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Les légendes du Graal

politique

Vers une Politique du Réel Augmenté

21 Septembre 2026 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Futur, #Ecologie, #Politique

Ma discussion récente avec Elaine sur les enjeux écologiques et sociaux semble, à première vue, nous enfermer dans une opposition binaire insoluble. D'un côté, l'appel à une transformation radicale de notre rapport au vivant ; de l'autre, la fidélité à un ordre hérité et à la responsabilité de transmission. Pourtant, en y songeant, sous le blason sculpté au linteau de la porte à Fléchigné, je sens que les voix de notre Lignée murmurent les prémices d’un dépassement, un « chantier à venir » que nous pourrions nommer la Politique du Réel Augmenté.

Pourquoi le '' Réel Augmenté '' ? - Je m'en explique : je considère que ce que nous appelons '' Réalité '' n'est qu'une version filtrée, réduite et simplifiée du Réel. Elle correspond au cercle de lumière que le faisceau de notre conscience dessine dans l’obscurité. C’est une construction nécessaire à notre survie, mais structurellement appauvrie par nos limites biologiques et conceptuelles. Le Réel, quant à lui, est la totalité englobante, l’obscurité infinie qui précède, contient et déborde ce cercle de lumière.

Nous avons retracé comment nous imaginions l'an 2025 dans les années 1970-1980 ; cela illustre parfaitement cette « réalité simplifiée » : un monde de voitures volantes, d'usines propres et de maîtrise technologique totale. C’est ce que Jean-Luc Marion appelle le « phénomène pauvre » (ou de droit) : un horizon de calculabilité et d'objectivation où l'esprit humain réduit le monde à sa propre mesure pour le dominer.

Cette réduction mécaniste est à la racine de nos crises actuelles (le dérèglement écologique, l'automatisation aliénante). En voulant traiter la Terre ou le travail comme des « objets disponibles », la modernité a produit ce que Marion nomme le « déchet » : cette matérialité sauvage (comme le climat en dérèglement) qui proteste contre son objectivation forcée. La crise écologique est le cri du Réel brisant la clôture de notre réalité utilitaire.

Si le Réel m’apparaît comme une obscurité infinie, je le nomme '' Réel Augmenté'' quand j'élargis mon champ de conscience.

Dès lors, le Réel augmenté ne désigne pas un complément virtuel ou une couche technologique plaquée sur le monde. Il s'agit du dévoilement d'une intensité déjà présente, un élargissement de notre attention et de notre sensibilité qui fissure la prison de nos représentations utilitaires pour nous reconnecter à la surabondance du Réel.

 

Dans notre diagnostic de 2026, la « Terre Gaste numérique » fait rage. Nous errons dans un désert de signes vidés de leur chair, où l'algorithme remplace le jugement. Face aux onze blocs de fractures ( cf article précédent) qui déchirent notre espace politique, nous ne pouvons plus nous contenter de propositions univoques et dogmatiques. Une politique du Réel Augmenté doit habiter ces tensions sous forme d'interrogations fondamentales.

Le Climat et le Réveil Écologique : - Le Constat : nous l'avons vu précédemment. - Mon interrogation : Devons-nous concevoir la nature comme un « partenaire sujet » exigeant la décroissance et le respect des « seuils de convivialité » d'Ivan Illich ? Ou la sauvegarde de notre civilisation repose-t-elle sur la souveraineté technologique, l'innovation décentralisée et la gérance humaine ? Comment articuler la vulnérabilité intrinsèque du vivant avec notre besoin de développement ?

La Technologie, l’Intelligence Artificielle et le Travail : - Mon interrogation : L'automatisation cognitive est-elle une occasion d'émancipation libérant l'humain des tâches répétitives, ou la forme suprême de notre déracinement spirituel ? Le travail doit-il se redéfinir comme une « activité de contribution » gratuite et soignante, ou devons-nous réhabiliter la valeur morale de l'effort, du mérite et du courage individuel ? Comment poser la question de Parsifal — « Quel est ton tourment ? » — dans un monde géré par des algorithmes de boîte noire ?

La Santé et la Sécurité : Mon Interrogation : Ces technologies d'anticipation favorisent-elles notre épanouissement, ou nous enferment-elles dans une surveillance algorithmique liberticide qui abolit le droit à l'erreur et à l'imprévu ? Comment garantir un accès équitable à la santé sans réduire le corps humain à un ensemble d'inputs et d'outputs modélisables ? Où placer la frontière entre la protection collective et l'irréductible liberté de la chair ?

L’Éducation et le Pouvoir d’Achat : Mon interrogation : L'éducation doit-elle être le lieu de la restauration du mérite et de l'autorité traditionnelle, ou une initiation « organique » où l'élève réapprend à relier la physique, la géométrie et la poésie dans un contact charnel avec le vivant ? Le pouvoir d'achat se mesure-t-il par la baisse des charges et la compétitivité marchande, ou par notre capacité à concevoir une économie circulaire et symbiotique valorisant les ressources locales ?

La Nation, l’Immigration et les Frontières : Mon interrogation : Comment penser notre hospitalité sans dissoudre l'hôte qui accueille? Si, à l'image du fleuve historique de Jean-Léonard de la Bermondie, la nation doit renouveler ses eaux pour rester fidèle à son génie, à quelles conditions de réciprocité républicaine un tel métabolisme est-il possible ? Devons-nous opposer l'enracinement local au devoir d'hospitalité mondiale, ou concevoir notre héritage comme un « pont » dynamique plutôt qu'une forteresse close ?

Face à ces interrogations, la tentation de notre époque pourrait être de déléguer notre souveraineté de décision à une puissance technique neutre et automatisée. Mais décider n'est pas calculer. Le calcul cherche l'optimisation froide, tandis que le jugement humain exige le doute, la responsabilité et la confrontation avec le tragique de l'existence. Comme nous l'a enseigné Achille-François Delamarre au XIXe siècle, « les équations ne consolent pas ». L'amour, la douleur et l'espérance échappent structurellement à toute formalisation mathématique.

Le compromis que nous cherchons ne sera ni technique, ni bureaucratique. Il s'inscrit dans un « biréalisme » qui réconcilie le dehors matériel et le dedans conscient du monde. C'est ici que le Graal se dévoile, non plus comme une coupe d'or inerte à posséder (le piège de la substance), mais comme un « Objet Éternel » : un potentiel infini de fraternité, de guérison et de beauté qui attend d'être actualisé par la qualité de notre attention pure au présent.

Pour que la sève de notre passé nourrisse enfin l'avenir sans que notre histoire ne s'ensable dans le désert de l'indifférence, nous devons oser poser les questions fondamentales au cœur de la modernité :

Quelle lumière offrirons-nous à ce monde en quête de sens, pour que la sève de notre culture nourrisse enfin l’avenir sans que notre histoire ne s’efface dans l’indifférence ? 

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Réactions... Sur les enjeux écologiques et sociaux

16 Septembre 2026 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Politique, #Ecologie, #Travail, #Religion

Lorsque j'ai présenté mon projet à Elaine, elle a réagi dans un sens que je n'attendais pas. Voici ce que j'ai pu reconstituer de notre débat. Cela nous permettra d'être un peu plus concret que précédemment... Je ferai donc une nouvelle proposition.

L'écologie.

Régis :

« Nous faisons face à une rupture d’échelle. Le climat, la biodiversité, la santé des écosystèmes sont autant de signaux d’alerte. Il ne suffit plus d’“aménager” la nature, il faut la reconnaître comme un partenaire. C’est une révolution dans notre rapport au vivant. Il y a là une opportunité d’unir nos existences sous le signe de la reliance et du soin. »

Elaine :

« Je comprends ta préoccupation, mais je questionne cette idée d’une “nature-sujet”. L’homme doit demeurer souverain. Notre civilisation a toujours été fondée sur l’idée que nous sommes responsables du monde, mais non dilués en lui. Je défendrai une écologie de l’équilibre et de la transmission : protéger les paysages, soutenir les agriculteurs enracinés, mais sans céder à une mystique finalement anti-humaniste. »

Régis :

« Ce n’est pas une mystique, c’est un appel à sortir d’un paradigme destructeur. L’homme n’est pas hors sol. Il est un être relationnel, fragile. Il doit s’inscrire dans une économie du vivant, pas seulement de la croissance. »

Elaine :

« D’accord pour parler de limites, mais encore faut-il qu’elles soient humaines, politiques, et réalistes. La décroissance imposée, la récusation du progrès, ça peut conduire à un affaiblissement de notre civilisation. »

Régis :

« Loin de moi, l'idée de refuser le progrès ….

Sur le travail et l’économie :

Elaine:
« Tu évoques un “revenu d’existence”, un travail réinventé autour du soin et de la gratuité. Mais la France n’a pas besoin de cette utopie rousseauiste : elle a besoin de remettre à l’honneur le mérite, le courage, l’effort. Le travail est aussi une école de responsabilité, une source de dignité. Et ceux qui créent des emplois doivent être soutenus, pas suspectés. »

Régis:
« Je ne nie pas l’effort. Mais quand des millions de personnes souffrent d’un mal-être au travail, quand la finalité devient absurde, il faut avoir le courage de repenser les règles du jeu. Le travail doit se transformer en activité de contribution, orientée vers la vie, pas le profit. »

Elaine:
« Mais qui décide de cette “contribution” ? L’État ? Des comités d’éthique ? C’est dangereux. Le travail libre, c’est aussi le droit de créer, d’innover, de gagner sa vie. Un libéralisme équilibré le permet. Le retour à une économie régulée par des valeurs floues peut conduire à l’inefficacité ou au collectivisme. »

Sur l’immigration, la culture, la nation : ouverture ou enracinement ?

Régis :
« La crise migratoire n’est pas seulement un problème de frontières. C’est une question de justice mondiale, d’hospitalité. Il faut penser une société plurielle, où chacun peut trouver place sans avoir à renier son identité d’origine. »

Elaine :
« Mais c’est précisément là le danger. L’intégration ne fonctionne que s’il y a une culture commune. L’identité française ne peut pas être un patchwork de communautés juxtaposées. Elle s’enracine dans une langue, une histoire, une tradition chrétienne – même sécularisée. Nous devons pouvoir dire : ceci est chez nous. »

Régis :
« Mais “chez nous” peut aussi s’élargir. Il ne s’agit pas de renier l’histoire, mais de la faire évoluer. Le récit national doit inclure la diversité, sans nostalgie. »

Elaine :
« L’hospitalité exige un hôte. Et un hôte, c’est une culture forte, pas désincarnée. Il faut maîtriser les flux migratoires, poser des exigences d’intégration, et défendre sans complexe notre héritage. Sinon, nous allons vers un éclatement social. »

Sur la spiritualité : transcendance ou reliance ?

Régis :
« Je parle de spiritualité au sens large. Pas d’un dogme, mais d’une conscience plus vaste de l’interdépendance. C’est une manière de répondre à la crise du sens. Ni techno-science froide, ni religion autoritaire, mais une exploration du lien. »

Elaine :
« Tu refuses le mot “religion”, mais tu en fais une, sous une autre forme. Cette spiritualité de l’indistinction finit par affaiblir les repères. La France a besoin d’une transcendance claire : celle d’un héritage chrétien et humaniste, qui distingue le Bien du Mal, qui inscrit l’homme dans une verticalité. »

Régis :
« Mais ce “clair” dont tu parles devient vite excluant. Or nous avons besoin d’un espace commun plus accueillant, où chacun peut interpréter le mystère à sa manière. »

Elaine :
« L’accueil, oui. Mais sans renier le cadre. Il ne peut y avoir de liberté partagée sans fondement stable. Sans mémoire, il n’y a plus de liberté, seulement une succession d’opinions sans racines. »

Conclusion : Régis, défend une transformation culturelle et spirituelle. Elaine, plaide pour une fidélité à l’ordre, à la transmission, à la responsabilité.

Régis :
« Je crois en la possibilité d’un monde plus juste, plus vivant, qui dépasse les frontières mentales que nous avons construites. Cela demande une conversion de notre regard sur l’humain et la Terre. »

Elaine :
« Et moi je crois qu’on ne bâtit rien sans socle. Pour ouvrir, il faut d’abord tenir debout. Pour aimer l’autre, il faut savoir qui l’on est. Et pour transmettre, il faut affirmer des valeurs, pas les diluer. »

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Analyse des enjeux et des solutions divergentes pour demain

11 Septembre 2026 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Politique

Nous sommes pris dans un nœud de crises simultanées, et tout nous pousse à crisper nos positions et à répondre à l’immédiat. La politique ne peut se limiter à des réactions successives. Car derrière le bruit des urgences, un autre défi se dessine : celui de l’anticipation.

Climat – Santé – Sécurité – Éducation : ces piliers, sans-doute, d’une société viable sont aujourd'hui fragilisés. Demain, ils pourraient être transformés.

Travail – Technologie – Pouvoir d’achat : sont au cœur du contrat social moderne. Ils conditionnent notre modèle économique, notre cohésion et notre dignité collective.

Géopolitique – Immigration – Démographie – Guerre – Terrorisme : sont des lignes de tension du monde. Elles menacent, elles déplacent, elles recomposent.

Chacun de ces blocs soulève entre nous des divergences profondes — politiques, économiques, culturelles — mais il me semble évident, qu'on ne peut pas construire une politique sérieuse sans articuler présent et futur.

La politique me déçoit, parce qu'elle semble manquer de souffle et de projet. On répond à l’inflation, mais on ne parle pas du modèle de consommation. On réforme l’école, mais sans repenser ce que veut dire apprendre au XXIᵉ siècle.

Malheureusement, la politique est structurellement poussée vers le court terme : cycles électoraux courts, pression médiatique de l'instantané, financement de campagne, etc. Des acteurs pratiquent déjà l'anticipation (GIEC, Haut Conseil pour le Climat, prospective d'entreprise, think tanks) mais ils peinent à s'imposer dans la décision.

Et, surtout... Nous restons coincés entre les enjeux et nos divergences.

J'occulte volontairement ce qui semble être devenu l'axe central : le "populisme/anti-système vs establishment", ainsi que l'extrême centre qui pensait pouvoir tout contrôler... Il me semble que le vieux schéma gauche-droite reste ancré en nous. Cependant, après avoir expérimenté les conséquences d'un ''centre'', isolé et faussement omniscient, je reste interrogatif sur la manière de gouverner.

Je schématise rapidement quelques-unes des divergences entre la gauche et la droite sur les grands enjeux. D'ailleurs on peut être de l'un ou l'autre bord selon les thèmes ( par exemple : les libertariens, les souverainistes de gauche, ou les conservateurs sociaux mais europhiles, etc.).

  • Climat : La gauche privilégie restrictions et décroissance, la droite mise sur innovation et souveraineté énergétique. Sans ignorer : l'existence d'un courant écomoderniste de gauche (pro-nucléaire, pro-technologie) et d'un climatoscepticisme fort à droite...

  • Santé : La gauche défend le service public, la droite insiste sur la modernisation et l'efficacité.

  • Sécurité : La droite prône : répression et moyens accrus, la gauche favorise : prévention et lien social.

  • Éducation : La gauche lutte contre les inégalités et revalorise les enseignants, la droite met en avant le mérite et l’autorité.

  • Travail : La gauche protège les salariés et réduit le temps de travail, la droite valorise flexibilité et allègement des contraintes.

  • Technologie : La gauche est prudente sur les dérives, la droite est techno-optimiste. Et également : un courant accélérationniste de gauche (favorable à l'automatisation comme émancipation du travail) et un scepticisme technologique d'une partie de la droite conservatrice ou religieuse (défense des traditions contre la disruption numérique).

  • Pouvoir d’achat : La gauche défend la hausse des salaires et l'encadrement des prix, la droite préfère la baisse des charges et la compétitivité.

  • Géopolitique : La gauche mise sur coopération et diplomatie, la droite insiste sur souveraineté et puissance.

  • Immigration : L’extrême droite la voit comme une menace, la droite plaide pour limitation et assimilation, la gauche favorise accueil et régularisation.

  • Guerre : La gauche est pacifiste, la droite est interventionniste. Pourtant, l'histoire récente nous a montré les interventions extérieures françaises (Libye, Mali) décidées par des gouvernements de gauche, tandis qu'une partie de la droite populiste contemporaine est plutôt isolationniste ou favorable à un rapprochement avec des puissances autoritaires.

  • Terrorisme : La droite veut renforcer la sécurité, la gauche veille à protéger les libertés publiques.

Comment sortir de la logique du blocage et du rapport de force pour créer une dynamique progressive et adaptative, capable d’intégrer les divergences sans les transformer en impasses. ?

Nos visions du monde :

Nous n'avons certainement pas les mêmes visions du monde. Encore pour schématiser :

Pour les uns, le monde est une maison commune, la Terre et les humains sont liés par un destin écologique et éthique. Pour les autres, le monde est un champ de lutte, où la priorité revient à protéger ses proches, son identité, son héritage. La première vision appelle à une éthique de la solidarité planétaire ; la seconde à une spiritualité de la défense du foyer.

Certaines questions sont plus ou moins prégnantes : la technique est-elle neutre ? L’individu doit-il se réaliser par la consommation, la réussite personnelle, ou par le lien, le service, l’équilibre collectif ? Faut-il résister à la logique du marché, ou l’assumer comme forme d’émancipation ?

Certains voient dans le travail un moyen de réalisation personnelle, une activité transitoire, appelant à être repensée au profit de la liberté, de l’art, de la contemplation. D’autres y voient une vocation morale, un devoir social et spirituel, une participation à l’ordre du monde, souvent justifiée par des traditions religieuses ou des éthiques de l’effort.

Enfin une vision sera de défendre la coopération internationale, les traités, les alliances multilatérales ; l’autre de revendiquer la souveraineté nationale, le refus des ingérences, le primat de l’intérêt propre.

Pour les uns, tout humain est mon égal en dignité, quelles que soient ses origines ; l’étranger est un autre moi. Pour les autres, le monde est composé de cultures irréconciliables, et l’essentiel est de préserver sa communauté.

Les uns préféreront tenir que l’humanité est une seule famille, les frontières sont contingentes. D'autres valoriseront l’héritage, le destin collectif : un peuple, une langue, une culture sont des trésors à défendre, parfois au nom de Dieu, parfois au nom de l’histoire.

Nous savons tous, que le dérèglement climatique accentue les conflits, que le sentiment d’insécurité modifie le regard sur l’immigration ; que l'intelligence artificielle transforme le travail et donc le sens de l’éducation. Tout est lié.

Peut-être, conviendrait-il de s'essayer à relier les divergences gauche/droite aux erreurs de prévision de 1970 ou aux scénarios de 2080 ? Par exemple, montrer que le clivage climat gauche/droite d'aujourd'hui rejoue, sous une autre forme, l'opposition déjà présente en 1970 entre les tenants du nucléaire propre et les partisans de la sobriété (Illich) : ce qui en est advenu, et pourquoi ? Cela donnerait une profondeur historique à l'analyse. N'avons-nous pas tendance à penser par oppositions définitives, nettes et univoques ?

Osons une approche systémique et sensible. Nous avons besoin d’une métaphysique à la hauteur du siècle, et non pas seulement de pragmatisme, et de technocratie.

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Anne-Laure de Sallembier, légitimiste en 1920.

19 Décembre 2020 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Légitimiste, #Royaliste, #1920, #Politique, #Nationalisme, #Maurras

Sur ce que contient l'idée de monarchie orléaniste chez Anne-Laure de Sallembier, après la Grande Guerre, et qui va sans-doute motiver l'engagement de son fils Lancelot dans l'Action-Française, du moins pour un temps...

Pour Anne-Laure, la révolution française ayant détruit l'édifice ancien, il ne s'agit pas de revenir en arrière... Après les échecs de Louis XVIII et Charles X, explicables par une malheureuse nostalgie d'un ordre ancien et périmé ; le royalisme semblait être devenu une cause perdue...

De plus, l'affaire Dreyfus, semblait avoir perdu le ''Parti du Roi'', dans le marasme réactionnaire des anti-dreyfusards ; tandis que les républicains consolidaient le régime en place...

Révolution_Valmy-Vive-la-nation

 

La République conduit à la guerre...

L'Etat-nation est né de la révolution française, le nationalisme en est son exaltation. Le citoyen est subordonné « aux intérêts exclusifs de la nation, de l'Etat-nation, à sa force, à sa puissance, à sa grandeur. » ( Winock).

Les révolutionnaires de la première république de 1792, s'opposaient à l’Europe des dynasties ; et rêvaient d'exporter la révolution pour construire – disaient-il, l'Europe des nations …

La République française ( et même l'empire des deux napoléons) devient hégémonique : « Cette tradition, c'est celle qui fait de l'histoire de France celle de l 'humanité. » Michelet

La commune de Paris, jusqu’au-boutiste – lors de la guerre avec la Prusse - reproche au gouvernement « d'avoir failli à sa mission de défense nationale » ( Winock).

L'esprit de revanche sur l'Allemagne, va participer à fonder la IIIème République

 

Ce nationalisme républicain, est pour la comtesse de Sallembier, une des causes des guerres de 1870, puis de 1914...

Mais, elle va regretter le syncrétisme de Maurice Barrès qui va intégrer sa vision nationale de la Révolution, au monarchisme sectaire de Maurras... !

Beaucoup de monarchistes, et en particulier dans la noblesse ancienne, ne vont jamais adhérer aux idées de Maurras...

Pour Maurras, les intérêts de la personne sont subordonnés à la nation, y compris la monarchie et L’Église... Pour cette raison, les amis de la comtesse- qui ne reconnaissent pas la Nation - se disent ''légitimistes'' pour se désolidariser des monarchistes maurassiens.

La dynastie royale se voue au royaume, et ce sont ses devoirs qui la rende légitime. Elle se doit humble, et reçoit sa vocation de Dieu. L'Eglise se porte garante ; de fait, elle ne peut être nationale ( gallicane).

Anne-Laure, condamne le colonialisme, conséquence de l’universalisme républicain...

L'individualisme relève des idées que portent la république, et qu'elle souhaite universelles...

 

La comtesse de Sallembier n'aime pas le mot ''aristocratie'' qui se prête aux ''privilégiés'' du régime en place, et qui possède la richesse... Il y a bien sûr, aussi, une aristocratie de la République …

Elle préfère le mot de '' noblesse '' qui évoque le devoir et l'honneur... La noblesse s'acquiert par la famille, et le mérite....

 

Pour les légitimistes, la Grande-Guerre est une guerre civile.

L'Europe des peuples existe. Elle s'est construite au travers de grands faits culturels qui ont traversé cette entité : les pierres levées ; les grands textes fondateurs grecs, germains, celtes qui ont nourri tout l'espace carolingien ; les grandes légendes de la Table Ronde ou des Nibelungen, le monachisme chrétien, la révolution gothique, la Renaissance, etc...

Le XXe siècle, commence avec l'emprise de cette idée ''nationaliste', et l'effondrement de trois empires. Se préparent alors l'avènement de régimes nouveaux, et l'éminence d'une nouvelle guerre que Bainville prévoit...

Chaque personne s'inscrit dans une lignée, une langue, une religion. La Tradition porte cette identité avec ses coutumes, son histoire ; elle s'inscrit dans un temps et un espace particuliers. La Tradition définit un peuple. Chaque peuple est singulier, aucun n'est supérieur à un autre...

 

Pour tout dire, Anne-Laure de Sallembier, regrette l'engagement de son fils dans l'Action Française...

«Mieux qu’à restaurer la Monarchie, l’Action Française cherchait en fait à instaurer sa propre monarchie... » Colette Capitain, historienne - L’idéologie de l’Action Française.

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Fin du siècle – La vie mondaine -1-

26 Juillet 2019 , Rédigé par Perceval Publié dans #1900, #Histoire, #Politique, #XIXe, #femme

Élisabeth de Gramont en 1889. ( Nadar)

Dans le cercle restreint de cette géographie politique, Anne-Laure rencontre, celle qui deviendra l'une de ses amies : Élisabeth de Gramont (1875-1954)

En effet, Albert de Mun, a pour cousine, Élisabeth de Gramont, duchesse de Clermont-Tonnerre. De plus, le frère d'Albert : Robert de Mun, a épousé le tante de la duchesse, Jeanne de Gramont.

Si Albert de Mun, joue le ''père la rigueur'', Élisabeth lui rappelle, qu'il ne fut pas toujours exemplaire, des études médiocres, puis après sa sortie de Saint-Cyr, il sert dans les cuirassiers en Algérie (1862-1867) ; il y mène dit-on joyeuse vie.... Lors de la guerre, il est capturé à Metz, et emmené en captivité à Aix-la-Chapelle avec son ami René de La Tour du Pin, rencontré sur le champ de bataille de Rezonville. Prisonniers sur parole, les deux hommes partagent le même désarroi devant la défaite...

A 26 ans, il épouse sa jolie cousine ( au troisième degré ) Mlle Simone d'Andlau... Son père était comte de Briouze, seigneur de Mesnil-Jean et de Sainte-Marie. Il avait conjoint à cet héritage celui de sa mère, héritière de la baronnie de Cuy, à l'âge de huit ans, toutes terres situées dans l'Orne....

Albert de Mun

Cependant, le couple n'hérite d'aucune terre, d'aucun château... Ils mènent une vie sage et bourgeoise... Albert de Mun, à la fin du siècle, se targue de l'élégance avec laquelle son épouse «vêtue d'une simple robe noire» et indifférente aux lorgnette des loges puisse aller s'asseoir au parterre de l'Opéra, ce que madame Verdurin n'aurait jamais imaginé.... !

Pourtant, depuis le second empire, on considère que les salons aristocratiques et même de la cour impériale, entretiennent une vie dissolue. C'est aussi en cela que voulait se distinguer le célèbre salon de Juliette Adam... Il était devenu l’un des principaux salons républicains de Paris et il a joué un rôle important dans la vie politique française. Au salon du boulevard Poissonnière se rencontraient hebdomadairement certains des plus importants hommes politiques républicains. L’hôte le plus influent fut sûrement Léon Gambetta, ami d’Edmond Adam, qui instaura aussi une relation très amicale avec Juliette Adam ; jusqu'à ce que Gambetta semblât montrer des signes de sympathie envers l’Allemagne de Bismarck... Ce fut l'un des éléments de la rupture entre le « tribun » et son ancienne « égérie ». Le ''mythe'' de Juliette Adam : '' la grande française'' n'a cessé de se développer...

 

Si Juliette Adam avait été très proche d’Émile Girardin (1802-1881)... ''La Revue des deux Mondes'', avait des sympathies orléanistes. Le Directeur de la revue est Ferdinand Brunetière (1849-1906). Antidreyfusard, mais non antisémite : il publie en 1886 une réfutation ferme de La France juive, de Drumont, il accuse, en 1898, les intellectuels dreyfusards de se dévoyer... Son amie Flore Singer - importante salonnière de Paris - dreyfusarde, tente à plusieurs reprises de lui faire changer de position...

Dans l'intimité des salons, et du cercle restreint de l'aristocratie ; parcourons le Paris mondain...

Si, Anne-Laure se dit l'amie d’Élisabeth de Gramont (1875-1954), Elisabeth est la fille d'Agénor et de sa première épouse, et la demi-sœur d' Armand de Gramont (1879-1962) duc de Guiche, ami de Marcel Proust (1871-1922), marié avec la fille d'Elisabeth de Caraman-Chimay Greffulhe qui règne sur le tout-Paris... D'ailleurs la duchesse publiera un livre en souvenir de son amitié avec Marcel Proust qu'elle a côtoyé jusqu'à la fin. Dans ses Mémoires, elle évoquera nombre de personnes qui inspirèrent Proust pour À la recherche du temps perdu.

acquise par la baronne de Poilly


 

Ainsi, Anne-Laure a connu la baronne de Poilly : Annette du Hallays-Coëtquen (1831-1905), une égérie du Second-Empire... A 14 ans le comte de Brigode l'avait demandée en mariage, qu'elle épousa trois ans plus tard... Elle devint vite veuve (1859), libre et sans frein d'aucune sorte … Elle s'investit dans son salon, au 50, avenue des Champs-Élysées...

Qui ne rêve de se rencontrer autour d'un foyer de vie et de beauté... ? Les plus habitués du salon, furent le docteur Albert Robin, le ''connétable '' Barbey d'Aurevilly, un jeune poète François Coppée, Edmond de Polignac, et Paul Bourget... Elle est une des meilleures amies de Judith Gautier ( la fille de Théophile). La belle se remarie avec le baron de Poilly (1860) qui décède deux plus tard...

chez la baronne de Poilly

On dit qu'elle aima l'amour sans fausse honte... Dame d'honneur de l'impératrice, on raconte qu'elle tenta de ''dégeler'' Louis II lors d'une fête aux Tuileries (1867), en vain … Dans son salon, on pouvait rencontrer les fameux docteurs Robin et Pozzi auréolés d'avoir connu bibliquement Sarah Bernhard (1844-1923), Guy de Maupassant en quête de documents vécus, et le jeune Paul Deschanel toujours admirablement bichonné et bourreau des cœurs et habitué des ruelles de la baronne de Poilly, de Mme Beer, de Mme de Loynes, de la comtesse Diane... et promis à devenir le président de la République tombé de son sleeping, errant pieds nus sur la voie ferrée du côté de Montargis...

 

Note : Affaire Dreyfus : Les intellectuels ont pris parti ; parmi les antidreyfusards se comptent Cézanne, Degas, Renoir, Lorrain, Valéry, Louÿs, Léautaud, Arthur Meyer, le propriétaire du Temps, Barrès, F. Brunetière, Lemaître, Coppée, et chez les femmes de lettres, Gyp alors fort en vogue à l'époque, Colette et Rachilde. Dans les rangs des dreyfusards, Zola bien sûr, mais aussi Anatole France, Lugné-Poe, Fénéon, Courteline, Monet, Tristan Bernard, Rostand, Martin du Gard, Jean Jaurès, Léon Blum...

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Qui paye le plan de sauvetage des banques ? 

5 Mars 2013 , Rédigé par Perceval Publié dans #Politique

Les États européens se sont vus contraints les uns après les autres, moyennant des sommes astronomiques, de venir en aide aux banques pour compenser les pertes subies suite à des prêts pourris. Mais qui sont les bénéficiaires de telles opérations?

C’est en posant cette question très simple qu’Harald Schumann, essayiste en économie et  journaliste au Tagesspiegel, sillonne l’Europe. Et obtient des réponses pour le moins sidérantes. Car ceux qui ont été « sauvés » ne se trouvent pas – comme on tend à vouloir nous le faire croire – dans les pays en détresse, mais surtout en Allemagne et en France.

- En effet, une part importante des sommes débloquées finit dans les caisses des créanciers de ces banques sauvées. Quant aux financiers qui ont fait de mauvais investissements, ils se retrouvent protégés contre toute perte aux frais de la collectivité. Et ce contrairement aux règles de l’économie de marché. Pourquoi ? Qui encaisse l’argent ?

- 50 milliards d'euros en Grèce, 70 milliards en Irlande, 40 milliards en Espagne : au sein de la zone euro, les États se sont vus contraint les uns après les autres - moyennant des sommes astronomiques - de venir en aide aux banques pour compenser les pertes subies suite à des prêts pourris.

A voir donc, ce documentaire - "Quand l'Europe sauve ses Banques, qui paye ?" ARTE.

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Cette enquête met en valeur le caractère absolument scandaleux et antidémocratiquequi se déroule depuis le début de la crise avec le renflouage des banques... de plus, il est intéressant que le journaliste allemand constate lui-même que ce n'est pas l'Allemagne qui a sauvé l'Irlande, mais bien le contraire. La France et autres créanciers ne sont pas épargnés. Toute la classe politique européenne est visée.

docu-banques.jpgLe propos dans ce documentaire, n'est même pas une critique du capitalisme... En effet, la BCE a indirectement forcée l'Espagne et l'Irlande a rembourser les dettes de leur propres banques pour que celles ci remboursent les dettes qu'elles doivent aux banques françaises et allemandes. Il s'agit d'éviter que les banques françaises et Allemandes subissent les pertes conséquentes à un mauvais investissement, et on déroge ainsi à un principe fondamental du libéralisme qui est que celui qui investit doit être prêt à subir les pertes conséquentes à son investissement.

 La conclusion du reportage attire l'attention du téléspectateur sur l'un des aspects qui n'est pas le moindre, à savoir les tensions générées entre États Européens.

 Reste, une question en suspend qui serait d'évaluer les effets d'une chute de certaines banques irlandaises et espagnoles. Est ce qu'elles affecteraient véritablement d'autres banques, des entreprises, des particuliers de manière dramatique? et si c'est le cas, ne serait-il pas judicieux d'utiliser les investissement de la BCE et des Etats pour indemniser les autres acteurs qui sont vulnérables face à la chute de ces banques?

 On pourrait aussi discuter qui, du prêteur ou de l'investisseur ou du salarié ou du consommateur, doit supporter le risque inhérent aux activités économiques.. ?

 « Là où tous les autres ont renfloué les banques et laissé les citoyens en payer le prix, l’Islande a laissé les banques aller à la faillite et a, en fait, augmenté son filet de protection social »

Paul Krugman, prix Nobel d’économie dans le New York Times. 2011

Quand-l-Europe-sauve-les-banques--qui-paye.jpg

Si vous n'avez pas le temps de regarder toute la vidéo, en voici les grandes lignes :

- Les banques irlandaises ou espagnoles sont "sauvées" dans la plus grande opacité. Les listes de créanciers sont tenues secrètes, alors que des milliards d'argent public sont en jeu.

- Les créanciers sauvés sont en grande partie de grandes banques ou de grands assureurs allemands, français, ou d'autres pays considérés comme en meilleure santé que les autres au sein de l'UE. Lorsqu'un Wolfgang Schaüble (interviewé dans le documentaire) affirme qu'il est normal que les Irlandais paient pour leurs mauvaises dettes, il oublie juste de préciser qui était le dealer.

- Les pertes dans les bilans des banques espagnoles en cours de renflouage sont très sous-estimées. Les investissements immobiliers fantômes sont encore comptés à un pourcentage ridiculement élevé de leur valeur initiale au sein de leurs bilans : anticiper de nouvelles pertes serait sage.

- Les officiels interrogés (Schaüble, Almunia, Guindos...) manient la langue de bois comme personne, mais n'utilisent in fine que la rhétorique de la peur pour justifier l'absence totale de transparence de leurs opérations.

- Le transfert des pertes des banques irlandaises sur les contribuables irlandais a été imposé au gouvernement irlandais à la suite d'un véritable chantage.

- Au final, quand les États irlandais et espagnols seront rendus insolvables par ces transferts massifs de mauvaise dette, alors ce seront les contribuables d'Europe du Nord qui seront appelés en renfort... Et la pression sur la BCE pour annuler les créances qu'elle détient deviendra très forte.

faillite-des-banques.jpg- L'Europe reste une grande idée, mais l'Europe des "bailouts" pourrait aboutir à la fin de l'UE, ce qui serait dramatique.

Le documentaire n'est pas parfait (j'aurais aimé qu'un banquier central hors union européenne, comme Mladjan Dinkic, nous explique que l'on peut parfaitement liquider des banques prétendument systémiques...), mais il dit l'essentiel de façon assez compréhensible même pour un non initié. Ceux qui avaient suivi mes papiers sur lacrise souveraine apprendront peu de choses nouvelles, mais c'est une bonne entrée en matière sur un sujet que peu comprennent.

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Sur le web.Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=116518


 

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Le mariage pour tous.

24 Novembre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Politique

Je regrette que des questions de société ne soient pas différemment mises en débat, réfléchies et argumentées... ; aussi bien d'ailleurs ( même si ce n'est du même niveau ) au sein de notre république , qu'à « l'intérieur » de notre Eglise.. !Couples.jpg

Le référendum, eut été pour notre pays l'occasion d'être un peuple responsable ; et la confiscation de la parole des catholiques par la « conférence des évêques », ou par les manifestants..., augurent mal d'une nouvelle évangélisation que mériterait la France le XXIème siècle … !

 L'actualité, semble réduire l'église catholique au rôle d'opposant politique... Ce n'est bien sûr pas sa mission... Une parole évangélique peut s'exprimer mais différemment sur les relations sexuées entre personnes humaines, sur leur fécondité et leur prise en compte par la société … L'Eglise n'est pas un lobby parmi d'autres , qui doit peser sur nos choix politiques et sociétaux.

 A mon avis : cette question du « mariage pour tous » répond à une requête légitime de certains couples gays ou lesbiens qui souhaitent à la fois fonder une famille (ce que beaucoup ont déjà fait, qu'on le veuille ou non) et protéger leurs enfants. 

  •  « Fort heureusement, il y a bien longtemps que nous ne sommes plus en Chrétienté. Et il y a bien longtemps aussi que le mariage civil n'a plus le même sens que le mariage chrétien (auquel je crois de toutes mes forces). Depuis les lois sur le divorce qui, là encore, assurent la supériorité de l'individu et de son épanouissement sur celui du couple ou de la communauté, le mariage républicain n'est déjà plus qu'un ersatz du mariage religieux. Il s'en inspire, mais en a perdu le sens profond. » Laurent Grzybowski, journaliste société à La Vie.


  •  A noter l'avis de René Poujol ancien rédacteur en chef de Pèlerin magazine et qui analyse la prise de position de la Conférence des évêques de France :

 "Ce n‘est donc pas 'au nom de la foi en Jésus Christ', commune à tous les chrétiens, que les évêques se prononcent contre ce projet, mais pour des raisons de nature anthropologique, même si cette anthropologie trouve logiquement sa source, pour eux, dans le récit Biblique. Il se trouve que je souscris personnellement et à cette analyse, et à leur prise de position concernant le mariage pour tous." Mais … C'est, peut-être, parce que l'argument n'est pas d'ordre religieux que les chrétiens peuvent être d'avis divergents. poursuit René Poujol... "Je tire de leur propos (ceux des évêques) la conclusion, moins habituelle, que l’on peut donc être frères dans la foi… et diverger sur la question du mariage pour tous, dès lors qu’on ne fait pas tous la même analyse de ses conséquences sociétales possibles." 

caricature naquetEt, se souvenir....:


La 
loi autorisant le divorce en France fut adoptée le 20 septembre 1792 par l'Assemblée nationale et modifiée par des décrets de 1793 et 1794. Le divorce fut conservé par les rédacteurs du Code civil, puis abrogé sous la Restaurationpar la loi du 8 mai 1816. Il ne fut rétabli que sous la Troisième République, avec la loi du 27 juillet 1884.

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 M. Freppel, évêque d'Angers déclare le 19 juillet 1884, au Sénat :  « Qui vous a demandé le divorce ? Quelques femmes écervelées, quelques romanciers qui se font un jeu des mœurs et des lois... et dans cette campagne antifrançaise, anticatholique, sur qui se sont-ils appuyés ? ... »

Le fait capital, aux yeux de l'Eglise, c'était qu'un mariage pût être rompu sans elle, malgré elle. Qu'elle le voulût ou qu'elle ne le voulût pas, la société civile et la famille rompaient ainsi en droit un des liens les plus forts dont elle les eût jamais enserrés....


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La domination du capitalisme est aussi spirituelle.

29 Octobre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Politique

Jung Mo Sung (Docteur en théologie et économiste) : voir article « La Vie » , reprend un thème cher à la théologie de la libération :

Congrès Continental de Théologie du 7 au 11 octobre à Sa
Congrès Continental de Théologie du 7 au 11 octobre 2012 à Sao Leopoldo

Le capitalisme colonise l’espace, y compris dans le champ spirituel. Même les pays de tradition culturelle millénaire, qu’ils soient bouddhistes, hindouistes ou confucianistes en Extrême Orient, sont en train d’adopter des modes de vie occidentaux.

Un des concepts théologiques fondamentaux de la Bible est l’idolâtrie. Toutes les sociétés produisent des dieux qui sont l’oeuvre d’actions et d’interactions humaines qui ont été sacralisées. Les prophètes ont perçu et critiqué ce processus. L’idole fascine et attire. Le néolibéralisme présente une logique idolâtrique à travers la fascination de nos sociétés pour les lois du marché, un système qui serait censé imposer et réguler seul ses règles. Face à cette dimension fascinante du capitalisme global actuel, il ne suffit pas de critiquer. Il faut démontrer le processus sacrificiel qu’il engendre (perte de l’emploi, délitement de la vie de famille, voire mort des plus pauvres…) pour se défaire de cette fascination qui nous aveugle. La théologie a une mission importante à accomplir dans la société pour dénoncer cette nouvelle fascination. 

M. Meaudin ( Faculté de théologie, Université de Montréal,  ). établit une comparaison entre l'idéologie du néo-libéralisme et une religion de type sacrificielle.
conquistadorL'orientation néo-libérale actuelle de l'économie semble, en effet, la donnée fondamentale qui explique le remodelage de notre société. Or, loin d'être un domaine neutre et objectif et échappant à tout choix de valeur et de foi, l'économie de marché comporte un horizon métaphysique, une religion propre avec un discours interprétatif quasi théologique : M.M. entend détecter et qualifier ces aspects religieux, à savoir l'idolâtrie et le sacrifice qui caractérisent le néolibéralisme actuel


La question centrale aujourd'hui en Amérique Latine n'est pas la question de l'athéisme, le problème ontologique de l'existence ou non de Dieu [...]. La question centrale est l'idolâtrie, l'adoration des fausses divinités du système de domination. [...] La foi dans le Dieu libérateur, celui qui révèle son visage et son secret dans la lutte des pauvres contre l'oppression, s'accomplit nécessairement dans la négation des fausses divinités...La foi se tourne contre l'idolâtrie. (« La lutte des dieux. Les idoles de l'oppression et la recherche du Dieu libérateur», 1982)

Selon Hugo Assmann ( « L'idolatrie du marché. Essai sur l'économie et la théologie » 1989) , c'est dans la théologie implicite du paradigme économique lui-même, et dans la pratique dévotionnelle fétichiste quotidienne que se manifeste la "religion économique" capitaliste. Les concepts explicitement religieux qu'on trouve dans la littérature du "christianisme de marché" - par exemple, dans les discours de Ronald Reagan, dans les écrits des courants religieux néo-conservateurs, ou dans les oeuvres des "théologiens de l'entreprise" comme Michael Novack - n'ont qu'une fonction complémentaire. La théologie du marché, depuis Malthus jusqu'au dernier document de la Banque Mondiale, est une théologie férocement sacrificielle: elle exige des pauvres qu'ils offrent leur vie sur l'autel des idoles économiques. Sacrifices humains au nom de contraintes "objectives", "scientifiques", profanes, apparemment non-religieuses.

idolatrie-du-salut.jpg

Dans un ouvrage plus récent, « Ethique de la Vie » (2000), Leonardo Boff esquisse un parallèle entre l’injustice socio-économique et politique, conséquence de la violence contre les travailleurs et les classes subalternes, et l’injustice environnementale, qu’est la violence contre la nature, l’air, l’eau, qui menace de mort toute la biosphère. Leur origine commune est le paradigme capitaliste occidental, qui trouve son expression actuelle dans le néo-libéralisme et dans la « religion du capital », la religion du fétichisme de la marchandise, avec ses temples (les banques), son clergé (les financiers), ses dogmes et sa théologie (formulée par les économistes).

La mort d’espèces entières et de millions de personnes dans les pays pauvres sont, pour l’idéologie dominante, « les sacrifices nécessaires pour la croissance économique qui possibilité la réalisation du désir de consommation illimitée ». La tâche de la théologie c’est de critiquer l’idolâtrie du marché et le mythe du progrès, qui exigent et justifient les sacrifices de vies humaines et de l’environnement naturel. ( cf : SUNG, Jung Mo. Sementes de esperança. A fé em um mundo em crise. Petrópolis: Vozes, 2000. )

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Simone Weil, à l'usine. 1934-1935 -2-

23 Octobre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Politique

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Mai-juin36, blocage haut fourneau

1934 «  Si la guerre éclate, socialistes et communistes nous enverront à la mort pour la «  patrie des travailleurs »...( …) Etant donné la situation, je suis bien décidée à ne plus prendre part à rien dans le domaine politique et social. ( …) Voici, brièvement, comment je vois l'avenir : nous sommes au début d'une période de dictature plus centralisée et plus oppressive que tout ce que nous connaissons dans l'histoire ( …) J'ai pris un congé d'un an pour travailler un peu pour moi et aussi pour entrer un peu en contact avec la fameuse « vie réelle » ( lettre )

 

travail-a-la-chaine.jpeg«  Après mon année en usine ( …) j'avais l'âme et le corps en morceaux. ..( …) Le malheur des autres est entré dans ma chair et dans mon âme. ( … ) J'ai reçu là pour toujours la marque de l'esclavage... » ( lettre à JM Perrin )

 

lumpen-proletariat.jpg

Au plan politique et historique, les leçons tirées de l'expérience s'avèrent tout aussi dures. Simone Weil confirme ce qu'elle avait pressenti : les conditions de travail imposées aux ouvriers engendrent, non pas la révolte, mais la soumission, réduisant à néant ou presque les chances d'une révolution prolétarienne. 

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L'anarchisme chrétien

7 Juin 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Politique

C’est la chronique de Jean-Claude Guillebaud, enchanté par le livre : livre-anarchisme-chretien.jpg« L’anarchisme chrétien », qui a attiré mon attention vers ce courant que l’on imagine minoritaire :

 

"... l’anarchisme me paraît la conviction la plus proche, dans son domaine, de la pensée biblique." - Jacques Ellul.

 

Jacques Ellul a écrit un livre « Anarchie et christianisme ».

 


 

Jacques-Ellul.jpg

 

 

 

 

 

 

Ce courant social et politique est décrit dans ce livre au travers de la radicalité mise en avant par des têtes d'affiche que l'on connaît, superbement abordées dans le livre, comme Charles Péguy, Georges Bernanos ou Jacques Ellul, et cent autres avec Simone Weil, Dorothy Day, Pierre Kropotkine, Hugo Ball, Novalis, Peter Maurin, Tolstoï, Félix Ortt, ce contemporain de Péguy qui publia en 1903 un Manifeste anarchiste chrétien ou Joseph Proudhon dont – à tort – on n’interroge plus la pensée. Mentionnons encore Ernest Hello, ce sublime Breton amoureux de Dieu et qu’admirait tant Barbey d’Aurevilly. Ces anarchistes chrétiens, si méconnus, ont une « indélogeable conviction » : « Le message évangélique est dangereux, dérangeant, subversif, décisif ». Cathos-et-anar-last-supper.jpg

 

En 2012, ce qui nous menace de mort spirituelle, c’est le règne médiocre de la marchandise et tous les affairements de la technologie. Les auteurs citent en conclusion une phrase de saint Paul : « Ne vous conformez pas à ce monde présent, mais transformez-vous par le renouvellement de l’esprit ». (Romains 12, 2).

 

Quel serait l'équivalent chrétien de "Ni Dieu, ni maître"? Matthieu 23, verset 8 dit: "ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères." On pourrait donc dire que le slogan équivalent serait "Dieu est mon seul maître"

 

Extraits d’un entretien avec Jacques de Guillebon et Falk van Gaver (Source :La Nef N°237 DE MAI 2012 )

L’anarchisme n’est-il pas l’attitude de celui qui refuse de « rendre à César ce qui est à César » ?

«  C’est tout à fait le contraire : l’anarchiste rend à César ce qui est à lui, c’est-à-dire pas grand chose. Quand le Christ règle la question de l’impôt, il la règle avec sa sprezzatura habituelle : c’est-à-dire que pour lui, ce n’est presque pas une question. César ne sait pas faire beaucoup plus que graver son visage sur une pièce : qu’on lui rende sa pièce. Il faut de plus mettre ce passage fameux de l’Evangile en parallèle avec un autre, moins étudié, où les Juifs pressent le Christ de payer son impôt au Temple : « Ce ne sont pas les hommes libres comme nous qui doivent payer, apprend-il à ses apôtres, mais pour éviter de scandaliser ces bons Sadducéens et Pharisiens nous le paierons ». Et comment s’y prend-il ? Il envoie Pierre pêcher un poisson dans le lac : « Dans sa bouche, tu trouveras une pièce de bronze, tu la porteras au Temple ». C’est dire en quelle estime le Christ tient le « sale argent » qui est à César, cet argent qu’on trouve dans la bouche du premier poisson venu. Qui donc est César, s’il ne possède rien de plus ? Il n’y a pas à avoir peur de César, ni à lui prêter plus d’importance qu’il n’en a. anarchiste et ChrétienL’anarchie permet justement de tempérer les liens temporels. »


( …)  le Christ oppose formellement le mode d’administration chrétienne et celui des rois païens : « Eux ont des esclaves à qui ils commandent en maîtres, parmi vous que le premier soit le dernier ».


( …) l’anarchie, la chrétienne particulièrement – qui est la seule logique, la seule qui tienne – repose sur une vision complète de l’homme qui ne le tronque pas et reconnaît sa double fin, temporelle et surnaturelle. Elle invite, notamment à travers la question de la non-violence qui lui est congénitale, à une révolution intérieure, et à une révolte contre ses propres égoïsmes pour commencer. Naturellement, elle déborde ce cadre et inonde le monde temporel : en ce sens, elle n’est nullement contradictoire avec la vision du politique de l’Eglise, qui s’exprime particulièrement dans la doctrine sociale de nos jours, au contraire elle l’accompagne parfaitement : subsidiarité, c’est-à-dire organisation naturelle à la base ; option préférentielle pour les pauvres ; destination universelle des biens, tout cela sont ses maîtres-mots. »

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