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Les miracles: faits ou symboles ? Mythe et religion.

Publié le par Perceval

Y aurait-il un danger à interpréter les symboles d’une pensée religieuse, en l’occurrence la sienne… ( pour ce qui est de celle des autres : la réponse, en général, est non … !  :-)  ), comme des métaphores et non des faits. ? … Par exemple : la pêche miraculeuse, Jésus marchant sur les eaux .. ?

 

 " Je pense que ce n'est pas "vrai" au point de vue physique, mais que c'est "vrai" et même fondamentalement vrai sur le plan théologique, spirituel et existentiel. De sorte qu'aucun chrétien n'attend de Jésus-Christ qu'il l'aide à se passer de bateau pour aller en Angleterre, mais tous, nous pouvons témoigner que véritablement, le Christ nous aide à avancer sans être englouti dans les difficultés de toutes sortes. " Louis Pernot, pasteur : Oratoire du Louvre.
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Le chercheur a développé sa théorie après l’étude des températures de la Méditerranée grâce à la récolte de coquillages et de restes d’animaux.Jésus a marché sur l’eau selon la Bible, mais un chercheur américain croit plutôt qu’il a marché sur une couche de glace difficilement visible.

Doron Nof, océanographe d’origine israélienne à l’Université de l’Etat de Floride, soutient qu’une conjugaison rare de conditions marines et atmosphériques prévalant dans la mer de Galilée ou de Tibériade il y a 2000 ans pourraient fournir une explication scientifique pour l’un des miracles relatés par la Bible.
 marcher-sur-l-eau-2.jpg


 

Heureusement, non ! Un fait est relié à une ordonnée de temps, d’espace .. Il est unique. Un « symbole », est un message universel qui éclaire notre vie et notre expérience intérieure… Certaines sectes, se font la spécialité d’expliquer quasi – scientifiquement ( faussement, bien sûr ) les miracles. Ils persuadent même leurs adeptes que sous certaines conditions ils pourront eux-mêmes les réaliser… Ce sont des marchands de matérialisme spirituel …

 

« Une image mythique ne parle pas de quelque chose qui est arrivé quelque part ou qui va arriver quelque part à tel moment. Elle se réfère à ce qui est maintenant, et était hier, et sera demain, et pour toujours. ..( .. ) Les mythes ne comptent pas s’ils touchent votre esprit rationnel. Ils doivent heurter votre cœur. Vous devez les absorber et les ajuster à vous, et en faire votre vie.» Campbell ( dans sa conversation avec Michael Toms 1988 ).

Les mythes ( les miens …) deviennent ma nourriture. Ils sont aussi comme des panneaux indicateurs…

 

je-suis-Dieu.jpgPour moi, le Christ – alors qu’il est ce Jésus, né il y a deux mille ans …- est élevé dans son rôle mythologique comme "héros" qui a donné sa vie pour la multitude humaine. Il est devenu symboliquement ma nourriture. Comme « héros », il me permet d’incarner ce que je suis moi-même au plus profond de moi, si je développe le meilleur de moi-même.

 

Et si je dois me dépasser, je n’en suis pas pour autant supérieur aux autres … !

Dieu s’est fait homme, pour que l’homme devienne Dieu… Nous connaissons cette magnifique sentence ( de St Irénée, peut-être …). Mais , et c’est très important :

Il y a deux façons de penser que je suis Dieu : Si je pense que je suis Dieu dans ma réalité physique : alors je suis fou ( et certainement dangereux .. ! ). Parce que ce n’est pas « mon égo » qui est Dieu !

Je suis Dieu dans mon être le plus profond, dans ce qui – en moi – est uni à une transcendance non duelle - … Pour parler de cela, aujourd’hui, le vocabulaire qui m’est le plus approprié est celui des spiritualités orientales, ou de Maitre Eckhart, ou du mythe…

 

L’expérience intime du mythe…. Je me souviens, pour ce qui est de « La Passion » du Christ… de l’ambiguïté du film de Mel GibsonPassion-Gibson.jpg, par le réalisme des scènes… et par conséquent de sa portée symbolique…L’expérience du mythe, donc, m’humanise … Si le film n’était qu’un reportage ( à teneur historique et scientifique )… Je ne peux trouver dans la passion ( celle des Evangiles ) ce qui pour moi, est la compréhension de mes propres tragédies, de ma propre souffrance… Il en est de même, dans la Quête du Graal, de la rencontre du Roi pêcheur et de sa souffrance ( la lance qui saigne …)... De la souffrance du peuple juif exilé dans le désert pendant quarante ans …etc

 

De plus, cette intégration mythologique de ma propre tradition, transforme ma vision de l’autre.

« L’approche comparative ( des mythes et religions ) vous autorise à reconnaître des constances, cela vous autorise à voir que vous êtes en ration politiquement et économiquement avec des gens qui vous ressemblent, et vous pouvez regarder l’autre comme un « tu » noble, une sorte d’adversaire comme dans un jeu de tennis. Vous n’êtes plus en train de combattre un monstre. De savoir que l’autre est un « Tu » noble, un être humain avec les mêmes sentiments et potentiels que vous, cela civilise le jeu » Campbell ( dans sa conversation avec Michael Toms 1988 ). Quelle magnifique humanité, qui a au plus profond d’elle même, utilise des métaphores semblables, des symboles presque équivalents… !

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Remettre les péchés : chemin (juif et chrétien) vers la guérison.

Publié le par Perceval

Premier point :

Jésus a été condamné pour blasphème. En particulier, il s’est arrogé une prérogative divine (Isaïe 1,8) : remettre les péchés :resurrection2007-icone.jpg

Luc 5, [20] ( Bible de Jérusalem ) « Voyant leur foi, il dit : «Homme, tes péchés te sont remis.» [21] Les scribes et les Pharisiens se mirent à penser : «Qui est-il celui-là, qui profère des blasphèmes ? Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul

Dans la liturgie du Temple, en effet, il était prévu des «sacrifices pour le péché» qui, à certaines conditions, permettaient d’obtenir le pardon de ses fautes (Lévitique 4,1-5,17).

Jn 5,18 : « À cause de cela donc les Juifs cherchaient d'autant plus à le faire mourir, parce que non seulement il violait le Sabbat, mais aussi parce qu'il disait que Dieu était son propre Père, se faisant égal à Dieu ».

 

Deuxième point :

Ce « pouvoir divin » : Jésus le délègue à des hommes ( ! ), après leur avoir soufflé l’Esprit Saint :

Jn 20, 22-23 : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »


Avant de réfléchir, sur ce qui m’apparaît, avec Jésus, une certaine révolution, dans la manière d’aborder cette notion de « péché ». Qu’en est-il, du «  péché » dans la religion du Christ, le judaïsme ?

-       Comment cela se fait-il que la compréhension de cette notion, soit à ce point différente, alors que nous avons la même origine de pensée ? mais peut-être est-ce une ' fausse idée ' ...

-        

Qu’en disent aujourd’hui les juifs ? ou : La notion de péché dans le judaïsme :

Kippour.jpg

 

La Torah (l'Ancien Testament) ne connaît que deux mots pour désigner quelque chose qui ressemble au péché, qui n'ont rien à voir avec les concepts développés par le christianisme.

  • La faute est désignée par 'het (plur. 'hattaïm). Ce mot apparaît pour la première fois dans le Livre de la Genèse IV:7. Il est linguistiquement dérivé du concept de manquer la cible. Rien ne laisse supposer dans la sémantique de celle-ci une quelconque séparation d'avec YHWH Elohim. ...

  • Théologiquement, le mal est désigné par . Le mot désigne une imperfection intrinsèque : "kisse rou'a", c'est une "chaise instable", branlante, ne convenant ni à sa condition, ni à sa fonction de chaise. Faire ce qui estne s'applique que dans un seul cas : blasphémer et/ou sacrifier aux idoles (Ishtar, Baal, Belzébuth,...) et à l'idolâtrie; en se détournant du monothéisme.

Ce mal est toujours collectif et concerne soit le chef du peuple (ex. Salomon qui avait suivi certains cultes de ses nombreuses concubines, soit tout le peuple, Israël, dans son ensemble (ex. « Adoration du Veau d'or »).

 

Exemples :

Livre des Rois (1, 21). Le roi David est sur son lit de mort et sa femme, Bath Chéva', vient lui déclarer : " Si Salomon ne devient pas roi après toi, alors Salomon et moi serons "'hataïm" ". Salomon et Bath Chéva' seraient-ils des pécheurs ? Cela signifie que Salomon et Bath Chéva' n'atteindront pas leur potentiel, ne réaliseront pas leurs aspirations, ne répondront pas aux attentes placées en eux.Anxiete-Une-hypersensibilite.jpg

Le mot hébreu pour l'une des nombreuses offrandes sacrificielles est 'hatoth, de la même racine que le mot 'hett . Cette offrande - généralement appelée en français une " offrande expiatoire " - ne peut être présentée que pour un acte que l'on a fait sans intention. En fait, si l'on a délibérément transgressé une violation, il est interdit de présenter un 'hatoth. C'est donc vraiment une " offrande pour une erreur ", et non une " offrande expiatoire ".


" Mettre à côté de la cible ", " ne pas atteindre son potentiel ", " erreur " et " involontaire " sont tous des indications que le mot 'hett ne signifie pas " péché ".

Il est plus exact de traduire le mot hébreu 'hett par " erreur " ou " méprise ".

Les gens ne " pèchent pas. " Ils commettent des erreurs. Après tout, nous sommes des êtres humains. Et le judaïsme nous demande de tirer la leçon de nos erreurs. Nous présentons nos excuses, nous nettoyons le désordre occasionné, et nous continuons de vivre.

A noter qu'il existe d'autres mots en hébreu qui sont aussi traduits - à tort - par " péché, " mais qui impliquent une faute plus grave qu'une erreur. Pour citer deux exemples : 'avone ‘ désigne une transgression volontaire, consciente, de la loi de Dieu où l'on désire prendre le dessus ; pécha' s'applique à une transgression volontaire par laquelle on cherche à contrecarrer spécialement la volonté de Dieu.

Cependant, le mot 'hett est celui que l'on traduit le plus souvent par " péché ". Le " péché " commis par Adam et Eve était un 'hett, une erreur.

C'est ainsi qu'un grand nombre de concepts que nous avons à l'esprit ne sont pas du tout juifs. Jeter un regard nouveau peut nous ouvrir l'esprit et clarifier nos idées, en même temps que cela donnera plus de sens à nos existences.


 

Pour les chrétiens, qu’y a t-il de nouveau ? ou du moins de différent ?

Au delà de «  la cible ratée », il y a l’idée d’une alliance rompue : alliance entre Dieu et l’humain.Resurrection-icone-detail.jpg

Et précisément, Jésus propose une nouvelle alliance entre l’humain et le divin. Cette alliance est la conséquence de l’Amour inconditionnel du Divin pour l’humain. D’ailleurs, même si les apôtres ne sont pas « géniaux », le « Souffle » que reçoivent les disciples - s’il ne les rend pas parfaits - il les constitue membres de la Nouvelle Alliance. Ils deviennent si intimes du Christ que leurs paroles résonnent comme les siennes. Ils ne le remplacent pas - ils n’ont pas l’orgueil de le croire - dans l’imperfection ils poursuivent sa mission. Ils reçoivent une autorité qui vient de Dieu.

Ainsi, la rémission des péchés, passe par Jésus, qui a accompli une fois pour toutes, le salut de tous. Le mouvement de conversion de l’homme n’est pas supprimé pour autant, mais il prend un sens nouveau dans la confiance que le Christ a déjà acquis pour l’humanité la victoire sur le péché.

 

Pardonner :

Dans le judaïsme, Il y a un pardon qui ne peut être accordé que par Dieu : celui qui efface la faute commise contre lui et contre sa Tora. En effet, ce pardon met en œuvre la puissance créatrice de Dieu…

 

L’être humain, quant à lui, peut remettre les dettes. confession10.jpgPardonner, au sens commun du terme, c’est toujours, de quelque manière, renoncer à un dû. Il faut souligner à ce sujet que le « Notre Père » fait usage de ce vocabulaire : « Remets nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs. » (Mt 6,12). Cette formule n’est pas passée dans la traduction française officielle, alors que les catholiques l’ont récitée pendant des siècles en latin (dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris) sans que cela pose problème (il est vrai que beaucoup ne comprenaient pas le latin…). On retrouve la même image dans la grande parabole sur le pardon, à propos du débiteur impitoyable (Mt 18,23-35).

 

L’exigence du pardon mutuel est fortement affirmée dans le judaïsme, où elle s’exprime de façon particulière à l’occasion de la fête de Kippour. La tradition affirme en effet que Dieu ne peut pas pardonner à celui qui ne pardonne pas à son prochain. Pardonner à ses semblables est le préalable indispensable à la réception du pardon divin.

Il arrive – méconnaissance classique du catho. qui ne connaît en général rien des autres religions  - de prétendre que les juifs, à la différence des chrétiens, seraient incapables de pardonner !!!

Source :: http://www.jerusalem-religions.net/...

 

 

- Le judaïsme:

La repentance tient une très grande place dans la vie religieuse des Juifs. Elle est enseignée et pratiquée dans une liturgie quotidienne, sobre et significative, dont nous allons admirer la pédagogie. La repentance, en effet, est si importante qu’on doit la faire tous les jours. Vous avez peut-être déjà entendu le conseil austère et humoristique, que Rabbi Eliezer-le-Grand, maître de Rabbi Aqiba donnait à chacun de ses disciples dans la deuxième moitié du premier siècle de notre ère: « Fais repentance un jour avant ta mort » et aux disciples qui s’étonnaient: « Mais l’homme sait-il quel jour il mourra ? », il répondait simplement: «Qu’il fasse repentance aujourd’hui de peur qu’il ne meure demain ! De la sorte, il fera repentance chaque jour »(Mishnah Abot 2,10. T.B. Shabbat 153 a)

Pardon-tawbah.jpg

- Le christianisme:

Propos d’Olivier Boulnois : « La morale ne fait pas partie du CREDO. Le christianisme n’est pas en son essence une morale, pas même une source transcendante de la morale. Il est une foi, non une loi.

En son centre, il proclame un salut et prétend y adhérer ; il n’exige pas la justice mais promet le pardon, il ne condamne pas une faute, mais confesse le péché. Tout le discours de la morale chrétienne ne peut être qu’un discours du croyant sur le bien, sur sa dette envers Dieu, envers autrui, envers lui-même […] La morale est secondaire mais elle n’est pas accidentelle, et le christianisme s’en occupe dans sa secondarité même. Le christianisme encadre la morale mais il n’en dépend pas ; il l’intègre mais il la transforme » (« Christianisme ou morale », dans : Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, sous la direction de Monique Canto-Sperber, Paris, Puf, 2001, p. 258).

 

Il n’y a dans les Evangiles, aucune idée de culpabilité ! Pécher, signifie ‘rater sa cible’, et quand conscient d’avoir péché, nous découvrons le résultat ‘ raté ‘, nous ne pouvons en être que malheureux. Jésus vivant, nous rappelle ( comme il l’a fait en de multiples occasions) : que si notre âme nous condamne, le divin, lui nous pardonne. Jésus, nous « relève ». La culpabilité est un « mal », elle nous ronge, Jésus nous en libère. La culpabilité, est souvent l’arme perverse de ceux qui souhaitent imposer leur pouvoir temporel …

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Fonctions du mythe

Publié le par Perceval

  Comme nous le voyons ci-dessous, le mythe ne s’oppose en rien, au message religieux… Au contraire, il peut le porter ; c’est même l’un des objectifs du récit christianisé de la Quête du Graal. Le mythe, est même, le moyen le plus vieux du monde pour exprimer une spiritualité… Aujourd’hui, en préférant la théologie, ou le métaphysique ( porteurs également d’immenses découvertes …) , nous estimons, - sans doute imbus de notre science -,  qu’il est malsain de lier mythe et religion… Le pire, c’est qu’au nom même d’une certaine rationalité ( !) , nous préférons imposer dogmatiquement la matérialité de certains faits, même s’ils contredisent cette même rationalité… ! ( à n’y rien comprendre .. ! ). Bien sûr, alors les symboles, les mythes – dans cette optique – signifient : histoires pour enfants ( je n’utilise pas le mot de «  conte » dans ce cas.. ! ) , fictions, fantaisies…etc.

Quelles sont les fonctions du Mythe ?

-      Nous réconcilier avec la vie :

Esprit-reenchanter-le-monde.jpgNous pourrions refuser d’entrer plus avant dans « le monde », refuser le corps, refuser les épreuves, refuser ce qui fait la vie … La mythologie prône la capacité de l’homme à améliorer « le monde ».

La mère de Perceval ( qui avait déjà perdu son père, son mari …) , voulait mettre son fils à l’écart...! 

Le chevalier affirme la vie, et tous ses aspects aussi bien monstrueux, que magnifique, sans effectuer de tri. L’héroïsme c’est d’agir sans ressentiment envers la vie et sa part de violence inaliénable. Le bouddhisme rappelle, en préalable, cette vérité essentielle : «  Toute vie est souffrance ». Et, la sagesse ( de toutes les traditions ) est d’accepter et d’aimer cette vie.

-       Représenter l’univers :

Voici-Le-temps-De-Construire.jpgLe passage par le mythe permet de mettre en récit une expérience personnelle complexe : par exemple celle de passer d’un bonheur à un malheur soudain, «  sans explication ». De même, tous le mythes racontent qu’il existait un temps de l’unité avant le temps de la dualité ( de la séparation ). Il y a «  la chute », puis la résurrection.

 

 

-       Donner des règles et des valeurs :

Souvent le mythe justifie à sa manière les lois contingentes ( droits et devoirs ). Le héros les respecte, mais ne vit pas par elles. Elles ne l’angoissent pas. Les valeurs priment sur les lois, et portent parfois le héros jusqu’au sacrifice.

 

-       Franchir des seuils psychologiques :

Le mythe peut nous aider à traverser les différentes périodes de notre vie…

Toute la quête du héros correspond à une amplification des rites de passage ( mort et résurrection ..). L’objectif est d’arriver à l’autonomie, à être les seuls garants de notre vie, les seuls à diriger notre pensée ; afin, d’accéder à notre vocation :

Entrer dans le 'troisième âge' ...

-       Le mythe personnel nous aide à accepter l’inévitable déclin physique qui accompagne le retrait de cette « course aux illusions »…, et donne sens à cette période de vie.

-       Toute mythologie prépare au passage ultime, celui de la vie à la mort. Elle présente l’image d’une deuxième vie, comme une vie que nous avons déjà en nous ; aussi, explorer notre prpore mythologie personnelle peut nous aider à traverser ce stade ultime : à vivre pleinement ! Plutôt que d’imaginer un futur après la mort, les mythes se concentrent sur notre présent et les richesses de notre vie imaginaire. L’autre vie est déjà là au fond de nous-mêmes.

 

Sources: Ces lignes sont des notes de lecture alors que je savoure l’ouvrage de Laureline Amanieux : «  Ce héros qui est en chacun de nous ».

La quête du héros, Joseph Campbell. from laureline amanieux on Vimeo.

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Mythe et religion s’enrichissent. 2.

Publié le par Perceval

L’expérience religieuse ne peut plus aujourd’hui se penser en termes de « vrai » ou de « faux ». Même si c’est en insistant sur l’aspect historique que la religion chrétienne s’est imposée, il est urgent, à mon avis, de rappeler que le seul langage véritablement religieux ( et universel ) est celui des symboles…

cristiano4
 

Et ceci, n’a rien de négatif ou de dévalorisant ( bien sûr, et au contraire … ! ). Par exemple : un motif comme la « vierge qui enfante » ( très répandu …) ne peut pas être relié à un événement historique particulier… C’est un événement « spirituel » ! qui peut et doit enrichir magnifiquement ma Foi ! ( S’il n’était considéré que seulement historique, je retirerai ma confiance, en une telle proposition ! )

Semiramis Tammuz
 

 

Le mythe, nous pousse dans les retranchements de notre pensée. N’est plus acceptable l’idée que le « transcendant » est un être surnaturel avec lequel l’humain entretient une relation fondée sur l’obéissance à des devoirs, le mérite pour accéder au paradis..etc. …Aujourd’hui, enrichis de nos savoirs ( cf Kant : critique de la raison pure …) , nous pouvons reconnaître dans nos traditions le message essentiel d’une transcendance qui dépasse les catégories de pensée ( bien/mal, beau/laid ) .. C’est un point au-delà des dualités de ce monde.. etc

 

Le héros en chacun de nous est en quête, avec ses seules armes de sa tradition ( le choix unique est néce ssaire .. ! ) ,de ce « transcendant ». Je le nomme Dieu, pour ma part.

pelerin-chemin.jpgLe mythe offre des symboles ( sans dogmatique ), et la religion offre un cadre, un rituel, une dialectique malgré tout nécessaire, mais non « absolue ». Il est absolument nécessaire, à mon avis, d’approfondir ( c’est infini .. !) sa tradition de foi. Egalement, Il est passionnant, et combien éclairant ( pour sa propre religion ) de se reconnaître comme une parmi d’autres. L’expression de ma tradition, aujourd’hui, n’est pas parfaite, mais pour moi elle est « unique ».

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Mythe et religion s’enrichissent. 1.

Publié le par Perceval

S’intéresser au mythe, c’est admettre qu’un même fond mythique se retrouve dans toutes les traditions. C’est admettre une « origine commune », et c’est à mon avis le résultat d’un savoir scientifique, qui ne remet en cause aucune connaissance ( foi ) religieuse… chemin-Forest.jpgCependant travailler à partir de ce substrat humain, nous permet de re-découvrir chacune des religions, en perspective … Ce qui me semble tout à fait légitime...  Sans être accusé de « relativisme » dans un premier temps, et soupçonné de « syncrétisme » ... sauf, s’il s’avérait que l’objectif d’une telle étude ( il n’y a pas de question taboue, pour la science .. ! ) était de proposer un « mix » de toutes les traditions…! Ce qui serait absurde, puisque la Foi religieuse a l’immense richesse de proposer une tradition complexe et la plupart du temps riche de plusieurs siècles … La voie est unique !

 

Aujourd’hui profiter de la mondialisation, et admettre la nécessité d’élaborer une théologie du pluralisme religieux, me semble évident, une chance et un chantier passionnant.

 

Je reviens à ma réflexion, sur le mythe :

-       Son histoire, et ceci est particulièrement d’actualité, nous ramène par l’observation des rites ancestraux, au nécessaire( et pourtant oublié.. ! ) respect de la nature. 

scène de chasse lascaux

En effet le sentiment de reconnaissance envers ce qui meurt pour nous faire vivre, parcourt les mythes de la chasse et de la plantation.. L’étude nous permet d’y retrouver les premières élaboration du concept de « sacrifice » attaché à la vie.. Dans les sociétés de chasseurs, un sacrifice est considéré comme un « don »…etc… Manger est une communion avec l’univers …etc … ( voir toutes les études …)

Je raccourcis, pour arriver à l’image symbolique d’une source de vie, qui nous permettrait d’éprouver une expérience d’une transcendance ( chemin vers les mythologies célestes …etc )

Enfin, l’humain a le désir de s’unir à cette force unique , afin de se situer hors de la peur, du changement, des contradictions…


-       Qu’en est-il aujourd’hui ? Quelle est la place des mythes ?

Trop souvent, la religion « doctrinaire » a détruit le mythe, en l’interprétant comme un fait historique. Comme si le passage du symbole (universel ) au particularisme historique était nécessaire pour emporter l’adhésion ( irréfutable ! ) du fidèle … !

Adam--Eve-et-Lilith.jpg

Par exemple, aujourd’hui  presque reconnue de tous, l’histoire d’Adam et Eve n’a aucun intérêt sur le plan historique !


Conséquence : Le religieux entretient une certaine confusion au point, comme dit Joseph Campbell que :

«  Nous avons des gens qui se considèrent comme des ‘croyants’ parce qu’ils prennent les métaphores pour des faits, et que nous en avons d’autres qui se classifient comme athées parce qu’ils pensent que les métaphores religieuses sont des mensonges ( face à la vérité scientifique ! ) » ( J. Campbell )

 

Adam et Eve, avec Lilith ... !

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Le mythe, qu'en faire ?

Publié le par Perceval

Mais, le mythe ne propose t-il pas une concurrence au christianisme, et pire une sorte de religion païenne ? Psychanalyse, ésotérisme… cela n’est-il pas réservé à une élite ?

 

Les clercs du catholicisme, craignent sans doute que l’enseignement, la transmission ne leur échappent.. ! Benoît XVI, est un remarquable théologien ; sans doute connaît-il moins les progrès des autres sciences humaines… ? Icare.jpgPeut-être s’agirait-il de faire un peu plus confiance aux laïcs et en particulier aux femmes qui ont d’autres formations, d’autres espaces de pensée …etc

 

Je reviens sur cette peur et je continue, au travers de la lecture de Joseph Campbell, à traduire l’histoire de Perceval et y reconnaître les caractéristiques de la vie de l’âme…

 

Le mythe, langage de l’inconscient , est une ressource supplémentaire à qui veux approfondir sa recherche, sa Foi … Un peu du même ordre que la métaphysique : avec l’avantage que le mythe parle à tous.


Le mythe pour Campbell est une métaphore… Il est un récit imagé pour représenter ce qui ne peut pas s’expliquer rationnellement. Le mythe n’explique pas le monde.

Le mythe n’est pas relié à un temps historique.

Le mythe raconte, avec des images, ce dont on ne possèdera jamais le sens.

Le mythe n’est en rien ( ce que l’on dit pourtant … !) une quête d’explications.. Le poème n’explique rien, le mythe non plus …

Le mythe ne «  donne pas de sens » à laParzival.jpg vie. Le mythe me donne des clés pour comprendre les difficulté sur  mon chemin de foi… Le mythe n’est pas « magique », le mythe raconte que :  si j’avais « le courage » ( cf Tillich ), je pourrais changer des orientations de ma vie ; et, autrement que par une injonction - par exemple : l’homélie catholique va insister une fois de plus sur le « commandement ( ! )  » de l’Amour… Tu dois aimer ! Je sais … et … je culpabilise, parce que je ne sais pas comment faire …

Le conte de la quête du Graal, me prend là où j’en suis, et sous le couvert des évangiles ( pour ce qui me concerne ), me propose ( à moi : mais … à chacun son mythe .. ! ) un chemin de «  courage », de vie … et d’épreuves …

 

Le mythe, utilise les symboles, et nous connaissons aujourd’hui leur valeur et leur nécessité, comme trousse à outils, pour persévérer dans notre quête …

 

Nous pourrions, par exemple, visiter la richesse du symbole représenté par le « roi pêcheur » que rencontre Perceval. Un roi, blessé, « à la hanche » ( dans sa sexualité ..  ) occupe ses journées en allant pêcher ( et non plus combattre … )… N’a t-il pas, d’ailleurs, lui-même péché ( au sens catholique ..) , ce qui a plongé son royaume dans le chaos ( gaste pays ). Dans la mythe grec, Orphée aussi est pécheur…

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Vesak, la fête du Bouddhisme.

Publié le par Perceval

Vesak vient du sanskrit Vaishaaka, qui désigne le mois d’avril-mai. Chaque année, à la pleine lune du mois de mai, les bouddhistes célèbrent la naissance, l’Éveil et l’entrée dans le parinirvana du Bouddha Shakyamuni. En France, depuis 1997, Vesak est reconnu jour férié pour les bouddhistes et se célèbre à la Grande Pagode du Bois de Vincennes.

Fete-du-Bouddhisme-mai-2012.jpg

L'Union Bouddhiste de France (UBF) estime aujourd'hui à un million le nombre de bouddhistes en France, asiatiques et "français de souche" confondus. Les "bouddhistes français" représenteraient environ 300.000 personnes et se rattachent majoritairement aux écoles tibétaines et au Zen japonais. Il reste cependant extrêmement difficile d'apprécier réellement l'implantation du bouddhisme dans la population française :les dalai_lama-a-Evry-2008.jpg"sympatisants" sont de plus en plus nombreux...!

Les quelques études qui ont été menées à ce jour montrent que les "bouddhistes français" forment une population hétérogène et "papillonnante" : la multiplication des centres d'enseignements favorise ces mouvements de curiosité et l'on assiste à de nombreux passages d'une tradition à l'autre ou d'une école à l'autre au sein d'une même tradition. Un phénomène grandement facilité du fait que l'on trouve en France, aujourd'hui, des représentants d'à peu près toutes les écoles bouddhistes.

 


 

Les 5 et 6 mai 2012: 8ème Fête du Bouddhisme proposée par l’UBF

Grande Pagode du Bois de Vincennes, Paris 12ème

La prochaine édition de la « Fête du Bouddhisme » organisée par l’Union Bouddhiste de France (UBF) aura lieu les 5 et 6 mai prochain à Paris.

 

Différentes activités seront organisées ( conférences, méditations, ...etc ). Et, en particulier le dimanche: à 14h30 Cérémonie inter-religieuse de célébration pour la Paix

(les communautés juives, chrétiennes, musulmanes et bouddhistes recueillies ensemble pour un moment de chant et de partage)Bougies-fete-du-Bouddhisme.jpg

  • Discours d’accueil du Président de l’UBF
  • Chant et brève allocution pour la paix de chaque représentant des religion/tradition présentes
  • Chaque religion allume une grande bougie
  • Méditation silencieuse en commun
  • Dédicace chantée par un religieux
  • Partage du thé entre religions

15h->19h Enseignements et ateliers de méditation par des maîtres de différentes traditions bouddhistes...

 

 

 

Autres actualités:

Le désir en question: regards bouddhistes et chrétiens

Colloque-Meylan-2012.jpgColloque interreligieux présidé par Dennis Gira
du 5 au 8 juillet 2012
au Centre Théologique de Meylan-Grenoble.

 

Depuis son origine, l'humanité entière se trouve confrontée à la question du désir. Nourris par leurs textes et événements fondateurs, inscrits dans des traditions millénaires, chrétiens et bouddhistes ont une manière différente d'aborder cette question. La rencontre entre fidèles de différentes traditions, soutenue par l'apport de spécialistes et de témoignages, peut aider chacun à approfondir sa tradition, tout en découvrant celle de l'autre et en se laissant interroger par elle.

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La Foi : Paul Tillich

Publié le par Perceval

"Le courage qui regarde le désespoir en face, est déjà une foi, et le fait d'accueillir l'absurdité est un acte raisonnable. (...) Il n'y a pas de preuves valables de l'existence de Dieu, mais il y a des actes de courage ou de foi, dans lesquels, par exemple lorsque nous regardons en face le désespoir ou que nous acceptons l'absurdité, nous affirmons la puissance de l'être et nous témoignons de la présence de Dieu en tout ce qui est."

 

Sur la question de "la religion à la lumière de la science et de la philosophie", j'ai choisi, écrit Paul Tillich, " comme sujet un point vers lequel converge tout un ensemble de problèmes théologiques, sociologiques et philosophiques : le concept de "courage". Peu de notions peuvent rendre autant de services pour analyser la situation humaine. Le courage, sans doute, appartient à l'éthique, mais il s'enracine dans la totalité des dimensions de l'existence et, en dernière analyse, dans la structure de l'être lui-même. Il faut donc l'examiner d'un point de vue ontologique afin de le comprendre du point de vue ethique. ( ...)

 

( ...) Le courage de Socrate mourant qui fut un courage rationnel et démocratique, et non plus un courage héroïque et aristocratique, le courage comme caractéristique essentielle de la noblesse médiévale, et, bien entendu la conception stoïcienne du courage : le courage d'être, c'est le courage d'affirmer notre propre nature rationnelle en dépit de tout ce qui en nous s'oppose à la réunion avec la nature rationnelle de l'être lui-même"

(...)

Nietzsche a décrit cette ambiguité de façon tout à fait typique dans le dernier fragment de La Volonté de Puissance. Le courage est cette puissance qu'à la vie de s'affirmer en dépit de son ambiguité, tandis que la négation de la vie en raison de sa négativité est une expression de lâcheté. Partant de là, Nietzsche développera une philosophie et une prophétie du courage contre cette médiocrité et cette décadence de la vie qu'il voyait s'annoncer dans la période à venir."

 

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Paul Johannes Tillich (20 août 1886, Starzeddel, Allemagne - 22 octobre 1965, Chicago) est un écrivain et théologien protestant. 

  D'origine allemande, il fut chassé de l'Université parce qu'il avait pris la défense d'étudiants juifs molestés par les nazis, et s'exila alors aux États- Unis.

  Paul Tillich est l'un des plus grands théologiens du XXe siècle. Il participa en 1928 au premier cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands.

  Son œuvre maîtresse est sa théologie systématique. Elle comporte une importante "Introduction" méthodologique et cinq parties intitulées "Raison et révélation", "L'être et Dieu", "L'existence et le Christ", "La Vie et l'Esprit", "L'histoire et le Royaume" (trois volumes dans l'édition américaine, cinq, un par partie, prévus dans la traduction française).

Tillich exercera une forte influence sur de nombreux penseurs de la seconde moitié du XXe siècle, parmi lesquels Paul Ricoeur et René Girard.

  Albert Einstein (à gauche,debout derrière la fille) and Paul Tillich (à droite, avec de lunettes) lors d'une conference à Davos, Switzerland on March 18, 1928.   Tillich-avec-Einstein-a-davos.jpg

 

 

La foi n’est pas l’affirmation théorique de quelque chose d’incertain, elle est l’acceptation existentielle de quelque chose qui transcende l’expérience ordinaire. La foi n’est pas une opinion mais un état. Elle est l’état d’être saisi par la puissance de l’être qui transcende tout ce qui est et à laquelle participe tout ce qui est. Celui qui est saisi par cette puissance est capable de s’affirmer parce qu’il sait qu’il est affirmé par la puissance de l’être-même. [...]

La foi qui rend possible le courage du désespoir est l’acceptation de la puissance de l’être, même dans l’étreinte du non-être. Même dans le désespoir concernant le sens, l’être s’affirme lui-même à travers nous. L’acte d’accepter l’absence de sens est en lui-même un acte plein de sens : il est un acte de foi. Nous avons vu que celui qui possède le courage d’affirmer son être en dépit du destin et de la culpabilité ne les a pas supprimés : il demeure sous leur menace et il subit leurs coups. Mais il accepte d’être accepté par la puissance de l’être-même à laquelle il participe et qui lui donne le courage d’assumer les angoisses du destin et de la culpabilité. Il en est de même de l’angoisse du doute et de l’absurde. La foi qui crée le courage de les intégrer n’a pas de contenu spécifique : c’est la foi, tout simplement, sans direction précise, absolue. Elle ne se définit pas, puisque tout ce qui se définit se dissout dans le doute et l’absurde. Néanmoins, même absolue, la foi est autre chose qu’un surgissement d’émotions subjectives ou une disposition sans fondement objectif.

 

Paul Tillich,

Le courage d’être

 

***

André Gounelle:


Théologien protestant, André Gounelle a enseigné à la faculté de théologie protestante de Montpellier, et codirige avec le père Richard, de Québec, la traduction française des Œuvres de Tillich, dont le II e tome vient de sortir : Paul Tillich, théologie systématique, L’Être et Dieu, éditions du Cerf.

 

 

Qui était Paul Tillich from Meromedia on Vimeo.

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J’ai rêvé d’un autre monde…

Publié le par Perceval

«Notre civilisation est à l’aube d’une crise fondamentale sans précédents, à tous niveaux : écologique, financière, politique, spirituelle,...
Il devient impératif aujourd’hui de repenser notre mode de vie et d’organisation sociale.
Nous croyons profondément que le message central de Jésus est : « Un autre monde est possible ! » Si l’on se réfère aux injonctions très claires de Jésus, nous pouvons y déceler une éthique sans ambiguïté pour faire advenir le Royaume, pour renouveler les structures sociales et politiques de nos sociétés et créer un monde non-violent et fraternel."

Le message est clair pour ce WE alternatif, qui touche notamment les personnes en lien avec l'étonnant réseau TCHAAP, et qui se déroule à La Bussière sur Ouche, près de Dijon, dans un petit éco-lieu «chrétien alternatif» naissant. (www.goshen.fr)

Un bon exemple de la diversité des approches dans le monde chrétien des questions écologiques...

DL

Collectifs

« Ni secte, ni gourou ». Nous sommes un collectif composé d'individu-es et de familles, de divers horizons, qui mutualisons nos savoirs et nos énergies, tout en respectant la vie privé, l'espace et l'identité de chacun.

Spiritualité

Les enseignements du Christ nous inspirent à vivre dans une démarche de confiance, à l'espérance en une vrai justice, à nous ouvrir à l'autre et à la différence, à laisser une place dans nos vies à celui qui est momentanément dans le besoin...

BRAVO: ... à "Goshem": lieu d'accueil

et d'agriculture solidaire .

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Joseph Campbell: le mythe, le héros , et moi ...

Publié le par Perceval

Les textes ci-dessous sont des extraits d’un mémoire ( Univ. De Montréal ) de « Sciences des religions » de Claude Harvey., et d'un article de Anne-Marie Bilodeau.

 

Né le 26 mars 1904 à New York, Joseph Campbell joseph campbell 1904-1987étudie d’abord la biologie et les mathématiques au College Dartmouth en 1921. Ensuite, à Columbia, il complète une thèse dans le domaine des légendes arthuriennes. Il part pour l’Europe en 1926-7. Il y étudie la littérature, le vieux français à la Sorbonne et fait la connaissance de Joyce. L’année suivante, il part pour l’Université de Munich où il étudie le sanskrit et la philologie indo-européenne. Cela lui donne l’occasion de découvrir les penseurs allemands tels: Jung, Freud, Goethe, Thomas Mann.

Son séjour en Europe et la rencontre qu’il fait avec les traditions françaises et allemandes lui ouvrent tellement l’esprit, que, lorsqu’il revient à l’Université Columbia, deux semaines avant le crash boursier de 1929, il déclare à ses professeurs à propos de sa thèse doctorale en cours sur les légendes arthuriennes: «this whole thing has opened out.». Mais ses professeurs ne partagent pas cet enthousiasme à voir son esprit s’élargir et avec lui le rayon de l’interrogation du jeune chercheur. Ils refusent catégoriquement que celui-ci change de direction dans son analyse, et c’est ainsi qu’il décide de quitter Columbia… ( …)

 

Campbell étudie les mythes aussi bien en général qu’à des niveaux plus particuliers. Comme nous l’avons souligné précédemment, il s’intéresse plus spécifiquement au personnage du héros mythique dans son livre intitulé The Hero with a Thousand Faces. Georges dragonC’est à partir de cet ouvrage qu’il établit principalement sa crédibilité et sa notoriété. Soulignons ici que l’intérêt manifesté par Campbell pour les récits d’Arthur, des Chevaliers de la Table ronde et du Graal est vraisemblablement une des origines de sa propension à l’aventure du héros ou, du moins, ce qui contribue entre autres choses à lui donner la forme que nous connaissons aujourd’hui dans ses travaux. À cet effet, voyons comment Campbell peut faire cette association entre la mythologie arthurienne et l’aventure du héros.

Selon Campbell, «avant l’introduction du christianisme en Europe», il y a quatre grandes traditions mythologiques: la grecque classique, la romaine, la celtique et la germanique. Ces traditions reconnaissent à la personne le statut d’«individu» et non pas seulement celui de membre de la société, contrairement à celles de l’Orient: le cheminement de chacun y est très valorisé.

Pour Campbell, à l’intérieur de ces quatres traditions, les légendes du Graal expriment exactement ce qu’est, dans son esprit, la spécificité de la spiritualité occidentale par rapport à la spiritualité orientale, i.e. le caractère individuel de la démarche:

Sir GalahadChaque chevalier pénétra donc dans la forêt à l’endroit qu’il avait lui-même choisi, et où ne s’ouvrait aucun chemin. S’il apercevait un chemin, c’était forcément celui de quelqu’un d’autre. Le suivre aurait signifié ne pas s’aventurer dans la quête. Sachant cela, qu’en est-il de l’instruction que vous devez recevoir? Si ceux qui ont suivi un chemin avant vous vous transmettent des indices, vous devez passer outre, adapter cette information à vos choix. Il n’y a pas de mode d’emploi. Cette magnifique légende des chevaliers qui vont chacun leur chemin relate une quête merveilleuse, car si quelqu’un découvre le chemin de quelqu’un d’autre et, songeant qu’il mène au but, choisit de l’emprunter, il s’égare totalement, même si l’autre réussit. Quelle belle histoire, n’est-ce pas? Ce que nous cherchons, notre cheminement, notre but, tout cela est une réalisation qui n’a encore jamais eu lieu sur terre, c’est l’épanouissement de notre potentiel personnel. (...) Chacun doit résoudre sa propre énigme et glaner çà et là ses propres indices. 

La démarche occidentale, pour Campbell, est donc simple: il s’agit, en quelque sorte, de réfuter les valeurs de la «religion», du «système», i.e. de l’idéologie dominante au nom de laquelle, et pour sa survivance, on sacrifie les individus. Cette démarche nous invite plutôt à résister à l’appel uniformisateur de l’idéologie, afin de trouver et d’accomplir sa propre voie. Nous ne pouvons que remarquer la similitude entre la démarche occidentale, dont la quête du Graal illustre très bien la nature, et l’aventure du héros, que Campbell forge par la suite. Cependant, d’autres outils importants l’aidèrent à forger sa grille de lecture des mythes, qu’il nous importe ici de souligner.

 

- Premièrement, selon Campbell, la psychanalyse est l’outil qui nous permet de lire la grammaire des symboles mythiques… (…)

- En second lieu, l’homme n’est pas maître des symboles, selon le professeur du College Sarah Lawrence. Graal apparitionSi Campbell postule l’existence des archétypes, il n’endosse pas exactement la définition que Jung donne de ceux-ci. En effet, ce dernier voit dans le contenu des archétypes le produit de l’hérédité, tandis que Campbell y ajoute les «expériences “significatives”» des êtres humains. Par ailleurs, Campbell ne généralise pas la théorie du développement parallèle pour fonder son postulat des archétypes. Pour lui, une bonne partie des similitudes entre les mythes et les symboles religieux sont imputables au phénomène de la diffusion. Mais par-dessus tout, ce qui différencie Jung et Campbell est la fonction que l’un et l’autre donnent respectivement à la mythologie Campbell ne limite pas la fonction de la mythologie à celle d’une rééquilibration intérieure de l’individu; il lui donne aussi la tâche d’ouvrir ce dernier sur la dimension spirituelle. C’est pourquoi Campbell dépeignit les deux perspectives dans son ouvrage sur les héros. Mais avant de regarder ces deux composantes de la mythologie, regardons maintenant la structure que Campbell identifia à travers l’ensemble des mythes qu’il étudia: le monomythe.

 

- Campbell, à travers l’ensemble des mythes de l’humanité, dégage un cheminement-type, un structure initiatique récurrente qu’il nomme «monomythe» : ( … ) En résumé donc, le monomythe se présente comme suit: Un héros s’aventure hors du monde de la vie habituelle et pénètre dans un lieu de merveilles surnaturelles; il y affronte des forces fabuleuses et remporte une victoire décisive; le héros revient de cette aventure mystérieuse doté du pouvoir de dispenser des bienfaits à l’homme, son prochain.

 

 

De  Anne-Marie Bilodeau: ( ci-dessous )

 

Le héros qui, pour conquérir un royaume ou une princesse, se lance dans une aventure semée d'embûches, est le prototype de toute personne qui, s'éveillant à des valeurs spirituelles jusque-là insoupçonnées, entreprend un voyage intérieur vers ses propres sources, à la recherche de son identité réelle. Ce voyage, qui constitue pour Carl G. Jung le «processus Gauvain vole au secours de la demoiselle à la cei-copie-1d'individuation», une maturation psychologique, acquiert, dans la perspective de Campbell, une valence spirituelle.

 

La fonction principale du mythe — qu'il qualifie de fonction mystique — consiste à nous mettre en relation avec cette énergie, avec le mystère du monde, qui est aussi, ajoute-t-il, le mystère même de notre être.

 

Campbell considère la religion comme une forme évoluée de la mythologie, son prolongement dans l'histoire: elle est simplement, à son avis, l'intégration de la mythologie dans les différentes cultures. Toute religion, possède ses mythes, ses récits sacrés. Les religions dites «primitives» sont fondées sur de tels récits. Quant aux «grandes religions», elles ont aussi leurs récits religieux — leurs mythes — mais se réclament principalement de la parole d'un prophète, d'un visionnaire ou d'un dieu; elles se disent «révélées». Les religions dites «du Livre» s'inscrivent dans l'histoire mais aussi la transcendent car elles revendiquent une création divine, une Révélation et chacune proclame son universalité. S'il ne rejette pas cette dimension, qui à son avis relève de la théologie, Campbell ne l'intègre cependant pas à son discours sur le mythe et la mythologie car son approche se veut scientifique et non théologique.

 

À plusieurs reprises dans ses écrits, Campbell s'élève avec véhémence contre une interprétation trop littérale des mythes et des symboles, en particulier dans la tradition judéo-chrétienne. Une lecture littérale et historique des récits sacrés du christianisme dépouille, à son avis, les mythes de leur vrai sens et de leur dynamisme. Alors qu'ils sont conçus pour évoquer la réalité spirituelle, les symboles bibliques, si on les concrétise, perdent leur référence essentielle et entrent en conflit avec les connaissances scientifiques les plus élémentaires. Un exemple suffira à illustrer ce propos: celui de la notion de virginité mariale. Qui donc peut croire aujourd'hui qu'une vierge puise donner naissance à un enfant ? (À l'époque de sa jeunesse, dans les années 20, dans le milieu catholique irlandais américain dont il est issu, la Bible était souvent interprétée de façon littérale, comme elle l'est encore d'ailleurs dans certains milieux fondamentalistes.)

 

Pour Campbell, les symboles mythologiques ne sont pas inventés mais jaillissent spontanément des profondeurs de la psyché. Inversement, la connaissance des symboles conduit à celle de l'esprit humain, dont ils révèlent des puissances, des potentialités spirituelles ou, pour citer de nouveau Huxley, «des processus à jamais déployés dans le coeur de l'homme». La pensée de Campbell rejoint ici celle de Lévi-Strauss, qui considère que la connaissance des mythes peut donner accès à «des structures fondamentales de l'esprit humain: des processus cognitifs/symboliques sous-jacents à toute la pensée humaine»

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