La place de la spiritualité: Bouddhisme et christianisme
Je viens d’entendre, grâce à l’émission « Sagesses Bouddhistes », le docteur Daniel Chevassut.
Il est médecin à l'hôpital Nord de Marseille où il a ouvert une
consultation de la Souffrance. Il est aussi le représentant de la Tradition bouddhiste au niveau des hôpitaux de l’Assistance Publique de Marseille.
J’ai envie de m’interroger à propos de 2 points :
- - le langage utilisé par ce médecin bouddhiste sans être laïque, se situe à un niveau que peut entendre toute personne capable d’échanger sur la ‘ spiritualité ‘ ; au point qu’une patiente musulmane, le remercie de l’avoir réconciliée avec sa propre spiritualité. Cela questionne, le catholique que je suis, qui avance souvent précédé de son crédo : ‘ Jésus ‘, seul et unique médiateur …etc. J’ai même rencontré des prêtres qui ont des difficultés de parler de ‘spiritualité’, autrement qu’en évoquant l’Esprit Saint…
- Pourtant, « La voie spirituelle que l’on suit a son importance, mais plus que la voie elle-même, c’est le résultat qui découle de la pratique spirituelle. Suis-je plus serein, plus heureux, plus humble, plus aimant et compatissant ? » ( D. Chevassus ).
- De même, je dois pouvoir parler « d’un éveil à une Réalité plus profonde. », pour être entendu de quelqu’un ( que je comprends bien ) qui est gêné par les mots ‘ rencontrer Dieu ‘.
- - la laïcité, à laquelle je suis attaché, impliquerait de bien séparer ‘ l’espace privé ‘, de ‘l’espace collectif ’. A ce propos, admettons d’abord que la ‘laïcité’ n’est pas une option spirituelle parmi d’autres. C’est un principe fondateur du projet républicain, permettant à tous les citoyens de vivre pacifiquement leurs différences. Et bien évidemment, il faut veiller sans cesse à ce qu’il n’y ait pas une influence des normes religieuses sur les lois civiles. Et si on constate, c’est vrai, que des croyances religieuses se muent en identités, et peuvent s’affronter, fortes de leur emprise sociale ; il faut le regretter et il est légitime, que nous en appelions alors à l’état, pour faire respecter la laïcité..
- Cependant, La laïcité ne saurait réduire la ‘spiritualité’ à une « offre privée » , - d’abord parce que : « On ne peut, au nom de la laïcité, accuser d'intolérance toute expression d'une conviction. Au contraire, l'expression publique des convictions, y compris éthiques et spirituelles, constitue un élément vital du débat démocratique pour une société en quête de sens. La laïcité ne saurait donc mettre les croyants en congé de l'histoire ». (Michel Bertrand) - Ensuite, parce que la spiritualité a une dimension collective, qui la met au cœur de nos relations, privées bien sûr, mais aussi professionnelles, et sociales : il en est ainsi à l’école lors de l’échange éducatif, mais aussi à l’hôpital, lors de notre confrontation à la ‘ souffrance ‘…
Je reprends ainsi quelques propos de D. Chevassus : « la pratique de la méditation aide à mieux percevoir la priorité des besoins chez le patient. »
« la dimension spirituelle peut venir renforcer la qualité du soin. », « elle fait partie intégrante de l'être humain »
« Lorsque la dimension spirituelle d'un être humain se développe, les qualités, telles que l'amour, la compassion, la tolérance, le respect, la patience, etc... ont tendance à s'exprimer spontanément. »
« Enfin, l'éveil de la conscience a des répercussions sur le plan physique, physiologique, biologique et psychologique. »
Je cite encore Daniel Chevassus :
« Ces trois domaines, le corps (soma - corpus), la psyché (psukhê - anima) et la conscience (pneuma -spiritus), correspondent non seulement à une réalité objective, mais ils sont aussi interdépendants et interactifs. Fréquemment, me semble-t-il, cette dimension est assimilée au psychisme, ce qui pose un véritable problème : d'une part, si on nie cette dimension spirituelle, on ne peut pas en prendre soin, comme on le ferait normalement pour son corps, son intellect, son affect, etc. Les nourritures du corps, du mental et de la conscience ne sont, en effet, pas les mêmes, ceci n'étant pas sans conséquences sur l'équilibre psychologique et physique de la personne, à plus où moins long terme. Des émotions telles que la colère, l'orgueil ou la jalousie ont ainsi, dans leur genèse, une part non négligeable de souffrance spirituelle. En outre, dans l'optique d'une prise en charge sensée de la douleur, un même message douloureux sera interprété différemment en fonction de l'intégration de la douleur, propre à chaque patient. Or, ce processus d'intégration dépend non seulement de la dimension mentale, mais aussi du niveau de conscience et de perception de la personne. Ce dernier point est souvent occulté.
Edith Stein, Zundel, Rilke,F. Midal, et moi ...
Je suis, ce matin, très entouré et sollicité…
Jugez : à peine éveillé, c’est Edith Stein qui m’interpelle : « Chaque être créé a un sens qui lui est propre, et c’est sa manière particulière d’être à l’image de l’essence divine ». Quelle belle reconnaissance du chemin de chacun ! Quelle confiance en la liberté de chaque humain…
Le plus beau, est qu’à l’instant suivant, Zundel ajoute : « Il faudrait crier sur les toits que Dieu est liberté infinie, que le sens de la création c’est la liberté infinie, mais que cette liberté – comme celle de Dieu – elle ne peut s’accomplir que par le vide total que l’on fait en soi »
La clé de cette
liberté est là : le vide… L’absence de mon petit ‘moi’, qui sait, qui s’impose parce qu’il aime ceci et n’aime pas cela… Moi, qui se préfère à la place qu’il pourrait faire à l’autre, par
peur d’être oublié… L’Amour, non pas celui que je prends, mais celui que je donne … D’ailleurs, je n’aime pas prononcer ce mot…
Fabrice Midal, me tape sur l’épaule : « En effet, me dit-il, il nous semble que l’on nous a tant parlé d’amour, d’une manière désincarnée, fausse Nous savons la déceler dans les propos de ceux qui ont toujours le mot « amour » à la bouche. L’amour sert très souvent à des manipulations psychologiques mesquines voire perverses. Toutefois, le prix à payer de cette analyse est lourd. On a liquidé la possibilité de comprendre, de transmettre et de vivre ce qu’est l’amour.
L’autre écueil, c’est la sentimentalité qui nous fait confondre le rêve de midinette et le véritable amour qui n’est pas une consolation mais un risque. L’amour ne nous endort pas, mais nous réveille ! L’amour, pour prendre le titre de mon précédent livre, implique de « risquer la liberté ».
De ces deux façons — en l’instrumentalisant ou en le rêvant — , on a rendu le chant de l’amour inaudible. » C’est vrai !
Il ajoute : « Et si de l’amour on ne savait rien ? ( le titre de son nouveau livre ). Ensuite, sans autre formalité, il me présente un ami à lui, que je sais assez proche : Rainer Maria Rilke.. !
Les poètes ne sont pas toujours très clairs, à la première lecture, mais ce qu’il dit : me parle.
« Est-il possible qu’on n’ait encore rien vu, rien su, rien dit qui soit réel et important ? Est-il possible qu’on ait eu des millénaires pour regarder, pour réfléchir, pour enregistrer et qu’on ait laissé passer ces millénaires comme une récréation dans une école, pendant laquelle on mange sa tartine et une pomme ?» ( Rainer Maria Rilke, Les Carnets de Malte Laurids Brigge, Gallimard, 1991, p.38.)
Oui, c’est bien cela. Moi, peut-être chacun de nous ; j’attends, je cherche cette chose à voir, à entendre, rien que pour moi. Cette chose essentielle,
qui, j’en ai l’intuition a plus à voir avec de l’être, que de l’avoir, que du faire …. Cette chose qui m’est propre, qui serait ma manière particulière d’être …
« à l’image de
l’essence divine » me souffle Edith Stein …
La Bible traduite par Meschonnic, et lue par P. Sollers ..!
" C'est l’histoire de cette brave dame catholique qui voit un vieux monsieur ne payant pas de mine en train de lire un livre. « Vous lisez quoi, cher monsieur ? — La Bible, madame. — Mais en quelle langue ? — En hébreu. — Ah bon, la Bible a aussi été traduite en hébreu ? »
Voici un extrait d'un texte de Sollers, sur la traduction de la Bible par Meschonnic...
" Meschonnic traduit la Bible, et la démonstration est faite que nous n’avons eu entre les mains, jusqu’à présent, que des approximations ou des recouvrements, tradition hellénique ou chrétienne, compromis du rabbinat, dévotion, timidités, voiles. « L’Occident ne s’est fondé que sur des traductions et, pour le Nouveau Testament, fondement du christianisme, des traductions de traductions de traductions… Si l’anglais et l’allemand ont eu un original second, avec la King James Version et avec Luther, le français n’en a jamais eu. » Voilà le point essentiel. Dieu, en français, est quasiment inaudible, à moins de le prendre pour Victor Hugo. Il faut donc qu’une énergie particulière, simultanément poétique et de traduction, nous fasse franchir cette surdité acquise, sirop, emphase ou répulsion. Le poème, pour Meschonnic, est une « force-sujet dans le langage », et les versets de la Bible sont cette force qui n’a pas encore été dégagée comme telle.
Rien ne le montre mieux, aujourd’hui, que la parution éclatante des Psaumes sous le nouveau titre de Gloires . De la belle complainte on passe à l’interpellation directe, de la « bondieuserie » à une sorte de guerre permanente et abrupte, où les accents, les te’amim, jouent un rôle fondamental. Ce terme hébreu est le pluriel de ta’am, qui veut dire goût. La Bible est une guerre du goût. Son parler-chanter (du moins dans Gloires) doit s’entendre comme un « goût dans la bouche » - à la fois goût et raison -, comme « une physique du langage ».
Parler, chanter, raisonner sont une même substance qui peut être écoutée par Dieu, à qui on demande de prêter l’oreille. Gloires est plus fort que psaumes, à la tonalité idyllique, et sans aucun doute préférable à louanges, dont Meschonnic dit drôlement que cela aurait « un côté Saint-John Perse », comme s’il s’agissait d’une « adoration vague et d’une acceptation du monde et de son histoire ». Mais non, voyons : rien de plus tendu, de plus tremblant, de plus dramatique que ces paroles sortant enfin de la brume cléricale pour exposer l’épouvante et la peur du gouffre, l’appel au nom divin et à sa promesse de joie. La Tora n’est pas la Loi, mais l’Enseignement. Les Gloires sont des situations d’abîme : c’est l’homme qui risque d’être avalé, raflé, détruit par ses persécuteurs réels, jeté au trou, mais qui garde confiance dans son « Dieu de la multitude d’étoiles ». On presse Dieu d’écouter, d’intervenir, de parler, de trancher. Il l’a fait, il peut donc le refaire.
Des décalages justifiés de mots, et chaque fois des pans entiers de représentations fausses s’effondrent. Ne dites plus « péché » ou « pécheurs », mais plutôt « égarement », « égarés ». Les pécheurs sont des égarés et les méchants sont des « malfaisants ». Beaucoup d’égarés, beaucoup de malfaisants, ça se prouve. Voulez-vous retrouver le sens d’Amen ? Dites : « C’est ma foi. » Vous avez l’habitude d’Alleluia ? Entendez : « Gloire à Yah ». Ne récitez pas « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » mais « à quoi m’as-tu abandonné » (ce n’est pas du tout la même chose). Traduction Dhorme (Pléiade) : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament annonce l’oeuvre de ses mains. » Traduction Meschonnic : « Le ciel proclame la splendeur du dieu, et l’oeuvre de ses mains est ce que raconte le déploiement du ciel. »
Autre forme, autre scansion, autre disposition des mots sur la page, avec des blancs significatifs de respiration. Début des Gloires : « Bonheur à l’homme qui n’a pas marché dans le plan des malfaisants et dans le chemin des égarés. » Ce « Bonheur à » est en effet bien préférable à « Heureux celui qui » ( « Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage » ). Au passage, on signalera à ceux qui se plaignent des textes comportant trop de citations le très bel essai de Meschonnic sur Walter Benjamin dans Utopie du juif , rappelant qu’il s’agit là d’un art très ancien (le Talmud, par exemple). Principe de montage permettant un autre rapport à l’Histoire. « Les citations dans mon travail, écrit Benjamin, sont comme des voleurs de grands chemins qui surgissent en armes et dépouillent le promeneur de ses convictions. »
Les touristes de l’existence détestent ces rappels bibliques. On les comprend. Dans Gloires, la partie est rude. Il y a là un certain David, un des plus grands poètes de tous les temps, dressé dans une position limite : vous sentez passer sur lui la peur, le frisson, le spasme, la panique, la souffrance jusque dans les os ; vous le voyez inlassablement aux prises avec le mensonge, la corruption et la fraude. Il a sa musique, sa conviction, ses « prières secrètes », son murmure, jour et nuit, même s’il est courbé, épuisé, pourri, les tripes brûlantes. Il n’a plus de force, son coeur va trop vite, il est abandonné, il va devenir sourd, muet, aveugle, pendant que ses ennemis sur lui « se grandissent ». Le tumulte l’entoure, il patauge dans la détresse et des marais de boue, mais il persiste à chanter ce Dieu « qui maintient les montagnes dans sa force ». D’un côté la fosse, la mort et les amis de la mort ; de l’autre le roc, un grand oiseau aux ailes protectrices, la vie. Autant dire que Gloires est un livre d’une actualité brûlante.”
Philippe Sollers, Le Monde du 18.05.01.
Sagesse chrétienne: Pape Jean XXIII
Décalogue de la sérénité, du Pape Jean XXIII
« 1 - Rien qu'aujourd'hui, j'essaierai de vivre exclusivement la journée, sans tenter de résoudre le problème de toute ma vie.
2 - Rien qu'aujourd'hui, je porterai mon plus grand soin à mon apparence courtoise et à mes manières ; je ne critiquerai personne et ne prétendrai redresser ou discipliner personne, si ce n'est
moi-même.
3 - Rien qu'aujourd'hui, je serai heureux, dans la certitude d'avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l'autre monde, mais également dans celui-ci.
4 - Rien qu'aujourd'hui, je m'adapterai aux circonstances, sans prétendre que celles-ci se plient à tous mes désirs.
5 - Rien qu'aujourd'hui, je consacrerai dix minutes à la bonne lecture, en me souvenant que, comme la nourriture est nécessaire à la vie du corps, la bonne lecture est nécessaire à la vie de
l'âme.
6 - Rien qu'aujourd'hui, je ferai une bonne action et n'en parlerai à personne.
7 - Rien qu'aujourd'hui, je ferai au moins une chose que je n'aurai pas envie de faire ; et si j'étais offensé, j'essaierai que personne ne le sache.
8 - Rien qu'aujourd'hui, j'établirai un programme détaillé de ma journée. Je ne m'en acquitterai peut-être pas entièrement, mais je le rédigerai. Et je me garderai de deux calamités : la hâte et
l'indécision.
9 - Rien qu'aujourd'hui, je croirai fermement - même si les circonstances prouvent le contraire - que la bonne Providence de Dieu s'occupe de moi comme si rien d'autre n'existait au monde.
10 - Rien qu'aujourd'hui, je ne craindrai pas. Et tout spécialement, je n'aurai pas peur d'apprécier ce qui est beau et de croire en la bonté. Je suis en mesure de faire le bien pendant douze
heures, ce qui ne saurait pas me décourager, comme si je pensais que je dois le faire toute ma vie durant. »
Jean-Paul II et la sainteté
Le journal ‘ La
Croix ‘, mentionne à propos de Jean Paul II, un livre de Mgr Oder qui dévoile les pratiques de mortification dont Jean-Paul II était coutumier, notamment pendant le Carême, pratiquant strictement
le jeûne et l’abstinence. Selon des témoignages recueillis auprès de son proche entourage, le pape polonais portait un cilice. Il lui arrivait de dormir à même le sol et de se flageller, mettant
ainsi en pratique, écrit Mgr Oder, ces paroles de saint Paul (Col, 1, 24) : « Ce qui manque aux souffrances du Christ, je l’achève en ma chair, pour son corps, qui est l’Église. »
Ensuite, le père Cl. Flipo tente d’expliquer cette pratique volontaire et des plus intime…
« Ainsi, vivre de son baptême, c’est entrer dans un combat intérieur, spirituel, mais aussi corporel, contre les péchés que la convoitise produit en nous.
Les Pères de l’Église, et les fondateurs du monachisme ont développé, à partir de là, une théologie pour lutter contre les passions mauvaises aussi bien l’orgueil que la convoitise.
Aujourd’hui, nous reprenons cette idée à partir de ce que dit Jésus dans l’Évangile : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même » (Luc 9, 23). Ce renoncement implique non
seulement quelque chose de l’ordre de l’esprit, de la volonté, mais de tout l’être humain. Dans la vie spirituelle, tout se tient, la vie psychique et physique. »
De là à s’infliger des châtiments !
Mais est-ce des châtiments ? Je dirais plutôt des privations, une forme d’appel à réordonner ses désirs. Saint Ignace parle ainsi d’affections désordonnées. Les
efforts de Carême, ou encore les privations que s’imposent des personnes qui entreprennent un long et dur périple à pied vont dans le même sens. Ces privations permettent de laisser surgir un
autre désir, un désir spirituel.
Il faut se référer au sens premier de « discipline » : se donner une discipline. On peut l’entendre sous une forme négative, se faire du mal. Mais on peut aussi le voir de manière positive,
laisser développer en nous quelque chose de meilleur. On se prive pour plus grand.
Dans la vie moderne, beaucoup de personnes comprennent que l’on ne peut progresser qu’en renonçant à bien des choses. Ici, ce renoncement touche au corps : difficile à comprendre dans une société
de glorification du corps comme la nôtre."
Personnellement, je retrouve, par cette révélation, le combat spirituel du saint, qui craint profondément les démons de l’orgueil et de la désespérance. C’est aux
marges de la sainteté, que l’on a le vertige de l’abime…
Pour tenter de comprendre, il n’est que de lire Bernanos :
"L'enfer, c'est de ne plus aimer... "( L J CC )
"Il est plus facile qu'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier..."
"Souvenons-nous que Satan sait tirer parti d'une oraison trop longue, ou d'une mortification trop dure." (SLSDS)
"Mais celui-ci - pauvre prêtre ! - s'il doute, ne doute pas seulement de lui mais de son unique espérance.
Le péché nous fait vivre à la surface de nous-mêmes."
"Nous ne rentrons en nous que pour mourir, et c'est là qu'il nous attend."
"Ne pas désespérer du salut, même si on vit desespérément."
"Quelle épaisseur a le péché ? A quelle profondeur faudrait-il creuser pour retrouver le gouffre d'azur ?"
"Le monde n'est pas une mécanique bien montée. Entre Satan et Lui, Dieu nous jette, comme son dernier rempart. C'est à travers nous que depuis des siècles et des siècles la même haine cherche à
l'atteindre, c'est dans la pauvre chair humaine que l'ineffable meurtre est consommé."
GEORGES BERNANOS
"Mais ce qui est choquant, c’est que cette information ait été mise sur la place publique, de manière totalement sortie de son contexte, de même qu’il est
choquant que l’on ait rendu publique la nuit spirituelle de Mère Teresa."Cl Flipo.
Ce n’est pas du tout mon avis ! Je ne crois pas aux saints qui brillent sur toutes les faces. L’hagiographie est contre-productive, même les contes de fée sont plus subtils !
Quant à décider ce qui est bon pour moi? Je crains, encore aujourd’hui, l’accompagnateur spirituel, qui me déconseillerait quelque lecture qui pourrait me ‘ détourner ‘ du message évangélique … !
Le Conte du Graal et la Quête de soi.
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« Le conte et le mythe expriment des processus inconscients, et leur récit en opère chaque fois une réactivation et une évolution, et renouvelle ainsi le lien entre la conscience et l’inconscient » C.G. JUNG ( Etudes sur la phénoménologie de soi ).
Ce processus qui vise, ici, à la vision du Graal, nécessite une recherche sur soi... La spiritualité chrétienne laisse souvent penser que nous pourrions nous en affranchir, qu'il suffirait d'une ''relecture'', et, d'avouer et regretter d'avoir ''péché'' (ce péché renvoie à une morale, et quelle morale?) ...
Le processus, est appelée par Jung : ''individuation''. Ce processus est aussi en partie inconscient, il s’exprime dans les rêves sous forme de figures : représentations symboliques des différentes composantes de la personnalité d’un individu et constituent les ‘acteurs’ du drame qui se joue en lui.
Perceval ( à ce moment il n'a pas encore de nom... ) quitte sa mère, qu’il laisse évanouie ( morte ? ) : le Moi commence à vivre l’autonomie. Perceval, sans remord (semble t-il, mais inconsciemment … ? ) poursuit son chemin ( refoulement ? Il en est ainsi du ‘ péché ‘ de Perceval…). Perceval, va vivre avec un sentiment d’infériorité… Sa cousine le nomme « li cheitis » ( v 3567), la demoiselle hideuse ne le ménage pas…
Perceval désire devenir ‘ chevalier ‘ : il tente de s’approprier une ‘ Personna ‘ ( personnage social ), ce qu’exprime une aspiration à devenir quelqu’un : première étape d’individuation. Sorte d’image du Père .. ?
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A ce moment, il y a généralement, aussi, rencontre de « l’Ombre » ; représenté par le chevalier Vermeil… C’est peut-être surtout l’explication du personnage de Gauvain, sorte de double inversé. La figure d’ombre est à la fois destructrice et constructive.
Perceval sera aussi confronté au féminin… « La femme est toujours là où se trouve l’ombre de l’homme. » CG Jung ( L’âme et la vie : textes de Jung )
L’Anima est l’image archétypale de l’autre féminin, que tout homme porte en lui , et à l’aide de laquelle il appréhende l’essence féminine… L’homme n’est pas toujours capable de la reconnaître : il la rudoie avec la Demoiselle du pavillon. L’homme peut ainsi avilir la part féminine des valeurs humaines et de sa propre psyché. L’Anima se montrera encore à Perceval, sous la figure de la porteuse du Graal … La forme fantasmatique s’affiche souvent par un processus d’initiation…
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Que de choses à dire à ce propos… !
Entre le féminin, le masculin, le rituel, et l’alchimie initiatique d’une telle composition … !
Plutôt que d’intellectualiser ; la lecture du Conte du Graal permet d’intérioriser ce processus et de le rendre conscient, ensuite, par cette même reformulation que je tente ici…
Je pense à ma part masculine qui s’est trop souvent noyée dans un imaginaire fantasmatique. Le chemin spirituel permet de conscientiser ses propres problématiques.
Aujourd’hui, le christianisme a, plus que jamais, le devoir, l’obligation d’évangéliser cette connaissance de la psyché. Je pense à l’apport essentiel de Jacqueline Kelen, un ‘ maître ‘ qui ne craint pas d’être Femme… !
Athéisme et illusion

"Il ne dépend pas de nous de croire en Dieu, mais seulement de ne pas accorder notre amour à de faux dieux." Simone Weil.
A mon avis, chacun choisit son dieu... La plus grande illusion serait de se croire Athée !
L'attention. . L'instant présent avec Simone Weil.
La lecture d’Eckhart Tollé, me renvoie à ma propre tradition : étant acquis pour moi que Simone
Weil est une de mes compagnes spirituelles (
)…
« Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés, mais attendus. »
Ce qui m’interroge sur le sens et les effets de l’occupation de mon mental. Sur le sens et les effets de ma prière… !
Paradoxe de l’étude… de l’effort. Déjà, dans le vocabulaire chrétien : - méditation, est un terme ambigu. La méditation d’un texte d’Evangile demande t-elle un effort intellectuel ?
Pour Simone Weil, l'attention est active, mais à la manière passive du désir.
« L'intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu'il y ait désir, il faut qu'il y ait plaisir et joie. » … « C'est ce rôle du désir dans l'étude qui permet d'en
faire une préparation à la vie spirituelle. Car le désir, orienté vers Dieu, est la seule force capable de faire monter l'âme. Ou plutôt c'est Dieu seul qui vient saisir l'âme et la lève, mais le
désir seul oblige Dieu à descendre. »
Ainsi, les maîtres chrétiens enseignent que dans
la prière, il ne s’agit pas de mobiliser nos forces car la Présence de Dieu est un don. Il s’agit d’être nous-mêmes ‘ présent ‘
« La pensée doit être vide, en attente, ne rien chercher, mais être prête à recevoir dans sa vérité nue l’objet qui va y pénétrer »
Cela, je l’ai moi-même expérimenté, dans l’enseignement bouddhiste. Ainsi, qu’il serait donc absurde de renier les différentes traditions qui ne cessent de s’entrecroiser et d’enrichir notre vie
spirituelle !
« O Maître, mon désir est devant Toi » (Ps 37, 20)
« Seigneur, tu étais là, et je ne le savais pas » (Gn 28, 16)
« Parle Seigneur, ton serviteur écoute » réponse de Samuel
Salomon, sages parmi les sages, demandera à Yahvé « un coeur qui écoute » (1R 3, 5-9)
Jésus , un ' Dieu ' qui disparait.
Le judaïsme craignait plus que tout : l'idolâtrie.
Aussi le ‘Dieu unique’, n’avait-il aucune image, aucun nom prononçable. Lui même étant le créateur de toute chose, sur terre et dans les cieux, rien, vraiment Rien ne pouvait être divinisé :
ni homme, ni statue, ni astre ; aucune ‘nature’ ni aucun pouvoir …
Jésus, lui-même s’est inscrit dans cette tradition. Lui-même, le seul qui puisse être comparée à l’icône divine. Lui-même s’est fait le plus humble, d’entre nous… pour disparaître.
Jésus, né parmi un peuple asservi. Jésus, dont on ne connaît que trois années, de sa vie. Jésus humilié jusque
dans la mort. Jésus qui n’a rien laissé… d’autre que le témoignage de ceux qui de génération en générations, le rencontrent, au plus intime d’eux-mêmes : le seul espace occupé par
Dieu…
Ce ‘ Jésus ‘ ne veut être reconnu que dans le visage de l’homme et la femme que je côtoie. C’est là le message évangélique… Mathieu 25 !
Tout le reste n’est que religieux, …. Mais nécessaire !
Que puis-je faire seul, entre un Dieu disparu, et un 'prochain' que je ne reconnais pas?
Qui suis-je, moi … pour prétendre accéder à cette humilité divine ?
Moi, qui ne sait pas aimer ; qui confond mon ‘égo’, avec mon ‘cœur profond’.
Moi, qui m’imagine exister quand j’affirme ma
volonté… !
Alors, oui! J'ai besoin d'une religion qui fait le 'pont', qui connait sa juste place, qui enseigne
le chemin et ne se prend pas pour lui.
Le pouvoir du moment présent
Ci-dessous, un texte magnifique, qui circule sur le net.
Je viens de lire Eckhart Tollé et les mots qui suivent sont une transcription religieuse et universelle d’un même message.
Vis le jour d'aujourd'hui :
Dieu te le donne, il est à toi,
Vis- le en Lui
Le jour de demain est à Dieu,
il ne t'appartient pas.
Ne porte pas sur demain
Le souci d'aujourd'hui.
Demain est à Dieu : Remets-le Lui
Le moment présent est une frêle passerelle.
Si tu le charges des regrets d'hier,
De l'inquiétude de demain,
La passerelle cède et tu perds pied.
Le passé ? Dieu le pardonne.
L'avenir ? Dieu le donne.
Vis le jour d'aujourd'hui
En communion avec Lui
Texte trouvé sur une religieuse assassinée en Algérie, le 10 novembre 1995