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L’attention et Perceval

Publié le par Perceval

Chez Chrétien de Troyes, Perceval échoue dans la première partie de sa quête, par son incapacité à questionner … et certains de lier cette faculté à une forme d’attention…

Je rapporte ci-dessous, des extraits d’une thèse de Christophe Imperiali : « En quête de Perceval. Étude sur un mythe littéraire »Complexe de Perceval oser la question

 

Il est à noter que Perceval, ne connaissait pas son nom ( non-connaissance de soi ). Et, pour comprendre les « signes », il est évidemment nécessaire de « se connaître ». ( cf Ricœur ).

Devant le cortège du Graal, deux questions s’entrechoquent : «  Qui l’on sert ?», «  A qui est-il parlé ?». «  Car si celui à qui on sert l’objet graal est peut-être un vieux roi « esperitaus », celui à qui on sert le signe graal, en revanche, est assurément le questionneur lui-même. Et s’il avait vraiment fallu que la question de Perceval restaure un ordre perturbé, sans doute est-il plus fondé de supposer que la réponse l’aurait concerné lui plutôt que le vieux roi, et que c’est de sa propre transformation que le geste rédempteur aurait pu venir. » Christophe Imperiali 

 

« L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité.

Il est donné à très peu d’esprits de découvrir que les choses et les êtres existent.

Depuis mon enfance je ne désire pas autre chose que d’en avoir reçu avant de mourir la révélation complète. […]

Cette découverte fait en somme le sujet de l’histoire du Graal. Seul un être prédestiné a la capacité de demander à un autre : « Quel est donc ton tourment ? » Et il ne l’a pas en entrant dans la vie. Il lui faut passer par des années de nuit obscure où il erre dans le malheur, loin de tout ce qu’il aime et avec le sentiment d’être maudit. Mais au bout de

questholygrail

tout cela il reçoit la capacité de poser une telle question, et du même coup la pierre de vie est à lui. Et il guérit la souffrance d’autrui. » SIMONE WEIL et JOË BOUSQUET, Correspondance, Lausanne: L'Age d'Homme, "Le Bruit du temps", 1982, pp. 18-9.

 

 


 

Perceval, en effet, ne prête que rarement attention aux autres,

 

« ni aux chevaliers qui l’interrogent dans la forêt et auxquels il ne répond pas ; ni au désespoir de sa mère et à l’histoire familiale qu’elle lui conte ; ni à cette mère, tombée devant le pont-levis ; ni aux larmes de la demoiselle de la tente ; ni à la mélancolie du roi Arthur ; ni à la détresse de Blanchefleur ; ni au regard que pose sur lui le Roi Pêcheur, à la langue et aux membres liés. Voilà la cause de son échec. » ZINK, "Le Graal, un mythe du salut", pp. 79-80.

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