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nucleaire

1939 – Le nucléaire et les armes destructrices.

Publié le par Régis Vétillard

Lancelot, s'informe le plus possible sur les avancées de la recherche scientifique à propos de ce que nous pourrions imaginer comme armes destructrices... Une personne, assez originale et forte savante, ne se fait pas prier pour lui brosser un tableau de la situation et de ce qui pourrait se préparer ; son nom : Jacques Bergier.

En 1936, lors d'une visite à Paris de Bertrand Russell, Anne-Laure et Lancelot lui avaient fait rencontrer Langevin et les Joliot-Curie. Ils avaient alors évoqué le travail en ''aparté'' d'un groupe de chimistes autour d'André Helbronner (1877-1945) physicien et chimiste français, récompensé ( prix Franklin) pour ses travaux sur la liquéfaction des gaz. Curieux, Lancelot avait pu être reçu au domicile du chercheur dans son labo, qui n'était autre que son domicile, 49 rue St Georges. C'est lors de cette visite que Lancelot fit la connaissance d'un étrange personnage, qu'il retrouve toujours avec beaucoup de plaisir et de curiosité. Il s'agit donc de Jacques Bergier, ingénieur chimiste, qui a travaillé avec Helbronner de 1934 à 1940.

Ainsi, ils auraient effectué la synthèse du polonium à partir du bismuth et de l'hydrogène lourd. Ces recherches de transmutation le fascinaient au point de parler d'alchimie ; et de prétendre avoir réalisé une synthèse de l'or à partir de bore et d'un filament de tungstène, à plus de 10000000 de °C. Il aurait travaillé sur l'utilisation de l'eau lourde sans la pile atomique et imaginé l'ensemble réaction et fusion dans une bombe à hydrogène ( ce dossier a été déposé à l'académie des sciences, peu avant la débâcle) ...

Bergier, n'était pas son vrai nom, il était né dans l'Empire russe à Odessa en 1912. Il parlait onze langues , il gardait un accent alors qu'il était déjà en France comme lycéen au Lycée Saint-Louis, puis étudiant à l'École nationale supérieure de chimie de Paris.

De taille moyenne, le cheveu rare, le nez pointu avec de petits yeux très mobiles. Il parle beaucoup ; on a du mal à le suivre, et à le croire...

Juif, il va préférer dès l'occupation, rejoindre Lyon, et s'occuper de gérer plusieurs postes émetteurs ; et sans-doute d'autres activités clandestines...

 

- Quel est l'état de nos connaissances en matière de nucléaire, et d'armes destructrices ?

Une équipe de chercheurs allemands menée par Otto Hahn en janvier 1939, découvre la fission, tout juste avant l’équipe française dirigée par Frédéric et Irène Joliot-Curie. Des gens comme Léo Szilard, Niels Bohr ou Enrico Fermi ( émigrés aux Etats-Unis) comprennent qu’une réaction en chaîne est possible grâce à la libération de plus d’un neutron, lequel provoque une nouvelle fission dans une masse d’uranium. Une telle réaction est susceptible de dégager une énorme quantité d’énergie en un temps infime.

Possible oui ; mais faisable ? En ce début 39, Niels Bohr développe 15 raisons à son collègue Wigner de l'impossible exploitation du processus de fission... Otto Hahn, aurait déclaré« Dieu ne le permettra pas ! ».

Leó Szilárd lui, prédit la bombe , et pense qu'Hitler la prépare. Aussi, le nucléaire devient la priorité absolue : il demande à Joliot de cesser toute publication ouverte sur ce sujet; il convainc Albert Einstein d'adresser une lettre au Franklin Roosevelt ( 2 août 1939).

Et, ce n'est qu'au début de l’année 1942 que les États-Unis lanceront un programme ( Projet Manhattan) visant à développer l’arme atomique.

Joliot ne va pas répondre à Szilard ; et après la réussite de ses expériences, il va confier sa communication à la revue anglaise Nature ( avril 1939).

En Allemagne, Siegfried Flügge (1912-1997) physicien nucléaire - au courant d'une réunion au plus haut niveau - se dit qu'au contraire, l'extrême dangerosité des suites de la recherche atomique, nécessite une publicité : il écrit pour le numéro de juillet 39 de Naturwissenschaften un rapport circonstancié sur les réactions en chaîne dans l’uranium. Cet article effraie les américains.

Au cours de l’été 1939, Heisenberg est en visite aux U. S. A. On tente de retenir le physicien aux États-Unis en lui offrant une chaire de professeur. Heisenberg refuse, il pense qu'Hitler perdra la guerre ; et qu'il doit rester pour aider à sauver ce qui mérite d’être sauvé. Il n'envisage pas la possibilité d’employer des bombes atomiques au cours de la guerre imminente...

 

Je reprendrai un peu plus tard les notes de Lancelot sur la physique de la matière ( l'infiniment petit) qui expliqueront l'histoire de l'Energie. Je saute au-dessus de ces connaissances, pour pointer trois découvertes que vont utiliser les ''atomistes'' :

- Les neutrons ralentis ont une efficacité beaucoup plus grande que les neutrons ordinaires. Résultat paradoxal qui s'explique par la physique quantique. Des matériaux ralentisseurs, ''modérateurs'', comme l'eau lourde, seront à prévoir. ( FERMI, 1934)

- Des deux isotopes contenus dans l'uranium naturel : U238 et U235, seul le second se prête à la fission (on dit qu'il est «fissible»). C'est malheureusement le plus rare (0,72 % de l'uranium). ( Niels BOHR, en février 1939 )

- La fission du noyau de l'uranium s'accompagne de l'émission de 3,5 neutrons (le chiffre exact sera de 2,4) qui peuvent à leur tour fragmenter d'autres noyaux et ainsi de suite, par un phénomène de «réaction en chaîne». ( JOLIOT, PERRIN, KOWARSKI et HALBAN - C'est ce que contient la publication dans Nature ( avril 1939) )

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