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sciences

Le Monde d'hier, avant la guerre. 4. H. Poincaré – B. Russell

Publié le par Perceval

Lancelot a commencé à aller à l'école. Il est élève au Petit Lycée Janson de Sailly. Il s'ennuie d'apprendre des listes de sous-préfectures. Il est externe et en l'absence de sa mère la vieille Françoise s'occupe certainement de lui avec diligence...

Petit-Lycée-Janson-de-Sailly

Régnier ne trouve plus semble t-il sa place au Mercure de France... Il collabore désormais régulièrement à la Revue des Deux mondes et surtout à la Revue de Paris ; anciennes elles défendent des valeurs traditionnelles, et rétribuent mieux...

 

En 1911, a lieu le premier de la série des ''congrès Solvay de physique''; depuis, sept ont été tenus, avant la Seconde Guerre mondiale. Ces congrès virent les plus grands physiciens du début du XXe siècle débattre sur la toute récente mécanique quantique.

La première conférence, sous la houlette de Hendrik Lorentz, qui eut pour thème « La Théorie de la radiation et des quanta », eut lieu du 30 octobre au 3 novembre 1911 à l'hôtel Métropole à Bruxelles. A ce premier congrès Solvay de physique, en 1911; on y voit: assis: Marie Curie et Henri Poincaré; et en particulier debout:  Max Planck, Maurice de Broglie, Ernest Rutherford, Albert Einstein,  Paul Langevin....etc

Pour Poincaré la recherche de la Vérité est l'unique but de la science. Il distingue cependant la vérité morale de la vérité scientifique; et l'une ne peut influencer l'autre ( cf: affaire Dreyfus...)

Mais, pour Poincaré, nous l'avons vu,  il n’existe pas de réalité tout à fait indépendante de l’esprit ( la polémique autour du pendule...). Les théories forgées pour comprendre le monde sont en constante évolution, toujours empreintes du passé...

 

Jean-Baptiste de Vassy, découvrit les travaux de Bertrand Russell grâce à Poincaré, et en particulier grâce au débat dans lequel ils sont engagés sur la nature du raisonnement mathématique

Dans la ligne des idées de Kant, Poincaré, affirme le caractère synthétique et intuitif du raisonnement mathématique. La conception logiciste de Russell, l'agace...

Bertrand Russell en 1907

Le raisonnement mathématique ne pourrait-il être qu'une succession d’étapes de même nature que celles du raisonnement logique...?

La science est à la fois rigoureuse et créative... D'accord... Si, elle est créative, elle n'est donc pas entièrement déductive et pas complètement rigoureuse … ! ?

Poincaré interroge : Le raisonnement mathématique n'est pas que déductif, et pourtant il est rigoureux... ? Et, oui... par exemple: le raisonnement par récurrence, fondé sur le principe d’induction. Selon ce raisonnement, « on établit d’abord un théorème pour n = 1 ; on montre ensuite que s’il est vrai de n – 1, il est vrai de n et on en conclut qu’il est vrai pour tous les nombres entiers. ». Poincaré, 1902

 

Poincaré reproche, notamment à Russell et Whitehead, et à leur '' logistique '' d’entraver le travail du mathématicien; leur ''rigueur'' serait stérilisante... Pour Poincaré la rigueur logistique qui décompose une démonstration en une succession de déductions logiques, ne donne pas de compréhension d’ensemble de cette démonstration. Et, ce manque de compréhension constitue un manque de...? et bien, précisément, de rigueur selon Poincaré...

Poincaré, défend un type d'intuition, qui permet « non seulement de démontrer, mais encore d’inventer », comme peut le faire le raisonnement par récurrence ( qui ne nécessite pas d'être justifié par des principes logiques ...)...

Henri Poincaré 1908

 

Malgré, son admiration pour Poincaré; J.B. sent bien chez beaucoup de jeunes mathématiciens une crise des fondements des mathématiques... Comme en philosophie, on reste dans son raisonnement sur des formules vagues, du type: «il existe», «on peut trouver», «il n'existe pas»... Et finalement, on relève de plus en plus – même en mathématiques - des paradoxes qui mettent en évidence le manque de rigueur...

Ainsi, parler avec Euclide de point, de droite, de plan, de cercle, etc, comme des objets naturels , ne leur donne pas pour autant une définition scientifique et mathématique...

Comme un jeu, les mathématiques nécessite des Règles ( et, on prend conscience qu'on pourrait en choisir d'autres...)

 

Ainsi, Russel introduit quelques paradoxes et démontre quelques premiers théorèmes d'apparence paradoxale. Par exemple, c'est Russell (1902) qui a démontré qu'il n'existe pas un ensemble de tous les ensembles....

Pour Poincaré, définir les objets géométriques à partir des phénomènes physiques ne présente pas d’intérêt. D’après certains commentateurs, l’influence que le point de vue conventionnaliste exerçait sur les mathématiciens était considérable, et on suppose même que le conventionnalisme de Poincaré lui aurait coûté la découverte de la théorie de la relativité générale...

Henri Poincaré considère l'axiome des parallèles comme une convention, qui ne peut être dite « vraie » ou « fausse ». Parmi toutes les conventions possibles, le choix est guidé par le critère de simplicité et par l'expérience des phénomènes physiques. "Si la géométrie était une science expérimentale, elle ne serait pas une science exacte [et] serait dès aujourd’hui convaincue d’erreur . . . » et il décide que la question de la géométrie de l’espace n’a « aucun sens ».

Pour Russell, nous percevons les corps comme constitués de parties plus ou moins contiguës, la matière est organisée, par la perception, en un ordre spatial qui diffère à coup sûr de certains ordres possibles . Ces choix nous sont imposés par l’expérience et ne peuvent selon Russell être conventionnels. Dans sa réponse, Poincaré voit dans l’utilisation par Russell du mot perception l’origine de leur désaccord.

 

Jean-Baptiste de Vassy, rêve de rencontre Russell et propose à Anne-Laure de l'accompagner en Angleterre....

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La terre tourne t-elle ? -2/2-

Publié le par Perceval

Après l'affaire Dreyfus, une autre affaire nourrit la controverse entre catholiques et laïques... L’abbé Loisy (1857-1940), théologien exégète de l’Église, a publié en 1902 un ouvrage intitulé L’Évangile et l’Église dans lequel son approche historique et philologique des textes de la Bible remet en cause un certain nombre de dogmes de l’Église. La condamnation de cet ouvrage par décret du Saint Office en décembre 1903 suscite l’émotion; l’anathème envenime le débat, qui se transforme vite en une opposition entre l’Église et la science.

Dans Le Matin du 28 décembre 1903, un entrefilet intitulé Propos d’un Parisien, rédigé par le journaliste d’opinion Henri Harduin, reprend la polémique sur la rotation de la Terre et la porte dans un champ idéologique que Poincaré n’envisageait pas. Il utilise la condamnation de Loisy pour mettre en lumière l’immobilisme de l’Église, opposé à la perpétuelle et saine remise en question de la science par elle-même...

 

Édouard Drumont, fondateur du journal politique antisémite, La Libre Parole, du 9 janvier 1904, répond à Harduin en retournant l'objection, au risque de trahir les propos de Poincaré:

« Des journalistes en quête d’un thème pour une chronique, comme notre confrère Harduin, qui a pris la tâche d’amuser les lecteurs du Matin, ne perdent pas cette occasion de faire solennellement la leçon à l’Église ; ils sortent immédiatement Galilée : “ Vous voyez, s’écrie M. Harduin, quel contraste entre la science et l’Église ! L’Église condamne Galilée ; la science dès qu’un fait nouveau lui est démontré, s’incline et reconnaît ses erreurs passées. ”

L’argument aurait quelque valeur si la science était arrivée à une certitude quelconque, alors qu’en réalité, elle en est toujours aux conjectures et aux hypothèses. Il n’est pas démontré du tout que la Terre tourne, comme le prétendait Galilée, et qu’elle ne soit pas le centre du système planétaire. M. Harduin, qui n’est pas plus savant que moi, affirme imperturbablement que la terre tourne ; mais M. Poincaré, qui est, à l’heure actuelle, le premier des géomètres physiciens français et qui est probablement plus instruit que M. Harduin et que moi, n’a nullement ce ton affirmatif qui est celui des demi-ignorants. »

A noter que l'on mélange ici : la rotation diurne de la Terre autour de son axe, la révolution annuelle autour du Soleil, le pendule de Foucault, le procès de Galilée...

Un journaliste du Figaro reprend la question devenue populaire, dans un article publié le 2 février 1904 et intitulé Tournons-nous ?:

« C’est un problème qui n’a peut-être pas beaucoup d’actualité; mais enfin nous voudrions bien savoir à quoi nous en tenir. »

 

André Beaunier la reprend dans le Journal des débats politiques et littéraires du 23 mars 1904. Le lendemain, le chroniqueur scientifique François Peudefer signe un long article intitulé La Terre tourne-t-elle? dans lequel il rappelle au grand public toutes les preuves tangibles de la rotation diurne de la Terre tout en faisant l’historique de la polémique. Une semaine plus tard, Le Petit Parisien propose sous le même titre un article de Jean Frollo dans lequel Poincaré se trouve de nouveau impliqué.

Le_Matin___derniers_télégrammes_[...] 7 mai 1904 PoincaréLe_Matin___derniers_télégrammes_[...] 7 mai 1904 Poincaré

Le_Matin___derniers_télégrammes_[...] 7 mai 1904 Poincaré

Poincaré rédige, alors, une lettre ouverte adressée à Flammarion intitulée La Terre tourne-t-elle ?, publiée dans le Bulletin de la Société astronomique de France de mai 1904 et reproduite dans le journal Le Matin du 7 mai 1904 :

« Je commence à être un peu agacé de tout le bruit qu’une partie de la presse fait autour de quelques phrases tirées d’un de mes ouvrages – et des opinions ridicules qu’elle me prête. Les articles auxquels ces phrases sont empruntées ont paru dans une revue de métaphysique [...]. Je parlais le langage de la métaphysique moderne. Dans le même langage, on dit couramment “Les deux phrases le monde extérieur existe, et il est commode de supposer que monde extérieur existe, n’ont, qu’un seul et même sens. ”

La rotation de la Terre est donc certaine, précisément dans la même mesure que l’existence des objets extérieurs. Je pense qu’il y a là de quoi rassurer ceux qui auraient pu être effrayés par un langage inaccoutumé. Quant aux conséquences qu’on a voulu en tirer, il est inutile de montrer combien elles sont absurdes. Ce que j’ai dit ne saurait justifier les persécutions exercées contre Galilée, d’abord parce qu’on ne doit jamais persécuter même l’erreur, ensuite parce que même au point de vue métaphysique, il n’est pas faux que la Terre tourne, de sorte que Galilée n’a pu commettre d’erreur.

Cela ne voudrait pas dire non plus qu’on peut enseigner impunément que la Terre ne tourne pas, quand cela ne serait que parce que la croyance à cette rotation est un instrument aussi indispensable à celui qui veut penser savamment, que l’est le chemin de fer, par exemple, à celui qui veut voyager vite.

Quant aux preuves de cette rotation, elles sont trop connues pour que j’insiste. Si la Terre ne tournait pas sur elle-même, il faudrait admettre que les étoiles décrivent, en 24 heures, une circonférence immense, que la lumière mettrait des siècles à parcourir. »

La polémique va poursuivre Poincaré jusqu’à la fin de sa vie, en particulier lorsqu’il est élu à l’Académie française en 1908.

Extrait de l’article de l’évêque BOLO

 

Un évêque à la une du journal Le Matin du 20 février 1908, écrit une virulente attaque contre les philosophes et les scientifiques...

La Revue Illustrée du 5 avril 1908 consacre quant à elle un long dossier à Poincaré pour marquer son élection à l’Académie. Il est en partie composé d’extraits d’une interview qu’il y accorde au journaliste et dans laquelle il rassure encore une fois le public profane : la Terre tourne !

Enfin, dans l’ouvrage Ce que disent les choses, qui rassemble des textes publiés en 1910 dans une revue pour enfants, Poincaré revient sur le mouvement des planètes et des étoiles, et la rotation de la Terre. Une phrase y rappelle ses réflexions : « Un seul des mouvements apparents est réel, la Lune tourne réellement autour de la Terre ; c’est elle en effet qui est la plus petite. »

 

Cette affaire de savoir si oui ou non, la terre tourne... illustre l'effervescence intellectuelle qui règne aussi bien du côté de l'Eglise, que du côté des sciences...

Il y a, la condamnation du modernisme par Pie X, avec le décret Lamentabili et l’encyclique Pascendi, date de 1907 ; et par ailleurs la remise en cause d'un positivisme étroit, qui avait dominé jusqu’alors...

Henri Poincaré, en particulier ouvre un débat qui va renouveler notre vision de la science et qui va se concrétiser à travers des avancées scientifiques majeures, d’Heisenberg à Einstein, de la physique quantique à la théorie de la relativité...

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Henri Poincaré, mathématicien et philosophe.

Publié le par Perceval

Il est vrai que le ''tout Paris'' connaît mieux Caroline Otero que Marie Curie, ou Boni de Castellane que Henri Poincaré... Cependant un grand siècle scientifique se met en place...

Collège-de-France-1904

La France et le pays de Descartes ( on vient de fêter en 1896 le tricentenaire de la naissance de Descartes) , la raison est déterminante et chacun a foi en une vérité absolue ... Pourtant des penseurs et savants questionnent la connaissance en soi... Poincaré proclame que la géométrie d'Euclide n'est la plus vraie que parce que, elle est la plus commode... Le positivisme est mis à mal, alors que la science ouvre des portes: la théorie atomique, la radioactivité ...etc

N'oublions pas - parmi ceux qui réagissent au positivisme scientiste - la mouvance symboliste et décadentiste, la mode de l’occultisme, l’attrait pour le spiritisme et, d’une manière générale, le renouveau du spiritualisme dont Bergson reste le principal représentant au tournant du siècle.

La foule se presse aux portes du Collège de France

Comme de nombreux parisiens cultivés, Anne-Laure de Sallembier se presse devant le Collège de France, pour entrer dans la salle n°8 et écouter notamment Bergson; ou courre les conférences données par Henri Poincaré ( ainsi, celle donnée à ''Foi et Vie'' sur '' La morale et la science''...

Poincaré ne publiait pas lui-même ses cours à la Sorbonne et ses conférences... Ses étudiants ou ses collaborateurs ( comme JBV) s'en chargeaient.

 

Sans-doute est-ce le goût de l'érudition, de la Quête, qui ont réunit Anne-Laure et Jean-Baptiste; en particulier ce sur quoi - de la littérature à la science, en passant par la philosophie - la Connaissance s'enrichit chaque jour au point de nous faire penser que nous pouvons peut-être accéder à la Vérité...

Ce siècle nouveau leur permettra t-il de conclure la Quête du Graal ...?

Henri Poincaré (1854-1912), est un personnage qui passerait facilement inaperçu... Il est petit, myope. Enfant, il voit mal au tableau et développe une mémoire auditive. Il se souvient de ses cours, sans prendre de notes. Il dessine mal, mais possède une vision spatiale, qu'il développe en géométrie... Il peut effectuer toute une suite de calculs mentalement, et les coucher sur papier en rentrant chez lui... Après avoir compris, il écrit vite, très vite au point de commettre des erreurs...

Il aime lire, et écrire... Il s'essaie sur un roman, et des pièces de théâtre...

Henri Poincaré souffre d'insomnies, et de troubles de l'attention. Il ne pratique pas le sport. Il n'est pas liant et peu enclin aux confidences. Il se soumet aux règles de vie par désintérêt, et provoque ainsi des fautes par distraction....

Depuis l'âge de 18ans, il se considère agnostique et se méfie de l'institution catholique, de ses positions anti-intellectuelles, et son influence sur la vie sociale... Il professe le droit à '' la libre pensée''. Il est républicain, et pour la propriété individuelle. Il est pour que les femmes se libèrent de l'influence cléricale et acquièrent tous les droits civiques ...

Dreyfusard, il critique les méthodes d'analyse du bordereau qui semble accuser Dreyfus...

Henri Poincaré, mathématicien et philosophe.

En ce début de siècle, Henri Poincaré est considéré comme l'un des derniers savants ''universels''; que l'on questionne sur des domaines qui s’étendent des mathématiques à la physique aussi bien que de l’astronomie à la philosophie. Il œuvre, toute sa carrière durant, à la vulgarisation de ses résultats et des grands travaux de la science.

La science dévoile la Vérité - 1900

Pour Poincaré, une formation littéraire ( avec pratique du thème et de la version latine...) est mieux formée pour suivre les subtilités du raisonnement mathématique que le bachelier scientifique... Pour lui Science et philosophie ne s'opposent pas; la philosophie étant le cadre réflexif de diverses activités.

La recherche de la vérité est au coeur de l'activité humaine.

« Vouloir faire tenir la nature dans la science, ce serait vouloir faire entrer le tout dans la partie »; la science ne peut pas nous faire connaître "la véritable nature des choses", mais "les véritables rapports des choses"

La science nous fait connaître quelque chose de la réalité : « les rapports entre les choses ; en dehors de ces rapports il n’y a pas de réalité connaissable »

 

Poincaré parle de ''relativité"... Relativité, parce que si, un système est connu par l'observation du scientifique, cette observation donne lieu à un modèle, qui n'est qu'une convention... Les principes de la mécanique, les axiomes géométriques... sont des conventions... La science ne dit pas le ''vrai'', elle dit ce qui est commode pour notre raison...

Ce modèle est rationnel, et interdépendant de celui qui l'observe et d'autres systèmes ... Tout est interdépendant, et non pas soumis au hasard...

Anne-Laure extrapole les propos de Poincaré, sur la philosophie, et sur la religion... Les dogmes ne sont que des conventions...

Henri Poincaré en famille - 1904

« Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir. » (Extrait de La Science et l’hypothèse, 1908)

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Des mathématiques pour ''un enfant du siècle'' - 2

Publié le par Perceval

Comment appréhender le ''continu'' que nous offre la nature; jusqu'à en voir l'unité...? S'agit-il du même continu en mathématique ( une multiplicité d'éléments en nombre infini ) ...?

Si l’on admet que les phénomènes naturels peuvent être représentés par des nombres et par conséquent par des fonctions mathématiques, on peut édicter des règles du calcul infinitésimal et les appliquer à ces fonctions... Dans le calcul différentiel, on appelle dx une très petite variation donnée à la variable x en plus ou en moins. On peut la prendre aussi petite que l’on veut...

Augustin-Louis Cauchy vers 1840

Le calcul différentiel, n'est pas une abstraction sans objet: sans le calcul différentiel, il n'y aurait pas de satellite en orbite, pas de théorie économique et les statistiques seraient complètement différente de ce qu'elles sont. Là où se produit du changement, on trouve du calcul différentiel...

Cauchy donne une définition de la continuité (uniforme sur un intervalle) ; « La fonction f(x) restera continue par rapport à x […] si un accroissement infiniment petit de la variable produit toujours un accroissement infiniment petit de la fonction elle-même ».

 

Cauchy, fait du concept de limite un concept algébrique, permettant de donner une base rigoureuse au calcul différentiel et intégral. Il est le premier, grâce à cette approche algébrique, à faire une étude rigoureuse des conditions de convergence et de divergence des séries et à donner une définition rigoureuse de l’intégrale. Il montre comment modifier la définition des intégrales définies lorsque la fonction à intégrer devient discontinue sur l’intervalle d’intégration ou si l’intervalle d’intégration s’étend à l’infini.

Le calcul intégral se trouve apparaître comme le problème inverse du calcul des dérivées grâce au théorème fondamental reliant intégrales et primitives.

 

La dérivation des fonctions permet la détermination des tangentes. La tangente étant la position limite d’une sécante à la courbe entre deux points de plus en plus proches.

Cauchy donne une définition de l’intégrale comme limite des sommes (dites de Cauchy), qui correspondent aux rectangles situés sous la courbe et qui approchent celle-ci en limite. À l’aide de cette limite de sommes, habilement calculées de plusieurs manières (sommes arithmétiques, géométriques), il retrouve les fonctions primitives d’un certain nombre de fonctions.

Cette appréhension toute abstraite, et pourtant si proche des objets naturels; nous interroge sur la Réalité... Comment les objets virtuels développés par notre intelligence, sont en parfaite harmonie avec ce qui arrange l'univers...? La raison ( développée par notre cerveau) est-elle inscrite dans la nature?

La méthode expérimentale et scientifique établit des liens entre notre intelligence et la marche du Monde... Expérimenter, raisonner permet-il de découvrir la finalité des choses...?

evariste_galois_by_teodimperio

 

Les mathématiques vont aussi étudier la place du hasard, mis en évidence seulement si se croisent des séries causales indépendantes... Le hasard ne serait donc pas seulement le reflet de notre ignorance, et la contingence ferait partie de l’ordre naturel...?

Cournot est persuadé que la contingence fait partie de la constitution du réel. ( la contingence désigne le fait qu’une chose soit de manière non nécessaire, autrement dit que cette chose existe alors qu’elle aurait pu ne pas exister. )

Cette question interroge également l'Histoire... Une dose d’imprévisible ne fait-il pas partie du destin des individus et des nations..? L’événement si important de la Révolution Française, interroge tous ceux qui à cette époque commence à se passionner pour l'Histoire ...

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Des mathématiques pour ''un enfant du siècle'' - 1

Publié le par Perceval

Charles-Louis de Chateauneuf hésitait entre les mathématiques, la religion et l'amour des femmes ...

Pourquoi – en 1833 - un jeune homme peut-il se passionner pour les mathématiques, alors qu'il est également attiré par l’irrationnel de la religion, et l'amour des femmes … ?

 

Charles-Louis est un enfant de ce siècle. Face à la mort demain, il y a la passion aujourd'hui. Si on exalte la sensibilité, l'imaginaire ; on reste dans un paysage réaliste : la nature, le corps, la beauté.

 

Victor Hugo en 1829

« le poète ne doit avoir qu'un seul modèle, la nature ; qu'un guide, la vérité » écrit Victor Hugo, en 1828, Préface de ''Odes et Ballades''.

« Il n’y a d’ailleurs aucune incompatibilité entre l’exact et le poétique. Le nombre est dans l’art comme dans la science. » V. Hugo

 

Le professeur de Charles-Louis, au collège royal de Limoges –-M. Gouré - l'avait initié au calcul différentiel ; en lui assurant que l'un de ses ''maîtres'' qu’était le professeur Augustin Cauchy (1789-1857), s'il était initié aux "Mathématiques transcendantes"...

Ce ''calcul différentiel '' - inventé par Newton et Leibnitz à la fin du XVII ème siècle - avait su fasciner l'imagination du jeune étudiant... Ce calcul correspondait alors à l’étude des dérivées, des tangentes aux courbes et des infiniment petits...

Son professeur avait excité sa curiosité avec des paradoxes comme ceux de Zénon:

- le héros Achille qui logiquement ne peut dépasser à la course, la tortue: car il devra avant tout atteindre le point de départ de cette dernière.

Si l’espace est continu, on peut diviser chaque grandeur en deux, indéfiniment. Un point de vue atomiste considère que l'atome ( ou l'instant...) est indivisible... ces deux hypothèses restent paradoxales ...

L'erreur, ici est d'affirmer que la somme d’une infinité d’événements de plus en plus brefs tend vers l’infini, c’est-à-dire qu’Achille n’arrive jamais (temps infini) à rattraper la tortue.

 

 

   

- la flèche: à chaque instant, la flèche se trouve à une position précise. Dans cet instant, la flèche n'a pas le temps de se déplacer elle reste immobile. Aux instants suivants, elle va rester immobile pour la même raison. Si le temps est une succession d'instants et que chaque instant est un moment où le temps est arrêté, le temps ne s'écoule donc pas. La flèche est donc toujours immobile à chaque instant et ne peut pas se déplacer. Considérant le temps comme une suite d'instants successifs, le mouvement est impossible.

Qu'est-ce donc que le temps? Si le temps est une suite d'instants successifs, le mouvement est impossible. S'il n’y a pas de temps entre deux instants consécutifs, alors la flèche devrait rester immobile ...!

A suivre ...

Des mathématiques pour ''un enfant du siècle'' - 1

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1832- Charles-Louis de Chateauneuf à Paris

Publié le par Perceval

Charles-Louis de Chateauneuf, bien que reconnu par son père ''adoptif'' qu'il a peu connu, a grandi sans la protection de parents aimants ... Cependant, il va être reçu dans une famille, qui a des liens avec ses propres aïeux : Charles de la Pomélie, propriétaire d'un château en Limousin et d'un hôtel particulier à Paris, va accepter d'héberger le jeune bachelier quand il décide de suivre son ami Elie Berthet, déjà établi dans la capitale et sensé faire son droit...

Charles-Louis, lui, a accepté le contrat proposé par le conseil de famille à Limoges : études à Paris pour préparer le concours d'entrée à l'école polytechnique, selon les conseils de son professeur du Collège Royal…

Nous sommes fin de l'année 1832...

Charles-Louis de Chateauneuf vient de vivre - cet été 1832 - une série d’aventures à la suite des partisans de la Duchesse de Berry; et il est bien décidé à réussir '' quelque-chose '' en montant à Paris...

 

Ce ''quelque-chose'' n'est pas défini dans le désir de Charles-Louis... Une fidélité aux ''trois blancheurs'' : ''l'Hostie, le Pape et Marie'' et un contact avec un 'recruteur ' pour le juvénat jésuite, le questionnaient sur une vocation ecclésiastique …

La découverte de la Poésie, et sa manifestation romantique, son attrait pour la présence des belles femmes l’incitaient à se donner corps et âme à la Beauté ;

À l’âge de 15 ans, Victor Hugo est nommé chevalier du Lys grâce à l’intervention de sa mère. Ce titre honorifique lui est décerné par Louis XVIII. 

En 1820, Victor Hugo rédige deux odes très remarquées : la Mort du duc de Berry, assassiné par un homme qui voue une haine aux Bourbons, et la Naissance du duc de Bordeaux, héritier du précédent, celui que l’on appelle l’« enfant du miracle », le futur comte de Chambord. 

 

Et enfin la raison de ses proches lui proposait de réfléchir à une situation stable et bourgeoise, tout en se consacrant à son goût des mathématiques … Cette raison là, pour des raisons très pratiques alliée à la joie de vivre à Paris et sous la protection de la famille si joviale des La Pomélie, a rejoint la sienne.

Hôtel de Melle Mars

Charles de la Pomélie, sa femme et ses deux enfants, viennent précisément de faire rénover un hôtel particulier dans le quartier de la Nouvelle-Athènes, non loin de la rue de la Tour-des-Dames à Paris... En effet, la famille de la Pomélie, s'amuse à citer leurs voisins, les plus proches serait la comédienne mademoiselle Mars (1779-1847) qui a joué dans le fameux Hernani ( de V. Hugo) en 1830, tout près se trouve l'atelier du peintre Ary Scheffer (1795-1858) – n'oubliez pas - quand même - pas qu'il est le professeur de dessin de la princesse Marie d’Orléans, fille du roi Louis-Philippe, elle-même artiste et sculptrice de talent... ! Et encore, l'atelier de Félicie de Fauveau - à présent contrainte à l'exil - était voisin de celui du peintre Ary Scheffer… Également, la mère de Félicie tient un salon influent rue de La Rochefoucauld au cœur, donc de ce foyer artistique de la Nouvelle Athènes...

Paris 1830

Autre actrice, Marie Dorval (1798-1849) qui loge rue Saint-Lazare, est la maîtresse d'Alfred de Vigny ; et aussi une amie passionnée de George Sand... La grande poétesse Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) vit rue La Bruyère, avec son amant Henri de Latouche (1785-1851)... ? Vous savez bien … c'est lui qui a embauché George Sand au Figaro.

Nous sommes en 1832... Quelles sont les ''nouvelles'' … ?:

Louis-Philippe a fait mater un insurrection républicaine : 800 morts ou blessés entre émeutiers et police. Une épidémie par le choléra débute le 18 août1832 et se termine le 2 octobre de la même année. En 1832, la population de Paris est de 785 862 habitants, le choléra coûte à la capitale de la France, en tout 18 402 victimes, et plus de 100.000 en France

Chopin est à Paris, il joue aux salons Pleyel, et Aurore Dudevant publie, sous le pseudonyme de George Sand, le roman "Indiana" ; elle s'installe au 19, quai Malaquais à Paris, dans la "mansarde bleue"...

Le 31 mai, l'étudiant et génie en mathématiques Evariste Galois meurt, suite à un duel.

Le 21 sept 1832, Walter Scott meurt, à Abbotsford ( Ecosse)

Le 7 novembre, la duchesse du Berry, est arrêtée à Nantes.

En 1833 :

Liszt donne un concert chez la marquise Le Vayer à Paris. Adèle Hugo entame en 1830 une relation amoureuse avec Sainte-Beuve, ami de Victor, et Juliette Drouet devient la maîtresse de Victor Hugo. George Sand rompt avec Sandeau ; puis rencontre Alfred Musset...

Ecole Polytechnique

Charles-Louis de Chateauneuf, n'était pas sur Paris, pour fréquenter la jeunesse dissipée et artiste. Il avait pris l'engagement - tenu au moins deux ans … - de préparer le concours d'entrée à l'école polytechnique... Ses proches, lui ont donné les moyens de faire cette préparation au mieux :

Charles-Louis est externe à l'institution Mayer - près du Val-de-Grâce - qui travaille en collaboration avec des professeurs des classes préparatoires de lycée. Elle envoie ses élèves au collège Louis-le-Grand. L’enseignement dans l'institution complète celui de la classe de lycée. Son travail consiste à répéter et à approfondir le cours magistral, sous forme de conférences et de classes intérieures régulières. Cette préparation peut durer trois ans ...

Charles-Louis peut ainsi répéter et approfondir le cours magistral donné au lycée et subir très régulièrement des interrogations orales, véritables répétitions de l'épreuve d'admission...

Le programme porte, presque exclusivement, sur les mathématiques.

L’épreuve dédoublée est essentiellement orale : il faut savoir répondre au tableau, tenir face à l’examinateur, ne pas s’affoler, connaître les questions de cours, plus encore, mener un calcul et traiter un problème.

A Louis-le-Grand, c'est Louis Richard (1795-1849) qui tient la classe de mathématiques spéciales... Louis Richard est connu aujourd’hui pour avoir éveillé et soutenu un autre jeune homme de cette époque : Evariste Galois (1811-1832)...

La classe de Richard, réputée, peut avoir jusqu'à une centaine d'élèves ; disons alors entre 80 et 90 élèves pour un enseignement magistral … S’il y a un bruit... c’est que le professeur a commis une légère erreur de calcul...

Les classes, ont lieu tous les matins de huit heures à dix heures, sauf le jeudi et le dimanche.

A suivre...

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