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Les légendes du Graal
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Les Papes… au temps d'Ignace de Loyola (1491-1556) -3-

6 Janvier 2013 , Rédigé par Perceval Publié dans #Expérience chrétienne

Clément VII (1478-1534), pape de 1523-1534. Fils illégitime de Julien de Médicis et de sa dernière maîtresse, Fioretta Gorini, Jules de Médicis est le neveu de Laurent le Magnifique, et donc cousin du pape Léon X qui le légitimeront. Durant son pontificat, il s'opposa au roi d'Espagne et empereur germanique Charles Quint et au roi d'Angleterre Henri VIII. Clément VII est avant tout un politique peu préoccupé de théologie.

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15 août 1534 - Vœux à Montmartre d’Ignace de Loyola et de ses compagnons.

« Le sac de Rome » En réaction de l'alliance groupée contre lui, Charles-Quint favorise l'agitation de la noblesse romaine, groupée autour des Colonna, dont les troupes envahissent Rome par surprise le20 septembre 1526 et pillent la basilique Saint-Pierre. Deux ans plus tard, pape et empereur finissent par s'accorder. Un traité est signé à Barcelonele 24 juin 1529. Charles Quint est couronné solennellement par Clément VII à Bologne le24 février 1530.

Clément VII fut un pape mécène... Clément VII enrichit la bibliothèque vaticane, poursuit la construction de la basilique Saint-Pierre et il fait terminer les travaux de la cour de San Damaso et de la villa Madama. Il charge Michel-Ange de représenter le Jugement dernier dans la chapelle Sixtine, travaux qu'il suit personnellement. Il commente et fait publier toutes les œuvres d'Hippocrate Il approuve l'œuvre de Nicolas Copernic et veut la voir publier.

Clement-VII-avec-Charles-V-de-giorgio-Vasari.jpg
Clement VII avec Charles V de Giorgio Vasari

On peut évoquer à son actif la protection qu'il assura aux juifs et sa condamnation des conversions forcées dans le Nouveau Monde. Face au protestantisme il n'eut aucune réaction et c'est son successeur, Paul III, initiateur du Concile de Trente, qui entamera une réforme de l'Église et du dogme.

 

Paul III (1468-1549), pape de 1534-1549.

Avec son soutien est créée la compagnie de Jésus (jésuites), dont l'un des membres est son représentant au concile de Trente (dit aussi « concile de la Contre-Réforme catholique ») qu'il convoqua.

On lui doit également la condamnation officielle de l'esclavage par l'Église catholique en 1537.

Le 20 septembre 1493, à peine âgé de 25 ans, il fut élevé au rang de cardinal-diacre de SS. Côme et Damien par Alexandre VI. Certains ne laissent pas échapper l'occasion d'ironiser sur la rapide consécration et surnomment Alexandre Farnèse, il cardinale della Gonnella, avec une allusion évidente aux gains obtenus par les faveurs de sa sœur Giulia Farnèse, maîtresse d'Alexandre VI...

portrait-presume-realise-par-Raphael-de-Giulia-Farnes.jpg portrait-presume-realise-par-Luca-Longhi-de-Giulia-Farn.jpg

Giulia Farnèse (né à Canino en 1474, morte à Rome le 23 mars 1524) est une femme d'une extraordinaire beauté qui provoqua une telle fascination que ses contemporains la surnommèrent Giulia la Bella.

Elle fut une des maîtresses ( elle avait 15 ans et lui 58 ans ) du pape Alexandre VI ( 1431-1503) pape de 1492 à 1503. Il fut le père de six enfants reconnus. Népotisme et scandales choquent ses contemporains, et ce malgré les remontrances du frère Jérôme Savonarole. Sans scrupules, ni remords, Alexandre VI fait face : Savonarole est arrêté, torturé et exécuté le 23 mai 1498.

Portrait présumé réalisé par Raphaël de Giulia Farnèse Portrait présumé réalisé par Luca Longhi de Giulia Farnèse Giulia Farnèse meurt pour une raison inconnue à l'âge de 50 ans. Dix ans après, son frère accède au trône de Saint-Pierre avec le nom de Paul III.

L’élévation au cardinalat de ses petits-fils, Alessandro Farnese, âgé de quatorze ans, et Guido Ascanio Sforza, âgé de seize, déplurent au parti de la réforme et entraînèrent les protestations de l’empereur... 

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Portrait du Pape Paul III, et ses petits fils  - Titian, 1546

Dans la querelle permanente entre François Ier et Charles-Quint, Paul III garda une stricte neutralité, bien que Charles le pressât de soutenir l’Empire et de soumettre François aux censures de l’Église...

*****

... Ce qu'il faut chercher à comprendre :

* comment Ignace de Loyola ( 1491-1556) gentilhomme basque puis prêtre, dans sa recherche du Vrai, peut-il faite allégeance et se mettre au service d'une personnalité comme Paul III ( ni pire, ni meilleur que ses prédécesseurs...) ?

** De lui, ou de son contemporain Martin Luther ( 1483-1546) moine et théologien allemand, lequel des deux peut retirer de son engagement ( à l'opposé ...! ) plus grande «  gloire » .. ?

«  Si Luther enleva à Rome deux millions de chrétiens, Ignace de Loyola lui en donna dix »... Ce n'est bien sûr pas dans 'ce sens' que je pose la question … !

Nous en reparlerons ….

 

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Les Papes… au temps d'Ignace de Loyola (1491-1556) -2-

4 Janvier 2013 , Rédigé par Perceval Publié dans #Expérience chrétienne

suite de l'article précédent: 

Jules II ( 1443-1513), pape de 1503-1513 :

Jules-II-examine-les-plans-de-la-basilique-st-Pierre-Horace.jpg
Jules II examine les plans de la basilique St-Pierre  / par Horace Vernet 1833

Préoccupé de l'équilibre des puissances en Italie, ce diplomate retors élimina tour à tour César Borgia, les Vénitiens puis les Français de la Romagne et du Milanais, accroissant simultanément le territoire des États pontificaux. Sous son pontificat, Jules II convoqua le Ve concile du Latran, créa la Garde suisse en 1505, posa la première pierre de l'actuelle basilique Saint-Pierre de Rome commencée par Bramante, qu'acheva son successeur Léon X. Il protégea surtout Michel-Ange, auquel il commanda les grandes fresques de la Sixtine. Martin Luther vint à Rome sous le pontificat de Jules II. Il fut plus tard spécialement choqué par le relâchement moral du clergé romain et par la pratique de la vente des indulgences, utilisées sans retenue pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre.

La nature belliqueuse du pontificat de Jules II était en contradiction avec l’humanisme naissant et fut un des déclencheurs de la Réforme.

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Le pape Léon X avec ses neveux Giulio de Medici et Luigi de Rossi - Raphaël

Léon X (1475-1521), pape de 1513-1521 : Second fils de Laurent le Magnifique et de Clarisse Orsini. Cardinal à 18 ans. Léon X s'avéra un grand protecteur des arts. Il fit travailler pour lui Raphaël. Par ailleurs, il donna au début de son règne des fêtes fastueuses, ce qui eut pour résultat de dilapider la fortune laissée par Jules II. Léon X eut alors recours à la création d'offices et à la dispense d'indulgences, moyen auquel Jules II avait déjà eu recours pour reconstruire la Basilique Saint-Pierre.

Il s'entoure d'amis d'Érasme et paraît ouvert aux idées nouvelles. Martin Luther, en août 1518, lui dédie ses Resolutiones. Jusqu'alors, Léon X ne s'était guère préoccupé de théologie. Néanmoins, Luther était déjà accusé d'hérésie. Léon X lui envoya en octobre un légat apostolique, le cardinal Thomas Cajetan, général des dominicains, à la diète d'Augsbourg. Luther refusa de se rétracter. Conciliant, Léon X poursuivit dans la voie de la diplomatie en chargeant un chevalier allemand, Carl von Militz, de négocier une réconciliation. Ces tentatives de conciliation tenaient davantage de la politique que de la théologie, pour laquelle Léon X n'avait pas grande affinité. De bonne foi, Léon X ne voulait pas de rupture avec Luther. Il revint sur les questions théologiques. Mais entre temps, Luther était devenu le champion de la nation allemande. Le15 juin 1520, Léon X adressa la bulle Exsurge Domine, demandant à Luther de se rétracter. Elle fut brûlée en place publique le soir de Noël.

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Le 03 Janvier 1521: La bulle papale "Decet romanum pontificem" excommunie le réformateur allemand Luther et ses partisans jugés hérétiques. Martin Luther continuera à soutenir sa doctrine devant la Diète de Worms présidée par l'empereur Charles Quint au mois d'Avril. Il ne sera pas condamné à mort mais banni. Grâce à la récente invention de l'imprimerie, dès le jour de son excommunication, des traductions en langues populaires de ses "95 thèses" circulent déjà partout en Europe.

Le 3 janvier 1521, Martin Luther fut excommunié. Léon X mourut peu après cet échec. Il n'avait que 46 ans.

Adrien VI (1459-1523), pape de 1522-1523 : unique pape originaire des Pays-Bas. Par vocation et compétence, Adrien est d’abord un théologien et professeur de théologie. Il passa la plus grande partie de sa vie à l’Université de Louvain. Au conclave, il est élu alors qu'il y est absent. Le soutien de l’empereur Charles-Quint contribua certainement à son élection.

Mais à Rome c’était la consternation. Adrien n’y était pas connu, mais, venant du nord de l’Europe c’était sans nul doute un ‘barbare’, un ennemi, un homme de l’empereur. Le fait qu'il ne fût pas Italien fut très mal accepté et les cardinaux regrettèrent vite leur choix...

Son style de vie, simple, pieux et austère, impressionne d’abord le peuple romain. Il réduit le nombre de ses serviteurs à quatre (de 100 qu’avait son prédécesseur). Il évite les banquets et se contente d’un plat de viande à sa table. Il se lève la nuit pour réciter l’office divin et se relevait à l’aube pour célébrer la messe. Il interdit le port d’armes dans la ville et en expulse les femmes de mauvaise vie. Au lieu de poètes et de bouffons, il s’entoure de pauvres et de malades. L’édification augmente en même temps que l’inquiétude : il est un reproche vivant pour beaucoup.

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Détail du tombeau d'Adrien VI, dans l'église de Santa Maria dell Anima à Rome. Il repose sur son sarcophage, et se tient la tête rendue trop lourde du fait de la tiare ... 

Adrien, théologien classique, est cependant intransigeant sur les questions de doctrine. Luther doit être puni pour ses hérésies et interdit d’enseignement (comme décidé à Worms en 1521). Par ailleurs il est le tout premier pape à reconnaître que les sources de l’hérésie et de l’attraction qu’elle suscite sont à trouver dans le désordre même de la curie romaine et le comportement déréglé de nombreux prélats de l’Église. Lors de son premier consistoire, cinq jours après son arrivée à Rome (1er septembre 1522), il est brutal dans son constat : il faut commencer la réforme par Rome même. Adrien s’attaque vigoureusement aux abus (simonie, cumul des bénéfices, etc.), mais il le fait à coups de décrets et ordonnances sans s’entourer suffisamment de soutiens efficaces. Il ne fait rien pour se concilier les sympathies. Même les cardinaux favorables à la réforme de la curie romaine se tournent contre lui : «Il manque d’égards pour le Sacré Collège». 

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Il y a cinq siècles entre 1500-1550 … au temps d'Ignace de Loyola (1491-1556) -1-

2 Janvier 2013 , Rédigé par Perceval Publié dans #Expérience chrétienne

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Cette carte est un planisphère dessiné en 1500 par l'explorateur et cartographe espagnol Juan de la Cosa.

 

Comment une femme ou un homme du XXIème siècle, peut-elle(il) comprendre les valeurs intériorisées et promues par une certaine « élite » au XVIè , de la gloire, de la guerre, du péché, du Christ-Roi..etc ? Comment un chevalier pouvait-il rêver de se mettre au service de Dieu, en partant délivrer Jérusalem, ou en faisant allégeance au Pape... ? Comment pouvait-on imaginer transmettre la Gloire divine en idéalisant la "colonisation" ?

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Ignace de Loyola se tient à gauche à genoux en hommage au pape, ici Saint Grégoire le Grand, moine, théologien et pape (c. 590-604). François-Xavier (1506-1552), le premier grand missionnaire jésuite, est à  droite. Les deux sont vêtus de l'habit noir simple de l'ordre des jésuites.

Le monde est catholique, et au centre est le Pape. Ignace de Loyola, rêve d'être acteur des glorieux événements qu'annoncent la modernité ; et non plus pour sa propre gloire, mais pour celle de Dieu.

 A mon avis, il n'est pas possible de rendre compte des richesses de l'apport ignatien, sans tenter de comprendre cette époque... Sans être historien, je tente malhabilement, une synthèse potache du début de ce siècle...

C'était il y a, seulement …, cinq cents ans.

  • 1502 : Léonard de Vinci est engagé au service de César Borgia, duc de Romagne et général en chef des armées du pape Alexandre VI, son père.

  • 1508-1513 : Guerre de la Ligue de Cambrai.

La guerre de la Ligue de Cambrai, également connue entre autres sous les noms de guerre de la Sainte Ligue et quatrième guerre d'Italie, est un conflit majeur des Guerres d'Italie. Les principaux protagonistes de cette guerre, qui dure de 1508 à 1516, sont la France, les États pontificaux, et la République de Venise. Au cours du conflit, ils sont rejoints par pratiquement toutes les puissances d'importance d'Europe occidentale, parmi lesquelles l'Espagne, le Saint-Empire romain germanique, le Royaume d'Angleterre, le Royaume d'Écosse, le Duché de Milan, Florence, le Duché de Ferrare, et les Suisses.

Afin de mettre un frein à l'influence vénitienne en Italie septentrionale, le pape Jules II crée la Ligue de Cambrai, une alliance anti-vénitienne l'unissant au roi de France,Louis XII, l'Empereur du Saint Empire Maximilien Ier, et le roi d'Espagne Ferdinand II. Malgré le succès initial de cette Ligue, des désaccords entre le pape et le roi de France provoquent la rupture en 1510 ; Jules II s'allie alors avec Venise contre la France.

 

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Charles Quint 1500-1558

En 1515, une alliance franco-vénitienne vainquit de manière décisive la Sainte Ligue lors de la bataille de Marignan.  

  • Et, c'est le 31 octobre 1517 que Martin Luther placarde ses 95 thèses sur la porte de la chapelle du château de Wittenberg. Il s'agit d'une critique de l'Église et du pape. Les thèses les plus polémiques sont dirigées sur la pratique de la vente des indulgences et la position de l'Église sur le Purgatoire.

Alors que « la Sainte Ligue », repousse les Français hors d'Italie en 1512, Ignace de Loyola a 21ans. Après avoir été page, il sera -en 1517- gentilhomme d'Antonio Manrique, duc de Najera et vice-roi de Navarre. Il sera blessé à Pampelune en 1521.

Il y a cinq cent ans, c'est en observant, à présent, les questions religieuses, avec un regard sur chacun des papes de ce début du XVIème siècle, que nous pouvons imaginer les thèmes d'actualité qui pouvaient interesser Ignace de Loyola.

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Meilleurs voeux pour 2013

1 Janvier 2013 , Rédigé par Perceval Publié dans #Actualité

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Un tableau d'Edouard Vuillard ( 1868-1940 ): C'était, il y a une centaine d'années... Le XXème siècle était encore en gestation...

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Aujourd'hui, quelle est la mission de l'Eglise dans le monde ?

30 Décembre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Actualité

L'Eglise catholique ne craint pas ces derniers temps de faire les titres de l'actualité : après les scandales pédophiles, les désordres de quelques communautés ( les béatitudes, les petits gris de St Jean ..), les mesures répressives ( les religieuses aux Etats Unis ( LCWR), les centaines de prêtres autrichiens, allemands, suisses, qui ont fait une pétition appelant à des réformes profondes dans les structures de l’Église...) … !
cardinal main devant visageAprès donc tous ces sujets, c'est aujourd’hui l'engagement officiel des évêques contre « le mariage pour tous »... Décidément, nous avons du mal à nous engager dans une nouvelle évangélisation et mettre en valeur la vitalité d'un nombre croissant d'initiatives audacieuses …

En cette «  année de la foi », c'est l’actualité qui pose la question : Aujourd'hui quelle est la mission centrale de l'Eglise dans le monde, selon le message de l'Evangile?

L'Eglise - en tant qu'institution sociale - est-elle en passe de devenir un phénomène marginal, presque sectaire (dans le sens identitaire et culturel...), qui rejette les femmes et les jeunes ...?

Manif_2_m.jpgOn dit parfois, que, l'Église s'est élevée contre la raison et a perdu les intellectuels au cours des XVIIIe et XIXe siècles;  ensuite, contre la plupart des réclamations et des demandes sociales de la classe ouvrière, l’Église a perdu les travailleurs. Depuis le Concile Vatican II et le milieu du XXe siècle, aveugle aux nouveaux enjeux ( post-modernisme, la culture de l'information, la complexité, la mondialisation, la crise des grandes traditions …) elle perd la jeunesse. Et, aujourd'hui, l’Église va perdre les femmes...  Si on perd les jeunes parents, c'est aussi, la transmission aux générations futures, qui disparaît … !

Alors que les principaux enjeux de notre planète sont d'ordre environnemental et social ( néolibéralisme agressif ), c'est contre le 'mariage pour tous' que l’institution catholique appelle à manifester … Étrange chose … !

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Nous sommes dans une période de crise profonde. Et, cela a aussi un côté positif. Le terme même de «crise», permet la « critique « et favorise les signes de vitalité … Quelque chose de nouveau peut naître, et même au-delà de la résistance des structures obsolètes. 

Dans le cadre des églises chrétiennes, ou de la sphère sociale, il est difficile d'atteindre immédiatement des changements majeurs. Il s'agit d'une longue marche faite d'étapes … Les individus ou les groupes qui osent prendre de nouvelles initiatives comme des alternatives au système actuel, le plus souvent payent un prix élevé... ( un article -qui suivra - recensera les prêtres sanctionnés en 2012 ...)

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Quelle théologie du Pluralisme religieux ?

28 Décembre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Pluralisme religieux


Cl GeffréClaude Geffré dominicain, ouvre son lecteur à la jouissive faculté de penser, non pas de comprendre, mais de penser avec liberté et ferveur … L’illustre dominicain fut parmi les premiers à comprendre que, s’il revient au théologien de justifier sa foi chrétienne, il ne peut plus le faire sans rendre justice également à la foi des autres.

Aujourd'hui la question religieuse, fait penser ; et il n'est rien de pire que de chercher à penser avec un mur ! Vatican 2, a percé des fenêtres, il ne s'agit pas de les murer.

Contrairement à l'époque d'Ignace de Loyola, nous savons aujourd'hui que le christianisme ne gagnera pas la tête entière... Heureusement, le christianisme n'effacera pas les autres traditions. Heureusement le christianisme ne sera pas uniforme.

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Chrétiens nous reconnaissons, à présent, qu'il ne suffit pas d'affirmer que les autres traditions possèdent des valeurs que nous reconnaissons comme chrétiennes ; nous ne pouvons en plus nous enorgueillir d'affirmer que seul le christianisme peut les accomplir.

Au XXIème siècle, nous devons ouvrir intelligemment notre christianisme, sans faire du relativisme, et en refusant toute violence ( fut-elle sacrée ..). Nous devons chercher à argumenter théologiquement le pluralisme religieux. Nous devons concevoir de nouvelles relations avec les religions autres, exogènes, ou nouvelles … Claude Geffré, nous aide avec le respect évangélique de notre foi, à dénouer les contradictions, et ouvrir de nouvelles issues.

Qu'apporte le Christianisme dans ce contexte, En quoi la « religion de l'Evangile » est-elle autre et nécessaire ? Comment privilégier mon christianisme, sans dédaigner les autres traditions ?

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« Le Christ est la voie qui nous conduit au Dieu qui fait grâce, mais c’est une voie universelle. Cependant, sans compromettre l’unicité de la médiation du Christ, il est légitime d’affirmer que les autres religions peuvent exercer un rôle médiateur dans le salut… Si beaucoup d’hommes et de femmes sont sauvés en Jésus-Christ, ce n’est pas en dépit de leur appartenance à telle tradition religieuse, mais en elle et à travers elle.» Cl Geffré.

«  Comme religion de l’incarnation du Verbe de Dieu dans l’histoire, le christianisme est essentiellement une religion  dialogale.»  Tout en étant différent des autres religions, et unique en son genre, il ne peut pas prétendre totaliser toutes les richesses d’ordre religieux, dont aucune n’a l’exclusivité.

« LE CHRISTIANISME COMME RELIGION DE L’ÉVANGILE »  de Claude Geffré  Cerf 2012



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Ignace de Loyola -4-

26 Décembre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Expérience chrétienne

Saint-Ignace-de-Loyola-portrait-statue.jpgBarcelone, Alcala, Salamanque, enfin (et surtout) Paris jalonnent brillamment la formation intellectuelle de cet étudiant atypique et illustrent ses contacts avec quelques penseurs célèbres, enseignés à cette époque : Albert le Grand, P. Lombard, Érasme… Parallèlement son mode de vie ascétique s'accentue et déjà surgissent les premiers démêlés avec les services de l'Inquisition, simples escarmouches, au cours desquelles Inigo sait se montrer, à la fois, énergique et déférent. Après les études de grammaire au collège Montaigu, c'est à Sainte-Barbe, sous la houlette de Juan de la Peña, qu'il passe, avec succès, sa maîtrise de philosophie; il a quarante ans, il ne lui reste que vingt ans à vivre.

Maître Inigo veut toujours sauver les âmes. Des pratiques ascétiques, de plus en plus rigoureuses, s'avouent comme autant de symptômes de conflits intérieurs mal réglés : agression camouflée en geste de compassion (épisode du voleur de Reims), autopunition corporelle (baisement de sa main qu'il croit atteinte de la peste). C'est aussi l'époque du changement de prénom : celui d'Ignace l'assimilant plus étroitement au martyr d'Antioche.

Ignace-et-ses-compagnons.jpgA Montmartre où, dans une humble chapelle, saint Ignace de Loyola et ses premiers compagnons prononcent leurs vœux : Le 15 août 1534, c’est en somme la fondation des jésuites : Ignace de Loyola est accompagnés de Pierre Favre et François Xavier, Jacques Lainez et Alphonse Salmeron, Bobadilla et Simon Rodriguez qui sont tous savants, décidés, enthousiastes et passionnés par le Christ et son évangile. Il n’ont qu’un seul but, suivre le Christ, et ils formeront la Compagnie de Jésus.

Ils ne savent même pas qu'ils viennent de fonder l'un des plus grands ordres religieux de l'histoire. Ce qu'ils savent, c'est que jamais ils ne seront des moines. Ils ne songent même pas à vivre ensemble. Ils n'ont en tête que de servir. Comment? Ils iront demander au Pape. Pour eux, c'est là la meilleure solution...Après un bref retour à Loyola, puis un projet avorté de nouveau pèlerinage à Jérusalem et malgré quelques épreuves, incompréhensions, controverses, il fonde, avec l'appui du pape Paul III, la Compagnie de Jésus (27 septembre 1540), dont il rédige lui-même les Constitutions.

crois en Dieu
comme si tout le cours des choses dépendait de toi,
en rien de Dieu.

Cependant mets tout en oeuvre en elles,
comme si rien ne devait être fait par toi,
et tout de Dieu seul.

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Propos qu'on attribua à Ignace de Loyola lui-même, mais que l'on doit en fait à Gábor Hevenesi ( Vásárosmiske/Hongrie 1656 - Vienne 1715), jésuite hongrois.  


Suivre le chemin du Christ, à l'école d'Ignace de Loyola ; c'est «  Chercher la présence de Dieu en toutes choses ... » ; cela inclut une relecture du vécu qui permet de prendre en compte sa propre expérience et d'en tirer profit. Reconnaître ses dons, les développer, et accepter ses limites... Ignace est un homme de notre temps : un homme de désir, qui met en avant le destin du « sujet ».

Ignace va mettre par écrit la manière de marcher, de rechercher la volonté de Dieu : ce sont les Exercices Spirituels. Il balise ce sentier de grande randonnée, indique les étapes, les passages et les conditions pour que " ça passe ".

Son originalité a été de dire : l'homme ne trouve pas Dieu seulement dans la prière. Il le trouve aussi dans l'action, dans le service des hommes. Autrement dit, une action peut valoir une prière et exiger la même abnégation. Comme à son époque, nous vivons de grands changements culturels, et cela requiert des outils pour un discernement.

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" Quand nous sacrifions nos intérêt au service de Dieu, Il avance plus nos affaires que nous aurions fait nous-mêmes si nous avions préféré nos intérêts à son service."
Maxime de saint Ignace de Loyola.

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De Noël, au Royaume à construire

25 Décembre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

*****

Noël, la naissance de Jésus... N'est-ce que, du passé ?

« D’une certaine façon, l’humanité attend Dieu, elle attend qu’il se fasse proche. Mais quand arrive le moment, il n’y a pas de place pour lui. Elle est si occupée d’elle-même, elle a besoin de tout l’espace et de tout le temps de manière si exigeante pour ses propres affaires qu’il ne reste rien pour l’autre... » Benoît XVI ( en 2007 à la messe de minuit)

- Si Jésus naissait aujourd'hui, s'il arrivait ici, maintenant, comment réagirait-il aux autres religions .. ? Comment celles-ci l'accueillerait-il ?

  • « S'il naissait au Brésil, il redonnerait la parole aux pauvres » (Mario Lund, 55 ans Port Alègre) «  Les pauvres se tournent vers les religions évangéliques et les riches se détournent de la religion, trop occupé à gagner plus ... »

  • «je pense que si Jésus naissait aujourd’hui en Inde, il le ferait sous les traits d’une fillette. » (P. Noël Sheth, jésuite, enseignant de philosophie des religions à l’Institut pontifical Jnana-Deepa Vidyapeeth, de Pune) : Joseph ... it's a girl« Il ne ferait aucune différence entre les castes »

  • « Je ne suis pas croyant mais, si Jésus naissait aujourd’hui, cela serait bien que ce fût à Moscou. » Alexeï ovtchAreNko, 53 ANS, professeur d’université à Moscou. « Peut-être qu’en voyant ce nouveau Jésus, les gens se mettront à penser pourquoi et comment ils vivent. Si Jésus nous donne une nouvelle chance, merci à lui. Mais à nous d’être assez responsables pour décider de notre destin ! »
  • Si Jésus naissait…« Il viendrait apporter la paix », … en République Démocratique Du Congo sœur annie DzaMa, 40 ans
  • « Jésus pourrait naître ici. En effet, dans toute cette région du monde, nous vivons aujourd’hui l’une des crises politiques et morales les plus graves de notre histoire, un peu comme c’était le cas en Palestine il y a deux mille ans. », au Liban Maha DiMachki alaMuDDin , sociologue à Beyrouth, « nos valeurs, tant chrétiennes que musulmanes, ont cédé devant les multinationales américaines qui ont mis nos responsables politiques à genoux. »

    Extraits de la Croix du 24 Décembre 2012

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Noël, c'est parfois, pour quelques instants ou quelques jours, la trêve des égoïsmes habituels.

On se prend ainsi à rêver d'un monde où, grâce à la mobilisation générale des bonnes volontés, régnerait enfin la paix.

Un rêve? Non, mais - selon le témoignage de Jésus - le dessein très concret conçu par Dieu dès le commencement - et dont, infatigablement, il poursuit la réalisation malgré les refus et les incompréhensions des hommes. Tout au long des siècles, il les a patiemment formés dans l'espérance d'un Messie, un Sauveur, qui libérerait les hommes et le monde de tout esclavage et de toute violence...
Le règne de Dieu peut commencer ...!
 
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Aragon: le "mentir" vrai ...

24 Décembre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Art

Il y a trente ans ... Le 24 décembre 1982, Louis Aragon s'éteint à son domicile de la rive gauche.

«  éternel orphelin symbolique en quête de qui voudrait l'adopter, l'accueillir », résume Philippe Forest.

Né le 3 octobre 1897, « de père et de mère non dénommés ».Autour de lui, les adultes jouent une comédie sociale dans un vertige d'identités masquées. Le père se fait passer pour son « parrain », sa mère pour sa sœur, ses grands-parents pour ses parents adoptifs. Son géniteur n'est autre que Louis Andrieux, préfet de police de Paris, député, ambassadeur, haute figure de la IIIe République, et sa mère, Marguerite Toucas-Massillon, une grisette du Bon Marché. On truque donc son identité, au profit d'un être de fiction…

 En 1914-1918, poilu et jeune médecin, enseveli sous les décombres d'un bombardement, il est laissé pour mort.

En 1939-1945, il entre dans la clandestinité et sert la Résistance.

Il aura été de toutes les aventures intellectuelles et politiques de son époque : dadaïsme, surréalisme, réalisme socialiste, communisme, « moscoutaire » aligné et zélé, romancier, poète, journaliste, chantre de l'amour fou auprès d'Elsa et inverti fastueux après la mort de l'amante.

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ARAGON Louis et TRIOLET Elsa,  Au 2e congrès des écrivains de l’U.R.S.S en 1960  

 

Pierre Juquin « En 1937, Aragon approuve les procès de Moscou ! Or parmi les victimes, il y a le général Primakov qui est son beau-frère. C’est le compagnon, l’amant de la soeur d’Elsa Triolet, Lili Brick. Staline le fait assassiner comme beaucoup de généraux, de maréchaux, d’officiers soviétiques. Aragon prend la défense de l’Union soviétique pour deux raisons. La première : il considère que la révolution bolchevique à la fin des années 1920 est un événement qui compte pour l’avenir de l’espèce humaine. Quels que soient les horreurs, les crimes, les fautes qui aient pu être commis là-bas, il s’est passé quelque chose. Et il croyait que c’était définitif. On était d’ailleurs beaucoup à le croire ! Il approuve aussi les procès car il a peur de Hitler et’il voit dans l’URSS un rempart militaire et politique contre le fascisme. La France et la Russie lui apparaissent comme la bonne et belle alliance pour prendre en tenaille l’Allemagne hitlérienne. Mais au même moment, Aragon applaudit au congrès d’Arles au cours duquel Maurice Thorez affirme que la révolution a deux leaders : non seulement l’Union soviétique, mais aussi la France avec sa Révolution française, sa Commune, son mouvement ouvrier et le front des Français. Je ne suis pas sûr que ça ait beaucoup plu à Staline ! Au fond, si Aragon soutient les procès, c’est qu’il n’a pas encore compris le stalinisme.

Aragon se montre tantôt avec un masque blanc, tantôt avec un masque rouge. Il aimait le spectacle et sans doute souffrait-il du vieillissement. Le fait est qu’il ne voulait pas montrer son visage. Et cet homme double disait : « Je ne suis pas celui que vous croyez. »

 

« Chez Aragon, tout est vertige. » Pour Philippe Forest , (Vertige d’Aragon, de Philippe Forest, Éditions Cécile Defaut):   Aragon relève de cette figure du vertige, et à plus d’un titre. « Fils de personne, (…) découvrant le monde alors que celui-ci s’écroule », il se donne deux points fixes, le communisme et Elsa. Mais c’est aussi de la littérature qu’il attend cet hors-limites. »

« On insiste sur ce que ces métamorphoses successives supposent de soumissions répétées à des jougs contradictoires, mais jamais on ne dit le courage, la colère, l'insouciance feinte, l'indifférence vraie qui rendirent possible aussi ces arrachements dont chacun fut à sa manière un périlleux saut dans le vide », plaide Philippe Forest.

 

DANIEL BOUGNOUX, universitaire, co-responsable de l'édition des Oeuvres romanesques d'Aragon à La Pléiade :  « ce couple n’avait rien d’idyllique. Dans les romans, les descriptions de violence, de passion dévorante, de jalousie omniprésente, de crises d’identité liée à la présence de l’autre ou de sa possible absence font de ce couple un enfer.

Elsa n’en pouvait plus de ses poèmes dithyrambiques qu’il préférait à la vie réelle. Il s’isolait pour les écrire et repoussait Elsa quand elle entrait dans son bureau, prétextant qu’il lui écrivait un poème d’amour. Paradoxe et narcissisme de l’auteur qui se replie sur l’amour de son amour. Les blessures de ce couple nous touchent et peuvent croiser le roman de chacun d’entre nous. Le « nous » de ce couple est très conflictuel. Aragon en parle souvent (« Il n’y a pas d’amour heureux »), mais le « nous » du Parti ou de la Nation est encore plus sujet à désespérance et à crise. Le « nous » communiste est encore moins assuré que le « nous » conjugal. Il y a, chez Aragon, un drame du « nous » et néanmoins une exigence tenace de ne pas être enfermé dans le « je » . Toute sa vie, il a combattu « le monstre ébouriffé de l’individualisme », cet « analphabétisme social ». »


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Manifeste pour une Église dans le monde de ce temps

23 Décembre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Expérience chrétienne

Ce manifeste émane des membres du Réseau des Forums André-Naud (RFAN) - (théologien québécois André Naud) -, ils cherchent à promouvoir la liberté de pensée et d’expression dans l’Église, notre Institution. Lors de leur dernière assemblée générale tenue le 24 octobre 2012, après un an de travail en commun, ils ont décidé d’adopter leur Manifeste pour une Église dans le monde de ce temps, inspiré par celui des 300 prêtres autrichiens. Ce Manifeste contient quatre souhaits, sept engagements et un grand désir.

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Mise en contexte

Il y a de quoi se décourager et pourtant nous ne le sommes pas. Présentement la douleur du Monde est grande et ses leaders officiels sont capables de s’enfoncer creux dans le mensonge pour ne pas apercevoir sa détresse. Nous ne sommes pas découragés parce qu’ici et là des femmes et des hommes, beaucoup de jeunes, refusent de devenir des morts vivants, des robots « qui font la job. » Un vent de Pentecôte s’est levé, une mouvance se dessine sur tous les continents, un cri surgit du cœur de la Terre : « Sors de ce tombeau! » Les différentes Églises, dont la nôtre, n’y échappent pas : Autriche, France, Etats-Unis, Irlande,… Avec les ans et le « succès », notre Institution a dérapé, elle a quitté le Monde, elle s’est accaparé l’Évangile pour en faire son affaire à elle alors que l’Évangile appartient au Monde. Par le Prophète de Nazareth et cet Évangile, Dieu nous a exprimé ce qu’il veut : une humanité réconciliée.

Texte du Manifeste

Pour nous, membres du Réseau des Forums André-Naud, « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes (et des femmes) de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux (et celles) qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho » dans notre cœur. Ce texte extrait du document conciliaire L’Église dans le monde de ce temps (paragraphe 1) et l’esprit des autres documents de Vatican II, la Parole de Dieu et l’écoute du Peuple de Dieu qu’on appelle le  sensus fidelium nous poussent à une quête de vérité.

 Nous demandons aux premiers responsables de l’Église catholique, dont nous sommes aussi membres par notre baptême, de s’atteler à une urgente et nécessaire reforme ecclésiale qui permettrait aux disciples du Christ de collaborer à l’instauration d’une fraternité universelle dont l’Homme de Nazareth avait fait sa grande préoccupation. Lors de son dernier repas avec les siens, quel message il nous a laissé avec le tablier, le pain et le vin! Par fidélité au Christ, à l’Évangile et à l’institution qui tente de le manifester AUJOURD’HUI, nous nous sentons obligéEs de déclarer à nouveau nos options et nos choix. : n’est-ce pas une loi de la vie que de recommencer?

Nous souhaitons que dans l’Église l’autonomie de l’être humain et l’importance de saconscience soient au centre de nos orientations et de nos décisions d’agir, une conscience de disciple « qui repousse vigoureusement tout juridisme étroit et mesquin qui perdrait de vue le primat de l’amour généreux sur les règles concrètes d’action.[1]» Le Christ ne donne pas un long code de conduite, mais beaucoup d’exemples d’humanité.

Nous souhaitons que l’égalité femme/homme reconnue dans la société civile le soit autant dans notre Institution ecclésiale.

Nous souhaitons que la décentralisation de l’Institution ecclésiale (avec les siècles devenue romaine et gérée par la Curie) se traduise progressivement par une prise en charge de chaque communauté chrétienne par ses membres, selon leurs talents et leur disponibilité.

Nous souhaitons que nos évêques prennent une plus grande liberté face au gouvernement central de notre Institution et une plus grande implication, associés aux laïques, dans les enjeux de notre société québécoise. « Dans l’état actuel des choses et de la législation de l’Église, le pape et les évêques ont le devoir d’être prêts à reconsidérer les règles qui concernent la « juste » liberté  de pensée et d’expression dans l’Église.[2] »

Conséquemment nous nous engageons à réaliser ce qui suit.

1.   Promouvoir partout et en tout temps l’importance de la conscience éclairée de disciple, de l’égalité femme/homme, de la décentralisation dans notre Institution ecclésiale, et de la liberté de pensée et d’expression dans notre Église.

2.   Intervenir sur le terrain pour favoriser l’existence de communautés chrétiennes à taille humaine capables, dans un climat de coresponsabilité, de répondre à leurs propres besoins même dans un contexte de fusion de paroisses (distribution des tâches pastorales, reconnaissance de ministères propres à une communauté, consultation pour le choix du pasteur, célébration de la Parole avec communion, célébration conjugale,…). La liberté d’action évangélisatrice des communautés chrétiennes repose sur la connaissance des personnes, de leurs besoins, de leurs aspirations, de leurs joies et de leurs peines.

3.   Accueillir ouvertement dans leurs différentes situations de couples les personnes séparées réengagées, les personnes homosexuelles, les personnes vivant en union de fait,… qui cheminent dans la communion au Christ à la table eucharistique.

4.   Promouvoir la célébration du pardon de Dieu avec absolution collective.

5.   Inviter des laïques formés de nos communautés à prononcer une homélie.

6.   Promouvoir la réinsertion dans l’exercice du ministère presbytéral des prêtres qui ont quitté le ministère et qui pourraient aujourd’hui être mariés.

7.   Nous exprimer en faveur de l’ordination diaconale des femmes, ainsi que de l’ordination presbytérale de femmes mariées ou célibataires et d’hommes mariés.

Nous désirons poursuivre ce dialogue déjà amorcé avec l’ensemble du Peuple de Dieu et nous invitons nos évêques à se joindre à cette démarche.

 

1. NAUD, André, Le magistère incertain, Fides 1987, p. 250.
2. NAUD, André, Pour une éthique de la parole épiscopale, Fides 2002, p. 24.

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