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Une pensée symbolique opposée à une « pensée laïque »

Publié le par Perceval

jupiter-et-thetis ingresDe même que les « athées » ont autant  besoin d’un faux dieu, que le plus superstitieux des croyants ; de même la pensée laïque ne s’exprime qu’en face d’une pensée religieuse de type « ancien régime ».

 

Si l’homme « moderne » peut s’émanciper d’une pensée magique, il ne peut que souffrir d’une pensée idéologiquement laïque, qu’il suffit d’appeler, peut-être, matérialiste…

Il faut cependant dissocier la laïcité, de la "pensée laïque". La laïcité, représente en effet un contrat social ( contre l'Eglise du XIXème siècle ) qui écarte du pouvoir politique la prétention idéologique d’un pouvoir religieux. Après un XIX ème siècle « intégriste », et un XXème siècle idéologique , cette mesure est encore la plus saine… Politiquement, je reste aujourd’hui profondément laïque.

Jesus et la samaritaine

Cependant, je partage avec J. Kelen, la crainte d’une « pensée laïque »… Celle qui ampute l’homme de ses racines célestes et ne le considère qu’en être de besoin.

Il est flagrant, en ce début de XXIème siècle, que le joug du déterminisme libéral et du profit économique asservit l’homme plus profondément que ne l’ont fait les dieux antiques …John Atkinson Grimshaw Elaine2

«  J’appelle pensée laïque , vraiment laide, celle qui a substitué au cœur rayonnant le psychisme, au corps amoureux le sexuel, et au mystère de l’étreinte l’orgasme obligatoire. J’appelle pensée laïque celle qui rabote et uniformise, fait d’un individu irremplaçable un robot utilitaire et fait primer l’information sur la culture, le droit sur le mérite personnel et l’assistanat sur l’exigence »..J. Kelen


Non pas que le psychisme ,la sexualité, l’assistanat … ne soient pas à prendre en compte, mais ils ne portent pas en eux-mêmes - éducation et valeur – ils sont de l’ordre de la consommation et non de l’idéal … «  La vulgarité, c’est d’empêcher ce qui est beau, noble et gratuit… » J.K.


La pensée symbolique, les mythes développent la sensibilité, l’imagination, le goût du jeu, sans oublier leur valeur initiatique. John Duncan TheTakingOfExcalibur c1897 100Contrairement à l’idéologie, la pensée symbolique est infiniment ouverte, non dogmatique ( même si elle utilise le dogme ( à développer .. ! )) et oblige chacun à réinterpréter sans arrêt à la lumière de l’expérience personnelle.

Une pensée laïque ou intégriste, ne peut engendrer que des stéréotypes, des clones et aussi des fanatiques… seule une pensée globale, reliée, peut faire de l’homme un roi ( ou un Homme ). La pensée laïque ne peut que trop facilement s’en prendre à la religion dite «  judéo-chrétienne », avec son poids de culpabilité, cette notion de chute originelle, son mépris du corps et la honte de soi … ! Pourtant, un peu de distance et la rencontre d’hommes et de femmes remarquables des siècles passés montrent que ces « maîtres » n’ont pas dédaigné les vertus chrétiennes, ni l’étude des autres religions …

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La figure du Roi selon Jacqueline Kelen.

Publié le par Perceval

Poète, aventurier, amoureux ou chevalier, méditant ou voluptueux… les hommes convergent vers une figure centrale : celle du Roi.images

 

Le roi, parce que celui qu’on dénomme ainsi dans les contes ou les mythes incarne la perfection et la totalité… Seul et rayonnant, il est circulaire et centré…

Il est le juste ou parfait;  le magnanime ou le Vertueux. Il s’efface, il a l'humilité du puissant…

Il est cet homme souverain, jamais statique, toujours vibrant et voyageant sur terre et dans l’au-delà ; cet homme si vaste qu’il est à lui seul un monde.

Il prend tout à cœur, et il a cœur de remédier au malheur du monde. Non seulement il œuvre pour l’éternel, mais il œuvre sur cette terre.. Sa puissance n’est pas de domination mais de compassion et de service…

arthur2 

 

Le souverain est si lié à son royaume que la terre dépérit si lui-même s’affaiblit. Sa responsabilité s’avère donc immense : là est son seul titre de gloire. Rien ne saurait lui être étranger, indifférent. Il vit dans la ferveur, dans l’abime de la douleur, comme dans l’exaltation de la joie.

 

 

Le Roi représente le Dieu en soi… Fréquenter la beauté, se vouloir du roi ( rex, regis ), imiter Jésus ( François de salle )…

On n’a rien trouvé de mieux jusqu’ici pour développer sa sensibilité et accroître ses vertus… Si ce n’est par l’éducation, il reste l’immense ressources des livres, des contes, des œuvres d’art, il reste le silence et la réflexion solitaire.

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Printemps arabe, aussi au cinéma ...

Publié le par Perceval

photo-Et-maintenant-on-va-ou-2011-11L’actualité est au « printemps arabe » et aux films qui mettent de la gravité et de la joie au cœur…

Vite, ne ratez pas, et «  le cochon de Gaza » et surtout «  Et maintenant, on va où ?»…

 

« La réalisatrice libanaise Nadine Labaki s’attache aux femmes d’un petit village perdu dans les collines avec pour seul lien avec la civilisation un pont qui menace de s’écrouler depuis les derniers conflits. Malgré l’isolement du lieu où chrétiens et musulmans vivent en harmonie depuis des années, arrivent de la ville les échos de tensions religieuses qui refont surface. Pour distraire leurs maris et leurs fils et leur faire oublier leurs différences, les femmes du village, à l’imagination débordante, sont prêtes à utiliser tous les stratagèmes possibles, de la troupe de danseuses russes à l’exotisme sensuel jusqu’au space cake version libanaise… ».et maintenant on va ou


Dans ce film, la fable n’est pas féministe, elle est humaniste. Et grâce aux femmes, pleine d’avenir.

Si la religion est à l’origine culturelle de la division, elle peut, influencée par les femmes, convertir tous les messages d’exclusion et de division que les institutions ont nourri depuis des siècles…

C’est un film jubilatoire, un quelque chose d'Emir Kusturica, avec des rires et des larmes.

 

l-affiche-du-film-le-cochon-de-gaza-de-sylvain-estibal

 

 

 

 

Du rocambolesque, de l’absurde… décidément « le culte de la virilité » n’est pas bien vu...! C’est dans «  le cochon de Gaza »… !

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Nous sommes aussi l'Eglise

Publié le par Perceval

A l’occasion de la visite du pape Benoit XVI, en Allemagne, le mouvement contestataire "Wir sind Kirche" ("Nous sommes l'Église")WirSindKirche2, a retenu l’attention du pape et des chrétiens… En effet, L’Église compte aussi des « indignés » dans ses rangs. Ils réclament notamment des eucharisties sans prêtre ou l’ordination de laïcs mariés.


« Seigneur, nous te prions pour que les autorités de l’Église et la base des croyants puissent mieux se comprendre. » Le dimanche 11 septembre, l’intention de prière résonne de façon particulière sous les voûtes de la petite église de Probstdorf, à une trentaine de kilomètres de Vienne. L’homme qui se tient derrière l’autel n’est autre que le père Schüller. Ce prêtre de 59 ans au regard bleu saphir est le chef de file de l’association Pfarrer Initiative (« les curés prennent les devants »), qui défie depuis trois mois l’épiscopat sous la forme d’un « appel à la désobéissance ». Les prêtres affirment vouloir transgresser plusieurs règles de l’Église. Ils vont donner la communion aux divorcés remariés et aux protestants. (article publié dans La Vie n° 3446 du 15 Septembre 2011).

 

« Si l’apôtre Paul n’avait pas fait pression sur ses chefs pour que l’Évangile soit annoncé aux non-juifs, l’Église n’existerait pas ! Si l’Église s’était remise en question à temps, on n’aurait pas eu la Réforme ! »….

 

Benoit XVI allemagneLors d’un discours improvisé adressé aux séminaristes de Fribourg-en-Brisgau, Benoît XVI médite sur le nom – "Nous sommes aussi l’Église" ( En France : NSAE ) – du mouvement de contestation ecclésiale le plus répandu et le plus actif dans les pays de langue allemande…

« Je dis parfois que saint Paul a écrit : 'Croire vient de l’écoute' non de la lecture. Le croire a besoin également de la lecture, mais il vient de l’écoute, cela veut dire de la Parole vivante, de l’encouragement des autres que je peux écouter, de l’encouragement de l’Église au long des âges, de la parole que vous donnent maintenant les prêtres, les évêques et les prochains. Le 'toi' fait partie du croire, fait partie du 'nous'. Et le fait de s’entraîner à se supporter réciproquement, est très important ; apprendre à accepter l’autre comme un autre dans son altérité, et apprendre par là qu’il doit me supporter comme étant un autre dans mon altérité, afin de devenir un 'nous', afin de pouvoir ensuite constituer un jour une communauté paroissiale, de pouvoir appeler des personnes dans l’unité de la Parole et d’être ensemble en chemin vers le Dieu vivant. »

« Lorsque nous disons : 'Nous sommes l’Église' - oui, c’est vrai : Nous la sommes nous, et pas n’importe qui. Mais, le 'nous' va au-delà du groupe qui vient de l’affirmer. Le 'nous' est l’ensemble de la communauté des croyants d’aujourd’hui et de tous les lieux et de tous les temps. Et je dis toujours : Oui, il existe, pour ainsi dire, dans la communauté des croyants la sentence de la majorité de fait, mais il ne peut jamais y avoir une majorité contre les Apôtres et les Saints, il s’agit alors d’une fausse majorité. Nous sommes l’Église, soyons-le donc ! Soyons-le par le fait de nous ouvrir et d’aller au-delà de nous-mêmes, et soyons-le avec les autres". »

 

En reprenant ces paroles de Benoit XVI, effectivement je pense que le «  nous »  ne peut être un "nous" qui se sépare et qui s’oppose, c’est pour cela que ces « indignés » se nomment «  nous sommes aussi l’Eglise », c’est un nous qui s’inclut dans l’Eglise de tous les lieux et de tous les temps".

 

NSAE header-mLes catholiques de NSAE, sont AUSSI L’ÉGLISE « et nous voulons qu’elle soit l’Église de tou(te)s les ami(e)s de Jésus Christ (Jn 15/14), quelles que soient leurs façons de penser, de croire, de vivre ou d’aimer.

Nous voulons qu’elle prenne à son compte l’appel de Jésus Christ à la délivrance des opprimés et à la libération des exploités (Lc 4/18-19 en écho à Is 61/1).

Pour cela, nous voulons réagir à la domination des forces d’immobilisme dans l’Église et d’oppression dans la société, et contre toutes les exclusions que les unes et les autres génèrent.

Nous voulons une Église heureuse au cœur de la modernité et de la laïcité et qui sache rejoindre avec lucidité, au-delà des dogmes et des rites, la vie et les questions des femmes et des hommes de notre temps.

NOUS SOMMES AUSSI L’ÉGLISE et nous en dénonçons les dérives sectaires car nous concevons l’Eglise comme un espace de liberté pour la parole, la pensée et la recherche théologiques. »

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Poème d'Aimé Césaire

Publié le par Perceval

A propos d'  " homme-arbre " ( cf article précédent ... )

 

« Le dernier des soleils tombe.Crépuscule
où se couchera t-il sinon en moi ?

 

A mesure que se mourrait toute chose,
je me suis, je me suis élargi, comme le monde,
et ma conscience plus large que la mer !
Dernier soleil.
J’éclate. Je suis le feu. Je suis la mer.
Le monde se défait. Mais je suis le monde

 

La fin, la fin disons-nous.

 

Quelle sottise. Une paix proliférante d’obscures puissances.
Branchies opacules palmes syrinx pennes.
Il me pousse invisibles et instants par tout le corps,
secrètement exigés, des sens,
et nous voici pris dans le sacré
tourbillonnant ruissellement primordial
au recommencement de tout.

 

La sérénité découpe l’attente en prodigieux cactus.
Tout le possible sous la main.
Rien d’exclu.

 

Et je pousse, moi, l’homme stéatopyge assisdesir s
en mes yeux des reflets de marais, de honte,
d’acquiescement
pas un pli d’air ne bougeant aux
échancrures de ses membres
Sur les épines séculaires

 

je pousse, comme une plante
sans remords et sans gauchissement
vers les heures dénouées du jour
pur et sûr comme une plante
sans crucifiement
vers les heures dénouées du soir

 

La fin !
Mes pieds vont le vermineux cheminement
plante
mes membres ligneux conduisent d’étranges sèves
plante plante
et je dis et ma parole est paix
et je dis et ma parole est terre
et je dis
et
la joie
éclate dans le soleil nouveau arbre tête

 

et je dis :
par de savantes herbes le temps glisse
les branches picoraient une paix de flammes vertes
et le terre respira sous la gaze des brumes
et la terre s’étira. Il y eut un craquement
à ses épaules nouées.
Il y eut dans ses veines un pétillement de feu.
Son sommeil pelait comme un goyavier d’août
sur de vierges îles assoiffées de lumière
et la terre accroupie dans ses cheveux
d’eau vive
au fond de ses yeux attendit
les étoiles…. »

 

Extrait d’un poème tiré du recueil   "cent poèmes d’Aimé Césaire" de Daniel Maximin, ed Omnibus, 2009

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« Je vois des hommes : comme des arbres et ils marchent »

Publié le par Perceval

Marc 8, 22-26 / Traduction Chouraqui

Jesus-guerissant-un-aveugleIls viennent à Béit-Saïda.

Ils lui amènent un aveugle.

Ils le supplient de le toucher.

Il saisit la main de l’aveugle et le fait sortir du village.

Il crache sur ses yeux, impose ses mains sur lui et l’interroge:

« Vois-tu quelque chose ? »

Il lève le regard et dit:

« Je vois des hommes comme des arbres; je les vois marcher. »

Alors, il impose encore ses mains sur ses yeux:

il voit clair, il est rétabli; il fixe tout distinctement.

 

 

Nous sommes corps à corps avec Jésus : sa main, sa salive, à l’écart …

 

Jésus guérit de multiples façons… Et ce n’est pas là le message… Jésus ne doit pas être réduit à un simple guérisseur !

 

Quelques lignes auparavant, Marc insiste sur le fait que les disciples ne comprennent rien «  vous avez des yeux, et vous ne regardez pas ! » … Après , ce sera la confession de Pierre «  Tu es le Christ –messie ».

 

Les évangiles reprennent l’aveuglement comme une métaphore de l’incompréhension …

 

Aveugle, je suis étanche et fermé aux signes de la transcendance.

Ici, Jésus, fait nous fait accéder à la lumière en deux étapes :arbre-hommes-feu-ou-arbre-de-vie

-          L'aveugle a accès d'abord à l'univers créé par Dieu, à la nature dont les hommes, comme les arbres, font partie. Originellement, l’homme est cet arbre « avec racines et frondaisons, accueillants aux souffles et aux oiseaux, des arbres verts capables de se régénérer en permanence … »… C’est son aspect « naturel »

-          Jésus recommence, et l’aveugle voit distinctement le niveau « humain », auquel nous sommes conviés.  : c’est notre aspect « spirituel » ( notre vocation …)

Je m’interroge : de quelle cécité dois-je  être guéri ?

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Déclaration des Eglises de Jérusalem à l’occasion de la demande pour un Etat palestinien à l’ONU

Publié le par Perceval

Le 13 septembre 2011 - Déclaration de onze chefs des Eglises chrétiennes à Jérusalem


visu jerusalemDans la perspective de l’Assemblée Générale des Nations Unies en ce mois de septembre 2011, et d’une demande d’indépendance de la Palestine, les représentants des Églises chrétiennes à Jérusalem, sentent le besoin d’intensifier les prières et les efforts diplomatiques en vue de la paix entre Palestiniens et Israéliens. Ils voient cela comme le plus approprié pour une telle démarche, et veulent ainsi réitérer les points sur lesquels ils sont d’accord :

 

1. La solution de deux Etats sert la justice et la paix.

2. Les Israéliens et les Palestiniens doivent vivre chacun dans leur propre état indépendant avec paix et justice, respectant les droits de l’homme conformément au droit international.

3. La négociation est le meilleur moyen pour résoudre les problèmes non résolus entre les deux parties.

4. Palestiniens et Israéliens devraient faire preuve de retenu quelque soit le résultat du vote aux Nations Unies.

5. Jérusalem est une Ville-Sainte pour les disciples des trois religions issus d’Abraham, dans laquelle tous devraient pouvoir vivre en paix et dans la tranquillité, une ville qui devrait être partagée par les deux peuples et les trois religions.

Ainsi nous appelons les décisionnaires et les personnes de bonne volonté à faire leur possible pour qu’adviennent la justice tant attendue depuis longtemps, la paix et la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens, et pour que la prophétie du prophète David soit vécue à nouveau :

« Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent. » (Ps 85, 11)

 

 

Liste des signataires :
† S.B. Theophilos III, Patriarcat grec orthodoxe

† S.B. Fouad Twal, Patriarcat latin

† S.B. Tarkom II Manoogian, Patriarcat apostolique arménien

Fr. Pierbattista Pizzaballa, ofm, Custodie de Terre Sainte

† Mgr Anba Abraham, Patriarcat copte orthodoxe

† Mgr Swerios Malki Mourad, Patriarcat Syrien Orthodoxe

† Mgr Abune Mathias, Patriarcat éthiopien orthodoxe

† Mgr Joseph Jules Zreyi, Patriarcat grec catholique

† Mgr Suhail Dawani, Eglise anglicanne de Jérusalem

† Mgr Mounib Younan, Eglise évangélique luthérienne en Jordanie et en Terre-Sainte

† Mgr Pierre Malki, Patriarcat syrien catholique

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« L’éternel masculin » de Jacqueline Kelen.

Publié le par Perceval

le chevalier le GrécoLe Graal : «  cette coupe fabuleuse qui procure guérison aux hommes affligés et verdoiement de la Terre Gaste. C’est la coupe débordante du Cœur, aussi bien. Ce Cœur empli d’amour et de vaillance que le chevalier du Greco désignait d’un geste subtil …(…. ) Qu’y a t-il à l’intérieur du Graal ? A l’intérieur de soi ? quelle vision d’éternité procure t-il, au regard de quoi plus rien d’autre n’est important. Car le Graal, on ne peut le saisir, seulement le refléter. Il est une invitation à l’alchimie intérieure, à la transfiguration… »


roi pecheur perceval«  Il ya en chaque homme un Perceval, un Galaad par qui le vieux roi doit retrouver vigueur et joie. La blessure à la hanche du roi pêcheur désigne nettement une atteinte à sa virilité, une perte d’énergie qui entraine le dépérissement du royaume. »


« Tant qu’il y aura des chevaliers en quête du Graal, de cette dimension intérieure d’harmonie et d’amour qu’évoque aussi la lampe d’Aladin, notre monde continuera de tourner comme la table rojacqueline-kelennde du roi Arthur. Et même, si on ne pose pas la juste question en assistant au cortège, même si on ne retrouve pas la route du château où attend le roi pêcheur, du moins aura t-on essayé et ce faisant on aura transmis le mot de passe, le Graal ne sera pas oublié. Il ne s’agit pas tant de conquérir le Graal que de le garder vivant, en mémoire. Aussi ces chevaliers de toujours, chastes et amoureux, sages et hardis, secrets et fervents, demeurent les colporteurs de l’inoubliable. »

 

Jacqueline Kelen.

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Le Graal et le "Royaume".

Publié le par Perceval

Le Graal est à l’âme, ce que le Royaume est à l’esprit (note 1) . La quete du graalLe chevalier Perceval est le correspondant - inventé ( imaginaire, rêvé …) donc réel ( parce que découvert …) – de Jésus, né en Galilée, puis mort ( et ressuscité …), ce Jésus des Evangiles qui me montre la voie ( et qui est lui-même Le Chemin…) et qui donne un sens à la vie ( ll est La Vie .. !).


De Jésus et Perceval, c’est bien sûr, Lui – L’Homme Jésus, le plus « réel »… Mais,

D’une humanité qui, me semble souvent hors de ma mesure…

D’un Amour qui attend trop de moi...


rackham siegfried nothungconqueringswordRejoindre le chevalier et travailler dans ses pas, c’est trouver le compagnon d’âme.

Apprendre avec lui, à forger ses outils ( son épée ). Etre l’apprenti des règles symboliques qui régissent l’idéal que partagent d’autres compagnons d’arme.

Tomber, souvent, à terre, dans la fange des passions humaines … et toujours, se relever, avancer …


Il y a dans les mythes, les contes, tous les mystères que contiennent notre psyché. Pour ce qui me concerne, la méthode - pour pratiquer le Chemin qu’est le Christ – s’enrichit d’une connaissance symbolique… Cette « connaissance de soi » n’est pas qu’intellectuelle, elle est opérative par la pratique du conte ( et plus encore profondément par le mythe …) et précisément du Conte du Graal …


Chevalier dameLa gloire du chevalier s’exprime autant dans le combat, que dans l’allégeance qu’il fait à sa dame. «  dans tous les récits initiatiques, le héros masculin représente à la fois le corps et l’âme ( les sens, la sentimentalité, le psychisme )tandis que la femme représente l’esprit ( sapience, intelligence du cœur, le pneuma) » J KELEN …

On comprend que dès le moyen-âge, l’Eglise ait essayé de faire de la Dame, la personnification de l’Eglise romaine ou de Marie… Mais la « fin’amor » ne méprise pas le corps… Le chevalier chevauche entre la cité terrestre ( ou le jardin… ) et la Jérusalem céleste… Entre chair et « corps glorieux »…


(1)    Selon l’enseignement de Pères, l’humain est « chair », c’est à dire : corps, âme ( psyché) et esprit (pneuma ). Et c’est la chair, avec un « corps glorieux », qui est appelée à ressusciter.

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Prier et s'engager

Publié le par Perceval

Le père franciscain Pierbattista Pizzaballa, est le « custode » de Terre Sainte.pizzabella 1 La Custodie est une présence établie au Moyen-Orient, appelé Terre Sainte par les chrétiens. C’est une « présence-pont », une rencontre (parfois un choc) entre deux cultures, celle de l’Orient et celle de l’Occident.

 

J’ai bien apprécié le témoignage de ce catholique, sur la prière au cœur de son engagement pacifique dans une région … «  emblématique » ( ?). Ce témoignage répond indirectement à mes questions sur la prière…

 

«  Comment est-ce que je rencontre le Christ aujourd’hui ?

Je ne suis pas toujours prêt à la rencontre. Mais je sais quelles sont mes certitudes : la Parole, la prière, le Lieu et les personnes. Ensemble.


Dans Marc et Mathieu, on lit que « Jésus alla habiter à Capharnaüm. Jésus vient exactement habiter dans cette terre blessée et fragmentée, devenue hostile pour Dieu et pour l’homme. » ( déjà !). Le dieu de Jésus n’est pas un dieu lointain, Il est là où est Jésus… Proche.


actu-terre-sainte-Jérusalem« Le rapport avec le Lieu ( Jérusalem ) rappelle continuellement l’Evénement duquel nous parlent les Ecritures, en faisant une mémoire proche, concrète. Le rapport avec les personnes t’oblige à certifier la vérité de ton expérience. Les relations en Terre Sainte sont terriblement blessées. Mais c’est en demeurant là, à l’intérieur de ces relations, que tu trouves la provocation quotidienne au rapport avec le Christ et tout alors devient concret, difficile et pourtant nécessaire : le pardon, la gratuité, la liberté, la charité, la modération, la patience, l’accueil… deviennent une nécessité. Refuser ces attitudes serait Le refuser. »


« Jésus est naturellement le cœur de notre prière » (…) « prier » est la « première chose à faire pour la Terre Sainte ».

artimage horizon

« La prière est la première chose à faire parce qu'elle nous place dans une juste proportion dans nos relations avec les personnes ». « La prière nous met dans l'horizon de Dieu ».


Et puis, après la prière, « il y a l'engagement ». La prière « ne peut rester une activité du cœur qui risque de devenir un peu sentimentale », elle doit aussi mener « à un engagement concret, actif », a-t-il ajouté.

Il faut enfin du « courage », parce que nous avons besoin « de personnes qui nous aident à sortir un peu de notre petit horizon, qui soient audacieuses et capables de provoquer et de secouer un peu nos consciences ».

 

Prier, c’est entrer dans la prière que Dieu fait continuellement en moi. Prier, c'est respirer Dieu !

Denis Huerre, moine bénédictin

 

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