en sommes jamais bien loin...


     
    «Prince Valiant» de Hal Foster - la charge de la cavalerie montrant Arthur à Badon Hill.

    En effet, la bataille de Mons Badonicus (Badon Hill), la "dernière bataille" du roi Arthur, aurait eu lieu à Little Solsbury Hill, qui surplombe le village de Batheaston, non loin de la ville de Bath, elle s'élève à191 mètres de haut. Entre le 3e et le 1er siècle av. J.-C., le sommet de la colline fut occupé par un fort de l'âge de la pierre. Elle a été suggérée comme emplacement possible de la bataille du Mont Badon, qui opposa Anglo-Saxons et Bretons à la fin du Ve siècle ap. J.-C.


    Dans l'Historia Brittonum (IXe siècle ), le roi Arthur fait son apparition, et la bataille du Mont Badon est présentée comme l'une des douze qu'il a livrées aux Saxons. Ensuite, la bataille figure dans les Annales Cambriae à l'année 516, en faisant une victoire attribuée au roi Arthur.
     

    Dans l'abbaye de Bath, le Roi Arthur côtoie Saint-Georges...

     
     

    Le soir, nous rejoignons Redhill, près de l'Air-Port de Bristol. Nous rendons la voiture louée, qui m'a causé quelques tensions ( de conduite à gauche ...)...

    Ce voyage d'une semaine s'achève, avec l'impression de ne pas avoir pris assez de temps... Pourtant, je reviens avec des images, des sensations qui m'appellent à aller au-delà …
    La Quête continue ...

    (*) Georgienne ( et non géorgienne ( de Géorgie)) : Style anglais correspondant à la période de quatre premiers monarques anglais de la Maison de Hanovre (George Ier, George II, George III et George IV)...

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    La rencontre du mythe et de l'histoire des hommes... -3/4-

    Publié le par Perceval

    Merlin, serait un ''sorcier'', un mage... Ces personnages, en tant que prêtres des anciennes religions (druides, godi), ou en tant que devins ou sorciers, sont tenus pour des hérétiques, pour des êtres dangereux en raison de leurs pouvoirs diaboliques...

    Hugues de Saint- Victor (mort en 1141) par exemple, indique qu'ils tuent ou nuisent, confectionnent des amulettes, utilisent l'eau baptismale, les huiles saintes et le saint-chrême, font des statuettes qu'ils baptisent, font dire une messe des morts pour un vivant, utilisent charmes et incantations. Les pénitentiels nous apprennent qu'ils font des philtres pour susciter l'amour, provoquer l'avortement ou empêcher la fécondation...
    Une des principales occupations des sorciers est la confection d'amulettes : Césaire d'Arles proscrit le port de characteres, morceaux de bois, de métal, de pierre, de tissus ou de parchemin couverts de signes; le troisième concile de Tours (813) interdit le port d'os d'animaux morts et d'herbes incantées, s'attaque au port de langues de serpent...
     
    Cernunnos dieu celtique, symbolisé par le cerf ...
    Saint Edern sur son cerf volant


    Et, finalement …
    Une des formes que prend la lutte contre le paganisme est le développement d'un merveilleux chrétien: des déesses sont christianisées , comme sainte Brigitte en Irlande, les sources sont placées sous le patronage d'un saint thaumaturge, etc. Dès le VIe siècle l'hagiographie se développe, comme en témoignent la Vie de saint Martin, de Grégoire de Tours (538-594), puis celle de saint Cudhbert, de Bède le Vénérable (avant 705) ; des saints saurochtones apparaissent, la littérature des visions prend son essor à partir du VIIe siècle. Le commerce des reliques ou d'objets ayant appartenu à des saints vient peu à peu remplacer celui des phylacteria, ligaturœ, ligamina et charactered.
    La lutte contre les devins, augures, oracles et autres esprits ne cesse pas de tout le Moyen Age mais change à partir de 771 environ.

    Clovis et Clotilde

    La légende du baptême de Clovis est déjà, à bien des titres, remarquable : Dieu accorde la victoire au roi qui a promis d'embrasser la vraie foi, conception bien germanique de la réciprocité!

    la Saint Charlemagne en France 1892

    Jusqu'à l'avènement de Charlemagne, l'Église ne tolère rien qui ne fasse partie du dogme chrétien : ne va-t-elle pas créer une légende pour discréditer le souvenir populaire qu'a laissé Théodoric, cet arien? Le poids de la censure ecclésiastique est perceptible jusqu'au moment où l'Église trouve en Charlemagne le bras séculier qui lui faisait défaut.

    Plus qu'aucun de ses prédécesseurs, le nouvel empereur romain a le sentiment profond que la religion requiert la sollicitude du prince et qu'elle engage sa responsabilité. Il va donc faire régner, ou du moins le tenter, la. pax christi, une des raisons pour lesquelles il sera canonisé en 1165. Il combat l'adoptianisme aux côtés du pape, assure l'existence du clergé en donnant à la dîme le caractère d'un impôt, soutient l'Église par le biais de ses lois: en 789, il s'attaque à la sorcellerie , en 775- 790 aux repas cultuels.

    Sources : Paganisme, christianisme et merveilleux - Claude Lecouteux

    le Roi Arthur et Charlemagne - Castello della Manta

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    Sur les pas du Roi Arthur -12/.- Winchester

    Publié le par Perceval

    Notre prochaine étape concerne :Winchester, sa Cathédrale, et surtout le ''Castle Great Hall'' qui est le grand hall de ce qui reste du château, y est accrochée au mur : La table Ronde... !

    Si la ville est mentionnée par Geoffrey de Monmouth (1100 – 1155) dans son ouvrage Historia Regum Britanniae, notamment sous le nom gallois Kaer Guenit, comme un lieu lié à la légende arthurienne, c’est Sir Thomas Malory (1405 – 1471) qui identifie pour la première fois Winchester comme la mythique cité de Camelot, dans « Le morte D’Arthur ». Mais bien que la ville devienne la capitale des rois saxons au VIIe siècle puis de l’Angleterre au IXe siècle, rien ne la rend assimilable à la légendaire cité du roi Arthur.. Le château de Winchester ne fut construit qu’en 1067...

    Après notre installation chez notre hôte, nous parcourons les rues de cette petite ville, sous la pluie... Première étape : le Great Hall ; demain matin, nous partons vite pour revenir à notre point de départ – en passant par Bath, étape incontournable, et préparer le retour...
    Il pleut fort, et alors que quelques barrières semblent fermer le passage vers l'entrée du monument, nous passons outre. Une dame ''officielle de quelque chose'' courre vers nous pour nous empêcher d'aller plus loin... Nous comprenons que le 'Great Hall' est fermé exceptionnellement aujourd'hui pour le réserver à un mariage … ! Catastrophique … ! Nous tentons d'expliquer – en vain bien sûr – que nous venons de France, exprès, pour voir '' La Table ronde '' (*)...

    Il y a d'autres choses à voir, à Winchester, vous savez … ? Tenez, étiez-vous au courant que Jane Austen est enterrée dans la cathédrale … ?
    Une image d'une brochure illustre la carte 5 de coupe du Tarot de Jane Austen...
    Le cinq de coupe illustre la déception, et la perte d'une certaine illusion...

    L'objet de la Quête, n'est pas le but, mais le chemin. Qu'importe de voir, ou non, cette table... ?
    Il pleut toujours et nous rejoignons la rue piétonne. Nous naviguons entre les commerces, et nous offrons une pâtisserie avec un thé. Puis, quand la pluie cesse, nous reprenons notre visite...

    La cathédrale est l'une des plus célèbres cathédrales d'Angleterre, avec la plus longue nef et la plus grande longueur hors-tout de toutes les cathédrales d'architecture gothique d'Europe.
    Ici, eut lieu le deuxième couronnement de Richard Ier Coeur de Lion, à son retour de captivité (1194). puis beaucoup plus tard, les funérailles et l'inhumation de Jane Austen en 1817, morte, donc, dans la ville et inhumée dans l'allée nord de la nef. .
    La cathédrale de Winchester abrite une chorale professionnelle internationalement reconnue... Nous avons eu le privilège d'assister à une répétition ...
    Amusant de savoir, qu'en 2005, le bâtiment a servi de lieu de tournage au film Da Vinci Code, le transept nord a été employé pour représenter le Vatican...

    Un parc est attenant à la cathédrale, l’abbaye, nous y voyons des maisons anciennes... Au cours de notre promenadeAlfred le Grand, roi d’Angleterre au Xè siècle, aussi connu des britanniques que Charlemagne ou Clovis chez nous (et ayant vécu à peine un siècle après ce dernier). L’histoire d’Alfred le Grand est intimement liée à celle de Winchester : il a récupéré le petit bastion qui se dressait déjà là et en a fait un grand château royal, qui subit de nombreuses modifications et resta occupé jusqu’à l’époque victorienne.
    , nous tournons autour d'une immense statue : il s'agit d’un seigneur du haut Moyen-Âge, tenant bouclier et brandissant épée. Non … Ce n'est pas le Roi Arthur ; il s’agit d’

     

    (*) La table ronde (5 m de diamètre) en chêne, est mentionnée dans des archives du 14e s. Elle est décorée de peintures représentant le roi Arthur et la liste de ses chevaliers.

    Cette table aurait été fabriquée autour de 1250-1290, sous le règne d'Edward I, passionné par le récit arthurien, à l'occasion d'un tournoi.... Le décor peint actuel sur la table fut commandé par Henry VIII lors de la visite de l'empereur Charles V en 1522. L'œuvre montre les noms des 24 chevaliers de la cour du roi Arthur et désigne Henry VIII assis sur le siège du roi Arthur à la position de midi. Au centre, la double rose Tudor, symbole d’Henri VIII, rassemblant la rose rouge des Lancastre (dont il est héritier par son père) et la rose blanche des York (dont il est héritier par sa mère).

    Voici les chevaliers de la Table Ronde, selon l’ordre dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant de la droite d’Arthur (Le « S » rouge devant chaque nom signifie « Sir »)
    1. Galahad ; 2. Lancelot du Lac ; 3. Gauvain ; 4. Perceval ; 5. Lionel ; 6. Tristan ; 7. Gareth ; 8. Bedivere ; 9. Blioberis ; 10. Breunor le Noir ; Lucan ; Palamedes ; Lamorak ; Bors ; Saphar ; Pellinore ; Kay ; Hector ; Dagonet ; Degore ; Brunar ; Guinglain ; Alymore ; et 24 Mordred.

    Il manque certains noms, comme Yvain, qui fait pourtant l’objet d’un roman par Chrétien de Troyes, et son cousin Calogrenant.

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    Sur les pas du Roi Arthur -11/.- Cadbury-Camelot

    Publié le par Perceval

    Enfin, avant d'atteindre Stonehenge ; nous quittons la quatre-voies ( la A303) pour se dégourdir les jambes dans une petite ballade qui nous amène, par un sentier boisé sur les hauteurs de ''Camelot ''. Sur le petit espace de stationnement, nous rejoignons deux voitures. Nous sommes à South Cadbury dans le Somerset.

    Cette colline ( + de 500 pieds de haut) est appelée Cadbury Castle, avec ses cinq remparts de terre massifs renfermant un plateau d'environ dix-huit acres ( mesure anglaise! 18*0.4ha= 7.2 hectares). John Leland ( mort en 1552) érudit et historien anglais, a recueilli les croyances locales qui affirmaient que cette colline était le Camelot d'Arthur (1542). Des fouilles à grande échelle, dans les années 1960, ont révélé l'occupation de Celtes de l'âge du fer, et s'y trouvaient des remparts, une guérite, et plusieurs bâtiments sur le plateau, y compris une grande salle de fête. Le lieu devient une une vaste citadelle avec les romains...
    Des légendes populaires racontent qu'Arthur se trouve endormi, ici, dans une caverne fermée par des portes de fer, ou peut-être même d'or. Une fois tous les sept ans à la veille de Noël, les portes s' ouvrent, pour laisser passer le Roi Arthur et ses chevaliers... Si on ne les voit pas, on peut néanmoins entendre le bruit du battement de leurs sabots.


     

     

    ****** Stonehenge dans la plaine de Salisbury, ne nous écarte pas de notre tradition arthurienne. Geoffrey de Monmouth, décrit ce lieu magique, comme étant un mémorial de guerre britannique érigé par Merlin. Pourtant, nous ne nous y attardons pas... Nous avons préféré la vue du haut de la colline de Cadbury.

     


    Tout proche, Amesbury nous rappelle qu'ici se trouvait un grand monastère de 300 moines, détruit au 6ème siècle par les païens ; ce qui n'est pas anodin et renvoie à l'influence du paganisme, et sa place à défendre contre l'avancée inéluctable du Christianisme... Le monastère sous la plume de Gildas, Nennius et Geoffroi aurait été fondé par Ambrosius Aurelianus, chef de la résistance bretonne à l’envahisseur saxon après la chute de Vortigern.


    Selon Malory, l’abbaye d'Amesbury, serait le refuge de la reine Guenièvre, après la mort d'Arthur. Elle y serait devenue religieuse. Lancelot, est même venue ici la trouver ; à sa vue, elle serait tombée évanouie. Se sentant coupable, elle le supplie de la laisser expier, et lui l'encourage à se retirer également dans la vie monastique … Plus tard, Lancelot apprend en rêve, la mort de la reine, et revient à Amesbury pour l'enterrer au côtés d'Arthur.

    Passer de Merlin et Viviane, au tout début des chroniques du Roi Arthur, au monastère avec la mort de Guenièvre , laisse entrevoir le difficile passage du paganisme au christianisme, sans que cela ne se transforme en guerre et en destruction de l'un par l'autre... Nous avons besoin des deux.
    C'est cette image de complémentarité, que j'ai reconnue dans ce jeune couple, qui longeait le site de Cadbury, et marchait sur le haut des talus enlacé, en faisant ainsi le tour des fortifications de ''Camelot''. Ils représentaient la carte du Tarot ( XX), appelée ''Les Amoureux''. Ils sont les maîtres de notre monde intérieur et évoquent l'union parfaite des énergies masculines et féminines...

    Totnes, et sa grande rue commerçante, nous donne l'image de la petite ville anglaise, qui garde ses traditions britanniques... De plus, c'est jour de marché. De par son passé historique, on dit que Totnes est l’un des joyaux du Devon. En haut de la ville :Totnes Castle. A l'origine, ce château saxon était une construction de terrassement et de bois, mais au début du 13ème siècle, le donjon actuellement visible a été construite pour couronner le monticule.

     


     

     

    Ce soir, nous dormons à Exeter, dans un petit appartement fort spacieux. Ensuite nous nous rendons dans le centre par le bus ; ce qui nous apparaît comme une aventure en soi. Défi relevé, il nous conduit jusqu'à cette magnifique cathédrale.


    La cathédrale a été bâtie (1050) peu après l’arrivée de Guillaume le Conquérant. Construite à partir du XIIe siècle en architecture normande, puis gothique à partir du milieu du XIIIe siècle et achevée pour l'essentiel vers 1400, elle fut détruite en partie sous Henry VIII puis reconstruite sous Charles II, mais le bâtiment a surtout souffert des bombardements sous la 2e Guerre Mondiale.

    Elle possède plusieurs caractéristiques notables dont un premier ensemble de miséricordes, des plafonds décorés, une horloge astronomique, une galerie de ménestrels, une bibliothèque de livres médiévaux, des reliques, des sépultures et la plus longue voûte ininterrompue d'Angleterre.

    Widsith est un poème en vieil anglais de 143 lignes. Ce poème ne survit que dans le livre d' Exeter , un manuscrit écrit à la fin du 10ème siècle.
    Le poème est pour l'essentiel une descriptions de hauts personnages, de rois et de héros de l' Europe dans l' âge héroïque de l' Europe du Nord.

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