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Les légendes du Graal

Le Saint et le Sacré

21 Septembre 2025 , Rédigé par Régis Vétillard

En fait, si Lancelot trouvait la réponse de Maurice éclairante; pour lui, elle ne nous permettait que de faire une partie du chemin …

La première partie du chemin, consiste à trouver l'humain; la deuxième partie à trouver Dieu.

Comment trouver l'humain ? Et, cela permettrait-il de trouver Dieu, alors qu'éventuellement, dans l'histoire, cela a consisté à s'émanciper du religieux ? Il semble que ce le fut... Malheureusement, aujourd'hui notre société ( européenne...) est désacralisée. L'humanisme, celui des droits de l'homme, n'est pas l'apanage des chrétiens ; et ceux de la femme, certainement pas de l'Eglise... Jusqu'à sans-doute '' rendre superflu le désir de Dieu '' s'il n'est pas ressenti dans une toute autre dimension...

Je formulerais cette étape, par la proposition: "c'est l'homme qui fait le chrétien", c'est sa conduite qui en fait un saint. Le sacré n'a rien à y faire, on peut être sans religion et être un saint. C'est la voie existentialiste, celle de Camus, parfois. Celle des prêtres ouvriers en partie... non ?

 

Personnellement, je voudrais défendre la deuxième étape, qui n'est pas nécessairement seconde dans le temps d'une vie...

Elle s'articule autour de la proposition: "c'est le Christ qui fait l'Homme" une phrase que j'attribue à Maurice Clavel. C'est à travers le Christ que l'homme trouve sa véritable nature et son but.

- Écartons donc - après ce qu'il vient d'en être dit - du ''sacré chrétien '', toute idée de sacré bigot ou superstitieux, de sacré d’interdit, de peur, de tabou... Le propre chrétien du sacré, c’est de conduire au sacrement et plus encore, au mystère.

Depuis que Dieu s'est fait Homme, depuis sa mort et sa résurrection, depuis le don de l'Esprit à la Pentecôte. Depuis les images - du rideau du Temple qui s'est déchiré, - du tombeau vide: l'humanité à désormais accès au Mystère.

Et ce n'est pas parce que « Dieu est mangé et bu, qu'alors manger et boire sont l'expression d'un acte divin » ( comme disait je ne sais plus qui...)

 

Aujourd'hui, beaucoup d'entre nous vivent une expérience spirituelle déconcertante, celle de '' l'absence de Dieu ''.

Je ne parle pas de l'absence de Dieu, en rapport avec sa négation; c'est tout le contraire... Il faudrait reprendre les mots de Bernanos, de Simone Weil, ou de Clavel....

Et, je dirais, qu'en partie, cette expérience de l'absence de Dieu pourrait révéler des insuffisances des formes religieuses et souhaiter le retour à une véritable expérience du sacré.

 

Le ''sacré'', n'est pas qu'une question catholique; la conscience du sacré marque une rupture dans la perception du monde ( cf toutes les questions autour de la cosmologie...). Le sacré ne concerne pas que des ''objets'', puisqu'il est le désir d'une relation, d'une rencontre.

Si le sacré est parfois objet de tabou, c'est qu'il touche à l'infini, à la vie, à la mort. Le sacré est le cœur d'une recherche existentielle.

Il est vrai que ce ''sacré'', ce signe du divin, j'y suis confronté aussi dans l’immanence : la beauté, le Cosmos, l'humain, l'autre... Mais cette quête du sacré s'adresse, ici, d'abord à la transcendance : - le ''Tout-Autre ''…

Et, la Rencontre du ''Tout Autre '' - directement - dans l'autre, n'est pas donné à tout le monde. Je ne suis pas un saint....

Et si le sens du respect ( je n'irai pas jusqu'à la crainte) s'attache au sacré, c'est qu'il est fragile, intime, mystérieux. Il touche à l'âme.

 

Le sacré assure la médiation de notre relation au divin. Il ne peut se substituer à ce dernier.

Comment peut-on considérer que la Résurrection, la Vie éternelle, la transsubstantiation puissent se passer de tout symbole, de toute médiation ?

Quel meilleur exemple de ''Sacré '', dans notre tradition catholique, que l'Eucharistie ?

'' Eucharistie '' : ou ''rendre grâce'', en particulier de ce moment célébré où a lieu un événement anti-naturel, la transsubstantiation du pain et du vin en corps et en sang du Christ. Il s'agit donc de la sacralité même ! La simple commémoration, la communauté, ne font pas le miracle!

Dans cette liturgie, que préférons-nous valoriser ? - L'assemblée ? Pour ma part, je dirai: le sacré !

Sont considérés comme des marqueurs du sacré : le silence, le respect du mystère, la beauté et des chants et des musiques spécifiquement sacrés... afin d'orienter chacun à une prière personnelle et intime.

La communauté est au service de la relation de chacun à Dieu ; elle n'est pas un objectif en soi. Elle m'aide si elle est petite, bienveillante, respectueuse de l'intimité de chacun. Elle m'aide, si elle m'aide à la relation avec le mystère divin.

 

Au début, nous parlions de la baisse des vocations...

Que penser de la nature du ''sacerdoce '' ( "sacer" (sacré) et "dotium" (charge, don) ). Le prêtre serait-il un être à part, intouchable ( jusqu'à la justice des hommes... ?) Évidemment, non !

En quoi est-il ''sacré'' ? Je dirais : au seul moment du renouvellement du ''sacrement'' : à ce moment : est sacré tout ce qui entoure de près le sacrement : le lieu, le temps, les objets et les personnes...

A mon avis, hors les sacrements, les clercs ne peuvent revendiquer aucun statut particulier, sinon celui de leur engagement pris au service de l'Eglise. Hors les sacrements, pas de ''Monseigneur'', pas de ''Père'' ; leur seul devoir, comme tout Humain, c'est de promouvoir la valeur de la personne humaine ( de plus « à l'image de Dieu »), et comme prêtre, de montrer le chemin vers la Transcendance... Pour ce qui est de la gestion administrative ( profane) de l'Institution, les laïcs pourraient s'en charger...

C'est un abus, que des religieux utilisent le sacré, pour se protéger, et exercer un pouvoir du fait de leur statut... C'est un abus, d'utiliser le sacré, pour discriminer et diviser l'humain, je pense aux interdits sur les petites filles et les femmes...

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