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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -1-

Publié le par Perceval

La statue de l'abbé Gillard (1902-1979) nous accueille devant son '' église du Graal '' à Tréhorenteuc. Lui-même est arrivé ici en 1942. Démobilisé en 1940 vers Rodez, mal vu de sa hiérarchie, il prend sa nomination ici comme une sanction. L'autorité religieuse ne lui fait pas confiance sur le contenu de ses sermons... Un village mal desservi ; il compte à peine 150 habitants, et très peu fréquentent l'église. Une église en très mauvais état..

 

Pour l'abbé Gillard... Il n'y a pas d'opposition entre les grands mythes et la Parole qu'il doit enseigner … L'abbé se plonge dans l'étude des légendes du Graal : une relique mythique de la culture chrétienne... N'est-ce pas là la manifestation de l'esprit du lieu ? La forêt de Paimpont, identifiée à la forêt de Brocéliande des romans arthuriens ...

Le prêtre sait que, bien que christianisée, la légende du Graal est, à son origine, païenne.... Comme beaucoup de nos histoires …

L'église de Tréhorenteuc (carte postale années 50)

 

Pour redonner une vie spirituelle à sa paroisse l'Abbé Gillard décide de restaurer l’église, et d'en faire un lieu d’art, de beauté, de réflexion intellectuelle... Pour cela, il l'enrichit de signes et de symboles, fruits de sa Quête.

 

Le prêtre lance les travaux, en mobilisant la population. Il parle la langue des gens : le gallo ; il fait le secrétaire de mairie. Il consolide l'église, la met hors d'eau ; va chercher les pierres nécessaires au chantier...etc.. Trois ans... Il consolide le pignon, le mur du clocher, refait la sacristie, répare la toiture …

 

Je vais suivre le cheminement de notre guide : Elisabeth Cappelli, et entrer non par le porche sud ( seul ouvert …) mais par le portail ouest ( pour aller vers l'Orient...).

Le narthex nous accueille avant d'entrer dans la nef, et on se retrouve face à une poutre sur laquelle se trouve inscrit ''1,618'', le nombre d'or !

Je vous laisse creuser le sujet, mais Henri Gillard se passionnait pour la numérologie; il est l'auteur d'un ouvrage : '' La Mystique des nombres dans les Beaux-Arts''...

 

Cette maxime bardique du XIVe siècle : « enfant,, souviens-toi, si ce monde est à toi, l'autre monde est à Dieu. » : 52 lettres (nombre des semaines dans l'année) nous rappellent qu'ici, est figurée la limite entre le sacré et le profane ; et nous rappelle les deux sacrements chrétiens pour entrer dans l'Eglise : le Baptême ( à gauche, les fonds baptismaux) et la Pénitence ( à droite, le confessionnal).

 

Je passe vite, mais on se rend compte que l'abbé Gillard a mis au point toute une pédagogie de la foi chrétienne à l'aide du langage symbolique … avec pour principal attrait à Tréhorenteuc, l'évocation des légendes de la Table Ronde - et du Graal ( et donc, pour lui, l'Eucharistie...) en particulier -.

Après avoir pénétré dans la nef, nous apercevons face à nous dans le cœur les statues de Sainte Onenne et de Saint Judicaël.

Une femme à gauche, un homme à droite... Composantes féminine et masculine de légendes locales , plus tard christianisées...

Onenne est une figure celtique, en lien avec les oies, et l'eau … Son histoire rejoint celles des princesses inviolables …

Onenne est présentée comme la sœur de saint Judicaël, donc, la fille de Judaël roi de Domnonée, et de Pritelle. A l'âge de dix ans, elle quitte le château royal à l’insu de ses parents, et en chemin échange ses habits de princesse contre ceux d’une pauvresse de la lande bretonne, afin de ne pas être reconnue. En arrivant près de Tréhorenteuc, elle s'installe dans des ruines près d'une fontaine et en fait son ermitage. En sortant dans la campagne voisine, elle croise un jeune seigneur qui tente de l'enlever pour abuser d'elle et l’épouser. Onenne crie. Les canes (ou, selon les versions, les oies) qui se trouvent près d'elle en font autant et alertent des soldats et des paysans aux alentours, qui viennent la délivrer … Des versions plus récentes font intervenir l'attachement d'Onenne au culte de la Vierge Marie …

Henri Gillard, enrichit l'histoire, et Onenne meurt des conséquences de son agression, et est enterrée dans l'église de Tréhorenteuc.

 

 

  

Plusieurs vitraux dans la nef sont consacrés à Sainte Onenne.

Nous avançons jusqu'au Transept ( trans = par-delà, de l'Autre côté...). A gauche la chapelle de la Vierge ( toujours le féminin) et à droite celle de Saint Eutrope.

A droite, deux ondes, et un croissant de lune, sous le vitrail de la vierge.

A droite, Saint Eutrope est le patron de la paroisse de Tréhorenteuc.. ( et Onenne de l'église …).

Autre particularité, dans la sacristie, un vitrail avec une croix, qui ne craint pas d'être entourée d'un zodiaque … !

Le recteur de Tréhorenteuc a écrit un livre sur '' Le Secret du Zodiaque ''. Il établit une étude comparative de tous les zodiaques et se passionne pour toutes les ''correspondances '' qu'il peut faire entre mythes, figures, nombres … et littérature médiévale, par exemple... Il décèle une ''écriture idéographique'', sorte de langue qui fait de tout tableau ( en particulier ceux de son église...) une œuvre à déchiffrer...

A suivre ...

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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

Publié le par Perceval

Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

En 1945, l'abbé Gillard a l'opportunité des services d'un prisonnier allemand Karl Rezabeck. Il le loge et le nourrit, en échange il réalise les tableaux dont le prêtre lui donne une description précise...

Rezabeck va peindre un étonnant chemin de croix. Un chemin de croix situé non à Jérusalem, mais à Tréhorenteuc : les paysages sont identifiables : la cour du presbytère, les prairies, le manoir de la rue neuve ( N° 4 et 8) , et même le val sans retour ...

Ici, les trois chutes du Christ, représentent les trois tendances de la nature humaine, qui égarent l'individu : l'orgueil, l'avarice et la luxure.

Ainsi à la 9e station “Jésus tombe pour la 3e fois”, Marie Madeleine est représentée sous les traits de la fée Morgane vêtue d'une très légère robe rouge . Un quotidien régional va titrer: « À Tréhorenteuc, une pin-up dans un chemin de croix ».

Le menuisier qui prépare la croix, c'est Wisdorf l'ébéniste allemand qui a travaillé avec l'abbé … Dans le 3ème tableau, on reconnaît Sainte Onenne et ses oies ( N° 3, 12 et 13). A la 13e station, Joseph d’Arimathie recueille le sang du Christ dans le Graal.

 

 

 

Après le chemin de croix, l'abbé Gillard fait exécuter trois tableaux qui illustrent la légende arthurienne.

- L'un est la reprise d'une illustration du ''Lancelot en prose'' d'Evrard d'Espinques ( 1475) et représente les chevaliers autour de la Table Ronde, et apparaît au centre, le Graal, porté par des anges.

Les deux autres sont plus originaux :

- L'un est ( encore ..) consacré au Val sans Retour, et met en scène Morgane, tentatrice à la robe rouge, la chevelure sombre, face à Lancelot... par lui, est brisée la magie du lieu, créé par la fée Morgane. Trahie dans son amour pour le chevalier Guyomar, elle conçoit de se venger... ( vous connaissez l'histoire ...)

Sur le tableau, autour de Morgane et de lancelot, sont représentés quelques uns des 253 chevaliers enfermés dans le Val durant 17 ans ( le nombre 17 ! )... Leur vie est oisive, faite de jeux, de festins, de joutes amicales, de danses … mais, ils sont prisonniers … Un géant garde ce lieu

- L'autre tableau, est consacré à un des sites mythiques de Brocéliande : la Fontaine de Barenton. ( je vous raconte l'histoire, la fois prochaine …)... Antique lieu de réunion druidique...

Sur le tableau, on y voit : *Yvain, le chevalier au lion, derrière lui surgit le chevalier noir ; et parmi les arbres verdoyants, se devine une silhouette féminine...

* Viviane et Merlin, ils se sont rencontrés ici, et Merlin a pris l'apparence d'un beau jeune homme, pour la séduire... Finalement, se servant de son enseignement, Viviane va l'enserrer ( dans une prison d'air) pour toujours … Viviane apparaît dans une robe translucide, parée de ses charmes, en opposition aux vierges chrétiennes … !

* A gauche, la figure d'Eon de l'Etoile ( !?), une sorte de moine, ''robin des bois'' et condamné pour hérésie... Lié à une comète ( repérée en 1145), on le disait magicien, et faisait apparaître tout un banquet ...

* En bas, une joute, et en arrière-plan, la belle Sydoine...

Ces quatre scènes illustreraient les quatre éléments : l'eau ( la fontaine ...), l'air, ( la prison...), la terre ( que mordent les 52 chevaliers battus par Yvain...) et le feu ( de la comète...)

- Enfin, un tableau '' la famille de Sainte Onenne'', représente face au festin du Graal, un banquet réunit la famille de la sainte : le roi Judhaël et son épouse Pritelle avec leurs 22 enfants... Et, le saint Judicaël, roi et fondateur de l'abbaye de Pailpont. A droite, on distingue l'église de Tréhorenteuc

 

Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -4-

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Sur la route du Roi Arthur - 3/3 – En France.

Publié le par Perceval

Sur la route du Roi Arthur - 3/3 – En France.

Est-ce bien sérieux d'envisager visiter des lieux – En France - qui évoqueraient les aventures d'un roi celte, qui au Ve siècle, de son île britannique, aurait mené la lutte contre les Saxons ?

Sauf que, la cour du Roi Arthur, d’où partent et où s’achèvent les diverses aventures des chevaliers de la Table Ronde, apparaît comme le modèle d'une société du XIIe siècle, présentée et écrite à cette même époque par Chrétien de Troyes...

C’est sur une toile de fond vécue par Aliénor d'Aquitaine, Marie de France..., et racontée dans les cours entre Normandie, Bretagne et Aquitaine... que s’inscrivent les cérémonies, les tournois, les fêtes, les adoubements, les amours des preux chevaliers et de leurs damoiselles, au long de ce qu’il est convenu de nommer le cycle arthurien.

C’est avec les Plantagenêt que la légende arthurienne s’enracine dans la région bretonne. Le Roman de Rou, écrit au XIIe siècle par l’écrivain normand Robert Wace sur une commande d’Henri II Plantagenêt, évoque une forêt de Bréchéliant et une fontaine de Béranton ayant des caractères merveilleux, notamment d’obtenir de la pluie en versant de l’eau sur son perron...

Et, à côté de cette réalité médiévale, s'ouvre un ''autre'' monde, celui de la forêt de Brocéliande (1) , royaume des fées et des magiciens.

Ainsi peut-on visiter - par la clé des contes - les eaux profondes du lac de Diane (3) qui abritent l’enfance de Lancelot et retentissent de l’écho de fêtes étranges. Peut-on, rencontrer les amants de Morgane - la maléfique - qui s’égarent dans le Val-Sans-Retour (2) ; et même, Merlin l’enchanteur qui abandonne peu à peu ses pouvoirs à la fée Viviane et se laisse enfermer dans une prison d’air auprès de la fontaine de Barenton (5) . Enfin, il est possible de voir un sanglier imprenable entraîner la chasse royale dans une course éperdue depuis les étangs bleus de Paimpont jusqu’au golfe du Morbihan.

(1) La forêt de Paimpont (la Brocéliande légendaire) ne compte pas moins de 8000 hectares de landes, taillis, fougères, pinèdes, égayés de nombreux étangs fleuris de nénuphars et festonnés de joncs.

(2) On peut accéder au Val-Sans-Retour, par des sentiers depuis le village de Tréhorenteuc.

Au village de Tréhorenteuc , il faut d’abord y visiter l’étrange église de l’abbé Gillard qui, de 1942 à 1962, transforma l’édifice du culte en temple à la gloire de la légende arthurienne, abritant en son sein un prodigieux décor, vitraux et peintures murales, où trône en majesté dans le chœur de l’église un grand cerf blanc et où la fée Morgane assiste à la Passion du Christ… On peut saluer la fée Viviane en visitant son « Hôtié » (sa maison) qui s’avère être une sépulture, sous forme d’un cromlech de pierres. Et, Merlin, dont le tombeau repose près du village de Landelles, scellé par trois grosses pierres. Sur l’une, des mains ont gravé : « Ici a été enfermé Merlin l’enchanteur par la fée Viviane. »

(3) Des remparts et une porte fortifiée à demi enfouie sous la végétation sont les anciennes défenses du Château de Comper, hélas profondément remanié au XIXe, mais dont l’étang, qui se love à ses pieds, est selon la tradition celui où la fée Viviane recueillit le jeune Lancelot, fils de roi abandonné par sa mère, et l’éleva secrètement dans un palais de verre jusqu’à l’âge de 18 ans.

(4) Le pont du Secret n’est autre que celui où Lancelot osa avouer son amour à la reine Guenièvre, épouse du roi Arthur.

 

(5) L'un des hauts lieux mythiques, est la fontaine de Barenton. Bien qu’elle ne soit plus aujourd’hui qu’une maigre source au fond d’un bassin, on ne peut manquer d’évoquer les rendez-vous galants que la fée Viviane accordait en cet endroit à l’enchanteur Merlin. Ce dernier, dans sa naïveté d’amoureux, lui divulgua un jour ses secrets et se retrouva prisonnier d’un mur d’air qu’il ne put jamais franchir, symbole du génie dominé par la ruse. C’est également en ce lieu qu’apparut un cerf blanc au collier d’or, que se déroula le combat victorieux d’Yvain, un des Chevaliers de la Table Ronde contre le Chevalier noir, gardien de la fontaine et, ici encore, qu’Yvain offrit au roi Arthur et à ses six mille compagnons un repas pantagruélique qui dura trois mois.

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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -2-

Publié le par Perceval

Le choeur est éclairé par 3 vitraux, qui présentent le Graal sous chacune des fameuses ''Tables du Graal ''.

Et mur nord, la Table de la Cène...

Mur sud : La Table Ronde autour de laquelle sont rassemblés le Roi Arthur et les chevaliers, lors de l’apparition du Saint Graal.

Il faudrait parler de tous les détails qui se répondent d'un vitrail à l'autre …

 

 

Le Graal est représenté au centre de la Table autour de laquelle se sont réunis le Christ et ses disciples, une place reste vide, celle de Judas...

Le Graal est de couleur verte, l'abbé Gillard le situe dans la tradition d'une coupe taillée dans une émeraude, tombée du front de Lucifer...

Le Graal apparaît aux chevaliers de la Table Ronde. Le siège périlleux (vide) est occupé. La Quête du Graal est ici achevée, avec Galaad...

 

Enfin, le vitrail central, un chef d'oeuvre des ateliers parisiens Grubeër, qui a coûté au prêtre le prix d'une ferme ( un héritage..). Là, il faut prendre le temps de scruter cette forêt de symboles...

 

Comme au Moyen-âge, sont représentés deux donateurs ( Louis Thétiot et sa mère : cousins de l'abbé Gillard)

Au centre du vitrail, le Christ ressuscité, debout et à ses pieds Joseph d'Arimathie. Selon les évangiles, il a récupéré le corps du Christ et l'a enseveli dans son propre tombeau.

On dit qu'il a recueilli le sang du Christ, dans une coupe ( Le Graal ). Il est l'un des gardiens du Graal ; jusqu'à Galaad...

Ici, est représentée la scène où emprisonné, Joseph d'Arimathie, put se nourrir et survivre grâce au Christ Ressuscité et au Graal …

On note à gauche, l'emblème du Royaume de Jérusalem, qui évoque l'Ordre du temple, et qui est associé à la garde du Graal, par Wolfram von Eschenbach, dans son Parzifal ( 1210).

Bien d'autres symboles sont dissimulés, dans ce vitrail... Peut-être le chemin à trouver qui conduit au Graal …

Voir les deux lapins à gauche …; le phénix...

Les deux personnages, nouvel Adam et nouvelle  Ève, sont recueillis autour d’un arbre arborant un unique fruit, une mystérieuse pomme bleue. Ce fruit de la Connaissance du bien et du mal ne semble pas être mangé !... ; Les quatre symboles des évangélistes... les quatre signes du zodiaque … Le bouquet de chardons ...Etc ...

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Fêtes de Beltane

Publié le par Perceval

La veille du 1er Mai, est nommé selon les traditions : Veille de mai, Roodmas, Nuit de Walpurgis, Cethsamhain, Whitsun or Old Bhealltainn, Bealtinne, Walburga, Eté celte…

Ou, plus connue dans les pays celtes, aujourd'hui comme Fête de Beltane, la troisième des quatre grandes fêtes de l'année celtique. Elle marque la fin de la saison sombre et le début de la saison claire. Beltane est un des sabbats majeurs de la tradition païenne.

Beltane, signifie ''feu de Bel'' ( Bel, Belenos est le dieu solaire)

En Europe avant que le 1er mai ne devienne la fête du travail, on avait pour coutume de planter un arbre le premier mai en symbole de prospérité. 

Au Moyen-âge, hommes et femmes passaient la nuit dans la forêt à cueillir des fleurs et des rameaux en bourgeons afin d’accueillir mai au lever du soleil. On dressait au centre du village l’arbre de mai. On pouvait, également, choisir une reine et un roi de mai. De tels rites étaient destinés à assurer la fertilité des cultures, la fécondité du bétail et des êtres humains...

L'arbre de mai planté dans la Terre mère comme symbole phallique célèbre l’union de la Déesse et du Dieu. Les participants prenaient un ruban (rouge pour les hommes et blancs pour les femmes) et dansaient autour du mat.

La comtesse du Barry en Flore, F-H Drouais, 1769

Jusqu'au XVIIIe siècle, la déesse Flore ( complémentaire de Vénus) : la déesse romaine des fleurs, des jardins et du printemps ; est en vogue... Du 28 avril au 3 mai, les Romains vénéraient leur déesse, de façon  excessive, et très souvent licencieuse : lors des six jours de fêtes, les prostituées avaient coutume de se rassembler dans un des cirques de Rome, situé « dans un vallon qui est entre le Mont Quirinal et le Mont Pincius », et d’y organiser des jeux dénudés et orgiaques. 

La popularité de l'arbre de mai, va décliner après la Révolution française, et continuer sous une forme plus morale...

La romancière Marion Zimmer Bradley fait couronner Arthur selon les rites du Vieux Peuple le jour de Beltane.

 

Saint Eutrope et Sainte Onenne ( d'origine celtique :  Onn(Gw)enn , les saints patrons de l'église du Graal à Tréhorenteuc sont fêtés ce même jour, le 30 avril.

 

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Après la Grande Guerre, le Monde, les salons... 2

Publié le par Régis Vétillard

La ''grande Guerre'' a porté un coup fatal, à un certain monde qui se voulait élégant, aristocratique, intelligent, et ''grand '', avec des écrivains comme Anatole France, Régnier, Gourmont qui durent laisser la place à Gide, Claudel, Valéry, Giraudoux...

Avant-Guerre : « Nous nous étions fait dans notre petit groupe une sorte d'idéal d'humanisme élégant, de ''dandysme '' cultivé : on se réunissait au bar, et il ne s'agissait pas d'ignorer plus la mode des chapeaux de femmes que les hypothèses sur l'auteur des miniatures des Heures du duc de Berry. Le souvenir de Jean de Tinan régnait, le charmant P.-J. Toulet triomphait; ... on citait Catulle, on se battait en duel, on revenait toujours d'Italie, on inventait des cocktails, on discutait sur des points de langage » (Entretien de Jacques Boulenger avec Frédéric Lefèçre, Paris, 1926).

Rachilde


 

Rachilde (1860-1953), qui tient depuis trente ans la chronique des romans au Mercure, et lu en moyenne un livre par jour... écrit sur le roman de Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, qui vient de recevoir le prix Goncourt (1920): " Cela sent terriblement la mentalité d’avant-guerre; on devine que l’auteur de ce livre n’a pas bougé ni évolué..."

Rachilde habite alors rue de Condé, où Le Mercure a ses bureaux. Elle va continuer de tenir la chronique littéraire jusqu'en 1925... Elle apprécie les fresques romanesques de Roger Martin du Gard, de Georges Duhamel ou de Jules Romains, et a du mal à apprécier les romans de Gide ou de Mauriac...

Le Mercure de France se fait peu à peu supplanter par la Nouvelle revue Française; porteuse d'une littérature plus actuelle ...

A présent, Rachilde porte une soixantaine excentrique, ses cheveux blancs sont couverts d'un bonnet médiéval; elle porte des bijoux d'améthystes. Son visage est expressif, par son regard vif, ses yeux verts et son rire strident. Quelques jeunes artistes viennent encore à ses ''mardis'', avec l'espoir d'être soutenus par elle.

Lancelot, va croiser des jeunes-gens ( elle les appelle « ses poussins ») comme André David, Jean-Joë Lauzach, le danseur turc Nel Haroun ( de son vrai nom, Joan Nicolaï Nicolesco, un danseur roumain, dont s'était épris Rachilde..!) … et un étrange personnage: Homem Christo.

Jean-Joë Lauzach, d'une famille bretonne, se dit descendant de corsaires enrichis et reconvertis en aristocrates... A dix-huit ans, il devance l'appel et s'engage pour se retrouver dans l'enfer des tranchées... Il est ''poète du vent marin'', jusque sur les terres de Brocéliande. Il se dit curieux de récits féériques, et veut réussir une oeuvre à la mesure de ses rêves... Rachilde assure que Lauzach est un "littérateur né" ... Bien-sûr Jean-Joë questionne Lancelot sur son prénom, et très vite chacun s'intéresse à l'autre...

Lauzach lui parle d'un endroit mystérieux, nommé ''Le Val sans retour '' ( Lancelot connaît la légende ) et d'un texte sur lequel il travaille: l'intrigue se passerait du côté de Tréhorenteuc, un village de sorciers et de rebouteux, que l'on craint de traverser la nuit, par peur des sorts... Il modifie un peu l'intrigue, et la situe au temps d'un seigneur, duc de Tintagel. Il a deux filles, dont l'une, Morgane, qu'il préfère. Le duc est tué dans un accident de chasse; et le roi Uter Pendragon de passage, s'éprend de la duchesse Ygienne; et retourne chez lui, accompagné des trois femmes...

Morgane passe son temps à lire les vieux grimoires de la bibliothèque du château, devient si savante, qu'on la nomme '' Morgane la fée"... Amoureuse d'un chevalier, qui la trompe, elle jette un enchantement sur le val...

Le héros du livre va rencontrer une ''sorcière'' (Marie Ragon), qui lui raconte cette histoire, l'invite chez elle, où vit aussi sa nièce... Survient l'amour impossible et le drame ... Marie Ragon, pour lui transmettre ce qui ne peut être écrit, initie Jean Trégor à la sagesse de Merlin ....

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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -3-

Publié le par Perceval

Devant l'autel, la mosaïque “LA PUISSANCE DU SANG DIVIN” située au sol au milieu du chœur, a été redécouverte le 24 juin 2014 à l’occasion du déplacement de l’autel (en le rapprochant du vitrail du Graal), afin de faciliter la déambulation des visiteurs.

Cette magnifique mosaïque représente un calice d’où émanent 17 rayons à travers une croix de Jérusalem (comme les quatre autres que l’on peut déjà admirer autour du chœur ainsi que celle du grand vitrail, donc 4+1=5, et les 5 croix=5 plaies du Christ...) et au-dessus de laquelle on peut lire : « La puissance du Sang Divin» (soit 22 lettres !). Laissons parler les chiffres …. :

Ce Graal, est le 8ème de ce sanctuaire consacré au Graal : en correspondance avec Jésus, l'homme du ''8ème jour'' : le ressuscité...

17 est la porte qui permet à l'homme de se réaliser, c'est à dire de ressusciter lui-même dans la plénitude ( le 22) de la vie spirituelle …

 

17 serait le nombre du Graal. « 17 est en effet nombre du Tout, de la Résurrection, de la transmutation, et c’est le nombre atomique du chlore sans lequel le ''Grand Œuvre'' serait impossible. »

 

A noter, dans le cadre de la chevalerie :

- les 17 vertus chevaleresques : La foi, La loyauté, La défense, La bravoure, L’honneur, La courtoisie, La charité, La justice, La sagesse, La tempérance, L’humilité, La franchise, Le courage, La prouesse, La prudence, La fierté, La dignité.

Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -3-

Si dans le choeur, nous nous retournons, nous sommes face à la mosaïque du ''Cerf blanc au collier d'or '' réalisée en 1955 par les ateliers Rennais ODORICO, d’après un dessin de Jean Delpech.

La mosaïque est en reflet du grand vitrail … ( le Christ, les 4 vivants, joseph d'Arimathie, masculin, féminin ...) 

Merlin changé en cerf rencontre le Roi

Le cerf porte une chaîne avec une croix, une nimbe autour de la tête, et une étoile au-dessus... Il figure l'apparition du Christ, entouré des évangélistes... Cette catéchèse passe par le monde des légendes...

La légende arthurienne, nous permet d'y voir Merlin, qui use de ses pouvoirs pour changer d'apparence, symbole de sagesse ; ou même, la divinité Cernunnos des Celtes.... Lancelot voit apparaître le cerf blanc et les lions. Ils passent sans daigner lui adresser un regard avant de disparaître par enchantement. Lancelot s’interroge. Le soir, un vieillard l’incite à renoncer à sa vie dissolue avec la reine Guenièvre. Lancelot ne peut s’y résoudre et échoue dans sa quête du Graal.

Dans '' La Queste du Saint-Graal '' Galaad ( le fils de Lancelot) , et Perceval ont une vison similaire dans la forêt ...

Lancelot du Lac, et le cerf blanc - 1480

La pierre, rappelle le perron de la fontaine de Barenton, déjà représentée dans cette chapelle... Elle est en forme de croissant de lune et évoque le Féminin ( le monde des eaux, domaine des fées) ...

La forêt est celle de Brocéliande, des cinq arbres ( image du masculin) le plus gros épouse la forme d’un soleil...

 

Ce cerf blanc a aussi une signification religieuse. Saint-Hubert a vu apparaître un cerf blanc portant un crucifix. On sait aussi qu'un cerf blanc et quatre lions aidèrent Joseph d'Arimathie à traverser une rivière périlleuse.

 

Au-dessus à droite, cinq arbres peuvent représenter les cinq plaies du Christ d'où sort le fleuve de vie, qui fait pousser l'ancolie ( visible au centre de la mosaïque) symbole de l'Amour divin, pour l'humain... L'ancolie est pour Dante, la plante ''alchimique'' plante mâle et femelle... L'abbé Gillard, a tenu à sa présence, comme signature...

A suivre... ( mais avant, la prochaine fois: La légende de Morgane et le Val sans Retour...)

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LA FONTAINE MAGIQUE DE BARENTON, OU, LAUDINE ET YVAIN.

Publié le par Perceval

Dans son roman Le Chevalier au Lion, Chrétien de Troyes met en scène une fontaine sans nom, que les critiques et les historiens s’accordent pour identifier à la fontaine de Barenton dépeinte dans le Roman de Rou de Wace. Chrétien utilise la magie de la fontaine qui déclenche la pluie lorsque l’on verse de son eau sur le perron.

L’histoire d’Yvain, le héros du Chevalier au Lion, est ici sommairement racontée à travers le rôle que joue la fontaine.

Cette fontaine maléfique se trouve en forêt de Brocéliande, domaine dont la châtelaine est Laudine et dont Lunete est la fidèle suivante et la conseillère. Son mari, Esclados le Roux est un terrible chevalier qui surgit dès que quelqu’un verse l’eau qui met en péril la forêt et ses habitants.

Le roi Arthur réunit sa cour pour des festivités à Carduel, au pays de Galles. Calogrenant, un des  chevaliers, fait le récit d’un revers qui lui est arrivé six ans auparavant à une fontaine dans la forêt de Brocéliande. Armé de pied en cap, il part chercher l’aventure :

Je trouvai un chemin à ma droite
au milieu d’une forêt épaisse.
C’était une voie très pénible,
pleine de ronces et d’épines.
Non sans douleur, ni sans peine,
je suivis ce chemin et ce sentier.
Pendant presque toute la journée
je chevauchais de la sorte ;
puis je finis par sortir de la forêt :
c’était en Brocéliande. 

Vers 180-189 — Chrétien de Troyes (1176-1181).

La Fontaine de Barenton en Brocéliande

Au détour d’un chemin, un rustre indique à Calogrenant une fontaine dont il ne reviendra pas sans quelque difficulté ni avant de lui avoir payé son tribut. (v. 371) Le rustre décrit à sa manière la fontaine qui bout, plus froide que du marbre, l’ombrage de l’arbre auquel est attaché un bassin de fer, le perron sans pareil, la chapelle, petite mais très belle. Si tu veux prendre de l’eau dans le bassin et la répandre sur le perron (v. 393-394), dit-il : tu verras alors se déchaîner une telle tempête (v. 395) que les arbres de la forêt seront mis en pièces et que toutes les bêtes, y compris les oiseaux, la quitteront. Enfin, il met en garde Calogrenant d’arriver à sortir vivant d’une telle épreuve, chance qu’aucun chevalier qui y soit allé, n’a connue.

Suivant le chemin indiqué par le rustre, Calogrenant découvre le pin, le plus beau de la terre, un perron d’émeraude, un bassin d’or… La vision qu’il en a est donc bien différente de celle du rustre. Ses yeux de chevalier ne voient pas un lieu d’épouvante, mais un lieu enchanteur qui l’émerveille :

Je vis pendu à l’arbre le bassin,
de l’or le plus fin qui ait jamais encore
été mis en vente sur quelque foire que ce soit.
Croyez-moi la fontaine 
bouillait comme de l’eau chaude.
Le perron était fait d’une seule émeraude
percée comme un tonneau,
et dessous il y avait quatre rubis,
plus flamboyants et plus vermeils
que le soleil au matin 
quand il paraît à l’orient.
Je vous assure que jamais, sciemment,
je ne vous mentirai d’un seul mot.


J’eus alors envie de voir la merveille
de la tempête et de l’orage,
ce dont je ne me tiens guère pour sage,
car je me serais bien volontiers repris,
si je l’avais pu, aussitôt que
j’eus arrosé la pierre creuse
avec l’eau du bassin.
Sans doute en versai-je trop, je le crains,
car alors je vis le ciel si perturbé
Que, de plus de quatorze points,
les éclairs me frappaient les yeux ;
et les nuages jetaient, pêle-mêle,
de la neige, de la pluie et de la grêle.
Il faisait un temps si mauvais et si violent
que je croyais bien que j’allais mourir
à cause de la foudre qui tombait autour de moi
et des arbres qui se brisaient. 

Vers 417-446 — Chrétien de Troyes (1176-1181).

Yvain à la fontaine de Barenton ( Tableau de l’église de Tréhorenteuc)

Brusquement tout s’arrête : c’est le calme absolu, laissant place au chant des d’oiseaux rassemblés sur le pin. Puis, dans un fracas de galop, surgit un chevalier en armure, Esclados le Roux, le seigneur du lieu qui fonce sur lui et le met en garde :

car vous m’avez chassé de ma maison
avec la foudre et la pluie.
[…] 
car vous m’avez livré un tel assaut
dans mon bois et dans mon château,
que rien n’eût pu me venir en aide,
hommes, armes, ou remparts.
Personne n’a été ici en sécurité,
dans quelque forteresse qui ait pu y exister,
qu’elle fût de pierre dure ou de bois.

Vers 502 et 506-512

Le combat engagé est violent et bref, laissant Calogrenant aplati au sol, humilié et vaincu. Esclados laisse cependant le chevalier s’en retourner à pied, couvert de honte.

Yvain, un des chevaliers d’Arthur est le cousin de Calogrenant. Le récit terminé, il ne peut laisser cette humiliation impunie et décide de se rendre à la fontaine, seul, à l’insu de tous, pour se venger de l’affront. Parvenu à la fontaine, comme Calogrenant, il asperge le perron afin de provoquer Esclados le Roux. Un terrible et très long combat a lieu entre les deux hommes. A la fin, monseigneur Yvain/fracasse le heaume du chevalier. (v. 860-861). Esclados blessé à mort, s’enfuit à toute bride jusqu’à son château, poursuivi par Yvain. Tous deux franchissent le pont-levis mais Yvain reste prisonnier entre deux herses. Lunete, la servante, assiste à la scène et décide de le secourir. Esclados meurt, laissant Laudine, son épouse, dans un profond chagrin. Lunete donne à Yvain un anneau qui le rend invisible. Il échappe aux barons qui cherchent l’intrus pour le mettre à mort.

Yvain découvre alors Laudine. Il délire sur sa beauté et en tombe amoureux. Lunete, La demoiselle, qui était rusée comme une Bretonne, (v. 1580) présente Yvain à Laudine et persuade la veuve de lui faire appel pour défendre la fontaine et son domaine. Alors qu’ils se parlent d’amour, elle ignore qu’il s’agit du meurtrier de son mari. Suivent les noces avec la bénédiction des barons. A son tour, Yvain devient le défenseur de la fontaine.

A la cour d’Arthur, personne ne sait où se trouve Yvain. Le roi qui avait entendu Calogrenant vanter la merveille de la fontaine décide de s’y rendre avec toute sa suite,le roi vint voir la merveille/de la fontaine et du perron (v. 2174-2175). Arrivé sur les lieux, Arthur verse un plein bassin d’eau sur le perron ce qui déclenche les foudres du ciel. Aussitôt, surgit le chevalier en armes. Aucun ne reconnaît Yvain sous son armure ; lui seul sait à qui il a à faire…

L’aventure manque à Yvain. Alors Laudine lui accorde d’aller courir les tournois avec ses anciens compagnons à condition qu’il s’engage à revenir au bout d’un an. Passé ce délai, elle considérera qu’il aura manqué à cet engagement. Yvain oubliera de tenir cette promesse faite à sa belle…

Répudié par Laudine, Yvain s’enfonce dans la forêt. Pris de folie, il vit un temps sous la protection d’un ermite. Sa rencontre avec trois demoiselles, dont l’une possède de quoi le guérir, lui permet de retrouver la raison et de reprendre son chemin. En forêt, Yvain prend la défense d’un lion aux prises avec un serpent… Chrétien se sert de cette symbolique du bien contre le mal pour montrer la voie que choisit Yvain. L’animal devient son compagnon dans les épreuves à venir pour défendre le bon droit. Yvain se fait appeler le « chevalier au lion ».

Quinze jours plus tard, le hasard veut qu’ils passent près de la fontaine. Yvain ressent une vive douleur d’avoir laissé passer l’année. Il se proclame mille fois malheureux et misérable. Alors qu’il s’en prend à lui-même, une voix féminine qui se lamente se fait entendre à l’intérieur de la chapelle proche de la fontaine ; Yvain ne le sait pas, mais Lunete y est retenue prisonnière…

D’autres épreuves attendent Yvain. En échange du mal qu’il a causé à Laudine, il cherche à faire le bien en luttant contre les mauvaises coutumes, en réglant des litiges et en réparant des injustices. C’est, croit-il, le prix qu’il doit payer pour se racheter. Yvain prend conscience qu’il ne peut continuer à vivre sans l’amour de Laudine. Il lui faut la revoir pour faire cesser sa souffrance. Encore faut-il qu’elle accepte de le rencontrer :

Voici ce qu’il envisage : il partira
de la cour tout seul et ira
guerroyer sa fontaine.
Là il fera tant gronder la foudre,
déchaîner les vents, et tomber la pluie
que, par force et par nécessité,
elle sera obligée de faire la paix avec lui
ou, sinon, il ne cessera jamais
de provoquer la fontaine
et continuera donc a déclencher pluie et vents. 

Vers 6507-6516 — Chrétien de Troyes (1176-1181).

 

Dame de la Fontaine

(Lunete et Yvain (Owain) sont sur ​​la gauche)

En fait, Laudine n’a personne pour défendre son domaine contre un chevalier malveillant qui viendrait verser l’eau sur le perron. Yvain vient guerroyer la fontaine jusqu’à ce que la forêt entière dût s’effondrer dans le gouffre de l’enfer (v. 6529). Très inquiète, Laudine redoute que son château ne s’écroule d’un seul coup (v. 6531)…

De son côté, Lunete intervient auprès de Laudine pour qu’elle prenne à son service un chevalier capable d’assurer sa défense avant qu’il ne soit trop tard. Personne d’autre n’en étant capable, elle parvient non sans mal à décider Laudine à recevoir le « chevalier au lion ». Alors Lunete retrouve Yvain à la fontaine :

C’est que j’ai obtenu de ma dame,
pourvu qu’elle ne veuille pas se parjurer,
qu’elle sera votre femme, exactement comme elle l’était autrefois,
et vous son mari.Vers 6674 à 6677

Sources: Fontaine de Barenton 

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