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La souffrance, éclairée par le bouddhisme et le christianisme...

Publié le par Perceval

«Si nous pouvons atteindre la compréhension de ce que nous sommes vraiment, il n’y a pas de meilleur remède pour éliminer toute souffrance … bouddha_couche1.jpgCeci est le cœur de toutes les pratiques spirituelles » nous enseigne le Lama Kalou Rinpoché (1904-1989).


« Lors du tsunami – parce que les pays bouddhistes aussi ont été frappés – les journalistes occidentaux m’ont demandé comment les bouddhistes gèrent le problème du mal engendré par cette catastrophe ? J’essayais de leur expliquer que le problème (métaphysique et théologique) du mal n’existe pas pour les bouddhistes tout simplement parce que tout s’explique sans Dieu dans cette tradition. Ce problème n’existe que pour ceux qui croient que Dieu est à la fois tout-puissant et aimant amour, que Dieu veut le bien-être de tous. Pourtant on constate la souffrance de tant de personnes partout dans le monde. Là il y a un type de contradiction. Certes, les bouddhistes qui ont perdu leurs biens et leur famille souffrent comme moi je souffrirais si je me trouvais dans les mêmes circonstances. Mais pour eux, du point de vue de la « doctrine bouddhiste », il n’y pas de contradiction. Vanite.jpgAu contraire, un tsunami, avec tout la misère qu’il engendre, est une illustration de plus de cette réalité fondamentale que tout est éphémère. Pour nous, c’est beaucoup plus délicat, cette souffrance, avec la question de l’existence de Dieu. » Dennis Gira ( Conférence Novembre 2007 à Altkirch ).


* La première Vérité du Bouddhisme  repose sur une simple constatation froide et implacable : le monde est souffrance (dukkha). ( souffrance ressentie par un « égo » ). Dukkha, est bien entendu beaucoup plus qu'une simple souffrance physique ou morale. Dukkha signifie aussi inachevé, imparfait, interrompu, impermanent. Sous cet aspect d'impermanence, dukkha s'applique à toutes les manifestations du monde physique, psychologique et mental.

« Souvent on dit que pour les bouddhistes tout est souffrance parce que tout est éphémère, ce qui n’est pas très exact. Tout est éphémère et celui qui ne peut pas accepter que tout est éphémère, celui-là il va souffrir. » Dennis Gira

 

** « La souffrance semble être, et elle est, quasi inséparable de l’existence terrestre de l’homme. » (Jean-Paul II, Salvifici doloris) Mais en même temps qu’elle renvoie l’homme à sa finitude, la souffrance « manifeste à sa manière la profondeur propre à l’homme », elle « semble appartenir à la transcendance de l’homme » :

seizured-human-emotions.jpgLe récit de la Genèse révèle que ce n’est pas Dieu qui est la cause du mal dans le monde :  « Le christianisme proclame que l’existence est fondamentalement un bien, que ce qui existe est bon ; il professe la bonté du Créateur et proclame que les créatures sont bonnes. [...] L’homme souffre, pourrait-on dire, en raison d’un bien auquel il ne participe pas, dont il est, en un sens, dépossédé, ou dont il s’est privé lui-même. » (Jean-Paul II, Salvifici doloris).


* Le bouddha nous a appris que le fait d'accepter nos difficultés ne veut pas dire rester amorphes et résignés à souffrir. Mais ce dont nous faisons l'expérience à un instant donné, quoi qu'il en soit, est la réalité de cet instant. Quand nous refusons de l'accepter, nous nous trouvons en conflit avec la réalité… Si nous acceptons la nature transitoire de notre monde, nous cesserons d'essayer de contrôler ces choses qui, par nature, échappent à notre contrôle. Nous serons en paix avec tout ce qui peut se présenter à nous dans la vie et, apaisés, nous pourrons en même temps, travailler à faire du bien aux autres à partir d'une inspiration altruiste qui apprécie, en chacun des êtres, son potentiel de transcender la souffrance et de devenir éveillé.


** L’Évangile veux aller plus loin que la simple constatation du mystère du mal et de la souffrance. Jean-Paul II introduit l’idée de « l’Évangile de la souffrance ».

Christ-tete-souffrant.jpg

 

 

La souffrance n’est plus synonyme d’absurdité ; elle devient le lieu où Dieu a aimé l’homme . Il peut être choquant à première vue, de découvrir une « qualité » à la souffrance… ( Il nous faut condamer évidemment le dolorisme …).

 

Jean Paul II explique que « la joie vient de la découverte du sens de la souffrance », une découverte qui est une plongée dans le mystère du Christ qui rejoint dans la souffrance le mystère de l’homme.

 « Le « péché originel » est le résultat d’une relation brisée. Nous sommes tous comme saint Paul, faisant le mal que nous ne voulons pas et ne faisant pas le bien que nous voulons. C’est ça le constat. L’origine pour les bouddhistes, c’est l’ignorance. Côté chrétien, ce n’est pas forcément l’ignorance, c’est l’incapacité d’entrer dans cette relation interpersonnelle qui nous est offerte par Dieu. »

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