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pragmatisme

William James (1842-1910) et la Vérité

Publié le par Perceval

Henry James, Edith Wharton et H. Sturgis

Comme Anne-Laure de Sallembier rencontrait Edith Wharton, elle eut aussi l'avantage de côtoyer l'écrivain Henry James... Elle imaginait d'ailleurs, qu'Edith et lui étaient amants et cachaient leur liaison en utilisant un personnage créé par leur imagination romanesque … ( cf Article - Edith Wharton – une américaine à Paris.)

 

Surtout, Anne-Laure a rapporté de nombreuses notes de ses entretiens avec William James (1842-1910), le frère d'Henry, qui en 1909-1910 avait rejoint l'Europe, alors qu'il était d'ailleurs malade du cœur et venu se reposer chez son frère... Il avait démissionné d'Harvard en 1907; et devait mourir le 26 août 1910 d'une crise cardiaque...

Le père d'Henry et William était un grand théologien, disciple de Swedenborg... Il s’intéressait, comme ses fils, aux fantômes et à la parapsychologie…

Henry et William James

Henry, expatrié en Angleterre, romancier, est le plus connu... Il a un tempérament d'artiste avec un bon sens de l'humour. Il apprécie le luxe des dîners anglais et des salons littéraires

William, l’aîné, se veut plus sérieux... Il a quitté New York pour les verts pâturages de l'Université de Harvard, où il introduit la psychologie à l'université, philosophe ''pragmatiste'' il s'est révélé être une sorte de prophète... Bergson a rencontré William à Londres, il écrit à un ami : « C'est un homme si modeste et sans prétention, mais quel génie intellectuellement ! J'ai le pressentiment que ce qu'il a mis en lumière s'imposera et constituera un tournant dans l'histoire de la philosophie. »

 

Anne-Laure semble s'être confiée et a parlé de sa Quête... Elle interroge William sur '' la Vérité ''…

Ne devons-nous pas penser et agir à partir de principes ''vrais''.. ? La Quête serait bien décevante si elle reposait sur des principes faux ! N'est ce pas identique en science... ?

- Oui, pour savoir si une chose est vraie, il faut- dit-il – poser une croyance, la tester et l'intégrer dans un corpus plus large... James doute que l'on puisse observer le Réel ''en soi'' ( ce qui supposerait sortir de ses croyances, dit-il...)

 

 « La vérité vit à crédit. » « Nos pensées et nos croyances, poursuit James, passent comme monnaie ayant cours tant que rien ne les fait refuser, exactement comme les billets de banque tant que personne ne les refuse. Mais tout ceci sous-entend des vérifications, expressément faites quelque part, des confrontations directes avec les faits, sans quoi tout notre édifice de vérités s'écroule, comme s'écroulerait un système financier à la base duquel manquerait toute réserve métallique. Vous acceptez ma vérification pour une chose, et moi j'accepte pour une autre votre vérification. Il se fait entre nous un trafic de vérités. Mais il y a des croyances qui, vérifiées par quelqu'un, servent d'assises à toute la superstructure. » 

 

Les vérités sont des croyances que nous ( ou d'autres pour nous) vérifions …

Mais ce qui est étonnant chez William James, c'est qu'il rajoute :  Il est des croyances ou vérités auxquelles la seule « volonté de croire » suffit... !

Par exemple, sur la question du libre arbitre: W. James dit « Mon premier acte de libre arbitre est de croire au libre arbitre ».

 

Abordons, à présent, le ''Pragmatisme ''

« Les idées ne sont pas vraies ou fausses. Elles sont ou non utiles. » Telle est la thèse centrale que défend William James

 

Anne-Laure est vivement interpellée par cette remise en question de '' La Vérité '' : Une et Imposante... Elle pensait devoir choisir entre Une Vérité surnaturelle et une Vérité matérielle ; les deux s'appuyant sur le raisonnement, tel la déduction à partir d'hypothèses... Méthode que W. James récuse ; il préfère s'en tenir à l'étude des faits : inutile de discuter sur l'essence d'un objet, il serait suffisant d'en discuter les caractéristiques, et son utilité … !

 

Et... La question brûle les lèvres d'Anne-Laure : Croyez-vous en Dieu... ?

- Oui... ! « c'est la croyance qui donne des couleurs à la vie et qui fait la différence ».

Reginald W. Machell (1854–1927)

Ce qui intéresse James, ce ne sont pas les éventuelles '' preuves '' de l'existence de Dieu... idiotes... ! Ce sont les phénomènes de la religion : la prière, l'expérience mystique, en particulier les conversions ...etc

Sa première idée est l'inconscient, mais il n'interdit pas une force supérieure... L'esprit en nous est bien plus vaste que notre conscience...

 

Anne-Laure réussit même à lui faire exprimer sa croyance en ''quelque-chose de plus grand que notre monde'', mais pas forcément un dieu unique … Plutôt une multitude de puissances ; dans la nature agissent tant de forces différentes et qui interagissent avec l'humanité mais sans contraindre notre liberté... Ce Dieu donc, n'est pas le maître du bien et du mal...

 

Anne-Laure trouve le personnage sympathique. Il tient à ce que ses idées soient claires, compréhensibles, et critiquent les discours obscurs qui se justifieraient parce qu'ils seraient profonds ...!

W. James est un bon orateur... Il est passionnant à écouter ; et à la grande différence de son père, il respecte les femmes. Il accepte la conversation, écoute les questions...

- N'ayez pas peur de penser, d'agir... Affirmez votre liberté... !

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