La machine idéale : la chaleur, une énergie disponible.
Geneviève se passionne pour les sciences physiques ; elle est assez étonnante à persévérer, au-delà du raisonnement expérimental, dans sa traduction mathématique. Elle remplit d'une écriture soignée, des pages de calculs, assimilant le calcul différentiel et intégral. Elle a plaisir à côtoyer les infiniment petits et leurs variations. Geneviève est aussi de plus en plus présente auprès de Lancelot, elle l'accompagne dans ses laborieuses et fatigantes sorties dans Paris. Il est reconnaissant, à sa mère, mais aussi à Geneviève, de lui faire oublier, non pas la guerre, mais la défaite. Il sent poindre à présent, les beaux jours.
Lancelot interroge sa mère, sur cet officier allemand, qui pressait de près Geneviève. Anne-Laure, ennuyée d'avoir été la cause de cette rencontre, a abordé ce sujet avec elle ; et, la sent très gênée d'en parler. Elle croit comprendre qu'il se dit très amoureux d'elle; il est très attentionné, mais elle n'éprouve aucun sentiment pour lui. Elle espère pouvoir terminer cette relation très vite.
La mère de Lancelot, pense, que vis à vis d'elle, il serait juste que Lancelot se décide à clarifier ses propres sentiments.
La défaite de l'Allemagne devant Stalingrad ( 2 février 1943) - Les américains en Afrique du Nord ... - Roosevelt, Churchill et Staline – se rencontrent à Téhéran en novembre 1943 .
Chacun attend la nouvelle d'un débarquement massif des anglo-américains ; c'est ce que, les bombardements sur Rouen, Rennes, Le Mans, signifieraient.
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Si nous prenions beaucoup de hauteur dans le temps, pourrions penser que la guerre est une loi de la nature ? Allons encore plus loin et interrogeons-nous ( plus tard...) sur l'hypothèse que le conflit pourrait être '' une réaction à la croissance de l’entropie irréversible que subit toute structure en non-équilibre thermodynamique. ''
Revenons à Pierre de Launay, et à sa présentation toute personnelle et passionnée, des fondamentaux de la thermodynamique.
Il fait très froid. Économiser l'énergie devient un objectif primordial lorsque les ressources en bois et en charbon s'épuisent, comme en ce temps de guerre.
'' La chaleur est une énergie qui est à notre disposition...'' En 1943, il est difficile d'entendre pareille chose, alors que tous les parisiens souffrent, l'hiver, de froid !
Dans tout corps, les molécules bougent et créent une énergie sous forme de chaleur. Cette énergie pourrait être canalisée, à l'aide d'une machine...
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Pour réfléchir à cela, il nous faut revenir à Sadi Carnot (1796-1832). A l'époque, les ingénieurs sont sollicités pour déterminer quelles sont les conditions dans lesquelles une machine thermique produit ''le plus'' en consommant ''le moins''.
Sans entrer dans le détail de fonctionnement d'une telle machine, tentons de comprendre quelques principes.
Les principes de la thermodynamique ne sont pas encore posés. Mais, déjà, pour Carnot, la chaleur est un fluide et non un combustible ; « La puissance motrice est due, dans les machines à vapeur, non à une consommation réelle de calorique, mais à son transport d'un corps chaud à un corps froid (…) Il ne suffit pas, pour donner naissance à la puissance motrice de produire de la chaleur : il faut encore se procurer du froid, sans lui, la chaleur serait inutile. » ( Réflexions... 1824)
C'est cette circulation d'énergie thermique depuis la source chaude vers la source froide qui va être converti en travail.
Sa machine ''idéale'' comprend
- Un cylindre fermé ( parfaitement isolé), avec dedans : une ''substance agissante'' : un gaz.
- Un piston mobile ( sans frottement) son déplacement nous permet de récupérer un travail.
- Un corps chaud ( un foyer...),
- un corps froid ( un condenseur).
Le gaz va être chauffé par une source chaude et refroidi par une source froide. Les changements de température sont causés également par l'expansion et la compression du gaz.
De Launay, grâce à une petite animation en papiers de couleurs, énonce à la petite assemblée la litanie de la magie du ''cycle de Carnot'' : « Le gaz est compressé fortement, sa pression et sa température augmentent : la pression du gaz est alors supérieure à la pression atmosphérique, le piston veut revenir en arrière pour équilibrer, la température du gaz aura tendance à diminuer puisque le volume augmente ; mais si j'apporte une source chaude le gaz légèrement plus froid va récupérer de l'énergie, la température du gaz ne varie pas, sa pression diminue peu, le piston continue de reculer. A ce moment, je supprime la source chaude, le gaz a un gros volume, à haute pression, pour équilibrer la pression le piston continue de reculer mais n'ayant plus d'apport d'énergie de la source chaude, la température et la pression diminuent fortement. Nous arrivons au point où le gaz a un gros volume à faible température et à faible pression, et le piston repart dans l'autre sens pour équilibrer la pression avec la pression atmosphérique. A présent, j'ajoute la source froide, le gaz se comprime mais sa température ne change pas car il refroidit par la source froide, la pression augmente très peu, le piston continue de reculer. Arrive le moment où je coupe la source froide, le gaz a un petit volume à faible température et à faible pression ; à ce moment-là le gaz va être comprimé par le piston pour revenir au point de départ; c’est à dire à un petit volume à haute température. » Le ''bidouilleur'' de génie regarde chacun. C'est magique ! Le physicien nous prévient : cette machine idéale n'existe pas. Cette façon cyclique de convertir de la chaleur en travail mécanique, a ses limites et ses pertes d'énergie...
- Une machine thermique peut-être un moteur, ou un système à produire de la chaleur.
- Si une machine peut nous chauffer, pourrait-on inventer une machine à faire du froid ?
- A priori oui... Imaginons notre fluide qui conduit la chaleur... S'il est plus froid que l'intérieur de la machine, la chaleur va passer du chaud au froid, le fluide se réchauffe, et l'intérieur de la machine se refroidit... Le sens des transferts thermique n'est alors pas naturel, et il est possible que si l'on fournit de l'énergie au système.
Ce fluide pourrait être un gaz ; et nous savons qu'un gaz fortement comprimé, qui ensuite se détend a pour conséquence de le refroidir... Seulement comprimer très fortement ce gaz ( pour ensuite le détendre) , libère de la chaleur qu'il faut évacuer...
- Donc inversement ; si on confine dans un espace, cette évacuation de chaleur, on refroidirait l'extérieur... ? Ne serait-ce pas une piste pour nous faire une machine à faire du chaud. Resterait à voir, si ce serait économique... ?
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De Launay, en est persuadé, la Thermodynamique est la science du futur : science de la chaleur, et science des grands systèmes en équilibre.
Nous aurions deux certitudes à effet négatif : l'augmentation de l'Entropie, et les limites de notre planète. A effet positif, nous bénéficions de la chaleur, de l'énergie du soleil ( infinie, à notre échelle) et un univers en expansion ( assez vaste pour y rejeter ce que la vie ''dissipe''.)
Notre planète est une machine thermique ; elle mériterait pour sa sauvegarde d'être pilotée par un gouvernement mondial, pour une gestion optimale des crises... De Launay, parle de dissiper de l'énergie avec efficacité ; et imagine un même vocabulaire pour les sciences dures et les sciences humaines...
A ce moment de ce parcours scientifique ; il me paraît essentiel de parler d'Albert Einstein ( 1879-1955)
C'est devant l'entrée du Grand hôtel Curhaus de Davos, que Lancelot avec Elaine, rencontrèrent le grand physicien et prix Nobel, Albert Einstein ; c'était à l'occasion des Cours universitaires de Davos, de 1928. Il se souvient en particulier de ces échanges entre Albert Einstein et Paul Tillich.
C'est ici : 1928 Davos - 2 - Albert Einstein et Paul Tillich - Les légendes du Graal (over-blog.net)
et 1928 Davos - 3 - Albert Einstein et Paul Tillich
Rappelons-nous : « Il n’y a plus rien à découvrir en physique aujourd’hui. » ( Lord Kelvin, 1900), éventuellement quelques précisions à faire... Sur la composition de l'éther, par exemple...
Les communications, les transports, l'énergie avec l'électricité … Tout était à portée.
Pourtant, tout ceci, ne concernait que le monde macroscopique, et à échelle humaine. La structure de la matière, demeurait inconnue.
Jusqu'à ce que Einstein révolutionne la physique... !
Quel lien entre la Réalité et la théorie physique ?
Frédéric Joliot, au sein de l'université, mène une vie clandestine qui s’avérera critique par la présence d'un agent double... Ses rencontres avec d'autres intellectuels, les entraînent à réfléchir aux conséquences de découvertes comme la fission de l'atome. Certains sont attirés par le régime soviétique.
Joliot travaille sur le cyclotron ; il prépare les '' jours d'après '' et prévoient la construction de ''générateurs de projectiles transmutants'', et la formation des hommes qui devront les fabriquer.
Il republie des notes sur les réactions nucléaires, et la radiobiologie.
Joliot est persuadé que les allemands ne sont pas prêts à fabriquer une bombe nucléaire, ils ont fait peu de progrès sur l'uranium ; ils n’utilisent pas le cyclotron pour des projets militaires. Par ailleurs, il a su compter sur Gentner, qu'il qualifie d' ''anti-nazi'' ; qui a été rappeler à Heidelberg parce que trop ''proche'' des français; et sur Hans Jensen qui vient d'arriver et que Gentner lui a présenté comme un ''ami'' ; à la différence de Wolfgang Riezler, chargé de le remplacer à la tête de l'équipe.
La mère de Lancelot ne peux cacher longtemps, à son fils, le fond de sa pensée. Elle imagine volontiers pouvoir le marier, elle lui rappelle son âge, sa difficulté - suite à son accident - à être tout à fait autonome. Geneviève serait parfaite, ne lui conviendrait-elle pas ?
Lancelot, il est vrai est sensible aux attentions qu'elle lui prodigue. Il remarque sa beauté, même s'il transparaît derrière la régularité des traits, une certaine dureté... Elle n'eut pas une enfance facile : orpheline, des merciers lui offrent famille et travail dans leur commerce. Affaire d'autant plus prospère que le père assure les achats des trois magasins, tout en travaillant comme fondé de pouvoir-acheteur pour un grand magasin de nouveautés à Casablanca.
Lancelot arrive à marcher avec des béquilles. Son chirurgien, se félicite de ces résultats, alors qu'il a hésité sérieusement à procéder à l'amputation du pied droit. Les salons scientifiques se tiennent toujours le jeudi après-midi, avec parfois la visite de chercheurs. Ainsi Pierre de Launay, polytechnicien et thermodynamicien qui a bien connu Pierre Duhem et - curieusement - s'est intéressé avec lui à la ''science de la nature''... au Moyen-âge.
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Duhem mêlait physique et métaphysique : « Il serait déraisonnable de travailler au progrès de la théorie physique, si cette théorie n’était le reflet de plus en plus net et de plus en plus précis d’une Métaphysique ; la croyance en un ordre transcendant à la Physique est la seule raison d’être de la théorie physique. » disait-il. Nous reparlerons - avec lui - du Moyen-âge...
Pour Pierre Duhem, les théories physiques ne relient pas les phénomènes à leurs causes réelles et ne révèlent rien du monde réel. Maritain retient cette idée, pour les mathématiques du fait de son abstraction, - et il est vrai que la science prend de plus en plus une forme mathématique...- , mais il lui semble que la structure de la physique dépend de la matière et ne peut qu'adhérer au réel …
Pour Duhem, dire que la matière est composée d’atomes, c’est tomber dans une métaphysique atomiste … Pour lui, le tableau de Mendeleïev est un système de classification qui rend compte des expériences de chimie, pas de la réalité ultime de la matière.
De quelle nature est la réalité ? Duhem répond : - cette question ne relève pas de la méthode expérimentale ; celle-ci ne connaît que des apparences sensibles et ne saurait rien découvrir qui les dépasse. La solution de ces questions est transcendante aux méthodes d'observation dont use la Physique ; elle est objet de Métaphysique.
Il serait important de préciser le lien entre physique et métaphysique...
Quelle est donc la fonction d’une théorie physique, si ce n’est pas dire ce que c’est que la réalité ?
Duhem donne plusieurs réponses :
1. Une théorie physique permet l’économie de la pensée. C’est une idée que Duhem reprend à E.Mach,
2. un système de classement de nos expériences,
3. mais ce classement n’est pas arbitraire ; sa capacité prédictive montre qu’il doit refléter un ordre naturel.
Une loi physique comme U=R*I, n'explique rien. Elle se contente ( et c'est beaucoup...) de modéliser ce qui se passe, de permettre des calculs et faire des prévisions ( avec u=ri et p=ui, je peux calculer le temps nécessaire à chauffer mon café)
« Les grandeurs sur lesquelles portent les calculs ne prétendent point être des réalités physiques. » Duhem.
Poincaré lui-même écrivait : « Les théories mathématiques n'ont pas pour objet de nous révéler la véritable nature des choses ; ce serait là une prétention déraisonnable. Leur but unique est de coordonner les lois physiques que l'expérience nous fait connaître, mais que sans le secours des mathématiques nous ne pourrions même énoncer.
Peu nous importe que l'éther existe réellement, c'est l'affaire des métaphysiciens ; l'essentiel pour nous c'est que tout se passe comme s'il existait et que cette hypothèse est commode pour l'explication des phénomènes. Après tout, avons-nous d'autre raison de croire à l'existence des objets matériels. Ce n'est là aussi qu'une hypothèse commode ; seulement elle ne cessera jamais de l'être, tandis qu'un jour viendra sans doute ou l'éther sera rejeté comme inutile. » (La science et l’hypothèse , chap. XII).
La science décrit, elle n'explique pas. Elle décrit avec plus ou moins de précision, ainsi ce qu'il en est des lois de Newton, ou de la notion d' '' éther'' … !
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Il ajoute : « Loin de là, sans ce langage ( mathématique) , la plupart des analogies intimes des choses nous seraient demeurées à jamais inconnues ; et nous aurions toujours ignoré l'harmonie interne du monde, qui est, nous le verrons, la seule véritable réalité objective.
La meilleure expression de cette harmonie, c'est la loi ; la loi est une des conquêtes les plus récentes de l'esprit humain ; il y a encore des peuples qui vivent dans un miracle perpétuel et qui ne s'en étonnent pas. C'est nous au contraire qui devrions nous étonner de la régularité de la nature. » ( H. Poincaré, La valeur de la science 1906)
Il est donc difficile d'affirmer q.q.ch. sur la nature du réel ''en soi'', la théorie physique ne serait qu'une classification de nos représentations.
Pourtant...
Einstein pense pouvoir élaborer une théorie unique pour expliquer comment le monde s'organise à l'aide de lois élémentaires et universelles. Avant d'en parler. Je voudrais en rester à la thermodynamique, parce que notre polytechnicien Pierre de Launay souhaite nous entretenir de découvertes pour lui essentielles quant à notre besoin d'énergie.
L'Unité des forces du Monde
- N'avons-nous pas imaginé que le monde était rationnel, et que ses lois s'imposaient ?
Je ne parle pas qu'en physique ; je pense davantage à la gestion de l'Etat.
- Notre chef nous demandait alors de lui donner cartes blanches, pour assurer - autoritairement si nécessaire – la gestion technocratique de l'Etat français. La ''Révolution Nationale '' c'est le rejet de la démocratie et du libéralisme ; le pouvoir populaire devant s'identifier à un dirigeant fort. Pétain prétendait exécuter sans détours et sans délais « ce que le peuple veut ».
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Parler du fascisme avec Drieu c'est attirer sa colère sur le régime français. Pour lui, il s'agissait d'une vision du monde cohérente et esthétique (!) ; il en parlait en 1934 dans un essai intitulé « Socialisme fasciste » ; une époque où l'Italie de Mussolini, pouvait en être le modèle.
« Le libéralisme niait l’État, dans l’intérêt de l’individu ; le fascisme réaffirme l’État comme la véritable réalité de l’individu. » ( B. Mussolini, La Doctrine du fascisme, 1938.)
Et pour en revenir aux loi de la physique de la nature : Oui, la doctrine fasciste affirmait que les peuples étaient soumis aux « lois de la nature », aux lois originelles de tous les êtres humains en lutte entre eux pour la survie et l’expansion. ( Ezio Maria Gray, politicien fasciste italien)
Dans ces lois, ''la force'' serait l’élément essentiel : la nature se caractérise par ses forces.
Dans la presse, on parle de pouvoir libérer une énorme quantité d'énergie, en faisant exploser le noyau d'un atome... ! Edmond Blanc dans '' le Jour'' en conclut : « On dit qu’il ne faut pas jouer avec le feu. Il ne faut peut-être pas davantage jouer avec l’énergie colossale enfermée dans les atomes, petits univers scellés par les forces de la Nature. »
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Prenons du recul, avec la Physique, encore.... Nous sommes 4 siècles avant J.C. ; la structure de notre monde, est pensée autour des 4 éléments, la terre, l'eau, l'air et le feu. Ces éléments se combinent par attraction ( amour ) ou répulsion ( haine). Aristote associe à la matière 4 qualités : le chaud, le froid, l'humide et le sec. Exemple, le feu est chaud-sec, l'air est humide-chaud, l'eau froide et humide et la terre froide et sèche...
Pour René Descartes ( 1596-1650), le monde est ''plein'' : l'action créatrice de Dieu repose sur la matière qui doit emplir tout l'espace. Ce monde plein ( le ''vide'' n'existe pas) est composé de trois éléments, l'éther, le feu, la terre. Blaise Pascal va lui, expérimentalement, admettre l'existence du vide.
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L'Unité de la nature de Kant, inspire des scientifiques qui travaillent sur l'électricité et le magnétisme.
« La nature, c'est l'existence des choses, en tant qu'elle est déterminée selon des lois universelles. ». Et, si Kant dit « unité de la nature », il ne s'agit pas de réalité en soi, il s'agit d'une « unité nécessaire, certaine à priori, de la liaison des phénomènes. » Car « l’entendement ne puise pas ses lois (a priori) dans la nature, mais les lui prescrit » ( Prolégomènes, 1783 ) .
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En 1820, Ørsted met en évidence la relation entre l'électricité et le magnétisme. La loi d'Ampère la plus connue est celle de l'électrodynamique. Elle décrit les forces que deux conducteurs parallèles parcourus par des courants électriques exercent l'un sur l'autre.
Il est possible d'envisager que les forces « électrique » et « magnétique » puissent être en fait unifiées, et Maxwell propose en 1860 une théorie générale de l'électromagnétisme classique, qui pose les fondements de la théorie moderne.
A ce propos, Feymann qui participera au projet Manhattan ( la course à la bombe atomique, avant les nazis..) dira que l’événement marquant du XIXe siècle sera d'avoir établi les fameuses ''4 équations de Maxwell '', qui expliquent des phénomènes comme l'électricité, le magnétisme et la lumière.
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Depuis 1884, elles sont là : ( pas de panique …)
1 Une charge électrique génère un champ électrique autour d'elle.
2 Le champ magnétique est engendré par une configuration en ''dipôle''. Il est impossible de séparer les pôles Nord et Sud d'un aimant.
3 Si on fait varier le flux magnétique dans un circuit, ça provoque un courant électrique dans ce circuit ( Loi de Faraday).
4 Un courant provoque un champ magnétique.
Ces 4 équations expliquent tout l'électromagnétisme ! Les physiciens vont rapidement se rendre compte que les ondes lumineuses ne sont autres que des ondes électromagnétiques.
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Wilhelm Ostwald ( Professeur à l’université de Leipzig ) suggère une autre piste : celle de reconstruire la physique sur la base des deux principes de la thermodynamique : le principe de conservation de l’énergie et celui d’entropie.
Ostwald, en 1895, prétend que le concept de matière, lié à une interprétation mécaniste de la nature, est périmé. « dans le monde de la mécanique rationnelle, il n'y a ni passé, ni avenir au même sens que dans le notre. L'arbre peut redevenir graine, le papillon chenille... Pourquoi ces faits ne se produisent-ils pas dans la réalité ? La théorie mécanique ne l'explique pas ; le fait que, dans la nature réelle, les phénomènes ne sont pas réversibles, condamne sans appel le matérialisme physique. »
L'énergie est un invariant de l'Univers, régissant l'ensemble des phénomènes physiques. Pour Ostwald tout est énergie.
Pierre Duhem (1861-1916), s'était lié d'amitié avec Paul Painlevé ( ami d'Anne-Laure...), qu'il avait rencontré à l'Ecole Normale Supérieure. Son opposition au chimiste Marcelin Berthelot et son anti-républicanisme, seront des obstacles à sa nomination à Paris. Il part pour Bordeaux. Anti-dreyfusard, il se brouille avec Painlevé ( 1894).
La plupart des contemporains de Pierre Duhem - en France notamment - se proposaient de réduire les phénomènes chimiques à la mécanique ; lui, les rapportait à la thermodynamique. Et, donc en opposition au projet de réduction mécaniste des atomistes, comme Boltzmann.
Duhem considère que l'entropie ne peut être représentée par une combinaison de seuls concepts mécaniques.
Pourtant, en 1909, Otswald va admettre que Jean Perrin avec son article '' Mouvement Brownien et réalité moléculaire '' a apporté la preuve expérimentale de la structure atomique de la matière.
Thomson et Clausius formule l'Entropie par des interdictions : - ''un système ne peut produire un effet mécanique en extrayant de la chaleur de l'objet le plus froid avec lequel il interagit''. - '' Il n'existe aucun processus qui aurait pour seul effet un transfert de chaleur d'un corps froid vers un corps plus chaud.''
L'entropie se présente sous forme d'irréversibilité de flèche du temps, de dégradation. Lors du freinage d'une voiture son énergie cinétique se dégrade en chaleur dans les freins.
Maxwell et Boltzmann ( encore eux...!) vont formaliser l'expression mathématique de la théorie cinétique des gaz ( qui interprète les notions de température et de pression des gaz).
Un gaz paraissait être un milieu continu, élastique … L'idée de la nature atomique de la matière cependant faisait son chemin ; et un gaz pouvait être un ensemble de particules en agitation permanente. Un gaz apparaissait comme un véritable ''chaos'' ( qui a donné ''gaz''!), et qui cause une pression sur les parois.
Clausius interprète la chaleur en tant que manifestation de l'énergie associée à leurs mouvements désordonnés.
James Maxwell suppose donc que les particules d'un gaz sont des sphères de petites dimensions, dures et parfaitement élastiques. Ces molécules s'entrechoquent à des vitesses différentes
James Maxwell montre que la température absolue T du gaz est un paramètre caractérisant la distribution de probabilité des vitesses des molécules.
Enfin, Ludwig Boltzmann, comme nous l'avons vu, veut élucider la nature de l'entropie, grandeur restée mystérieuse. Après des années d'efforts, il y parvient en 1877. Il fait correspondre, à un état d'équilibre d'un matériau, un très grand nombre W de configurations microscopiques possibles indiscernables à notre échelle, et il identifie l'entropie S du matériau au logarithme de ce nombre. S=K log W ( K=1,38.10 puissance-23) ( formule novatrice inscrite sur la tombe de Boltzmann), S exprime une complexité cachée, sa croissance s'interprète comme une augmentation du désordre microscopique. Ainsi, l'ordre exhibé par un cristal disparaît lors de sa fusion. Une augmentation de température fait croître le désordre.
Face au caractère désordonné de l'énergie fournie à un moteur thermique par la source chaude, la source froide apporte de l'ordre.
1943 – Drieu – Colette - La vie continue
Drieu la Rochelle a le génie de se rendre insupportable. Centré sur lui-même, il tient à vous convaincre qu'il tient à vous. Il se plaint des femmes et badine avec Geneviève. Très agressif, il cible continuellement les juifs; et ne dort plus depuis que « sa femme N°1 » est retenue à Drancy.
Anne-Laure l'interroge sur Colette Jéramec, qui vient d'être internée avec ses deux enfants ( avril-mai 1943). Devenue médecin pédiatre, elle travaille comme chercheur à l'Institut Pasteur avec le professeur Legroux, bactériologiste. Son troisième époux, père de ses deux garçons, est Paul Tcherniakovsky qui travaille à la faculté des sciences. Elle refuse de porter l'étoile jaune.
Drieu, ami d'Otto Abetz, est aussitôt prévenu. Abetz est absent, pour le remplacer Rudolf Schleier, très impliqué dans la déportation des juifs, que Drieu méprise... Cependant, il va tout faire, mobiliser chacun pour intervenir; et finalement la faire libérer, le 25 mai, la veille de son transfert vers Auschwitz.
Drieu est allé la voir au camp d'internement établi dans un grand ensemble de logements en construction, à Drancy, une banlieue ouvrière. Il décrit les barres d'immeubles, la cour fermée de barbelés, le parloir, la misérable apparence de Colette... Mais c'est lui que l'on doit plaindre: d'avoir été forcé à voir ça !
Il ne peut s'empêcher d'ajouter qu'il la trouve insupportable, « aux manières petites-bourgeoises, terriblement scientiste, et surtout, surtout pas artiste pour deux sous, sans humour. »
En décembre 1943, Eugène Wollman ( bactériologiste) et sa femme Elisabeth ( biologiste) sont tous deux transférés à Drancy, puis déportés à Auschwitz par le convoi 63, ils seront assassinés à leur arrivée.
Appuyé par Paul Langevin, en résidence surveillée à Troyes, Frédéric Joliot est élu à l'académie des sciences, en juin 1943. La question se pose pour certains : s'agit-il d'une compromission avec Vichy, ou de la victoire d'un camp opposé à Vichy ? Est-il vrai que Joliot est en négociation avec des industriels et envisage la réalisation d'une usine centrale produisant jour et nuit une puissance électrique de 300.000 kW avec consommation annuelle d'une tonne d'uranium ? A moins qu'il ne s'agisse que d'un projet pour les '' jours d'après'' ?
Joliot précise que son travail, en relation avec l'occupant « concerne principalement la technique du cyclotron et la radioactivité artificielle. » et n'a aucun rapport direct ou indirect avec la guerre ; refusant toute participation à l'effort de guerre allemand.
Irène Joliot-Curie part en Suisse, pour soigner sa tuberculose. Elle obtient avec l'aide de Gentner les autorisations de Vichy.
La comtesse de Sallembier rejoint Duhamel, pour intervenir auprès de Brinon, et obtenir la libération de Béatrice de Camondo et de son mari, le compositeur Léon Reinach, arrêté parce que trahi par son passeur alors qu'il tentait de rejoindre l'Espagne. Anne-Laure avait suivi la conversion de Béatrice au catholicisme, ne s'étant jamais sentie de confession juive... Ils feront partie du convoi 62, avec 1200 personnes conduites vers la mort à Auschwitz.
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Il fallait s'en douter ! Anne-Laure partage à Lancelot le souci que lui a confié Geneviève T. Un officier allemand se montre très empressé auprès d'elle pour l'inviter, et la voir seule...
Les ''légionnaires '' de la Révolution Nationale sont devenus '' La Milice '' ( janvier 1943) et se mettent au service de la Waffen SS ; Laval en est le chef, avec Joseph Darnand pour adjoint.
Un professeur de philosophie au lycée Condorcet, Jean-Paul Sartre, publie un essai philosophique "L'Etre et le Néant", et Marcel Aymé, un roman ''Le Passe-Muraille", puis le conte "La Patte du chat" dans l'hebdomadaire "Je suis partout".
Jacques Bergier qui passe à Paris régulièrement sous une fausse identité ( Jacques Verne) , informe de l'arrestation du chimiste André Helbronner chez lequel il avait travaillé , le 7 juin 1943 à Lyon, sur dénonciation d'un milicien (français) dénommé Plouvier travaillant pour la gestapo de Klaus Barbie. Il mourra en mars 1944 au KZ Buchenwald.
Un ami, raconte avec entrain sa soirée en petit comité de la représentation d'une pièce de Sartre '' Les Mouches '' au Théâtre de la Cité : une pièce, bien-sûr à visée philosophique. Sartre nous disait qu'il voulait s'opposer à la religion du repentir qui avait cours, suite à ''la défaite'' , Jupiter est ''le roi des mouches''. Comme Oreste, nous ne devons pas nous demander si nous sommes libres, nous devons prendre conscience que nous le sommes, nos actes sont de notre responsabilité. Le cadre mythique de la pièce, nous indique l'absolu de la liberté. Oreste tue sa mère, la reine Clytemnestre et son amant ( assassin de son père) ; et se déclarant responsable de son crime, il se libère de son destin. Cet acte engage alors tout le peuple d'Argos, à qui, Oreste révèle, qu'il est libre. Cette pièce n'aura sans-doute aucun succès, dans notre contexte d'occupation ; pourtant... ! Le jeune Albert Camus était présent, il l'a félicité et sans-doute remercié pour l'article de Sartre sur L'Etranger.
L'Entropie
Les unités de l'Armée française en Algérie ont basculées du côté des '' Alliés ''. L'amiral Darlan aurait ordonné aux soldats, marins et aviateurs de se joindre aux Anglo-Saxons afin d’être fidèles à la vraie pensée du maréchal Pétain dont il serait, lui Darlan, le véritable interprète.
Une manifestation doriotiste aux Champs-Élysées n'a pas de succès ; ils crient '' Guerre aux anglais '' et ne sont pas suivis.
En réaction, les Allemands ont donc franchi la ligne de démarcation et envahi la zone libre ; le gouvernement de Vichy est sous-contrôle de l'occupant. Pétain ne devrait-il pas partir pour Alger ?
La Gestapo s'est aussi installée à Vichy, et prépare des arrestations. Le 12 novembre, des SS s'emparent de Weygand.
Le nazisme est à l’œuvre !
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Nous sommes face à un nouveau facteur de désorganisation. Dans un système fermé, nous parlons aujourd'hui d'Entropie... Peut-on parler, comme J. Schumpeter de '' destruction créatrice''... ? Il n'y a plus le choix, il faut s'adapter. Du côté de la vie, nous parlons de '' néguentropie '' pour s'organiser, s'adapter, fonctionner...
Pour l'instant, je reviens à la physique.... Le terme entropie a été forgé en 1865 par le physicien allemand Clausius, qui introduit cette grandeur afin de caractériser mathématiquement l'irréversibilité de processus physiques tels qu'une transformation de travail en chaleur.
Arrêtons-nous sur cette notion de '' l'Entropie ''.
Rappelez-vous, notre rencontre avec Russell, à ce propos : Bertrand Russell et l'Entropie - Les légendes du Graal (over-blog.net)
A l'origine, l'entropie exprime une dissipation de l'énergie en chaleur... C'est ce qui rend le temps irréversible, la vieillesse, la mort... Alors, constatons que la vie, c'est ce qui résiste à l'entropie...
L'énergie se conserve, se transforme et une partie fuit ( chaleur ). L'énergie est de moins en moins ''disponible''. Mais, l'entropie n'est pas l'énergie ( Joule) .
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L'énergie s'exprime lors de ses formes utiles ou libres ( qui développent un travail) , et les formes inutiles ( chaleur).
L'Entropie S= Q / Température. Où, Q est la quantité de chaleur ( Energie inutile) en Joule reçue par un système thermodynamique et T sa température thermodynamique en Kelvin.
Si on brûle un combustible, on passe de l'énergie chimique à de l'énergie thermique, et on peut s'en servir pour faire de l'énergie mécanique... Pas entièrement, un moteur thermique doit être refroidi... Par exemple, dans un moteur à quatre temps : la chaleur engendrée doit être expulsée vers le monde extérieur, pour que le cycle reprenne. Un moteur thermique n'est pas un système isolé ; il arrive à fonctionner parce qu'il redonne à l'extérieur son augmentation d'entropie.
L'entropie serait nulle au zéro absolu. Les mouvements des particules d'un gaz s'arrêteraient.
Le zéro absolu est la température la plus basse possible, impossible à dépasser. Il correspond à la limite basse de l'échelle de température thermodynamique, soit l'état dans lequel l'entropie d'un gaz parfait atteint sa valeur minimale, notée : 0 °Kelvin ou -273,15 °Celsius. .
On dit aussi, qu'une diminution locale de l'entropie serait une création d'ordre, et un gain d'ordre d'un côté doit se payer par un désordre plus grand de l'autre...
Que signifie réellement cette notion d'ordre ? Comment lui donner un sens ?
L'ordre serait ici l'interaction entre atomes ; le désordre, le déplacement libre des atomes. Un système de basse entropie est plus ordonné qu'un système ayant une entropie élevée.
La croissance de l’entropie est une croissance de la complexité à l’œuvre au sein d’un système fermé. C’est le cas de l’Univers. Au sein du système, elle permet , ici et là, à l’ordre et à l’organisation de voir le jour, la vie par exemple est grande fabricante d’entropie.
Il y a un problème : plus d'ordre local, signifie plus d'entropie globale … ! Le système s'ordonne et libère de l'entropie. C'est donc que le système est ouvert ; il est alors parfaitement possible de faire diminuer son entropie.
Par exemple si on comprime un gaz à température constante, son entropie diminue (les molécules seront plus "tassées" et donc le désordre va diminuer), mais pour cela, il faut fournir de l'énergie en appuyant sur le piston. Un autre exemple : je mets un morceau de sucre dans un verre d'eau chaude (isolé). Initialement l'entropie est faible : le sucre est concentré dans le morceau solide (une seule configuration) et l'eau à part, puis le sucre se dissout et diffuse dans l'eau et évolue vers un état où les molécules de sucre peuvent se répartir suivant un très grand nombre de configurations aléatoires avec une concentration homogène dans tout le volume : le système évolue vers un état d'entropie maximale.
A l'inverse, si le système est ouvert, je peux agir dessus en évaporant l'eau pour re-cristalliser le sucre et reformer le morceau, puis remettre de l'eau : je suis revenu à un état d'entropie plus faible, mais il a fallu fournir un travail pour cela.
A chaque fois que l'on fait fonctionner un moteur thermique, on fait augmenter l'entropie de l'univers. L'énergie thermique ne peut pas se retransformer en énergie utile.
Les pensées de Lancelot, le conduisent sur une réflexion sur nos sociétés. Comme des systèmes physiques composés d'humains ; ne pourraient-elles pas obéir à la thermodynamique ? Elles transforment de la matière, créent de l'énergie utile comme la nourriture, le transport ; et bien-sûr s'ordonnent politiquement, économiquement. Cette complexification et cet ordonnancement diminuent l'entropie, et elles l'évacuent. La terre serait un moteur thermique, la source chaude ( le soleil, et même le noyau terrestre), la source froide, peut-être la nuit. Le système physique Terre comprend le vivant, tout autant que l'atmosphère, les océans...
La Terre se doit d'évacuer ses déchets vers une '' source froide '', pour ne pas accumuler et augmenter le désordre, et à moins de devoir vivre dans un flux de chaleur... les lois de la thermodynamique sont implacables : on ne peut pas lutter contre...
Clausius considérait l'Univers comme fermé et isolé. Aujourd'hui, grâce à Edwin Hubble ( 1889-1953) et depuis les années-vingt nous savons que l'Univers est en expansion. Et, cette expansion s'accélère. L'Univers est donc hors équilibre: il s'auto-organise ; peut-être comme des cycles de Carnot autour d'un point critique, de l'eau par exemple.
Théoriquement, dans un univers qui tend vers l'équilibre, la vie n'aurait pas dû advenir. Mais, l'Univers étant un système ouvert, la vie existe pour dissiper de l'énergie !
Nous augmentons l'ordre ( l'intelligence artificielle pourrait en être le meilleur !), par la biologie, la sociologie...etc
Évidemment, il faut se méfier d'un tel réductionnisme, qui aurait tendance à séduire par la théorie du ''Grand Tout''
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L'autrichien Ludwig Eduard Boltzmann, physicien, est né le 20 février 1844, et s'est suicidé en septembre 1906. Son nom est attaché au concept d'Entropie.
Boltzmann est un contemporain de Georg Cantor, ce dernier a jeté le domaine des mathématiques dans l’incertitude par sa définition de l’infini et l’hypothèse du continuum.
Boltzmann a obtenu son doctorat pour sa thèse sur la théorie cinétique des gaz. L’idée que le mouvement des petites particules – atomes et molécules – définit les propriétés de la matière est très controversée à l’époque. L’un des principaux obstacles à son acceptation était le fait que les molécules et les atomes n’étaient pas visibles, de sorte que les preuves ne pouvaient être déduites.
A 25 ans, Boltzmann était déjà professeur titulaire de physique mathématique à l’Université de Graz. Boltzmann a développé son interprétation statistique de la deuxième loi de la thermodynamique dans son célèbre article de 1877 sur la deuxième loi et le calcul des probabilités.
C’est dans cet article que la célèbre relation de Boltzmann, S = k log W, est apparue pour la première fois. Cette équation relie l’entropie S, au logarithme du nombre de micro-états thermodynamiques possibles de la matière. W.
L’idée de Boltzmann que la matière, et toutes les choses complexes – l’eau, le feu, la vie – étaient soumises à l’entropie et à la probabilité, a déclenché un immense bouleversement dans le monde de la physique, mais non sans une grande résistance entre collègues, y compris Ernst Ostwald et Ernst Mach ( « Atomes? En avez-vous déjà vu un? » ) , deux de ses plus grands adversaires.
L’entropie est irréversible, elle augmente presque toujours, rendant la désintégration inévitable et imparable. Ou, en bref, le désordre est toujours plus élevé dans le futur, vers lequel nous nous dirigeons en spirale.
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Pour lui, science et philosophie, s'imbriquent dans la recherche de la vérité. Ostwald fondait, lui, sa recherche en science physique sur l'énergie. En 1895, il affirmait : « L’irréversibilité réelle des phénomènes naturels prouve ainsi l’existence de processus qui ne peuvent pas être décrits par des équations mécaniques, et avec cela, le verdict sur le matérialisme scientifique est réglé. ». Boltzmann se battait comme un taureau, contre un adversaire qui paraissait plus souple. Arnold Sommerfeld, qui assistait à la confrontation a considéré le taureau comme victorieux : « Les arguments de Boltzmann ont porté le coup. Nous, les jeunes mathématiciens de l’époque, nous sommes tous du côté de Boltzmann... ».
En 1909, Ostwald a fini par accepter qu’il s’était trompé.
Boltzmann était sujet à des périodes de dépression sévère ; et il était très affecté par la non-reconnaissance de ses idées. Sa pierre tombale arbore sa célèbre formule de l'entropie.
L'énergie alimente le moteur de notre civilisation
* L'armée d'armistice cesse d'exister ; Rivet ( des BMA) aurait rejoint Alger. Dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, les forces américaines ont débarqué au Maroc, à Oran. Vichy va devoir choisir son camp ! Un peu d'espoir et quelques sourires s'échangent entre français ; alors même que le boucher apprend à ses clients qu'ils n'auront plus que 90gr de viande par semaine.
Inévitablement, les allemands envahissent la zone libre. Weygand a été arrêté. Pétain devrait se replier sur l'Afrique du nord, puisque les accords d'armistice sont devenus inopérants Comment les valeurs de la révolution nationale pourraient-elles s'accorder avec la terreur des SS, sur tout notre territoire ?
En décembre 1942, l’école d'Uriage, qui faisait preuve d’un esprit opposé à la collaboration et s’était de facto placée en marge de la politique menée par le gouvernement de Vichy, est dissoute par Laval pour “menées antinationales”.
* Dans le journal, Lancelot se satisfait d'apprendre que ce 20 décembre 1942, pour le prix Goncourt, une seule voix s'est portée sur Les décombres de Lucien Rebatet . Et, les bonnes surprises viennent de la publication par Albert Camus de L’Etranger et Le Mythe de Sisyphe.
* Drieu la Rochelle passe en coup de vent ; il dit préférer la victoire des russes à celle des américains. Il aurait entendu sur Radio Alger qu'on lui promettait, ''à lui comme aux autres, le châtiment suprême''. Il regrette d'être tombé dans les excès de la politique ; et ce qui l'attriste, « c'est d'être mis dans le même sac que d'autres. »
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* Entre mi-1942 et 43, Jules Guéron - chef du laboratoire de la direction de l'armement de la France Libre – affecté à Cambridge pour des des recherches sur la libération de l'énergie nucléaire dans la fission de l'uranium, tente - sans succès - de faire venir Joliot en Angleterre ; et s'occuper de la question de l'uranium.
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Un an avant les Américains, Guéron va établir la valeur juste de la section de capture des neutrons lents par l'uranium 238, donnée cruciale pour la poursuite des recherches atomiques. Ceci, avant que le groupe de Cambridge soit transféré au Canada ( janvier 43).
En effet, les scientifiques nucléaires américains progressent sur la fission des atomes d’uranium et la réaction en chaîne, en particulier dans l’isotope U235, lorsque la matière est bombardée par des neutrons. On connaît l’efficacité des neutrons lents par rapport aux neutrons rapides pour obtenir une réaction en chaîne, et les méthodes possibles de séparation de l’U235 de l’U238 dans l’uranium naturel. ( Plus de 99% de l’uranium naturel est composé d’uranium 238, difficilement fissible).
L'homme aurait donc besoin d'augmenter indéfiniment ses moyens d'agir ( énergie = moyen d'action). Il y eut la maîtrise du feu, la force humaine ou animale pour transporter, construire, utilisation du vent, de la vapeur, de l'électricité …. Reprenons :
Une force qui se conserve sur un déplacement produit un ''travail''. Descartes en observant le choc de deux boules en conclut que c’est la quantité de mouvement ''masse*vitesse'' qui se conserve en se communiquant d’un objet à l’autre. Newton met en avant l'idée de force - la force comme cause: force d'inertie, force imprimée - plus que celle de sa conservation ; la force est la cause qui modifie la quantité de mouvement ( m.v)
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En Allemagne - dans un contexte philosophique différent - un nouveau concept émerge : l'énergie.
Leibniz (1646-1716) pose un concept métaphysique, indissociable de la notion de force : l'action, « wirkung » La notion de « force » rejoint alors celle de '' puissance active '' à l’œuvre dans le monde.
C'est ensuite l'influence de la Naturphilosophie, de Schelling ( 1775-1854). La nature, est un sujet actif, gouvernée par 3 forces : la lumière, l'électricité et le magnétisme. L'Univers s'organise par transformation de forces. On appréhende la nature de façon globale et la force est le principe fondamental de tous les phénomènes ; cette force passe sans cesse d'une forme à une autre. Cette vision permet de chercher des analogies entre les phénomènes des différentes composantes de la physique.
Les phénomènes de chaleur, de puissance mécanique, d'électricité pourraient être la même puissance naturelle qui sous ses diverses formes reste constante en quantité.
J.P. Joule ( 1818-1889) va déterminer quantitativement l'équivalence entre la chaleur et le travail.
En 1847, Helmholtz propose la '' loi de conservation des forces '', il réfute l'idée du calorique, puisque la chaleur peut être engendrée. La chaleur exprimerait une quantité de force vive du mouvement et une quantité de tension de l'état intérieur de la substance.
C’est en 1850 que William Thomson ( = Lord Kelvin - 1824-1907) propose de substituer « energy » à « force » et ce n'est qu'après 1875, que le mot ''énergie'' est repris dans la littérature scientifique française.
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Au XVIIIe siècle, la température devient une grandeur mesurable. Mais, quelle est la nature de la chaleur ? Est-ce une matière ? Un ''principe '' ( un peu comme le ''feu en puissance'' d'Aristote).
Tout corps susceptible de combustion contiendrait du phlogistique ; et quand il brûle le phlogistique s'échappe, devient feu ( lumière + chaleur).
Une autre théorie fait l'hypothèse que la chaleur serait une sorte de fluide, nommée calorique. Il faudrait également différencier la chaleur ( une quantité) de la température ( une intensité)
Dès 1770, avec James Watt et les premières machines à vapeur, en l’absence du concept d’énergie, on considérait généralement la chaleur, à côté de la lumière, de l’électricité et du magnétisme, comme l’un des quatre « fluides impondérables », appelé phlogistique puis calorique.
Lavoisier va imaginer le '' calorimètre '' permettant de contrôler les échanges de chaleur...
Anne-Laure de Sallembier se souvient très bien d'un débat entre Poincaré et Duhem, que lui avait rapportée J.B. de Vassy. Pierre Duhem (1861-1916), monarchiste et catholique, était un physicien, spécialiste de '' Thermodynamique ''. J.B. avait été assez séduit par la tentative de Duhem, d' unifier les sciences physiques et chimiques au sein d’une thermodynamique généralisée. Duhem était en opposition au projet de réduction mécaniste des atomistes comme Boltzmann.
A la source de ses propres travaux scientifiques, Duhem plaçait « l'une des plus grandes découvertes qu'aient jamais enfantées la philosophie naturelle » : la théorie de la chaleur de Sadi Carnot (1796-1832), présentée en 1824 dans ses ''Réflexions'', et que les institutions scientifiques ont ignorées...
Avant de revenir à Duhem ; rappelons-nous l'apport de S. Carnot.
S. Carnot, se passionne pour les machines à vapeur et leur rendement. Il considère que le travail moteur n'est produit dans une machine que par une « chute de calorique » d'un corps chaud à un corps froid ( comme le travail d'une chute d'eau...). Il en conclut les conditions de température et l'écart pour un rendement maximal...
A sa suite, en 1834, l'ingénieur Emile Clapeyron formule le second principe de la thermodynamique... Enfin, Joules vers 1843, affirme que la chaleur n'est pas une substance, et qu'une machine thermique est un dispositif de conversion entre chaleur et travail.
James Joule (1818-1889) a démontré que la chaleur, le travail mécanique et l'électricité sont des formes d'énergies interchangeables ; et d'une transformation à l'autre, la quantité totale d'énergie demeure égale.
Le berlinois Rudolf Clausius (1850) réunit les concepts de chaleur et de travail en un même concept, celui d'énergie.
Le XIXe siècle sera le siècle de la machine thermique décrite avec ces concepts de - énergie et - entropie.
L'énergie va se présenter sous des formes multiples : mécanique, chimique, chaleur, électrique, radiative, entre lesquelles elle peut se transformer .
Boltzmann donne une explication statistique à la deuxième loi de la thermodynamique ; elle est fondamentale, car elle impose, en une seule phrase, l'existence d'une flèche du temps, alors que toutes les équations de la physique permettent en principe d'avancer ou de reculer dans le temps.
« L'énergie disponible est le principal enjeu de la lutte pour l'existence et de l'évolution du monde. » Ludwig Boltzmann (1844-1906)
La Relativité avant Einstein
En août 1942, les allemands ont obtenu de Darlan, la dissolution des BMA ; ceci alors que nos services pourchassaient les espions allemands en zone libre. L'un d'eux avaient même été exécuté le 19 juin 1942.
A Vichy, le gouvernement Laval, s'engage dans une collaboration qui ne peut servir nos intérêts. Après les appels à '' la Relève '' consistant en l'échange de travailleurs volontaires français en Allemagne, contre la libération de nos prisonniers ; on annonce le STO, qui rendrait ce travail obligatoire... !
A Paris, l'atmosphère est lourde. Les SS s'imposent comme les maîtres ; ils arrêtent ; les gens disparaissent...
Autour des universités, des refuges sont organisés dans les greniers des labos pour de jeunes chercheurs ou étudiants réfractaires au STO. On construit un émetteur de 300 watts, et un centre de réception couvrant entièrement le spectre hertzien de transmission est caché dans un coffre de ventilation au laboratoire de chimie nucléaire. Le labo des Arts et Métiers accueille une imprimerie de faux-papiers. La nuit on fabrique des postes pour l'écoute radio. '' L'université libre '' est diffusée en 2000 ou 3000 exemplaires, et informe des arrestations, condamne la complicité du doyen Montel et du recteur Gidel.
De tout ceci, bien sûr, rien n'est dit à personne ; encore moins à Geneviève T. qui prend à cœur le rôle qu'elle se donne de garde-malade. Lancelot ne s'en plaint pas ; il s'interroge peut-être sur la complicité qui transparaît entre sa mère et la jeune femme.... Anne-Laure emmène la jeune femme avec elle, lors de soirées mondaines, parfois également fréquentées par des officiers allemands.
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Continuons nos travaux sur la Physique, avec Newton - dans la continuité de Galilée ( Newton naît l'année de la mort de Galilée : 1642) :
Pour avoir un déplacement, un mouvement, - faut-il une force ?
- Non … ! Une bille lancée, et sans frottement, peut avancer sans force : c'est un mouvement rectiligne uniforme ( M.R.U.)...
* Encore... Si je fais rouler un ballon et que soudain, je le lâche.... la vitesse du ballon est maintenue même après l'avoir lâché... C'est la loi d'inertie ( 1ère loi de Newton)
Si je suis dans un train, et que je laisse tomber une pomme.... Tombe t-elle plus loin vers l'arrière, puisque le train avance... ? Non... !
La pomme tombe tout droit. La pomme conserve la vitesse qu'elle avait, avant que je ne la laisse tomber, elle continue d'avancer.
Il se passe la même chose que, si j'étais sur terre. On peut très bien estimer, dans le train, que je suis au repos et que c'est la terre qui recule. Dans le ''référentiel terre'', il se passe la même chose que dans le ''référentiel train'' ...
A ce propos, n'oublions pas que selon Aristote, la Terre ne pouvait pas être en rotation ; parce que si l’on laisse tomber un objet d’une tour, alors il ne tomberait pas au pied de la tour.
Galilée va donc réfuter cet argument. Etre immobile est équivalent à être en mouvement rectiligne uniforme (M.R.U.).
* Attention, c'est sans compter sur d'autres forces :
Si j'envoie en l'air, ou mieux, si un canon envoie en l'air un boulet... Que va t-il faire ? Il va continuer sa course vers le haut, puis il va venir s'écraser au sol, selon une courbe...
Il s'agit là de l'effet conjugué de deux forces sur un même objet :
Revenons à la gravitation :
En effet, il y a équivalence entre '' force gravitationnelle '' et '' force d'inertie '' ( ce que l'on voit avec l'expérience du train très rapide, qui démarre, en accélération donc, dans lequel l'objet est plaqué contre la paroi, ou le conducteur sur son siège...)
Le principe d'inertie.
Le train - qui avance en M.R.U - pour s'arrêter et rejoindre le référentiel (terre) doit freiner, ceci grâce à l'action d'une force. Cette force est nécessaire pour vaincre l'inertie du train ; et modifier sa vitesse.
A présent, re-voyons le démarrage d'un train ( très très rapide) ; il allume ses moteurs : il va quitter le référentiel terre pour rejoindre le référentiel en mouvement. La force modifie la vitesse, ou engendre l'accélération ( f =m.a)
Restons dans le référentiel (inertiel) du train :
La balle ( qui n'est pas fixée) posée au sol, reste attachée au référentiel terre, et ne bougera qu'à partir du moment où elle cognera dans la paroi du fond, et sera amenée avec le train. La force d'inertie plaque la balle contre la paroi... L'accélération cause une force d'inertie qui la tient sur la paroi.
Cette équivalence entre force gravitationnelle et force d'inertie, suggérée par Einstein en 1907 est le point de départ de sa théorie de la relativité...
En quelques mots : dans le référentiel de la fusée, la balle ''tombe '' vers la paroi, ou plus exactement la balle est fixe, et la paroi avance vers la balle...
Pour la gravitation, la balle tombe vers la terre, et ce serait comme si, la surface de la terre avançait avec une accélération g... !
Finalement...
Pour Albert Einstein ( 1879-1955 ), la force de gravitation de Newton est une illusion. Avec sa théorie de la Relativité Générale, il présente une explication des effets de la gravitation qui ne fait appel à aucune force, mais serait la manifestation de la courbure de l'espace-temps...
Si avec Newton, nous étions restés à l'idée d'absolu, comme l'éternité du mouvement des astres, Einstein annonce un monde difficile à comprendre : exemple, pour Camille Flammarion, comme le note la comtesse de Sallembier qui l'a bien connu : pour lui il était '' difficile de remettre en cause, Descartes, Newton ; il ne comprenait pas la Relativité, et ne voulait pas la comprendre '':
« La raison en est bien simple - disait-il - l’essence des choses nous est inconnue. Tout notre savoir n’est qu’une interprétation des phénomènes. L’absolu nous reste secret. Nos sens terrestres ne nous laissent apercevoir que des apparences.
Qu’est-ce que la gravitation universelle décrite par Newton ? Qu’est-ce que la lumière ? La théorie classique actuellement enseignée admet que l’espace est rempli par l’éther et que la lumière est un mouvement ondulatoire dans l’éther, comparable aux ondulations qui se produisent dans une pièce d’eau dans laquelle on a jeté une pierre. Les longueurs d’ondes sont même mesurées. Newton pensait, au contraire, que la lumière représente une émission de particules lancées du Soleil et des étoiles, et la première question de son Optique est : « Les corps agissent-ils sur la lumière à distance et font-ils dévier ses rayons ? »
Ce sont là deux théories opposées, qui peuvent être soutenues toutes les deux, et la pression de la lumière solaire sur les comètes qui produit les queues cométaires, toujours opposées au Soleil, ainsi que d’autres observations, sont en faveur de l’idée newtonienne. Or, il se trouve aujourd’hui qu’un physicien suisse déjà célèbre par sa théorie fort discutée de la relativité, M. Albert Einstein, présente une théorie nouvelle qui diffère sensiblement des deux précédentes.
D’abord pour ce philosophe, l’espace n’est pas absolu, mais « relatif » et, qui plus est, relié au temps. Le temps devient une quatrième dimension de l’espace. »
(…) « J’avoue, pour ma part, que je ne la comprends pas. Il me semble que malgré l’opinion d’Einstein, l’espace et le temps ne se tiennent pas à ce degré là. L’espace peut exister sans le temps. Il est absolu et sans bornes imaginables. Lors même qu’il n’y aurait aucun corps céleste, ni Terre, ni Soleil, ni planètes, ni aucun astre, il y aurait encore de l’espace, attendu que le vide serait même un endroit où l’on pourrait imaginer que quelque chose fût placé ; tandis que le temps est essentiellement relatif, étant un produit du mouvement des astres. Si la Terre ne tournait pas, si aucun astre ne se mouvait, s’il n’y avait aucune succession de phénomènes, il n’y aurait pas de temps. Dans l’espace absolu, le temps n’existe pas. L’espace existe par lui-même ; le temps est créé par le mouvement ». Camille Flammarion ( Article paru dans la revue « L’Astronomie », vol.34, 1920 )
Newton avait réussit la synthèse de la terre ( la gravitation) et du ciel ( Copernic). C'est ce besoin d'universel, qui nous a fait rationnels tout en répondant à notre exigence d'un inconditionné.
Lancelot se remémore également l'enseignement de Paul Painlevé (1863-1933) - mathématicien, homme politique et ministre de la Guerre ( 1925-1929), et grand ami d'Anne-Laure de Sallembier. - qui tentait de repérer les caractères communs aux deux théories ( Newton et Einstein). Il se souvient aussi des débats contradictoires lors de la visite d'Einstein, début avril 1922 à Paris. Painlevé était séduit par l'audace de la théorie de la Relativité, mais il n'était pas prêt à remettre en cause l'édifice de la mécanique classique.
Irène et Frédéric Joliot Curie. La Fission nucléaire
Après Céline, Denoël publie Rebatet avec son pamphlet ''Les Décombres''. Tout le monde en parle ; Denoël se félicite du tirage épuisé en trois semaines. Lancelot exprime à sa mère et à Geneviève, sa détestation de ce genre d'ouvrage. Il tient à faire comprendre à Geneviève, qu'il ne soutient pas la politique antijuive du gouvernement de Laval. Elle assure le comprendre, et regrette qu'il eut pu comprendre qu'elle soutenait la cruauté des nazis, ce dont tous les français sont témoins ; mais, comme elle pensait qu'il travaillait pour Vichy... Enfin, elle est désolée...
Elle se dit si intéressée par ce qu'ils échangent lors de ces discussions scientifiques. Les moments qu'elles passent ici lui paraissent magiques, toujours plein de surprises par ce qui est dit, ou par la présence d'invités passionnants...
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En 1934, Les Joliot-Curie utilisent le polonium pour observer la trace des rayonnements grâce à une ''chambre de Wilson '' et bombardent de particules divers matériaux. Ainsi, avec une feuille d'aluminium, ils constatent qu'une partie de l'aluminium s'est transformée en phosphore radioactif, forme qui n'existe pas dans la nature. On peut donc construire artificiellement des atomes radioactifs, des radio-isotopes.
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Irène et Frédéric Joliot Curie découvrent ce que l'on appelle la radioactivité artificielle, artificielle signifie ici que certains éléments naturels peuvent être rendus radioactifs ; cette propriété n'est donc pas réservée qu'à quelques uns. On peut même supposer qu'à la création de l'univers tous les isotopes radioactifs existaient, puis selon leur ''période'' ils ont laissé la place à l'élément stable. Il ne reste que les éléments radioactifs à la période suffisamment longue...
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En 1938, le physicien Fermi teste le nouveau projectile, le neutron qui, dépourvu de charge électrique, pénètre facilement les noyaux... En utilisant l'Uranium comme cible, il apparaît alors un grand nombre d'isotopes légers, que se passe t-il ? L'allemande Lise Meitner en 1939, propose que l'Uranium se casse en deux fragments, ce serait une fission du noyau ; ces deux fragments ont une énergie considérable. Cette énergie issue de la fission du noyau, est nommée '' énergie nucléaire ''
On va remplacer la source radioactive de bombardement par des machines. Frédéric Joliot-Curie, en 1937, installe le premier cyclotron français dans son laboratoire du Collège de France. Un cyclotron est un accélérateur de particules, il permet d'atteindre des énergies bien plus élevées que celle obtenue par la radioactivité naturelle et de réaliser des collisions variées en changeant soit la nature des projectiles, soit la nature de la cible.
Je rappelle que les Joliot-Curie recevant en 1935 le prix Nobel de chimie, vont attirer par leur notoriété de jeunes chercheurs brillants comme Hans von Halban et Lew Kowarski. En 1939, l'équipe expérimente que ce phénomène de cassure des noyaux d’uranium - la fission nucléaire-s’accompagne d’un intense dégagement de chaleur.
Pourquoi... ?
Je simplifie ; sachez que si on mesure la masse d'un atome d'hélium, elle vaut moins que la masse de ses constituants : on découvre alors ce '' défaut de masse '' : que se passe t-il ? C'est Einstein qui nous apporte une réponse. Ce défaut de masse est équivalent à l'énergie libérée par l'assemblage de ces ingrédients.
'' E=mc2 '', ou lorsque qu'un système gagne en énergie, sa masse augmente ; et lorsqu'il perd en énergie, sa masse diminue. Le changement de masse est égal à un changement d'énergie... C'est ce qui se passe quand nous prenons un ascenseur, nous augmentons notre masse ( très, très légèrement) mais au niveau d'un noyau cette différence n'est pas anodine ! Einstein nous dit que cette perte de masse entraîne une libération d'énergie.
Par exemple, un neutron qui entre en interaction avec un noyau d'Uranium 235 se scinde en deux noyaux ce qui produit beaucoup d'énergie et, également ( autre intérêt) engendre la production de deux neutrons et chaque neutron ira à son tour interagir avec un noyau d'uranium, c'est ce qu'on appelle une réaction en chaîne.
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Halban et Kowarski, sont arrivés à Londres avec un stock d'eau lourde du laboratoire. Je rappelle que : composée d'oxygène et d'hydrogène lourd (le Deutérium), difficile à obtenir en grandes quantités, l'eau lourde ralentit les neutrons lors de la réaction de fission. Ils rédigent le résumé et les conclusions des derniers travaux de l’équipe ; ils terminent par les phrases suivantes : « Deux voies sont préconisées pour la production d’énergie : la méthode des neutrons lents avec un petit enrichissement en uranium 235 ; ou l’espoir que la capture de neutrons par l’uranium 238 conduise en fin de compte à un nouveau noyau fissile. » (Ce sera en effet le plutonium 239, découvert à Berkeley en 1940/1941. ).
L'équipe du Collège de France, dirigée par Joliot, signe ainsi une découverte majeure : la fission nucléaire. En démontrant la possibilité d'une réaction en chaîne, l'équipe Joliot-Curie ouvre la porte à l'utilisation de l'énergie nucléaire.
1942 - Les lois des hommes et de la matière
Une deuxième ''liste Otto'' ( « Ouvrages littéraires français non désirables » ) concerne près de 1200 titres, dont 30 chez Denoël. Les gens lisent de plus en plus, mais le rationnement du papier empêche la publication... au point que les ''occasions'' sont plus chers que les neufs, « parce que neufs, on ne les trouve plus ! ».
Anne-Laure de Sallembier ne peut s'empêcher de s’intéresser de près à la vie littéraire parisienne et suit de près Denoël qui ne tarit pas d'éloge pour sa nouvelle protégée Dominique Rolin, elle vient de publier un roman, ''Les Marais''.
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Les lois de la nature se dévoilent à notre raison, et semblent nous promettre un champ de possibilités ; malheureusement les lois des hommes paraissent bien irrationnelles et au seul profit de ceux qui peuvent les imposer par la force.
Le 29 mai 1942, une ordonnance allemande impose le port de l'étoile jaune aux Juifs en zone occupée. Les allemands souhaitent-ils contraindre tous les juifs à travailler dans des camps, à vivre dans des ghettos... ? Et, ce n'est pas Laval revenu au pouvoir, qui saura s'opposer à cet antisémitisme absurde !
Geneviève T. la jeune femme qui vient tenir compagnie à Lancelot ; et s’intéresse aux sciences, parle d'une émeute organisée par des femmes communistes devant un magasin de la rue de Buci... Il y aurait eu deux morts dans les rangs de la Police. Geneviève T. est, plutôt assez jolie, blonde mais d'aspect froid et sévère et sympathisante de l'Action Française. Après qu'elle soit rentrée chez elle, Lancelot s'indigne auprès de sa mère, d'opinions antisémites que Geneviève a laissé entendre.
Joliot-Curie, revenu à Paris, avait disputé des laboratoires aux occupants. Lors de cette négociation avec les allemands, il a le sentiment d'être soutenu par Vichy. L'un des responsables allemands, est Wolfgang Gentner, avec lequel, il peut compter pouvoir s'entendre. Les deux hommes se connaissent et s'apprécient depuis 1936, ils s'échangent une correspondance autour, en particulier, de leur ''cyclotron'' respectif. Gentner va même, semble t-il, s'engager dans un ''double-jeu'', au profit des recherches de Joliot.
L'arrestation de Langevin, va amener Joliot à manifester et suspendre sa collaboration. Gentner intervient. Langevin est libéré...
En juin 1941, s'organise le Front National Universitaire. Le 29 juin, alors que les troupes hitlériennes sont entrées sur le territoire soviétique, Joliot est arrêté à son domicile, Gentner le fait libérer le soir même.
Devant un parterre très éclectique et mondain, et allemand ; Anne-Laure de Sallembier assiste à une conférence de Joliot, sur'' Les neutrons et la radioactivité artificielle '' qu'il prononce le 11 octobre 1941 à la Maison de la Chimie.
En octobre 1942, la mère de Lancelot sera encore présente, pour la conférence inaugurale de l'année universitaire par Fr Joliot-Curie, invité de la société philomathique.
Sa relation avec l'occupant, concerne principalement la technique du cyclotron et la radioactivité artificielle.
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Avec Irène et Frédéric Joliot-Curie, reconstituons l'histoire de nos connaissances microscopiques de la matière.
Cela a commencé sans-doute avec la crainte et l'observation de la foudre. On s'amusait aussi du pouvoir de l'ambre jaune frottée à attirer les corps légers... Cette vertu a été qualifiée d'électrique.
Volta (1800) met au point la première pile, qui produit une sorte de décharge continue que le physicien français Ampère (1775-1836) baptise en 1820 de ''courant électrique''. La capacité à produire - la quantité - sera exprimée en volts.
Le courant électrique conduit à l'expérience de l’électrolyse qui permet de séparer des éléments chimiques... La matière serait faite de petites particules douées de puissance électrique... John Stoney en 1891, observe que pour rompre une liaison chimique, la quantité d'électricité est toujours la même.
Le passage de l’électricité dans des gaz raréfiés étaient une attraction offerte au public émerveillé ( cf les sculptures de verre de Geissler) ; elles vont nous conduire au tube cathodique qui délivre une haute tension aux électrodes dans le vide d'un tube de verre.
Le rayonnement cathodique est-il une onde, comme le pensent les allemands, ou un courant de particules chargées négativement selon les physiciens britanniques ; sachant qu'à cette époque la plus petite particule connue est l'atome ? J. John Thomson vérifie la seconde hypothèse en 1897, et a l'intuition d'une particule plus petite que l'atome...
L'histoire de l'électron, est selon les mots de Poincaré, « une pure satisfaction intellectuelle ». Il est deux mille fois plus petit qu'un atome d'hydrogène ; est-il énergie ou matière ? Un véritable petit lutin, qui fuit la force électrique. Les électrons forment une cour, celle d'un roi – autour d'un noyau.
Atomes et molécules ont été différenciés vers 1860, le tableau périodique des éléments est imaginé par le chimiste russe Dmitri Mendeleïev, en les classant par ordre de masse, avec la particularité de classer ainsi les atomes par nombre de liaisons chimiques ( 1, 2, 3, 4.) et ceci de façon périodique.
En les disposant dans un tableau, il s'aperçoit qu'il y a des trous dans le tableau... ! Donc, sans-doute des éléments non encore découverts....
Ce tableau sera amélioré ; et classé, non selon la masse, mais la charge. On pourrait alors imaginer un élément du noyau, le proton de charge 1 ( Rutherford ).On pourrait encore rêver de pouvoir changer le nombre de protons, par exemple, dans l'atome d'azote, pour le transformer en atome d'oxygène... Ce qui représente le rêve des alchimistes : la transmutation artificielle...
De manière fortuite, en 1895, Whilelm Röntgen découvre une sorte de lumière, invisible à l’œil nu, qui traverse la matière et l'appelle ''rayon X''. Un an plus tard Henri Becquerel remarque que les sels d'Uranium ont la particularité d'impressionner une plaque photographique, s'agit-il aussi d'un autre type de lumière invisible... ?
Pierre et Marie Curie identifient trois types de rayonnements ( alpha, beta, gamma …) plus ou moins pénétrants,
On sait en 1940, que les rayons alpha sont des noyaux d'hélium; les rayons béta, des électrons ; et les rayons gamma ( des photons) sont de la lumière – comme les rayons X – et à une fréquence plus élevée.
Pourquoi ces matériaux émettent-ils spontanément un rayonnement ? - Parce qu'ils se désintègrent.
En 1898, Marie Curie découvre, et isole un ''nouvel ''élément très radioactif, et l'appellent le Polonium ; et encore plus radioactif, le radium. Les industriels, aidés des publicitaires en font un produit miracle, jusqu'à s'apercevoir de sa dangerosité.
Le polonium, ou le radium émettent des particules alpha qui vont servir de projectiles pour explorer l'atome et découvrir sa structure.
Enfin, on va se rendre compte que l'on peut produire de l'énergie à partir de cette radioactivité.
Mais d'où l'élément tire t-il cette énergie ? En 1902, Rutherford et Soddy expliquent que le radium possède en lui-même cette énergie : la radioactivité est la transformation spontanée d'un élément chimique en un autre par émission de rayonnement, le radium devient du radon.
Rutherford (1919), expérimente le modèle planétaire de l'atome, avec le noyau comme soleil et les électron comme des planètes...
Il reste une question : Pourquoi les électrons ne s'effondrent-ils pas sur le noyau ?
Neils Bohr présente le modèle avec des orbites d'énergie : Lorsqu’un électron absorbe suffisamment d’énergie, il « bondit » de son orbitale jusqu’à la prochaine orbitale de plus grand diamètre. Lorsqu’un électron « chute » de son orbitale vers une orbitale plus petite, il émet de l’énergie. La quantité d’énergie émise correspond exactement à la différence énergétique entre deux orbitales.
L'infiniment petit n'obéit pas aux mêmes règles que l'infiniment grand.... Ce n'est pas la Physique classique qui s'applique à l'atome, mais la physique quantique ; ainsi au lieu d'évoluer en continu, l'infiniment petit opère par paliers et par quanta.
Rutherford avait utilisé une source radioactive. La découverte de la radioactivité avait mis en évidence des rayonnements, émis lors de la désintégration d'atome lourds comme l'uranium : des particules alpha.
Les Joliot-Curie observent qu'un rayonnement de particules alpha, projettent des protons. Et, James Chadwick en 1932, explique que le noyau serait composé de protons, et de particules assez lourdes, électriquement neutres, que l'on nommera neutrons.
Pour en savoir plus encore, les physiciens vont bombarder la matière. Le neutron, ce nouveau projectile neutre, présente le grand avantage de ne pas être repoussé par la charge électrique du noyau, quand on essaie de l'atteindre.
Le Secret du Monde.
Anne-Laure a reçu de la part de Rober Denoël : ''Mille regrets'' d' Elsa Triolet, ces ''nouvelles'' espèrent un prix ( les Deux Magots?) ; également une invitation pour une réception qui clôt la ''Semaine Arno Breker'' ; elle y a croisé M. de Brinon, le Dr Epting et sa femme, Pierre Benoît, Denoël...
Lancelot eut la surprise d'une visite de Drieu la Rochelle, qui avait appris la nouvelle de son ''accident''. Ecrasé par le souci de la NRF, il trouve son réconfort dans la philosophie, la religion... Surprenant, son discours sur Saint-Paul. L'essentiel du christianisme, dit-il est là, dans ses écrits. - Un juif ? - « Un juif de la diaspora, trempé dans un milieu aryen. ».
Cependant, il préfère le védantisme : - L'être, le Monde … ces concepts y sont dépassés, abolis. La mystique chrétienne est trop encombrée de l'idée morale de l'amour. Il repassera, dit-il ; pour parler ''religion''.
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Le ''Secret du monde'', est la traduction du titre de '' Mysterium Cosmographicum '' (1596) de Johannes Kepler (1571-1630)·qui a vécu dans le saint empire romain germanique. Dans cette traduction, Mysterium est rendu par 'Secret', ce qui laisse tomber la nuance religieuse du « Mystère » et cosmographicum par 'du Monde', ce qui ne retient pas la nuance d'architecture cosmique impliquée par le terme latin... Mais enfin... Pour évaluer la teneur de ce secret : Reprenons les choses ( essentielles ) depuis le début...
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Si je lâche cette pierre, elle tombe. Je ne lui procure aucune force, pourtant, elle file vers le sol. De quelle force s'agit-il ici ? La Gravitation : voilà une force qui nous semble bien familière. N'hésitons-pas à être un peu plus curieux...
D'où vient cette force ? Comment a t-elle atteint l'objet ?
Pour Aristote (384-322 av. J.-C.) , l'état de la pierre est d'être un corps pesant, son état propre est d'être en bas, vers le centre de l'univers ( la Terre).
Le soleil apparaît vite comme bien plus gros, plus lumineux que la Terre. Le soleil n'aurait-il pas la place centrale, et la Terre serait une planète en rotation sur elle-même et en révolution autour du soleil : Nicolas Copernic (1473-1543) tente de comprendre ce nouveau modèle du Monde. La gravité serait la tendance à ce qui est de la Terre tend vers la Terre...
Johannes Kepler (1571-1630) propose, plutôt que des orbites circulaires, une orbite elliptique autour du soleil qui est l'un des foyers. La gravité n'est pas une caractéristique du corps, mais elle s'explique par l’attraction d'un autre corps apparenté, un peu comme l'action d'un aimant...
Kepler reste dans la perspective d'un monde aux divines proportions, il reprend la théorie des polyèdres réguliers, de Platon, dont l’emboîtement permet la construction d'un modèle de l'Univers. Il attribue au soleil une ''force'' motrice qui induit le mouvement des planètes. Et, découvre les relations mathématiques (dites Lois de Kepler) qui régissent les mouvements des planètes sur leur orbite.
Galilée (1564-1642), avec sa lunette astronomique découvre les satellites de Jupiter et démontre que tout ne tourne pas autour de la Terre. Il s'oppose à l'idée de Kepler selon laquelle la lune aurait une action sur la terre ; '' ce serait une idée occulte irrecevable pour un esprit rationnel ! ''
Il étudie la chute des corps, et conclut – par ''expérience de pensée'' que tous les corps tombent dans le vide à la même vitesse ; ils subissent la même accélération. ( et met en évidence les forces de frottement...). Au passage, il est bien étrange d'entendre Galilée parle du ''vide'' ( à quoi pensait-il?).
René Descartes (1596–1650) décrit un monde infini, sans vide ( mais avec des tourbillons..). La gravité est un effet mécanique des tourbillons, les mouvements de la matière subtile.
Christiaan Huygens (La Haye 1629-1695) pense que l'espace est rempli d'éther, dans lequel la lumière se diffuse comme une onde.
Huygens rejette, l'idée de Newton, d''' action à distance '' formulée pour décrire la gravitation.
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Et, Isaac Newton (1642-1727) démontre que la force qui fait tomber au sol une pomme est la même qui maintient la Lune en orbite autour de la Terre. Il confirme l'intuition de Galilée.
Les lois de Newton présupposent un temps absolu '' vrai et mathématique '' et un espace absolu, '' sans relations aux choses externes ''...
Reste une question : Comment un corps peut-il agir à distance ? L'idée de fonder la physique sur des ''actions à distance '', c'est la rendre inintelligible, pour l'opinion de beaucoup. Newton affirme l'action continue de Dieu.
Émilie du Châtelet, maîtresse de Voltaire, traduit '' Principia Mathematica '' de Newton. Le ''Principes Mathématiques'' ne paraîtra qu'en 1759, dix ans après la mort d’Émilie, 72 ans après l'édition anglaise.
Voltaire (1694-1778) rédige avec humour les '' Lettres anglaises '' ( ou ''Lettres philosophiques''), qui seront condamnées à leur sortie en France (1734) :
« Un français qui arrive à Londres trouve les choses bien changées en philosophie comme dans tout le reste. Il a laissé le monde plein, il le trouve vide.
À Paris on voit l’univers composé de tourbillons de matière subtile ; à Londres on ne voit rien de cela.
Chez nous, c’est la pression de la Lune qui cause le flux de la mer ; chez les anglais, c’est la mer qui gravite vers la Lune, de façon que, quand vous croyez que la Lune devrait nous donner marée haute, ces messieurs croient qu’on doit avoir marée basse… »
« Chez vos cartésiens tout se fait par une impulsion qu’on ne comprend guère, chez M. Newton c’est par une attraction dont on ne connaît pas mieux la cause ; à Paris vous vous figurez la Terre faite comme un melon, à Londres, elle est aplatie des deux côtés…
La lumière pour un cartésien existe dans l’air ; pour un newtonien, elle vient du Soleil en six minutes et demie. »
L'anglais Michael Faraday, ouvrier relieur, autodidacte puis assistant d'un chimiste travaille la loi de gravitation de Newton. Il revient sur cette idée de force agissant à distance et instantanément, et elle lui apparaît comme incompréhensible et inacceptable...
Nous sommes autour de 1830, et Faraday s'affranchit des idées de son temps et pense un milieu continu, quand les savants voient des structures ponctuelles.
Il propose le concept de '' champ '', qui rend compte d'une modification de l'espace par un corps, et qui est ressenti par un autre corps sous la forme d'une force.
Ainsi, un champ permet de caractériser un phénomène par une grandeur définie en chaque point de l'espace.