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Anniversaire: 24 Octobre 1929 - Quelle leçon ?

Publié le par Perceval

1929-black-Tuesday.jpegUne grande partie du krach boursier peut être attribué à l'utilisation irresponsable d'un nouveau jeu : la Bourse.

Dans les années qui précèdent 1929, le marché boursier « offre » la possibilité de faire des gains énormes.... Jeu bourse krachC’est la ruée vers l'or.Les gens achètent des actions avec l'attente de gagner plus d'argent. Les cours des actions augmentent... On emprunte pour investir dans le marché boursier, et l'on crée une « bulle spéculative ». 

Les actions continuent d'augmenter , jusqu'où... ?.Jusqu'au moment où le cours des actions se dissocie des gains réels potentiels.... Les prix ne sont pas entraînés par les « fondamentaux économiques », mais par l'exubérance des investisseurs.

Ce qui – dans cette affaire - est « étrange » c'est l'irrationalité de gens «  très sérieux ... » qui parlent et agissent «  économie » … !1929-1990-2008-les-lecons-des-crises-passees-face-a-la-c.jpg

 

Par conséquent, en Octobre 1929, les actions sont largement surévaluée. Lorsque certaines entreprises affichent des résultats décevants, les investisseurs pressentent que ce serait le bon moment pour « encaisser leurs profits ». Cette vente initiale provoque une chute des prix, ce changement de sentiment du marché se répand bientôt et chacun commence à paniquer et à emboîte le pas. Le marché tombe très rapidement. Normal !

 

Les années 1920 voient de grands progrès dans les techniques de production, ( l'automobile, bien sûr ..). Économies d'échelle et augmentation de la production ne sont pas suivies de la « demande » pour des biens de consommation. De nombreuses entreprises ont du mal à vendre la totalité de leur production, et ces résultats décevants précipitent la chute des cours des actions.

 

La consommation a du mal à s'adapter à la production ( ! C'est le consommateur qui doit s'adapter … ! ), du fait de l'inégalité de répartition des « bénéfices de la croissance économique ». La majorité des Américains continuent de gagner moins de 2000 $ par année.

De plus, le système bancaire est privatisé à l'extrême, avec pas moins de 30.000 banques... Elles sont fragiles, et prêtes our la faillite, s'il y a ruée sur les dépôts...

Soupe-populaire.jpg

Les petits agriculteurs sont également acculés à la faillite parce qu'ils ne peuvent rivaliser dans le nouveau contexte économique qui impose une « meilleure technologie », et l'accroissement de l'offre. Mais, la demande de nourriture n'augmente pas au même rythme. Par conséquent, les prix chutent, ainsi que les revenus des agriculteurs ; et Il est difficile pour les fermiers chômeurs de trouver un emploi dans l'économie.

 

 

 Le 24 octobre 1929, à Wall Street, les États-Unis sombraient dans le jeudi noir


1929 l’effondrement de Wall Street et la crise... par Monde-contemporain

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Simone Weil, à l'usine. 1934-1935 -2-

Publié le par Perceval

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Mai-juin36, blocage haut fourneau

1934 «  Si la guerre éclate, socialistes et communistes nous enverront à la mort pour la «  patrie des travailleurs »...( …) Etant donné la situation, je suis bien décidée à ne plus prendre part à rien dans le domaine politique et social. ( …) Voici, brièvement, comment je vois l'avenir : nous sommes au début d'une période de dictature plus centralisée et plus oppressive que tout ce que nous connaissons dans l'histoire ( …) J'ai pris un congé d'un an pour travailler un peu pour moi et aussi pour entrer un peu en contact avec la fameuse « vie réelle » ( lettre )

 

travail-a-la-chaine.jpeg«  Après mon année en usine ( …) j'avais l'âme et le corps en morceaux. ..( …) Le malheur des autres est entré dans ma chair et dans mon âme. ( … ) J'ai reçu là pour toujours la marque de l'esclavage... » ( lettre à JM Perrin )

 

lumpen-proletariat.jpg

Au plan politique et historique, les leçons tirées de l'expérience s'avèrent tout aussi dures. Simone Weil confirme ce qu'elle avait pressenti : les conditions de travail imposées aux ouvriers engendrent, non pas la révolte, mais la soumission, réduisant à néant ou presque les chances d'une révolution prolétarienne. 

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Comment dire le Dieu ... -2-

Publié le par Perceval

Le synode sur la nouvelle évangélisation

 

« Le christianisme n'est pas une chose du passé, vécue en regardant en arrière, puisque le Christ est d'hier, d'aujourd'hui et pour l'éternité. Il est marqué de la présence de l'Eternel, de Dieu entré dans le temps et présent à tout moment, le temps découlant de sa puissance créatrice, de son éternel aujourd'hui. »

Benoît XVI est revenu sur le sens du mot controversé d'"aggiornamento" ("mise à jour"), utilisé pour caractériser le Concile

  ***

Mgr A. Malayappan Chinnappa, Salésien, archevêque de Madras et Mylapore (Inde). Intervention le vendredi 12 octobre matin

« Le Saint-Esprit est l’auteur de la pluralité et de la diversité. ( … ) Dans la tradition indienne, nous avons: mangas (voies), grana manga (la connaissance), bakati manga (l’amour de Dieu), kunma manga (le mode d’action). On peut parvenir à Dieu en ayant recours à une de ces méthodes.
Le dialogue dans les contextes multireligieux. 
Nostra Aetate déclare qu’il y a un signe de lumière dans chaque religion, mais Gaudium et spes va plus loin en affirmant que l’Esprit-Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal (cf. GS 22). Au n. 5 de Redemptoris mission, Jean Paul II affirme l’existence de formes participatives de médiation dans la relation avec Dieu. »

 ***

georges-de-la-tour-le-prisonnier-job-raille-par-sa-femme2.jpg"L’Église en Amérique latine vit et évangélise dans la région de la planète qui connaît les plus fortes inégalités. (… ) Une toute petite partie de la population mondiale s’accapare les biens de la Création. Le consumérisme gaspilleur et pilleur épuise les biens de la Création. Les visages des pauvres et des exclus sont le visage souffrant du Christ.( … ) Il n’est pas possible de penser à une nouvelle évangélisation sans une annonce de la libération intégrale de tout ce qui opprime l’homme, c’est-à-dire le péché et ses conséquences. Il ne peut y avoir une authentique option pour les pauvres sans un engagement ferme en faveur de la justice et du changement des structures de péché. » Mgr Jorge Eduardo LOZANO, Évêque de Gualeguaychú (Argentine)

 ***

 Mgr Brian Joseph DUNN, Évêque d'Antigonish (CANADA) : Vendredi 12 octobre matin

La nouvelle évangélisation, qui se produit en pleine crise des abus sexuels, peut prendre au moins quatre formes différentes : ( …) dont les deux suivantes...

Une spiritualité de communion doit emplir toutes les relations et toutes les structures au sein de nos paroisses et dans les églises locales, à travers une consultation qui rassemble les fidèles, qui reconnaît la présence de l’Esprit de Dieu agissant dans les membres de la communauté et qui aide à répondre à tous ceux qui sentent que leur voix n’est jamais entendue dans l’Église.
- Encourager la co-responsabilité en apportant des changements dans certaines structures de l’Église et dans la mentalité, dans une disposition et une véritable sympathie à avoir lorsque l’on travaille de façon très proche avec des laïcs. Ces changements pourraient inclure la nomination d’équipes pastorales composées de religieux et de laïcs, une réflexion et la reconnaissance officielle de ministres ecclésiaux laïcs; et un engagement délibéré et systématique des femmes en leur confiant des positions de direction à tous les niveaux de la vie de l’Église, et cela, en permettant aux femmes d’être désignées comme lectrices ou acolytes, et en instituant le ministère de catéchiste.

 ***

cardinal.jpg Mgr Francesco Moraglia, patriarche de Venise, a appelé à une évangélisation du monde de la culture et des intellectuels :

« car le chrétien vit dans un état de soumission psychologique, dans une sorte de complexe d’infériorité à l’égard de la modernité et de la post-modernité. » Il a poursuivi : "Le silence du catholique moyen, lorsqu’il donne les raisons de son espérance, est assourdissant. (...) Bien souvent, la foi n’est pas soutenue par une catéchèse amie de la raison, qui soit capable d’une véritable proposition anthropologique en mesure de légitimer la plausibilité du choix chrétien. "

 *** 

Mgr Ricardo Antonio TOBÓN RESTREPO, Archevêque de Medellín (COLOMBIE) Intervention samedi après-midi 13 octobre

« la nouvelle évangélisation doit renforcer la communauté à tous les niveaux: la famille comme première Église domestique, les petites communautés ecclésiales comme espace fondamental de vie, la paroisse comme centre vital de spiritualité et pastorale au sein de laquelle elles s’intègrent et acquièrent le sens de réalités différentes, et l’Église particulière qui, suivant la doctrine de Vatican II, rend concret et authentique le mystère de l’Église."

 

"Passer d'un christianisme de tradition à un christianisme d'adhésion personnelle à Jésus Christ et d'engagement missionnaire"

Mgr Dominique REY, évêque de Fréjus-Toulon (France) Intervention du lundi matin 15 octobre

 ***

"La formation dans les séminaires, presque monastique, intellectuelle, facile et confortable (détachée du monde) a échoué dans la formation de pasteurs compétents et réceptifs face aux besoins des gens d’aujourd’hui et de demain."

Mgr John WONG SOO KAU, Archevêque Coadjuteur de Kota Kinabalu (MALAISIE) ; Intervention lundi 15 octobre matin

 ***

l-homme-au-centre.jpg"Les institutions catholiques  ont perdu tout pouvoir sur la foi."

Mgr Alexander Thomas KALIYANIL, S.V.D., Archevêque de Bulawayo (ZIMBABWE) ; Intervention lundi matin 15 octobre

 *** 

Sr Mary Lou WIRTZ a évoqué les souffrances de nombreuses personnes en opposition ou indifférente à l’Eglise. Pour Sr Mary Lou Wirtz,"  L'Eglise devrait être à l’écoute, plus pastorale et miséricordieuse, capable d’écouter avec compassion. Pour elle, les religieux et religieuses sont plus que des ressources. Doivent être prises en considération l’aspect prophétique de leur présence et de leur témoignage. Selon la religieuse américaine, cette reconnaissance semble minimisée dans le débat actuel."

Sr Mary Lou WIRTZ, présidente de l’Union internationale des supérieures générales

 

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Comment dire le Dieu de Jésus-Christ à un monde qui ne se pose pas la question ? -1-

Publié le par Perceval

Le synode sur la nouvelle évangélisation :

«Comment dire le Dieu de Jésus-Christ à un monde qui ne se pose pas la question ? »  jeudi 18 octobre, le cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de KinshasaSynode-oct2012-la-Croix.jpg

Je reprends ci-dessous ( à l'aide du quotidien La Croix ) des extraits d'interventions qui me touchent particulièrement. Il me semble que beaucoup de thèmes très actuels sont abordés : ils touchent la réalité sociale, la place des laïcs, l'organisation des communautés, la place de l'Eglise dans « le monde », l'interreligieux ...etc. Deux tendances caractérisent les débats, entre jugement sévère sur le monde et nécessité de répondre aux questions de la société...

« Le nouveau Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, présidé par le subtil Mgr Rino Fisichella, sera-t-il à même d’être la « tour de contrôle » de cette « Église recommençante » que beaucoup de pères synodaux appellent de leurs vœux ? Pour réfléchir à ces thèmes, seules 23 femmes sont présentes parmi les 349 participants. De Synode en Synode, la marge de progrès reste importante. » La Croix du 18/10

*****

"Le défi de la connaissance, affronté dans le dialogue avec tous les chercheurs de vérité, philosophes, scientifiques, chercheurs. Le déploiement des sciences et des savoirs est l’occasion de mettre en œuvre cette “belle amitié entre la foi et les sciences” proclamée par le Concile. Dans la foi on y contemple le mystère de la création continuée de Dieu et son appel confiant à la liberté et à la raison de l’homme. Dans l’amitié, on peut, avec les hommes de science, en discerner les enjeux pour, ensemble, penser un monde pour l’homme. 

ecouter.jpgLe défi de la liberté. Dans la rencontre avec nos contemporains, croyants ou non, il s’agit de manifester d’abord l’amitié de Dieu avec les hommes, avant de formuler des réponses à des questions qui ne sont pas posées dans les termes qu’on leur impose parfois. Se laisser enseigner par la patience de Dieu qui fait confiance à l’homme pour qu’il apprenne à mettre sa liberté à hauteur de sa dignité, et contempler la miséricorde du Christ qui nous précède, Lui qui enseigne à ses amis ce qu’il a reçu du Père. 
Le défi de la fraternité. Les communautés religieuses veulent être des lieux où la fraternité construite dans la diversité aspire à être transformée par l’Esprit de communion en “ sacrement” de l’amitié de Dieu avec le monde. Et, à cause de cette espérance, elles sont au défi d’élargir cette espérance de communion en liant leur destin aux oubliés du monde, faisant leur la conviction du synode de 1971: “Le combat pour la justice et la participation à la transformation du monde nous apparaissent pleinement comme une dimension constitutive de la prédication de l’Évangile”."

P. Bruno CADORÉ, Maitre Général de l'Ordre des Frères Prêcheurs (Dominicains) ; Intervention lundi 15 octobre après-midi

 ***

" Une nouvelle évangélisation peut être menée à partir de (…) la capacité à entrer en empathie et sympathie avec le monde et donc une Église qui dialogue et ne craint pas ce qui est humain puisque le Fils de l’homme Lui-même est venu porter la plénitude à tous les hommes et à tout homme.Ecoute-et-partage.jpg

"L’Église ne peut être une communauté puissante qui “im-pose” mais une communauté qui “s’ex-pose"

Mgr Santiago Jaime SILVA RETAMALES, Évêque titulaire de Bela, Évêque auxiliaire de Valparaíso, Secrétaire général du Conseil épiscopal latino-américain (C.E.L.AM.) (COLOMBIE) Intervention samedi après-midi 13 octobre

 ***

P. Julián CARRÓN, Président de la Fraternité de Communion et Liberation (ITALIE)

« Nous savons que le coeur de l’homme est fait pour l’infini, qu’il est habité par l’attente d’un accomplissement. Car aucun faux infini ne parvient à le satisfaire.

À cette attente ne saurait répondre une doctrine, un ensemble de règles, une organisation, mais plutôt un événement. Comme l’a dit don Giussani lors du Synode de 1987: “Ce qui manque n’est pas tant la répétition littérale de l’annonce que l’expérience d’une rencontre. L’homme d’aujourd’hui attend peut-être inconsciemment l’expérience de la rencontre avec des personnes pour qui le Christ est une réalité si présente qu’elle change leur vie”. Un lieu où chacun peut être invité à effectuer la vérification que firent les deux premiers sur les rives du Jourdain: “Viens et vois” parce que “une foi qui ne peut être trouvée dans l’expérience présente et confirmée par elle, capable de répondre à ses besoins, ne sera pas une foi en mesure de résister dans un monde où tout, tout, dit le contraire”. »


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Petit portrait militant de Simone Weil. -1-

Publié le par Perceval

Les images que les chrétiens se font de Simone Wiel, sont souvent de nature hagiographique... simone-weil-portrait3.jpgPourtant, les différentes biographies de la jeune femme, la décrivent passionnée et intransigeante...

Ainsi, Camille Marcoux, son condisciple et ami, avec qui elle partage militantisme et discussions interminables dans les cafés, subit son caractère intraitable : il commet l'erreur dans un exposé de citer Bouglé ( sociologue, et directeur adjoint de Normal' Sup ) l'ennemi juré de Simone... «  elle dit à mes camarades, que pour elle, j'étais mort. ». Pendant plusieurs mois, elle ne lui adressera plus la parole …

En cagne, elle s'amuse d'en être arrivée aux coups avec le censeur, qui a interdit qu'en classe garçons et filles s’assoient côte à côte . Elle méprise ostensiblement l'histoire, et sera recalée à sa première tentative pour entrer à l'école normale.... Beaucoup de ses camarades l'évitent, pour ne pas être invité à signer une pétition, à se rendre à une manifestation, ou à contribuer à un fonds de grève d'un syndicat..etc

Simone choisit de passer pour un garçon manqué. Elle refuse tout signe de féminité, s'enlaidit, déteste le contact physique, préfère la compagnie des hommes avec qui elle fume et discute sans ménagement. Cependant, elle repousse avec opiniatreté toute attention masculine, surtout de nature physique. On la trouve intimidante, dépourvue de tact, mais admirable pour sa détermination et ses idéaux.

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Groupe de collaborateurs de l'Ecole émancipée, congrès de Grenoble, 1926
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Grève générale du 6 février 1934

Elle se proclame bolcheviste, syndicaliste révolutionnaire. Le travail manuel est à ses yeux, la voie royale pour la connaissance de soi. Cette vision repose sans doute sur une vision idéalisée du prolétariat...

Elle passe tous ses congés à travailler et partager la vie des ouvriers agricoles ou des marins pécheurs. Professeur, elle fuit ses collègues enseignants pour retrouver les ouvriers en grève, et participer à l'éducation des masses populaires … Le rectorat, après plusieurs inspections, la déplace du Puy, à Auxerre.

Elle néglige son alimentation, frise l'anorexie, verse l'excédent de son salaire à une caisse de chômeurs.

Elle critique la bureaucratie du parti communiste au profit du syndicalisme révolutionnaire, et compare, dès 1933, le communisme russe au national-socialisme d'Hitler. Souvarine est devenu un ami cher à Simone ; on voit en elle, une nouvelle « Rosa Luxembourg ».

 

Un petit air estival et léger en août 1933 ;  ses parents la rejoignent en Espagne, à la mer. Un collègue militant trotskiste, Aimé Patri, l'accompagne... 

Simone-Weil-4.jpg

Ils l'ont rarement vue ainsi détendue et heureuse. Elle passe une bonne partie de ses journées à la plge et vit pratiquement en maillot de bain – le directeur de l'hôtel doit lui demander d'enfiler un peignoir au moment des repas - . elle délaisse ses lunettes et ses vieux habits ( qui la déparent ), et son ami Patri se rappelle avoir été frappé par sa beauté.

A la rentrée 1933, Simone Weil est nommée à Roanne : ville industrielle. Quoique la directrice échoue à la convaincre de noter ses élèves et quoique ses collègues la décrivent comme une figure évanescente toujours plongée dans un livre allemand tel que das kapital, elle s'attire la sympathie et le respect de tous.

A Noël, elle convainc ses parents d'accueillir Léon Trotski, et se disputera avec lui … !

Sources: "Simone Weil" de Francine du Plessix Gray. ( Fides)

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Le temps décrit par la science.

Publié le par Perceval

Quand un chrétien parle de la mort, de l'éternité, de la résurrection... Il parle du Temps. Il parle du présent, de futur, et utilise une image : celle du « temps qui passe »... Or, cette évidence, n'est peut-être – scientifiquement – qu'une illusion... !le-temps-dali-klein_01.jpg

La réalité scientifique du temps, n'aurait-elle pas d'incidence sur la représentation religieuse de « mon avenir après la mort » … ?

 

La mort, perspective certaine, donne à ma vie, son sens … ( je raccourcis …). Chaque instant, elle prend de mon espace et de mon temps...

 

S'il y a bien une question sur laquelle la physique contemporaine a changé complètement sa représentation, c'est celle du temps. A notre échelle ( mais n'oublions pas que nous sommes plongés au cœur d'infinis …), nous évoluons « tous » ensemble, en même temps sur la ligne du temps... Ce qui est faux ! ( cf la relativité restreinte d’Einstein ).

Ainsi, très très très loin, un être pourrait être en coïncidence avec mon passé ou mon avenir. Autrement dit, le passé n'est pas « définitivement » mort. Scientifiquement, je peux exprimer que passé, présent et avenir existent simultanément ( si cela a du sens de parler du temps avec des concepts de « temps qui passe » … ! ) .le-temps-klein_02.jpg

 

Compliqué.. ? J'ai un peu mieux saisi l'étendue du mystère avec un documentaire que l'on peut revoir sur Arte : « La magie du cosmos : ep 1 ». La perception du flux continu du temps n’est rien d’autre qu’une illusion. C’est Albert Einstein qui, le premier, fait voler en éclats l’hypothèse d’Isaac Newton d’un temps universel et montre que l’écoulement du temps est relatif. Pourquoi ? « Simplement » parce que le mouvement dans l’espace affecte son écoulement. Einstein révèle ainsi la connexion fondamentale entre espace et temps, induisant au passage que passé, présent et futur existent de la même manière et sans distinction ! ... À force d’images, de comparaisons et d’animations, Brian Greene parvient pourtant à remettre les pendules (de notre ignorance) à l’heure. 

 

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Créer « des passerelles entre les chrétiens et la société »

Publié le par Perceval

Je reviens de Strasbourg ( Etats généraux du christianisme ), et je me suis régalé !Egc2012.jpg

Et je ne parle pas de la beauté de la ville: diverse ( la petite France, les quartiers « allemands » ...etc) et cosmopolite... Bien sûr, nous n'avons pu participer qu'à une infime partie de tout ce qui s'est passé... Les ateliers que j'ai fréquenté étaient bondés, et passionnés :

  • D'abord le grand forum : «  Y a-t-il une seule vérité ? »... J'ai beaucoup apprécié Marie-Jo Thiel, qui insiste sur le fait que personne ne peut posséder la Vérité … Ouf ! Elle se rencontre, tout au mieux …

    de-gauche-a-droite-jean-pierre-denis-marie-jo-thiel-enzo-bi.jpg« Le discours chrétien n’est pas exhaustif et suffisant, il a besoin du discours et du témoignage des autres. Un seul chemin ne suffit pas à accéder au grand mystère de la vérité ». L’accueil de la différence est pour Enzo Bianchi un des défis pour les chrétiens dans les temps à venir.

  • «  Le goût de vivre : grâce ou décision », le philosophe Yann Martin y a été particulièrement humain. J'ai noté la même racine pour les mots - saveur - savoir et sagesse … Ces trois mots se tiennent.

  • «  Évangélisation et interreligieux sont-ils incompatibles ? » ; avec Samuel Grzybowski ( cofondateur de Coexister) et Raphaël Cornu-Thenard ( président Anuncio), qui ont extraordinairement témoigné de leur foi, et de leur ardent désir de rencontrer et dialoguer leur concitoyen. Très beaux témoignages … !

  • «  Jusqu'où peut-on débattre dans l’Église catholique ? » : Très bon débat, sans concessions … ! entre le dominicain Thierry-Dominique Humbrecht, et le sociologue Olivier Bobineau... Bien sûr, ce dernier a emporté mon adhésion, et celle de la majorité de l'assemblée semble t-il …

  • Christ de WissembourgLe samedi soir, un grand forum a regroupé «  trois pointures » autour de l'image ( artistique) du visage du Christ... : Elisabeth Parmentier ( théologienne réformée), Fabrice Hadjadj ( écrivain, et philosophe, catholique ) et Bertrand Vergely ( philosophe, orthodoxe ). Très, très riche … ! Je retiens ( entre autres …) sur l'icône : L'icône n'est pas une peinture, c'est une « écriture »... Il y a le monde , et celui qui le regarde. Le plus fantastique, c'est la Présence du troisième point de vue : le Regard qui voit mon regard sur le monde, et par qui j'existe en train de regarder le monde … ( hum …. difficile !)

  • Et puis, il y a la rencontre des «  Amis de La Vie », avec qui nous avons mangé...

  • Et tout ce que nous avons manqué : « Méditer est-ce bien chrétien ? » ; transmettre la foi, mission impossible ? » ; «  Changer l'homme et le monde, une illusion ? » ; «  Doit-on encore se battre pour la croissance ? » ; «  Les femmes sont-elles condamnées à seconder les hommes ? » : ...etc et quantités d'autres thèmes de société, ou de spiritualité, avec de nombreux débats « insolents » … du cinéma, de la « grande musique » ...etc

    Vraiment Bravo, et merci aux organisateurs …

    ***** 

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Les années « trente » : Simone Weil, de Beauvoir, et Colette Peignot -2-

Publié le par Perceval

Bataille et sans doute Dora Maar, eux, étaient bien présents, dans ces manifestations antifascistes de février 34. A cette époque, Bataille a sans-doute beaucoup rencontré Simone Weil. Il la connut assez pour en faire le personnage de Lazare dans son roman Le Bleu du ciel, il aurait dit de Simone Weil qu'elle était « plus fêlée qu'elle ne le croyait elle-même ». Ce propos est rapporté par Laure Adler, dans la conclusion de son récit biographique...

cafe-du-Dome-annees-trente.jpgBataille et Colette Peignot deviennent amants en 1934, alors que Colette est avec Souvarine.

Simone Weil est très liée au couple Boris Souvarine-Colette Peignot ; et ensuite mêlée de très près à la dramatique rupture entre Boris et Colette. Après sa fugue de l'été 34, Colette se réfugie chez Simone Weil. Le docteur Weil ( le père de Simone ) fait hospitaliser Colette dans une clinique. Les deux femmes se connaissent bien ( voir correspondance ).

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Simone Weil ( 1909-1943 )
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Colette Peignot ( 1903-1938 )
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Souvarine ( 1895-1984 )

Grâce à Souvarine, Simone Weil obtient sa première embauche comme ouvrière dans une usine du 15ème ar. Boris et Simone se virent souvent et entretinrent une correspondance régulière.

 

Colette Peignot et Simone Weil semblent si … opposées, enfin ...apparemment. Colette place sa révolte dans l'absolu d'un amour consumé, humilié, traversé. « Je veux boire votre sang à votre bouche », disait-elle à son premier amant, Jean Bernier, un ami de Drieu et des surréalistes. Dès 1927, c'est une suite d’errances et de sanatorium... Elle est à Berlin, avec Edouard Trautner, un médecin et poète expressionniste, ami de Brecht... Ensuite, elle partage la vie de Boris Souvarine, l'ancien compagnon de Lénine, qui représente la pureté communiste face aux dévoiements staliniens. Il l'envoie à Moscou recueillir des preuves à charge contre le régime ...

Peut-être est-il osé de rapprocher celle qui provoque anonymement les hommes dans les trains de nuit, avec son amie «  la vierge rouge ». Leur point commun serait l'ascèse. Ne partagent-elles pas une même conception de la souffrance ( comme valeur cognitive) et, au fond, cette volonté d'être des « parfaits » face aux « pharisiens ». Il leur arrivera, à l'une comme à l'autre, d'écraser dans leur paume une cigarette allumée.. !

En 1938, la tuberculose se réveille. Colette Peignot ( la "Laure" de G. Bataille ) meurt à 35 ans.

« Laure, la sainte de l'abîme », d'Elisabeth Barillé

 

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Lycée Molière 1937:  Bianca Bienenfeld et Simone de Beauvoir à côté.  © Famille Segal

 

 

 

 

 

 

Simone de Beauvoir enseigne au lycée Molière ( Paris ) de 1936 à 1939 ; elle en est renvoyée suite à sa liaison avec Bianca Bienenfeld. Beauvoir voit son premier roman Primauté du spirituel, écrit entre 1935 et 1937, refusé par Gallimard et Grasset (il paraîtra en 1979 sous le titre Anne ou quand prime le spirituel). Dans le récit : Chantal, jeune professeure, voit sa vie comme un roman dont elle serait l'héroïne, se berçant de spiritualité et d'illusions, totalement déconnectée du réel.Simone de Beauvoir constate l'influence néfaste du spiritualisme sur les jeunes filles engoncées dans une société sclérosée, elle dénonce des vies gâchées; on y sent la fin d'une époque où la femme n'est qu'un objet obéissant, qui se sacrifie pour les autres.


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Du rêve sur du papier: Rodney Smith

Publié le par Perceval

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Rodney Smith se définit comme un “photographe de paysages. Qui place des gens au milieu des paysages. Un réaliste qui distille du rêve sur le papier.

 « Les cultures américaines et occidentales sont enracinées dans l'indifférence, le détachement et la misère. Moi, je veux que les gens voient plutôt les choses belles, agréables et amusantes que nous offre la vie. »

Une touche de Magritte, et ses compositions se basent sur le monde classique de la symétrie et de l'équilibre.

Son père était le fondateur de la maison de mode « Anne Klein » et sa vie familiale tournait surtout autour de la mode.

Il rechercha une signification plus profonde à la vie et passa son temps à philosopher sur des questions existentielles. À force de chercher, il commença des études de théologie à l'université de Virginie. Il continua ensuite à la Yale Divinity School où il passa une licence de théologie. C'est pendant les années qu'il passa à Yale qu'il commença à s'intéresser à la photographie. « J'ai souvent été voir les grandes expositions au Museum of Modern Art de New York où j'ai compris que la photographie pourrait devenir la manière que j'utiliserais pour exprimer les sentiments qui m'habitaient. »rodney-smith-0.jpeg

Le célèbre photographe Walker Evans, qui était également professeur à Yale, fut la personne qui jeta les fondations de l'éducation photographique de Rodney Smith. « La formation était purement classique. Nous ne photographions qu'en noir et blanc et toujours avec la lumière disponible. Je travaille toujours comme ça aujourd'hui. J'utilise même le même type de pellicule et le même appareil. »

« Mon ambition est de faire un bon travail sensé et c'est ce dont je suis particulièrement fier. Je développe et je tire manuellement en respectant une procédure élaborée avec soin afin de produire un résultat parfait. La qualité du tirage final a une grande importance à mes yeux. C'est le résultat de tout ce que j'ai fait et vu comme œuvre d'art. »

 «Ça peut paraître un peu vieux jeu, » dit-il, « mais je dois uniquement mon succès à mon dur travail et ma persévérance continue. Je suis quelqu'un de très méticuleux et je recherche la beauté dans les détails. On peut appeler ça une obsession mais je pense que ça devrait plutôt être considéré comme une chose normale. »

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les États généraux du christianisme 2012, à Strasbourg

Publié le par Perceval

Aujourd'hui, commencent les "États généraux du christianisme 2012". Je suis à Strasbourg pour y participer.

eg-flyer.jpgRéunir intellectuels, décideurs économiques et politiques, hommes d' Église, personnes de la société civile, artistes, autour de questions volontairement provocatrices, c'est l'ambition de ces États généraux du christianisme qui souhaitent affirmer avec audace que le christianisme peut répondre aux interrogations et aux aspirations des chrétiens, mais aussi de tous nos contemporains.

Une trentaine de débats pluralistes

Le désir est-il fidèle ? La sécurité au prix de notre liberté ? Peut-on réussir sa vie ? L’entreprise a-t-elle une âme ? Faut-il défendre l'Église à tout prix ?
Psy ou philosophe, homme d'affaires ou femme de lettres, prêtre ou pasteur, dominicain ou jésuite, avocat ou artiste, scientifique ou cinéaste, économiste ou bibliste, croyant ou athée... En deux éditions, nous avons reçu plus de 200 intervenants d'envergure locale et nationale venant de tous horizons. Ci-contre : Christine Pedotti, Conférence des baptisés de France et Vincent Ribeton, supérieur de la Fraternité St-Pierre, édition 2010, débat : "Changer l'Eglise oui, mais dans quel sens ?"

3 grands forums, qui rassemblent près de mille participants

Faut-il avoir peur ? Qu'avons-nous fait de l'amour ? Chrétiens, réveillez-vous ! (2011) Quelle présence chrétienne dans le débat public ? Notre vie a-t-elle un sens ? Évangéliser, annoncer la foi,
est-ce provoquer ? (2010)
Sur les grandes questions de société, de vie humaine et d'Église, ces grandes plénières donnent le ton de chaque édition.

Des ateliers corps et prière, pour s'initier à une pratique en petits groupes

Danse, méditation, sophrologie, gestuelle... La découverte de la prière corps et âme, en puisant aux différentes traditions.

La Nuit du christianisme, dans une église en ville et en lien avec les mouvements

Une grande traversée de la prière chrétienne de 20 h à 8 h du matin : gospel, offices monastiques, prière de Taizé, adoration, office orthodoxe, témoignages, « moment vocation ». Une véritable odyssée de l'âme !

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