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Les légendes du Graal

Le Cercle de Pantemos

26 Septembre 2025 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Pantemos, #physique, #Conscience

A leur retour de Princeton, à côté de leurs enthousiasme d'avoir rencontré John Wheeler et Jim Peebles; Yvain et Elaine restaient assez mystérieux sur la diffusion prochaine de certaines connaissances qui pourraient ''enflammer nos cerveaux''...

Avant cela, ils devaient effectuer certaines démarches dans la plus grande discrétion. En premier lieu rencontrer un universitaire, professeur de philosophie à l'université de Nancy.

En 1973, je ne savais pas beaucoup plus de cette affaire scientifique, que je vais tenter de vous raconter à l'intérieur d'une ''dystopie''....

 

1 - Quels en sont les protagonistes?

* Le Cercle de Pantemos ( pan qui signifie ''Tout'' et temos, âme en grec ancien) , se réfère dans ses origines à Thalès ( 600 ans avant J.C.): considéré comme le premier physicien, il est un des premiers philosophes grecs à évoquer l'idée que la conscience pourrait être une propriété fondamentale de la matière. Il plaçait l'élément ''eau'' comme principe de vie. Thalès, tentait d'argumenter une compréhension scientifique du monde.

Thalès de Milet - Chronique de Nuremberg

Thalès affirme l'unité de la matière, et pensait que toute chose avait une âme et que cette âme participait de tout l’univers. Aristote ( 300 ans avant J.C.) fait de l'âme la seule force motrice.

 

Je rappelle qu'Aristote a développé la théorie selon laquelle toute chose est composée de matière (hylé) et de forme (morphé). La forme d'une chose inclut son essence ou son âme, mais cette forme n'est pas une entité séparée de la matière. Plutôt, elle est indissociable de la matière et lui donne son existence et sa caractéristique. Aristote voyait l'âme et le corps comme une seule entité indissociable. L'âme n'est pas une substance séparée qui habite le corps, mais plutôt la forme qui anime le corps.

 

Le Cercle de Pantemos n'est pas une société ou un ordre d'initiés. Il regroupe en toute discrétion, des membres cooptés pour échanger sur la part de leurs travaux qui convergent vers certains concepts, qui pourraient suggérer, par exemple, que :

- Les systèmes et leurs propriétés doivent être analysés comme des ensembles, et non simplement comme une collection de parties.

- Une étude interdisciplinaire des systèmes est nécessaire pour mettre l'accent sur l'interaction et l'interconnexion entre leurs parties.

- Des propriétés nouvelles et complexes émergent à partir de l'interaction de parties plus simples.

Et surtout, que: - L'esprit ou la conscience est omniprésent et imprègne toute la réalité.

 

Le cercle de Pantenos n'existe pas de rien, Il est dans le prolongement et parfois en opposition, de sociétés dont nous avons déjà parlé, comme les Cambridge Apostles avec le Bloomsbury Group, ou le Cercle de Vienne . Beaucoup de ces personnalités ont émigré aux Etats-Unis, ainsi le physicien Ernst Mach (1838-1916) ou le philosophe des sciences Rudolf Carnap (1891-1970).

Leurs idées pouvaient s'opposer à celles défendues par les membres du Cercle de Pantemos; par exemple celles qui prônaient une philosophie empiriste et logique ; ou certaines des idées à la mode en ces années 70, comme le structuralisme, avec des figures clés tels Claude Lévi-Strauss et Roland Barthes. Il met l'accent sur l'analyse des structures sous-jacentes des systèmes sociaux et culturels, plutôt que sur les expériences individuelles ou subjectives.

De plus, des penseurs du Cercle de Pantenos, attribuent des propriétés mentales à des structures fondamentales de la réalité. Il s'agit d'une perspective radicalement différente de celle du structuralisme, qui se concentre sur les relations et les structures plutôt que sur la conscience elle-même. Ils sont en opposition également à des ''physicalistes'' qui considère la conscience comme une illusion ou une construction fonctionnelle du cerveau. Il y a débat également avec ceux qui admettent que les propriétés mentales existent, mais seulement comme des propriétés émergentes de systèmes complexes.

 

Pour trouver, actuellement le cœur du Cercle de Pantemos, il faut aller à L’IAS, The Institute For Advanced Study, avec sa maison-mère, Princeton University. L’IAS ne délivre pas de diplômes, ne possède pas d’équipements techniques, mais depuis sa fondation, il a accueilli les esprits les plus féconds et les plus brillants du XXe siècle, quelle que soit leur origine ou leur nationalité : des physiciens, Alfred Einstein, Robert Oppenheimer, Wolfgang Pauli ; des mathématiciens, John Forbes Nash, John von Neumann, etc. Trente-trois prix Nobel à ce jour

La raison ultime de l'IAS, est – disent-ils - la poursuite de la connaissance pour elle-même.

De 1942 à 1951, sous la direction de von Neumann, a été élaboré l’architecture de base de l'ordinateur numérique. L’IAS est le principal centre de recherche en théorie des cordes.

( à suivre, avec les autres protagonistes...)

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Le Saint et le Sacré

21 Septembre 2025 , Rédigé par Régis Vétillard

En fait, si Lancelot trouvait la réponse de Maurice éclairante; pour lui, elle ne nous permettait que de faire une partie du chemin …

La première partie du chemin, consiste à trouver l'humain; la deuxième partie à trouver Dieu.

Comment trouver l'humain ? Et, cela permettrait-il de trouver Dieu, alors qu'éventuellement, dans l'histoire, cela a consisté à s'émanciper du religieux ? Il semble que ce le fut... Malheureusement, aujourd'hui notre société ( européenne...) est désacralisée. L'humanisme, celui des droits de l'homme, n'est pas l'apanage des chrétiens ; et ceux de la femme, certainement pas de l'Eglise... Jusqu'à sans-doute '' rendre superflu le désir de Dieu '' s'il n'est pas ressenti dans une toute autre dimension...

Je formulerais cette étape, par la proposition: "c'est l'homme qui fait le chrétien", c'est sa conduite qui en fait un saint. Le sacré n'a rien à y faire, on peut être sans religion et être un saint. C'est la voie existentialiste, celle de Camus, parfois. Celle des prêtres ouvriers en partie... non ?

 

Personnellement, je voudrais défendre la deuxième étape, qui n'est pas nécessairement seconde dans le temps d'une vie...

Elle s'articule autour de la proposition: "c'est le Christ qui fait l'Homme" une phrase que j'attribue à Maurice Clavel. C'est à travers le Christ que l'homme trouve sa véritable nature et son but.

- Écartons donc - après ce qu'il vient d'en être dit - du ''sacré chrétien '', toute idée de sacré bigot ou superstitieux, de sacré d’interdit, de peur, de tabou... Le propre chrétien du sacré, c’est de conduire au sacrement et plus encore, au mystère.

Depuis que Dieu s'est fait Homme, depuis sa mort et sa résurrection, depuis le don de l'Esprit à la Pentecôte. Depuis les images - du rideau du Temple qui s'est déchiré, - du tombeau vide: l'humanité à désormais accès au Mystère.

Et ce n'est pas parce que « Dieu est mangé et bu, qu'alors manger et boire sont l'expression d'un acte divin » ( comme disait je ne sais plus qui...)

 

Aujourd'hui, beaucoup d'entre nous vivent une expérience spirituelle déconcertante, celle de '' l'absence de Dieu ''.

Je ne parle pas de l'absence de Dieu, en rapport avec sa négation; c'est tout le contraire... Il faudrait reprendre les mots de Bernanos, de Simone Weil, ou de Clavel....

Et, je dirais, qu'en partie, cette expérience de l'absence de Dieu pourrait révéler des insuffisances des formes religieuses et souhaiter le retour à une véritable expérience du sacré.

 

Le ''sacré'', n'est pas qu'une question catholique; la conscience du sacré marque une rupture dans la perception du monde ( cf toutes les questions autour de la cosmologie...). Le sacré ne concerne pas que des ''objets'', puisqu'il est le désir d'une relation, d'une rencontre.

Si le sacré est parfois objet de tabou, c'est qu'il touche à l'infini, à la vie, à la mort. Le sacré est le cœur d'une recherche existentielle.

Il est vrai que ce ''sacré'', ce signe du divin, j'y suis confronté aussi dans l’immanence : la beauté, le Cosmos, l'humain, l'autre... Mais cette quête du sacré s'adresse, ici, d'abord à la transcendance : - le ''Tout-Autre ''…

Et, la Rencontre du ''Tout Autre '' - directement - dans l'autre, n'est pas donné à tout le monde. Je ne suis pas un saint....

Et si le sens du respect ( je n'irai pas jusqu'à la crainte) s'attache au sacré, c'est qu'il est fragile, intime, mystérieux. Il touche à l'âme.

 

Le sacré assure la médiation de notre relation au divin. Il ne peut se substituer à ce dernier.

Comment peut-on considérer que la Résurrection, la Vie éternelle, la transsubstantiation puissent se passer de tout symbole, de toute médiation ?

Quel meilleur exemple de ''Sacré '', dans notre tradition catholique, que l'Eucharistie ?

'' Eucharistie '' : ou ''rendre grâce'', en particulier de ce moment célébré où a lieu un événement anti-naturel, la transsubstantiation du pain et du vin en corps et en sang du Christ. Il s'agit donc de la sacralité même ! La simple commémoration, la communauté, ne font pas le miracle!

Dans cette liturgie, que préférons-nous valoriser ? - L'assemblée ? Pour ma part, je dirai: le sacré !

Sont considérés comme des marqueurs du sacré : le silence, le respect du mystère, la beauté et des chants et des musiques spécifiquement sacrés... afin d'orienter chacun à une prière personnelle et intime.

La communauté est au service de la relation de chacun à Dieu ; elle n'est pas un objectif en soi. Elle m'aide si elle est petite, bienveillante, respectueuse de l'intimité de chacun. Elle m'aide, si elle m'aide à la relation avec le mystère divin.

 

Au début, nous parlions de la baisse des vocations...

Que penser de la nature du ''sacerdoce '' ( "sacer" (sacré) et "dotium" (charge, don) ). Le prêtre serait-il un être à part, intouchable ( jusqu'à la justice des hommes... ?) Évidemment, non !

En quoi est-il ''sacré'' ? Je dirais : au seul moment du renouvellement du ''sacrement'' : à ce moment : est sacré tout ce qui entoure de près le sacrement : le lieu, le temps, les objets et les personnes...

A mon avis, hors les sacrements, les clercs ne peuvent revendiquer aucun statut particulier, sinon celui de leur engagement pris au service de l'Eglise. Hors les sacrements, pas de ''Monseigneur'', pas de ''Père'' ; leur seul devoir, comme tout Humain, c'est de promouvoir la valeur de la personne humaine ( de plus « à l'image de Dieu »), et comme prêtre, de montrer le chemin vers la Transcendance... Pour ce qui est de la gestion administrative ( profane) de l'Institution, les laïcs pourraient s'en charger...

C'est un abus, que des religieux utilisent le sacré, pour se protéger, et exercer un pouvoir du fait de leur statut... C'est un abus, d'utiliser le sacré, pour discriminer et diviser l'humain, je pense aux interdits sur les petites filles et les femmes...

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L'Eglise et le sacré

16 Septembre 2025 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Sacré, #1974, #Vatican II, #Sacerdoce

Son ami et prêtre Maurice Maillard, est venu visiter Lancelot à Fléchigné, pour trois jours. Il fait partie des rares amis que Lancelot revoie régulièrement, et avec un réel plaisir. Ils arrivent à manier humour, sérieux, et dispute sur des sujets religieux et même politiques.

Je rappelle que Maurice Maillard était ce prêtre jésuite, début des années 50, qui avait été autorisé par le provincial à accompagner Lancelot dans sa mission ''politique'' au Vatican.

Avant Vatican II

( cf: Années 50 – Un parti chrétien a t-il du sens ?)

Lancelot fait part à Maurice Maillard, des résultats d'une enquête sur l’état du catholicisme français réalisé par la SOFRES en septembre 1974 et publié dans un numéro du Pèlerin. Un des points saillants est la chute de la confession. En 1952, plus de la moitié (51 %) des adultes catholiques déclaraient se confesser au moins une fois par an. Ils ne sont plus que 29% (1974). Ceci pour ceux qui restent fidèles à l'Eglise; et à cela s'ajoute la chute des vocations....

- C'est vrai; et cela correspond aussi à une pratique religieuse qui se doit d'être volontaire, et non pour répondre à une pression sociale, à de vieilles habitudes ou par crainte de Dieu...

Confession et communion, sont déconnectées, peut-être aussi du fait d'une plus juste conception du ''Salut''... La peur de l’enfer n'a t-elle pas été, pendant longtemps, l’un des principaux moteurs de la confession?

On peut ajouter, encore, qu’Humanae vitae en 1968 qui '' affirmait que l'utilisation de méthodes contraceptives artificielles est contraire à la loi morale naturelle et à la doctrine de l'Église '' a porté de cette manière un coup mortel à la confession...

1970

Ne peut-on pas incriminer la trop discrète présence des prêtres ? Déjà, ils ne se distinguent plus des autres chrétiens... Il ne nous parle pas de Dieu, mais de l'homme... ?

- A mon avis, répond Maurice, tu as raison d'interroger le ministère des prêtres. Qu'est-ce qu'un prêtre ? Le prêtre est-il un ''super-chrétien'' ? Je ne le pense pas...

Maurice propose que l'on s'interroge d'abord sur les besoins de la communauté chrétienne, avant de regretter le statut du prêtre tel qu'il était... Il regrette que le Vatican n'aille pas plus loin, sur la voie dans laquelle le Concile l'avait engagé...

- Pourquoi, dit-il, ne pourrait-on pas dissocier la ''présidence de l'assemblée '' de la ''présidence de l'Eucharistie'' ; déjà pour une raison qui touche les femmes. Les femmes étant excluent de la présidence de l'Eucharistie, elles sont également excluent de responsabilités dans l'Eglise, ce qui a pour effet de marginaliser les femmes...!

Bien-sûr, ajoute Maurice, nous savons que la vraie grandeur devant Dieu, ne provient pas de la place dans la hiérarchie de l'Eglise...

Nous pourrions évoquer aussi, la possibilité pour une petite communauté chrétienne, de pouvoir fonctionner, en partie, sans prêtre ...

Enfin, concernant le célibat des prêtres... Peut-on prouver que le '' charisme du célibat '' favorise une présidence efficace et évangélique d'une communauté ? Un homme marié mûr qui a fait ses preuves, serait-il moins apte au sacerdoce qu'un jeune homme sans expérience ?

Je ne pense pas, conclue le père Maillard, que l'attachement à un passé traditionnel, soit la bonne réponse à la crise actuelle. Au contraire, à mon avis, la constitution Lumen Gentium de Vatican 2, qui introduit l'idée que l'Église est le "peuple de Dieu", et invite les fidèles à une participation active pendant la liturgie, nous donne la direction pour surmonter cette crise....

- J'aimerais te croire – l'avenir nous le dira – répond Lancelot.... D'autant que les questions que tu soulèves à juste titre, devraient déboucher sur les réponses que tu esquisses et que tu sembles déduire des réformes que proposent le Concile. Le pire ne serait-il pas de rester au milieu du gué...?

 

J'aimerais te provoquer sur un autre versant de la question... La question du ''Sacré ''…Je ne sais comment la poser...- L'Eglise a t-elle une mission à remplir dans le domaine du sacré?

Cette mission, ne s'arrête pas à l'éducation de la foi, ni à la liturgie !

Maurice réfléchit....

- La foi chrétienne ne s’accommode pas d'un '' vague divin '' … Et, te connaissant je sais que tu n'entends pas '' sacré '' dans le sens d'un mysticisme d'évasion, ou de celui de quelque festivité new-âge... Parlons du sacré qui oriente au Dieu de Jésus-Christ.

La mission de l’Église serait d'élever le besoin de sacré aux désir des sacrements.

Lancelot réagit: - Elle devrait donc se garder de rabaisser ce temps sacramentel à une ''festivité '' vaguement religieuse... !

Maurice reprend: - le sacrement fait référence au Christ, à son existence historique par ses paroles et ses gestes, et à sa présence vivante dans l'Eglise par l'intégration dans une communauté. Le sacré doit garder le lien avec le sacrement.

Dans l'esprit de beaucoup de gens, la demande de sacré présuppose, l'existence d'un personnel sacré, de lieux sacrés, et de cérémonies solennelles...!

 

Pour nous chrétiens, catholiques en particulier, une réflexion autour du sacré, peut nous permettre de mieux comprendre les enjeux du Concile. - Oui, Vatican 2 renverse les perspectives.

Le mot ''sacré'' signifie mise à part, un lieu sacré serait en retrait du monde, inspirant ( éventuellement) la crainte... L'espace pour Dieu serait-il donc le signe de séparation d'avec l'humain ?

Le danger était que le ''sacré '' qui investissait les lieux, les objets, les fonctions... investisse de fait, l'image que nous nous faisons de Dieu.

Vatican 2, privilégie '' le saint '' au '' sacré'' . Si le sacré instaure une séparation, la sainteté propose une relation à Dieu: « Soyez Saints parce que Je suis Saint » ( LV 19,2).

Le sacré peut faire obstacle à la proximité de Dieu. On laisse penser que seuls des rituels , et des personnes, ''sacrés'', pourrait nous permettre d'accéder au divin... La conversion pèse davantage que le rite. Ne serait-il pas préférable de se déprendre de ''l'objet'' du sacré, pour le ''sujet'' de la sainteté.

La simplification du rite, l'utilisation du français, l'homélie, les échanges communautaires concourent à un fraternel rassemblement autour de l'Eucharistie.

Mais, je comprends que certains puissent regretter une banalisation de la liturgie en un type de réunion ordinaire, sans ouverture à la transcendance.

Par contre, je m'interroge lors d'une liturgie traditionnelle, en quoi provoque t-elle la personne à se tourner vers un quotidien qui laisserait entrevoir le Royaume …?

Dans un monde indifférent à Dieu, qu'est-ce qui témoigne en premier lieu de la Présence de Dieu, le sacré ou la sainteté?

 

Je pensais que Lancelot aurait rendu les armes, ou aurait conclu cet enseignement par une parole conciliante, du genre : le ''sacré et le ''saint'' sont complémentaires, l'un a besoin de l'autre ….

D'ailleurs, que l'on soit d'un côté ou de l'autre, relisons les termes exacts de l’enseignement de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium: il « appartient en propre » à la liturgie chrétienne « d’être à la fois humaine et divine, visible et riche de réalités invisibles, fervente dans l’action et occupée à la contemplation, présente dans le monde et pourtant étrangère » ( Concile Vatican II, Constitution sur la liturgie, n° 2. ).

A suivre ...

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Maurice Clavel – 2 - La NAF

11 Septembre 2025 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Royaliste, #1976

Je découvre qu'Elaine - à qui je parle de ma lecture de Maurice Clavel –  est une lectrice de la 'revue de la NAF ( la Nouvelle Action Française). Elle me passe un article qui est une interview de Clavel.

On l'y qualifie de « témoin de cette épiphanie de l'Esprit esquissée en mai 1968 et continuée par l'extraordinaire renouveau de l'intelligence française libérée des systèmes despotico-terroristes. », il serait même «  un des accoucheurs pour le plus grand dommage des cléricalo-gauchards. comme des vieux clivages idéologico-politiciens. ». La revue considère que sa position sur le politique «  ne se distingue guère de celle de la N.A.F. Cette N.A.F. qu'il aura aidé à retrouver une des traditions les plus profondes du royalisme. »

Voilà des mots, qui attisent furieusement ma curiosité.... Mais, je reviens à Clavel, avant de m’intéresser à la NAF...

Maurice Clavel est interrogé sur son livre « '' Dieu est Dieu nom de Dieu '', ce livre qui a provoqué tant de remous. »

Ce livre est un pamphlet, une charge contre les ''bons pères'' qui abandonnent leur foi au profit de la lutte des classes. « Vous n'êtes pas allé au monde, vous vous êtes rendus au monde », leur dit-il.

Clavel analyse également l'impact des médias et des idéologies planétaires sur la perception de Dieu, soulignant une désacralisation de la société et une déshumanisation de l'homme. Il fait un parallèle entre la révolte des apôtres et celle de mai 68, voyant dans cette révolte une lutte contre la sécularisation et l'injustice du capitalisme.

Clavel espère voir un retour à une compréhension authentique du sacré, où Dieu est reconnu comme central et où la vie humaine est vénérée comme une création divine.

 

Clavel relève dans la théologie médiévale, les trois libidos : libido sciendi. libido sentiendi. libido dominandi. Il ajoute « qu'il serait bon que les prêtres se marient car cela calmerait leur soif de pouvoir. ». Le « désir de pouvoir gangrène les hommes d'Eglise. ».

Sur le plan de la pensée politique, Clavel semble assez optimiste... « Foucault a enfoncé Marx en le noyant. Foucault, qu'il le veuille ou non, est le vainqueur de Marx et des Lumières. Et des gars comme Glucksmann, Le Bris, Lardreau, Jambet, Dollé, Sollers, bientôt peut-être Pierre Victor et Geismar - cela fait beaucoup - et moi même marchons sur des chemins qui. au départ, ont été pistés par Foucault. Et en face, les autres sont incapables de mener la moindre contre-offensive car il n'y a plus de pensée marxiste, plus de pensée « sciences humaines ».»

Nicolas Berdiaeff

Maurice Clavel écrit , et je comprends que cela puisse plaire à Elaine: « Berdiaev, l'homme qui faisait la Révolution d'octobre et haranguait les foules dans les usines, a écrit en même temps '' Le Nouveau Moyen Age '' dont les premières lignes disaient en 1920: « Nous vivons les tous derniers jours de la Renaissance ». C'est effectivement toute la Renaissance qui est en question. »

Et encore: « Cette Révolution culturelle que nous voulons sera la délivrance de ce qui a été refoulé en nous depuis des siècles, probablement depuis la Renaissance. Et cette délivrance sera aussi une délivrance de la sensibilité. Le Moyen Age n'était peut-être pas libre politiquement. Encore que je n'en sois pas sûr et que le lien féodal, au moins relativement et pour l'époque, soit très libérant. Mais il était plus libre d'allure, plus vivace de sensibilité. Il était plus spontané - j'emploie ce terme à dessein - en pensant aux camarades spontanéistes. C'est vers cette spontanéité que nous allons et que des formes politiques peu à peu épouseront. Mais ces formes ne seront pas idéologiques. Et c'est vers elles qu'ira toute une génération. Je pense en gros à mes camarades, mes amis les anciens maos. non seulement les super agrégés de philo et les émeutiers-chefs mais aussi à bien d'autres. Ils doivent se préparer - c'est ce qu'ils font d'ailleurs - à la grande Révolution culturelle libératrice de l'Occident, pour l'accueillir et pour l'accoucher. »

 

Clavel apostrophe l’interviewer: « Je vous trouve d'ailleurs tristement courageux d'avoir assumé l'héritage de l'Action Française car vous valez mieux que ça. ». Il évoque Maurras « pour terminer de la façon navrante que l'on connaît. ». Arnaud Fabre de la NAF, lui répond: « Mais le meurtre du père, il est plus qu'à demi réalisé en nous ! Nous en appelons d'une théorie conservatrice et quasi hégélienne de la Monarchie à une Monarchie fondée sur le service et destinée à freiner les appétits de puissance, la course frénétique et individualiste au pouvoir... »

 

Elaine m'explique ce qui l'attire dans la proposition politique de la La Nouvelle Action Française (NAF), un mouvement politique français fondé en 1971 par des jeunes dissidents de l'Action française. Ses membres dénoncent un conservatisme excessif au sein de l'Action française traditionnelle, et continuent à défendre des idées monarchistes et orléanistes. Le mouvement tente de moderniser et de dynamiser le royalisme français, et se positionne à gauche du spectre politique tout en soutenant une monarchie constitutionnelle.

Pour ce qui est des idées orléanistes, Elaine reste fidèle à sa grand-mère Anne-Laure de Sallembier, ce qui est important pour elle... Des idées attachées à une monarchie modérée, intégrant les acquis de la Révolution française de 1789, mais souhaitant canaliser les poussées sociales dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle.

Je lui demande l'intérêt politique d'avoir un Roi ?

- Le Roi représente une figure de stabilité et de continuité, Il joue un rôle de médiateur et de modérateur, et maintient l'unité nationale et la cohésion sociale.

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Maurice Clavel - 1

6 Septembre 2025 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Foi, #Christianisme

Je me souviens de m'être intéressé à Maurice Clavel ( 1920-1979), quand, lors d'une émission de télévision ( A armes égales), il avait quitté solennellement le plateau en déclarant: « Messieurs les censeurs, bonsoir! » alors qu'il constatait que son film de présentation avait été coupé.

« Messieurs les censeurs, bonsoir  », s’écrie Maurice Clavel, le 13 décembre 1971, dans l’émission « À armes égales »

 

Lancelot, qui le connaissait un peu, me parle de lui. Clavel, à vingt ans, avait fait partie de ce groupe ( finalement assez nombreux) de personnes qui avaient rejoint les Compagnons de France et les camps des écoles de la jeunesse Pétainiste qui devaient redresser la France.

Clavel a suivi le monarchiste Pierre Boutang – qu'il a connu à Normal Sup' -, au secrétariat à l'Instruction publique à Vichy. Tous deux vont s'éloigner de l’administration de Vichy et désapprouver l’esprit de collaboration. Fin 41, Boutang obtient un poste de professeur de philosophie au Maroc. Et Clavel en juin 42 rejoint la Résistance sous le pseudonyme de "Sinclair". Lancelot pense que ce choix, est lié à une conversation qu'ils avaient eue ensemble, sur le clan écossais ''Sinclair''.

Après le débarquement allié en Afrique du Nord, Boutang rallie Giraud ( concurrent de De Gaulle, devant les alliés) et devient chef de cabinet du secrétaire à l'Intérieur dans le gouvernement formé par celui-ci à Alger. Clavel, dans la Résistance rédige des bulletins clandestins.

Maurice Clavel, alias Sinclair, et Silvia Monfort, à Chassant, en 1944

Lancelot évoque l'histoire d'amour entre Maurice Clavel, et la comédienne Sylvia Monfort (1923-1991). En 1943, Sylvia débute au Cinéma, sous la direction de Robert Bresson pour un rôle dans Les Anges du Péché. Elle est mariée. Dans le cadre du journal clandestin Combat ; elle découvre l’univers de la Résistance intellectuelle et rencontre Maurice Clavel : « Quand on rencontre un si beau jeune homme, comment résister ? J’étais amoureuse ! ». Coup de foudre, passion romanesque... Les deux amants s’enfuient...

Maurice Clavel – dit ''Sinclair '' devient chef départemental de la Résistance en Eure-et-Loir, avec sa compagne, ils partent avec une carte Michelin, cinq mille francs et un paquet de Lucky Strike: on s’inquiète pour eux... « Clavel avait des pantalons effilochés, Sylvia Montfort était vêtue d’un tapis et d’une jupette, avec des sandales grecques à lanière. Tout cela était très sympathique et très voyant ». Téméraires, les jeunes gens, hébergés de ferme en ferme, ne peuvent passer inaperçus. Ensuite, ils créent un refuge dédié aux aviateurs tombés sous les feux allemands. 

Clavel et Montfort accueillent De Gaulle à Chartres le 23 août 44 lors de son discours devant la grande poste. Ils se marient, et Clavel écrit à l'intention de son épouse, sa première pièce : ''Les Incendiaires'', une magnifique et dramatique histoire d’amour se passant sous la Résistance, montée au Théâtre des Noctambules, en avril 1946.

Maurice Clavel, dans ces années d’après-guerre, est sollicité par le Parti Communiste - considéré comme le premier parti de France –, il se refuse d’y adhérer. Il est alors accusé par le PCF « d’être la voix de Goebbels ».

En 47, Clavel adhère au RPF, fondé par De Gaulle. Il écrit pour le théâtre, publie un roman, sans succès, il fait du journalisme.

1965 marque une rupture dans son évolution politique et philosophique. Il retrouve la Foi et s'éloigne de ses engagements politiques.

Les événements de Mai 68 l’entraînent à radicaliser ses engagements. Il perçoit les événements de mai comme le "soulèvement de vie" d’une jeunesse lasse de la société de consommation, il partage cette agitation révolutionnaire. Il fréquente alors les milieux maoïstes dont il soutient l’action médiatique en fondant le 18 juin 1971 l’Agence de presse Libération avec Sartre. « Une agence pour ceux qui veulent tout dire et tout savoir. »

 

En 1972, il obtient le prix Médicis pour son roman Le Tiers des étoiles.

Persuadé que la volonté de Dieu est perceptible au sein de l’Histoire humaine, sa réflexion dépasse toutefois largement cette question pour s’inscrire dans une opposition philosophique à Marx, Heidegger et Kant.

- J'ai lu les deux derniers livres de Clavel: ''Ce que je crois'' et ''Dieu est Dieu, nom de Dieu''. Et j'ai été très touché par son témoignage.

Il lui a fallu traverser la maladie, la tentation du suicide, la cure de sommeil, les neuroleptiques jusqu'à la folie, pour que Dieu le terrasse: relevé, la grâce l'avait transformé.

Clavel parle du marxisme, et relève une contradiction dans les termes de '' matérialisme dialectique'' «  Pour Hegel, dit-il, l'être est Esprit, et seul capable de dépassement et de progrès, ce qui n'est pas le cas pour la matière incapable '' d'auto-transcendance ». Le marxisme est « le premier avènement de la barbarie en métaphysique. » Il professe que de nouvelles classes antagonistes, existeront après les classes capitaliste et prolétarienne. Le prolétariat ne connaîtra pas le triomphe définitif promis...

Le nihilisme du marxisme, donne naissance à une société où tous sont flics et bourreaux de tous les autres. Bien sûr, Clavel affirme l'incompatibilité du marxisme et du christianisme. L'athéisme est un élément fondamental du marxisme.

Les chrétiens marxistes, dit-il, découvrent Marx quand le marxisme est mort, et le prolo devenu un bourgeois.

Lancelot le rejoint sur le marxisme; mais il ne partage pas le développement de Clavel sur les rapports de la raison et de la foi. Certes Kant a « limité le savoir pour faire place à la foi. », et considère que la métaphysique, qui vise l'être, est impossible. Mais Clavel, de plus, lui reproche par « ses ridicules postulats de la raison pratique » d' « enfermer la religion dans les limites de la raison. ». Clavel se défie de la raison, et en matière religieuse devient ''fidéiste''. Pour lui la Foi est contraire à toute pensée humaine, même religieuse. Dieu s'est révélé à l'homme, « parce qu'il lui est naturellement et intellectuellement inconnaissable. ».

La raison ne peut rien dire sur Dieu, la foi ne doit rien à la raison, la pensée doit se garder de philosopher à son sujet... etc...

 

Lancelot m'assure, qu'avec l'Eglise, nous pouvons reconnaître l'aptitude fondamentale de l'esprit humain à chercher Dieu et à l'atteindre de quelque manière. Si Dieu s'est révélé, il faut certes commencer par ''croire''; mais une foi, sans critère, sans justification d'aucun ordre, cette foi absurde peut être le jouet de nos fantaisies, de nos intérêts, de toute emprise...

L'humain, à l'image du divin, est doué de volonté et de liberté. Il n'est pas un pantin entre les mains de Dieu. Il est responsable de sa propre destinée, et , en partie, du monde. Blondel, Gabriel Marcel ou Maritain – ou Whitehead... - sont à la fois chrétiens et philosophes.

- Ne peut-on pas dire, avec Saint-Paul, que la foi en Christ est folie ?

Ce sont les grecs qui le lui disent... Il est vrai que le christianisme dépasse infiniment ce que la raison peut connaître de Dieu, mais il ne la nie pas pour autant. J'ose penser que la raison puisse d'elle-même connaître que Dieu existe, et quels rapports le monde ( avec l'homme) entretient avec Lui. Saint-Paul juge les païens coupables de n'avoir pas su, avec leur raison naturelle, découvrir Dieu à travers sas œuvres.

Clavel s'imagine faire de « l'antiphilosophie »; mais n'est-ce pas encore de la philosophie?

La philosophie ne commence pas à Kant... parles-en à Elaine !; de même que la France ne commence pas en 1789...

 

- J'ai relevé, une phrase de Clavel, qui me plaît: « Dans l'ensemble j'appelle - ' l'Homme ' celui que le Christ a fait, - ' l'homme ' celui qui a voulu et cru se faire lui-même ».

Je pense me répond Lancelot, que nous sommes - de par notre nature qui est raison et liberté - « capables de Dieu ». L'homme n'est pas une marionnette dont Dieu tirerait les ficelles. Il n'est pas un jouet entre les mains de Dieu.

Clavel écrit que « la pensée de notre temps est un bourbier, un magma, une « mixture freudo-marxisto-husserlo-sartro-heideggeriano-logistico-structuraliste ». Il écrit également que « stigmatiser la '' société de consommation '' relève d'une analyse superficielle, car ce type de société est lui-même le produit de notre nature et de notre raison. »

Clavel, rêve à la Révolution chrétienne, une sorte de mai 68, qui serait une Pentecôte de l'Esprit.

Clavel aime se dire « le plus incrédule des croyants », sceptique en toutes choses, hormis la foi. Rien ne le sépare de l'athée, sinon « l'abîme de la foi. ». il ne dit pas « j'ai la foi. », mais « la foi m'a. »

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Princeton – Rencontre avec Jim Peebles

1 Septembre 2025 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Peebles, #Wheeler

Peebles en 1970

Elaine et Yvain rencontrent également, le professeur Jim Peebles (1935- ) qui leur dit tout le bien qu'il pense de John Wheeler, que tout le monde appelle Johnny....

« Wheeler enseigne aux gens comment avoir une vision physique et intuitive profonde du monde qui nous entoure, comment le deviner avant de l'étudier. Il utilise beaucoup la parabole et l’analogie.. »

« C’est difficile à expliquer, et cela peut sembler un peu cruel, mais il a la naïveté enfantine », une originalité de pensée qui est très différente des autres façons de penser. Il a une grande influence sur les gens, en particulier sur les étudiants.

Peebles nous montre un document récent de Wheeler distribué aux étudiants de premier cycle contenait la pensée de Confucius: « Ceux qui connaissent la vérité ne sont pas égaux à ceux qui l’aiment ».

 

Dès son plus jeune âge, Peebles était fasciné par les locomotives à vapeur et aimait démonter des objets mécaniques pour comprendre leur fonctionnement.

Initialement inscrit en école d'ingénieur, Peebles a décidé de se spécialiser en physique après avoir constaté que ses amis en physique organisaient de meilleures fêtes que ceux en ingénierie.

Il a étudié à l’Université du Manitoba. On mettait beaucoup moins l’accent sur les arts libéraux qu’il n’y en a dans un endroit comme celui-ci. Même les étudiants en sciences ou en ingénierie doivent suivre, ici, des cours dans des domaines comme l'histoire, les langues, la philosophie et les arts.

« Je me souviens que l’un des premiers cours que j’ai suivi ici était celui de mécanique quantique de Marvin Goldberger (1922-2014). C’était un parcours spectaculaire qui couvrait à peu près le domaine de la mécanique à un rythme important et d’une profondeur incomparable. J’ai été très impressionné. Peut-être un peu déprimé aussi, en pensant: bon, ce gars est si intelligent. »

Princeton était l’un des rares départements où un cours de relativité générale était enseigné dans le département de physique. Il semble qu’il n’ait pas été considéré comme un sujet de physique sérieux à l’époque. C'était peut-être plus considéré comme un sujet mathématique que physique.

Mais bien sûr, Princeton avait une longue tradition de relativité générale, à commencer par Einstein et avec H. P. Robertson, Valentine Bargmann. Puis l’intérêt de John Wheeler s’est déplacé dans cette direction, je ne sais pas exactement quand... Au milieu des années 50, ça devait l’être. »

 

« Au début, je m’intéressais davantage à la théorie quantique des champs, à la physique des particules qu’à la relativité. Et ce qui m’a attiré chez Bob Dicke, ce sont ses séminaires, une réunion informelle en soirée au cours de laquelle ses étudiants en recherche et ses post-doctorants décrivaient ce qu’ils faisaient. Et j'ai en quelque sorte glissé vers un poste de professeur adjoint. »

 

«  J'ai envoyé un article sur le corps noir, en mai 1965, et celui sur le rayonnement du corps noir et la formation des galaxies, avait été envoyé au début de mars 1965.

Je me souviens encore très bien de la motivation qui m’a poussé à écrire mon premier livre. J’avais décidé que j’aimerais donner un cours de cosmologie. En fait, pour bien dire les choses, un cours de cosmologie, d’un trimestre, de niveau supérieur, a été créé et j’ai été chargé de l’enseigner. John A. Wheeler a décidé de suivre ce cours, et il a commencé à prendre des notes.

Eh bien, ce qui était effrayant, c’est qu’à la fin de chaque cours, il me fournissait une pile de papier, de sa belle écriture, avec tout ce que j’avais dit : « Je vais continuer à faire cela jusqu’à ce que vous acceptiez d’écrire un livre. J’étais tellement étonné que j’ai accepté (rires). »

Jim Peebles a écrit The Large-Scale Structure of the Universe en 1980. Ces cours ont permis de structurer et de formaliser ses idées et recherches sur la cosmologie et la structure à grande échelle de l'univers.

Princeton University

Je rajoute, à présent, que le matin du 8 octobre 2019, Jim Peebles a reçu un appel de la Suède l'informant qu'il avait remporté le prix Nobel de physique.

 

« Johnny Wheeler a sondé bien au-delà des frontières de la connaissance humaine, posant des questions que les générations suivantes de physiciens reprendraient et résoudraient », a déclaré Kip Thorne, professeur Feynman de physique théorique à l’Institut de technologie de Californie, un chercheur prolifique et l’un des étudiants les plus connus de Wheeler. « Et il était le mentor le plus influent des jeunes scientifiques que j’ai connus. »

John Wheeler, selon James Peebles, était « quelque chose qui s’approchait d’une merveille de la nature dans le monde de la physique ».

« Les universités ont des étudiants, disait-il souvent, pour enseigner aux professeurs. A Princeton, nous sommes fiers d’être une université d’enseignement, et peut-être que parmi les universités de recherche, nous sommes l’une des meilleures en matière d’enseignement. »

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