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Traduction ! " le royaume de Dieu est au-dedans de vous "

Publié le par Perceval

 La plupart des versions proposent « le Royaume de Dieu est au milieu de vous » ou même «  parmi vous » ( Luc 17, 21 ). Aussi, est-il toujours incommodant de contourner le sens ordinaire, pour finalement comprendre ‘ autre chose ‘. Certains iraient jusqu’à expliquer, que se cacherait ainsi un  «  sens ésotérique » ( ! ) ..etc. A propos de cet exemple, et de bien d’autres … Je m’interroge sur ce 'malentendu' …

 

Caravaggio jerome BorgheseSaint Jérôme, dans la traduction de la Vulgate, pratiquée par les Pères de l'Eglise, nous donne une traduction de ce verset très explicite : « le royaume de Dieu est au dedans de vous ».

Non venit regnum Dei cum observatione : neque dicent : Ecce hic, aut ecce illic. Ecce enim regnum Dei intra vos est. ( Clémentine Vulgate ) (http://vulsearch.sourceforge.net/html/Lc.html )

et "  neque dicent ecce hic aut ecce illic ecce enim regnum Dei intra vos est (Vulgate de Jérôme de Stridon (Ve siècle) )

En anglais dans la World English Bible la traduction est :
" neither will they say, 'Look, here!' or, 'Look, there!' for behold, the kingdom of God is within you.'"

 

A mon avis, l’enjeu est ici lourd de conséquence, car il s’agit de comprendre et d’appuyer une réalité intérieure : soit « une dimension verticale qui renvoie chacun à lui-même, soit c’est une réalité qui privilégierait une dimension horizontale … » ( Eric Edelmann : Jésus parlait araméen ). regard-interieur-r1-1Un peu, comme si nous hésiterions à privilégier   - le Royaume comme «  à l’intérieur de soi », et le règne de Dieu serait essentiellement spirituel, ou comme : - un Royaume qui serait «  parmi vous », à dimension sociale, ecclésial … Cette réticence à revenir au sens original est avoué par la traduction de la Bible de Jérusalem qui explique en note : «  On traduit aussi par « au-dedans de vous », ce qui ne semble pas indiqué par le contexte» ! ! N’est-ce pas plutôt « que cette traduction gênait sa propre interprétation du contexte » ! E. E.

En effet : C’est exactement le sens de la correction apportée par Jésus aux pharisiens,  « enfermés dans une conception messianique temporelle et matérielle du Royaume de Dieu ». Jésus, invite ses auditeurs à abandonner leur conception sensible et matérielle du Royaume, au profit de sa seule dimension spirituelle. !


«  Il est important de relever qu’à chaque fois que Luc a voulu signifier «  au milieu », il a eu recours à «  en mesô et non pas à « entos »( 2,46 ; 8,7 ; 10,3 ; 22, 27 ; 22, 55 ; 24, 36 ; ..etc

A l’inverse la préposition « entos », ne se trouve ailleurs qu’en Mat. 23,26 à propos de l’intérieur de la coupe …"

Eric Edelmann : "Jésus parlait araméen"

 

Vierge marie graalEntos,  à l'intérieur, est un adverbe rare, unique dans le N.T. Dans les Psaumes (38,4;102,1;108,22) il accentue l'intériorité des sentiments du psalmiste à l'égard de Dieu. Pour signifier le mode de la présence divine à l'intérieur du coeur humain , Jésus se servait d'une métaphore: la royauté de Dieu. En outre, la situation du verbe être en fin de phrase lui confère son sens existentiel.

Bibl.: T. Holmen, The alternatives of the Kingdom: encountering the semantic restrictions of Luke 17, 20-21, dans, Zeitschrift für die Neutestamentliche Wissenschaft und die Kunde der Älteren Kirche, 1996,87,3-4,p.204-29. L'auteur rejette la traduction au milieu de, et traduit entos par à l'intérieur de. Contredisant cette lecture, J. Lebourlier, Entos hymon. Le sens au milieu de vous est-il possible? Dans Biblica, 1992, 73-2, p.259-62.

 

http://codexbezae.perso.sfr.fr/cb/lk/lk.php?chapter=17&lang=fr

l’annotation ICI

http://codexbezae.perso.sfr.fr/cb/lk/lk.php?chapter=17&lang=b

Commenter cet article

Anwen 24/08/2020 07:06

Bonjour,
En effet, « Regnum Dei intra vos est » (Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous.). Explication.
« La vérité se révèle plutôt au cœur de l'homme qu'à sa raison », dit Hippolyte Destrem, parce que le cœur de l'homme est inspiré par l'Esprit féminin.
Pour trouver la Vérité, il n'y a que deux voies à suivre : celle de la Science et celle de l'Amour.
La Religion, c'est la voie de l'Amour.
L'Amour, c'est le lien moral qui unit l'homme à l'Esprit féminin, et c'est ce lien qui est la Religion.
L’esprit, dit Basilide, c’est l’Âme de l’Âme, pour ainsi dire ; il s'unit à elle, il l’éclaire, il l'arrache à la terre et l'élève avec lui dans le ciel : « Et elle me donnera des ailes comme celle de la colombe ; je volerai avec elle dans le ciel et je dirai alors : Je vis à jamais et je reposerai en elle, parce que la reine se tient à ma droite en vêtements dorés, parée de couleurs variées. » (Aurora Consurgens, septième parabole).
À ce moment-là, l'Âme possède les moyens voulus pour procéder à sa transmutation spirituelle, pour opérer, en toutes ses parties, le miracle des « Noces de Cana », Mariage parfait et céleste. Voyez Gustav Meyrink faisant référence à cette Union dans « Le Visage vert » : « Mais si un homme réussit à franchir le « pont de la vie », c’est un bonheur pour le monde (...) Mais une chose est nécessaire : un seul ne peut y réussir, il a besoin pour cela d’une compagne. L’union d’une force masculine et d’une force féminine. C’est là le sens secret du mariage, que l’humanité a perdu depuis des millénaires. ».
La littérature bouddhiste décrit avec pittoresque cette réunion sous le nom de Sahaja « nés ensemble ».
Dans la méditation, Jill Purce dit que l'aspiration mystique qu'a l'âme de l'homme pour l'esprit est portée à sa maturation de sorte que la dualité de l'esprit et de l'âme fusionnent en la « conjonction » du conscient et de l'inconscient dans le cœur (La Spirale Mystique).
La doctrine des Soufis proclame qu’on peut atteindre la connaissance par l’amour et la dévotion, et recommande la méditation.
La confrontation avec le Golem de Gustav Meyrink, figure une descente dans les profondeurs de l'inconscient. Annie Amartin-Serin dit, au sujet de cette confrontation, que « Ce sont autant d'épreuves dans un parcours initiatique ouvrant sur une renaissance, une libération de son moi spirituel (...) Cette délivrance permet le triomphe de son moi idéal ». Ainsi, le personnage de Pernath parvient à cette union mystique à laquelle il aspirait à travers son amour pour la figure angélique de Myriam.
Une fois que l'on a saisi l'essence de cette transformation, de nombreux évènements et tendances qui nous entourent de près ou de loin et demeuraient inexplicables, trouvent une cohérence.
Dans Mysterium conjunctionis (tome II), Carl Gustav Jung ajoute que la « transformation » est un miracle qui ne peut s'accomplir sans l'aide de « Dieu » : « Regnum Dei intra vos est » (Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous.)
« Alors, soudainement, à son heure, Dieu vient. Cette expérience capitale est une perception certaine, immédiate, de Dieu. La certitude absolue se fait jour que l'on n'est pas seul au dedans de soi. Il semble que, sur tous les points, on se sente en contact avec un être de même nature, sympathique, incommensurablement plus sage, stable et désintéressé. C'est une impression analogue, mais plus complète et plus intime, à celle que l'on éprouve aux côtés d'une personne tendrement aimée et en qui l'on a une entière confiance. » (H. G. Wells, Dieu, l'invisible Roi).
Ce « portrait » est une allusion à l'Antar-Yâmî des doctrines hindoues, au « Nafs Nâtiqa » du Khalifat ésotérique, au « moteur immobile » d'Aristote, c'est « l'ordonnateur interne » car il dirige toutes choses de l’intérieur, résidant lui-même au point le plus intérieur de tous qui est le Centre, le Point dans le centre, le « Cœur ».
Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/introduction.html
Cordialement.

audrey 02/06/2014 14:25

tv2vie.org tu vas aimé

Marco 26/08/2012 15:37

Sans vous offenser, ni volonté de vous embêter...

Quelque part sur votre site, vous présentez Jésus comme "un Maitre spirituel". C'est très représentatif de la pensée actuelle.
Mais selon la doctrine catholique Jésus n'est pas "un" Maitre spirituel (Oooh le méchant relativiste comme dirait Youssef 16), Jésus, c'est L'Incarnation de Dieu + Le Fils de Dieu, conçu sans
relation sexuelle impliquant un male, par... la Mère de Dieu, sacrifié à Dieu pour nous sauver de l'Enfer et dont nous devons boire le sang et manger la chair.
Il faut en effet prendre un certain temps de méditation pour digérer ne serait-ce que ça.
S'en sortir en disant que Jésus est une espèce de Dalai Lama à la Gandhi, qui nous a enseigné une sagesse, c'est être tout simplement hérétique (voir le Droit Canon).
Comme je l'ai dit précédemment, à l'heure actuelle chacun se fait sa petite religion perso et l'effondrement du nombre des fidèles fait que ceux qui restent sont inconditionnellement bienvenus,
même si les membres du clergé doivent s'en tenir, au moins officiellement, à la doctrine orthodoxe en s'arrangeant au coup par coup avec les fidèles.
Je me rends compte soudain que j'ai une vision psychorigide du catholicisme. Nous sommes encore dans la phase de grand flou post-Vatican II. La reprise en main n'a pas encore fait son effet et il y
a quelques chances que la génération actuelle puisse continuer son petit bonhomme de chemin jusqu'en fin de vie. Avec cependant un risque d'énervement fatal face à la montée du fondamentalisme
officiel qui risque bien d'en arriver à dépasser les bornes de la bienséance.
Je comprends bien que le fondamentalisme n'est pas votre genre et que vous en êtes retourné à l'Eglise comme à une mère, dans une période de détresse et qu'elle ne vous a alors pas déçue.
A mon avis, il y a erreur/supercherie: "La Force est en toi"/Le Royaume des cieux est en vous comme ont dit je sais plus qui.

C'est l' Appel Vital qui a atteint La Source, cette source qui git dans la nature des choses.

Mais l'homme est un mammifère social et se retouve tout con avec son Royaume dans son pantalon. Il a besoin de s'agglutiner à des congénères pour génèrer tout un folklore humanoide, un carnaval
médiéval qui mène direct à l'idolâtrie et à la coupure d'Eau de La Source.

Allons chercher à Auchan et à Lourdes des bouteilles d'eau en plastique. Il faut y croire pour en boire pour y croire.

Perceval 26/08/2012 17:58



Si j'ai dit que Jésus est un "maître spirituel"; il est pour moi "catholique", aussi: Dieu et Homme. Et c'est en effet en cela que je me rattache à l'Eglise Romaine. L'Eglise n'est pas un but en
soi, elle est un " véhicule " ... Elle a un peu le rôle des parents ( qui peuvent se tromper...) Elle est riche de vingt siècles d'histoire ( "nous sommes des nains sur des épaules de géants"
...) Elle me permet de cheminer accompagné, avec des méthodes et des spiritualités très différentes ( jésuites, franciscains, carmel et charismatiques ...etc )... Non décidément, même si souvent,
elle m'agace... J'y tiens !



Marco 25/08/2012 18:51

"Dedans" ou "au milieu de "?
C'est en effet fondamental et a de vastes implications sur la nature de la foi. J'ai moi aussi découvert ce sujet dans le livre d'Eric Edelmann.
j'ai un jour évoqué cette version avec des religieux. j'ai déclenché un concert de Oh ! zorrifiés agrémentés de pieuses grimaces. Et me le suis tenu pour dit.
Il m'a fallu un certain temps (je comprends vite, mais il faut m'expliquer longtemps) pour découvrir la nature réelle du catholicisme.
"Catholique et libre" c'est comme glacé et chaud, ça tient pas le coup.
Etre catholique signifie adhérer à la doctrine définie par les représentants autorisés terrestres du Christ (les fameux RAPC - Mat 23:9) et à leur obéir. En ne cherchant pas midi à quatorze heures
ou tout du moins en faisant discret, dans le secret de son âme.
Mais dans l'Eglise tout fout le camp (+ tout le monde fout le camp). Alors chacun peut, dans son cercle, se faire sa petite cathosalade à soi. C'est la culture actuelle, dans tous les domaines.
Notons cependant qu'il y comme un problème d'acccoler catholique (universel) et "à soi".
Mais on n'en plus à ça près, puisqu'on vit dans une société libre, c-à-d libérée du pouvoir de l'Eglise.
Alors profitons-en, le vieux Père Fouettard de Rome peut toujours admonester, les souris dansent la Lambada catholisée.
Autre traduction: "Love it or Leave it".

Robert 22/01/2018 02:19

Oui Jésus est le Verbe incarné il est le Dieu fait homme mais il est aussi un maître spirituel puisqu'il a dit lui-même vous m'appelez maître et vous le faites bien. Les paroles que je vous dis sont esprit et vie. ... mon royaume n'est pas de ce monde.... c'est qui est chair est chair et ce qui est Esprit et Esprit.... le terme spirituel n'a pas été inventé par le dalaï-lama.... Jésus l'homme était l'homme le plus spirituel de ce monde.... et le maître incontesté!!

Perceval 26/08/2012 09:38



J'ai été passionné par ce livre d'E. Edelmann... Oui, je reconnais que les rapports avec quelques clercs de mon Eglise peuvent être difficiles... Cependanr, reconnaissons que l'Eglise est
universelle, donc "mondiale"; aussi, mon appréhension des "choses" ne peut qu'être limitée; je dois m'imposer une opinion humble. Le concept de " l'obéissance ", existe et est valorisée dans
toute spiritualité... Il ne doit pas consister à me faire comprendre que je dois "obéir" ( fermer sa gueule ..! ); mais à méditer plus avant ce que j'affirme, en la gardant comme une question, et
non pas résolue par "ma" réponse ( l'avortement, etc ...). Le dogme m'invite à creuser le mystère, et ne pas me suffir de "ma" réponse ... Catholique et "libre" à mon avis, signifie cela; avec en
plus l'autorisation d'exprimer haut et fort que certaines questions ne sont toujours pas assez travaillées ( l'ordination des femmes et des hommes, mariés ... par exemple)