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Les légendes du Graal
Articles récents

Du rêve sur du papier: Rodney Smith

13 Octobre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Art

rodney-smith--hudson-river--new-york-1995.jpg

Rodney Smith se définit comme un “photographe de paysages. Qui place des gens au milieu des paysages. Un réaliste qui distille du rêve sur le papier.

 « Les cultures américaines et occidentales sont enracinées dans l'indifférence, le détachement et la misère. Moi, je veux que les gens voient plutôt les choses belles, agréables et amusantes que nous offre la vie. »

Une touche de Magritte, et ses compositions se basent sur le monde classique de la symétrie et de l'équilibre.

Son père était le fondateur de la maison de mode « Anne Klein » et sa vie familiale tournait surtout autour de la mode.

Il rechercha une signification plus profonde à la vie et passa son temps à philosopher sur des questions existentielles. À force de chercher, il commença des études de théologie à l'université de Virginie. Il continua ensuite à la Yale Divinity School où il passa une licence de théologie. C'est pendant les années qu'il passa à Yale qu'il commença à s'intéresser à la photographie. « J'ai souvent été voir les grandes expositions au Museum of Modern Art de New York où j'ai compris que la photographie pourrait devenir la manière que j'utiliserais pour exprimer les sentiments qui m'habitaient. »rodney-smith-0.jpeg

Le célèbre photographe Walker Evans, qui était également professeur à Yale, fut la personne qui jeta les fondations de l'éducation photographique de Rodney Smith. « La formation était purement classique. Nous ne photographions qu'en noir et blanc et toujours avec la lumière disponible. Je travaille toujours comme ça aujourd'hui. J'utilise même le même type de pellicule et le même appareil. »

« Mon ambition est de faire un bon travail sensé et c'est ce dont je suis particulièrement fier. Je développe et je tire manuellement en respectant une procédure élaborée avec soin afin de produire un résultat parfait. La qualité du tirage final a une grande importance à mes yeux. C'est le résultat de tout ce que j'ai fait et vu comme œuvre d'art. »

 «Ça peut paraître un peu vieux jeu, » dit-il, « mais je dois uniquement mon succès à mon dur travail et ma persévérance continue. Je suis quelqu'un de très méticuleux et je recherche la beauté dans les détails. On peut appeler ça une obsession mais je pense que ça devrait plutôt être considéré comme une chose normale. »

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les États généraux du christianisme 2012, à Strasbourg

12 Octobre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Actualité

Aujourd'hui, commencent les "États généraux du christianisme 2012". Je suis à Strasbourg pour y participer.

eg-flyer.jpgRéunir intellectuels, décideurs économiques et politiques, hommes d' Église, personnes de la société civile, artistes, autour de questions volontairement provocatrices, c'est l'ambition de ces États généraux du christianisme qui souhaitent affirmer avec audace que le christianisme peut répondre aux interrogations et aux aspirations des chrétiens, mais aussi de tous nos contemporains.

Une trentaine de débats pluralistes

Le désir est-il fidèle ? La sécurité au prix de notre liberté ? Peut-on réussir sa vie ? L’entreprise a-t-elle une âme ? Faut-il défendre l'Église à tout prix ?
Psy ou philosophe, homme d'affaires ou femme de lettres, prêtre ou pasteur, dominicain ou jésuite, avocat ou artiste, scientifique ou cinéaste, économiste ou bibliste, croyant ou athée... En deux éditions, nous avons reçu plus de 200 intervenants d'envergure locale et nationale venant de tous horizons. Ci-contre : Christine Pedotti, Conférence des baptisés de France et Vincent Ribeton, supérieur de la Fraternité St-Pierre, édition 2010, débat : "Changer l'Eglise oui, mais dans quel sens ?"

3 grands forums, qui rassemblent près de mille participants

Faut-il avoir peur ? Qu'avons-nous fait de l'amour ? Chrétiens, réveillez-vous ! (2011) Quelle présence chrétienne dans le débat public ? Notre vie a-t-elle un sens ? Évangéliser, annoncer la foi,
est-ce provoquer ? (2010)
Sur les grandes questions de société, de vie humaine et d'Église, ces grandes plénières donnent le ton de chaque édition.

Des ateliers corps et prière, pour s'initier à une pratique en petits groupes

Danse, méditation, sophrologie, gestuelle... La découverte de la prière corps et âme, en puisant aux différentes traditions.

La Nuit du christianisme, dans une église en ville et en lien avec les mouvements

Une grande traversée de la prière chrétienne de 20 h à 8 h du matin : gospel, offices monastiques, prière de Taizé, adoration, office orthodoxe, témoignages, « moment vocation ». Une véritable odyssée de l'âme !

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Les années « trente » : Simone Weil, de Beauvoir, et Dora Maar -1-

11 Octobre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Art

6_fevrier_1934-manifestation-des-camelots.jpgDébut des années 30, la crise économique est suivie – en France – d'une crise politique avec une défiance pour la classe politique impliquée dans les scandales financiers

le populaire 6 fevr 1934 la Une
Le 6 février 1934: les camelots marchent sur l'Assemblée Nationale

( et qui ne se renouvelle pas, malgré l’instabilité de la 3ème république) et d'une crise sociale... Devant la montée des extrémismes, de la xénophobie et de l'antisémitisme ; comment se situent les intellectuels, ou les élites artistiques … ?

 

M'interrogeant ainsi, à un siècle de distance ; j'observe, dans ce décor, en plus gros plan, les biographies de trois femmes d'exception : Simone Weil, Simone de Beauvoir et Dora Maar , cette dernière regroupant plusieurs destinées à l'intérieur du surréalisme …

 

Les trois jeunes femmes se sont peut-être rencontrées, au cours de manifestations en février 1934, après la marche contre la Chambre des Députés, des ligues de droite du 6 février 1934. Et, c'est par l'intermédiaire de l'association d'extrême-gauche, Masses, soutenue par Simone Weil, que Dora Maar rencontre Georges Bataille membre de cette association depuis octobre 1933. André Breton, dans cette association rédige un tract « Appel à la lutte » pour réagir au coup de force des camelots …

Même si, Simone de Beauvoir ( et Sartre ) - et de son propre aveu - a été aveugle à toute politique pendant les années trente...

Simone de Beauvoir et sartre 1929 Georges-bataille.jpg
Simone de Beauvoir et Sartre 1929 Bataille est un homme hanté par la mort et la souillure, dont la vie est faite d’un mouvement « de va-et-vient de l’ordure à l’idéal et de l’idéal à l’ordure »

A l'opposé, Simone Weil et dès l'Ecole Normale Supérieure, est surnommée « la vierge rouge » par le directeur Célestin Bouglé , qui la décrit comme un mélange d'anarchisme et de calotine. Elle ne fait pas l'unanimité, ni auprès du corps enseignant, ni auprès des autres élèves... Dans son dossier d'inscription à l'école, le philosophe Alain avait écrit : « Excellente élève ; force d'esprit peu commune ; ample culture ; réussira brillamment si elle ne s'engage pas dans des chemins obscurs ; dans tous les cas sera remarquée »

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Simone Weil Dora Maar

Simone de Beauvoir se dit intriguée par sa condisciple, " à cause de sa réputation d'intelligence et de son accoutrement bizarre... Une grande famine venait de dévaster la Chine, et l'on m'avait raconté qu'en apprenant cette nouvelle, elle avait sangloté : ces larmes forcèrent mon respect plus encore que ses dons philosophiques."

Elle écrit encore dans ses « mémoires d'une jeune fille rangée » : «Tout en préparant normale, elle passait à la Sorbonne les mêmes certificats que moi. Elle déambulait dans la cour de la Sorbonne escortée par une bande d'anciens élèves d'Alain. Je réussis un jour à l'approcher. Je ne sais plus comment la conversation s'engagea : elle déclara d'un ton tranchant qu'une seule chose comptait aujourd'hui sur terre, la révolution qui donnerai à manger à tout le monde. Je rétorquai, de façon non moins péremptoire que le problème n'était pas de faire le bonheur des hommes, mais de trouver un sens à leur existence. Elle me toisa : on voit bien que vous n'avez jamais eu faim, dit-elle ! Nos relations s'arrêtèrent là ».

Voir aussi:

 L’attention selon s. Weil

 L’attention selon s. weil - «Quand on fait vraiment attention à quelque chose, de toute son âme, cette chose se donne à vous». 

 S. Weil… Loin d'une religion « consolatrice »…

 S. weil… Loin d'une religion « consolatrice »… - Comment avec le Christ, est-on passé d'une religion au service des besoins de l'homme ( consolatrice ), à une religion qui élève…

 

 


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Respecter, tolérer... n'est pas dialoguer !

9 Octobre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Pluralisme religieux

Si parmi les ennemis du dialogue, beaucoup nichent parmi les fidèles des diverses religions (1)... Certains apparaissent là où, nous ne les attendrions pas ….Diversite-unesco.jpg

 (1) Je pense en particulier au « piège de la prétention à l'universalité » ( D. Gira ), qui induit le trouble du mépris … Ainsi, sur les « Droits de l'homme » faut-il entendre qu'une certaine réalité ( que nous ne connaissons pas ) nous demande de prendre en compte une série différente des droits de l'homme, de la femme … et des peuples ( que nous oublions …)

Bien sûr, il s'agit ici de « dialogue »... Nous ne sommes pas dans une configuration de « négociation » ! Laissons-nous interroger par les valeurs de l'autre, et questionnons-le sur nos valeurs …

 

Dennis Gira se sert de la chanson «  Imagine » ( 1971) de John Lennon, pour débusquer un « ennemi » au dialogue, et qui pourtant part de bons sentiments ...

Yoko_Ono_.jpgL'idéal évoqué dans la chanson consisterait à vivre dans un monde, sans pays, sans religion... et donc semble t-il, plus aucune cause au nom de laquelle les hommes pourraient tuer ou mourir. Nous connaissons les responsabilités des états et des religions... Et pourtant, ceux qui se sentent riches de leurs convictions, de leur héritage culturel et intellectuel, peuvent ainsi se sentir méprisés...

 

Ainsi Gira, prend l'exemple d'Auroville ( près de Pondichéry ): expérience qui m'a d'ailleurs fasciné dans les années 70, puisqu'elle consistait à mettre en pratique les enseignements de Sri Aurobindo ( 1872-1950)...

Sur la charte d'Auroville, apparaît cette mise en garde : «  Quiconque est fortement attaché à une religion spécifique, dans le sens d'une volonté d'engagement et de pratique, s'apercevra qu'il n'est pas à sa place à Auroville.... 

auroville-01.jpg

Les religions divisent les peuples du monde, alors qu'Auroville vise à bâtir l'unité ».

Intéressant... pour débattre !

Si mon expérience chrétienne n'est d'aucune utilité, si elle « dérange » … Je ne me considère pas « respecté ».

Aussi, La formule « tolérante » d'une laïcité « dure » est à mon avis, un obstacle au dialogue.

 Dialoguer, ne consiste pas -seulement- à « respecter » ou «  tolérer » l'autre ; mais à être convaincu que l'autre a quelque chose d'important à nous dire ; et que nous tenons à le découvrir.

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Le « mystère » de la pluralité des religions

7 Octobre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Pluralisme religieux

Le père Coffy ( L'Église, signe de salut au milieu des hommes, Lourdes 1971, Éditions du Centurion, 1971.  ) nous indique que l'on aura besoin, pour saisir la portée théologique du dialogue interreligieux, d'envisager la pluralité des religions non pas seulement comme un fait, mais bien comme un mystère, un sacrement.

buddha---jesus.jpgLe cardinal Etchegaray, lors de la rencontre interreligieuse de Rome, à l'automne 1999, décrivait cet événement comme étant "bien plus qu'un simple lever de rideau, […] mais comme le premier acte [du Jubilé], entraînant l'Église à approfondir le sens de sa mission au sein de la caravane humaine où la pluralité des religions s'impose comme un fait et encore plus comme un mystère."(La Documentation Catholique 2250, p. 572)

 

A noter : « Le mystère a ceci de particulier qu'on ne peut le cerner, en faire le tour ; et que par conséquent il est inépuisable. » ( Croire.com) . On n'a jamais fini d'en faire le tour .. ! Un mystère, en théologie, ce n'est pas fait pour être résolu, mais pour être habité.

 

« Dire que la pluralité des religions est un mystère, c'est aussi reconnaître qu'aucune théologie ne pourra maîtriser par des formules ce qui est vraiment en jeu dans le dialogue parce que ce dialogue est d'abord le lieu où Dieu lui-même nous fixe un rendez-vous. ... »Chagall_Abraham-et-les-3-anges.jpg

- « Paul VI le disait dans Ecclesiam suam : "Le climat du dialogue, c'est l'amitié ; bien mieux, c'est le service." En effet qu'est-ce que l'amitié, sinon l'acceptation profonde et joyeuse des différences, dans l'infini respect d'une irréductible altérité et l'audacieux engagement à une réciproque et fraternelle interpellation, toujours tournée vers l'avenir ? »

 - « Cela signifie aussi qu'un vrai dialogue laisse à la vérité de Dieu le soin de convertir de l'intérieur les fausses images que chacun se fait de la vérité. C'est en cela qu'il est aussi service. Alors résonne avec plus de netteté cette phrase du concile Vatican II que le père Coffy aimait citer : "La vérité ne s'impose que par la force de la vérité elle-même, qui pénètre l'esprit avec autant de douceur que de puissance." (Dignitatis humanæ, 1 )

 

Source: Jean-Marc Aveline, directeur de l'Institut catholique de la Méditerranée ; avril 2004

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Le « dialogue », un chemin pour l'Eglise.

5 Octobre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Pluralisme religieux

Depuis Vatican II, l’Église reconnaît ( il était temps … ! ) ne plus être l'unique dépositaire de la totalité de la vérité révélée.oecumenisme.jpg

La connaissance de la Parole - par la Bible et la Tradition - n'épuise pas ses richesses, et la Foi implique sans cesse une recherche de la vérité...

 

Si «  la religion » exprime le plus souvent l'effort que fait l'homme pour tendre vers une connaissance du divin... Le message de Jésus, ( Christ et divin... pour moi : catholique ), exprime la primauté de l'inverse : Chagall-Crucifixion.jpgc'est le divin, lui-même, qui vient ( et de quelle manière.. ! ) vers l'humain : non pour juger, mais dans la simplicité d'une vie partagée ...etc

 

Ceci est essentiel, car il signifie que le dialogue est affirmé à la naissance même du christianisme. Revenir à cette source, c'est fonder une spiritualité sur la notion même du dialogue interreligieux, du dialogue inter-culturel et même philosophique .

Dieu  "en quête de l'homme", pour reprendre la belle expression du philosophe juif Abraham Heschel.

Aujourd'hui, si Dieu est vivant dans mon « prochain », c'est qu'il a à me dire quelque chose de Lui-même.

Ainsi, si le « deuxième testament », témoigne que les chemins de Dieu vers les hommes sont toujours adaptés à la situation culturelle, sociale, religieuse, areligieuse, athée, de chacun ; c'est à nous aujourd'hui de permettre encore une fois, que ce dialogue continue...

 

pape-mur-des-lamentations.jpegC'est le pape Paul VI qui affirme que c'est bien parce que Dieu, pour se révéler, ne s'y est pas pris autrement qu'en engageant avec l'humanité un dialogue, que l'Église, pour correspondre à ce geste de Dieu, est tenue d'engager avec l'humanité un dialogue. ( Ecclesiam suam 72-79)

 

Nous savons, par expérience, qu'une religion courre le risque de devenir plus un écran qu'une voie vers le témoignage et le message divin...

Le dialogue interreligieux est - particulièrement aujourd'hui - une aide dans cette ouverture à Dieu, qui vient à nous, cette recherche de Dieu qui est à notre recherche... C'est le reconnaître au travers de voies différentes.

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Art et vision avec: Bernardien Sternheim

3 Octobre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Art

Bernardien_Sternheim-le-baiser-2001-.jpg

Le baiser: 


Bernardien Sternheim est née en 1948 à Amsterdam. Au centre de son œuvre : l'humain, dans toute sa vulnérabilité, dans des situations de confrontation …Bernardien Sternheim autoportrait

Elle s'exprime avec réalisme, au travers de peintures narratives et des portraits...

Elle donne au spectateur des indices, mais c'est à nous de rechercher dans un espace qu'elle laisse à notre imagination. Un thème revient : l'histoire d'amour, et ce qu'elle devient … Ses portraits relèvent des émotions plutôt universelles, comme la tristesse, la solitude, l'éphémère de la beauté, la relation avec son propre corps et les relations avec les autres.

Sternheim a été formée à l'AKI à Enschede. Elle peint depuis l'enfance. La peinture est une obsession pour elle, mais elle le fait avec plaisir.

La structure d'un tableau se fait de manière intuitive. C'est un travail direct et passionné. Elle n'a aucune idée préétablie dans la tête de ce qu'elle va faire. Cela se pose naturellement.

Après la conception schématique, elle peint avec des pinceaux de plus en plus fins. Cela nécessite beaucoup de concentration, ensuite l'effort se transforme en méditation.

Bernardien-Sternheim-66.jpg

Escalator

*****

Marcel_Oosterwijk-Perocomplex.jpg

 

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Faust - ou, la Beauté ne sauve pas le monde ...

1 Octobre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Art

Je viens de « subir » une présentation du mythe de Faust en visionnant le film d’Alexandre Sokourov, librement adapté de Goethe.Faust-affiche.jpg

Raconter une histoire, n'est pas ici le but du cinéaste ; et s'en tenir au scénario ne rendra pas compte de ce film … Des images, parfois splendides - mais j'ai souffert du choix du format -  dans lequel elles s'entremêlent dans un carré d'écran, format pas très cinématographique ( à mon avis …) et étouffant … (dominante de marrons, de verts et de bleus, avec une furie de nuances qui donne le tournis) et l’anamorphose qui l’accompagne … pesant! ).

 Nous sommes dans un monde, un village de damnés, où personne ne semble croire en Dieu … Le mondes des hommes est décrit dès le début par quelques plans "sublimes" ( certes ...) … Ça pue, c'est laid, c'est « mortel » …

Le décor, l'image … sont à mon avis ce qui sert le mieux le personnage principal : Satan, lui-même, en pleine et hideuse chair... Le diable est usurier prêteur sur gage. Après sa rencontre avec Faust ( savant, mais affamé, perdu et sans un sou …), nous les suivons inséparables, dans un monde en chute libre, où règne le chaos, ennui et confusion... dans ce monde à la Bruegel ou Altdorfer; l'enfance, la vie, l'amour n'ont pas droit de cité ...

Faust--d-Alexandr-Sokourov-1.jpg Faust--d-Alexandr-Sokourov-9.jpg


Le dessein de Sokourov, est-il de remonter aux sources du mal ?

Méphistophélès submerge de paroles Faust, et le renvoie sans cesse à son impuissance première. Le « beau » visage rond de Marguerite, fait oublier quelque peu l'absurdité du non-sens d'une telle vie.. Mais, le meurtre - téléguidé par le diable - du frère ( non aimé) de la jeune fille; rend ce désir encore plus honteux ... Même si Faust, lui, perd au fur et à mesure toute culpabilité..

Faust--d-Alexandr-Sokourov-10.jpg Faust, d'Alexandr Sokourov 12

Au début du film, Faust est avide de savoir : - réflexion autour du verset de Jean « Au commencement est le Verbe », avec la correction : non, au commencement était l'action … ! Puis, ce désir de connaissance est ravalée au rang de la libido – sous forme de concupiscence coupable - Serait-ce là l’origine de tous les maux des hommes.. ?

En ouverture, nous subissons ce plan d'un sexe masculin d'un cadavre … auquel répond ( peut-être ? ) ensuite le plan du mont de vénus de Marguerite bien vivante … Dans la scène du lavoir, les images - emplies de la beauté de ces femmes -  sont balayées par le corps monstrueux de Mauricius ( le diable ).

Faust--d-Alexandr-Sokourov-8.jpg Faust--d-Alexandr-Sokourov-5.jpg



 Faust--Affiche-Allemagne-.jpgDans ce film, l'amour a perdu toute force « rédemptrice ». Dans une scène du film, Faust – qui a monnayé contre son âme, une nuit avec la belle - enlace Marguerite, prête à se noyer, pour finalement sombrer avec elle dans les eaux.

Quel cauchemar !

 

 Etrange que la naissance d'un mythe... Celle de Faust, serait assez récente... On parle d'un Johanne Faust (1480~ 1540~) dont on sait peu de choses : charlatan de foire, astrologue aux mœurs suspectes: c’est un fanfaron… L'imagination populaire (Historia von Dr. Johann Fausten, 1587) donne très vite au personnage une dimension mythique : Faust vend son âme au diable en échange du savoir et des biens terrestres. On lui accorde des pouvoirs magiques qu’il détiendrait d’un pacte avec le démon « Méphistophélès ». L'histoire est fixée pour les théâtre forain par Christopher Marlowe (composée entre 1588 et 1593).

On peut voir ici, une tentative de l’establishment de condamner l'alchimie, et les nouvelles sciences naturelles... Les écrivains s'en emparent pour en faire le symbole de la connaissance dévoyée, le héros ambitieux de la conquête du savoir contre les puissances obscures (Lessing, Klinger) ou le porte-parole de leurs angoisses et de leurs fantasmes (Chamisso, Lenau).

 Dans la version de Goethe le pacte avec le diable  prend la forme d’un simple pari ( inspiré du livre de Job) : le diable parviendra-t-il à détourner les nobles aspirations de Faust vers la bestialité des plaisirs sensuels, les satisfactions matérielles et le plaisir de détruire ?

Dans la version finale du Faust de Goethe, Faust est sauvé : un cortège d’anges escorte son âme vers la lumière «  celui qui s’efforce toujours et cherche dans la peine, nous pouvons le sauver ».


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Le « principe organisateur », Dennis Gira

29 Septembre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

Ce principe touche au parcours de chacun, à l'identité, à l'appartenance...

dialogue-2.pngCe principe  est fondamental, pour qui se sent attiré par d'autres traditions... Agiter la promesse de l'égarement du « syncrétisme », pour dissuader le « chercheur de Vérité », n'est pas approprié, pour le moins !

Le principe organisateur, lui, permet d'aider à progresser sur son itinéraire spirituel ; et bien sûr, il s'applique au dialogue interreligieux, mais aussi au dialogue philosophique , ou politique …

Pour comprendre sa définition ; dennis Gira se propose de commencer à répondre à ce type de question : «  peut-on être bouddhiste et chrétien, à la fois ? »

Question complexe !... Car enfin, «  qui est ce « on » ? » ne faut-il pas connaître la personne concernée par cette question, sa trajectoire spirituelle, culturelle et intellectuelle ? S'agit-il derrière la question, d’adhérer à un groupe donné, ou d'un engagement total au sein d'une tradition religieuse qui donne sens à sa vie ? …. Quelques exemples :

  • Un ami vietnamien, converti au christianisme, peut se considérer bouddhiste et chrétien.. Il se dit chrétien, quand il approfondit sa connaissance de la foi chrétienne et participe à la vie de l’Église ; et il se dit bouddhiste quand il affirme ses racines culturelles et ses liens familiaux … Cet ami n'est pas impliqué également sur des trajectoires parallèles …

  • Cet ami français, a été baptisé bébé, et n'a jamais été « catéchisé » … Il a cherché ailleurs la source qui étancherait sa soif de vérité ; cette recherche l'a conduit au bouddhisme... Son principe organisateur est fortement bouddhiste... Quand il s'affirme également catholique; il parle du baptême, du mariage et de son milieu familial …

Eykouna.JPGLe principe organisateur de chacun part dans leur trajectoire spirituelle de leur expérience la plus intime...

Pour un chrétien, la Foi en la personne de Jésus-Christ constitue le pivot de son expérience...
En s'adressant à un bouddhiste, il sera difficile d'interpréter les différents aspects du bouddhisme à la lumière de ce principe... Et, inversement …

Par contre, c'est différent, s'il s'agit d'un chrétien à qui l'on s'adresse et que l'on tente d'interpréter ces mêmes aspects du bouddhisme à la lumière de ce même principe …

 
Ce qu'il faut retenir : c'est qu'il est difficile d'imaginer un dialogue interreligieux entre deux personnes dont l'une a un seul principe organisateur et l'autre pense en avoir deux, dont celui de son interlocuteur – ce qui semble le cas de quelqu’un qui pourrait penser être à la fois bouddhiste et chrétien .

 

  • Il peut encore se présenter les cas d'une personne, qui suite à la rencontre d'une autre voie spirituelle, souhaite en intégrer une pratique à leur cheminement intérieur. Par exemple, pour un chrétien, pratiquer le zazen... Finalement, le zazen est authentiquement bouddhique uniquement pour un bouddhiste, c'est à dire pour quelqu’un dont le principe organisateur est indissociable de la cohérence interne du bouddhisme zen. Le chrétien le situe dans une nouvelle cohérence, et il est inapproprié de penser qu'il est bouddhiste et chrétien à la fois . Et, il ne s'agit pas là de « syncrétisme » … !

Miryam.jpgLe principe organisateur, est un antidote naturel à toute forme de syncrétisme, et à toute peur de l'autre... Son propre, est d'organiser ou plutôt de réorganiser la pensée quand elle s'interroge ou s'enrichit des idées des autres … Ce principe aide également chaque fois qu'une personne veut dire aux autres sa foi la plus profonde car elle sait, ou devrait savoir, que ce qu'elle va dire alors doit être compréhensible pour ses interlocuteurs... Il lui faut donc prendre en considération leur sensibilité, leur vocabulaire, la cohérence de leur tradition ..etc Finalement elle pensera sa foi autrement et laissera de côté, ou mettra entre parenthèses, certaines formules chères aux chrétiens si elle les juge inaudibles...

Bien sûr, c'est une gageure de résumer ce que Dennis GiraGira_Dialogue-pour-tous.jpg tente de nous faire comprendre avec beaucoup de pédagogie et d'exemples concrets, ce point fondamental du «  principe organisateur » ... Il serait plus raisonnable de lire le texte complet …

Je comprends également, que l'évangélisation, ne peut se faire in-extenso ; elle répond aux mêmes règles que le dialogue interreligieux, et doit répondre à la cohérence de chacun …

 

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Saint Josaphat... pour canoniser le Bouddha!

27 Septembre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Pluralisme religieux

saint-Josaphat-enseignant--manuscrit-grec-du-XIIe-siecle-.jpg

Le « dialogue » entre Bouddhisme et Christianisme n'est pas récent .. Il semble qu'il fut transcrit assez tôt, et par l'intermédiaire du manichéisme... En effet le perse Mani (216-273), fondateur du manichéisme, s’est rendu lui-même en Inde... et, on a retrouvé dans la ville de Tourfan (dans la province actuelle du Xinjiang chinois) un fragment de manuscrit d’origine manichéenne, écrit en vieux persan, rapportant un dialogue entre deux personnages appelés Bylwhr et Bwdysf (Budasf), qui correspond à un passage connu de la légende de saint Barlaam et saint Josaphat.... et qui reprennent chacun les passages connus de la biographie du Bouddha ...

Josaphat-sort-du-palais-du-roi-Avenir-et-rencontre-un-lepr.jpg

Manuscrit médiéval représentant Josaphat, hors du palais d'où son père l'observe, lors de sa rencontre avec un lépreux et un aveugle

A sa naissance, le jeune Bouddha Siddartha Sakyamuni reçut une prophétie. Il serait grand roi ou grand maître spirituel. Son père était un souverain aimé et respecté mais souhaitait également avoir son fils comme héritier du royaume. Pour forcer le destin, il confina son fils dans l'atmosphère paradisiaque du palais. Tout serviteur âgé ou malade était chassé du palais. Seuls les raffinements sensuels et artistiques étaient admis. Un jour cependant, Siddartha s'évada et fit quatre rencontres capitales. Tout d'abord un vieillard, un malade puis un cadavre. Ainsi la vie était également en but aux souffrances. Elle avait donc une fin !!! Une quatrième rencontre lui offrit heureusement une perspective de solution. Celle d'un moine dont la sérénité semblait impossible à troubler. Siddartha s'échappa du palais et poursuivit sa quête. Ayant fait l'expérience de l'ascétisme puis ayant choisi la voie du milieu, il découvrit enfin, par la méditation, les quatre nobles vérités. Il devint l'Eveillé, le Bouddha et commença à enseigner. 
Cette trame narrative (extraite du "Buddhacarita" texte sanscrit écrit par Asvaghosha au IIe siècle) est exactement celle que l'on peut identifier en lisant l'histoire de Saint-Josaphat.

Josaphat-echange-ses-vetements-et-se-depouille-de-sa-ten.jpg josaphat-tentations-et-illusions.jpg

Le départ de Josaphat ; il retire ses vêtements (en haut à droite)

La tentation de Josaphat et les illusions humaines

 

 La légende de saint Barlaam et saint Josaphat doit son succès à l’œuvre de Jacques de Voragine, théologien dominicain, archevêque de Gênes, qui vécut de 1225 à 1298 et qui rédigea, vers 1264, la très célèbre « Légende Dorée ». La version qu’il y donna de la vie de saint Barlaam et saint Josaphat devint un « best seller » du Moyen-Age…

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