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Religion et dialogue ...?

Publié le par Perceval

« Comment Vatican II développe-t-il la cohérence théologique de cette ré-interprétation positive des confessions, religions et convictions autres ? À partir d'un modèle de type concentrique. Geocentricite-terre-centre-univers-carte-09.jpgAu centre, se trouve l'Église catholique romaine: celle-ci est l'unique dépositaire de la totalité de la vérité révélée (et donc finalement de la vérité humaine) et de la totalité des moyens de salut. Autour d'elle, il y a des cercles de plus en plus larges, et de plus en plus éloignés de ce foyer de vérité : d'abord l'Église orthodoxe et les Églises de la communion anglicane, avec lesquelles il y a presque unité dogmatique; un peu plus à l'extérieur, il y a les Églises de la Réforme ; puis les grandes religions monothéistes, et ensuite les religions animistes ; et enfin les humanismes agnostiques ou athées. L'éloignement du centre signifie un progressif dégradé de la vérité : plus on s'en écarte, moins on en possède des parcelles (...)

Vatican II a profondément changé le regard que les catholiques jettent sur les autres, en dehors de groupes minoritaires intégristes. Il paraît de plus en plus évident, cependant, que le modèle concentrique est lui-même insatisfaisant. Les prétentions de l'Église catholique romaine à posséder la totalité de la vérité paraissent exorbitantes, d'autant plus qu'il est devenu évident qu'elle s'est si souvent trompée dans l'histoire. De plus, on reconnaît bien aujourd'hui que dans la dramatique rupture de la Réforme, Luther avait raison sur un certain nombre de points. En outre, on fait l'expérience de s'enrichir à la rencontre des autres traditions chrétiennes, celles de l'Orient, entre autres, qu'on connaissait si peu. Et aussi dans la rencontre des grandes religions, et chez nous dans la rencontre des convictions séculières humanistes, agnostiques ou athées. Il y a certainement une part de vérité dans certaines critiques athées contre l'Église, et en positif l'expérience morale et spirituelle de l'existence séculière nous apporte aussi son propre éclairage. « La prétention de l'Église catholique à être le foyer de toute vérité semble de plus en plus insupportable. La-cle-de-la-verite.jpgCertains affirment que la majorité des catholiques n'y croirait plus — on ne sait s'il s'agit de catholiques pratiquants ou de ceux qu'on catalogue ainsi parce qu'ils ont été baptisés un jour et ne se sont ensuite jamais soucié de cette religion. Mais alors, est-ce le relativisme total ? Tout se vaut-il ? C'est en tout cas la plus grande crainte des autorités ecclésiales aujourd'hui. Est-il possible de proposer un autre modèle de compréhension, qui soit radicalement fidèle à la tradition de foi ? »


Ignace Berten (o.p.) dans ce passage d'une conférence donnée au CIL (Conseil Interdiocésain des Laïcs de Wallonie-Bruxelles)

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Foi et dialogue.

Publié le par Perceval

Lorsque nous parlons de spiritualité, nous reconnaissons entre nous que la question décisive est celle de « la vérité de l’humain », « du sens » que nous donnons à la vie … Il s’agit - secondairement – d’un choix de doctrine religieuses.

Aujourd’hui le mot « spiritualité «  n’est plus banni au profit de la seule « raison ». Il y a une revendication explicite de spiritualité de la part d’hommes et de femmes an dehors du champ religieux… Doctrine-pape.jpgAujourd’hui le « désenchantement » est du côté des scientistes positivistes …

La croyance sans appartenance, l’adhésion sélective… sont aujourd’hui répandues. Et c’est sans doute dans le domaine du corps, de l’amour, de la famille qu’ont eu lieu le plus grand mouvement d’exculturation ( la contraception, le divorce, l’homosexualité, l’avortement …). L’Eglise a perdu son autorité pour définir les règles de la morale commune…

La spiritualité aujourd’hui compose avec le christianisme, bien sûr, mais aussi avec «  la kabbale, les religions anciennes (ou ce qu’on leur attribue), les traditions religieuses orientales, mais aussi l’astrologie, les traditions gnostiques ou occultistes, les perspectives holistiques et cosmiques, en lien souvent avec les multiples propositions thérapeutiques parallèles.

" Cette quête spirituelle, dans toutes ses ambivalences, est liée à la fois au doute posé sur la raison technoscientifique, aux incertitudes et insécurités du présent, et à un impératif culturel très prégnant, étroitement lié à un individualisme relationnel. »

 

* La question du sens :

sens-de-la-vie.jpg

-          Le travail et le chômage, nous interpellent : En quoi les pauvres ont-ils de véritables droits à faire valoir vis-à-vis des riches ? Sur quoi se fonde cette solidarité ?

-          Les biotechnologies : face aux nouvelles possibilités des sciences de

la vie et de la biomédecine, qu’est-ce que la dignité humaine ?

-          Le corps, .. : qu’est-ce qui est expression de la dignité humaine ?

-          L’environnement …

-          Le pluralisme … et les options fondamentales communes qui s’imposent à tous ? ( les droits de l’homme ? )

 

* Une nouvelle culture de débat :

Le discours religieux a sa place, face au droit du plus fort, à la raison cynique du consumérisme et du plaisir, à la raison d’état… en ce qu’il est porteur d’une dimension plus intuitive et plus « spirituelle ».. cafe-philo.jpgPar contre, oui : l’argument d’autorité ou de tradition est privé de pertinence… Cela n’exclut pas la parole de conviction, mais alors l’argumentation doit laisser place à la considération de la parole et à l’interprétation… Il ne s’agit pas seulement de convaincre ou de rechercher une vérité ; il s’agit d’ouvrir un débat.

A choisir entre une décision prise à la majorité, nous préférons la recherche d’un consensus, pour ne pas exclure une minorité. Un compromis est toujours provisoire : nous reconnaissons qu’une « évolution » peut faire bouger les lignes … Il s’agit également de faire place à «  l’objection de conscience » …

 

* L’Eglise catholique peut-elle rester « intransigeante » ?

Si l’Eglise s’affirme seule détentrice de la vérité ; si elle affirme de plus que seule une référence à « Dieu » ( lequel ? ) permet d’assurer un fondement moral à la vie. Par là, elle sape toute possibilité de principe d’une recherche commune en vue d’une société plus humaine puisque, a priori, si les autres pensent différemment, c’est qu’ils sont dans l’erreur… Cependant religions, associations philosophiques dialoguent, mais alors quel type de dialogue ?

Que propose donc la théologie ?

Jerusalem.jpgLors du symposium du CCEE (Conseil des conférence épiscopales d'Europe ) , le cardinal Vlk, dans son intervention de conclusion déclarait que le pluralisme « est un fait social inévitable par rapport auquel personne ne peut ni ne veut revenir en arrière. Nous trouvons le pluralisme non seulement dans la société, mais aussi dans nos Églises, et même au sein des personnes. Il ouvre la voie à une pluralité et une pluriformité riches. On ne doit certes pas le glorifier, mais il porte en lui une chance, celle de comprendre l’unité comme plénitude de diversités. »

Cependant, il semble que les théologiens, les évêques ne soient pas « libres » .. ! Parole difficile dans une Eglise crispée et une laïcité qui se méfie de toute parole catholique… ! Certains théologiens comme André Léonard ne semblent appelés qu’à diffuser et argumenter les positions du Magistère.

ignace-Berten.jpg

 

 

 

« La vérité de l’humain n’est pas donnée, mais est en permanence à rechercher concrètement ; de plus, personne ne possède la vérité et dans la complexité des situations et des décisions à prendre, il n’y a pas une seule conception de la dignité humaine qui puisse s’imposer. » Ignace Berten ( Dominicain, théologien et philosophe, membre d'Espaces, enseignant à Domuni)

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Dialogue: le bouddhiste centré sur 'soi' ?

Publié le par Perceval

" Nous pourrions définir la compassion comme la sensation de l'insoutenable devant la souffrance de l'autre, de tout être sensible.

Par la vraie compassion, nous souhaitons mettre fin aux souffrances des autres et nous nous sentons responsable vis-à-vis de ceux qui souffrent. "

 

  Le XIV° dalaï lama ( actuel )

 

 

compassion-bouddhisme.jpg

"L'origine de toute joie en ce monde

 

Est la quête du bonheur d'autrui ;

 

L'origine de toute souffrance en ce monde

 

Est la quête de mon propre bonheur."

 

SHANTIDEVA (687-763)

 

 

****

 

"S'il y a compassion dans le bouddhisme, elle est cependant très différente de la compassion chrétienne, puisqu'elle se vit dans la direction d'un esseulement toujours plus grand et de la recherche d'une vacuité stérile, l'extinction."

Joseph Marie Verlinde, L'expérience interdite,

 



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Religion naturelle et religion révélée : Paul Tillich ( 2 )

Publié le par Perceval

N’est-il pas trop simple de distinguer une « théologie naturelle », qui se suffirait à elle-même , et une « théologie de la révélation » qui ne reconnaitrait, au mieux, en la « théologie naturelle » qu’une infrastructure de départ?


Mainsjointesspiritualite.jpgSuffit-il de dire, que la révélation a sa source ailleurs qu’en nous et de souligner sa radicale altérité ?  Ne faut-il pas, aussi, expliquer comment elle nous rencontre et montrer ce qui nous permet de l’accueillir et l’entendre ?  Si la Parole divine nous était totalement étrangère, si elle ne répondait pas à une attente, elle ne nous toucherait ni ne nous concernerait si peu que ce soit. Elle ne nous atteint que s’il y a en nous une interrogation ou un désir qui en rende l’écoute possible. Personne ne la recevrait sans une correspondance entre ce qu’elle dit et ce que nous sommes.

La Bible utilise largement le langage religieux du monde environnant. Elle le transforme certes, mais pas complètement. Si la Parole de Dieu sauve et révèle, c’est qu’elle se dit au travers de notre culture, sinon elle ne sauverait pas … Elle détruirait. Certes, elle convertit, elle ébranle et retourne…

Il ne faut pas que l’affirmation d’un « crédo » coupe la religion de la culture, la prive de tout enracinement humain et enlève à la révélation son caractère universel pour en faire un impérialisme ou un « absolutisme » particulariste. Bien sûr, une démarche purement intuitive, raisonnée ( « naturelle » ), élimine toute référence à une véritable transcendance et pourrait affaiblir la divinité de Dieu …

 

Pour éviter les écueils, TILLICH propose une méthode : la méthode de corrélation :

-         La théologie puise sa substance, sa matière (ce qu’elle dit) dans la révélation tandis que la culture détermine sa forme (la manière de le dire). Il y a corrélation quand on exprime le contenu de la révélation dans le langage et dans les catégories de pensée qu’analyse la philosophie de la religion.

-         La théologie formule les réponses qu’apporte la révélation aux grandes questions qui s’expriment et émergent dans la culture. christ-pantocrator-palermo.jpegIl y a corrélation quand on montre que les problèmes de l’homme trouvent leur solution dans la parole que Dieu lui adresse.

N’imaginons pas une révélation à l’état pur, une parole éternelle ou une essence du christianisme qu’on pourrait isoler avant de les traduire dans des langages particuliers et dans des situations diverses. L’évangile (au sens de parole divine exprimée et annoncée) est toujours culturel et contextuel ; « la révélation et la réception de la révélation forment un tout indissociable » ; le divin se manifeste toujours dans une chair…

L’interrogation a quelque chose d’étonnant et de paradoxal. Questionner suppose une précompréhension de ce qu’on quémande. Si on n’en avait aucune idée, aucun pressentiment, aucune expérience, on ne pourrait même pas songer à solliciter… Une révélation obscure amorce la recherche de la révélation ; une présence absente de Dieu conduit à s’interroger sur Dieu et à le désirer. Dieu est la source de notre quête et pas seulement sa visée ; il est la présupposition de la question de Dieu.

À l’inverse, la réponse, celle qu’apporte la révélation transcendante, n’épuise pas ni ne supprime la demande en comblant le vide d’où elle jaillit, mais elle la déplace, la dérange et la relance.

 

Source : Philosophie de la religion et méthode de corrélation chez Paul Tillich, d’André Gounelle

http://www.erudit.org/revue/ltp/2009/v65/n2/038403ar.html#no38

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Conte: La soif

Publié le par Perceval

Conte retranscrit d’un conte de Polo Coelho: la soif.

 

Un homme, sa femme et sa fille marchent sur une route. Quand passant près d’un chêne énorme, la foudre tombe de manière fortuite et tous trois foudroyés, passent le saut de la mort…


Ce fut si brusque, qu’ils ne se sont pas aperçus qu’ils avaient abandonné le monde d’ici-bas… Et il continuent comme si de rien n’était, leur chemin…

La route était très longue, le chemin élevé. après l'orage, le soleil est brûlant : ils sont en sueur, donc assoiffés…

mirage1.jpg

Dans un virage, surprise… Un palais comme on en voit à Rome, puis ils voient un magnifique couloir de marbre qui conduit à une place pavée d’or. L’homme s’adresse à celui qui en garde l’entrée :

- Bonjour, Monsieur !

- Paix sur Toi, répond le Gardien

- C’est incroyablement joli ! Où sommes-nous ?

- Ceci est le Ciel, chercheur d’absolu !

- Comment est-ce possible !!  S’exclame-t-il avec allégresse. J’ai trouvé l’entrée ! Magnifique ! Nous sommes sauvés, et nous avons si soifs…

- Bien sûr, lui répond le gardien. Vous pouvez entrer et boire tout ce qu’il vous plaira !

Et le gardien indique la source mais en prenant soin de rajouter que seuls les hommes ont le droit à l’accès.Le-puits-d-El-Omayr--l-eau-dans-la-tradition.jpg

- Mais … ! Ma femme, ma fille …elles ont aussi soifs ! C’est ma compagne de vie, et notre fille…

-Désolé cher Ami ! Telle est la loi de notre Ciel ! Les femmes n’ont pas accès à La source… C’est très compliqué C’était ainsi autrefois, et cela a toujours été …

 

Alors le marcheur déçu, se lève car même s’il a très soif, il ne veut pas être le seul à se désaltérer. Il refuse d’entrer et remercie le gardien, et reprennent le chemin.

 

Epuisés, assoiffés, à la sortie d’une grosse côte, les trois pèlerins arrivent à un autre endroit, dont l’entrée est marquée par une porte si vieille qu’elle en est rongée de partout.. Mais cette porte donne sur un joli sentier de terre parsemé d’arbres centenaires.

A l’ombre de l’un de ces arbres, il y a un homme couché, tête couverte par un chapeau de paille. Il doit certainement dormir sous ses brises de fraîcheur.

- Bonjour, dit le marcheur.

L’homme toujours couché répond par un geste de la tête.

- Nous avons très soifs, ma fille, ma femme, et moi-même.

- Il y a une source entre ces roches au carrefour, lui dit l’homme couché en indiquant du doigt le chemin. Vous pouvez boire toute l’eau que vous voulez.

L’homme, et les deux femmes s’en vont à la source et apaisent leur soif. Ils retournent alors remercier cet homme.

jesus-au-puit.jpg- Vous pouvez revenir si vous le souhaitez quand vous voulez, lui répond-il.

- Mais où sommes-nous au fait ?

- au CIEL.

- Encore le Ciel ?! Mais il y a quelques heures, nous avons rencontré un gardien protégeant une allée de marbre et d’une place d’or qui m’a dit que c’était le Ciel là-bas ! Je ne comprends pas ?

- Mensonge ! dit l’homme en se redressant. C’était l’Enfer !

 

Le marcheur reste perplexe et pensif… Il prend à nouveau la parole :

Vous devriez interdire qu’ils utilisent votre nom ! Cette fausse appellation est une tromperie et doit provoquer hélas de grandes confusions pour tous les gens perdus sur les sentiers !

 

- Au contraire ! reprit l’homme de l’arbre. En réalité, ils nous font une grande faveur ! Parce que tous ceux qui sont capables d’abandonner les êtres qu’ils aiment, quelque soit leur nature, restent là-bas…

 

Ici, nous vivons, en Esprit et vérité, quelque soit notre nature …

 

femmepretre.gif  mainjesus.jpg


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Pourquoi: La Beauté ?

Publié le par Perceval

Réflexions sur la Beauté, à partir de textes de François CHENGFrancois_Cheng.jpeg


La beauté n’est pas nécessaire… Elle existe, alors qu’elle n’est pas nécessaire…

 

Dans le même ordre, il y a le beau, le bien et le vrai …

A l’ opposé le Mal. Sauf, peut-être que le mal n’est que l’absence de bien … ?

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La beauté est-elle superflue ?

Elle semble répondre à mon « désir », à moins que ce soit mon désir qui se représente la beauté ?

 

Nous espérons échapper au Mal… mais, la souffrance est bien là !


Pourquoi la phrase de Dostoïevski : « C'est la beauté qui nous sauvera. » ?

alphonseosbert1 themuseatsunrise

Que possède donc la beauté, pour être plus que son apparence ?  

Son essence est faite de mon désir du beau…peut-être, mais aussi dans son « être ». Il ( Elle ) est là, et j’aspire à partager la plénitude de sa présence …

papillon-fleur.jpg

La beauté advient, elle est un événement, une épiphanie… Comme le divin.


La beauté implique une rencontre… Il y a au minimum, le beau et le regard qui le capte. Au mieux, dans la rencontre, il y a une révélation comme un tableau est le fruit de la rencontre entre le paysage et le peintre…

Caspar David Friedrich 032

La beauté est le résultat d’une composition : « Je cherche les notes qui s'aiment » Mozart :

 

La beauté est singulière.

visage-fleur.jpg

 

 


« C'est la grâce qui se lit à travers la Beauté et c'est la bonté qui transparaît sous la grâce. Car la bonté, c'est la générosité infinie d'un principe (de vie) qui se donne. Les deux sens du mot grâce n'en font qu'un. » Bergson

 

  

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Religion naturelle et religion révélée : Paul Tillich ( 1 )

Publié le par Perceval

Le christianisme se renie t-il et se dénature t-il  quand il s’écarte si peu que ce soit, dans sa réflexion sur lui-même et sur son message, d’une démarche fondée sur la seule révélation ?


eros-univers.jpgLa « religion naturelle » désignerait une religion où la « nature humaine » n’est pas « réceptrice », comme dans une religion révélée, mais « productrice ». Cette religion trouverait en l’être humain sa source et ses contenus. Ainsi, la réflexion autour de « la divinité », correspondrait à une catégorie de la raison humaine...


Dieu ne se révèle pas uniquement en un point : Jésus-Christ, mais en une ligne : l’histoire… Bien sûr, " l’Un " ne craint pas le paradoxe d’être point et droite… ! L’homme a accès à une dimension historique de la révélation.

L’humain découvre hors de lui, dans le cosmos, un Dieu étranger à son être propre ; et tout à la fois, il rencontre en lui, dans les profondeurs de son être, un Dieu qui ne lui est pas extérieur, mais intérieur et intime.Dieu-transcendant.jpg


Y aurait-il une sorte de « théologie naturelle » qui serait inférieure, ou ne serait-elle qu'une introduction à la théologie de la révélation ?

A l’inverse, un exemple chez Rousseau, la religion naturelle du vicaire savoyard affirme l’inutilité et la nocivité de toute référence à une révélation…

 

La première ne pourrait-elle pas être un point d’attache, un ancrage qui permet à la Parole de Dieu, de nous atteindre ?

 

 

  A suivre ....

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Lecture de l'épisode du Graal

Publié le par Perceval

L’épisode du Graal est une scène « unique », énigmatique et mystérieuse. Elle fera ensuite l’objet de trois commentaires : Graal-porte-demoiselle.jpgcelui de la cousine, celui de la demoiselle à la mule fauve et enfin celui de l’ermite. Ils font appel au « péché » de Perceval, il est chassé du château …

 

Cette scène a un caractère merveilleux, un peu comme s’il s’agissait d’un rêve… Elle n’a pas d’emblée un caractère chrétien. Même si elle se présente comme « liturgique » …Il s’agit de guérir le roi blessé ( entre les hanches ) et de redonner fécondité à sa terre. Perceval ne saura pas y prendre part.

 

S’il y a une procession avec des cierges, un calice… La lance saigne, ce ceux sont des jeunes filles qui portent deux des objets sacrés, et l’assistance  est celle d’un repas fastueux. L’explication de l’ermite invite à voir dans le Graal un ciboire dans lequel est portée l’hostie destinée au père du Roi pêcheur. Aussi, sommes-nous invité à donner une signification religieuse à la lance. Elle saigne, et accuse Perceval de son impiété ( Le christ est mort pour racheter les hommes ). Une partie du mystère du Graal, lui est révélée après sa conversion du vendredi saint.

 

Graal-culte-eucharistie.jpg

 

Le conte du Graal, offre dans cette scène un matériaux qui a subi d’autres influences que le christianisme.Graal-demoiselle.jpg Ce n’est que plus tard, vers l'an 1200, en particulier avec Robert de Boron, que le Graal est la coupe qui ramassa le sang de Jésus Christ sur la croix et la coupe qui se trouva à la Cène.

Un graal entre ses .2. meins

Une damoisele tenoit, (Perceval, 3158-3159)

 

- Dans la tradition médiévale, Il était absolument interdit aux femmes de prendre un tel rôle dans une procession de l’Eucharistie selon l’église catholique.

 

- La règle du silence, était de bonne éducation… Le récit, cependant en fait la critique, et Perceval ne peut s’empêcher de vouloir comprendre : Il cherche à savoir pourquoi « Tant sainte chose est li Graals » ou « Le Graal est chose si sainte » (Perceval, 6351), et à qui l’on fait son service. Mais, il se tait ! Le modèle religieux consistait, alors, à exiger la foi sans questionner…


Par ailleurs, on lit que les aventures de Perceval, vont consister en une exploration de soi :

Au début de sa quête : il savait peu à propos de sa famille jusqu’au moment où sa mère lui explique que son père et ses frères étaient des chevaliers : Perceval rencontre sa cousine à son départ du château du Graal qui lui donne son nom (nous découvrons le nom du Perceval pour la première fois (*)  ). Et, il apprend encore plus de sa famille chez l’ermite, qui lui explique qu’il est son neveu… Le Roi Pêcheur et celui qui est servi par le Graal sont des membres de sa famille.

 

La quête de Perceval est provoquée par son silence qui lui a fait perdre les mystères du Graal, et c’est alors que commence réellement la quête du Graal…

 

(*) Il faut trouver, pour le chevalier, la brèche qui conduit d'un monde à un autre. Perceval l'a trouvée et son nom révèle cette découverte. N'est-il pas celui qui a percé le secret du Val ? En fait, il a su obéir au conseil du mystérieux Roi Pêcheur, à qui il rend visite dans le château du Graal :      « Grimpez le long de cette brèche, lui dit-il, qui est taillée dans le rocher, et, quand vous serez arrivé là-haut, vous verrez devant vous, dans une vallée, une maison où j'habite. Dans le roc, symbole de la densité, une brèche s'ouvre et monte : telle est la voie. »

 

depart-de-la-Quete.jpg

 

Pour le lecteur du Conte du Graal, il s’agit aussi d’une quête, et l’interprétation de l’histoire pourrait être celle-ci : ( à suivre ) :

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La procession du Graal au château du Roi Pêcheur

Publié le par Perceval

Episode du GRAAL, dans le château du Roi Pêcheur: Texte de Chrétien de Troyes

 

Parsifal quête

Et il s'en va, la lance haute, armé comme il était venu.

Il tient chemin toute la journée, sans faire rencontre de nulle créature terrienne qui lui sache indiquer sa voie. Sans cesse il fait prière à Dieu, le Père Souverain, Lui demandant, s'Il le veut bien, de trouver sa mère en bonne vie et en santé.

Il priait toujours quand, descendant d'une colline, il parvient à une rivière. L'eau en est rapide et profonde. Il n'ose s'y aventurer. "Seigneur, s'écrie-t-il, si je pouvais passer cette eau, je crois que je retrouverais ma mère si elle est encore en ce monde!"

Il a longé la rive. Approche d'un rocher entouré d'eau qui lui interdit le passage. À ce moment, il voit une barque qui descend au fil du courant. Deux hommes y sont assis. Sans bouger il les attend, espérant les voir au plus près. Mais ils s'arrêtent au milieu de l'eau, ancrent leur barque fortement. L'homme à l'avant de la barque pêche à la ligne, piquant à l'hameçon le leurre d'un petit poisson pas plus gros que menu vairon.

Le chevalier qui les regarde, ne sait comment il peut passer cette rivière. Il salue les gens. Il leur dit: "Seigneurs, me direz-vous où il est un pont ou un gué?"

Le pêcheur lui répond:

"Non, frère, vingt lieues en aval ou amont il n'est ni gué, ni pont, ni barque plus grande que celle-ci qui ne porterait pas cinq hommes. On ne peut passer un cheval. Il n'est ni bac, ni pont, ni gué.

-Par le nom de Dieu, dites-moi où je trouverai un logis pour cette nuit.

-Vous en aurez besoin, c'est vrai. De logis comme d'autre chose. C'est moi qui vous hébergerai pour cette nuit. Montez par cette brèche que vous voyez là dans la roche. Quand vous serez dessus le haut, vous apercevrez un vallon et une maison où j'habite près de la rivière et des bois."

Pousse son cheval par la brèche jusqu'au sommet de la colline. Il regarde au loin devant lui mais ne voit rien que ciel et terre. "Que suis-je ici venu chercher sinon niaiserie et sottise? Que Dieu couvre de male honte qui m'a enseigné mon chemin! Vraiment, je vois une maison à découvrir ici en haut! Pêcheur, tu m'as dit un beau conte! Tu as été trop déloyal si tu me l'as dit pour me suivre!"

À peine a-t-il ainsi parlé qu'il aperçoit en un vallon la pointe d'une tour. De ce lieu-ci jusqu'à Beyrouth on n'eût point trouvé une tour si bien plantée! Oui, c'était une tour carrée de pierre bise et deux tourelles. L'était en avant une salle et, devant la salle, des loges.

Le cavalier descend par là. "Celui qui m'enseigna la voie, il m'a bien conduit à bon port!" Maintenant se loue du pêcheur et, comme il sait où héberger, ne le traite plus de tricheur ou de félon ou de menteur. Joyeux il s'en va devers la porte. Trouve baissé le pont-levis.

Tout juste est-il dessus le pont qu'il rencontre quatre valets. Deux valets ôtent son armure, un autre emmène son cheval, lui donner avoine et fourrage; le dernier vient au cavalier et lui recouvre les épaules d'un manteau de fin écarlate neuf et brillant. Les valets le mènent aux loges. D'ici au moins jusqu'à Limoges on n'en eût trouvé de si belles. Le cavalier s'y attarde jusqu'au temps où viennent le quérir deux serviteurs. Il les suit. Au milieu d'une vaste salle carrée se trouve assis un prudhomme de belle mine, aux cheveux déjà presque blancs. Il est coiffé d'un chaperon de zibeline aussi noire que mûre. S'enroule autour du chaperon une étoffe de pourpre. De mêmes matières et couleurs est faite la robe du prudhomme. Penché, il s'appuie sur son coude. Au milieu de quatre colonnes, devant lui brûle un clair grand feu. Si grand que quatre cents hommes au moins auraient pu se chauffer autour sans que la place leur manquât. Les hautes et solides colonnes qui soutenaient la cheminée étaient oeuvres d'airain massif. le roi pêcheurAccompagné des deux valets, devant ledit seigneur paraît l'hôte qui s'entend saluer: "Ami, vous ne m'en voudrez point si pour vous faire honneur je ne puis me lever: mes mouvements sont malaisés."

L'hôte répond: "Au nom de Dieu n'ayez souci! Toutes choses sont bien ainsi."

Le prudhomme s'en soucie si fort qu'il fait effort pour se soulever de son lit. Il dit: "Ami, ne craignez point! Approchez-vous! Asseyez-vous tout près de moi. Je vous l'ordonne."

L'hôte s'assoit. Et le prudhomme lui demande:

"Ami, d'où venez-vous aujourd'hui?

-Sire, ce matin j'ai quitté un château nommé Beaurepaire.

-Dieu me garde! Vous avez eu longue journée! Ce matin vous étiez en route avant que le guetteur ait corné l'aube!

-Non sire. C'était déjà prime sonnée, je vous assure."

perceval-recoit-l-epee-du-roi.jpg

Pendant qu'ils parlent entre un valet, une épée pendue à son cou. Il l'offre au seigneur qui la sort un peu du fourreau et voit clair où l'épée fut faite car c'est écrit dessus l'épée. Il la voit d'un acier si dur qu'en aucun cas elle ne se brise sauf un seul. Et seul le savait qui l'avait forgée et trempée.

Le valet, qui l'avait portée, dit: "Sire, la blonde pucelle, votre nièce la belle, vous fait présent de cette épée. Jamais n'avez tenu arme plus légère pour sa taille. La donnerez à qui vous plaira, mais ma dame en serait contente si cette épée était remise aux mains de qui serait habile au jeu des armes. Qui la forgea n'en fit que trois. Comme il mourra, n'en pourra jamais forger d'autre."

Sitôt le seigneur la remet au jeune hôte, la présentant par les attaches valeureuses telle un trésor. Car le pommeau était en or, de l'or le plus fin d'Arabie ou bien de Grèce, le fourreau d'orfroi de Venise. Si précieuse, il lui en fait don: "Beau sire, cette épée fut faite pour vous. Et je veux qu'elle soit à vous. Ceignez-la et dégainez-la."

Ainsi fait le jeune homme en remerciant. Et, la ceignant, laisse un peu libre le baudrier. Tire l'épée hors du fourreau et, quand il l'a un peu tenue, il la remet. Elle lui convient à merveille, au baudrier comme au poing. Et il paraît bien être l'homme à en jouer en vrai baron.

Il confie l'épée au valet gardant ses armes, qui se tient debout près des autres autour du grand feu vif et clair. Puis volontiers vient se rasseoir auprès du généreux seigneur. Telle clarté font dans la salle les flambeaux qu'on ne pourrait trouver au monde un hôtel plus illuminé!

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Comme ils parlaient de choses et d'autres, un valet d'une chambre vint, qui lance brillante tenait, empoignée par le milieu. Il passa à côté du feu et de ceux qui étaient assis. Coulait une goutte de sang de la pointe du fer de lance et jusqu'à la main du valet coulait cette goutte vermeille. Le jeune hôte voit la merveille et se roidit pour n'en point demander le sens. C'est qu'il se souvient des paroles de son maître en chevalerie. Ne lui a-t-il pas enseigné que jamais ne faut trop parler? Poser question c'est vilenie. Il ne dit mot.

Deux valets s'en viennent alors, tenant en main des chandeliers d'or fin oeuvré en nielle. Très beaux hommes étaient ces valets qui portaient les chandeliers. En chaque chandelier brûlaient dix chandelles à tout le moins. Une demoiselle très belle, et élancée et bien parée qui avec les valets venait, tenait un graal entre ses mains. Quand en la salle elle fut entrée avec le Graal qu'elle tenait, une si grande lumière en vint que les chandelles en perdirent leur clarté comme les étoiles quand se lève soleil ou lune. Derrière elle une autre pucelle qui apportait un plat d'argent. SangrealLe Graal qui allait devant était fait de l'or le plus pur. Des pierres y étaient serties, pierres de maintes espèces, des plus riches et des plus précieuses qui soient en la mer ou sur terre. Nulle autre ne pourrait se comparer aux pierres sertissant le Graal. Ainsi qu'avait passé la lance, devant lui les pierres passèrent. D'une chambre en une autre allèrent. Le jeune homme les vit passer, mais à nul n'osa demander à qui l'on présentait ce Graal dans l'autre chambre, car toujours il avait au coeur les paroles de l'homme sage, son maître en chevalerie.

Je crains que les choses ne se gâtent car il m'est arrivé d'entendre que trop se taire ne vaut parfois guère mieux que trop parler. Donc, qu'il en sorte heur ou malheur, l'hôte ne pose nulle question.

Le seigneur commande alors d'apporter l'eau, mettre les nappes. Et font ainsi les serviteurs. Lors le seigneur comme son hôte lave ses mains, dans une eau chauffée tout à point. Deux valets apportent une large tour d'ivoire faite d'une pièce, la tiennent devant le seigneur et son hôte. D'autres valets mettent en place deux tréteaux doublement précieux: de par leur bois d'ébène ils dureront un très long temps; nul danger qu'ils brûlent ou pourrissent. Rien de tel ne saurait leur advenir. Sur ces tréteaux les valets ont posé la table; sur la table étendu la nappe. Que dirai-je de cette nappe? Jamais légat ni cardinal ni pape ne mangera sur nappe plus blanche! Le premier plat est une hanche de cerf, bien poivrée et cuite dans sa graisse. Boivent vin clair et vin râpé servi dedans des coupes d'or. C'est sur un tailloir en argent que le valet tranche la hanche et en dispose chaque pièce sur un large gâteau.

Alors, devant les deux convives une autre fois passe le Graal, mais le jeune homme ne demande à qui l'on en sert. Toujours se souvient du prudhomme l'engageant à ne trop parler. Mais il se tait plus qu'il ne faudrait.

À chaque mets que l'on servait, il voit repasser le Graal par-devant lui tout découvert. Mais ne sait à qui l'on en sert. Point n'a désir de le savoir. Il sera temps de demander à l'un des valets de la cour le lendemain dès le matin quand il quittera le seigneur et tous ses gens.

On lui sert à profusion viandes et vins les plus choisis, les plus plaisants qui sont d'ordinaire sur la table des rois, des comtes, des empereurs.

Quand le repas fut terminé, le prudhomme retint son hôte à veiller pendant que les valets apprêtaient les lits et les fruits. On leur offrit dates, figues et noix-muscades, grenades, girofles, électuaire pour terminer et encore pâte au gingembre d'Alexandrie et gelée d'aromates.

Ils burent ensuite de plusieurs breuvages: vin au piment sans miel ni poivre, bon vin de mûre et clair sirop.

Le Gallois s'émerveille de tant de bonnes choses qu'il n'avait jamais goûtées.

Enfin le prudhomme lui dit: "Ami, c'est l'heure du coucher. Si vous me permettez je vais retrouver mon lit dedans ma chambre. Hélas, je n'ai nul pouvoir sur mon corps! Il faut que l'on m'emporte."

Entrent alors quatre serviteurs très robustes qui saisissent la courtepointe où le seigneur demeure couché et l'emportent dedans sa chambre.

Le jeune homme reste là, seul avec valets pour le servir et prendre bien soin de lui. Puis quand le sommeil le gagne, ils le déchaussent, le dévêtent et le couchent dans un lit garni de draps de lin très fins. Jusqu'au matin il y dormit.

Dès le point du jour s'éveilla. Toute la maison était déjà levée mais personne ne se trouvait auprès de lui. Il lui faudra donc s'habiller seul, qu'il le veuille ou non. N'attend une aide de quiconque, se lève et se chausse, va prendre ses armes posées là sur la table proche. Dès qu'il est prêt, il va de porte en porte qui étaient ouvertes la veille. Mais c'est en vain: portes fermées et bien fermées! Il appelle, il frappe très fort et encore plus, mais personne ne lui répond.

Il en est là, va à la porte de la salle. Elle est ouverte. Il en descend tous les degrés jusqu'en bas. Il trouve son cheval sellé, sa lance auprès de là et son écu contre le mur. Il monte et va partout cherchant mais il ne rencontre personne: sergent, écuyer ni valet. Le pont-levis est abaissé vers la campagne. Nul n'a donc voulu le retenir, quelle que soit l'heure, quand il voudrait quitter ce lieu! Mais il pense bien autrement: ce sont les valets, se dit-il, qui sont partis sur le chemin de la forêt relever des pièges et des cordes. Va donc aller de ce côté pour en trouver quelqu'un, peut-être, qui dise où l'on porte ce Graal et pourquoi cette lance saigne. Passe le pont pensant ainsi, mais quand il est dessus la planche il sent bien que les pattes de son cheval bondissent d'un coup. Par bonheur elles sautent à merveille, sinon cheval et cavalier auraient pu s'en tirer très mal! Il tourne la tête en arrière et voit qu'on a levé le pont sans que nul se soit montré. Il appelle, mais point de réponse.

Il crie: "Dis-moi, toi qui as levé le pont: Réponds-moi! Où te caches-tu? Montre-toi, car j'ai quelque chose à te dire!"

Vaines paroles! Nul ne lui répondra.

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Paul Tillich: Religion et Culture. (2)

Publié le par Perceval

L’idée de Tillich, de corréler Culture et Théologie, m’intéresse, en particulier par ce que le Mythe fait partie fondamentalement d’une culture, et le mythe résonne en chaque être comme peut le faire un message spirituel …

indioordenador1.jpg« La religion, c’est ce qui nous concerne de manière inconditionnée » (ou absolue, ou ultime) TILLICH

Culture et religion sont intriquées l’une dans l’autre :

-         inhérence de la religion dans la culture

-         transcendance de la religion par rapport à la culture.

Du point de vue de la religion : « La culture est la forme de la religion, et la religion est la substance de la culture ».TILLICH

 

Peut-on envisager une « révélation » à l’état pur, sans traduction dans un langage particulier. ?

L’évangile (au sens de parole divine exprimée et annoncée) est toujours culturel et contextuel ; « la révélation et la réception de la révélation forment un tout indissociable » ; le divin se manifeste toujours dans une chair…Chretiente-0.JPG


Cependant, la lecture de TILLICH, m’amène à différencier Religion et Culture, en ce que le défi assurément mal réussi par la culture, serait de ne pas se fermer sur elle-même. On voit aujourd’hui, la culture, mise en avant pour s’opposer, se différencier et s’affirmer face à une autre culture … ! Une religion qui se voudrait universelle, à moins de se contredire, ne peut tomber dans ce piège.

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