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Ballade contée au Moyen-âge -4/.-

Publié le par Perceval

Avertissement : Dans les fabliaux, lorsque le thème de la sexualité est abordé, c’est d’une façon crue, en utilisant particulièrement la métaphore ...


Je rappelle, qu'il s'agit de l'histoire de Guillaume, chevalier riche en bonnes qualités, mais pauvre d’avoir. En quête de l'amour d'Ermengarde, il va arriver sans doute à force de ''courtoisie'' et d'astuce – comme vous allez vous en rendre compte - à se faire remarquer de la fille du seigneur de Lasnours...
Je reviens donc en arrière, pour vous expliquer l'astuce 'courtoise' utilisée par Guillaume, pour ne pas effaroucher la belle damoiselle...


En effet, si le père est grincheux mais de grande fortune, sa fille – la plus belle – de la Vicomté, semble très difficile, et nombre de prétendants s'y sont cassés les dents...
Il semble qu'il y ait une sorte d'épreuve que tous les chevaliers précédents n'ont pu réussir. La demoiselle refusant subitement de les revoir... !
Guillaume se met en chasse de rencontrer les malheureux chevaliers qui l'ont précédé dans cette quête... Il apprend de l'un que la demoiselle est orgueilleuse, inhumaine, dédaigneuse … D'un autre, que la demoiselle serait une sorte de nonne recluse par son père... Et enfin du suivant qu'elle ne peut entendre parler de ''foutre'' ou de coucherie à aucun prix …

De fait, demoiselle Ermengarde est d'une telle pruderie qu'elle ne peut supporter que soient prononcé devant elle ces mots crus qui désignent l'entrejambe et leur voisinage immédiat. Elle va jusqu'à refuser la proximité d'un quelconque domestique de peur qu'un de ces rustauds-là ne lâche étourdiment , un jour, en sa présence un de ces mots que les jeunes d'aujourd'hui adorent prononcer …

Aussi, ce dimanche d'août, le malicieux Guillaume, demande à la porte du château de Lasnours, l'hospitalité au pèlerin qu'il est devenu par un travestissement assez habile pour ne pas être reconnu et découvert trop vite...
Le maître le reçoit, et tente de le dissuader de rester, puis enfin le prie sans aucune politesse de surveiller alors son langage, et surtout d'éviter de conter ou chanter ces textes de troubadours qui effraient tant sa fille, en particulier s'ils évoquent quelque foutrerie... !

Guillaume essuie sa bouche, et puis aussi il crache et se mouche, comme s’il avait avalé une mouche. Il dit au prud’homme : « Arrêtez, cher seigneur ! Vous ne devez pas prononcer de mot si grossier ! Taisez-vous, pour l’amour du Dieu céleste, car c’est un mot du diable :
S'il vous plaît, ne le dites jamais plus devant moi ! Si quelqu'un en parle ou prononce le mot de coucherie, une grande douleur me saisit le cœur!»
La fille qui surveille, sans se faire voir, en entendant ces mots ; se presse et fini d’apparaître pour souhaiter la bienvenue au visiteur....
Guillaume est invité à dîner. Il dit le bénédicité, mange la soupe, le gigot, les pommes cuites au four, et boit même l'alcool de cerise réservé aux amis ...
Après cette soirée fort sage. Le père tranquillisé laisse sa fille se charger du coucher de cet honnête homme.

La belle Ermengarde pour la première fois a plaisir à choyer ce pèlerin, chevalier, jeune et bien fait de surcroît. Conformément, aux règles chevaleresques, elle propose dans une chambre avenante et belle, de le baigner elle-même... Puis de le coucher.

Enfin, elle s'allonge à côté de son hôte, et chacun de rester immobile. Enfin, la chandelle s'éteint.

« Oh, qu'est ceci ? Dit le jeune homme, la main sur son sein rondelet.
C'est l'une de mes deux collines. Voici l'autre, Guillaume. Est-ce doux ?
- C'est ma foi vrai. Oh, et ce duvet, sous le nombril ?
C'est ma prairie, mon herbe tendre.
- Seigneur Jésus, quel beau pays ! Et là, au milieu, cette fente ?
C'est ma fontaine, elle est profonde. Vous pouvez y risquer un doigt... Là, un peu plus haut, le perron, clé de tous mes plaisirs...
- Jeune fille, comme il y fait chaud.
C'est qu'au fond est un soleil noir. Mais, vous, qu'avez-vous là qui pousse. Oh, Guillaume, c'est si raide, si dur... ?
- Belle amie, c'est mon cheval rouge ! Il piaffe, il a faim, il a soif... !
Amenez-le donc à mon pré, il faut bien que tout être vive ! Qu'il broute et boive tout son saoul !
- Ainsi soit-il ! Voyez ma mie, comme il va et vient à sa guise !

Qu'il aille donc et vienne, et plus encore...
- Dame, c'est que je redoute le sonneur de cor, dit Guillaume, et que mon cheval ne rue ...
Oh foutre oui ! Répond-elle dans un irrépressible élan... ! »

Quatre fois leurs corps s'entre-burent de minuit au soleil levant.

Le seigneur de Lasnours reconnaît l'avantage du jeune chevalier ; mais s'inquiète ensuite de l'attachement entre les deux jeunes gens. Il reconnaît son jeune voisin, lui pardonne son travestissement, mais n'excuse pas son manque de fortune...

Sa décision est prise, et exige d'interrompre toute communication entre lui et sa fille !
L’âge ne permet plus au père de monter à cheval, ni de sortir ; ainsi on ne peut espérer aucune absence ... Le vieux renard, d’ailleurs, ayant eu dans sa jeunesse plusieurs aventures, avait appris par son expérience à devenir défiant et rusé. Guillaume ne demande seulement qu’à voir sa mie, mais cette faible consolation lui est désormais interdite !
A suivre ...

Cette histoire reprend le célèbre fabliau : ''La Damoiselle qui ne pooit oïr parler de foutre'', repris aussi par Henri Gougaud.

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