1912...2012... Nous sommes « menacés » … !
Lors de temps troublés, l'opinion publique se satisfait quand les médias pointent précisément certaines
menaces. Il y a cent ans, certains en appelaient au « réveil national », en pointant la menace juive d'une part, et allemande de l'autre …
« L'antisémitisme français à la fin du XIXe siècle est remarquable par son activisme et sa popularité, comme le prouvent le nombre impressionnant et la virulence des publications antisémites en France, dont en particulier le pamphlet d'Édouard Drumont, La France juive (1886, 1892) et son journal La Libre Parole. » ( wiki )
Il y a alors un antisémitisme de droite, .. d'origine religieuse très ancienne (thème du peuple déicide ), juxtaposé à des thèses raciales « fondées sur la science !» ...… et un antisémitisme de gauche chez lequel se mêle de l'anticapitalisme, et de l'anticléricalisme …
Aujourd'hui, des hordes de protestataires musulmans et violents nous menaceraient tous.. !
« On estime que 0,001% à 0,007% des 1,5 milliard de musulmans dans le monde ont participé aux protestations contre le fameux film -– soit une infime proportion des citoyens
pro-démocratie qui ont défilé lors du Printemps arabe.
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La grande majorité des manifestants étaient pacifiques. Les attaques visant les ambassades étrangères ont quasiment toutes été orchestrées ou appuyées par certains membres du mouvement salafiste, un groupe islamiste radical qui vise avant tout à salir la réputation de groupes islamistes modérés plus populaires.
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Les hauts représentants des États-Unis et de la Libye sont divisés sur la question de savoir si l’on avait projeté d’assassiner l’ambassadeur américain en Libye le jour du 11 septembre, auquel cas sa mort serait sans lien avec le film.
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Hormis des attaques de groupes radicaux en Libye et en Afghanistan, un rapport établi le 20 septembre chiffrait à zéro le nombre de victimes tuées par les manifestants.
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Quasiment tous les hauts dirigeants musulmans et occidentaux ont condamné le film, et quasiment tous les responsables musulmans et occidentaux ont condamné les violences perpétrées en réaction au film.
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La visite du Pape au Liban a coïncidé avec le pic des tensions. Cependant, les dirigeants du parti Hezbollah ont tenu à assister à son sermon, n’ont pas protesté contre la vidéo jusqu’à son départ et ont appelé à la tolérance religieuse. Oui, c’est bien ce qui s’est passé.
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Après l’attaque de l’ambassade américaine à Benghazi, des citoyens lambda se sont rendus dans les rues de Benghazi et Tripoli, avec des pancartes, souvent en anglais, pour s’excuser et dire que cette violence ne représente ni leur identité ni leur religion.
Ajoutez à cela tous les reportages et articles importants qui ont été écartés la semaine dernière pour
laisser place à la Une sur les musulmans “énervés”, et ainsi surfer sur la vague démagogue du "choc des civilisations". En Russie, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues de
Moscou en opposition au président Vladimir Poutine. Des centaines de milliers de Portugais et d’Espagnols se sont indignés lors de rassemblements anti-austérité; et plus d’un
million de Catalansont manifesté en
faveur de l’indépendance. »
Source de la partie 2 : http://www.avaaz.org/fr/7_things_you_should_know_french/?baQVJab&v=18151
1912 : Le sanatorium, ou La Montagne magique
Nous sommes exactement à Davos, il y a 100 ans...
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| Katia Mann |
En 1912. Katia Mann fait un séjour médical dans un sanatorium, Thomas Mann lui rend visite... Il va commencer à écrire « La Montagne magique », à partir de cette expérience et des lettres que lui envoie sa femme. Sa rédaction s'étale entre 1913 et 1915, puis 1924 après la grande guerre …
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Helena Dmitrievna Delouvina Diakonova, connue sous le nom de Gala, ( elle est née à Kazan en Russie le 26 août 1894 et morte à Figueras, Espagne, le 10 juin 1982. Elle a eu pour époux Paul Éluard, pour amant Max Ernst, puis s'est finalement mariée avec Salvador Dalí. ..)... Gala, donc, à la santé fragile fait en 1912 un séjour en sanatorium, elle y rencontre Paul Grindel .
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| Gala et P. Eluard en 1913 |
A seize ans - atteint de tuberculose, il doit interrompre ses études - . celui qui deviendra avec Gala - Paul Eluard - est impressionnée par la forte personnalité, l'impétuosité, le charme et la grande culture de la jeune fille... Il prend avec elle son premier élan de poésie amoureuse... Il restera hospitalisé jusqu'en février 1914 au sanatorium de Clavadel, près de Davos.
Devenu majeur( 21ans) le 14 décembre 1916, Paul Eluard épouse Gala dès le 21 janvier suivant.
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| Davos, curistes en chaise longue |
Ici, au sanatorium, à la faveur de la maladie , le temps s'est arrêté. Chacun est comme un autre Hans Castorp, ( le héros de la Montagne magique), qui compte rester quelques semaines, et qui y passera sept ans. Revenu « en bas « , ce sera pour tomber dans le chaudron du suicide collectif européen... commencé en 1914 et, d’étape en étape, terminé en 1945.
Thomas Mann au début de la rédaction du livre ne se doutait pas que la description de ce monde clos, le mènerait là … La Première Guerre mondiale éclate, et de fil en aiguille, il fait de son héros et de ses aventures à Davos un symbole d’une société malade qui rend malades même ceux qui sont sains, et qui préfigure tout ce qui arrivera en Europe par la suite.
Le livre est paru avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir...
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Étudiante en philosophie: Edith Stein (1891-1942) -2-
Edith oriente sa recherche vers la notion d’empathie (Einfühlung), c'est-à-dire la
perception intuitive de l'autre par sympathie afin qu'une rencontre interpersonnelle puisse se réaliser en profondeur.
Mais Edith connaît une crise, sa thèse stagne, la jeune étudiante tombe dans une
profonde dépression : « Peu à peu je m'enfonçais dans un véritable désespoir... Je ne pouvais plus traverser la route sans souhaiter qu'une voiture m'écrasât. Lors des excursions une
seule idée me hantait : disparaître dans l'abîme, c'en serait fait de ma vie » (Leben ... ), Elle va sortir de cette mauvaise passe grâce à l'amitié d'Adolf
Reinach qui l'encourage et l'aide dans sa recherche.
Avec Grete Ortmann, elles abordent des sujets religieux, motivés par la conversion de leur professeur Adolf Reinach au christianisme, et qui avait fait part dans des notes, qu'il ne ferait plus de la philosophie que « pour montrer aux hommes le chemin de la Foi ».
Au début de la Première Guerre mondiale, en 1914, les amphithéâtres se vident...
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| Edith-Stein 1914 Croix rouge |
Elle désire répondre à la haine par un « service d’amour ». Et elle est infirmière volontaire de la Croix Rouge dans un hôpital militaire pour maladies infectieuses, dans une petite ville de la Moravie. Elle mesure la difficulté de communiquer avec l'autre car elle se trouve en présence de malades slovaques, ruthènes, hongrois, polonais, tchèques, etc. Elle y fait l'expérience douloureuse de la souffrance et de la mort. Forte de cette expérience concrète, elle pourra contester, quinze ans plus tard, les analyses de Martin Heidegger en affirmant : « Quiconque a assisté à une agonie ne pourra plus croire à un anonyme 'on meurt' » ( Edith Stein, Phénoménologie et philosophie chrétienne, Éd. du Cerf, 1987, p. 101.)
En 1915, Edith passe son Certificat d'Aptitude au Professorat, tout en gardant des liens particuliers avec ses camarades au combat, comme Hans Lipps, à qui elle envoie des objets très divers : tantôt une gravure japonaise sur bois, tantôt quelques traités concernant la théorie de la relation, souvent de bonnes pralines ou autres sucreries ...
Ensuite, elle revient à la philosophie avec une attitude nouvelle: « la vie a le dernier mot! ». Le 3 août 1916, Edith Stein obtient son doctorat
Malgré ses réserves sur la pensée philosophique de Husserl, Edith reste près de lui, et en 1916, elle le suit comme maître assistant à l’Université de Fribourg. Elle prend la succession d'Adolf Reinach, tombé en Flandres en novembre 1917, un an après avoir été baptisé avec son épouse dans la religion protestante.
« L'attitude d'Anna Reinach m'a fait rencontrer pour la première fois la Croix et la force de Dieu, que'elle donne à ceux qui la portent ; j'ai pu voir concrètement devant moi le corps de l'Eglise, née de la souffrance rédemptrice, victorieuse … A ce moment-là, le Christ a rayonné en moi, dans le mystère de la Croix, balayant mon incroyance et effaçant mon judaïsme. »
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| Groupe de göttingen en 1922 tous élèves de Husserl |
A Fribourg, Édith donne aux étudiants les aptitudes requises pour suivre les cours magistraux de Husserl, tâche particulièrement difficile à une époque où les milieux élitistes ne comprennent guère que les cours soient dispensés par une femme … et Edith Stein ne peut admettre cette confusion … Edith rencontre d'autres personnalités, comme le philosophe Martin Heidegger...
Étudiante en philosophie: Edith Stein (1891-1942) -1-
En 1910, Edith s'inscrit à l’Université de Bergzabern, seule femme à suivre, cette année-là, les cours
de philosophie.
Elle découvre la pensée d’Edmund Husserl,
professeur à l’université de Göttingen. Elle
s’enthousiasme pour l’auteur, initiateur de la phénoménologie, qui lui apparaît comme "le philosophe" de son temps. Elle s’établit à l’Université de Göttingen et est présentée
tout de suite au philosophe Husserl.
Edith a 21 ans. Elle rencontre Hedwig Martius qui devient sa meilleure amie. Elle fait la connaissance d'Adolf Reinach, bras droit de Husserl, et se lie d'amitié avec lui et sa femme. Tous deux sont d'origine juive, comme elle.
Puis, quand Husserl passe avec "Idées pour une phénoménologie pure" du réalisme de l’étude des phénomènes à l’idéalisme transcendantal, elle adopte une attitude plus critique … Elle rencontre également, Max Scheler, juif converti, très différent de Husserl, et qui provoque l’auditoire par des intuitions originales et qui en enflamme l’esprit. Scheler réussit à éveiller en elle, qui se déclarait athée, le besoin religieux, apaisé plutôt qu’éteint. Depuis peu, Scheler est revenu à la foi catholique et il expose son credo d’une manière fascinante.
« Jamais par la suite, dit-elle, je n'ai eu affaire à un si grand génie. Il avait de grands yeux bleus d'où rayonnaient la lueur d'un monde plus élevé... C'est grâce à lui que j'ai eu mon premier contact avec un monde que j'ignorais totalement jusque-là ; s'il ne me dirigeait pas encore vers la Foi, il m'ouvrait un champ de « phénomènes » sur lesquels je ne pouvais plus fermer les yeux. Les mises en garde constantes contre toutes les œillères, les barrières de préjugés rationalistes dans lesquels mes condisciples et moi-même avions grandi sans en avoir conscience, n'étaient pas inutiles : en m'en débarrassant, je pouvais entrevoir, proche de moi, le monde de la foi, où vivaient des personnes que j'admirais et vis à vis desquelles une réflexion approfondie était nécessaire. »
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| Gottingen : 1911 (left to right) Reinach, Neumann, Lipps, Scheler, Koyre, Hering, Ms. Martius, Hamburger, Conrad, Huebener, v. Sybel, Clemens | Edith Stein en 1913 |
Edith n’arrive pas encore à la foi, mais elle voit s’ouvrir un nouveau monde de phénomènes devant lesquels elle ne peut rester insensible. A l’école de Husserl, elle avait appris, en effet, à contempler quoi que ce soit sans préjugés et maintenant, en écoutant Scheler, les barrières des préjugés rationalistes parmi lesquels elle avait grandi sans le savoir, tombent. Elle-même dit: "Le monde de la foi s’ouvrait tout à coup devant moi".

Edith Stein vit dans un groupe où autour d'Husserl, mais aussi d'Adolf Reinach, Theodor Conrad, Max Scheler... gravitent des jeunes gens comme Hedwig Martius , Roman Ingarden, Hans Lipps … Ces jeunes philosophes vivent sans contrainte, discutent phénoménologie, le jour la nuit, et nouent entre eux amitiés et amours... Edith qui se voulait, semble t-il, au-delà des servitudes et complications de l'amour, tombe amoureuse de deux de ses condisciples... et qui refusent l'un et l'autre de l'épouser !
Edith avait rencontré Roman Ingarden ( polonais ) à Fribourg en 1916, ils discutaient philosophie et se fréquentent 6 mois... jusqu'au jour où Roman lui avoue qu'il va se fiancer … « Chaque fois que je revois ce temps passé surgit en moi l'état désespéré où je me trouvais alors fait de confusion indicible et de ténèbres. ».
La rupture fut plus rude encore avec Hans Lipps (1889-1941) , autre disciple de Husserl. Elle l'a rencontré à Göttingen en 1913. La guerre éclate et Hans est mobilisé ; ils ne se revoient qu'épisodiquement... Un jour, à son tour, Hans annonce ses fiançailles … Après la mort de sa femme, Hans envisagera d'épouser Edith... Mais, en 1933, Edith entre au Carmel...
à suivre ...
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| Gottingen marketplatz 1920 |
Entrée principale de l’université de Göttingen début XXe |
La Torah, pour un catholique ...?
Plutôt que de vouloir le convaincre que notre religion est le seul et vrai chemin vers la Vérité ; il est bien
plus profitable d'utiliser cette énergie pour tenter de comprendre ce que « cet autre, si différent ... » comprend au travers de
notre même questionnement …
Par exemple... Sans doute, si j'avais été élevé dans le judaïsme, aurais-je pour « La Thora » une compréhension différente, que ce que j'en ai comme « catholique »...
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Catholique, je tente d'exprimer que ma religion n'est pas celle d'un Livre ( serait-ce La Bible ), mais d'une Personne, le Christ... etc ...
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Et si, malgré tout, j'arrive -un tout petit peu- à cheminer avec « mon frère aîné » juif ; peut-être, pourrais-je m'enrichir de son approche :
Chrétiens, nous scrutons les textes en manipulant des mots figés comme des objets de discours... des outils de pensée … Mais, si j'essaie
d'approcher « la Torah comme un baiser de Dieu » ( Moïse la reçut « bouche à bouche » …), si je tente d'imaginer de répondre aux noces que ce baiser promettait … ? Il y
a peut-être à comprendre, quelque chose de ce que peut être une religion « du Livre », pour moi chrétien … ?
« En vérité, le mot vient vers nous, comme une icône ; il scrute nos cœurs et les appelle à l'ouverture sur un monde infini. De cet
univers les lettres sont les vibrations, car l'intériorité de l'Homme et la Torah sont sculptés du même ciseau, celui de la voix divine que « voyaient » les Hébreux au pied du Sinaï
lorsque Dieu parlait à Moïse.
La Torah n'est écrite que de consonnes, le Verbe ; leur musique est une voyellisation non écrite, un souffle, l'Esprit. » Annick de Souzenelle
Mathématicienne de formation, psychothérapeute ( jungienne ) et auteure de nombreux ouvrages de spiritualité,
Annick de Souzenelle propose une relecture mystique des textes bibliques et une
interprétation du monde actuel selon les textes anciens...
Annick de Souzenelle, orthodoxe, poursuit depuis une trentaine d'années un chemin spirituel d'essence judéo-chrétienne ; elle est une très bonne passeuse vers d'autres traditions...
http://souzenelle.free.fr/index.php
Le cardinal Martini : son dernier entretien
Le « Corriere della Sera » du 1 sept. 2012 a publié à titre posthume, un entretien avec le cardinal Carlo Maria Martini, au lendemain de son décès, survenu le vendredi 31 août 2012 à l’âge de 85 ans. Le père Georg Sporschill, le confrère jésuite qui l’avait interwievé dans l’ouvrage « Conversations nocturnes à Jérusalem – Sur le risque de la foi »* et Federica Radice ont rencontré le cardinal Martini le 8 août dernier.
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| Le cardinal Carlo Maria Martini est mort vendredi 31 août à l’âge de 85 ans. |
Le texte de leur entretien, est « une sorte de testament spirituel que le cardinal a lu et approuvé ».
Comment voyez-vous la situation actuelle de l’Eglise ?
L’Eglise est fatiguée, dans l’Europe du bien-être et en Amérique. Notre culture a vieilli, nos églises sont grandes, nos maisons religieuses sont vides et l’appareil bureaucratique de l’Eglise gonfle, nos rites et nos habits sont pompeux. Ces choses, cependant expriment-elles ce que nous sommes aujourd’hui ? […] Le bien-être pèse. Nous nous trouvons là comme le jeune homme riche, qui s’en va triste, lorsque Jésus l’appelle à devenir son disciple. Je sais que nous ne pouvons pas facilement tout abandonner. Au moins, cependant, pouvons-nous rechercher des hommes libres et plus proches des autres. Comme l’ont été l’évêque Romero et les martyrs jésuites du Salvador. Où sont chez nous les héros desquels s’inspirer ? En aucune raison nous ne devons les enfermer dans les contraintes de l’institution.
Qui peut aider l’Eglise aujourd’hui ?
Le père Karl Rahner utilisait volontiers l’image de la braise qui se cache sous la cendre. Je vois dans l’Eglise d’aujourd’hui tellement de cendre sur la braise que souvent un sentiment d’impuissance m’assaille. Comment peut-on libérer la braise de la cendre pour raviver la flamme de l’amour ? En premier lieu, nous devons rechercher cette braise. Où sont les simples personnes remplies de générosité comme le bon samaritain ? Qui ont une foi comme celle du centurion romain ? Qui sont enthousiastes comme Jean Baptiste ? Qui osent le neuf comme Paul ? Qui sont fidèles comme Marie Madeleine ? Je suggère au pape et aux évêques de chercher douze personnes atypiques pour les postes de direction. Des hommes qui soient proches des plus pauvres et entourés de jeunes ayant l’expérience des choses nouvelles. Nous avons besoin de la rencontre avec des hommes qui brûlent pour que l’esprit puisse se répandre partout.
Quels outils suggérez-vous contre la fatigue de l’Eglise ?
J’en suggère trois très puissants.
Le premier est la conversion : l’Eglise doit reconnaître ses propres erreurs et prendre la voie radicale du changement, à commencer par le pape et les évêques. Les scandales de pédophilie nous poussent à entreprendre un chemin de conversion. Les exigences sur la sexualité et sur tous les thèmes qui impliquent le corps en sont un exemple. Celles-ci sont importantes pour chacun et parfois peut-être, sont-elles aussi trop importantes. Nous devons nous demander si les gens écoutent encore les avis de l’Eglise en matière sexuelle. Dans ce domaine, l’Eglise est-elle encore une autorité de référence ou seulement une caricature dans les médias ?
Le second est la Parole de Dieu. Le concile Vatican II a restitué la Bible aux catholiques. […] Seul celui qui perçoit cette Parole dans son cœur peut faire partie de ceux qui contribueront au renouveau de l’Eglise et qui sauront répondre aux demandes personnelles avec une démarche pertinente. La Parole de Dieu est simple et cherche comme compagnon un cœur à l’écoute […] Ni le clergé ni le Droit ecclésial ne peuvent se substituer à l’intériorité de l’homme. Toutes les règles externes, les lois, les dogmes nous sont donnés pour éclairer la voie intérieure et pour le discernement des esprits.
Pour qui sont les sacrements ? Ceux-ci sont le troisième instrument de guérison. Les sacrements ne sont pas un instrument de discipline mais une aide pour les hommes tout au long du chemin et dans les faiblesses de la vie. Portons-nous les sacrements aux hommes qui ont besoin d’une force nouvelle ? Je pense à tous les divorcés et aux couples remariés, aux familles recomposées. Ceux-ci ont besoin d’une protection spéciale. L’Eglise soutient l’indissolubilité du mariage. C’est une grâce quand un mariage et une famille réussissent […]. L’attitude hostile que nous portons à l’égard des familles recomposées déterminera les rapports de la génération des fils avec l’Eglise. Une femme a été abandonnée par son mari et trouve un nouveau compagnon qui s’occupe d’elle et de ses trois fils. Le second amour réussit. Si cette famille devient discriminée, non seulement la mère mais aussi ses fils deviennent exclus. Si les parents se sentent en dehors de l’Eglise et n’en sentent pas le soutien, l’Eglise perdra la génération suivante. Avant la Communion, nous prions : « Seigneur, je ne suis pas digne… » Nous savons que nous ne sommes pas dignes […] L’amour est grâce. L’amour est un don. La question de savoir si les divorcés peuvent communier devrait être renversée. Comment l’Eglise peut-elle venir en aide, avec la force des sacrements, à ceux dont la situation familiale est complexe ?
Vous personnellement, que faites-vous ?
L’Eglise est en retard de 200 ans. Comment se fait-il qu’elle ne se réveille pas ? Avons-nous peur ? Peur au lieu de courage ? Pourtant la foi est le fondement de l’Eglise. La foi, la confiance, le courage. Je suis vieux et malade et je dépends de l’aide des autres. Les bonnes personnes qui m’entourent me font sentir l’amour. Cet amour est plus fort que le sentiment de défiance que je perçois parfois vis à vis de l’Eglise en Europe. Seul l’amour est vainqueur de la fatigue. Dieu est Amour.
J’ai encore une question pour toi : que peux-tu faire, toi, pour l’Eglise ?
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Source : texte publié dans le « Corriere della Sera » et transmis par Vittorio Bellavite (Noi Siamo Chiesa, Italie) via le réseau IMWAC (International Movement We Are Church).
Traduction en français par NSAE Lucette Bottinelli – 3 septembre 2012
Libérons nous de nos croyances.
A travers cette mise en garde « libérez-vous de vos croyances » - conseil tout à fait bouddhiste ; il y a – à mon avis - également une part de « vérité chrétienne ».
Le Bouddhisme est bien une
religion ( dans notre langage, pas le leur … ! ) ; mais une part de lui-même lutte constamment contre les croyances induites ( la plupart constructions « populaires »). Le
bouddhisme est une connaissance ( le dharma ) et une pratique : il faut « voir » pour comprendre … et pratiquer pour voir …
Dans le bouddhisme « les déités » sont des réalités secondaires...
Nos pensées créent des formes... Il ne suffit pas de dire qu'elles sont illusoires ; elles existent bien sur un certain plan.
Parfois, elles sont même « imagées » par des déités,
des symboles, des personnages archétypiques … Si elles deviennent trop nocives ou envahissantes, il est bon de les supprimer !
Pour ma part, j'ai supprimé le « Dieu-Jupiter ».
Le bouddhisme zen aime rappeler cette sentence : " Si tu vois le Bouddha, tue-le ! " Et pourtant... Il s'agit bien dans l'objectif de zazen de contempler la nature de Bouddha .. !?
Le moine zen Kosen , d’ailleurs répond ceci : « Qui y a-t-il d’autre à voir que Bouddha?
Comment tuer ce qui est sans naissance et immortel ?
Si tu le vois à l'extérieur tu mourras, si tu le vois à l'intérieur t'es déjà mort depuis longtemps.
S’il te voit de l'Intérieur, il t'aimera et te sauvera, tu ne seras plus jamais seul. »
Personnellement, je remplacerai bien volontiers ici, Bouddha par Dieu... !
Sans doute, le support même de ce que nous ressentons de notre existence, est une croyance... Je suis « croyant » d'être séparé des autres et du monde qui
m'entoure … je « crois » au moi et au non-moi ( l'autre ), je m'attribue des qualités et des défauts, et je coupe le monde en deux !
Une croyance est une représentation, mais le paradoxe est que seule la croyance peut dire ce qu'elle représente … Donc, je crois que « ma représentation représente » la réalité, alors qu'elle risque – au contraire – de me couper de la réalité … ! Par exemple : un jugement peut devenir une croyance, une identification ….
La conséquence malheureuse, de cette construction mentale faite de croyances, c'est qu'il y a antinomie entre « comment sont les choses » et « comment j'aimerais qu'elles soient ».. Conclusion : je ressens un stress, une angoisse …. Je me surprends à dire « si seulement, j'étais … ou si seulement, j'avais … » !!!
Méfions-nous de nos croyances … ! Et, cela va bien au-delà des « croyances religieuses »...
1912: L’exposition du Sonderbund ... 2012
L’événement de l’année 1912 restera sans conteste le naufrage du Titanic et ses 1500 victimes, qui marqua l’esprit de ses contemporains. C'est aussi : l’avènement de la République en Chine et l’indépendance de l’Albanie.
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En 1912,également, se tenait à Cologne l’exposition du Sonderbund, une des expositions les plus importantes du XXe siècle, aujourd’hui entrée dans la légende.
Elle rassemblait un ensemble exceptionnel de plus de 650 œuvres de Cézanne, Cross, Gauguin, van Gogh, Picasso, Macke, Munch, Nolde ou Schiele, l’événement laissait, tant par la quantité que par la qualité des œuvres exposées, littéralement « bouche bée ». A une époque marquée par le conservatisme du régime impérial, l’exposition du Sonderbund s’apparenta à une révolution et devait constituer une étape décisive pour l’art moderne Outre-Rhin.
En 1912, les oeuvres sont évidemment déconcertantes pour des visiteurs qui sont encore, pour certains, attachés au réalisme sombre fin XIXe... Déconcertante aussi, la façon de les montrer, tout sauf pompeuse ; et l'idée même d'une telle manifestation.
Six cent cinquante œuvres... ! Cent vingt-cinq Van Gogh et les trente-six Munch … pour affirmer de la façon la plus appuyée qu'ils sont les inspirateurs des expressionnismes en Allemagne - les groupes Die Brücke à Dresde, Der blaue Reiter à Munich, les peintres de Düsseldorf.
Gauguin et Cézanne sont eux aussi en valeur, la raison est cette fois française : sans eux, impossible de comprendre les nabis et les fauves. Or le " Sonderbund ", très clairement, développe un éloge de l'art contemporain français considéré comme le plus expérimental et le plus audacieux. Cette orientation a suscité des protestations ultrapatriotiques et xénophobes, bien peu surprenantes dans le contexte politique du temps.
La manifestation est en effet et sans la moindre équivoque internationaliste et antinationaliste. Si elle insiste dans son titre sur son côté Westdeutscher (rhénan), c'est pour s'opposer politiquement à Berlin, à la Prusse, à un empereur qui proteste contre la place selon lui excessive faite aux peintres français à la Nationalgalerie de Berlin. A Cologne, le parti pris est exactement à l'inverse : Signac, Cross, Denis, Matisse, Derain, Girieud, Vlaminck, Braque sont présents et la place qui leur est réservée dans le parcours démontre que la modernité est principalement de naissance française. Et qu'elle se diffuse dans l'Europe entière.
La vie artistique du moment est proliférante, sans frontières, indifférente aux patriotismes bellicistes, entraînée dans le flux des avant-gardes. C'est le temps où le Russe Morosov vient acheter des toiles de l'Espagnol Picasso à Paris auprès de l'Allemand Kahnweiler, alors que son compatriote Chtchoukine passe des commandes d'oeuvres monumentales à Matisse.
Chacun est alors absolument convaincu que l'art se trouve au début d'une ère différente et que tout est possible. Deux ans après, le pire devenait réel.
Extraits d'un article de Philippe Dagen « Le monde » sept2012
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Aussi, est-il impressionnant en cette rentrée 2012 que ce rendez-vous organisé par le Wallraf-Richartz-Museum de Cologne .... L’institution s’est donnée pour
mission de reconstituer l’une des plus marquantes expositions du XXe : la légendaire Sonderbund,
qui
s’est tenue il y a pile un siècle dans la ville allemande. Petite révolution muséographique (accrochage linéaire et guide du visiteur) et grande concentration d’avant-gardes, elle reste une
référence dans l’histoire des expositions internationales. Ici, les superlatifs ne sont pas de trop. Le défi est de taille, et semble avoir été remporté largement. Sur les 650 œuvres présentées
en 1912, l’équipe du musée est parvenue à en rassembler 120 appartenant aux divers courants du début du XXe siècle : post-impressionnisme, expressionnisme ou cubisme. Et cerise sur le
gâteau, le musée a pu bénéficier du concours de quelques généreux collectionneurs qui ont bien voulu prêter des œuvres de Picasso, Munch ou Nolde présentées pour la première fois depuis des
décennies. A voir absolument.
C'est à COLOGNE - « 1912. Mission moderne » au Wallraf Richartz Museum, du 31 août au 30 décembre 2012
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A noter, pour l'actualité prochaine des expositions:
- PARIS - Edward Hopper au Grand Palais , du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013
- PARIS - Salvador Dali au Centre Pompidou, du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013
- BILBAO - Egon Schiele au Guggenheim, du 2 octobre 2012 au 6 janvier 2013
- LILLE - Bosch, Brueghel, Bles, Bril au Palais des Beaux-Arts, du 6 octobre 2012 au 14 janvier 2013
- BOUSSU (Belgique) - Art et science-fiction au Grand-Hornu, du 18 novembre 2012 au 17 février 2013 ( On y retrouvera les artistes Larry Bell, Lucio Fontana, Dominique Gonzalez-Foerster, João Maria Gusmão & Pedro Paiva, Anish Kapoor, Mike Kelley, Kasimir Malevitch ou Chris Marker. )
Comprendre l’idée que le bouddhisme se fait de l’homme, de son identité … ( 3 )
Plus concrètement : pour que l’existence humaine se produise, une structure psychophysique est nécessaire. Le Bouddha la décrit comme étant la conjonction de cinq agrégats (skandhas) : la forme ( le corps ), les sensations, les perceptions ( avec la contribution de la mémoire l’imagination ou le jugement …), les formations karmiques ( subconscient …), la conscience ( qui conçoit la dualité moi-monde …).

Le « soi » est appréhendé comme l’ensemble de ces agrégats. Selon le bouddhisme, cet ensemble n’est qu’une succession de configurations changeantes qui apparaissent et se dissipent, ce n’est donc pas une entité centrale et immuable… Cet attachement au « moi », est une cause de grande souffrance… Un égo menacé s’attache ainsi à des apparences inconsistantes, et s’enferme dans des émotions perturbatrices…
La source de ce résumé, provient du « Grand livre du Bouddhisme » d’Alain Grosrey.
Alain Grosrey est docteur d’Etat en Littérature comparée et diplômé d’Etudes Indiennes de l’Institut Kaivalyadhama (Lonavla/Bombay). Il enseigne dans le cadre de l’Université bouddhique Rimay Nalanda.
Comprendre l’idée que le bouddhisme se fait de l’homme, de son identité … ( 2 )
Si tout s’écoule et se défait… Comment pouvons nous être convaincu de la réalité substantielle de notre identité ?
La construction de cette identité a-t-elle un sens ? Comment inclure notre part de liberté individuelle dans un déroulement global .. ?
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La source de ce résumé, provient du « Grand livre du Bouddhisme » d’Alain Grosrey. Alain Grosrey est docteur d’Etat en Littérature comparée et diplômé d’Etudes Indiennes de l’Institut Kaivalyadhama (Lonavla/Bombay). Il enseigne dans le cadre de l’Université bouddhique Rimay Nalanda. |
La « misère » ( selon une vision pessimiste …) de la condition humaine sert – par ailleurs - de révélateur aux possibilités de libération qui s’ouvrent à l’homme. Le choix d’orienter sa vie dans telle ou telle direction fonde sa liberté et contribue à sa grandeur… ( cf « le roseau pensant de Pascal : « mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que celui qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien… » )
Le bouddhisme nous dit que si l’homme résiste ( face à la mort, par exemple ) contre la nature même de l’écoulement des choses, il ne fera qu’attiser des tensions qui n’offriront aucune solution.
Le Bouddha indique que le « monde humain » a pour cause principale le désir… Il mentionne également une autre cause essentielle : la croyance au moi.
« Les êtres ordinaires manquent de sagesse et s’accrochent à la croyance au moi en se fixant sur l’existence ou l’inexistence de ce dernier. Cette pensée incorrecte les pousse à agir incorrectement. Ils empruntent de fausses voies où ils produisent des actes positifs, négatifs et immuables. S’accumulant, ces actes croissent et se multiplient, et dans chacun s’est implantée une graine d’esprit. Suivent pollution et appropriation qui provoqueront l’existenc-devenir, la naissance, la vieillesse et la mort. » ( Soûtra des dix terres. Chap 6,§3 , 126 )
« Nous naissons et renaissons dans le samsara parce que nous sommes fascinés par cette construction fragile et transitoire que nous appelons le moi.
Cette fascination apparaît parce que nous ne discernons pas la véritable nature de l’esprit qui est beaucoup plus vaste , plus spacieuse et plus lumineuse. Sous la
pression de la fixation égocentrique s’ensuit l’émergence de la dualité : la conscience se positionne face à un monde qu’elle perçoit comme extérieur. Dans le jeu de relations qui s’instaure
entre elle et ses objets, une multitude d’émotions interviennent. Certaines sont positives, d’autres neutres, d’autres reflètent les trois poisons fondamentaux de l’esprit confis : le désir,
la colère, et l’ignorance.. Ainsi le « moi » peut ressentir de l’attirance, de la répulsion, ou de l’indifférence pour les objets avec lesquels il entre en contact. En cherchant à
satisfaire ses nombreux besoins, il ne cesse d’alimenter la force motrice du karma. »
Attention : Il n’y a pas d’Ignorance , de Désir, de Colère, mais des manifestations tangibles de l’ignorance, des preuves de désir et de colère… La conscience n’existe qu’en relation avec d’autres facteurs qui, en se conditionnant les uns les autres, constituent notre existence.




