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LA LÉGENDE DU ROI ARTHUR.

Publié le par Perceval

Le cycle arthurien

La légende arthurienne, le « cycle arthurien », ou la « matière de Bretagne » … C'est ainsi que l'on nomme tout un corpus de textes, qui a connu depuis le Moyen-âge un développement considérable. Nous verrons, plus tard,  ce que l'on sait réellement d'Arthur, comme personnage historique … Pour l'instant: Arthur est un roi gallois, il vit en Grande Bretagne au Vème siècle et résiste aux envahisseurs saxons. Il périt vaincu, les armes à la main, son corps ne devait jamais être retrouvé … Chrétien de Troyes, Geoffroy de Monmouth, Wace, Robert de Boron… vont s'emparer d'anciens récits, et populariser la légende. Elle s'enrichira des aventures de multiples héros, les chevaliers Lancelot, Gauvain, Galahad, Tristan, Perceval, et bien sûr d'un personnage 'ambigu ' ( en pays de chrétienté …) : l’enchanteur Merlin. Ce qui est certain, c'est que Les Romans de la Table Ronde ont connu du XIIe au XIVe siècles une prodigieuse carrière. Traduits presque simultanément en français, en anglais, en allemand, en danois, en espagnol, voire en italien, ils eurent pour auditoire la Chrétienté tout entière. Aujourd'hui, nous pouvons admirer de magnifiques manuscrits ( Bnf ) qui ont diffusé ces mythes, à travers toute l'Europe... ( voir le site de la Bnf : ICI site ) 

La chronologie des romans de la Table ronde

  • avant 1138 – Geoffroy de Monmouth, Histoire des rois de Bretagne
  • vers 1155 – Wace, Le Roman de Brut, dédié à Aliénor d’Aquitaine
  • vers 1170-1185 – Romans de Chrétien de Troyes ; Marie de France, Lais ; Béroul, Tr istan
  • vers 1200 – Œuvres de Robert de Boron ; Gottfried de Strasbourg, Tristan ; Wolfram von Eschenbach, Parzival

Les premiers romans de la Table ronde sont apparus en français, à la fin du XII siècle. Le Roman de Brut, de Wace, les œuvres de Chrétien de Troyes, les Lais de Marie de France, les romans de Tristan de Béroul et de Thomas étaient écrits en vers de huit pieds. Cette forme s’est imposée jusqu’aux années 1280 environ.

Mais les romans en vers ont progressivement été supplantés par de grands cycles en prose : le cycle de Robert de Boron, puis l’énorme Lancelot-Graal, bientôt imité par le Tristan en prose et enfin, Guiron le Courtois et Perceforest, qui racontent la préhistoire du royaume d’Arthur. La prose semblait plus adaptée à l’histoire, réputée vraie, d’Arthur que les romans en vers, faciles à mémoriser par les saltimbanques, mais constamment interprétés et modifiés au fil des représentations

  • vers 1220-1230 – Cycle du Lancelot- Graal
  • entre 1325 et 1350 – La Tavola ritonda (en italien) et vers 1330-1340 – Perceforest
  • avant 1471 – Thomas Malory, Le Morte Darthur
  • 1605 – Miguel Cervantès, Don Quichotte
  • 1691 – John Dryden et Henry Purcell, King Arthur (opéra)
  • 1882 – Richard Wagner, Parsifal (opéra)
  • 1948 – Julien Gracq, Le Roi-Pêcheur
  • 1953 – Richard Thorpe, Les Chevaliers de la Table ronde (film)
  • 1975 – Monty Python, Sacré Graal ! (film)
  • 1978 – Eric Rohmer, Perceval le Gallois (film)
  • 1981 – John Boorman, Excalibur (film)

L’histoire du royaume d’Arthur. ( Sources: Le Roi Arthur : expo Bnf ) Il existe plusieurs versions de l’histoire du royaume d’Arthur. La plus connue est celle que donne, vers 1220, le grand cycle romanesque appelé le Lancelot-Graal. Elle est présentée ici en 16 séquences.

1 – Le Graal

Tout commence à l’époque du Christ, 500 ans avant le règne d’Arthur. Un homme pieux et bon, Joseph d’Arimathie, récupère l’écuelle dans laquelle Jésus a mangé son dernier repas :la Cène. Il y recueille un peu du sang qui s’écoule des plaies du Christ mort sur la Croix :l’écuelle devient alors le Graal. Le fils de Joseph, Joséphé, évangélise le royaume païen de Sarras, en Palestine, puis la Grande-Bretagne. C’est sur cette île qu’il invente la Table ronde, autour de laquelle les chevaliers peuvent siéger à égalité. Une seule chaise est destinée à demeurer vide : c’est le Siège Périlleux, où seul pourra prendre place le plus pur des chevaliers, élu pour achever la Quête du Graal. Ce siège est hautement symbolique puisque Jésus l’occupait lors de la Cène. La dynastie des rois du Graal se poursuit jusqu’au temps d’Arthur.

2 – Naissance de Merlin

Plusieurs siècles ont passé. La Grande-Bretagne est devenue un royaume celte et chrétien.Voyant que le Christ est descendu aux Enfers, après sa Passion, pour en délivrer les justes, les démons tiennent conseil et décident de créer un Antéchrist, en fécondant une jeune vierge qui s’est momentanément éloignée de la religion. Leur créature, Merlin, petit être difforme et poilu est doué d’une intelligence hors du commun. Les diables espèrent qu’il utilisera ses pouvoirs magiques pour entraîner les hommes à leur perte. Mais Merlin choisit d’œuvrer pour le bien.

3 – La vie de Merlin

Le Diable a doté Merlin de la connaissance du passé, tandis que Dieu lui a fait don de celle de l’avenir. L’enchanteur devient le conseiller des rois de Bretagne, en particulier d’Uter Pendragon. Grâce à ses pouvoirs magiques, il dresse les mégalithes de Stonehenge en une seule nuit, il change d’apparence, il se rend visible et invisible à son gré. Il retourne régulièrement dans les sombres forêts du nord de l’Angleterre, où il fait rédiger ses aventures par son maître, Blaise. Il finira enfermé par Viviane, la Dame du Lac, à qui il a enseigné la magie.Merlin donne au roi Uter Pendragon l’apparence du duc de Cornouailles pour qu’il puisse séduire son épouse, Ygerne. De leur union naît un fils, Arthur, que Merlin fait élever en secret loin de la cour.

4 – Arthur est désigné comme roi

Les envahisseurs Saxons viennent de remporter la victoire sur l’usurpateur Vortiger. La situation est grave et les barons se déchirent. A l’occasion d’un tournoi, à Londres, le jeune Arthur cherche une épée pour son frère de lait, Keu. Il retire par hasard et sans effort celle que Merlin avait fichée dans une enclume, et que seul l’héritier légitime du trône pourrait enlever. Arthur réitère son exploit devant les barons rassemblés, et il est couronné par l’archevêque. Cette épée sans nom n’est pas Excalibur, qu’une main merveilleuse sortie d’un lac lui remettra plus tard.

5 – Les victoires d’Arthur

Durant les premières années de son règne, le jeune Arthur doit combattre les barons rebelles. Sur les conseils de Merlin, il fait alliance avec deux rois de Petite-Bretagne, Ban de Bénoïc et Bohort de Gaunes. Puis, secondé par son neveu Gauvain, il aide le roi Léodagan de Carmélide à lutter contre les Saxons. Il part ensuite défendre les terres de Ban et de Bohort contre leurs ennemis, Claudas de Gaule, Frolle d’Allemagne et l’empereur romain Lucius. Cet activisme guerrier impose son autorité. Son mariage avec Guenièvre, la fille de Léodagan, inaugure douze années de prospérité et de paix dans le royaume.

6 – Lancelot enlevé par la Dame du Lac

Lancelot est le fils du roi Ban de Benoïc, mort de douleur lorsque son ennemi Claudas a conquis son royaume. Il est enlevé peu après sa naissance par Viviane, la Dame du Lac, une fée à qui Merlin a enseigné la magie. Elle veille à son éducation à l’écart du monde dans son château aquatique, et lui enseigne les principes de prouesse, de générosité et de charité chrétienne auxquels doivent obéir les chevaliers. Une fois jeune homme, Lancelot se rend à la cour d’Arthur et tombe amoureux de Guenièvre dès l’instant où il l’aperçoit.

7 – Lancelot conquiert la Douloureuse Garde

La première aventure de Lancelot est la conquête du château de la Douloureuse Garde, défendu par des automates qu’on croyait invincibles. Vaillant et impétueux, il triomphe des enchantements du château, désormais nommé la Joyeuse Garde. Lancelot gagne alors le titre de «meilleur chevalier du monde». Second exploit, il libère le royaume d’Arthur de la menace du géant Galehaut, le seigneur des Îles Lointaines, qui vient de débarquerpour l’envahir. Galehaut devient alors son ami le plus fidèle.

8 – Premier baiser de Lancelot et Guenièvre

Galehaut est subjugué par la vaillance de Lancelot. Mais il se rend compte également que son ami dépérit d’amour pour Guenièvre. Il organise donc un rendez-vous, et pousse la reine à donner un premier baiser à Lancelot. L’amour est plus fort que tous les serments de fidélité au roi!

9 – Le chevalier de la charrette

Un jour de Pentecôte, Arthur tient cour à Camelot. Méléagant, le fils du roi de Gorre Baudemagu, vient le défier. Si l’un de ses chevaliers le vainc, les habitants de Logres emprisonnés dans le sinistre royaume de Gorre, dont nul ne revient, seront libérés. Si Méléagant l’emporte, il emmènera la reine avec lui. Keu relève d’abord le défi. Il est battu et Méléagant enlève la reine. Lancelot attaque alors Méléagant : son cheval est tué et le ravisseur prend la fuite. Survient un nain, conduisant une charrette d’infamie, celle qui était réservée aux condamnés. Lancelot accepte d’y monter pour rejoindre la reine, malgré le déshonneur qu’il y a à voyager de la sorte. Pour pénétrer au royaume de Gorre, Lancelot se rend jusqu’au Pont de l’Epée, dont la lame tranchante le blesse profondément. L’aventure s’achève, après de nombreuses épreuves, par la victoire de Lancelot sur Méléagant et la libération de la reine.

10 – Apparition du Graal

Dans son errance, le chevalier Lancelot s’arrête au château du roi Pellès, à Corbenic, où il voit passer un cortège portant le Graal. Durant la nuit, il engendre, sans être conscient, un fils, Galaad, avec la fille du roi Pellès. Puis il est fait prisonnier par la demi-sœur d’Arthur, la fée Morgane. Il peint alors sur les murs de sa cellule des scènes évoquant ses amours avec Guenièvre. Plus tard, lors d’une fête de Pentecôte, Galaad est amené par sa mère à la cour d’Arthur. Il s’assoit au Siège Périlleux et le Graal apparaît miraculeusement au milieu de la Table ronde. Les chevaliers font alors serment de partir pour la Quête du Saint Graal.

11 – Les mystères du Graal

Seuls Perceval, Bohort et Galaad triomphent des aventures de la Quête du Saint Graal. Un soir, à Corbenic, les anges apportent le Saint Graal et la Lance qui saigne (celle qui a percé le flanc du Christ sur la Croix). Joséphé, descendu du ciel, célèbre alors les mystères du Graal. Le Christ donne lui-même la communion à Galaad. Les trois compagnons embarquent ensuite jusqu’à Sarras, en Orient. Un an plus tard, avant de mourir, Galaad contemple enfin le mystère qui se déroule dans le Graal (l’incarnation de la transsubstantiation du Christ dans l’hostie ...). Bohort revient alors raconter ces aventures à Arthur.

12 – Arthur découvre l’adultère de Lancelot et Guenièvre

Lancelot est retombé dans le péché avec la reine. Lors du tournoi de Winchester, il porte les couleurs de la demoiselle d’Escalot, ce qui éloigne les soupçons d’Arthur tout en suscitant la fureur de Guenièvre. Un peu plus tard, alors qu’Arthur séjourne chez Morgane, la fée lui fait visiter la cellule où Lancelot a représenté ses amours avec la reine. Arthur ne peut plus se cacher la vérité. Il rentre déshonoré à Camelot, où une nouvelle épreuve l’attend.

13 – Guenièvre enlevée par Lancelot

Un chevalier, Mador de la Porte, accuse Guenièvre d’avoir donné une pomme empoisonnée à son frère. En réalité, le fruit dont elle ne connaissait pas le funeste pouvoir, était destiné à tuer Gauvain. Lancelot, déguisé se porte au secours de la reine et vainc Mador. Peu après, les deux amants sont dénoncés à Arthur et Guenièvre est condamnée au bûcher. Lancelot la délivre une nouvelle fois, mais en tuant les trois frères de Gauvain, qui lui vouera désormais une haine inextinguible.

14 – Arthur en Gaule

Le pape oblige Arthur à reprendre son épouse et Lancelot doit s’exiler en Gaule. Quelques mois plus tard, le roi organise une expédition pour envahir la Gaule et confie la garde du royaume à son neveu Mordred (qui est en fait le fils qu’il a eu avec sa demi-sœur). Mais Lancelot résiste aux troupes d’Arthur et tue Gauvain. Pendant qu’Arthur poursuit la guerre sur le continent contre les Romains, Mordred, amoureux de Guenièvre, annonce qu’Arthur est mort et prend le pouvoir. La reine se réfugie alors dans la tour de Londres et appelle le roi à son secours.

15 – Mort d’Arthur et de Mordred

Arthur revient en Angleterre. La bataille décisive entre le roi et l’usurpateur Mordred se déroule dans la plaine de Salisbury. Presque tous les chevaliers de la Table ronde trouvent la mort au combat et Arthur tue Mordred d’un coup de son épée Excalibur. Cependant, le roi lui-même est blessé à mort.

16 – Girflet jette Excalibur dans le lac

Arthur, mourant, ordonne à Girflet de jeter son épée Excalibur dans un lac, d’où une main merveilleuse surgit pour la saisir. Pendant ce temps, Morgane, accompagnée de fées, emporte Arthur dans l’île d’Avalon, pour le soigner. Mais, au bout de trois jours, Girflet découvre sa tombe. Lancelot, Bohort et Lionel reviennent de Gaule et remportent la victoire de Winchester sur les fils de Mordred. Lancelot, devenu prêtre, meurt quatre ans plus tard et est enseveli auprès de Galehaut, son fidèle ami. « Messire Gautier Map cesse maintenant de raconter l’Histoire de Lancelot, et achève maintenant son livre si complètement que tout ce qu’on voudrait y ajouter ne serait que mensonge. »

***

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La Légende du Roi Arthur selon Thomas Malory, manuscrit de 1469

Publié le par Perceval

 

 

Cette page ouvre le troisième livre. Il commence, « In the begynnyng of Arthure, after he was chosen kynge by adventure and by grace…" [Au début d'Arthur, après avoir été élu roi par l'aventure et par la grâce '] La vision du chevalier Malory (1405-1471) , est écrite au travers de ce qu'il vit, et en particulier ce que l'on nomme la Guerre des Roses... Malgré les bouleversements de cette époque, il y avait un fort regain d'intérêt pour la chevalerie et le passé de la Grande-Bretagne. Les aventures des chevaliers d'Arthur semblaient représenter toutes les anciennes et nobles valeurs, érodées à présent par la guerre. La fidélité est devenue une vertu en voie de disparition. Dans son récit Malory compare le comportement des seigneurs et dames, de la cour d'Arthur, à celle de la noblesse contemporaine. Il critique la réticence actuelle à récompenser un service fidèle - une injustice qu'il ressentait particulièrement vive, alors qu'il languissait en prison.

 Les noms des personnes et des noms de lieux sont présentés avec des lettres rouges. Malory poursuit en décrivant le mariage d'Arthur et de la reine Guenièvre. Arthur dit à Merlin, "“I love Guenever the king's daughter, Leodegrance of the land of Cameliard, the which holdeth in his house the Round Table that ye told he had of my father Uther.”."

 

Malgré les bouleversements de l'époque de Malory, il y avait un fort regain d'intérêt pour la chevalerie et le passé de la Grande-Bretagne. Les aventures des chevaliers d'Arthur ont incarné les valeurs aristocratiques auto-même qui ont été érodés par l'opportunisme politique de la Guerre des Roses. 

Jusqu'en 1934, l'édition de William Caxton imprimé de 1485 a été considérée comme la plus ancienne version survivante du texte de Malory. Cette année là, le bibliothécaire de Winchester College, Walter Oakeshott, organise une exposition des livres les plus intéressants de l'université, quand il a découvre ce manuscrit dans un coffre-fort. Il détermine que le texte a été transcrit entre 1471 et 1483, par deux copistes qui travaillaient ensemble.

 

 

Pour ne pas les confondre, je cite à présent un autre texte:

La Mort du roi Arthur. Giflet jetant Excalibur dans le lac. Roman du XIIIe siècle 

" La mort le roi Artu" : Ecrit ainsi, il s'agit d'un roman du XIII°s qui, bien que formant un tout, n'est pas indépendant. Il s'inscrit dans la continuité de La Queste del Saint Graal, et se présente comme la conclusion du Lancelot en prose. Il appartient au cycle de la Vulgate, appelé également Lancelot-Graal.

Les premières lignes de ce roman déclarent que l'auteur de ce roman est Gautier Map. La dernière phrase le nomme encore, cette fois, comme l'auteur de tout le Lancelot en prose.

Cependant, cette attribution à l'archidiacre d'Oxford, auteur du De Nugis Curialium et familier du roi Henri II Plantagenet, est une supercherie, comme l'indiquerait sa date de décès, 1209. Or, la composition du Lancelot en prose est estimée être entre 1215 et 1220 et celle de La mort le roi Artu, vers 1230. Les auteurs sont inconnus, et quelques minces détails prouveraient qu'ils seraient d'origine champenoise.

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La belle dame, avec Chrétien de Troyes

Publié le par Perceval

La Beauté dans la légende Arthurienne: La beauté de la femme.

Au Moyen-âge, l'idée est que le corps féminin est semblable à celui des hommes, mais les organes sexuels inversés. On perçoit ainsi que la structure de la femme se tient de l’intérieur alors que celle de l’homme vers l’extérieur . En plus du corps des femmes qui est mal compris, leurs images le sont aussi. La beauté féminine au Moyen Âge est prise entre l'image d’Ève ( tentatrice, péché ) et la vision de Marie ( rédemption : beauté sacrée ).

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Heures à l'usage de Rome de Marguerite de Coëtivy. Femme de François de Pons, comte de Montfort. Bethsabée au bain 1490-1500

Sont valorisés : - La chevelure qui doit être blonde. Un large front : les femmes se tireront abusivement les cheveux par en arrière pour répondre à cette norme de beauté. Le front dégarnit, ce sont les sourcils, préférablement bruns qui embellissent la région du haut du visage.

Les auteurs qui décrivent les yeux mettent l’accent sur l’éclat et l’intensité qu’ils doivent projetés. Le nez ne doit être ni trop gros, ni trop petit, comme il est décrit par François Villon « beau nez droit grand ni petit». Les seins doivent être durs et placés haut, suivi de bras longs et d’une taille mince. Un autre critère est aussi très important et c’est la couleur de la peau. Effectivement, les femmes doivent avoir une peau blanche, on dit même que « tout ce qui n’est pas recouvert par les vêtements frappe par sa blancheur». La seule partie du corps qui peut se permettre de la couleur, c’est la bouche qui doit être douche, fraîche et rosée ( voire rouge). Les auteurs du Moyen Âge mettent aussi l’emphase sur la jeunesse du corps. Effectivement, après l’âge de 25 ans, les femmes entreraient dans une période de «désert de l’amour» et ensuite elles deviendraient vieilles.

Yseult détail
Détail: Yseult par Edmund Blair Leighton (1902)

L’héroïne, de Chrétien de Troyes, pourrait répondre aux critères suivants : Le poète décrit d'abord les cheveux "de fin or [d'or fin], sor [brillant] et luisant" ; le front "clerc, haut, blanc et plain [lisse]" ; les sourcils "bien fais et large entrueil [bien dessinés et espacés comme il convient]" ; les yeux "vair [brillant, vif], riant, cler et fendu [bien dessiné]" ; le nez "droit et estendu [fin]"...

La figure d'Iseult la blonde peut représenter le personnage féminin à sublimer : 

« En vérité, je vous assure que la chevelure, si dorée et si fine d'Iseut la blonde ne fut rien en comparaison de la sienne (celle d'Enide). » Erec et Enide, (v.424-426)

L'évocation du corps vient parachever ce tableau qui donne à voir la disposition harmonieuse des traits : 

Il l'admire de haut en bas jusqu'aux hanches :
son menton, sa gorge blanche,
ses flans et côtés, ses bras et ses mains.

(Erec et Enide, v. 1483-1485)
medieval

L'évocation du corps est savamment dosée :

Elle ne possédait aucune autre robe
et sa tunique était si vieille
qu'elle était percée aux coudes
Si ses vêtements étaient bien pauvres
par contre son corps en dessous était très beau

Erec et Enide, (v. 406-410)

Car le portrait de la gente dame doit s'attarder sur son visage, il doit en effet débuter par la "lumineuse" chevelure pour décrire minutieusement, trait par trait, le front, les yeux, le nez, la bouche et le menton.

15e s.Toutes les héroïnes obéissent à ce stéréotype : Nicolette (blonde elle aussi) ressemble à Enide, double magnifié d'Iseult. 

Or se chante. (C'est par cette formule que commencent tous les couplets en vers de la Chante-fable) Que la lune trait a soi.
Nicolete est avuec toi,
Ma petite amie aux cheveux blonds
Je cuit Dieus la vout avoir
Pour que la lumière du soir
par elle soit plus belle

Aucassin et Nicolete

A l'inverse, le portrait de la fée, personnage merveilleux par excellence, débute par le corps afin d'en révéler toute la sensualité : 

La dame était vêtue
d'une chemise blanche et d'une tunique à manches (portée selon la coutume par dessus la chemise)
lacées des deux côtés
pour laisser apparaître ses flancs
son corps était harmonieux, ses hanches bien dessinées
son cou plus blanc que la neige sur la branche ;
ses yeux brillaient dans son visage clair
où se détachaient sa belle bouche, son nez parfait, 
ses sourcils bruns, son beau front,
ses cheveux bouclés et très blonds :
un fil d'or a moins d'éclat
que ses cheveux à la lumière du jour.  

Marie de France, Lai de Lanval, (565-576).

Galahad Leaving Blanchefleur by Edwin Austin Abbey
Blanchefleur,  by Edwin Austin Abbey

Dans l'extrait qui suit, où il est question de Blanchefleur, si le poète s'écarte quelque peu de la rhétorique, il n'en demeure pas moins un exemple dans lequel on trouve toutes les composantes d'une beauté canonique : 

ses cheveux étaient tels, chose incroyable
Qu'on aurait dit qu'ils étaient faits d'or fin,
Tant leur blondeur était éclatante.
Elle avait le front haut, blanc et lisse
comme s'il avait été poli à la main,
exécuté par la main même d'un sculpteur
dans la pierre, l'ivoire ou le bois.
ses sourcils étaient bien fournis et espacés comme il convient,
son visage était illuminé par des yeux
brillants, pétillants, clairs et bien dessinés
son nez formait une ligne bien droite,
Et sur son visage contrastait bien mieux
la couleur vermeille avec le blanc
que le rouge sur l'argent.

Chrétien de Troyes, Le Roman de Perceval 
ou Le Conte du Graal, (v.1811 à 1825).

deJeanBourdichon Bethsabeaubain
 “Bethsabée au bain” de Jean Bourdichon, feuillet détaché des feuillets des Heures de Louis XII. Première peinture représentant une femme nue, “Bethsabée” sous l’oeil du roi David à gauche


La jeune fille (Fénice) arriva

en hâte au palais
tête et visage découverts
l'éclat de sa beauté dispensait
dans tout le palais une clarté plus vive
que n'auraient pu produire quatre escarboucles.

(Cligès, vers 2728-2733.)

La "blanchor" du teint doit trancher avec la couleur "vermeille" des joues et des lèvres (charnues et rouges comme des cerises).  

Les adjectifs : sor, luisan, cler, blan, riant, vair, anluminee et clarté se regroupent dans un même champ sémantique, celui de la lumière. Ces jeux de lumières, qui complètent le portrait, soulignent que l'héroïne doit avoir un visage radieux, signe même de sa beauté et de son noble lignage. En effet au Moyen Age, et jusqu'au début du XXè siècle, le visage hâlé est un signe de vilainie. Une femme de qualité se doit de ne pas exposer son visage aux rayons du soleil.

Dans les romans arthuriens, la beauté physique - signe extérieur de perfection humaine - est la toute première des qualités de l'héroïsme courtois et merveilleux. C'est elle qui conditionne toutes les autres qualités - morales, cette fois-ci - : honneur, sagesse, prouesse, courtoisie ou encore noblesse. Ce n'est donc pas un hasard si Chrétien affirme dans la bouche d'Enide que : 

"Li meillor sont li plus sor [blonds]" (v.968).

Sources : en particulier Elisabeth Féghali ( site : Citadelle

 

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Aliénor d'Aquitaine -1/3 -

Publié le par Perceval

Timbre alienor_2004Reine de France, puis d'Angleterre, femme de pouvoir et d'intrigue... Aliénor d'Aquitaine (1122-1204), a tout pour fasciner, et alimenter la légende... Ainsi, George Duby qui consacre un ouvrage aux «  Dames du XIIe s ». place Aliénor, entre Héloïse et Iseult... Effectivement, il y a une légende noire autour de la reine : certains chroniqueurs lui reproche : - d'être la petite fille de Guillaume IX de Poitiers (1071-1126), lui-même troubadour aux écrits et aux mœurs libres ; - d'avoir divorcé de son premier mari Louis VII, et - d'Henri II d'avoir dressé ses fils contre leur père, d'avoir causé sa mort tragique ... et surtout d'être une femme : «  une femme incomparable, belle mais pudique, puissante et douce, humble et pleine d'esprit... qualités que l'on trouve rarement chez une femme qui épousa deux rois et enfanta deux rois, travaillant sans relache, et dont les capacités, à son âge, impressionnent.» Richard de Devizes, chroniqueur. Mariage d'Alienor d'aquitaine

 

- Aliénor est le plus beau parti d'Europe. A 13 ans, elle devient l'héritière de l'Aquitaine ( c.à d : la Gascogne, le Poitou et le Limousin ). 1137 en juillet, à 15 ans elle épouse celui qui devient roi dès le mois de décembre : Louis VII.

Elle refuse de rattacher l’Aquitaine à la couronne, et veut gérer seule son puissant Duché.

On rapporte qu'elle se plaint d'avoir «  épousé, non pas un roi, mais un moine ! ». Lors de la 2ème croisade, Aliénor accompagne Louis VII, elle a - dit-on - une liaison avec son oncle, le Prince d’Antioche. Cette rumeur et son attitude frivole annonce la fin de son mariage et précipitera la 2ème croisade vers une cuisante défaite des armées croisées.Aliénor d'Aquitaine et Louis VII priant pour avoir un fils

En 1152, une assemblée d'évêques constate la nullité du mariage... Louis VII, au retour de croisade où l'a accompagnée Aliénor, il prétexte la consanguinité pour se séparer d'elle : en 15 ans, la reine ne lui a donné que deux filles, la succession dynastique est en péril... !

<-- Alienor et Louis VII, priant pour avoir un fils .

- Entre Paris et Poitiers, Aliénor manque de se faire ravir, à deux reprises, par le comte de Blois, et par Geoffroy, duc de Normandie ( et frère d'Henri II)... Arrivée au siège de sa cour, à Poitiers Aliénor écrit à Henri qu'elle est libre..., et qu'il est le seul prince digne d'elle.Alienor d'Aquitaine was one butt-kicking lady. First off, she owned basically all of France during her life (1122-1204)

- Henri II, se presse et leur union est célébrée le 18 mai 1152, à Poitiers. Les chroniqueurs n'hésitent pas à parler de la beauté d'Aliénor, et de l'ardeur et de la jeunesse ( il a neuf ans de moins qu'elle ), d'Henri II qui auraient séduits la duchesse d'Aquitaine.

- En 1154, Henri devient roi d'Angleterre.

Le couple demeure un an en Angleterre, ensuite le roi doit se rendre sur le continent pour assurer son pouvoir … Aliénor représente le roi en Angleterre... Jean de Salisbury, contemporain, dit qu'ils sont interchangeables  

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Gauvain, le chevalier qui séduit les femmes

Publié le par Perceval

Gauvain est le fils du roi Lot d’Orcanie et de Morgause, la sœur d’Arthur. Neveu du roi Arthur, auréolé dès les premiers témoignages littéraires d’une réputation de prouesse, de générosité et de gloire, il incarne dans les romans de Chrétien de Troyes, et dans la plupart des continuations composées au XIIIe siècle, l’idéal de la chevalerie.

Gauvain le chevalier aux demoiselles Messire Gauvain, la fleur de la chevalerie
Gauvain et la damoiselle à la ceinture d'or Messire Gauvain est la fleur de la chevalerie ...

Avant l’arrivée de Lancelot du Lac, Gauvain était considéré comme le meilleur des chevaliers, un chevalier d’exception. La magie l’a imprégné dès son plus jeune âge, il se rendit vite compte que ses forces évoluaient en fonction du soleil. Ses forces étaient à leur maximum lorsque l’astre était à son zénith, et diminuaient de façon significative à la tombée de la nuit. Gauvain fut le premier à réussir à battre Arthur en combat singulier, à l’entrainement, ce qui renforça considérablement le lien qui les unissait déjà.gawain-and-wounded-knight chevalier blessé

Gauvain est un chevalier séduisant et disponible, animé par le goût du risque et par une prouesse sans faille. Chrétien de Troyes, dans Le Chevalier au lion, le désigne comme "celui qui était la fleur de chevalerie et dont la renommée l'emportait sur tout autre mérite " : il est l’un des chevaliers destinés à affronter avec succès les plus grandes aventures. C’est lui qui relève le défi lancé par la Demoiselle Hideuse à la cour arthurienne consistant à aller délivrer une jeune fille assiégée dans le château de Montesclaire; c’est lui qui part après Lancelot à la recherche de la reine Guenièvre.

chevalier 5

Modèle de courtoisie, il sait respecter la rêverie de Perceval, accueillir les nouveaux arrivants à la cour ou se faire le champion des demoiselles. Gauvain est sensible à la beauté des jeunes femmes par exemple à celle de la porteuse du Graal ; il parle d’amour avec la jeune suivante de Laudine, Lunete, mais ne s’attache à aucune femme.

Gauvain n’arrive pas vraiment à comprendre l’amour qui peut lier un homme et une femme, comme Yvain – son ami - et Laudine. Il fera tout pour que Yvain n’ait pas l’occasion de retourner auprès de sa femme, l’entraînant aventure après aventure, quête après quête.yvain et Laudine

Avec la christianisation du mythe, sa figure devient moins glorieuse...

Dans la Quête du Saint Graal, il est exclu de la quête parce qu’il est trop attaché aux valeurs "terriennes". Ainsi Gauvain passe-t-il toujours à côté de la quête, mais – ce qui est plus grave – de récit en récit, il devient l’un de ceux par qui la quête se dégrade et par qui est provoquée la ruine du royaume arthurien. Enfermé dans sa mondanité et sa démesure, sourd à l’esprit de l’aventure du Graal, Gauvain, dans La Mort le roi Artu, est définitivement exclu de cette quête.

<-- Yvain et Laudine

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L'histoire du mythe du Roi Arthur - 4/4 -

Publié le par Perceval






Thomas Malory (1405-1471), prisonnier à la Tour de Londres, y rédige en 1469, Le Morte d'Arthur, considéré comme le premier roman arthurien moderne.







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L'histoire du mythe du Roi Arthur - 3/4 -

Publié le par Perceval



Le Codex Manesse ,( ou Große Heidelberger Liederhandschrift )  est un recueil de chants médiévaux compilés et illustrés vers 1310. Il contient, sur plus de 700 pages, les portraits des poètes et les textes de chansons d'amour courtois. Par exemple, Henri d'Ofterdingen (1), qui était un troubadour allemand du XIIIe siècle ( fictif) , dit avoir participé au concours des Minnesänger à la Wartburg en 1207. Et, (1) Henri d'Ofterdingen (en allemand Heinrich von Ofterdingen) est un roman du poète romantique allemand Novalis, qui sera publié après sa mort par son ami Ludwig Tieck.


La série d'enluminures ci-dessus est extraite du codex Manesse.
Le codex Manesse est un manuscrit enluminé ayant la forme d'un codex.
Il a été compilé et illustré de 1305 à 1340, à la demande de la famille Manesse, patriciens de Zurich. Le manuscrit fait partie des collections de la bibliothèque de l'université de Heidelberg.

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L'histoire du mythe du Roi Arthur - 2/4 -

Publié le par Perceval

Perceval, ou le Conte du Graal
Chrétien De Troyes (1135-1185)  fréquente les cours de Marie de Champagne, Philippe d’Alsace et du Comte de Flandres.
Il écrit plusieurs œuvres en langue d’Oil: Erec et Enide (1170), Cligès ou la fausse morte ( 1176), Yvain ou le Chevalier au Lion (1177), Lancelot ou le Chevalier de la Charrette (1177), et Perceval ou le Conte du Graal (1120) , un roman inachevé par l’auteur mais dont on trouve souvent des Continuations par d’autres auteurs ... Chrétien de Troyes embellit le récit avec les délices de l'amour courtois et la Recherche du Graal
Dans le prologue du Chevalier de la charrette, Chrétien affirme avoir écrit sur le comandemant de ma dame de Champagne, c'est-à-dire de Marie de Champagne, fille d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII.
Trois scènes du Parsival de Wolfram d'Eschenbach


Robert de Boron (vers 1190) introduit le Graal comme étant le récipient qui a recueilli le sang du Christ, puis associe le saint sang à une sainte lance.

Wolfram d'Eschenbach ( 1170-1220) s'attache d'abord à adapter un texte français, Perceval, ou le Conte del Graal de Chrétien de Troyes, roman inachevé et, qui plus est, roman à deux personnages : Perceval, puis Gauvain. Dans son roman Parzival (  immortalisé par Richard Wagner, à la fin du siècle dernier) , il conserve la structure générale du récit, mais, de sa propre autorité, il ajoute à la matière qu'il tient de Chrétien : l'histoire des aventures orientales du père du héros, Gahmuret ; elles introduisent un monde nouveau, le monde de la chevalerie païenne... Le Graal est une pierre, à la forme d'un bétyle, la lapsît exillis.
Ce chevalier-poète, franconien, vécut un temps à la Wartburg, cour du landgrave Hermann de Thuringe.





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A Wilhelmsburg, se trouve les plus anciennes peintures murales ( ci-dessous ) profanes au nord des Alpes (1225/30) relatant un épisode de la saga athurienne, avec Iwein, chevalier de la table ronde. En 1227, c’est ici que la future Sainte Elisabeth de Thuringe se sépara du Landgrave Ludwig IV.

Iwein chevalier de la table ronde
Elisabeth_de_thuringe

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L'histoire du mythe du Roi Arthur -1/4 -

Publié le par Perceval

Jean de Wavrin (v. 1398-v. 1474), Chroniques d'Angleterre Geoffroi de Monmouth écrivant ; Présentation du livre - Jean de Wavrin écrivant - Hélénos, Anténor et Enée
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Le couronnement d’Arthur
 Illustration de l’Histoire des Rois de Bretagne
* L'histoire du Roi Arthur, ne s'attache pas seulement à ce chef Artus ou Artorius qui aurait existé dans la seconde moitié du Ve siècle ( cette période qui voit la chute de l'empire romain d'Occident )
Face aux invasions, la résistance de la population s'organise progressivement : elle souffre au début d'un manque d'union, et c'est dans ce contexte que des chefs de guerre émergent.
A Tintagel  les ruines visibles datent des normands (Xe), certains éléments datant du VIe ont été découverts (fin de l'épopée arthurienne).
Camelot, le château mythique du roi Arthur, pourrait correspondre à la ville romaine de "Camulodunum " (Colchester au nord-est de Londres)...

** Le Roi Arthur, est d'abord un mythe littéraire. La légende arthurienne est alimentée dès le VIe par des récits populaires en Pays de Galle et en Irlande, puis les allusions à ce mythe se multiplient dans les textes latins dès le IXe siècle.
Le roi d'Angleterre Henri I (1100 - 1135) désirant rallier les Celtes de son royaume et pacifier ses nouvelles conquêtes en Pays de Galle utilise à son profit la légende arthurienne.
L'épopée arthurienne circule alors dans tout le pays sous forme de lais (conte en prose comportant un dénouement lyrique en vers), puis en Europe...
Geoffroy de Monmouth (vers 1100 - 1155), est un évêque et historien anglo-normand au service du roi Henri Ier. Il est l'auteur de l' Historia regum Britanniae(1135/1138), en 12 livres. Cet ouvrage, présenté par son auteur comme une traduction d'un livre très ancien, le "Liber vetustissimus", composé en breton "dans un très bon style" et emporté en Angleterre par le Normand Gautier alias Walter, archidiacre d'Oxford, est l'un des premiers ouvrages de l'histoire britannique et sera la source principale de la légende arthurienne.


Roman de Brut
Quelques années plus tard, un clerc normand nommé Robert Wace, est chargé par le roi Henri II Plantagenêt de rédiger à nouveau une histoire d’Angleterre, mais cette fois en anglo-normand, langue pratiquée alors à la cour. Wace dédie son œuvre en 1155, à Aliénor d’Aquitaine, épouse du roi. Tout en s’inspirant de Geoffroy de Monmouth, il développe le portrait d’Arthur et la description de sa cour et l’histoire arthurienne occupe un tiers de son récit, qu’il appelle La Geste des Bretons, mais que nous connaissons sous le nom de Roman de Brut. Arthur est désormais le modèle du souverain idéal, homme de guerre capable de soumettre les peuples d’Occident, mais aussi de réunir autour de lui les chevaliers les plus illustres. Wace est le premier à dire que c’est Arthur qui a institué la Table Ronde afin d’éviter les querelles de préséance entre ses chevaliers et à mentionner la légende selon laquelle Arthur, après avoir été blessé par Mordred et emporté en Avallon par des fées, reviendra un jour libérer son peuple.

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Le roi Arthur a t-il existé?

Publié le par Perceval

Le roi Arthur est généralement associé au Moyen-âge, celui des chevaliers en armure étincelante …
Et,
  • Pour les anglais, c'est grâce à Geoffrey de Monmouth  (vers 1100 - 1155) et à Sir Thomas Malory (1405-1471)
  • Pour les français, la référence est Chrétien de Troyes (1135-1185)
  • Pour les allemands, c'est Wolfram d'Eschenbach (1170-1220), repris par Wagner
chacun prêtant - de son époque - costumes, armes, habitudes et moeurs ....
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De Nennius:
  Historia Brittonum (8e s.) 
Pourtant, historiquement, la première mention d'un Roi Arthur, est faite au 8ème siècle par Nennius, dans l'Historia Brittonum. Ensuite, pour prolonger les investigations, il nous faut chercher le personnages au travers de plusieurs chefs guerriers, et de plusieurs hypothèses:
  • Arthur serait né vers 470/475 et serait originaire du Pays de Galles. Il serait un chef breton du nom d'Aurelius Ambrosius, il aurait arrêté les saxons au mont Bodonicus vers 496 ap.JC : Il n'aurait pas été couronné roi.
  • Arthur pourrait aussi relever de Lucius Artorius Castus. Ce préfet romain, installé à York, a commandé (l'épigraphie l'atteste) la VIe Légion Victrix, chargée de combattre les Calédoniens (peuple de l'actuelle Écosse) au-delà du mur d'Hadrien. Il a remporté contre eux (et non contre les Saxons) une suite de victoires entre 183 et 185 après J.-C.
  • Selon Geoffrey Ashe [ historien, spécialiste d'Arthur ], le légendaire Arthur est inspiré du personnage réel de Riothamus, qui aurait porté le titre de « roi des Bretons » entre 454 et 470. Il serait venu par bateau en Gaule vers 468 - 469 pour aider l'empereur romain Anthemius aux prises avec les Wizigoths d'Euric. Il aurait mené son armée jusqu'à Bourges mais aurait été vaincu peu après en 469 ap.JC




L'historique roi Arthur, et ses compagnons, ne portaient pas d'armure étincelante !

Mais, peu importe... Ce que nous retenons, et qui nous "enseigne" ( qui nous fait signe ) ... c'est la Légende...!

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