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Roger de Laron : les Templiers et le Saint-Suaire.

Publié le par Perceval

L'histoire du ''Suaire de Turin '' comprend un blanc historique entre 1204 ( Sac de Constantinople par la 4ème croisade) et 1357 quand Jeanne de Vergy organise les première ostensions du Linceul du Christ dans la collégiale de Lirey.
Comment cette relique est arrivée dans les mains de Jeanne de Vergy ( veuve de Geoffroy de Charny et sans enfant) ? Une partie de la réponse nous est donnée par Roger de Laron.
 
Je voudrais vous raconter cette histoire :
 
- Pourquoi la Collégiale de Lirey ?
Geoffroy de Charny est cité par Froissard, comme l'un des vaillants chevaliers qui libèrent la ville de Cambrai, pendant la guerre de Cent ans. En Octobre 1341, lors d’une bataille, près de Morlaix, Geoffroy, est fait prisonnier. Il est emmené en Angleterre. Rançon payée, il participe à la croisade, puis encore d'autres batailles … 1347 : en secondes noces, il épouse Jeanne de Vergy. Il commence alors une carrière diplomatique, devient conseiller royal, reprend les armes, il est refait prisonnier et conduit à la Tour de Londres... Reprend les armes, et écrit un livre important sur la Chevalerie. Il meurt en défendant son Roi ...
Dès juin 1343, Philippe VI ( Valois, et Roi de France) , en tant que "participanz es messes, oreisons et bienfaiz qui seront faiz en ladicte chapellenie", accorde des privilèges financiers à Geoffroy de Charny pour la chapelle qu’il entend fonder à Lirey (20 km au sud de Troyes), "pour le salut de son âme". Geoffroy y consacre des ressources impressionnantes pour un seigneur aux revenus modestes. En 1353, cette chapelle, dite de l’Annonciation, est érigée en collégiale par le pape Clément VI (suite à une demande de 1349). Le pape Innocent VI accorde des indulgences, en 1354, à ceux qui visiteront la chapelle à certains jours de fête. Et, le 28 mai 1356, l’évêque de Troyes (Henri de Poitiers) approuve la fondation en termes chaleureux.

Et , brusquement – sans autorisation de l'évêque - Jeanne de Vergy (après la mort de son mari.) présente au public la Relique !

Enseigne-du pèlerinage de-Lirey-du-XIVe-ou-XVe


- Qui est Jeanne de Vergy ?
Jeanne de Vergy ( décédée en 1410) , descend de Otton de la Roche, premier duc d'Athènes. Othon est originaire du château de La Roche à Rigney, dans le Comté de Bourgogne. Othon participe à la quatrième croisade, lancée en 1202 et détournée en 1204 contre l'empire byzantin.

Jean III et Jeanne de Vergy


Isabelle de Ray (+1278) est née Isabelle de la Roche, elle est la fille d'Othon V de la Roche. Elle porte le même prénom que sa grand-mère épouse d'Othon de la Roche quatrième du nom et duc d'Athènes.

Isabelle épouse Henri de Vergy, de qui elle eut Jean Ier de Vergy (+1310) Seigneur de Mirebeau ; sénéchal de Bourgogne, marié à  Marguerite de NOYERS, née en 1245, lequel eut pour fils Guillaume de Vergy ( +1360) marié à Isabeau de Choiseul qui eut pour fils Jean de Vergy ( +1370 et marié à Isabeau de Joinville , qui eut pour fils Guillaume de VERGY, seigneur de Mirebeau †1374 marié à Agnès de Jonvelle de CHAUVIREY †1407 et qui eut pour fille Jeanne de Vergy (+1410) , laquelle épouse Geoffroy 1er de Charny, Seigneur de Lirey.


- Quel est le rôle des Templiers ?
Le 15 avril 1204, c’est la fameuse prise de Constantinople. La ville est littéralement saccagée, pillée et dépouillée de ses trésors et reliques comme en témoignent les chroniqueurs tels Geoffroy de Villehardouin ou Robert de Clary. Le saint Suaire se trouvait alors dans l’église de Sainte-Marie-des-Blachernes. Parmi les chevaliers, on note la présence de Guillaume de Champlitte et celle d’Othon de la Roche. Après la prise de Constantinople, Othon devient le premier duc du duché d’Athènes en soumettant ses possessions au roi de Thessalonique.

 

Donc, Othon 1er de La Roche,obtient le Linceul en 1204. ensuite il l’a très vraisemblablement emmené à Athènes ; une lettre de Théodore Ange Commène au pape Innocent III, datée de 1205, situe le Linceul à Athènes.
Othon fait de l’acropole une forteresse et construit devant les Propylées une tour « la tour d’Othon » qui resta debout durant 650 ans. Puis, après avoir confié son fief à son frère : Guy de la Roche, Othon retourne en Franche-Comté pour finir ses jours au château de son épouse Isabelle de Ray.


À la suite de la quatrième croisade, les templiers s'installent en Grèce. Au XIIIe siècle, le maître de la province est désigné par le titre de commandeur d'Achaïe.

Guy II de La Roche (1279-1308) est duc d'Athènes de 1287 à sa mort. Bien qu'il soit mort jeune, il est respecté et renommé pour son comportement chevaleresque. Il succède à son père Guillaume Ier de La Roche à un moment où le duché d'Athènes devient plus puissant, plus important et plus riche que la principauté d'Achaïe, dont il est le vassal.

C'est là que su situerait l'action de Roger de Laron, et des Templiers afin de récupérer la relique du Saint-Suaire et la ramener dans le Royaume de Jérusalem, à Saint-Jean d'Acre...
 
Alors que Guillaume de Beaujeau est grand-Maître (1273-1291), le Saint-Suaire est déjà exposé au cours d'un Chapitre Templier. Après la défaite d'Acre (1291), les biens, archives, et reliques sont transférées dans l'île de Chypre ; puis en partie à Montpellier où Hugues de Paireaud dit l'avoir vu et touché au cours du Chapitre Général qui s'est tenu dans cette ville à l'automne 1293. Enfin, il semble qu'il se soit trouvé au Temple de Paris en 1295 et 1296, durant les chapitres généraux de l'Ordre.( Sources A. Lombatti, Milan).

Au chapitre du 24 juillet 1307, devant le danger pressant et tangible, on décide de transférer le Saint-Suaire en Champagne, où l'on pouvait compter sur une réseau serré de parenté et sur des rapports favorables avec la noblesse et les administrateurs de la Région.
Roger de Laron intervient à nouveau, pour remettre entre les mains des descendants d'Othon 1er, le coffre qui contient la Sainte relique …

C'est ainsi que la famille ''de Vergy'' aurait transmis le Saint Suaire alors gardé dans le château de Ray-sur-Saône à son arrière-petite-fille Jeanne de Vergy.

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Roger de Laron, et le trésor des Templiers -3/.- Un Graal à Saint-Julien le Petit...

Publié le par Perceval

Après la mort de Roger de Laron, le château est abandonné, jusqu'à l'oubli même du nom de Laron ; puisque les ruines castrales sont très vite nommées ''de Rochein ''…

Après la mort de Roger de Laron, donc, seules les légendes rappellent l'existence, ici, d'un chevalier au service du Temple... Des histoires ont circulé et bien sûr, l'existence d'un trésor est évoqué. Avant de vous raconter la légende du trésor des Templier au Château de Laron ; je voudrais vous évoquer les éléments historiques, éclairées par les chroniques proches de Roger de Laron...


Évidemment, les templiers sont très riches en domaines, ils gagnent beaucoup d'argent, ont de nombreux bénévoles et ne payent aucun impôt... Il est difficile d'envisager qu'il n'y aurait rien eu 'dans les caisses' lors de leur arrestation, le vendredi 13 octobre 1307... Sauf si, les templiers pressentant l’imminence de l’intervention de Philippe le Bel, n'avaient débarrassé les commanderies de tous les documents, comptes, archives diverses en leur possession.

Les Templiers ont occupé la Terre-Sainte pendant plus de deux siècles, fouillant, commerçant, et sans doute récupérant aussi de nombreuses reliques et de nombreux textes antiques. Ils sont même persuadés d'avoir mis la main sur des objets liturgiques et sacrés des premiers temps du christianisme.
 
Le trésor des Templier a été en partie dispersé en lieux ''sûrs'', et regroupé en partie en Angleterre et en Ecosse...
Une partie, avec Gérard de Villers ( le précepteur de France) et Hugues de Châlon, qui ont amené en Angleterre des coffres du Trésor Général.
Une autre partie, aurait été transportée vers l'Aquitaine, via les commanderie de Paulhac, puis de Fouqueure et de Barbezières. pays peu accessible aux hommes de Philippe le Bel, et terre provisoire de refuge pour les Templiers et leur Trésor.
 

A noter, les traces historiques d'Humbert Blanc, le précepteur de l’Auvergne, qui a échappé à la rafle du 13 octobre 1307. Il a fui en direction de l’Angleterre. Il y est ''arrêté'' en 1309, et jugé pour la forme, puis remis en liberté, à condition qu’il revête l’habit des cisterciens.

D'ailleurs, les Templiers en Ecosse auraient participé de façon décisive à la bataille de Bannockburn le 24 juin 1314, et Robert Bruce les auraient ensuite protégés...
 
Je peux facilement envisager que les motifs de la visite de Roger de Laron en Angleterre, concerne les affaires du Temple, même si aucun document historique ne le relate.
 
Je reviens à cette histoire que l'on se raconte, et qui daterait de bien après la fin du Moyen-âge …
Château de Laron aujourd'hui
Château de Laron aujourd'hui
Dans les souterrains, relevés d'ailleurs par Louis Guibert, en 1893, une salle présente un mur du fond, avec la trace d'une ouverture possible … En effet, dit-on, cette façade s'ouvre aux douze coups de minuit - le jour de Noël -, et permet d’accéder à une cavité remplie de richesses : une partie du trésor des templiers, enfermée ici par Roger de Laron... !
 
Ce ''secret'' se transmet de générations en générations ; sans que personne n’ose se risquer à aller plus loin dans l'exploration ; sachant que – si la question est évoquée - chacun relie cette entreprise aux affaires du Diable, avec le risque d'y perdre son âme ...
 
Roger de Laron aurait ramené d'Italie, un serrurier qui avait inventé des portes capables de s’ouvrir et de se fermer sans utiliser de clés, uniquement par la vibration émise par un gong ou par une cloche précise. Par ce procédé, Roger avait fait aménager un endroit secret dans les souterrains de son château, dont les parois du fond s'entrouvraient une seule fois dans l'année, au bruit de la cloche de l'église de Saint-Julien sonnant minuit le jour de Noël. Toutefois, pour empêcher qu'on emporte le trésor, l'ouverture de la cavité ne durait que le temps de la résonance des cloches.
 
Pourtant - 4 siècles plus tard - un jour, Pierre Marchand, qui a sans-doute reçu le secret d'un parent, ne peut plus de par ses activités de laboureur, nourrir sa famille.. Il décide d'aller, lors de la prochaine nuit de Noël, récupérer une partie du trésor du Temple afin de vivre plus facilement.

Connaissant le risque de rester enfermé dans la cave du trésor, mais ne pouvant, par serment familial, partager son secret, Pierre Marchand demande à André, son plus proche ami, de venir voir, en cas de disparition le lendemain de Noël, s'il a laissé une trace de son passage dans les souterrains. Et si cela est, de faire disparaître toute trace et - surtout- de jurer de ne jamais en parler à personne.

 Quand Noël arrive, André assiste à la messe à l'église de Saint-Julien le Petit, mais ne voit pas Pierre. Le lendemain, Pierre n’a pas réapparu. Fidèle à son ami, il va, le soir et malgré un froid intense, dans les ruines du château muni d’une lanterne. Il connaît le chemin qui mène aux souterrains du vieux donjon pour l'avoir parcouru pendant sa jeunesse avec Pierre. Il allume sa lanterne alors qu'il parvient à l'escalier qui descend vers les caves sombres du château de Rochein (Laron).

 

 André suit les traces laissées par Pierre, jusqu'à un escalier obscur, et un amoncellement de pierres qui devaient boucher le passage. Luttant contre sa peur, mais comprenant qu'il s'agit là de la trace dont avait parlé Jean, André s'engage dans la descente. Après quelques marches, il pénètre dans une petite fosse ... L'explorant alors à la lueur de sa lanterne, il remarque qu’au pied du fond de la fosse se trouve des bouts de doigts sectionnés à hauteur de la première phalange. Il y a aussi un calice qui brille intensément à la seule lumière de la lanterne, et il n'y a rien d'autre.
Aux débris sanglants qu'il ramasse dans la fosse, André devine qu'un drame s'est déroulé là, et que Pierre en est sûrement la victime. Impuissant face au mur, qu'il cogne et gratte, et commençant à suffoquer dans la fosse, André ramasse le ciboire, remonte, et rebouche avec les pierres laissées là le passage à la fosse, afin d'effacer la trace du passage. Il sort des souterrains, il se doute bien que le mur de la fosse contient la clé du mystère de la disparition de Pierre mais, tenu par son serment et n'en sachant pas beaucoup plus, il ne peut se parjurer en demandant de l'aide.

Peu de temps après, tourmenté mais décidé à ne pas se parjurer, André décide de se confesser au curé et d'obtenir qu’une messe soit dite à la mémoire de Pierre. Pour prix de cette dévotion, il remet le ciboire au curé en lui affirmant que tel était le voeu de Pierre avant qu'il disparaisse, mais il ne dit pas un mot sur le passage des souterrains du château.
Lui-même tenu au secret confessionnel, et ne sachant comment justifier la présence d'un ciboire décoré de pierres précieuses dans sa paroisse, le curé de Saint-Julien le Petit remet la coupe à l'évêque de Limoges.


On pourrait penser que, surpris de la beauté d’un tel don, l'évêque fasse expertiser la coupe par des orfèvres, sans rien révéler de son origine... On dit que le ciboire d’André était en en moldavite, une pierre classée précieuse, d'une gemme brun vert, qui provient de Moravie et serait d'origine météorite.
On ne peut que faire le rapprochement avec le Saint-Graal... Certaines légendes relatives au roi Arthur et aux chevaliers de la Table Ronde, prétendent que le Saint Graal, qui aurait recueilli le sang du Christ, aurait été taillé dans cette gemme.
Ainsi, le ciboire de Roger de Laron aurait pu entrer dans la grande légende du Graal .
Mais, trouvant – sans doute - trop lourd pour lui le mystère de cet objet, l'évêque de Limoges fit don du précieux calice au Saint Père le Pape, qui venait d'inaugurer son pontificat...

Le trésor du Temple est-il toujours enfoui sous les ruines du vieux château de Rochein ( Laron) ?

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Roger de Laron et les Templiers – Secrets et Légendes -2/.

Publié le par Perceval

La Fin des Templiers :
 
En 1307, peu de monde défend les templiers... Le désenchantement de la Noblesse et du Peuple envers ceux qui étaient censés défendre la Croix contre les infidèles ; la transformation des moines guerriers en propriétaires terriens, en banquiers ; des cérémonies d’admission et d’initiation des moines considérées comme secrètes et incompréhensibles, voire hérétiques … Tout ceci a pour effet de rendre tout à fait plausible les incroyables allégations qui sont faites par les sbires du Philippe IV, contre les templiers ....

Philippe le Bel, monarque toujours en manque de ressources, se met à penser à l’utilité du Trésor des Templiers. S’il ne sert plus à financer les expéditions chrétiennes en territoire musulman à qui pourrait il profiter ?
De plus cette constellation de châteaux, forteresses et couvents dans les mains des guerriers du Christ, forment un empire hors de contrôle du souverain : l’Ordre des Templiers se positionne comme un état au sein d’un état.

Philippe IV commence par lancer une campagne de calomnie contre les Templiers, accusant ces derniers d'être des sodomites, ainsi que de participer à des rituels sataniques...

Avant d'abattre le Temple, Philippe IV doit renverser celui qui en possède l'autorité : le Pape. Par l’entremise de son fidèle Guillaume de Nogaret (1260-1313), il profite de la confusion qui s’abat sur Rome, accuse Boniface VIII d’hérétique, et lui arrache le pouvoir, le bannissant de la cité.
Auparavant, en 1296, Philippe le Bel soumet le clergé français à impôt sans l'aval du pape Boniface VIII ; celui-ci le menace d'excommunication … Le roi lance une campagne de pamphlets, dénonce l'hérésie, le parjure, le mépris des sacrements et même les pratiques sexuelles douteuses de Boniface VIII. C'est Nogaret, qui se rend à Anagni, et au beau milieu d'une insurrection menée par les frères Colonna, deux cardinaux que le pape a spoliés de leurs biens, il signifie au pape qu'une assemblée réunie au Louvre a décidé de déposer et de faire juger le pape Boniface VIII... Pendant deux jours, sous la pression des Français, Boniface est prisonnier en son palais d’Anagni (septembre 1303). Libéré par ses partisans, Boniface VIII, humilié, meurt quelques semaines plus tard.

Ensuite en juin 1305, Philippe le Bel fomente l’investiture d’un de ses sujets Bertrand de Goth, l’archevêque de Bordeaux pour être nommé pape : Clément V (1264-1314) annule tous les actes de Boniface VIII contre Philippe le Bel.
Le 14 septembre 1307, le Roi signe en l'abbaye de Maubuisson, l’ordre d'arrestation de tous les Templiers établis sur son royaume. Des ordres cachetés sont envoyés à tous les baillis et sénéchaux du royaume. Ils ont instruction formelle de ne les ouvrir que le 12 octobre au soir.... On connaît la suite ...

Arrestation des Templiers eu octobre 1307
Clément V s'émeut du procédé royal ... En accord avec les souverains étrangers, il tente de réagir. Deux conciles réunis à Trèves et à Mayence déclarent les templiers innocents. Mais il est trop tard.
 
Les templiers pressentant l’imminence de l’intervention de Philippe le Bel, ont débarrassé les commanderies de tous les documents, comptes, archives diverses en leur possession.
Que sont devenus ces documents ?
A ce trésor de documents s’ajoute le trésor constitué par les importantes sommes d’argent déposées dans leurs coffres.
 
Lors du procès, un frère templier, Jean de Châlons ( qui est sergent) ; prétend avoir cherché à s'opposer à la fuite de frère Gérard de Villers à la tête de 50 chevaux ; 40 chevaliers et 10 chevaux portant les coffres du Trésor Général. Ils auraient pris la mer avec dix-huit galères. A moins que ceci, ne soit qu'un stratagème pour détourner l'attention des officiers du roi de France...
 
Le ''trésor'' aurait été dispersé...
 
Plusieurs lieux ont été cités, bien connus et d'autres moins... Par exemple, les souterrains du château de Juillé ( secret confié par Hubert de Faudoas, qui fut le page de Guillaume de Beaujeu, un grand Maître de l'Ordre du Temple tué à Saint Jean d'Acre en 1291 ) ; vers la forêt d'Orient ( dans les étangs entre Troyes, Payns, Clairvaux ) ; cette région même qui sert de source d'imagination à Chrétien de Troyes, pour décrire les territoires du Roman de Perceval,; la ''piste'' d'Aquitaine, et La Rochelle ( pour un départ maritime …), à Barbezières, au Mont Dore ( Auvergne), en Ecosse, au Portugal, voire en Amérique … !
 
Et si pour pour certains le véritable trésor du Temple est autre, et s'est maintenu jusqu'à aujourd'hui ... Roger de Laron, dirait que le véritable trésor est de l'ordre d'une ''science''.
Si encore le trésor est de l'argent, des reliques, des objets liturgiques, des textes antiques... Tous se rejoignent dans un vocabulaire compris d'eux-mêmes : l'Or, l'or alchimique, les pommes d'or, la Toison d'or, l'Arche, les Tables, l'Oeil d'Horus, la Coupe Sainte... Etc... Bref : Le Graal...
Il n'y a pas de définition possible du Graal... Le Graal apportait à ceux qui pouvaient le contempler, toute nourriture et toute joie. Pour cela il est nécessaire d'ouvrir son esprit à lire directement dans la nature même des choses …

A suivre ...

 

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Roger de Laron, les Lusignan et les Templiers -1/.-

Publié le par Perceval

Lors de la lecture de l'histoire '' Dame Margot - leberou et la forêt de Laron '' ICI , vous avez sans doute fait le rapprochement avec La Fée Mélusine ; en particulier au cours de ce passage ...
« Par une lucarne donnant sur sa chambre, Roger voit sa dame, toujours aussi belle, malgré sa douleur, se mirer dans une glace, la poitrine nue jusqu'à la taille. Mais il s'aperçoit avec horreur que son corps s’achève en forme de loup-garou... »
 
Le rapprochement est bon à faire ; d'autant, si l'on sait que : 1) Mélusine est une fée qui engendre dix fils, et avec Raymondin du Forez, originaire du Poitou, fonde la lignée des ''Lusignan''
et 2) des rapports qu'entretenaient Roger de Laron avec la Maison des Lusignan, en particulier la lignée de Terre Sainte …
 
Roger de Laron, avait rencontré Amaury de Lusignan (1272-1310) seigneur de Tyr, avec les Templiers, il fait partie du complot d'Amaury - en 1306 - contre son frère Henri II de Lusignan (1271-1324), roi de Chypre... Il lui permit ainsi de devenir régent de Chypre, avant qu'il soit assassiné.

 

Alors que Roger était déjà revenu en France, en cette funeste année 1307 durant laquelle Philippe IV le Bel fait arrêter et emprisonner tous les templiers ce 13 octobre... Roger de Laron est interrogé à Clermont-Ferrand en 1309, et finalement relâché, fin 1312, ayant ''choisi'' de dire tout ce que la commission voulait, plutôt que de s'exposer à une ''question non modérée''. Il abjure son apostasie et ses erreurs... Puis, il reçoit l'absolution, et la liberté...

 

Son activité ''Templière'', pourtant, continue...
 
1313 : Roger de Laron, après un séjour dans son château limousin, repart, rencontrer les banquiers de la ''Compagnia dei Bardi'', à Florence, qui gèrent une partie ''cachée'' des biens financiers des Templiers ; puis revient dans le Comté de la Marche, avant de partir en Angleterre …
Il reviendra l'année suivante accompagnée d'une femme ; que les légendes locales – peut-être du fait de sa beauté et de son ''étrangeté'', préféreront voir venir du monde féerique... ( Voir les histoires concernant Marguerite de Laron)
 
 
En Angleterre, Roger entre en relation avec une autre dame qui se réclamait de la Maison de Lusignan... Elle aussi, demande le soutien des Templiers, c'est ainsi que l'on retrouve le chevalier Roger apportant, une fois de plus, un soutien à la maison des Lusignan, en la personne de Jeanne de Geneville (1286-1356) , petite-fille du dernier comte de Lusignan (Hugues XII), et dont la mère Jeanne de Lusignan dite «de la Marche»- a été cohéritière du Comté de la Marche... Elle dut s'en dessaisir au profit de Philippe le Bel. Jeanne est l'épouse de l'anglais Roger V Mortimer (1287 – 1330), comte de March …
 
Roger de Laron, porteur de documents importants, (et ''d'objets'' appartenant au trésor des Templiers), rencontre Roger Mortimer qui prend contact avec les chevaliers du Temple, pour avoir leur soutien, contre les favoris du roi Edouard II... Roger de Laron, négocie aussi, le passage d'un nombre important de chevaliers français en Angleterre où pour l'instant, la répression n'est que de façade ...

( à suivre …) 

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Dame Margot – Leberou - et la forêt de Laron.

Publié le par Perceval

Voici un autre récit, de la mort de Marguerite de Laron : le point commun est la nature diabolique de cette femme. Nous verrons cependant, qu'il existe des histoires, ou Dame Magot partage la nature bienveillante des fées ...
 

On dit la châtelaine et épouse du seigneur de Laron, très belle et son époux très amoureux d'elle. Mais Dame Margot, sous ses abords avenants, est - dit-on – une créature femelle d'une essence diabolique. C'est elle qui commande au château, mène les domestiques, dirige les gens d'armes. Le seigneur de Laron, rongé sans-doute par quelque culpabilité et par les souvenirs d'un passé templier dont il vaut mieux – en ces années - ne pas se vanter ; partage avec cette femme qui le fascine, une relation tempétueuse ; et leurs disputes puis leur retrouvailles sont tonitruantes...

Roger de Laron, a remarqué, que chaque dimanche, la belle disparaît avant la messe, se rend invisible à tous, sans donner d'explication à quiconque, même à lui. Chaque fois qu'il essaie de lui demander raison de sa curieuse absence dominicale, elle se met à l'accuser de ne pas l'aimer, de se méfier d'elle …

Roger de Laron, avec les richesses qui ne lui manquent pas, fait fructifier  – pour son salut et celui de sa lignée - un prieuré avec quelques frères et un chapelain installé près de la fontaine Saint-Laurent, au bas de ce qu'on appelle aujourd'hui le Mont-Larron. Geoffroy , le jeune et saint prieur entend régulièrement, les plaintes des villageois, écoute leurs récits où il n'est question que d'exactions, de bêtes égorgées, de loups-garous et d'autres diableries.
Dame Margot, n'apprécie pas ce saint voisinage. Malgré les remontrances de son époux, elle refuse toute aide aux moines. On dit qu'elle se livre, dans la tour magne du château, à des manigances secrètes. L'on murmure bientôt que la dame de Laron y concocte philtres et sortilèges. Mais on dit tant de choses...
On a dit que les religieux perdent leur ferveur.. Peu à peu, malgré la pieuse présence du prieur... L'esprit maléfique de la forêt reprend le dessus. Étrangement... Les religieux – malgré les sévères semonces du prieur - perdent leur ferveur, délaissent leur règle très stricte et succombent aux multiples tentations que leur envoie Dame Margot. Les nuits de pleine lune, on en aurait vu forniquer avec de belles sorcières. Ils s'enivrent du vin qui coule dit-on subitement à la fontaine du monastère à la place de son eau pure. Certains moines, s'étant mêlés sans pudeur au sabbat d'enfer que de jolies succubes mènent dans les clairières les plus retirées de la forêt. Il paraît que de nouveaux démons seraient nés de ces étreintes ; ainsi, des ''manjasang'' et des esprits malfaisants se seraient multipliés et repeupleraient la forêt, alors que les moines les en avaient sanctifiée et purgée.
 
Pour conjurer le mauvais sort et ces pratiques sataniques, le prieur Geoffroy souhaite construire une chapelle, au cœur de la forêt de Laron... Mais les matériaux manquent. Les bois appartiennent au seigneur, mais Dame Margot s'oppose à ce que l'on donne le bois nécessaire à la construction de l'édifice …

Roger de Laron refusant donc de donner à Geoffroy le bois nécessaire à la construction de son édifice ; le moine décide de le convaincre de l'aider.
Un jour que Roger de Laron doit chasser en forêt, Geoffroy se rend sur un chantier d'abattage, où des bûcherons s'activent. Geoffroy leur demande l'hospitalité et, en échange, les prie de lui prêter une cognée afin de les seconder dans leur rude travail. La meute du seigneur surgit, poursuivant un magnifique cerf, et passe fièrement devant les bûcherons émerveillés.
Roger de Laron reconnaît parmi eux le moine. Mécontent de le trouver ici, il stoppe le cortège et vient l'accuser de dévaster ses bois et de venir troubler la chasse. Devant l'assemblée des chasseurs et des bûcherons, Geoffroy ne perd pas son calme. Il reproche au seigneur, sa dureté envers ses sujets, ses ''dérèglements'' passés, et sa passion coupable pour une ''sorcière''... !
Le saint moine ose même le menacer de la vengeance du ciel s'il ne se confesse pas de tous ses péchés. Furieux de cette diatribe, Roger de Laron fait rappeler sa meute et ses piqueurs, bien décidé à effrayer et s'amuser de ce clerc insolent...
Mais, les chiens viennent entourer et se coucher aux pieds de Robert... Puis, le cerf lui-même, surgit pour la seconde fois dans la clairière, il arrête sa course et vient également s'agenouiller aux pieds du ''saint prieur''.... Le plus profond silence s'établit...
Stupéfait par cette scène miraculeuse, Roger de Laron se prosterne à son tour devant le saint moine, et lui demande humblement comment il peut racheter ses fautes.
Geoffroy bénit le chevalier et lui dit:
- Messire! Dieu ne veut pas la mort du pécheur. Il vous prie simplement de nous aider de vos deniers à bâtir une chapelle consacrée à Marie, mère de Jésus. Et, pour votre pénitence, vous viendrez chaque année faire jeune et retraite durant trois jours en ce lieu...
Pour marquer à tout jamais ce lieu d'une protection divine, il frappa le sol et une fontaine se forma et coule toujours...
Les deux photos représentent le lieu des fermes du moyen âge, Saint Julien aux Bois ( Corrèze) 
 

 


Enragée par la construction de la chapelle qu'elle réprouvait, Dame Margot décide de faire un exemple dans la contrée.
Elle réunit ses hommes d'armes, et chevauchant à leur tête, elle exécute une opération punitive contre ses sujets. Elle saccage quelques hameaux des alentours et bat à mort ceux des manants qui tentent de résister.
Rentrée au château, ses proches terrifiés la félicitent de sa vaillance et de son courage... Pourtant, l'une de ses jeunes demoiselles de compagnie, lui reproche sa férocité.

 

Margot se met en colère ; outrée que ce soit sa favorite qui la morigène ainsi, elle se met fort en colère, bat sa jolie suivante et la jette dans le puits du château... ! Mais... Elle regrette aussitôt ce mouvement d'humeur. Comme elle aime beaucoup sa jeune suivante, elle veut la sauver et ordonne qu'on la tire de là. Hélas, on ne lui remonte qu'un cadavre.

Inconsolable, Dame Margot s'enferme trois jours durant dans son appartement de la tour magne, sans accepter de nourriture, ni ouvrir la porte à quiconque.
Dimanche arrive sans que la dame du seigneur de Laron ne réapparaisse ou donne signe de vie. Fort inquiet, son époux décide d'aller rejoindre sa femme par une voie détournée. Il se fait hisser jusqu'au sommet de la tour et, pénètre secrètement par les greniers, dans le refuge de son épouse.

 

Par une lucarne donnant sur sa chambre, Roger voit sa dame, toujours aussi belle, malgré sa douleur, se mirer dans une glace, la poitrine nue jusqu'à la taille. Mais il s'aperçoit avec horreur que son corps s’achève en forme de loup-garou...

 

Trahie, son terrible secret découvert, elle court se réfugier dans la forêt... Roger n'a qu'à la suivre ; Lui et la ''louve'' se dirigent vers l'endroit même où ils se sont rencontrés … A l'endroit, où se trouve à présent la chapelle de Dom Geoffroy.
Roger va traquer ''la bête'', jusqu'à sa mort...Étrangement, c'est le corps d'une femme, que l'on va retrouver entouré de la meute ; et c'est le corps de Dame Margot qui sera veillé dans cette chapelle... Nous retrouvons ainsi dans cette version de la mort de Dame Margot, les même éléments que la fin d'une histoire précédente

Bien sûr, on raconte aussi que depuis, âme damnée et inconsolable, Dame Margot erre autour de son ancien château, apparaissant parfois au voyageur attardé sous l'aspect d'une belle femme nue perchée sur les branches d'un arbre … La nuit, elle se transforme en loup-garou...

Je vous raconterai, plus tard, l'histoire de Robin, bossu et musicien, qui s'était endormi en plein bois près du château de Laron.. Et, qui a eu le privilège de confondre '' Dame Margot '' dans une autre nature, plus bienveillante …

A suivre …

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Marguerite de Laron, et les sorcières, en Limousin -2/.-

Publié le par Perceval

 
Dans le quotidien, d'une âme de Saint-Julien-près-de-Laron, tout peut être ''signe'' magique...
Un tailleur ou une couturière est paniqué lorsqu'une aiguille ( Les aiguilles en métal ont été perfectionnées par les Maures en Espagne au XIème siècle ) tombée par mégarde a la pointe tournée vers elle...
Une malédiction connue rapporte que : « Si l'on trouve trois œufs de poule noire dans un champ, rien n'y poussera pendant trois ans. » Comment peut-on savoir qu'il s'agit d'une poule noire ? Mystère. Une fille qui marche par inadvertance sur la queue du chat ne se mariera pas avant plusieurs années.
D'ailleurs qui nous dit (c'est un exemple) qu'une salamandre dérangée de sous une pierre, plus un morceau d'écorce sombre en forme d'éclair, un bout de mue d'une grande couleuvre, une coquille d'escargot et puis une racine de mandragore (solanacée de la famille européenne de la pomme de terre) dans un renfoncement de talus de trois pas ne constituent pas une phrase en très bonne grammaire dans le langage inconnu d'un monde qui, pour nous, ne l'est pas moins ?

 

 

Toute la campagne, autour du Château de Laron, vit sans terreur excessive le voisinage du « yab » (diable) et ses manigances...


Par exemple, du côté de Laron, et en Limousin, on se méfie du'' Chenaton'', on ne sait ni d'où il vient ni où il se rend ni ce qu'il veut. Il passe dans la nuit comme une ombre blanche et s'évapore entre deux touffes de genêt. On considère qu'il s'agit d'une '' démonstrance '', une manifestation du diable, ou d'un mort réincarné, ou autres ...

Il faut se méfier du 'Drac'. Il est malin comme un singe, toujours prêt à faire des facéties qui n'amusent que lui. Par exemple: il pénètre de nuit dans une étable, par le fenestrou, affole les bêtes, noue la crinière du cheval. Pas facile ensuite de la dénouer ! Aujourd'hui, on dirait que c'est un troll ..

 

Connaissez-vous : '' la Torna '' ? 
On raconte qu'une femme traversait la rivière à gué pour aller voir son amant, lequel avait été décapité par le seigneur du lieu ( un ancêtre de Roger de Laron …?) ; ce serait elle, la torna. Plusieurs témoins l'ont rencontrée, se sont lancés à sa poursuite, mais chaque fois elle a disparu dans la forêt. Elle peut avoir deux mètres de haut (sans la tête ?) et vole au ras des pâquerettes plus qu'elle ne galope. Mais qui a été décapité? La femme, l'amant ou tous les deux ? On ne sait pas bien ....
 
Le ''leberou'' terrorise les longues nuits paysannes. Souvent, il représente une personne frappée de malédiction, condamnée à ne plus dormir dans son lit, et à errer à travers la campagne.. Elle est revêtue d'une peau de bête ( renard, chèvre, loup...), . S'il n'est pas foncièrement mauvais – il se régale à sauter sur les épaules du passant(e), et à se faire porter à sa guise, où bon lui semble. Mais, la figure médiévale du Loup-garou est beaucoup plus terrifiante.. ( en 1588, Arline de Barioux fut brûlée vive sur la grand-place de Riom (Auvergne). On l'accusait de se transformer en loup tous les vendredis après-midi afin de dévorer les enfants..)
 
 
 
Je ne sais pas, bien sûr, quelles histoires – avec Dame Margot - ont commencé par se répandre dans la population.
Sans doute des rumeurs comme celle-ci :

- On aurait surpris Dame Margot, en train d'aller chercher des ossements, à minuit, au cimetière... Magiques sont les os d'un enfant mort-né - ou ce qui longtemps fut équivalent, enterré avant d'avoir été baptisé. Ces restes donnent le pouvoir d'être invisible... Et, on ne compte plus les braves gens, qui ont été '' visités '' la nuit sans apercevoir aucune personne !

Après le dernier récit, où La Dame de Laron ne serait que l'incarnation du Diable, voici une autre histoire qui témoigne d'une nature différente , mais tout aussi diabolique …

Illustrations de Liiga Klavina
A suivre ...

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Marguerite de Laron, et les sorcières, en Limousin -1/.-

Publié le par Perceval

Précédemment, je vous ai retranscrit, l'histoire de la rencontre et du mariage entre Roger de Laron, et sa femme. Ceux qui colportaient cette histoire, tenaient à voir en Marguerite de Laron, le diable en personne … Pourtant, la plupart des gens d'ici, s'accordaient plutôt à voir en '' Dame Margot '' une sorcière ; et d'autres plus bienveillants : une fée … Qu'en est-il ?
 
Roger de Laron,vécut, sept années, avec une femme qu'il n'imaginait pas être le diable... Elle était aussi belle qu'une fée, aussi plaisamment humaine qu'un homme puisse espérer, et aucune autre qualité espérée ne lui manquait … Si la Dame de Laron séduisait tant de monde, beaucoup ne trouvaient pas la chose si naturelle... 
 
D'ailleurs bien vite, quelques histoires, faisaient état de l'infidélité de celle que l'on nommait ''Margot'': Marguerite de Laron n’apparaît dans aucun registre ou n'est citée par aucun témoin de ce début du XIVe siècle, cependant très vite les commérages, les témoignages, puis les légendes vont concerner la belle Dame de Laron … 
Il est intéressant de noter la correspondance entre ' Marguerite ' et 'Morgane' ( associée au paganisme et à la magie)... Morgane, ayant été à la fois christianisée en sainte Marguerite ( représentée piétinant un dragon..), et diabolisée puisque nombre de femmes appelées de ce nom, et pour ce seul motif, furent brûlées par l'Inquisition comme sorcière. A noter encore, le nom de Gargan : dieu celte à relier au Mont Gargan dans le Limousin.
 
Le Diable, n'était pas loin ; puisque la plupart des récits autour de Marguerite de Laron, la reconnaissent comme sorcière.
Aussi, il me semble intéressant de se remettre dans l'ambiance de - ce que l'on nomme - le Moyen-âge, pour se représenter ce que pouvait être une sorcière...
 
Aux alentours de 1300, la pratique d'une ''magie populaire'' est courante, elle est plutôt le fait de femmes du peuple... Leurs recettes se transmettent de bouche à oreille, de mère en fille, et permettent de soigner les maladies mais aussi de désenvoûter ou d'éloigner le mauvais œil. Par exemple, chacun ici sait que pour être garanti de la fièvre pendant un an, on préconise de manger « à la cuiller un œuf pondu le jour du Vendredi Saint, à jeun, et surtout sans pain ni sel ». On utilise aussi l'armoise pour contrer l'effet des sortilèges, mais il faut pour cela qu'elle ait trempé pendant trois jours dans l'urine d'une fille vierge de seize ans.
 
La grande reine Aliénor, celle-là même qui vint à Limoges, pour faire sacrer son fils Richard, duc d'Aquitaine, était accompagnée en permanence de femmes qui lui préparaient toutes les médecines, qu'elle avait elle-même étudiées lors de la croisade quand elle accompagnait Louis VII. On raconte que le roi avait peur de ses connaissances.... !
Au roi d'Angleterre, Aliénor, donne cinq fils et deux filles ; mais Henri II finit par trouver une ''maîtresse'', moins maîtresse d'elle-même... Aliénor, toujours aussi belle et 'magi-strale', mais déjà assignée à résidence pour quelques foucades soignées, est transférée au château de Woodstock où séjourne Rosamonde Clifflord, la maîtresse préférée de son mari... Étrangement, Rosemonde meurt empoisonnée, et Aliénor reste 'enfermée' jusqu'à la mort de son mari ; avant de revenir en Aquitaine …
 
Vers la fin du XIIIe siècle, la présence de plusieurs alchimistes est avérée dans la Vicomté. L'un bien connu : Omer Bernard cherche durant des années la pierre philosophale pour l'éventuel bénéfice d'un comte d'Angoulême....A Poitiers Éthélius Bragancé ou Bougrancier prétend faire de l'or pour le trésorier du comte, selon l'historien américain Robert Wohl.
Un serviteur de la maison de Louis VII, toujours fidèle à son ancienne maîtresse Aliénor, lui apporte le premier ambix de Poitiers ( alambic) où on en parle comme d'une « bouilloire d'Orient ...
 
Bien sûr, les pratiques 'magiques' n’empêchent pas la pratique chrétienne, mais pour aller voir son confesseur, il est de bon ton d'ôter ses amulettes ou de les remplacer par des reliques ou médailles pieuses.

 

A suivre ... 
Illustrations de Liiga Klavina 

 

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Le Diable dans la Légende Arthurienne, XIIe et XIIIe s. -2/2-

Publié le par Perceval

Le roman de Perceval laissé inachevé par Chrétien de Troyes a fait l'objet, entre la fin du XIIe et le premier quart du XIIIе siècle, de quatre continuations. La Continuation de Gerbert de Montreuil est la quatrième après la Continuation de Manessier.

Delacroix

L’œuvre d’origine picarde, est datée du premier tiers du XIIIe siècle. Elle se situe au moment ou Perceval arrivé au château du Roi Pêcheur a réussi à ressouder les morceaux de l'épée brisée en laissant cependant apparaître un petit défaut à la soudure. Alors que dans le récit de Manessier le Roi Pêcheur livre à ce moment à Perceval le secret du Graal, pour Gerbert de Montreuil, Perceval n'est pas encore digne d'entendre le secret et devra se lancer dans de nouvelles aventures avant de l'apprendre de la bouche du Roi Pêcheur. Entre autres aventures « felenesses et dures » : un mariage avec Blanchefleur, de chaleureuses retrouvailles avec Tristan, Gauvain, le vieux Roi Ermite qui veille sur le tombeau de sa mère et même avec Gornumant de Grohaut, son maître ès armes.

L'aventure du Chevalier au Dragon, assortie d'un sermon, porte un sens. L'auteur s'adresse aux chevaliers pour les décider à renoncer à leur vie de péché, car il n'est pas de faute irrémissible. L'épisode, tel un livre d'images, montre le diable redoutable, en apparence invincible, mais bientôt vaincu par le Chevalier du Christ. Il prouve que des plus mauvais chemins, il est possible de revenir.

Le Chevalier au Dragon assiège la Demoiselle de Montesclaire .. Ce méchant chevalier s'est donné au Diable, en échange de quoi il a reçu un écu à tête de dragon qui jette des flammes et brûle ceux qui osent l'affronter. Perceval n'hésite pas à tenter l'aventure. Son bouclier le protège du feu mortel et met le démon en fuite ; mais, sur l'invitation de son adversaire, il renonce bientôt à sa protection surnaturelle. Il finit quand même par triompher, de toutes les façons, puisqu'il obtient que le vaincu se confesse et meure en chrétien.

Lamia - John William Waterhouse

Dans les dernières continuations de Perceval, L'Estoire del Saint Graal, le diable endosse le corps de « la plus belle jamais vue », on nous parle de sa grâce, de son maintien, de son palefroi noir ( un signe ..) ; elle accouche de deux filles qui ne présentent aucun signe disgracieux... mais, elle connaît le passé, et manifestement si elle se rend à l'église pour y entendre la messe, elle en sort systématiquement avant l’élévation ( ce qui fait scandale …) ( le livre de Baudoyn, conte de Frandre) … La succube ne peut être démasquée que par un ermite, qui se signe et l'exorcise … Elle disparaît, et ses filles affirmeront ensuite leur caractère maléfique …

 

Dans la '' Queste del saint Graal'' ( récit chrétien qui appartient au cycle du Lancelot-Graal (1230) ) le diable est désigné par '' enemi''. La notion de diable est abstraite.

« Le diable tente Perceval sous la forme d'une femme. Ayant échoué une première fois il recourt au procédé de l'intimidation et oppose ses conseils à ceux de l'ermite. Le récit que la jeune fille fait de ses prétendus malheurs pour attendrir le jeune homme est, en fait, l'écho de ceux qui sont arrivés à Lucifer et aux anges révoltés. Le dénouement de l'épisode est soigneusement préparé. La damoisele fait apprêter un magnifique lit : tout, dans la description, vise à insister sur la surprise dont use le diable pour faire de Perceval sa victime. C'est la vue de l'épée et le signe de croix qui sauvent Perceval. Le fantastique accompagne la défaite du diable : « …et maintenant vit le paveillon verser, et une fumee et une nublece fut entor lui, si grant que il ne pooit veoir goute ; et il senti si grant puor de totes parz qu'il li fu avis que il fust en enfer. »

Arthur, Lancelot et Guenièvre ...

 

Ce qui va perdre Lancelot, ce n'est pas Satan, mais Guenièvre. La christianisme va faire de ''l'amour courtois'' la tentation suprême, que l'on n'ose pas ouvertement, sauf une fois, présenter comme un piège du malin... Les chevaliers vont périr parce qu'ils faillissent à leur vocation spirituelle... Ce qui perd le royaume arthurien, c'est l'imprudence des amants, la rancœur du roi, la guerre qui oppose à Lancelot tout le lignage de Gauvain... Point de sortilège, mais plutôt la notion antique de Destin. ( La Roue de Fortune …). Le XIIIe siècle lettré, va tenter de ne pas croire au Démon, mais au Destin... La Merveille appartient aux créatures de la mythologie qui habite encore les campagnes... Et le Diable, lui, va prendre de l'importance dans les exempla, les vies de saints, les miracles de la Vierge.

 

Au début du XIVe siècle, le Diable devient une figure ressentie comme une menace pour les chrétiens … '' L'Autre Monde '' est devenu suspect...

Les fées se dépouillent de leur lumière : et Morgane ( ou Morgue) deviendra lubrique, jalouse et méchante, et Viviane perfide …

L'oiseau ''faé '' d'Yonec ( un des lais de Marie de France, XIIe s) - lorsqu'il se transforme en beau chevalier - provoque chez la mal mariée un mouvement de doute et de recul, l'angoisse de la dame est vite dissipée, quand elle voit son futur amant recevoir le ''corpus Dei''. , la dame n'accepte l'amour du chevalier qu'à condition qu'il croie en Dieu : c'est pourquoi il récite son Credo et communie ensuite, après avoir revêtu l'apparence de sa future amie (qui se cache) pour que nul ne soupçonne sa venue.

Dans le lai de Désiré, Graelent et Mélion ; Désiré se repent d'avoir soupçonné son amie la fée d'être un être diabolique lorsqu'elle communie à ses côtés pour lui prouver son innocence. L'autre monde ne redevient maléfique, à l'occasion, que plus tard, au XIIIe siècle.

Sources: Le diable au Moyen Âge : Doctrine, problèmes moraux, représentations [en ligne]. Aix-en-Provence : Presses universitaires de Provence, 1979 (généré le 29 septembre 2017). Disponible sur Internet

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Le Diable dans la Légende Arthurienne, XIIe et XIIIe s. -1/2-

Publié le par Perceval

Le Diable dans la Légende Arthurienne, XIIe et XIIIe s. -1/2-

Nous sommes au XIIe et XIIIe siècle, et le diable n'est pas encore dotée d'une identité propre ; la figure du Diable recouvre le plus souvent d'anciennes divinités païennes combattues par le christianisme. Aujourd'hui, le Diable correspond à une expression ou réalité théologique... Au Moyen-âge, le diable est du niveau de l'humain il est présent dans le quotidien ; c'est une réalité que nous nommons aujourd’hui de ''folklorique'' ( sens étymologique)

Par exemple, le Diable peut prendre le masque chevalin … c'est l'épisode du cheval tout harnaché qui s'offre de lui-même. Il emporte ensuite à un rythme effréné le chevalier démuni, et tente de le noyer... Le diable trouve ses images dans la tradition populaire comme la ''Chasse infernale'' ( ou Mesnie Hellequin)...

Pour ce qui est du Merlin de Robert de Boron, les plans infernaux sont mis définitivement en échec : la vierge - de confession chrétienne - qui enfantera Merlin est trop sainte et trop sage pour que son fils hérite d'une nature mauvaise.

Conception de Merlin

La figure de Merlin permet de faire le lien entre le paganisme qui s'éteint et la foi chrétienne ; ensuite il ne sera plus question d'intervention diabolique ...

 

Chez Chrétien de Troyes, le diable n'intervient pas ( ou appartient au ''merveilleux'' )... L'accent est mis sur la liberté individuelle.( cf Abélard ou Hugues de Saint Victor) . Pour Saint-Anselme le Mal est un ''non-être'' ; il ne se définit que négativement. Après la chute ( effective ) d'Adam et Eve, il faut réparer l'offense à Dieu. Les anges déchus n'ont pas le plein pouvoir sur l'homme, pour se racheter il bénéficie de '' la grâce''

 

Le Diable n'est pas responsable du Mal dans la société car c'est toujours l'homme qui porte en lui une vulnérabilité et une faiblesse coupables.

Dans le Chevalier au Lion, Yvain doit affronter des ''netuns'' ( lutins ) pour libérer les captives du Château de Pesme Aventure, ces ''démons'' sont d'origine païenne ; ils ne participent du Diable qu'à demi, parce qu'ils sont les fils d'une mortelle et d'un incube.

Dans Perceval, quand Gauvain s'entretient avec Grinomalant de la ''male pucelle'' dont il dit qu'elle est ''plainne de deable''(v.8837) ; ''deable'' symbolise la perfidie.

The Temptation of Sir Percival by Arthur Hacker

Dans le Conte du Graal, ce n'est pas au terme d'une tentation que Perceval oublie Dieu, mais seulement parce qu'il s'est dispersé dans ces activités mondaines que sont les tournois et plus généralement la quête de la vaine gloire.

 

Dans les récits arthuriens, le diable n'est pas tout-puissant ; il reste généralement sous contrôle de héros : exemple : l'épisode de la ''Main Noire'', dont Perceval vient à bout à l'aide d'un simple signe de croix.

 

-'' La Main Noire ''-

Dans la Troisième continuation de Manessier, l'auteur revient sur la fameuse scène du repas chez le Roi Pêcheur : le Graal et la Lance repassent … Le Roi parle : la Lance est celle de Longin, le Graal a été rapporté par Joseph d'Arimathie …etc, et l'épée brisée était celle qui par un Coup Félon et Douloureux avait frappé Goon du Désert... Goon sera vengé quand l'Epée sera ressoudée et Perceval devra pour achever la guérison du Coup Douloureux, tuer Partinal sire de la Rouge Cour...

Perceval devra encore combattre '' La Main Noire'', pour ôter d'une chapelle ''souillée'' le corps d'une reine devenue nonne et décapitée par son propre fils... Exorciser l'autel, le corps et la chapelle ; et en particulier une fenêtre dans laquelle est lové le Diable …

Perceval combat cette mystérieuse Main Noire dans une tempête de feu, de foudre et d'éclairs ; le diable perd son lieu d'attache - avec l'aide de Dieu et du signe de croix …

En Irlande, Lug porte le le nom de '' à la main longue'' : il possède un long bras, ou une main avec lequel il accomplit des exploits ...

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Le Diable au Moyen-âge -2/2-

Publié le par Perceval

Bien évidemment, quand Satan se présente devant des mortels, il prend grand soin de masquer sa véritable identité, dissimulant autant que possible sa démoniaque nature ( pieds fourchus …) sous des vêtements.

 

Le Diable peut également, au gré de ses caprices, prendre l'apparence de divers animaux : chats, lèvres, corbeaux..

Le Malin connaît toutes les ruses du déguisement et du masque et quand il veut séduire, il emprunte ( dit-on) à la femme tous ses artifices. Ainsi paré, il tente fréquemment d'inciter au péché prêtres et moines, qui sont pour lui des proies de choix.

 

Au Moyen-âge, Satan, toujours à l'affût d'une âme à pervertir, apparaît dès qu'il entend son nom aussi prend-on garde à ne jamais le nommer véritablement. Pour éviter une visite indésirable, on le surnomme de diverses manières: Le Malin, l'Ennemi, le grand Bouc, le Cornu, le Vilain, etc..

Le Diable aime à transgresser les règles établies et courir les fêtes. Parfois, quand les réjouissances se terminent après minuit, Satan s'invite et, sous la forme d'un bel homme, il charme les jeunes filles. Fort heureusement, les hommes, qui se méfient inévitablement d'un étranger aussi séduisant, remarquent vite ses pieds fourchus et préviennent ces demoiselles. Sitôt démasqué, Satan disparait dans un nuage de fumée, laissant derrière lui une odeur de souffre ou, s'il refuse de partir, il peut se faire exorciser.

 

Les personnes qui aiment les plaisirs faciles et y cèdent sans vergogne ont également ses faveurs car leurs âmes se trouvent tout naturellement propices à écouter ses paroles doucereuses. Au XIIIe siècle, Ranulphe de la Houblonnière dresse la liste des péchés réputés attirer le démon: l'orgueil, la colère, l'envie, l'avarice, la luxure et la gourmandise.

 

A la demande de ses sujets, Satan peut les transformer en loups-garous, déchaîner des orages, exciter des tempêtes ou faire tomber la grêle et la foudre. Il est également capable de causer un sommeil profond, plonger en extase, révéler des événements lointains ou à venir, rendre un homme invulnérable, lui donner la capacité de se rendre invisible, le transporter dans les airs, faire disparaître des objets, soit en condensant d'épaisses vapeurs, soit en les enlevant subtilement, rendre malade, tantôt en altérant l'organisme, tantôt en transportant des miasmes contagieux, et même guérir, ce qu'il fait très rarement, le bien n'étant pas son fort, sauf pour parvenir à ses fins ...

 

Le moyen le plus courant pour empêcher Satan de pénétrer dans une maison est de placer une croix de paille sur la porte d'entrée.. Brûler des branches de genévrier au nouvel an est également supposé la protéger.

Pour obliger le Diable à quitter un corps qu'il possède, il existe diverses méthodes dont certaines ne nécessitent pas l'intervention de l’Église.

L'une d'entre elles consiste à rouer de coups le possédé ou à lui infliger divers sévices cruels afin d'inciter le démon à partir. Les amulettes peuvent également constituer de véritables moyens d'exorcisme, agissant d'elles-mêmes par la seule vertu de leur consécration ou des formules qui s'y trouvent inscrites....

 

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