Attente... un avent de quoi ..?
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| Edward Hopper: Une attente qui semble sans espérance |
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« Une idée d'orage hésite au bord du ciel clair. Le matin s'arrête en route il a oublié sa faux.
Le chemin s'arrête, il doute. » Jean Grosjean. ( Aube. ) |
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Quand la beauté s'absente, ce n'est pas la laideur qui prend sa place, mais son absence: ce qui reste de la beauté lorsqu'elle s'est retirée, ou la trace de Dieu, après que la foudre se soit abattu sur notre âme...
- Les tableaux sont de Bernard Fichera -
Poète, traducteur de la Bible, Jean Grosjean est né le 21 décembre 1912 et a travaillé comme ouvrier avant de reprendre ses études secondaires, notamment latin et grec et d'entrer au séminaire. En effet dès 1920, il découvre la Bible qui restera tout au long de sa vie un pôle très important, Bible qu'il traduira et qui sera une source d'inspiration majeure pour son œuvre poétique. Il est ordonné prêtre en 1939, mobilisé. Il est fait prisonnier et rencontre André Malraux au camp de Sens. En 1950, il quitte la prêtrise et se marie. Il est mort le lundi 10 avril 2006.
Foi, espérance et Amour.
La foi, l'espérance et l'amour ; me semblent trop puissantes pour mes possibilités d'action ; et trop fragiles face aux passions de ce monde …
Pour ma part : je sais qu'elles sont là... mais je m'en débrouille si mal … !
La Foi, la Charité et l'espérance de Fra Filippo Lippi, Ghirlandaio
Les trois vertus théologales sont la foi, l’espérance et la charité. Elles tirent leur origine de la fameuse trilogie paulinienne en 1 Co 13, 13 : « Maintenant donc, ces trois-là demeurent, la foi (pistis), l’espérance (elpis) et l’amour (agapè) mais l’amour est le plus grand. » Elles sont nommées théologales pour la raison qu’elles qualifient la relation de l’homme à Dieu.
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| Maurice Denis: les 3 vertus à l'issue de la guerre. |
Les « vertus théologales » sont des dispositions que Dieu met en notre âme, elles sont trois et se réfèrent à la Trinité :
- la Foi : don de Dieu, qui appelle une réponse de l'homme
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l'Espérance :
- le mal ( la souffrance, la mort …) n'aura pas le dernier mot..
- Et, .. "Un Dieu qui aurait une réponse immédiate à toutes nos soifs ne serait pas un Dieu de liberté". Antoine Nouis
- L’espoir s’estime à l’aide de la raison. L’espérance se vit sous le regard de la foi !
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la charité ( l'amour) :
Hannah Arendt, dans ses vies politiques raconte l’histoire suivante à propos de Jean XXIII : « Le Vatican payait ses ouvriers un salaire
de misère malgré la doctrine de Rerum Novarum de Léon XIII. Jean XXIII se promenant demande à l’un d’eux comment cela allait, et l’autre lui répondit que ça allait mal vu le peu qu’il était payé
et le nombre de bouches qu’il avait à nourrir. Le Pape qui pensait avoir le pouvoir de changer les choses alla voir ses cardinaux pour améliorer le sort des ouvriers se vit répondre qu’on ne
pouvait faire face à de nouvelles dépenses sous peine de rogner dans les oeuvres de charité. Le Pape répliqua alors imperturbable qu’il fallait rogner car la justice passe avant la
charité »
Au-delà des collines, un film de Christian Mungiu
Deux jeunes filles qui s’aiment et se protègent de l’hostilité du monde dans le nid si peu douillet d’un
orphelinat roumain. Adultes, Voichita (Cosmina Stratan) rentrera dans un humble monastère orthodoxe, Alina (Cristina Flutur) tentera sa chance en Allemagne.
L’une a trouvé sa
liberté auprès de Dieu et une famille auprès des nonnes, l’autre a gagné son indépendance, mais s’avère incapable de se détacher des liens qui l’unissent à jamais à celle qu’elle aime et désire
toujours. Alors, elle se rend au couvent pour visiter et ramener avec elle cette religieuse qui est plus qu’une sœur pour elle. Cette irruption passionnée va semer le désordre dans ces ordres, au
point qu’Avina sera considérée comme possédée par le Malin…
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Inspirés de faits réels, Au-delà des collines relate une tragique histoire "d’exorcisme" qui va mal tourner.
Mungiu montre, mais ne dénonce pas un obscurantisme religieux. En partageant – au travers d'un film dépouillé - , un peu de leur vie ascétique, on se surprend à comprendre chacun des protagonistes : - ces pauvres bougres de religieuses qui, tentent de protéger la communauté monacale, ces deux jeunes filles habitées de leurs pulsions de survie d’orphelines roumaines, ce pope habité de sa dénonciation rétrograde de l’emprise de Satan sur le monde moderne… Aucune musique ne vient enjoliver le récit, et c'est donc tout le génie du cinéaste de conter en images sombres dans un décor fruste, sans que l'on s'ennuie un seul instant ...

Du vrai cinéma, du moins une certaine forme de cinéma : -. la puissance de la mise en scène de Mungiu, sa capacité à observer, à laisser vibrer ce qui habite les corps, à attendre l’instant où davantage de sens, et surtout davantage de présence, émane de l’écran.
Au-delà des collines n’est pas un film sur la religion, il pose la question de l'action, du libre arbitre, dans un contexte particulier ...et curieusement : à la toute fin du film, la femme médecin qui croit pouvoir juger la situation, nous paraît à côté d'une certaine « vérité » .. !.
Peut-être, aussi, s'agit-il au-delà de cet étrange triangle amoureux, un film sur la Roumanie actuelle, sa misère morale héritée de l'époque communiste..
Prix de l'interprétation féminine: Cannes 2012
L'année de la Foi
« Avoir la foi, c'est croire dans quelque chose que je ne peux pas maîtriser, seulement espérer,
qui me vient d'ailleurs. » P Alain-Christian Leraître,
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La foi n'est pas qu'une conviction transmise par l'expérience familiale, sociale …
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La foi n'est pas seulement une expérience ...
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La foi n'est pas une certitude, une évidence … un savoir.
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La foi … n'est pas de l'ordre de l'avoir... « on l'a, on ne l'a pas... on la perd » …
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La foi, ne se réduit pas à un condensé dogmatique comme le Credo... « la foi est Quelqu'un » Madeleine Delbrêl
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La foi ne s'apprend pas, mais elle s'enseigne... Elle n'est pas une somme de connaissance, mais elle est connaissance … ! ( un peu comme l'Amour … ? )
La foi, pourrait être :
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une démarche, une dynamique … une « force intérieure » qui porte.
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« Croire, c'est s'appuyer solidement sur ... » le P. Bezançon
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On peut croire au progrès, à l'amour de sa femme, à l'efficacité de la politique, ou de son génie … Pour un chrétien : la foi, est : « la réponse libre de l'homme à l'initiative de Dieu qui se révèle » ( catéchisme de l'église catholique)
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Acte d’adhésion individuelle, avec une dimension collective, parce qu'elle rejoint la réponse des générations qui nous ont précédés et des croyants d'aujourd'hui.
Sources : « La Croix » du 1er décembre.
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (1)
Phrase paradoxale, parce qu'il s'agit d'un commandement et qu'un commandement en appelle à la volonté et au devoir … , alors que l’amour ne se commande pas. Et que ce « comme toi-même » est sujet à interprétation :
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le « toi-même », implique qu'il n'est pas nécessaire qu'il y ait réciprocité. Aime, un point c'est tout … et « sans garantie quant à la réaction d’autrui … susceptible en effet de confondre cette bonté avec une faiblesse et d’en profiter.( par exemple ...)»Catherine Chalier dans Levinas, l’utopie de l’humain (Albin Michel)
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L'amour peut-il se conjuguer au futur ?
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Plutôt que d'Amour, ne pourrait-on pas parler ( en baissant l'intensité passionnelle du mot … ! ) , d'altruisme, ou de compassion ?
« l’altruisme fonctionne dans une logique du bonheur partagé ; il montre que nous
sommes profondément, intimement liés aux autres, et que notre bien-être dépend de celui d’autrui » le psychologue Jacques Lecomte
La psychologie ( Jacques Lecomte) pourrait affirmer que « nous sommes prédisposés pour aimer », que « les fondements de la bonté et de l’amour pèsent davantage que ceux de la violence et de la haine ». La guerre serait le fruit de la peur, l'amour serait le seul réel intérêt de l'espèce …
Aimer l'autre, n'est pas un précepte religieux ; il est universel et moral... parce que c'est de notre propre intérêt … ! Ensuite, on « aime » parce qu'on a été aimé ; et le mode d'emploi est-il, vraiment, utile... ?
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« Prochain » et « lointain », nous sommes tous proches par notre
« fraternelle » humanité ; et ce qui – peut-être – rend ce commandement acceptable, c'est que, chrétien, nous « croyons » que Dieu nous aime, en premier … Notre seule
référence , c'est l'Amour divin, ( à mon avis …) et non pas l'amour conjugal, ou l'amour maternel...etc ( Il s'agit d'un amour dégagé de tout intérêt )
L'Agapé, serait cet amour « spirituel »
L'Eros, lui fait la part à l'amour humain, l'amour choisi, et il ne s'agit pas ici de le réduire à l'amour des corps ...
L'amour du prochain (l'Agapé), est-il humainement réel... ? L'amour des « lointains », de tous les hommes, de ceux qui nous veulent du mal ...etc ?
Sur le futur : « Tu aimeras » ; celui-ci n'indique t-il pas, qu'au lieu d'une obligation ; il s'agit de prendre en compte le temps, l'expérience...et alors seulement .., tu pourras reconnaître que « toi-même » tu es aimé, ou que tu aspires à être aimé … et de même, aimer toute autre créature ...
(1) : “Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et avec toutes tes forces et tu aimeras ton prochain comme toi-même.”
Mt 22, 37-40 et 12, 29-31, qui lie Deutéronome, 6,5 et Lévitique, 19,18
Thérèse Desqueyroux: le mariage, en ce temps...
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| Claire Mauriac (1853-1929). Entourée de ses cinq enfants | François Mauriac 1931 |
Thérèse Desqueyroux, film de Claude Miller 2012
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Voir également: La-femme-au-temps-de-therese-desqueyroux-1-; et article: la-femme-au-temps-de-therese-desqueyroux-2-
François Mauriac: Thérèse Desqueyroux, la chair et le désir
François Mauriac et Jeanne Lafon ( Le mariage est célébré en 1913 )
François Mauriac: Souffrances et Bonheur du Chrétien:
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| Jeanne et François Mauriac paris 1932 |
Cet ouvrage édité en 1931 chez Grasset est la réunion de deux titres : Souffrance du chrétien paru à la NRF, qui était un " supplément au traité de la concupiscence de Bossuet ", et Bonheur du Chrétien, publié également à la NRF, où Mauriac se " réfute " lui-même.
Dans le premier, Mauriac est au plus fort de sa crise personnelle et religieuse. Son œuvre est un cri de révolte contre l'inhumanité d'un certain catholicisme.
Pour Mauriac, l'étreinte amoureuse est une "possession qui, l'espace de quelques minutes, ne nous leurre pas".
"Dans ce bref intervalle de l'union charnelle, nous avons cru n'être qu'un, et de nouveau nous sommes deux : ce corps, cet autre corps ; ce mur, cette poitrine fermée, monde clos de chair et de sang autour duquel nous tournons, satellite misérable."
« Le christianisme ne fait pas sa part à la chair ; il la supprime »: ( Mauriac : Souffrance du Chrétien)... Mauriac, par chair, entend l'objet du désir sexuel. Il dénonce, la « honteuse plaie de la concupiscence et l'attrait de la fragile et trompeuse beauté des corps. », « la folie qui nous porte à sacrifier l'éternel au périssable ». La volupté, déclare Mauriac, « singe la mort », elle est une fausse agonie, « la recherche des abords immédiats du Néant. »
Il n'est personne, écrivait Mauriac, qui, « livré à toutes les délices de la chair, demeure en union avec Dieu ». Si bien que la « vie charnelle » était à ses yeux peu compatible avec « la vie spirituelle » : « une chair qui s'assouvit accompagne toujours un esprit incapable d’adhérer au surnaturel »
Henry Fuseli Nightmare II
Le problème est autant celui de l'âme que celui du corps. « Combien le corps pèse à l'âme » ( Mauriac ) « Cette concupiscence qui lie l'âme au corps, par des liens si tendres et si violents, dont on a tant de peine à se déprendre, et qui cause, aussi, dans le genre humain, de si effroyables désordre ? » .. On pourrait vaincre le désir, renoncer à un corps qui ne serait qu'un corps. Mais c'est l'âme qui aime, c'est l'âme qui est aimée. »
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Raymonde Heudebert, artiste, avec Jeanne et François Mauriac. Portrait par Raymonde Heudebert
Il est certain que Souffrances exprime une pensée chrétienne du corps mais qui n’est pas tout à fait doctrinalement juste. C’est celle du corps coupable de se laisser conduire par ses passions.... Une compréhension authentiquement chrétienne du corps voudrait qu’on l’envisage d’abord « avec son sexe, sa masculinité et sa féminité, c’est-à-dire la faculté d’exprimer l’amour dans lequel l’homme-personne devient don et réalise le sens même de son être et de son ‘exister’ » ( Jean-Paul II, Homme et femme il les créa, Une spiritualité du corps, Cerf, 2004, p.83 )
François Mauriac, pris dans l’étroitesse d’un système d’éducation et dans les aventures du cœur, ne pouvait penser un corps de don en relation avec la totalité de la personne et avec son destin. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’en avait pas l’intuition, de sorte qu’il puisse un jour écrire : « Le bonheur c’est d’être cerné de mille désirs, d’entendre autour de son corps craquer les feuilles » ( sources: fr. Joël-Marie Boudaroua, o.p.
Le bonheur de vivre, Henri Matisse, 1905-06
Thérèse Desqueyroux: que s'est-il passé ?
Thérèse repense à ce temps qu'elle n'imaginait pas ressentir à présent, comme un temps de paix : « Jamais Thérèse ne connut une telle paix – ce qu'elle croyait être la paix et qui n'était que le demi-sommeil, l'engourdissement de ce reptile dans son sein. » ( fin chap III)
« Tout ce qui précède mon mariage prend dans mon souvenir cet aspect de
pureté ; contraste, sans doute avec cette ineffaçable salissure des noces »
Edgar Degas: l'Interieur (1868 or 1869)
« Le jour étouffant des noces, (…) ce fut ce jour-là que Thérèse se sentit perdue. »
Qu'est ce donc, ce qui a été assassiné, ce soir de la nuit des noces... ? : « ce que son corps innocent allait subir d'irrémédiable. » ? ( …) Thérèse, songeant à la nuit qui vint ensuite, murmure : << Ce fut horrible... >> !
Thérèse est horrifié par le désir de cet homme, comment « cet homme pudique » peut-il être le même que celui, qui « Un soir, à Paris quitta ostensiblement un music-hall dont le spectacle l'avait choqué : « Dire que les étrangers voient ça ! Quelle honte ! Et c'est là-dessus qu'on nous juge... » (…) « dont il lui faudrait subir, dans moins d'une heure, les patientes inventions de l'ombre. »
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Henry Fuseli (1741-1825), The Nightmare
Est-il pire qu'un autre ? « Mais le désir transforme l'être qui nous approche en un monstre qui ne lui ressemble pas. Rien ne nous sépare plus de notre complice que son délire: j'ai toujours vu Bernard s'enfoncer dans le plaisir et moi, je faisais la morte, comme si ce fou, cet épileptique, au moindre geste eût risqué de m'étrangler. Le plus souvent, au bord de sa dernière joie, il découvrait soudain sa solitude ; le morne acharnement s'interrompait. Bernard revenait sur ses pas et me retrouvait comme sur une plage où j'eusse été rejetée, les dents serrées, froide. » ( extrait de Thérèse Desqueyroux de Fr Mauriac )
Le mariage pour tous.
Je regrette que des questions de société ne soient pas différemment mises en débat, réfléchies et
argumentées... ; aussi bien d'ailleurs ( même si ce n'est du même niveau ) au sein de notre république , qu'à « l'intérieur » de notre Eglise.. !
Le référendum, eut été pour notre pays l'occasion d'être un peuple responsable ; et la confiscation de la parole des catholiques par la « conférence des évêques », ou par les manifestants..., augurent mal d'une nouvelle évangélisation que mériterait la France le XXIème siècle … !
L'actualité, semble réduire l'église catholique au rôle d'opposant politique... Ce n'est bien sûr pas sa mission... Une parole évangélique peut s'exprimer mais différemment sur les relations sexuées entre personnes humaines, sur leur fécondité et leur prise en compte par la société … L'Eglise n'est pas un lobby parmi d'autres , qui doit peser sur nos choix politiques et sociétaux.
A mon avis : cette question du « mariage pour tous » répond à une requête légitime de certains couples gays ou lesbiens qui souhaitent à la fois fonder une famille (ce que beaucoup ont déjà fait, qu'on le veuille ou non) et protéger leurs enfants.
- « Fort heureusement, il y a bien longtemps que nous ne sommes plus en Chrétienté. Et il y a bien longtemps aussi que le mariage civil n'a plus le même sens que le mariage chrétien (auquel je crois de toutes mes forces). Depuis les lois sur le divorce qui, là encore, assurent la supériorité de l'individu et de son épanouissement sur celui du couple ou de la communauté, le mariage républicain n'est déjà plus qu'un ersatz du mariage religieux. Il s'en inspire, mais en a perdu le sens profond. » Laurent Grzybowski, journaliste société à La Vie.
- A noter l'avis de René Poujol ancien rédacteur en chef de Pèlerin magazine et qui analyse la prise de position de la Conférence des évêques de France :
"Ce n‘est donc pas 'au nom de la foi en Jésus Christ', commune à tous les chrétiens, que les évêques se prononcent contre ce projet, mais pour des raisons de nature anthropologique, même si cette anthropologie trouve logiquement sa source, pour eux, dans le récit Biblique. Il se trouve que je souscris personnellement et à cette analyse, et à leur prise de position concernant le mariage pour tous." Mais … C'est, peut-être, parce que l'argument n'est pas d'ordre religieux que les chrétiens peuvent être d'avis divergents. poursuit René Poujol... "Je tire de leur propos (ceux des évêques) la conclusion, moins habituelle, que l’on peut donc être frères dans la foi… et diverger sur la question du mariage pour tous, dès lors qu’on ne fait pas tous la même analyse de ses conséquences sociétales possibles."
Et, se souvenir....:
La loi autorisant le divorce en France fut adoptée le 20 septembre 1792 par l'Assemblée nationale et modifiée par des décrets
de 1793 et 1794. Le divorce fut conservé par les rédacteurs du Code civil, puis abrogé sous la Restaurationpar la loi du 8 mai 1816. Il ne fut
rétabli que sous la Troisième République, avec la loi du 27 juillet 1884.

M. Freppel, évêque d'Angers déclare le 19 juillet 1884, au Sénat : « Qui vous a demandé le divorce ? Quelques femmes écervelées, quelques romanciers qui se font un jeu des mœurs et des lois... et dans cette campagne antifrançaise, anticatholique, sur qui se sont-ils appuyés ? ... »
Le fait capital, aux yeux de l'Eglise, c'était qu'un mariage pût être rompu sans elle, malgré elle. Qu'elle le voulût ou qu'elle ne le voulût pas, la société civile et la famille rompaient ainsi en droit un des liens les plus forts dont elle les eût jamais enserrés....
"Dissemblance" : peinture flamande et théologie
Les images sont « faites pour signifier une chose différente de ce qu’on voit avec les yeux », affirmait Cesare Ripa: (Cesare Ripa (1555 - 1622 , est un auteur italien du xvie siècle, un amateur d'art, un érudit et l'auteur de l'Iconologie (Iconologia overo Descrittione dell'Imagini universali) (Rome, 1593), livre extrêmement influent à son époque.)
Suiveur de Jérôme Bosch (vers 1450-1516) Le_paradis vers 1539
Michel Weemans : « le tableau ne se contente pas d’illustrer un récit (hagiographique ou biblique), mais en donne une interprétation visuelle. » (*).
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Cette tendance picturale est liée au développement de la Devotio moderna, mouvement spirituel qui naît aux Pays-Bas à la fin du XIVe siècle et favorise la prière personnelle, l’introspection, en bref une piété tout intérieure à laquelle les peintres offrent un support de méditation.
Pieter Huys (vers 1519-1581) La tentation de saint Antoine
« le monde fantastique, la part du diable et les lieux de dissemblance », de dissonance aussi. L’artiste de proue dans cette section est bien sûr Jérôme Bosch (et ses suiveurs) (ill. 6) et le sujet le plus favorable au brouhaha de figures effroyables, au déploiement de folies et de diableries est évidemment la tentation de saint Antoine largement représentée par Jan Mandyn, Pieter Huys ou Jan Wellensz de Cock. On pénètre l’univers du bizarre et des apparences trompeuses, des anamorphoses et des paysages anthropomorphiques, de l’Enfer et des châtiments. Mais, comme le souligne Reindert L. Falkenburg (*), tous ces démons, ces monstres et ces figures hybrides n’ont pas pour vocation d’offrir au spectateur une « terreur récréative ».
Ils incarnent plutôt la « région de dissemblance », notion formulée par saint Augustin pour suggérer que l’Homme, fait à l’image de Dieu, s’est éloigné de lui après la Chute. Saint Bernard, utilise cette expression dans le sens de la nature déchue. Pour Maître Eckhart, elle signifie la distance ontologique et noétique, qui sépare Dieu « innommable » dans son immensité, des ses œuvres extérieures à partir desquelles Il se fait connaître et nommer.
Cette région « de dissemblance » privée de vérité, « doit être opposée à celle de l'intellect, où règnent l'identité et tout ce qui l'accompagne, rendant possible la connaissance des choses crées non en elles-mêmes, mais dans leurs principes... cependant, pour connaître Dieu autrement que par ses effets créés, la faculté intellectuelle de l’homme ne saurait lui suffire sans la grâce. » ( V. Lossky, Théologie négative et connaissance de Dieu chez Maître Eckhart, p 177)
( *) de Bénédicte Bonnet Saint-Georges: Fables du paysage flamand. Bosch, Bles, Brueghel, Bril. : Lille, Palais des Beaux-Arts, du 6 octobre 2012 au 14 janvier 2013: cf le Catalogue de l’exposition p.57. Reindert Leonard Falkenburg, « Régions de dissemblance », pp. 57-63


C'est précisément là, au coeur de la crise, dans nos tourments, que le poète y voit aussi une
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